01 août 2010

La Méridienne – Denis Guedj

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Robert Laffont – septembre 1999 – 308 pages

Pocket – mars 2003 – 414 pages

Points – octobre 2008 – 379 pages

Quatrième de couverture :

Juin 1792. Deux berlines quittent les Tuileries, l’une vers Dunkerque, l’autre vers Barcelone. À leur bord, Pierre Méchain et Jean-Baptiste Delambre, les astronomes et académiciens chargés par l’Assemblée Nationale de mesurer le méridien entre ces deux villes, afin de lui donner “pour tous les hommes, pour tous les temps”, une mesure universelle : le Mètre.

La mesure se révèle une véritable expédition. Bien vite, les saufs-conduits signés par le Roi les rendent suspects. Delambre est destitué par le Comité du salut public. Méchain, quant à lui, subit un terrible accident, est emprisonné en Espagne, puis se terre dans les Pyrénées, hanté par un doute : il se serait trompé dans ses mesures à Barcelone.

Cette traversée du territoire est une traversée de l'Histoire, elle aura duré sept années : le temps que vécut la République. Le 22 juin 1799, l'étalon du mètre est consacré.

Auteur : Né en 1940 à Sétif (Algérie), Denis Guedj est à la fois écrivain, mathématicien, professeur d'histoire et d'épistémologie des sciences (à Paris VIII) et aussi scénariste de cinéma. Écrivain prolifique, il rencontre un succès mondial, traduit en vingt langues, avec Théorème du perroquet (1998) ou les Cheveux de Bérénice (2003). Romancier, auteur de théâtre, comédien mais aussi scénariste, avec ce film de 1978, une fiction documentaire dont le titre, la Vie, t’en as qu’une, résume le fond de sa pensée, de son enseignement. Car Denis Guedj était d’abord un enseignant. Il est mort samedi 24 avril 2010, à l'âge de 69 ans.

Mon avis : (lu en juillet 2010)
La Méridienne est l'autre nom donné au méridien de Paris qui passe par le centre de l'Observatoire de Paris et qui est situé à 2° 20' 14" à l'est de celui de Greenwich. Le méridien de Paris a été défini le 21 juin 1667 par les mathématiciens de l'Académie. Dès lors, le méridien origine pour la France était défini.

Le livre commence le 24 juin 1792, Méchain et Delambre, deux astronomes, quittent Paris, avec pour mission de mesurer le méridien entre Dunkerque et Barcelone afin d'établir une mesure universelle, le mètre soit la dix millionième partie du quart de méridien terrestre.
C'est une grande expédition, une traversée de la France du Nord au Sud mais également une traversée de l'Histoire qui durera sept ans, le temps de la République. Cela commence avec la fin de la monarchie et cela s'achève à l'aube du Consulat, la France est en pleine tourmente révolutionnaire. Pour mesurer cette Méridienne, les astronomes vont utiliser la méthode de triangulation (qui s'appuie sur une règle simple de trigonométrie « si on connaît deux angles et un côté d'un triangle, on connaît tous les côtés ») et mesurer une chaîne de triangles entre Dunkerque et Barcelone. Pour cela, ils vont devoir se hisser sur les sommets les plus élevés, monter en hauts des clochers. Voilà, une histoire politique, économique et scientifique qui est vraiment passionnante. 

Extrait : (début du livre)
24 juin 1792. Les Tuileries portaient encore les traces de la marée humaine qui venait de les submerger ; des papiers gras, de la crotte, des morceaux de chiffons, des parterres de fleurs piétinées... Un groupe de jardiniers jaugeait les dégâts, ignorant volontairement le jeune arbre que, trois jours plus tôt, un cortège des faubourgs avait planté là malgré l'opposition des gardes du roi. Un bel arbre, qui durera pour le moins jusqu'à la fin du siècle, si rien – la foudre, la hache, le feu ou les parasites – ne vient interrompre sa croissance. Piquée à même le tronc, s'épanouissait une cocarde tricolore.
Au bout de l'allée, devant un pavillon, deux berlines lourdement chargées, garées cul à cul, étaient sur le départ. Identiques à la couleur près, l'une verte, l'autre cuivrée, elles étaient équipées d'une énorme malle arrière à la forme étrange. Autour d'elles était rassemblé un petit groupe : Lavoisier, chimiste réputé, Condorcet philosophe et député de l'Assemblée législative et le Chevalier Borda, physicien. Il y avait également une femme et ses trois enfants.
Tout ce petit monde faisait ses adieux aux citoyens Pierre Méchain et Jean-Baptiste Delambre qui s'apprêtaient à quitter la capitale.
« Alors Méchain, à vous le Sud, à moi le Nord, lança le second.
- Ainsi en a décidé l'Assemblée, répondit le premier.
- Et moi, je reste à Paris », conclut tristement Lavoisier en tendant à chacun d'eux une petite cassette où reposaient lettres de crédit et numéraire en or et argent. Puis ce fut au tour de Broda de remettre aux voyageurs un portefeuille contenant des laissez-passer et des lettres de recommandation signées du roi.
Thérèse Méchain s'efforçait de cacher son inquiétude ; elle se tenait à l'écart, digne et silencieuse. Pourtant, lorsque Delambre s'approcha pour lui faire ses adieux, elle laissa échapper : « Si seulement vous partiez avec lui ! » Condorcet s'approcha pour la réconforter, lui affirmant que, restant en contact permanent avec les deux voyageurs, il lui communiquerait toutes les nouvelles qu'il recevrait d'eux.
Méchain grimpa dans la berline cuivrée, Delambre dans la verte ; leurs regards se croisèrent, leurs yeux brillèrent. Était-ce l'excitation du départ ou bien les reflets des feux de la Saint-Jean qui, les nuits précédentes, avaient illuminé les hauteurs de Montmartre ? Ils se firent signe de la main.
« A Rodez ! A Rodez ! » lancèrent-ils ensemble.
Les deux berlines s'ébranlèrent en même temps, s'éloignant dans des directions opposées.

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09 juin 2010

1er bilan Hommage Denis Guedj

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Il y a quelques semaines, je proposais un Hommage à Denis Guedj.
A ce jour, nous sommes seulement 2 (en me comptant) à avoir relevé le défi...

Sandrine(SD49) a lu guedj_le_theoreme_ Le théorème du Perroquet

Aproposdelivres a relu les_cheveux_de_b_r_nice Les cheveux de Bérénice

Je proposais de rendre cet Hommage jusqu'à fin juin, je décide donc de le prolonger jusqu'en Septembre et laisser le temps des vacances pour découvrir Denis Guedj aux plus nombreux possible.

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07 mai 2010

Les Cheveux de Bérénice - Denis Guedj

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Seuil – janvier 2003 – 320 pages

Points – mai 2004 – 400 pages

Points – avril 2007 – 400 pages

Quatrième de couverture :
Dans le ciel d'Alexandrie, entre la Vierge et le Lion, une nouvelle constellation vient de naître, les Cheveux de Bérénice. Pour que, des lointains champs de bataille, son époux Ptolémée Évergète revienne vivant, la reine Bérénice sacrifie sa chevelure à la déesse Isis. L'Égypte, IIIè siècle avant notre ère, rayonne de tous ses feux : le Phare, la Grande Bibliothèque, Mouséion.

« Combien grande est la Terre ? » demande Évergète à Eratosthène, géographe, cartographe, mathématicien, et directeur de la Grande Bibliothèque.
Commence alors la marche de Béton, le bématiste chargé de mesurer le Nil « pas à pas » depuis Alexandrie jusqu'à la première cataracte. Tandis qu'à la cour, débauche et assassinats gangrènent le pouvoir des nouveaux pharaons grecs. Témoin de cette aventure, le nain Obole, véritable carte humaine, qui porte le Nil tatoué sur son dos.

Les Cheveux de Bérénice est l'histoire de la première mesure de la Terre confronté à la démesure de la tragédie qui secoue la dynastie des Ptolémées.

Auteur : Né en 1940 à Sétif (Algérie), Denis Guedj est à la fois écrivain, mathématicien, professeur d'histoire et d'épistémologie des sciences (à Paris VIII) et aussi scénariste de cinéma. Écrivain prolifique, il rencontre un succès mondial, traduit en vingt langues, avec Théorème du perroquet (1998) ou les Cheveux de Bérénice (2003). Romancier, auteur de théâtre, comédien mais aussi scénariste, avec ce film de 1978, une fiction documentaire dont le titre, la Vie, t’en as qu’une, résume le fond de sa pensée, de son enseignement. Car Denis Guedj était d’abord un enseignant. Il est mort samedi 24 avril 2010, à l'âge de 69 ans.

Mon avis : (lu en 2003 et relu en mai 2010)
Ce livre est à la fois un roman, un livre d'histoire, de mathématique, d'astronomie... Denis Guedj nous entraîne dans l'Égypte de Ptolémée trois siècles avant notre ère.
Le mathématicien Ératosthène, directeur de la Grande Bibliothèque, est chargé par le roi Évergète de mesurer la circonférence de la Terre. La mesure s'effectuera le long d'un méridien : celui d'Alexandrie, le long du Nil entre Syène et Alexandrie.
«Cette mesure effectuée plus de deux siècles avant notre ère attribue à la Terre une circonférence de 39600 kilomètres.
Aujourd'hui, les méthodes les plus précises donnent 40000,07 kilomètres.»
On ne s'ennuie pas un instant, le lecteur découvre la Grande Bibliothèque et le Phare d'Alexandrie, le mathématicien Ératosthène et ses démonstrations très pédagogiques, et son cheminement et ses raisonnements pour faire aboutir son projet de mesure de la Terre. En parallèle le lecteur découvre la cour des Ptolémée et les intrigues autour du pouvoir. Un livre riche en documentation et une épopée passionnante.
Le titre, Les Cheveux de Bérénice, fait allusion à la légende selon laquelle Bérénice, femme d'Évergète, aurait offert sa chevelure à la déesse Isis en échange de la vie de son mari, chevelure disparue de l'autel d'Isis mais retrouvée dans le ciel en tant qu'une constellation. A découvrir !

Extrait : (page 31)
Évergète s'approcha de la carte. Posant son index sur la Diaphragme, il le fit glisser du couchant au levant, égrenant les noms des pays : Celtique, Libye, Italie, Grèce, Macédoine, Thrace. Quand il eut atteint la Perpendiculaire, il s'interrompit. Il venait de traverser la moitié du Monde. Impatient de pour suivre ce voyage virtuel, il continua : Éthiopie, Nubie, Arabie, Médie, Perse, Carmanie, Bactriane, Inde, Cédrosie, Taprobane. Parvenu à l'océan qui mettait un terme aux terres habitées du Levant, son doigt resta en suspens. Lentement, d'un geste large, désignant l'en dehors de la carte : « Et le reste ? Le reste du monde, est-ce beaucoup, est-ce peu en regard de ce que nous connaissons ? » demanda le roi, les yeux brillants d'excitation. S'approchant d'Ératosthène qui, en retrait, respectait le silence de son souverain, il répéta doucement, presque douloureusement, sa demande à cet homme qui lui était si cher et à qui il avait confié l'éducation de son fils aîné, Lagos : « Ce monde habité que tu offres à mon regard et dont pour la première fois je perçois si sûrement les limites, je ne peux m'empêcher de ne le considérer que comme une partie du Monde. Une partie infime ? Une partie considérable ?
- Pour te répondre précisément, il faudrait que je sache combien grande est la Terre.
- Eh bien !
- Tu me demandes, Seigneur, quelle est la grandeur de la Terre ?
- Oui, oui, c'est exactement ce que je te demande, la grandeur de la Terre ENTIERE !
- Tu me demandes, Seigneur, rien de moins que de mesurer la Terre !
- Serait-ce au-delà de tes possibilités ? » demande Évergète d'une voix que la provocation rendit enjouée.

Demande inouïe !
Mesurer le Monde. Non pas le monde habité, mais le monde dans sa totalité. Durant des millénaires, seul avait compté pour chaque homme son territoire. Cette mesure, si je parviens à la mener à bien, signera pour les hommes la sortie de la maison, du village, de la cité. Elle témoignera de la prise en compte de l'unité du monde. Par elle, chaque homme, au-delà de son attachement à sa terre, deviendra habitant de LA Terre. Cette sortie hors de « chez soi », qui se couplera avec une sortie hors de soi, sonnera comme une véritable révolution.

Pris de vertige devant la portée et les conséquences de la tâche qui allait désormais requérir tous ses efforts, Ératosthène frémit. Être le premier homme à prendre la mesure du Monde, quelle gloire ! Mais aussi quelle responsabilité ! Que ses calculs soient erronés, qu'il fasse la Terre plus grande ou plus petite qu'elle n'est, et pendant des siècles les hommes, abusés par son erreur, se feraient une fausse idée du Monde.

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30 avril 2010

Hommage à Denis Guedj

Denis Guedj est un auteur que j'ai découvert avec son célèbre Théorème du perroquet et j'ai également déjà lu Les Cheveux de Bérénice et Zéro ou les cinq vies d'Aémer (avant l'existence de ce blog).

Je vous propose de lui rendre hommage en découvrant son œuvre, en lisant au moins un livre de Denis Guedj durant les 2 mois prochains.

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L’écrivain et mathématicien Denis Guedj, professeur d’histoire et d’épistémologie des sciences mais aussi comédien et scénariste, est mort samedi à l’âge de 69 ans, a annoncé sa famille.

Né en 1940 à Sétif (Algérie), il est l’auteur de nombreux essais et romans mettant en scène les sciences, les mathématiques et leur histoire. Il a collaboré au quotidien Libération jusqu'à 1997, écrivant des chroniques qui ont été rassemblées dans l’ouvrage La gratuité ne vaut plus rien (Le Seuil 1997).

Denis Guedj a atteint la notoriété en 1998 avec la publication de son roman Le Théorème du perroquet (Seuil), une odyssée sur l’origine et la petite histoire des mathématiques. Dans ce livre entre récit d’aventure et polar, il fait revivre la naissance des mathématiques, les lieux où elles ont été créées. On y apprend par exemple que les «chiffres arabes», de 1 à 9, ne sont pas si arabes que cela…

Il a aussi publié en 2000 Le Mètre du monde (Seuil) dans lequel il raconte comment le système métrique décimal s’est imposé pendant la Révolution française.

En 2005, il a publié un roman sur l’invention du zéro, à travers la vie de cinq femmes, à cinq époques différentes dans Zéro (Robert Laffont), et en 2007, chez le même éditeur Villa des hommes dans lequel il fait se rencontrer en 1917 dans un hôpital psychiatrique un vieux mathématicien allemand célèbre et un jeune soldat français.

Au cinéma, il a notamment écrit et réalisé une fiction documentaire La vie, t’en as qu’une en 1978. Il était enseignant à l’université Paris VIII.

(Source AFP)

Bibliographie :

  • La Méridienne (1987)

  • La Révolution des savants (1988)

  • L'Empire des nombres (1996)

  • La Gratuité ne vaut plus rien et autres chroniques mathématiques (1997)

  • Le Théorème du Perroquet (1998)

  • Génis ou le Bambou parapluie (1999)

  • Le Mètre du monde (2000)

  • La Bela - Autobiographie d'une caravelle (2001)

  • One Zero Show - Du point à la ligne (2001)

  • Les Cheveux de Bérénice (2003)

  • Zéro ou les cinq vies d'Aémer (2005).

  • Villa des hommes (2007)

  • Les mathématiques expliquées à mes filles (2008)

Je me propose donc de recenser toutes vos lectures régulièrement, il vous suffira de venir les signaler ici ou en utilisant "Contacter l'auteur" de mon blog lors de la parution de vos billets.

J'espère que vous serez nombreux à vous joindre à cet hommage et à diffuser l'information autour de vous. Merci d'avance.

Voir le 1er bilan de cet hommage... je propose de prolonger l'hommage jusqu'à fin septembre

Déja lu du même auteur :  guedj_le_theoreme_ Le Théorème du perroquet    

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