31 août 2011

Le Retour du professeur de danse - Henning Mankell

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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Seuil – avril 2006 – 409 pages

France Loisirs – 2007 – 622 pages

Points – avril 2007 – 538 pages

traduit du suédois par Anne Gibson

Titre original : Danslärarens återkomst, 2000

Quatrième de couverture :
Le jeune policier Stefan Lindman est sous le choc : il vient d'apprendre qu'il a un cancer, et que son ancien collègue Herbert Molin a été torturé mort. Pour tromper son angoisse, il part à l' autre bout de la Suède enquêter sur le meurtre de Molin. Que signifient les traces sanglantes sur le parquet, comme si le tueur avait dansé un tango avec le corps de sa victime ? Les ombres d'un passé très noir se réveillent. Elles ont frappé, et vont frappé encore. Mais Stefan n'a plus rien à perdre...

Auteur : Henning Mankell, né en Suède en 1948, est devenu mondialement célèbre grâce à ses fameuses enquêtes de l'inspecteur Kurt Wallander : une série de polars qui a commencé en 1991 avec Meurtriers sans visage et s'est vendue à des millions d'exemplaires dans le monde. Gendre d'Ingmar Bergman, dont il a épousé la fille Eva en secondes noces, Mankell a également écrit des livres pour la jeunesse, des romans dont le magnifique Les chaussures italiennes, paru en 2009, des pièces de théâtre. Depuis 1996, l'écrivain partage sa vie entre son pays natal et le Mozambique, où il dirige le Teatro Avenida.

Mon avis : (lu en août 2011)
Merci à Mrs Pepys qui m’a offert ce livre lors du Swap à 2 PAL organisé par Lili Galipette. Cela fait quelques années que je connais Henning Mankell, mais seulement quelques mois pour son œuvre policière. Voilà un roman policier d’Henning Mankell sans Wallander, c’est un jeune policier nommé Stefan Lindman qui mène l’enquête.
En octobre 1999, dans le nord de la Suède, Herbert Molin, policier à la retraite, est retrouvé torturé à mort dans sa maison. Loin de là, Stefan Lindman apprend simultanément l’assassinat de son ancien collègue et qu’il a un cancer. En attendant le début de son traitement et pour oublier la maladie, il préfère partir dans le nord au cœur des forêts profondes du Norrland pour enquêter sur ce meurtre.
L'intrigue est construite avec beaucoup d'intelligence, l'auteur nous plonge dans une enquête haletante et passionnante où les questions, les surprises et les rebondissements sont nombreux. C'est une histoire sombre qui évoque le passé de la Suède durant la Seconde Guerre Mondiale. Le lecteur découvre un passé pas très glorieux de l'histoire de la Suède. A l'époque, il y a eu des volontaires suédois séduits par l'idéologie nazie qui se sont portés volontaires pour combattre au côté des Allemands. Mais aujourd'hui, dans le monde, en Suède comme dans le reste de l'Europe, il existe toujours des groupuscules où l'idéal nazi est encore vivant...
J'ai vraiment beaucoup aimé et dévoré ce roman policier. J'ai voyagé avec Stefan Lindman dans une Suède inquiétante où règne une atmosphère froide et humide de brouillard et de neige. Les paysages sont grandioses, les personnages sont intéressants, attachants ou effrayants...
J'ai encore plusieurs livres de la série Wallander à lire et d'avance je m'en réjouie...
Encore merci à Mrs Pepys pour ce livre, et maintenant allons voir son avis.

Extrait : (page 21)
Il se réveillait la nuit, cerné par les ombres. Cela avait commencé à l'âge de vingt-deux ans ; maintenant il en avait soixante-seize. Pendant cinquante-quatre années consécutives, il avait été insomniaque. Les ombres ne l'avaient jamais quitté. A certaines périodes, en se bourrant de somnifères, il avait réussi à dormir jusqu'au matin. Mais au réveil, il comprenait que les ombres étaient restées présentes. A son insu.
Cette nuit qui touchait à sa fin ne faisait pas exception à la règle. Il n'était pas nécessaire d'attendre que surgissent les ombres, ou les visiteurs, ainsi qu'il les appelait parfois. Les ombres survenaient en général quelques heures après la tombée du jour. Soudain elles étaient là, comme surgies de nulle part, tout contre lui, avec leurs visages blancs et muets. Après tant d'années, il s'était habitué à elles. Mais il savait qu'il ne pouvait s'y fier. Un jour, elles cesseraient de se taire. Qu'arriverait-il alors ? Il l'ignorait. Passeraient-elles à l'attaque ou se contenteraient-elles de le démasquer ? Il avait essayé de pousser des cris, de frapper l'air pour les chasser. Pendant quelques minutes, il parvenait ainsi à les tenir en respect. Puis elles revenaient et restaient jusqu'à l'aube. Enfin il s'endormait, mais pour quelques heures à peine, car il avait presque chaque matin un travail qui l'attendait.
Toute sa vie adulte, il avait été harassé de fatigue. Il se demandait encore où il avait puisé la force de tenir. Quand il songeait à son existence, il voyait une file interminable de jours traversés avec effort. Il n'avait presque aucun souvenir qui ne fût, d'une manière ou d'une autre, lié à sa fatigue. Il regardait parfois les photographies où il figurait. Il avait toujours le même air hagard, d'un homme à bout de forces. Les ombres avaient également exercé leur revanche les deux fois où il avait tenté de vivre avec une femme ; à tour de rôle, ses deux épouses s'étaient lassées de sa perpétuelle anxiété et du fait qu'il ne pensait qu'à se reposer, les jours où il ne travaillait pas. A la longue, elles avaient pas supporté ces nuits qu'il passait debout, agité, incapable de leur dire pourquoi il ne dormait pas comme un homme normal. Elles l'avaient quitté et il s'était retrouvé seul.

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Suède : Henning Mankell

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Métier" et "Sport/Loisirs"

 

Déjà lu du même auteur :
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet 

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27 juillet 2011

A l'ouest – Olivier Adam

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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Édition de l'Olivier – mars 2001 – 140 pages

Pocket – septembre 2002 – 140 pages

Pocket – octobre 2007 – 140 pages

Quatrième de couverture :
Antoine a presque dix-neuf ans. Fragile, rêveur, indocile, il sèche le lycée, erre dans le centre commercial de son quartier, et ne fait rien de sa vie. Il cherche l'amour... et les coups. ...
Camille veille sur son grand frère autant qu'elle le peut, et calme ses angoisses en se réfugiant dans la prière. Quant à Marie, leur mère, elle fait ce qu'elle peut. Mais c'est elle, qui, un beau matin, déclenche l'explosion et les conduit à l'ouest. Pas le point cardinal, non, mais cet état second où rien n'a plus vraiment d'importance...

Auteur : Olivier Adam est né en 1974. Après avoir grandi en banlieue et vécu à Paris, il s’est installé à Saint-Malo. Il est l’auteur de nombreux livres dont Passer l’hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), Falaises, À l’abri de rien (prix France Télévisons 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008), Des vents contraires (Prix RTL/Lire 2009).

Mon avis : (lu en juillet 2011)
Dans ce livre nous suivons la vie d'une famille à la dérive : Marie vit dans banlieue parisienne avec ses deux enfants, Antoine et Camille. Antoine a bientôt dix-neuf ans, il fume des joint, boit de l'alcool et sèche les cours du lycée, le soir il traîne dans le quartier. Il voudrait trouver l'amour, mais ne gagne que des coups. Camille a quatre ans de moins que son frère, et elle se fait du soucis pour lui et pour sa mère. Elle se réfugie dans la prière. Au collège, elle est silencieuse, elle s'isole, elle se fait discrète pour ne pas se faire remarquer. Marie est épuisée par sa vie monotone et terne qui se résume à métro, boulot, dodo... Un jour, où ses enfants sont partis un week-end chez leur père, Marie décide sur un coup de tête, de quitter son quotidien pour la maison de son enfance, au bord de la mer...
Comme souvent, Olivier Adam nous raconte une histoire de désespérance. Ici c'est l'histoire de trois personnages qui se sentent perdus, qui ne savent plus où ils en sont. Il se dégage du livre un certain malaise et beaucoup de mélancolie. Ces trois personnages sont attachants et touchants, ils ont chacun leurs problèmes, leurs angoisses. Ils se sont isolés malgré eux.
Ce n'est peut-être pas le meilleur livre d'Olivier Adam que j'ai lu mais j'y ai retrouvé avec plaisir son style et l'atmosphère des bords de mer qu'il sait si bien décrire.

Et maintenant, allons voir ce que Mrs Pepys a pensé de ce livre.

Extrait : (début du livre)
Tout est noir dans la chambre. Les volets sont clos, les rideaux tirés. On ne voit pas le désordre. Les bouteilles, les cendres sur la moquette, les disques éparpillés. Le radio-réveil clignote. Les chiffres s'affichent en vert. Tout à l'heure, comme chaque matin, Marie se tenait derrière la porte. La radio s'est mise en route. Elle a fait demi-tour, rassurée. Antoine a entendu les pas de sa mère dans les escaliers. La porte a claqué. Puis au-dehors, le bruit encore flou de ses talons qui s'éloignent. Antoine a grogné, a envoyé valdinguer l'appareil. Il s'est retourné, enroulé dans ses draps. S'est rendormi.

Maintenant, le silence est tout à fait installé. A peine, au loin, le moteur des voitures, le bus qui ralentit, s'immobilise, ouvre et referme ses portes, repart, le cri des enfants traînant des cartables trop lourds, portant des tenues trop chaudes, la voix d'une femme (Kevin fais attention tu vas te salir), une poubelle que l'on rentre et dont les roues claquent contre le trottoir. La vie du lotissement. Tout ça très menu dans la douleur du crâne.
Antoine se frotte les yeux, s'étire, repousse les draps. Il tend la main vers la droite, tâtonne et rencontre un paquet de cigarettes. Il l'écarte, cherche du bout des doigts le petit cône de papier, le briquet. Joint du matin, chagrin. Joint du soir, espoir. Il l'allume, tire une bouffée. Il reste ainsi à fumer dans le noir quelques minutes. Il se gratte les cheveux, s'étire, enfile un tee-shirt qui sent la sueur. Écrase son mégot au fond d'un verre. Se lève et gagne la salle de bains. Il pisse, puis passe de l'eau sur son visage et sur ses cheveux. Il se regarde dans la glace, tente un sourire. Essaie de détailler les diverses imperfections de sa peau. Ses yeux s'égarent dans la blancheur des murs carrelés. Ses mains tiennent le lavabo. Il se dandine d'avant en arrière. Il ne regarde rien, ne pense à rien. Il reste là cinq minutes. Puis semble revenir à lui, d'un bref clignement de paupière.


Déjà lu du même auteur : 
a_l_abris_de_rien_p A l'abri de rien    falaises Falaises  
 Des_vents_contraires
Des vents contraires  je_vais_bien_ne_t_en_fait_pas_p Je vais bien, ne t'en fais pas
 le_coeur_r_gulier  Un cœur régulier    kyoto_limited_Express  Kyoto Limited Express 

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29 juin 2011

A quand les bonnes nouvelles ? - Kate Atkinson

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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Éditions de Fallois – août 2008 – 366 pages

Livre de Poche – octobre 2009 – 466 pages

traduit de l'anglais par Isabelle Carron

Quatrième de couverture :
Dans un coin paisible du Devon, une petite fille de six ans, Joanna Mason, est témoin d’un épouvantable massacre, dont elle est la seule rescapée. Trente ans plus tard, l’homme qui a été condamné pour ce crime sort de prison. A Edimbourg, Reggie, seize ans, travaille comme nounou chez un médecin, le docteur Hunter. Mais celle-ci disparaît, Reggie est la seule personne qui semble s’en apercevoir...
Enfin, l'inspecteur en chef Louise Monroe retrouve son vieil ami, Jackson Brodie, le détective privé de La Souris Bleue, empêtré dans un mariage malheureux, qui part à la recherche de son fils... Avec humour et maestria, Kate Atkinson brouille les pistes, entremêlant les intrigues et tenant le lecteur en haleine jusqu'aux dernières pages.

Auteur : Kate Atkinson est entrée dans la littérature par la grande porte, en 1996, avec un roman fascinant qui ne ressemblait à rien de connu, Dans les coulisses du musée, qui obtint le Prix Whitbread en Grande-Bretagne et le Prix du Meilleur Livre de l’année en France (« Lire »). Elle a publié depuis quatre autres romans : Dans les replis du temps (1998), Sous l’aile du bizarre (2000), La Souris bleue (2004) qui a obtenu le Prix Westminster du roman anglais, Les choses s’arrangent, mais ça ne va pas mieux (2006), et un recueil de nouvelles : C’est pas la fin du monde (2003). Best-seller en Grande-Bretagne, elle a connu en France des critiques élogieuses et un large public. Elle vit actuellement à Édimbourg.

Mon avis : (lu en juin 2011)
C'est le premier livre que je lis de cette auteur, et pourtant j'ai compris en cours de lecture qu'il était le dernier d'une trilogie mais cela ne m'a pas du tout gêné.
Le livre commence avec le terrible assassinat d'une mère, de deux de ses trois enfants et du chien de la famille, un jour d'été dans la campagne paisible du Devon. Joanna, 6 ans, est le seul témoin, elle réussit à fuir et à se cacher dans un grand champ de blé.
Trente ans plus tard, à Edimbourg, Reggie, 16 ans, est assistante maternelle chez le Docteur Hunter et son mari. Jackson Brodie, détective privé, part à la recherche de son fils...
Au début, j'étais un peu perdue avec tous ces personnages et ses différentes intrigues mais lorsque les premiers liens entre ses différentes histoires paraient j'ai été emportée par ma lecture et à aucun moment je ne me suis ennuyée. Je suis passée par de nombreux sentiments, du rire, aux larmes. La plupart des protagonistes de cette histoire à tiroirs cachent un passé douloureux qui ne les empêchent pas de croire à un avenir meilleur.
J'ai beaucoup aimé la fantaisie de Kate Atkinson qui nous surprend tout au long du livre. Reggie et Joanna sont très attachantes. Quand à Ms MacDonald, le vieux professeur de lettres classiques de Reggie Chase, elle est un haute en couleur avec son « Église de l'Extase à Venir », « un groupe de gens qui croyaient à des trucs incroyables » comme le définit si bien Reggie. Elle m'a souvent bien fait rire.
Après cette lecture vraiment très plaisante, j'ai très envie de lire les deux livres précédents, "La souris bleue" et "Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux".

Ce livre a été lu dans le cadre du Swap à 2 PAL organisé par Lili Galipette, c'est Mrs Pepys qui a choisi ce livre dans sa PAL et me l'a offert pour cette Lecture Commune. Allons voir son billet... 

Extrait : (page 21)
Il parut surgir de nulle part. Elles le remarquèrent parce que le chien se mit à produire un étrange grondement guttural et bouillonnant, que Joanna n’avait encore jamais entendu. Il marchait à toute vitesse dans leur direction et grossissait à vue d’œil. Il émettait un drôle de halètement. On s’attendait à ce qu’il lance « Bel après-midi » ou « Bonjour » au passage car c’était toujours ce que les gens disaient quand on les croisait sur la petite route ou le sentier, mais il ne dit rien. D’habitude leur mère disait « Belle journée » ou « Il fait une de ces chaleurs, vous ne trouvez pas ? », mais cette fois-ci elle ne dit rien. Au lieu de ça, elle se mit à marcher vite en poussant de toutes ses forces sur la poussette. Elle abandonna les sacs de provision dans l’herbe et Joanna s’apprêtait à en ramasser un mais leur mère dit : « Laisse. » Il y avait dans sa voix, sur son visage, quelque chose qui effraya Joanna. Jessica l'attrapa par la main et dit « Dépêche-toi Joanna », sévèrement, comme une grande personne. Ça rappela à Joanna la fois où leur mère avait jeté la cruche à rayures bleues et blanches à la figure de leur père.
À présent l'homme marchait dans la même direction qu'elles, de l'autre côté de leur mère. Leur mère marchait à toute allure et leur dit : « Allez, vite, on suit. » Elle avait l'air hors d'haleine. Puis le chien courut devant l'homme et se mit à aboyer et à sauter comme pour tenter de lui barrer le chemin. Sans prévenir l'inconnu lui flanqua un coup de pied qui le catapulta en l'air et le fit atterrir dans le blé. Elles ne le voyaient pas, mais entendaient ses gémissements déchirants. Jessica se mit devant l'homme et lui cria quelque chose en le menaçant du doigt et en avalant de grandes goulées d'air, comme si elle n'arrivait plus à respirer par le nez, puis elle courut dans le champ à la suite du chien.
Ça tournait au vilain. Aucun doute là-dessus.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne, Écosse

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