08 mai 2013

Interview

book_d_oreille

J'ai été interviewée par le site Book d'Oreille dédié au livre sonore francophone 
sur mes rituels de lecture-audio...

 

Pour lire mon interview : C'est ICI

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Le texte de l'interview est de moi, l'illustration a été choisie par Book d'Oreille...

La question n°3 : Quel est votre meilleur souvenir d'audio-lecture ? étant au singulier,
je n'ai cité qu'un seul souvenir...

Mes plus belles lectures audio sont :

 Alex_cd enfant_44_cd l_anneau_de_moebius_cd orages_ordinaires_CD la_vie_en_sourdine_CD
 TH968 __moi_seul_bien_des_personnages_cd

Alex - Pierre Lemaitre 
Enfant 44 - Tom Rob Smith 
L'anneau de Moebius – Franck Thilliez 
Orages ordinaires - William Boyd 
La vie en sourdine – David Lodge 
Dernière nuit à Twisted River – John Irving 
A moi seul bien des personnages – John Irving

 Et celles que j'ai en cours...

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billets à suivre...

Ne pas oublier également le Challenge "Ecoutons un livre" organisé par Valérie
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le 16 du mois

 

Sur Book d'Oreille, vous pourrez également découvrir les interviews
de Valérie, d'Enna, de Mrs B. et de Géraldine

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18 avril 2013

A moi seul bien des personnages – John Irving

Lu en partenariat avec les éditions Thélème

SORTIE AUJOURD'HUI 18 avril 2013 EN LIBRAIRIE

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Editions Thélème - avril 2013 - lu par Bertrand Suarez-Pazos

Seuil - avril 2013 - 480 pages

traduit de l'américain par Josée Kamoun et Olivier Grenot

Titre original : In One Person, 2012

Quatrième de couverture : 
À moi seul bien des personnages est une histoire d'amour inassouvi - une histoire tourmentée, drôle et touchante - et une approche passionnée des sexualités différentes. C'est la représentation intime et inoubliable de la solitude d'un homme bisexuel qui s'efforce de devenir "quelqu'un de bien". Irving nous livre une formidable chronique ; du grand renfermement puritain face à la libération sexuelle et à la guerre du Viet Nam, sans oublier l'évocation de l'épidémie de sida et ses ravages ainsi que l'effarant silence des gouvernants (Reagan). Mais toujours de l'humour, beaucoup d'humour, arraché à la tristesse et la mélancolie.

Auteur : John Irving est né en 1942 et a grandi à Exeter (New Hampshire). La publication de son quatrième roman, Le Monde selon Garp, lui a assuré une renommée et une reconnaissance internationales. Depuis, l’auteur accumule les succès auprès du public et de la critique. À moi seul bien des personnages est son treizième roman. Marié et père de trois garçons, John Irving partage son temps entre le Vermont et le Canada.

Lecteur : Bertrand Suarez-Pazos a mis en scène "Derrière les murs" dont il est l’auteur, à la Scène Nationale de Poitiers où est implantée sa compagnie. Voix familière des dramatiques de France Culture et France Inter, il a reçu le Prix Arthur Rimbaud pour "Vers des espoirs" publié à La Maison de Poésie en 1999.

Mon avis : (écouté en avril 2013)
Après avoir écouté et beaucoup apprécié Dernière nuit à Twisted River fin février, les éditions Thélème m'ont proposé de découvrir le prochain livre de John Irving et j'ai accepté sans hésiter et sans avoir regardé la présentation de l'éditeur... Je n'avais pas réalisé que le sujet du livre était autour de l'identité sexuel du narrateur. Le sujet est abordé avec beaucoup de délicatesse mais sans hésiter à appeler « un chat un chat », l'auteur veut dénoncer le puritanisme américain. 

Dans ce livre, le narrateur a soixante-dix ans lorsqu'il revient sur sa vie. Bill Abbott est né dans les années 40, élevé par sa mère et son beau-père, son père biologique est absent. Il vit à First Sister une petite ville rurale du Vermont, sa famille assez originale participe à la troupe de théâtre amateur de la ville. Bill nous raconte ses premiers émois amoureux, il est troublé par ses béguins contre nature pour son beau-père, pour Kittredge, un camarade de classe, et pour son attirance pour Miss Frost la bibliothécaire qui lui fait découvrir la littérature dont Dickens qui donnera sens à sa future vocation d'écrivain... Je n'en dirai pas tellement plus sur l'intrigue mais le ton passe de l'humour à la gravité, l'auteur évoque la littérature et le théâtre avec Shakespeare, Dickens, Flaubert... mais également les années 80 et l'arrivée du sida et ses ravages...
J'ai vraiment passé un excellent moment en écoutant ce nouveau livre de John Irving, dont le livre-audio paraît en même que le livre papier. Je ne connais pas encore bien l'œuvre de cet auteur américain mais plus je le lis et plus il me plaît.

Un grand Merci à Julie et aux éditions Thélème pour m'avoir permis de découvrir ce livre audio en avant première.

Un autre avis enthousiaste avec Valérie

Extrait : (début du livre)
Je commencerais bien par vous parler de Miss Frost. Certes, je raconte à tout le monde que je suis devenu écrivain pour avoir lu un roman de Charles Dickens à quinze ans, âge de toutes les formations, mais, à la vérité, j'étais plus jeune encore lorsque j'ai fait la connaissance de Miss Frost et me suis imaginé coucher avec elle. Car cet éveil soudain de ma sexualité a également marqué la naissance tumultueuse de ma vocation littéraire. Nos désirs nous façonnent : il ne m'a pas fallu plus d'une minute de tension libidinale secrète pour désirer à la fois devenir écrivain et coucher avec Miss Frost - pas forcément dans cet ordre, d'ailleurs. 
La première fois que j'ai vu Miss Frost, c'était dans une bibliothèque. J'aime bien les bibliothèques, même si j'éprouve quelques difficultés à prononcer le vocable. J'ai comme ça du mal à articuler certains mots : des noms, en général - de personnes, de lieux, de choses qui me plongent dans une excitation anormale, un conflit insoluble ou une panique absolue. Enfin, c'est ce que disent les orthophonistes, logopédistes et autres psychanalystes qui se sont penchés sur mon cas - hélas sans succès. En primaire, on m'a fait redoubler une année en raison de mes "troubles sévères du langage", diagnostic très excessif. J'ai aujourd'hui largement passé la soixantaine, je vais sur mes soixante-dix ans, et comprendre la cause de mon défaut de prononciation est le cadet de mes soucis. Pour faire court, l'étiologie, je m'en contrefous. 
Etiologie : un mot que je ne me risquerais pas à prononcer, mais en revanche, si je m'applique, j'arrive à produire quelque chose qui s'approche de bibliothèque ; le mot estropié éclot alors, fleur exotique, et ça donne "bibilothèque" ou "billothèque" - comme dans la bouche des enfants. 
Comble d'ironie, ma première bibliothèque était bien modeste. C'était la Bibliothèque municipale de la petite ville de First Sister, dans le Vermont - un bâtiment trapu, en brique rouge, situé dans la même rue que la maison de mes grands-parents. J'ai vécu chez eux, à River Street, jusqu'à l'âge de quinze ans, c'est-à-dire jusqu'au second mariage de ma mère. Ma mère a rencontré mon beau-père sur les planches. 
La troupe de théâtre amateur de la ville s'appelait The First Sister Players ; et d'aussi loin que je me souvienne, j'ai vu toutes les pièces qu'elle montait. Ma mère était souffleuse - quand on oubliait ses répliques, elle les rappelait, et les vers oubliés en route n'étaient pas rares dans une troupe amateur. Pendant des années, j'ai cru que le souffleur était un acteur comme les autres - à ceci près que, pour des raisons qui m'échappaient, il ne montait pas sur scène et restait en tenue de ville pour dire sa part du texte. 
Mon beau-père venait d'entrer dans la troupe quand ma mère a fait sa connaissance. Il s'était installé en ville pour enseigner à la Favorite River Academy - boîte privée pseudo-prestigieuse, alors réservée aux garçons. Dès ma plus tendre enfance, et en tout cas dès l'âge de dix, onze ans, je savais sans doute que, l'heure venue, on m'y inscrirait. J'y découvrirais une bibliothèque plus moderne et mieux éclairée, mais la Bibliothèque municipale de First Sister fut ma première bibliothèque, et la bibliothécaire qui y officiait, ma première bibliothécaire. Soit dit en passant, je n'ai jamais eu de difficulté à prononcer le mot bibliothécaire. 
Miss Frost m'a certes marqué bien davantage que la bibliothèque elle-même. A ma grande honte, c'est longtemps après notre première rencontre que j'ai appris son prénom. Tout le monde l'appelait Miss Frost, et le jour où j'ai enfin pris ma carte de lecteur et l'ai vue pour la première fois, je lui ai donné l'âge de ma mère - peut-être un peu moins. Ma tante, femme impérieuse, m'avait dit que Miss Frost "avait été superbe", mais comment aurais-je pu imaginer que Miss Frost ait été plus belle que lors de notre rencontre - moi qui ne manquais pourtant pas d'imagination, à cet âge ? Ma tante prétendait que les hommes disponibles de la ville tombaient tous à la renverse quand ils la rencontraient. Quand l'un d'entre eux avait le cran de se présenter - le culot d'annoncer son nom à Miss Frost -, la bibliothécaire encore dans sa splendeur lui répondait, l’œil polaire et des glaçons dans la voix : "Miss Frost, pas mariée et pas près de l'être." 
Voilà pourquoi Miss Frost était encore célibataire lorsque je l'ai rencontrée ; chose incroyable pour l'adolescent que j'étais, les cœurs à prendre de la ville avaient cessé depuis longtemps de se présenter à elle. 

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Déjà lu du même auteur : 

un_pri_re_pour_owen Une prière pour Owen une_veuve_de_papier_points2000 La veuve de papier 

TH968 Dernière nuit à Twisted River

 A Challenge for John Irving

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40/50 :  Vermont

Challenge Petit BAC 2013
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"Sentiment"

 

 

 

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16 avril 2013

Père adopté - Didier Van Cauwelaert

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Lire dans le noir – avril 2007 – lu par l'auteur

Albin Michel – février 2007 – 282 pages

Livre de Poche – mars 2009 – 247 pages

Prix Marcel Pagnol 2007

Quatrième de couverture :
Quels drames et quels enjeux faut-il pour qu'un enfant décide de gagner sa vie comme écrivain, à l'âge où l'on perd ses dents de lait ? En révélant ses rapports avec son père, Didier van Cauwelaert nous donne les clés de son œuvre et nous offre son plus beau personnage de roman. Un père à l'énergie démesurée, à l'humour sans bornes et aux détresses insondables, qui a passé sa vie à mourir et renaître sans cesse. Un père redresseur de torts et fauteur de troubles, qui réenchanta le monde par l'incroyable force de son destin, de ses talents et de ses folies au service des autres. Drôle, bouleversant, généreux et tonique, Le père adopté est à la fois un merveilleux récit des origines et un irrésistible appel à inventer sa vie en travaillant ses rêves.  

Auteur : Né en 1960 à Nice, Didier van Cauwelaert cumule, depuis ses débuts, prix littéraires et succès public : Prix Del Duca pour son premier roman en 1982 (Vingt ans et des poussières), prix Roger Nimier, prix Goncourt (Un aller simple, 1994), Molière 1997 du meilleur spectacle musical (Passe-Muraille), Grand Prix du théâtre à l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre, Grand Prix des lecteurs du Livre de Poche (La Vie interdite, 1999), Prix Femina Hebdo du Livre de Poche (La Demi-pensionnaire, 2001), etc.

Mon avis : (écouté en mars 2013)
Un beau récit hommage de Didier van Cauwelaert pour son père. A travers tout un ensemble d'anecdotes haute en couleurs il raconte sa forte complicité avec son père qui l'encourage dans sa vocation d'écrivain. Ce livre est tour à tour plein d'humour et d'émotions avec une très belle écriture.
J'ai eu cependant du mal à entrer dans le livre sans doute à cause de l’absence de chronologie du livre. L'auteur passe d'une anecdote à l'autre, elles concernent aussi bien son enfance que la vie de son père avant sa naissance, il évoque même avec beaucoup d'humour les derniers jours de son père avec ces mots en conclusion « Je ne pleure pas mon père, je le ris ». Il est plein de tendresse et d'affection pour son père. 

J'ai également beaucoup apprécié que le lecteur soit l'auteur. La voix de Didier van Cauwelaert est très agréable à écouter.  

Extrait : (début du livre)
La première fois que tu es mort, j'avais sept ans et demi. J'étais rentré plus tôt que prévu d'un anniversaire et j'avais entendu ta voix, dans votre chambre :
- De toute façon, le jour où je ne peux plus marcher, je me tire une balle dans la tête. Vous n'allez pas me pousser dans un fauteuil roulant, non ? Je ne veux pas infliger ça à Didier.
Tu ne tenais déjà quasiment plus debout, entre tes cannes anglaises. Et pourtant j'ai souri, dans la montée des larmes. C'était bien toi, ça. Le sacrifice égoïste. Tant qu'à faire, j'aurais préféré pousser un fauteuil roulant plutôt que marcher derrière un cercueil. Mais c'était ta vie, tu avais choisi. Et je connaissais ton caractère : ce n'était pas la peine de plaider ma cause. C'était toi, l'avocat.
J'ai pris le deuil, ce jour-là, en décidant de devenir écrivain. Tu m'avais déjà passé le virus de l'imaginaire, avec les feuilletons à dormir debout que tu me racontais chaque soir au coucher. Quel plus beau métier que de construire des histoires, bien tranquille dans sa chambre, sans patron ni collègues ni clients sur le dos ? La vie était mon premier terrain d'écriture : j'y testais mes fictions, les peaufinais, les adaptais en fonction des réactions suscitées. Pour préparer mes contemporains à devenir mes lecteurs, je les transformais tout d'abord en cobayes. Je mentais avec une rigueur extrême, je m'inventais selon mes interlocuteurs des vies différentes que je notais sur des fiches pour ne pas me tromper ; je confondais sciemment la création littéraire et la mythomanie. 
Mais là, d’un coup, il fallait que je me prépare à devenir chef de famille. Si tu te donnais la mort, il fallait que je gagne ma vie à ta place, que je rapporte à la maison des droits d’auteur avec ce que tu m’avais d’ores et déjà légué : l’envie de secouer les gens en les faisant rêver, de marier l’humour à l’émotion, l’absurde à l’évasion, de « faire rire en donnant de l’air », pour reprendre l’une de tes expressions favorites. Influencé par tes goûts, je me lançai alors dans un genre littéraire que je pensais, en toute simplicité, avoir inventé : le thriller psychologique et social à base de satire sexuelle. J’appelais ça « études de mœurs ». Un tiers Simenon, un tiers San-Antonio, un tiers toi. Pour me donner du courage, j’écrivais sur la première page de mon cahier, avec des guillemets, ce qu’en dirait la presse : « Très nouveau, excellent, commercial. »
Je savais bien que tu étais né pour être artiste, mais que les circonstances – orphelin de guerre, soutien de famille, victime de trahisons multiples – ne t’avaient pas permis de faire carrière avec ton imagination. Alors je reprenais le flambeau. J’essayais de réaliser ton rêve d’enfance, avant que tu te suicides, pour que tu partes content. Disons, avec un regret en moins. La certitude que tu allais me quitter très vite, la sensation raisonnée de t’avoir déjà perdu, à titre préventif, m’ont fait entrer en vie active à sept ans et demi. Arrêt des devoirs scolaires, dix pages par jour dans mon cahier à spirale ; un roman par semestre. Les perturbations de Mai 68 me permirent de respecter mon planning. Dans mes cauchemars apprivoisés, j’assistais une ou deux fois par semaine à tes funérailles avec, au lieu du traditionnel brassard noir, une bande rouge marquée « Prix Goncourt ».

 

Déjà lu du même auteur :

la_maison_des_lumi_re La maison des lumières

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02 avril 2013

Le clandestin – John Grisham

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Van Den Bosch Editions - avril 2007 - lu par José Heuzé

Robert Laffont - mars 2006 - 344 pages

Pocket – octobre 2007 - 399 pages 

Pocket - novembre 2010 - 408 pages

traduit de l'américain par Patrick Berthon

Titre original : The Broker, 2005

Quatrième  de couverture :
Lobbyiste sans foi ni loi, Joel Backrnan a été condamné à vingt ans de prison pour avoir vendu à une puissance étrangère un superlogiciel capable de contrôler un ensemble de satellites espions. 

Six ans plus tard, à sa grande surprise, il est gracié par le président des États-Unis sortant et exfiltré dans une jolie ville d'Italie. Sous une nouvelle identité, le Clandestin découvre l'art subtil d'être heureux. 
Il est libre.., mais transformé en appât. Car, si la CIA a obtenu sa grâce, c'est pour mieux savoir qui va le tuer : les Israéliens ? les Saoudiens ? les Chinois ? 
La chasse à l'homme, a commencé... 

Auteur : Né en 1955, John Grisham a commencé sa carrière comme avocat. Passionné d'écriture, il écrivait à ses heures perdues. Avec La Firme, paru en 1991 et vendu à des millions d'exemplaires, il rencontra son premier grand succès. Depuis, L'Affaire Pélican, Le Couloir de la mort, Le Maître du jeu, L'Idéaliste, L'Associé, La Loi du plus faible, Le Testament, L 'Engrenage, La Dernière Récolte, L 'Héritage, La Transaction, Le Dernier Juré (tous publiés chez Robert Laffont) ont déclenché le même enthousiasme auprès d'un nombre de plus en plus impressionnant de lecteurs.

Mon avis : (écouté en mars 2013)
J'ai mis beaucoup de temps à arriver au bout de ce livre-audio, le ton du lecteur m'a dérangé, je l'ai trouvé trop monocorde et je perdais trop facilement le fil de l'histoire...
Habituellement les livres de John Grisham explorent des sujets juridiques dans celui-ci, il est plutôt question d'espionnage. Joel Backman a été condamné à vingt ans de prison après avoir tenté de vendre un logiciel de contrôle de satellites espions à des puissances étrangères. 6 ans plus tard, il est gracié par le président des États-Unis et exilé en Italie sous surveillance. Il se sait menacé et que sa tête est mise à prix par les puissances étrangères qu'il a berné...
Les personnages sont sympathiques et attachants, le voyage en Italie est plutôt plaisant mais cette histoire manque de rythme et par moment je me suis ennuyée. Aucune vrai surprise dans une intrigue sans réelle originalité... C'est une lecture que j'oublierai vite...

Extrait :
Au crépuscule d'une présidence destinée à laisser dans l'Histoire une trace aussi légère que celle de William Henry Harrison (trente et un jours de la céré­monie d'investiture à sa mort), Arthur Morgan, terré dans le Bureau ovale en compagnie du dernier ami qui lui restait, mûrissait ses dernières décisions. Il avait ce jour-là le sentiment d'avoir raté tout ce qu'il avait entre­pris pendant les quatre années de son mandat et doutait de pouvoir redresser la barre dans le peu de temps qui lui restait. Son ami n'était pas plus confiant. Comme à son habitude, il parlait peu et ne disait que ce que le président voulait entendre.
Ils en étaient aux recours en grâce. Ils examinaient les requêtes de voleurs, d'escrocs, de tricheurs, cer­tains encore derrière les barreaux, d'autres qui avaient échappé à la prison mais tenaient à se voir réhabilités. Tous voulaient être rétablis dans leurs droits. Tous se prétendaient les amis du président ou des amis de ses amis, tous se voulaient des partisans indéfectibles même si bien peu avaient eu l'occasion de manifester leur soutien avant ce jour, le dernier de son mandat. Il était affligeant de voir quatre années passées à la tête du monde libre s'achever par cette misérable pile de suppliques émanant d'une bande d'escrocs. Auxquels de ces voleurs accorderait-il la latitude de reprendre leurs malversations ? Telle était la question capitale qui se posait à Arthur Morgan aux ultimes heures de sa présidence.
L'ami de toujours s'appelait Robert Critz. Ils s'étaient connus à Cornell : Morgan présidait l'association des étudiants, Critz bourrait les urnes. Ces quatre dernières années, Critz avait été successivement porte-parole, puis secrétaire général de la Maison-Blanche, membre du Conseil national de sécurité et même Secrétaire d'État, une fonction qu'il n'avait exercée que trois mois, son style diplomatique très personnel ayant failli déclencher une troisième guerre mondiale. Sa plus récente nomination remontait au mois d'octobre, signée dans la frénésie des semaines précédant la déroute électorale. Les sondages indiquaient que le président Morgan était à la traîne dans quarante États, au bas mot. Prenant la direction de la campagne présidentielle, Critz avait réussi à s'aliéner les électeurs des États restants, à l'exception - peut-être - de l'Alaska. 
Cette élection avait été historique : jamais un prési­dent sortant n'avait obtenu aussi peu de voix des grands électeurs. Trois, pour être précis, toutes de l'Alaska, le seul État où Morgan ne s'était pas rendu, sur le conseil de Critz. Cinq cent trente-cinq voix pour le challenger, trois pour le président Morgan. Il n'était pas de mot assez fort pour qualifier une telle déculottée.
Le décompte des voix effectué, le challenger, mal conseillé, avait décidé de contester les résultats de l'Alaska. Pourquoi ne pas rafler les cinq cent trente-huit voix, pendant qu'il y était ? Plus jamais l'occasion ne se représenterait pour un candidat d'écraser son adversaire sans lui abandonner une seule voix. Au long des six semaines qui avaient suivi, le président avait souffert le martyre tandis que la bataille judiciaire faisait rage en Alaska. Quand la Cour suprême de l'État avait enfin tranché en sa faveur, il avait partagé dans l'intimité une bouteille de Champagne avec Critz.

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Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 34/12

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40/50 : 

 

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16 mars 2013

La Villa des Térébinthes - Jean-Paul Malaval

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Audiolib - septembre 2012 - lu par Colette Sodoyer

Calmann Lévy - août 2012 - 384 pages

Quatrième de couverture : 
1894. Quand Silvius épouse la fille d’un riche soyeux lyonnais, il pense se faire une place au soleil dans le milieu des négociants. En butte aux railleries des patrons comme des ouvriers, il comprend bien vite qu’on ne lui pardonnera pas ses origines de petit paysan ardéchois.
Avec l’arrivée de l’électricité et de la soie artificielle, se dessine le déclin de sa belle-famille. Seul Silvius prend la mesure des bouleversements qui vont affecter l’industrie lyonnaise, des canuts jusqu’aux éleveurs de cocons de mûrier. 
Mais le passé n’abdique jamais. Sa mère, abandonnée de tous dans la magnanerie familiale, sa cadette, mariée à un vigneron qui la maltraite, son orgueilleuse soeur aînée, institutrice en Ardèche, sauront le lui rappeler. Silvius devra payer le prix de ses ambitions.

Auteur : Après des études de lettres, Jean-Paul Malaval a été journaliste, notamment pour Le Nouvel Observateur, avant de se consacrer à la littérature. Il est l’auteur d’une oeuvre importante qui l’a imposé comme l’un des principaux auteurs contemporains de romans de terroir. Né à Brive, il est aujourd’hui maire de Vars-sur-Roseix en Corrèze.

Lecteur : Colette Sodoyer, cette jeune et talentueuse comédienne de formation classique s’est distinguée dans toutes les formes de son art, de la télévision au doublage sans oublier le théâtre et le cinéma ! Vous pouvez désormais apprécier son talent en livre audio.

Mon avis : (écouté en mars 2013)
C'est pour répondre au thème de la 3e session  "Ecoutons un livre" consacrée aux livres de la rentrée de septembre 2012 que j'ai emprunté ce livre audio à la bibliothèque, le seul du rayon répondant au thème...
Cette histoire se passe à la fin du XIXème siècle, début du XXème à Lyon et en Ardèche. Silvius est fils de paysans éleveurs de vers à soie. Il a quitté le monde rural pour Lyon où il est devenu négociant en soie, il a épousé Roxane, la fille d’un riche soyeux. Ils ont eu une petite fille Jade, mais leur couple est en crise. Le père de Silvius, Théodore Andrommas vient de mourir, sa femme se retrouve seule pour s'occuper de la ferme de vers à soie. Silvius a deux soeurs : Pauline est mariée à un vigneron qui la brutalise et Eugénie est institutrice. Le contexte économique change avec l'arrivée de la soie artificielle, de l'électricité... Entre roman du terroir et saga familiale, je n'ai pas été vraiment passionnée par cette lecture. Et après plus de la moitié du livre écouté, j'ai même réalisé que c'était le deuxième tome... 

 

Challenge 6% Littéraire 2012

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39/42

 

 

 

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14 mars 2013

Crains le pire - Linwood Barclay

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Audiolib - février 2012 - lu par Philippe Sollier

France Loisirs - février 2011 - 535 pages 

Belfond - février 2012 - 460 pages

J'ai Lu - février 2013 - 509 pages

traduit de l'américain par Marieke Merand-Surtel

Titre original : Fear the worst, 2009

Quatrième de couverture :
Votre fille de 17 ans part de bon matin pour son petit boulot d'été.

Elle vous promet d'être de retour pour le dîner.
Mais elle ne rentrera pas.
Ni ce soir là, ni les suivants.
Votre pire cauchemar a commencé...
Pour Tim Blake, le père de Sydney, une seule mission : la retrouver à tout prix. Un coup de fil mystérieux, des individus menaçants, des meurtres... et la vie sans histoire de Tim bascule dans un engrenage incompréhensible et totalement terrifiant. Pourtant, galvanisé par son amour paternel, il ira jusqu'au bout, au risque de tout perdre...

Vendeur automobile divorcé depuis cinq ans et père de Sydney, une ado de 17 ans, Tim Blake mène une existence plutôt casanière. Un soir d’été, Syd ne rentre pas. Quand Tim appelle le motel où elle travaille comme réceptionniste, mauvaise surprise : personne ne la connaît.L’adolescente a-t-elle fugué ? Les semaines passent dans une terrible attente mais Tim ne peut envisager la mort de sa fille. Il se lance à sa recherche et comprendra bien vite que sa vie est basée sur des mensonges.

Auteur : D’origine américaine, Linwood Barclay vit à Toronto, au Canada, avec son épouse et leurs deux enfants.En 2008, après une carrière de journaliste, il décide de se consacrer à l’écriture. Cette nuit-là (2009) rencontre un succès international retentissant : best-seller en Angleterre et en Allemagne, et lauréat du ArthurEllis Award, nominé pour le Barry Award et le prix du meilleur roman de l’Association internationale desauteurs de thrillers, il sera traduit dans près de quarante langues.

Lecteur : Philippe Sollier, comédien de théâtre, voix-off au talent reconnu, vous l’avez vu dans les plus célèbres séries de la télévision française : Commissaire Moulin, Avocats et associés ou En cas d’urgence.

Mon avis : (écouté en mars 2013)
Après avoir découvert Linwood Barclay avec son dernier livre Contre toute attente, j'ai trouvé celui-ci en version audio et je me suis régalée.

Tout commence un matin au petit-déjeuner, avec Tim Blake et sa fille de 17 ans Sidney et une dispute sans gravité entre le père et la fille. Ensuite, tous les deux partent chacun de son côté pour leur journée de travail. Mais le soir, Sidney ne rentre pas à la maison et elle a disparu. Tim Blake ne veut pas imaginer l'impensable et il part à la recherche de sa fille. Il se rend sur le lieu de travail de sa fille, il interroge sans relâche les collègues, les voisins... La police mène également son enquête.
Cette histoire est rythmée, captivante entre de nombreuses pistes et de nombreuses péripéties, Tim Blake va vivre des journées difficiles...
Certaines péripéties sont parfois peu crédibles mais c'est secondaire, ce père est vraiment touchant, il se donne à fond pour retrouver sa fille sans avoir peur de s'attirer des ennuis. Il y a également de l'humour dans certaines scènes décrites. 
Un livre audio que j'ai écouté en peu de jours, j'y suis entrée très facilement et il a bien occupé pour mon voyage du retour de vacances.

Extrait : (début du livre)
Le matin du jour où j'ai perdu ma fille, elle m'a demandé de lui faire des œufs brouillés. 
— Tu veux du bacon avec ? ai-je crié en direction de l'étage, où Sydney se préparait pour aller travailler. 
— Non, a-t-elle répondu de la salle de bains. 
— Des toasts ? 
— Non plus. 
J'ai entendu le claquement du fer à lisser. Ce bruit indiquait généralement la fin de son rituel matinal. 
— Du fromage dans tes œufs ? 
— Non. Ou alors un peu, pourquoi pas ? 
Je suis retourné dans la cuisine, j'ai ouvert le frigo, en ai sorti des œufs, un morceau de cheddar, du jus d'orange, et j'ai mis la cafetière électrique en route. 
Susanne, mon ex-femme, qui venait d'emménager chez Bob, son nouveau compagnon, à Stratford, de l'autre côté du fleuve, aurait sans doute dit que je gâtais trop notre fille, qu'à dix-sept ans elle était assez grande pour se préparer son petit déjeuner. Mais l'avoir avec moi pour l'été était un tel plaisir que ça ne me dérangeait pas de la dorloter. L'an passé, je lui avais trouvé un job à la concession Honda de Milford où je suis vendeur, de ce côté-ci du fleuve. Mis à part quelques échanges virulents, partager notre quotidien avait été dans l'ensemble une expérience plutôt agréable. Cette année, toutefois, Sydney avait choisi de ne pas retourner chez Honda. Cohabiter avec moi lui suffisait. Que je garde un œil sur elle pendant qu'elle travaillait était une autre histoire. 
— Tu as remarqué, avait-elle observé l'été précédent, que tu critiques chaque garçon à qui je parle, même une minute ? 
— Une femme avertie en vaut deux, avais-je répliqué. 
— Dwayne, par exemple, à l'atelier ? 
— Il a mauvais caractère. 
— Et Andy ? 
— Tu plaisantes. Beaucoup trop vieux pour toi. Il a bien vingt-cinq ans. 
Alors cette année, elle avait trouvé un autre emploi, toujours à Milford, afin de pouvoir vivre avec moi de juin au jour de la fête du Travail, début septembre. Elle s'était fait embaucher au Just Inn Time, un hôtel pour représentants de commerce ne restant qu'une nuit ou deux. Milford est une jolie ville, sans être une destination touristique. Dans une existence antérieure, l'hôtel avait été un Days Inn ou un Holiday Inn ou encore un Comfort Inn, mais la chaîne propriétaire, quelle qu'elle fût, avait repris ses billes et un indépendant l'avait remplacée. 
Je n'avais guère été étonné quand Sydney m'avait appris qu'on lui avait donné un poste à la réception. 
— Tu es intelligente, charmante, bien élevée… 
— Je suis surtout une des rares à parler anglais, avait-elle riposté, coupant court à ma fierté paternelle. 
Il fallait lui tirer les vers du nez pour la faire parler de son nouveau travail. « C'est juste un boulot », disait-elle. Au bout de trois jours, je l'ai surprise en pleine dispute au téléphone avec sa copine Patty Swain, elle voulait trouver autre chose, même si son salaire était correct puisqu'elle ne paierait pas d'impôts. 
— Ce n'est pas déclaré ? lui ai-je demandé lorsqu'elle a raccroché. Tu es payée au noir ? 
— Tu écoutes mes coups de fil ou quoi ? 
J'ai préféré la laisser tranquille. Qu'elle règle ses problèmes elle-même. 
J'ai attendu que Sydney descende l'escalier pour verser les deux œufs battus avec du cheddar râpé dans la poêle beurrée. L'idée m'est alors venue de lui faire le même genre de surprise que lorsqu'elle était petite. J'ai pris une moitié de coquille d'œuf vide et, à l'aide d'un crayon à mine tendre, j'ai dessiné un visage dessus. Un sourire tout en dents, une demi-lune pour le nez, et deux yeux menaçants. Après avoir tiré un trait de la bouche jusque derrière la coquille, j'ai écrit : SOURIS, BON SANG ! 
Elle est entrée dans la cuisine d'un pas traînant, comme un prisonnier en route pour l'échafaud, puis elle s'est affalée sur sa chaise, le regard baissé, les cheveux sur les yeux, les bras inertes le long du corps. Une énorme paire de lunettes de soleil, que je ne lui connaissais pas, était perchée au sommet de son crâne. 
J'ai fait glisser les œufs, devenus fermes en quelques secondes, sur une assiette que j'ai déposée devant elle. 
— Votre Altesse, ai-je déclaré par-dessus le son de l'émission Today qui s'échappait du petit téléviseur de la cuisine. 
Levant lentement la tête, Sydney a d'abord regardé l'assiette, avant de s'arrêter sur le petit bonhomme qui la fixait. 
— Oh, mon Dieu, a-t-elle soufflé. 
Puis elle a tourné la salière coiffée de la demi-coquille pour lire ce qui se trouvait à l'arrière. 
— Souris toi-même, a-t-elle riposté avec une inflexion espiègle dans la voix. 
— Tu as de nouvelles lunettes de soleil ? 
D'un air absent, comme si elle avait oublié qu'elle venait de les poser là, elle a touché une des branches, les a vaguement ajustées sur sa tête. 
— Oui. 
J'ai remarqué la griffe Versace inscrite en lettres minuscules dessus. 
— Très chouette, ai-je commenté. 
Syd a hoché la tête avec lassitude. 
— Tu es rentrée tard ? ai-je poursuivi. 
— Pas tellement. 
— Minuit, ça l'est. 
Elle savait que nier l'heure de son retour ne servirait à rien. Je ne fermais jamais l'œil avant de l'entendre franchir le seuil de notre maison de Hill Street et verrouiller la porte derrière elle. Je supposais qu'elle était sortie avec Patty Swain, qui, bien qu'également âgée de dix-sept ans, donnait l'impression d'avoir un peu plus d'expérience que Syd dans les domaines qui empêchent les pères de dormir la nuit. J'aurais été naïf de croire Patty Swain encore novice en matière d'alcool, de sexe ou de drogue. 
Cela dit, Syd n'était pas un ange non plus. Je l'avais surprise une fois avec un joint, sans compter ce jour où, alors qu'elle avait quinze ans, elle était rentrée de la boutique Abercrombie & Fitch de Stamford avec un nouveau T-shirt, incapable d'expliquer à sa mère l'absence de ticket de caisse. Ç'avait bardé. 
Voilà peut-être pourquoi ces lunettes de soleil me titillaient. 
— Elles t'ont coûté cher ? ai-je demandé. 
— Pas tant que ça. 
— Et comment va Patty ? 
En fait, je voulais surtout m'assurer que Syd était bien sortie avec elle. Même si leur amitié ne remontait qu'à un an, elles passaient tellement de temps ensemble qu'on aurait dit qu'elles se connaissaient depuis le jardin d'enfants. J'aimais bien Patty, elle avait un franc-parler rafraîchissant, mais j'aurais parfois préféré que Syd traîne un peu moins avec elle. 
— Nickel, répondit-elle. 
À la télévision, Matt Lauer1 nous mettait en garde contre la radioactivité potentielle des plans de travail en granit. Chaque jour apportait son nouveau sujet d'inquiétude.
Sydney a pioché dans ses œufs. 
— Mmm, a-t-elle fait avant de relever les yeux vers le poste. Tiens, c'est Bob. 
J'ai suivi son regard. Il s'agissait d'un spot publicitaire de la chaîne locale. Un grand type avec un début de calvitie et un sourire éclatant se tenait devant un océan de voitures, les bras étendus, tel Moïse fendant les eaux de la mer Rouge. 
« Venez dare-dare chez Bob Motors ! Vous n'avez pas de reprise ? Aucun problème ! Vous n'avez pas d'acompte ? Aucune importance ! Vous n'avez pas de permis de conduire ? Bon, ça, c'est un peu embarrassant ! Mais si vous recherchez une voiture, et si vous voulez une bonne affaire, venez vous éclater dans l'une de nos trois… »
J'ai coupé le son. 
— Il est crétin sur les bords, a dit Sydney de l'homme avec lequel vivait sa mère, mon ex-femme. Mais dans ces pubs il fait carrément Supercrétin. Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? 
Le petit déjeuner ne se terminait jamais sans que nous discutions du dîner. 
— Si on se faisait livrer un truc ? 
Avant que je puisse répondre, elle a ajouté : 
— Une pizza ? 
— Je crois que je vais préparer quelque chose, ai-je objecté. 
Syd n'a pas cherché à cacher sa déception. 
La pub de Bob passée, j'ai remis le son du téléviseur. Al Roker2 se mêlait à la foule habituelle du Rockefeller Center, où la plupart des gens agitaient des panneaux souhaitant un bon anniversaire à des parents postés devant l'émission. 
J'ai observé ma fille manger son petit déjeuner. Être père, du moins pour moi, c'est aussi être constamment fier. Sydney devenait vraiment ravissante. Cheveux blonds aux épaules, long cou gracile, teint de porcelaine, traits affirmés. Sa mère a des racines norvégiennes, d'où ce côté scandinave. 
Comme si elle sentait mon regard sur elle, Syd a demandé : 
— Tu crois que je pourrais être mannequin ? 
— Mannequin ? 
— Inutile de prendre cet air choqué. 
— Je ne suis pas choqué, ai-je riposté, sur la défensive. Simplement, c'est la première fois que tu m'en parles. 
— Ça ne m'avait jamais traversé l'esprit. C'est une idée de Bob. 

1. Journaliste présentateur de l'émission Today sur NBC. (Toutes les notes sont de la traductrice)
2. Présentateur météo et animateur sur NBC.

 livre_audio

Déjà lu du même auteur :

contre_toute_attente Contre toute attente 

Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 31/12

 50__tats
40/50 : 
Connecticut

 

 

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26 février 2013

Dernière nuit à Twisted River – John Irving

Lu en partenariat avec les Editions Thélème

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Editions Thélème – avril 2011 - lu par Pierre-François GAREL

Seuil – janvier 2011 – 561 pages

Points – mai 2012 – 679 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Josée Kamoun

Titre original : Last Night in Twisted River, 2009

Quatrième de couverture : 
1954, au nord du New Hampshire, à Twisted River, pays sauvage des bûcherons et des flotteurs de bois, les draveurs, Dominic Baciagalupo, 30 ans, veuf et père de Danny, 11 ans, travaille comme cuisinier avec, pour garde du corps Ketchum, l’ogre anarchiste au grand cœur, l’ami de toute une vie. Suite à la mort malencontreuse de Jane, sa maîtresse, causée par Danny qui l’a prise pour un ours, père et fils fuient le courroux revanchard du shérif Carl, l’« officiel » de la dame. Première étape, Boston, où Dominic cuisine dans un restaurant italien, où Danny rêve de devenir écrivain. De nouveau inquiétés par le shérif, les Baciagalupo se bâtissent une nouvelle vie dans le Vermont : après avoir tâté de la gastronomie chinoise, Dominic se lance à son compte avec succès, et Danny devient un écrivain célèbre. Ultime étape : Toronto. Mais on n’échappe pas à la rage vengeresse du shérif !

Auteur : Né en 1942 à Exeter, dans le New Hampshire, John Irving est issu, par sa mère, d'une grande famille de la Nouvelle-Angleterre, mais il n'a jamais connu son père biologique. D'où l'importance du thème de la filiation dans l'oeuvre de ce très célèbre écrivain et scénariste américain, dont les livres sont autant de best-sellers depuis Le monde selon Garp, paru en 1978, de L'hôtel New Hampshire à Une veuve de papier, en passant par L'oeuvre de Dieu, la part du DiableDernière nuit à Twisted River est le douzième roman de ce passionné de boxe. 

Mon avis : (écouté en février 2013)
Grâce au premier Rendez-vous « Écoutons un livre » organisé par Valérie, j'ai été contacté par les éditions Thélème qui m'ont proposé de choisir un livre audio de leur catalogue, j'ai donc choisi le dernier livre de John Irving traduit en français.
Dominic Baciagalupo, est le cuistot des bûcherons et des draveurs à Twisted River au nord du New Hampshire. Veuf, il élève seul son fils Danny âgé de douze ans. Dans des circonstances plutôt rocambolesques, Danny tue Jane l'indienne, la confondant avec un ours… Dominic et Danny sont obligés de fuir Twisted River et la colère du shérif Carl. Le lecteur va suivre la vie de Dominic et Danny devenu écrivain durant cinquante ans, de Boston à l’Ontario en passant par le Vermont et Toronto.
Les personnages sont hauts en couleur, les personnages féminins comme Jane l'indienne, Pack de six, Carmella, Tombée du ciel... ou masculin comme Dominic Baciagalupo, le cuistot et son fils Danny, sans oublier mon préféré, Ketchum le bûcheron...
Un très bon roman, même si vers la moitié du livre quelques passages qui traînent un peu en longueur... puis le rythme revient et on oublie ses passages moins réussis...
Un grand merci à Julie et aux éditions Thélème pour ce livre audio, j'ai pris beaucoup de plaisir à le découvrir.

Autres avis : Valérie, Jostein

Extrait : (début du livre)
Le jeune Canadien - quinze ans, tout au plus - avait eu un instant d'hésitation fatal. Il avait cessé de danser sur le bois flotté du bassin, au-dessus du méandre, et en un clin d’œil il avait glissé sous l'eau corps et biens sans qu'on ait pu saisir sa main tendue. L'un des bûcherons, adulte celui-là, avait tenté de l'attraper par les cheveux, qu'il portait longs. A peine le sauveteur en puissance avait-il plongé la main à l'aveuglette dans l'eau trouble et dense, un vrai bouillon de culture avec ses plaques d'écorce à la dérive, que deux troncs s'étaient heurtés violemment sur son bras, lui brisant le poignet. Le tapis mouvant des grumes s'était déjà refermé sur le jeune Canadien ; on n'avait même pas vu resurgir de l'eau brune une de ses mains, une de ses bottes cloutées. 
Quand les grumes se télescopaient, sitôt qu'on avait débâclé la bûche centrale, il fallait se déplacer prestement sans relâche ; si les conducteurs du train s'immobilisaient, ne serait-ce qu'une seconde ou deux, ils basculaient dans le torrent. L'écrasement guette parfois les draveurs avant même la noyade, quoique celle-ci soit chez eux plus fréquente. 
Depuis la berge, où le cuisinier et son fils de douze ans entendaient les imprécations du blessé, on avait compris tout de suite que ce n'était pas lui qui avait besoin d'assistance, car il avait libéré son bras et repris l'équilibre sur les troncs flottants. Sans s'occuper de lui, ses camarades avançaient à petits pas rapides sur le train, criant le nom du disparu, poussant inlassablement les troncs devant eux du bout de leur perche, surtout préoccupés de rallier la berge au plus vite, mais le fils du cuisinier ne perdait pas espoir qu'ils dégagent un espace assez grand pour permettre au jeune Canadien de refaire surface. Pourtant, les intervalles entre les troncs se raréfiaient. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le garçon qui s'était présenté sous le nom d'Angel Pope, de Toronto, avait disparu. 
- C'est Angel, tu crois ? demanda le fils à son père. 
Avec ses yeux sombres et son expression sérieuse, on aurait pu le prendre pour le frère du disparu ; mais on ne risquait pas d'ignorer l'air de famille entre lui et son père, toujours sur le qui-vive. Il émanait en effet du cuisinier une aura d'appréhension maîtrisée, comme s'il avait coutume de prévoir les désastres les plus improbables, et ce trait se retrouvait dans le sérieux de son fils. En somme, l'enfant ressemblait tellement à son père que plusieurs des bûcherons s'étaient ouvertement étonnés de ne pas le voir claudiquer très bas comme lui. 
C'était bien le jeune Canadien qui était tombé sous les troncs, et le cuisinier ne le savait que trop, lui qui avait mis en garde les bûcherons : Angel était trop novice pour conduire un train de bois ; on n'aurait jamais dû le laisser débâcler les troncs coincés. Mais sans doute avait-il voulu faire du zèle, et il se pouvait que les bûcherons ne l'aient même pas vu, au départ. 
Selon le cuisinier, Angel Pope était de même trop novice - et trop maladroit - pour travailler à proximité de la grande scie, à la scierie. C'était le fief exclusif du scieur, poste hautement qualifié. L'ouvrier chargé du rabot occupait un poste assez qualifié lui aussi, mais sans les risques. 
Parmi les fonctions les plus dangereuses et les moins qualifiées, il y avait celle d'ouvrier des quais, où les troncs étaient roulés jusque dans l'usine et mis sur le chariot de la scie, ou encore celui qui consistait à décharger les bûches des camions. Avant qu'on ait inventé les monte-bois, quand on détachait les montants de la benne, un tronc entier pouvait tomber. Il arrivait aussi que les montants refusent de livrer leurs troncs, et que des hommes se retrouvent coincés sous une cascade de grumes, en voulant les débloquer. 
Le cuisinier estimait qu'on n'aurait jamais dû placer Angel sur le chemin des bûches mouvantes. Mais les bûcherons, tout comme le cuisinier et son fils, avaient un faible pour le jeune Canadien, et celui-ci avait déclaré en avoir marre de trimer à la cuisine : il avait besoin de se dépenser physiquement, et il aimait travailler au grand air. 
Le crépitement des gaffes qui poussaient les troncs fut brièvement interrompu par les cris des draveurs : ils venaient de repérer celle d'Angel, à cinquante mètres au moins de l'endroit où il avait disparu. La perche de cinq mètres s'était détachée du train, et dérivait au gré des courants. 
Le cuisinier voyait bien que le convoyeur de troncs avait regagné la berge, en tenant sa perche dans sa main valide. A sa bordée de jurons d'abord, et aussi un peu à sa chevelure d'étoupe et sa barbe en broussaille, il avait compris que le blessé n'était autre que Ketchum, pour qui les trains de bois et leurs pièges n'avaient pas de secret. 
On était en avril, peu après la fonte des neiges, au début de la saison boueuse, mais la glace n'avait cédé que depuis peu dans les bassins, les premiers troncs étaient passés au travers en amont, du côté des étangs de Dummer. La rivière était grosse, glaciale ; les bûcherons gardaient souvent barbe et tignasse, qui les protégeraient tant bien que mal des taons, à la mi-mai. 
Ketchum s'était couché sur le dos le long de la berge, tel un ours échoué. La masse mouvante des troncs déferlait devant lui. Le train de bois prenait des allures de radeau de sauvetage, et les bûcherons encore sur l'eau faisaient figure de naufragés en mer, sauf que cette mer passait en un clin d'oeil du vert-de-gris au bleu-noir : à Twisted River, les eaux étaient généreusement teintées de tannins. 
- Eh merde, Angel, gueulait Ketchum, dos tourné, je te l'avais pourtant dit de bouger les pieds, faut pas avoir les deux pieds dans le même sabot, quoi ! Eh merde ! 

 livre_audio

Déjà lu du même auteur : 

un_pri_re_pour_owen Une prière pour Owen une_veuve_de_papier_points2000 La veuve de papier

 A Challenge for John Irving

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40/50 :  New Hampshire

Challenge Petit BAC 2013
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"Géographie"

 

 

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21 février 2013

Les yeux jaunes des crocodiles – Katherine Pancol

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Audiolib – décembre 2010 – lu Marie-Eve Dufresne 19 heures

Albin Michel – mars 2006 – 651 pages

Livre de Poche – mai 2007 – 672 pages

Quatrième de couverture :
Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles.
Ce roman parle des hommes. 
Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être.
Ce roman est l'histoire d'un mensonge. Mais aussi une histoire d'amours, d'amitiés, de trahisons, d'argent, de rêves.
Ce roman est plein de rires et de larmes.
Ce roman, c'est la vie.

Auteur : Née à Casablanca, Katherine Pancol, après des études de lettres et un bref passage dans l’enseignement, devient journaliste à Elle, Paris-Match, Cosmopolitan, où elle publie des portraits très remarqués. Un premier roman en 1979, Moi d'abord confirme la naissance d'un écrivain aigu et brillant. Suivront de nombreux romans dont Les hommes cruels ne courent pas les rues, J’étais là avant, Un homme à distance,Embrassez-moi, etc. Elle rentre en France en 1991 et continue à écrire. En 2006 et 2008, Les Yeux jaunes des crocodiles et La valse lente des tortues  et en 2010 Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi séduisent un immense public.

Mon avis : (écouté en février 2013)
Un livre très distrayant, une saga familiale avec beaucoup de personnages haut en couleur, au début j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver. Iris et Joséphine sont deux sœurs très différentes. L’aînée, Iris est belle et riche mariée à Philippe, avocat, ils ont un fils Alexandre. La cadette, Joséphine discrète qui s’est toujours effacée derrière sa sœur, historienne de formation, elle vient de quitter son mari Antoine et elle élève seule ses deux filles Hortense et Zoé. Iris a beaucoup d'argent, Joséphine a du mal à joindre les deux bouts... 

C'est une histoire de mensonge, avec des personnages attachants ou terriblement agaçants, il y a de nombreux rebondissements, de l'humour, des péripéties parfois peu crédibles mais le rythme et la construction du livre donne envie au lecteur de connaître la suite et la fin de cette histoire…
Une lecture vraiment sympathique et à l’occasion, je lirai (ou écouterai) la suite, j’ai déjà le tome 3 dans ma PAL…

Le livre est actuellement adapté au cinéma (tournage en cours) avec Cécile Telerman à la réalisation et Emmanuelle Béart (Iris), Julie Depardieu (Joséphine), Jacques Weber (Marcel), Patrick Bruel (Philippe) et Karole Rocher (Josyane) comme acteurs.

Extrait : (début du livre)
Joséphine poussa un cri et lâcha l’éplucheur. Le couteau avait dérapé sur la pomme de terre et entaillé largement la peau à la naissance du poignet. 
Elle avait besoin de pleurer. Elle ne savait pas pourquoi. Elle avait de trop bonnes raisons. Celle-là ferait l’affaire. Elle chercha des yeux un torchon s’en empara et l’appliqua en garrot sur la blessure. Je vais devenir fontaine, fontaine de larmes, fontaine de sang, fontaine de soupirs, je vais me laisser mourir…

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Challenge Petit BAC 2013
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"Partie du corps"

 Lire sous la contrainte

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5ème session : couleur

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16 février 2013

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part - Anna Gavalda

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Gallimard - mai 2006 - lu par Anna Gavalda (environ 3 heures)

Le Dilletante - août 1999 - 218 pages

France Loisirs - 2000 - 214 pages

J'ai Lu - septembre 2001 - 156 pages

Succès du livre - novembre 2007 -

Quatrième de couverture :
Neuf nouvelles parmi les douze qui constituent le célèbre recueil d'Anna Gavalda : I. I. G., Cet homme et cette femme, Ambre, Permission, Le fait du jour, Catgut, Junior, Pendant des années et Clic-clac. D'une plume alerte, Anna Gavalda croque des morceaux de vie souvent drôles, parfois grinçants ou graves. Avec son sens aigu de l'observation, elle esquisse de manière enlevée les plus petits détails, les travers les plus subtils, les plus cocasses, les plus ridicules de notre société. D'une voix douce et sensible, Anna Gavalda, l'auteur en personne, nous lit ces courtes nouvelles au charme pétillant. Un moment d'écoute tendre, irrésistible et jubilatoire !

Auteur : Née en 1970, auteur à succès, Anna Galvalda occupe une place de choix dans les rayons de littérature populaire. Après avoir grandi en Eure-et-Loir dans une atmosphère folklorique, Anna Gavalda est envoyée en pension, à 14 ans, à la suite de la séparation de ses parents. Elle suit une hypokhâgne et obtient une maîtrise de lettres à la Sorbonne. Profitant du calme de la Seine-et-Marne et maman de deux enfants, elle cumule les métiers de chroniqueuse pour le cahier Paris-Ile-de-France du Journal du Dimanche, de professeur de français et d'assistante vétérinaire. Cette jeune femme dynamique reçoit le Grand Prix RTL-Lire pour son premier recueil de nouvelles 'Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part' en 1999. Mélange de simplicité, de merveilleuses et tragiques vérités quotidiennes, ce titre ne quitte pas les classements des meilleures ventes pendant des mois et est traduit dans une trentaine de langues. Elle s'essaie les années suivantes à de nouveaux styles, écrit son premier roman et un livre pour enfants. C'est durant l'été 2003 qu'elle commence à travailler sur son quatrième titre, un nouveau roman, 'Ensemble, c'est tout', un véritable succès dans le monde littéraire, critique et public, adapté au cinéma en 2007 par Claude Berri.

Mon avis : (écouté en février 2013)
C'est un livre que j'ai déjà lu avant l'existence de ce blog et cette écoute est une relecture du livre. Une première critique sur ce livre audio, ce n'est pas le texte intégral du livre mais un "texte abrégé" comme cela est signalé assez discrètement au verso de la pochette du CD... Deux nouvelles et l'Epilogue ne sont pas présentes. C'est dommage !
J'ai redécouvert ces nouvelles d'Anna Gavalda avec beaucoup de plaisir. Elle a puisé son inspiration dans le quotidien d'aujourd'hui, les histoires sont variées, il est question de l'espoir d'une femme qui vient d'apprendre qu'elle est enceinte, un homme et une femme en silence, ensemble dans une voiture, chacun dans leurs pensées, un musicien tombe amoureux d'une jeune fille photographe, un militaire rentre en permission pour son anniversaire, une incivilité sur la route et ses conséquences tragiques, une vétérinaire violée et sa vengeance, un jeune homme emprunte la Jaguar de son père pour aller à une fête, retrouvaillle d'une homme et d'une femme après de longues années, un commercial amoureux de sa collègue de bureau...

L'écoute de l'auteur lisant sa propre œuvre est vraiment très agréable et la voix d'Anna Gavalda est charmante.

Extrait : (page 121)
Il s'appelle Alexandre Devermont. C'est un jeune homme tout rose et tout blond. Élevé sous vide. Cent pour cent savonnette et Colgate bifluor, avec des chemisettes en vichy et une fossette dans le menton. Mignon. Propre. Un vrai petit cochon de lait. Il aura bientôt vingt ans. Cet âge décourageant où l'on croit encore que tout est possible. Tant de probabilités et tant d'illusions. Tant de coups à prendre dans la figure aussi.

Mais pour ce jeune homme tout rose, non. La vie ne lui a jamais rien fait. Personne ne lui a tiré les oreilles jusqu'au point où ça fait vraiment mal. C'est un bon garçon.
Sa maman pète plus haut que son cul. Elle dit: "Allô, c'est Elisabeth Devermont..." en détachant la première syllabe. Comme si elle espérait encore duper quelqu'un... Tatatata... Tu peux payer pour avoir beaucoup de choses de nos jours mais ça, tu vois, pour la particule, c'est raté.
Tu ne peux plus t'acheter ce genre d'orgueil. C'est comme Obélix, il fallait tomber dedans quand tu étais petite. Ça ne l'empêche pas de porter une chevalière avec des armoiries gravées dessus.
Des armoiries de quoi? Je me le demande. Un petit fouillis de couronne et de fleurs de lys sur fond de blason. L'association des Charcutiers-Traiteurs de France a choisi les mêmes pour son papier à en-tête du syndicat mais ça, elle ne le sait pas. Ouf.
Son papa a repris l'affaire familiale. Une entreprise de fabrication de meubles de jardin en résine blanche. Les meubles Rofitex.
Garantis dix ans contre le jaunissement et sous n'importe quel climat.
Évidemment la résine, ça fait un peu camping et pique-nique à Mimile. Ça aurait été plus chic de faire du teck, des bancs classieux qui prennent lentement une belle patine et quelques lichens sous le chêne centenaire planté par le bisaïeul au milieu de la propriété... Mais bon, on est bien obligé de prendre ce qu'on vous laisse, hein. [...]
Vingt ans. Mon Dieu.
Le petit Devermont s'y est repris à deux fois pour avoir le bac mais le permis non, ça va. Il vient de l'avoir et du premier coup. Pas comme son frère qui l'a repassé trois fois.
Au dîner tout le monde est de bonne humeur. Ce n'était pas dans la poche car l'inspecteur du coin est un vrai con. Un poivrot en plus. C'est la campagne ici. Comme son frère et ses cousins avant lui, Alexandre a passé son permis pendant les vacances scolaires dans la propriété de sa grand-mère parce que les tarifs sont moins chers en province qu'à Paris. Presque mille francs d'écart sur un forfait stage. Mais enfin, là, le poivrot était à peu près à jeun et il a griffonné son papier rose sans faire l'intéressant.
Alexandre pourra se servir de la Golf de sa mère à condition qu'elle n'en ait pas besoin, sinon il prendra la vieille 104 qui est dans la grange. Comme les autres. Elle est encore en bon état mais elle sent la crotte de poule.
C'est la fin des vacances. Bientôt il faudra retourner dans le grand appartement de l'avenue Mozart et intégrer l’École de commerce privée de l'avenue de Saxe. Une école dont le diplôme n'est pas encore reconnu par l’État mais qui a un nom compliqué avec plein d'initiales: l'ISERP ou l'IRPS ou l'ISDMF ou un truc dans ce goût-là. (Institut Supérieur De Mes Fesses.)
Notre petit cochon de lait a bien changé pendant ces mois d'été. Il s'est dévergondé et, même, il s'est mis à fumer. Des Marlboro Light.
C'est à cause de ses nouvelles fréquentations: il s'est entiché du fils d'un gros cultivateur de la région, Franck Mingeaut. Alors celui-là, ce n'est pas la moitié d'un. Friqué, tape-à-l'?il, tapageur et bruyant. Qui dit bonjour poliment à la grand-mère d'Alexandre et reluque ses petites cousines en même temps. Tskk tskk...
Franck Mingeaut est content de connaître Junior. Grâce à lui, il peut aller dans le monde, dans des fêtes où les filles sont minces et mignonnes et où le champagne des familles remplace la Valstar. Son instinct lui dit que c'est par là qu'il doit aller pour se faire une place au chaud. Les arrière-salles des cafés, les Maryline mal dégrossies, le billard et les foires agricoles, ça va un moment. Alors qu'une soirée chez la fille de Bidule au château de La Bidulière, voilà de l'énergie bien employée.

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Miss Marple I : Le Club du Mardi et Le Sanctuaire d’Astarté – Agatha Christie

Lu dans le cadre du Challenge
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Éditions Theleme – novembre 2010 - lu par Michaël Lonsdale

Club des Masques – 1968 – 186 pages

Le Masque – novembre 1992 – 122 pages

Le Masque – janvier 2001 – 186 pages

Livre de Poche – juin 2002 – 186 pages

Livre de Poche – 2002 – 120 pages

Quatrième de couverture : 
C’est toujours et simplement par déductions logiques que Miss Jane Marple résoud, sans sortir de son fauteuil, tous les mystères criminels que lui soumettent ses amis. Les humains sont partout les mêmes ! De cet adage, Miss Marple fait une loi infaillible pour démasquer les intentions et les secrets de tous. Sur ce CD, deux enquêtes de Miss Marple : Le Club du Mardi et Le Sanctuaire d’Astarté.

Auteur :  Agatha Christie (1890-1976) est la reine incontestée et inégalée du roman policier classique. Née à Torquay, son premier roman La mystérieuse affaire de Styles est publié en 1920 et voit la naissance d’un écrivain et d’un personnage : Hercule Poirot. Très vite, sa renommée est mondiale. Elle est à la tête d’une prodigieuse production littéraire et reste aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus à travers le monde, toutes générations confondues.

Lecteur : Michael Lonsdale, né le 24 mai 1931 à Paris, est un acteur français et anglais de théâtre, de cinéma, et de dramatiques radiodiffusées. 

Mon avis : (écouté en janvier 2013)
Qui ne connait pas Miss Marple, l'un des personnages phares d'Agatha Christie ?
Ce CD audio « Enquêtes de Miss Marple » est composé de deux enquêtes en provenance du recueil de 13 nouvelles policières de Miss Marple au Club du Mardi avec « Le Club du Mardi » et « Le Sanctuaire d’Astarté ».
Raymond West, le neveu, de Miss Marple a réuni chez sa tante quelques amis et ensemble ils imaginent créer le Club du Mardi pour débattre sur des affaires criminelles. A tour de rôle, chacun va proposer une énigme dont il connaît le dénouement, les autres chercheront à la résoudre.
Dans la première nouvelle, trois personnes prennent un repas ensemble, l'une d'elle meurt quelques heures plus tard, qui est coupable ?
Dans la deuxième nouvelle, la nouvelle énigme est autour un lieu magique, il y aura un mort et un blessé...
L'ambiance anglaise est délicieuse avec le thé et le feu dans la cheminée... Et même si Miss Marple tricote silencieuse au fond de son fauteuil, aucun détail ne lui échappe et sa perspicacité est inégalable !
Le lecteur, Michael Lonsdale, est bien sûr très agréable à écouter.
J'ai trouvé cette lecture bien trop courte ! (exactement 56 mn 17 s...)

Extrait : (début du livre)
- Des mystères... jamais éclaircis...
Raymond West exhala une bouffée de fumée et répéta avec un plaisir non dissimulé :
- Des mystères... jamais éclaircis...
Il regarda autour de lui avec satisfaction. La pièce avait un cachet ancien, avec de grosses poutres foncées au plafond et de bons vieux meubles en harmonie avec elle. D'où le coup d’œil approbateur de Raymond West. Écrivain de profession, il aimait que l'environnement soit sans défaut. La maison de sa tante Jane lui avait toujours plu parce qu'elle était le juste décor que réclamait sa personnalité. Elle était assise, très droite, dans un fauteuil de grand-père, de l'autre côté de la cheminée. Miss Marple portait une robe de brocart noir très cintrée, avec de la dentelle de Malines tombant en cascade sur sa poitrine et des mitaines de dentelle noire ; une mantille de dentelle noire surmontait ses cheveux blancs comme neige, relevés en chignon. Elle tricotait quelque chose de blanc, de doux et de floconneux. De ses yeux bleu très pâle, elle observait avec une aimable bienveillance son neveu et les invités du neveu. D'abord Raymond lui-même, réservé et distingué, puis Joyce Lemprière, l'artiste aux cheveux noirs et courts et aux yeux d'un bizarre vert noisette, enfin ce parfait homme du monde qu'était sir Henry Clithering. Il y avait encore deux personnes présentes, le révérend Pender, le vieux pasteur de la paroisse, et Mr Petherick, le notaire, un petit bonhomme desséché qui regardait tout par-dessus ses lunettes. Après avoir accordé un instant d'attention à ces différentes personnes, miss Marple retourna, avec un gentil sourire, à son tricot.

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Lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie
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catégorie "Même pas peur" : 28/12

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