18 avril 2017

Les enfants de Willesden Lane - Mona Golabek et Lee Cohen

81qwF7RTuyL Hachette - septembre 2013 - 368 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Luc Rigoureau

Titre original : The Children of Willesden Lane, 2002

Quatrième de couverture :
1938. Vienne. Lisa Jura est juive. Lisa est aussi un prodige de la musique, une pianiste de génie âgée tout juste de quatorze ans. Et Vienne, capitale de la musique qui a vu se succéder Mozart, Beethoven, Schubert et Liszt, est devenue depuis peu une patrie hostile, voire dangereuse pour elle, rongée de l’intérieur par la barbarie nazie. Lorsqu’on offre à ses parents l’opportunité de sauver l’un de leurs enfants en l’envoyant loin, à l’abri, en Angleterre, le choix est difficile : c’est Lisa qui partira. Quand elle monte à bord du train qui doit l’emmener à Londres, Lisa est consciente qu’un grand avenir s’offre à elle, et qu’elle doit vivre pour sa famille qui se sacrifie pour elle. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Lisa échoue au 243 Willesden Lane, un foyer pour enfants dans une ville ravagée par la Seconde Guerre mondiale.

Auteur : Née à Los Angeles, Mona Golabek est une artiste complète : pianiste reconnue, elle est également auteur et animatrice radio. C’est sa mère, Lisa Jura, une Autrichienne de confession juive, réfugiée à Londres pendant la Seconde, qui est l’héroïne des Enfants de Willesden Lane. C’est elle aussi qui a transmis à Mona Golabek la passion de la musique. Fondatrice de l’organisation à but non lucratif « Hold On To Your Music », Mona Golabek a transmis le goût de la musique à ses enfants, eux aussi pianistes et violonistes.

Mon avis : (lu en avril 2017)
J'ai pris ce livre un peu par hasard à la Bibliothèque et j'ai beaucoup aimé ce récit témoignage. L'auteur est la fille de l'héroïne principale de ce livre, Lisa Jura. En 1938, Lisa est une jeune autrichienne juive de 14 ans qui vit à Vienne avec toute sa famille. Lisa est également une jeune pianiste très douée. Avec l'Anschluss (l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie), rester en Autriche est dangereux pour la famille Jura. Lisa aura l'opportunité de quitter l'Autriche pour l'Angleterre grâce à un « Kindertransport », organisé par des associations juives pour sauver des enfants. Le livre raconte essentiellement les sept années en Angleterre de Lisa dans le foyer du 243 Willesden Lane à Londres, où elle vivra avec d’autres enfants réfugiés. 
Voilà un récit témoignage original et passionnant sur l'époque de la Seconde Guerre Mondiale. La guerre est en toile de fond, au premier plan, il est question de musique et d'amitiés.

Extrait :  (site origine)
Ecoutez Mona Golabek nous lire (en anglais) les extraits du livre correspondant à chaque morceau, suivi de la musique qui rythme le livre :

Playlist Willesden Lane

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02 décembre 2016

Film : La fille de Brest - Emmanuelle Bercot

 

En salle depuis le 23 novembre 2016

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Réalisé par : Emmanuelle Bercot

Scénario : Séverine Bosschem et Emmanuelle Bercot adapté du livre "Mediator 150 mg. Combien de morts ?d'Irène Frachon

Acteurs : Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel, Charlotte Laemmel, Lara Neumann, Isabelle de Hertogh, Philippe Uchan, Patrick Ligardes, Gustave Kervern, Olivier Pasquier

Durée : 2h08

Synopsis : Irène Frachon travaille comme pneumologue dans un hôpital de Brest. Elle découvre que le Mediator, un médicament vendu depuis trente ans, aurait de graves effets secondaires et serait responsable d'un certain nombre de morts suspectes. Elle décide de révéler l'affaire aux médias mais ne se doute pas des embûches qu'elle va rencontrer. Epaulée notamment par Antoine Le Bihan, un chercheur, elle se lance dans une lutte sans merci avec le laboratoire qui commercialise le médicament. Le combat est difficile d'autant que sa hiérarchie ne veut pas froisser une entreprise qui finance la recherche...
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Mon avis : (vu en décembre 2016)
Ce film raconte le combat d'Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, elle découvre que le Mediator est la cause de morts suspectes. De 2006 à 2011, elle tente de ce faire entendre d'abord auprès de l'agence du médicament, de ses confrères médecins mais la puissance du laboratoire pharmaceutique mis en cause est telle qu'il va tout tenter pour la discréditer elle et son équipe brestoise.
Pas facile de résumer en 2 heures un combat de 5 années. La réalisatrice Emmanuelle Bercot a choisi de prendre le point de vue d'Irène Frachon, une femme déterminée à faire éclater la vérité pour la santé de ses malades. Le film est interdit au moins de 12 ans car il comporte deux scènes "choquantes" mais nécessaire pour comprendre la réalité de ce poison : une opération du cœur ouvert et surtout une autopsie. Je n'ai jamais aimé regarder ce genre d'images, donc je n'ai pas pu m'empêcher de fermer les yeux, mais ce film raconte bien plus que cela.  C'est un « thriller médical » avec au centre Irène Frachon et sa personnalité étonnante, elle est à la fois, sérieuse, déterminée, très humaine mais également fantasque, sa famille est unique et spéciale !
Le choix de l'actrice principale est surprenant, mais très réussi ! Il s'agit de l'actrice danoise Sidse Babett Knudsen. Je l'avais découverte dans le film L'Hermine face à Fabrice Luchini où elle avait obtenu le César de la meilleure actrice dans un second rôle. Depuis, j'ai eu l'occasion de regarder la série Borgen et de la découvrir dans son rôle très convaincant d'une Premier ministre danoise. 
Dix ans après le début de l'affaire, le combat d'Irène Frachon est loin d’être terminé, six ans après la révélation du scandale, plus de 2000 personnes sont morts ou gravement atteints, le procès de Servier n'a toujours pas eu lieu et les malades ont beaucoup de difficultés à faire valoir leur droit à une indemnisation juste ! 
J'ai beaucoup aimé ce film et il faut aller le voir et surtout ne pas oublier ce scandale médical et ses victimes !

  
La Fille de Brest Bande-annonce VF

Présentation du film par Télérama
 

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26 novembre 2016

Laëtitia ou la fin des hommes - Ivan Jablonka

31edgo7Ff5L Seuil - août 2016 - 383 pages

Prix Médicis 2016

Quatrième de couverture :
Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d'être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans. Ce fait divers s'est transformé en affaire d'Etat : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du "présumé coupable", précipitant 8 000 magistrats dans la rue, en février 2011. Mais Laëtitia Perrais n'est pas un fait divers. Comment peut-on réduire la vie de quelqu'un à sa mort, au crime qui l'a emporté ? Pendant deux ans, Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille, sa soeur jumelle, ses parents, ses amis, les responsables des services sociaux, ainsi que l'ensemble des acteurs de l'enquête, gendarmes, juges d'instruction, procureurs, avocats et journalistes, avant d'assister au procès du meurtrier, en octobre 2015. De cette manière, Ivan Jablonka a pu reconstituer l'histoire de Laëtitia. Il a étudié le fait divers comme un objet d'histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer. Ivan Jablonka poursuit son projet d'exploration des frontières entre littérature, histoire et sciences sociales. Ce livre est une expérience d'écriture autant qu'une enquête, destinée à rendre à Laëtitia sa singularité et sa dignité.

Auteur : Ivan Jablonka est historien et écrivain. Il a publié Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus (2012) et L'histoire est une littérature contemporaine (2014).

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Il n'est pas facile de faire un billet sur ce livre... Ce n'est pas vraiment un roman mais plutôt un essai ou une enquête sur un fait divers qui a bouleversé la France en 2011 : L'affaire Laëtitia. L'auteur a enquêté pendant deux ans, il a rencontré les proches de Laëtitia : Jessica, sa sœur jumelle, ses parents, ses amis, les services sociaux mais aussi les proches de l'enquête journalistes, gendarmes, juges, avocats... Ivan Jablonka alterne les chapitres qui racontent la vie de Laëtitia et ceux qui traitent de l'enquête, cela permet au lecteur de reprendre son souffle. En effet, car ce livre se lit littérairement facilement, mais beaucoup plus difficilement émotionnellement... La quatrième de couverture résume parfaitement le livre, je n'en rajouterai donc pas.
Ce livre rend un hommage mérité à Laëtitia, sans oublier d'y associer sa sœur Jessica. 

Extrait : (début du livre)
Laëtitia Perrais a été enlevée dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011. C’était une serveuse de dix-huit ans domiciliée à Pornic, en Loire-Atlantique. Elle menait une vie sans histoires dans la famille d’accueil où elle avait été placée avec sa sœur jumelle. Le meurtrier a été arrêté au bout de deux jours, mais il a fallu plusieurs semaines pour retrouver le corps de Laëtitia.
L’affaire a soulevé une énorme émotion dans tout le pays. Critiquant le suivi judiciaire du meurtrier, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a mis en cause les juges auxquels il a promis des « sanctions » en réponse à leurs « fautes ». Ses propos ont déclenché un mouvement de grève inédit dans l’histoire de la magistrature. En août 2011 – affaire dans l’affaire –, le père d’accueil a été mis en examen pour des agressions sexuelles sur la sœur de Laëtitia. À ce jour, on ignore si Laëtitia elle-même a été violée, que ce soit par son père d’accueil ou par son meurtrier.
Ce fait divers est exceptionnel à tous égards – par l’onde de choc qu’il a soulevée, par son écho médiatique et politique, par l’importance des moyens mis en œuvre pour retrouver le corps, par les douze semaines que ces recherches ont duré, par l’intervention du président de la République, par la grève des magistrats. Ce n’est pas une simple affaire : c’est une affaire d’État.
Mais que sait-on de Laëtitia, hormis qu’elle a été la victime d’un fait divers marquant ? Des centaines d’articles et de reportages ont parlé d’elle, mais seulement pour évoquer la nuit de la disparition et les procès. Si son nom apparaît dans Wikipédia, c’est sur la page du meurtrier, à la rubrique « Meurtre de Laëtitia Perrais ». Éclipsée par la célébrité qu’elle a offerte malgré elle à l’homme qui l’a tuée, elle est devenue l’aboutissement d’un parcours criminel, une réussite dans l’ordre du mal.
Pouvoir du meurtrier sur « sa » victime : non seulement il lui retire la vie, mais il commande le cours de cette vie, qui désormais s’oriente vers la rencontre funeste, l’engrenage sans retour, le geste létal, l’outrage fait au corps. La mort tire la vie à elle.
Je ne connais pas de récit de crime qui ne valorise le meurtrier aux dépens de la victime. Le meurtrier est là pour raconter, exprimer des regrets ou se vanter. De son procès, il est le point focal, sinon le héros. Je voudrais, au contraire, délivrer les femmes et les hommes de leur mort, les arracher au crime qui leur a fait perdre la vie et jusqu’à leur humanité. Non pas les honorer en tant que « victimes », car c’est encore les renvoyer à leur fin ; simplement les rétablir dans leur existence. Témoigner pour eux.
Mon livre n’aura qu’une héroïne : Laëtitia. L’intérêt que nous lui portons, comme un retour en grâce, la rend à elle-même, à sa dignité et à sa liberté.

 

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19 février 2016

Dessins à la verticale - Carnets de voyages en paroi - Jeremy Collins

Lu en partenariat avec Babelio et Glénat

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dessins Glénat - novembre 2015 - 176 pages

Quatrième de couverture :
Les grimpeurs seront fascinés de retrouver dans cette expression graphique inédite les sensations, les émotions qu’ils éprouvent sur le rocher, et l’esprit qui anime leurs itinérances de montagne en montagne.
L’artiste américain Jeremy Collins est un des leurs. Il vit pour et par l’escalade. À 32 ans, marié et père de jeunes enfants, il a éprouvé le besoin impérieux de faire le point sur sa vie, au moment où l’un de ses amis intrépides mourait dans une avalanche. La réponse à ses interrogations, il est allé la chercher dans l’ouverture de nouvelles voies en voyageant successivement vers les quatre points cardinaux. Funambule du rocher, c’est en fait l’équilibre entre une vie d’aventure et le réconfort d’un noyau familial qu’il a exploré, de sommets perdus en falaises vierges.
Dessins, photos, topos de voies, collages, peintures, poésie, récit : les carnets de cette odyssée ascensionnelle sont à la fois étonnants de beauté, pleins d’humour et émouvants. Mieux qu’un guide, ils seront une inspiration pour bien des grimpeurs.

Auteur : Les créations graphiques de Jeremy Collins et notamment ses cartes illustrées agrémentent régulièrement les pages des magazines américains Rock and Ice et Alpinist, et jusqu’à la couverture du National Geographic. On les retrouve sur la ligne de vêtements Meridian Line qu’il a créée, mais également sur différents matériels destinés aux activités outdoor. Jeremy, son épouse Tricia et leurs enfants Zion et Sela vivent à Kansas City, dans le Missouri. Le film Drawn, qu’il a réalisé parallèlement à ce livre, a été récompensé par plusieurs prix dans les festivals internationaux. C’est une véritable performance associant musique, dessin, vidéo et improvisation que Jeremy propose aux spectateurs.

Mon avis : (lu en février 2016)
Ce livre est tout d'abord un très joli objet, dès sa réception, j'ai eu envie de l'ouvrir et de le feuilleter. Le marque-page est obligatoire car les pages ne sont pas numérotés...
Jeremy Collins est avant tout un grimpeur américain, il a la passion de la montagne et ne pense qu'à escalader... Après la mort de son ami Jonny dans une avalanche, il décide de partir aux quatre coins du monde escalader des montagnes, tenter de nouvelles voies. 
A l'Est, il part aux confins de la Chine, de la Mongolie et du Kirghizistan pour découvrir la vallée de la Keketuohaï.
Au Sud, c'est le Venezuela 
Au Nord, c'est la Canada avec le mont Phoenix
A l'Ouest, c'est le Colorado
Son carnet de voyage est très personnel, il y consigne ses pensées, y raconte son quotidien de baroudeur, les mésaventures de ses expéditions, ses rencontres... Les textes sont assez succincts, se sont plutôt des notes manuscrites ou bien dactylographiées.
Je retiendrais surtout les dessins, au crayon, au fusain, à l'aquarelle, mélange de collages, dessins, peintures et photographies... Difficile de lire ce livre dans sa continuité, je l'ai surtout feuilleté, grappillant ci et là une phrase, un texte, admirant les photos ou les dessins... C'est plutôt dépaysant !

Merci Babelio et les éditions Glénat pour ce partenariat dépaysant

 

Extrait : 

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Drawn trailer from Jeremy Collins

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02 décembre 2014

En Afrique - Éric Fottorino

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

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Photographies de Raymond Depardon

Quatrième de couverture :
« Longtemps j'ai sillonné l'Afrique ou plutôt les Afriques. J'y ai appris le questionnement, donc le journalisme. Rien n'est jamais tout noir, rien n'est jamais tout blanc. Ce continent était l'endroit privilégié pour s'en convaincre. C'est là-bas que, pendant plus d'une décennie, j'ai été un "envoyé spécial" du 
Monde, témoin des soubresauts, des drames et des espoirs de populations inoubliables.
Dans ce recueil d'enquêtes et de reportages, j'ai voulu saisir au plus près ce qui faisait le quotidien d'un reporter au milieu des années 1980, avant la révolution numérique, avant les mails et les portables, quand le temps gardait son épaisseur, et les distances leur longueur. Si le journalisme a changé de forme, il n'a pas changé de sens : informer, expliquer, trier, raconter. J'ai voulu remonter à la source de mon métier, le contact irremplaçable avec le réel. Et la lutte permanente pour préserver son indépendance. » 

Auteur : Écrivain, journaliste, Éric Fottorino est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages, dont Baisers de cinéma (prix Femina 2007), L'homme qui m'aimait tout bas (Grand Prix des Lectrices de Elle 2010) et Questions à mon père. Il a passé vingt-cinq ans au journal Le Monde, qu'il a dirigé de 2007 à 2010. Il est le cofondateur de l'hebdomadaire.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Dans ce livre Éric Fottorino revient sur ses années d'envoyé spécial en Afrique avec ce recueil des articles qu'il a écrit depuis 1986 jusqu'en 2011. Dans une première partie nous trouvons des reportages en Éthiopie, au Mali, à Madagascar, au Bénin, au Kenya, en Afrique du Sud et au Gabon avec pour chaque destination une petite introduction pour situer les circonstances du reportages. Dans une deuxième partie, l'auteur ressence différentes enquêtes sur les trafics de drogues, sur l'agriculture, sur le sida, sur la France-Afrique... Puis pour terminer il nous livre des chroniques d'humeur sur l'Afrique.
C'est un livre très intéressant mais plus exigeant à lire qu'un roman. Si vous aimez l'Afrique et si vous vous intéressez au métier de journaliste vous apprendrez beaucoup. La dizaine de belles photos noir et blanc de Raymond Depardon sont un bon complément au texte.

Merci Célia et les éditions Denoël pour cette découverte enrichissante.

Extrait : (début du livre)
J'ai toujours su partir. J'ai toujours eu peine à revenir. Le reportage demeure à mes yeux la vocation première de ce métier. Se rendre compte sur place. Respirer le même air que ceux dont on parle, les écouter, vouloir les connaître pour mieux les comprendre. Garder la trace, les traces, de ces moments hors de soi, hors les murs de notre existence. S'imprégner d'une époque. Justifier qu'on a vu de ses propres yeux, ne pas l'oublier, même si on a fini par rentrer... De mes reportages les plus marquants sont restés des images, des odeurs - mille odeurs de l'Afrique à peine ouverte la porte de l'avion -, des visages, des noms. La sensation de ne faire que passer. Mon compagnon de bureau d'alors au Monde, Michel Boyer, prétendait qu'on ne connaissait un pays qu'en y demeurant trois jours ou trente ans. Trois jours pour être étonné. Trente ans pour savoir que tout est plus compliqué qu'il n'y paraît. Ces Afriques ont composé en moi une multitude de petites vies dans ma vie, creusant des souterrains qui me traversent encore, et que ces pages baignent à nouveau de lumière. Dois-je préciser que ces vérités fragiles étaient glanées au XXe siècle, dans un temps ralenti où ni les ordinateurs ni les téléphones portables n'existaient ? Enfin, pour avoir si longtemps hésité à partager les eaux du journalisme et de la littérature, pour m'être si souvent cabré face à ceux, qui me sommaient de choisir, me voici au clair. Ces reportages furent ceux d'un journaliste. La démarche qui me pousse à les conserver est celle d'un écrivain pour qui rien n'est vraiment vécu qui n'ait été écrit. Pourquoi renoncer à être deux qui font un ?

 Challenge Petit Bac 2014
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"Géographie" (13)

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22 novembre 2014

Mois du film documentaire 2014 en Seine et Marne :

Mois du film documentaire 2014 : découvrir l'oeuvre de Carmen Castillo et Rithy Panh

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La Médiathèque départementale met à l’honneur deux cinéastes francophones : l'un d'origine cambodgienne, l'autre d'origine chilienne, qui questionnent l'histoire douloureuse de leur pays. 

Plus de 30 projections-débats sont donc programmées en Seine-et-Marne pendant tout le mois de novembre.

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Hier soir, la Bibliothèque organisait une soirée autour du film :

La Terre des âmes errantes de Rithy Panh :

En 1999, les travaux de pose du premier câble de fibre optique d’Asie du Sud-Est ont traversé le Cambodge. Ils impliquent le creusement d’une tranchée d’un mètre de profondeur de la frontière thaïlandaise à la frontière vietnamienne, pour y enfouir un câble à peine plus gros que le pouce. C’est là l’occasion pour de nombreux Cambodgiens - paysans pauvres, soldats démobilisés, familles sans ressources - de trouver du travail.
La tranchée rencontre les mines et la présence obsédante des millions de morts dont les âmes errent, harcelant les survivants, faute de sépultures. Tout au long de son creusement à la pioche, à la houe, à la main, elle met en scène l’angoisse de pouvoir continuer à travailler tout en subissant quotidiennement la violence économique.
Le film suit sa progression, s’attachant à quelques personnages centraux qui symbolisent les difficultés et les contradictions que doit surmonter ce pays, dans la nécessité de survivre et la volonté de renouer avec une culture ancestrale laminée, elle aussi, par les années de guerre.

1999, 100 minutes – Rithy Panh

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Auteur : Cinéaste franco-cambodgien, né le 18 avril 1964 à Phnom Penh, Rithy Panh est âgé de onze ans au moment de l’arrivée des Khmers rouges à Phnom Penh (1975). Cadet d’une famille de neuf enfants, il a d’abord été intégré à une brigade mobile de jeunes, puis à un hôpital en tant qu’aide-soignant. En 1979, il s’échappe du Cambodge et parvient au camp de Mairut, en Thaïlande. Un an après, il s’exile en France. En
1985, il intègre l’Institut des hautes études cinématographiques (aujourd’hui Fémis) dont il sort diplômé. Il devient réalisateur et l’ensemble des films qu’il tourne ensuite trouvent leur matière dans l’histoire de son pays d’origine. Si le cinéma peut nous raconter l’Histoire, il peut aussi être le lieu d’une suture, d’une réhabilitation ou, pour employer un terme moins ampoulé et cher à Rithy Panh, d’une rencontre.

Mon avis :
Un film très fort, il n'y a pas de voix off, seuls les personnages s'expriment et ainsi le spectateur découvre le contexte historique, social, économique de ces Cambodgiens pauvres, obligés de creuser cette tranchée pour gagner un peu d'argent pour faire vivre leurs familles. 

A la fin de la projection, nous avons pu poser des questions et échanger avec Cati Couteau la productrice du film. 

TERRE DES AMES PAHN_Rithy_1999_La-terre-des-ames-errantes_01

L’association REASMEY ANGKOR a clôt la soirée avec des collations, des danses et une vente d’artisanat au profit des enfants des rues du Cambodge.

 

rithy_pahn Ce film est disponible dans le DVD "Le Cinéma de Rithy Panh" (2008)

Pour en savoir plus : Fiche Arte sur le film  La Terre des âmes errantes de Rithy Panh

 

Déjà lu du même auteur :

 lelimination L'élimination - Rithy Panh (Grand Prix Elle 2013 - document) 

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25 octobre 2014

Molière à la campagne - Emmanuelle Delacomptée

molière à la campagne JC Lattès - août 2014 - 188 pages

Quatrième de couverture : 
« Sur le quai de la gare Saint-Lazare, entre trois grosses valises et une poignée de pigeons, je reste étourdie.
Après des dissertations de sept heures, une maîtrise imparable de l'exophore mémorielle, une science sans faille de l'évolution des sons [aü] et [eü] au XVIIIe siècle, une acquisition sûre de la notion de valence et d'analyse actancielle, une compréhension intime des hypotyposes, une fréquentation assidue du Canzionere de Pétrarque, l'Éducation nationale m'expédie dans les tréfonds de l'Ouest, au coeur de la Haute-Normandie, entre les départementales D32 et D547, à Saint-Bernard de l'E., au collège des 7 Grains d'Or, au beau milieu des champs de maïs. »
Douglas, Jordan, Jeffrey, Kelly, Charlotte et quelques autres seront les premiers élèves de cette enseignante envoyée dans un collège de campagne. Des élèves tour à tour exténuants et attachants, qui ont perdu leur culture rurale et ressemblent étrangement aux enfants des villes. A côté des cours, il y aura aussi la formation de l'IUFM, hilarante à force d'inepties, qui tient à tout prix à transformer les « parents d'élèves » en « géniteurs d'apprenants ».
Molière à la campagne retrace le parcours héroï-comique d'une jeune femme qui oppose aux absurdités du système scolaire l'humour et l'espoir.

Auteur : Emmanuelle Delacomptée-Dugain est née en 1981 à Sartrouville. Elle enseigne le français depuis 2005, et travaille aujourd'hui en Seine-Saint-Denis, après une expérience en Normandie. Elle est par ailleurs lectrice aux éditions Gallimard.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
On connait les difficultés de l'enseignement dans les « zones urbaines sensibles », on oublie que l'enseignement dans les déserts modernes que sont certaines zones rurales n'est pas facile non plus. Ici, l'auteur, une jeune enseignante, nous raconte sa première année de professeur de français. Parisienne, sans permis de conduire, elle a été affectée "par ordinateur" en Normandie dans le collège des 7 Grains d'Or à la campagne, au milieu des champs de maïs. Elle doit également se rendre 2 jours par semaine à Evreux situé à 71 km du collège pour la formation IUFM. Avec humour Emmanuelle Delacomptée raconte sa difficulté à tenir sa classe, à enseigner les auteurs classiques à des jeunes qui n'ont comme référence que la télévision... Elle fait de son mieux, elle ne se décourage pas, ses élèves sont attachants et semblent l'apprécier même si pour beaucoup les bonnes notes ne sont pas au rendez-vous... En parallèle, le lecteur découvre l'absurdité de la formation de professeur, complètement déconnectée de la réalité du terrain, utilisant un vocabulaire incompréhensible limite pédant (voir l'extrait ci-dessous)... Grâce à la solidarité entre les professeurs du collège ou des élèves de l'IUFM, Emmanuelle survivra à cette première année sans perdre aucunement la vocation d'être professeur.
Un témoignage très intéressant qui se lit très facilement.

Extrait : (page 176)
- Prenons par exemple un apprenant en gymnastique quienvoie un "référentiel bondissant"...
- Un "référentiel bondissant" ?
- Oui, un ballon, ce terme n'est pas nouveau. Si c'est un ballon de rugby, on parle de "référentiel bondissant oblique", souligne Mme Castaing
- Je croyais que c'était fini ce jargon de fous ! chuchote Romain.
- Et comment dites-vous pour une balle de ping-pong ? demande Muriel les yeux ronds.
- Un référentiel bondissant aléatoire, répond Mme Castaing avec une pointe d'agacement.
- Oh non, y en a marre..., se plaint Sophie à voix basse.
- Tu vois, dis-je en chuchotant, pas de surprise.
- Et un javelot ? s'esclaffe Muriel.
- Vous allez cesser de m'interrompre pour des points secondaires ? s'irrite Mme Castaing. Je perds le fil de mon discours ! Vous vouliez un exemple ? Alors je continue. Si un apprenant envoie un rebondissant avec ses "segments mobiles"...
- Vous voulez dire ses "bras" ? coupe Romain sidéré.
- Comment ?
- Par "segments mobiles", vous entendez les "bras" ?
- Evidemment ! Que voulez-vous que ce soit ? Un bras, ça bouge, c'est mobile ! s'énerve Mme Castaing. C'est un segment mobile ! Je reprends : si un apprenant envoie un rebondissant à un autre apprenant, et que celui-ci ne le rattrape pas, ou qu'il utilise ses segments mobiles supérieurs...
- Marre de chez marre ! geint Sophie.
- Et s'il fait une tête, on dit comment ? en rajoute Muriel.
- Sans doute qu'il réceptionne avec le réfléchissant ! Mais ce n'est pas la question ! Je ne vous donne pas des conseils didactiques d'éducation physique et sportive ! Il s'agit d'être précis dans son discours ! Vous êtes bien placés pour le comprendre ! ça y est maintenant ? Dans ce cas donc, il ne faut pas le sanctionner, il faut lui réexpliquer les règles, alors que dans le cas d'une offense verbale, il faut vous adresser aux géniteurs d'apprenants...
- Les "géniteurs d'apprenants" ? répète cette fois Sophie exaspérée.
- OUI, LES GÉNITEURS D'APPRENANTS ! VOUS ÊTES PÉNIBLES ! VOUS SAVEZ CE QU'EST UN APPRENANT, VOUS SAVEZ CE QU'EST UN GÉNITEUR ? EH BIEN ? UN GÉNITEUR D'APPRENANT, C'EST QUELQU’UN QUI A GÉNÉRÉ BIOLOGIQUEMENT UN APPRENANT, C'EST UN PARENT D’ÉLÈVE QUOI ! QUAND JE PENSE QUE VOUS ENSEIGNEZ DES MÉTHODES SCRIPTO-LECTURIQUES A NOS JEUNES APPRENANTS, ILS ONT DU SOUCI A SE FAIRE !

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2014 
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01 mars 2014

La petite communiste qui ne souriait jamais - Lola Lafon

la-petite-communiste-qui-ne-souriait-jamais Actes Sud - janvier 2014 - 272 pages

Quatrième de couverture : 
Parce qu’elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux jo de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ?
Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le romanacrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des “dieux du stade”, rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.

Auteur : Ecrivain et musicienne, Lola Lafon est fauteur de trois romans : Une fièvre impossible à négocier (2003) ; De ça je me console (2007) et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce (2011). Elle a également signé deux albums : Grandir à l'envers de rien (2006) et Une vie de voleuse (2011).

Mon avis : (lu en février 2014)
Nadia Comaneci, pour moi c'est mon premier souvenir des JO à la télévision, j'avais un oncle passionné de sport à la télévision et c'est en sa compagnie que j'ai découvert cette petite gymnaste roumaine de quatorze ans capable d'évoluer sur les agrès avec grâce et facilité apparente en exécutant des figures de gymnastique improbables...
Le livre commence sur l'attente de la note à la poutre de Nadia Comaneci lorsqu'elle obtiendra le premier 10.0 dans une épreuve de gymnastique, en juillet 1976 à Montreal. Elle entre alors dans l'histoire de la gymnastique, elle devient l'emblème de son pays : la Roumanie alors sous l'emprise du dictateur communiste Ceausescu.
Pour raconter la vie de l'athlète de 1969 à 1990, l'auteur imagine un échange entre Nadia et la narratrice. Elle s'appuie sur les événements et les dates connues, pour le reste c'est un travail de fiction très bien documenté. Cela permet d'avoir les points de vues de quelqu'un de l'Est et de quelqu'un de l'Ouest...
J'ai beaucoup aimé ce livre, le personnage de Nadia est attachant même si le titre du livre "La Petite Communiste qui ne souriait jamais" la décrit assez bien. Avec son parcours on découvre les méthodes d'entraînement des petites gymnastes, le régime communisme en Roumanie... Les victoires de Nadia ont permis à la Roumanie de sortir de l'ombre. Mais sa vie n'a pas été facile, lorsque son corps se transforme et qu'elle devient femme, j'ai été touchée par sa douleur, même si elle continue à s'entraîner sans relâche, son corps ne lui permet plus de renouveler ses exploits. Puis, elle va être accusée d'être complice du régime de Ceausescu. Quinze jours avant la chute de ce dernier, elle fuit la Roumanie pour les États-Unis où la conquête de sa liberté ne sera pas facile... En 1976, Nadia Comaneci a fait rêver le monde ce livre nous permet de découvrir le revers de ses belles médailles. En lisant ce livre, je n'ai pas pu m'empêcher de revoir des images de la petite gymnaste... 

Extrait : (début du livre)
Quel âge a-t-elle, demande la juge principale, incrédule, à l’entraîneur. Ce chiffre, quatorze, lui donne un frisson. Ce que la petite a effectué à l’instant dézingue le déroulement des chiffres, des mots et des images. Il ne s’agit plus de ce que l’on comprend. On ne saurait noter ce qui vient d’advenir. Elle jette la pesanteur par-dessus son épaule, son corps frêle se fait de la place dans l’atmosphère pour s’y lover.

Mais pourquoi personne ne les a prévenus qu’il fallait regarder par là, ragent ceux qui ratent le moment où, sur les dix centimètres de largeur de la poutre, Nadia C. se lance en arrière et, les bras en croix, donne un coup de pied à la lune, saut à l’aveugle, et ils se tournent les uns vers les autres, est-ce que quelqu’un a compris, est-ce que vous avez compris ?
Le panneau électronique affiche COMANECI NADIA, ROMANIA suivi de 73, son dossard, et là où il devrait y avoir sa note : rien.
On attend. Blêmes, les gymnastes soviétiques vont et viennent dans les travées réservées aux entraîneurs et aux compétitrices qui ont terminé. Elles savent. Les coéquipières de la Roumaine, elles, semblent au désespoir, Dorina tient ses mains jointes, Mariana murmure une phrase en boucle, une autre est affalée, les yeux fermés ; Nadia, elle, un peu à l’écart, sa queue de cheval de travers, ne jette pas un regard au tableau d’affichage. Et c’est lui qu’elle voit en premier, Béla, son entraîneur, debout, les bras au ciel, la tête renversée en arrière ; elle se tourne enfin et découvre sa sanction, ce terrible 1 sur 10 qui s’inscrit en nombres lumineux face aux caméras du monde entier. Un virgule zéro zéro. Elle repasse de possibles fautes dans sa tête, l’arrivée du périlleux arrière éventuellement, pas assez stable, qu’est-ce qu’elle a pu faire pour mériter ça ? Béla la serre dans ses bras, t’en fais pas chérie, on va déposer une réclamation. Mais un des juges attire son attention. Parce que le Suédois se lève. Parce qu’il a les larmes aux yeux et la fixe. Et tous raconteront cet instant tant et tant de fois qu’elle n’est plus sûre aujourd’hui de l’avoir vécu, peut-être l’a-t-elle vu à la télé, peut-être cet épisode a-t-il été écrit pour un film. Le public s’est levé et de leurs dix-huit mille corps provient l’orage, leurs pieds grondent rythmiquement au sol et le Suédois dans le vacarme ouvre et ferme la bouche, il prononce des mots inaudibles, des milliers de flashs forment une pluie d’éclats inégaux, elle entrevoit le Suédois, que fait-il, il ouvre ses deux mains et le monde entier filme les mains du juge vers elle. Alors, la petite tend ses deux mains vers lui, elle demande confirmation, c’est un… dix ? Et lui, doucement, hoche la tête en gardant ses doigts ouverts devant son visage, des centaines de caméras lui cachent l’enfant, les gamines de l’équipe roumaine dansent autour d’elle, oui, amour, oui, ce un virgule zéro zéro est un dix.

 

Posté par aproposdelivres à 15:40 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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