la_pluie_avant_qu_elle_tombe traduit de l'anglais par Jamila et Serge Chauvin

Gallimard – janvier 2009 – 248 pages

Présentation de l'éditeur
Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences et des échos qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave, le plus poignant, le plus abouti.

Biographie de l'auteur
Né en 1961 à Birmingham, Jonathan Coe est l'un des auteurs majeurs de la littérature britannique actuelle. On lui doit notamment Testament à l'anglaise, prix du Meilleur livre étranger 1996, La maison du sommeil, prix Médicis étranger 1998, et le diptyque que forment Bienvenue au club et Le Cercle fermé.

Mon avis : (lu en mars 2009)

C’est le premier livre que je lis de cet auteur et j’ai lu ce livre avec beaucoup de facilité et de plaisir. J’ai trouvé beaucoup de sensibilité dans cette histoire sur le sujet difficile du manque d’amour d’une mère pour sa fille et cela sur plusieurs générations. Le style est fluide et le faite de partir sur la description de 20 photos pour raconter l’histoire de trois générations de femmes des années quarante à nos jours est une idée très bonne et originale. J’ai été prise par l’histoire et j’ai dévoré le livre rapidement. A découvrir sans tarder !

Extrait : (page 36)
« Catharine saisit la télécommande, monta le son, et la première chose qu’elles entendirent, au bout de quelques secondes, fut un souffle de bande, suivi des claquements et crachotements d’un micro qu’on allumait et qu’on réglait, et du grattement du pied de micro en plastique sur une surface dure. Puis il y eut une toux, un raclement de gorge ; et enfin une voix, la voix qu’elles comptaient entendre, ce qui ne la rendait pas moins fantomatique. C’était la voix de Rosamond, seule dans le salon de son bungalow du Shropshire, qui parlait dans le micro quelques jours à peine avant sa mort. La voix disait :

  J’espère Imogen, que c’est toi qui m’écoutes. Je crains de ne pas pouvoir en être certaine, car tu as l’air d’avoir disparu. Mais je fais confiance au destin – et surtout à l’ingéniosité de ma nièce Gill – pour que ces enregistrements finissent par arriver jusqu’à toi.

  Je ne devrais peut-être pas m’étendre sur le sujet… mais je m’inquiète, depuis quelques années, de ne pas t’avoir vue réapparaître dans ma vie. Je suis vaguement tentée d’y voir un présage funeste, mais il est vrai que je suis portée à ce genre de pensées dans les circonstances, alors que ma propre fin est… eh bien si proche et si concrète. Je suis sûre qu’il y a une explication logique. Et même plusieurs explications logiques.»