10 décembre 2014

Prix Audiolib 2015...

LOGOTYPE-2015

Lundi dernier, j'ai eu la très bonne surprise d'apprendre que
j'étais retenue pour le Prix audiolib 2015 !

A partir de janvier, je recevrai une sélection de
10 livres audio (parus entre mai 2014 et avril 2015).

Après écoute, je devrais les classer de mon préféré à celui que j'apprécie le moins.

Les 5 premiers titres choisis par le jury des bloggueurs seront alors soumis au vote du public.  

A suivre...

 

Dans le jury Prix audiolib 2015 :

Enna , LeilonnaSandrineSaxaoul, Sophie, Stephie, Sylire, Valérie, 

 

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09 décembre 2014

La Princesse des glaces - Camilla Läckberg

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Audiolib - mai 2010 - 14h15 - Lu par Christine Pâris

Actes Sud - mai 2008 – 382 pages

Babel - mai 2012 - 448 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain

Titre original : Isprinsessan, 2003

Quatrième de couverture :
Erica Falck, trente-cinq ans, installée dans une petite ville tranquille de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre d’une amie d’enfance perdue de vue.
A la conquête de la vérité, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives - rejointe par l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi - plonge dans les strates d’une petite société provinciale et de ses secrets.
Comme le faisait Simenon, Camilla Läckberg, sait à merveille croquer des personnages complexes et mettre à jour une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu’on ne le pense.
Fidèle à l’esprit de Camilla Läckberg, l’interprétation de Christine Pâris sait parfaitement rendre compte des abîmes de cruauté que recouvre la fausse banalité du quotidien.

Auteur : Née en 1974, Camilla Läckberg est l’auteur d’une série de romans policiers mettant en scène le personnage d’Erica Falck et de son compagnon le commissaire Patrik Hedström. L’intrigue se situe toujours à Fjällbacka, ancien port de pêche de la côte ouest en Suède, reconverti en station balnéaire, qui sous des apparences tranquilles cache de sordides relations humaines.
Après La Princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L’Oiseau de mauvais augure (2010), L’Enfant allemand (2011) et La Sirène (2012), Le Gardien de phare (2013), La Faiseuse d'anges (2014).

Lecteur : Comédienne au très beau parcours théâtral, Christine Pâris met son jeu et sa voix au service de pièces exigeantes, comme de séries télévisées divertissantes.

Mon avis : (écouté en décembre 2014)
Cela fait plus d'un an que je voulais relire les aventures d’Erica Falck en livre audio. J'ai eu un peu de mal à obtenir le premier de la série auprès de la Bibliothèque mais je ne regrette vraiment pas d'avoir patienté ! 
J'ai redécouvert avec beaucoup de plaisir le premier tome de cette série suédoise que j'aime beaucoup. Ayant oublié beaucoup de détails de cette première enquête et même la conclusion, j'ai autant apprécié cette lecture que la première fois. 
Erica Falk est écrivain, suite à la mort récente de ses parents, elle est venue s'installer pour quelques temps dans la maison familiale à Fjällbacka, ancien port de pêche de la côte ouest en Suède, devenu une station balnéaire. Elle découvre le cadavre d'une amie d'enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d'eau gelée avec des poignets tailladés. Elle se trouve donc mêlée à l'enquête mené par l'inspecteur Patrik Hedström...
J'aime l'ambiance de la petite ville de Fjällbacka, les nombreux personnages souvent attachants... 
Il est rare que le lecteur d'un roman policier soit une femme, dans ce livre, Christine Pâris réussi parfaitement l'exercice. Et comme l'héroïne principale de cette série est une femme, une voix féminine est logique !
J'ai déjà obtenu à la Bibliothèque le tome n°2 de la série en livre audio et j'ai en réserve les n°4 et n°5, je vais donc pouvoir continuer à écouter petit à petit la série.

Extrait :
La maison était abandonnée et vide. Le froid pénétrait le moindre recoin. Une fine pellicule de glace s’était formée dans la baignoire. La peau de la femme avait commencé à prendre une teinte légèrement bleutée.

C’est vrai, elle ressemblait à une princesse, là dans la baignoire. Une princesse des glaces.
Le sol sur lequel il était assis était glacial, mais le froid lui importait peu. Il tendit la main et la toucha.
Le sang sur les poignets s’était coagulé depuis longtemps.
Jamais son amour pour elle n’avait été plus fort. Il caressa son bras, comme s’il caressait l’âme qui désormais avait déserté le corps.
Il ne se retourna pas en partant. Il ne s’agissait pas d’un adieu, mais d’un au revoir. 

Eilert Berg n’était pas un homme heureux. Il respirait avec difficulté, de petites bouffées blanches sortaient de sa bouche, mais la santé n’était pas ce qu’il considérait comme son plus grand problème.
Svea avait été si belle dans sa jeunesse et il avait eu du mal à patienter avant de pouvoir convoler en justes noces avec elle. Elle avait à l’époque l’air si douce, aimable et un peu timide. Sa véritable nature s’était révélée après une trop courte période de fantaisie juvénile. Depuis près de cinquante ans maintenant, c’était elle qui portait la culotte, et avec fermeté. Mais Eilert avait un secret. Pour la première fois il entrevoyait une possibilité d’un peu de liberté à l’automne de sa vie, et il entendait ne pas la rater.
Il avait travaillé dur comme pêcheur toute sa vie, et ses revenus avaient tout juste suffi à faire vivre Svea et les enfants. Désormais ils ne disposaient que de leurs maigres retraites. Sans économies, il n’avait pu envisager aller s’installer ailleurs, seul, pour refaire sa vie. Puis cette opportunité s’était présentée comme un don du ciel et elle était d’une simplicité enfantine. Si des gens avaient envie de payer des sommes indécentes pour une heure de travail par semaine, c’était leur problème. Il n’irait pas s’en plaindre. En un an seulement, les billets dans la boîte en bois derrière le tas de compost avaient fini par former une liasse impressionnante et d’ici peu il aurait assez d’argent pour pouvoir s’échapper vers des cieux plus cléments.
Il s’arrêta pour reprendre son souffle dans le dernier raidillon et frotta ses mains percluses. L’Espagne, ou la Grèce peut-être, dégèlerait le froid qu’il sentait l’emplir. Eilert pensait avoir encore au moins dix ans devant lui avant que son heure ne sonne, et il avait l’intention de les utiliser au mieux. Pas question de les passer à la maison en compagnie de bobonne.
La promenade matinale quotidienne avait été son seul moment de tranquillité et lui avait permis en outre de faire un peu d’exercice dont il avait bien besoin. Il suivait toujours le même chemin et ceux qui connaissaient ses habitudes sortaient souvent pour bavarder un moment. Il avait particulièrement apprécié les discussions avec la jolie fille dans la maison tout en haut de la montée à côté de l’école de Håkenbacken. Elle n’y venait que le week-end, toujours seule, mais se donnait le temps de parler de la pluie et du beau temps. Mlle Alexandra s’intéressait au Fjällbacka d’autrefois, et ça, c’était un chapitre qu’Eilert aimait bien discuter. Et mignonne aussi, la demoiselle. Ça, c’était quelque chose qu’il appréciait encore, même à son âge. Oh, bien sûr, certaines rumeurs avaient couru sur cette fille, mais si on commençait à écouter ce que disaient les bonnes femmes, on ne ferait bientôt plus que ça.

 

Déjà lu du même auteur :

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L'Oiseau de mauvais augure

l_enfant_allemand L'Enfant allemand cyanure Cyanure la_sir_ne La Sirène 

9782330018962  Le gardien de phare  la faiseuse d'ange La faiseuse d'anges

Challenge Voisins Voisines 2014
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Suède

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  12/25

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21 novembre 2014

Profanes - Jeanne Benameur

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Editions Thélème - octobre 2013 - 8h30 - Lu par Antoine Louvard

Actes Sud - janvier 2013 - 240 pages

Babel - mai 2014 - 288 pages

Quatrième de couverture : 
Ancien chirurgien du coeur, il y a longtemps qu'Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À 90 ans, bien qu'il n'ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une "équipe". Comme autour d'une table d'opération mais cette fois-ci, c'est sa propre peau qu'il sauve.

Auteur :  Née 1952, en Algérie d'un père tunisien et d'une mère italienne, Jeanne Benameur vit en France depuis l'âge de 5 ans. Elle débute sa carrière d'écrivain avec des livres de jeunesse comme 'Samira des quatre routes' ou 'Adil coeur rebelle', avant d'ouvrir son registre à la littérature pour adulte. Lauréate du prix Unicef en 2001, Jeanne Benameur se distingue sur la scène littéraire avec 'Les Demeurées', l'histoire d'une femme illettrée et de sa fille. Directrice de collection chez Actes Sud junior ainsi qu'aux éditions Thierry Magnier, l'auteur publie son autobiographie, 'Ça t'apprendra à vivre' en 1998. Influencée par ses origines culturelles, Jeanne Benameur s'inspire aussi de son expérience d'enseignante pour évoquer les thèmes de l'enfance (' Présent ?') mais aussi de la sensation et du corps (' Laver les ombres') dans un style pudique et délicat. Elle publie aussi 'Les Mains libres'.

Lecteur : Antoine Louvard est élève au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris

Mon avis : (écouté en novembre 2014)
J'ai redécouvert cette lecture avec autant de plaisir que la première fois en écoutant ce livre audio. Il a fallu cependant que je m'habitue au ton, malgré tout, assez monotone du lecteur. 
A 90 ans, Octave Lassalle préfère anticiper, il décide donc de s'entourer de quatre personnes pour l'aider dans son quotidien : Marc s'occupe du petit-déjeuner d'Octave et de l'entretien du jardin. Hélène a comme mission de peindre le portrait de Claire la fille d'Octave, morte accidentellement à l'âge de 19 ans. Yolande s'occupe de la maison, du ménage, du dîner et Béatrice est présente durant la nuit.
L'écriture est sensible, émouvante et pleine de poésie. Jeanne Benameur nous livre des personnages attachants et profonds qui ensemble vont réussir à dépasser leurs douleurs et prendre confiance. Une histoire originale, magnifique, qui fait du bien et nous invite à réfléchir. Un vrai coup dcœur pour moi.  

Extrait : (début du livre)
Ils sont là, derrière la porte. Il ne faut pas que je rate mon entrée.
Maintenant que je les ai trouvés, tous les quatre, que je les ai rassemblés, il va falloir que je les réunisse. Réunir, ce n'est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C'est plus subtil. Il faut qu'entre eux se tisse quelque chose de fort.
Autour de moi, mais en dehors de moi.
Moi qui n'ai jamais eu le don de réunir qui que ce soit, ni famille ni amis. A peine mon équipe à la clinique, parce qu'ils y mettaient du leur. Je leur en savais gré. Ce n'est pas la même affaire dans une clinique, les choses se font parce que sinon c'est la vie qui part. Ce n'est pas autour de moi qu'ils étaient réunis, c'était contre la mort. Et ça, c'est fort.
Là, j'ai su tenir ma place.

J'ai quatre-vingt-dix ans. J'ai à nouveau besoin d'une équipe.
Il faut que ces quatre-là, si différents soient-ils, se tiennent. Pour mon temps à venir. Je m'embarque pour la partie de ma vie la plus précieuse, celle où chaque instant compte, vraiment. Et j'ai décidé de ne rien lâcher, rien.
Les quatre, là, derrière la porte, je les ai choisis avec soin, tant que ma conscience est aiguë. Pas question qu'on me colle n'importe qui pour s'occuper de ma carcasse quand il sera trop tard pour choisir. J'ai encore toutes mes facultés intellectuelles et physiques, même si le corps fatigue trop vite, regimbe et pousse trop la douleur dans les articulations. Je n'ai pas besoin d'eux aujourd'hui, mais j'ai toujours su anticiper.
C'est ce qui a fait de moi un bon chirurgien.
Un bon chasseur aussi.
Un paradoxe, oui, il a toujours fallu une once de mort dans ma vie.
Les bêtes tuées en plein élan, c'était mon tribut à payer. Juste "redonner la vie" à des patients, c'aurait été se prendre pour Dieu. La chasse, c'était ma façon de garder l'équilibre. Je n'y prenais pas vraiment de plaisir. Je buvais avec les autres après, je festoyais aussi. Et je retournais à la clinique.
J'ai arrêté la chasse le jour où je n'ai plus opéré.

Depuis j'ai eu le temps de réfléchir, de décider. Pas de pourriture dans le vivant, alors pas d'arrêt. C'est l'arrêt du désir qui fait le nid à tout ce qui crève. Plus d'élan, plus de vie.
Et moi je veux vivre. Pas en attendant. Pleinement.

J'ai trop vu comment ça se passait pour ceux qu'on appelle "les patients". C'est dans les chairs aussi, leur "patience". C'est cette "patience" que j'ai essayé d'extraire chaque fois que j'opérais. Cette patience-là n'est pas une vertu, quoi qu'on en dise. J'y ai mis toute ma science de bon chirurgien.

 

Déjà lu du même auteur :
les_demeur_es Les Demeurées les_mains_libres_p_ Les Mains libres 
c_a_t_apprendra___vivre Ça t'apprendra à vivre laver_les_ombres  Laver les ombres 
si_m_me_les_arbres_meurent_2 Si même les arbres meurent pr_sent Présent ? 
les_insurrections_singuli_res Les insurrections singulières profanes Profanes 

2013-12-31_160044 Pas assez pour faire une femme

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16 novembre 2014

Six ans déjà - Harlan Coben

Lu dans le cadre du Challenge
 
"Ecoutons un livre"
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Audiolib - Mars 2014 - 8h49 - Lu par Arnaud Romain

Belfond - mars 2014 - 368 pages

France Loisirs - novembre 2013 - 384 pages

traduit de l'américain par Roxane Azimi

Titre original : Six years, 2013

Quatième de couverture :
Six ans ont passé depuis que Jake a vu Natalie, la femme de sa vie, en épouser un autre. Six ans à lutter contre lui-même pour tenir sa promesse de ne pas chercher à la revoir. Et puis un jour, une nécro : Natalie est veuve. Et soudain, l’espoir renaît. Mais aux funérailles, c’est une parfaite inconnue qui apparaît. Où est Natalie ? Pourquoi s’est-elle évaporée six ans plus tôt ? Jusqu’où lui a-t-elle menti ? Déterminé à retrouver celle qui lui a brisé le coeur, Jake va devenir la proie d’une machination assassine. Et découvrir qu’en amour, il est des vérités qui tuent…

Tension meurtrière, fausses pistes, rebondissements à la pelle ; un chef-d’oeuvre de suspense et d’émotions, une plongée au bout de l’angoisse par le maître de vos nuits blanches.
Arnaud Romain restitue à la traque de Jake toutes les nuances dont Harlan Coben sait doter ses personnages pris au piège d’une réalité insoupçonnée.

Auteur : Né en 1962, Harlan Coben vit dans le New Jersey avec sa femme et leurs quatre enfants. Diplômé en sciences politiques du Amherst College, il a rencontré un succès immédiat dès ses premiers romans, tant auprès de la critique que du public. Il est le premier auteur à avoir reçu le Edgar Award, le Shamus Award et le Anthony Award, les trois prix majeurs de la littérature à suspense aux États- Unis. Après Ne le dis à personne… (2002) - Prix des lectrices de Elle et adapté au cinéma par Guillaume Canet -, Dans les bois (2007) ou encore Sans un mot (2008), Six ans déjà est son quatorzième roman paru chez Belfond.

Lecteur : Arnaud Romain est auteur, comédien et chanteur et a participé à de nombreux spectacles salués par des Molière ou programmés à Avignon. Il est l’un des comédiens de prédilection d’Isabelle Mergault ou d’Alain Sachs, qu’il assiste pour ses mises en scène. Enfin, sa pratique de l’écriture en tant qu’adaptateur le rend particulièrement sensible aux intentions d’un auteur.

Mon avis : (écouté en octobre 2014)
Voilà un Harlan Coben plutôt réussi, une intrigue efficace, une histoire captivante, un livre qui tient en haleine du début à la fin.
Jack a promis à Natalie, son ancienne petite amie, de ne pas chercher à la revoir. Celle-ci l'avait quitté pour épouser Todd. Six ans plus tard,  Jack apprend la mort de Todd et cherche à revoir Natalie, à sa grande surprise, il découvre que la veuve n'est pas Natalie. Il va donc se mettre à la recherche de celle-ci et s'attirer quelques problèmes... 

Le livre est rythmé par de nombreux rebondissements, de suspens, le dénouement est inattendu mais un peu faible à mon goût.
Le narrateur est très agréable à écouter et met bien en valeur le texte. 

Extrait : (début du livre)
Assis dans la rangée du fond, j’assistais au mariage de la femme de ma vie. Avec un autre.
Natalie était en blanc, bien sûr, et tout simplement sublime. Sa beauté semblait me narguer. Elle avait toujours eu ce côté vulnérable, mélange de force et de douceur, mais ce jour-là, je lui trouvais un air évanescent, presque irréel.
Elle se mordit la lèvre. Je repensai à ces grasses matinées où nous faisions l’amour, après quoi elle enfilait ma chemise bleue, et nous descendions prendre le petit déjeuner. On lisait le journal, puis elle sortait son carnet de croquis et commençait à griffonner. Pendant qu’elle me dessinait, elle se mordait la lèvre comme maintenant.
Mais qu’est-ce qui m’avait pris de venir ?
Croyez-vous au coup de foudre ? Moi non plus. Je crois, en revanche, à une attirance profonde, pas seulement physique, au premier regard. Je crois qu’une fois – peut-être deux – dans sa vie, on se sent attiré par quelqu’un d’une manière viscérale, immédiate… plus puissante qu’un aimant. C’est ce qui m’était arrivé avec Natalie. Quelquefois, ça s’arrête là. Quelquefois, ça grandit, prend de l’ampleur et se mue en un raz de marée parti pour durer éternellement.
Et quelquefois, on se met le doigt dans l’œil jusqu’au coude.
J’avais pensé naïvement que nous deux, c’était pour toujours. Moi qui fuyais toute forme d’engagement, j’avais su d’emblée – enfin, au bout d’une semaine – que cette femme-là, je me réveillerais à ses côtés chaque jour que Dieu fait. Que je donnerais ma vie pour elle. Que je ne pourrais plus me passer d’elle, et qu’avec elle, le quotidien deviendrait inoubliable.
Pitoyable, n’est-ce pas ?
Le révérend au crâne rasé était en train de parler, mais le sang qui palpitait dans mes oreilles m’empêchait de suivre son discours. Je fixais Natalie. Je voulais qu’elle soit heureuse. Ce n’était pas un vœu pieux, un bobard qu’on se raconte. Car, pour être honnête, quand l’autre ne veut plus de nous, on aurait tendance à lui souhaiter tous les malheurs du monde, non ? Moi, je le pensais vraiment. Si j’avais été convaincu que Natalie serait plus heureuse sans moi, je l’aurais laissée partir, quitte à en souffrir comme un damné. Mais je n’étais pas convaincu, quoi qu’elle dise ou fasse. Ou alors je me cherchais des justifications, je me mentais à moi-même.
Natalie n’avait même pas regardé dans ma direction, mais je vis sa bouche se crisper. Elle savait que j’étais là. Ses yeux étaient rivés sur son futur époux. Qui, je l’avais appris récemment, se prénommait Todd. Je déteste ce prénom, Todd. Todd. À tous les coups, on le surnommait Toddy, Toddman ou le Toddster.
Todd avait les cheveux longs et une barbe de quatre jours… Certains trouvaient ça cool, et d’autres, comme moi, auraient plutôt eu envie de le baffer. Son regard glissa subrepticement sur l’assistance avant de s’arrêter, eh bien, oui, sur moi. L’espace d’une seconde, il parut me jauger, puis décida que je n’étais pas digne d’intérêt.
Pourquoi Natalie avait-elle renoué avec lui ?

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  10/25

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16 octobre 2014

Le Petit Prince - Antoine de Saint Exupéry

 Lu dans le cadre du Challenge
 
"Ecoutons un livre"
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le petit prince_folio le petit prince_ecoutez lire

Musidisc - 1954 - 34 min - Lu par Gérard Philipe

Deesse - 45 min - Lu par Mouloudji et Eric Rémy

Folio - mars 2007 - 120 pages

Ecoutez lire - avril 2006 - 2h10 - Lu par Bernard Giraudeau

Présentation : 
Héros de l'aviation qui disparut en 1944, Antoine de Saint-Exupéry a laissé à la postérité plusieurs livres qui, à l'image de Vol de nuit et de Terre des hommes, ont fasciné plusieurs générations. Mais le plus célèbre, en tout cas celui qui fait l'unanimité chez les adultes comme chez les enfants, est de toute évidence Le Petit Prince. Ce sommet du conte humaniste, nul mieux que Gérard Philipe ne pouvait le confier à la cire. Aujourd'hui réédité en CD, Le Petit Prince garde toute sa force poétique.

Auteur : Antoine  de Saint-Exupéry, né le 29 juin 1900 à Lyon et disparu en vol le 31 juillet 1944 en mer, au large de Marseille. Mort pour la France, il est un écrivain, poète, aviateur et reporter français.

Lecteurs : Gérard Philipe dans le rôle du récitant, Georges Poujouly dans le rôle du petit prince, Pierre Larquey dans le rôle de l'allumeur de réverbères, Michel Roux dans le rôle du serpent, Jacques Grello dans le rôle du renard, et Sylvie Pelayo dans le rôle de la rose.

Mon avis : (écouté en octobre 2014)
C'est l'adaptation phonographique de 1954, avec Gérard Philipe dans le rôle du récitant, Georges Poujouly dans le rôle du Petit Prince, Pierre Larquey dans le rôle de l'allumeur de réverbères, Michel Roux dans le rôle du serpent, Jacques Grello dans le rôle du renard, et Sylvie Pelayo dans le rôle de la rose.
J'ai choisi cette version car nous avions à la maison le vinyle de ce conte et enfant, je l'ai écouté des dizaines et des dizaines de fois. J'ai été un peu déçue car le CD ne propose qu'une sélection de 34 minutes, il n'y a donc qu'un extrait du texte original, les visites de toutes les planètes ont été coupées, seule celle de l'allumeur de réverbère est présente...

En début de semaine, j'ai trouvé à la bibliothèque la version lu par Mouloudji et même si c'est également une version non complète, j'ai apprécié de retrouver l'essentiel du Petit Prince avec le tour des planètes du businessman, du géographe, du vaniteux, du buveur, du roi et de l'allumeur de réverbère et en bonus la flûte de pan de Gheorghe Zamfir pour les interludes.

Une histoire que j'aime redécouvrir, cela fait du bien de retrouver son âme d'enfant. La poésie de ce conte universel me bouleverse toujours. Mais je préfère la version papier avec les belles aquarelles de l'auteur...

Lecteurs : Mouloudji dans le rôle du récitant, Eric Rémy dans le rôle du petit prince, Jean Carmet dans le rôle de l'allumeur de réverbères, Pascal Mazotti dans le rôle du serpent, Claude Piéplu dans le rôle du renard, et Danièle Lebrun dans le rôle de la fleur, Romain Bouteille  dans le rôle du businessman, Raoul De Godewarsvelde dans le rôle du buveur, Michel Célie dans le rôle du géographe, Robert Lefebvre dans le rôle du roi et Bernard Dimey dans le rôle du vaniteux.

Extrait : (chapitre II)
J’ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu’à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s’était cassé dans mon moteur. Et comme je n’avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C’était pour moi une question de vie ou de mort. J’avais à peine de l’eau à boire pour huit jours. 
Le premier soir je me suis donc endormi sur le sol à mille milles de toute terre habitée. 
J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé. Elle disait : 
– S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! 
– Hein ! 
– Dessine-moi un mouton… 
J’ai sauté sur mes pieds comme si j’avais été frappé par la foudre. J’ai bien frotté mes yeux. J’ai bien regardé. Et j’ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement. 
Voilà le meilleur portrait que, plus tard, j’ai réussi à faire de lui. Mais mon dessin, bien sûr, est beaucoup moins ravissant que le modèle. Ce n’est pas ma faute. J’avais été découragé dans ma carrière de peintre par les grandes personnes, à l’âge de six ans, et je n’avais rien appris à dessiner, sauf les boas fermés et les boas ouverts. 
Je regardai donc cette apparition avec des yeux tout ronds d’étonnement. N’oubliez pas que je me trouvais à mille milles de toute région habitée. Or mon petit bonhomme ne me semblait ni égaré, ni mort de fatigue, ni mort de 
faim, ni mort de soif, ni mort de peur. Il n’avait en rien l’apparence d’un enfant perdu au milieu du désert, à mille milles de toute région habitée. 
Quand je réussis enfin à parler, je lui dis : – Mais… qu’est-ce que tu fais là ? 
Et il me répéta alors, tout doucement, comme une chose très sérieuse : 
– S’il vous plaît… dessine-moi un mouton… 
Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobéir. Aussi absurde que cela me semblât à mille milles de tous les endroits habités et en danger de mort, je sortis de ma poche une feuille de papier et un stylographe.
Mais je me rappelai alors que j’avais surtout étudié la géographie, l’histoire, le calcul et la grammaire et je dis au petit bonhomme (avec un peu de mauvaise humeur) que je ne savais pas dessiner. Il me répondit : 
– Ça ne fait rien. Dessine-moi un mouton. 
Comme je n’avais jamais dessiné un mouton je refis, pour lui, l’un des deux seuls dessins dont j’étais capable. Celui du boa fermé. Et je fus stupéfait d’entendre le petit bonhomme me répondre : 
– Non ! Non ! je ne veux pas d’un éléphant dans un boa. Un boa c’est très dangereux, et un éléphant c’est très encombrant. 
Chez moi c’est tout petit. J’ai besoin d’un mouton. Dessine-moi un mouton. 
Alors j’ai dessiné. 

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Il regarda attentivement, puis : 
– Non ! Celui-là est déjà très malade. Fais-en un autre. 
Je dessinai : 

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Mon ami sourit gentiment, avec indulgence : 
– Tu vois bien… ce n’est pas un mouton, c’est un bélier. Il a des cornes… 
Je refis donc encore mon dessin : 

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Mais il fut refusé, comme les précédents : 
– Celui-là est trop vieux. Je veux un mouton qui vive longtemps. 
Alors, faute de patience, comme j’avais hâte de commencer le démontage de mon moteur, je griffonnai ce dessin-ci.

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Et je lançai : 
– Ça c’est la caisse. Le mouton que tu veux est dedans. 
Mais je fus bien surpris de voir s’illuminer le visage de mon jeune juge : 
– C’est tout à fait comme ça que je le voulais ! 
Crois-tu qu’il faille beaucoup d’herbe à ce mouton ? 
– Pourquoi ? 
– Parce que chez moi c’est tout petit… 
– Ça suffira sûrement. Je t’ai donné un tout petit mouton. 
Il pencha la tête vers le dessin : 
– Pas si petit que ça… Tiens ! Il s’est endormi… 
Et c’est ainsi que je fis la connaissance du Petit Prince.

 

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14 octobre 2014

La petite communiste qui ne souriait jamais - Lola Lafon

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Audiolib - juin 2014 - 7h41 - Lu par Chloé Lambert

Actes Sud - janvier 2014 - 272 pages

Quatrième de couverture :
Fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ? Le roman acrobate de Lola Lafon, aussi audacieux que les figures de l’enfant entrée dans la légende, rend l’hommage d’une fiction à celle-là même qui permit aux petites filles de l’été 1976 de rêver, elles aussi, de s’élancer vers le ciel.
Une interprétation en miroir, dans laquelle, comme chez la jeune héroïne dont est contée l’histoire, la poésie et la grâce naissent d’une parfaite maîtrise faisant, un temps, taire les vociférations d’une époque écartelée.

Auteur : Écrivain et musicienne, Lola Lafon est l’auteure de trois romans parus aux éditions Flammarion : Une fièvre impossible à négocier (2003) ; De ça je me console (2007) et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce (2011) qui reparaît en poche en mai 2014 (Actes Sud – Babel). Elle a également signé deux albums chez Harmonia Mundi : Grandir à l’envers de rien (2006) et Une vie de voleuse (2011).

Lecteur : De formation dramatique, Chloé Lambert joue sur les planches du Théâtre Edouard VII, du Festival d’Avignon, du Rond Point… aux côtés de Pierre Arditi, Fabrice Luchini, ou encore sous la direction de Florian Zeller et Danièle Thompson. Elle interprète aussi régulièrement des rôles face caméra, notamment dans le film Mariages ! ou le téléfilm Chez Maupassant - L’Héritage aux côtés d’Eddy Mitchell.

Mon avis : (écouté en octobre 2014)
Juillet 1976, Jeux Olympiques de Montréal, Nadia Comaneci entre dans l'histoire de la gymnastique et devient l'emblème de son pays : la Roumanie alors sous l'emprise du dictateur communiste Ceausescu.
Pour raconter la vie de l'athlète de 1969 à 1990, l'auteur imagine un échange entre Nadia et la narratrice. Elle s'appuie sur les événements et les dates connues, pour le reste c'est un travail de fiction très bien documenté. Cela permet d'avoir les points de vues de quelqu'un de l'Est et de quelqu'un de l'Ouest...
J'ai beaucoup aimé écouter ce livre, le personnage de Nadia est attachant, avec son parcours le lecteur découvre les méthodes d'entraînement des petites gymnastes, le régime communisme en Roumanie... Les victoires de Nadia ont permis à la Roumanie de sortir de l'ombre. Mais sa vie n'a pas été facile, lorsque son corps se transforme et qu'elle devient femme, j'ai été touchée par sa douleur, même si elle continue à s'entraîner sans relâche, son corps ne lui permet plus de renouveler ses exploits. Puis, elle va être accusée d'être complice du régime de Ceausescu. Quinze jours avant la chute de ce dernier, elle fuit la Roumanie pour les États-Unis où la conquête de sa liberté ne sera pas facile...
En 1976, Nadia Comaneci a fait rêver le monde ce livre nous permet de découvrir le revers de ses belles médailles. Et si Nadia ne souriait pas, c'est qu'elle était concentrée pour réussir au mieux son travail... gagner des médailles pour son pays.
J'ai bien aimé le lecteur de ce livre audio, même si la construction du livre fait qu'il y a de nombreuses interruptions de la lecture par des jingles que je trouvais un peu pénible à la longue... 

L'entretien avec l'auteur en fin du livre audio est vraiment très intéressant, il complète bien la lecture du livre.

Merci Babelio et les éditions Audiolib pour ce partenariat.

Autres avis : EnnaSandrineSaxaoulLiliba, Sylire

Extrait : (début du livre)
Quel âge a-t-elle, demande la juge principale, incrédule, à l’entraîneur. Ce chiffre, quatorze, lui donne un frisson. Ce que la petite a effectué à l’instant dézingue le déroulement des chiffres, des mots et des images. Il ne s’agit plus de ce que l’on comprend. On ne saurait noter ce qui vient d’advenir. Elle jette la pesanteur par-dessus son épaule, son corps frêle se fait de la place dans l’atmosphère pour s’y lover.

Mais pourquoi personne ne les a prévenus qu’il fallait regarder par là, ragent ceux qui ratent le moment où, sur les dix centimètres de largeur de la poutre, Nadia C. se lance en arrière et, les bras en croix, donne un coup de pied à la lune, saut à l’aveugle, et ils se tournent les uns vers les autres, est-ce que quelqu’un a compris, est-ce que vous avez compris ?
Le panneau électronique affiche COMANECI NADIA, ROMANIA suivi de 73, son dossard, et là où il devrait y avoir sa note : rien.
On attend. Blêmes, les gymnastes soviétiques vont et viennent dans les travées réservées aux entraîneurs et aux compétitrices qui ont terminé. Elles savent. Les coéquipières de la Roumaine, elles, semblent au désespoir, Dorina tient ses mains jointes, Mariana murmure une phrase en boucle, une autre est affalée, les yeux fermés ; Nadia, elle, un peu à l’écart, sa queue de cheval de travers, ne jette pas un regard au tableau d’affichage. Et c’est lui qu’elle voit en premier, Béla, son entraîneur, debout, les bras au ciel, la tête renversée en arrière ; elle se tourne enfin et découvre sa sanction, ce terrible 1 sur 10 qui s’inscrit en nombres lumineux face aux caméras du monde entier. Un virgule zéro zéro. Elle repasse de possibles fautes dans sa tête, l’arrivée du périlleux arrière éventuellement, pas assez stable, qu’est-ce qu’elle a pu faire pour mériter ça ? Béla la serre dans ses bras, t’en fais pas chérie, on va déposer une réclamation. Mais un des juges attire son attention. Parce que le Suédois se lève. Parce qu’il a les larmes aux yeux et la fixe. Et tous raconteront cet instant tant et tant de fois qu’elle n’est plus sûre aujourd’hui de l’avoir vécu, peut-être l’a-t-elle vu à la télé, peut-être cet épisode a-t-il été écrit pour un film. Le public s’est levé et de leurs dix-huit mille corps provient l’orage, leurs pieds grondent rythmiquement au sol et le Suédois dans le vacarme ouvre et ferme la bouche, il prononce des mots inaudibles, des milliers de flashs forment une pluie d’éclats inégaux, elle entrevoit le Suédois, que fait-il, il ouvre ses deux mains et le monde entier filme les mains du juge vers elle. Alors, la petite tend ses deux mains vers lui, elle demande confirmation, c’est un… dix ? Et lui, doucement, hoche la tête en gardant ses doigts ouverts devant son visage, des centaines de caméras lui cachent l’enfant, les gamines de l’équipe roumaine dansent autour d’elle, oui, amour, oui, ce un virgule zéro zéro est un dix.

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Version papier : 

 94110928 La petite communiste qui ne souriait jamais 

 

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30 septembre 2014

Un avion sans elle - Michel Bussi

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Editions VDB - juillet 2012 - 14h30 - Lu par José Heuzé et Isabelle Miller

Presse de la Cité - janvier 2012 - 532 pages

Pocket - mars 2013 - 570 pages

Quatrième de couverture :
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de trois mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée Libellule.
Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’affaire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.
Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masques tombent.
Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ?
Ou bien quelqu’un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?

Auteur :  Il est professeur de géographie et directeur du laboratoire de modélisation et traitements graphiques en géographie. Comme chercheur universitaire, il publie depuis une vingtaine d’années des articles et ouvrages scientifiques. 

Lecteurs : 
Isabelle Miller est comédienne de théâtre de formation classique, elle prête sa voix à des personnages de séries TV (Desperate housewives…) et de cinéma (Les 4 Fantastiques…). Elle a également été amenée à travailler pour la télévision (documentaires) et la radio (fictions).
José Heuzé

Mon avis : (écouté en septembre 2014)
Tout commence le 23 décembre 1980, lorsque l'avion Paris-Istanbul décroche et s'écrase sur les pentes du Mont Terrible dans le Jura. A bord de l'avion il y a 169 personnes, il y aura 1 seul survivant, une petite fille aux grands yeux bleus de quelques mois éjectée de l'appareil avant qu'il prenne feu... Qui est ce bébé ? Lyse-Rose ou Emilie ? La petite-fille de Léonce et Mathilde de Carville, riches industriels du Val de Marne ou celle de Pierre et Nicole Vitral, commerçants ambulants à Dieppe ? A l'époque, les tests ADN n'existent pas encore, impossible d'établir avec certitude l'identité de l'enfant, c'est finalement la justice qui tranche et Lylie est confiée aux Vitral. Mathilde de Carville engage à grands frais Crédule Grand-Duc, détective privé, pour enquêter jusqu'au 18 ans de Lylie et établir avec certitude son origine.
Dix-huit ans plus tard, Crédule Grand-Duc vient de terminer de rédiger le cahier de ses 18 ans d'enquêtes qu'il compte remettre à Lylie. L'enquête n'ayant pas abouti, déprimé, il s'apprête à mettre fin à ses jours et soudain, il comprend...

Avec la lecture de ce cahier, le lecteur découvre l'histoire de Lylie et son dénouement incroyable.
La construction de l'histoire est palpitante et la version audio à deux voix est très réussie.

 

Extrait :
23 décembre 1980, 00 h 33
L'Airbus 5403 Istanbul-Paris décrocha. Un plongeon de près de mille mètres en moins de dix secondes, presque à la verticale, avant de se stabiliser à nouveau. La plupart des passagers dormaient. Ils se réveillèrent brusquement, avec la sensation terrifiante de s'être assoupis sur le fauteuil d'un manège de foire.
Ce furent les hurlements qui brisèrent net le fragile sommeil d'Izel, pas les soubresauts de l'avion. Les bourrasques, les trous d'air, elle en avait l'habitude, depuis presque trois ans qu'elle enchaînait les tours du monde pour Turkish Airlines. C'était son heure de pause. Elle dormait depuis moins de vingt minutes. Elle avait à peine ouvert les yeux que sa collègue de garde, Meliha, une vieille, penchait déjà vers elle son décolleté boudiné.
- Izel ? Izel ? Fonce ! C'est chaud. C'est la tempête, dehors, il paraît. Zéro visibilité, d'après le commandant. Tu prends ton allée ?
Izel afficha l'air lassé de l'hôtesse expérimentée qui ne panique pas pour si peu. Elle se leva de son siège, réajusta son tailleur, tira un peu sur sa jupe, admira un instant le reflet de son joli corps de poupée turque dans l'écran éteint devant elle et avança vers l'allée de droite.
Les passagers réveillés ne hurlaient plus, mais ouvraient des yeux plus étonnés qu'inquiets.
L'avion continuait de tanguer. Izel entreprit de se pencher avec calme sur chacun d'entre eux.
- Tout va bien. Aucun souci. On traverse simplement une tempête de neige au-dessus du Jura. On sera à Paris dans moins d'une heure.
Le sourire d'Izel n'était pas forcé. Son esprit vagabondait déjà vers Paris. Elle devait y rester trois jours, jusqu'à Noël. Elle était excitée comme une gamine à l'idée de jouer lesStambouliotes libérées dans la capitale française.
Ses attentions rassurantes se posèrent successivement sur un garçon de dix ans qui s'accrochait à la main de sa grand-mère, sur un jeune cadre à la chemise froissée qu'elle aurait volontiers recroisé le lendemain sur les Champs-Élysées, sur une femme turque dont le voile, sans doute mal ajusté à cause du réveil brutal, lui barrait la moitié des yeux, sur un vieil homme recroquevillé sur lui-même, les mains coincées entre ses genoux, qui lui jetait un regard implorant...
- Tout va bien. Je vous assure.
Izel progressait calmement dans l'allée quand l'Airbus pencha à nouveau sur le côté.
Quelques cris fusèrent. Un jeune type assis sur la droite d'Izel, qui tenait à deux mains un baladeur-cassette, cria d'un air faussement enjoué :
- C'est pour quand, le looping ?

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  6/25

 

Déjà lu du même auteur : 

Ne_lache_pas_ma_main_600x966 Ne lâche pas ma main 98872184 Nymphéas noirs 

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16 septembre 2014

La couleur des sentiments - Kathryn Stockett

Lu dans le cadre du Challenge
 
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Audiolib - juin 2011 -17h50 - Lu par Nathalie HonsNathalie HugoCachou Kirsch et Valérie Lemaître

Jacqueline Chambon Editions - septembre 2010 – 525 pages

Babel - octobre 2013 - 624 pages

traduction de l'anglais (États-Unis) par Pierre Girard

Titre original : The Help, 2009

Quatrième de couverture : 
En 1962, à Jackson, Mississipi, chez les Blancs, ce sont les Noires qui font le ménage et élèvent les enfants. Sans mot dire, sous peine de devoir prendre la porte. Est-ce le cas de Constantine, l’employée des Phelan, dont on n’a plus aucune nouvelle ? Mais franchement, qui s’en soucierait ? Ses amies, Minny et Aibileen, et surtout Skeeter, la propre fille des Phelan. La jeune étudiante blanche et les deux employées noires vont lier une alliance imprévisible pour « comprendre ». Passionnant de bout en bout, La Couleur des sentiments a déjà conquis plus de deux millions de lecteurs, connu le succès au cinéma (The help) et obtenu le Grand prix des lectrices de Elle en 2011. Timbres différents, conviction ou verve identiques : Marie Lemaître, Nathalie Hons, Nathalie Hugo et Cachou Kirsch marient leurs voix comme les héroïnes du roman leur volonté que « les choses changent ». Leur lecture a été récompensée par le Prix du livre audio Lire dans le noir en 2011.

Auteur : Kathryn Stockett a grandi à Jackson, Elle vit actuellement à Atlanta avec son mari et leur fille, et travaille à l’écriture de son deuxième roman.

Lecteurs : Nathalie Hons : Comédienne de théâtre, elle découvre le monde du doublage. Depuis elle ne l’a jamais quitté et prête sa voix à de nombreux personnages. 
Nathalie Hugo : Cette comédienne de théâtre au riche parcours exerce également ses talents dans des comédies musicales, le doublage de films de cinéma ou de télévision et celui de dessins animés. 
Cachou Kirsch : Comédienne bruxelloise et sociologue de formation, Cachou Kirsch joue depuis 2003, sur les planches comme à l'écran... Elle est également chargée de production du Festival Esperanzah!, ainsi que musicienne. En 2007, elle a été nominée en tant qu'Espoir féminin aux Prix du Théâtre belge. 
Valérie Lemaître : Formée au conservatoire d’art dramatique de Bruxelles, Valérie Lemaître mène une carrière exigeante au cinéma et au théâtre. Elle écrit et met en scène pour le théâtre et la télévision.

Mon avis : (écouté en août 2014)
J'ai adoré cette relecture en mode audio de ce livre que j'avais tellement aimé. 
Il y a 4 lectrices pour ce livre, mais c'est surtout le texte en lui-même qui permet de différencier les trois personnages principaux, sans oublier que cela est bien notifié au début de chaque chapitre.
Nous sommes à Jackson, petite ville du Mississipi dans les années 60. Elles sont trois femmes : Aibileen et Minny deux bonnes noires et Miss Steeker une jeune femme blanche. On découvre une ségrégation qui perdure malgré tout, car des lois continuent à séparer les deux populations. De la rencontre improbable entre Miss Steeker, jeune bourgeoise blanche et Aibileen et Minny va naître une amitié et surtout un livre racontant les histoires des bonnes noires au service des maîtres blancs. Elles évoquent les vexations, les colères contenues et leurs tendresses immenses pour les enfants qu'elles élèvent.
Une histoire simple avec des personnages très attachants qui fait passer le lecteur par toutes les émotions de la tristesse à la colère sans oublier le rire car certaines situations sont vraiment pleines d’humour…

Plus de 3 ans après ma première lecture ce livre reste un grand coup de cœur ! 

Extrait : (début du livre)
AIBILEEN


Août 1962

Mae Mobley, elle est née de bonne heure un dimanche matin d'août 1960. Un bébé d'église, comme on dit. Moi je m'occupe des bébés des Blancs, voilà ce que je fais, et en plus, de tout le boulot de la cuisine et du ménage. J'en ai élevé dix-sept de ces petits, dans ma vie. Je sais comment les endormir, les calmer quand ils pleurent et les mettre sur le pot le matin, avant que les mamans aient seulement le temps de sortir du lit.
Mais un bébé qui hurle comme Mae Mobley Leefolt, ça j'en avais jamais vu. Le premier jour que je pousse la porte je la trouve toute chaude et toute rouge à éclater et qui braille et qui se bagarre avec son biberon comme si c'était un navet pourri. Miss Leefolt, elle a l'air terrifiée par son propre enfant. "Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Pourquoi je ne peux pas arrêter ça ?"
Ça ? Tout de suite, je me suis dit : il y a quelque chose qui cloche ici.
Alors j'ai pris ce bébé tout rouge et hurlant dans mes bras. Je l'ai un peu chahuté sur ma hanche pour faire sortir les gaz et il a pas fallu deux minutes pour que Baby Girl arrête de pleurer et me regarde avec son sourire comme elle sait faire. Mais Miss Leefolt, elle a plus pris son bébé de toute la journée. Des femmes qui attrapent le baby blues après l'accouchement, j'en avais déjà vu des tas. Je me suis dit que ça devait être ça.
Mais il y a une chose avec Miss Leefolt : c'est pas juste qu'elle fronce tout le temps les sourcils, en plus elle est toute maigre. Elle a des jambes tellement fines qu'on les dirait poussées de la semaine dernière. A l'âge de vingt-trois ans, la voilà efflanquée comme un gamin de quatorze. Même ses cheveux bruns sont tellement fins qu'on voit à travers. Elle essaie de les faire bouffer, mais ça les fait seulement paraître plus fins. Et sa figure, elle ressemble à celle du diable rouge sur la bonbonnière, avec le menton pointu et tout. Pour tout dire, elle a le corps tellement plein de pointes et de bosses qu'il faut pas s'étonner si elle arrive jamais à calmer ce bébé. Les bébés, ils aiment les grosses. Ils aiment fourrer la tête sous votre bras pour s'endormir. Ils aiment les grosses jambes, aussi. Ça, je peux vous le dire.
Mae Mobley, à un an, elle me suivait déjà partout où j'allais. Quand arrivait cinq heures elle se cramponnait à mes Scholl, elle se traînait par terre et elle bramait comme si j'allais jamais revenir. Après, Miss Leefolt me regardait de travers, à croire qu'il aurait pas fallu décrocher ce bébé qui criait à mes pieds. Je pense que c'est le risque qu'on prend, quand on laisse quelqu'un d'autre élever ses enfants.   

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n°1

Challenge Petit Bac 2014
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"Couleur" (11)

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Le mois américain

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16 juillet 2014

Le cœur régulier - Olivier Adam

Lu dans le cadre du Challenge
 
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Audiolib - février 2011 - 5h11 - Lu par Christine Boisson

Editions de l’Olivier – août 2010 – 231 pages

Points - août 2011 - 216 pages

Quatrième de couverture : 
« De loin, on ne voit rien », disait souvent Nathan. Depuis la mort de ce frère tant aimé, Sarah se sent de plus en plus étrangère à sa vie. En plein désarroi, elle se réfugie dans un village japonais où Nathan disait avoir trouvé la paix, auprès d’un certain Natsume. Sarah espère se rapprocher ainsi de ce frère disparu. Mais c’est sa propre histoire qu’elle va redécouvrir, non sans périls.
Dans ce roman qu’on pourrait dire impressionniste, Olivier Adam scrute les plus infimes mouvements du cœur tout en posant les grandes questions qui dérangent…
Il fallait beaucoup de finesse pour déplier la délicate étoffe des sentiments qui liaient Sarah à son frère Nathan. L’interprétation de Christine Boisson restitue à merveille la complexité de ces émotions qui affleurent à peine à la conscience.

Auteur : Olivier Adam est né en 1974. Après avoir grandi en banlieue et vécu à Paris, il s’est installé à Saint-Malo. Il est l’auteur de nombreux livres souvent primés, dont Passer l’hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), À l’abri de rien, (prix France Télévisons 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008), Des vents contraires (Prix RTL-Lire 2009).

Lecteur : Christine Boisson ne craint pas les textes, les réalisateurs ou metteurs en scène exigeants. Elle fut Cora dans Extérieur nuit, de Jacques Bral, Ida, dans Identification d’une femme, d’Antonioni, joua Racine sous la direction de Roger Planchon et Harold Pinter, sous celle de l’auteur. D’indiscutables gages d’excellence.

Mon avis : (écouté en juillet 2014)
Sarah a une vie bien réglée, mariée, mère de deux adolescents, une belle maison et un travail. Mais son frère, Nathan, s'est tué dans un accident de voiture et lorsque qu'elle apprend le drame, Sarah ne peut s'empêcher de penser : « il l’a fait exprès ». Car Nathan a toujours été un jeune homme instable. Pendant l'enfance et l'adolescence, Sarah et Nathan étaient très proches et Sarah se reproche le geste de son frère, elle s'est peu à peu éloignée de lui. Dans ce livre, Sarah nous raconte sa fuite au Japon sur les pas de son frère. Elle se retrouve dans un petit village japonais situé au pied de falaises. Nathan y avait rencontré Natsume, un ancien policier qui sauve des vies.
Je n'ai pas autant apprécié cette écoute que ma lecture du livre papier. J'ai d'abord eu du mal à m'habituer à la lectrice dont le ton ne m'était pas agréable. Ensuite, même en connaissant l'histoire, j'ai eu du mal à distinguer par l'oreille les noms des personnages japonais, il faudra que je relise ce livre sous forme papier...

Extrait : (début du livre)
C'est une nuit sans lune et c'est à peine si l'on distingue l'eau du ciel, les arbres des falaises, le sable des roches. Seules scintillent quelques lumières, de rares fenêtres allumées, une dizaine de lampadaires le long de la plage, deux autres aux abords du sanctuaire, le néon d'un bar, un distributeur de boissons, myriade de canettes multicolores sous l'éclairage cru. Plus grand monde ne s'attarde à cette heure. La fin de l'été a ravalé les touristes, les dernières cigales crissent dans les jardins de la pension, nous sommes fin septembre mais il fait encore tiède. Par la baie entrouverte monte la rumeur du ressac. S'y mêlent le froissement des feuilles, le balancement des bambous, les craquements des cèdres. Les singes se sont tus peu après la tombée du jour, tout à l'heure ils hurlaient de panique, puis l'obscurité a tout recouvert et ils ont renoncé. Je rentrais des falaises par ce chemin sinueux que j'emprunte depuis déjà six jours. Sous la voûte des grands arbres où se croisaient les premières chauves-souris et les dernières buses, au milieu des fougères et des tapis de mousse, je longeais des lanternes déjà familières, des rosa rugosa encore fleuris des camélias aux feuilles luisantes, des érables encore verts, des maisons de bois par les fenêtres desquelles se devinaient des mobiliers à ras du sol, des cloisons de papier, l'écru blond des tatamis. Il n'était pas sept heures, mais déjà des repas s'y préparaient, répandaient leurs parfums moites de bouillon et d'algues, de thé vert et de soja. Trois gamins en tenue de base-ball me suivaient en bavardant, la batte sur l'épaule. Ils ont bifurqué dans mon dos sans que je m'en aperçoive, quand je me suis retournée il n'y avait plus personne, j'aurais aussi bien pu avoir été filée par des fantômes. Arrivée à la pension, je me suis installée près des fenêtres, accroupis autour d'une table en bois laqué nous n'étions que cinq à dîner, Katherine, moi-même et trois Japonais : un couple élégant et silencieux, tous deux vêtus de kimonos sobres et parfaitement coupés, visages aux traits si fins qu'on les aurait dits échappés d'un film, d'une photo. Et, légèrement en retrait, un homme d'une cinquantaine d'années, costume anthracite sur chemise claire, dont la bouche arborait en permanence une cigarette entièrement blanche. Il les sortait d'un paquet souple et bleu ciel et ne s'interrompait que pour avaler quelques bouchées ou boire une gorgée de bière d'une longueur inhabituelle, comme s'il tentait de vider son verre en un seul trait.

 

Déjà lu du même auteur :

a_l_abris_de_rien_p A l'abri de rien    falaises Falaises  
 Des_vents_contrairesDes vents contraires  je_vais_bien_ne_t_en_fait_pas_p Je vais bien, ne t'en fais pas
 le_coeur_r_gulier  Le cœur régulier    kyoto_limited_Express  Kyoto Limited Express  

a_l_ouest_p  A l'ouest  les_lisi_res Les lisières 91573026 Comme les doigts de la main 



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17 juin 2014

Les anonymes - R. J. Ellory

Lu dans le cadre du Challenge
 
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Audiolib - janvier 2011 - 21h - Lu par Charles Borg

Sonatine – octobre 2010 – 688 pages

Livre de Poche - février 2012 - 736 pages

traduit de l'anglais par Clément Baude

Titre original : A simple act of violence, 2008

Quatrième de couverture :
Washington. Quatre meurtres aux modes opératoires identiques. Il semblerait qu’un serial killer soit à l’œuvre. Pour l’inspecteur Miller, une investigation classique. Jusqu’au moment où il découvre qu’une des victimes vivait sous une fausse identité. Et ce qui semblait être une banale enquête prend une ampleur toute différente, et va conduire Miller dans les arcanes de la CIA et le confronter aux secrets les mieux gardés du gouvernement américain. Alliant la polémique à un suspense digne des plus grands polars, R. J. Ellory invente le thriller du siècle nouveau.

Charles Borg joue avec talent de l’écriture à « double fond » d’Ellory - mi dénonciation virulente, mi suspense haletant. Aussi fascinant que dérangeant…

Auteur : Écrivain anglais, R-J Ellory est né en 1965. Après l'orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rythm'n'blues, avant de se tourner vers la photographie. Après Seul le silence et Vendetta, Les Anonymes est son troisième roman publié en France.

Lecteur : Comédien, Charles Borg touche aussi à la chanson : il défend particulièrement le répertoire d'Herbert Pagani. Au cinéma, il a travaillé avec Eric Rohmer et Myriam Boyer. Il a réalisé un court métrage, "Performant".

Mon avis : (écouté en juin 2014)
Je gardais un très bonne impression de ce thriller lu fin 2010 mais en commençant son audition je ne me rappelais pas grand chose de l'intrigue... J'ai vraiment eu l'impression de lire un nouveau livre. L'auteur est anglais mais le livre ressemble à un policier américain.
En prologue, le lecteur assiste au meurtre de Catherine Sheridan, celle-ci semble attendre son exécution... L'inspecteur Miller va traquer le "Tueur au ruban", à qui l'on attribue déjà le meurtre de trois femmes. Les victimes ont toutes de fausses identités... L'enquête ne va pas être simple ! En parallèle à cette enquête de police, le lecteur découvre les mémoires d'un homme mystérieux qui dit appartenir aux anonymes...
J'ai eu un peu de mal à me plonger dans ce livre audio et en particulier de suivre à la fois l'enquête et la confession de l'homme mystérieux. N'écoutant pas très régulièrement mon livre audio, je perdais vite le fil de l'histoire...
Pour être presque à l'heure du rendez-vous "Ecoutons un livre", j'ai abandonné mon écoute à la moitié du livre pour le poursuivre sous forme papier...

Un bon thriller que j'ai finalement relu avec plaisir.

Extrait : (Chapitre 1)
Washington DC n'était pas le centre du monde, même si une grande partie de ses habitants pouvaient vous le faire croire.
L'inspecteur Robert Miller n'était pas de ceux-là.
Capitale des États-Unis d'Amérique, siège du gouvernement fédéral, une histoire vieille de plusieurs siècles, et pourtant, malgré ce long passé, malgré l'art et l'architecture, malgré les rues bordées d'arbres, les musées, les galeries, malgré un des métros les plus performants d'Amérique, Washington possédait encore ses parts d'ombre, ses angles morts, ses ventres mous. Dans cette ville, tous les jours des gens se faisaient encore assassiner.
Le 11 novembre fut une journée froide et désagréable, un jour de deuil et de souvenir pour mille raisons. L'obscurité tomba comme une pierre à 17 heures, la température avoisinait les -6 degrés, et les lampadaires qui s'étendaient à perte de vue en lignes parallèles semblaient vous inviter à les suivre et à prendre la fuite. Justement, l'inspecteur Robert Miller avait très récemment songé à prendre la fuite et à trouver un autre boulot dans une autre ville. Il avait ses raisons. Des raisons nombreuses – et douloureuses – qu'il avait cherché à oublier depuis de longues semaines. Mais pour l'instant il se trouvait à l'arrière de la maison de Catherine Sheridan, sur Columbia Street NW. Les bandes rouges et bleues des véhicules de patrouille garés autour de lui se reflétaient sur les fenêtres, au milieu d'une cohue bruyante et agitée, trop de gens qui avaient trop de choses à faire – les agents en uniforme, les experts médico-légaux, les photographes, les voisins avec leurs gamins, leurs chiens et leurs questions vouées à rester sans réponse, les sifflements et les grésillements des talkies-walkies, des radios de la police...
Le bout de la rue n'était qu'un carnaval de bruit et de confusion qui n'éveillait chez Miller rien d'autre que le changement de cadence qu'il avait parfaitement prévu : le pouls qui accélérait, le cœur qui cognait contre la poitrine, les nerfs qui palpitaient dans le bas du ventre. Trois mois de mise à pied – le premier passé chez lui, les deux autres derrière un bureau – et il se retrouvait là. A peine une semaine de service actif, et le monde avait déjà retrouvé sa trace. Il avait quitté la lumière du jour et plongé tête baissée dans le cœur sombre de Washington, qui l'accueillait maintenant comme un parent depuis longtemps disparu. Et pour dire sa joie, le cœur sombre lui avait laissé un cadavre tabassé dans une chambre du premier étage qui donnait sur Columbia Street NW.

Déjà lu du même auteur : 

seul_le_silence Seul le silence 5158 Les Anonymes

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catégorie "Même pas peur" :  32/25

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