08 mai 2012

L'écrivain de la famille – Grégoire Delacourt

l__crivain_de_la_famille JC Lattès – janvier 2011 – 265 pages

Quatrième de couverture :
Je venais d'avoir le bac de justesse. Ma soeur avait quatorze ans, elle écoutait Sheila chanter Hôtel de la plage avec les B. Devotion, allongée sur son lit. Il y avait des posters de Richard Gere et de Thierry Lhermitte sur les murs. Elle croyait au prince charmant. Elle avait peur de coucher avec un garçon, à moins qu'il ne fût le prince. Elle m'avait demandé si ça avait été bien ma première fois et j'avais répondu, d'une voix douce, oui, oui, je crois que c'était bien, et elle avait eu envie qu'on dise ça d'elle un jour, juste ça, oui, oui, c'était bien.
Et puis notre frère était entré dans la chambre, il nous avait couverts de ses ailes et nos enfances avaient disparu.

À sept ans, Edouard écrit son premier poème. Trois rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l'écrivain de la famille. Mais le destin que les autres vous choisissent n'est jamais tout à fait le bon...
Avec grâce et délicatesse, Grégoire Delacourt nous conte une histoire simple, familiale, drôle et bouleversante. 

Auteur : Né en 1960 à Valencienne, Grégoire Delacourt est publicitaire et signe avec L’Écrivain de la famille son premier roman.

 

Mon avis : (lu en mai 2012)
Parce qu'à l'âge de sept ans, Édouard a écrit un petit poème, il devient pour les siens « L'écrivain de la famille ». Quelle responsabilité pour un si jeune garçon… D’autant plus que jamais plus il ne n’arrivera à rééditer cet « exploit », les mots le fuient et avec le temps, il assiste sans pouvoir rien faire à l’éclatement de sa famille. Est-ce parce qu’il n’a jamais pu écrire le livre que l’on attendait de lui ?
Édouard est très touchant, il vit très mal les échecs qui l’entourent, la fin de l’unité de sa famille, l’échec de sa vie amoureuse, l’échec de sa vocation d’écrivain… Et pourtant, il ne baissera pas les bras et plein d’amour pour les siens il finira par écrire leur histoire avec beaucoup de drôlerie mais aussi de poésie et de sensibilité.
Grégoire Delacourt a une très belle écriture, il nous décrit des personnages incroyables et touchants comme le père devenu sourd, le frère-oiseau, la sœur dont le cœur est devenu dur comme de la pierre… 
C’est également un joli voyage dans le temps car l’auteur évoque beaucoup de références des années 70, 80 et 90 : évènements, musique, écrivains, film, sans oublier la publicité…

Extrait : (début du livre)
A sept ans, j’écrivis des rimes.

Maman
T’es pas du Zan.
Papa
Tu fais des grands pas.
Mamie
T’es douce comme de la mie.
Papy
Tout le monde fait pipi.

A sept ans, je connus mon premier succès littéraire. La maman en question me serra dans ses bras. Le papa, la mamie et le papy applaudirent.
Les compliments fusèrent. Les verres trinquèrent. Des mots importants furent prononcés. Un don. Il le tient de son grand-père Pierre, celui qui a écrit cette si jolie lettre de Mauthausen, en 1941. Un poète. Un Rimbaud de sept ans.
Il y a eu une larme aussi, sur la joue de mon père ; lente et lourde. Du mercure.

Les regards changèrent. Les sourires s’allongèrent. En quatre rimes pauvres, j’étais devenu l’écrivain de la famille.
A huit ans, je n’eus plus rien à écrire.
La grâce des homonymes appris au CM1 me permit un temps de faire illusion. Je me revois dans la cuisine jaune pâle de notre maison de Valenciennes sortir de ma poche une feuille pliée dans laquelle mes parents émerveillés (qui rime avec pliée) attendaient la confirmation de la poésie du génie.

Je suis allé vers la chaire
J’ai trouvé quelqu’un de cher
Qui voulait manger ma chair

Ma sœur se mit à crier. Mon frère s’envola jusqu’au faîte du bahut. Ma mère bondit vers les escalopes qui brûlaient.
Mon père, lui ne bougea pas. Une lueur étrange irradiait ses yeux verts. Il hocha imperceptiblement la tête. Je sais aujourd’hui que mes mots s’y bousculaient.
Plus tard, alors que j’étais au lit, il me demanda si je connaissais celui-ci, extraordinaire, que seuls quelques hommes savent prononcer sans trébucher. Ce mot qui sépare le vulgum pecus du poète :
- Transsubstantiation.
Je restai coi.
- C’est le terme qui désigne la transformation d’une substance en une autre. La chair de ton poème, c’est l’amour de Dieu. Je le sais, à cause de chaire qui dit église et de cher qui dit amour. Comment as-tu trouvé ça ?
- Je ne sais pas papa, c’est venu tout seul.
Il posa un baiser sur mon front.
- Alors continue. Laisse les choses s’écrire.

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Déjà lu du même auteur : 

5505 La liste de mes envies


Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Métier"

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06 mai 2012

Le Vieil Homme et la Mer - Ernest Hemingway

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Gallimard – décembre 1952 -

Folio – janvier 1972 – 148 pages

Folioplus – mars 1996 – 188 pages

Folio junior – octobre 1999 – 157 pages

Folio bilingue – septembre 2002 - 240 pages

Folioplus – janvier 2007 – 183 pages

Folio junior – janvier 2009 – 131 pages

traduit de l'américain par Jean Dutourd

Prix Nobel 1954

Titre original : The Old Man and the Sea, 1952

Quatrième couverture : 
« Tu veux ma mort, poisson, pensa le vieux. C'est ton droit. Camarade, j'ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi. Ça m'est égal lequel de nous deux tue l'autre.
Qu'est-ce que je raconte ? pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la tête froide et endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson. »

Auteur : Né à  Oak Park (Illinois) , le 21/07/1899, autodidacte, Ernest Hemingway se lance dans le journalisme et intègre bientôt la rédaction du Kansas City Star. En 1917, il s'engage en tant qu'ambulancier sur le front, en Italie. Puis il s'établit à Paris et rencontre la romancière Gertrude Stein. Sous son influence, il opte pour une écriture concise, dépouillée - le fameux 'style maigre' d'Hemingway. Les violences vues lors de la guerre parcourent son oeuvre, comme autant de motifs obsessionnels. En 1936, il rejoint les forces républicaines de la guerre d'Espagne, puis migre vers Cuba. Il reçoit le prix Pulitzer pour 'Le Vieil Homme et la mer' en 1952, puis le prix Nobel de littérature en 1954. Malade, physiquement diminué, il se suicide à  Ketchum (Idaho) , le 2/07/1961, suivant l'exemple de son père.

Mon avis : (relu en mai 2012)
J'ai lu ce livre pour la première fois lorsque j'étais au Collège et j'en gardais un très bon souvenir. Il est vrai que j'ai toujours aimé les livres autour de la mer... Ce relecture a été tout aussi magique.
Cette histoire se déroule à Cuba un pays où a vécu Ernest Hemingway et où ce livre a été écrit. Santiago est un vieux pêcheur, Manolin est un jeune garçon qui l'accompagne chaque jour à la pêche. Malheureusement, cela fait 84 jours qu'ils n'ont pris aucun poisson et les parents de Manolin préfèrent que désormais leur fils embarque sur un autre bateau moins malchanceux. Le soir, après sa journée de pêche, le jeune garçon continue à prendre soin de Santiago, il lui apporte à manger et vient discuter de baseball américain avec lui.
Un jour, Santiago annonce à Manolin qu'il va partir plus loin dans le Golfe, seul, pour rapporter du poisson et ne plus être la risée des autres pêcheurs. Après plusieurs jours sans prise, il finit par attraper un gigantesque espadon avec lequel il va lutter durant de longues heures... Cette lutte est le symbole du combat de l'homme face à la nature. L'épopée de ce vieil homme est une vraie leçon de vie. J'ai beaucoup aimé le texte simple mais très évocateur d'Hemingway, les descriptions de la mer, des scènes de pêche ou de la lutte entre le vieil homme et l'espadon sont magnifiques. Un classique à découvrir sans hésiter !

Le roman fut adapté plusieurs fois au cinéma :

En 1958 réalisé par  John Sturges, avec Spencer Tracy dans le rôle titre et Felipe Pazos en Manolin. Le film remporta l'Academy Award pour l'Oscar de la meilleur musique et fut nommé dans les catégories "Meilleur acteur" et "Meilleur réalisateur".

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En 1989,  Le Vieil Homme et la Mer fut réalisée pour la télévision avec Anthony Quinn.

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En 1999, Le Vieil Homme et la Mer, un film d'animation réalisé par Alexandre Petrov fut présenté. Ce film remporta l'Oscar du meilleur film d'animation en 2000.

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Extrait : (début du livre)
Il était une fois un vieil homme, tout seul dans son bateau qui pêchait au milieu du Gulf Stream. En quatre-vingt-quatre jours, il n'avait pas pris un poisson. Les quarante premiers jours, un jeune garçon l'accompagna ; mais au bout de ce temps, les parents du jeune garçon déclarèrent que le vieux était décidement et sans remède salao ce qui veut dire aussi guignard qu'on peut l'être. On embarqua donc le gamin sur un autre bateau, lequel, en une semaine, ramena trois poissons superbes.
Chaque soir le gamin avait la tristesse de voir le vieux rentrer avec sa barque vide. Il ne manquait pas d'aller à sa rencontre et l'aidait à porter les lignes serrées en spirales, la gaffe, le harpon, ou la voile roulée autour du mât. La voile était rapiécée avec de vieux sacs de farine ; ainsi repliée, elle figurait le drapeau en berne de la défaite.
Le vieil homme était maigre et sec, avec des rides comme des coups de couteau sur la nuque. Les taches brunes de cet inoffensif cancer de la peau que cause la réverbération du soleil sur la mer des Tropiques marquaient ses joues ; elles couvraient presque entièrement les deux côtés de son visage ; ses mains portaient les entrailles profondes que font les filins au bout desquels se débattent les lourds poissons. Mais aucune de ces entrailles n'était récente : elles étaient vieilles comme les érosions d'un désert sans poissons.
Tout en lui était vieux, sauf son regard, qui était gai et brave, et qui avait la couleur de la mer.
- Santiago, dit le gamin tandis qu'ils escaladaient le talus après avoir tiré la barque à sec, je pourrais revenir avec toi maintenant. On a de l'argent.
Le vieux avait appris au gamin à pêcher et le gamin aimait le vieux.
- Non, dit le vieux, t'es sur un bateau qu'a de la veine. Faut y rester. 

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Baby Challenge - Drame Livraddict : 11/20 

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21/50 : Floride

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

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05 mai 2012

Haka – Caryl Férey

Challenge Destination Nouvelle-Zélande : 5 mai 2012
proposé par evertkhorus
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Editions Baleine – Le Seuil - mars 1999 -

Folio – janvier 2003 – 435 pages

Folio – octobre 2011 – 814 pages

Quatrième de couverture : 
Il y a vingt-cinq ans, Jack Fitzgerald s'est engagé dans la police néo-zélandaise avec l'esprit de retrouver sa femme et sa fille, toutes deux mystérieusement disparues. Aujourd'hui capitaine de la police d'Auckland, il cherche à travers les affaires du quotidien un lien qui pourrait le délivrer de sa névrose. La jeune fille que l'on vient de retrouver morte, le sexe scalpé sur une plage de Devonport, n'est que le premier d'une effroyable série de cadavres autour desquels gravitent un peintre épileptique, un dandy homosexuel, sa femme et quelques membres de la communauté maorie. Malcom Kirk le géant qui sème la terreur chez les prostituées, et surtout le charmant Zinzan Bee qui, avec ses guerriers, perpétue au cri du Haka des rites ancestraux sanguinaires. Secondé par Ann Waitura, une jeune et brillante criminologue, Jack Fitzgerald mènera l'enquête jusqu'au chaos final.

Auteur : Né en 1967, à Caen, remarqué lors de la parution de son troisième roman 'Haka', Caryl Férey s'inscrit rapidement parmi les figures importantes du polar à la française. La singularité de ses oeuvres : le dépaysement. Grand voyageur, l'écrivain situe ses romans noirs, parmi lesquels 'Zulu' ou 'Utu', aux quatre coins de la planète, de la Nouvelle-Zélande, où il a vécu, au Maroc en passant par la France ou l'Afrique du Sud. Inspiré par la culture rock, on lui doit des titres comme 'La Jambe gauche de Joe Strummer', référence directe à sa passion pour les Clash, ou 'D'amour et dope fraîche', qui constitue un nouvel épisode des aventures du Poulpe. Férey distille également son talent en direction d'un public plus jeune avec des livres comme 'Jour de colère' ou 'Ma langue de fer'. Lui qui a débuté auprès d'une petite maison d'édition rennaise, La Balle d'Argent, fait désormais partie des valeurs sûres de la prestigieuse Série noire.

 

Mon avis : (lu en avril 2012)
Lorsque  evertkhorus a proposé la Nouvelle-Zélande pour le Challenge Destination, j'ai rapidement choisi le livre « Haka » de Caryl Férey qui se trouvait dans ma PAL.
J'avais découvert Caryl Férey avec « Zulu », un livre à la fois terrifiant et bouleversant. Cette nouvelle lecture n'est pas très différente dans le style : voilà un roman policier d'une violence et d'une noirceur totale.

« Zulu » avait pour cadre l'Afrique du Sud, ici dans « Haka » nous partons en Nouvelle-Zélande.

 

D'origine moitié maori moitié écossaise, Jack Fitzgerald est hanté depuis vingt-cinq ans par la soudaine disparition de sa femme et sa fille. Depuis, il est devenu l'un des meilleurs flics d'Auckland. Il a en lui beaucoup de rage et de violence.
Lorsque l'histoire commence, le corps d'une femme vient d'être retrouvé sur une plage, le pubis entièrement scalpé. Jack Fitzgerald est appelé pour mener l'enquête, il est secondé par Ann Waitura, une jeune et jolie spécialiste en criminologie. Dans le passé un meurtre équivalent a déjà été perpétré...
L'intrigue est bien mené, il y a de nombreuses pistes, du suspens, du rythme et un dénouement inattendu, des personnages souvent excessifs dont la psychologie a été bien travaillé. Seul bémol, les très nombreux morts qui se succèdent cela fini par vraiment altérer la crédibilité de l'intrigue...
A travers ce thriller ethnique plutôt passionnant, j'ai découvert certains côtés de la culture et l'histoire de la Nouvelle Zélande. Caryl Férey a su parfaitement décrire des Maoris puissants, fiers qui revendiquent leur propre culture face aux colons blancs mais aussi les paysages grandioses et sauvages de Nouvelle-Zélande.

Extrait : (début du livre)
Naturellement. C'était forcément une chose vomie mille fois qui lui tordait le ventre. Et chaque matin, Jack Fitzgerald pouvait mesurer l'ampleur du chaos ; une partie d'infini qu'aucun stratagème mathématique ne comblerait jamais. Il l'avait juré.
Sa famille avait disparu. Depuis, Jack allait se réfugier dans la chambre isolée au fond du couloir, celle de la gamine. Il n'en ressortait qu'à l'aube, moribond, sans larmes, à moitié fou. Outre les photos, exposées aux murs par dizaines, il avait réuni là dossiers, ordinateurs, cartes d'état-major, témoignages divers et autres rapports de police liés à leur disparition. De cette histoire, Jack connaissait tout mais ne savait rien. Avec le temps, la chambre de la petite était devenue son bureau parallèle, une sorte de cimetière sans tombe : tant qu'on n'aurait pas retrouvé les corps, il resterait son propre fossoyeur - et accessoirement capitaine de la police d'Auckland.
Ce petit manège durait depuis bientôt vingt-cinq ans. Fitzgerald en avait aujourd'hui quarante-cinq ans et sombrait peu à peu vers le Pandémonium de son seul imaginaire. Car ce qui le poussait à se réfugier dans le bureau secret relevait plus du comportement psychotique que du rite obsessionnel. Dans le langage psychiatrique, la fonction était précise : il entretenait son délire.
D'après les experts, c'était la seule façon de guérir.
D'après lui, c'était la seule raison de vivre.

Déjà lu du même auteur : 

zulu Zulu

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Sport / Loisirs"

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 17/8

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04 mai 2012

Mon doudou divin – Katarina Mazetti

mon_doudou_divin Gaïa – mars 2012 – 214 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus

Titre original : Mitt himmelska kramdjur, 2007

Quatrième de couverture : 
Pigiste pour la presse féminine, Wera a épuisé tous les sujets. Et ses liquidités ! Elle tombe à la caisse d'un supermarché sur une petite annonce proposant un stage en spiritualité. Un sujet en or ! C'est parti pour trois semaines d'immersion à La Béatitude, en compagnie d'un apprenti gourou, d'une « petite mère », et de quatre autres participants en manque de spiritualité. Il y a un médecin radié, un musulman iranien, une femme invisible, et Madeleine qui porte en permanence son sac à dos comme un fardeau. Ressortiront-ils adeptes d'une nouvelle religion ou déchargés de leurs préjugés ? Car tous, même Wera et son pseudo-cynisme, sont en quête de sacré. N'avons-nous pas tous besoin d'un doudou divin à dorloter ?

Auteur : Née en 1944, Katarina Mazetti est journaliste, productrice radio et auteur de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes. La France caracole largement en tête des pays où elle connaît un immense succès, notamment avec Le mec de la tombe d'à côté et Le caveau de famille.

Mon avis : (lu en avril 2012)
Journaliste en mal d'inspiration, Wera tombe sur une petite annonce pour un stage de spiritualité. Elle décide de s'y inscrire et se retrouve en pleine campagne dans une ferme en compagnie de six autres personnes pour un séjour de trois semaines à La Béatitude. Il y a Adrian, apprenti gourou, Annette, les organisateurs du stage, un médecin radié, un musulman iranien, une femme presque invisible et Madeleine avec son sac à dos. Wera et Madeleine sont tour à tour les narratrices de cette histoire. Elles font le portrait ce cette surprenante « communauté ». Ils tous et toutes des idées différentes sur les religions ou les croyances, ils sont là pour échanger, se réconcilier avec le spirituel et avec eux-même.
En y ajoutant l'humour piquant de Katarina Mazetti, je m'attendais à un cocktail plutôt détonnant...
Malheureusement, la mayonnaise n'a pas totalement prise, certains passages sont très bien mais par moment il y a des longueurs et cela manque un peu d'originalité.
J'ai passé un bon moment de lecture mais je m'attendais à mieux...  

Extrait : (début du livre)
Comment me suis-je retrouvée à La Béatitude ?
Ben… faut bien gagner sa croûte. Je travaille comme journaliste free-lance dans une petite localité. Si petite que les automobilistes de passage sont sidérés de tomber sur le panneau « Merci de votre visite, à bientôt » alors qu’ils croyaient tout juste arriver. Oui, il est parfaitement possible de louper complètement la ville, si on n’y prend garde. Je projette de déménager, mais il faudra d’abord que ma vieille mère se décide à mourir, elle n’en a plus que pour un an ou deux, au grand maximum. On n’est pas les meilleures amies du monde, mais on observe une sorte de neutralité armée, et je suis son seul enfant.
Les piges haut de gamme atterrissent rarement sur les genoux des journalistes indépendants dans de si petites villes. Ici, pas la moindre affaire municipale louche à dégoter que toute la ville ne connaisse de longue date et qui n’ait déjà été largement punie par la surveillance citoyenne. Ou alors les coupables jouissent de la protection gracieuse de l’Homme Fort local (président de parti, sang bleu ou gros contribuable) et les articles ne sont pas publiés. Je mets du beurre dans les épinards en faisant des piges pour des magazines nationaux et des suppléments du dimanche, mais les alouettes viennent rarement voleter toutes rôties autour de moi.
J’étais donc en train de pister des scoops, le nez dans le bitume, comme d’habitude. Tous mes articles ayant déjà été payés, je n’avais plus de rentrées d’argent, et mon compte en banque se vidait lentement mais sûrement.
Puis un jour j’entre dans la supérette en bas de chez moi et je trouve une petite annonce sur le tableau d’affichage, parmi les offres de baby-sitting et de skis d’occasion. Elle était écrite à la main, le bord inférieur divisé en petits talons détachables soigneusement marqués à la règle, avec un numéro de téléphone. Stage à La Béatitude clamait l’en-tête tracé aux feutres de toutes les couleurs avec une écriture qui tenait du cours du soir de calligraphie. Grande majuscule avec un serpent joliment dessiné et en bas à côté, une pomme.
Si j’avais vu cette annonce dans une de ces revues New Age indigestes, je ne lui aurais pas accordé la moindre attention. 
Tu es à la recherche d’une foi ? D’un mode de vie ? Tu essaies de trouver ton Dieu au moyen de cérémonies et rituels divers, tu te laisses absorber par différentes doctrines – pour les abandonner aussitôt ? Alors tu aimerais peut-être nous accompagner au domaine de La Béatitude, pour trois semaines de stage en octobre, et essayer de trouver – ou de créer – ta propre foi en toute tranquillité, de forger ta propre image d’un dieu, de suivre ta voix intérieure. Seul et dans la rencontre avec d’autres, en quête comme toi. Nous concevons ce stage comme un cercle d’études et notre but n’est pas de gagner de l’argent sur ton dos, nous participons aussi et nous ne facturons que la nourriture et le gîte. Appelle-nous ! Adrian et Annette.
Puis tout en bas, un PS en grosses lettres d’imprimerie : Attention !!! Nous ne détenons pas de réponses !
Un stage pour créer son propre dieu ! Ça a immédiatement fait tilt, pour la journaliste que je suis, mais aussi pour la personne privée. Certes, je n’étais pas activement préoccupée par la quête d’un dieu, mais j’ai tout de suite eu envie de savoir ce qui pouvait bien pousser les gens à chercher !
Ma truffe s’est mise à vibrer comme celle d’un limier. J’étais aussi à la recherche d’un bon sujet d’article à placer dans un magazine classieux, de ceux sur papier glacé qui payent bien. Quelque chose d’Authentique et de Grand Public, mais qui offre une Qualité pour lecteurs difficiles. Dans le genre chou farci pour la jet-set. Un pays comme la Suède, qui vient de vendre son État providence pour un plat de lentilles, se vautre volontiers dans la nostalgie du bien-être démocratique, de l’instruction pour tous, du bandy* et des remerciements fleuris aux maisons de retraite – et puis ce stage à La Béatitude avait aussi une touche philosophique, furieusement tendance par les temps qui courent. Sans parler des aspects politiques : les antagonismes religieux sont devenus bien plus branchés que la défunte Guerre froide. Dans la peau clandestine d’une chercheuse de dieu, je m’appliquerais à explorer ce besoin de divin ! J’ai réussi à vendre l’idée à un rédacteur, pour un bon prix et tous frais payés. Rapports réguliers envoyés par mail. Heureusement, c’était possible avec mon téléphone portable, rien ne disait que des lieux de stage paumés à la campagne disposent d’une connexion.

* Lointain ancêtre du hockey sur glace, encore en vogue dans les pays nordiques et en Russie. (note des traductrices)

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Déjà lu du même auteur :

le_mec_de_la_tombe_d___cot_ Le mec de la tombe d'à côté   les_larmes_de_Tarzan

entre_dieu_et_moi_c_est_fini  Entre Dieu et moi, c’est fini  le_caveau_de_famille Le caveau de famille

Challenge Voisins, voisines
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Suède

 Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Suède : Katarina Mazetti

 Challenge Viking Lit' 
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Challenge Littératures Nordiques
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Objet"

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03 mai 2012

Le Petit Bonzi – Sorj Chalandon

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Grasset – septembre 2005 – 345 pages

Livre de Poche – août 2007 – 252 pages

Quatrième de couverture : 
Jacques Rougeron a douze ans. Un soir d'automne, au pied de son immeuble, il croit avoir enfin trouvé le moyen de guérir. Jacques Rougeron est bègue. Il voudrait parler aussi vite, aussi bien que Bonzi et tous les autres. Bonzi, c'est son ami, son frère, c'est lui, presque. Bonzi le soutient. Ils n'ont que quelques jours. C'est leur secret.

Auteur : Sorj Chalandon, 53 ans, est journaliste à Libération depuis 1974. Il a reçu le prix Albert Londres en 1988 pour ses articles sur le procès Barbie et l'Irlande du Nord. Le Petit Bonzi est son premier roman.

Mon avis : (lu en avril 2012)
J'ai découvert Sorj Chalandon en lisant Retour à Killybegs puis Mon traître. C'est un écrivain qui me touche beaucoup et je suis ravie de pouvoir lire son premier roman.
Jacques Rougeron a douze ans et est en CM2. Il est bègue et n’arrive pas à maitriser la parole avec les autres. C’est seulement à son ami Bonzi qu’il arrive à parler normalement. Ce dernier l’accompagne à tout moment et lui souffle ses mots et lui donne des idées pour guérir… Des idées comme manger des herbes pour guérir, imaginer une épidémie de peste… Ces idées ne sont pas toujours de bonnes idées et malgré lui, Jacques va déclencher quelques « catastrophes » dont il ne sait plus comment échapper.
Heureusement, il va trouver un allié de choix qui le comprend et le protège en la personne de Manu, un instituteur à l’écoute et généreux qui va aider Jacques à prendre confiance en lui, à grandir.
Un livre très touchant avec beaucoup de fraîcheur, de sensibilité. Une écriture belle et pleine de délicatesse...
Je suis devenue une vraie fan de Sorj Chalandon et je me réjouie d'avance de pouvoir encore découvrir d’autres de ses livres.

Extrait : (début du livre)
C'est en mars 1964 que Jacques a mangé de l'herbe pour la première fois. Il en avait mangé avant, bien avant, beaucoup et des jours durant, mais la première fois qu'il a mangé de l'herbe et qu'il a guéri c'est en mars 1964, c'était le soir et il avait plu.
- C'était quand déjà, la première fois que tu as mangé de l'herbe et que tu as guéri ? lui a demandé Bonzi.
- C'est en mars, c'était le soir et il avait plu, lui a répondu Jacques.

C'était le soir. Il avait plu. L'herbe avait son goût d'orage, une saveur écœurante faite de terre, de lourd et d'étang. Jacques était à genoux. Il fouillait le sol humide à deux mains. A cause d'un éclair, il a levé la tête pour la première fois. Les façades sont devenues violentes, blêmes comme des oiseaux bouillis. Il a sursauté. Il s'est figé au fracas blanc.
- Regarde les fenêtres pour voir si on te voit, a murmuré Bonzi.
Alors Jacques a cessé de creuser et il a regardé les fenêtres.
Il a regardé mademoiselle Lannoy. Elle était dans l'embrasure, au premier étage de Canari, silhouette légère masquée par un pli de rideau. Il a regardé les frères Fayon. Le grand Lucien, qui est méchant, et Roger qui est dans sa classe. Ils étaient là, épaules contre torse, avec la petite Sophie qui courait bras en l'air. Il a regardé monsieur Le Goff au deuxième étage de Perruche, bien droit, ses mains de marin sur ses hanches et sa fenêtre grande ouverte au temps. Il a regardé Luc Vandemer, dans la lumière éteinte, balayé en spectre par un débris d'éclair. Il a regardé madame Fayolle, toute seule et toute voûtée. Elle avait posé une main contre la vitre, en auvent sur son front, et de l'autre, elle retenait le pan de son habit. Il a aussi regardé la fenêtre obscure de Martine Giboulet, le rideau clair désert sans elle dans le recoin. Il se souvient que tout était tendu, tout était inquiet. Et plus l'orage grondait et plus les ombres étaient nombreuses. En les voyant, Jacques a pensé aux animaux tremblants de la forêt qui brûle. Il a pensé à la peur des cavernes racontée par Richard Vandi, quand les hommes ne savaient pas que le jour se relève. Il a pensé à la peste de son cours d'histoire, à Manu, qui raconte les grelots attachés aux cous des mourants pour que les vivants aient le temps de s'enfuir.  

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Déjà lu du même auteur :

Retour___Killybegs  Retour à Killybegs  mon_traitre_p Mon traître

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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28 avril 2012

D'autres vies que la mienne – Emmanuel Carrère

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POL – mars 2009 – 309 pages

Folio – septembre 2010 – 352 pages

Quatrième de couverture :
«À quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari. 
Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas notre histoire? C'était une commande, je l'ai acceptée. C'est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s'occupaient d'affaires de surendettement au tribunal d'instance de Vienne (Isère). 
Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d'extrême pauvreté, de justice et surtout d'amour. Tout y est vrai.»

Auteur : Emmanuel Carrère est né en 1957. D'abord journaliste, il a publié un essai sur le cinéaste Werner Herzog en 1982, puis L'Amie du jaguar, Bravoure (prix Passion 1984, prix de la Vocation 1985), Le Détroit de Behring, essai sur l'Histoire imaginaire (prix Valery Larbaud et Grand Prix de la science-fiction française 1986), Hors d'atteinte ? et une biographie du romancier Philip K Dick, je suis vivant et vous êtes morts. La Classe de neige, prix Femina 1995, a été porté à l'écran par Claude Miller, et L'Adversaire par Nicole Garcia. En 2003, Emmanuel Carrère réalise un documentaire, Retour à Kotelnitch, et adapte lui-même en 2004 La Moustache, coécrit avec Jérôme Beaujour, interprété par Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. Il a depuis écrit Un roman russe et D'autres vies que la mienne. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.  

Mon avis : (lu en avril 2012)
J'avais raté ma première rencontre avec Emmanuel Carrère et Un roman russe et celle-ci est vraiment réussie.
Emmanuel Carrère nous raconte deux drames dont il a été témoin. Le premier c'est la mort de la petite Juliette au Sri Lanka lors du tsunami de 2004 et les parents qui sont à la recherche du corps de leur enfant. La grande dignité de ces parents face à la mort de leur enfant est bouleversante. Peu de temps après, le deuxième drame touche la belle-sœur de l'auteur, Juliette âgée de 33 ans, mère de trois jeunes enfants, elle meurt prématurément rongée par le cancer. Emmanuel Carrère revient avec beaucoup de précision sur la personnalité de Juliette à travers les témoignages de son mari, de ses parents et de son meilleur ami et collègue de travail Etienne magistrat, comme elle.
Emmanuel Carrère réussi à décrire le réel avec beaucoup de justesse et de sensibilité. Son écriture est sobre mais précise, c'est émouvant, jamais larmoyant. Le lecteur ne peut être que touché et j'avoue que plusieurs fois durant cette lecture j'ai versé des larmes...
Ce livre bouleversant, plein d'émotions et de sensibilité m'a touché en plein cœur, c'est une formidable et inoubliable leçon de vie.  

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"D'autres vies que la mienne" d'Emmanuel Carrère a été librement adapté dans le film "Toutes nos envies" réalisé par Philippe Lioret, sorti 2011, avec Marie Gillain et Vincent Lindon. Je n'ai pas en vu ce film.

Extrait : (début du livre)
La nuit d'avant la vague, je me rappelle qu'Hélène et moi avons parlé de nous séparer. Ce n'était pas compliqué : nous n'habitions pas sous le même toit, n'avions pas d'enfant ensemble, nous pouvions même envisager de rester amis ; pourtant c'était triste. Nous gardions en mémoire une autre nuit, juste après notre rencontre, passée tout entière à nous répéter que nous nous étions trouvés, que nous allions vivre le reste de notre vie ensemble, vieillir ensemble, et même que nous aurions une petite fille. Plus tard nous avons eu une petite fille, à l'heure où j'écris nous espérons toujours vieillir ensemble et nous aimons penser que nous avions dès le début tout compris. 

Mais il s'était écoulé depuis ce début une année compliquée, chaotique, et ce qui nous paraissait certain à l'automne 2003, dans l'émerveillement du coup de foudre amoureux, ce qui nous paraît certain, en tout cas désirable, cinq ans plus tard, ne nous paraissait plus certain du tout, ni désirable, cette nuit de Noël 2004, dans notre bungalow de l'hôtel Eva Lanka. Nous étions certains au contraire que ces vacances étaient les dernières que nous passions ensemble et que malgré notre bonne volonté elles étaient une erreur. Allongés l'un contre l'autre, nous n'osions pas parier de la première fois, de cette promesse à laquelle nous avions tous les deux cru avec tant de ferveur et qui, de toute évidence, ne serait pas tenue. Il n'y avait pas entre nous d'hostilité, nous nous regardions seulement nous éloigner l'un de l'autre avec regret : c'était dommage. 

Je ressassais mon impuissance à aimer, d'autant plus criante qu'Hélène est vraiment quelqu'un d'aimable. Je pensais que j'allais vieillir seul. Hélène, elle, pensait à autre chose : à sa s?ur Juliette qui, juste avant notre départ, avait été hospitalisée pour une embolie pulmonaire. Elle avait peur qu'elle tombe gravement malade, peur qu'elle meure. J'objectais que cette peur n'était pas rationnelle mais elle a bientôt pris toute la place dans l'esprit d'Hélène et je lui en ai voulu de se laisser absorber par quelque chose à quoi je n'avais aucune part. Elle est allée fumer une cigarette sur la terrasse du bungalow. Je l'ai attendue, couché sur le lit, en me disant : si elle revient bientôt, si nous faisons l'amour, peut-être que nous ne nous séparerons pas, peut-être que nous vieillirons ensemble. Mais elle n'est pas revenue, elle est restée seule sur la terrasse à regarder le ciel s'éclaircir peu à peu, à écouter les premiers chants d'oiseaux, et je me suis endormi de mon côté, seul et triste, persuadé que ma vie allait tourner de plus en plus mal.

Nous étions inscrits tous les quatre, Hélène et son fils, moi et le mien, pour une leçon de plongée sous-marine au petit club du village voisin. Mais Jean-Baptiste depuis la leçon précédente avait mal à une oreille et ne voulait pas replonger, nous étions quant à nous fatigués par notre nuit presque blanche et avons décidé d'annuler. Rodrigue, le seul qui avait vraiment envie d'y aller, était déçu. Tu n'as qu'à te baigner dans la piscine, lui disait Hélène. Il en avait assez, de se baigner dans la piscine. Il aurait voulu qu'au moins quelqu'un l'accompagne à la plage, en contrebas de l'hôtel, où il n'avait pas le droit d'aller seul parce qu'il y avait des courants dangereux. Mais personne n'a voulu l'accompagner, ni sa mère, ni moi, ni Jean-Baptiste qui préférait lire dans le bungalow. 

Jean-Baptiste avait alors treize ans, je lui avais plus ou moins imposé ces vacances exotiques en compagnie d'une femme qu'il connaissait peu et d'un garçon beaucoup plus jeune que lui, depuis le début du séjour il s'ennuyait et nous le faisait sentir en restant dans son coin. Quand, agacé, je lui demandais s'il n'était pas content d'être là, au Sri Lanka, il répondait de mauvaise grâce que si, il était content, mais qu'il faisait trop chaud et que là où il se sentait encore le mieux, c'est dans le bungalow, à lire ou jouer à la Game Boy. C'était un préadolescent typique, en somme, et moi un père typique de préadolescent, me surprenant à lui faire, au mot près, les remarques qui quand j'avais son âge m'exaspéraient tellement dans la bouche de mes propres parents : tu devrais sortir, être curieux, c'est bien la peine de t'emmener si loin... Peine perdue. 

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26 avril 2012

La fille tombée du ciel - Heidi W. Durrow

la_fille_tomb_e_du_ciel Éditions Anne Carrière – août 2011 – 274 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Marie de Prémonville

Titre original : The girl who fail from the sky : A novel, 2010

Quatrième de couverture :
A onze ans, Rachel Morse, fille d'une mère danoise et d'un père GI noir américain, voit sa vie basculer : un drame dont elle est la seule survivante lui arrache sa famille. Recueillie par sa grand-mère paternelle, une femme aussi aimante qu'intransigeante, Rachel découvre bientôt la difficulté d'être métisse dans une société qui donne trop d'importance à la couleur de peau. Des voix se mêlent à son récit pour dévoiler la véritable nature de la tragédie qui s'est déroulée, un triste jour d'été, sur un toit de Chicago. La plus vibrante d'entre elles est celle de Brick, un jeune voisin qui a assisté à sa chute et qui se retrouve, bien malgré lui, dépositaire du seul fragment de vérité susceptible de libérer Rachel des ombres de son passé. Heidi W. Durrow signe ici l'histoire d'un être trop doué et trop démuni à la fois. Dans ce roman d'apprentissage moderne et poétique, elle décrit l'envol d'un personnage inoubliable.

Auteur : Heidi W. Durrow est la fille d’une mère danoise et d’un père afro-américain travaillant pour l’US Air Force. Elle a grandi en Turquie, en Allemagne et au Danemark, puis a fait ses études supérieures à l’école de journalisme de l’université de Columbia, ainsi qu’un cursus de droit à Yale. Elle est aujourd’hui directrice de festivals culturels. Elle a 42 ans et vit à New York. Son premier roman, La Fille tombée du ciel, a reçu le prix Barbara Kingslover Bellwether en 2008.

 

Mon avis : (lu en avril 2012)
Après le drame qui a tué sa mère et ses frère et sœur à Chicago, Rachel âgée de 11 ans a été recueillie par sa grand-mère à Portland. Rachel est une fillette, blanche par sa mère Danoise et noire par son père GI américain. Elle a hérité de magnifiques yeux bleus de sa mère et des cheveux crépus de son père. Dans sa nouvelle vie, Rachel découvre les difficultés d'avoir une couleur différente. Rachel grandit avec des souvenirs vagues du jour de 1982 où tout à basculé...
Ce jour là, Jamie a été le témoin de l'accident survenu à la famille de Rachel. Plus tard, il a rencontré Roger le père de la fillette et celui-ci l'a donné un message pour sa fille. Jamie décide de remplir cette mission et il va mettre plusieurs années pour traverser les États-Unis et enfin rejoindre Rachel.
Dans ce livre le lecteur découvre en parallèle plusieurs récits, celui de Rachel, celui de Jamie mais aussi des passages du journal intime de Nella, la mère de Rachel et également le témoignage de Laronne, la patronne de Nella.
J'ai beaucoup aimé cette histoire émouvante et touchante. Rachel est une petite fille puis une adolescente forte et courageuse qui se pose de nombreuses questions, Jamie est également un personnage touchant plein de naïveté et de poésie. C'est un très beau livre plein d'humanité.

 

Extrait :(début du livre)
« Mon petit porte-bonheur », dit grand-mère.
Elle est venue me chercher à l'hôpital, et on a marché jusqu'à l'arrêt de bus, sa main autour de la mienne, comme une laisse.
On est à l'automne 1982, et il pleut sur Portland. J'ai éclaboussé mes nouvelles chaussures dans les flaques. Je me sens déjà moins la petite-fille-dans-sa-robe-neuve. Je ne suis déjà plus cette fille-là.
Grand-mère ne lâche ma main que pour chercher des pièces dans un porte-monnaie noir en cuir verni.
« Eh bien, voilà les plus jolis yeux bleus et la plus jolie petite fille que j'aie jamais vus », lance la conductrice, quand on monte à bord de son bus. Je redeviens la fille-toute-neuve, et je lui souris.
« C'est ma petite-fille, mon bébé. Elle vient vivre avec moi. » Grand-mère n'arrive pas à se défaire de son accent du Texas.
« Merci, madame. » Je surveille mes manières, en présence d'inconnus, et grand-mère est encore une inconnue, pour moi.
Je ne sais pas grand-chose d'elle. Elle jardine. Elle a les mains douces et elle sent la lavande.
Avant, chaque Noël, elle nous envoyait toujours une carte, à Robbie et moi, avec un billet de 10 dollars tout neuf emballé dans du papier d'aluminium. Au dos de l'enveloppe, là où elle avait appuyé très fort, l'encre qu'elle avait sur les doigts avait un peu bavé. La carte sentait la lotion à la lavande qu'elle utilise pour avoir les mains douces.
Grand-mère n'a pas une seule ride, nulle part. Elle a la peau sombre, couleur aubergine, aussi lisse qu'une assiette en porcelaine, tout ça grâce à cette lotion qu'elle se fait envoyer spécialement du Sud. « Ils ont des racines plus fortes, là-bas – meilleure terre, meilleures racines. » Elle a un corps en balle de fusil. Elle est large et de petite taille. Elle tire ses cheveux en arrière et elle les recouvre d'un bonnet en plastique.
« Eh bien, quelle chance tu as d'avoir une mamie aussi extraordinaire, me dit la conductrice. Jolie et chanceuse. »      

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Challenge 6% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
41/42
 

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
d_fi_du_1er_roman

50__tats
20/50 : Illinois

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25 avril 2012

Bon rétablissement - Marie-Sabine Roger

Bon_r_tablissement Éditions du Rouergue – mars 2012 – 205 pages

Quatrième de couverture :
« Depuis que je suis là, le monde entier me souhaite bon rétablissement, par téléphone, mail, courrier, personnes interposées. Par pigeons voyageurs, ça ne saurait tarder. Bon rétablissement. Quelle formule à la con ! »

« Veuf, sans enfants ni chien », Jean-Pierre est un vieil ours bourru et solitaire, à la retraite depuis sept ans. Suite à un accident bien étrange, le voilà immobilisé pendant des semaines à l'hôpital. Il ne pouvait pas imaginer pire.
Et pourtant, depuis son lit, il va faire des rencontres inattendues qui bousculeront son égoïsme...
Avec sa verve habituelle et son humanisme, Marie-Sabine Roger nous offre une nouvelle fois une galerie de portraits hauts en couleur. C'est un tableau doux-amer qu'elle peint de l'hôpital, avec l'humour et le sens de la formule qui la caractérisent, et qui ont fait le succès de ses deux précédents romans, La tête en friche et Vivement l'avenir.

Auteur : Née en 1957 près de Bordeaux, Marie-Sabine Roger vit actuellement au Québec. Depuis quinze ans, elle se consacre entièrement à l'écriture. Auteur jeunesse important, avec plus d'une centaine de livres à son actif, elle accède à la notoriété en littérature générale avec « La Tête en friche », publié en 2008, adapté au cinéma par Jean Becker, avec Gérard Depardieu dans le rôle principal (près de 70 000 exemplaires vendus). Son deuxième titre, « Vivement l'avenir » (2010), a obtenu le prix des Hebdos en région et le prix Handi-livres.

Mon avis : (lu en avril 2012)
Ayant beaucoup aimé son dernier livre Vivement l’avenir et l'ayant trouvé très sympathique lors du dernier Salon du Livre de Paris, j'avais très envie de découvrir ce livre que j'ai lu très facilement en quelques heures.
A la suite de circonstances dont il n'a gardé aucun souvenir, Jean-Pierre a été miraculeusement repêché après une chute dans la Seine. A l’hôpital, il est devenu "le bassin de la chambre 28" et cloué dans son lit, il nous décrit son quotidien avec humour et lucidité. Il revient sur sa vie passée, mais nous raconte aussi ceux qui gravitent  autour de lui : le personnel médical ou non de l'hôpital, ses quelques visiteurs comme Maxime, le jeune flic chargé de l'enquête sur sa chute, Camille, le prostitué et étudiant qui lui a sauvé la vie, une jeune fille ronde qui vient squatter son ordinateur...
Âgé de 67 ans, veuf, sans enfant, Jean-Pierre a toujours été quelqu'un de solitaire et bourru, son long séjour à l'hôpital et ses rencontres vont le faire évoluer, il va apprendre à s'ouvrir aux autres.
Marie-Sabine Roger nous propose avec beaucoup d'humour une description de la vie à l'hôpital très réaliste et décapante. C'est l'occasion de réfléchir sur plusieurs sujets de société comme la place réservée aux troisième âge, à la solitude des anciens...
Une jolie histoire tendre et émouvante.

Autre avis : un coup de coeur pour Clara

Extrait : (début du livre)
Sans me vanter, vers les six ou sept ans, j’avais déjà tâté pas mal de choses, pour ce qui est des délits interdits par la loi. Vol à l’arraché, viol, extorsion de fonds…
Question viol, j’avais roulé une pelle à Marie-José Blanc. Elle serrait les dents, je n’étais pas allé loin. C’est l’intention qui compte.
Le vol à l’arraché, c’était le samedi après le match de rugby : je taxais le goûter des plus petits que moi. Je les baffais, peinard, au chaud dans les vestiaires. J’en épargnais un, quelquefois. J’ai un côté Robin des Bois.
Pour l’extorsion, demandez à mon frère. Il me citait toujours comme exemple pourri à ses gamins, quand ils étaient petits, Devenez pas comme votre oncle, ou vous aurez affaire à moi. Pour ma défense, je dirais que s’il n’avait rien eu à se reprocher, il n’aurait pas raqué toute sa tirelire. Pour faire chanter les gens, il faut une partition.

On m’appelait « la Terreur ». Je trouvais ça génial.
Je me sentais promis à un grand avenir.

À l’époque, dans la maison, on était cinq et des poussières : mes parents, mon frangin et moi, pépé Jean, feu mémé Ginou.
Mes grands-parents paternels étaient morts bêtement, lorsque mon père avait huit ans, pour un refus de priorité causé par ma grand-mère, qui ne voyait pas trop l’utilité des stops.
Mon père avait été élevé par ses grands-parents du côté de sa mère : pépé Jean, encore très présent à l’époque dont je vous parle, et feu mémé Ginou, dans son urne, au garage.
J’avais du mal à me représenter ce qu’il avait pu ressentir, en rentrant de l’école, le jour de l’accident, lorsqu’il avait compris que ses parents n’allaient pas revenir. Sur le moment, il s’était peut-être dit qu’il pourrait enfin vivre en toute liberté : plus de claquage de beignet à la moindre bêtise. Tranquille.
Tranquille, oui.
Mais à l’entendre parler de ses années d’enfance, je sentais bien que certaines tranquillités foutent une vie en l’air plus sûrement que pas mal de contraintes. Du coup, ça ne me tentait pas, devenir orphelin. Je tenais à mes parents, même si c’était des parents, avec tous les défauts que ça peut sous-entendre, question autorité et interdictions. Je tenais à mon père, surtout. Je le trouvais balèze, pas seulement pour ses biceps plus épais que des cuisses. Il était fort, vraiment. Droit planté dans ses bottes. Riche de convictions, à défaut d’autre chose. Un gueulard, un sanguin, mais qui trempait ses mouchoirs aux mariages, aux baptêmes, appelait ma mère Mon p’tit bouchon d’amour, en se foutant pas mal du ridicule, et n’avait jamais peur de lui dire Je t’aime.
L’homme que j’aurais sûrement bien aimé devenir.

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Déjà lu du même auteur :

la_tete_en_friche La tête en friche  vivement_l_avenir Vivement l’avenir

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21 avril 2012

Si je reste – Gayle Forman

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Oh ! Éditions – avril 2009 – 220 pages

Pocket – avril 2010 – 187 pages

Pocket Jeunesse – novembre 2011 – 196 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Marie-France Girod

Titre original : If I stay, 2009

Quatrième de couverture :
Mia a 17 ans. Un petit ami, rock star en herbe. Des parents excentriques. Des copains précieux. Un petit frère craquant. Beaucoup de talent et la vie devant elle.
Quand, un jour, tout s'arrête. Tous ses rêves, ses projets, ses amours. Là, dans un fossé, au bord de la route. Un banal accident de voiture...
Comme détaché, son esprit contemple son propre corps, brisé. Mia voit tout, entend tout. Transportée à l'hôpital, elle assiste à la ronde de ses proches, aux diagnostics des médecins. Entre rires et larmes, elle revoit sa vie d'avant, imagine sa vie d'après. Sortir du coma, d'accord, mais à quoi bon ? Partir, revenir ? Si je reste...

Auteur : Gayle Forman est une journaliste réputée, primée pour ses articles. Elle vit à Brooklyn avec son mari et leur fille. Si je reste est déjà un phénomène d'édition, avec une sortie mondiale dans plus de vingt pays et une adaptation cinématographique en cours par les producteurs de Twilight.

 

Mon avis : (lu en avril 2012)
Voilà un livre émouvant et poignant. C'est l'histoire de Mia, 17 ans elle vient d'avoir un terrible accident de voiture avec ses parents et son petit frère Teddy. Elle est gravement blessée et est tombée dans le coma. Pourtant, elle se retrouve comme en dehors de son corps spectatrice de ce qui lui arrive. Elle est dans un état critique , dans un état où elle seule a le choix entre vivre et mourir. Une décision très difficile à prendre car elle a compris que ses parents étaient morts sur le coup et que son petit-frère avait lui aussi fini par mourir quelques heures après l'accident. 
Elle voit et elle entend tout se qui se passe autour d'elle et le roman alterne entre les pensées de Mia qui erre dans l'hôpital autour de son corps dans le coma et ses souvenirs de sa vie avant l'accident.
La musique tient une grande place dans ce roman, Mia est une brillante violoniste et son petit ami Adam fait parti d'un groupe de rock. Il y a une opposition et une complémentarité entre les différents types de musique. L'auteur cite de nombreuses références de morceaux classiques, rock n'roll, punk, jazz tout au long du livre.
Les personnages de Mia et Adam sont très attachants et touchants.
L'histoire est très prenante et lorsque j'ai commencé ce livre, je n'avais pas du tout envie de le lâcher avant de l'avoir terminé.
Mon seul bémol, c'est le bandeau publicitaire sur la version poche : « Le livre le plus émouvant depuis Twilight », à mon avis, cela donne du livre une idée fausse et très réductrice...

Un grand Merci à Azilis qui m'a offert ce livre lors du Swap Anniversaire organisé par Hérisson.

Extrait : (début du livre)
S'il n'avait pas neigé, sans doute ne serait-il rien arrivé.
Ce matin, à mon réveil, une fine couche blanche recouvre le gazon devant la maison et de légers flocons tombent sans relâche.
Dans la région de l'Oregon où nous vivons, quelques centimètres de neige suffisent à paralyser l'activité du comté pendant que l'unique chasse-neige dégage les routes. Il n'y aura donc pas classe aujourd'hui. Teddy, mon petit frère, pousse un cri de joie en entendant l'annonce à la radio. « On va faire un bonhomme de neige, papa ! » s'exclame-t-il.
Mon père tapote sa pipe. Il est dans sa période années 1950 et fumer la pipe en fait partie, avec le port du noeud papillon. Je ne sais si c'est une façon de montrer qu'il est rentré dans le rang, en tant qu'ancien punk, ou s'il s'est vraiment assagi en devenant professeur d'anglais. Toujours est-il que j'adore l'odeur de son tabac, un arôme à la fois doux et épicé, qui me rappelle l'hiver et les feux de bois.
« Avec cette neige molle, le résultat ressemblera à une amibe, j'en ai peur », répond-il en souriant à Teddy.
Il n'est pas mécontent que tous les établissements scolaires du comté soient fermés, y compris mon lycée et le collège où il enseigne, car il bénéficie d'une journée de congé inattendue, lui aussi.

 Challenge Objectif PAL Swap
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6/25

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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19/50 : Orégon

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20 avril 2012

Le Chien des Baskerville - Arthur Conan Doyle

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traduit de l'anglais

Hachette – janvier 1907

J'ai Lu – 1961

J'ai Lu – 1964

Livre de Poche – 1966 – 256 pages

Livre de poche – septembre 1967 – 256 pages

Gallimard – janvier 1976

Pocket – janvier 1981 – 191 pages

Livre de poche – janvier 1988 – 256 pages

Pocket – septembre 1988 – 190 pages

Pocket – juillet 1995 – 190 pages

Livre de poche Jeunesse - 1994 – 316 pages

Nathan – octobre 1998 – 194 pages

Flammarion - avril 1999 – 270 pages

Folio junior - avril 1999 – 300 pages

Librio – mai 1999 – 187 pages

Gallimard – juin 2001 – 349 pages

Folio jeunesse - novembre 2001 –

Livre de poche Jeunesse – février 2002 – 282 pages

Pocket – février 2002 – 191 pages

Librio – juin 2003 -

Librio – juin 2003 – 187 pages

Hachette éducation – février 2004 -

Pocket – novembre 2004 – 191 pages

Litté Geo Ado - octobre 2006 -

Livre de poche Jeunesse - décembre 2007 – 316 pages

Folio jeunesse - janvier 2008 – 264 pages

Dodo Press – janvier 2009 – 216 pages

Larousse – septembre 2011 -

traduit de l'anglais par Bernard Tourville

Titre original : The Hound of the Baskervilles, 1902

Quatrième de couverture : 
Un chien diabolique parcourt une lande désolée du Devonshire et Sir Henry, dernier héritier des Baskerville, commence à croire qu’il va subir le sort tragique de ses ancêtres, victimes d’une étrange malédiction. Sherlock Holmes, toujours rationnel, ne croit pas aux mystères et il envoie son ami Watson observer le pays et ses habitants. Il découvre des serviteurs silencieux, un criminel en fuite, un chasseur de papillons et d’autres personnages étonnants. Le célèbre détective devra finalement affronter un ennemi d’une intelligence redoutable.

Auteur : Sir Arthur Ignatius Conan Doyle, né le 22 mai 1859 à Édimbourg et mort le 7 juillet 1930 à Crowborough, dans le Sussex, est un écrivain et médecin écossais. Il doit sa célébrité à ses romans mettant en scène le détective Sherlock Holmes, considérés comme une innovation majeure du roman policier, et les aventures du professeur Challenger. Cet écrivain prolifique a également été l'auteur de livres de science-fiction, de romans historiques, de pièces de théâtre, de poésies et d'œuvres historiques. Conan Doyle était lié à l'écrivain J. M. Barrie. Il a été fait Chevalier par le roi Édouard VII le 24 octobre 1922.

 

Mon avis : (relu en avril 2012)
J’ai déjà lu ce livre lorsque j’étais adolescente mais je n’en avais plus aucun souvenir. C’est l’enquête la plus célèbre de Sherlock Holmes.
Dans le Devonshire, une terrible malédiction pèse sur la famille de Baskerville. Depuis des générations, « un chien de l'enfer » serait la cause des morts et des membres de la famille. La mort de Sir Charles Baskerville dans des circonstances troubles, ravive cette légende. Le seul héritier Sir Henry est lui-même averti par une lettre anonyme qu'il est menacé d'un très grave danger. Sherlock Holmes et le Docteur Watson vont mener une enquête efficace et pleine de suspense. Le lecteur suit pas à pas l'enquête, les observations puis les déductions de Sherlock Holmes. Le cadre de l'enquête dans cette lande mystérieuse et brumeuse rend encore plus forte l'atmosphère pesante du lieu.
C'est une réussite totale que j'ai relu avec beaucoup de plaisir.

 

J’ai eu l’occasion, il y a quelques semaines de voir à la télévision l’adaptation très réussite de cette enquête dans la série policière britannique Sherlock (2ème épisode de la saison 2) créée par Mark Gatiss et Steven Moffat et diffusée depuis le 25 juillet 2010 sur BBC One avec comme acteurs Benedict Cumberbatch et Martin Freeman.  

Extrait : (début du livre)
Ce matin-là, M. Sherlock Holmes qui, sauf les cas assez fréquents où il passait les nuits, se levait tard, était assis devant la table de la salle à manger. Je me tenais près de la cheminée, examinant la canne que notre visiteur de la veille avait oubliée. C’était un joli bâton, solide, terminé par une boule — ce qu’on est convenu d'appeler « une permission de minuit ».

Immédiatement au-dessous de la pomme, un cercle d’or, large de deux centimètres, portait l’inscription et la date suivantes : « À M. James Mortimer, ses amis du C. C. H. — 1884 ».
Cette canne, digne, grave, rassurante, ressemblait à celles dont se servent les médecins « vieux jeu ». « Eh bien, Watson, me dit Holmes, quelles conclusions en tirez-vous ? »
Holmes me tournait le dos et rien ne pouvait lui indiquer mon genre d’occupation.
« Comment savez-vous ce que je fais ? Je crois vraiment que vous avez des yeux derrière la tête.
— Non ; mais j’ai, en face de moi, une cafetière en argent, polie comme un miroir. Allons, Watson, communiquez-moi les réflexions que vous suggère l’examen de cette canne. Nous avons eu la malchance de manquer hier son propriétaire et, puisque nous ignorons le but de sa visite, ce morceau de bois acquiert une certaine importance.
— Je pense, répondis-je, suivant de mon mieux la méthode de mon compagnon, que le docteur Mortimer doit être quelque vieux médecin, très occupé et très estimé, puisque ceux qui le connaissent lui ont donné ce témoignage de sympathie.
— Bien, approuva Holmes… très bien !
— Je pense également qu’il y a de grandes probabilités pour que le docteur Mortimer soit un médecin de campagne qui visite la plupart du temps ses malades à pied.
— Pourquoi ?
— Parce que cette canne, fort jolie quand elle était neuve, m’apparaît tellement usée que je ne la vois pas entre les mains d’un médecin de ville. L’usure du bout en fer témoigne de longs services.
— Parfaitement exact ! approuva Holmes.
— Et puis, il y a encore ces mots : « Ses amis du C. C. H. ». Je devine qu’il s’agit d’une société de chasse…. Le docteur aura soigné quelques-uns de ses membres qui en reconnaissance, lui auront offert ce petit cadeau.
— En vérité, Watson, vous vous surpassez, fit Holmes, en reculant sa chaise pour allumer une cigarette. Je dois avouer que, dans tous les rapports que vous avez bien voulu rédiger sur mes humbles travaux, vous ne vous êtes pas assez rendu justice. Vous n’êtes peut-être pas lumineux par vous-même ; mais je vous tiens pour un excellent conducteur de lumière. Il existe des gens qui, sans avoir du génie, possèdent le talent de le stimuler chez autrui. Je confesse, mon cher ami, que je suis votre obligé. »

Auparavant, Holmes ne m’avait jamais parlé ainsi. Ces paroles me firent le plus grand plaisir, car, jusqu’alors, son indifférence aussi bien pour mon admiration que pour mes efforts tentés en vue de vulgariser ses méthodes, m’avait vexé. De plus, j’étais fier de m’être assimilé son système au point de mériter son approbation quand il m’arrivait de l’appliquer.
Holmes me prit la canne des mains et l’examina à son tour pendant quelques minutes. Puis, soudainement intéressé, il posa sa cigarette, se rapprocha de la fenêtre et la regarda de nouveau avec une loupe.

« Intéressant, quoique élémentaire, fit-il, en retournant s’asseoir sur le canapé, dans son coin de prédilection. J’aperçois sur cette canne une ou deux indications qui nous conduisent à des inductions. 
— Quelque chose m’aurait-il échappé ? dis-je d’un air important. Je ne crois pas avoir négligé de détail essentiel.
— Je crains, mon cher Watson, que la plupart de vos conclusions ne soient erronées. Quand je prétendais que vous me stimuliez, cela signifiait qu’en relevant vos erreurs j’étais accidentellement amené à découvrir la vérité…. Oh ! dans l’espèce, vous ne vous trompez pas complètement. L’homme est certainement un médecin de campagne… et il marche beaucoup.
— J’avais donc raison.
— Oui, pour cela.
— Mais c’est tout ?
— Non, non, mon cher Watson… pas tout – tant s’en faut. J’estime, par exemple, qu’un cadeau fait à un docteur s’explique mieux venant d’un hôpital que d’une société de chasse. Aussi, lorsque les initiales « C. C. » sont placées avant celle désignant cet hôpital, les mots « Charing Cross » s’imposent tout naturellement.
— Peut-être.
— Des probabilités sont en faveur de mon explication. Et, si nous acceptons cette hypothèse, nous avons une nouvelle base qui nous permet de reconstituer la personnalité de notre visiteur inconnu.
— Alors, en supposant que C. C. H. signifie « Charing Cross Hospital », quelles autres conséquences en déduirons-nous ?
— Vous ne les trouvez-pas ?… Vous connaissez ma méthode…. Appliquez-la ! 
— La seule conclusion évidente est que notre homme pratiquait la médecine à la ville avant de l’exercer à la campagne.

Baby Challenge Polar - Livr@ddict 2012
polar
Médaille de Bronze à 14/20

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Animaux"

Challenge God Save The Livre
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Posté par aproposdelivres à 09:03 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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