29 avril 2015

Le Syndrome du pire - Christoffer Carlsson

 Lu en partenariat avec Babelio et les éditions Ombres noires

le syndrome du pire Ombres noires - mars 2015 - 352 pages

traduit du suédois par Carine Bruy

Titre original : Den Osynlige Mannen Från Salem, 2013

Quatrième de couverture :
Stockholm, fin de l'été 2013. Une jeune droguée, Rebecca Salomonsson, est abattue dans un foyer pour femmes. Trois étages plus haut, dans son appartement, Leo Junker est réveillé par les lumières des voitures de police. Flic, il travaille aux affaires internes, la division la plus mal vue, celle des "rats" qui enquêtent sur leurs collègues. Suspendu depuis "L'affaire Gotland", au cours de laquelle il a commis une erreur qui a coûté la vie à un policier, rongé par la culpabilité, Leo s'étiole dans son nouveau job. Alcool, errances nocturnes, sa vie ressemble à un lent naufrage. Mais, dans le meurtre Salomonsson un indice le frappe particulièrement, qui fait ressurgir à sa mémoire des personnages troubles de son adolescence: Julia et John Grimberg. De plus, des messages énigmatiques arrivent à son portable. Et pourquoi a-t-il le sentiment diffus d'être suivi? Quand la réalité se délite, à quoi peut-on s'attendre, sinon au pire? 
Déjà traduit dans plus de 16 pays, Le Syndrome du pire a été élu roman policier de l'année par l'Académie des auteurs de roman policier suédois. Ce prix a déjà récompensé de grands noms du polar tels que Stieg Larsson, Henning Mankell, Johan Theorin ou Åke Edwardson.

Auteur : Christoffer Carlsson est né en 1986. Titulaire d'un doctorat en criminologie, il enseigne cette discipline. En 2012, l'European Society of Criminology lui a décerné le Young Criminologist Award pour son travail de recherche sur la rédemption des anciens criminels. 
Le Syndrome du pire a été élu roman policier de l'année par l'Académie des auteurs de romans policiers suédois.

Mon avis : (lu en avril 2015)
Leo Junker fait partie de la police, il est acuellement suspendu après "L'affaire Gotland" qui s'est terminé en fiasco. Depuis, il déprime et se réfugie dans l'alcool et les nuits blanches. Et voilà qu'une jeune droguée est assassinée dans le foyer pour femmes situé au 1er étage de l'immeuble de Leo Junker. Réveillé par les lumières des gyrophares, il ne peut pas s'empêcher d'aller voir la scène de crime et des souvenirs de son enfance ressurgissent...

Dans ce roman policier, le lecteur va découvrir l'enquête présente mais également les souvenirs d'enfance de Leo et les errances présentes de Leo.
La construction de ce roman policier suédois est originale mais je n'ai pas été captivée par ce livre, Leo Junker est attachant, mais je devais en attendre trop à cause de la phrase présente sur la couverture  « Élu roman policier de l’année en Suède »...

Merci Babelio et les éditions Ombres noires pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
À mon réveil, il fait noir et j’ai la certitude que quelque chose est arrivé. Du coin de l’œil, je vois un flash. De l’autre côté de la rue, la façade du bâtiment est frappée par des lumières bleues aveuglantes. Je me coule hors de mon lit, gagne la kitchenette, bois un verre d’eau et glisse un comprimé de Serax sur ma langue. J’ai rêvé de Viktor et de Sam.
Le verre vide à la main, je me dirige vers le balcon et ouvre la porte-fenêtre. Le vent, chaud mais humide, me fait frissonner et je découvre l’attroupement en contrebas. Une ambulance et deux voitures de police sont garées devant l’entrée. Un agent tend un ruban bleu et blanc entre deux réverbères. Je perçois des voix étouffées, le crachotement d’une radio de police et le clignotement silencieux des gyrophares. Et au-delà, la rumeur d’un million d’habitants, le son d’une capitale provisoirement assoupie.

Je retourne à l’intérieur, enfile un jean, boutonne une chemise et passe la main dans mes cheveux. Sur le palier : un ventilateur qui tourne quelque part derrière le mur, le frou-frou discret de vêtements, une voix basse qui marmonne. Quelqu’un a pressé le bouton d’appel de l’antique ascenseur et la cabine amorce sa descente dans un grincement métallique, qui fait vibrer toute la cage.
— On ne peut pas mettre cette saloperie d’ascenseur hors-service ? siffle quelqu’un.
La cabine couvre le bruit de mes pas tandis que je descends l’escalier qui s’enroule autour de la petite cage. Je m’arrête au deuxième étage et attends. Sous mes pieds, au premier, quelque chose s’est produit. Et ce n’est pas la première fois.
Il y a plusieurs années, une association caritative, aidée par la donation d’une personne qui ne savait plus quoi faire de son argent, a acheté le vaste appartement du premier étage. Le groupe a transformé les lieux en un centre d’hébergement pour les marginaux et l’a baptisé Chapmansgården. Ils sont inspectés au moins une fois par semaine, en règle générale par des bureaucrates blasés envoyés par les services sociaux, mais souvent aussi par la police. Le centre est géré par une ancienne assistante sociale, Matilda ou Martina, je ne me souviens plus de son nom. Elle est âgée, mais inspire davantage le respect que la plupart des officiers de police.
En jetant un coup d’œil par-dessus la rampe, je constate que la porte en bois du centre est ouverte. Les lumières y sont allumées. La voix agacée d’un homme est tempérée par celle, plus douce, d’une femme. La cabine passe devant moi, elle me dissimule aux regards tandis que je la suis jusqu’au premier étage. Les deux agents en faction se figent en m’apercevant. Ils sont jeunes, bien plus jeunes que moi. L’ascenseur s’immobilise au rez-de-chaussée et soudain, tout devient très silencieux.
— Fais attention où tu marches, dit la femme à son collègue.
— Installe le périmètre, répond-il en lui tendant le rouleau de ruban bleu et blanc, ce qui lui vaut un regard noir.
— Toi, tu t’en charges, moi, je m’occupe du type.
Elle a retiré sa casquette et la tient à la main. Ses cheveux sont relevés en queue-de-cheval et on dirait qu’elle a subi un lifting. L’homme a une mâchoire carrée et un regard doux. J’ai le sentiment qu’ils sont tous les deux secoués parce qu’ils n’arrêtent pas de consulter leur montre. Sur les épaulettes de leur uniforme, il n’y a qu’une seule couronne dorée, pas de galons. De simples gardiens de la paix donc.
Il se dirige vers la cage d’escalier avec le ruban. Je m’efforce de sourire à la femme.
— Écoutez, dit-elle, il s’est passé quelque chose et j’aimerais que vous ne quittiez pas le bâtiment.
— Je ne sors pas.
— Que faites-vous ici alors ?
Je tourne les yeux vers la large fenêtre du palier, qui donne sur l’immeuble d’en face. Il est encore baigné de lumière bleue.
— Je me suis réveillé.
— Vous avez été réveillé par les gyrophares ?
J’acquiesce, sans vraiment savoir ce qu’elle pense. Elle paraît surprise. Je détecte une odeur âcre et ce n’est qu’à cet instant que je remarque à quel point elle est pâle et que ses yeux sont injectés de sang. Elle vient de vomir.
Elle incline la tête très légèrement, presque imperceptiblement, et fronce les sourcils.
— Nous sommes-nous déjà rencontrés ?
— Je ne pense pas.
— En êtes-vous sûr ?
— Je suis policier, je tente, mais… non, je ne pense pas que nous nous soyons déjà rencontrés.

 

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Suède

 

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  18/25 

Challenge Petit Bac 2015 
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15 avril 2015

La Surface de réparation - Alain Gillot

Lu en partenariat avec Babelio et les éditions Flammarion

CVT_La-surface-de-reparation_5230 Flammarion - avril 2015 - 222 pages

Quatrième de couverture :
Vincent, entraîneur d'une équipe de jeunes footballeurs, se voit confier la garde de son neveu, qui souffre du syndrome d'Asperger. Il se révèle un gardien de buts hors normes. Mais dans sa vie quotidienne, si un geste ou une parole ne correspond pas à ses schémas mentaux, il est pris de panique. Vincent remettra en cause ses certitudes et sortira, lui aussi, de son propre enfermement.

Auteur : Alain Gillot pratique toutes sortes de métiers, de bûcheron à chauffeur routier, avant de découvrir l’écriture, à travers le journalisme sportif. Attiré par l’aventure, il devient grand reporter et se passionne pour les peuples autochtones. Au retour de ces années de voyage il travaille dans le cinéma, comme scénariste et découvre la bande dessinée. 
Il a publié un premier roman, "La surface de réparation"en 2015. 

Mon avis : (lu en avril 2015)
Vincent espérait devenir un grand joueur de football mais à la suite d'une grave blessure il est obligé de réviser ses ambitions et il devient entraîneur de football. Vincent est un solitaire, il vit seul et entraîne une équipe de jeunes footballeurs. Il s'est éloigné de sa famille. Il a des souvenirs douloureux de son enfance. Il est donc plutôt surpris de voir un soir débarquer sa soeur aînée et son fils de treize ans qu'elle élève seul. Elle doit faire une formation et Vincent est son dernier recours pour s'occuper de Léonard.
Vincent n'accepte pas tout de suite, c'est la première fois qu'il rencontre ce jeune garçon au comportement bizarre. Léonard ne regarde pas les gens, il ne parle presque pas, il semble n'éprouver aucun sentiment... 
Vincent va découvrir que Léonard est un garçon extraordinaire... Il est imbattable aux échecs et déclare que le football est un jeu simpliste... Vincent le prend au mot et lui propose de venir à l'entraînement avec son équipe. Après avoir visionné toute une nuit de nombreux matchs de football pour apprendre ce jeu, Léonard se révèle un gardien de but très spécial... Vincent et Léonard vont s'apprivoiser et ce séjour de dix jours va faire grandir l'un comme l'autre. 
J'ai bien aimé cette histoire en particulier la relation qui se tissent entre Vincent et Léonard, comment ils se découvrent, comment Vincent cherche à comprendre Léonard, à l'aider à s'intégrer. Léonard est très attachant et on apprend sur le syndrome d'Asperger.

Merci  Babelio et les éditions Flammarion pour ce partenariat.

Extrait : 
Hamed est venu droit vers moi de sa foulée de petit cheval contrarié. Une semaine qu'il pleuvait des cordes au beau milieu des vacances de Pâques. Déjà que les gosses avaient du mal à se concentrer, si en plus ils jouaient dans un bourbier, c'était la fin de tout.
— Pas moyen de prendre un appui, m'sieur. La moindre passe, on est sur le cul… Les joueurs ont besoin de parler. D'un bobo, du maté- riel, des conditions. Certains jours, ils veulent seulement rentrer au vestiaire.
— Montre-moi un peu tes crampons… Le gamin m'a tourné le dos et, tandis qu'il levait le mollet, j'ai jeté un œil à sa semelle.
— C'est du petit, à ce que je vois…
— Ceux que j'ai toujours, m'sieur.
— Et là, depuis lundi, t'as rien remarqué ?
— Ben si… il pleut comme vache qui pisse.
— Et d'après toi, t'aurais dû faire quoi ?
— Mettre plus gros…
— Donc, maintenant, tu y retournes et tu te débrouilles pour rester debout. 
Ses yeux se sont planqués dans leurs orbites. Hamed a ce côté buté qui le pousse à s'empaler dans les défenses au lieu de lever la tête pour chercher un partenaire démarqué. J'en ai vingt-trois comme lui dans les pattes, et, certains jours, je me demande ce que je fais là, à m'occuper d'une bande de morpions qui ne deviendront jamais de vrais footballeurs.
C'est ma deuxième expérience d'entraîneur depuis que j'ai passé le diplôme fédéral. La première fois, c'était à Limoges avec l'équipe de division d'honneur. Des postiers qui bossaient la semaine et venaient s'entraîner le soir. Mais j'en ai eu marre de ce rythme-là. Je suis tombé sur une annonce dans France Football, « Club de Sedan cherche éducateur diplômé pour s'occuper de ses jeunes, âgés de dix à quatorze ans ». J'ai pensé que ça pouvait convenir. Pas que je sois porté sur les gosses. Je n'en ai pas, personnellement, et je les apprécie modéré- ment, mais le salaire était correct, et la jouissance d'un pavillon, comprise dans l'offre, a fini de me décider.
Évidemment Sedan, ça a ses limites. La gloire du club est passée et n'est pas près de revenir, au point que l'équipe première évolue en D2, plutôt dans le bas du tableau. Ce qu'il faudrait, c'est trouver une pépite. Un joueur qui permettrait aux supporters de rêver et à ses équipiers d'être aspirés vers le haut. C'est ce qui s'est produit à Nancy quand Platini s'est révélé. Mais des Platini, il y en a un tous les cinquante ans, et aucun ne va débarquer à Sedan. Moi, ce que j'ai sous la main, c'est surtout des Kevin Rouverand. C'est le buteur du groupe, enfin, quand il est dans un bon jour. Un mètre quarantetrois à la toise, un centre de gravité très bas, une patate du droit. Il pourrait vraiment faire quelque chose, mais, question motivation, on est loin du compte. Il se promène sur le terrain avec son petit talent sous le bras, il a l'impression d'avoir tout le temps devant lui. Il attend, comme beaucoup de ses copains, la proposition d'un club important. Il feuillette les journaux de bagnoles, il pianote sur son téléphone, il sculpte ses cheveux avec du gel. Il se voit déjà arrivé, alors qu'il n'est même pas dans le train.

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09 avril 2015

Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom l'Eclair et a sauvé le monde... - Paul Vacca

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

tom l'éclair Belfond - avril 2015 - 280 pages

Quatrième de couverture :
Le 14 octobre 1968, à 10 ans, 3 mois et 4 jours, Thomas Leclerc comprend enfin pourquoi il est sur Terre : il n'est pas Thomas Leclerc, mais Tom l'Éclair plus vif que l'Éclair... Comme les super-héros, il est un étranger jeté dans un monde qui n'est pas fait pour lui. Souffrant de difficultés relationnelles et émotionnelles, cet enfant de la fin des années 60 s'invente un destin qui va lui permettre de sauver son Monde, qui évolue entre sa maison, sa résidence et la petite ville de Montigny. C'est ainsi qu'il sort de sa chambre et de son isolement, et part défier la réalité et ses pièges pour voler au secours de ses parents qui comptent se séparer ou encore venger l'honneur de Palma, une fille de son collège qui a été assassinée et dont le meurtrier court toujours... Digne d'un super-héros, Tom ira jusqu'au bout. Et si c'était le prix à payer pour trouver sa voie vers le Monde ?

Auteur : Paul Vacca est romancier, scénariste et essayiste. Il est l’auteur de deux romans La petite cloche au son grêle (2008) et Nueva Königsberg (2009) et d’un essai Hyper, ton univers impitoyable - Le système hypermarché mis à nu (1994). Philosophe de formation, il a été consultant stratégique en agences de communication pour le compte de grandes entreprises, d’institutions ou d’hommes politiques. Il est aussi membre en charge de la stratégie et des études de La Villa Numeris, un think tank qui scrute les évolutions sociétales du numérique et de la nouvelle économie.

Mon avis : (lu en avril 2015)
Thomas Leclerc est un enfant autiste, il a 10 ans en 1968. Après avoir découvert un comics-book, il décide de devenir Tom l'Éclair un super-héros avec des super-pouvoirs qui vont l'aider à comprendre le monde qui l'entoure. Il est convaincu d'être arrivé sur Terre avec la mission de sauver le monde. Il sait qu'il est différent des autres enfants et se pose de nombreuses questions sur le monde et sur ceux qui l'entourent. 
Tom est toujours resté dans son monde, c'est rassurant pour lui de rester discret sans vraiment se confronter aux autres. Mais ses super-pouvoirs vont lui donner le courage de s'intéresser aux autres. Sa première idée : se faire des amis. Il commence par observer ses camarades de classe mais il a du mal à comprendre comment deux garçons peuvent être amis le matin et quelques heures après se taper dessus durant la récréation... Il va trouver un livre donnant des "recettes" pour avoir des amis... La mise en pratique reste difficile. Tom est pourtant approché par Pamela une fille un peu bizarre dont il n'aime pas l'odeur de malabar qu'elle dégage... 
J'ai beaucoup aimé ce livre et surtout Tom si attachant. L'intrigue n'est pas toujours crédible vu l'âge du héros mais je ne me suis pas arrêté à cela. J'ai aimé ce petit garçon différent qui voudrait réussir à régler les problèmes de ses proches comme savent le faire les Super Héros. Il a un bon sens imparable. 

Remarque : Le titre de ce livre est un peu long... C'est devenu une mode que je trouve à double tranchant : le titre se remarque... mais il est impossible de le retenir... Ici l'auteur et l'éditeur ont prévu également le titre court... "Tom l'Eclair" !

Merci Anny et les éditions Belfond pour cette belle découverte.

Autre avis : Canel

Extrait : (début du livre)
Au départ, ce 14 octobre 1968 fut pourtant un jour comme les autres.
Réglé en tout point sur les autres jours passés ici, depuis que Thomas est arrivé à Montigny, une petite ville près de Paris.
- Tom, Petit Tom, c'est l'heure !
7 h 14. Comme chaque matin, Thomas se lève au son de l'appel maternel. Il attrape à tâtons ses lunettes aux verres épais, passe au poignet sa montre à quartz, enfile son col roulé en acrylique, son pantalon court, ses Kickers et descend les dix-huit marches qui le mènent à la cuisine.
Là l'attendent sur la table son bol rempli de céréales jusqu'au premier trait rouge et la bouteille de lait posée à sa droite. Sa mère, Pauline, l'embrasse, passe la main dans ses cheveux pour aplanir son épi, et verse le lait dans son bol jusqu'au niveau du deuxième trait rouge... Il avale son petit déjeuner en scrutant la boîte de céréales qu'il a lue plus de trois cent cinquante fois, repérant les e et les a et les lignes qui les relient entre eux, ainsi que les lettres manquantes de l'alphabet.
- Ça va, bonhomme ?
Son père, Serge, fume en prenant son café au son de la radio. La fin des nouvelles, arrive l'heure de la météo...
Thomas sort de la cuisine, attrape son cartable, le passe dans le dos alors que sa mère y enfourne une forme cylindrique entourée de papier aluminium.
- Ton goûter, mon chéri.
Pain, beurre et quatre carrés de chocolat noir. La tête ensommeillée, l'épi dressé vers le ciel, Thomas sort de la maison. Le ballet matinal se met alors en place, long plan-séquence parfaitement orchestré qui le mène jusqu'au collège. Thomas referme le portail, emprunte l'allée de la résidence, puis s'engage sur une petite route bordée de villas qui va jusqu'au centre-ville.
La sortie de M. Delattre avec son attaché-case, qui plie sa veste et la pose sur le siège à l'arrière de sa Dauphine ; Mme Dupuis, la dame au manteau beige qui cherche son chat ; les jumeaux qui, une fois hors du champ de vision familial, se lancent des coups de pied...
Une chorégraphie réglée au millimètre près : le passage du chat à la longue queue qui s'invite dans le champ, le souffle clair du vent matinal qui agite l'épi de Tom, la 2 CV qui toussote en avalant la côte, le train derrière les bois et le moyen-courrier qui fend le ciel...
Plus loin, Thomas arrive devant un mur. Son mur magique. Barré d'innombrables « Oui » et « Non » qui se chevauchent et se contredisent. Thomas s'arrête devant lui et lui pose sa question quotidienne, celle qui l'a taraudé avant de s'endormir. Un modus operandi immuable. Il se poste en face de lui, ferme les yeux, se reformule mentalement la question, tourne une fois sur lui-même, puis ouvre les yeux. Et là, c'est magique, il obtient une réponse claire et nette à sa question : « Oui » ou « Non ».

 Challenge Petit Bac 2015 
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Prénom (5)

Déjà lu du même auteur : 

la_petite_cloche_gr_le La petite cloche au son grêle nueva_konigsberg Nueva Königsberg

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02 avril 2015

La dernière fugitive - Tracy Chevalier

Lu en partenariat avec les éditions Folio

la derniere fugitive la derniere fugitive_folio

Quai Voltaire - octobre 2013 - 384 pages

Folio - février 2015 - 392 pages

traduit de l'américain par Anouk Neuhoff

Titre original : The last runaway, 2013

Quatrième de couverture :
1850. Après un revers sentimental, Honor fuit les regards compatissants des membres de sa communauté quaker. Elle s'embarque pour les Etats-Unis avec sa soeur, Grace, qui doit rejoindre son fiancé. A l'éprouvante traversée s'ajoute bientôt une autre épreuve : la mort de Grace, emportée par la fièvre jaune. Honor décide néanmoins de poursuivre son voyage jusqu'à Faithwell, une petite bourgade de l'Ohio. C'est dans cette Amérique encore sauvage et soumise aux lois esclavagistes, contre lesquelles les quakers s'insurgent, qu'elle va essayer de se reconstruire. Portrait intime de l'éclosion d'une jeune femme, témoignage précieux sur la vie des quakers et le «chemin de fer clandestin» - ce réseau de routes secrètes des esclaves en fuite -, La dernière fugitive confirme la maîtrise romanesque de l'auteur du best-seller La jeune fille à la perle.

Auteur : Tracy Chevalier est américaine et vit à Londres depuis 1984 avec son mari et son fils. Spécialiste des romans historiques et des portraits de femmes, elle est l'auteur du Récital des anges (2002), de La Dame à la Licorne (2003), de La Vierge en bleu (2004), de L'Innocence (2007), de Prodigieuses créatures (2010) et de La Jeune Fille à la perle (2000) adapté au cinéma par Peter Webber en 2002, et interprété par Scarlett Johansson.

Mon avis : (lu en mars 2015)
J'ai beaucoup aimé ce livre qui nous raconte l'histoire de Honor Bright, une jeune quaker anglaise qui émigre aux États-Unis dans les années 1850. Son fiancé l'ayant quitté pour une jeune fille n'appartenant pas à la communauté, Honor décide d'accompagner sa soeur Grace promise à voisin qui est déjà parti en Amérique. Tout commence avec la difficile traversée de l'Atlantique en bateau, Honor va être malade tout au long du voyage et comprend dès son premier pas sur la terre d'Amérique qu'elle ne fera certainement jamais la route inverse. Ensuite, c'est le long voyage pour rejoindre l'Ohio qui sera endeuillée par la mort de Grace emportée par la fièvre, cette dernière ne rejoindra jamais son futur mari... Honor se retrouve donc seule dans un pays différent de l'Angleterre, elle va rencontrer Belle, une femme modiste, dont la vie est à l'opposée de la sienne si calme et pieuse... A travers l'histoire d'Honor, nous découvrons l'Amérique de 1850, la communauté quaker, le travail minutieux et artistiques des quilts (patchwork), et les « chemins de fer clandestins », réseaux de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada. 
Tracy Chevalier réussit avec brio ce nouveau livre, les personnages sont nombreux, attachants et l'intrigue captivante.

Merci Anna et les éditions Folio pour cette lecture passionnante et instructive.

Extrait : (début du livre)
Elle ne pouvait pas revenir en arrière. Quand Honor Bright avait brusquement annoncé à sa famille qu’elle allait accompagner sa sœur Grace en Amérique – quand elle avait trié ses objets personnels, ne gardant que le nécessaire, quand elle avait fait don de tous ses patchworks, quand elle avait dit au revoir à ses oncles et tantes, et embrassé ses cousins et cousines et ses neveux et nièces, quand elle était montée dans le coche qui allait les arracher à Bridport, quand Grace et elle s’étaient donné le bras pour gravir la passerelle du bateau à Bristol –, tous ces gestes, elle les avait effectués en se disant en son for intérieur : Je pourrai toujours revenir. Sous cette pensée, toutefois, était tapi le soupçon que dès que ses pieds auraient quitté le sol anglais, sa vie serait irré- vocablement transformée.
Au moins l’idée de rentrer un jour adoucit-elle les semaines qui précédèrent son départ, telle la pincée de sucre ajoutée en secret à une sauce pour en dompter l’acidité. Cette idée lui permit de rester calme, et de ne pas pleurer comme le fit son amie Biddy lorsqu’elle lui donna le quilt qu’elle venait de terminer : un patchwork de losanges marron, jaunes et blanc cassé assemblés en étoile de Bethléem à huit branches, surpiqué de motifs de harpes, sans oublier la bordure de plumes pour laquelle elle était connue. La communauté lui avait offert un quilt de l’amitié dont chaque bloc avait été confectionné et signé par une amie ou une parente différente, or elle n’avait pas la place pour les deux courtepointes dans sa malle. Le quilt de l’amitié n’était pas aussi bien exécuté que le sien, mais naturellement c’était celui-là qu’elle devait emporter. « Il est mieux en ta possession, pour te faire penser à moi, avait insisté Honor alors que son amie en pleurs tentait de lui rendre de force le quilt étoile de Bethléem. Des couvre-pieds, je pourrai en faire d’autres dans l’Ohio. »
Pour ne pas penser au voyage lui-même, Honor tendit plutôt son esprit vers sa destination, à savoir la maison en bardeaux dont son futur beau-frère avait envoyé des croquis à Grace dans ses lettres de l’Ohio. « C’est une maison solide, même si elle n’est pas bâtie dans la pierre à laquelle tu es accoutumée, avait écrit Adam Cox. La plupart des maisons ici sont en bois. C’est seulement quand une famille s’est bien établie et ne risque plus guère de repartir qu’elle construit une maison en briques.
« Elle est située au bout de Main Street, à l’entrée du village, poursuivait-il. Faithwell est encore un petit bourg, avec une quinzaine de familles d’Amis. Mais il va grandir, par la grâce de Dieu. Le magasin de mon frère se trouve à Oberlin, une ville plus importante à cinq kilomètres de distance. Lui et moi espérons le transporter à Faithwell une fois que l’agglomération sera assez grosse pour accueillir une boutique de drapier. Ici on appelle cela un “magasin de nouveautés”. Il y a beaucoup de mots nouveaux à apprendre en Amérique. »
Honor ne se voyait pas vivre dans une maison en bois, qui brûlait à toute vitesse, gauchissait pour un rien, émettait des grincements et des gémissements, mais ne procurait aucun sentiment de permanence, contrairement à la brique ou la pierre.
Elle avait beau s’efforcer de restreindre ses inquié- tudes à sa crainte de vivre dans une maison en bois, elle ne pouvait s’empêcher de penser à la traversée sur l’Adventurer, le navire sur lequel elles franchiraient l’Atlantique. Honor connaissait bien les bateaux, comme tout résident de Bridport. Elle accompagnait de temps en temps son père au port quand une cargaison de chanvre arrivait. Elle était même déjà montée à bord, et avait regardé les marins ferler les voiles, enrouler les cordages et laver les ponts. Mais elle n’avait jamais pris la mer. Un jour, quand elle avait dix ans, son père avait emmené la famille passer la journée dans le village d’Eype, et Honor, Grace et leurs frères étaient allés faire un tour en canot à rames. Grace avait adoré naviguer : elle avait poussé des cris perçants, ri à gorge déployée et fait semblant de tomber à l’eau. Honor, quant à elle, s’était agrippée au rebord de la barque pendant que ses frères ramaient, s’évertuant à ne pas paraître affolée par le tangage, et par l’étrange et désagréable sensation de ne plus avoir la terre ferme sous ses pieds. Elle avait regardé sa mère qui arpentait la plage avec sa robe foncée et son bonnet blanc, impatiente de voir ses enfants revenir sains et saufs. Après cette expérience, Honor avait fui les bateaux.

Déjà lu du même auteur : 

prodigieuses_cr_atures  Prodigieuses créatures la_jeune_fille___la_perle La jeune fille à la perle 

la_vierge_bleu La Vierge en bleu

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22 mars 2015

Les loups blessés - Christophe Molmy

Lu en partenariat avec les Editions de la Martinière 

les loups blessés Editions de la Martinière - mars 2015 - 334 pages

Quatrième de couverture :
Ce sont deux loups blessés. L’un par une vie de braquages, d’extorsions, d’années passées en prison : Matteo Astolfi, un criminel de haut rang. L’autre par son métier, la pression de sa hiérarchie, les trahisons de ses indics : Renan Pessac, commissaire à Paris. Leurs deux destins vont se percuter. De braquages en filatures, ils vont se chercher, se traquer. Chercher tous deux à échapper à leur destin, pour connaître l’impossible rédemption. Jusqu’au grand chaos.

Auteur : Christophe Molmy est chef de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI), dite aussi Brigade de l’antigang, à Paris. Spécialiste du grand banditisme, Il a commencé sa carrière dans la Police Judiciaire à Marseille, et a longtemps travaillé à l’Office Central pour la Répression de Banditisme (OCRB). Il a 45 ans et c’est son premier roman.

Mon avis : (lu en mars 2015)
Tout commence avec le braquage de deux convoyeurs de fonds qui tourne mal, les deux convoyeurs ayant été froidement tués pour un butin de seulement soixante mille euros. Le lecteur sait que les coupables sont deux frères, Imed et Nordine Belkiche, connus plutôt dans le trafic de drogue, et le jeune Doumé Astolfi, Corse et frère de Matteo, un caïd du grand banditisme.
Du côté de la police, il y a le commissaire Renan Pessac est chef du Service central de répression du banditisme et l'équipe de Philippe Lelouedec. Pour obtenir des informations, Renan Pessac est en relation avec deux indics : Tania, une prostituée, devenue une amie et le Grand.
Grâce à l'auteur, qui est lui-même dans la police, le lecteur découvre le dessous de la profession, les méthodes de filatures, d'écoute, de renseignement, le vocabulaire... C'est plutôt intéressant et instructif.
Nous allons suivre durant tout le roman policier, le jeu du chat et de la souris entre bandits et policiers.
J'ai trouvé quelques longueurs à l'intrigue pas si palpitante que cela. Mais j'ai trouvé ce livre très bien documenté et donc très intéressant pour connaître le fonctionnement des indics et d'une enquête policière.
Merci Anaïs et les Editions de la Martinière pour cette découverte.

Extrait : (début du livre)
À l’abri dans un hall d’immeuble, Matteo Astolfi cherchait à reprendre son souffle, plié en deux, dos au mur, les mains posées sur ses genoux. Les muscles de ses cuisses étaient en feu et sa gorge si sèche qu’il chercha un peu de salive pour parvenir à déglutir. Après la fusillade, le calme qui régnait là avait quelque chose d’irréel. Dehors, le bruissement de la rue ressemblait à une brise intemporelle, comme une étrange mélopée chargée de l’inquiétude des passants. Au milieu du trafic, qui reprenait lentement, il entendait leurs murmures tandis qu’ils cherchaient à glaner des détails sur l’événement qui venait de secouer le quartier. Les sens aux aguets, il épiait le moindre mouvement, et chaque son résonnait comme une menace. Derrière la vitre opaque de la porte, les silhouettes, pareilles à celles d’un théâtre d’ombres, dansaient sur le trottoir. Matteo s’efforça au calme pour retrouver ses esprits et tenta de se redresser. Une pointe de feu fusilla son ventre, le renvoyant dos au mur. Tout était allé si vite, qu’il s’était mis à courir sans réfléchir, sans même réaliser qu’il était blessé, avant que sa chair meurtrie ne commence à diffuser une douleur aiguë dans tout son corps. Maintenant, son abdomen le lançait atrocement. Il souffla à petits coups et tenta de se concentrer sur le décor de ce film noir dont il était devenu l’acteur. Les murs sales et décatis qui l’entouraient lui arrachèrent une grimace de dégoût, il s’en détourna en fermant les yeux. Ici, tout suintait la misère et la crasse. Tout n’était que laideur. Cette bâtisse ressemblait à son monde, finalement, et tout était sa faute. Ses jambes faiblirent et il glissa lentement au sol. Il serra les dents pour ne pas se mettre à hurler. Son organisme ne secrétait plus d’endorphine, une souffrance atroce lui déchirait les entrailles à chaque respiration. La peau de ses mains avait pris une teinte blafarde qui l’effrayait. Prudemment, il glissa une main sous son teeshirt pour chercher la plaie du bout des doigts, mais la douleur le secoua de tremblements. Un goût métallique et salé inonda sa bouche, il cracha un peu de sang, considérant, vaguement hébété, la tâche brune qu’il venait de lâcher sur les carreaux de ciment défraîchis. Ses jambes étaient engourdies par l’humidité qui montait du sol. Quand tous ses membres furent paralysés par le froid, il cessa de lutter et se sentit flotter jusqu’à ce que la lumière s’éteigne. Plongé dans le noir, plus rien ne pouvait l’empêcher de se laisser couler. La pièce se mit à tourner autour de lui et il s’évanouit, enfin. Lorsqu’il reprit connaissance, le mur jaune pisseux était toujours là, en face de lui. Rien n’avait changé, ni ici ni dehors, et il sut qu’il allait devoir faire un choix. Il pouvait encore se battre, lutter pour se remettre debout et s’enfuir. Ou bien abandonner et mourir ici.

 Challenge Petit Bac 2015 
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Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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19 mars 2015

La Bibliothèque des cœurs cabossés - Katarina Bivald

 Lu en partenariat avec les éditions Denoël

la bibli des coeurs cabossés Denoël - janvier 2015 - 496 pages

traduit du suédois par Carine Bruy

Titre original : Läsarna i Broken Wheel rekommenderar, 2013

Quatrième de couverture :
Tout commence par les lettres que s'envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l'Iowa. Après deux ans d'échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu'Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis - et pas uniquement les personnages de ses romans préférés -, qui l'aident à monter une librairie avec tous les livres qu'Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel.

Auteur : Katarina Bivald a grandi en travaillant à mi-temps dans une librairie. Aujourd’hui, elle vit près de Stockholm, en Suède, avec sa sœur et autant d’étagères à livres que possible. La Bibliothèque des cœurs cabossés est son premier roman.

Mon avis : (lu en mars 2015)
J'ai eu envie de découvrir ce livre rien qu'en voyant la couverture et le titre... Et c'est un coup de cœur !
Après deux ans de relation épistolaire et d'échange de livres, Sarah Lindquist, jeune femme suédoise de vingt huit ans, est invitée par Amy Harris, américaine de soixante-cinq, à venir la rencontrer chez elle à Broken Wheel, dans l'Iowa. Mais lorsque Sarah arrive au bout de son voyage, elle apprend qu'Amy est morte et elle se retrouve seule dans cette petite ville américaine. Etant l'invitée d'Amy, elle devient naturellement l'invité de Broken Wheel. Les habitants de cette petite ville, souvent hauts en couleur, vont tout faire pour rendre son séjour agréable. 
Sarah est une fille timide, le nez toujours plongé dans un livre et vivant plus souvent avec les personnages des romans qu'elle dévore qu'avec de vrai gens.
A Broken Wheel, elle va découvrir de vrais amis et en décidant d'ouvrir une librairie avec tous les livres qu'Amy avait chez elle, Sarah va se révéler.
J'ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de ce livre. J'ai aimé la galerie de personnages que sont les habitants de Broken Wheel, les lettres d'Amy à Sarah que le lecteur découvre tout au long du livre et bien sûr Sarah qui va grandir grâce à ce séjour dans l'Iowa.

Un grand Merci à Célia et aux éditions Denoël pour ce livre coup de cœur. 

Extrait : (début du livre)

Sara Lindqvist
7 Kornvägen, 1 tr
136 38 Haninge
Suède


Broken Wheel, Iowa, le 15 avril 2009


Chère Sara,
J’espère qu’Une jeune fille démodée de Louisa May Alcott te plaira. C’est une histoire charmante, même si elle est peut-être un soupçon plus moralisatrice que Les Quatre Filles du docteur March.
Inutile d’envisager de me le rembourser. J’avais ce livre en double depuis des années ? je suis ravie qu’il ait trouvé un nouveau foyer et qu’en plus, il fasse tout le chemin jusqu’en Europe. Moi, je ne suis jamais allée en Suède, mais je suis sûre que ce doit être un très beau pays.
N’est-ce pas amusant qu’un livre voyage davantage que sa propriétaire ? Je ne sais pas si cela est réconfortant ou inquiétant.
Salutations amicales,

Amy Harris

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   L’inconnue qui se tenait dans la rue principale de Hope était si quelconque que c’en était presque choquant. Une silhouette morne et sans formes vêtue d’un manteau gris de mi-saison, bien trop chaud pour cet automne. Un sac à dos gisait à ses pieds et une énorme valise était appuyée sur une fine poignée télescopique. Aux yeux des habitants qui avaient assisté par hasard à son arrivée, négliger à ce point son apparence était un manque certain de savoir-vivre. Comme si cette femme se moquait éperdument de leur faire bonne impression.
Ses cheveux étaient d’un brun indéterminé, ni franchement clair ni vraiment foncé. Ils étaient attachés à la va-vite avec une pince et tombaient en boucles désordonnées sur ses épaules. Là où aurait dû se trouver son visage, on voyait la couverture d’Une jeune fille démodée de Louisa May Alcott.
Être à Hope semblait vraiment ne lui faire ni chaud ni froid. Comme si elle avait juste atterri là, parachutée avec son livre, son barda, ses cheveux mal coiffés et tout le reste, et aurait tout aussi bien pu se trouver n’importe où dans le monde. Elle se tenait dans l’une des plus belles rues de Cedar County, peut-être la plus belle de tout le sud de l’Iowa, mais n’avait d’yeux que pour ce livre.
Elle ne devait quand même pas être totalement dénuée de curiosité, car de temps à autre, une paire d’yeux gris émergeaient au-dessus de son roman, tel un chien de prairie qui pointe la tête pour vérifier si la voie est libre.
Elle baissait légèrement le livre, scrutait d’abord à gauche, puis, sans tourner la tête, balayait les lieux du regard aussi loin que possible vers la droite. Enfin, elle relevait l’ouvrage et s’y replongeait de plus belle.

En réalité, à ce stade, Sara avait mémorisé la rue quasiment dans ses moindres détails. Même avec le livre devant ses yeux, elle aurait pu dépeindre le soleil du soir qui se reflétait sur des 4×4 rutilants, les frondaisons policées des arbres tout aussi pimpantes, ainsi que l’enseigne aux couleurs patriotiques, des rayures rouges-blanches-bleues, du salon de coiffure situé une cinquantaine de mètres plus loin. Une odeur entêtante de tarte aux pommes tout juste sortie du four flottait sur l’ensemble de la scène. Elle émanait du café derrière elle, où un groupe de femmes d’âge moyen l’observaient lire avec une désapprobation non dissimulée. Du moins Sara en avait-elle l’impression. Chaque fois qu’elle relevait les yeux de son roman, ces femmes fronçaient les sourcils et secouaient légèrement la tête, estimant sans doute que lire sur le trottoir constituait une infraction aux rigueurs de l’étiquette.
Elle prit à nouveau son portable et rappela le dernier numéro composé. Neuf sonneries retentirent avant qu’elle ne raccroche.
Amy Harris était donc un peu en retard. Il y avait sans doute une explication sensée. Un pneu crevé, peut-être. Une panne d’essence. Il était facile d’avoir — elle consulta à nouveau l’écran de son téléphone — deux heures et trente-sept minutes de retard.
Sara ne s’inquiétait pas. Pas encore. Amy Harris écrivait des missives empreintes de sincérité sur du bon vieux papier à lettres à l’ancienne, épais et d’une douce nuance écrue. Il n’y avait absolument aucun risque qu’une personne de ce genre abandonne une amie dans une ville inconnue, ou se révèle être une tueuse en série psychopathe et perverse, quoi que la mère de Sara ait pu imaginer.

 

Challenge Petit Bac 2015 
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Objet (3

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015

Suède

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28 février 2015

Six fourmis blanches - Sandrine Collette

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

six fourmis blanches Denoël - janvier 2015 - 288 pages

Quatrième de couverture :
Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper ? 
Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant. 
À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches… 
Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

Auteur : Sandrine Collette est née en 1970. Elle partage sa vie entre l'université de Nanterre et ses chevaux dans le Morvan. Six fourmis blanches est son troisième roman.

Mon avis : (lu en février 2015)
C'est mon premier livre de Sandrine Collette, une auteur qui est en train de se faire un nom dans le monde du roman policier et que j'avais très envie de découvrir. La rencontre a été réussie. Le lecteur suit en parallèle deux histoires différentes. Celle de Mathias, il a pris la suite de son grand-père et devenu le « sacrificateur » de la vallée. Il sait éloigner les mauvais esprits de la montagne. De nombreux paysans font appellent à ses dons.
Celle de Lou, Elias, son compagnon, et quatre autres randonneurs qui s'apprêtent à faire une randonnée de trois jours dans les montagnes d'Albanie accompagnés de leur guide Vigan. 
Comme on peut s'y attendre les deux histoires vont se rejoindre... 
J'ai beaucoup aimé les descriptions de cette nature sauvage et parfois hostile, l'atmosphère qui devient de plus en plus angoissante, impossible de lâcher son livre avant la fin... Un roman policier palpitant, inquiétant et glaçant (au propre comme au figuré) vraiment très réussi et je poursuivrai avec cette auteur !

Merci Célia et les éditions Denoël 

Extrait : (début du livre)
Le mal suinte de ce pays comme l’eau des murs de nos maisons tout le long de l’hiver. Enraciné en nous, telle une sangsue fossilisée sur une pierre. C’est ce que disait mon grand-père, et avant lui son père, et le père de son père : depuis toujours ces montagnes sont maudites. Qui se souvient que quelque chose de beau y ait été conçu, s’y soit développé? Que de contreparties à notre présence ici, que de compromis pour nous donner, parfois, le sentiment de bien vivre. Les vieux répètent à l’envi que les mauvais esprits ont choisi cet endroit pour venir mourir; qu’ils y agonisent des années durant, crachant des imprécations sur nos roches et nos forêts malingres. Nous sommes de trop dans ces vallées; nous en payons le prix fort. Nous aurions dû abandonner ces terres où nous n’avons jamais été les bienvenus. Si seulement nous étions raisonnables. Mais nous sommes faits de la même caillasse, refusant de céder une once de terrain, acharnés à faire pousser les tubercules qui nous permettent de tenir amaigris jusqu’au printemps suivant. Heureux d’un rien, aussi. Nous observons stupéfaits les gens des villes étrangères investir notre région pendant les vacances. Ils sont rares encore; mais leur nombre augmente chaque année, et nous avons cessé de les compter. D’eux, nous ne voyons que rires, artifices et argent. Ils s’approprient nos montagnes et se moquent haut et fort de nos superstitions. Nous nous taisons : nous qui naissons ici, qui y restons jusqu’à ce que la mort blanchisse nos os, nous savons de quoi les esprits sont capables. Le malheur a tant frappé nos aïeuls; personne ne croit qu’il ait arrêté de nous tourner autour. Et si certains d’entre nous le pensent, ils continuent à faire comme si, pour ne pas provoquer. Devant l’abîme des montagnes, quand le vent siffle aux oreilles son étrange mélopée, chacun peut sentir sa présence. Bien sûr qu’il est là. Le mal. Le diable, disent les anciens. Tous nos actes sont soupesés au regard de cette unique question : cela le fera-t-il resurgir? Nos vies se rythment et s’épuisent à prendre garde. Même dans les grands moments de fête, nous désignons des veilleurs, postés aux coins des falaises, qui surveillent les chemins des villages. Comme si le mal ignorait les sentiers détournés qui finiront par le mener à l’un d’entre nous : superstition toujours. Mais c’est notre façon de lui montrer notre respect. D’espérer que cela l’éloigne. Nous lui offrons prières et cadeaux, tels les païens d’une autre époque, presque sans réfléchir — par réflexe. Quand cela ne suffit pas, il nous prend un vieillard; parfois un enfant. Le mal est mon compagnon de chaque jour. S’il disparaissait, je m’évaporerais du même coup. Mais jamais il ne s’achèvera, je le sais : pour cela, il faudrait que le monde s’arrête.

 Challenge Petit Bac 2015 
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Animaux (2)

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  14/25 

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08 février 2015

L'effet papillon - Jussi Adler Olsen

Lu en partenariat avec Albin Michel

l'effet papillon Albin Michel - janvier 2015 - 648 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Marco effekten, 2012 

Quatrième de couverture :
Si William Stark n’avait pas été intrigué par un SMS envoyé du Cameroun, René Ericksen, son boss au Bureau d’Aide au Développement, n’aurait pas été obligé de se débarrasser de lui. Si Marco, un jeune voleur gitan n’avait pas trouvé refuge là où le cadavre putréfié de Stark végète depuis trois ans, son oncle, chef d’un réseau mafieux, n’aurait pas lancé ses hommes à ses trousses à travers tout Copenhague pour l’empêcher de révéler à la police l’existence de ce corps qu’il a enterré de ses propres mains...
Pour stopper cet engrenage de la violence, l’inspecteur Carl Mørck et l’équipe du Département V doivent retrouver Marco. Et remonter la piste d’une affaire dont les ramifications politiques et financières pourraient bien faire vaciller l’intégrité politique du Danemark.
Grand Prix policier des lectrices de Elle, Prix polar des lecteurs du Livre de poche, le Danois Jussi Adler-Olsen est une figure désormais incontournable du thriller scandinave.

Auteur : Né à Copenhague, Jussi Adler-Olsen a étudié la médecine, la sociologie, le cinéma et la politique. Ancien éditeur, il connaît un succès sans précédent avec sa série bestseller Département V.

Mon avis : (lu en février 2015)
Ce livre est le cinquième épisode de la série Département V où l’inspecteur Carl Mørck est le personnage principal. Jusqu'à présent, je n'avais lu que le premier tome de cette série et lorsque l'on m'a proposé de lire celui-là , je n'ai pas hésité. Ne pas avoir lu les épisodes 2, 3 et 4 ne m'a absolument pas gênée pour apprécier celui-ci.
Le lecteur découvre plusieurs histoires : celle de William Stark qui travaille au ministère au Bureau d'Aide au Développement et s'occupe d'un projet au Cameroun, celle de Marco, un adolescent de quinze ans, qui a quitté la bande de voleurs dirigée par son oncle Zola et bien sûr l'équipe du Département V.
Après un voyage en Afrique, William Stark disparait mystérieusement.
Marco ne veut plus être un voleur, il voudrait devenir un garçon normal, faire des études, apprendre un vrai métier. Être libre... Le jour, où il entend qu'il devient gênant et que Zola demande à ses sbires de le mutiler, Marco s'enfuit en pyjama, pieds nus, dans la nuit. Dans sa fuite, il découvre par hasard le cadavre d'un homme enterré dans le bois situé derrière les maisons du clan. Le voilà donc malgré lui l'effet déclancheur d'une multitude d'évènements, il va devoir se cacher pour échapper à de nombreux poursuivants... Parallèlement, le Département V enquête sur la disparition de Stark, Carl Mørck découvre que le jeune Marco détient des informations importantes mais il est difficile de le rencontrer...
Une histoire palpitante, le jeune Marco est très attachant et j'ai bien aimé redécouvrir l'équipe du Département V avec Carl Mørck, Assad, Rose et les autres...

Merci Arthur et les éditions  Albin Michel pour la redécouverte de cette série.

Extrait : (début du livre)
Le dernier matin de la vie de Louis Fon eut la douceur d’un murmure.
Il se leva de sa couche, les yeux pleins de sommeil et la tête un peu lourde, donna une petite tape sur la croupe de la gamine qui lui avait caressé la joue pour le réveiller, essuya la morve qui coulait du nez brun de la petite et glissa les pieds dans ses tongs posées sur le sol en terre battue.
Il s’étira et cligna des yeux dans la pièce baignée de soleil, emplie des caquètements stridents des poules, et des cris plus éloignés des garçons, occupés à couper des régimes de bananes en haut des musas.
Quelle paix, songea-t-il en humant l’odeur épicée qui se dégageait du village. Seul le chant des Pygmées bakas autour d’un feu de camp sur l’autre rive du fleuve pouvait lui procurer plus de plaisir que ce parfum-là. Il était toujours heureux de retourner dans le territoire de Dja et le village bantou reculé de Somolomo.
Les gosses couraient derrière la hutte, un nuage de poussière rouge se levait sous leurs pieds nus, et leurs piaillements aigus faisaient s’envoler les oiseaux tisserins des cimes des palmiers.
Il avança dans le rai de lumière, alla s’accouder au rebord de la fenêtre et adressa un large sourire à la mère de la fillette qui égorgeait le poulet du jour devant sa hutte, juste en face.
Il ne savait pas encore que ce serait son dernier sourire.
À deux cents mètres de là, l’homme maigre et son guide débouchèrent du sentier qui traversait la palmeraie, et il lui suffit d’un regard pour deviner qu’ils n’étaient pas animés de bonnes intentions. Il reconnaissait la silhouette musclée de Mbomo pour l’avoir rencontré à Yaoundé, mais l’Européen aux cheveux blancs, il ne l’avait jamais vu.
« Qu’est-ce que Mbomo vient faire là ? Et qui est l’homme qui l’accompagne ? » demanda-t-il d’une voix forte à la mère de la fillette.
Elle haussa les épaules. Il n’était pas rare de voir des touristes à la lisière de la forêt tropicale humide, pourquoi s’en préoccuperait-elle ? C’était sans doute des Européens fortunés qui venaient passer quatre ou cinq jours avec les Bakas dans l’immense chaos de la jungle Dja !
Mais Louis avait un mauvais pressentiment. On sentait une gravité émaner de ces deux hommes, une complicité aussi. Il y avait un problème. Le Blanc n’était pas un touriste et Mbomo n’avait rien à faire dans le secteur sans que Louis en soit informé. C’était lui qui dirigeait le programme danois d’aide au développement, et Mbomo n’était que l’homme à tout faire des fonctionnaires de Yaoundé. C’était comme ça que ça marchait.
Les deux hommes sur la piste là-bas n’étaient-ils pas sur le point de faire une chose que Louis n’était pas supposé voir ? Il le craignait fort. De manière générale, il y avait beaucoup de choses bizarres dans ce projet. Tout allait trop lentement, les informations circulaient mal ou pas du tout, l’argent se faisait attendre ou n’arrivait pas. Bref, ce n’était pas ce qu’on lui avait promis à l’époque où on l’avait recruté pour cette mission.

Challenge Petit Bac 2015 
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Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Danemark

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  13/25 

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05 février 2015

Acquanera - Valentina D'Urbano

Sortie en librairie le 5 février 2015

 Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey 

book_261 Philippe Rey - février 2015 - 352 pages

traduit de l’italien par Nathalie Bauer

Titre original : Acquanera, 2013

Quatrième de couverture : 
Après dix ans d’absence, Fortuna retourne à Roccachiara, le village de son enfance perché dans les montagnes du Nord de l’Italie, qu’elle croyait avoir définitivement abandonné. La découverte d’un squelette qui pourrait être celui de sa meilleure amie, Luce, lui a fait reprendre le chemin de la maison. C’est l’occasion pour la jeune femme de revenir sur son histoire, de régler ses comptes avec le passé et en particulier avec sa mère, la sauvage Onda dont elle n’a jamais été aimée.
Ainsi débute ce récit sur quatre générations : quatre générations de femmes – Clara, Elsa, Onda et Fortuna – qui ont vécu en autarcie année après année, privées d’hommes, marquées comme au fer rouge par d’étranges dons qui les ont placées en marge de leur communauté. Au terme de cette plongée aux origines, Fortuna pourra-t-elle s’engager sur le chemin de la reconstruction et de la réconciliation ?
Acquanera aborde avec force et sensibilité les thèmes des relations maternelles et filiales, de la transmission, de la mort, de la différence et de l’amitié. Avec ce deuxième roman symbolique et poétique, Valentina D’Urbano confirme son singulier talent.

Auteur : Illustratrice pour la jeunesse, Valentina d’Urbano, est née en 1985 dans une banlieue de Rome dont elle a fait le décor de son premier roman, Le bruit de tes pas (2013), vainqueur du concours « Io scrittore » en Italie. Acquanera est son deuxième roman.

Mon avis : (lu en janvier 2015)
J'avais beaucoup aimé le premier roman de Valentina d'Urbano et lorsque l'on m'a proposé de découvrir son deuxième roman, j'étais très curieuse de le découvrir. Et je n'ai pas été déçue !
Une histoire très différente de son premier roman mais une lecture qui comme pour la première m'a enchantée.
Fortuna revient après dix ans d'absence à Roccachiara, le village de son enfance situé dans les montagnes du Nord de l'Italie. Elle a appris qu'un squelette avait été découvert au village. Peut-être celui de son amie Luce qui a disparu depuis quelques années ? 
Fortuna est la narratrice, elle revient sur l'histoire de sa famille. Une dynastie de femmes, avec Clara, Elsa, la grand-mère de Fortuna, et Onda, la fille d'Elsa et la mère de Fortuna. Certaines ont des dons particulier, elles ont toujours été mise à l'écart du village...
Je ne veux pas trop en dire mais j'ai beaucoup aimé cette lecture. Chaque fois que je me plongeais dans ce livre, plus rien autour comptait... J'ai failli plusieurs fois rater ma station de métro ou ne pas entendre mon train arriver... J'ai été captivé par l'atmosphère de ce livre, par la poésie de l'écriture, chacun des personnages à sa personnalité. Certains sont très attachants, d'autres plus difficile à cerner.
Au cours de ma lecture, cette histoire m'a fait penser au livre de Carole Martinez "Cœur cousu"...

Merci Anaïs, Anne et les éditions Philippe Rey pour cette très belle découverte.

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
Aujourd'hui, 12 mars 1992
Dix ans d'absence.
A mon arrivée, le jour se lève et il pleut, une pluie oblique, glaciale, qui entame le visage.
C'est toujours comme ça à Roccachiara. Il fait froid et il pleut. Ou alors l'humidité est si dense que c'est comme s'il pleuvait.
Je m'engagedans la rue principale. Tout est identique à mes souvenirs, on dirait une photo, rien n'a changé.
Les maisons adossées les unes aux autres, les grilles des magasins, les même enseignes qu'il y a trente ans. Les rues étroites et désertes, les portes flanquées de jardinières.
Il n'y a personne. Juste la pluie.
Tout le reste n'est que silence.
Ce silence, raconte-t-on, vient du lac. Il monte comme du brouillard, se répand dans le village, étouffe tous les bruits.
Je traverse Roccachiara sans rencontrer âme qui vive. Une place minuscule domine la vallée et le lac. C'est le belvédère des Héros.
Je me rappelais un lieu dépouillé, en mauvais état, une poignée de mètres carrés à l'abîme, et je découvre un terre-plein pavé, des bancs métalliques revêtus d'une peinture blanche écaillée. Une affreuse fontaine ornementale, un monument aux morts. Une balustrade en fer forgé a remplacé le vieux mur en briques par-dessus lequel on se penchait pour admirer le lac.
Ce lac noir, sans vie.

Déjà lu du même auteur : 

book_220 Le bruit de tes pas

 

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29 janvier 2015

L'Apache aux yeux bleus - Christel Mouchard

 Lu en partenariat avec les éditions Flammarion

l'apache aux yeux Flammarion - janvier 2015 - 189 pages

Quatrième de couverture : 
Mai 1870. Le jeune Herman, âgé de 11 ans, est enlevé par des Apaches. Il est le "cadeau" d'un chef à sa femme qui ne peut pas avoir d'enfant. Il devient un véritable guerrier. A 20 ans, en pleine guerre des territoires contre les "Visages pâles", Herman est reconnu par les soldats. Il servira d'intermédiaire entre les Indiens et les blancs d'Amérique et retournera dans sa première famille.

Auteur : Christel Mouchard, directrice d'ouvrage, travaille depuis vingt ans sur les récits d'exploration et de voyage. Elle est l'auteur d'Aventurières en crinoline, La Reine des Boucaniers, La Rivière des âmes perdues au purgatoire, La Reine Antilope. Elle a traduit les mémoires de Mary Seacole (Je suis une mal-blanchie) et suivi l'édition du Dernier journal de David Livingstone.

Mon avis : (lu en janvier 2015)
Dès le début de cette lecture, j'ai pensé au livre Le fils - Philipp Meyer que j'ai lu en octobre 2014. Autant ce dernier était un pavé de 700 pages, assez long à lire, autant L'Apache aux yeux bleus de Christel Mouchard est parfait pour découvrir une partie de l'histoire des amérindiens. 
Herman est un jeune garçon de 11 ans, il est enlevé par les Apaches. Il est donné en cadeau par le Chef à sa femme celle-ci n'ayant  aucun enfant. D'abord considéré comme un esclave, il est mis à l'épreuve par les Indiens et deviendra ensuite un vrai guerrier Apache. Sa chevelure blonde et ses yeux bleus seront bientôt la seule preuve de son origine "Visage pâle". En effet Herman va devenir En Da et tout oublier ou presque de son passé.
J'ai beaucoup aimé cette histoire inspirée de faits réels très peu connus. C'est à la fois dépaysant et passionnant.

Merci Brigitte et les éditions Flammarion pour cette belle découverte.

 

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