27 juin 2015

Les nuits de la Saint-Jean - Viveca Sten

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226317148g Albin Michel - avril 2015 - 368 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I grunden utan skuld

Quatrième de couverture : 
L’angoisse monte à Sandhamn : une  jeune fille a disparu au cours de la nuit. Sous une pluie battante d’automne, l’inspecteur Thomas Andreasson et ses collègues ratissent l’île, en vain : Lina Rosén reste introuvable et l’enquête conclut à une noyade accidentelle.
Quelques mois plus tard, Nora Linde décide de prendre quelques jours de vacances au cœur de l’hiver à Sandhamn avec ses deux petits garçons. Son mari la trompe et elle a besoin du calme de l’île pour réfléchir. Mais, en jouant dans la forêt, Adam et Simon font une macabre découverte : des restes humains enfouis dans un sac sous la neige. Est-il possible que ce soit le cadavre de Lina ? Et quelle est cette ombre, tapie dans la nuit, sous les fenêtres des Rosén ? Pourquoi ?
Malgré l’absence de pistes, Thomas et son amie Nora ont un étrange pressentiment : l’assassin de Lina rôde encore et n’en a pas fini avec sa sinistre mission.
C’est avec cette nouvelle enquête de l’inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde que Viveca Sten s’est imposée comme la Nº1 des ventes en Suède.

Auteur : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s'est lancée dans l'écriture. Sa série, qui met en scène l’inspecteur Andreasson et l’avocate Nora Linde sur l’île de Sandhamn, compte déjà 5 tomes. Succès phénoménal en Suède et dans le monde, elle est publiée dans une quinzaine de pays et vient d’être adaptée en série pour la télévision. Diffusées en France sur Arte sous le nom Meurtres à Sandhamn, les deux premières saisons ont atteint plus d’un million de téléspectateurs. Comme ses héros, l'auteur possède une vieille maison familiale sur l'île de Sandhamn et y a passé tous les étés de sa jeunesse.

Mon avis : (lu en juin 2015)
J'ai passé un très bon moment en découvrant cette nouvelle aventure de  l’inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde.
Durant l'automne, une jeune fille disparaît sur l'île de Sandhamn. L'inspecteur Thomas Andreasson participe aux recherches mais sans succès. Quelques mois plus tard, Nora Linda, l'amie d'enfance de Thomas,vient se reposer sur l'île avec ses deux fils. Et lors d'une promenade en forêt, les enfants découvrent un morceau du corps de la jeune fille, qui a été assassinée... En parallèle, le lecteur est plongé dans le passé de l'île à travers un carnet intime trouvé dans la maison léguée par tante Signe.
L'intrigue est bien mené et à côté de l'enquête le lecteur découvre le quotidien de l'île et de nos deux personnages principaux de la série.

Au fil des différents tomes de la série, je me sens de plus en plus proche de Nora et Thomas et j'attends avec impatience la suite de leurs aventures.

Merci Arthur et les éditions Albin Michel pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
MARIANNE S’ARRÊTA dans le vestibule. Les chaussures étaient en vrac. Machinalement, elle se pencha pour les ranger par paires, bien alignées. Elle découvrit alors qu’il manquait les Timberland claires de Lina.
Leur absence l’effraya. Pourquoi Lina n’était-elle pas rentrée cette nuit ?
Pensive, elle ramassa un bonnet lancé dans un coin. Sa fille laissait traîner ses affaires partout, en désordre. Elle aurait au moins pu prévenir qu’elle ne dormirait pas à la maison.
Et s’il lui était arrivé quelque chose ?
Glacée par cette idée, Marianne retint son souffle.
Et si elle s’était blessée en tombant de vélo ? En cette saison, un accident était vite arrivé. Les étroits chemins de gravier étaient glissants en automne. Elle avait dit à Lina d’être prudente quand elle était partie voir les Hammarsten à Trouville.
Malgré elle, l’inquiétude l’envahit. Le cœur lui manquait, elle avait des palpitations, tout se mettait à tourner devant ses yeux.
Du calme. Respire. 

Les jambes en coton, elle gagna l’agréable cuisine rustique et se laissa tomber sur une chaise. L’été précédent, elle avait repeint les chaises au soleil, près du ponton. Lina l’avait aidée. Elle avait taché son bikini, ça les avait amusées.
Marianne alla prendre un verre dans le placard au-dessus de l’évier pour boire un peu d’eau. Sa respiration se fit plus régulière. Lina devait être restée chez les Hammarsten. Forcément. Où serait-elle passée, sinon ?
Le ronronnement familier de la cafetière sur le plan de travail la rassura. Elle allait boire une tasse de café, bien tranquillement. Après, il serait dans les huit heures, et Hanna Hammarsten téléphonerait pour confirmer que Lina avait passé la nuit chez eux sans prévenir.
Comme font les filles de son âge.
Et elles en riraient ensemble de bon cœur, comme deux mamans complices à propos du comportement prévisible de leurs ados.
Elle aurait un petit sourire gêné de s’être ainsi rongé les sangs, et Lina trouverait qu’elle la couvait comme une mère poule.
« Arrête de t’inquiéter, maman. Change de disque. Je ne suis plus un bébé, tu vois ? »
Hanna la comprendrait très bien. Toutes les mères s’inquiétaient. Surtout quand elles avaient des filles. Cela faisait partie du jeu.
Elle pensait en avoir fini avec les veilles et les nuits agitées maintenant que Lina était grande. Quelle erreur ! Aujourd’hui, quand elle n’arrivait pas à s’endormir avant le retour de Lina, elle regrettait l’époque où elle était petite, où ce qui pouvait lui arriver de pire, c’était de se réveiller après avoir fait un cauchemar. On y remédiait par un câlin et éventuellement un biberon de bouillie. Si cela ne suffisait pas, restait à la porter dans le grand lit, où elle ne tardait pas à se rendormir. On y gagnait des petits coups de pieds dans le dos toute la nuit, mais ce n’était rien comparé à l’anxiété qui la rongeait ces dernières années.
Le café était prêt.

Elle regarda à nouveau l’heure. Huit heures moins le quart. Elle attendrait huit heures pour appeler. Pas une minute de plus. Ça restait assez matinal, mais elle ne serait pas capable d’attendre davantage.
Sa tasse favorite, un gros mug en porcelaine bleue, l’attendait sur le devant du placard. Le seul fait de le voir la rassura. Tout était comme d’habitude. Deux morceaux de sucre, un bon nuage de lait, et son café était prêt. Fort et sucré, comme elle l’aimait. Voilà, ça allait beaucoup mieux.

Déjà lu du même auteur :

la_reine_de_la_baltique La Reine de la Baltique 9782226259776g Du sang sur la Baltique

Challenge Petit Bac 2015 
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Prénom ()

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Suède

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  20/25 

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25 juin 2015

Les Héritiers de la mine - Jocelyne Saucier

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

les-héritiers-de-la-mine Denoël - mai 2015 - 224 pages

Quatrième de couverture :
Eux, c’est la tribu Cardinal. Ils n’ont peur de rien ni de personne. Ils ont l’étoffe des héros… et leur fragilité.
Notre famille est l’émerveillement de ma vie et mon plus grand succès de conversation. Nous n’avons rien en commun avec personne, nous nous sommes bâtis avec notre propre souffle, nous sommes essentiels à nous-mêmes, uniques et dissonants, les seuls de notre espèce. Les petites vies qui ont papillonné autour s’y sont brûlé les ailes. Pas méchants, mais nous montrons les dents. Ça détalait quand une bande de Cardinal décidait de faire sa place. 
– Mais combien étiez-vous donc? 
La question appelle le prodige et je ne sais pas si j’arrive à dissimuler ma fierté quand je les vois répéter en chœur, ahuris et stupides : 
– Vingt et un? Vingt et un enfants? 
Les autres questions arrivent aussitôt, toujours les mêmes, ou à peu près : comment nous faisions pour les repas, comment nous parvenions à nous loger, comment c’était à Noël, à la rentrée des classes, à l’arrivée d’un nouveau bébé, et votre mère, elle n’était pas épuisée par tous ces bébés? 
Alors je raconte… 

Auteur : Jocelyne Saucier est une romancière canadienne née dans la province du Nouveau-Brunswick en 1948. Elle a fait des études de sciences politiques et de journalisme. Il pleuvait des oiseaux est son quatrième roman.

Mon avis : (lu en juin 2015)
La famille Cardinal n'est pas ordinaire... C'est une famille de vingt et un enfants ! Le père est prospecteur de mines et champion de la dynamite. La mère passe ses journées dans sa cuisine. Les enfants s'élèvent presque tout seul, les Grands s'occupent des Titis... Entre eux, ils ne s'appellent que par des surnoms, LePatriarche, LaPucelle, LaJumelle, LeGrandJaune, Geronimo, Zorro, ElToro... 
Trente années plus tard, toute la famille se retrouve, pour la première fois depuis longtemps. LePère doit être décoré du mérite des prospecteurs lors d'un congrès. Tous les enfants ont grandis et sont devenus adultes.
Tour à tour six d'entre d'eux nous racontent leur enfance, leurs souvenirs de famille et surtout le drame qui a été le début de l'éclatement de la famille.
J'ai beaucoup aimé cette histoire, même si au début j'ai eu du mal à me repérer au milieu de toute cette tribu où chacun à son surnom... J'ai fini par prendre un papier et un crayon pour noter les vingt et un surnom et les quelques prénoms utilisés. 

Merci Célia et les éditions Denoël pour cette découverte explosive...

Extrait : (début du livre)
Quand le vieil hibou aux dents vernissées de nicotine a posé la question, j'ai cru que nous étions partis pour le folklore.
Je n'ai rien contre. J'adore ce moment où je sens que notre famille se glisse dans la conversation et qu'on va me poser la question.
Notre famille est l'émerveillement de ma vie et mon plus grand succès de conversation. Nous n'avons rien en commun avec personne, nous nous sommes bâtis avec notre propre souffle, nous sommes essentiels à nous-mêmes, uniques et dissonants, les seuls de notre espèce. Les petites vies qui ont papillonné autour s'y sont brûlé les ailes. Pas méchants, mais nous montrons les dents. Ça détalait quand une bande de Cardinal décidait de faire sa place.
- Mais combien étiez-vous donc ?
La question appelle le prodige et j'en ai plein qui m'étourdissent. Je ne sais pas si j'arrive à dissimuler ma fierté quand je les vois répéter en choeur, ahuris et stupides :
- Vingt et un ? Vingt et un enfants ?
Les autres questions arrivent aussitôt, toujours les mêmes, ou à peu près : comment nous faisions pour les repas (la dimension de la table, inévitablement, une femme veut savoir), comment nous parvenions à nous loger (combien de chambres ?), comment c'était à Noël, à la rentrée des classes, à l'arrivée d'un nouveau bébé, et votre mère, elle n'était pas épuisée par tous ces bébés ?
Alors je raconte. La maison que notre père avait déménagée de Perron à Norcoville après avoir découvert la mine. Les quatre cuisines, les quatre salons, les quatre salles de bains minuscules (nous disions «le cagibi» : il n'y avait ni bain ni lavabo) ; c'était une maison de quatre logis, notre père s'était contenté de défoncer des murs. Je leur en mets plein l'estomac. Les deux douzaines d'oeufs le matin, le cent livres de patates à la cave, les batailles avant l'école pour retrouver nos bottes, les batailles le soir pour nous faire une place devant la télé, les batailles tout le temps, pour rien, par plaisir, par habitude. Le folklore.

Déjà lu du même auteur :

il pleuvait des oiseaux - Copie Il pleuvait des oiseaux

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14 juin 2015

Les oubliés du dimanche - Valérie Perrin

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

les oubliés du dimanche Albin Michel - avril 2015 - 384 pages

Quatrième de couverture : 
Justine, vingt et un ans, aime les personnes âgées comme d’autres les contes. Hélène, presque cinq fois son âge, a toujours rêvé d’apprendre à lire. Ces deux femmes se parlent, s’écoutent, se révèlent l’une à l’autre jusqu’au jour où un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite qui abrite leurs confidences et dévoile un terrible secret. Parce qu’on ne sait jamais rien de ceux que l’on connaît.
À la fois drôle et mélancolique, Les oubliés du dimanche est un roman d’amours passées, présentes, inavouées… éblouissantes.

Auteur : Photographe et scénariste, Valérie Perrin travaille avec Claude Lelouch. Les oubliés du dimanche est son premier roman. 

Mon avis : (lu en juin 2015)
Justine est aide-soignante dans une maison de retraite, Les Hortensias. Depuis toute petite, elle vit avec son cousin Jules chez leurs grands-parents. Ses parents et ceux de Jules sont morts dans un accident de voiture il y a environ quinze ans. 
A la maison de retraite, Justine aime écouter les histoires et les souvenirs des pensionnaires. Elle s'est particulièrement attachée à Hélène, "la dame de la plage" qui lui raconte visite après visite l'histoire de sa vie. Justine passe des heures auprès d'elle à l'écouter et à écrire son récit sur un cahier bleu.
Il y a également dans cette maison de retraite un « corbeau » qui appelle les familles des oubliés du dimanche, ceux qui n'ont jamais de visites, en leur annonçant la mort de leur proche. Les familles arrivent donc rapidement aux Hortensias pour découvrir le "mort" en pleine forme ravi d'avoir une visite...
J'ai beaucoup aimé cette lecture passionnante et émouvante qui met en scène des personnages attachants, cachant quelques secrets que le lecteur découvre au fil du livre. 
Un premier roman très réussi.

Merci Arthur et les éditions  Albin Michel pour ce livre coup de coeur.

Extrait : 

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24 mai 2015

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés - Arto Paasilinna

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

91GAsf1e0-L Denoël - avril 2015 - 332 pages

traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

Titre original : Vapahtaja Surunen, 1986

Quatrième de couverture :
Le très distingué professeur Surunen, membre finlandais d’Amnesty International, las de se contenter de signer des pétitions, décide de prendre les choses en main. Il s’en va personnellement délivrer les prisonniers politiques qu’il parraine en Macabraguay, petit pays d'Amérique centrale dirigé par un dictateur fasciste sanguinaire. Après le succès de l’évasion de cinq d’entre eux, et non sans avoir goûté à la torture des geôles locales, Surunen accompagne l’un de ses protégés jusqu’au paradis communiste, un pays d’Europe de l’Est baptisé la Vachardoslavie. Là, il découvre le triste sort d’une poignée de dissidents enfermés dans un asile psychiatrique, et s’emploie à les libérer à leur tour. 

Revisitant à sa façon Tintin au pays des Soviets, Paasilinna renvoie dos à dos les dictatures de tous bords avec une ironie mordante et un sens du burlesque accompli.

Auteur : Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942. Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l’auteur d’une trentaine de romans, pour la plupart traduits en français qui ont toujours rencontré un vif succès critique et public.

Mon avis : (lu en mai 2015)
Voilà une histoire de Paasilinna écrite en 1986 et seulement traduite en 2015 en France. Surunen est un universitaire, philologue et membre d'Amnesty International. Signer des pétitions ou parrainer des opprimés à distance ne le satisfait pas. Dans la première partie du livre, Surunen décide donc de se rendre en Amérique Centrale au Macabraguay pour libérer un prisonnier politique avec lequel il correspond. Voilà donc Surunen parti pour une aventure pleine de dangers, de surprises et de rencontres...
Dans une deuxième partie du livre, Surunen se rend en Vachardoslavie, un pays d'Europe de l'Est pour libérer des dissidents...
C'est un livre plutôt réussi d'Arto Paasilinna avec ses côtés loufoques, décalés et rocambolesques... L'auteur s'attaque aux régimes dictatoriaux avec Surunen, un sauveur, sans peur, parfois inconscient mais que rien n'arrête !

Merci Célia et les éditions Denoël pour cette lecture pleine d'inattendue.

 

Extrait : (début du livre)
Nous sommes un soir d'hiver. Les rues de la grande ville sont désertes, seule une tractopelle solitaire déblaie les trottoirs de la neige fraîchement tombée. Par les fenêtres des immeubles, les téléviseurs couleurs des salles de séjour projettent sur le noir du ciel leurs lumières changeantes.
Sur une table brûle une bougie. Dans son chaleureux halo, deux silhouettes, celles d'un homme et d'une femme. Ils sont penchés l'un vers l'autre, se tiennent la main et se regardent dans les yeux. La femme a une magnifique chevelure rousse et paraît très belle dans cette douce lumière. Elle a peut-être la trentaine. L'homme est un peu plus âgé. Il semble ému, grave, et dans son regard s'attarde une lueur inquiète.
A côté de la bougie, deux verres et une bouteille de vin, du bordeaux, capiteux mais fin, ainsi qu'un plateau de fromages dont l'arôme subtil se marie à merveille à la chaleur du vin. Le couple a l'air cultivé. Tous deux ont les yeux humides. Ils parlent d'une voix mesurée, teintée de tristesse. A première vue, la scène paraît infiniment romantique.
La femme conte l'histoire de son grand-père, Juho Immo-nen, qui fut, au début du siècle, régisseur du domaine de Hauho et s'enrôla dans la garde blanche dès 1917. Quand la guerre civile éclata, une horde de rouges investit le manoir, dont les propriétaires avaient heureusement eu le temps de fuir. Ils pillèrent le magasin à viande, incendièrent le fenil et le sauna et criblèrent de trous de baïonnette les précieux tableaux du salon bleu. Quand Juho Immonen s'interposa pour défendre les biens de son maître, il se fit rosser et, à demi mort, attacher sur un traîneau. On le conduisit au bord du lac voisin où on le pendit par les pieds à un bouleau jusqu'à ce qu'il en perde la parole. Pour finir, un des assaillants lui transperça le ventre d'un coup de baïonnette. On fit rouler son corps sur le lac gelé, jusqu'à une ouverture d'eau libre où on le jeta. Au printemps, à la débâcle des glaces, le cadavre fut trouvé à la sortie du lac, retenu par le barrage.
Tel est le terrible récit de sa petite fille. Elle l'a entendu maintes et maintes fois dans son enfance. Une fois adulte et installée à Helsinki, elle a adhéré à la section finlandaise d'Amnesty International, car elle veut que plus personne ne meure comme son grand-père sous la torture.
L'homme presse sa main dans la sienne. Lui aussi a des souvenirs qui le ramènent en pensée à la lointaine guerre civile de 1918. Son grand-père Ananias Surunen, tailleur de son état, se battait alors sur le front de Vilppula. Faits prisonniers aux dernières heures du conflit, lui et ses camarades furent emmenés à Raahe et enfermés avec sept cents autres rebelles rouges dans les locaux de l'École de commerce bourgeoise. Au fil du printemps, cent soixante-dix d'entre eux moururent : cent soixante-deux de faim et de maladie, sept sous les balles d'un peloton d'exécution et un enterré vivant. Ce dernier, pour se protéger du froid, s'était introduit à la morgue dans une caisse en bois vide utilisée pour convoyer les corps jusqu'à la fosse commune.

Déjà lu du même auteur :

le_lievre_de_Vatanen  Le lièvre de Vatanen  prisonnier_paradis Prisonniers du paradis

la_cavale_du_g_om_tre La cavale du géomètre  un_homme_heureux Un homme heureux  

la_douce_empoisonneuse_2 La douce empoisonneuse Petits_suicides_entre_amis_2 Petits suicides entre amis 

le_meunier_hurlant Le meunier hurlant le_bestial_serviteur Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

le_cantique_de_l_apocalypse Le Cantique de l'apocalypse joyeuse   sang_chaud__nerfs_d_acier Sang chaud, nerfs d'acier

les_dix_femmes_de_l_ing_nieur Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi 

le_potagerdes_malfaiteurs_p Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison

 

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Finlande

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20 mai 2015

Les petits vieux d'Helsinki - Minna Lindgren

Lu en partenariat avec Calmann-Levy

les petits vieux d'Helsinki Calmann-Levy - avril 2015 - 352 pages

traduit du finnois par Martin Carayol

Titre original : Kuolema Ehtoolehdossa, 2013

Quatrième de couverture : 
En plein coeur d’Helsinki, venez découvrir la résidence du Bois du Couchant…
D’apparence charmante, il ne fait en réalité pas si bon finir ses jours dans cette maison de retraite où le drame ne cesse de frapper.
Olavi, l’ancien combattant, est convaincu que son infirmier a abusé de lui sous la douche ; son ami Reino, prote et grand séducteur, se voit confiné au service de démence lorsqu’il dénonce le scandale en pleine partie de cartes ; et Tero, le jeune cuistot, est retrouvé pendu. Pour Siiri et Irma, il n’y a aucun doute : quelque chose de louche se profile au sein de l’administration
de la résidence. C’est alors que les deux amies se décident à enquêter, épaulées par un chauffeur de taxi Hells Angels qui connaissait bien Tero.
Entre tension artérielle, pertes de mémoire, surdité et déambulateur, l’enquête va s’avérer ardue, d’autant plus qu’Irma est soudainement internée de force dans la section fermée de la résidence…
Mais pour Siiri, pas question de jeter l’éponge !

Auteur : Née en Finlande en 1963, Minna Lindgren est journaliste freelance et chroniqueuse, écrivain. Elle a écrit des ouvrages de non-fiction sur la musique classique et a obtenu le prestigieux Bonnier Journalism Prize pour son article sur le décès de son père.
Minna Lindgren est reconnue dans son travail pour ses écrits fantasques sur des thèmes aussi variés que l’opéra ou la mort.
Avant d’écrire, elle a travaillé à la radio-télévision publique nationale de Finlande. Les deux premiers volets de sa trilogie des Petits vieux d’Helsinki ont connu un vif succès dans son pays et le dernier tome paraîtra en 2015 en Finlande.

Mon avis : (lu en mai 2015)
Lorsque j'ai reçu ce livre et la proposition de rencontre avec le traducteur à l'Institut Finlandais, j'ai toute suite vu une analogie avec le livre Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire... Un titre et une couverture assez proche... Ici ce n'est pas la Suède, mais la Finlande, "Les vieux" sont en majorité des "vieilles", et alors que le vieux fuyait sa maison de retraite, ici, la maison de retraite du Bois du Couchant est au centre du livre.
Siiri, Irma et Anna-Lisa sont trois nonagénaires de cette résidence située au coeur d'Helsinki, elles sont très différentes mais également très copines. Lorsque le jeune cuisinier des lieux va être trouvé pendu, nos trois amies sont bien décidées à découvrir ce qui se trame au Bois du Couchant...
Ce roman n'est pas vraiment un roman policier car nos enquêtrices sont assez farfelues et n'ont plus une très bonne mémoire... Cette histoire est surtout un prétexte pour découvrir Helsinki à l'occasion des balades en tram de Siiri, pour écouter les souvenirs de ces nonagénaires énergiques et loufoques, les voir face au monde moderne. L'auteur a voulu dénoncer les problèmes de la prise en charge des personnes âgées par la société finlandaise. Car il se passe de drôles de choses au Bois du Couchant...
Le rythme du livre est plutôt lent, parfois un peu brouillon cela reflète bien l'état d'esprit de nos héroïnes qui utilisent canne et déambulateur et dont les pertes de mémoires brouillent un peu l'évolution et la résolution de leur enquête.
J'ai passé un bon moment à suivre les péripéties de nos petits vieux d'Helsinki qui savent profiter de la vie malgré leur grand âge...
Ce livre est le premier d'une trilogie, le second tome doit paraître à l'automne prochain.

Extrait : (début du livre)
Chaque matin à son réveil, Siiri Kettunen constatait qu'elle n'était toujours pas morte. Puis elle se levait, se lavait, s'habillait et grignotait son petit déjeuner. Cela se faisait lentement, elle avait tout son temps. Elle lisait le journal avec soin et écoutait les matinales à la radio, de façon à sentir qu'elle faisait bien partie du monde. Vers 11 heures, elle partait souvent pour une balade en tamway, mais ce jour-là elle n'en eut pas la force.
Dans l'espace de convivialité de la résidence du Bois du Couchant, les lampes puissantes rappelaient l'atmosphère d'une salle d'attente chez le dentiste. Sur les canapés, quelques vieillards assoupis attendaient le déjeuner. Dans un coin, l'ambassadeur, Anna-Liisa et Irma jouaient à la canasta sur une table de jeu couverte de feutrine. L'ambassadeur était plongé dans ses cartes, Anna-Liisa commentait tous les coups et Irma semblait frustrée de voir la partie avancer si lentement. Puis elle aperçut Siiri, et ses yeux s'éclairèrent. 

 

 

Challenge Petit Bac 2015 
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Géographie (4)

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Finlande

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  19/25 

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13 mai 2015

Refuges - Annelise Heurtier

Lu en partenariat avec les éditions Casterman

refuges Casterman - avril 2015 - 240 pages

Quatrième de couverture : 
Mila, une jeune italienne, revient sur l'île paradisiaque de son enfance, espérant y dissiper le mal-être qui l'assaille depuis un drame familial.
Très vite, d'autres voix se mêlent à la sienne. Huit voix venues de l'autre côté de la Méditerranée qui crient leur détresse, leur rage et la force de leurs espérances.

Auteur : Annelise Heurtier est née en 1979. Parallèlement à un début de carrière éloignée du milieu des lettres (une prépa HEC suivie d'une école de commerce la conduisent à travailler dans le marketing et le management), elle commence à écrire des textes à destination de la jeunesse. Son premier roman est rapidement publié aux éditions du Rouergue. Aujourd'hui, Annelise Heurtier habite à Tahiti où elle vit avec son compagnon et ses deux enfants. 

Mon avis : (lu en mai 2015)
Voilà un livre destiné aux adolescents à lire et à faire lire également aux adultes. Un livre proche de l'actualité même si, comme le précise l'auteur dans une note en fin de livre, l'histoire se situe en 2006.
Mila est une jeune italienne de 17 ans qui revient dans l'île de son enfance. Une île pleine de bons souvenirs, à la suite d'un drame familial, elle et ses parents sont de retour après six ans d'absence. Ils mettent beaucoup d'espoir dans ce séjour dans cette île de Lampedusa qui est surnommée aussi « l’île du Salut »... Les épisodes des vacances de Mila sont entrecoupés par huit histoires à huit voix de jeunes Erythréens, ils ont fuit un pays où ils ont enduré des souffrances et risqué la mort, après des séjours plus ou moins longs dans des camps de réfugiés, ils espèrent tous atteindre l'autre côté de la Méditerranée et avoir droit à une vie meilleure.
Voilà un roman très fort, autour des immigrés clandestins qui risquent leur vie pour rejoindre l'Europe et espérer vivre en liberté.
J'ai aimé parcourir l'île de Lampedusa et découvrir la réalité de la vie de ses émigrés clandestins venus d'Erythrée. Après cette lecture, je n'entendrai plus de la même façon les reportages sur les drames de l'immigration au large de Lampedusa. 

Note : ♥♥♥♥♥

Autres avis : Mirontaine, Canel

Extrait : (début du livre)
Mila abandonna son sac àdos sur le lit. La chambre n'était pas éclairée que par les rais de lumière filtrant à travers les persiennes ajourées et, à part le refrain étouffé des vagues se brisant sur les falaises, aucun bruit ne venait bousculer la pénombre.
Cela faisait si longtemps qu'elle n'était pas revenue sur l'île.
Six ans. Il fallait savourer ce moment.
Mila prolongea l'attente en ondulant ses doigts à travers l'un des sillons clairs pailletés de poussière. Les minuscules particules en suspension s'affolèrent, comme une colonie de fourmis chahutée par un gamin curieux.
Elle inspira profondément et, d'un coup sec, ouvrit en grand les persiennes.
L'éclat platiné de la mi-journée s'engouffra brutalement. Mila plissa les yeux et détourna la tête.
Une fois habituée à la luminosité, elle se mit à détailler les lieux, presque avidement.  

 Challenge Petit Bac 2015 
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Titre : 1 mot (4)

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03 mai 2015

La meilleure d'entre nous - Sarah Vaughan

Lu en partenariat avec Préludes - Livre de Poche

la meilleure d'entre nous 811Ws--Yw7L

Préludes - avril 2015 - 480 pages

Livre de Poche - avril 2017 - 544 pages

traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Alice Delarbre

Titre original : The art of baking blind, 2014

Quatrième de couverture :
Angleterre, de nos jours. Le concours pour élire la nouvelle Kathleen Eaden a commencé ! Cinq candidats sont en lice, réunis par une passion commune. Mais la confection d’un cheesecake ou d’un paris-brest ne suffit pas toujours à faire oublier les blessures et les peines. Jenny, la cinquantaine tout en rondeurs, délaissée par son mari ; Vicki, qui aspire à plus qu’à élever son petit Alfie ; Claire, la jeune caissière mère célibataire qui ne rêve même plus d’une autre vie ; Karen, dont l’apparente perfection dissimule bien des secrets ; sans oublier Mike, veuf en pleine thérapie culinaire… Au cours d’une compétition aussi gourmande qu’échevelée, tous apprendront que l’art de la vie est au moins aussi difficile que celui de la pâtisserie. Généreux et inspirant, bourré d’émotion et d’humour, un premier roman à dévorer d’une seule traite, peuplé de personnages irrésistibles. Une déclaration d’amour à toutes les saveurs de la vie !

Auteur : Après des études d'anglais à Oxford, Sarah Vaughan s'est consacrée au journalisme. Elle a travaillé pendant onze ans au Guardian avant de publier La Meilleure d'entre nous, son premier roman. Elle vit près de Cambridge avec son époux et leurs deux jeunes enfants.

Mon avis : (lu en avril de 2015)
Cinq passionnés de pâtisserie participent au concours organisé par la chaîne de magasins Eaden pour élire la nouvelle Kathleen Eaden. Cette dernière avait révolutionné la discipline et publié, en 1966, le livre L'art de la pâtisserie. Le lecteur va découvrir l'histoire et Kathleen Eaden et en parallèle suivre le concours de pâtisserie. Les cinq candidats Jenny, Vicki, Claire, Karen et Mike ont des profils très différents. 
Dans un très bon esprit, les candidats, au lieu de s'affronter, vont plutôt s'épauler, se soutenir et chacun évoluer non seulement dans l'art de la pâtisserie mais surtout dans leur vie personnelle.
J'ai beaucoup aimé cette histoire le concours est passionnant et appétissant, les personnages très attachants. L'histoire de Kathleen Eaden est émouvante et la construction du livre est pleine de suspens.
Un seul regret pour ce livre, c'est l'absence en fin du livre de toutes les recettes évoquées... 

Merci à Préludes - Livre de Poche pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Imaginez la maison de vos rêves : le pavillon d'un garde-chasse ou une immense ferme pleine de recoins, aux murs festonnés de glycine, aux briques chauffées par le soleil. Passez au jardin : des abeilles enivrées par le nectar des roses trémières, l'air moiré par l'été. Un pommier bruisse et laisse tomberquelques fruits précoces.
Maintenant représentez-vous la même bâtisse en pain d'épices, les flancs légèrement dorés, le glaçage à la royale qui ourle le toit ponctué de bonbons. Plantez des sucres d'orge dans les parterres de fleurs, arrosez de vermicelles, pavez de pastilles en chocolat. Reculez et admirez cette merveilleuse miniature. La maison de vos rêves est aussi un en-cas dont vous ne ferez qu'une bouchée !

Kathleen Eaden pose son stylo et se mordille la lèvre inférieure, mécontente. Ce n'est pas ce qu'elle voulait écrire.
Elle place sa création par terre et s'allonge devant à plat ventre, sa jupe en tweed remontée sur ses longues jambes écartées comme une petite fille. Le magnifique tapis d'Axminster lui procure du réconfort. Relevant sa taille fine, elle enfonce ses hanches un peu plus profondément dans l'épaisse laine douillette.
En appui sur les coudes, elle observe son oeuvre et hume les parfums de Noël: gingembre, cannelle, mélasse raffinée, sucre muscovado. Des zestes d'orange. Un soupçon de girofle. Les tuiles du toit sont saupoudrées de sucre et si elle tend le bras, elle pourra, très délicatement, redresser le heurtoir en forme de coeur qui a glissé sur le glaçage encore mou. Voilà qui est mieux. Grâce à son petit geste précis, le coeur se retrouve au bon endroit, maintenu en place par le mélange d'eau et de sucre.

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Grande-Bretagne

Challenge Petit Bac 2015 
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Pronom personnel (5)

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29 avril 2015

Le Syndrome du pire - Christoffer Carlsson

 Lu en partenariat avec Babelio et les éditions Ombres noires

le syndrome du pire Ombres noires - mars 2015 - 352 pages

traduit du suédois par Carine Bruy

Titre original : Den Osynlige Mannen Från Salem, 2013

Quatrième de couverture :
Stockholm, fin de l'été 2013. Une jeune droguée, Rebecca Salomonsson, est abattue dans un foyer pour femmes. Trois étages plus haut, dans son appartement, Leo Junker est réveillé par les lumières des voitures de police. Flic, il travaille aux affaires internes, la division la plus mal vue, celle des "rats" qui enquêtent sur leurs collègues. Suspendu depuis "L'affaire Gotland", au cours de laquelle il a commis une erreur qui a coûté la vie à un policier, rongé par la culpabilité, Leo s'étiole dans son nouveau job. Alcool, errances nocturnes, sa vie ressemble à un lent naufrage. Mais, dans le meurtre Salomonsson un indice le frappe particulièrement, qui fait ressurgir à sa mémoire des personnages troubles de son adolescence: Julia et John Grimberg. De plus, des messages énigmatiques arrivent à son portable. Et pourquoi a-t-il le sentiment diffus d'être suivi? Quand la réalité se délite, à quoi peut-on s'attendre, sinon au pire? 
Déjà traduit dans plus de 16 pays, Le Syndrome du pire a été élu roman policier de l'année par l'Académie des auteurs de roman policier suédois. Ce prix a déjà récompensé de grands noms du polar tels que Stieg Larsson, Henning Mankell, Johan Theorin ou Åke Edwardson.

Auteur : Christoffer Carlsson est né en 1986. Titulaire d'un doctorat en criminologie, il enseigne cette discipline. En 2012, l'European Society of Criminology lui a décerné le Young Criminologist Award pour son travail de recherche sur la rédemption des anciens criminels. 
Le Syndrome du pire a été élu roman policier de l'année par l'Académie des auteurs de romans policiers suédois.

Mon avis : (lu en avril 2015)
Leo Junker fait partie de la police, il est acuellement suspendu après "L'affaire Gotland" qui s'est terminé en fiasco. Depuis, il déprime et se réfugie dans l'alcool et les nuits blanches. Et voilà qu'une jeune droguée est assassinée dans le foyer pour femmes situé au 1er étage de l'immeuble de Leo Junker. Réveillé par les lumières des gyrophares, il ne peut pas s'empêcher d'aller voir la scène de crime et des souvenirs de son enfance ressurgissent...

Dans ce roman policier, le lecteur va découvrir l'enquête présente mais également les souvenirs d'enfance de Leo et les errances présentes de Leo.
La construction de ce roman policier suédois est originale mais je n'ai pas été captivée par ce livre, Leo Junker est attachant, mais je devais en attendre trop à cause de la phrase présente sur la couverture  « Élu roman policier de l’année en Suède »...

Merci Babelio et les éditions Ombres noires pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
À mon réveil, il fait noir et j’ai la certitude que quelque chose est arrivé. Du coin de l’œil, je vois un flash. De l’autre côté de la rue, la façade du bâtiment est frappée par des lumières bleues aveuglantes. Je me coule hors de mon lit, gagne la kitchenette, bois un verre d’eau et glisse un comprimé de Serax sur ma langue. J’ai rêvé de Viktor et de Sam.
Le verre vide à la main, je me dirige vers le balcon et ouvre la porte-fenêtre. Le vent, chaud mais humide, me fait frissonner et je découvre l’attroupement en contrebas. Une ambulance et deux voitures de police sont garées devant l’entrée. Un agent tend un ruban bleu et blanc entre deux réverbères. Je perçois des voix étouffées, le crachotement d’une radio de police et le clignotement silencieux des gyrophares. Et au-delà, la rumeur d’un million d’habitants, le son d’une capitale provisoirement assoupie.

Je retourne à l’intérieur, enfile un jean, boutonne une chemise et passe la main dans mes cheveux. Sur le palier : un ventilateur qui tourne quelque part derrière le mur, le frou-frou discret de vêtements, une voix basse qui marmonne. Quelqu’un a pressé le bouton d’appel de l’antique ascenseur et la cabine amorce sa descente dans un grincement métallique, qui fait vibrer toute la cage.
— On ne peut pas mettre cette saloperie d’ascenseur hors-service ? siffle quelqu’un.
La cabine couvre le bruit de mes pas tandis que je descends l’escalier qui s’enroule autour de la petite cage. Je m’arrête au deuxième étage et attends. Sous mes pieds, au premier, quelque chose s’est produit. Et ce n’est pas la première fois.
Il y a plusieurs années, une association caritative, aidée par la donation d’une personne qui ne savait plus quoi faire de son argent, a acheté le vaste appartement du premier étage. Le groupe a transformé les lieux en un centre d’hébergement pour les marginaux et l’a baptisé Chapmansgården. Ils sont inspectés au moins une fois par semaine, en règle générale par des bureaucrates blasés envoyés par les services sociaux, mais souvent aussi par la police. Le centre est géré par une ancienne assistante sociale, Matilda ou Martina, je ne me souviens plus de son nom. Elle est âgée, mais inspire davantage le respect que la plupart des officiers de police.
En jetant un coup d’œil par-dessus la rampe, je constate que la porte en bois du centre est ouverte. Les lumières y sont allumées. La voix agacée d’un homme est tempérée par celle, plus douce, d’une femme. La cabine passe devant moi, elle me dissimule aux regards tandis que je la suis jusqu’au premier étage. Les deux agents en faction se figent en m’apercevant. Ils sont jeunes, bien plus jeunes que moi. L’ascenseur s’immobilise au rez-de-chaussée et soudain, tout devient très silencieux.
— Fais attention où tu marches, dit la femme à son collègue.
— Installe le périmètre, répond-il en lui tendant le rouleau de ruban bleu et blanc, ce qui lui vaut un regard noir.
— Toi, tu t’en charges, moi, je m’occupe du type.
Elle a retiré sa casquette et la tient à la main. Ses cheveux sont relevés en queue-de-cheval et on dirait qu’elle a subi un lifting. L’homme a une mâchoire carrée et un regard doux. J’ai le sentiment qu’ils sont tous les deux secoués parce qu’ils n’arrêtent pas de consulter leur montre. Sur les épaulettes de leur uniforme, il n’y a qu’une seule couronne dorée, pas de galons. De simples gardiens de la paix donc.
Il se dirige vers la cage d’escalier avec le ruban. Je m’efforce de sourire à la femme.
— Écoutez, dit-elle, il s’est passé quelque chose et j’aimerais que vous ne quittiez pas le bâtiment.
— Je ne sors pas.
— Que faites-vous ici alors ?
Je tourne les yeux vers la large fenêtre du palier, qui donne sur l’immeuble d’en face. Il est encore baigné de lumière bleue.
— Je me suis réveillé.
— Vous avez été réveillé par les gyrophares ?
J’acquiesce, sans vraiment savoir ce qu’elle pense. Elle paraît surprise. Je détecte une odeur âcre et ce n’est qu’à cet instant que je remarque à quel point elle est pâle et que ses yeux sont injectés de sang. Elle vient de vomir.
Elle incline la tête très légèrement, presque imperceptiblement, et fronce les sourcils.
— Nous sommes-nous déjà rencontrés ?
— Je ne pense pas.
— En êtes-vous sûr ?
— Je suis policier, je tente, mais… non, je ne pense pas que nous nous soyons déjà rencontrés.

 

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Suède

 

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  18/25 

Challenge Petit Bac 2015 
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Mort (3)

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15 avril 2015

La Surface de réparation - Alain Gillot

Lu en partenariat avec Babelio et les éditions Flammarion

CVT_La-surface-de-reparation_5230 Flammarion - avril 2015 - 222 pages

Quatrième de couverture :
Vincent, entraîneur d'une équipe de jeunes footballeurs, se voit confier la garde de son neveu, qui souffre du syndrome d'Asperger. Il se révèle un gardien de buts hors normes. Mais dans sa vie quotidienne, si un geste ou une parole ne correspond pas à ses schémas mentaux, il est pris de panique. Vincent remettra en cause ses certitudes et sortira, lui aussi, de son propre enfermement.

Auteur : Alain Gillot pratique toutes sortes de métiers, de bûcheron à chauffeur routier, avant de découvrir l’écriture, à travers le journalisme sportif. Attiré par l’aventure, il devient grand reporter et se passionne pour les peuples autochtones. Au retour de ces années de voyage il travaille dans le cinéma, comme scénariste et découvre la bande dessinée. 
Il a publié un premier roman, "La surface de réparation"en 2015. 

Mon avis : (lu en avril 2015)
Vincent espérait devenir un grand joueur de football mais à la suite d'une grave blessure il est obligé de réviser ses ambitions et il devient entraîneur de football. Vincent est un solitaire, il vit seul et entraîne une équipe de jeunes footballeurs. Il s'est éloigné de sa famille. Il a des souvenirs douloureux de son enfance. Il est donc plutôt surpris de voir un soir débarquer sa soeur aînée et son fils de treize ans qu'elle élève seul. Elle doit faire une formation et Vincent est son dernier recours pour s'occuper de Léonard.
Vincent n'accepte pas tout de suite, c'est la première fois qu'il rencontre ce jeune garçon au comportement bizarre. Léonard ne regarde pas les gens, il ne parle presque pas, il semble n'éprouver aucun sentiment... 
Vincent va découvrir que Léonard est un garçon extraordinaire... Il est imbattable aux échecs et déclare que le football est un jeu simpliste... Vincent le prend au mot et lui propose de venir à l'entraînement avec son équipe. Après avoir visionné toute une nuit de nombreux matchs de football pour apprendre ce jeu, Léonard se révèle un gardien de but très spécial... Vincent et Léonard vont s'apprivoiser et ce séjour de dix jours va faire grandir l'un comme l'autre. 
J'ai bien aimé cette histoire en particulier la relation qui se tissent entre Vincent et Léonard, comment ils se découvrent, comment Vincent cherche à comprendre Léonard, à l'aider à s'intégrer. Léonard est très attachant et on apprend sur le syndrome d'Asperger.

Merci  Babelio et les éditions Flammarion pour ce partenariat.

Extrait : 
Hamed est venu droit vers moi de sa foulée de petit cheval contrarié. Une semaine qu'il pleuvait des cordes au beau milieu des vacances de Pâques. Déjà que les gosses avaient du mal à se concentrer, si en plus ils jouaient dans un bourbier, c'était la fin de tout.
— Pas moyen de prendre un appui, m'sieur. La moindre passe, on est sur le cul… Les joueurs ont besoin de parler. D'un bobo, du maté- riel, des conditions. Certains jours, ils veulent seulement rentrer au vestiaire.
— Montre-moi un peu tes crampons… Le gamin m'a tourné le dos et, tandis qu'il levait le mollet, j'ai jeté un œil à sa semelle.
— C'est du petit, à ce que je vois…
— Ceux que j'ai toujours, m'sieur.
— Et là, depuis lundi, t'as rien remarqué ?
— Ben si… il pleut comme vache qui pisse.
— Et d'après toi, t'aurais dû faire quoi ?
— Mettre plus gros…
— Donc, maintenant, tu y retournes et tu te débrouilles pour rester debout. 
Ses yeux se sont planqués dans leurs orbites. Hamed a ce côté buté qui le pousse à s'empaler dans les défenses au lieu de lever la tête pour chercher un partenaire démarqué. J'en ai vingt-trois comme lui dans les pattes, et, certains jours, je me demande ce que je fais là, à m'occuper d'une bande de morpions qui ne deviendront jamais de vrais footballeurs.
C'est ma deuxième expérience d'entraîneur depuis que j'ai passé le diplôme fédéral. La première fois, c'était à Limoges avec l'équipe de division d'honneur. Des postiers qui bossaient la semaine et venaient s'entraîner le soir. Mais j'en ai eu marre de ce rythme-là. Je suis tombé sur une annonce dans France Football, « Club de Sedan cherche éducateur diplômé pour s'occuper de ses jeunes, âgés de dix à quatorze ans ». J'ai pensé que ça pouvait convenir. Pas que je sois porté sur les gosses. Je n'en ai pas, personnellement, et je les apprécie modéré- ment, mais le salaire était correct, et la jouissance d'un pavillon, comprise dans l'offre, a fini de me décider.
Évidemment Sedan, ça a ses limites. La gloire du club est passée et n'est pas près de revenir, au point que l'équipe première évolue en D2, plutôt dans le bas du tableau. Ce qu'il faudrait, c'est trouver une pépite. Un joueur qui permettrait aux supporters de rêver et à ses équipiers d'être aspirés vers le haut. C'est ce qui s'est produit à Nancy quand Platini s'est révélé. Mais des Platini, il y en a un tous les cinquante ans, et aucun ne va débarquer à Sedan. Moi, ce que j'ai sous la main, c'est surtout des Kevin Rouverand. C'est le buteur du groupe, enfin, quand il est dans un bon jour. Un mètre quarantetrois à la toise, un centre de gravité très bas, une patate du droit. Il pourrait vraiment faire quelque chose, mais, question motivation, on est loin du compte. Il se promène sur le terrain avec son petit talent sous le bras, il a l'impression d'avoir tout le temps devant lui. Il attend, comme beaucoup de ses copains, la proposition d'un club important. Il feuillette les journaux de bagnoles, il pianote sur son téléphone, il sculpte ses cheveux avec du gel. Il se voit déjà arrivé, alors qu'il n'est même pas dans le train.

Challenge Petit Bac 2015 
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09 avril 2015

Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom l'Eclair et a sauvé le monde... - Paul Vacca

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

tom l'éclair Belfond - avril 2015 - 280 pages

Quatrième de couverture :
Le 14 octobre 1968, à 10 ans, 3 mois et 4 jours, Thomas Leclerc comprend enfin pourquoi il est sur Terre : il n'est pas Thomas Leclerc, mais Tom l'Éclair plus vif que l'Éclair... Comme les super-héros, il est un étranger jeté dans un monde qui n'est pas fait pour lui. Souffrant de difficultés relationnelles et émotionnelles, cet enfant de la fin des années 60 s'invente un destin qui va lui permettre de sauver son Monde, qui évolue entre sa maison, sa résidence et la petite ville de Montigny. C'est ainsi qu'il sort de sa chambre et de son isolement, et part défier la réalité et ses pièges pour voler au secours de ses parents qui comptent se séparer ou encore venger l'honneur de Palma, une fille de son collège qui a été assassinée et dont le meurtrier court toujours... Digne d'un super-héros, Tom ira jusqu'au bout. Et si c'était le prix à payer pour trouver sa voie vers le Monde ?

Auteur : Paul Vacca est romancier, scénariste et essayiste. Il est l’auteur de deux romans La petite cloche au son grêle (2008) et Nueva Königsberg (2009) et d’un essai Hyper, ton univers impitoyable - Le système hypermarché mis à nu (1994). Philosophe de formation, il a été consultant stratégique en agences de communication pour le compte de grandes entreprises, d’institutions ou d’hommes politiques. Il est aussi membre en charge de la stratégie et des études de La Villa Numeris, un think tank qui scrute les évolutions sociétales du numérique et de la nouvelle économie.

Mon avis : (lu en avril 2015)
Thomas Leclerc est un enfant autiste, il a 10 ans en 1968. Après avoir découvert un comics-book, il décide de devenir Tom l'Éclair un super-héros avec des super-pouvoirs qui vont l'aider à comprendre le monde qui l'entoure. Il est convaincu d'être arrivé sur Terre avec la mission de sauver le monde. Il sait qu'il est différent des autres enfants et se pose de nombreuses questions sur le monde et sur ceux qui l'entourent. 
Tom est toujours resté dans son monde, c'est rassurant pour lui de rester discret sans vraiment se confronter aux autres. Mais ses super-pouvoirs vont lui donner le courage de s'intéresser aux autres. Sa première idée : se faire des amis. Il commence par observer ses camarades de classe mais il a du mal à comprendre comment deux garçons peuvent être amis le matin et quelques heures après se taper dessus durant la récréation... Il va trouver un livre donnant des "recettes" pour avoir des amis... La mise en pratique reste difficile. Tom est pourtant approché par Pamela une fille un peu bizarre dont il n'aime pas l'odeur de malabar qu'elle dégage... 
J'ai beaucoup aimé ce livre et surtout Tom si attachant. L'intrigue n'est pas toujours crédible vu l'âge du héros mais je ne me suis pas arrêté à cela. J'ai aimé ce petit garçon différent qui voudrait réussir à régler les problèmes de ses proches comme savent le faire les Super Héros. Il a un bon sens imparable. 

Remarque : Le titre de ce livre est un peu long... C'est devenu une mode que je trouve à double tranchant : le titre se remarque... mais il est impossible de le retenir... Ici l'auteur et l'éditeur ont prévu également le titre court... "Tom l'Eclair" !

Merci Anny et les éditions Belfond pour cette belle découverte.

Autre avis : Canel

Extrait : (début du livre)
Au départ, ce 14 octobre 1968 fut pourtant un jour comme les autres.
Réglé en tout point sur les autres jours passés ici, depuis que Thomas est arrivé à Montigny, une petite ville près de Paris.
- Tom, Petit Tom, c'est l'heure !
7 h 14. Comme chaque matin, Thomas se lève au son de l'appel maternel. Il attrape à tâtons ses lunettes aux verres épais, passe au poignet sa montre à quartz, enfile son col roulé en acrylique, son pantalon court, ses Kickers et descend les dix-huit marches qui le mènent à la cuisine.
Là l'attendent sur la table son bol rempli de céréales jusqu'au premier trait rouge et la bouteille de lait posée à sa droite. Sa mère, Pauline, l'embrasse, passe la main dans ses cheveux pour aplanir son épi, et verse le lait dans son bol jusqu'au niveau du deuxième trait rouge... Il avale son petit déjeuner en scrutant la boîte de céréales qu'il a lue plus de trois cent cinquante fois, repérant les e et les a et les lignes qui les relient entre eux, ainsi que les lettres manquantes de l'alphabet.
- Ça va, bonhomme ?
Son père, Serge, fume en prenant son café au son de la radio. La fin des nouvelles, arrive l'heure de la météo...
Thomas sort de la cuisine, attrape son cartable, le passe dans le dos alors que sa mère y enfourne une forme cylindrique entourée de papier aluminium.
- Ton goûter, mon chéri.
Pain, beurre et quatre carrés de chocolat noir. La tête ensommeillée, l'épi dressé vers le ciel, Thomas sort de la maison. Le ballet matinal se met alors en place, long plan-séquence parfaitement orchestré qui le mène jusqu'au collège. Thomas referme le portail, emprunte l'allée de la résidence, puis s'engage sur une petite route bordée de villas qui va jusqu'au centre-ville.
La sortie de M. Delattre avec son attaché-case, qui plie sa veste et la pose sur le siège à l'arrière de sa Dauphine ; Mme Dupuis, la dame au manteau beige qui cherche son chat ; les jumeaux qui, une fois hors du champ de vision familial, se lancent des coups de pied...
Une chorégraphie réglée au millimètre près : le passage du chat à la longue queue qui s'invite dans le champ, le souffle clair du vent matinal qui agite l'épi de Tom, la 2 CV qui toussote en avalant la côte, le train derrière les bois et le moyen-courrier qui fend le ciel...
Plus loin, Thomas arrive devant un mur. Son mur magique. Barré d'innombrables « Oui » et « Non » qui se chevauchent et se contredisent. Thomas s'arrête devant lui et lui pose sa question quotidienne, celle qui l'a taraudé avant de s'endormir. Un modus operandi immuable. Il se poste en face de lui, ferme les yeux, se reformule mentalement la question, tourne une fois sur lui-même, puis ouvre les yeux. Et là, c'est magique, il obtient une réponse claire et nette à sa question : « Oui » ou « Non ».

 Challenge Petit Bac 2015 
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Prénom (5)

Déjà lu du même auteur : 

la_petite_cloche_gr_le La petite cloche au son grêle nueva_konigsberg Nueva Königsberg

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