2013_10_14_195047 Seuil - septembre 2013 - 345 pages

Quatrième couverture : 
Comment RAPHAËL aurait-il pu savoir qu'en offrant cette bague à LAURA, il accomplissait le premier acte d'une prophétie maléfique millénaire ?
Et comment Laura aurait-elle pu soupçonner MELVIL, nouvel élève du lycée au charme irrésistible, d'être lié à elle par cette même prophétie ?
Le Démon des Brumes, resté tapi dans l'ombre depuis des décennies, vient d'accomplir sa dernière métamorphose et s'apprête à répandre la terreur parmi les hommes. Raphaël et Laura sont les outils de son projet démoniaque ; eux seuls seront peut-être capables de l'arrêter.

Auteur : Né en 1967, Luc Blanvillain est professeur de lettres. Il a déjà publié 4 romans pour la jeunesse, dont Un amour de geek (2011) et Une histoire de fou (2011). Dans ses romans, il aborde souvent les thèmes des adolescents, des problèmes familiaux, de la croyance fanatique et de l'indiscipline. Il s'inspire non seulement de ses enfants mais aussi des jeunes qu'il observe dans ses classes. Luc Blanvillain vit à Lannion, en Bretagne.
 
Mon avis : (lu en octobre 2013)
J'ai eu la surprise de recevoir ce livre de la part de l'auteur. J'avais bien aimé ces deux premiers livres. Pour celui-ci, n'étant pas fan des histoires fantastiques, j'ai mis un peu de temps avant de l'ouvrir et de m'y plonger. 
Le livre commence par un prologue en 1013 avec un terrible incendie. Puis l'histoire se situe en 2013, Laura et Raphaël sont deux lycéens amoureux. L'arrivée au lycée du mystérieux Melvil va bouleverser la quiétude de la ville...
J'ai lu sans peine la moitié du livre qui est bien écrit mais je n'ai pas eu envie de continuer plus loin, cette histoire ne m'intéressait pas plus que cela... 
N'étant pas le public à qui est plutôt destiné ce livre, j'ai préféré le proposer à deux de mes fils...
L'aîné (20 ans) a fait une pause dans sa lecture de "Le cycle des Dieux" de Bernard Werber pour lire "Le Démon des brumes" et son avis est mitigé : « C'est pas mal, j'ai bien aimé l'idée de la légende. »
Pour le plus jeune (15 ans), il compte le lire dès qu'il aura terminé sa lecture du moment... "Le cycle des Dieux" de Bernard Werber.
Merci à l'auteur et aux éditions du Seuil qui m'ont envoyé ce livre.
 
Autres avis : Elea, Vivelesbetises, Loula

Extrait : (début du livre)
- 1013 -
Il ne comprenait pas. 
Tout flambait. 
Les parchemins flambaient, les boiseries flambaient, les tentures, les poutres, les vases, les pilons, les pinces, les loupes, tous ses précieux instruments, son inestimable bric-à-brac, ses herbes, ses simples, ses liqueurs et même ses pierres, glanées aux confins du monde, tout fondait, crépitait, éclatait dans les mâchoires du brasier.
Une vie entière de sortilèges, une existence vouée aux ensorcellements de la matière et de l'esprit, au rêve du grand oeuvre, des années de labeur et d'inquiétudes, de veilles, de privations, une vie à scruter les signes dans le ciel et dans le vélin des bibliothèques, sa jeunesse enfiévrée par l'étude, par l'espoir, par la quête, toujours recommencée, de la pierre philosophale, son passé, son avenir, tout se tordait dans les flammes.
Il avait été l'un des premiers, le premier, peut-être, à voyager aussi loin pour ramener du bout du monde les textes secrets, sacrés, consacrés à cet art nouveau qu'on appelait «alchimie». Il avait appris la langue arabe et traduit en latin les formules du Kitâb sirr al-Khaliqa, il avait perdu trois orteils, gelés puis pourris de gangrène, quand la glace d'un lac qu'il traversait avait cédé sous son poids. Il les avait tranchés lui-même. Puis il était revenu en boitant jusqu'à Tours, sa ville natale, où il avait résolu de se consacrer à l'étude. Il s'était marié, tout de même, dans l'espoir de transmettre ses connaissances à son fils.
Il restait immobile et ne comprenait pas.
L'enfer avait jailli du creuset de cuivre rougi où les métaux fondus palpitaient sagement depuis des heures. Il avait pourtant respecté à la lettre les instructions du parchemin. Claquemuré dans son antre, il en avait interdit l'accès à sa femme et à son fils. Des nuits et des nuits qu'il ne dormait plus, se nourrissait de lueurs, les yeux à vif, si près d'atteindre enfin son but. Trop près.
Il avait dû se tromper, intervertir deux nombres. Une seconde d'inattention avait suffi.
Dans un instant, les flammes l'envelopperaient, à son tour. Elles hésitaient encore un peu, s'aplatissaient aux pieds de leur vieux maître déchu.
Il entendit les hurlements et secoua son rêve.
L'incendie avait gagné le reste de la maison. L'étage. Les chambres. Le torchis sec, les lambris, la paille, le bois, friandises instantanées pour la fureur du feu.
Et ce qu'il entendait, maintenant, par-delà les craquements, les écroulements de poutres, c'étaient des plaintes insoutenables. Sa femme, son fils et leur vieille servante, prisonniers, dévorés. Ils n'avaient aucune chance de s'en sortir. Les fenêtres étaient trop étroites. L'escalier s'était déjà écroulé. La violence de cette apocalypse était surnaturelle. Dieu ne voulait pas de survivants.

 

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