28 juin 2017

Tombe Dans l'Oreille d'un Sourd - Audrey Levitre et Grégory Mahieux

tombé dans l'oreille d'un sourd Steinkis - février 2017 - 192 pages

Quatrième de couverture :
Grégory et Nadège sont comblés par la naissance de leurs jumeaux, Charles et Tristan. Pourtant leur univers s'effondre lorsque le diagnostic tombe : Tristan est sourd profond.
Comment alors, en tant que parents entendants, aider leur fils à s'épanouir dans notre société d'hyper-communication ? Comment respecter son identité propre dans ce monde qui laisse, au final, peu de place à l'altérité ?
Bref, comment prendre les bonnes décisions pour Trista ?
En racontant le combat quotidien de cette famille, ce récit autobiographique dénonce un système mal adapté à la vie réelle, animé par des acteurs qui ne sont pas toujours volontaires et à l'écoute. Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre...

Auteurs : Grégory enseigne les arts appliqués en lycée professionnel. C'est là qu'il rencontre Audrey, qui, elle, enseigne l'histoire et les lettres. Ensemble, ils se lancent dans l'aventure de la BD et publient un premier album dès 2014, Les Twins (Delcourt) inspiré par les jumeaux de Grégory. Dans la réalité, l'un d'eux est sourd, et Grégory a beaucoup à dire sur le sujet... C'est ainsi que Tombé dans l'oreille d'un sourd débute...

Mon avis : (lu en juin 2017)
Voilà une BD témoignage très intéressante et touchante sur l'arrivée d'un enfant sourd dans une famille. Grégory et Nadège ont la joie d'accueillir dans leur famille la naissance de Charles et Tristan, des jumeaux. Ils découvrent tout d'abord que Charles souffre d'intolérences alimentaires, il est rapidement traité et les parents sont rassurés, c'est alors qu'ils découvrent que Tristan est sourd. Le diagnostic est contradictoire car il semble que les premiers tests passés ne révèlaient rien. Les parents se sentent seuls entre espoir et choc sur l'handicap de leur petit garçon. 
Dans cette BD autobiographique (pour le dessinateur), le lecteur suit la vie de la petite famille et leur long parcours du combattant face à l'handicap et pour l'intégration de leur enfant dans notre société. 
Cette BD dénonce le manque de communication du corps médical qui a des certitudes et ne s'adapte pas au cas individuel du patient (imposant avec force le port de prothèses à Tristan malgré les hurlements du petit garçon). Les parents ont souvent des questions auxquelles, on peine à leurs donner des réponses...  
Cette BD dénonce la frilosité de certains dans l'Education Nationale pour accepter et faciliter l'accueil d'un enfant sourd dans une école "normale".
Le père, professeur d'arts appliqués en lycée professionnel, est également confronté à la mauvaise volonté de son employeur pour aménager son emploi du temps. En effet, les soins destinés à Tristan nécessitent de nombreux rendez-vous hebdomadaires. 
Il n'est pas facile pour des parents d'un enfant handicapé de consilier vie familiale et vie professionnelle...
Grégory et Nadège sont tenaces, ils vont faire le maximum pour le bien de leurs deux enfants et la vie de famille s'organise.
A découvrir sans hésiter !

Extrait :

 

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27 janvier 2016

Pensée assise - Mathieu Robin

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Actes Sud Junior - août 2015 - 96 pages

Actes Sud Junior - mai 2005 - 96 pages

Quatrième de couverture :
Sofia et Théo filent le parfait amour. Tout irait bien si le jeune homme, paralysé des jambes à la suite d'un accident, n'avait pas une obsession : embrasser sa dulcinée debout, comme les gens valides. Il s'y essaie par tous les moyens, à ses risques et périls...
Auteur : Scénariste et réalisateur, Mathieu Robin vit à Montpellier. Son premier roman, Pensée assise, a d'abord été un court métrage qu'il a novélisé pour Actes Sud Junior. En mai 2015 sortira son second roman dans la collection "Aventure ado", Ses griffes et ses crocs.
Mon avis : (lu en décembre 2015)
En préparant ce billet et en recherchant l'image de la couverture, j'ai découvert que ce petit roman avait déjà été édité dans la collection Ciné-roman où un réalisateur était appelé à transposer sous forme de roman un court métrage. Théo vit sa première histoire d'amour qui compte avec Sofia.  Mais Théo se prend trop la tête, il ne sent pas à la hauteur de Sofia. En effet, à la suite d'un accident, il est devenu tétraplégique et il lui est impossible d'embrasser debout son amoureuse... Le lecteur va découvrir ce couple atypique et les interrogations de Théo.
Une histoire assez courte qui se lit facilement, le sujet est intéressant mais Théo est parfois un peu "geignard" et compliqué...
Extrait :
Sofia est ma première vraie histoire d’amour, mais ça me fait bizarre de me promener à ses côtés dans la rue. Je crois que ma parano sur le regard des autres a repris. J’en ai vraiment eu la révélation l’autre jour alors que je l’attendais au conservatoire. Elle est arrivée dans mon dos et s’est penchée par-dessus mon fauteuil pour m’adresser un baiser. On aurait dit qu’elle embrassait son petit frère. Ça donnait d’un seul coup à notre couple un côté incestueux qui me dérange.

Il faudrait vraiment que je sois à sa hauteur…

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15 avril 2015

La Surface de réparation - Alain Gillot

Lu en partenariat avec Babelio et les éditions Flammarion

CVT_La-surface-de-reparation_5230 Flammarion - avril 2015 - 222 pages

Quatrième de couverture :
Vincent, entraîneur d'une équipe de jeunes footballeurs, se voit confier la garde de son neveu, qui souffre du syndrome d'Asperger. Il se révèle un gardien de buts hors normes. Mais dans sa vie quotidienne, si un geste ou une parole ne correspond pas à ses schémas mentaux, il est pris de panique. Vincent remettra en cause ses certitudes et sortira, lui aussi, de son propre enfermement.

Auteur : Alain Gillot pratique toutes sortes de métiers, de bûcheron à chauffeur routier, avant de découvrir l’écriture, à travers le journalisme sportif. Attiré par l’aventure, il devient grand reporter et se passionne pour les peuples autochtones. Au retour de ces années de voyage il travaille dans le cinéma, comme scénariste et découvre la bande dessinée. 
Il a publié un premier roman, "La surface de réparation"en 2015. 

Mon avis : (lu en avril 2015)
Vincent espérait devenir un grand joueur de football mais à la suite d'une grave blessure il est obligé de réviser ses ambitions et il devient entraîneur de football. Vincent est un solitaire, il vit seul et entraîne une équipe de jeunes footballeurs. Il s'est éloigné de sa famille. Il a des souvenirs douloureux de son enfance. Il est donc plutôt surpris de voir un soir débarquer sa soeur aînée et son fils de treize ans qu'elle élève seul. Elle doit faire une formation et Vincent est son dernier recours pour s'occuper de Léonard.
Vincent n'accepte pas tout de suite, c'est la première fois qu'il rencontre ce jeune garçon au comportement bizarre. Léonard ne regarde pas les gens, il ne parle presque pas, il semble n'éprouver aucun sentiment... 
Vincent va découvrir que Léonard est un garçon extraordinaire... Il est imbattable aux échecs et déclare que le football est un jeu simpliste... Vincent le prend au mot et lui propose de venir à l'entraînement avec son équipe. Après avoir visionné toute une nuit de nombreux matchs de football pour apprendre ce jeu, Léonard se révèle un gardien de but très spécial... Vincent et Léonard vont s'apprivoiser et ce séjour de dix jours va faire grandir l'un comme l'autre. 
J'ai bien aimé cette histoire en particulier la relation qui se tissent entre Vincent et Léonard, comment ils se découvrent, comment Vincent cherche à comprendre Léonard, à l'aider à s'intégrer. Léonard est très attachant et on apprend sur le syndrome d'Asperger.

Merci  Babelio et les éditions Flammarion pour ce partenariat.

Extrait : 
Hamed est venu droit vers moi de sa foulée de petit cheval contrarié. Une semaine qu'il pleuvait des cordes au beau milieu des vacances de Pâques. Déjà que les gosses avaient du mal à se concentrer, si en plus ils jouaient dans un bourbier, c'était la fin de tout.
— Pas moyen de prendre un appui, m'sieur. La moindre passe, on est sur le cul… Les joueurs ont besoin de parler. D'un bobo, du maté- riel, des conditions. Certains jours, ils veulent seulement rentrer au vestiaire.
— Montre-moi un peu tes crampons… Le gamin m'a tourné le dos et, tandis qu'il levait le mollet, j'ai jeté un œil à sa semelle.
— C'est du petit, à ce que je vois…
— Ceux que j'ai toujours, m'sieur.
— Et là, depuis lundi, t'as rien remarqué ?
— Ben si… il pleut comme vache qui pisse.
— Et d'après toi, t'aurais dû faire quoi ?
— Mettre plus gros…
— Donc, maintenant, tu y retournes et tu te débrouilles pour rester debout. 
Ses yeux se sont planqués dans leurs orbites. Hamed a ce côté buté qui le pousse à s'empaler dans les défenses au lieu de lever la tête pour chercher un partenaire démarqué. J'en ai vingt-trois comme lui dans les pattes, et, certains jours, je me demande ce que je fais là, à m'occuper d'une bande de morpions qui ne deviendront jamais de vrais footballeurs.
C'est ma deuxième expérience d'entraîneur depuis que j'ai passé le diplôme fédéral. La première fois, c'était à Limoges avec l'équipe de division d'honneur. Des postiers qui bossaient la semaine et venaient s'entraîner le soir. Mais j'en ai eu marre de ce rythme-là. Je suis tombé sur une annonce dans France Football, « Club de Sedan cherche éducateur diplômé pour s'occuper de ses jeunes, âgés de dix à quatorze ans ». J'ai pensé que ça pouvait convenir. Pas que je sois porté sur les gosses. Je n'en ai pas, personnellement, et je les apprécie modéré- ment, mais le salaire était correct, et la jouissance d'un pavillon, comprise dans l'offre, a fini de me décider.
Évidemment Sedan, ça a ses limites. La gloire du club est passée et n'est pas près de revenir, au point que l'équipe première évolue en D2, plutôt dans le bas du tableau. Ce qu'il faudrait, c'est trouver une pépite. Un joueur qui permettrait aux supporters de rêver et à ses équipiers d'être aspirés vers le haut. C'est ce qui s'est produit à Nancy quand Platini s'est révélé. Mais des Platini, il y en a un tous les cinquante ans, et aucun ne va débarquer à Sedan. Moi, ce que j'ai sous la main, c'est surtout des Kevin Rouverand. C'est le buteur du groupe, enfin, quand il est dans un bon jour. Un mètre quarantetrois à la toise, un centre de gravité très bas, une patate du droit. Il pourrait vraiment faire quelque chose, mais, question motivation, on est loin du compte. Il se promène sur le terrain avec son petit talent sous le bras, il a l'impression d'avoir tout le temps devant lui. Il attend, comme beaucoup de ses copains, la proposition d'un club important. Il feuillette les journaux de bagnoles, il pianote sur son téléphone, il sculpte ses cheveux avec du gel. Il se voit déjà arrivé, alors qu'il n'est même pas dans le train.

Challenge Petit Bac 2015 
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09 avril 2015

Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom l'Eclair et a sauvé le monde... - Paul Vacca

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

tom l'éclair Belfond - avril 2015 - 280 pages

Quatrième de couverture :
Le 14 octobre 1968, à 10 ans, 3 mois et 4 jours, Thomas Leclerc comprend enfin pourquoi il est sur Terre : il n'est pas Thomas Leclerc, mais Tom l'Éclair plus vif que l'Éclair... Comme les super-héros, il est un étranger jeté dans un monde qui n'est pas fait pour lui. Souffrant de difficultés relationnelles et émotionnelles, cet enfant de la fin des années 60 s'invente un destin qui va lui permettre de sauver son Monde, qui évolue entre sa maison, sa résidence et la petite ville de Montigny. C'est ainsi qu'il sort de sa chambre et de son isolement, et part défier la réalité et ses pièges pour voler au secours de ses parents qui comptent se séparer ou encore venger l'honneur de Palma, une fille de son collège qui a été assassinée et dont le meurtrier court toujours... Digne d'un super-héros, Tom ira jusqu'au bout. Et si c'était le prix à payer pour trouver sa voie vers le Monde ?

Auteur : Paul Vacca est romancier, scénariste et essayiste. Il est l’auteur de deux romans La petite cloche au son grêle (2008) et Nueva Königsberg (2009) et d’un essai Hyper, ton univers impitoyable - Le système hypermarché mis à nu (1994). Philosophe de formation, il a été consultant stratégique en agences de communication pour le compte de grandes entreprises, d’institutions ou d’hommes politiques. Il est aussi membre en charge de la stratégie et des études de La Villa Numeris, un think tank qui scrute les évolutions sociétales du numérique et de la nouvelle économie.

Mon avis : (lu en avril 2015)
Thomas Leclerc est un enfant autiste, il a 10 ans en 1968. Après avoir découvert un comics-book, il décide de devenir Tom l'Éclair un super-héros avec des super-pouvoirs qui vont l'aider à comprendre le monde qui l'entoure. Il est convaincu d'être arrivé sur Terre avec la mission de sauver le monde. Il sait qu'il est différent des autres enfants et se pose de nombreuses questions sur le monde et sur ceux qui l'entourent. 
Tom est toujours resté dans son monde, c'est rassurant pour lui de rester discret sans vraiment se confronter aux autres. Mais ses super-pouvoirs vont lui donner le courage de s'intéresser aux autres. Sa première idée : se faire des amis. Il commence par observer ses camarades de classe mais il a du mal à comprendre comment deux garçons peuvent être amis le matin et quelques heures après se taper dessus durant la récréation... Il va trouver un livre donnant des "recettes" pour avoir des amis... La mise en pratique reste difficile. Tom est pourtant approché par Pamela une fille un peu bizarre dont il n'aime pas l'odeur de malabar qu'elle dégage... 
J'ai beaucoup aimé ce livre et surtout Tom si attachant. L'intrigue n'est pas toujours crédible vu l'âge du héros mais je ne me suis pas arrêté à cela. J'ai aimé ce petit garçon différent qui voudrait réussir à régler les problèmes de ses proches comme savent le faire les Super Héros. Il a un bon sens imparable. 

Remarque : Le titre de ce livre est un peu long... C'est devenu une mode que je trouve à double tranchant : le titre se remarque... mais il est impossible de le retenir... Ici l'auteur et l'éditeur ont prévu également le titre court... "Tom l'Eclair" !

Merci Anny et les éditions Belfond pour cette belle découverte.

Autre avis : Canel

Extrait : (début du livre)
Au départ, ce 14 octobre 1968 fut pourtant un jour comme les autres.
Réglé en tout point sur les autres jours passés ici, depuis que Thomas est arrivé à Montigny, une petite ville près de Paris.
- Tom, Petit Tom, c'est l'heure !
7 h 14. Comme chaque matin, Thomas se lève au son de l'appel maternel. Il attrape à tâtons ses lunettes aux verres épais, passe au poignet sa montre à quartz, enfile son col roulé en acrylique, son pantalon court, ses Kickers et descend les dix-huit marches qui le mènent à la cuisine.
Là l'attendent sur la table son bol rempli de céréales jusqu'au premier trait rouge et la bouteille de lait posée à sa droite. Sa mère, Pauline, l'embrasse, passe la main dans ses cheveux pour aplanir son épi, et verse le lait dans son bol jusqu'au niveau du deuxième trait rouge... Il avale son petit déjeuner en scrutant la boîte de céréales qu'il a lue plus de trois cent cinquante fois, repérant les e et les a et les lignes qui les relient entre eux, ainsi que les lettres manquantes de l'alphabet.
- Ça va, bonhomme ?
Son père, Serge, fume en prenant son café au son de la radio. La fin des nouvelles, arrive l'heure de la météo...
Thomas sort de la cuisine, attrape son cartable, le passe dans le dos alors que sa mère y enfourne une forme cylindrique entourée de papier aluminium.
- Ton goûter, mon chéri.
Pain, beurre et quatre carrés de chocolat noir. La tête ensommeillée, l'épi dressé vers le ciel, Thomas sort de la maison. Le ballet matinal se met alors en place, long plan-séquence parfaitement orchestré qui le mène jusqu'au collège. Thomas referme le portail, emprunte l'allée de la résidence, puis s'engage sur une petite route bordée de villas qui va jusqu'au centre-ville.
La sortie de M. Delattre avec son attaché-case, qui plie sa veste et la pose sur le siège à l'arrière de sa Dauphine ; Mme Dupuis, la dame au manteau beige qui cherche son chat ; les jumeaux qui, une fois hors du champ de vision familial, se lancent des coups de pied...
Une chorégraphie réglée au millimètre près : le passage du chat à la longue queue qui s'invite dans le champ, le souffle clair du vent matinal qui agite l'épi de Tom, la 2 CV qui toussote en avalant la côte, le train derrière les bois et le moyen-courrier qui fend le ciel...
Plus loin, Thomas arrive devant un mur. Son mur magique. Barré d'innombrables « Oui » et « Non » qui se chevauchent et se contredisent. Thomas s'arrête devant lui et lui pose sa question quotidienne, celle qui l'a taraudé avant de s'endormir. Un modus operandi immuable. Il se poste en face de lui, ferme les yeux, se reformule mentalement la question, tourne une fois sur lui-même, puis ouvre les yeux. Et là, c'est magique, il obtient une réponse claire et nette à sa question : « Oui » ou « Non ».

 Challenge Petit Bac 2015 
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Prénom (5)

Déjà lu du même auteur : 

la_petite_cloche_gr_le La petite cloche au son grêle nueva_konigsberg Nueva Königsberg

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04 mars 2015

Sais-tu pourquoi je saute ? - Naoki Higashida

sais-tu pourquoi Editions des Arènes - septembre 2014 - 172 pages

traduit de l'anglais par Daniel Roche 

Titre original : The reason I jump, 2007

Quatrième de couverture :
Pour la première fois, un enfant atteint d’autisme sévère nous raconte l’autisme de l’intérieur. Il répond aux questions que les parents se posent : Pourquoi fuis-tu le contact visuel ? Est-il vrai que tu détestes qu’on te touche ? Pourquoi répètes-tu la même question sans arrêt ? Pourquoi sautes-tu en tapant des mains ?, etc. David Mitchell, l’un des meilleurs écrivains anglais de sa génération et père d’un enfant autiste, a découvert ce texte qui fut pour lui une révélation, une sorte de « Scaphandre et le Papillon » de l’autisme : « J’ai eu l’impression, pour la première fois, que notre fils nous racontait ce qui se passait dans sa tête. » Il a décidé de le traduire du japonais avec sa femme KA Yoshida : « Ce livre est bien plus qu’une somme d’informations, il apporte la preuve qu’il y a, emprisonné à l’intérieur du corps autistique, apparemment impuissant, un esprit aussi curieux, subtil et complexe que le vôtre, le mien, celui de n’importe qui. » 

Auteur : Naoki a appris à communiquer grâce à une grille alphabétique. Il a écrit ce livre à 13 ans et l’a d’abord publié via Internet. Il a aujourd’hui 22 ans et communique toujours grâce à son clavier. Il vit à Kimitsu et tient un blog. 

Mon avis : (lu en février 2015)
Sous forme de questions - réponses, Naoki, un autiste de 13 ans, témoigne. Il cherche à expliquer les comportements bizarre des autistes. Vu de l'intérieur, il donne son ressenti et rend plus compréhensible les réactions des autistes.
Un livre très intéressant et instructif pour mieux comprendre le monde de l'autisme. C'est un témoignage et il faut le prendre comme cela, tout ce qui est raconté ne concerne pas tous les autistes mais ce regard est très touchant même si le récit est parfois assez factuel. Naoki nous explique ses difficultés à faire fonctionner à la fois sa pensée et son corps. Il a des difficultés à contrôler les mouvements de son corps qu'il semble souvent faire malgré lui. A treize ans, il a une étonnante maturité sur son handicap.

Extrait : 
Quand j'étais petit, je ne savais même pas que j'étais un enfant handicapé. Comment l'ai-je découvert? Parce que des gens me l'ont dit : j'étais différent des autres, c'était ça mon problème. C'est vrai, j'avais beaucoup de mal à agir comme quelqu'un de normal et même maintenant je n'arrive pas à "avoir" une vraie conversation. Pour lire des livres à haute voix ou pour chanter, je n'ai pas de problème, mais quand j'essaie de parler avec quelqu'un, mes mots... je ne kes trouve plus. D'accord, j'arrive parfois parfois à répondre quelque chose, mais souvent c'est le contraire de ce que je voulais dire ! Quand on me demande de faire ceci ou cela, je ne réagis jamais comme il faut, et quand je m'énerve je finis par m'enfuir. Du coup, même une activité banale comme le shopping peut devenir vraiment compliquée si je me lance tout seul.
Alors pourquoi est-ce que je n'arrive pas à faire toutes ces choses ? Les jours où ça ne va pas, quand je me sens frustré, malheureux ou découragé, je m'imagine un monde où il n'y aurait que des autistes. Où l'autisme serait considéré comme un genre de personnalité parmi d'autres. La vie serait tellement plus simple et plus heureuse pour nous ! C'est vrai que nous causons parfois beaucoup de problèmes aux gens normaux, et que ces moments-là sont vraiment durs à vivre. Mais ce qu'on voudrait, nous, au fond, c'est croire à un avenir meilleur.

  Challenge Petit Bac 2015 
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Pronom personnel sujet (3)

 Challenge 6% Rentrée Littéraire 2014 
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17 février 2015

Ce n'est pas toi que j'attendais - Fabien Toulmé

9782756035505_1_75 Delcourt - octobre 2014 - 256 pages

Quatrième de couverture :
Dans la vie d'un couple, la naissance d'un enfant handicapé est un ouragan, une tempête. Quand sa petite fille naît porteuse d'une trisomie non dépistée, la vie de Fabien s'écroule. De la colère au rejet, de l'acceptation à l'amour, l'auteur raconte cette découverte de la différence. Un témoignage poignant qui mêle, avec délicatesse, émotion, douceur et humour.

Auteur : Fabien Toulmé voit le jour en 1980 à Orléans. Passionné de bande dessinée, il décide de suivre de longues et pénibles études d'ingénieur Civil et d'urbanisme afin d'acquérir les bases essentielles de la construction d'une BD. En 2001, il part pour plusieurs mois sous les tropiques (Bénin, Guyane, Brésil, Guadeloupe). Enfin, lassé par l'eau bleue cocotiers, il revient s'installer en France en 2009 à Aix-en-Provence. Depuis il publie castrations et BD dans divers magazines (Lanfeust Mag, Psikopat, Spirou...) ou dans ouvrages collectifs (Alimentation générale, Editions Vide Cocagne, Vivre dessous, Editions Monolosanctis, Les autres gens...). Avec Ce n'est pas toi que j'attendais, il réalise son premier album.

Mon avis : (lu en février 2015)
Voilà une bande dessinée pleine de sensibilité et de pudeur. Fabien est un futur papa qui attend la naissance de sa deuxième fille avec beaucoup de joie et d'émotion, il a eu par moment quelques craintes sur son futur enfant en attendant les résultats d'examens passés lors de la grossesse sans problème de sa femme. Sa pire hantise était la trisomie mais la "clarté nucale" avait une épaisseur normale, il a été rassuré...
Et pourtant, lorsque l'enfant paraît l'angoisse de Fabien réapparaît, ce bébé ne ressemble pas à sa soeur aînée... Fabien interroge les médecins, ceux-ci lui disent qu'il se trompe...
Mais l'intuition du papa se révèle vraie, et le choc est terrible, Julia est atteinte de la trisomie 21 ! Fabien n'arrive pas à prendre sa fille dans les bras, il lui faudra du temps pour accepter cette enfant qui est le sien. "Ce n'est pas toi que j'attendais, mais c'est toi qui es venue." est une très jolie phrase qui résume bien cette belle rencontre entre le père et la fille. 
Fabien Toulmé raconte avec beaucoup de pudeur et de tendresse sa propre histoire. C'est terriblement touchant et je n'ai pas pu m'empêcher de verser quelques larmes. 
Le dessin est très agréable. Une très belle découverte à partager !

Autres avis : EnnaJérômeGaléa 

Extrait : 

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  Challenge Petit Bac 2015 
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Pronom personnel (2)

Challenge 6% Rentrée Littéraire 2014 
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32/36

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27 septembre 2014

Freak city - Kathrin Schrocke

freak city La joie de lire - janvier 2013 - 273 pages

traduit de l'allemand par Génia Catala

Titre original : Freak City, 2010

Quatrième de couverture : 
Mika vit dans le monde "normal" : ses potes, sa petite soeur envahissante, la musique et sa copine Sandra, qui veut faire "une pause". Léa vit dans un monde semblable : sa meilleure amie Franzie, sa famille difficile, le cinéma et les sorties au café Freak City. A une différence près : Léa est sourde. L'histoire d'une rencontre improbable.

Auteur : Kathrin Schrocke est née en 1975 à Augsbourg, en Bavière, et vit actuellement à Berlin. Après des études d'allemand et de psychologie, elle a écrit de nombreux romans et pièces de théâtre pour enfants et jeunes adultes. Elle a reçu plusieurs prix et nominations, dont le Nettetaler Youth Book Prize en 2010 ainsi que le Hansjörg-Martin Prize, catégorie meilleur thriller allemand pour la jeunesse. Freak City a été nominé pour le German Youth Literature Prize en 2011.

Mon avis : (lu en septembre 2014)
Mika a des difficultés à accepter la "pause" que Sandra sa petite amie à décider de faire. Il n'arrive pas à l'oublier et à faire quoique ce soit sans elle. Mais un jour, il rencontre Léa, sourde de naissance et pour communiquer avec elle et devenir son amie, il décide de prendre des cours de langage des signes. Cela va commencer par une amitié et la découverte du monde la surdité avant d'éprouver plus...
Cette histoire est 
très réaliste sur les préoccupations de l'adolescence et sur la surdité permet au lecteur de découvrir comment est intégré ou non un sourd dans notre monde d'entendants et comment sont nombreux les à priori.

Une très belle découverte sur une rencontre autour de la différence.

Extrait : (début du livre)
Un homme intelligent a dit un jour qu'on pouvait bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui se trouvaient sur notre route.

Je peux vous dire que c'est vrai. Ça m'est arrivé.
Mais ce jour-là, alors que je suivais cette fille à travers la ville en compagnie de mes deux potes préférés, je n'avais pas la moindre idée de ce qui m'attendait.
C'était pourtant si évident que j'aurais dû le voir, ça sautait aux yeux. Mais j'étais tellement à côté de mes pompes à cette époque. Malade d'amour. Paumé. Je ne comprenais rien à rien.
Au lieu de ça, comme une andouille, je lui courais après avec les deux autres, en lui lançant des grossièretés.
Je ne voyais que ce que je voulais bien voir : ses boucles sauvages, sa minijupe jaune remontée un rien trop haut. Le tatouage sur sa nuque qui disparaissait sous son t-shirt grenat.
Ses tongs vertes faisaient un bruit déchirant sur l'asphalte, elles semblaient crier pitié à chaque pas.
Il faisait trop chaud pour la saison, l'air vibrait autour de nous.
C'est de cette vibration que surgit sa fière silhouette. Le cerveau brûlé par cette chaleur, j'étais aveugle à tout le reste.

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02 janvier 2013

La Tête à Toto - Sandra Kollender

la_t_te___Toto Steinkis – février 2012 – 155 pages

Quatrième de couverture :
« Neurologique.
Le mot est lâché et le sol commence à se fissurer.
Je reprends peu à peu mes esprits, et je remets tant bien que mal mon fi ls, évidemment endormi, dans sa combinaison pilote.
Pilote de quoi ? Il n’attrape même pas mon doigt. Il y a des fermetures Éclair partout et je suis aussi calme qu’un vendeur de Red Bull. » 

Auteur : Conceptrice-rédactrice puis comédienne, Sandra Kollender met sa carrière entre parenthèses en 2003 pour s'occuper deson fils, alors atteint du Syndrome de West. Elle partage actuellement son temps entre les nombreuses rééducations et la scène. La Tête à Toto est son premier roman.  

Mon avis : (lu en décembre 2012)
Lorsque Noé arrive au monde, Anna est la plus heureuse des mamans. C'est un bébé exceptionnel, il dort tout le temps, il ne pleure jamais... Malheureusement, cela cache une maladie neurologique chez Noé et lorsque ce terrible diagnostique tombe, c'est la vie de d'Anna qui bascule.
Avec beaucoup de force, de conviction et d'amour, Anna va prendre sa nouvelle situation à bras le corps et malgré l'adversité, elle va se battre pour Noé.
Ce récit autobiographique est plein de sensibilité, de force et d'humour. Anna est pleine d'amour et de tendresse pour son fils Noé, c'est son moteur pour supporter les coups de blues, les idées reçues des uns et des autres, jamais elle ne baissera les bras. On ne peut être qu'admiratif et relativiser nos petits problèmes... Un témoignage direct, émouvant et drôle !

Autres avis : Canel, Clara, CaroMimiStieg, Hélène 

Extrait : (page 16)
Parlons donc de mon fils.
Il est né tout maigre, avec un nez tordu et deux grosses boules à la place des yeux. Deux jolis yeux bleus que l'infirmière a décidé de noyer immédiatement dans un ravissant collyre jaune.

Moi je le trouvais très beau, mais bizarrement personne ne s'extasiait sur mon rejeton. J'ai donc eu droit au festival de la pirouette.
« Oh, Anna tu as une mine superbe, on ne peut pas imaginer que tu as accouché hier »  « Qu'est-ce que c'est petit, on oublie tellement vite quand même » « Oh c'est trop chou ce tout p'tit pyjama et ces tout p'tit chaussons et ces tout p'tits doigts si fins. »
Un peu comme quand on va voir un ami comédien pour lui dire à quel point on a passé une bonne soirée « Quelle mise en scène incroyable, et alors les décors, pôpôpô, les décors... »

Et le temps passe, et son nez se redresse, et ses yeux dégonflent et moi aussi.


 Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Sélection document 
Jury Décembre

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013

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"Partie du corps"

 Défi 1er roman
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28 août 2012

Mais moi je vous aimais – Gilbert Cesbron

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Robert Laffont – 1977 – 379 pages

France Loisirs - 1979

J'ai Lu – 1981 – 378 pages

Quatrième de couverture : 
Jetés par le hasard au coeur d'un même drame, deux inconnus, deux étrangers se sont rencontrés, trouvés, aimés: Yann, le petit orphelin sans défense, et Jean-Louis Lerouville, le grand industriel qu'un accident cardiaque contraint soudain à la retraite...
Alors Lerouville adopte Yann et la tendresse jaillit dans sa vie de loup solitaire car l'enfant déborde de confiance, d'amour. Et bientôt ce père ne vit plus que pour son fils, d'autant plus attentif à l'aider, à le protéger que Yann n'est pas tout à fait "comme les autres". Les docteurs disent : retardé, ou débile léger, et la société les parque, les isole, ne sait pas les aimer.
Lerouville sait, lui, mais s'inquiète. S'il disparaissait un jour, qu'adviendrait-il de Yann ?

Auteur : Ancien élève de l'École des Sciences Politiques, Gilbert Cesbron est né à Paris le 13 janvier 1913. Dès 1934, il publie un recueil de Poèmes, Torrent. Son premier roman paraît en Suisse : Les Innocents de Paris (1944). Sa notoriété s'affirme avec Notre prison est un royaume (1948) - Prix Sainte-Beuve - et la pièce : Il est minuit, docteur Schweitzer (1950).
Romancier, essayiste, auteur dramatique, il s'attaque à des thèmes d'actualité : les prêtres ouvriers (Les Saints vont en enfer, 1952), la jeunesse délinquante (Chiens perdus sans collier, 1954), l'euthanasie (Il est plus tard que tu ne penses, 1958), la violence (Entre chiens et loups, 1962), etc. Il exerce un second métier dans une société de production radiophonique.
Gilbert Cesbron est décédé en août 1979.

Mon avis : (lu en août 2012)
Voilà un livre que je peux classer dans mes souvenirs... en fait, je ne m'en souvenais plus mais Gilbert Cesbron est un auteur que j'ai souvent lu sur les conseils de ma mère lorsque j'étais adolescente et j'ai eu la bonne surprise de trouver ce livre dans la petite bibliothèque de ma location de vacances...

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Je l'ai donc lu ou relu ce livre avec beaucoup de plaisir et d'émotions.
Yann a sept ans, c'est un enfant « pas comme les autres » car son esprit a arrêté de grandir. Il a été abandonné par sa mère et son père s'est suicidé. Yann va rencontrer et être adopté par Jean-Louis Lerouville dont on a greffé le cœur du père de Yann. C'est un enfant attachant qui ne recherche qu'une seule chose, être aimé comme l'a très bien compris son nouveau père adoptif. Mais ce bonheur n'est qu'éphémère et lorsque Jean-Louis Lerouville disparaît Yann va être transmis de mains en mains. Les héritiers de Lerouville préfèrent confier l'enfant dans une école spécialisée, puis Yann retrouvera un peu de bonheur dans un hospice où il « adoptera » deux grands-pères et une maman. Un beau jour, l'administration décidera qu'un adolescent n'a pas sa place dans une maison de retraite et Yann fuguera...
Yann est un enfant terriblement attachant par sa naïveté et sa quête d'amour. C'est un « gêneur » bouleversant et j'ai souvent eu les yeux humides en suivant son histoire pleines d'émotions...   

Extrait : (début du livre)
Les phares débusquaient des maisons livides, de grands arbres offusqués. Le conducteur fixait la route sans jamais ciller ses paupières. A un bruit à peine perceptible mais familier, il devina que le petit garçon, à son côté, tétait son pouce ; ou plutôt trois doigts de la main, selon son habitude. (« Tu vas encore agrandir ta bouche », répétait sa mère un peu trop souvent et toujours en vain.) « Il s'est endormi, songea l'homme, il s'est enfin endormi », mais il n'abaissa pas le regard pour s'en assurer.

Non, le petit ne dormait pas. Couché en rond, tel un chien, dans ce siège aussi large que son lit, il avait juste un peu peur, il était bien. Chaque fois qu'une autre voiture croisait la leur, il fermait ses yeux éblouis, et son père détournait les siens comme si cette rencontre lui eût fait honte ou l'eût inquiété.
- On est arrivés ? Demanda l'enfant à mi-voix d'un ton résigné.
C'était la troisième fois et, cette fois encore, son père fit oui de la tête sans un mot, sans un regard ; mais ce geste suffit à le mettre au bord des larmes. Il appuya vivement sur l'une des touches du tableau de bord, et Bach prit possession de ce royaume de cuir, de métal et de clignotants. « Jésus, que ma joie demeure... » C'était pour faire patienter l'enfant, sans doute, mais surtout pour se contraindre lui-même à l'impassibilité.
- Bach ! fit le petit en battant des mains.
C'était un de ses mots magiques, l'un des seuls. « Il sourit en ce moment, se dit le père, il est heureux. Oh ! mon Dieu... » Il imagina ces yeux que la joie fermait à demi comme ceux de sa mère. Il songea aussi à sa bouche trop large.


Souvenirs_souvenirs 

Déjà lu du même auteur : 

chiens_perdus_sans_collier Chiens perdus sans collier notre_prison_est_un_royaume_lp Notre prison est un royaume 

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09 mai 2011

Simple - Marie-Aude Murail (relecture)

Simple École des Loisirs - août 2004 - 210 pages

Prix des lycéens allemands 2006 décerné à Leipzig
Prix Farniente décerné à Charleroi 2006.
Prix littéraire des collégiens de Compiègne 2006.
Prix littérature jeunesse 2006 à Cholet
Prix Ados de la ville de Rennes 2006
Prix Escapages "ados" 2006 (Indre)
Prix Plaisirs de lire 2006 (Yonne).

 

 

Quatrième de couverture : 
S
imple dit «oh, oh, vilain mot» quand Kléber, son frère, jure et peste. Il dit «j'aime personne, ici» quand il n'aime personne, ici. Il sait compter à toute vitesse : 7, 9, 12, B, mille, cent. Il joue avec des Playmobil, et les beaud'hommes cachés dans les téphélones, les réveils et les feux rouges. Il a trois ans et vingt-deux ans. Vingt-deux d'âge civil. Trois d'âge mental. Kléber, lui, est en terminale, il est très très courageux et très très fatigué de s'occuper de Simple.
Simple a un autre ami que son frère. C'est Monsieur Pinpin, un lapin en peluche. Monsieur Pinpin est son allié, à la vie, à la mort. Il va tuer Malicroix, l'institution pour débiles où le père de Simple a voulu l'enfermer, où Simple a failli mourir de chagrin. Monsieur Pinpin, dans ces cas-là, il pète la gueule.
Rien n'est simple, non, dans la vie de Simple et Kléber. Mais le jour où Kléber a l'idée d'habiter en colocation avec des étudiants, trois garçons et une fille, pour sauver Simple de Malicroix, alors là, tout devient compliqué.

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s'est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009).

Mon avis : (relu en mai 2011)
Après avoir vu mardi dernier le téléfilm Simple diffusé sur France 2, j'ai voulu relire le roman de Marie-Aude Murail. J'ai trouvé le téléfilm très réussi, j'y ai bien retrouvé l'esprit du livre, la grande sensibilité de Simple, le courage de Kléber devenu responsable de son grand frère, sans oublier les autres personnages, les colocataires... Il y a bien sûr quelques différences, dans le téléfilm l'histoire se situe à Toulouse, dans le livre à Paris, Kléber entre en 1ère année de médecine pour le téléfilm, il est seulement en terminale dans le livre...

J'ai été ému en voyant le film, de même qu'en relisant le livre. La "différence" y est traité avec simplicité et … humour ! A la suite de la mort de leur mère et du remariage de leur père, Kléber, 17 ans, a la responsabilité de son grand-frère Barnabé, dit Simple, âgée de 22 ans. Simple est handicapé mental, il se défini lui-même comme « i-di-ot ». Il a un âge mental de 3 ans, et le surveiller est un travail à plein temps... Il est inventif pour faire de nombreuses bêtises avec la complicité de son inséparable lapin en peluche, Monsieur Pinpin. Kléber va trouver une colocation, et réussir à convaincre les étudiants de les accepter parmi eux. Simple est terriblement attachant et il a souvent beaucoup de bon sens. Avec sa naïveté, sa bonne humeur,ses réflexions au premier degré mais aussi ses bêtises, il va animer la vie de son frère et des colocataires. Les situations sont tour à tour cocasses et émouvantes. Kléber a toujours aimé son frère tel qu'il est, il assume avec beaucoup de cœur la responsabilité qui lui incombe depuis la mort de sa mère. Au contact de Simple les colocataires vont révéler leurs vraies personnalités et grandir un peu plus.

J'ai pris le même plaisir à relire ce livre qui nous fait réfléchir sur la différence et le handicap.

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Un téléfilm Simple réalisé par Ivan Calbérac et inspiré de l'oeuvre de Marie-Aude Murail a été diffusé le 3/05/2011 sur France 2.
Les acteurs : Bastien Bouillon pour interpréter Simple, Julien Drion dans le rôle de Kléber mais aussi Michel Aumont , Valentine Catzeflis , Esteban Carvajal-Algeria , Jeremie Elkaim , Francois Civil , Morgane Cabot , Shemss Audat , Martine Costes-Souyris et Patricia Karim .

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Extrait : (début du livre)
Kléber jeta un regard oblique à son frère. Simple imitait le bruit des portes du métro à mi-vois : "Piiiii ...clap."
Un homme monta à la station et s'assit à côté de Kléber. Il tenait en laisse un berger allemand. Simple se trémoussa sur la banquette.
- Il a un chien, dit-il.
Le propriétaire du berger dévisagea celui qui venait de parler. C'était un jeune homme aux yeux clairs écarquillés.
- Il a un chien, le monsieur, répéta-t-il, de plus en plus agité.
- Tu crois je peux le caresser ? dit Simple en avançant la main vers le chien ?
- Non, aboya Kléber.
L'homme regarda l'un après l'autre les deux frères comme pour évaluer la situation.
- Moi j'ai un lapin, lui dit le jeune homme aux yeux clairs.
- Mais ne parle pas aux gens que tu ne connais pas, gronda Kléber.
Puis il se décida et se tourna vers l'homme au chien :
- Excusez-le, monsieur, c'est un débile mental.
- Un i-di-ot, rectifia l'autre en détachant les syllabes.
L'homme se leva et, sans un mot, tira sur la laisse de son chien. Il descendit à la station suivante.
- Connard, maugréa Kléber.
- Oh, oh, vilain mot, dit son frère.
Kléber eut un soupir mélancolique et jeta un coup d'oeil sur la vitre. Il y vit se refléter sa bonne gueule d'intello aux fines lunettes cerclées. Rasséréné, il se cala au fond de la banquette et consulta sa montre. Simple, qui épiait chacun de ses gestes, tira sur les manches de son sweat et examina ses poignets d'un air critique.
- Moi, j'en ai pas de montre.
- Tu sais très bien pourquoi. Merde, c'est là !
- Oh, oh, vilain mot.
Kléber se dirigea vers la sortie mais se retourna au moment de descendre. Simple, qui l'avait d'abord suivi, s'était arrêté.
- Mais vite ! cria Kléber.
- Elle veut me couper !
Kléber l'attrapa par la manche de son sweat et le tira vers le quai. La porte automatique se referma derrière eux. Clap.
- Elle m'a pas eu !
Kléber le reprit par la manche et le traîna vers un escalier.
- Pourquoi j'ai pas de montre ?
- Tu l'as cassée pour voir s'il y avait un bonhomme dedans, tu te rappelles ?
- Il y avait un bonhomme dedans ?
- Non ! Rugit Simple avec le même contentement.
Il pila si brusquement devant l'escalator que deux personnes derrière lui se télescopèrent. Elles protestèrent :
- Mais enfin, faites attention !
Kléber tira une nouvelle fois son frère par la manche pour l'obliger à monter sur l'escalier mécanique. Simple commença par regarder ses pieds avec effroi en les soulevant. Puis, rassuré sur leur sort, il releva la tête.
- T'as vu ? dit-il une fois tout en haut. J'ai même pas peur. Pourquoi y a pas de beaud'homme dedans ?

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple  papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin

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