27 juin 2012

Il faut laisser les cactus dans le placard - Françoise Kerymer

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Jean-Claude Lattès – octobre 2010 – 402 pages

Pocket – février 2012 – 437 pages

Quatrième de couverture :
Trois sœurs, trois personnalités différentes, trois voix entrelacées : Marie, libraire et mère de famille épanouie, Anne, l'artiste, et Lise, solitaire et fragile. Toutes trois ont été marquées par la séparation de leurs parents et la figure d'un père taciturne et froid. Chacune a suivi son chemin, emportée par le cours de sa vie. Et les voilà aujourd'hui réunies à nouveau autour de ce père, décédé. 
Mais une quatrième personne s'invite à la lecture du testament : un homme qui reçoit l'entreprise familiale. Qui est ce légataire ? Et qui était vraiment leur père ? Un héritage familial lourd de secrets qui va donner aux trois sœurs l'opportunité de choisir leur destin.

Auteur : Françoise Kerymer est libraire. Elle partage son temps entre Paris et la Bretagne et signe là son premier roman.

Mon avis : (lu en juin 2012)
Ce livre m'a été présenté au Café Lecture de la Bibliothèque et comme il était question de Bretagne, il était évident que je voulais le découvrir...
Tout commence avec le décès de Charles Vautrin. Il est le père de trois filles, Marie, Anne et Lise. Lors du passage chez le notaire, les trois sœurs découvrent qu'il y a un quatrième en la personne de Gabriel Lis-Reminovski qui héritera de l'entreprise de leur père. Mais qui est ce Gabriel Lis-Reminovski ?
L'histoire est racontée selon les trois points de vue des sœurs. Elles ont chacune des façons de vivre, des caractères et des états d'esprit différents. 
Marie, l’aînée, vit à Paris  entre son mari pianiste et sa librairie, ils ont deux filles Sarah et Elsa vivant à Londres et aux États-Unis. Elle est sérieuse, c'est elle qui va chercher en à savoir plus sur l'héritier inconnu. Anne est l'artiste de la famille, elle vit simplement dans une maison au pied du phare de Port Manech en Bretagne. Lise, la plus jeune, est fragile et dépressive.

Ce livre se lit très facilement, les personnages sont attachants, la mort du père bouleverse cette famille, et le lecteur est tenu en haleine par une intrigue soutenue, pas toujours vraisemblable mais cependant très sympathique. Anne la bretonne d’adoption est la sœur que je préfère, j’ai beaucoup aimé les descriptions de son joli coin de Bretagne. Sa maison me plaît beaucoup !

Extrait : (page 15)
Papa est mort !

J'avais beau y penser de temps en temps...
N'empêche, ça me tombe dessus brutalement. Pourtant, c'est dans l'ordre des choses à quatre-vingt-treize ans. Et puis, il n'allait pas si bien, ces derniers temps.
Quand même. J'ai vraiment du mal à l'admettre. Celui qui m'a fait ne peut pas disparaître. Ou alors c'est un peu de moi qui part avec lui. Et là... Non ! Ça me fait trop peur, comme si le sol se dérobait, brusquement, sous mes pieds.

Je tourne en rond, je ne me fixe sur rien, tout m'énerve, tout m'exaspère. J'ai envie de pleurer pour un rien. Et nerveuse... nerveuse... C'est rien de le dire.
Je suis sortie marcher, mais même ma grande promenade en plein vent sur le sentier des douaniers n’a pas réussi à me calmer. Moi qui l’aime tant, la mer, moi qui vis avec elle, et qui ne changerais pour rien au monde ma petite parcelle de paradis pour les plus beaux palais de la terre… Rien à faire, je n’arrive pas à m’en remettre.
Mon père me quitte, et me laisse sans repère. Débrouille-toi toute seule. Même si depuis belle lurette je me suis passée de lui. Même s'il n'a jamais été à proprement parler un père, je porte son nom. Je suis Anne Vautrin, sculpteur, bretonne d'adoption et fière de l'être. Heureusement, d'ailleurs, parce que si j'attendais une quelconque reconnaissance de mon statut d'artiste pour exister, je n'aurais pas été bien loin.  

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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman

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  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Végétal"

 

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24 juin 2012

Indignation - Philip Roth

 Lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et Folio

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Gallimard - septembre 2010 - 195 pages

Folio - février 2012 - 237 pages

traduit de l'américain par Marie-Claire Pasquier

Titre original : Indignation, 2008

Quatrième de couverture :
Nous sommes en 1951, seconde année de la guerre de Corée. Marcus Messner, jeune homme de dix-neuf ans, intense et sérieux, d'origine juive, poursuit ses études au Winesburg College, dans le fin fond de l'Ohio. Il a quitté l'école de Newark, dans le New Jersey, où habite sa famille. Il espère par ce changement échapper à la domination de son père, boucher de sa profession, un homme honnête et travailleur, mais qui est depuis quelque temps la proie d'une véritable paranoïa au sujet de son fils bien-aimé. Fierté et amour, telles sont les sources de cette peur panique. Marcus, en s'éloignant de ses parents, va tenter sa chance dans une Amérique encore inconnue de lui, pleine d'embûches, de difficultés et de surprises.
Indignation, le vingt-neuvième livre de Philip Roth, propose une forme de roman d'apprentissage : c'est une histoire d'audace et de folie, d'erreurs et de tâtonnements, de résistances et de révélations, tant sur le plan sexuel qu'intellectuel. Renonçant à sa description minutieuse de la vieillesse et de son cortège de maux, Philip Roth poursuit avec l'énergie habituelle son analyse de l'histoire de l'Amérique - celle des années cinquante, des tabous et des frustrations sexuelles - et de son impact sur la vie d'un homme jeune, isolé, vulnérable.

Auteur : Philip Roth est né à Newmark, aux États-Unis, en 1933. Il vit dans le Connecticut.
Son premier roman, Goodbye, Columbus, lui vaut le National Book Award en 1960, prix qui lui est de nouveau décerné en 1995 pour Le Théâtre de Sabbath. Il a reçu à deux reprises le National Book Critics Award, en 1987 pour La contrevie et en 1992 pour Patrimoine. Le prix Pulitzer et, en France, le prix du Meilleur Livre étranger ont couronné Pastorale américaine. Le PEN Faulkner Award a récompensé les romans Opération Shylock et La tache, également distingué par le prix Médicis étranger en 2002. Entre autres récompenses, Le complot contre l’Amérique a été consacré Meilleur livre de l’année par le New York Times Book Review.

Mon avis : (lu en juin 2012)
C'est le deuxième livre que je lis de Philip Roth, avant d'avoir ce blog, j'avais déjà lu La Tache.
Dans "Indignation", Philip Roth fait une critique sans concession de l'Amérique des années 50. Il raconte l'histoire d'un jeune américain d'origine juive, Marcus Messner. Pour échapper à l'emprise de son père trop protecteur, Marcus, étudiant de dix-neuf ans, choisit de quitter le domicile familiale à Newark, dans la banlieue de New York, pour aller étudier au Winesburg College dans l'Ohio. Nous sommes au début des années 1950, pendant la guerre de Corée.
Fils d'un modeste boucher kasher, son ambition est de sortir major de sa promotion pour être officier et éviter de se retrouver en premières lignes pour la guerre en Corée. Enfant unique, très bon élève, il préfère le calme, la solitude pour s'adonner pleinement à ses études. Il est parti de chez lui pour échapper aux folles angoisses de son père et le voilà plongé dans le monde d'une université américaine conservatrice qu'il ne comprend pas et dont il n'accepte pas toutes les règles. Il est également décontenancé par son aventure amoureuse avec Olivia Hutton, une jeune étudiante.

Voilà un roman facile et très agréable à lire. Les personnages sont attachants et fouillés. L'atmosphère de l'époque et la vie universitaire américaine y sont bien décrites.

Un des moments les plus fort du livre, c'est la confrontation entre Marcus et le doyen Caudwell. Marcus n'a pas peur d'exprimer son indignation en face, en particulier il proteste  contre l'obligation pour tous les étudiants d'assister à l'office religieux. Il part dans un discours et un réquisitoire digne d'un futur avocat avec une conclusion inattendue...

Je me suis laissée porter par cette histoire dont je ne savais pas où elle aller me mener... J'avais quelques pressentiments sur l'issue de l'histoire mais ce sont vraiment les toutes dernières pages qui donnent à ce livre toute sa force...

Le titre « Indignation » fait référence à l'hymne national chinois "La Marche des Volontaires" que Marcus Messner se chante sans fin dans la tête pour supporter l'office religieux obligatoire.

Je remercie beaucoup Livraddict et Folio pour m'avoir permis de découvrir ce livre de Philip Roth.

Extrait : (page 109)
« Je proteste contre le fait d'être obligé de suivre l'office religieux quarante fois d'ici la fin de mes études si je veux obtenir mon diplôme, monsieur le doyen. Je ne vois pas au nom de quoi l'université aurait le droit de me forcer à écouter, ne serait-ce qu'une fois, un pasteur, quelle que soit sa confession, ni à écouter, ne serait-ce qu'une fois, un hymne chrétien s'adressant à une divinité chrétienne, étant donné que je suis un athée qu'offensent profondément, à dire vrai, les pratiques et les croyances des religions établies. » Je ne pouvais plus m'arrêter, malgré l'immense faiblesse que je ressentais. « Je n'ai pas besoin des sermons des moralistes professionnels pour me dicter ma conduite. Je n'ai certainement pas besoin d'un Dieu pour cela. Je suis parfaitement capable de mener une existence morale sans en attribuer le mérite à des croyances impossibles à prouver, défiant la raison, des croyances qui, pour moi, ne sont rien de plus que des contes de fées pour enfants auxquels adhèrent les adultes et qui ne sont pas plus fondées, en réalité, que le fait de croire au Père Noël. Je suppose que vous connaissez, monsieur le doyen, les écrits de Bertrand Russell. Bertrand Russell  éminent mathématicien et philosophe anglais, a été l'année dernière lauréat du prix Nobel de littérature. L'un des ouvrages pour lesquels on lui a attribué le prix Nobel est un essai de grande diffusion écrit à partir d'une conférence faite en 1927, intitulée "Pourquoi je ne suis pas chrétien". Connaissez-vous cet essai, monsieur le doyen ?
- Rasseyez-vous, je vous prie », dit le doyen.
Je fis ce qu'il me disait mais sans m'arrêter de parler. « Je vous demande si vous connaissez cet essai très important de Bertrand Russell. Apparemment, la réponse est non. Il se trouvé que moi je le connais, parce que lorsque j'étais capitaine de l'équipe de débatteurs de mon école, je m'étais donné pour tâche d'en apprendre par cour des passages entiers. Je ne l'ai toujours pas oublié, et je me suis juré que je ne l'oublierais jamais. Cet essai, ainsi que d'autres du même genre, contient les arguments de Russell, non seulement contre la conception chrétienne de Dieu, mais contre celles que professent toutes les grandes religions du monde, que Russell trouve tout à la fois erronées et dangereuses. Si vous lisiez son essai - et au nom de l'ouverture d'esprit, je vous conjure de le faire , vous vous apercevriez que Bertrand Russell, l'un des logiciens les plus réputés du monde, en plus d'être philosophe et mathématicien, réfute avec une logique indiscutable l'argument de la cause première, l'argument de la loi naturelle, l'argument du dessein intelligent, les arguments moraux en faveur d'une divinité, et l'argument du remède à l'injustice. Pour vous donner deux exemples. Premièrement, pour montrer qu'il ne peut y avoir aucune validité dans l'argument de la cause première, il dit : "Si tout doit avoir une cause, alors Dieu doit avoir une cause. S'il existe quelque chose qui n'ait pas de cause,ce peut être aussi bien le monde que Dieu." Deuxièmement, quant à l'argument du dessein intelligent, il dit : "Pensez-vous que si l'on vous donnait l'omnipotence et l'omniscience et des millions d'années pendant lesquelles perfectionner votre univers, vous ne pourriez rien produire de mieux que le Ku Klux Klan ou les fascistes ? " Il discute aussi les défauts de l'enseignement du Christ, tel qu'il est présenté dans les Évangiles tout en remarquant qu'historiquement il est extrêmement douteux que le Christ ait jamais existé. Le défaut moral le plus sérieux qu'il trouve à reprocher au Christ, c'est le fait qu'il croie à l'existence de l'Enfer. Russell écrit :"Je n'ai personnellement pas le sentiment que quelqu'un de profondément humain puisse croire au châtiment éternel." Et il reproche au Christ sa fureur vindicative contre ceux qui refusent d'écouter ses sermons. Il discute avec une totale franchise la façon dont les Églises ont retardé le progrès humain et comment, à force d'insister sur ce qu'elles choisissent d'appeler moralité, elles infligent à toutes sortes de gens des souffrances inutiles et non méritées. La religion, déclare-t-il, est fondée principalement sur la peur - la peur de l'inconnu, la peur de la défaite, et la peur de la mort. La peur, dit Bertrand Russell, engendre la cruauté, il n'est donc pas étonnant que cruauté et religion aillent de pair depuis des siècles. Conquérir le monde par l'intelligence, dit Russell, plutôt que d'être soumis comme des esclaves par la terreur que suscite le fait d'y vivre. Toute la conception de Dieu, conclut-il, est une conception indigne d'hommes libres. Telles sont les pensées d'un lauréat du prix Nobel renommé pour ses contributions à la philosophie, sa maîtrise de la logique et de la théorie de la connaissance, et je suis en total accord avec ses idées. Les ayant étudiées, y ayant réfléchi, j'ai l'intention de vivre en les appliquant, ce qui, vous l'admettrez certainement, monsieur le doyen, est mon droit le plus strict. »

 

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28/50 : Ohio

 

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21 juin 2012

Fugue – Anne Delaflotte Mehdevi

A l'occasion de la Fête de la Musique

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fugue Gaïa – septembre 2010 – 326 pages

Quatrième de couverture :
Madeleine s'enfuit de l'école le jour de la rentrée. Sa mère, folle d'angoisse, crie son nom le long de la rivière. L'enfant est saine et sauve, mais Clothilde y perd la voix. Sa voix du quotidien, sa voix de mère, de fille, d'amie et d'amante lui fait désormais défaut. Clothilde consulte, se refuse aux traitements, se heurte à l'incompréhension de tous. Et, contre toute attente, prend des cours de chant. La voix chantée de Clothilde est belle, sublime même. Passionnée de musique depuis l'enfance, comment pourrait-elle se détourner de ce talent qui affleure ? Un portrait de femme d'une tonalité bouleversante.

Auteur : Anne Delaflotte Mehdevi est née en 1967 à Auxerre. Elle grandit près de Saint-Sauveur-en-Puisaye où est née Colette. Elle suit des études en droit international et diplomatique et pratique le piano et le chant lyrique. Depuis 1993, elle vit à Prague où elle exerce le métier de relieur, parallèlement à son travail d'écrivain. Après La relieuse du gué (2008), Fugue est son second roman.

Mon avis : (lu en juin 2012)
J’avais ce livre dans ma LAL depuis trop longtemps… et la proposition d’Anne de faire une lecture « musicale » pour le 21 juin jour de Fête de la Musique en marge de son Challenge Des mots et des notes était l’occasion rêvée pour le découvrir !
Clothilde vit à Levayze un petit village de Bourgogne, elle a quatre enfants Antoine, Madeleine et les jumeaux Adèle et David. Vincent son mari est pilote de ligne, il est absent tous les trois jours et demi. Sa vie est équilibrée entre la famille, les amis, la maison et la musique qui a toujours été importante pour elle.
Lorsque l'histoire commence, c'est le jour de la Rentrée des classes et c'est la première Rentrée des jumeaux. Clothilde commence à songer à son avenir, son travail de maman à plein temps est terminé, mais elle ne sait pas encore quel travail elle pourrait faire.
En fin de matinée, elle reçoit un appel de l'école, sa fille Madeleine a fugué de l'école. Clothilde, accompagnée de son chien Beau, se met à sa recherche en l'appelant sans relâche. Madeleine est finalement retrouvé saine et sauve, mais Clothilde a perdu sa voix. 
Ce n'est pas une simple extinction de voix. Elle est alors confrontée à l'incompréhension de son mari, de sa meilleure amie et de son père, car elle refuse une injection dans ses muscles du larynx qui serait une solution transitoire. Après quelques semaine, elle découvre avec son phoniatre que malgré son impossibilité de parler, elle arrive à chanter sans aucune difficulté et elle décide alors de prendre des cours de chant.
J'ai beaucoup aimé ce livre plein de sensibilité, je me suis facilement identifiée à Clothilde, je suis mère de famille, j'ai été pendant quelques années en congé parental et je chante... J'ai aimé sa force et sa détermination à vouloir imposer ses choix de vie.
Tout au long du livre, l'auteur utilise le vocabulaire musical, cela donne une vraie poésie et une musicalité à ses propos. Il y a également beaucoup de références à des œuvres que je n'ai pas pris le temps de découvrir. Un livre apaisant à découvrir !

Autres avis : Clara - Sandrine - Saxaoul - Mirontaine

Extrait : (début du livre)
Clothilde était au jardin, elle y taillait un buis auquel elle donnait une forme ronde. La musique, qui lui parvenait du salon par la baie laissée ouverte, accompagnait son geste, précis et délicat, du bout des lames. L'Art de la fugue en était au XIVe contrepoint. Quand la musique de Bach cessa au milieu de cette partition dont il n'avait pas écrit la fin, Clothilde continua à sculpter dans le silence.

Concentrée sur l'arbuste, elle ne perçut d'abord que les mouvements de va-et-vient impatients de son chien blanc sur le fond vert des charmilles. Elle se redressa pour en chercher la cause et c'est alors qu'un filet de brise lui fit parvenir l'appel. Elle s'extirpa du dédale de parterres de fleurs rampantes qu'elle laissait empiéter sur les allées et décrocha enfin. C'était juste avant midi, jour de rentrée scolaire.
La directrice de l'école demandait à la jeune mère de venir la rejoindre de toute urgence. Clothilde pensa que quelque chose n'allait pas avec ses jumeaux. Adèle avait-elle déclaré la guerre à l'institution ? Dès sa première rentrée ? Elle siffla Beau et le grand chien blanc des Pyrénées se colla comme une ombre à sa maîtresse. Ils s'engouffrèrent dans la voiture pour rejoindre l'école. Quittant les hauteurs du village pour gagner le pied de la colline à l'opposé du bourg, Clothilde nota en bas dans la plaine un banc de brouillard toujours accroché au lit de la rivière, une traîne blanche, comme un cumulus tombé des nues.

Devant l'école, attendait la directrice, le dos voûté, les mains nouées l'une à l'autre. Noués les doigts de cette femme, nouvelle ici, qui voulait que l'on mît Beau en laisse. Mettre Beau en laisse !

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20 juin 2012

La muraille de lave – Arnaldur Indridason

la_muraille_de_lave Éditions Métailié - mai 2012 – 317 pages

traduit de l'islandais par Éric Boury

Titre original : Svörtuloft, 2009

Quatrième de couverture :
Le commissaire Erlendur est parti en vacances sur les lieux de son enfance, il ne donne aucune nouvelle, on a retrouvé sa voiture abandonnée en rase campagne. Mais son équipe continue à travailler. Tandis qu'Elinborg, la fine cuisinière, s'occupe d'une affaire de viol, Sigurdur Oli, le jeune homme moderne formé aux Etats-Unis, reconnaît par hasard dans la rue l'un des témoins d'une affaire de pédophilie en partie résolue et le suit. Dans le même temps, un ami lui demande d'aider discrètement un couple de jeunes cadres qui, pratiquant l'échangisme, fait l'objet d'un chantage. Troublé par son divorce, surveillé de près par sa hiérarchie qui n'apprécie pas ce type d'aide, Sigurdur Oli va aller jusqu'au bout d'une histoire surprenante, révélant la cupidité qui s'est emparée de la société islandaise avec l'expansion mondiale des modèles financiers. Commencé comme un polar classique, tissant les trames de plusieurs affaires, ce roman montre au lecteur comment, à l'image de la muraille de lave, au pied de laquelle un remous violent engloutit toutes les embarcations qui l'approchent, et surnom donné au siège d'une grande banque à l'architecture sombre et aux pratiques discutables, l'impudeur de l'amour de l'argent peut entraîner dans son tourbillon la perte de tout critère moral.

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, publiés dans 37 pays.  

Mon avis : (lu en juin 2012)
C'est le 8ème épisode de la série du « détective Erlendur », mais comme l'épisode précédent, Erlendur n'est pas là, il est parti sur la côte Est et personne n'a de nouvelles de lui. C'est Sigurður Oli qui va prendre en charge deux enquêtes sur des homicides. 
Pour rendre service à un ami, Sigurður Oli accepte d'aller rendre visite à un couple qui fait du chantage à l'encontre de proches de l'ami. Arrivé sur les lieux, il est témoin d'une scène de violence avec l'agresseur toujours sur les lieux, la jeune femme Lina baigne dans une mare de sang. L'enquête va mener Sigurður Oli vers les milieux bancaires et réveiller une enquête bâclée. En parallèle, Sigurður Oli reconnaît par hasard dans la rue un des témoins de l’affaire de pédophilie en partie résolue dans La Voix.
C'est l'occasion de découvrir un peu plus le personnage de Sigurður Oli qui accompagne Erlendur depuis le début de la série. Il a l'image du policier moderne, formé aux États-Unis. Alors que cette histoire commence, son couple bat de l'aile, avec sa femme, ils hésitent à se séparer.
Dans ce livre écrit en 2008, Arnaldur Indridason dénonce un peu avant l'heure les dérives financières de l'Islande autour de spéculations et endettements. Il est également question d'échangisme, de pédophilie...
Une intrigue plutôt bien menée, des personnages fouillés et attachants, des descriptions de l'Islande et j'ai encore passé de très bons moments en découvrant ce nouveau Indridason. Mais dans le prochain livre j'espère vraiment retrouver Erlendur Sveinsson, il me manque de plus en plus !

Et pour finir, une petite explication concernant le titre du livre « La Muraille de lave » (Svörtuloft), fait référence à une falaise de basalte au pied de laquelle un tourbillon violent engloutit toutes les embarcations qui s’approchent, c’est également le surnom qui a été donné au siège social d’une grande banque islandaise.

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Svörtuloft

Autres avis : Sharon, Jostein

Extrait : (début du livre)
Il avait attrapé au fond du sac en plastique le masque de confection grossière et imparfaite. Ce n'était pas un chef-d’œuvre, mais il ferait l'affaire.
Bien que redoutant de croiser un flic en chemin, il était passé inaperçu. Le sac qu'il portait à la main contenait également deux bouteilles provenant du Rikid, la boutique d'alcools, ainsi qu'un gros marteau et un poinçon d'acier, achetés dans un magasin de bricolage.
La veille, il s'était procuré tout le matériel nécessaire à la confection du masque chez un importateur de cuir et peaux, et s'était soigneusement rasé avant d'enfiler sa tenue la plus convenable. Sachant ce qu'il lui fallait, il avait tout trouvé sans difficulté, le cuir, le fil ou l'alêne de cordonnier.
Personne ne risquait de le remarquer. A cette heure matinale, la ville était encore presque déserte. Il s'était soigneusement abstenu de regarder les rares personnes qu'il avait croisées, marchant d'un pas résolu, tête baissée, vers la maison en bois couverte de tôle ondulée dans la rue Grettisgata. Il avait descendu les marches en vitesse, ouvert la porte, puis il s'était précipité à l'intérieur avant de refermer soigneusement derrière lui.
Ensuite, il était resté posté dans l'ombre. Il connaissait désormais si bien ce petit appartement en sous-sol qu'il était capable de s'y repérer, même dans le noir complet. La salle de bains et les toilettes se trouvaient à droite au fond du couloir, la cuisine, du même côté, avec une grande fenêtre fermée par d'épais rideaux, donnait sur l'arrière-cour. De l'autre côté du couloir, le salon, puis la chambre à coucher où il n'avait pénétré qu'une seule fois. D'épais rideaux étaient également tirés devant la fenêtre du salon qui donnait sur Grettisgata. Quant à celle de la chambre, placée en hauteur, elle était occultée par une bâche de plastique noir.
Au lieu d'allumer la lumière, il avait pris le morceau de bougie qu'il conservait sur l'étagère du couloir puis, guidé par sa clarté vacillante, presque fantomatique, il était entré dans le salon. Il entendait les gémissements étouffés du salaud bâillonné, attaché sur sa chaise, les mains derrière le dos, et s'employait à ne pas l'observer avec trop d'attention, évitant surtout de croiser son regard. Il avait posé le sac en plastique sur la table pour en sortir le marteau, le masque, le poinçon et les bouteilles. Puis, il avait ouvert le Brennivin et avalé goulûment une grande lampée d'alcool tiède. Ce liquide fort au goût âpre ne lui brûlait plus la gorge depuis des années.

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Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert 

la_voix La Voix l_homme_du_lac L'Homme du lac hiver_arctique Hiver Arctique 

 hypothermie Hypothermie la_rivi_re_noire La rivière noire betty Bettý

 

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Islande

Défi Scandinavie noire 2012
dc3a9fi_scandinavie_noire

Islande

 Challenge Viking Lit' 
Viking_Lit

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 19/8

 Challenge Littératures Nordiques
litterature_nordique

 

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17 juin 2012

La mort indienne – Karin Fossum

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Jean-Claude Lattès – avril 2007 – 390 pages

J'ai Lu – juin 2009 – 347 pages

traduit du norvégien par Alex Fouillet

Titre original : Elskede Poona, 2000

Quatrième de couverture :
Gunder Jomann, célibataire endurci, part en Inde dans l'espoir de rencontrer celle qui deviendra sa femme.
Ce n'est que quelques semaines plus tard que Poona le rejoint en Norvège. Mais le jour de son arrivée, rien ne se passe comme prévu. Le corps mutilé d'une jeune femme est retrouvé près de chez Gunder.
Qui est-elle ? Qui à Elvestad est capable d'une telle inhumanité ?
L'inspecteur Konrad Sejer, lui, sait que chacun est capable du pire.

Auteur : Karin Fossum est une écrivaine norvégienne en 1954 à Sandefjord dans le sud de la Norvège. Elle vit avec ses deux filles à Tyrifjorden dans la région d'Oslo. Elle écrit des poèmes, des romans et des romans policier. Son premier recueil de poésie lui a valu le prix des débutants Tarjei Vesaas en 1974. En 1995, elle se lance dans le roman policier et devient une référence dans le genre. Dans son pays, on la surnomme « la reine du crime » ; ses romans remportent toujours un vif succès et lui valent de nombreuses récompenses. Ses deux premiers romans ont été adaptés en télévision et au cinéma.

Mon avis : (lu en juin 2012)
La mort indienne est la troisième enquête du commissaire Konrad Sejer. Gunder Jomann part en Inde en espérant trouver une femme. A l'étonnement de tout le village d'Elvestad, il revient marié mais pas encore avec sa femme, Poona celle-ci doit venir le rejoindre en Norvège quelque temps plus tard. Mais le jour de son arrivée, Gunder ne peut pas la rejoindre comme prévu à l'aéroport, car sa sœur Marie vient d'avoir un très grave accident de voiture. Gunder envoie donc un taxi chercher Poona. Mais celui-ci revient sans elle. 
Le lendemain, le corps mutilé et sans vie d'une femme d'origine étrangère est retrouvé et l'inspecteur Konrad Sejer est chargé de l'affaire.
Cette histoire met un peu de temps à s'installer avant que l'enquête elle-même ne commence. La fin est également surprenante...
Les personnages sont très fouillés et vraiment très "attachants". Avec ce roman policier norvégien, j'ai découvert une nouvelle auteur que je compte bien lire de nouveau.

Un grand merci à mrs pepys qui m'a offert ce livre lors du Swap Frissons en Noir & Blanc organisé par Canel (il y a déjà 1 an 1/2...)

Extrait : (début du livre)
Le calme est déchiré par des aboiements. La mère lève les yeux de l'évier et observe ce qui se passe à l'extérieur. Le chien pousse des jappements qui montent des profondeurs de sa gorge. Tout son corps noir et musculeux vibre d'enthousiasme.
Le fils apparaît. Il s'extrait de la Golf rouge et lâche un sac bleu sur le sol. Il jette un œil vers la fenêtre, où il aperçoit la silhouette de sa mère. Il s'approche du chien et le détache. L'animal se jette sur lui et le fait basculer, ils se mettent à chahuter dans le sable qui voltige. Le chien grogne, et le fils lui crie des doux noms d'oiseau à l'oreille. De temps à autre, il pousse un cri et donne une bonne gifle sur la truffe du rottweiler. Celui-ci finit par rester couché. Le fils se relève lentement. Il tape son pantalon pour en chasser la terre et la poussière, et jette un nouveau coup d’œil vers la fenêtre. En hésitant, le chien relève et s'immobilise devant lui, tête baissée. Il peut finalement venir lui lécher avec soumission le coin de la bouche. Le fils va ensuite jusqu'à la maison et entre dans la cuisine.
- Doux Jésus, regarde de quoi tu as l'air !
Sa mère regarde le t-shirt bleu. Il est taché de sang. Ses mains sont couvertes d'égratignures. Le chien l'a également griffé au visage.
- Makan ! S'écrie-t-elle avec un renâclement coléreux. Laisse le sac. Je nettoierai plus tard.  

Challenge Voisins, voisines
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Norvège

Défi Scandinavie noire 2012
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Norvège

 Challenge Viking Lit' 
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13 juin 2012

Chroniques de l'asphalte 1/5 - Samuel Benchetrit

chroniques_ chroniques

Julliard – octobre 2005 – 187 pages

Pocket – février 2007 – 187 pages

Quatrième de couverture :
Qu'en est-il du jeune auteur dont on a dit, à la sortie de son premier roman Récit d'un branleur, qu'il " était à la littérature ce que les Sex Pistols ont été au rock " ? 
Samuel Benchetrit ne s'est pas calmé. Après des aventures au cinéma (Janis et John, réalisé en 2003) et au théâtre (Moins deux, pièce créée en 2005, connaît actuellement un succès considérable au théâtre Hébertot), il revient aujourd'hui en librairie avec un projet tout à fait déraisonnable : raconter, en cinq livres, les trente premières années de sa vie. 
Il aurait pu attendre d'avoir soixante ans pour faire le point. Il n'avait pas envie. Voici donc le premier volume : son enfance. 

Auteur : Né en 1973, Samuel Benchetrit est écrivain, acteur, auteur de pièces de théâtre, scénariste, réalisateur et metteur en scène. Il a publié trois volumes de nouvelles (placées sous le titre général de « Chroniques de l’asphalte ») et Le cœur en dehors (2009).

Mon avis : (lu en juin 2012)
Livre qui se lit très facilement et très rapidement. Samuel Benchetrit raconte son enfance en banlieue à travers des tranches de vie dans un HLM, une histoire pour chaque étage, du 1er au 12ème avec même pour terminer le toit de l'immeuble.
Le narrateur c'est le jeune Samuel, c'est écrit avec le ton d'un adolescent, un langage parlé, avec des gros mots et de l'argot. C'est à la fois naïf et sans retenue, il balance toutes les petites histoires de l'immeuble. Il est question de racisme, d'échec scolaire, de sexe, de drogue, d'espoir et de désespoir. C'est à la fois plein d'humour et de cruauté, cela dépeint la réalité de la vie de toute une société d'une tour du Val-de-Marne. Il y a beaucoup de tendresse de la part de l'auteur pour les habitants de cette cité.
Le résultat est un livre plein d'humanité.

Merci à Pimousse4783 qui m'a offert ce livre lors du Swap Les Vertes Années organisé par Valérie

Autres avis : InColdBlog

Extrait : (page 27)
Au début, la famille Bouteille habitait au neuvième. Et puis la mère, je crois qu'elle s'appelait Suzanne, enfin madame Bouteille, elle a eu une sclérose en plaques. Alors plus sa maladie avançait et plus ils descendaient d'étage dans l'immeuble. Faut dire qu'elle avait vraiment du mal à marcher et avec l'ascenseur toujours en panne c'était pas évident. Monsieur Bouteille, qui je crois s'appelait Georges ou peut-être Joseph, je dis ça parce que tout le monde l'appelait Jojo, arrivait facilement à changer d'appartement vu que lui-même travaillait pour la ville. En fait, toute la famille y travaillait. C'étaient les éboueurs. 
Jojo conduisait le camion et restait toujours derrière son volant à écouter des noms de chevaux (Marquis du Maquis, Black Angel, Lady Like...) pronostiqués dans les courses qui l'intéressaient plus tard dans la journée. Quand Jojo jetait un coup d'œil dans son rétro, il pouvait voir Titi et Neness, ses jumeaux, charger la benne à ordures, pendant que Marco, son aîné, restait accroché au camion, occupé à faire marcher le broyeur.
Nous, on les voyait tous les matins à l'école. C'est pas qu'on les croisait pendant leur tournée. Non. Ils déposaient Dédé, un de mes meilleurs amis, le dernier des Bouteille, encore trop jeune pour travailler sur le camion.
Quand Dédé descendait de la benne, il était plutôt gêné, faut dire que tout le monde se foutait de sa gueule. Et comme sa seule façon de s'en tirer c'était la dignité, il nous disait à chaque fois :
- Ça va... Y a pas de honte !
Dédé, c'était le type le plus gentil de la Terre. Il était serviable, généreux, disait tou­jours des trucs agréables aux gens, ne parlait jamais mal aux filles et faisait tout pour bien travailler en cours, bien qu'il était le plus mauvais de l'école. Et s'il était un peu plus con que les autres, c'était pas de sa faute. Fallait plutôt aller regarder du côté des mélanges dans sa famille. Parce que la mère et le père de Dédé, ils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, et la légende disait qu'ils étaient deux frère et sœur débiles qui n'avaient pas trouvé mieux qu'eux pour se marier.

 

Déjà lu du même auteur : le_coeur_en_dehors Le cœur en dehors

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9/37

Challenge le nez dans les livres
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La reine des lectrices 9/6


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07 juin 2012

Alabama Moon – Watt Key

alabama_moon Bayard Jeunesse – octobre 2010 – 454 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Maïca Sanconie

Titre original : Alabama Moon, 2006

Quatrième de couverture :
Depuis sa naissance, Moon vit avec son père dans la forêt d'Alabama ; il sait chasser sa propre nourriture, se repérer grâce aux étoiles, faire du feu sous la pluie... Aussi, quand il se retrouve orphelin, il se promet de continuer à vivre en-dehors du système, comme Pap et lui l'on toujours fait.
Pourtant, malgré sa farouche détermination, le garçon est obligé d'affronter le monde extérieur. Et s'il sait tout de la vie sauvage, Moon a beaucoup à apprendre de l'humanité...

Auteur : Albert Watkins Key, Jr., publiant sous le nom de Key Watt, est un auteur primé de fiction du Sud. Il a grandi et vit actuellement dans le sud de l'Alabama avec son épouse et sa famille. Watt a passé beaucoup de son enfance à chasser et à pêcher dans les forêts de l'Alabama. Cela lui a inspiré son premier roman, Alabama Moon qui a obtenu de nombreux prix et qui a été traduit en sept langues. 

Mon avis : (lu en juin 2012)
J'ai emprunté ce livre à la Bibliothèque à la suite du Café Lecture de vendredi dernier. C'est un livre destiné aux adolescents mais qui se lit très bien pour un adulte.
Moon a dix ans lorsqu'il se retrouve tout seul au milieu de la forêt. Il vient de voir mourir son père et de l'enterrer. Il n'a peur de rien car son père lui a tout appris pour vivre dans la forêt loin des hommes et de la société. Il sait poser des pièges pour se nourrir, faire du feu, se diriger avec les étoiles, il sait se défendre contre quelqu'un trois fois plus grand que lui... Orphelin, ne voulant pas rester seul, il veut aller Alaska rejoindre des hommes qui vivent également dans la nature. Mais, il va être très rapidement arrêté par la police et envoyé dans un foyer pour enfants. Peu habitué à être enfermé, très vite il décide de s'enfuir en compagnie de deux camarades Hal et Kit. Hal veut retrouver son père, Kit est un orphelin à la santé fragile, il a trouvé en Moon un vrai ami. Ils partent tous les trois vivre en forêt grâce à l'expérience de Moon. Cela ne va pas durer très longtemps car Hal préfère partir retrouver son père tandis que Kit tombe malade, pour le sauver Moon va devoir sortir de la forêt et remettre à plus tard ses projets d'Alaska. Lors de sa première arrestation, Moon s'était battu avec Sanders, un policier qui depuis a décidé de se venger et de l'envoyer en prison. Pour lui échapper, Moon va utiliser toute son astuce et sa débrouillardise...

Une histoire très belle et touchante avec Moon un jeune garçon terriblement attachant. Le lecteur passe du rire aux larmes, c'est un excellent roman pour adolescents comme pour adultes.

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Alabama Moon a été adapté au cinéma en 2009 avec John Goodman, Clint Howard et réalisé par Tim McCanlies. Ce film n'est jamais sorti en France. 

Extrait : (début du livre)
Juste avant de mourir, Pap m'a assuré qu'il ne m'arriverait rien tant que je ne dépendrais de personne. Que je me sentirais peut-être seul pendant un moment mais que ça passerait. J'avais dix ans, et il m'avait appris tout ce qu'il fallait pour vivre dans la forêt. Je savais poser des pièges pour me nourrir et confectionner moi-même mes vêtements. Je savais me guider aux étoiles et faire du feu quand il pleuvait. Pap me pensait même capable de battre à plates coutures quelqu'un de trois fois ma taille. Il ne s'inquiétait pas pour moi.
Ça m'a pris pratiquement une matinée pour le mettre dans la brouette et le hisser jusqu'au bosquet de cèdres, sur la butte. Je l'ai enterré à côté de maman. De là, on voit en contrebas la rivière Noxubee, couleur café au lait. C'était la mi-janvier. Le vent plaquait mes cheveux en arrière et des nuages gris s'insinuaient entre les arbres. Toute la forêt ruisselait. J'ai senti la solitude dont Pap m'avait parlé me serrer l'estomac et monter jusqu'à ma gorge.
Je n'avais pas mis de croix sur la tombe. A ma connaissance, Pap ne croyait pas en ce genre de trucs. La seule chose qui permettait d'identifier la tombe de maman, c'était le léger creux à l'endroit où la terre s'était tassée sur son corps, et la date, 1972, gravée sur une grosse pierre calcaire à côté. Je ne me souviens pas de son visage. Seulement d'une deuxième présence dans le lit, la nuit, qui me tenait chaud de l'autre côté. Pap disait que maman lui faisait penser à une mésange, et c'est ainsi qu'elle reste dans mon esprit.

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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman

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27/50 : Alabama

  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

 


 

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05 juin 2012

Les leçons du Mal – Thomas H. Cook

Lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et Points

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Seuil – mars 2011 – 356 pages

Points – janvier 2012 – 376 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc

Titre original : Master of the Delta, 2008

Quatrième de couverture :
Le mal se donne-t-il en héritage ? Peut-on sauver les gens d'eux-mêmes ? Telles sont les questions que Jack Branch, professeur dans un lycée du Mississippi dans les années 1950, pose à ses élèves. Parmi eux, Eddie Miller est tenu à l'écart, écrasé par le poids de son ascendance : il est le fils du "tueur de l'étudiante". Jack lui suggère de fouiller son passé et de mener l'enquête sur son père. Peu à peu, ils découvrent un monde chargé de violence où Bien et Mal se confondent : un monde de ténèbres.

Auteur : Thomas H Cook, né en 1947, est salué comme l'un des plus grands auteurs de sa génération. Il a écrit une vingtaine de romans, dont The Chatham School Affair (Au lieu-dit noir-étang TP, à paraître au Seuil), qui a remporté le prestigieux prix Edgar Allan Poe en 1997.

 

Mon avis : (lu en mai 2012)
J'ai découvert Thomas H. Cook avec son livre Les Feuilles mortes que j'avais beaucoup aimé. Lorsque Livraddict nous a proposé ce partenariat avec les éditions Points pour ce livre, je n'ai pas hésité pour le solliciter et j'ai été super contente de l'obtenir.
Voilà un roman policier très original et vraiment prenant. L'histoire se situe dans le vieux Sud des États-Unis, dans une petite ville du Mississippi où vivent deux sociétés que tout oppose. Le narrateur, Jack Branch revient sur son passé de jeune enseignant et des évènements qui se sont passés en 1954.
Jack Branch est issu d'une famille de la Haute société habitant le quartier des Plantations, il a une relation particulière avec son père ancien professeur reconnu. Les élèves de Jack Branch viennent pour la plupart du quartier défavorisé des Ponts, il leur donne des cours sur le Mal.
Une de ses élèves, Sheila disparaît et l'un de ses camarades, Eddie est injustement soupçonné et rejeté par tous. En effet, ce dernier est le fils du « tueur de l'étudiante » mort en prison quinze ans plus tôt. Eddie Miller est un garçon solitaire, un peu naïf, Jack se prend d'affection pour lui et va l'aider à mener à bien ses recherches sur son père.

Dès le début de ce roman le lecteur comprend que cette histoire va se terminer sur un drame, mais impossible avant la conclusion du livre de deviner ce qu'il va réellement se passer, j'ai imaginé plusieurs scénarios possible et... la fin a été inattendue !
Avec cette histoire, l'auteur nous décrit l'état d'esprit de cette société américaine des années 50 dans le Vieux Sud, il veut également nous faire réfléchir sur l'hérédité et bien sûr à travers les cours de Jack composés de nombreux exemples historiques ou littéraires nous découvrons le Mal.
J'ai cependant deux petites réserves concernant ce livre : En premier lieu, durant tout le livre, nous passons du passé au présent et parfois on peut être un peu perdu... car rien n'indique le changement d'époque. De même la révélation finale du drame, n'est pas si claire que cela, j'ai du relire plusieurs fois les dernières pages pour m'assurer que j'avais bien compris.

J'ai vraiment aimé ce livre, ce style de roman policier où la psychologie des personnages est au centre de l'intrigue me plaît vraiment beaucoup.

Un très grand Merci à Livraddict et aux éditions Points pour m'avoir permis de découvrir ce livre. J'ai dans ma PAL le dernier livre de Thomas H. Cook publié en France, Au lieu-dit Noir- Étang que j'ai très envie de lire sans tarder.

Extrait : (début du livre)
Gâté par le sort, je n'ai pas su voir les ténèbres ni ce qu'elles dissimulaient. Jusqu'au moment fatidique, le mal s'est tenu à distance, circonscrit à de simples notes de cours sur les crimes perpétrés par des armés, des foules et des individus sanguinaires, auteurs d'actes abominables que j'exposais avec passion à mon auditoire d'élèves captifs.
Il n'y avait donc rien de surprenant à ce que, ce matin-là, j'aie pensé au vieux roi Hérode, aux tourments que furent les siens quand, à la fin de sa vie, ses organes génitaux gangrenés grouillaient de vers. C'était le symbole de la culpabilité châtiée, d'infections méritées par un oppresseur, et je supposais que, pendant le semestre suivant, je trouverais bien l'occasion de le placer dans l'un de mes cours.
C'était une belle matinée d'avril 1954, un peu moins d'un siècle après le début d'un conflit qui, à son terme, avait rendu orphelins la moitié des enfants du Sud.
J'avais vingt-quatre ans et, depuis trois ans, enseignais au lycée de Lakeland. A l'époque, là comme partout ailleurs, il existait une ligne de démarcation entre les races et les classes sociales, matérialisée par un splendide secteur des Plantations, où mon père habitait toujours, et un nouveau quartier sud où se concentraient artisans et commerçants locaux dans de modestes maisons de plain-pied accolées les unes aux autres le long de petites rues bordées d'arbres. Les ouvriers qui travaillaient dans les quelques usines de la ville résidaient dans une zone du nom de Townsend, qui consistait en de petites maisons bâties sur des terrains tout aussi petits pouvant tout de même contenir un soupçon de pelouse. Un peu plus à l'est, on trouvait la catégorie de gens pour qui, selon l'histoire ancienne, l'auberge affichait toujours complet, et qui vivait dans le quartier connu sous le nom des Ponts.

Logo Livraddict            

Déjà lu du même auteur : 

les_feuilles_mortes_p Les feuilles mortes

 

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26/50 : Mississipi

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01 juin 2012

L'âme du chasseur – Deon Meyer

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : ÂME

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Seuil – janvier 2005 – 422 pages

Points – décembre 2005 - 472 pages

Points – janvier 2006 – 480 pages

Points collector – janvier 2011 -

traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet

Titre original : The Heart of the Hunter, 2002

Quatrième de couverture : 
Véritable force de la nature, « P'tit » Mpayipheli s'est refait une vie honorable après sa mise au chômage par les services secrets sud-africains lorsque la fille d'un vieux camarade de lutte lui demande son aide : son père a été enlevé et ses ravisseurs menacent de le tuer si elle ne leur livre pas la rançon bien particulière qu'ils exigent. Que faire ? Renouer avec un passé de meurtres et de corruption qu'il a eu du mal à mettre derrière lui pour sauver son ami ou le laisser tomber pour protéger sa nouvelle existence ? Il n'hésite pas et les ennuis commencent : derrière le kidnapping, c'est en effet tout autre chose qui se joue et l'oblige à jouer son va-tout. Superbe course poursuite à travers une Afrique du Sud toujours en proie à ses vieux démons. L'Âme du chasseur a été salué comme un grand livre par le maître du policier américain Michael Connelly.

Auteur : Deon Meyer, né à Paarl le 4 juillet 1958, est un auteur de romans policiers originaire d'Afrique du Sud. Il écrit en afrikaans. Il passe son enfance à Klerksdorp, dans la province du Nord-Ouest, région des mines d'or.
Il a fait ses études à l'université de Potchefstroom avant de travailler comme journaliste pour Die Volkablad, quotidien afrikaner de Bloemfontein. Son premier roman paraît en 1994, mais il n'est pas traduit en anglais. Ses œuvres suivantes ont été traduites dans plusieurs langues. Elles reflètent la diversité culturelle de l'Afrique du Sud contemporaine, ses tensions et ses efforts pour vaincre le sous développement. Meyer est marié et père de quatre enfants, il vit actuellement à Melkbosstrand une petite ville de la municipalité du Cap, sur la côte ouest, à 35 km au nord du Cap.

Mon avis : (lu en mai 2012)
C’est la première fois que je lisais un livre de cet auteur.
Thobela Mpayipheli est un ancien tueur de l'ANC, formé par les Pays de l'Est. Depuis que Nelson Mandela est arrivé au pouvoir en Afrique du Sud, il a changé de vie. Il a rencontré Miriam et son fils Pakamile, il a un travail comme homme à tout faire dans un garage et il suit des cours par correspondance, il aspire à une vie tranquille. Mais lorsque Monica, la fille de Johnny Kleintjes, vient lui demander de l'aide pour sauver son père, il ne peut refuser car il a une dette d'honneur envers lui. Il va renouer avec le passé et les ennuis vont commencer. Il va s'en suivre une sorte de road movie haletant à travers l'Afrique du Sud jusqu'en Zambie avec embûches et péripéties pour Thobela.
Un roman riche en émotions, où le lecteur découvre de superbes paysages d'Afrique du Sud mais aussi une société sud-africaine donc les codes ont évolués avec la démocratie naissante de l'Afrique du Sud.
Au fil des pages de ce roman, dans des flash-backs il est question de services secrets d'ici ou d'ailleurs, des luttes raciales d'hier entre Boers, Anglais et Xhosas...
L'histoire est palpitante, le contexte passionnant et le personnage de Thobela Mpayipheli vraiment attachant. Une belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Il se tenait derrière l’Américain. Pratiquement collé à lui dans le métro bondé, l’esprit très loin de là, sur la côte du Transkei, où les vagues gigantesques viennent se briser dans un bruit de tonnerre.
Il se revoyait assis sur l’éperon rocheux d’où il contemplait la houle, sa progression linéaire à la surface de l’océan Indien, impressionné par ce long voyage solitaire qui s’achève en un déferlement sur les côtes accidentées du continent noir.

Entre deux lames règne un silence parfait, quelques secondes de calme absolu. Le moment est si tranquille qu'il entend la voix de ses ancêtres - Phalo et Rharhabe, Nquika et Maqoma, son sang, sa source, son refuge. Son heure venue, lorsqu’il sentira la lame effilée lui ôter la vie, c’est là qu’il retournera, il le sait. A ces moments suspendus entre deux fracas.
Il reprit peu à peu conscience, presque avec précaution. Vit qu’ils n’étaient plus qu’à quelques minutes de Saint-Michel. Pencha à demi la tête vers l’oreille de l’Américain. Ses lèvres, là, aussi proches que celles d’un amant.
- Tu sais où on va après la mort ? lui demanda-t-il d’une voix de basse, dans un anglais fortement teinté d’accent africain.
Son ennemi se ramassa sur lui-même, larges épaules voûtées, nuque contractée.
Il attendit calmement que l’homme se retourne dans la cohue compacte du wagon. Il attendit de voir ses yeux. C’était le moment auquel il aspirait. La confrontation, le défi qu’on lance. Son instinct l’y poussait, c’était sa vocation, son accomplissement. Le guerrier venu des plaines d’Afrique, muscles bandés pour cet instant. Son cœur s’accéléra, la sève guerrière courut dans ses veines, la divine folie du combat prit possession de lui.
Le corps pivota en premier, sans hâte, puis ce fut la tête et enfin les yeux. Regard perçant du prédateur sans crainte, sûr de lui, amusé même, un sourire sur les lèvres minces. Etrange intimité, à quelques centimètres l’un de l’autre.   

  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Métier"

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30 mai 2012

The Pledge (film)

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Film américain réalisé par Sean Penn

Adaptation du roman La Promesse (Das Versprechen) de l'écrivain suisse Friedrich Dürrenmatt

Titre original : The Pledge, 2001

Synopsis :
Le jour de sa retraite, l'inspecteur Jerry Black s'attarde dans son bureau pour la dernière fois avant de faire bonne figure à la fête "surprise" organisée en son honneur. Touché par la générosité de ses collègues, il accepte volontiers leur cadeau, un billet d'avion pour réaliser son rêve : aller pêcher au Mexique.
Au même moment, le corps d'une fillette de huit ans est découvert à moitié enseveli sous la neige, dans les montagnes du Nevada. Un meurtre gratuit en apparence.
Bien que ses collègues de travail le poussent à mettre fin à sa carrière au sein de la police, Jerry est décidé à mener son enquête. Comment laisser un tel crime impuni ? Il promet solennellement à la mère de la jeune victime de retrouver le meurtrier. 

Musique : Hans Zimmer, Klaus Badel

Acteurs : Jack Nicholson, Robin Wright Penn, Patricia Clarkson,  Benicio del Toro, Sam Shepard, Tom Noonan, Mickey Rourke, Harry Dean Stanton, Vanessa Redgrave, Helen Mirren, Aaron Eckhart, Pauline Roberts

Mon avis : (vu à la télévision en mai 2012)
C’est le troisième film réalisé par Sean Penn. Avec The Pledge fait une grande place à Jerry Black le personnage interprété par Jack Nicholson. C’est un vieux policier qui part à la retraite, un vrai solitaire qui se force à faire bonne figure durant la fête organisée par ses collègues pour son départ.
C’est à ce moment là, qu’on apprend que le corps d’une petite fille de huit ans a été découvert à moitié enseveli dans la neige. Jerry Black demande à mener lui-même cette dernière enquête et c’est lui qui annonce à la mère de l’enfant la mort de celui-ci. Il lui fait la promesse solennelle de tout faire pour retrouver le meurtrier. 
A travers son personnage principal, complexe, mais malgré tout très attachant Sean Penn nous entraîne dans une enquête policière mais aussi dans la découverte d’une Amérique rurale profonde.
Le rythme du film est assez lent, l’histoire met un peu de temps à s’installer avant devenir haletante et riche en rebondissement. Les paysages du Nevada en hiver comme en été sont somptueux et dépaysants. Un film pleine d’humanité que j’ai beaucoup aimé.

Dans ce film, il y a également  en guests stars quelques très bons actrices et acteurs américains : Vanessa Redgrave, Helen Mirren, Benicio Del Toro, Harry Dean Stanton et Mickey Rourke

Sur Arte, la nuit prochaine, rediffusion du film à 1h05 le 31/05/2012

Quelques photos du film :

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25/50 : Nevada

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