17 novembre 2012

Cavalier seul - Achdé , Daniel Pennac, Tonino Benacquista

cavalier_seul Dargaud – octobre 2012 – 48 pages

Présentation de l'éditeur : 
Dans Cavalier seul, 5e tome des Nouvelles aventures de Lucky Luke, Pennac, Benacquista et Achdé annoncent... la séparation des Dalton !
Ce 5e épisode des Nouvelles aventures de Lucky Luke s'ouvre sur un énième coup raté des Dalton. Mais, cette fois, Jack, William et Averell décident de destituer Joe et de faire cavalier seul. Chacun des frères partira de son côté, et celui qui, le premier, gagnera un million de dollars sera le nouveau chef des Dalton.

Auteurs :  Achdé, de son vrai nom Hervé Darmenton, né le 30 juillet 1961 à Lyon, est un scénariste et dessinateur de bande dessinée français. Son pseudonyme vient de ses initiales, H-D. Depuis le décès de Morris en 2001, il dessine la série Lucky Luke
Tonino Benacquista est né en 1961, de parents italiens. Il a grandi à Vitry, lisant très peu, mais passant en revanche une grande partie de son temps libre devant la télévision, à regarder des séries, comme Les Incorruptibles. Il a ensuite commencé des études de littérature et cinéma, qu'il a abandonnées pour faire toutes sortes de petits boulots, expériences qui lui ont donné une matière inépuisable pour l'écriture de ses romans. Il publie son premier roman en 1985, puis atteint à la reconnaissance en 1991 avec La Commedia des Ratés, qui rafle trois prix la même année. 

Daniel Pennac est né, en 1944, au Maroc, à Casablanca, dans une famille de militaires. Il a passé son enfance au gré de garnisons en Afrique et en Asie du Sud-Est, avant d'obtenir, à Nice, une maîtrise de lettres et d'opter pour l'enseignement. Professeur de français, il est autant connu pour ses romans pour adultes que pour enfants.

Mon avis : (lu en novembre 2012)
Une aventure de Lucky-Luke très sympathique, je l'ai lu en une demi-heure.
Le nouveau dessinateur qui a repris la suite de Morris reste très proche du dessin de son aîné. Le scénario concocté par Daniel Pennac et Toni Benacquista est à la hauteur de ceux de Goscinny, de l'humour, de l'imagination...
Après encore un retour en prison, Jack, William et Averell se rebellent contre l'autorité omniprésente de Joe. Celui-ci leur lance alors un défi, chacun des frères partiront de leur côté et c'est celui qui rapportera le premier un million de dollars qui deviendra le nouveau chef des Dalton. L'aventure commence dès l'évasion car chaque Dalton va creuser son propre trou... Lucky-Luke est bien sûr là mais son travail va être plus difficile et multiplié par quatre car il va devoir s'occuper de séparément de chacun des frères Dalton.

 

 

Extrait :

p3 p4

p5 p6

p7

 

 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Loisirs"

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01 août 2012

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre – Ruta Sepetys

ce_qu_il_n_ont_pas_pu_nous_prendre Gallimard jeunesse – octobre 2011 – 432 pages

traduit de l'anglais (américain) par Bee Formentelli

Titre original : Between shades of gray, 2011

Quatrième de couverture :
Lina est une jeune Lituanienne comme tant d'autres. Très douée pour le dessin, elle va intégrer une école d'art. Mais une nuit de juin 1941, des gardes soviétiques l'arrachent à son foyer. Elle est déportée en Sibérie avec sa mère et son petit frère, Jonas, au terme d'un terrible voyage. Dans ce désert gelé, il faut lutter pour survivre dans les conditions les plus cruelles qui soient. Mais Lina tient bon, portée par l'amour des siens et son audace d'adolescente. Dans le camp, Andrius, dix-sept ans, affiche la même combativité qu'elle... Le récit de Lina vous coupera le souffle. Vous n'aurez qu'une envie : faire partager cette histoire aussi terrible qu'exemplaire, qui irradie d'amour et d'espérance. Déjà un classique dans de nombreux pays.

Auteur : Fille d’un réfugié lituanien, Ruta Sepetys est née dans le Michigan où elle a été élevée dans l’amour de la musique et des livres par une famille d’artistes. Elle étudie la finance internationale et vit quelques temps en Europe (Paris). Puis, elle part à Los Angeles pour travailler dans l’industrie de la musique. Aujourd’hui mariée, elle vit dans le Tennessee avec sa famille. Ce qu’ils n’ont pu nous prendre est son premier roman.

Mon avis : (lu en juillet 2012)
Lina est une jeune lituanienne de 15 ans, en juin 1941, est arrêté avec sa mère et son petit frère Jonas par la NKVD (la police politique soviétique). Ainsi commence un long voyage dans des wagons à bestiaux vers la Sibérie. Les conditions de voyage sont très difficiles avec en particulier la soif et la faim. Après 42 jours de train, la première étape sera un camp de travail dans l'Altaï. Ils sont logés « chez l'habitant », ils sont imposés aux autochtones qui les acceptent difficilement. Le travail est obligatoire si on veut obtenir sa maigre ration de pain du jour. Lina est soutenue par Andrius, un jeune homme de dix-sept ans aussi combatif qu’elle. Mais près de neuf mois après leur arrivée dans se camp une partie des déportés est condamnée à reprendre la route vers une destination glaciale au-delà du Cercle Polaire. Andrius et Lina sont donc séparés et la survie devient encore plus dure dans ces conditions extrême.
Lina est douée pour le dessin et tout au long de ce terrible voyage, elle utilisera en cachette son art pour témoigner.
L’auteur imagine ce récit plein de courage et de solidarité pour évoquer des faits historiques souvent passés sous silence : comment durant la Seconde Guerre Mondiale les Pays Baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie) ont été envahis par les Soviétiques et les opposants ont été déportés en Sibérie. Une note de l’auteur en fin de livre nous explique tout cela.
Ce roman est édité dans une collection pour adolescents mais je le conseillerai aux adultes et grands adolescents. Un roman très fort à découvrir et à faire découvrir ! 

Extrait : (début du livre)
Ils m'ont arrêtée en chemise de nuit.
Quand je repense à cette terrible nuit, je suis bien obligée d'admettre que les signes avant-coureurs n'avaient pas manqué : on avait brûlé des photos de famille dans la cheminée; tard dans la soirée, j'avais surpris Mère à coudre à l'intérieur de la doublure de son manteau ses plus beaux bijoux et ses plus belles pièces d'argenterie; Père n'était pas rentré de son travail. Mon petit frère, Jonas, posait des questions. J'en posais, moi aussi, mais peut-être me refusais-je à reconnaître les présages de la catastrophe. En réalité, mes parents avaient l'intention de prendre la fuite, ce que je ne compris que plus tard.
Ils n'ont pas pris la fuite. Nous avons été arrêtés.

14 juin 1941. Après m'être changée et avoir passé ma chemise de nuit, je m'installe à mon bureau pour écrire une lettre à ma cousine Joana. J'ouvre ma nouvelle écritoire en ivoire, assortie d'une boîte de plumes et de crayons, qu'une tante m'a offerte pour mes quinze ans.
La brise du soir entrée par la fenêtre ouverte flotte au-dessus de mon bureau, faisant voltiger les rideaux. Je peux sentir le parfum du muguet que Mère et moi, nous avons planté voilà deux ans. Chère Joana.

Ce n'est pas un simple coup frappé à la porte, mais une véritable salve de coups, pressants, insistants, qui me fait bondir sur ma chaise. On martèle la porte d'entrée à coups de poing. Personne ne bouge à l'intérieur de la maison. Je quitte mon bureau pour aller jeter un regard furtif dans le couloir. Ma mère est debout, aplatie contre le mur, face à notre carte encadrée de la Lituanie. Elle prie, les yeux clos. Elle a les traits tirés par l'angoisse - une angoisse comme je ne lui en ai jamais vue.
- Mère, demande Jonas dont un seul œil apparaît dans l'embrasure de sa porte, est-ce que tu vas leur ouvrir ? S'ils continuent comme ça, ils vont finir par défoncer la porte d'entrée. 
Tournant la tête, Mère nous voit tous les deux, Jonas et moi, postés chacun sur le seuil de notre chambre, l'air interrogateur.
- Oui, mon chéri, je vais leur ouvrir, répond-elle en esquissant un sourire forcé. Je ne laisserai personne défoncer notre porte.

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31/50 : Tennessee
Ruta Sepetys vit dans le Tennessee

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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10 juillet 2012

Brise glace – Jean-Philippe Blondel

brise_glace Actes Sud Junior – septembre 2011 – 106 pages

Présentation éditeur :
Aurélien est nouveau dans son lycée. Il a déménagé. Ce n'est pas la première fois qu'il déménage. Pas facile de se faire des amis dans ces conditions. Mais justement, des amis, Aurélien semble ne pas en vouloir. Il est du genre solitaire ; parfois il voudrait juste pouvoir se fondre dans le décor pour qu'on lui fiche la paix. Pourtant, un garçon de sa classe, Thibaud, semble s'intéresser particulièrement à lui ; il parvient même à convaincre Aurélien de participer à une soirée slam. Dans la pulsation des mots, dans la chaleur de cette amitié naissante, Aurélien arrive enfin à faire craquer la glace qui l'enserre et commence à se libérer du poids du secret, celui du deuil.

Auteur : Jean-Philippe Blondel enseigne l’anglais dans un lycée près de Troyes depuis une vingtaine d’années. Il mène en parallèle une carrière d’écrivain, en littérature générale dont G229 et Et rester vivant (2011) comme en jeunesse chez Actes Sud Junior : Au rebond, Un endroit pour vivre, Blog (prix NRP littérature jeunesse), (Re)Play et Brise glace.  

Mon avis : (lu en juillet 2012)
Aurélien est un adolescent qui fait tout pour passer inaperçu et se fondre dans la masse. Il porte un lourd secret. Arrivé dans un nouveau lycée, il rencontre Thibaud un élève très populaire et ce dernier est bien décidé à gagner la confiance d'Aurélien et à le sortir de sa solitude. Il va lui faire découvrir sa passion pour le slam et briser la glace qui, depuis quatre ans, empêche Aurélien de se tourner vers l'avenir. Dans ce texte d'une grande sensibilité, Jean-Philippe Blondel nous offre une jolie histoire d'amitié poignante et touchante.

Extrait : (début du livre)
Je regarde par la fenêtre la pluie qui s'abat sur la cour du lycée. Je soupire.
Je suis dans la salle G124, bâtiment G, 1er étage. C'est la salle dans laquelle ont lieu tous les contrôles de plus d'une heure - que des tables individuelles, pour décourager les tentatives de pompe.
Aujourd'hui, c'est devoir de français. Quatre heures. Je jette un coup d'oeil à mes camarades, les premières L. On est mardi après-midi. En novembre. Tout est gris. Presque aussi gris que sur la photocopie du tableau que j'ai devant moi - tableau qui est censé servir de tremplin à une expression écrite. Le travail d'invention, ça s'appelle : on te colle une image et tu dois te baser dessus pour raconter une histoire. L'intitulé est très clair : "En vous inspirant de l'atmosphère du tableau de Friedrich, imaginez le voyage dont rêve le personnage. Vous utiliserez la première personne et un registre au choix parmi les quatre proposés : lyrique, épique, tragique et fantastique."
À côté, la reproduction dudit tableau. Le nom de l'artiste et ses dates de naissance et de mort : Caspar David Friedrich (1774-1840). Le titre : Voyageur contemplant une mer de nuages. 1818, peinture, 74,8 x 94,8 (Kunsthalle, Hambourg).

Je sais où se trouve Hambourg. 
Mon père y est allé une fois, pour son travail. Il y avait un Salon de jenesaisquoi. Mon père se rend souvent dans des lieux improbables pour assister à des salons encore plus improbables, genre le "Salon du verrou" ou le "Salon de la protection individuelle". Il est représentant pour une entreprise qui joue sur les peurs des habitants des quartiers résidentiels. Il fournit à ses clients toute une panoplie censée empêcher les intrus de pénétrer chez eux. C'est un marché en pleine expansion dans une société où tout le monde a peur de tout.
Si je devais décrire la vie de mon père, j'hésiterais entre l'épique et le tragique. Je n'opterais en aucun cas pour le lyrique. Et surtout pas pour le fantastique.
De Hambourg, il m'a rapporté un nouveau type decadenas pour mon scooter - le top du top avec fermeture à distance et code secret évolutif.
Il n'a jamais marché.

Un raclement de gorge.
Je reviens à la salle. Je n'ai toujours pas écrit une ligne. J'aperçois F. X. qui mâchouille son crayon de papier, Florent qui dessine sur une feuille blanche depuis le début de l'épreuve, et Gladys qui bâille sans grâce.
Évidemment, je ne suis pas le seul à être bloqué. Mais je suis sans doute le seul à être bloqué à cause du trop-plein.

Je me souviens, quand j'étais plus petit, mon livre préféré, c'était Les Mots doux, l'histoire de Lola, une petite marmotte qui se réveille un matin avec des mots doux à distribuer parce que c'est un de ces jours où elle aime tout le monde, mais personne n'a le temps de l'entendre, ses parents la houspillent, la maîtresse s'occupe de quelqu'un d'autre, son amoureux joue l'indifférence et ses copines l'excluent. Alors, ses mots doux se calent dans sa gorge et ne veulent plus sortir, jusqu'au repas du soir, où tout le monde s'inquiète tout à coup, parce que Lola ne va pas très fort.
Je ne vais pas très fort.
Mais ce ne sont pas des mots doux qui se terrent dans ma gorge.
C'est de la glace.

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Challenge 7% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
46/49 

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter  Le Baby-sitter G229 G229  blog Blog

5317 Et rester vivant replay (Re)play

 

 

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07 juin 2012

Alabama Moon – Watt Key

alabama_moon Bayard Jeunesse – octobre 2010 – 454 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Maïca Sanconie

Titre original : Alabama Moon, 2006

Quatrième de couverture :
Depuis sa naissance, Moon vit avec son père dans la forêt d'Alabama ; il sait chasser sa propre nourriture, se repérer grâce aux étoiles, faire du feu sous la pluie... Aussi, quand il se retrouve orphelin, il se promet de continuer à vivre en-dehors du système, comme Pap et lui l'on toujours fait.
Pourtant, malgré sa farouche détermination, le garçon est obligé d'affronter le monde extérieur. Et s'il sait tout de la vie sauvage, Moon a beaucoup à apprendre de l'humanité...

Auteur : Albert Watkins Key, Jr., publiant sous le nom de Key Watt, est un auteur primé de fiction du Sud. Il a grandi et vit actuellement dans le sud de l'Alabama avec son épouse et sa famille. Watt a passé beaucoup de son enfance à chasser et à pêcher dans les forêts de l'Alabama. Cela lui a inspiré son premier roman, Alabama Moon qui a obtenu de nombreux prix et qui a été traduit en sept langues. 

Mon avis : (lu en juin 2012)
J'ai emprunté ce livre à la Bibliothèque à la suite du Café Lecture de vendredi dernier. C'est un livre destiné aux adolescents mais qui se lit très bien pour un adulte.
Moon a dix ans lorsqu'il se retrouve tout seul au milieu de la forêt. Il vient de voir mourir son père et de l'enterrer. Il n'a peur de rien car son père lui a tout appris pour vivre dans la forêt loin des hommes et de la société. Il sait poser des pièges pour se nourrir, faire du feu, se diriger avec les étoiles, il sait se défendre contre quelqu'un trois fois plus grand que lui... Orphelin, ne voulant pas rester seul, il veut aller Alaska rejoindre des hommes qui vivent également dans la nature. Mais, il va être très rapidement arrêté par la police et envoyé dans un foyer pour enfants. Peu habitué à être enfermé, très vite il décide de s'enfuir en compagnie de deux camarades Hal et Kit. Hal veut retrouver son père, Kit est un orphelin à la santé fragile, il a trouvé en Moon un vrai ami. Ils partent tous les trois vivre en forêt grâce à l'expérience de Moon. Cela ne va pas durer très longtemps car Hal préfère partir retrouver son père tandis que Kit tombe malade, pour le sauver Moon va devoir sortir de la forêt et remettre à plus tard ses projets d'Alaska. Lors de sa première arrestation, Moon s'était battu avec Sanders, un policier qui depuis a décidé de se venger et de l'envoyer en prison. Pour lui échapper, Moon va utiliser toute son astuce et sa débrouillardise...

Une histoire très belle et touchante avec Moon un jeune garçon terriblement attachant. Le lecteur passe du rire aux larmes, c'est un excellent roman pour adolescents comme pour adultes.

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Alabama Moon a été adapté au cinéma en 2009 avec John Goodman, Clint Howard et réalisé par Tim McCanlies. Ce film n'est jamais sorti en France. 

Extrait : (début du livre)
Juste avant de mourir, Pap m'a assuré qu'il ne m'arriverait rien tant que je ne dépendrais de personne. Que je me sentirais peut-être seul pendant un moment mais que ça passerait. J'avais dix ans, et il m'avait appris tout ce qu'il fallait pour vivre dans la forêt. Je savais poser des pièges pour me nourrir et confectionner moi-même mes vêtements. Je savais me guider aux étoiles et faire du feu quand il pleuvait. Pap me pensait même capable de battre à plates coutures quelqu'un de trois fois ma taille. Il ne s'inquiétait pas pour moi.
Ça m'a pris pratiquement une matinée pour le mettre dans la brouette et le hisser jusqu'au bosquet de cèdres, sur la butte. Je l'ai enterré à côté de maman. De là, on voit en contrebas la rivière Noxubee, couleur café au lait. C'était la mi-janvier. Le vent plaquait mes cheveux en arrière et des nuages gris s'insinuaient entre les arbres. Toute la forêt ruisselait. J'ai senti la solitude dont Pap m'avait parlé me serrer l'estomac et monter jusqu'à ma gorge.
Je n'avais pas mis de croix sur la tombe. A ma connaissance, Pap ne croyait pas en ce genre de trucs. La seule chose qui permettait d'identifier la tombe de maman, c'était le léger creux à l'endroit où la terre s'était tassée sur son corps, et la date, 1972, gravée sur une grosse pierre calcaire à côté. Je ne me souviens pas de son visage. Seulement d'une deuxième présence dans le lit, la nuit, qui me tenait chaud de l'autre côté. Pap disait que maman lui faisait penser à une mésange, et c'est ainsi qu'elle reste dans mon esprit.

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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman

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27/50 : Alabama

  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

 


 

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03 avril 2012

(Re)play – Jean-Philippe Blondel

replay 

Actes Sud Junior – mars 2011 – 125 pages

Quatrième de couverture : 
La fièvre s'est emparée du lycée à l'annonce de la visite d'un célèbre critique rock. Des groupes de l'établissement pourront lui faire écouter un ou deux morceaux. Mais celui de Benjamin n'existe plus, il a explosé... comme son amitié avec Mathieu. Et si c'était l'occasion de "rejouer" le passé ?

Auteur : Jean-Philippe Blondel est né en 1964, il est marié, il a deux enfants et il enseigne l'anglais au lycée de Sainte-Savine (Aube) depuis vingt ans. Il a aussi un vice – il aime lire. Pire encore, il aime écrire. Il a publié plusieurs romans comme Accès direct à la plage (2003), 1979 (2003), Juke-box (2004), Un minuscule inventaire(2005), Passage du gué (2006), This is not a love song (2007), Le baby-sitter (2010), G229 (2011). Il est également auteur de livre pour la jeunesse avec Un endroit pour vivre (2007), Au rebond (2009), Blog (2010), (R)eplay (2011).

Mon avis : (lu en avril 2012)
Jean-Philippe Blondel connaît bien les lycéens et sait raconter les histoires. Dans ce roman destiné aux adolescents mais qui se lit très bien par un adulte, il nous raconte l’histoire de Benjamin élève de terminale. Il sait qu’il est à un tournant de sa vie, il est dans une période du passage de l’adolescence à l’âge adulte. 

Au lycée, tout est en effervescence, le célèbre critique et spécialiste du rock en France, Franck Ménard doit venir donner une conférence. Il a même accepté d’écouter un ou deux morceaux de chaque groupe de musique du lycée. C’est dommage pour Benjamin et son groupe des Frontlights ils se sont séparés l’année passée. Il y avait Benjamin et  Mathieu à la guitare, Max à la batterie et la belle Clara comme chanteuse. La prochaine venue de Franck Ménard sera  l’occasion de renouer avec son ami Mathieu et de recréer un groupe Les Revenants… Benjamin va utiliser la musique et l’écriture pour exprimer ses sentiments de colère, ses doutes et il va mûrir et  regarder vers l’avenir plutôt que ressasser le passé.

Une belle histoire très bien écrite qui m’a fait passer un bon moment… Je suis en train de devenir une inconditionnelle de Jean-Philippe Blondel…

Extrait :(début du livre)
CLÉMENT S'EST PENCHÉ VERS MOI en sortant du cours de maths. Il m'a lancé :
- Tiens, au fait, j'ai parlé avec le documentaliste ce matin. Tu sais quoi ? Il paraît que Franck Ménard va venir au lycée donner une conférence sur l'état de la presse rock en France.
Je n'ai rien répondu. J'ai fait semblant de ne pas être intéressé. C'est là qu'il a lancé l'estocade.
- Il paraît que ça se finira par un concert. Enfin, il écoutera quelques morceaux des deux ou trois groupes de l'établissement, quoi. Dommage que les Frontlights se soient séparés.
Il m'a adressé un clin d'oeil et il est parti avec un sourire en coin. Je crois que je n'ai jamais détesté quelqu'un autant que Clément, à ce moment-là. Mais bon, ce n'est pas un scoop non plus. Je hais Clément. Sa gueule de petit minet avec sa frange sur le devant, son regard clair, ses fringues qui puent le fric, sa façon d'inviter cent personnes aux soirées qu'il donne quand ses parents ne sont pas là, et le fait que tout le monde s'y précipite parce qu'il y a une piscine. Ses guitares dernier cri et tout le matos dans sa cave reconvertie en studio capitonné, pour que le fiston s'éclate. Son gang de bobos, les Jigsaws, qui se la jouent rebelle en reprenant des morceaux des Babyshambles.
Tout ce que je méprise.

J'ai haussé les épaules. Je n'en ai rien à cirer. Je suis bien au-dessus de tout ça. J'étais sûr de toute façon que ce n'était que du flan. Franck Ménard ne se déplacerait jamais dans un bahut de province - il a bien d'autres chats à fouetter. C'est le rédacteur en chef du magazine de musique le plus lu en France. C'est aussi le producteur de deux des groupes les plus en vue du moment. Et accessoirement, il a fait des ravages au sein du jury d'une émission de télé à la mode. Un mec comme ça, se déplacer ici, en Champagne, dans un lycée anonyme ? Une rumeur qui va disparaître comme elle était venue - comme celle qui racontait, l'année dernière, que le proviseur s'était fait casser la gueule par un interne. La rumeur, c'est un des fondamentaux de la vie de lycéen. Ça commence dès huit heures du mat, avec les ragots du style "il paraît que la prof de SVT est absente", et ça continue toute l'après-midi avec les pseudo-histoires d'amour et les fausses ruptures. Au début de la seconde, quand on arrive, on y croit. En terminale, on est blindé.

J'ai retrouvé le sourire en imaginant la tête de Clément quand il apprendrait que ça ne se basait sur rien, son histoire. Même de croiser Mathieu dans les couloirs, ça ne m'a rien fait - enfin presque. Disons que j'ai feint de ne pas le voir, comme toujours, mais vu qu'il rase les murs, ces temps-ci, ça n'a pas été difficile. J'avais récupéré la pêche quand je suis entré au CDI. Je voulais y retrouver Louison. Elle devait me redonner ma fiche de lecture de philo, qu'elle avait dû recopier in extenso, comme d'hab.
Mais là-dedans, c'était l'émeute. Une bonne vingtaine de lycéennes en folie, entourant le vieux Francis, qui n'avait pas été pareillement à la fête depuis des années. Et que ça te lançait des petits cris suraigus, et que ça te trépignait partout en serrant ses petits poings. Lamentable. J'ai pris un air goguenard et j'ai demandé ce qui se passait. Et Francis, fier comme un coq, de répondre :
- Franck Ménard vient au lycée.
- Il a que ça à faire ?
- Eh bien dis donc, quelle agressivité ! Je pensais que ça t'intéresserait, toi qui te prétends passionné par le rock.
- Justement. Ménard, c'est un has been.
Francis s'est mis à rire. Il n'est pas facile à mettre en colère, Francis. Il a passé des années dans son CDI et les réactions des élèves lui glissent dessus comme de l'eau sur les plumes d'un canard. Il a juste ajouté que valait quand même mieux être un has been qu'un has never been. Il a aussi précisé que Ménard faisait le déplacement pour pas grand-chose - remboursement des billets de train et cinquante euros de cachet - par pure amitié. Là, j'ai carrément tiqué.
- Amitié pour qui ? j'ai demandé.
- Pour moi.
- Hein ?
- Eh ouais, mon pote. Ménard et moi, on était voisins quand on était mômes. Et en fait, on ne s'est jamais vraiment perdus de vue.
- Tu ne nous l'as jamais raconté, ça !
- Il y a beaucoup de choses que je ne raconte pas. Par exemple, je ne t'ai jamais dit que j'étais plutôt client de la musique que tu faisais avec tes copains, l'année dernière.
- Mmh. Merci.
- De rien. D'ailleurs, Ménard, il a envie de savoir ce que les gamins ont dans le ventre. Il prendra du temps pour écouter les différents groupes du lycée.
- On est séparés.
- Il paraît, oui. Mais c'est l'occasion de se reformer,
non ?
- M'étonnerait.
- Des problèmes d'ego surdimensionnés ?
- Non. Oui. C'est trop compliqué.
- Bon, alors je t'inscris pour la conférence ou pas ?
Parce que le nombre de places est limité et que les demoiselles, là, elles viennent déjà de remplir un tiers de la salle.
- Mmh.
- C'est pas une réponse, ça.
- Oui.

C'était un tout petit "oui". Un truc fragile et discret, entre le grommellement et l'acquiescement - mais j'ai vu Francis qui ajoutait mon nom sur la liste et qui souriait.

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Déjà lu du même auteur :

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5317 Et rester vivant


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24 janvier 2012

Pico Bogue, Tome 4 : Pico love – Alexis Dormal et Nathalie Roques

5468 Dargaud – novembre 2010 – 48 pages

Présentation éditeur :
Pico Bogue et tous ses copains sans oublier sa petite soeur Ana Ana et ses parents reviennent enfin ! Dans cet album, Pico va découvrir un sentiment nouveau. Quelque chose qui ressemble à s'y méprendre à... l'amour !
Mais on trouvera aussi quarante-huit pages de gags, de tendresse, d'amitié, de gentils coups de gueule et de réflexions hautement enfantines.
Pico Bogue est bel et bien le nouvel enfant terrible de la bande dessinée !

Auteurs : Dominique Roques, mère d'Alexis Dormal, est née en 1948 à Casablanca. Elle a eu deux fils, dont l'un s'est mis à dessiner. Ainsi en 2005, après s'être intéressée aux dessins de son fils, elle écrit des scénarios.

Alexis Dormal, fils de Dominique Roques, né en 1977 à Bruxelles. Plus tard, diplômé d'une école belge de réalisation cinéma/télévision, il part étudier le dessin à l'école Émile Cohl, à Lyon. Maintenant, il dessine et sa maman écrit les bulles...

Mon avis : (lu en décembre 2011)
J'ai retrouvé avec plaisir Pico Bogue, sa petite sœur Ana Ana, leurs copains, leurs copines et leurs parents...
Dans ce quatrième tome Pico est amoureux. On retrouve la spontanéité, la naïveté des enfants, leurs réflexions logiques. C'est à la fois tendre et plein d'humour et on y reconnaît les petits travers de nos propres enfants. C'est attendrissant !
Les personnages sont mignons tout plein... surtout en dessin !
A lire par toute la famille ! 


Extrait : 

Pico_Bogue_Tome_4_Pico_Love_1

Pico_Bogue_tome_4_Pico_Love2

pico_love_p3

Déjà lu des même auteurs : 

picobogue  Pico Bogue tome 1 : La vie et moi

pico_bogue_T2  Pico Bogue tome 2 : Situations critiques

pico_bogue_T3 Pico Bogue tome 3 : Question d'équilibre

 

 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Prénom"


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08 janvier 2012

Un amour de geek – Luc Blanvillain

un_amour_de_geek Plon Jeunesse – octobre 2011 – 209 pages

Quatrième de couverture :
Thomas est un geek.
Un quoi ?
Un geek. C'est-à-dire un nolife qui fragge comme il respire, slappe les cheaters et bizute les noobs. Si vous n'y comprenez rien, c'est que vous êtes un pauvre parent, perdu dans la réalité. Mais si, comme Thomas, vous passez vos nuits devant l'écran à dégommer des crâs, à assiéger les donjons d'Azeroth, à diriger des guildes, vous savez ce que vivre veut dire. Dans son monde Haute Définition, Thomas échappe aux êtres désagréables qui grouillent " in real life " : les nazes du lycée, l'odieux Latreille, Mme Friol, la prof de français fan de gros bouquins bourrés de descriptions. II supporte même ses parents, leurs gratins bios et sa petite soeur Pauline.
Alors ? Où est le problème ?
Le problème, c'est Esther dont Thomas est bêtement tombé amoureux.
Esther qui voltige sur le dos des chevaux, aime la lumière dans les arbres et rêve de vrais voyages. Esther qui déteste les ordinateurs et ne sortira avec lui que s'il cesse d'être un nolife et jure de ne plus s'approcher d'un écran.
Thomas relèvera-t-il l'impossible défi ?

Auteur : Né à Poitiers en 1967, Professeur de lettres. En 2008 parait, chez Quespire éditeur, son premier livre, Olaf chez les Langre, que l'on pourrait qualifier d'étude d'un milieu, puisqu'il ne présente ni début ni fin. En 2010, il se tourne vers la jeunesse, qui constitue tout de même son gagne-pain, et lui offre, toujours chez Quespire, Crimes et jeans slim, une satire policière des mœurs adolescentes.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
J'ai eu peur en lisant les toutes premières lignes de ce livre car je me suis trouvée face à un vocabulaire pour initié : il était question de nolife, de team killer, de cheater, de campeur de cette phrase incompréhensible pour celui qui n'est pas geek « Je me suis fait kicker par l’admin ! ». Heureusement dès la page suivante, Pauline, la jeune sœur de Thomas est là pour nous décoder ce vocabulaire spécifique !
Thomas est un jeune geek amoureux d’Esther une jeune fille aimant la nature et les chevaux. Cette dernière lui demande pour lui prouver son amour de ne plus toucher à un ordinateur, aux jeux vidéo, à la télé ou au téléphone pendant un mois. Pauline, est là pour contrôler si le défi sera bien relevé.
Au lycée, la vie n'est pas simple entre les professeurs, les camarades et les amis... A la maison, le père ne remarque pas que sa femme ne va pas bien... Heureusement la complicité frère et sœur entre Thomas et Pauline est infaillible.
Les dialogues sont vraiment drôles, les expressions très actuelles et les situations parfois très cocasses, il a également quelques rebondissements et une histoire d'amour touchante.
C'est peut-être un livre destiné aux adolescents mais qui est très intéressant à lire à tout âge si l'on s'intéresse au phénomène des nouvelles technologies... Cela nous fait réfléchir sur l'emprise que peut avoir sur nous toutes ces machines, difficile de faire de vraie pause !

Merci à Valérie et Clara qui m'ont donné envie de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
Définitions
Geek : Selon les mauvaises langues (celles des filles et des parents), un geek est un garçon plutôt discret, qui passe son temps devant son ordinateur en se nourrissant de choses malsaines, conditionnées dans des paquets faciles à déchirer d'une seule main, et qui font des miettes.
Nolife : Geek obsédé par les jeux sur ordinateur, au point de renoncer à sa vie sociale. Le nolife sort peu de sa chambre.
Remarque : le vocabulaire des nolifes est incompréhensible aux humains.

Longtemps, Thomas Poupinel avait été un nolife heureux.
Après, il était tombé définitivement amoureux d’Esther Camusot.
Et depuis, ça n’arrêtait plus de se compliquer.
- C’est pas vrai ! hurla Thomas, furieux, en balançant violemment sa souris contre le mur. Je me suis fait kicker par l’admin !
Pauline, sa petite sœur, qui lisait un livre de filles et de chevaux, assise en tailleur dans le grand fauteuil crème, répondit calmement :
- Normal. Depuis mille heures, tu joues plus, tu campes. Déjà, hier, tu faisais exprès ton team killer, à moitié.
- Quoi ? Traite-moi de cheater tant que tu y es !
- Limite. Tu fragges à travers des murs. C’est pas cool.
- Je fragge où je veux.
- Alors te plains qu’on te kicke.
Depuis que Pauline avait appris par cœur le vocabulaire des nolifes, des geeks et des hardcore gamers, on ne s’en sortait plus. Elle avait fait des fiches, exactement comme pour l’anglais et le latin. Sa mémoire ne la trahissait jamais. Thomas se rappelait encore avec une exaspération admirative sa petite voix qui ânonnait, derrière son dos, comme une comptine : « Se faire kicker signifie se faire exclure du jeu par l’administrateur du réseau (admin). Un campeur est un joueur qui casse le jeu en tirant systématiquement sur tout ce qui bouge. Frag : tuer, désintégrer, pulvériser, éparpiller. Cheat : tricher. Team killer : joueur qui tire sur les membres de sa propre équipe. »
Etc.
Elle avait commencé en même temps que lui, dès qu’elle était entrée en sixième et lui en troisième. Deux ans plus tard, ils étaient presque au même niveau. Forcément, elle avait progressé vite, à force de suivre distraitement, depuis son fauteuil, les parties jouées par son frère, tout en dévorant ses histoires de princesses et de poneys ! (Grotesques, ces histoires. Thomas, lui, s’intéressait à ce qui en valait la peine. Traquer un Draeneï sur Azeroth, par exemple.)

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Challenge 5%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
29/35

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Gros mot"

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30 septembre 2011

Blog - Jean-Philippe Blondel

blog Actes Sud Junior – mars 2010 – 114 pages

Quatrième de couverture :
Révolté par cette trahison, par ce " viol virtuel ", le narrateur décide de ne plus adresser la parole à son père. Pour se racheter, ce dernier lui fait un don... une plongée dans le passé qui ne sera pas sans conséquence. Un roman de la filiation et de l'écriture intime.

Auteur : Jean-Philippe Blondel est né en 1964, il est marié, il a deux enfants et il enseigne l'anglais dans un lycée de province depuis bientôt vingt ans. Il a aussi un vice – il aime lire. Pire encore, il aime écrire. Il a publié plusieurs romans comme Accès direct à la plage (2003), 1979 (2003), Juke-box (2004), Un minuscule inventaire(2005), Passage du gué (2006), This is not a love song (2007), Le baby-sitter (2010), G229 (2011). Il est également auteur de livre pour la jeunesse avec Un endroit pour vivre (2007), Au rebond (2009), Blog (2010), (R)eplay (2011).

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Le narrateur est un adolescent de seize ans. Il est en conflit avec son père car celui-ci a eu l'audace de lire son blog. L'adolescent considère son blog comme un journal intime et il compare donc l'intrusion de son père comme un viol de son intimité. Pour répondre à ce « crime », il décide de ne plus adresser la parole à son père. Drôle d'ambiance dans la maison !
Alors pour tenter une réconciliation avec son fils, le père exhume du grenier un carton poussiéreux où il a conservé ses souvenirs de sa propre adolescence : photos, lettres, écrits... Il l'offre à son fils.
Celui-ci va se plonger dans la vie passée de son père et découvrir quelque secret...
Le lecteur découvre en parallèle l'adolescence présente du fils et celle du père dans les années 80.
Une belle histoire de partage et d'échange entre un père et un fils. A découvrir !

Extrait : (début du livre)
PUTAIN DE MERDE.
Je sais, ça choque et surtout, ça manque d'élégance. Je devrais plutôt commencer le récit par des jolies phrases, des paragraphes bien tournés, en utilisant des termes éloquents et variés. Simplement, je n'y parviens pas. Cela fait une heure que les faits tournent dans ma tête, on dirait des corbeaux dans un clocher, ils croassent, ils descendent en piqué et remontent en flèche – je suis épuisé. Et retourné. Tout est sens dessus dessous. Je n'arrive plus à penser droit, et les mots me fuient. Ce qui me reste, c'est la stupeur, la colère et cette expression qui les résume : putain de merde.

J'aurais dû m'en douter, en fait.
Parfois, je me demande s'il n'a pas fait exprès de semer des indices pour distiller le doute et me préparer à la révélation. Il paraît que, parfois, les grands criminels agissent comme ça pour aiguiller les policiers et leur permettre de les arrêter. Tout au fond, ils ont envie d'être découverts – et punis. C'est tordu, comme méthode, mais les grands criminels sont tous un peu tordus. Le grand criminel, ici, c'est mon père. Et la victime, évidemment, c'est moi. Bon, d'accord, certains trouveront que tout ça n'est pas si grave, qu'il n'y a pas mort d'homme et que donc, je réagis de façon un peu exagérée. Moi, je ne trouve pas. C'est mon intimité qui est en jeu. Et le respect auquel j'aspire.

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter  Le Baby-sitter G229 G229

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03 septembre 2011

Comment (bien) rater ses vacances – Anne Percin

comment_bien_rater_ses_vacances Édition du Rouergue – novembre 2010 – 186 pages

Quatrième de couverture :
Chers parents,
Mon stage de survie en milieu hostile se passe bien, merci. J'espère que vous êtes pas trop morts, rapport aux frais de rapatriement qui doivent coûter bonbon, depuis la Corse. Sinon, moi ça va, j'ai mangé Hector mais pas tout d'un coup, j'en ai congelé un bout pour le mois prochain. Heureusement que j'ai l'eau-de-vie de Mamie, ça m'aide pour tenir. Si jamais vous ne reveniez pas, ce serait sympa de m'envoyer un mandat parce que la prostitution masculine, ça marche pas trop dans le quartier. Bon, ben je vous laisse, c'est l'heure de ma piqûre d'héroïne. Gros bisous, votre fils bien-aimé, Maxime.

Cet été, Maxime a 17 ans. Il ne veut plus partir en vacances avec ses parents. Il préfère rester chez sa Mamie pour glander devant l'ordinateur. Tant pis pour lui. Il va vivre des journées délirantes !

Auteur : Anne Percin est née à Épinal en 1970 d'un père mécanicien et d'une mère mécanographe. Elle passe son enfance et poursuit des études de lettres à Strasbourg où elle consacrera son mémoire de Maîtrise au mouvement Dada avant d'aller enseigner en région parisienne. Elle vit et travaille aujourd'hui en Bourgogne.

Mon avis : (lu en août 2011)
Livre emprunté à la bibliothèque un peu par hasard pour partir en vacances. Je me suis beaucoup amusée à le lire car Maxime l’ado de 17 ans est un concentré des trois ados que j’ai à la maison…

Maxime a 17 ans, il est plutôt d'accord pour ne pas partir en vacances avec ses parents qui ont décidé de faire le GR 20. Sa petite sœur, elle-aussi, préfère partir en colo en Bretagne avec une copine qu'aller crapahuter avec ses parents en Corse. Maxime aura donc des vacances tranquilles chez Mamie, au Kremlin-Bicêtre. Il a prévu comme programme grasses matinées, ordinateur et profiter des bons petits plats de Mamie, des vacances idéales quoi ! Mais bien sûr rien ne va se passer comme Maxime l'imaginait... En effet sa Mamie va avoir un malaise cardiaque et être hospitalisé, ses parents étant injoignables, Maxime va être contraint de prendre des responsabilités tout seul pour s'occuper de sa Mamie et de la maison. Maxime est très attachant, débrouillard, il a beaucoup d'humour et de répartie et ses vacances (bien) ratées l'auront fait beaucoup grandir !

Après ma lecture, j’ai proposé ce livre à mon plus jeune fils (13 ans) qui n’avait plus rien à lire… Comme d’habitude, il a accepté le livre du bout des lèvres mais très vite il l’a dévoré en éclatant souvent de rire… Ses deux frères aînés n’ont pas été en reste et l’ont également dévoré. Mon fils de 16 ans se reconnaissait parfaitement dans les réflexions de Maxime. Il a également beaucoup aimé à la fin du livre la playlist des musiques rencontrées durant sa lecture.

Extrait : (début du livre)
- Cette année, on part en randonnée en Corse, les enfants !
Ma mère a lancé cette phrase tout en jetant un coup d'œil sur la banquette arrière où nous étions vautrés, ma sœur et moi, en état semi-comateux. J'ai croisé le regard maternel une fraction de seconde dans le rétroviseur, le temps d'une tentative d'œillade meurtrière, avant qu'un saut sur un ralentisseur ne fasse retomber sur mes yeux une grosse mèche de cheveux. Tant pis pour le regard ténébreux.
- Tu viens avec nous ?
Ma mère a tourné la tête vers le rétro extérieur, avant de franchir un céder-le-passage. Pendant un bref instant, on n'a plus rien entendu que le cliquetis du clignotant. La tête tournée vers la vitre embuée, j'admirais la vue splendide sur Ivry-sur-Seine (ses barres de HLM, ses magasins de téléphonie mobile, sa cité Maurice Thorez). Je prenais tout mon temps pour répondre.

J'ai un âge où, apparemment, mon avis compte. On me sonde, on me consulte avant de me traîner de force dans des lieux hostiles.
Quand vos enfants cessent de vous demander d'où ils viennent et ne vous disent plus où ils vont, disait un proverbe affiché à l'entrée du Super-U l'été dernier, c'est qu'ils sont devenus des ados. Je me souviens que mon père l'avait lu à haute voix, avec un air d'un disciple de Confucius qui médite les paroles du Maître. Alors qu'en réalité, c'était juste une grosse connerie écrite au marqueur bleu effaçable sur un panneau d'hypermarché, entre la météo du jour et « Conseil de votre poissonnier »... C'était l'été dernier à Biscarosse, et je me suis juré que ce seraient mes dernières vacances en famille. Du moins, jusqu'à ce que j'en fonde une moi-même à la force du poignet, et que je l'entretienne et la chérisse et la nourrisse à la sueur de mon front – autant dire le plus tard possible.
Pour ma sœur Alice, neuf ans ¾, Biscarosse c'était l'éclate totale : un toboggan géant, une piscine où l'on a pied tout le temps et surtout des tas de copines qui se trémoussent le soir aux animations du camping et qui font trois mille tours de vélo rose dès huit heures du matin.

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01 septembre 2011

Allons réveiller le soleil - José Mauro de Vasconcelos

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
un_mot_des_titres 

Le mot : SOLEIL

allons_r_veiller_le_soleil_1975 allons_r_veiller_le_soleil_1992 allons_r_veiller_le_soleil_LdP allons_r_veiller_le_soleil_2002 allons_r_veiller_le_soleil_2009

Stock – 1975 – 326 pages

Hachette jeunesse – mai 1992 – 349 pages

Livre de Poche jeunesse -1989 -

Livre de Poche jeunesse – mars 2002 – 380 pages

Livre de Poche jeunesse – septembre 2009 – 380 pages

traduit du brésilien par Alice Raillard

Titre original : Vamos aquecer o sol, 1974

Quatrième de couverture :
Zézé avait six ans quand il confiait ses rêves à son oranger. Il en a onze désormais et a été adopté par une riche famille. Son histoire raconte la fin d'une enfance, les années de changements entre onze et quinze ans, jusqu'au premier et merveilleux grand amour...

Auteur : José Mauro de Vasconcelos (26 février 1920 à Rio de Janeiro - 25 juillet 1984 à São Paulo) est un écrivain brésilien. Écrivain aux origines indiennes et portugaises, il est l'auteur de Mon bel oranger, Allons réveiller le soleil et Le Palais Japonais, inspiré de son enfance difficile et devenu un classique de la littérature enfantine, ainsi que d'une quinzaine de romans et de récits. Sportif et voyageur, il a pratiqué de nombreux métiers, notamment dans le monde du cinéma et de la télévision.

Mon avis : (relu en août 2011)
Lorsque le mot SOLEIL de la deuxième session du Challenge Un mot, des Livres a été dévoilé, je n'ai pas hésité un instant, c'était l'occasion de relire "Allons réveiller le soleil", la suite d'un de mes livres préférés "Mon bel oranger".
Ce livre nous raconte le passage de l'enfance vers l'adolescence et l'âge adulte de Zézé.
Le petit Zézé de "Mon bel oranger" a grandi, il est maintenant âgé de 11 ans, il a été adopté par une riche famille brésilienne pour pouvoir faire des études. C'est un enfant intelligent mais aussi turbulent et dont l'imagination lui fait faire de nombreuses bêtises... Mais il ne se sent pas heureux. Il a en secret un crapaud – cururu nommé Adam dans son cœur et un père imaginaire Maurice qui vont l'aider à supporter la solitude dans laquelle il se sent. Zézé est au collège chez les frères Maristes, le frère Paul Louis Fayolle est un soutien précieux, il a compris la tristesse de Zézé, il discute souvent avec lui et va l'aider à grandir durant toute son adolescence.
J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir Zézé. Et je me suis plongée avec beaucoup d'émotions dans l'univers extraordinaire de cet enfant, il mélange rêve et réalité ; il se réfugie dans un monde imaginaire où vivent ses seuls véritables amis : Adam et Maurice. Il va apprendre à grandir et réussir à réveiller le soleil qui est en lui. Un très beau livre que j'ai relu avec beaucoup de plaisir et d'émotions.

Il est préférable de lire  "Mon bel oranger" qui raconte l'enfance de Zézé, avant de lire "Allons réveiller le soleil".

Extrait : (début du livre)
Tout à coup, mes yeux n'étaient plus dans l'obscurité. Mon cœur de onze ans sursauta de peur dans ma poitrine.
- Mon-Petit-Jésus-avec-l'agneau-sur-vos-épaules, protégez-moi !
La lumière grandissait. Encore. Encore. Et plus elle grandissait, plus augmentait ma peur ; si j'avais voulu crier, je n'y serais pas parvenu.
Tout le monde dormait paisiblement. Toutes les chambres fermées respiraient le silence.
Je m'assis dans mon lit, le dos contre le mur. Mes yeux regardaient si fort qu'ils sortaient presque de leur orbite.

J'aurais voulu prier, invoquer tous mes saints protecteurs, mais pas même le nom de Notre-Dame de Lourdes ne sortait de ma bouche. Ce devait être le diable. Le diable dont on me menaçait tant. Mais si c'était lui, la lumière n'aurait pas la couleur de feu et de sang, et il y aurait certainement une odeur de souffre. Je ne pouvait même pas appeler au secours le frère Feliciano, mon Fayolle chéri. A cette heure, Fayolle devait être dans son troisième sommeil, en train de ronfler comme un bienheureux, là-bas, au collège des Maristes.

Une douce petite voix se fit entendre :
- N'aie pas peur, mon enfant. Je suis venu pour t'aider.
Mon cœur battait maintenant contre le mur et ma voix réussit à sortir, faible et tremblante comme le premier chant d'un jeune coq :
- Qui es-tu ? Une âme de l'autre monde ?
- Non, nigaud.
Et un rire bienveillant résonna dans la chambre.
- Je vais faire plus de lumière, mais ne t'inquiète pas, rien de mauvais ne peut arriver.
Je dis un oui hésitant, mais je fermai les yeux.
Comme ça, ce n'est pas de jeu, mon ami. Tu peux les rouvrir.
Je risquai un oeil puis l'autre. La chambre avait une lumière si belle que je pensai que j'étais mort et que je me trouvais au paradis. Mais ça, c'était impossible. A la maison, tout le monde disait que le ciel n'était pas pour moi. Les gens comme moi allaient droit dans les chaudières de l'enfer, se faire griller.
- Regarde-moi. Je suis laid, mais tu liras dans mes yeux qu'on peut me faire confiance.
- Où es-tu ?
- Ici, au pied du lit.
Je m'approchai du bord et m'armai de courage pour regarder. Ce que je vis m'emplit de panique.

 

Déjà lu du même auteur :

mon_bel_oranger  Mon bel oranger  le_palais_japonais_p Le Palais Japonais

 

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