05 novembre 2017

Mensonges sur le Plateau Mont-Royal, tome 2 : La biscuiterie - Michel David

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Éditions Hurtubise - mars 2014 - 590 pages

France Loisirs - 

Quatrième de couverture : 
1959. En dix petites années, la vie sur le Plateau Mont-Royal a bien changé. Montréal se transforme, ses quartiers s’étendent vers le nord, l’est et l’ouest, la circulation automobile explose. Autre signe du progrès, la télévision fait son entrée dans presque tous les foyers.
Le couple de Jean et Reine Bélanger a évolué lui aussi. Tandis que le premier s’ennuie au journal Montréal-Matin, la seconde rêve de gérer la destinée de la biscuiterie Talbot, sans parler des trois enfants qui partagent maintenant le modeste appartement familial. Les petits bonheurs se font rares, et les rivalités comme les mensonges tissent une relation de plus en plus difficile pour le couple. Comment Reine et Jean affronteront-ils les événements ? Que deviendront-ils ?

Auteur : Michel David est né à Montréal, le 28 août 1944, où il passe son enfance, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, qui n'est pas alors totalement urbanisé. Après plus de 33 ans de carrière dans l'enseignement du français, Michel David prend sa retraite en 1999, mais continue l'écriture d'ouvrages pédagogiques, et se consacre à la sculpture sur bois, puis... à l'écriture de sagas, sept jours par semaine, plusieurs heures par jour.

Mon avis : (lu en septembre 2017)
Dans ce deuxième épisode et dernier de la série, nous retrouvons le Plateau Mont-Royal en 1959. La ville de Montréal se tourne vers la modernité. La vie de Jean et Reine Bélanger a changé depuis un peu plus de dix ans... Ils ont maintenant 3 enfants, Catherine âgée de 13 ans, Gilles et Alain, ses jeunes frères. Jean est journaliste pour le Montréal-Matin. Lorsque ce deuxième tome commence, Monsieur Talbot, le père de Reine, vient de décéder et Reine est bien décidée à prendre les rênes de la biscuiterie familiale. Mais sa mère, Mme Talbot, n'est pas prête à laisser sa fille lui retirer ses pouvoirs... Elles vont donc s'associer pour gérer la biscuiterie. Les relations dans le couple de Jean et Reine sont de plus en plus difficiles, il est toujours question de rivalités et surtout de mensonges.
Le personnage de Reine est de plus en plus détestable toujours aussi avare, égoïste, manipulatrice avec un caractère difficile... Heureusement, Jean est resté lui-même et en tant que père attentionné, il met tout son coeur à donner à ses enfants le bon exemple et une éducation honnête et altruiste. Et en conclusion, les méchants travers de Reine lui jouera un très mauvais tour ce qui réjouiera le lecteur, même le plus charitable...

Dans la postface de ce roman, un mot écrit par l'épouse de l'auteur nous explique que ce livre est le dernier roman de Michel David avant son décès.

Extrait : Prologue
La voix sirupeuse de Tino Rossi chantait Besame mucho à la radio. Reine fredonnait l’air tout en disposant les couverts sur la table de cuisine. Une bonne odeur de jambon cuit au four se répandait dans la pièce. Jean leva la tête de son journal pour la regarder durant un court moment. Il ne pouvait que constater que sa jeune femme, enceinte de deux mois, surmontait admirablement le deuil.
Son père, Fernand Talbot, n’avait jamais pu quitter l’hôpital Hôtel-Dieu après son attaque d’apoplexie survenue un mois et demi auparavant. L’homme âgé d’une cinquantaine d’années s’était éteint au début de la semaine précédente et on l’avait enterré trois jours plus tard.
— T’as mis une assiette de trop, fit-il remarquer à sa femme en lui montrant une troisième assiette sur la table.
— Non, j’ai invité ma mère à souper.
— En quel honneur? lui demanda le jeune journaliste.
— Parce que ça me tentait, dit-elle sur un ton abrupt qui ne laissait place à aucune discussion.
Jean Bélanger connaissait assez bien sa femme pour savoir qu’elle agissait rarement de façon désintéressée. Or, c’était la première fois qu’elle conviait quelqu’un à leur table depuis leur mariage. Il se leva et alla se planter devant la porte donnant sur la galerie arrière de leur appartement de la rue Mont-Royal, situé au deuxième étage de l’immeuble appartenant maintenant à sa belle-mère. Une petite neige folle tombait en cette fin d’après-midi du mois de décembre.
Au moment où il allait se rasseoir, on frappa à la porte d’entrée. Il alla ouvrir à Yvonne Talbot. La grande femme à l’air impérieux pénétra dans l’appartement et lui tendit distraitement une joue pour qu’il l’embrasse. Fait inusité, sa belle-mère portait son manteau noir à col de renard alors qu’elle demeurait à l’étage juste au-dessous.
— Bonsoir, madame Talbot! la salua son gendre. Dites-moi pas que vous gelez chez vous au point d’être obligée de mettre un manteau?
— Non, j’ai voulu aller jeter un coup d’œil à la biscuiterie avant de monter, expliqua Yvonne, un peu essoufflée d’avoir dû monter deux volées de marches.
— Je suppose que madame Lussier fait ça bien.
— On dirait bien, reconnut sa belle-mère sans grand entrain et en lui tendant son manteau qu’elle venait de retirer. En tout cas, tout était en ordre dans la biscuiterie et elle se préparait à fermer.
— J’espère, m’man, que vous lui avez pas laissé les clés? intervint Reine qui venait de les rejoindre au bout du couloir.
— Bien non, ma fille. Ça aurait pas été normal que la vendeuse ait les clés du magasin.
— En tout cas, Adrienne Lussier a eu l’air de bien se débrouiller tout le temps que votre mari a été hospitalisé, lui fit remarquer Jean en suivant les deux femmes qui se dirigeaient vers la cuisine.
— C’est vrai que j’ai pas encore eu à me plaindre, reconnut la mère de Reine. Mais j’ai bien de la misère à m’habituer à me retrouver toute seule dans un aussi grand appartement. Mon Fernand me manque bien gros.

Déjà lu du même auteur : 

Un bonheur si fragile

105625593 (1) tome 1 : L'engagement r_1870 (1) tome 2 : Le drame 

un bonheur si fragile_3 tome 3 : Les épreuves 109921761 tome 4 : Les amours

Mensonges sur le Plateau Mont-Royal 

115791861 tome 1 : Un mariage de raison

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04 novembre 2017

Millenium 5 - La fille qui rendait coup pour coup - David Lagercrantz

 41n62EhJlAL Actes Noirs - septembre 2017 - 448 pages

traduit du suédois par Hege Roel-Rousson

Titre original : Mannen som sökte sin skugga, 2017

Quatrième de couverture : Suite aux infractions qu'elle a commises en sauvant le petit garçon autiste dans "Ce qui ne me tue pas", Lisbeth Salander est incarcérée dans une prison de haute sécurité pour négligence constituant un danger public. Lorsqu'elle reçoit la visite de son ancien tuteur, Holger Palmgren, les ombres d'une enfance qui continuent à la hanter ressurgissent. Avec l'aide de Mikael Blomkvist, elle se lance sur la piste de crimes d'honneur et d'abus d'Etat, exhumant de sombres secrets liés à la recherche génétique.

Auteur : Né en 1962, David Lagercrantz est un écrivain et journaliste suédois habitant à Stockholm. Auteur de plusieurs livres, il affirme notamment sa notoriété sur la scène littéraire suédoise en 2009 avec la parution de Syndafall i Wilmslow (La Chute de l'homme à Wilmslow), un roman centré sur le personnage du mathématicien britannique Alan Turing (à paraître en 2016).

Mon avis : (lu en septembre 2017)
J'ai toujours beaucoup plaisir de retrouver Lisbeth Salander dans une aventure... Suite à l'épisode précédent, nous la retrouvons en prison. Si ce n'était l'impossibilité d'avoir accès à un ordinateur, Lisbeth n'est pas si mal que cela derrière les barreaux, elle garde la forme en s'entraînant physiquement tous les jours, elle a su imposer des distances vis à vis des autres détenues pour avoir la paix. Mais face à une injustice subie par une co-détenue, Faria Kazi, elle n'hésite pas à sauter au cou de la caïd pour la défendre...
Dans cette épisode, le lecteur va en apprendre un peu plus sur le passé de Lisbeth et suivre en parallèle l'histoire de Faria, une jeune indienne envoyée en prison pour avoir tué un de ses frères.
Stieg Larsson ou David Lagercrantz, je suis toujours avec intérêt et plaisirs les aventures de Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist. Les sujets évoqués sont bien documentés, actuels et très intéressants, l'intrigue est palpitante et les personnages bien fouillés. J'ai beaucoup aimé cette lecture et il va sans dire que je serai là pour l'épisode 6 !

Extrait :
PROLOGUE
HOLGER PALMGREN ÉTAIT AU PARLOIR, calé dans son fauteuil roulant :

— Ce tatouage de dragon… j’ai toujours voulu te poser la question, pourquoi est-il si important pour toi ?
— C’est en rapport avec ma mère.
— Agneta ?
— J’étais petite ; j’avais quoi ? six ans, peut-être. Je me suis sauvée de chez moi.
— Ça me dit quelque chose… Une femme est venue vous voir, n’est-ce pas ? Elle avait une sorte de tache de naissance ?
— Oui, ça faisait comme une brûlure sur son cou.
— Comme des stigmates laissés par un dragon ?

I - LE DRAGON
12-20 juin

Sten Sture l’Ancien fit ériger la statue en 1489 pour célébrer sa victoire sur le roi du Danemark à la bataille de Brunkeberg.

La statue – qui se trouve dans la cathédrale de Stockholm – figure le chevalier saint Georges à cheval, l’épée au clair. Un dragon mourant gît à ses pieds. À côté se tient une femme vêtue d’une tenue burgonde.

La femme représente la vierge que le chevalier sauve des griffes du monstre. L’épouse de Sture l’Ancien, Ingeborg Åkesdotter, aurait servi de modèle au personnage, qui, dans cette scène, semble curieusement impassible.

1 - LE 12 JUIN

LISBETH SALANDER SORTAIT DES VESTIAIRES après sa séance d’entraînement, quand elle fut rattrapée dans le couloir par le surveillant-chef Alvar Olsen. Il lui déballa un blabla exalté. Il semblait tout excité. Il gesticulait et brandissait des documents. Mais Lisbeth ne saisissait pas un mot de ce qu’il disait. Il était 19h30.C’était l’heure la pire à Flodberga. L’heure où le fracas du train de marchandises qui longeait la prison faisait trembler les murs, où les trousseaux de clés cliquetaient dans le couloir, où l’air se chargeait d’effluves de parfum et de transpiration. 19 h 30 était, pour les prisonnières, le moment le plus dangereux de la journée. C’était alors, à la faveur du boucan de la voie ferrée et de l’agitation générale provoquée par la fermeture imminente des portes des cellules, qu’avaient lieu les pires agressions. Lisbeth Salander inspectait toujours le quartier à cette heure-là, et ce ne fut sans doute pas un hasard si elle aperçut Faria Kazi à cet instant précis.
Faria Kazi était une jolie jeune femme, originaire du Bangladesh. Elle était assise dans sa cellule, sur la gauche. Même si, de là où se trouvait Lisbeth, elle ne pouvait voir qu’une partie de son visage, il ne faisait aucun doute qu’elle recevait des gifles. Sa tête basculait de part et d’autre sans interruption et, bien que les coups ne fussent pas particulièrement violents, ils avaient quelque chose de rituel et de coutumier. Quoi qu’il fût en train de se passer, ça durait depuis un moment. Le geste humiliant de l’agresseur en témoignait, tout comme l’attitude résignée de la fille. Même à distance, on sentait que le rapport de domination était bien ancré, avait brisé toute volonté de résistance.
Aucune main ne tentait d’arrêter les gifles et le regard ne traduisait nul étonnement, juste une peur sourde. Faria Kazi vivait dans la terreur. Il suffisait à Lisbeth d’observer son visage pour s’en rendre compte. Et cela corroborait ses observations des dernières semaines.

Challenge Voisins Voisines 
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Suède

Déjà lu du même auteur :

millenium4_ac Millenium 4 - Ce qui ne me tue pas

Les trois premiers tomes par Stieg Larsson :

Millenium_1 Millénium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

mill_nium2 Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
mill_nium3 Millénium 3 : La reine dans le palais des courants d'air

Déjà écouté :

CD_LARSSON_MILLENIUM_1 Millénium 1 millenium2_audio Millénium 2  millenium3_audio Millenium 3

 

 

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02 novembre 2017

Concours : Film - Au revoir là haut - Albert Dupontel (du 29/10 au 13/11 minuit)

Date de sortie : 25 octobre 2017

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Synopsis : 

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire...

 

 

Les règles du concours :

 Date du concours du 29/10 au 13/11/2014 minuit 
Limité à la France Métropolitaine

A gagner

5 x 2 places de cinéma 

2tickets

 2 livres « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaître

9782253194613-001-T

 

Répondre au concours en utilisant le formulaire Contactez l'auteur

Ne pas oublier de me donner vos coordonnées nom et adresse pour l'envoi
Vous pouvez également me dire votre préférence pour l'un ou l'autre lot. 

Un petit commentaire sur le blog est également apprécié...

Un tirage au sort sera effectué le 14/11/2017 sur les bonnes réponses 
pour déterminer les 7 gagnants qui recevront leur gain par la poste.

 

Les questions :

1) Quel est l'auteur du livre dont le film est une adaptation ?

2) Quel est le nom de l'acteur qui joue le rôle d'Edouard ?

3) Comment Edouard cache-t-il sa "gueule cassée" ?

 4) Quel est le nom du réalisateur de ce film ?

 

 ***

 J'ai eu la chance de voir ce film en avant-première, mon billet

 ***

 Concours organisé en partenariat avec Morgane et Gaumont

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30 octobre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [313]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu ces deux dernières semaines ?

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A coucher dehors - tome 2 - Aurélien Ducoudray & Anlor
Tangvald - Olivier Kemeid
Entre mes doigts coule le sable - Sophie Tal Men

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Un funambule sur le sable - Gilles Marchand (Match Littéraire - PriceMinister)
B.A.-BA. La vie sans savoir lire - Bertrand Guillot

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Seules les femmes sont éternelles - Frédéric Lenormand (Editions de La Martinière)
Il ne faut pas parler dans l'ascenseur - Martin Michaud (Babelio - Kennes éditions)

Bonnes lectures et bonne semaine

 

Pour gagner des places de cinéma ou des livres :
Concours : Film - Au revoir là haut - Albert Dupontel

 

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26 octobre 2017

Entre mes doigts coule le sable - Sophie Tal Men

51rwoH6G6yL Albin Michel - mai 2017 - 297 pages

Quatrième de couverture :
Pas facile de concilier médecine et vie privée quand on est internes à l'hôpital ! Marie-Lou - qui a quitté sa Savoie natale pour Brest - et Matthieu - le ténébreux surfeur - sont tombés amoureux au premier regard. Mais entre leurs stages en psychiatrie et en neurochirurgie, les nombreuses gardes à effectuer, les apéros au "Gobe-mouches" et les fêtes carabines, leur histoire d'amour n'est pas un long fleuve tranquille. C'est plutôt la valse des sentiments... Surtout quand leurs proches deviennent leurs patients. Matthieu parviendra-t-il à vaincre ses peurs et à laisser Marie-Lou entrer dans sa vie ? Marie-Lou apprendra-t-elle à laisser glisser le sable entre ses doigts ? Après le formidable succès des Yeux couleur de pluie, Sophie Tal Men poursuit sa chronique drôle et tendre de la vie à l'hôpital à travers une galerie de personnages attachants et qui nous ressemblent.

 

Auteur : Sophie Tal Men est neurologue à l'hôpital de Lorient. Entre mes doigts coule le sable est son second roman.

 

Mon avis : (lu en septembre 2017)
En empruntant ce livre à la bibliothèque, je ne savais pas que c'était un tome 2... En lisant mieux la quatrième de couverture j'aurais du le savoir avec la phrase suivante : « Après le formidable succès des Yeux couleur de pluie, Sophie Tal Men poursuit sa chronique drôle et tendre de la vie à l'hôpital »... Mais je n'ai pas été gênée de ne pas avoir lu le tome 1.
Marie-Lou et Matthieu sont 2 jeunes étudiants en médecine à Brest, ils sont tombés amoureux dans le premier roman.
Ce livre commence par le dernier jour de stage pour Marie-Lou, elle finit son internat en neurologie avant de commencer un stage en psychiatrie. Le lecteur va suivre le quotidien de Marie-Lou et Matthieu dans le privé comme dans le travail, avec leurs amis, collègues, patients...
La Bretagne est également à l'honneur dans ce roman, en particulier l'île de Groix, les belles descriptions des paysages et de l'atmosphère permet au lecteur de s'y croire et de respirer pleinement l'air du large...
Lecture agréable et facile avec des personnages attachants... J'ai passé un moment de lecture distrayant.

 

Extrait : (début du livre)
La cadre du service, Mme Bénard, a l’air préoccupée quand elle débarque dans notre bureau. Elle s’assoit lourdement sur le fauteuil et prend le temps d’éponger son front avec un mouchoir en tissu.
– Nous avons un problème avec l’admission en chambre 33.
Farah interrompt le classement des examens biologiques pour l’écouter.
– Ce patient revient de Thaïlande, il est apparemment fiévreux. Le médecin hygiéniste m’a appelée à l’instant, il faut prendre des précautions particulières. Des cas de grippe H1N1 ont été signalés. Je dois vous montrer l’équipement adéquat avant d’entrer dans la chambre.
– L’équipement ? répond Farah, visiblement intriguée. On ne doit pas mettre une casaque, des gants et un masque, comme d’habitude ?
– Eh bien non, soupire Bénard. Dans ce cas d’isolement, les précautions sont maximales. Des directives ministérielles sont tombées.
Cela ne me rassure pas du tout.
– Pourquoi vient-il dans notre service et pas en maladies infectieuses ?
– Je ne sais pas… Parce qu’on avait une chambre individuelle disponible. Le professeur Daguain vient d’avoir l’infectiologue au téléphone, il suspecte une méningite associée. Donc ça relève aussi de la neurologie.
Bénard reste catégorique et ne prête aucunement attention à nos haussements de sourcils et aux regards inquiets échangés entre co-internes solidaires.
– Une dernière chose, ajoute-t-elle. Vu le contexte, je pense qu’il faut que vous soyez deux pour réaliser la ponction lombaire. Une pour piquer, l’autre pour recueillir le liquide. Venez…
Pourquoi être deux ? Le patient est agité ? Ça veut dire quoi : « vu le contexte » ?
Miss Bénard nous a habituées à plus de précisions. Quand elle nous ordonne de la suivre, on obéit sans broncher. Il n’y a pas d’alternative.

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24 octobre 2017

Film : Au revoir là haut - Albert Dupontel

Date de sortie : 25 octobre 2017

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Réalisé par : Albert Dupontel

d'après le livre de Pierre Lemaitre

Acteurs : Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nils Arestrup, Emilie Dequenne, Mélanie Laurent, Héloïse Balster, Philippe Uchan

Durée : 1h57

Synopsis : Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire..

Mon avis : (vu le 18 octobre 2017)
J'ai eu l'occasion de lire déjà deux fois cette histoire... La première en version papier et en partie en version audio lu par Pierre Lemaitre lui-même et la seconde version en bande dessinée. C'est un livre coup de coeur et lorsque j'ai appris la sortie de l'adaptation au cinéma, j'avais très envie de la découvrir !

J'ai eu la chance d'être invitée à un avant-première, le 18 octobre, pour voir le film et suivie d'une rencontre avec l'auteur Pierre Lemaître.
Ce film est une adaptation fidèle et en même temps très libre du livre de Pierre Lemaitre, Prix Goncourt 2013.
Le film ne trahie aucunement l'histoire présente dans le livre. J'ai beaucoup aimé.
Albert Dupontel a privilégié les personnages d'Albert et Edouard qui sont deux rescapés de la Première Guerre Mondiale.  Le retour à la vie civile est difficile, rien n'a été prévu pour accueillir les survivants encore traumatisés. Albert était un petit employé comptable, il n'a plus rien, Edouard est un artiste devenu une « gueule cassée », il refuse de retourner dans sa famille et préfère se faire passer comme mort. Ayant échappé à la mort grâce à Edouard, Albert n'hésite pas à prendre en charge son compagnon. Leur amitié est forte et leur imagination créative pour arriver à gagner de quoi survivre. La présence de Louise, petite orpheline placée chez une voisine, va redonner à Edouard le goût de vivre et de dessiner.
Les reconstitutions historiques sont vraiment réussies. Dès le début du film, la plongée dans les tranchées et le champ de bataille est impressionnante et le fracas des bombes nous fait sursauter dans nos fauteuils de cinéma... Le Paris d'après-guerre est reconstitué avec beaucoup de soin et de détails.
Ce que j'ai préféré, ce sont les masques d'Edouard, très important dans l'histoire, qui lui redonnent des visages en fonction de son humeur ou de son état d'esprit. Ils sont très différents de ceux du livre, mais Albert Dupontel a eu l'idée de s'inspirer du talent de peintre d'Edouard et des peintres célèbres de l'époque pour lui faire créer des masques artistiquement sublimes.
Les acteurs sont également très bons, je ne connaissais pas Nahuel Perez Biscayart (Edouard), il arrive à s'exprimer presque uniquement par son regard c'est bluffant, les maladresses d'Albert Dupontel (Albert) sont touchantes et Laurent Laffite est un merveilleux méchant...
La rencontre avec Pierre Lemaitre à la fin la projection était très intéressante et vivante. 
Et en bonus, nous avons eu en cadeau la nouvelle édition au Livre de Poche d'Au revoir là-haut où en plus du texte on retrouve quelques images du film et une séquence du storyboard du film.

Merci Morgane et Gaumont pour cette bien belle soirée.

Bande Annonce :  

 Autres billets sur Au revoir là-haut :

9782226249678g Au revoir là-haut - Pierre Lemaitre (livre)

107646979 Au revoir là-haut - Pierre Lemaitre et Christian de Meterre (BD)

 

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22 octobre 2017

Quelques jours de vacances...

... au bord de la mer

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20 octobre 2017

Tangvald - Olivier Kemeid

 Lu en partenariat avec Babelio et Gaïa

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tangvald Gaïa - août 2017 - 224 pages

Quatrième de couverture :
Peter Tangvald vogua sur tous les océans du globe. Profondément inadapté à la société et au monde du travail, il refuse une vie de week-ends et s’exile sur les mers, bâtit de ses mains son voilier en bois, vit en maillot de bain. Il épouse et épuise sept femmes, dont deux meurent en mer. 

Tangvald était originaire de Norvège, et apprit à naviguer presque par hasard. S’il fait plusieurs fois le tour du monde, sans équipement radio et à la voile, c’est sans souci de performance ni des grandes découvertes. C’est en revanche riche en moments épiques. 
Il devient ici le personnage d’un roman picaresque : en 1986, dans les eaux troubles de la baie de Boquerón à Porto Rico, Tangvald croise celui qui recomposera son destin hors normes. Fasciné par cette vie tragique et rocambolesque, Olivier Kemeid s’invite avec fièvre dans la légende. 
Tangvald, ou une vie fantasmée.

Auteur : Olivier Kemeid est québécois, auteur de théâtre et metteur en scène. Il est le directeur artistique du Théâtre de Quat'Sous à Montréal. Plusieurs de ses pièces ont été publiées, par Lansman (Belgique) et Leméac (Canada). De père égyptien émigré au Canada, il a lui-même beaucoup navigué. Sa rencontre avec Tangvald père et fils fut un moment charnière dans son existence, et décisif pour l’écrivain: il porte cette histoire depuis plus de 20 ans. 
Tangvald est son premier roman.

Mon avis : (lu en octobre 2017)
L'auteur a eu envie d'écrire ce livre depuis très longtemps. En effet, Olivier Kemeid avait 11 ans lorsqu'il a rencontré pour la première fois Peter Tangvald et son fils, Thomas alors âgé de 10 ans. 
Parce qu'il était un enfant fragile surprotégé par sa mère et que son père apprend qu'on lui prescrit des pilules, ce dernier le confit à un instructeur pour faire de son fils un marin. Le défi sera relevé car Peter se découvre une vrai passion pour la navigation.
Et le voilà parti pour naviguer toute sa vie autour du monde, à l'ancienne, c'est-à-dire sans moteur, ni appareils de communication, il ne compte que sur lui-même, il expérimente... Il va construire lui-même deux voiliers, il aura eu huit femmes et trois enfants, il se sera confronté aux pires tempêtes, à des ouragans, à des pirates mais il restera un aventurier des mers atypique et haut en couleur.
J'ai mis un peu de temps à entrer dans le livre, le début de ses aventures avec ses nombreuses conquêtes féminines souvent choisies pour leur talent de cuisinière m'a un peu dérangé et énervé. Mais au fil de son périple autour du monde, je me suis attachée au personnage, laissant ses travers machistes et préférant son côté aventurier des mers, recherchant les grands espaces et les vastes étendues sans humains.
J'ai finalement apprécié ce grand voyage.

Merci Babelio et les éditions Gaïa pour cette lecture dépaysante et pleines d'embruns !

Extrait : (début du livre)
C’est dans les eaux troubles de la baie de Boquerón à Porto Rico que j’ai croisé la seule fois de ma vie Peter Tangvald, un jour du mois d’avril 1986, à la date précise curieusement oubliée, moi qui du haut de mes onze ans couchais méticuleusement et en détail toutes mes journées sur les pages de mon journal de bord, premier de mes écrits non académiques. Le premier que je vis fut son fils, Thomas Tangvald, godillant d’une main – l’autre, bien nonchalante, enfouie au fond d’une poche trouée d’un short en jean effiloché –, glissant sans faire de bruit sur les eaux, fendant la petite écume qui parfois se présentait à l’étrave de sa barque tout en bois qu’il avait fabriquée de ses mains avec son père, venant vers nous la courte chevelure blonde au vent dont les pointes bouclaient au soleil, le torse hâlé, lisse, à peine recouvert d’un duvet, les bras et les jambes dotés de muscles longs, ceux des coureurs de fond, les yeux bleu clair emplis des sept mers du globe, le sourire nacré, il avait à peu près mon âge, mais j’étais un enfant et lui avait entamé sa vie adulte depuis longtemps. De cela il n’en retirait aucune supériorité, or à dix ans il devait être l’un des rares habitants de cette terre à être né en mer, à avoir bouclé le tour du monde maintes et maintes fois et dans tous les sens, à échapper aux balles de pirates au large des Philippines et à tenter désormais de sauver son père, maintenant un vieil homme, mais toujours debout, la main à la barre d’une coque à fière allure du nom de L’Artémis de Pythéas. Thomas Tangvald, c’est à toi, après tout, que s’adresse ce livre, une fois de plus je t’harnache à ce qui risque de nous engloutir et qui t’a fait sombrer aujourd’hui. Thomas reprenant le flambeau de son père, refusant toute concession à la terre solide, prônant la fuite perpétuelle sur les grandes plaines liquides de ce monde, à la fois à la recherche de je ne sais quoi le savait-il lui-même et en quittance éternelle, gitan des mers ou issu, pour reprendre cette drôle d’expression policée « des gens du voyage », mais sur les eaux, c’est à toi également que je vais me consacrer, à ton histoire que je connais si peu, à ce bref échange que nous avons eu il y a trente ans, je t’avais donné un cadeau, en fait mes parents m’avaient gentiment conseillé de te faire cette offrande, et je m’étais départi avec douleur d’un livre dont vous êtes le héros, cette collection de livres d’aventures fantastiques aux paragraphes numérotés, qui conviaient le lecteur à emprunter des voies de narration diverses selon ses choix, mais aussi à lancer des dés – le destin sous forme de cube – afin de combattre mauvais esprits et autres créatures horribles sorties des tréfonds d’un bestiaire redoutable, voici un livre en écho à ce livre autrefois donné, cette fois c’est un livre dont tu es le héros, c’est aussi le livre d’un livre, celui de ton père, récit haletant de vos pérégrinations, de vos folles utopies qui m’ont tant fait rêver, de vos tragédies aussi. La fatalité ne vous aura pas épargnés ; qu’importe, toi et ton père restez parmi les êtres les plus libres que j’ai connus. Cette liberté a un prix et, à ce titre, on ne peut pas dire qu’elle vous ait octroyé de rabais.

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19 octobre 2017

A coucher dehors - tome 2 - Aurélien Ducoudray & Anlor

 91hZgvwKToL Bamboo - août 2017 - 48 pages

Quatrième de couverture :
Nicolas a disparu ! Amédée essaie tant bien que mal de le trouver au milieu des visiteurs du Parc de l’Espace. À la maison, Prie-Dieu a accroché sur le toit de la baraque les signes des trois religions monothéistes, provoquant un afflux des adeptes de tout poil. Ce qui n’est pas du goût d’Amédée, surtout que la priorité serait plutôt de retrouver l’apprenti cosmonaute ! Car huissiers et gendarmes attendent, montre au poignet. Si Nicolas n’est pas là rapidement, Amédée ne sera plus son tuteur et ce sera l’expulsion pour les trois clochards !

Auteurs : Aurélien Ducoudray est né en 1973 à Chateauroux et vit dans un petit village de l’Indre. Photographe de presse, journaliste presse écrite et TV, on lui doit de nombreux documentaires. Après Championzé et La Faute aux chinois, il sort Clichés de Bosnie chez Futuropolis. Ce dernier ouvrage connaît un beau succès. En 2014, il signe son premier ouvrage chez Grand Angle, Amère russie.
Anlor a étudié aux Arts-Décoratifs de Paris (ENSAD) d’où elle est sortie diplômée en section Animation. Elle réalise en 2001 Qui veut du Pâté de Foie ?, court-métrage en volume animé stop-motion, primé dans de nombreux festivals (Annecy, Zagreb, Paris...). Elle travaille ensuite en tant qu’animatrice, puis réalisatrice. En 2011, elle signe sa première BD : Les Innocents coupables chez Grand Angle.

Mon avis : (lu en octobre 2017)
Nous avions laissé Amédée alors que Nicolas avait disparu... Nicolas étant fasciné par Youri Gagarine et les spationautes, Amédée est persuadé que Nicolas s'est réfugié dans le Parc de l'Espace, mais avec les nombreux visiteurs pas facile de le retrouver... Si Nicolas n’est retrouvé rapidement, Amédée ne sera plus son tuteur et il perdra la maison ! C'est donc une course contre la montre qui s'engage pour Amédée, ses deux amis SDF, l'assistante sociale...
J'avais beaucoup aimé le tome 1 et le tome 2 est tout autant réussi, le scénario est réussi, rythmé et les personnages toujours hauts en couleur et attachants. Le dessin est dynamique et vivant
Une belle histoire pleine d'humanité, d'humour et de tendresse !

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

112791048 A coucher dehors - tome 1 - Aurélien Ducoudray & Anlor 

1431_couv Sixteen Kennedy Express - Bastien Quignon, Aurélien Ducoudray

9daf23794fa2260bcb6815b234785c92 L'anniversaire de Kim Jong-Il - Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag

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16 octobre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [312]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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L'amie prodigieuse - Helena Ferrante 
L'Espoir des Neshov – Anne B. Ragde 
Agatha Raisin enquête, Tome 3 : Pas de pot pour la jardinière - M.C. Beaton

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Tangvald - Olivier Kemeid (Babelio - Gaïa)
Le jour d'avant - Sorj Chalandon

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Entre mes doigts coule le sable - Sophie Tal Men
Un funambule sur le sable - Gilles Marchand (Match Littéraire - PriceMinister)

Bonnes lectures et bonne semaine

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