freak city La joie de lire - janvier 2013 - 273 pages

traduit de l'allemand par Génia Catala

Titre original : Freak City, 2010

Quatrième de couverture : 
Mika vit dans le monde "normal" : ses potes, sa petite soeur envahissante, la musique et sa copine Sandra, qui veut faire "une pause". Léa vit dans un monde semblable : sa meilleure amie Franzie, sa famille difficile, le cinéma et les sorties au café Freak City. A une différence près : Léa est sourde. L'histoire d'une rencontre improbable.

Auteur : Kathrin Schrocke est née en 1975 à Augsbourg, en Bavière, et vit actuellement à Berlin. Après des études d'allemand et de psychologie, elle a écrit de nombreux romans et pièces de théâtre pour enfants et jeunes adultes. Elle a reçu plusieurs prix et nominations, dont le Nettetaler Youth Book Prize en 2010 ainsi que le Hansjörg-Martin Prize, catégorie meilleur thriller allemand pour la jeunesse. Freak City a été nominé pour le German Youth Literature Prize en 2011.

Mon avis : (lu en septembre 2014)
Mika a des difficultés à accepter la "pause" que Sandra sa petite amie à décider de faire. Il n'arrive pas à l'oublier et à faire quoique ce soit sans elle. Mais un jour, il rencontre Léa, sourde de naissance et pour communiquer avec elle et devenir son amie, il décide de prendre des cours de langage des signes. Cela va commencer par une amitié et la découverte du monde la surdité avant d'éprouver plus...
Cette histoire est 
très réaliste sur les préoccupations de l'adolescence et sur la surdité permet au lecteur de découvrir comment est intégré ou non un sourd dans notre monde d'entendants et comment sont nombreux les à priori.

Une très belle découverte sur une rencontre autour de la différence.

Extrait : (début du livre)
Un homme intelligent a dit un jour qu'on pouvait bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui se trouvaient sur notre route.

Je peux vous dire que c'est vrai. Ça m'est arrivé.
Mais ce jour-là, alors que je suivais cette fille à travers la ville en compagnie de mes deux potes préférés, je n'avais pas la moindre idée de ce qui m'attendait.
C'était pourtant si évident que j'aurais dû le voir, ça sautait aux yeux. Mais j'étais tellement à côté de mes pompes à cette époque. Malade d'amour. Paumé. Je ne comprenais rien à rien.
Au lieu de ça, comme une andouille, je lui courais après avec les deux autres, en lui lançant des grossièretés.
Je ne voyais que ce que je voulais bien voir : ses boucles sauvages, sa minijupe jaune remontée un rien trop haut. Le tatouage sur sa nuque qui disparaissait sous son t-shirt grenat.
Ses tongs vertes faisaient un bruit déchirant sur l'asphalte, elles semblaient crier pitié à chaque pas.
Il faisait trop chaud pour la saison, l'air vibrait autour de nous.
C'est de cette vibration que surgit sa fière silhouette. Le cerveau brûlé par cette chaleur, j'étais aveugle à tout le reste.