16 mars 2013

La Villa des Térébinthes - Jean-Paul Malaval

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Audiolib - septembre 2012 - lu par Colette Sodoyer

Calmann Lévy - août 2012 - 384 pages

Quatrième de couverture : 
1894. Quand Silvius épouse la fille d’un riche soyeux lyonnais, il pense se faire une place au soleil dans le milieu des négociants. En butte aux railleries des patrons comme des ouvriers, il comprend bien vite qu’on ne lui pardonnera pas ses origines de petit paysan ardéchois.
Avec l’arrivée de l’électricité et de la soie artificielle, se dessine le déclin de sa belle-famille. Seul Silvius prend la mesure des bouleversements qui vont affecter l’industrie lyonnaise, des canuts jusqu’aux éleveurs de cocons de mûrier. 
Mais le passé n’abdique jamais. Sa mère, abandonnée de tous dans la magnanerie familiale, sa cadette, mariée à un vigneron qui la maltraite, son orgueilleuse soeur aînée, institutrice en Ardèche, sauront le lui rappeler. Silvius devra payer le prix de ses ambitions.

Auteur : Après des études de lettres, Jean-Paul Malaval a été journaliste, notamment pour Le Nouvel Observateur, avant de se consacrer à la littérature. Il est l’auteur d’une oeuvre importante qui l’a imposé comme l’un des principaux auteurs contemporains de romans de terroir. Né à Brive, il est aujourd’hui maire de Vars-sur-Roseix en Corrèze.

Lecteur : Colette Sodoyer, cette jeune et talentueuse comédienne de formation classique s’est distinguée dans toutes les formes de son art, de la télévision au doublage sans oublier le théâtre et le cinéma ! Vous pouvez désormais apprécier son talent en livre audio.

Mon avis : (écouté en mars 2013)
C'est pour répondre au thème de la 3e session  "Ecoutons un livre" consacrée aux livres de la rentrée de septembre 2012 que j'ai emprunté ce livre audio à la bibliothèque, le seul du rayon répondant au thème...
Cette histoire se passe à la fin du XIXème siècle, début du XXème à Lyon et en Ardèche. Silvius est fils de paysans éleveurs de vers à soie. Il a quitté le monde rural pour Lyon où il est devenu négociant en soie, il a épousé Roxane, la fille d’un riche soyeux. Ils ont eu une petite fille Jade, mais leur couple est en crise. Le père de Silvius, Théodore Andrommas vient de mourir, sa femme se retrouve seule pour s'occuper de la ferme de vers à soie. Silvius a deux soeurs : Pauline est mariée à un vigneron qui la brutalise et Eugénie est institutrice. Le contexte économique change avec l'arrivée de la soie artificielle, de l'électricité... Entre roman du terroir et saga familiale, je n'ai pas été vraiment passionnée par cette lecture. Et après plus de la moitié du livre écouté, j'ai même réalisé que c'était le deuxième tome... 

 

Challenge 6% Littéraire 2012

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39/42

 

 

 

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14 mars 2013

Crains le pire - Linwood Barclay

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Audiolib - février 2012 - lu par Philippe Sollier

France Loisirs - février 2011 - 535 pages 

Belfond - février 2012 - 460 pages

J'ai Lu - février 2013 - 509 pages

traduit de l'américain par Marieke Merand-Surtel

Titre original : Fear the worst, 2009

Quatrième de couverture :
Votre fille de 17 ans part de bon matin pour son petit boulot d'été.

Elle vous promet d'être de retour pour le dîner.
Mais elle ne rentrera pas.
Ni ce soir là, ni les suivants.
Votre pire cauchemar a commencé...
Pour Tim Blake, le père de Sydney, une seule mission : la retrouver à tout prix. Un coup de fil mystérieux, des individus menaçants, des meurtres... et la vie sans histoire de Tim bascule dans un engrenage incompréhensible et totalement terrifiant. Pourtant, galvanisé par son amour paternel, il ira jusqu'au bout, au risque de tout perdre...

Vendeur automobile divorcé depuis cinq ans et père de Sydney, une ado de 17 ans, Tim Blake mène une existence plutôt casanière. Un soir d’été, Syd ne rentre pas. Quand Tim appelle le motel où elle travaille comme réceptionniste, mauvaise surprise : personne ne la connaît.L’adolescente a-t-elle fugué ? Les semaines passent dans une terrible attente mais Tim ne peut envisager la mort de sa fille. Il se lance à sa recherche et comprendra bien vite que sa vie est basée sur des mensonges.

Auteur : D’origine américaine, Linwood Barclay vit à Toronto, au Canada, avec son épouse et leurs deux enfants.En 2008, après une carrière de journaliste, il décide de se consacrer à l’écriture. Cette nuit-là (2009) rencontre un succès international retentissant : best-seller en Angleterre et en Allemagne, et lauréat du ArthurEllis Award, nominé pour le Barry Award et le prix du meilleur roman de l’Association internationale desauteurs de thrillers, il sera traduit dans près de quarante langues.

Lecteur : Philippe Sollier, comédien de théâtre, voix-off au talent reconnu, vous l’avez vu dans les plus célèbres séries de la télévision française : Commissaire Moulin, Avocats et associés ou En cas d’urgence.

Mon avis : (écouté en mars 2013)
Après avoir découvert Linwood Barclay avec son dernier livre Contre toute attente, j'ai trouvé celui-ci en version audio et je me suis régalée.

Tout commence un matin au petit-déjeuner, avec Tim Blake et sa fille de 17 ans Sidney et une dispute sans gravité entre le père et la fille. Ensuite, tous les deux partent chacun de son côté pour leur journée de travail. Mais le soir, Sidney ne rentre pas à la maison et elle a disparu. Tim Blake ne veut pas imaginer l'impensable et il part à la recherche de sa fille. Il se rend sur le lieu de travail de sa fille, il interroge sans relâche les collègues, les voisins... La police mène également son enquête.
Cette histoire est rythmée, captivante entre de nombreuses pistes et de nombreuses péripéties, Tim Blake va vivre des journées difficiles...
Certaines péripéties sont parfois peu crédibles mais c'est secondaire, ce père est vraiment touchant, il se donne à fond pour retrouver sa fille sans avoir peur de s'attirer des ennuis. Il y a également de l'humour dans certaines scènes décrites. 
Un livre audio que j'ai écouté en peu de jours, j'y suis entrée très facilement et il a bien occupé pour mon voyage du retour de vacances.

Extrait : (début du livre)
Le matin du jour où j'ai perdu ma fille, elle m'a demandé de lui faire des œufs brouillés. 
— Tu veux du bacon avec ? ai-je crié en direction de l'étage, où Sydney se préparait pour aller travailler. 
— Non, a-t-elle répondu de la salle de bains. 
— Des toasts ? 
— Non plus. 
J'ai entendu le claquement du fer à lisser. Ce bruit indiquait généralement la fin de son rituel matinal. 
— Du fromage dans tes œufs ? 
— Non. Ou alors un peu, pourquoi pas ? 
Je suis retourné dans la cuisine, j'ai ouvert le frigo, en ai sorti des œufs, un morceau de cheddar, du jus d'orange, et j'ai mis la cafetière électrique en route. 
Susanne, mon ex-femme, qui venait d'emménager chez Bob, son nouveau compagnon, à Stratford, de l'autre côté du fleuve, aurait sans doute dit que je gâtais trop notre fille, qu'à dix-sept ans elle était assez grande pour se préparer son petit déjeuner. Mais l'avoir avec moi pour l'été était un tel plaisir que ça ne me dérangeait pas de la dorloter. L'an passé, je lui avais trouvé un job à la concession Honda de Milford où je suis vendeur, de ce côté-ci du fleuve. Mis à part quelques échanges virulents, partager notre quotidien avait été dans l'ensemble une expérience plutôt agréable. Cette année, toutefois, Sydney avait choisi de ne pas retourner chez Honda. Cohabiter avec moi lui suffisait. Que je garde un œil sur elle pendant qu'elle travaillait était une autre histoire. 
— Tu as remarqué, avait-elle observé l'été précédent, que tu critiques chaque garçon à qui je parle, même une minute ? 
— Une femme avertie en vaut deux, avais-je répliqué. 
— Dwayne, par exemple, à l'atelier ? 
— Il a mauvais caractère. 
— Et Andy ? 
— Tu plaisantes. Beaucoup trop vieux pour toi. Il a bien vingt-cinq ans. 
Alors cette année, elle avait trouvé un autre emploi, toujours à Milford, afin de pouvoir vivre avec moi de juin au jour de la fête du Travail, début septembre. Elle s'était fait embaucher au Just Inn Time, un hôtel pour représentants de commerce ne restant qu'une nuit ou deux. Milford est une jolie ville, sans être une destination touristique. Dans une existence antérieure, l'hôtel avait été un Days Inn ou un Holiday Inn ou encore un Comfort Inn, mais la chaîne propriétaire, quelle qu'elle fût, avait repris ses billes et un indépendant l'avait remplacée. 
Je n'avais guère été étonné quand Sydney m'avait appris qu'on lui avait donné un poste à la réception. 
— Tu es intelligente, charmante, bien élevée… 
— Je suis surtout une des rares à parler anglais, avait-elle riposté, coupant court à ma fierté paternelle. 
Il fallait lui tirer les vers du nez pour la faire parler de son nouveau travail. « C'est juste un boulot », disait-elle. Au bout de trois jours, je l'ai surprise en pleine dispute au téléphone avec sa copine Patty Swain, elle voulait trouver autre chose, même si son salaire était correct puisqu'elle ne paierait pas d'impôts. 
— Ce n'est pas déclaré ? lui ai-je demandé lorsqu'elle a raccroché. Tu es payée au noir ? 
— Tu écoutes mes coups de fil ou quoi ? 
J'ai préféré la laisser tranquille. Qu'elle règle ses problèmes elle-même. 
J'ai attendu que Sydney descende l'escalier pour verser les deux œufs battus avec du cheddar râpé dans la poêle beurrée. L'idée m'est alors venue de lui faire le même genre de surprise que lorsqu'elle était petite. J'ai pris une moitié de coquille d'œuf vide et, à l'aide d'un crayon à mine tendre, j'ai dessiné un visage dessus. Un sourire tout en dents, une demi-lune pour le nez, et deux yeux menaçants. Après avoir tiré un trait de la bouche jusque derrière la coquille, j'ai écrit : SOURIS, BON SANG ! 
Elle est entrée dans la cuisine d'un pas traînant, comme un prisonnier en route pour l'échafaud, puis elle s'est affalée sur sa chaise, le regard baissé, les cheveux sur les yeux, les bras inertes le long du corps. Une énorme paire de lunettes de soleil, que je ne lui connaissais pas, était perchée au sommet de son crâne. 
J'ai fait glisser les œufs, devenus fermes en quelques secondes, sur une assiette que j'ai déposée devant elle. 
— Votre Altesse, ai-je déclaré par-dessus le son de l'émission Today qui s'échappait du petit téléviseur de la cuisine. 
Levant lentement la tête, Sydney a d'abord regardé l'assiette, avant de s'arrêter sur le petit bonhomme qui la fixait. 
— Oh, mon Dieu, a-t-elle soufflé. 
Puis elle a tourné la salière coiffée de la demi-coquille pour lire ce qui se trouvait à l'arrière. 
— Souris toi-même, a-t-elle riposté avec une inflexion espiègle dans la voix. 
— Tu as de nouvelles lunettes de soleil ? 
D'un air absent, comme si elle avait oublié qu'elle venait de les poser là, elle a touché une des branches, les a vaguement ajustées sur sa tête. 
— Oui. 
J'ai remarqué la griffe Versace inscrite en lettres minuscules dessus. 
— Très chouette, ai-je commenté. 
Syd a hoché la tête avec lassitude. 
— Tu es rentrée tard ? ai-je poursuivi. 
— Pas tellement. 
— Minuit, ça l'est. 
Elle savait que nier l'heure de son retour ne servirait à rien. Je ne fermais jamais l'œil avant de l'entendre franchir le seuil de notre maison de Hill Street et verrouiller la porte derrière elle. Je supposais qu'elle était sortie avec Patty Swain, qui, bien qu'également âgée de dix-sept ans, donnait l'impression d'avoir un peu plus d'expérience que Syd dans les domaines qui empêchent les pères de dormir la nuit. J'aurais été naïf de croire Patty Swain encore novice en matière d'alcool, de sexe ou de drogue. 
Cela dit, Syd n'était pas un ange non plus. Je l'avais surprise une fois avec un joint, sans compter ce jour où, alors qu'elle avait quinze ans, elle était rentrée de la boutique Abercrombie & Fitch de Stamford avec un nouveau T-shirt, incapable d'expliquer à sa mère l'absence de ticket de caisse. Ç'avait bardé. 
Voilà peut-être pourquoi ces lunettes de soleil me titillaient. 
— Elles t'ont coûté cher ? ai-je demandé. 
— Pas tant que ça. 
— Et comment va Patty ? 
En fait, je voulais surtout m'assurer que Syd était bien sortie avec elle. Même si leur amitié ne remontait qu'à un an, elles passaient tellement de temps ensemble qu'on aurait dit qu'elles se connaissaient depuis le jardin d'enfants. J'aimais bien Patty, elle avait un franc-parler rafraîchissant, mais j'aurais parfois préféré que Syd traîne un peu moins avec elle. 
— Nickel, répondit-elle. 
À la télévision, Matt Lauer1 nous mettait en garde contre la radioactivité potentielle des plans de travail en granit. Chaque jour apportait son nouveau sujet d'inquiétude.
Sydney a pioché dans ses œufs. 
— Mmm, a-t-elle fait avant de relever les yeux vers le poste. Tiens, c'est Bob. 
J'ai suivi son regard. Il s'agissait d'un spot publicitaire de la chaîne locale. Un grand type avec un début de calvitie et un sourire éclatant se tenait devant un océan de voitures, les bras étendus, tel Moïse fendant les eaux de la mer Rouge. 
« Venez dare-dare chez Bob Motors ! Vous n'avez pas de reprise ? Aucun problème ! Vous n'avez pas d'acompte ? Aucune importance ! Vous n'avez pas de permis de conduire ? Bon, ça, c'est un peu embarrassant ! Mais si vous recherchez une voiture, et si vous voulez une bonne affaire, venez vous éclater dans l'une de nos trois… »
J'ai coupé le son. 
— Il est crétin sur les bords, a dit Sydney de l'homme avec lequel vivait sa mère, mon ex-femme. Mais dans ces pubs il fait carrément Supercrétin. Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? 
Le petit déjeuner ne se terminait jamais sans que nous discutions du dîner. 
— Si on se faisait livrer un truc ? 
Avant que je puisse répondre, elle a ajouté : 
— Une pizza ? 
— Je crois que je vais préparer quelque chose, ai-je objecté. 
Syd n'a pas cherché à cacher sa déception. 
La pub de Bob passée, j'ai remis le son du téléviseur. Al Roker2 se mêlait à la foule habituelle du Rockefeller Center, où la plupart des gens agitaient des panneaux souhaitant un bon anniversaire à des parents postés devant l'émission. 
J'ai observé ma fille manger son petit déjeuner. Être père, du moins pour moi, c'est aussi être constamment fier. Sydney devenait vraiment ravissante. Cheveux blonds aux épaules, long cou gracile, teint de porcelaine, traits affirmés. Sa mère a des racines norvégiennes, d'où ce côté scandinave. 
Comme si elle sentait mon regard sur elle, Syd a demandé : 
— Tu crois que je pourrais être mannequin ? 
— Mannequin ? 
— Inutile de prendre cet air choqué. 
— Je ne suis pas choqué, ai-je riposté, sur la défensive. Simplement, c'est la première fois que tu m'en parles. 
— Ça ne m'avait jamais traversé l'esprit. C'est une idée de Bob. 

1. Journaliste présentateur de l'émission Today sur NBC. (Toutes les notes sont de la traductrice)
2. Présentateur météo et animateur sur NBC.

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Déjà lu du même auteur :

contre_toute_attente Contre toute attente 

Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 31/12

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40/50 : 
Connecticut

 

 

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26 février 2013

Dernière nuit à Twisted River – John Irving

Lu en partenariat avec les Editions Thélème

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Editions Thélème – avril 2011 - lu par Pierre-François GAREL

Seuil – janvier 2011 – 561 pages

Points – mai 2012 – 679 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Josée Kamoun

Titre original : Last Night in Twisted River, 2009

Quatrième de couverture : 
1954, au nord du New Hampshire, à Twisted River, pays sauvage des bûcherons et des flotteurs de bois, les draveurs, Dominic Baciagalupo, 30 ans, veuf et père de Danny, 11 ans, travaille comme cuisinier avec, pour garde du corps Ketchum, l’ogre anarchiste au grand cœur, l’ami de toute une vie. Suite à la mort malencontreuse de Jane, sa maîtresse, causée par Danny qui l’a prise pour un ours, père et fils fuient le courroux revanchard du shérif Carl, l’« officiel » de la dame. Première étape, Boston, où Dominic cuisine dans un restaurant italien, où Danny rêve de devenir écrivain. De nouveau inquiétés par le shérif, les Baciagalupo se bâtissent une nouvelle vie dans le Vermont : après avoir tâté de la gastronomie chinoise, Dominic se lance à son compte avec succès, et Danny devient un écrivain célèbre. Ultime étape : Toronto. Mais on n’échappe pas à la rage vengeresse du shérif !

Auteur : Né en 1942 à Exeter, dans le New Hampshire, John Irving est issu, par sa mère, d'une grande famille de la Nouvelle-Angleterre, mais il n'a jamais connu son père biologique. D'où l'importance du thème de la filiation dans l'oeuvre de ce très célèbre écrivain et scénariste américain, dont les livres sont autant de best-sellers depuis Le monde selon Garp, paru en 1978, de L'hôtel New Hampshire à Une veuve de papier, en passant par L'oeuvre de Dieu, la part du DiableDernière nuit à Twisted River est le douzième roman de ce passionné de boxe. 

Mon avis : (écouté en février 2013)
Grâce au premier Rendez-vous « Écoutons un livre » organisé par Valérie, j'ai été contacté par les éditions Thélème qui m'ont proposé de choisir un livre audio de leur catalogue, j'ai donc choisi le dernier livre de John Irving traduit en français.
Dominic Baciagalupo, est le cuistot des bûcherons et des draveurs à Twisted River au nord du New Hampshire. Veuf, il élève seul son fils Danny âgé de douze ans. Dans des circonstances plutôt rocambolesques, Danny tue Jane l'indienne, la confondant avec un ours… Dominic et Danny sont obligés de fuir Twisted River et la colère du shérif Carl. Le lecteur va suivre la vie de Dominic et Danny devenu écrivain durant cinquante ans, de Boston à l’Ontario en passant par le Vermont et Toronto.
Les personnages sont hauts en couleur, les personnages féminins comme Jane l'indienne, Pack de six, Carmella, Tombée du ciel... ou masculin comme Dominic Baciagalupo, le cuistot et son fils Danny, sans oublier mon préféré, Ketchum le bûcheron...
Un très bon roman, même si vers la moitié du livre quelques passages qui traînent un peu en longueur... puis le rythme revient et on oublie ses passages moins réussis...
Un grand merci à Julie et aux éditions Thélème pour ce livre audio, j'ai pris beaucoup de plaisir à le découvrir.

Autres avis : Valérie, Jostein

Extrait : (début du livre)
Le jeune Canadien - quinze ans, tout au plus - avait eu un instant d'hésitation fatal. Il avait cessé de danser sur le bois flotté du bassin, au-dessus du méandre, et en un clin d’œil il avait glissé sous l'eau corps et biens sans qu'on ait pu saisir sa main tendue. L'un des bûcherons, adulte celui-là, avait tenté de l'attraper par les cheveux, qu'il portait longs. A peine le sauveteur en puissance avait-il plongé la main à l'aveuglette dans l'eau trouble et dense, un vrai bouillon de culture avec ses plaques d'écorce à la dérive, que deux troncs s'étaient heurtés violemment sur son bras, lui brisant le poignet. Le tapis mouvant des grumes s'était déjà refermé sur le jeune Canadien ; on n'avait même pas vu resurgir de l'eau brune une de ses mains, une de ses bottes cloutées. 
Quand les grumes se télescopaient, sitôt qu'on avait débâclé la bûche centrale, il fallait se déplacer prestement sans relâche ; si les conducteurs du train s'immobilisaient, ne serait-ce qu'une seconde ou deux, ils basculaient dans le torrent. L'écrasement guette parfois les draveurs avant même la noyade, quoique celle-ci soit chez eux plus fréquente. 
Depuis la berge, où le cuisinier et son fils de douze ans entendaient les imprécations du blessé, on avait compris tout de suite que ce n'était pas lui qui avait besoin d'assistance, car il avait libéré son bras et repris l'équilibre sur les troncs flottants. Sans s'occuper de lui, ses camarades avançaient à petits pas rapides sur le train, criant le nom du disparu, poussant inlassablement les troncs devant eux du bout de leur perche, surtout préoccupés de rallier la berge au plus vite, mais le fils du cuisinier ne perdait pas espoir qu'ils dégagent un espace assez grand pour permettre au jeune Canadien de refaire surface. Pourtant, les intervalles entre les troncs se raréfiaient. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le garçon qui s'était présenté sous le nom d'Angel Pope, de Toronto, avait disparu. 
- C'est Angel, tu crois ? demanda le fils à son père. 
Avec ses yeux sombres et son expression sérieuse, on aurait pu le prendre pour le frère du disparu ; mais on ne risquait pas d'ignorer l'air de famille entre lui et son père, toujours sur le qui-vive. Il émanait en effet du cuisinier une aura d'appréhension maîtrisée, comme s'il avait coutume de prévoir les désastres les plus improbables, et ce trait se retrouvait dans le sérieux de son fils. En somme, l'enfant ressemblait tellement à son père que plusieurs des bûcherons s'étaient ouvertement étonnés de ne pas le voir claudiquer très bas comme lui. 
C'était bien le jeune Canadien qui était tombé sous les troncs, et le cuisinier ne le savait que trop, lui qui avait mis en garde les bûcherons : Angel était trop novice pour conduire un train de bois ; on n'aurait jamais dû le laisser débâcler les troncs coincés. Mais sans doute avait-il voulu faire du zèle, et il se pouvait que les bûcherons ne l'aient même pas vu, au départ. 
Selon le cuisinier, Angel Pope était de même trop novice - et trop maladroit - pour travailler à proximité de la grande scie, à la scierie. C'était le fief exclusif du scieur, poste hautement qualifié. L'ouvrier chargé du rabot occupait un poste assez qualifié lui aussi, mais sans les risques. 
Parmi les fonctions les plus dangereuses et les moins qualifiées, il y avait celle d'ouvrier des quais, où les troncs étaient roulés jusque dans l'usine et mis sur le chariot de la scie, ou encore celui qui consistait à décharger les bûches des camions. Avant qu'on ait inventé les monte-bois, quand on détachait les montants de la benne, un tronc entier pouvait tomber. Il arrivait aussi que les montants refusent de livrer leurs troncs, et que des hommes se retrouvent coincés sous une cascade de grumes, en voulant les débloquer. 
Le cuisinier estimait qu'on n'aurait jamais dû placer Angel sur le chemin des bûches mouvantes. Mais les bûcherons, tout comme le cuisinier et son fils, avaient un faible pour le jeune Canadien, et celui-ci avait déclaré en avoir marre de trimer à la cuisine : il avait besoin de se dépenser physiquement, et il aimait travailler au grand air. 
Le crépitement des gaffes qui poussaient les troncs fut brièvement interrompu par les cris des draveurs : ils venaient de repérer celle d'Angel, à cinquante mètres au moins de l'endroit où il avait disparu. La perche de cinq mètres s'était détachée du train, et dérivait au gré des courants. 
Le cuisinier voyait bien que le convoyeur de troncs avait regagné la berge, en tenant sa perche dans sa main valide. A sa bordée de jurons d'abord, et aussi un peu à sa chevelure d'étoupe et sa barbe en broussaille, il avait compris que le blessé n'était autre que Ketchum, pour qui les trains de bois et leurs pièges n'avaient pas de secret. 
On était en avril, peu après la fonte des neiges, au début de la saison boueuse, mais la glace n'avait cédé que depuis peu dans les bassins, les premiers troncs étaient passés au travers en amont, du côté des étangs de Dummer. La rivière était grosse, glaciale ; les bûcherons gardaient souvent barbe et tignasse, qui les protégeraient tant bien que mal des taons, à la mi-mai. 
Ketchum s'était couché sur le dos le long de la berge, tel un ours échoué. La masse mouvante des troncs déferlait devant lui. Le train de bois prenait des allures de radeau de sauvetage, et les bûcherons encore sur l'eau faisaient figure de naufragés en mer, sauf que cette mer passait en un clin d'oeil du vert-de-gris au bleu-noir : à Twisted River, les eaux étaient généreusement teintées de tannins. 
- Eh merde, Angel, gueulait Ketchum, dos tourné, je te l'avais pourtant dit de bouger les pieds, faut pas avoir les deux pieds dans le même sabot, quoi ! Eh merde ! 

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Déjà lu du même auteur : 

un_pri_re_pour_owen Une prière pour Owen une_veuve_de_papier_points2000 La veuve de papier

 A Challenge for John Irving

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40/50 :  New Hampshire

Challenge Petit BAC 2013
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"Géographie"

 

 

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21 février 2013

Les yeux jaunes des crocodiles – Katherine Pancol

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Audiolib – décembre 2010 – lu Marie-Eve Dufresne 19 heures

Albin Michel – mars 2006 – 651 pages

Livre de Poche – mai 2007 – 672 pages

Quatrième de couverture :
Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles.
Ce roman parle des hommes. 
Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être.
Ce roman est l'histoire d'un mensonge. Mais aussi une histoire d'amours, d'amitiés, de trahisons, d'argent, de rêves.
Ce roman est plein de rires et de larmes.
Ce roman, c'est la vie.

Auteur : Née à Casablanca, Katherine Pancol, après des études de lettres et un bref passage dans l’enseignement, devient journaliste à Elle, Paris-Match, Cosmopolitan, où elle publie des portraits très remarqués. Un premier roman en 1979, Moi d'abord confirme la naissance d'un écrivain aigu et brillant. Suivront de nombreux romans dont Les hommes cruels ne courent pas les rues, J’étais là avant, Un homme à distance,Embrassez-moi, etc. Elle rentre en France en 1991 et continue à écrire. En 2006 et 2008, Les Yeux jaunes des crocodiles et La valse lente des tortues  et en 2010 Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi séduisent un immense public.

Mon avis : (écouté en février 2013)
Un livre très distrayant, une saga familiale avec beaucoup de personnages haut en couleur, au début j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver. Iris et Joséphine sont deux sœurs très différentes. L’aînée, Iris est belle et riche mariée à Philippe, avocat, ils ont un fils Alexandre. La cadette, Joséphine discrète qui s’est toujours effacée derrière sa sœur, historienne de formation, elle vient de quitter son mari Antoine et elle élève seule ses deux filles Hortense et Zoé. Iris a beaucoup d'argent, Joséphine a du mal à joindre les deux bouts... 

C'est une histoire de mensonge, avec des personnages attachants ou terriblement agaçants, il y a de nombreux rebondissements, de l'humour, des péripéties parfois peu crédibles mais le rythme et la construction du livre donne envie au lecteur de connaître la suite et la fin de cette histoire…
Une lecture vraiment sympathique et à l’occasion, je lirai (ou écouterai) la suite, j’ai déjà le tome 3 dans ma PAL…

Le livre est actuellement adapté au cinéma (tournage en cours) avec Cécile Telerman à la réalisation et Emmanuelle Béart (Iris), Julie Depardieu (Joséphine), Jacques Weber (Marcel), Patrick Bruel (Philippe) et Karole Rocher (Josyane) comme acteurs.

Extrait : (début du livre)
Joséphine poussa un cri et lâcha l’éplucheur. Le couteau avait dérapé sur la pomme de terre et entaillé largement la peau à la naissance du poignet. 
Elle avait besoin de pleurer. Elle ne savait pas pourquoi. Elle avait de trop bonnes raisons. Celle-là ferait l’affaire. Elle chercha des yeux un torchon s’en empara et l’appliqua en garrot sur la blessure. Je vais devenir fontaine, fontaine de larmes, fontaine de sang, fontaine de soupirs, je vais me laisser mourir…

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Challenge Petit BAC 2013
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"Partie du corps"

 Lire sous la contrainte

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5ème session : couleur

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16 février 2013

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part - Anna Gavalda

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Gallimard - mai 2006 - lu par Anna Gavalda (environ 3 heures)

Le Dilletante - août 1999 - 218 pages

France Loisirs - 2000 - 214 pages

J'ai Lu - septembre 2001 - 156 pages

Succès du livre - novembre 2007 -

Quatrième de couverture :
Neuf nouvelles parmi les douze qui constituent le célèbre recueil d'Anna Gavalda : I. I. G., Cet homme et cette femme, Ambre, Permission, Le fait du jour, Catgut, Junior, Pendant des années et Clic-clac. D'une plume alerte, Anna Gavalda croque des morceaux de vie souvent drôles, parfois grinçants ou graves. Avec son sens aigu de l'observation, elle esquisse de manière enlevée les plus petits détails, les travers les plus subtils, les plus cocasses, les plus ridicules de notre société. D'une voix douce et sensible, Anna Gavalda, l'auteur en personne, nous lit ces courtes nouvelles au charme pétillant. Un moment d'écoute tendre, irrésistible et jubilatoire !

Auteur : Née en 1970, auteur à succès, Anna Galvalda occupe une place de choix dans les rayons de littérature populaire. Après avoir grandi en Eure-et-Loir dans une atmosphère folklorique, Anna Gavalda est envoyée en pension, à 14 ans, à la suite de la séparation de ses parents. Elle suit une hypokhâgne et obtient une maîtrise de lettres à la Sorbonne. Profitant du calme de la Seine-et-Marne et maman de deux enfants, elle cumule les métiers de chroniqueuse pour le cahier Paris-Ile-de-France du Journal du Dimanche, de professeur de français et d'assistante vétérinaire. Cette jeune femme dynamique reçoit le Grand Prix RTL-Lire pour son premier recueil de nouvelles 'Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part' en 1999. Mélange de simplicité, de merveilleuses et tragiques vérités quotidiennes, ce titre ne quitte pas les classements des meilleures ventes pendant des mois et est traduit dans une trentaine de langues. Elle s'essaie les années suivantes à de nouveaux styles, écrit son premier roman et un livre pour enfants. C'est durant l'été 2003 qu'elle commence à travailler sur son quatrième titre, un nouveau roman, 'Ensemble, c'est tout', un véritable succès dans le monde littéraire, critique et public, adapté au cinéma en 2007 par Claude Berri.

Mon avis : (écouté en février 2013)
C'est un livre que j'ai déjà lu avant l'existence de ce blog et cette écoute est une relecture du livre. Une première critique sur ce livre audio, ce n'est pas le texte intégral du livre mais un "texte abrégé" comme cela est signalé assez discrètement au verso de la pochette du CD... Deux nouvelles et l'Epilogue ne sont pas présentes. C'est dommage !
J'ai redécouvert ces nouvelles d'Anna Gavalda avec beaucoup de plaisir. Elle a puisé son inspiration dans le quotidien d'aujourd'hui, les histoires sont variées, il est question de l'espoir d'une femme qui vient d'apprendre qu'elle est enceinte, un homme et une femme en silence, ensemble dans une voiture, chacun dans leurs pensées, un musicien tombe amoureux d'une jeune fille photographe, un militaire rentre en permission pour son anniversaire, une incivilité sur la route et ses conséquences tragiques, une vétérinaire violée et sa vengeance, un jeune homme emprunte la Jaguar de son père pour aller à une fête, retrouvaillle d'une homme et d'une femme après de longues années, un commercial amoureux de sa collègue de bureau...

L'écoute de l'auteur lisant sa propre œuvre est vraiment très agréable et la voix d'Anna Gavalda est charmante.

Extrait : (page 121)
Il s'appelle Alexandre Devermont. C'est un jeune homme tout rose et tout blond. Élevé sous vide. Cent pour cent savonnette et Colgate bifluor, avec des chemisettes en vichy et une fossette dans le menton. Mignon. Propre. Un vrai petit cochon de lait. Il aura bientôt vingt ans. Cet âge décourageant où l'on croit encore que tout est possible. Tant de probabilités et tant d'illusions. Tant de coups à prendre dans la figure aussi.

Mais pour ce jeune homme tout rose, non. La vie ne lui a jamais rien fait. Personne ne lui a tiré les oreilles jusqu'au point où ça fait vraiment mal. C'est un bon garçon.
Sa maman pète plus haut que son cul. Elle dit: "Allô, c'est Elisabeth Devermont..." en détachant la première syllabe. Comme si elle espérait encore duper quelqu'un... Tatatata... Tu peux payer pour avoir beaucoup de choses de nos jours mais ça, tu vois, pour la particule, c'est raté.
Tu ne peux plus t'acheter ce genre d'orgueil. C'est comme Obélix, il fallait tomber dedans quand tu étais petite. Ça ne l'empêche pas de porter une chevalière avec des armoiries gravées dessus.
Des armoiries de quoi? Je me le demande. Un petit fouillis de couronne et de fleurs de lys sur fond de blason. L'association des Charcutiers-Traiteurs de France a choisi les mêmes pour son papier à en-tête du syndicat mais ça, elle ne le sait pas. Ouf.
Son papa a repris l'affaire familiale. Une entreprise de fabrication de meubles de jardin en résine blanche. Les meubles Rofitex.
Garantis dix ans contre le jaunissement et sous n'importe quel climat.
Évidemment la résine, ça fait un peu camping et pique-nique à Mimile. Ça aurait été plus chic de faire du teck, des bancs classieux qui prennent lentement une belle patine et quelques lichens sous le chêne centenaire planté par le bisaïeul au milieu de la propriété... Mais bon, on est bien obligé de prendre ce qu'on vous laisse, hein. [...]
Vingt ans. Mon Dieu.
Le petit Devermont s'y est repris à deux fois pour avoir le bac mais le permis non, ça va. Il vient de l'avoir et du premier coup. Pas comme son frère qui l'a repassé trois fois.
Au dîner tout le monde est de bonne humeur. Ce n'était pas dans la poche car l'inspecteur du coin est un vrai con. Un poivrot en plus. C'est la campagne ici. Comme son frère et ses cousins avant lui, Alexandre a passé son permis pendant les vacances scolaires dans la propriété de sa grand-mère parce que les tarifs sont moins chers en province qu'à Paris. Presque mille francs d'écart sur un forfait stage. Mais enfin, là, le poivrot était à peu près à jeun et il a griffonné son papier rose sans faire l'intéressant.
Alexandre pourra se servir de la Golf de sa mère à condition qu'elle n'en ait pas besoin, sinon il prendra la vieille 104 qui est dans la grange. Comme les autres. Elle est encore en bon état mais elle sent la crotte de poule.
C'est la fin des vacances. Bientôt il faudra retourner dans le grand appartement de l'avenue Mozart et intégrer l’École de commerce privée de l'avenue de Saxe. Une école dont le diplôme n'est pas encore reconnu par l’État mais qui a un nom compliqué avec plein d'initiales: l'ISERP ou l'IRPS ou l'ISDMF ou un truc dans ce goût-là. (Institut Supérieur De Mes Fesses.)
Notre petit cochon de lait a bien changé pendant ces mois d'été. Il s'est dévergondé et, même, il s'est mis à fumer. Des Marlboro Light.
C'est à cause de ses nouvelles fréquentations: il s'est entiché du fils d'un gros cultivateur de la région, Franck Mingeaut. Alors celui-là, ce n'est pas la moitié d'un. Friqué, tape-à-l'?il, tapageur et bruyant. Qui dit bonjour poliment à la grand-mère d'Alexandre et reluque ses petites cousines en même temps. Tskk tskk...
Franck Mingeaut est content de connaître Junior. Grâce à lui, il peut aller dans le monde, dans des fêtes où les filles sont minces et mignonnes et où le champagne des familles remplace la Valstar. Son instinct lui dit que c'est par là qu'il doit aller pour se faire une place au chaud. Les arrière-salles des cafés, les Maryline mal dégrossies, le billard et les foires agricoles, ça va un moment. Alors qu'une soirée chez la fille de Bidule au château de La Bidulière, voilà de l'énergie bien employée.

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Lu du même auteur :

ensemble_c_est_tout Ensemble, c'est tout   la_consolante La Consolante 

l_echapp_e_belle L'Échappée belle

   Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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Miss Marple I : Le Club du Mardi et Le Sanctuaire d’Astarté – Agatha Christie

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Éditions Theleme – novembre 2010 - lu par Michaël Lonsdale

Club des Masques – 1968 – 186 pages

Le Masque – novembre 1992 – 122 pages

Le Masque – janvier 2001 – 186 pages

Livre de Poche – juin 2002 – 186 pages

Livre de Poche – 2002 – 120 pages

Quatrième de couverture : 
C’est toujours et simplement par déductions logiques que Miss Jane Marple résoud, sans sortir de son fauteuil, tous les mystères criminels que lui soumettent ses amis. Les humains sont partout les mêmes ! De cet adage, Miss Marple fait une loi infaillible pour démasquer les intentions et les secrets de tous. Sur ce CD, deux enquêtes de Miss Marple : Le Club du Mardi et Le Sanctuaire d’Astarté.

Auteur :  Agatha Christie (1890-1976) est la reine incontestée et inégalée du roman policier classique. Née à Torquay, son premier roman La mystérieuse affaire de Styles est publié en 1920 et voit la naissance d’un écrivain et d’un personnage : Hercule Poirot. Très vite, sa renommée est mondiale. Elle est à la tête d’une prodigieuse production littéraire et reste aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus à travers le monde, toutes générations confondues.

Lecteur : Michael Lonsdale, né le 24 mai 1931 à Paris, est un acteur français et anglais de théâtre, de cinéma, et de dramatiques radiodiffusées. 

Mon avis : (écouté en janvier 2013)
Qui ne connait pas Miss Marple, l'un des personnages phares d'Agatha Christie ?
Ce CD audio « Enquêtes de Miss Marple » est composé de deux enquêtes en provenance du recueil de 13 nouvelles policières de Miss Marple au Club du Mardi avec « Le Club du Mardi » et « Le Sanctuaire d’Astarté ».
Raymond West, le neveu, de Miss Marple a réuni chez sa tante quelques amis et ensemble ils imaginent créer le Club du Mardi pour débattre sur des affaires criminelles. A tour de rôle, chacun va proposer une énigme dont il connaît le dénouement, les autres chercheront à la résoudre.
Dans la première nouvelle, trois personnes prennent un repas ensemble, l'une d'elle meurt quelques heures plus tard, qui est coupable ?
Dans la deuxième nouvelle, la nouvelle énigme est autour un lieu magique, il y aura un mort et un blessé...
L'ambiance anglaise est délicieuse avec le thé et le feu dans la cheminée... Et même si Miss Marple tricote silencieuse au fond de son fauteuil, aucun détail ne lui échappe et sa perspicacité est inégalable !
Le lecteur, Michael Lonsdale, est bien sûr très agréable à écouter.
J'ai trouvé cette lecture bien trop courte ! (exactement 56 mn 17 s...)

Extrait : (début du livre)
- Des mystères... jamais éclaircis...
Raymond West exhala une bouffée de fumée et répéta avec un plaisir non dissimulé :
- Des mystères... jamais éclaircis...
Il regarda autour de lui avec satisfaction. La pièce avait un cachet ancien, avec de grosses poutres foncées au plafond et de bons vieux meubles en harmonie avec elle. D'où le coup d’œil approbateur de Raymond West. Écrivain de profession, il aimait que l'environnement soit sans défaut. La maison de sa tante Jane lui avait toujours plu parce qu'elle était le juste décor que réclamait sa personnalité. Elle était assise, très droite, dans un fauteuil de grand-père, de l'autre côté de la cheminée. Miss Marple portait une robe de brocart noir très cintrée, avec de la dentelle de Malines tombant en cascade sur sa poitrine et des mitaines de dentelle noire ; une mantille de dentelle noire surmontait ses cheveux blancs comme neige, relevés en chignon. Elle tricotait quelque chose de blanc, de doux et de floconneux. De ses yeux bleu très pâle, elle observait avec une aimable bienveillance son neveu et les invités du neveu. D'abord Raymond lui-même, réservé et distingué, puis Joyce Lemprière, l'artiste aux cheveux noirs et courts et aux yeux d'un bizarre vert noisette, enfin ce parfait homme du monde qu'était sir Henry Clithering. Il y avait encore deux personnes présentes, le révérend Pender, le vieux pasteur de la paroisse, et Mr Petherick, le notaire, un petit bonhomme desséché qui regardait tout par-dessus ses lunettes. Après avoir accordé un instant d'attention à ces différentes personnes, miss Marple retourna, avec un gentil sourire, à son tricot.

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Lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie
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catégorie "Même pas peur" : 28/12

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06 février 2013

Le Pacte - Lars Kepler

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Audiolib – avril 2012 – 16h - lu par Thierry Janssen

Actes Sud – octobre 2011 – 450 pages

traduit du suédois par Hege Roel-Rousson

Titre original : Paganinikontraktet, 2010

Quatrième de couverture :
Une jeune femme est retrouvée morte à bord d'un bateau dérivant dans l'archipel de Stockholm. Ses poumons sont remplis d'eau de mer, pourtant il n'y a pas une seule goutte d'eau sur ses vêtements. La sœur de la victime, une célèbre militante pour la paix, est quant à elle poursuivie par un tueur implacable. Le même jour, un corps est découvert pendu à une corde à linge dans un appartement à Stockholm. Il s'agit de Carl Palmcrona, le directeur général de l'Inspection pour les produits stratégiques, l'homme chargé de valider les contrats d armement de la Suède. Tout semble indiquer un meurtre car la pièce est vide et rien n'a pu lui permettre de grimper jusqu'au nœud coulant qui l'a étranglé. Pourtant l'inspecteur Joona Linna est persuadé qu'il s'agit d'un suicide... En menant de front ces deux enquêtes, Joona Linna ignore qu'il entre de plain-pied dans un univers trouble fait de commissions secrètes, d'ententes tacites et de pactes diaboliques. Un univers où les desseins machiavéliques le disputent aux pires cauchemars. Un univers où les contrats ne peuvent être rompus, même par la mort.
Après L'Hypnotiseur, Lars Kepler signe encore une fois un thriller haletant et continue d explorer la face sombre de la Suède.

Auteurs : Lars Kepler est le pseudonyme du couple d'écrivains Alexander et Alexandra Ahnoril. L'Hypnotiseur (2010), le premier opus de la série, a été un best-seller international.

Lecteur : Tierry Janssen, né en 1972 et diplômé de l'IAD Théâtre en 1995, il est à la fois comédien, auteur et metteur en scène. Formé au clown et à la commedia dell'arte, il a travaillé entre autres avec Carlo Boso et Franco Dragone. Il a déjà enregistré pour Audiolib Vendetta, Sukkwan Island L'Hypnotiseur, Pars vite et reviens tard et L'Armée furieuse.

Mon avis : (écouté en janvier 2013)
Dans ce thriller rythmé et prenant, nous retrouvons l'inspecteur Joona Lina au commande de l'enquête. Tout commence par la découverte du cadavre d'une jeune femme sur un voilier dérivant au large de l'archipel de Stockholm. Pendant ce temps, sa sœur Pénélope et son petit ami Bjorn sont pourchassés par un tueur efficace. Le même jour, Carl Palmcrona, directeur de l'Inspection pour les produits stratégiques est retrouvé pendu dans son appartement, est-ce un meurtre ? Ou un suicide ?
L'intrigue est est parfaitement construite avec du rythme, du suspens sur fond de corruption, de marchands d'armes, de tueur à gage, de génocide au Darfour... Une histoire efficace qui incite le lecteur à ne pas lâcher son livre...
Il y a cependant certaine longueur en particulier la traque de Pénélope et Bjorn traîne vraiment trop longtemps.

J'ai eu un peu de mal à m'y retrouver avec les nombreux personnages, la prononciation les noms suédois ne se retiennent pas aussi bien à l'oreille que visuellement. Les chapitres sont courts et nombreux et les auteurs passent souvent d'un personnage à un autre.
Remarque personnelle sur l'enregistrement : J'ai trouvé l’intro de chaque chapitre beaucoup trop long… 30 secondes : musique, le titre, re-musique… il y a 116 chapitres… c’est donc très vite pénible ! En revanche, j'ai bien apprécié le lecteur.

 

Extrait : (début du livre)
Quand, par une nuit claire, un large bateau de plaisance est retrouvé à la dérive dans le pertuis de Jungfrufjärden, au sud de l’archipel de Stockholm, c’est le calme plat. L’eau bleu-gris s’abandonne à des mouvements doux comme la brume.

Le vieux qui approche dans sa barque appelle à plusieurs reprises mais il se doute qu’il n’obtiendra pas de réponse. Cela fait presque une heure qu’il observe le bateau à moteur dériver lentement vers le large sous l’effet du courant.

L’homme manœuvre son embarcation et vient l’accoler au yacht. Il remonte les rames, s’amarre à la plate-forme située à l’arrière du bateau, grimpe à l’échelle en inox et enjambe le bastingage. Un transat rose trône au milieu du pont arrière. Le vieux attend un petit moment et tend l’oreille. N’entendant pas le moindre bruit, il ouvre la porte vitrée et descend un petit escalier menant au salon. Au travers des grandes fenêtres, une lueur grise tombe sur les meubles en teck verni et le tissu bleu nuit des canapés. Il avance dans le prolongement des marches au lambris éclatant, passe devant la kitchenette obscure, la salle de bains et pénètre dans la grande cabine. Une faible lumière s’infiltre par les hublots situés près du plafond, éclairant un lit double en forme de flèche. Près de la tête de la couchette, une jeune femme vêtue d’une veste en jean est appuyée contre le mur, en position assise, les cuisses écartées. Sa main repose sur un coussin rose. Elle regarde le vieil homme droit dans les yeux avec un mélange d’étonnement et d’inquiétude. Il lui faut un moment pour comprendre que la femme est morte.

Une pince en forme d’oiseau blanc retient ses longs cheveux noirs. Une colombe de la paix. Quand le vieux s’approche et touche sa joue, sa tête bascule en avant, un filet d’eau s’échappe de la commissure de ses lèvres et coule le long de son menton.  

 livre_audio

Déjà lu du même auteur : 

l_hynoptiseur L'Hypnotiseur 

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 24/12

 Challenge Voisins, voisines

voisins_voisines_2013
Suède

  Défi Scandinavie noire 2012

dc3a9fi_scandinavie_noire
Suède

Challenge Littératures Nordiques

litterature_nordique

  Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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31 janvier 2013

La vie en sourdine – David Lodge

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Audiolib – février 2009 – lu par Daniel Nicodème

Rivages – septembre 2008 - 413 pages

Rivages poche – avril 2010 – 460 pages

traduit de l'anglais 

Titre original : Deaf sentence, 2008

Quatrième de couverture : 
Desmond a des problèmes d'ouïe. Et d'ennui. Professeur de linguistique fraîchement retraité, il consacre son ordinaire à la lecture du Guardian, aux activités culturo-mondaines de son épouse, dont la boutique de décoration est devenue la coqueluche de la ville, et à son père de plus en plus isolé là-bas dans son petit pavillon londonien.
Lors d'un vernissage, alors que Desmond ne comprend pas un traître mot de ce qu'on lui dit et répond au petit bonheur la chance, une étudiante venue d'Outre-Atlantique lance sur lui ce qui ressemble vite à une OPA. Pourquoi Desmond ne l'aiderait-il pas à rédiger sa thèse ? Le professeur hésite. Pendant ce temps son père, martial, continue à vouloir vivre à sa guise et son épouse à programmer d'étonnants loisirs...

Auteur : Né à Londres, David Lodge a enseigné la littérature anglaise jusqu'en 1987 à l'université de Birmingham, et donné des conférences dans le monde entier. Essayiste, critique et romancier, il connaît en France un très grand succès.

Lecteur : Daniel Nicodème : Ce comédien de formation anglo-saxonne est la voix francophone de nombreuses stars comme Kenneth Brannagh ou Liam Neeson. Metteur en scène et professeur d'art dramatique, il joue également les classiques au théâtre. Il a déjà enregistré plusieurs ouvrages pour Audiolib, notamment La vie en sourdine de David Lodge prix audio « Lire dans le noir » 2009 et « Concerto à la mémoire d’un ange », d’Eric Emmanuel Schmitt, où sa lecture a été distinguée par le Prix d’interprétation Plume de Paon.

Mon avis : (écouté en janvier 2013)
La vie en sourdine est un livre conçu comme un journal intime où le jeune retraité, Desmond Bates, professeur de linguistique, raconte son quotidien. Il a des soucis de surdité qui lui posent souvent des difficultés pour communiquer et il se trouve souvent dans des situations drôles et décalées.
Sa femme est toujours active, elle se consacre à sa boutique de décoration. Desmond va également régulièrement à Londres pour rendre visite à son père qui commence à perdre un peu la tête.
Le livre commence avec un vernissage, où Desmond fait la connaissance Alex Loom, une étudiante américaine qui lui parle durant toute la soirée, mais lui est incapable d'entendre ce qu'elle dit. Il comprendra plus tard que cette jeune femme lui demande de l'aide pour sa thèse.
Avec ce livre, David Lodge évoque avec humour et tendresse l'handicap de la surdité et les conséquences de la vieillesse.
Desmond Bates est un personnage attachant, j'ai par compte trouvé Alex Loom trop caricaturale. Et ses déboires avec Desmond n'apportent pas grand chose à l'histoire...

J'ai pris un vrai plaisir en écoutant cette histoire en particulier grâce à l'interprétation remarquable du lecteur Daniel Nicodème.

 

Extrait : (début du livre)
Le grand monsieur grisonnant à lunettes, qui se tient en lisière de la foule dans la salle principale de la galerie, et qui se penche tout contre la jeune femme au corsage en soie rouge, baissant la tête et la détournant de son interlocutrice, opinant du chef sagement et émettant un murmure phatique par moments, n’est pas, contrairement à ce que vous pouvez penser, un prêtre hors service qu’elle aurait convaincu d’entendre sa confession au beau milieu de cette assemblée, ni un psychiatre à qui elle aurait extorqué une consultation gratuite ; et, lui, il n’a pas adopté cette posture pour mieux regarder dans le décolleté de la jeune femme, bien que ce soit un bonus accidentel qu’il tire de la situation, le seul en fait. La raison pour laquelle il a adopté cette position, c’est que la pièce est pleine de bruit de conversations, gronde d’un brouhaha qui se répercute sur les surfaces dures du plafond, des murs et du plancher, et tourbillonne autour des têtes des invités, les incitant à crier encore plus fort pour se faire entendre. Les linguistes appellent cela le réflexe de Lombard, du nom d’Etienne Lombard, lequel a découvert au début du XXe siècle que les gens haussent la voix dans un environnement bruyant afin de compenser la dégradation qui menace l’intelligibilité de leurs messages.

 

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  Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

 

 

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22 janvier 2013

Orages ordinaires - William Boyd

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Audiolib – octobre 2010 – lu par Alain Ghazal

Seuil – avril 2010 - 475 pages

Points – avril 2011 - 497 pages

traduit de l'anglais par Christiane Besse

Titre original : Ordinary thunderstorms, 2010

Quatrième de couverture :
Adam Kindred, jeune climatologue désireux de restituer un dossier à son propriétaire, un médecin, le retrouve poignardé chez lui. Une succession de coïncidences font de lui l'auteur tout désigné du meurtre. Afin d'échapper au tueur qu'il a surpris, et à la police, il se crée un refuge au bord de la Tamise et peu à peu se clochardise. Désertant un Londres indifférent au sort de ses marginaux, il se mêle aux bas-fonds de l'East End londonien et à une société interlope plongée dans un enfer moderne. C’est son acharnement à mener son enquête qui lui permettra de rejoindre le monde civilisé. Ou du moins, qui se prétend tel… L’interprétation d’Alain Ghazal sait parfaitement tenir en équilibre la tension de l’intrigue policière et la plongée dans l’univers mouvant des damnés de la terre.  

Auteur : Né au Ghana en 1952, William Boyd a été critique de télévision, scénariste, réalisateur et professeur avant de se consacrer à l'écriture. En 1980, son premier roman, Un Anglais sous les Tropiques, rencontre un succès immédiat.

Lecteur : Artiste interprête, il annonce tous les jours les programmes du groupe France Télévisions, prête sa voix à la publicité, aux narrations des documentaires d'Arte, France5, Planète, ainsi qu'à l'habillage d'antenne de RFI, France Musiques, France Bleu...

Mon avis : (écouté en janvier 2013)
C'est la première fois que je découvre cet auteur britannique. Tout commence avec le meurtre du Docteur Wang, un allergologue, dans son appartement. Adam Kindred se retrouve par hasard sur les lieux du crime, comme tout l'accuse, plutôt qu'essayer de se disculper, il prend le fuite. Adam Kindred est un jeune climatologue venu passer un entretien d'embauche. Pour se cacher, il ne retourne pas à son hôtel, il n'utilise plus sa carte de crédit et devient un sdf qui se terre dans l'anonymat de Londres.
Ce voyage inattendu et atypique dans Londres est passionnant. Adam va rencontrer de nombreux personnages certains très attachants, d'autres détestables, il va découvrir des milieux très différents du sien. Le lecteur suit la fuite et les nouvelles vies d'Adam avec attention et surprise jusqu'à la conclusion.
La construction de l'intrigue est formidable, elle offre de nombreuses pistes et l'imbrication des différents pans l'histoire est vraiment bien trouvée. J'ai beaucoup aimé cette lecture-audio.

Extrait : (début du livre)
Commençons avec le fleuve - toute chose commence avec le fleuve et nous y finirons, sans doute -, mais attendons de voir comment ça se passe. Bientôt, d'une minute à l'autre, un jeune homme va venir se poster au bord de l'eau, ici, au pont de Chelsea, à Londres.
Tiens, le voilà qui descend avec avec une certaine hésitation d'un taxi ; il règle le chauffeur, regarde machinalement autour de lui, jette un coup d’œil vers l'eau claire (la marée monte et le niveau du fleuve est inhabituellement haut). C'est un grand jeune homme au teint pâle, la trentaine, des traits réguliers, les yeux battus, les cheveux noirs coupés court, rasé de frais comme s'il sortait de chez le barbier. Il est nouveau dans la ville, un étranger, et il s'appelle Adam Kindred. Il sort d'un entretien d'embauche et il a eu envie de voir le fleuve (l'entretien ayant été la rencontre tendue classique, avec un gros enjeu) répondant à un vague désir de « prendre un peu l'air » comme s'il avait le projet de gagner la côte. Le récent entretien explique pourquoi, sous son imperméable coûteux, il porte un trois-pièces gris foncé, une cravate marron, une chemise blanche neuve, et pourquoi il trimballe un superbe et solide attaché-case noir avec grosse serrure et cornières en cuivre. Il traverse la route, sans soupçonner à quel point, dans les heures qui viennent, sa vie va changer - du tout au tout, irrévocablement, sans qu'il en ait le moindre soupçon.

Adam s'approcha de la haute balustrade en pierre qui s'incurvait le long de la route jusqu'au pont de Chelsea et, se pensant par-dessus, examina la Tamise. La marée continuait à monter, le courant habituel à la renverse, les morceaux d'épaves remontant étonnamment vite, comme si, contrairement à son habitude, la mer se débarrassait de ses déchets dans le fleuve. Adam prit le large trottoir pour gagner le milieu du pont, son regard allant des quatre cheminées de la centrale électrique de Battersea (dont l'une était cachée par un entrecroisement d'échafaudages) vers l'ouest, en passant par la flèche d'or de la Pagode de la Paix, et les deux cheminées de l'usine de Lots Road. Les platanes de Battersea Park, sur la rive opposée, n'étaient pas encore très feuillus - seuls les châtaigniers affichachaient un vert dense et précoce.

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 Challenge God Save The Livre 
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 Challenge Voisins, voisines

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Grande-Bretagne

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
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"Phénomène météo"

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 23/12

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Ma 1ère lecture
d'un auteur : 1/13

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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20 janvier 2013

L'anneau de Moebius – Franck Thilliez

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Audiolib – février 2009 – lu par Philippe Allard

Le Passage – octobre 2008 – 539 pages

Pocket – octobre 2010 – 604 pages

Quatrième de couverture :
Pour sa première enquête, Victor Marchal aborde son métier de flic par sa face la plus noire : une ex-star du porno torturée, une mise en scène macabre, et une plongée dans le monde interlope des déviants sexuels et des monstres de la nature.
Depuis toujours, Stéphane Kismet est, quant à lui, hanté par des images prémonitoires mais cette fois elles obéissent à une indéchiffrable et terrifiante logique. Dans ses rêves, Stéphane possède une arme, il est recherché par la police, une petite fille est morte…
Les trajectoires de Victor et Stéphane vont se rejoindre. 
L'un n'a encore rien vu, l'autre ignore qu'il sait déjà tout…

Auteur : Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez est ingénieur en nouvelles technologies. Son premier roman Train d'enfer pour ange rouge (2003) a été nominé au prix Polar SNCF en 2004. Il est également l'auteur de Deuils de miel (2006) et La Forêt des ombres (2006). La Chambre des morts (2005), classé à sa sortie dans la liste des meilleures ventes et salué par la critique, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar 2006. Franck Thilliez vit actuellement dans le Pas-de-Calais.

Lecteur : Né à Bruxelles en 1968, Philippe Allard est comédien et improvisateur. Acteur de théâtre et habitué des scènes belges depuis 1986, il exerce également son métier à la RTBF depuis 2007.

Mon avis : (écouté en décembre 2012)
Vic Marchal est un jeune flic sortant de l'école de police grâce à ses bons résultats, il a rejoint la Crim. Sa première affaire est particulièrement macabre, une ex-star du porno a été torturée sur son lit.
En parallèle, Stéphane Kismet, un maquilleur de génie qui travaille pour le cinéma et fabrique des monstres, des masques, des crimes sanglants est perturbé par des cauchemars très précis le mettant en scène. Les deux personnages principaux sont attachants.
L'intrigue est diabolique, construite avec une grande intelligence, entre thriller et fantastique. Le livre est captivant et le rythme est soutenu, difficile de le lâcher avant de connaître le dénouement. Âme sensible s'abstenir car l'univers de Thilliez est comme toujours morbide, noir et violent...
Je ne suis pas généralement une adepte de ce genre de thriller, mais lorsque l'histoire est aussi bien construite, le côté violence et noirceur est acceptable. J'aime également les côtés scientifiques du roman avec cette anneau de Moebius : une histoire qui défie le temps.

Extrait : (début du livre)
Jeudi 3 mai, 6h30
Les bouteilles de vin.

Devant ses yeux, l’image vibrait, grossissait, rapetissait. C’était à lui en faire exploser les tempes. Stéphane s’arrêta au milieu de l’escalier, se retourna brusquement, avant de continuer sa descente vers le rez-de-chaussée. Il chercha l’interrupteur du salon, l’actionna plusieurs fois. Aucune lumière, juste une traînée de sang que ses doigts abandonnèrent sur le plâtre. Il fixa un instant ses mains rouges de vie, de mort, toutes tremblantes, puis reprit sa progression rapide. Sa lampe torche découpait l’obscurité. Sa respiration le brûlait. De douleur. De terreur.
Tout s’enchaînait très vite dans son champ de vision. En face, entre deux colonnes, le portrait hiératique, venimeux, de la baronne de Reille. Puis, sur la gauche, une statuette asiatique en céramique, magnifique, qu’il fracassa d’un mouvement du coude. Enfin, sur le carrelage, des cartons déchirés, des valises empilées, un cutter à la lame déployée.
Il se précipita vers une porte, dévala huit marches qui le jetèrent au sous-sol. Dans cette partie froide de la gigantesque demeure, les rares fenêtres s’ouvraient juste au niveau du jardin, comme si le navire de pierre sombrait sous terre. Là, à cette heure, les vitres ne laissaient paraître que des ombres. Plus loin, le faisceau de lumière ricocha sur un miroir. Stéphane s’immobilisa. Ses doigts effleurèrent alors trois griffures sur son visage, avant de remonter vers son œil gauche, boursouflé, trempé de larmes.
Avec une violence sourde, son poing percuta la surface réfléchissante. Sa veste kaki de pêcheur sembla alors se fragmenter comme une grenade.

  livre_audio

Déjà lu du même auteur : 
la_foret_des_ombres La forêt des ombres la_chambre_des_morts La chambre des morts

 Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 22/12

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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PAL Noire

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
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"Objet"

Baby Challenge - Policier Livraddict 
policier
15/20

 

 

 

Posté par aproposdelivres à 06:29 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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