l_t_des_lucioles Editions Héloïse d'Ormesson - janvier 2014 - 221 pages

Quatrième de couverture : 
Du haut de ses neuf ans, Victor a quelques certitudes : c’est parce que François, son père, n’ouvre pas son courrier qui s’amoncelle dans un placard que ses parents ne vivent plus ensemble ; c’est parce que Claire et Pilar adorent regarder des mélos tout en mangeant du pop-corn qu’elles sont heureuses ensemble. Et c’est parce que les adultes n’aiment pas descendre les poubelles au local peint en vert qu’il a rencontré son meilleur ami Gaspard.
Les vacances au Cap-Martin, cet été-là, seront pour Victor et son copain Gaspard l’occasion de partir à l’aventure sur l’étroit chemin des douaniers qui surplombe la côte. En guidant les garçons jusqu’aux passages secrets menant aux somptueuses villas, papillons, baronne et jumeaux feront bien plus que leur ouvrir la porte des jardins enchantés.
Un voyage au pays de l’enfance qui déborde d’émotion et de tendresse.

Auteur : Gilles Paris est un écrivain français. 
Il est tout d'abord fonctionnaire au ministère de la Jeunesse et des Sports dans le service " documentation ", puis journaliste dans le domaine du cinéma et de la musique pour la presse populaire. Il est ensuite attaché de presse dans l'édition, d'abord chez Jean-Claude Lattès et Plon, puis pour son propre compte.
Son premier roman, " Papa et Maman sont morts " (1991, Le Seuil), est en train d'être adapté au cinéma, et le suivant " Autobiographie d'une Courgette " a été traduit en plusieurs langues et s'est vendu à plus de 150 000 exemplaires. Il a d'ailleurs fait l'objet d'une adaptation pour la télévision, réalisée en 2007 par Luc Béraud, intitulée " C'est mieux la vie quand on est grand " avec Daniel Russo dans le rôle du gendarme.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Ce livre est une vraie bouffée d'enfance... Victor, le narrateur, a neuf ans. Comme chaque été, il passe l'été au Cap-Martin avec sa soeur Alicia âgée de 14 ans et ses deux mamans, Claire et Pilar. Son papa, François, n'a jamais voulu venir en vacances dans l'appartement dont il a hérité de sa soeur, Félicité. A la résidence, pendant que sa mère, libraire, lit et Pilar peint, Victor profite de la liberté pour explorer le chemin des douaniers avec son meilleur ami Gaspard et Justine à laquelle il n'est pas indifférent... Il va faire la rencontre de Madame La Baronne, des deux jumeaux Tom et Nathan, découvrir de belles villas chargées d'histoires... 

Victor se pose plein de questions : pourquoi son papa n'a jamais voulu grandir, un peu comme Peter Pan ? Pourquoi les lucioles sont elles si nombreuses cette été ? Pourquoi les papillons n'ont pas peur de lui ? Qui était vraiment Félicité la soeur de son papa ?
Dans le livre qu'il a décidé d'écrire pour offrir à sa maman, Victor nous raconte, avec la naïveté de ses 9 ans, cet été si particulier et inoubliable.
C'est une histoire tendre, pleine de poésie et émouvante. Une très belle découverte ! 

Autre avis : Jostein, Nahe, Clara

Extrait : (début du livre)
Pour commencer, j'ai neuf ans. Je m'appelle Victor Beauregard.

À l'école Saint-Louis, à Bourg-en-Bresse, les méchants m'appellent Vilain Nez. C'est nul, car j'ai un joli nez en trompette comme celui de maman. Le prof de français, lui, dit monsieur Beauregard. Les gentils, eux, se contentent de Victor. Alicia, papa et maman aussi.
Mes parents se sont séparés deux ans après ma naissance. Et je n'y suis pour rien. Ils ne s'aimaient plus comme avant. C'est eux qui le disent.
François, mon papa, est photographe et travaille pour des guides touristiques. Il fait rentrer dans son appareil des lacs, des forêts, des villages, des montagnes, des couchers de soleil, mais jamais d'humains, à part Alicia et moi. Et maman, mais c'était bien avant la naissance d'Alicia, ma grande soeur. Et je n'en ai pas de plus petite. Tant mieux, parce que les filles c'est compliqué. Ça joue à la poupée, et ça pleure pour un rien. Alicia a quatorze ans et, en dehors des photos de papa qu'elle a encadrées au-dessus de son lit, elle ne s'intéresse qu'aux garçons. Des fois, même, elle disparaît plusieurs jours avec, et maman devient «folle d'inquiétude». Elle est incapable de rester assise et passe d'une pièce à l'autre, comme si ses pas mesuraient les mètres carrés de notre appartement à Bourg-en-Bresse. Mais Alicia revient toujours. À chaque fois, elle dit : «Ce n'est pas le bon.» Et elle s'enferme dans sa chambre. En bas, j'entends claquer sa porte comme une gifle. Maman court la rejoindre et moi je regarde un truc idiot à la télévision avec Pilar ou je joue avec ma tortue Katouta que je renverse sur le dos.
Maman est libraire. Elle écrit des petits mots tout en fluo pour les livres qu'elle a aimés, un Post-it jaune qu'elle colle sur la couverture pour attirer le regard du client. Maman tient aussi un blog où elle raconte l'histoire des livres, avec le prix, le nombre de pages et un mot pour les définir. C'est souvent «humain» ou «passionnant». Et elle y annonce, un mois avant, les signatures des écrivains qu'elle va chercher à la gare tous les samedis. C'est simple, maman lit tout le temps, sauf sous la douche ou quand elle dort. Comme elle en lit plusieurs en même temps, il y a au sol, du côté de son lit, des piles de livres d'où s'échappent les marque-pages de sa librairie.
Sur la table de la cuisine, le petit déjeuner est toujours prêt, et maman tend la joue pour le baiser du matin, sans lâcher le livre qu'elle tient déjà dans une main, lunettes basses sur son nez en trompette. L'autre prend des notes sur un petit bristol qu'elle utilise pour son blog ou ses clients. Pilar ne boit jamais son thé au lait avec nous. Elle peint ses paysages d'enfance, là-bas, très loin, en Argentine, dans la chambre-atelier.

Déjà lu du même auteur :

 au pays des kangourous Au pays des kangourous

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Animal" (7)