05 octobre 2015

Henning Mankell (1948 - 2015)

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Je viens d'apprendre le décès de l'auteur suédois Henning Mankell à l'âge de 67 ans.
Il était le créateur du personnage de l'inspecteur Kurt Wallander, héros récurrent de ses romans policiers. 
J'ai découvert cet auteur avec deux de ses romans (non policier) Tea-Bag et Les chaussures italiennes, ensuite j'ai découvert la série Kurt Wallander. 
J'ai eu l'occasion de voir et d'entendre Henning Mankell au Salon du Livre de Paris en 2011 où les lettres nordiques étaient à l'honneur.
C'est un auteur que j'aime beaucoup et dont j'ai encore quelques livres à découvrir... 

Déjà lu d'Hennig Mankell : (les titres en gras ne sont pas des romans policiers)
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet le_retour_du_professeur_points Le Retour du professeur de danse

la_lionne_blanche_p La lionne blanche  profondeurs_p Profondeurs le_chinois Le Chinois

l_homme_qui_souriait_p L’homme qui souriait le_guerrier_solitaire_p Le guerrier solitaire 

la_faille_souterraine La faille souterraine et autres enquêtes la_cinqui_me_femme La cinquième femme

les_morts_de_la_st_jean_point Les morts de la Saint-Jean 2013-12-30_081744 Les chaussures italiennes 

la muraille invisible_cd La muraille invisible

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11 janvier 2015

Ils sont morts de faire rire...

  Depuis mercredi, je suis sans voix, sidérée, stupéfaite...
Ils ont su mieux que moi le dire, le chanter...

 

  

le dessiner...

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Plantu

Aujourd'hui, nous sommes tous unis, nous sommes tous ensemble !

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 pour rendre hommage aux 17 victimes de ces barbares.

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18 décembre 2011

Césaria Evora

Une Grande Dame de la chanson...

Cesária Évora, née le 27 août 1941 à Mindelo sur l'île de São Vicente au Cap-Vert et décédée le 17 décembre 2011 à l'hôpital Baptista de Sousa, sur la même île, est une chanteuse capverdienne.
Elle est surnommée La Diva aux pieds nus, surnom dû à son habitude de se produire pieds nus, en soutien aux sans-abri, femmes et enfants pauvres de son pays.
De sa voix rauque, elle a popularisé la morna, musique du Cap-Vert, auprès du grand public mondial.
(extrait Article wikipédia)

 

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27 août 2010

Le chien jaune – Georges Simenon

Lu dans le cadre du Challenge Maigret organisé par Ferocias

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Lu dans le cadre du Challenge Lunettes noires sur Pages blanches

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Livre de Poche - Janvier 2003 - 190 pages
Pocket – janvier 2000 – 183 pages
Pocket – septembre 1989 – 183 pages
Presse Pocket – septembre 1980 – 183 pages
Edito-Service S.A. - 1974 – 136 pages
LGF – 1970 – 189 pages
LGF – janvier 1963 – 189 pages
Fayard – 1961 -

Quatrième de couverture :
Vendredi 7 novembre. Concarneau est désert. L'horloge lumineuse de la vieille ville, qu'on aperçoit au-dessus des remparts, marque onze heures moins cinq. C'est le plein de la marée et une tempête du sud-ouest fait s'entrechoquer les barques dans le port. Le vent dans les rues, où l'on voit parfois des bouts de papier filer à toute allure au ras du sol. Quai l'Aiguillon, il n'y a pas une lumière. Tout est fermé. Tout le monde dort. Seules les trois fenêtres de l'Amiral, à l'angle de la place et du quai, sont encore éclairées...

Auteur : Né à Liège le 13 février 1903, après des études chez les jésuites, et amené de bonne heure à gagner sa vie, Georges Simenon est contraint d'exercer divers métiers. Un temps reporter à La Gazette de Liège, il circule volontiers de par le monde, séjournant notamment à Paris. 'Le Roman d'une dactylo', publié sous un pseudonyme en 1924, est un véritable succès populaire. Dès lors, cet auteur prolifique rédige roman sur roman, à un rythme impressionnant, et donne naissance au fameux commissaire Maigret. L'univers de Simenon est marqué par un réalisme cru - ses personnages sont des êtres veules et médiocres - auquel se mêle toutefois une poésie particulière, liée à la restitution de l'atmosphère des lieux, ou à l'angoissante solitude qui enserre les hommes. En vertu de leurs qualités dramatiques intrinsèques, nombre de ses œuvres ont été adaptées au petit et au grand écran. Simenon gravit les marches de l'Académie royale de Belgique en 1952, rendant au genre policier toutes ses lettres de noblesse. Décédé à Lausanne le 04 septembre 1989.

Mon avis : (lu en août 2010)
J'ai choisi un peu au hasard cette aventure de Maigret qui a été écrite en 1931.
Maigret mène l'enquête à Concarneau.. Un notable de la ville, Mostaguen, principal négociant en vin du pays a été grièvement blessé d'un coup de revolver. Puis une série de tentative de meurtres est perpétrée : empoisonnements, disparition... Et avec tout cela un mystérieux chien jaune erre dans les rues de la ville. Tout se passe autour de l’Hôtel de l’Amiral et de notables de la ville habitués de l'hôtel. Je ne peux pas dire avoir été passionné par cette enquête que j'ai trouvé lente et longue. Malgré tout, l'enquête est bien contruite et la conclusion inattendue.

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Film : Le Chien jaune a été adapté au cinéma par Jean Tarride en 1932 avec Abel Tarride dans le rôle Commissaire Maigret.
Il existe également deux épisodes « Le Chien jaune » à la télévision, celui réalisé par Claude Barma en 1968 (noir et blanc) avec Jean Richard dans le rôle du Commissaire Maigret et celui réalisé par Pierre Bureau en 1988 (couleur) avec Jean Richard dans le rôle du Commissaire Maigret et Annick Tanguy dans le rôle de Madame Maigret.

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J'ai pu emprunter à la Bibliothèque le DVD de l'épisode réalisé par Claude Barma en 1968 (noir et blanc).
Ce téléfilm est une adaptation très fidèle du roman de Simenon. On retrouve les dialogues mots pour mots. Seules entorses au livre, le film situe l'histoire à Boulogne-sur-Mer dans les années 50 ou 60 plutôt qu'à Concarneau dans les années 30. L'impression de longueur et de lenteur de l'histoire est décuplée dans le film. Le côté noir et blanc donne également au film un côté vieillot.

Extrait : (début du livre)
Vendredi 7 novembre. Concarneau est désert. L’horloge lumineuse de la vieille ville, qu’on aperçoit au-dessus des remparts, marque onze heures moins cinq.
C’est le plein de la marée et une tempête du sud-ouest fait s’entrechoquer les barques dans le port. Le vent s’engouffre dans les rues, où l’on voit parfois des bouts de papier filer à toute allure au ras du sol.
Quai de l’Aiguillon, il n’y a pas une lumière. Tout est fermé. Tout le monde dort. Seules, les trois fenêtres de l’Hôtel de l’Amiral, à l’angle de la place et du quai, sont encore éclairées.
Elles n’ont pas de volets mais, à travers les vitraux verdâtres, c’est à peine si on devine des silhouettes. Et ces gens attardés au café, le douanier de garde les envie, blotti dans sa guérite, à moins de cent mètres.
En face de lui, dans le bassin, un caboteur qui, l’après-midi, est venu se mettre à l’abri. Personne sur le pont. Les poulies grincent et un foc mal cargué claque au vent. Puis il y a le vacarme continu du ressac, un déclic à l’horloge, qui va sonner onze heures.
La porte de l’Hôtel de l’Amiral s’ouvre. Un homme paraît, qui continue à parler un instant par l’entrebâillement à des gens restés à l’intérieur. La tempête le happe, agite les pans de son manteau, soulève son chapeau melon qu’il rattrape à temps et qu’il maintient sur sa tête tout en marchant.
Même de loin, on sent qu’il est tout guilleret, mal assuré sur ses jambes et qu’il fredonne. Le douanier le suit des yeux, sourit quand l’homme se met en tête d’allumer un cigare. Car c’est une lutte comique qui commence entre l’ivrogne, son manteau que le vent veut lui arracher et son chapeau qui fuit le long du trottoir. Dix allumettes s’éteignent.
Et l’homme au chapeau melon avise un seuil de deux marches, s’y abrite, se penche. Une lueur tremble, très brève. Le fumeur vacille, se raccroche au bouton de la
porte. Est-ce que le douanier n’a pas perçu un bruit étranger à la tempête ? Il n’en est pas sûr. Il rit d’abord en voyant le noctambule perdre l’équilibre, faire plusieurs pas en arrière, tellement penché que la pose en est incroyable.
Il s’étale sur le sol, au bord du trottoir, la tête dans la boue du ruisseau. Le douanier se frappe les mains sur les flancs pour les réchauffer, observe avec humeur le foc dont les claquements l’irritent.
Une minute, deux minutes passent. Nouveau coup d'œil à l’ivrogne, qui n’a pas bougé. Par
contre, un chien, venu on ne sait d’où, est là, qui le renifle.
« C’est seulement à ce moment que j’ai eu la sensation qu’il s’était passé quelque chose ! » dira le douanier, au cours de l’enquête.

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01 août 2010

La Méridienne – Denis Guedj

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Robert Laffont – septembre 1999 – 308 pages

Pocket – mars 2003 – 414 pages

Points – octobre 2008 – 379 pages

Quatrième de couverture :

Juin 1792. Deux berlines quittent les Tuileries, l’une vers Dunkerque, l’autre vers Barcelone. À leur bord, Pierre Méchain et Jean-Baptiste Delambre, les astronomes et académiciens chargés par l’Assemblée Nationale de mesurer le méridien entre ces deux villes, afin de lui donner “pour tous les hommes, pour tous les temps”, une mesure universelle : le Mètre.

La mesure se révèle une véritable expédition. Bien vite, les saufs-conduits signés par le Roi les rendent suspects. Delambre est destitué par le Comité du salut public. Méchain, quant à lui, subit un terrible accident, est emprisonné en Espagne, puis se terre dans les Pyrénées, hanté par un doute : il se serait trompé dans ses mesures à Barcelone.

Cette traversée du territoire est une traversée de l'Histoire, elle aura duré sept années : le temps que vécut la République. Le 22 juin 1799, l'étalon du mètre est consacré.

Auteur : Né en 1940 à Sétif (Algérie), Denis Guedj est à la fois écrivain, mathématicien, professeur d'histoire et d'épistémologie des sciences (à Paris VIII) et aussi scénariste de cinéma. Écrivain prolifique, il rencontre un succès mondial, traduit en vingt langues, avec Théorème du perroquet (1998) ou les Cheveux de Bérénice (2003). Romancier, auteur de théâtre, comédien mais aussi scénariste, avec ce film de 1978, une fiction documentaire dont le titre, la Vie, t’en as qu’une, résume le fond de sa pensée, de son enseignement. Car Denis Guedj était d’abord un enseignant. Il est mort samedi 24 avril 2010, à l'âge de 69 ans.

Mon avis : (lu en juillet 2010)
La Méridienne est l'autre nom donné au méridien de Paris qui passe par le centre de l'Observatoire de Paris et qui est situé à 2° 20' 14" à l'est de celui de Greenwich. Le méridien de Paris a été défini le 21 juin 1667 par les mathématiciens de l'Académie. Dès lors, le méridien origine pour la France était défini.

Le livre commence le 24 juin 1792, Méchain et Delambre, deux astronomes, quittent Paris, avec pour mission de mesurer le méridien entre Dunkerque et Barcelone afin d'établir une mesure universelle, le mètre soit la dix millionième partie du quart de méridien terrestre.
C'est une grande expédition, une traversée de la France du Nord au Sud mais également une traversée de l'Histoire qui durera sept ans, le temps de la République. Cela commence avec la fin de la monarchie et cela s'achève à l'aube du Consulat, la France est en pleine tourmente révolutionnaire. Pour mesurer cette Méridienne, les astronomes vont utiliser la méthode de triangulation (qui s'appuie sur une règle simple de trigonométrie « si on connaît deux angles et un côté d'un triangle, on connaît tous les côtés ») et mesurer une chaîne de triangles entre Dunkerque et Barcelone. Pour cela, ils vont devoir se hisser sur les sommets les plus élevés, monter en hauts des clochers. Voilà, une histoire politique, économique et scientifique qui est vraiment passionnante. 

Extrait : (début du livre)
24 juin 1792. Les Tuileries portaient encore les traces de la marée humaine qui venait de les submerger ; des papiers gras, de la crotte, des morceaux de chiffons, des parterres de fleurs piétinées... Un groupe de jardiniers jaugeait les dégâts, ignorant volontairement le jeune arbre que, trois jours plus tôt, un cortège des faubourgs avait planté là malgré l'opposition des gardes du roi. Un bel arbre, qui durera pour le moins jusqu'à la fin du siècle, si rien – la foudre, la hache, le feu ou les parasites – ne vient interrompre sa croissance. Piquée à même le tronc, s'épanouissait une cocarde tricolore.
Au bout de l'allée, devant un pavillon, deux berlines lourdement chargées, garées cul à cul, étaient sur le départ. Identiques à la couleur près, l'une verte, l'autre cuivrée, elles étaient équipées d'une énorme malle arrière à la forme étrange. Autour d'elles était rassemblé un petit groupe : Lavoisier, chimiste réputé, Condorcet philosophe et député de l'Assemblée législative et le Chevalier Borda, physicien. Il y avait également une femme et ses trois enfants.
Tout ce petit monde faisait ses adieux aux citoyens Pierre Méchain et Jean-Baptiste Delambre qui s'apprêtaient à quitter la capitale.
« Alors Méchain, à vous le Sud, à moi le Nord, lança le second.
- Ainsi en a décidé l'Assemblée, répondit le premier.
- Et moi, je reste à Paris », conclut tristement Lavoisier en tendant à chacun d'eux une petite cassette où reposaient lettres de crédit et numéraire en or et argent. Puis ce fut au tour de Broda de remettre aux voyageurs un portefeuille contenant des laissez-passer et des lettres de recommandation signées du roi.
Thérèse Méchain s'efforçait de cacher son inquiétude ; elle se tenait à l'écart, digne et silencieuse. Pourtant, lorsque Delambre s'approcha pour lui faire ses adieux, elle laissa échapper : « Si seulement vous partiez avec lui ! » Condorcet s'approcha pour la réconforter, lui affirmant que, restant en contact permanent avec les deux voyageurs, il lui communiquerait toutes les nouvelles qu'il recevrait d'eux.
Méchain grimpa dans la berline cuivrée, Delambre dans la verte ; leurs regards se croisèrent, leurs yeux brillèrent. Était-ce l'excitation du départ ou bien les reflets des feux de la Saint-Jean qui, les nuits précédentes, avaient illuminé les hauteurs de Montmartre ? Ils se firent signe de la main.
« A Rodez ! A Rodez ! » lancèrent-ils ensemble.
Les deux berlines s'ébranlèrent en même temps, s'éloignant dans des directions opposées.

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09 juin 2010

1er bilan Hommage Denis Guedj

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Il y a quelques semaines, je proposais un Hommage à Denis Guedj.
A ce jour, nous sommes seulement 2 (en me comptant) à avoir relevé le défi...

Sandrine(SD49) a lu guedj_le_theoreme_ Le théorème du Perroquet

Aproposdelivres a relu les_cheveux_de_b_r_nice Les cheveux de Bérénice

Je proposais de rendre cet Hommage jusqu'à fin juin, je décide donc de le prolonger jusqu'en Septembre et laisser le temps des vacances pour découvrir Denis Guedj aux plus nombreux possible.

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07 mai 2010

Les Cheveux de Bérénice - Denis Guedj

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Seuil – janvier 2003 – 320 pages

Points – mai 2004 – 400 pages

Points – avril 2007 – 400 pages

Quatrième de couverture :
Dans le ciel d'Alexandrie, entre la Vierge et le Lion, une nouvelle constellation vient de naître, les Cheveux de Bérénice. Pour que, des lointains champs de bataille, son époux Ptolémée Évergète revienne vivant, la reine Bérénice sacrifie sa chevelure à la déesse Isis. L'Égypte, IIIè siècle avant notre ère, rayonne de tous ses feux : le Phare, la Grande Bibliothèque, Mouséion.

« Combien grande est la Terre ? » demande Évergète à Eratosthène, géographe, cartographe, mathématicien, et directeur de la Grande Bibliothèque.
Commence alors la marche de Béton, le bématiste chargé de mesurer le Nil « pas à pas » depuis Alexandrie jusqu'à la première cataracte. Tandis qu'à la cour, débauche et assassinats gangrènent le pouvoir des nouveaux pharaons grecs. Témoin de cette aventure, le nain Obole, véritable carte humaine, qui porte le Nil tatoué sur son dos.

Les Cheveux de Bérénice est l'histoire de la première mesure de la Terre confronté à la démesure de la tragédie qui secoue la dynastie des Ptolémées.

Auteur : Né en 1940 à Sétif (Algérie), Denis Guedj est à la fois écrivain, mathématicien, professeur d'histoire et d'épistémologie des sciences (à Paris VIII) et aussi scénariste de cinéma. Écrivain prolifique, il rencontre un succès mondial, traduit en vingt langues, avec Théorème du perroquet (1998) ou les Cheveux de Bérénice (2003). Romancier, auteur de théâtre, comédien mais aussi scénariste, avec ce film de 1978, une fiction documentaire dont le titre, la Vie, t’en as qu’une, résume le fond de sa pensée, de son enseignement. Car Denis Guedj était d’abord un enseignant. Il est mort samedi 24 avril 2010, à l'âge de 69 ans.

Mon avis : (lu en 2003 et relu en mai 2010)
Ce livre est à la fois un roman, un livre d'histoire, de mathématique, d'astronomie... Denis Guedj nous entraîne dans l'Égypte de Ptolémée trois siècles avant notre ère.
Le mathématicien Ératosthène, directeur de la Grande Bibliothèque, est chargé par le roi Évergète de mesurer la circonférence de la Terre. La mesure s'effectuera le long d'un méridien : celui d'Alexandrie, le long du Nil entre Syène et Alexandrie.
«Cette mesure effectuée plus de deux siècles avant notre ère attribue à la Terre une circonférence de 39600 kilomètres.
Aujourd'hui, les méthodes les plus précises donnent 40000,07 kilomètres.»
On ne s'ennuie pas un instant, le lecteur découvre la Grande Bibliothèque et le Phare d'Alexandrie, le mathématicien Ératosthène et ses démonstrations très pédagogiques, et son cheminement et ses raisonnements pour faire aboutir son projet de mesure de la Terre. En parallèle le lecteur découvre la cour des Ptolémée et les intrigues autour du pouvoir. Un livre riche en documentation et une épopée passionnante.
Le titre, Les Cheveux de Bérénice, fait allusion à la légende selon laquelle Bérénice, femme d'Évergète, aurait offert sa chevelure à la déesse Isis en échange de la vie de son mari, chevelure disparue de l'autel d'Isis mais retrouvée dans le ciel en tant qu'une constellation. A découvrir !

Extrait : (page 31)
Évergète s'approcha de la carte. Posant son index sur la Diaphragme, il le fit glisser du couchant au levant, égrenant les noms des pays : Celtique, Libye, Italie, Grèce, Macédoine, Thrace. Quand il eut atteint la Perpendiculaire, il s'interrompit. Il venait de traverser la moitié du Monde. Impatient de pour suivre ce voyage virtuel, il continua : Éthiopie, Nubie, Arabie, Médie, Perse, Carmanie, Bactriane, Inde, Cédrosie, Taprobane. Parvenu à l'océan qui mettait un terme aux terres habitées du Levant, son doigt resta en suspens. Lentement, d'un geste large, désignant l'en dehors de la carte : « Et le reste ? Le reste du monde, est-ce beaucoup, est-ce peu en regard de ce que nous connaissons ? » demanda le roi, les yeux brillants d'excitation. S'approchant d'Ératosthène qui, en retrait, respectait le silence de son souverain, il répéta doucement, presque douloureusement, sa demande à cet homme qui lui était si cher et à qui il avait confié l'éducation de son fils aîné, Lagos : « Ce monde habité que tu offres à mon regard et dont pour la première fois je perçois si sûrement les limites, je ne peux m'empêcher de ne le considérer que comme une partie du Monde. Une partie infime ? Une partie considérable ?
- Pour te répondre précisément, il faudrait que je sache combien grande est la Terre.
- Eh bien !
- Tu me demandes, Seigneur, quelle est la grandeur de la Terre ?
- Oui, oui, c'est exactement ce que je te demande, la grandeur de la Terre ENTIERE !
- Tu me demandes, Seigneur, rien de moins que de mesurer la Terre !
- Serait-ce au-delà de tes possibilités ? » demande Évergète d'une voix que la provocation rendit enjouée.

Demande inouïe !
Mesurer le Monde. Non pas le monde habité, mais le monde dans sa totalité. Durant des millénaires, seul avait compté pour chaque homme son territoire. Cette mesure, si je parviens à la mener à bien, signera pour les hommes la sortie de la maison, du village, de la cité. Elle témoignera de la prise en compte de l'unité du monde. Par elle, chaque homme, au-delà de son attachement à sa terre, deviendra habitant de LA Terre. Cette sortie hors de « chez soi », qui se couplera avec une sortie hors de soi, sonnera comme une véritable révolution.

Pris de vertige devant la portée et les conséquences de la tâche qui allait désormais requérir tous ses efforts, Ératosthène frémit. Être le premier homme à prendre la mesure du Monde, quelle gloire ! Mais aussi quelle responsabilité ! Que ses calculs soient erronés, qu'il fasse la Terre plus grande ou plus petite qu'elle n'est, et pendant des siècles les hommes, abusés par son erreur, se feraient une fausse idée du Monde.

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30 avril 2010

Hommage à Denis Guedj

Denis Guedj est un auteur que j'ai découvert avec son célèbre Théorème du perroquet et j'ai également déjà lu Les Cheveux de Bérénice et Zéro ou les cinq vies d'Aémer (avant l'existence de ce blog).

Je vous propose de lui rendre hommage en découvrant son œuvre, en lisant au moins un livre de Denis Guedj durant les 2 mois prochains.

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L’écrivain et mathématicien Denis Guedj, professeur d’histoire et d’épistémologie des sciences mais aussi comédien et scénariste, est mort samedi à l’âge de 69 ans, a annoncé sa famille.

Né en 1940 à Sétif (Algérie), il est l’auteur de nombreux essais et romans mettant en scène les sciences, les mathématiques et leur histoire. Il a collaboré au quotidien Libération jusqu'à 1997, écrivant des chroniques qui ont été rassemblées dans l’ouvrage La gratuité ne vaut plus rien (Le Seuil 1997).

Denis Guedj a atteint la notoriété en 1998 avec la publication de son roman Le Théorème du perroquet (Seuil), une odyssée sur l’origine et la petite histoire des mathématiques. Dans ce livre entre récit d’aventure et polar, il fait revivre la naissance des mathématiques, les lieux où elles ont été créées. On y apprend par exemple que les «chiffres arabes», de 1 à 9, ne sont pas si arabes que cela…

Il a aussi publié en 2000 Le Mètre du monde (Seuil) dans lequel il raconte comment le système métrique décimal s’est imposé pendant la Révolution française.

En 2005, il a publié un roman sur l’invention du zéro, à travers la vie de cinq femmes, à cinq époques différentes dans Zéro (Robert Laffont), et en 2007, chez le même éditeur Villa des hommes dans lequel il fait se rencontrer en 1917 dans un hôpital psychiatrique un vieux mathématicien allemand célèbre et un jeune soldat français.

Au cinéma, il a notamment écrit et réalisé une fiction documentaire La vie, t’en as qu’une en 1978. Il était enseignant à l’université Paris VIII.

(Source AFP)

Bibliographie :

  • La Méridienne (1987)

  • La Révolution des savants (1988)

  • L'Empire des nombres (1996)

  • La Gratuité ne vaut plus rien et autres chroniques mathématiques (1997)

  • Le Théorème du Perroquet (1998)

  • Génis ou le Bambou parapluie (1999)

  • Le Mètre du monde (2000)

  • La Bela - Autobiographie d'une caravelle (2001)

  • One Zero Show - Du point à la ligne (2001)

  • Les Cheveux de Bérénice (2003)

  • Zéro ou les cinq vies d'Aémer (2005).

  • Villa des hommes (2007)

  • Les mathématiques expliquées à mes filles (2008)

Je me propose donc de recenser toutes vos lectures régulièrement, il vous suffira de venir les signaler ici ou en utilisant "Contacter l'auteur" de mon blog lors de la parution de vos billets.

J'espère que vous serez nombreux à vous joindre à cet hommage et à diffuser l'information autour de vous. Merci d'avance.

Voir le 1er bilan de cet hommage... je propose de prolonger l'hommage jusqu'à fin septembre

Déja lu du même auteur :  guedj_le_theoreme_ Le Théorème du perroquet    

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20 mars 2010

La gare de Rachid – Pascal Garnier

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Syros – avril 2000 – 55 pages

Syros - avril 2003 -

Quatrième de couverture :

Depuis qu'il a quitté son pays, Rachid est balayeur dans une grande gare parisienne. Cette gare, c'est sa vie jusqu'au jour où on le licencie. « Sa journée terminée, il ne reviendrait plus à la gare... C'était impensable, comme s'il venait d'apprendre sa propre mort. Il descendit lentement les marches en se tenant à la rampe. L'air n'y était pourtant pas bien propre mais c'était son air, celui qu'il respirait tous les jours depuis tellement d'années... Alors, quelque chose se redressa en lui, quelque chose qui ne voulait pas mourir de crise économique ».

Auteur : Né en 1949, nouvelliste et romancier, Pascal Garnier a construit une œuvre partagée entre la littérature sombre (aux marges du roman noir) et la littérature pour la jeunesse.
Il a publié une cinquantaine de livres. Il est décédé le 5 mars 2010.

Mon avis : (lu en mars 2010)

Pour participer à l'hommage proposé par Stephie, je cherchais un titre de Pascal Garnier à lire sur un site de vente de livres en ligne, et je reconnais la couverture de « La gare de Rachid », livre que j'avais en réserve pour offrir à un anniversaire ou... Je ne l'avais jamais lu et je me suis dis que c'était vraiment l'occasion de la faire. C'est un livre jeunesse destiné aux 13 ans et plus. L'illustration de la couverture et de la quatrième de couverture (pour l'édition d'avril 2000 ) est également l'œuvre de Pascal Garnier.

Un jour Rachid a quitté son pays, il est arrivé dans une gare parisienne avec une phrase en français « S'il vous plaît monsieur, je cherche du travail... ». Il réussi alors à obtenir un travail de balayeur dans cette gare parisienne. Depuis ce jour, cette gare est sa vie, il en connait tous les recoins. Malheureusement, un jour on le licencie « Non, il n'avait pas fait de faute de professionnelle, oui il avait toujours été un bon employé, personne n'avait jamais eu à se plaindre de lui. Mais le personnel coûte cher, les charges sociales, etc. Et puis, avec les nouvelles machines, un seul technicien de surface fera le travail de dix balayeurs et plus efficacement ! » Et malgré tout, Radid continue comme si de rien n'était à balayer sa gare. Mais ses maigres économies s'épuisent peu à peu. Rachid quitte son hôtel pour s'installer dans un wagon abandonné...

C'est un texte sur l'immigration, beau et émouvant. Pascal Garnier retrace la vie de ce balayeur algérien avec beaucoup de pudeur, de sensibilité et de poésie. Au début il nous conte la réalité puis l'histoire bascule dans comme dans un rêve.

Extrait : (début du livre)

L'arrivée du train de 9h51 en provenance de Marseille fit s'envoler une poignée de pigeons gris qui s'éparpillèrent en applaudissant du bout des ailes dans le ciel rouillé de la gare. Appuyé sur son balai, Rachid les regarda se poser un à un sur les poutrelles métalliques qui s'entrecroisaient au-dessus du réseau compliqué des rails. La verrière était si poussiéreuse que, quelle que soit la saison, il faisait toujours le même temps, blanc-jaune le jour, bleu électrique la nuit. Ni ces pigeons ni Rachid ne connaissaient d'autre ciel que celui de la gare et ça suffisait largement. Rachid n'aurait pas pu dire depuis combien de temps il travaillait ici, ses souvenirs n'arrivaient pas à remonter si loin. Il avait bien quelques images de ciel bleu sans limite, sans nuage au-dessus d'une mer aussi bleue et aussi plate qui traînaient tout au fond de lui mais tout cela était rangé dans un coin de sa tête où il ne mettait plus les pieds depuis bien longtemps. C'était dans un autre pays, dans un autre temps, presque dans une autre vie. Sa vraie vie, celle de tous les jours, avait commencé juste à la descente de ce train de 9h51 en provenance de Marseille. Comme elle lui avait paru grande cette gare, immense, plus grande que tout ce qu'il avait connu de grand jusqu'alors, c'est-à-dire la mosquée de son village et on aurait pu en mettre au moins dix là-dedans.

Lu dans le cadre de l'hommage

hommage_pascal_garnier

Déjà lu du même auteur :

lune_captive_dans_un_oeil_mort Lune captive dans un œil mort   la_th_orie_du_panda La Théorie du panda

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