02 février 2013

Souviens-toi de Hallows Farm - Angela Huth

 Lu en partenariat avec Livraddict et les éditions Folio

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Quai Voltaire Éditions – mai 2011 – 352 pages

Folio – octobre 2012 – 490 pages

traduit de l'anglais par Lisa Rosenbaum

Titre original : Once a land girl, 2010

Quatrième de couverture :
La Seconde Guerre mondiale vient de s'achever. Rentrée à Manchester après son séjour à Hallows Farm en tant que volontaire agricole, Prue rencontre Barry, un homme d'affaires prospère. Elle consent à l'épouser, sachant qu'il lui assurera le confort matériel. Mais son bonheur est de courte durée : elle est livrée à elle-même, et perd à la naissance l'enfant qui donnerait un sens à sa vie. Si la complicité de Johnny, son voisin poète et menuisier, la sauve un peu de la routine, sa seule véritable joie est de revoir Ag et Stella, ses amies de Hallows Farm, et d'évoquer avec elles leurs années de bonheur. Prue a beau savoir que cette époque est révolue, elle en garde une violente nostalgie. Sa séparation d'avec Barry, son amitié pour Ivy, une vieille dame à qui elle tient compagnie, ses amours contrariées n'auront pas raison de son rêve : celui de vivre dans une ferme à l'image de celle de Mr. et Mrs. Lawrence. Angela Huth entraîne le lecteur au cœur des pensées intimes d'une jeune femme comme dans les magnifiques paysages de la campagne anglaise, avec un souffle romanesque renouvelé.

Auteur : Angela Huth. Auteur de nombreux romans à succès dont L'Invitation à la vie conjugal et De toutes les couleurs, Angela Huth vit dans le Warwickshire en Angleterre. Ce huitième roman traduit en français fait suite aux Filles de Hallows Fram, adapté au cinéma sous le titre Trois Anglaises à la campagne.

Mon avis : (lu en janvier 2013)
Ce livre est la suite de "Les filles de Hallows Farm" que je n'ai pas lu mais dont j'ai entendu parler au début du Café Lecture de la Bibliothèque.
Prue est l'une des filles de Hallows Farm, pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été volontaire agricole. Ce livre raconte son histoire après la guerre. Prue est de retour à Manchester dans le salon de coiffure de sa mère, elle est toujours à la recherche d'un bon parti, elle rêve également de vie à la campagne et de travail de la terre.
Prue va faire la rencontre de Barry, un homme d'affaires avec une belle situation, même s'il est plus âgé qu'elle, elle accepte le mariage car il lui promet le confort matériel. Mais un couple ne se fait pas seulement avec l'argent. Prue s'ennuie, elle sympathise avec Johnny, un voisin poète et menuisier qui élève des poules, puis elle décide de travailler dans une ferme non loin de chez elle. Cette exploitation est très différente de Hallows Farm. La ferme est un peu délaissée, les animaux manquent de soins... Lorsqu'elle tombe enceinte, elle espère enfin trouver le bonheur en élevant son enfant malheureusement la naissance se passera mal et le couple de Barry et Prue n'y résistera pas...
Ce livre se lit facilement, les déboires de Prue sont l'occasion de découvrir une époque : l'après-guerre, un pays, l'Angleterre, Manchester et la campagne anglaise... Prue garde une certaine nostalgie de l'époque de Hallows Farm avec ses deux complices Stella et Ag, la vie n'était pas facile, mais elle était si heureuse.

Merci à Livraddict et les éditions Folio de m'avoir permis de découvrir ce livre, cela m'a donné envie de lire à l'occasion le livre précédent "Les filles de Hallows Farm".

Logo Livraddict

Extrait : (début du livre)
« Combien de temps vas-tu continuer à contempler ce champ nu ? demanda une voix derrière elle. Il n'y a rien à voir. »
Perchée sur le troisième échelon de la barrière, les genoux pressés comme autrefois contre le bois doux et détrempé, elle regardait le Pré d'En Bas à présent vide d'animaux. Les terres étaient en jachère, les haies moins bien taillées que ne l'exigeait jadis Mr. Lawrence. Les longues herbes ployaient négligemment dans le vent. Elle revoyait au bout du pré la meule en feu, les vaches affolées fuyant l'intense chaleur qui faisait trembler l'air comme un mirage. Elle entendait encore les meuglements des bêtes et les voix moins fortes de Stella et d'Ag qui, bâtons en main, essayaient de chasser le bétail vers le champ de trèfle, de l'autre côté du chemin. Elle sentait de nouveau la sueur âcre qui mouillait ses aisselles alors qu'elle courait les rejoindre, les jambes en coton.
« Allez, viens. Nous ferions mieux de rentrer. »
Prue ne bougea pas. Elle avait besoin de rester là encore un moment.

 

 Challenge Voisins, voisines

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Grande-Bretagne

 Challenge God Save The Livre 
Challenge_anglais

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03 janvier 2013

Gastoon, Tome 2 : Des vertes et des pas mûres ! - Jean et Simon Léturgie et Yann

Lu dans le cadre de Masse Critique
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gastoon Marsu Productions - septembre 2012 - 46 pages

Quatrième de couverture :
Gaffe, le neveu revient ! Et il s’est fait de nouveaux copains ! C’est dur la vie à la campagne, loin de la ville et des jeux vidéo... Heureusement que la ferme de Papi et la nature environnante se révèlent un extraordinaire terrain de jeu et de gags pour un petit écolo malin comme Gastoon. Après l’énorme succès du tome 1, retrouvez Gastoon, dans un second album plein de surprises et de gags.

Auteurs : Jean Léturgie est un scénariste de bande dessinée, né 1947 à Caen.
Après avoir été pendant un temps le secrétaire de Serge Reggiani, il débute en tant qu'attaché de presse pour les Editions Glénat, collaborant à la revue Schtroumpf (qui deviendra ensuite Les Cahiers de la bande dessinée) pour laquelle il réalise de nombreuses interviews et dossiers.
Il se lance dans le scénario en 1981 en reprenant la série Lucky Luke avec Morris au dessin. Il créé ensuite, entre autres, les séries Percevan avec Philippe Luguy et Spoon & White avec son fils, le dessinateur Simon Léturgie, tout en continuant d'écrire des albums de Lucky Luke et de Rantanplan.
En parallèle de son activité de scénariste, il a fondé les éditions Dessis avec Laurent Vicomte, et le label Eigrutel avec Simon Léturgie.

Simon Léturgie, né en 1974 à Caen, est un dessinateur de bandes dessinées français. Son père est le scénariste Jean Léturgie, avec lequel il réalise depuis 1999 sa série la plus connus, Spoon & White.

Yann, pour l'état-civil : Yann Lepennetier, dit aussi Balac, né en 1954 à Marseille, est un scénariste de bande dessinée français. Rendu célèbre au début des années 1980 par ses travaux avec Didier Conrad publiés dans Spirou (Les Hauts de page, Bob Marone et surtout Les Innommables), il devient le scénariste français le plus prometteur de la décennie pour ses scénarios ambitieux (Sambre, avec Yslaire, Freddy Lombard avec Yves Chaland, Yoyo avec Frank Le Gall) et sa maîtrise de tous les genres de la bande dessinée (il excelle dans l'humour comme dans l'aventure).

Mon avis : (lu en décembre 2012)
Gastoon n'est pas le petit surnom de Gaston Lagaffe lorsqu'il était enfant, mais le nom de son neveu... Cette bande-dessinée est le deuxième de la série, je n'ai pas lu le premier mais c'est sans importance...

Gastoon, petit citadin, vient passer ses vacances à la campagne chez son grand-père. Il va devenir le copain de Wilco et de la jolie Elvire et devoir supporter les affreux Bazin et Torchenez, les voyous du coin...
Ce n'est pas l'agent Joseph Longtarin que la petite bande fera tourner en bourrique mais le garde champêtre...

Une histoire par page, autour de la nature, de la vie à la campagne... des vacances inoubliables qui feront rire aussi bien les petits sans doute plus que les grands...
C'est léger, amusant et plein d'humour, Gastoon est le digne neveu de son oncle au niveau des bêtises et l'esprit de cette série dérivée nous donne envie de nous replonger dans nos vieux Gaston Lagaffe !

Merci à Babelio et aux éditions Marsu Productions pour m'avoir permis de découvrir en famille cette bande-dessinée.

 Extrait : 

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 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013

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"Aliment / Boisson"

 

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30 décembre 2012

La décapotable rouge - Louise Erdrich

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

la_d_capotable_rouge Albin Michel - septembre 2012 - 412 pages

traduit de l'américain par Isabelle Reinbarez

Titre original : The red convertible, 2009

Quatrième de couverture : 
Dans l’œuvre de Louise Erdrich, le rêve peut surgir du quotidien, le comique tourner au tragique, la violence et la beauté envahir tout à coup un paysage banal. 
Rassemblées pour la première fois en deux volumes (La décapotable rouge et Femme nue jouant Chopin, à paraître prochainement), ces nouvelles publiées dans des revues littéraires et des magazines américains sont marquées par l’imaginaire sensuel et fertile d’un écrivain singulier.
On y retrouve la genèse de ce qui a constitué, au fil des livres, l’univers de Louise Erdrich, de Love Medicine à La Malédiction des Colombes : le Dakota du Nord, le monde indien, un réalisme à la fois magique et poétique, la passion secrète qui habite ses personnages et la puissance d’évocation de ses histoires.

« L’un de nos plus grands écrivains, remarquable par son audace stylistique et sa virtuosité artistique. La décapotable rouge est une splendide démonstration de son talent et de son style. » The Washington Post

Auteur :  Karen Louis Erdrich est née le 7 juillet 1954 à Little Falls, dans le Minnesota, d'une mère ojibura (famille des Chippewa), donc amérindienne, et d'un père germano-américain. Elle grandit dans le Dakota du Nord, aux États-Unis, où ses parents travaillaient au Bureau des Affaires Indiennes.
Louise Erdrich est, avec Sherman Alexie, l'une des grandes voix de la nouvelle littérature indienne d'outre-Atlantique. Si elle écrit, c'est pour réinventer la mémoire déchirée de ces communautés qui, aux confins des Etats-Unis, vivent sur les décombres d'un passé mythique. Louise Erdrich vit aujourd’hui dans le Minnesota. 

Mon avis : (lu en décembre 2012)
J'ai eu la chance de voir Louise Erdrich lors du Festival America en septembre dernier à Vincennes et à l'occasion des deux conférences où je l'ai entendu, j'ai beaucoup aimé sa gentillesse. Lorsque Claire, attachée de presse des éditions Albin Michel, m'a proposé de choisir un livre parmi les dernières parutions de l'éditeur, je n'ai pas vraiment hésité à choisir ce livre de 19 nouvelles qui parlent du Dakota du Nord, du monde indien en particulier les indiens Chippewas. Ces nouvelles ont été écrites en 1978 et 2008 par Louise Erdrich, on y retrouve les thèmes chers à l'écrivain, le monde indien, sa solidarité, ses soucis, ses traditions. Toutes ces nouvelles ne sont pas complètements indépendantes, certains personnages sont présents dans plusieurs.
Les nouvelles sont très bien écrites, intéressantes mais moins prenantes que les romans de Louise Erdrich que j'ai déjà lu. J'ai toujours dans ma PAL son dernier roman, « Le jeu des ombres » et cette lecture m'a donné envie de le ressortir !

Merci à Claire et aux éditions Albin Michel de m'avoir permis de découvrir ce livre.

Un deuxième tome de nouvelles, « Femme nue jouant Chopin », doit paraître prochainement.

Extrait : (début du livre)
J'ai été le premier à rouler en décapotable sur ma réserve. Et forcément elle était rouge, une Olds rouge. J'en étais propriétaire avec mon frère, Stephan. Nous en étions tous les deux propriétaires jusqu'à ce que ses bottes se remplissent d'eau, par une nuit venteuse, et qu'il me rachète ma part. Maintenant Stephan en est l'unique propriétaire, et son petit frère Marty (c'est moi) va partout à pied.

Comment ai-je gagné assez d'argent pour acheter ma part, à l'origine ? Mon unique talent était de toujours réussir à me faire du fric. J'avais le chic pour ça, pas courant chez un Chippewa, et surtout dans ma famille. Dès le départ, j'avais cette différence, et tout le monde le reconnaissait. J'ai été le seul môme qu'on a laissé entrer au Legion Hall de Rolla pour cirer des chaussures, par exemple, et une année, à Noël, j'ai vendu des images pieuses au porte-à-porte pour la mission. Les sœurs m'ont permis de garder un pourcentage. Une fois lancé, il semblait que plus je gagnais d'argent, plus l'argent venait à moi facilement. Tout le monde m'encourageait. A quinze ans, j'ai trouvé un boulot de plongeur au Joliet Café, et c'est là que j'ai percé.
Rapidement j'ai été promu au rang de serveur, et puis la cuisinière qui préparait les plats rapides est partie et j'ai été engagé à sa place. En un rien de temps, j'étais devenu le gérant du Joliet. Le reste appartient à l'histoire. J'ai été gérant un moment. Je suis rapidement passé copropriétaire, et bien sûr à partir de là personne ne pouvait plus m'arrêter. Il n'a pas fallu longtemps avant que tout soit à moi.
Alors que j'étais propriétaire du Joliet depuis un an, il a brûlé. Toute l'affaire. Une perte sèche. Je n'avais que vingt ans. J'avais tout, et je l'ai perdu vite fait, mais avant j'avais invité tous les membres de ma famille, et les membres de leurs familles, à dîner, et avec Stephan j'avais aussi acheté la vieille Olds dont j'ai parlé.



Déjà lu du même auteur :

la_chorale_des_maitres_bouchers_p La Chorale des maîtres bouchers la_mal_diction_des_colombes La malédiction des colombes

omakayas Omakayas love_medecine_p Love Medecine

 

 

Challenge 4% Littéraire 2012

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27/28

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36/50 : Dakota du Nord

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Couleur"

 

 

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22 décembre 2012

Furioso – Carin Bartosch Edström

 Lu en partenariat avec les éditions JCLattès

furioso JC Lattès – octobre 2012 – 550 pages

traduit du suédois par Frédéric Fourreau

Titre original : Furioso, 2011

Quatrième de couverture :
En se retirant sur un paisible îlot privé de l’archipel de Stockholm, les musiciennes de l’ensemble Furioso pensaient enregistrer au calme le dernier Quatuor à cordes de Stenhammar. Mais lorsque Louise Armstahl doit cèder sa place de premier violon au charismatique Raoul Liebeskind, adulé par les femmes, l’équilibre qui régnait jusque-là vole en éclats. . 
De vieilles intrigues ressurgissent tandis que de nouvelles intrigues apparaissent, attisées par la passion de la musique. Une nuit, un corps sans vie est découvert alors que seuls les cinq musiciens se trouvent sur l’île. 
La commissaire Ebba Schröder se voit confier cette délicate enquête, d'autant plus difficile qu'entre secrets et rivalités tous semblent suspects...

Auteur : Carin Bartosch Edström est née en 1965, a grandi à Rome et à Lund. Elle a travaillé comme chef d'orchestre et suivi des études de composition musicale. Elle compose avant tout de l'opéra et de la musique de chambre. Elle traduit par ailleurs des opéras italiens.  

Mon avis : (lu en décembre 2012)
Louise est une brillante violoniste, elle a créé le quatuor Furioso avec Anna, Helena et Caroline. Elles ont prévues de passer quelques jours au calme à Svalskär, l'île privé de Louise, pour enregistrer le dernier Quatuor à cordes de Stenhammar. Mais juste avant de partir, Louise se blesse à la main, elle ne pourra plus jouer pendant quelques semaines. Elle fait donc appel à son ami Raoul pour la remplacer pour l'enregistrement prévu. Quatre femmes et un homme sur une île, c'est comme mettre un loup dans une bergerie...

Dans la première partie du livre, le lecteur découvre un huis clos entre les différents personnages et les relations complexes qu'ils ont les uns avec les autres.
Sachant que ce livre est un roman policier, le premier suspense sera de prévoir qu'elle sera la première victime ? En effet, durant cette première partie le lecteur ressent parfaitement les nombreuses tensions qu'il existe entre Louise, Caroline, Raoul, Anna et Helena et le drame imminent.
Dans la deuxième partie, entre en scène la commissaire Ebba Schröder et l'inspecteur Vendela Smythe-Fleming pour mener une enquête pleine de surprises... 

J'ai beaucoup aimé ce roman dont la construction est très différente des romans policiers habituels. Cette construction permet de bien connaître les différents protagonistes avant de suivre l’enquête d’un point de vue policier. Cela rend l’intrigue prenante et passionnante, le lecteur échafaude alors de nombreuses hypothèses... Une très belle surprise.

Un grand Merci à Emily et aux éditions JCLattès pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
En se promenant le long de Strandvägen, à Stockholm, ce jour-là, il eut l'impression d'accomplir un rituel. Son corps était animé par un nouveau souffle de vie et son dos avait retrouvé sa souplesse d'antan. Il se sentait désormais l'âme d'un vainqueur. Alors que le compte à rebours était lancé depuis des années, il avait enfin eu cette idée géniale. Toutefois, même si, en pratique, cela ne nécessiterait qu'un tout petit effort de sa part, du moins dans un premier temps, la suite serait autrement plus ardue à mettre en 
œuvre. Il lui faudrait mentir à ses proches. 
Il s'y était préparé. Il avait pris les mesures nécessaires pour assurer son avenir.
Peder Armstahl avait pris conscience de son devoir dès qu'il avait été en âge de comprendre la place qu'il occupait au sein de la lignée. Il ne l'avait pas choisi, on ne lui avait même pas demandé son avis. Et, si quelqu'un lui avait demandé ce qu'il en pensait, il aurait probablement prétendu que c'était un honneur. Ce qui n'aurait rien eu de surprenant.
Mais ce devoir, qui constituait sa vraie raison de vivre, était difficile à endosser. Jusque-là, en effet, la tâche s'était révélée insurmontable.
Il avait dû se faire une raison après ses échecs répétés. Tandis que sa famille s'était gardée de tout commentaire à ce sujet. Ils auraient au moins pu faire en sorte que leurs v
œux ne sonnent pas si faux à chaque nouveau baptême.

 

Challenge 4% Littéraire 2012

  logochallenge2  
25/28

Challenge Voisins, voisines

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Suède

 Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 18/12

 Défi Scandinavie noire 2012

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Suède 

Challenge Littératures Nordiques

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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman

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18 décembre 2012

Gains - Richard Powers

Lu en partenariat dans le cadre des 
Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister

15

gains Le Cherche Midi – août 2012 – 630 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Claude et Jean Demanuelli

Titre original : Gain, 1998

Quatrième de couverture :
1830. La famille Clare crée à Boston une petite entreprise de savon. Celle-ci va évoluer au rythme des Etats-Unis et devenir, un siècle et demi plus tard, une véritable multinationale. Des plantes médicinales aux cosmétiques, détergents et autres insecticides, des pionniers inventifs au règne de la communication et du libéralisme, le chemin sera long et impitoyable. 1998. Laura Bodey, 42 ans, divorcée, mère de deux enfants, travaille dans l'immobilier à Lacewood, Illinois, siège des usines de Clare Inc. Sa vie va basculer et son destin converger d'une façon inattendue avec celui de la multinationale, faisant d'elle une victime révoltée par l'idée de fatalité. Après Trois fermiers s'en vont au bal et Le Temps où nous chantions, Richard Powers ausculte l'influence du libéralisme sur la vie quotidienne et les destinées individuelles. Animé à la fois par une vision globale et une rare puissance émotive, il plonge le lecteur dans les contradictions de la société de consommation, et met en scène avec brio et tension les gains et les pertes auxquels est confronté l'humain.

Auteur : Richard Powers est né à Evanston, dans l'Illinois, en 1957. Paru aux États-Unis en 1998, Gains est son sixième roman publié en France.

Mon avis : (lu en décembre 2012)
Ayant déjà lu et aimé "Le temps où nous chantions" du même auteur, je n'ai pas hésité à choisir "Gains" le dernier livre de Richard Powers pour l'opération Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister
Ce livre raconte deux histoires : d'une part, celle de l'entreprise Clare qui naît en 1830 et qui petit à petit grandit jusqu'à devenir une multinationale et d'autre part celle de Laura, elle a 42 ans en 1998, mère divorcée de deux enfants, elle travaille dans l'immobilier à Lacewood. Le lecteur comprend assez vite que ces deux histoires sont liées. L'auteur met en parallèle la puissance économique et les crises financières avec le combat de Laura face à la maladie.

J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce livre, sans doute à cause de la forme du livre où il n'y a pas de chapitre, seules des lignes horizontales marquent les séparations entre les paragraphes évoquant Clare et ceux consacrés à Laura. Les parties sur l'entreprise Clare sont un peu rébarbatives et traînent en longueur, à un moment, j'ai même été tentée de les sauter, finalement, j'ai préféré les lire mais en les survolant... De beaucoup, j'ai préféré suivre l'histoire de Laura.

Ce livre, publié en 1998 aux Etats-Unis reste très actuel, il dénonce la société de consommation et les manipulations dont les plus petits sont les victimes.  
Une histoire superbement écrite, poignante et humaine qui nous donne à réfléchir.

Un grand Merci à Oliver, à Priceminister et à Le Cherche Midi éditions pour ce partenariat.

Note : 16/20

15

 Matchs de la rentrée littéraire 2012 - Bilan des blogueurs

Extrait : (début du livre)
Le jour avait une façon bien à lui d'éveiller Lacewood. La tapotant délicatement comme on le ferait d'un nouveau-né. Lui frictionnant les poignets pour la ramener à la vie. Lorsque la matinée était tiède, on se rappelait sans difficulté la raison pour laquelle on s'activait. Il fallait battre le fer pendant qu'il était chaud. Travailler ici et maintenant, précisément parce que là où on allait il n'y avait nulle part où travailler.
Mai donnait l'impression que cette ville n'avait jamais abrité de pêcheurs. Le printemps ouvrait grand les battants des fenêtres. La lumière débarrassait les chênes de leurs derniers doutes hivernaux, faisant naître de nouvelles pousses à partir de rien, vous laissant libre encore une fois de gagner votre pitance. Quand le soleil était de la partie à Lacewood, on pouvait enfin vivre. 

La trace de Lacewood, on la retrouvait partout : à Londres, à Boston, aux îles Fidji, dans la baie de la Désillusion. Mais toutes les traces aboutissaient là, dans cette ville consacrée à la production. Certains matins, surtout les matins ensoleillés, l’histoire s’évanouissait. La longue route qui menait jusqu’à aujourd’hui disparaissait, se perdait dans le voyage encore à venir.
La ville avait d’abord subsisté grâce à la terre revue et corrigée. Les prairies aux herbes folles avaient cédé la place au grain, à une seule variété d’herbe comestible, qui, cultivée sur une grande échelle, faisait que même l’herbe pouvait rapporter. Plus tard, Lacewood s’était élevée grâce au génie humain : une série de transformations alchimiques lui avait apporté la prospérité. On l’avait nourrie d’argile schisteuse, engraissée à la cendre d’os et au guano. Les découvertes se succédaient aussi sûrement que mai suit avril.
Il avait dû exister une époque où, quand on parlait de Lacewood, on ne parlait pas forcément de Clare Incorporated. Mais personne ne s’en souvenait. Aucun de ceux qui étaient encore en vie n’était assez vieux pour cela. Impossible de prononcer un des deux noms sans aussitôt évoquer l’autre. C’est par le large canal de cette compagnie que s’écoulait toute la grâce jamais répandue sur Lacewood. Les grandes boîtes noires en bordure de la ville retiraient des pépites de la boue. Et Lacewood était devenue l’emblème des richesses qu’elle fabriquait.

Déjà lu du même auteur : 

le_temps_ou_nous_chantions_p Le Temps où nous chantions

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35/50 : Illinois

Challenge 4% Littéraire 2012

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24/28

 

 

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12 décembre 2012

Masse Critique chez Babelio !

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Tentez votre chance !

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11 décembre 2012

Le cercle - Bernard Minier

Lecture Commune 
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avec  Sandrine

Lu en partenariat avec XO éditions

le_cercle XO édition - octobre 2012 – 572 pages

Quatrième de couverture :
Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, précipitent le commandant Martin Servaz dans une enquête dangereuse, la plus personnelle de sa vie.
Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux… 
Pourquoi la mort s’acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d’étudiants réunissant l’élite de la région ?
Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d’anciennes et terribles blessures et faire l’apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.
Après le succès de Glacé, déjà traduit dans de nombreux pays, Bernard Minier, le maître des atmosphères sombres et oppressantes, nous entraîne dans une nouvelle intrigue à couper le souffle, qui renouvelle les lois du genre.

Auteur : BERNARD MINIER est né à Béziers et a grandi dans le Sud-Ouest. Après Glacé, prix du meilleur roman francophone du festival Polar 2011 de Cognac, Le Cercle est son deuxième roman.

Mon avis : (lu en décembre 2012)
Lorsque Mélanie pour XO éditions m'a proposé de découvrir le nouveau livre de Bernard Minier, je n'ai pas hésité, j'étais impatiente de retrouver le commandant Martin Servaz et son équipe.
Dix-huit mois après sa première enquête dans une vallée étroite et enneigée des Pyrénées, la nouvelle enquête du commandant Servaz nous entraîne à Marsac une petite ville universitaire. Tout commence avec le meurtre de Claire Diemar une professeur de khâgne. A Toulouse, Servaz reçoit alors un appel téléphonique, une voix surgit du passé. Il s'agit de Marianne, son amour de jeunesse, qu'il n'a pas revu depuis leurs études. Elle l'appelle au secours car tout accuse son fils Hugo pour le meurtre de son professeur... 
Une intrigue bien menée, des fausses pistes et le lecteur ne peut lâcher le livre... La conclusion de cette enquête a été pour moi une surprise.
Le lecteur va apprendre à connaître un peu mieux Servaz, son passé, sa fille Margot. Ses adjoints Esperandieu et Samira sont toujours à ses côtés et Julian Hirtmann toujours en cavale semble avoir réapparu. Irène Ziegler est moins présente dans cette enquête, elle est là en coulisse, en soutien.
Le côté anecdotique de cette histoire, c'est l'enquête qui se déroule en juin 2010, et en parallèle c'est la coupe du monde de Football en Afrique du Sud, Servaz est complètement étranger à l'engouement qu'entraîne cette compétition. En quelques mois c'est le troisième livre que je lis avec une compétition de football en parallèle (Le guerrier solitaire - Henning Mankell et Discordance - Anna Jörgensdotter)...
En terminant cette lecture, je devine bien que cela ne sera pas la dernière enquête de Servaz et comme je me suis attachée à Martin Servaz et ses comparses, j'ai hâte de connaître la suite de leurs aventures.

Merci à Mélanie et XO éditions de m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
SON ESPRIT N'ÉTAIT qu'un cri. 
Une plainte.
Dans sa tête, elle criait de désespoir, elle hurlait sa rage, sa souffrance, sa solitude... - tout ce qui, mois après mois, l'avait dépouillée de son humanité.
Elle suppliait aussi.
Pitié, pitié, pitié, pitié... laissez-moi sortir d'ici, je vous en supplie...
Dans sa tête, elle criait et elle suppliait et elle pleurait. Dans sa tête seulement : en réalité, aucun son ne sortait de sa gorge. Elle s'était réveillée quasi muette un beau matin. Muette... Elle qui avait toujours aimé s'exprimer, elle à qui les mots venaient si facilement, les mots et les rires...
Dans l'obscurité, elle changea de position pour soulager la tension de ses muscles. Elle était assise par terre, adossée au mur de pierre, à même le sol de terre battue. Elle s'y allongeait, parfois. Ou bien elle rejoignait son matelas pouilleux dans un coin. Elle passait le plus clair de son temps à dormir, couchée en chien de fusil. Quand elle se levait, elle faisait des étirements ou bien elle marchait un peu - quatre pas et retour, pas plus : son cachot mesurait deux mètres sur deux. Il y faisait agréablement chaud ; elle savait depuis longtemps qu'il devait y avoir une chaufferie de l'autre côté de la porte, à cause de la chaleur mais aussi des bruits : bourdonnements, chuintements, cliquetis. Elle ne portait aucun vêtement. Nue comme un petit animal. Depuis des mois, des années peut-être. Elle faisait ses besoins dans un seau et elle recevait deux repas par jour, sauf lorsqu'il s'absentait : elle pouvait alors passer plusieurs jours seule, sans manger ni boire, et la faim, la soif et la peur de mourir la taraudaient. Il y avait deux judas dans la porte : un tout en bas, par où passaient les repas, un autre au milieu, par où il l'observait. Même fermés, ces judas laissaient deux minces rayons lumineux trouer l'obscurité de son cachot. Ses yeux s'étaient depuis longtemps accoutumés à ces demi-ténèbres, ils distinguaient des détails sur le sol, sur les murs que nul autre qu'elle n'aurait pu voir.
Au début, elle avait exploré sa cage, guetté le moindre bruit. Elle avait cherché le moyen de s'évader, la faille dans son système, le plus petit relâchement de sa part. Puis elle avait cessé de s'en préoccuper. Il n'y avait pas de faille, il n'y avait pas d'espoir. Elle ne se souvenait plus combien de semaines, de mois s'étaient écoulés depuis son enlèvement. Depuis sa vie d'avant. Une fois par semaine environ, peut-être plus, peut-être moins, il lui ordonnait de passer le bras par le judas et lui faisait une injection intraveineuse. C'était douloureux, parce qu'il était maladroit et le liquide épais. Elle perdait connaissance presque aussitôt et, quand elle se réveillait, elle était assise dans la salle à manger, là-haut, dans le lourd fauteuil à haut dossier, les jambes et le torse attachés à son siège. Lavée, parfumée et habillée... Même ses cheveux fleuraient bon le shampooing, même sa bouche d'ordinaire pâteuse et son haleine qu'elle soupçonnait pestilentielle le reste du temps embaumaient le dentifrice et le menthol. Un feu clair pétillait dans l'âtre, des bougies étaient allumées sur la table de bois sombre qui brillait comme un lac, et un fumet délicieux s'élevait des assiettes. Il y avait toujours de la musique classique qui montait de la chaîne stéréo. Comme un animal conditionné, dès qu'elle entendait la musique, qu'elle voyait la lueur des flammes, qu'elle sentait les vêtements propres sur sa peau, elle se mettait littéralement à saliver. Il faut dire qu'avant de l'endormir et de la sortir de son cachot, il la faisait toujours jeûner pendant vingt-quatre heures.

 Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Sélection policier 
Jury Février

 Challenge Thriller 

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catégorie "Même pas peur" : 15/12

Challenge 4% Littéraire 2012

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22/28

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27 novembre 2012

Printemps barbare - Héctor Tobar

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

printemps_barbare Belfond – août 2012 – 480 pages

traduit de l'américain par Pierre Furlan

Titre original : The barbarian nurseries, 2011

Quatrième de couverture :
Stupéfiant d'acuité et d'imagination, un roman coup de poing, porté par une plume corrosive et un humour mordant. Qualifiée par la critique de Bûcher des vanités pour le XXIe siècle, une œuvre engagée, une radiographie lucide et féroce de nos sociétés paranoïaques, gangrenées par l'indifférence, l'incompréhension et le repli sur soi. 
Quand elle était jeune fille au Mexique, Araceli Ramírez voulait être une artiste. Au lieu de ça, la voici cuisinière dans la luxueuse villa de bobos californiens. Cuisinière, mais aussi femme de ménage et baby-sitter ! C'est que la crise est passée par là, forçant les Torres-Thompson à dire adiós à leur bataillon de domestiques latinos. 
Aujourd'hui justement, Araceli est inquiète. Cela fait maintenant quatre jours qu'el señoret la señora ont quitté la maison après une dispute, la laissant seule avec les deux petits garçons. Que faire ? Prendre son courage à deux mains et tenter l'aventure dans la jungle de Los Angeles, à la recherche d'un hypothétique grand-père dont elle ignore jusqu'à l'adresse. 
Mais l'expédition tourne au cauchemar. Perdue dans une ville hostile, accusée de kidnapping par des parents fautifs et affolés, Araceli va découvrir le sort cruel réservé aux barbares, ceux qui ont eu le tort de croire à l'American dream...

Auteur : Fils d'immigrés guatémaltèques, Héctor Tobar est né à Los Angeles en 1963 où il vit toujours avec sa femme et leurs trois enfants. Journaliste au Los Angeles Times, couronné du prix Pulitzer en 1992 pour son travail sur les émeutes de L.A., Héctor Tobar est également l'auteur de deux romans, dont le très remarqué Tatooed Soldier. Encensé par la critique américaine, Printemps barbare est son premier ouvrage publié en France.

Mon avis : (lu en novembre 2012)
Avec ce livre, l'auteur nous donne à connaître la diversité des latino-américains présent à Los Angeles. Une image de l'Amérique différente de celle que l'on nous montre en générale.

Scott et Maureen Torres-Thompson sont des nouveaux riches, ils habitent une belle demeure dans une résidence sur une colline de L.A. Elle est américaine, lui est un «demi-Mexicain» il a gagné de l'argent avec l'informa­tique. Ils ont trois beaux enfants Brandon, Keenan et Samantha et les trois employés de maison latinos. Avec la crise, leur situation financière est devenue difficile et ils sont obligés de se séparer du jardinier Pepe et de la bonne Guadalupe. Seule reste Araceli Ramirez qui en plus de ses tâches habituelles de ménage et de cuisine, est obligé d'assumer la garde des enfants. Après une violente dispute conjugale, Maureen part avec le bébé Samantha pour quelques jours de vacances entre fille. De son côté, Scott décide de ne pas rentrer le soir après sa journée de travail. L'un et l'autre sont persuadés que leur conjoint est resté à la maison avec les enfants. Mais c'est la pauvre Araceli qui doit s'occuper des deux garçons de onze et sept ans. Elle n'a pas vraiment d'expérience mais elle ne veut pas abandonner les enfants, étant en situation irrégulière, elle ne peut pas appeler la police. Au bout de quatre jours d'absence des parents et d'impossibilité de les contacter, Araceli décide de conduire Brandon et Keenan à Los Angeles chez leur grand-père. Elle a trouvé son adresse au dos d'une photo datant de 1954... Entre malentendus et incompréhension, cette escapade ne va pas être sans conséquence.

J'ai beaucoup aimé cette histoire qui écorche un peu le rêve américain. L'auteur a mis beaucoup de soin dans la création de ses personnages. Mes préférés sont Araceli, si mystérieuse et pleine de surprise, et Brandon, petit garçon de seulement 11 ans mais plutôt précoce dans ses réflexions et sa pensée...

Merci à Jérémy et aux éditions Belfond pour cette lecture très tardive... mais qui fut une belle découverte !

Extrait : (début du livre)
SCOTT TORRES ÉTAIT ÉNERVÉ parce que la tondeuse à gazon ne voulait pas démarrer. Il avait beau tirer sur la corde de toutes ses forces, elle ne se mettait pas à rugir. Ses efforts ne provoquaient qu'un bref crachotement semblable à la toux d'un enfant malade et suivi d'un long silence uniquement troublé par le bourdonnement de deux libellules qui dessinaient des huit au-dessus de l'herbe encore intacte. C'était un gazon précoce, ambitieux, du faux kikuyu qui atteignait vingt centimètres de hauteur et qui, pour l'instant, pouvait bien rêver de devenir une jungle dont l'ombre, un jour, protégerait la maison du soleil. Les lames bougeaient seulement tant qu'il tirait sur la corde, et la tondeuse toussait. Agrippant le manche en plastique au bout de la corde, il marqua une pause, se pencha en avant pour reprendre à la fois son souffle et son élan, puis réessaya. La tondeuse gronda un instant, sa bouche noire protubérante cracha une touffe d'herbe, et elle s'arrêta. Scott recula d'un pas et lança à la machine le regard furieux bien connu du père frustré, du bricoleur qui n'a plus la main.

Araceli, sa bonne, qui était mexicaine et qui avait les mains couvertes des bulles blanches du liquide vaisselle, le regardait depuis la fenêtre de la cuisine. Elle se demanda si elle devait révéler au señior Scott le secret qui faisait rugir la tondeuse. Quand on tournait un certain bouton situé sur un côté du moteur, le démarrage de la machine devenait aussi facile que tirer d'un pull un fil défait. Elle avait vu Pepe jouer avec ce bouton à plusieurs reprises. Mais non, elle décida de laisser el señior Scott le trouver tout seul. Scott Torres s'était séparé de Pepe et de ses solides muscles de jardinier : que cette lutte contre la machine soit sa punition.

El señior Scott ouvrit le petit bouchon de l'endroit où l'on mettait l'essence, juste pour vérifier. Oui, il y a de l'essence. Araceli avait vu Pepe remplir le réservoir deux semaines auparavant, la dernière fois qu'il était là, le jeudi où elle avait presque eu envie de pleurer parce qu'elle savait qu'elle ne le reverrait jamais plus.

Pepe n'avait jamais de mal à faire démarrer la tondeuse. Quand il se baissait pour tirer sur la corde, son biceps émergeait de la manche, découvrant une masse de peau cuivrée tendue qui laissait imaginer d'autres zones de peau et de muscles sous les vieux teeshirts en coton qu'il portait. Araceli voyait de l'art dans les taches des tee-shirts de Pepe : elles formaient, comme dans l'expressionnisme abstrait, un tourbillon de verts, d'ocres argileuses et de noirs produit par l'herbe, la terre et la transpiration. Quelques rares fois, elle avait, non sans audace, promené ses doigts esseulés sur ces toiles-là. Quand Pepe arrivait le jeudi, Araceli ouvrait les rideaux de la salle de séjour et vaporisait du détergent sur les fenêtres qu'elle nettoyait ensuite à fond rien que pour regarder Pepe transpirer sur le gazon et pour s'imaginer blottie dans le berceau protecteur de sa peau couleur cannelle. Et puis elle se moquait d'elle-même à cause de ça. Je suis encore une fille qui fait des rêves éveillés ridicules. La masculinité désordonnée de Pepe conjurait l'envoûtement qui la faisait habiter et travailler dans cette maison, et lorsqu'elle l'apercevait par l'encadrement de la fenêtre de la cuisine, elle pouvait s'imaginer en train de vivre dans le monde extérieur, dans une maison où elle aurait eu sa propre vaisselle à laver, son bureau à cirer et à ranger dans une pièce que personne ne lui aurait prêtée.

Araceli appréciait sa solitude, son sentiment d'être à l'écart du monde, et elle aimait penser à son travail auprès de la famille Torres-Thompson comme à une sorte d'exil qu'elle s'était imposé pour s'éloigner de la vie devenue sans but qu'elle avait menée à Mexico. Mais, de temps à autre, elle aurait voulu partager les plaisirs de cette solitude avec quelqu'un, sortir de l'existence silencieuse qui était la sienne en Californie, entrer dans l'une de ses autres vies, celles qu'elle explorait dans ses rêves : elle serait alors une fonctionnaire d'État mexicaine de niveau moyen, une de ces femmes dures et grosses, dotées d'un méchant sens de l'humour et d'une coiffure léonine couleur rouille qui régentent leur petit fief dans un quartier de Mexico ; ou alors une artiste qui aurait réussi - voire un critique d'art. Dans nombre de ses fantasmes, Pepe jouait le rôle de l'homme tranquille et patient, père de leurs enfants aux noms aztèques très chic tels que Cuitláhuac et Xóchitl. Dans ces longs rêves éveillés, Pepe devenait un architecte-paysagiste ou un sculpteur, tandis qu'Araceli elle-même pesait dix kilos de moins et retrouvait à peu près le poids qui était le sien avant de venir aux États-Unis, car ses années en Californie n'avaient pas été tendres pour sa ligne.

À présent, toutes ses rêveries sur Pepe étaient terminées. Même si elles étaient absurdes, elles lui avaient appartenu, et leur absence soudaine lui donnait l'impression d'un vol. Au lieu de Pepe, elle avait devant les yeux el señior Scott qui se bagarrait avec la tondeuse à gazon et la corde censée la faire démarrer. Scott venait enfin de découvrir le petit bouton. Il procéda à quelques ajustements et tira de nouveau sur la corde. Il avait des bras minces, couleur de bouillie d'avoine ; il était ce qu'on appelle ici un « demi-Mexicain », et au bout de vingt minutes sous le soleil de juin, ses avant-bras, son front et ses joues prenaient la teinte cramoisie des pommes McIntosh. Une fois, deux fois, trois fois, el señior Scott tira sur la corde, jusqu'à ce que le moteur entre en action, crachote et rugisse enfin. En un rien de temps, l'air devint tout vert tellement l'herbe volait ; Araceli vit les lèvres de son patron se soulever de satisfaction silencieuse. Puis le moteur s'arrêta et le bruit s'assourdit aussitôt parce que la lame calait devant une trop grande quantité d'herbe.

Challenge 3% Littéraire 2012

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21/21

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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Session 1 : Rose

 Lire sous la contrainte
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Session 3 : Saisons, mois

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35/50 : Californie

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14 novembre 2012

L'Amour sans le faire - Serge Joncourt

Lu en partenariat dans le cadre des 
Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister

15

l_Amour_sans_le_faire Flammarion – août 2012 – 319 pages

Quatrième de couverture :
Après dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c'est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s'appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d'y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre. "On ne refait pas sa vie, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste", pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d'un enfant de cinq ans, "insister" finit par ressembler à la vie réinventée. L'Amour sans le faire, c'est une histoire de la tendresse en même temps qu'un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à change, et pourquoi pas à renaître.

Auteur : Serge Joncour est l'auteur de huit livres, parmi lesquels UV (Prix France Télévision 2003), L'Idole (2005), Combien de fois je t'aime (2008) et L'Homme qui ne savait pas dire non (2009). Ses romans sont traduits en quinze langues.

Mon avis : (lu en novembre 2012)
C'est un très beau roman plein de sensibilité.
Jeune, Franck a fuit la ferme parentale pour la ville, pour devenir cadreur et voyager grâce à sa caméra. Il laissait les terres et l'exploitation, à son jeune frère Alexandre. Lorsque cette histoire commence, Franck n'a pas donné de nouvelles depuis dix ans. La dernière fois qu'il est retourné dans le Lot c'était pour l'enterrement de son frère mort accidentellement. Un soir, il décide d'appeler ses parents, c'est un enfant qui répond au téléphone, il s'appelle Alexandre. Surpris, Franck décide de retourner chez ses parents.
Louise était la compagne d'Alexandre, après la mort de celui-ci, elle est partie en ville pour refaire sa vie. A la suite d'une rencontre sans lendemain, elle tombe enceinte et décide de confier son enfant à Michel et Marthe les parents de Frank et Alexandre.
Franck et Louise sont des blessés de la vie, ils se sentent l'un et l'autre vulnérables. Ils vont se retrouver dans la ferme, en tête à tête avec l'enfant. Peu à peu, ils vont reprendre confiance en la vie, s'épauler l'un, l'autre, ils se comprennent au-delà des mots, ils se sentent proches.
Une belle histoire émouvante, pleine de poésie et de justesse. Les personnages sont vrais et attachants.

Un grand Merci à Oliver, à Priceminister et aux éditions Flammarion pour ce partenariat.

Note : 17/20

Extrait : (début du livre)
Il voulait les prévenir avant de descendre. Ce jour-là il laissa sonner longtemps, il reposa même le téléphone pour vérifier le numéro, il n'était plus très sûr depuis le temps. En ramenant l'écouteur à son oreille il tomba sur un long silence, comme si quelqu'un venait de décrocher. En fait non, ça sonnait toujours. C'est devenu inhabituel d'entendre sonner sans fin, sans qu'aucune messagerie ne se déclenche. Du regard il faisait le tour de son appartement, ce vertige absolu de devoir le quitter.
Il réessaya une heure plus tard, toujours rien, puis une nouvelle fois en toute fin d’après-midi, là encore pas de réponse. C’était inquiétant, ces sonneries qui se perdaient dans le vague, il se représentait ce décor oublié là-bas, le téléphone au fond du couloir, la maison isolée, vide peut-être, par distraction il revisitait mentalement l’endroit mais finalement ce coup-ci on décrocha, une petite voix de môme à l’autre bout du fil qui lui lança :
– Allô, c’est qui ?
Cette intonation solaire, cette voix de gosse improbable, elle lui fit tout de suite penser à celle de son frère, mais ça ne se pouvait pas, bien sûr que ça ne se pouvait pas, il y avait bien longtemps qu’Alexandre n’était plus un enfant, et surtout il était mort depuis dix ans. Par pur réflexe il hasarda 
- Alexandre ?
-Oui, et toi c'est qui ?   

Challenge 3% Littéraire 2012

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19/21

 

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03 novembre 2012

Discordance - Anna Jörgensdotter

 Lu en partenariat avec Livraddict et les éditions JCLattès

discordance JC Lattès – août 2012 – 535 pages

traduit du suédois par Martine Desbureaux

Titre original : Bergets döttrar, 2009

Quatrième de couverture : 
Cinq frères et sœurs grandissent dans une petite communauté suédoise au pied du mont Kungsberg : deux frères, Edwin et Otto, et trois sœurs, Karin et Sofia, qui restent inséparables jusqu’à ce que l’amour puis la mort les sépare, tandis qu’Emilia sillonne les rues à bicyclette en rêvant d’évasion. 
Tout commence en 1938, lorsqu’une maison prend feu, celle de Mlle Filipsson, femme singulière venue d’on ne sait où. Edwin est le seul à la pleurer. Un an plus tard, c’est l’Europe entière qui s’embrase. Le jour même de l’invasion de la Pologne, une petite fille naît, et Karin, sa mère, agonise… Chacun des membres de la fratrie poursuit sa vie, entre rêves et désillusions. Au long de deux décennies, Anna Jorgensdötter nous livre un roman choral semé d’amour et de drames, marqué par les disparités entre hommes et femmes dans une société en mutation. 

Auteur : Née en 1973, Anna Jörgensdotter vit dans la région de Sandviken, où se déroule Discordance, pour lequel elle a remporté le prix Ivar-Lo 2010. Tous ses romans sont encensés par la critique. Elle publie également des recueils de poésie, compose de la musique et écrit en free-lance dans plusieurs journaux.

Mon avis : (lu en octobre 2012)
L'histoire se situe en Suède à Norrby un village au pied du mont Kungsberg proche de Sandviken.
Les personnages principaux sont cinq frères et sœurs Edwin, Emilia, Karin, Sofia et Otto. Edwin est un solitaire, qui ne rechigne pas à l'effort, il aura l'idée de construire un tremplin de ski, puis une piste de ski alpin. Emilia est avide de liberté, elle n'est pas prête à prendre un mari... Karin et Sofia sont très proches l'une et l'autre, Karin va épouser Max un ami d'enfance, Sofia préfèrera épouser Arvid le beau citadin plutôt que Milton le frère de Max.
Tout commence en septembre 1938 avec l'incendie de la maison de Mademoiselle Filipsson. La première partie s'achève le 31 août 1939 avec la naissance de Lillemor la fille de Karin et Max.
Nous sommes en 1944 lorsque la deuxième partie commence avec le départ d'Emilia pour aller travailler dans une filature de laine. Vingt ans après, en 1958, c'est sur fond de Coupe du Monde de football en Suède que ce termine cette histoire avec Lillemor jeune adulte.
« Nos récits s’entrelacent telles les bandes de lirette dans la trame d’un tapis. Et chacun y reste pris. Jusqu’à l’usure.
En devient partie intégrante.
L’idée de départ était peut-être autre que le résultat, ou alors nous sommes parfaits – un récit parfait, sur tout, sur rien. Sur la vie telle qu’elle a été. Mais jamais sur ce qu’elle aurait pu être. », ce paragraphe présent dans les toutes dernières pages du livre résume parfaitement la construction de ce livre.

J'ai mis du temps à lire ce livre car après une première partie prometteuse, j'ai trouvé l'histoire assez brouillonne car l'auteur passe d'un personnage à l'autre abandonnant souvent le personnage précédent dans une situation critique... Il y a également de nombreux retours en arrière et le lecteur est un peu perdu.
La bonne idée de l'auteur est d'avoir mis au tout début du livre une description des principaux personnages et leurs éventuels liens de parenté.
Mon avis sur ce livre est finalement mitigé.  

Je remercie Livraddict et les éditions JCLattès pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
Ça pourrait débuter par un conte. Il était une fois. Débuter au moment où Karin monte la mèche de la lampe à pétrole, dont la flamme vacille.
Écoute ça, dit-elle – et il y a tant d'hilarité dans sa voix que Sofia se sent toute pétillante de rire malgré sa fatigue.
Il était une fois..., commence Karin. Un petit, un tout petit garçon... un prince, peut-être bien... qui s'appelait... Milton !

Ça y est. Sofia implose.
Je te jure ! poursuit Karin avec une feinte innocence. Il s'appelait vraiment Milton. Sauf que ce n'était pas du tout un prince comme se l'imaginaient les autres habitants du royaume, c'était juste un petit gamin froussard. Et jamais il ne deviendrait un vrai prince, pour sûr, à moins de prouver son courage en... Karin fait semblant de réfléchir et prend un air finaud. A moins de déclarer sa flamme à la princesse des Neiges... à la princesse... Sofia !
Sofia se bâillonne d'une main, forçant le rire à se frayer un passage entre ses doigts. Elle a tellement peur que sa maman se réveille. Sa maman a le sommeil léger comme la soie, fragile comme le verre. Chut ! Fait-elle à Karin, mais sans sévérité. Karin dénoue les doigts de Sofia.
Oh ! ma chère, ma douce mademoiselle Steen, voulez-vous bien m'épouser ?
Tais-toi ! pouffe Sofia.

Me taire ? s'exclame Karin-Milton d'une voix incrédule.
Comment pourrais-je me taire alors que je vous aime tant ?
Karin lance en l'air des simulacres de baisers.
Sofia détourne la tête ; c'est plus facile si elle ne regarde pas sa sœur.

 

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Challenge 3% Littéraire 2012

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Challenge Voisins, voisines

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Suède

 Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Suède 

 Challenge Littératures Nordiques

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