20 janvier 2012

Terezin plage – Morten Brask

terezin Presses de la Cité – août 2011 – 330 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Havet i Theresienstadt, 2007

Quatrième de couverture :
« Je suis là, les yeux fermés, et autour de moi je sens l'océan et le soleil et l'écume des brisants et les vagues qui me font osciller d'avant en arrière, d'arrière en avant. Quand je m'éveille, l'océan n'est plus là. Le fracas que j'entends est celui des roues du train à bestiaux, le flux et le reflux du wagon qui grince et tangue. »

Dès son arrivée en 1943 à Terezin, Daniel Faigel, jeune médecin danois hanté par un lourd passé, se retrouve plongé en enfer. Présentée par les nazis comme une "colonie juive modèle", la ville sert en réalité de zone de transit vers des camps d'extermination. Affecté à l'hôpital du ghetto, Daniel passe ses journées à essayer d'arracher à la mort et aux déportations quelques-uns de ses patients. Parmi eux se trouve Ludmilla. L'amour qui naît entre eux leur donne la force de supporter un quotidien ponctué par la peur de faire partie du prochain convoi, dont on sait intuitivement qu'on ne reviendra pas. Comme tous les habitants du ghetto, les deux amants vont bientôt devoir prendre part à une gigantesque mascarade orchestrée par les nazis : l'embellissement du camp en vue d'une inspection de la Croix-Rouge. Saisissant tableau de la vie dans un camp qui servit de vitrine à la propagande nazie, ce roman, écrit dans une langue limpide, met en scène le destin de deux êtres happés par l'histoire, qui s'accrochent à l'espoir, coûte que coûte.

Auteur : Né en 1970, le Danois Morte Brask est directeur artistique d'une agence de publicité. Auteur de plusieurs documents, il signe avec Terezin Plage son premier livre de fiction.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Voilà un livre beau et émouvant évoquant un sujet difficile.
Lors de la commémoration du 50e anniversaire de la déportation, le jeune Morten Brask rencontre l'écrivain Ralph Oppenheimer, rescapé du camp de Terezin au nord de Prague. Cette rencontre l'ayant fortement marqué, Brask décide de faire de cette histoire vraie un roman.
Dans ce lieu historique mais terrible, Morten Brask nous raconte l’histoire d’amour de Daniel Faigel un jeune médecin Danois avec Ludmilla une jeune femme tchèque. Tous deux sont juifs, ils ont été déportés dans un camp de concentration un peu particulier : Theresienstadt ou Terezin.
Ce camp a été organisé par la Gestapo en novembre 1941 dans la forteresse et ville de garnison de Terezín, aujourd'hui en République tchèque. Ce camp est présenté par les nazis au monde extérieur comme une colonie juive modèle. En 1943, cinq cents juifs sont déportés depuis le Danemark et la Croix-Rouge du pays va insister pour aller voir sur place les conditions de vie de ses ressortissants. Les nazis vont alors utiliser ses visites pour faire bonne impression. Ils vont faire construire de faux magasins et cafés pour donner l'impression d'un semblant de confort, ils y réaliseront même un film de propagande.
Dans la réalité, comme dans les autres camps la vie est difficile, il faut lutter contre le froid, la faim, la maladie… Il y a aussi les listes qui annoncent les noms de ceux devront partir par  le prochain convoi vers Auschwitz ou Treblinka.

Daniel travail à l'hôpital "Hohen Elbe" du ghetto. Sa situation de médecin lui donne quelques privilèges pour supporter plus facilement le quotidien. Lors d'une visite dans le baraquement des femmes pour donner des soins à une vieille dame, Daniel fait la rencontre de Ludmilla et son cœur se met à vibrer, et ensemble ils vont peu à peu s'apprivoiser, une belle histoire d'amour va naître...
En parallèle à sa vie au camp, Daniel revient sur ses souvenirs d'enfance entre un père juge assez autoritaire et une mère fragile et malade, il évoque souvent le bord de la mer proche de sa maison natale dans la région de Copenhague. C'est pour lui une manière de s'évader et de pouvoir tenir.

Un livre qui se lit facilement, et qui est très documenté sur le camp de Terezin. Tout y est décrit avec précision la vie du camp en particulier les différentes odeurs toutes plus repoussantes les unes les autres…
Un premier roman réussi !

Extrait : (début du livre)
Je suis de nouveau au bord de la mer. Tout est exactement comme je me le rappelle. L’océan et la plage, le soleil et la grande maison en rondins noircis au goudron avec sa longue véranda ; je me souviens de tout dans les moindres détails. L’escalier qui mène à la galerie, et sa rampe étroite. La troisième marche qui grince quand on descend vers la grève. La digue de pierres polies par les marées sur lesquelles je me suis blessé en tombant à la fin de l’été 1924. Les rochers sont comme dans mon souvenir. Le sable, le sable chauffé par le soleil et qui va de la digue jusqu’au rivage. Les oiseaux de mer aux pattes raides et aux becs allongés, qui picorent dans les congères d’algues échouées. Les vagues qui lèchent le rivage, s’étirent, essayant en vain d’atteindre les oiseaux, puis refluent, déçues, et meurent sous la lame suivante. Je n’ai rien oublié. Je suis revenu sur cette plage d’hier, et je cours, heureux bondissant au-dessus des goémons. Je me jette à l’eau, les embruns me giflent de leurs gouttelettes glacées. Je nage, je nage, le plus loin possible, au-delà de la troisième lagune où mon père m’interdit d’aller, et me laisse tomber dans l’océan froid et salé. Il m’embrasse, m’immerge dans son astringente verdure. Je nage, je plonge dans sa froidure, frotte mon ventre contre son fond sablonneux, traverse les rais de lumière oblique, brasse jusqu’à ce que mes poumons crient grâce et m’obligent à remonter. J’explose le miroir de la surface où se reflète le soleil. Le sel me brûle les yeux, je les ferme et jouis de la chaleur de l’air sur ma poitrine. Je suis là, les yeux fermés, et autour de moi je sens l’océan et le soleil et l’écume des brisants et  les vagues qui me font osciller d’avant en arrière, d’arrière en avant.

Quand je m’éveille, l’océan n’est plus là. Le fracas que j’entends est celui des roues du train à bestiaux, le flux et le reflux du wagon qui grince et tangue. Chaque embranchement des rails se répercute à travers les lattes du plancher et martèle ma colonne vertébrale.

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 Challenge 5% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
32/35

Challenge Voisins, voisines
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Danemark

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Danemark

 Challenge Viking Lit' 
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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

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29 novembre 2011

Bettý – Arnaldur Indridason

betty Éditions Métailié - octobre 2011 – 205 pages

traduit de l'islandais par Patrick Guelpa

Titre original : Bettý, 2003

Quatrième de couverture :
Dans ma cellule je pense à elle, Bettý, si belle, si libre, qui s’avançait vers moi à ce colloque pour
me dire son admiration pour ma conférence. Qui aurait pu lui résister. Ensuite, que s’est-il passé ?
Je n’avais pas envie de ce travail, de cette relation. J'aurais dû voir les signaux de danger. J'aurais
dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait. J'aurais dû… J'aurais dû… J'aurais dû…
Maintenant son mari a été assassiné et c’est moi qu’on accuse. La police ne cherche pas d’autre
coupable. Je me remémore toute notre histoire depuis le premier regard et lentement je découvre
comment ma culpabilité est indiscutable, mais je sais que je ne suis pas coupable.
Un roman noir écrit en parallèle avec la série des aventures du commissaire Erlendur Sveinsson.

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, publiés dans 37 pays.

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Voilà un nouveau roman d'Arnaldur Indridason, qui a été écrit avant sa série avec le commissaire Erlendur et qui est paru en Islande en 2003.
Le narrateur est en prison. « Je ne me suis pas encore bien rendu compte de ce qui s'est passé, mais je sais enfin quel a été mon rôle dans cette histoire.
J'ai essayé de comprendre un peu mieux tout ça et ce n'est pas facile. Je ne sais pas, par exemple, quand cela a commencé. » Il se remémore donc toute cette histoire, depuis sa rencontre avec Bettý. Il nous raconte alors comment il s'est fait piéger. Bettý est la femme d'un riche armateur. C'est une femme fatale, ensorcelante et manipulatrice... Cela ressemble à un roman noir plutôt classique. Et à mi-roman, une révélation surprise va faire reconsidérer au lecteur tout le début de l'histoire... Je n'ai rien vu venir ! Voilà un roman sombre avec une intrigue très bien construite.
Surprenant et intelligent !

Extrait : (début du livre)
Je ne me suis pas encore bien rendu compte de ce qui s'est passé, mais je sais enfin quel a été mon rôle dans cette histoire.
J'ai essayé de comprendre un peu mieux tout ça et ce n'est pas facile. Je ne sais pas, par exemple, quand cela a commencé. Je sais quand a débuté ma participation, je me rappelle le moment où je l'ai vue pour la première fois et peut-être que mon rôle dans cette étrange machination avait été décidé depuis longtemps. Longtemps avant qu'elle ne vienne me voir.
Aurais-je pu prévoir cela ? Aurais-je pu me rendre compte de ce qui se passait et me protéger ? Me retirer de tout cela et disparaître ? Je vois, maintenant qu'on sait la façon dont tout ça s'est combiné, que j'aurais dû savoir où on allait. J'aurais dû voir les signaux de danger. J'aurais dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait. J'aurais dû… J'aurais dû… J'aurais dû…
C'est curieux comme il est facile de commettre une erreur lorsqu'on n'est au courant de rien. Ce n'est même pas une erreur, tant qu'on ne se rend compte de rien et que c'est beaucoup plus tard que l'on comprend ce qui s'est passé ; tant qu'on ne regarde pas en arrière et qu'on ne voit pas comment ni pourquoi tout cela s'est produit. J'ai commis une erreur. Tomber dans le panneau, une fois encore, voilà ce qui m'est arrivé. Dans certains cas, c'était volontairement. Dans mon for intérieur, je le savais et je savais aussi qu'il y avait danger, mais je ne savais pas tout.
Je pense parfois que sans doute je retomberais encore dans le panneau, si seulement j'en avais l'occasion. Ils sont très corrects envers moi, ici. Je n'ai ni journaux, ni radio, ni télévision, comme ça je n'ai pas les informations. Je ne reçois pas non plus de visites. Mon avocat vient me voir de temps en temps, le plus souvent pour me dire qu'il n'y a aucun espoir en vue. Je ne le connais pas bien. Il a une grande expérience, mais il reconnaît lui-même que ce procès risque de le dépasser. Il a parlé avec les femmes dont j'ai trouvé l'adresse, pensant qu'elles pourraient m'aider, mais il dit que c'est plus que douteux. Dans tout ce dont elles peuvent témoigner, très peu de choses concernent l'affaire elle-même.
J'ai demandé un stylo et quelques feuilles de papier. Le pire, dans cet endroit, c'est le calme. Il règne un silence qui m'enveloppe comme une couverture épaisse. Tout est réglé comme du papier à musique. Ils m'apportent à manger à heure fixe. Je prends une douche tous les jours. Ensuite, il y a les interrogatoires. Ils éteignent la lumière pendant la nuit. C'est là que je me sens le plus mal. Dans l'obscurité avec toutes ces pensées. Je m'en veux terriblement d'avoir permis qu'on m'utilise. J'aurais dû le prévoir.
J'aurais dû le prévoir.
Et pendant la nuit, dans l'obscurité, voilà que le désir fou, le désir fou de la revoir m'envahit. Si seulement je pouvais la revoir une fois encore. Si seulement nous pouvions être ensemble, ne serait-ce qu'une fois encore.
Malgré tout.

Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert 

la_voix La Voix l_homme_du_lac L'Homme du lac 

hiver_arctique Hiver Arctique  hypothermie Hypothermie la_rivi_re_noire La rivière noire

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Islande

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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Challenge 4%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
25/28

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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"Prénom"

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05 octobre 2011

La lionne blanche – Henning Mankell

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Seuil – mars 2004 – 432 pages

Points – février 2005 – 487 pages

traduit du suédois par Anne Gibson

Titre original : Den vita lejoninnan, 1993

Quatrième de couverture :
Alors qu'en Afrique du Sud un groupe d'Afrikaners fanatiques commet un attentat, en Suède le corps d'une jeune mère de famille, Louise Åkerblom, est retrouvé au fond d'un puits. L'inspecteur Wallander enquête en vain. Jusqu'à ce qu'il découvre près du lieu du crime le doigt tranché d'un homme noir...
Y aurait-il un lien entre la réalité quotidienne de la province suédoise et la lutte politique sanglante qui se déchaîne à l'autre bout du monde ?

Auteur : Henning Mankell, né en Suède en 1948, est devenu mondialement célèbre grâce à ses fameuses enquêtes de l'inspecteur Kurt Wallander : une série de polars qui a commencé en 1991 avec Meurtriers sans visage et s'est vendue à des millions d'exemplaires dans le monde. Gendre d'Ingmar Bergman, dont il a épousé la fille Eva en secondes noces, Mankell a également écrit des livres pour la jeunesse, des romans dont le magnifique Les chaussures italiennes, paru en 2009, des pièces de théâtre. Depuis 1996, l'écrivain partage sa vie entre son pays natal et le Mozambique, où il dirige le Teatro Avenida.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver l’inspecteur Kurt Wallander dans sa troisième enquête. On sait qu’Henning Mankell partage sa vie entre la Suède et le Mozambique, pays voisin de l’Afrique du Sud. Avec La lionne blanche, il invente une intrigue où la Suède rejoint l’Afrique.

L’histoire commence en avril 1992 en Scanie, province de Suède, avec Louise Åkerblom, agent immobilière qui vient de conclure une affaire. Avant de retrouver sa famille pour le week-end, elle part visiter une maison dans la campagne, un peu perdue elle s’engage sur un chemin et se trouve face à un homme qui l'abat froidement d'une balle en plein front.
A l’autre bout du monde, en Afrique du Sud, Victor Mabasha, tueur professionnel, se voit proposer une mission très bien payée par un commanditaire Blanc. Sa cible est un homme politique de premier plan. Il n’en sait pas plus.
Le corps de Louise Åkerblom est retrouvé au fond d'un puits. Quelques jours plus tard, non loin de là, une maison explose. Dans les décombres, la police découvre des débris d’une radio émetteur-récepteur, de revolver et… un doigt tranché d’un homme noir. Kurt Wallander et son équipe sont sur cette enquête plutôt compliquée où les différents indices sont difficiles à interpréter...
Le lecteur découvre en parallèle à l’enquête suédoise, ce qu’il se passe à l’époque en Afrique du Sud. « En 1990, Nelson Mandela quittait la prison de Robben Island, après vingt-sept ans de détention.
Tandis que le reste du monde acclamait sa libération, beaucoup de Boers virent dans ce geste une déclaration de guerre. Le président De Klerk devenait à leurs yeux un traître, un pur objet de haine. »

Non seulement, nous suivons un enquête policière classique comme sait parfaitement les écrire Henning Mankell mais nous découvrons également une description de la réalité humaine et politique en Afrique du Sud. Ce livre est vraiment passionnant à double titre. Je suis devenue une inconditionnelle de cet auteur suédois ! 

Extrait : (page 27)
Le vendredi 24 avril, peu après quinze heures, l'agente immobilière Louise Åkerblom sortit des bureaux de la Caisse d'épargne de Skurup et s'attarda sur le trottoir pour respirer l'air printanier. Que faire ? Plus que tout, elle aurait voulu conclure sa journée de travail et rentrer chez elle. Mais elle avait promis de passer voir une maison du côté de Krageholm... Combien de temps lui faudrait-il ? Une bonne heure, pas beaucoup plus. Il fallait aussi acheter du pain. Robert, son mari, pétrissait d'habitude lui-même le pain de la famille. Cette semaine-là, il avait été trop occupé. Elle traversa la place et entra dans une boulangerie. Elle était la seule cliente. La boulangère, qui s'appelait Elsa Person, se rappellerait par la suite que Louise Åkerblom avait semblé de bonne humeur. Elles avaient un peu parlé du printemps qui était enfin arrivé, quelle joie.
Elle demanda un pain de seigle et décida dans la foulée de surprendre sa famille avec des pâtisseries pour le dessert. Son choix se porta sur des tartelettes pomme vanille. Elle se dirigea ensuite vers le parking où elle avait laissée sa voiture, derrière la Caisse d'épargne. En chemin, elle croisa le jeune couple de Malmö avec qui elle venait de faire affaire. Ensemble, ils avaient signé la promesse de vente, le chèque, les formulaires d'emprunt. Elle sympathisait avec leur joie de posséder enfin leur propre maison. Mais elle s'inquiétait un peu. Seraient-ils en mesure de faire face aux traites ? Elle avait soigneusement étudié l'état de leurs finances. A la différence d'autres jeunes, ils n'avaient pas fait collection inconsidérée de factures de Carte bleue. Et la jeune épouse lui semblait du genre économe ; ils y arriveraient sans doute. Dans le cas contraire, la maison se retrouverait sur le marché, et ce serait peut-être elle, ou Robert, qui s'occuperait à nouveau de la transaction. Pour eux, le fait de vendre la même maison deux ou trois fois en l'espace de quelques années n'avait plus rien d'inhabituel.
Elle déverrouilla les portières et composa le numéro de l'agence. Elle écouta la voix de Robert sur le répondeur, disant que l'agence Åkerblom avait fermé pour le week-end, mais qu'elle rouvrirait lundi matin à huit heures.

 

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Suède : Henning Mankell

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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Animaux"

 

Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 5/8

 

Déjà lu du même auteur :
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet le_retour_du_professeur_points Le Retour du professeur de danse

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02 octobre 2011

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire – Jonas Jonasson

le_vieux_qui_ne_voulait_pas_feter_son_anniversaire Presses de la Cité – mars 2011 – 454 pages

traduit du suédois par Caroline Berg

Titre original : Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann

Quatrième de couverture :
Le jour de ses cent ans, alors que tous les notables de la ville l'attendent pour célébrer l'événement, Allan Karlsson s'échappe par la fenêtre de sa maison de retraite quelques minutes avant le début de la fête organisée en son honneur. Ses plus belles charentaises aux pieds, le vieillard se rend à la gare routière, où il dérobe une valise dans l'espoir qu'elle contienne une paire de chaussures. Mais le bagage recèle un bien plus précieux chargement, et voilà comment Allan se retrouve poursuivi par la police et par une bande de malfrats… Commence alors son incroyable cavale à travers la Suède, mais aussi, pour le lecteur, un étonnant voyage au cœur du XXe siècle, au fil des événements majeurs auxquels le centenaire Allan Karlsson, génie des explosifs, a été mêlé par une succession de hasards souvent indépendants de sa volonté.

Auteur : Jonas Jonasson né en 1961 est un écrivain et journaliste suédois. Son roman Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire a été vendu à plus de 700 000 exemplaires en Suède.

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Voilà un livre très drôle, dès le début j'ai pensé à la fantaisie de Pasilinna et l'auteur y fait même référence à la page 101... En effet, Allan décide le jour de l'anniversaire de ses cent de s'enfuir de la maison de retraite où il vit, il veut échapper à la réception prévue en son honneur. Sa chambre est au premier étage, il n'hésite pourtant pas passer par la fenêtre. Une cavale improbable et déjantée commence. Allan se dirige vers la gare, là il vole une grosse valise à un délinquant et monte dans un bus et il s'enchaîne une série d'évènements et de rencontres improbables et abracadabrantesques…
Avec la disparition du centenaire, la presse évoque un kidnapping et la police avec l'inspecteur Aronsson va mener l'enquête. Différents témoins se manifestent, quelques indices donnent des piste « mais plus il avançait dans son enquête, plus elle lui semblait compliquée. »
En parallèle à cette folle escapade, Allan revient sur les souvenirs de propre vie. Le lecteur découvre un personnage genre « Forrest Gump » qui durant sa vie va faire un tour du monde et rencontrer de multiples personnalités dans des circonstances inattendues... Il rencontrera Franco, Truman, Mao, Staline, Churchill...
En lisant ce livre, je ne me suis pas ennuyée un instant, tout au long des pages j'ai été surprise et je me suis beaucoup amusée !

Un reproche pour ce livre... sa couverture pour la version française... Quelle horreur !

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Extrait : (début du livre)
On se dit qu'il aurait pu se décider avant et qu'il aurait dû au moins avoir le courage de prévenir son entourage de sa décision. Mais Allan Karlsson n'avait jamais été du genre à réfléchir longtemps avant d'agir.
L'idée avait donc à peine eu le temps de germer dans l'esprit du vieil homme qu'il avait déjà ouvert la fenêtre de sa chambre situé au premier étage de la maison de retraite de Malmköping dans le Södermanland, et qu'il s'était retrouvé debout sur la plate-bande dans le jardin.
L'acrobatie l'avait un peu secoué, ce qui n'avait rien de très étonnant, vu que ce jour-là Allan allait avoir cent ans. La réception organisée pour son centenaire, dans le réfectoire de l'établissement, commençait dans une heure à peine. L'adjoint au maire lui-même était invité. Et le journal local avit prévu de couvrir l'évènement. Tous les vieux étaient évidemment sur leur trente et un, ainsi que le personnel au complet avec Alice la Colère en tête de peloton.
Seul le roi de la fête allait manquer à l'appel.

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

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31 août 2011

Le Retour du professeur de danse - Henning Mankell

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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Seuil – avril 2006 – 409 pages

France Loisirs – 2007 – 622 pages

Points – avril 2007 – 538 pages

traduit du suédois par Anne Gibson

Titre original : Danslärarens återkomst, 2000

Quatrième de couverture :
Le jeune policier Stefan Lindman est sous le choc : il vient d'apprendre qu'il a un cancer, et que son ancien collègue Herbert Molin a été torturé mort. Pour tromper son angoisse, il part à l' autre bout de la Suède enquêter sur le meurtre de Molin. Que signifient les traces sanglantes sur le parquet, comme si le tueur avait dansé un tango avec le corps de sa victime ? Les ombres d'un passé très noir se réveillent. Elles ont frappé, et vont frappé encore. Mais Stefan n'a plus rien à perdre...

Auteur : Henning Mankell, né en Suède en 1948, est devenu mondialement célèbre grâce à ses fameuses enquêtes de l'inspecteur Kurt Wallander : une série de polars qui a commencé en 1991 avec Meurtriers sans visage et s'est vendue à des millions d'exemplaires dans le monde. Gendre d'Ingmar Bergman, dont il a épousé la fille Eva en secondes noces, Mankell a également écrit des livres pour la jeunesse, des romans dont le magnifique Les chaussures italiennes, paru en 2009, des pièces de théâtre. Depuis 1996, l'écrivain partage sa vie entre son pays natal et le Mozambique, où il dirige le Teatro Avenida.

Mon avis : (lu en août 2011)
Merci à Mrs Pepys qui m’a offert ce livre lors du Swap à 2 PAL organisé par Lili Galipette. Cela fait quelques années que je connais Henning Mankell, mais seulement quelques mois pour son œuvre policière. Voilà un roman policier d’Henning Mankell sans Wallander, c’est un jeune policier nommé Stefan Lindman qui mène l’enquête.
En octobre 1999, dans le nord de la Suède, Herbert Molin, policier à la retraite, est retrouvé torturé à mort dans sa maison. Loin de là, Stefan Lindman apprend simultanément l’assassinat de son ancien collègue et qu’il a un cancer. En attendant le début de son traitement et pour oublier la maladie, il préfère partir dans le nord au cœur des forêts profondes du Norrland pour enquêter sur ce meurtre.
L'intrigue est construite avec beaucoup d'intelligence, l'auteur nous plonge dans une enquête haletante et passionnante où les questions, les surprises et les rebondissements sont nombreux. C'est une histoire sombre qui évoque le passé de la Suède durant la Seconde Guerre Mondiale. Le lecteur découvre un passé pas très glorieux de l'histoire de la Suède. A l'époque, il y a eu des volontaires suédois séduits par l'idéologie nazie qui se sont portés volontaires pour combattre au côté des Allemands. Mais aujourd'hui, dans le monde, en Suède comme dans le reste de l'Europe, il existe toujours des groupuscules où l'idéal nazi est encore vivant...
J'ai vraiment beaucoup aimé et dévoré ce roman policier. J'ai voyagé avec Stefan Lindman dans une Suède inquiétante où règne une atmosphère froide et humide de brouillard et de neige. Les paysages sont grandioses, les personnages sont intéressants, attachants ou effrayants...
J'ai encore plusieurs livres de la série Wallander à lire et d'avance je m'en réjouie...
Encore merci à Mrs Pepys pour ce livre, et maintenant allons voir son avis.

Extrait : (page 21)
Il se réveillait la nuit, cerné par les ombres. Cela avait commencé à l'âge de vingt-deux ans ; maintenant il en avait soixante-seize. Pendant cinquante-quatre années consécutives, il avait été insomniaque. Les ombres ne l'avaient jamais quitté. A certaines périodes, en se bourrant de somnifères, il avait réussi à dormir jusqu'au matin. Mais au réveil, il comprenait que les ombres étaient restées présentes. A son insu.
Cette nuit qui touchait à sa fin ne faisait pas exception à la règle. Il n'était pas nécessaire d'attendre que surgissent les ombres, ou les visiteurs, ainsi qu'il les appelait parfois. Les ombres survenaient en général quelques heures après la tombée du jour. Soudain elles étaient là, comme surgies de nulle part, tout contre lui, avec leurs visages blancs et muets. Après tant d'années, il s'était habitué à elles. Mais il savait qu'il ne pouvait s'y fier. Un jour, elles cesseraient de se taire. Qu'arriverait-il alors ? Il l'ignorait. Passeraient-elles à l'attaque ou se contenteraient-elles de le démasquer ? Il avait essayé de pousser des cris, de frapper l'air pour les chasser. Pendant quelques minutes, il parvenait ainsi à les tenir en respect. Puis elles revenaient et restaient jusqu'à l'aube. Enfin il s'endormait, mais pour quelques heures à peine, car il avait presque chaque matin un travail qui l'attendait.
Toute sa vie adulte, il avait été harassé de fatigue. Il se demandait encore où il avait puisé la force de tenir. Quand il songeait à son existence, il voyait une file interminable de jours traversés avec effort. Il n'avait presque aucun souvenir qui ne fût, d'une manière ou d'une autre, lié à sa fatigue. Il regardait parfois les photographies où il figurait. Il avait toujours le même air hagard, d'un homme à bout de forces. Les ombres avaient également exercé leur revanche les deux fois où il avait tenté de vivre avec une femme ; à tour de rôle, ses deux épouses s'étaient lassées de sa perpétuelle anxiété et du fait qu'il ne pensait qu'à se reposer, les jours où il ne travaillait pas. A la longue, elles avaient pas supporté ces nuits qu'il passait debout, agité, incapable de leur dire pourquoi il ne dormait pas comme un homme normal. Elles l'avaient quitté et il s'était retrouvé seul.

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Suède : Henning Mankell

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Suède

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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Métier" et "Sport/Loisirs"

 

Déjà lu du même auteur :
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

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13 juillet 2011

Chienne de vie - Helle Helle

chienne_de_vie Le Serpent à Plumes – février 2011 – 230 pages

Titre original : Ned til hundene, 2008

Quatrième de couverture :
Bente plaque tout. Son appart, son mari. Elle échoue dans un endroit isolé au bout du bout du Danemark. C'est là que Johnny et Cocotte la trouvent à un arrêt de bus. Ils l'adoptent. Alors que Helle Helle est connue pour son style intimiste et sait dépeindre avec grâce et humour les petits riens de la vie quotidienne, Bente entre petit à petit dans l'intimité de Johnny et Cocotte. Chienne de vie, c'est le récit troublant de l'arrivée d'un écrivain dans la vie de ses personnages.

Auteur : Helle Helle est née en 1965 au Danemark. Premier écrivain danois à recevoir le prestigieux prix Per Olov Enquist, elle est traduite en 7 langues. Chienne de vie est son cinquième roman et le premier traduit en français.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
C'est grâce au « Café lecture » de la Bibliothèque que j'ai découvert ce livre venant du Danemark.
En revenant de son travail en vélo, Johnny aperçoit Bente assise sur un vieux banc, seule avec sa valise à roulette. Le vent souffle fort. Le ciel est gris foncé au-dessus de la mer. Quelques instants plus tard, il revient avec Cocotte sa femme et ils l'invitent à venir chez eux.
Sans poser aucune question, Cocotte et Johnny invitent Bente a partager leur vie simple dans leur petite maison du fin fond du Danemark. Le temps passe lentement, les journées se déroulent avec des occupations et des tâches simples. On prépare les repas, on s'occupe des chiens, on discute ou on joue à des jeux de sociétés au coin du feu. Bente s'adapte facilement et apprécie ce rythme lent. Le lecteur découvre peu à peu son histoire, elle est écrivain, en panne d'inspiration, en pleine dépression, elle est partie de chez elle. Cette nouvelle vie simple et calme, la gentillesse gratuite de ses hôtes et des habitants de ce bout du Danemark va aider Bente à reprendre goût à la vie...

Voilà un livre très agréable et apaisant à lire, il nous décrit un quotidien simple. Le couple Cocotte et Johnny est attachant, ils ont beaucoup de gentillesse et d'humanité. L'entraide, la solidarité et les bonheurs simples sont le quotidien de Cocotte, Johnny, Elly, Ibber... Une très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Je cherche un bon endroit pour pleurer. Ce n'est pas si facile à trouver. Mon voyage en bus a duré des heures, et à présent je suis assise sur un vieux banc tout près de la côte. Il n'y a pas de ferry ici. Seulement un bac qui traverse les bestiaux sur une île déserte au gré des saisons.
J'habite un lotissement avec de nombreuses fenêtres qui donnent sur la route. J'aurais peut-être mieux fait d'en nettoyer quelques-unes. Enfin, de toute façon, on ne voit plus à travers à cause des plantes. L'été dernier avait été humide et la végétation avait poussé d'un coup. Aujourd'hui c'est l'hiver, je ne rentrerai plus chez moi. D'habitude, à cette heure-ci, je dors un peu dans le canapé. Bjørnvig est à la clinique. Il gèle une verrue.

Le vent souffle fort. Il m'a fouetté le visage lorsque je suis descendue du bus avec ma valise à roulettes. Le ciel est gris foncé au-dessus de la mer. A droite, sur la piste cyclable qui longe l'eau, un homme en bleu de travail s'approche péniblement sur son vélo. Il incline le buste vers le guidon en pédalant. Je fais ça, moi aussi. C'est pour ça que je ne me déplace jamais à vélo. Il s'arrête et descend. Scrute l'horizon, plante ses poings sur les hanches. Il sait que je suis assise ici. Je baisse les yeux sur mes gants de pécari.
Il remonte en selle et poursuit sa route le long de la mer. Dans quelques instants, il bifurquera et s'éloignera de la piste cyclable pour passer devant le cabanon et se diriger vers moi. Il tire son vélo sur les derniers mètres qui nous séparent. Ses cheveux sont foncés et clairsemés. Il n'est pas très vieux pourtant, quelques années de moins que moi.
- Vous êtes bien, là ? Dit-il.
- Oui.
- Vous risquez d'y rester un moment.
- Je verrai, dis-je, pelotonnée dans mon châle.
Nous regardons tous les deux le panneau où sont affichés les horaires, puis la valise à roulettes.
- Eh bien, bonne chance, dit-il en remontant sur son vélo.
Il repart, rivé à sa selle, lève deux doigts en signe de salut. Il a le vent dans le dos cette fois, et disparaît rapidement.

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Danemark

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"Animaux"

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16 juin 2011

Un jour glacé en enfer – Anne B. Ragde

un_jour_glac_ Balland – novembre 2010 – 301 pages

 

traduit du norvégien par Hélène Hervieu

 

Quatrième de couverture :
Dans un chalet isolé, perdu dans les montagnes norvégiennes, vit un homme rustre et sauvage, entouré de ses chiens. On ne sait ni comment ni pourquoi "elle" est arrivée là, une jeune femme délicate sans nom ni passé. De ce roman érotique se dégage une atmosphère à la fois poétique et singulière. Entre soumission acceptée, animosité ambiguë et jeux sensuels, le rapport de force homme-femme s'installe progressivement, magnifié par la nature hostile du Grand Nord. Avec la même tension sexuelle que L'Amant de Lady Chatterley et la même puissance que Le Boucher d'Alina Reyes, Anne B. Ragde déploie dans ce roman toutes les nuances de son style et démontre, une nouvelle fois, la force de son écriture.

 

Auteur : Anne Birkefeldt Ragde est née en Norvège en 1957. Auréolée des très prestigieux prix Riksmal (équivalent du Goncourt français), prix des Libraires et prix des Lecteurs pour sa "Trilogie de Neshov", Anne B. Ragde est une romancière à succès, déjà traduite en 15 langues, aux millions d'exemplaires vendus.

 

Mon avis : (lu en juin 2011)

Lorsque j’ai lu Zona frigida, j’ai découvert que j’avais « raté » la parution de ce livre. Voilà l’erreur réparée.

J’avais lu la quatrième de couverture en diagonale et l’image de la couverture aurait du me mettre la puce à l’oreille… J’ai pourtant été surprise dès la première page, car malgré le titre glacial, ce livre est plutôt chaud ou érotique…

C’est l’histoire d’une femme qui vit avec un homme rustre dans la forêt norvégienne. Nous ne savons rien du passé de la jeune femme et pourquoi elle est arrivée là. Tout deux cohabitent et s’occupent d’un élevage de chiens de traineau. La relation qu’il existe entre les deux êtres est particulière, elle accepte avec soumission les assauts sexuels de son compagnon. L’auteur décrit avec beaucoup de lenteur la vie de ce couple, la nature fait partie intégrante de l’histoire, elle est rude, le froid, l’hiver donnent  une atmosphère spéciale, un peu inquiétante au roman.

Dans la Trilogie des Neshov, nous avions beaucoup appris sur l’élevage des cochons, après la lecture de Un jour glacé en enfer l’élevage des chiens de traîneaux n’a presque plus de secrets pour le lecteur…

Ce livre d’Anne B. Ragde se lit plutôt facilement mais j’avoue que c’est celui que j’ai le moins aimé.

 

 

 

Extrait : (début du livre)
Elle a débarqué dans un endroit si boueux que ses chaussures de ville ne lui sont plus d’aucune utilité et qu’elle a dû enfiler une paire de gros sabots, un endroit où elle ne peut plus porter ses vêtements noirs d’avant. C’est pourquoi il lui a acheté une combinaison de travail rouge à manches longues, un modèle bon marché. Elle n’est jamais venue dans un endroit comme celui-ci, n’a jamais connu un homme comme lui, n’aurait jamais cru qu’elle serait capable de coucher avec quelqu’un aux mains si crasseuses et au jean si crotté, un homme taciturne qui n’ouvre la bouche que pour parler de ses chiens.
Elle déplace le dernier sac de croquettes et le range à côté des autres. Voilà. Maintenant, le passage est dégagé.
- C’est pas à toi de traîner ces gros sacs, lui dit-il dans son dos.
Elle ferme les yeux.

Prends-moi par derrière, là, tout de suite, enlève ce que j’ai sur le dos et […]
- Mais j’y arrive très bien, proteste-t-elle en se redressant.
Il croise son regard.
- Ce genre de corvée, c’est moi qui m’en charge. Qu’est-ce-que t’as ? Tu chiales ?
- Non, pourquoi ça ?
- T’as les yeux qui brillent.

Son regard s’attarde sur le dos de l’homme qui se dirige vers les enclos et elle entend les aboiements des trente-deux chiens de traineau se propager à la vitesse d’un feu de brousse. Dès que l’un d’eux aperçoit le maître, il se met à aboyer et entraîne tous les autres. Elle n’en revient pas que certains chiens soient capables de faire la différence entre différents types d’aboiement. Parfois, alors que la meute se repose à l’ombre, il suffit d’un chien, s’imaginant avoir repéré quelque chose à l’orée du bois, donne de la voix pour qu’aussitôt cinq ou six chiens – les plus jeunes et les plus craintifs – se lèvent et fassent un boucan d’enfer, la tête tournée en direction de la forêt, le poil dressé, prêts à affronter un danger invisible et s’excitant entre eux, dans un mouvement allant crescendo, avant d’admettre qu’ils se sont trompés et, penauds, de s’allonger à nouveau en formant un gros tas de fourrures. Pendant tout ce cirque, les chiens plus âgés se sont contentés de cligner des yeux d’un air agacé, car au premier aboiement, ils avaient compris qu’il s’agissait d’une fausse alerte, bref, un moyen un peu hystérique de passer le temps. Eux aimeraient seulement faire leur sieste en paix.

 

Déjà lu du même auteur :

la_terre_des_mensonges La Terre des mensonges  la_ferme_des_Neshov La Ferme des Neshov
l_h_ritage_impossible L'héritage impossible zona_frigida  Zona frigida

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Norvège

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Norvège

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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03 juin 2011

Quatre jours en mars - Jens Christian Grøndahl

Lecture Commune avec Canel
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quatre_jours_en_mars Gallimard – février 2011 – 437 pages

 

traduit du danois par Alain Gnaedig

 

Quatrième de couverture :
Les meilleures années appartiennent-elles toujours au passé ? En est-on responsable ? Ces questions viennent hanter Ingrid Dreyer, architecte et mère divorcée, au cours de quatre jours dramatiques, où plus rien ne se révèle être comme elle le croit. Lorsque son fils adolescent est arrêté pour des actes de violence, lorsque sa relation à un homme plus âgé et marié prend un tour inattendu, elle replonge dans les souvenirs de sa jeunesse solitaire et de son mariage raté, afin de tenter de comprendre pourquoi sa vie commence à ressembler à une impasse. Ingrid Dreyer est-elle condamnée à reproduire les comportements, les lubies et les erreurs de sa mère ou de sa grand-mère, femme de lettres qui a connu jadis son heure de gloire ? Les histoires de ces femmes ne sont-elles que les variations d'un même thème et d'un même drame ? Après "Sous un autre jour" et "Les mains rouges", Jens Christian Grøndahl propose ici un nouveau portrait de femme de notre temps, avec cette profondeur psychologique et cette maîtrise stylistique qui sont la marque du grand écrivain danois.

 

Auteur : Jens Christian Grøndahl est né à Copenhague en 1959. Il est aujourd'hui un auteur vedette au Danemark et ses livres sont traduits dans de nombreux pays. Ses romans parus aux Editions Gallimard l'ont également fait connaître en France.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Quatre jours, jeudi, vendredi, samedi et dimanche dans la vie d'Ingrid Dreyer. Elle a quarante-huit ans, elle est architecte, divorcée, mère d'un adolescent de quatorze ans et amoureuse d'un homme marié.
Elle est en voyage professionnel à Stockholm, lorsqu'on lui demande de rentrer d'urgence à Copenhague car son fils Jonas a été arrêté par la police pour avoir participé à des actes de violence contre un jeune Arabe. L'acte de son fils est comme un premier choc. Ingrid va se replonger dans son passé pour essayer de comprendre comment elle en est arrivée là. Elle revoie ses souvenirs de jeunesse, son mariage raté, sa vie amoureuse... Va-t-elle reproduire les mêmes erreurs que sa mère et sa grand-mère ?

Ce livre est très bien écrit, l'histoire est très prenante l'auteur a su parfaitement nous distiller des allers-retours entre présent et passé et petit à petit raconter ce qu'il faut pour que le lecteur comprenne peu à peu qui est Ingrid. La psychologie des différents personnages est très travaillée. Les relations entre les personnages sont subtiles.

J'ai beaucoup aimé cette lecture, je me suis sentie proche d'Ingrid même si ma vie est très différente de la sienne... Elle est touchante dans ses interrogations, son sentiment de culpabilité vis à vis de son fils. Berthe et Ava, sa mère et grand-mère, sont des personnages pas facile à vivre... J'ai également aimé les descriptions des paysages scandinaves, de la ville de Rome, des intérieurs... Une très belle découverte qui me donne envie de lire d'autres livres de cet auteur danois.

Maintenant allons voir l'avis de Canel avec qui je faisais Lecture Commune ! 

Extrait : (début du livre)
Elle a déjà mis une de ses boucles d'oreilles et cherche à se saisir de la seconde lorsque le téléphone sonne. Les pulsations de la tonalité lui semblent aussi étrangères que les meubles anonymes de la chambre. Elle reste devant le miroir. Son rouge à lèvres est trop vif, c'était un essai, d'habitude elle porte une nuance plus pâle. C'est sûrement Morten, son coordinateur de projet, qui, comme toujours, est en avance. Pourtant, il reste encore quelques minutes avant leur rendez-vous dans le hall de l'hôtel. Il sait où se trouve le restaurant. De toute façon, c'est lui qui règle les détails de logistique. Mais aujourd'hui, elle s'est bien débrouillée, encore une fois. La présentation s'est déroulée comme prévu, même les questions des maîtres d'ouvrage sont restées dans le cadre prévu, et elle s'est montrée claire et concentrée. 
Elle s'autorise à continuer de regarder son reflet dans le miroir, puisqu'elle a décidé de faire comme si elle n'était pas là. Le bourdonnement intermittent du téléphone lui donne l'impression d'être surveillée. Elle ferait mieux de mettre sa deuxième boucle d'oreille, de prendre sa pochette, de poser son manteau sur le bras et de sortir dans le couloir silencieux. Elle croise son regard. Ingrid Dreyer, quarante-huit ans. Une femme célibataire, qui a réussi et, aux yeux de certains, encore belle. Du moins, aux yeux de ceux qui lui importent, mais elle a trop maigri. On le voit avec la robe qu'elle a choisie pour la soirée, on voit son âge. Il y a quelque chose à la clavicule et à la peau des bras, mais pas seulement. 
Sa robe est belle, de style Empire, d'un vert passé comme les feuilles de sauge duveteuses. Étonnamment féminine, diront certains, et c'est bien le but recherché. Elle la porte afin de convaincre les représentants de Svensk Energi qu'elle est également une personne, une femme, et même une mère. Lorsque l'on est sur le point de lui confier un chantier d'un demi-milliard, c'est bien le moins que l'on peut attendre. D'ordinaire, elle porte des pantalons, des tailleurs et des T-shirts neutres. Pas de maquillage, pas de bijoux, à la rigueur des escarpins à bride avec des talons hauts, juste pour se différencier, mais lorsque le commanditaire invite, elle peut se permettre de céder à l'autre côté de sa personnalité. Car il est bien là. Son expérience lui dit qu'un soupçon d'humanité vulnérable ne fait que renforcer l'intégrité professionnelle, en tout cas si l'on est de sexe féminin. Le téléphone ne cesse pas de sonner. 
De sa fenêtre du dix-septième étage, elle entrevoit au loin l'archipel comme des pointillés incandescents dans l'eau bleu foncé. Un groupe de hauts immeubles de bureaux lui bouche la vue, mais la façade vitrée de l'un d'eux envoie un reflet de la claire lumière de mars dans sa chambre capitonnée au plafond bas. Elle s'assoit sur le bord du lit et décroche le combiné, toujours une boucle d'oreille à la main. La perle blanche brille dans le soleil du soir. C'est un cadeau de Frank, son amant. Ce n'est pas lui qui appelle. Elle comprend qu'elle l'espérait quand elle entend la voix inconnue se présenter. Cela fait déjà bien des années qu'il lui a donné ces boucles d'oreilles à Rome. Elle se souvient que la première chose qui lui était venue à l'esprit avait été de se demander comment il pouvait dépenser une aussi grosse somme avec sa carte de crédit sans que sa femme ne s'en aperçoive. Elle n'avait pas encore découvert que Frank était un homme qui possédait de nombreux comptes en banque. 
Après coup, cela l'agace de n'avoir pas demandé au brigadier du poste de Station City comment il a réussi à la trouver dans une chambre d'hôtel de Stockholm. Elle allume son portable après avoir raccroché et écoute les messages. Au moins, Jonas a essayé de l'appeler. Elle a la bouche sèche en écoutant sa voix bredouillante d'adolescent de quinze ans, toujours aussi brusque et tranchante. Il a été arrêté. A l'entendre, on a l'impression qu'il appelle pour dire qu'il ne rentrera pas dîner. D'habitude, il ne songe même pas à partager ce genre d'informations pratiques avec sa mère. Elle se demande soudain s'il n'a pas oublié qu'elle allait à Stockholm. Car elle le lui a bien dit, n'est-ce pas ? Oui, bien sûr. Le téléphone sur la table de nuit sonne à nouveau, cette fois-ci, c'est Morten. Mais qu'est-ce qu'elle fait ? Elle répond qu'elle descend tout de suite. 
Elle était restée indifférente au ton décontracté du brigadier et elle avait deviné dans sa voix un accent de reproche enjoué. De fait, Jonas n'avait eu droit qu'à un seul coup de fil, mais comme elle n'avait pas répondu, on lui avait permis d'appeler son grand-père. Le gamin était encore mineur, même si on avait du mal à le croire. Le policier avait déclaré cela comme si l'âge de Jonas était une forme de tromperie eu égard à la pointure considérable de ses chaussures. Elle avait demandé ce qui s'était passé. Là, le brigadier était devenu plus neutre dans son rapport. Jonas avait été arrêté dans une ruelle près de Christiania. Une voiture de patrouille était passée par hasard au moment où Jonas et ses camarades encerclaient un garçon à terre et lui donnaient des coups de pied dans la tête et dans le ventre. 
Jonas avait donné des coups de pied ? 
Sa voix s'était affaiblie et elle avait entendu que le policier avait noté le léger changement de ton, la brève difficulté à respirer. Les jeunes gens n'étaient guère communicatifs, en outre, il était important que la victime n'ait aucun souvenir de qui avait fait quoi. Quoi qu'il en soit, ils n'avaient pas l'âge de la majorité pénale et l'affaire serait du ressort des services sociaux, cependant, elle devrait apprendre à son fils à choisir ses amis avec plus de soin. Plusieurs d'entre eux étaient bien connus de la police, et l'on ne parlait pas ici de graffitis et de petits larcins. Il était question de recel organisé et de trafic de hasch, et ce que l'on avait confisqué cet après-midi n'était pas de la petite bière. Il s'agissait de crans d'arrêt et de coups de poing, et s'il était à sa place, il aurait une discussion sérieuse avec le gamin, quand elle finirait par rentrer de Stockholm. 
Y avait-il quelque chose dans la manière dont il avait dit "finirait par rentrer", ou était-elle hypersensible ? Elle avait demandé si Jonas connaissait la victime. On aurait dit que le policier souriait en donnant sa réponse. Il ne pouvait pas savoir qui son fils connaissait ou non et, de toute façon, il n'avait pas le droit de dévoiler l'identité du jeune homme. Cependant, l'affaire était d'autant plus délétère qu'il s'agissait d'un type dont les origines ethniques n'étaient pas danoises. Il serait donc possible que, à l'avenir, son fils soit obligé de bien regarder dans son dos quand il irait à l'école, au cas où il serait rattrapé par un cimeterre. 
Ingrid avait demandé où il se trouvait. Le brigadier avait demandé si elle pensait à la victime. Dans ce cas, il pouvait la rassurer, les urgences avaient renvoyé le jeune homme chez lui en lui ordonnant de rester tranquille pendant deux ou trois jours. Il s'en était sorti avec une commotion cérébrale et, tant qu'il ne se mettait pas à se cogner le front contre les tapis de la mosquée, il avait une chance de s'en tirer sans séquelles. D'ailleurs, c'était un miracle qu'il n'ait pas été plus gravement touché, car son fils et les autres garçons n'y étaient pas allés de main morte. Le policier avait marqué une pause. Mais en ce qui concernait son rejeton, en ce moment précis, il attendait que son grand-père vienne le chercher. 

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19 mai 2011

Zona frigida – Anne B. Ragde

zona_frigida Balland – mars 2011 – 384 pages

traduit du norvégien par Hélène Hervieu et Eva Sauvegrain

Quatrième de couverture :
Qu'est-ce qui a bien pu pousser Bea, jeune caricaturiste branchée de 35 ans, à s'inscrire pour une croisière à destination des terres du Grand Nord ? La croisière, d'abord : un concept plutôt destiné au Troisième âge et pas à une célibataire croqueuse d hommes comme elle... La destination, ensuite : le Svalbard, dite « Zona frigida », aux confins septentrionaux de la Norvège, ne constitue pas un territoire des plus accueillants. On prétend même qu'il y fait si froid que tous les animaux sont devenus blancs... Autant dire que la présence de Bea sur ce cargo a de quoi susciter la curiosité de ses compagnons de route.
Si la jeune femme a prétexté auprès de ses proches le besoin de rompre avec son quotidien, il apparaît rapidement que ses motivations sont tout autres : Bea a des comptes à régler avec son passé et ce voyage devrait lui permettre de repartir à zéro. La croisière d'agrément va vite se transformer en cauchemar pour certains passagers...

Auteur : Anne Birkefeldt Ragde est née en 1957, elle a passé son enfance à Trondheim, ancienne professeur assistante de communication à l'Université de Trondheim, elle a écrit plus de quarante livres depuis 1986 aussi bien pour les adultes que pour les enfants. Auréolée des très prestigieux prix Riksmål (équivalent du Goncourt français), prix des Libraires et prix des Lecteurs pour sa « Trilogie de Neshov », Anne B. Ragde est une romancière à succès, déjà traduite en 15 langues, aux millions d'exemplaires vendus.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Le personnage principal et narratrice de ce livre est une jeune femme Bea qui travaille comme caricaturiste pour des journaux. Lorsque le livre commence, elle est en train de préparer son départ pour une croisière vers le Spitzberg. Originale comme destination pour partir en vacances... Mais Bea a une vraie raison de faire ce voyage, elle l'évoque même dès les premières pages « j’étais bien décidée à mener mon plan à terme, avec précision et sans aucun laisser-aller. » Le lecteur va tout au long du livre essayer de mieux connaître Bea et comprendre quelles sont ses motivations...
Cette croisière vers le grand Nord est un huis clos entre des passagers venus du monde entier et un équipage, ils doivent apprendre à vivre ensemble dans des conditions particulières.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce voyage captivant, j'ai imaginé avec les personnages les beaux espaces et paysages qui s'offraient à eux, les nombreux animaux rencontrés durant cette croisière... Phoques, ours, fulmars, pingouins, morses, sternes, mouettes... Cette région polaire est appelée « Zona frigida », là où le froid n'a pas de limite. La nature y est reposante. Les différents personnages sont très bien campés et Bea très attachante.
Une belle réussite, cela m'a donné très envie de faire ce beau voyage en vrai !

Extrait : (début du livre)
Pour être tout à fait honnête, je suis partie au Spitzberg pour picoler. Je me le suis avoué à haute voix, un jour, en plein mois d’août. J’ai soudain tout laissé tomber pour m’inscrire à un voyage qui allait me coûter la peau des fesses. Mais, d’après le tour-opérateur, j’étais assurée de voir un grand nombre d’animaux sauvages dans un environnement à vous couper le souffle. Cependant cette promesse me posait un problème. En effet, comment peut-on vous garantir une telle expérience ? Au Spitzberg, la nature est d’une beauté exceptionnelle, tout le monde le sait. Mais en ce qui concerne les animaux, j’étais plus dubitative. Un ours blanc en colère, un morse endormi, ça se commande, ça ? La brochure présentait la photo d’un ours blanc qui passait la tête par un hublot en se léchant les babines. Des baleines aussi faisaient partie du package. Manifestement, l’agence ne laissait rien au hasard. C’était assez bluffant.
En tout cas, pour ce qui était de l’approvisionnement en alcool, j’étais rassurée. L’État norvégien n’allait quand même pas supprimer juste avant mon départ les lois sur les produits hors taxes en vigueur au Spitzberg depuis toujours. Cette pensée me mettait du baume au cœur, et le prix exorbitant du voyage m’a paru, du coup, moins dur à digérer. Je pourrais picoler à mon aise, sans risquer d’avaler de travers en pensant à tout l’argent dépensé. J’ai toujours été très douée pour dissimuler mon taux d’alcoolémie. J’allais donc pouvoir me soûler de manière quasi permanente sans perdre de vue la vraie raison de mon voyage, car j’étais bien décidée à mener mon plan à terme, avec précision et sans aucun laisser-aller. Mon caractère joyeux et insouciant tromperait tout le monde, j’en avais déjà fait maintes fois l’expérience. Une bonne rasade d’alcool hors taxes me procure toujours le bagou nécessaire pour être tout à fait moi-même. Après quelques verres, j’arrive sans problème à convaincre mon entourage que mon attitude dans la vie est foncièrement positive et optimiste.
Je n’avais pas beaucoup de temps pour me préparer. Trois jours. Dimanche soir, donc, avec un verre de vin blanc glacé et un cendrier propre à portée de main, j’ai commencé à dresser une liste. Le départ avait lieu tôt mercredi matin. Le vol pour Tromsø étant à sept heures, il me fallait un taxi pour six heures moins le quart. J’ai donc noté ça sur une feuille, tout en haut de laquelle j’ai écrit « Andersen » car il fallait que je le confie à quelqu’un pendant mon absence.
Je l’ai regardé, mon oiseau chéri, ma perruche jaune, et j’ai pris le téléphone. J’ai d’abord appelé deux de mes ex avec qui j’avais gardé le contact. Ils voulaient tout savoir sur mon voyage au Spitzberg et avaient des tas de choses à me raconter sur leur expérience du froid et de l’hiver dans ces régions polaires. Et si je rencontrais un ours ?

 

 Déjà lu du même auteur :

la_terre_des_mensonges La Terre des mensonges  la_ferme_des_Neshov La Ferme des Neshov
l_h_ritage_impossible L'héritage impossible

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Norvège

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11 mai 2011

Le caveau de famille - Katarina Mazetti

le_caveau_de_famille Gaïa - mars 2011 - 237 pages

 

Quatrième de couverture :
Elle c'est Désirée, la bibliothécaire, et lui c'est Benny, le paysan. Elle dévore les livres comme les produits bio, lui élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire « de son plein gré ». Pourtant, ils s'accordent trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c'est terminé pour toujours. Et si ça marche…
Comme le disait un critique littéraire suédois : "Le quotidien tue l'amour, la vie de famille l'enterre." C'est gai. Bienvenue dans le caveau de famille !
Pétillant et jubilatoire.

 

Auteur : Née à Stockholm en 1944, Katarina Mazetti a grandi à Karlskrona, port naval du sud de la Suède. Après avoir étudié et pratiqué le journalisme, puis repris ses études et décroché un diplôme d'anglais et de littérature, elle a travaillé comme professeur puis comme productrice de radio. Pendant vingt ans, elle a vécu avec son compagnon et leurs quatre enfants dans une petite ferme du nord du pays. De cette expérience est né Le mec de la tombe d'à côté, son premier roman pour adultes, qui a valu un immense succès dans le monde entier à cet auteur prolifique - livres pour la jeunesse, critiques littéraires, chroniques radio, chansons, comédies, etc. 

 

Mon avis : (lu en mai 2011)
Lorsque j'ai su que Katarina Mazetti avait écrit une suite à son livre « Le mec de la tombe d'à côté », j'étais impatiente de retrouver Benny et Désirée. Lorsque je les avais quittés, ils avaient décidé de rompre car Désirée n'était pas prête à abandonner sa vie pour s'installer à Rönngården.
Entre la fin du livre « Le mec de la tombe d'à côté » et le début de « Le caveau de famille », Benny s'est mis en ménage avec sa cousine Anita, femme parfaite pour l'aider à tenir sa maison et à l'aider dans l'étable. Désirée est sortie avec Anders, papa d'un petit garçon. C'est à ce moment là que Désirée a ressentie une grande envie de devenir mère, même en restant célibataire. Elle a demandé à Benny d'être le père, sans engagement en retour. Benny a accepté et ensemble ils ont décidé de faire trois essais, après, si le test de grossesse est négatif ils couperont tout contact, sinon ils en rediscuteront...
Le livre commence avec les trois essais, le test de grossesse est négatif, mais ils ont redécouvert qu'ils tenaient toujours l'un à l'autre et ils veulent encore faire un triple essai et finalement c'est positif ! Benny va donc avouer à Anita qu'il aime toujours Désirée et cette dernière va venir s'installer à la ferme. Ainsi commence la vie de couple, puis la vie de famille de Désirée, Benny et leurs nombreux enfants !
Le livre est construit avec le même procédé d'écriture que le premier, c'est à dire que le lecteur découvre tour à tour le point de vue de Désirée et celui de Benny.
Cinq ans après avoir lu le livre précédent, j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir la suite des aventures de Désirée et Benny, j'ai retrouvé l'esprit et l'humour du livre précédent. L'auteur décrypte l'évolution des relations dans un couple avec l'arrivée des enfants, avec les soucis de la vie quotidienne, le partage des tâches entre la femme et le mari...

 

Extrait : (début du livre)
Benny 

La première nuit, en quittant l'appartement de Désirée je me suis cassé la figure dans l'escalier, et je pense que c'était tant mieux. J'ai glissé sur plusieurs marches, me suis rattrapé avec le coude contre la cage d'ascenseur - aïe, saloperie ! - et me suis retrouvé sur un genou, la jambe formant un angle bizarre, j'ai même eu l'impression d'entendre un craquement. 

Un vieux en peignoir a ouvert sa porte et jeté un coup d'œil soupçonneux sur le palier et il m'a vu là, à genoux. Ça me faisait un mal de chien, je me suis mordu la lèvre pour ne pas crier, mais j'ai malgré tout voulu le rassurer. Pour lui faire comprendre que je n'étais pas une menace pour l'ordre public, je me suis incliné avec dignité devant lui. Benny, le Blaireau National. Il a claqué la porte, et je l'ai entendu tourner des clés et mettre des chaînes de sécurité. Il a peut-être cru que j'étais membre d'une secte bizarroïde, une sorte de Témoin de Jéhovah forcené qui faisait ses dévotions dans la cage d'escalier avant d'essayer d'enrôler des disciples. Seigneur Dieu ! 

Avez-vous déjà essayé de conduire avec une jambe raide et tendue et l'autre qui s'occupe de toutes les pédales à la fois, embrayage, accélérateur et frein ? Ma voiture avançait par bonds comme un lièvre dans un champ de patates. 

Mais c'était tant mieux, donc. Parce que tout le lendemain, ma jambe m'a empêché de penser à autre chose, tellement elle me faisait mal. Si j'avais essayé, je crois que les connexions possibles auraient immédiatement provoqué un court-circuit dans mon cerveau. Désirée, encore. Tous les vieux sentiments qui me labouraient les entrailles. Anita. Elle dormait, heureusement, quand je suis rentré et encore au matin quand je me suis rendu à l'étable en boitillant sur ma jambe raide. J'ai été jusqu'à éviter de regarder ses pelotes de laine et ses aiguilles à tricoter sur la banquette de la cuisine pendant que je sirotais un Nes avec de l'eau chaude du robinet, sur le qui-vive pour me sauver rapidement et ne pas avoir à croiser son regard. 

Et ensuite la traite, la jambe tendue. Mon genou était tout chaud et gros comme un ballon de hand, je sentais le sang pulser. J'ai fini par dégoter le botte-cul, l'espèce de pied unique à ressort qu'on attache autour de la taille. Ça faisait un bail que je ne l'avais pas utilisé, je n'ai pas trouvé le bon équilibre et je me suis vautré dans la rigole à purin et cogné le coude à nouveau, celui qui me faisait déjà mal. Etalé là dans la merde, je me suis bidonné en me disant que je l'avais bien cherché, gougnafier de mes deux. Et j'ai pensé que j'allais faire rire Désirée en le lui racontant. J'avais presque honte d'être heureux à ce point-là. 

Sauf que je n'ai pas pu raconter grand-chose. Le moment n'était pas vraiment propice au bavardage et aux histoires drôles. Pour commencer, rien que le fait d'y retourner le soir ne m'a pas spécialement fait bomber le torse. J'ai dû mentir à Anita qui avait préparé des isterband* avec des pommes de terre à l'aneth pour le dîner, mon plat préféré. J'ai remarqué le catalogue de Guldfynd sur la banquette, ouvert à la page des alliances, ma tête à couper que ce n'était pas un hasard, mais j'ai fait comme si je ne l'avais pas vu. Il m'a semblé qu'elle me regardait avec insistance, et j'ai pondu une fable comme quoi j'avais trébuché dans le grenier à foin et m'étais éclaté le genou, j'en ai rajouté pour me faire plaindre. Le gougnafier qui cherche à se faire consoler après un faux pas. Mais ça fonctionne toujours, l'infirmière en elle a pris le dessus et elle a examiné mon genou d'un air professionnel, a fait un bandage de soutien en déclarant que ce n'était qu'une petite entorse de rien du tout. 

D'une voix étranglée j'ai marmonné que Berggren dans le village à côté avait besoin d'aide pour remplir un formulaire de l'UE, puis j'ai clopiné jusqu'à la voiture. J'ai pris la direction de la ville sur les chapeaux de roues, ce n'est qu'au bout d'un moment que je me suis rappelé que Berggren habitait de l'autre côté. Si Anita avait jeté un regard par la fenêtre quand je partais, je n'aurais pas échappé à un interrogatoire en rentrant. 

Je m'en fichais - l'important était que je parte, car j'étais un homme avec une Mission. Que diable, un super-héros ! Qui se pointerait avec ses pouvoirs magiques pour faire un enfant à une petite crevette ! Il ne manquait que la cape et le justeaucorps. Et un logo sur la poitrine... Un spermatozoïde géant, peut-être ? 

Je me suis demandé si je ne devais pas me sentir exploité. N'était-ce pas un abus sexuel, attraper un ancien amant et se servir de lui parce qu'on s'était mis dans le crâne d'avoir un mouflet ? Ne devrais-je pas plutôt redresser la nuque et rétorquer qu'elle n'avait qu'à ouvrir un compte dans une banque de sperme ? 

Bah, je savais très bien que ceci était quelque chose que je ne pourrais pas m'empêcher d'accomplir, même si je devais sauter à cloche-pied jusqu'en ville avec ma patte folle. Et l'engouement pour les enfants n'était pas juste une nouvelle tocade pour Désirée. La seule chose qui me retenait de chanter Hosanna à tue-tête dans la voiture était un soupçon irritant que c'était précisément les petits gaillards à queue qu'elle guignait, pas moi personnellement. J'avais naturellement enfoui tous mes doutes dans un puits en bloquant bien le couvercle avec un serre-joint. Peut-être que je n'aurais même pas à expliquer quoi que ce soit à Anita ? Sait-on jamais, j'avais peut-être été exposé à de la kryptonite verte qui aurait fait faner tous mes spermatozoïdes ? Ou manipulé du Roundup et autres mort-aux-rats à la ferme ? Et dans ce cas, à quoi je lui servirais, à Désirée ? 

Après l'amour, elle a pleuré en disant qu'elle ne voulait plus qu'on se revoie, parce que je commencerais à lui manquer à nouveau. Moi ? A nouveau ? J'étais tellement confus que je me suis borné à dire "Ah bon", puis je suis rentré chez moi avec un mal au crâne monstrueux. Mais j'y suis retourné le lendemain soir quand même. On avait dit trois essais. Et si elle n'était plus d'accord, j'avais décidé de lui demander ce qu'elle entendait par "à nouveau". 

Mais le troisième soir, elle n'était pas chez elle. En tout cas, elle n'a pas ouvert la porte. 

*Saucisse fumée au goût légèrement acide, préparée à partir de viande de porc, d'orge et de pommes de terre. (Note du traducteur). 

Désirée 

Je me suis réveillée avec l'odeur de Benny sur l'oreiller. Du savon, avec quelques touches de foin, d'huile de moteur et de café, et de la bouse de vache en note de tête. Pour paraphraser les pubs de parfums. 

Ce jour-là était tellement étrange. Comme si j'étais sortie de ma vie et m'étais postée un peu plus loin. Mes pensées n'étaient que des griffonnages dans la marge, je faisais en quelque sorte l'école buissonnière loin de mon existence toute tracée, prévisible et somme toute assez agréable. 

Car c'était un fait. J'étais obligée de me mettre entre parenthèses, de me figer au milieu du pas, jusqu'à ce que cette chose inouïe soit réglée. Si je tombais enceinte, nous serions forcés de tout reconsidérer et de redessiner la carte. Et si je ne tombais pas enceinte, tout n'aurait été que du business as usual et rien de particulier ne se serait passé. 

Je ne m'étais pas sentie ainsi depuis que j'étais petite et que ma tante Anna-Lisa me menaçait de l'orphelinat si je disais des gros mots. Je venais de me trouver une copine, Agneta, c'était une voisine. Parfois elle disait "Saleté de merde" et essuyait de longs filets de morve avec la manche de son pull, je l'admirais infiniment et voulais être comme elle. Mais si papa apprenait que moi aussi je m'amusais à débiter des grossièretés, il me fourrerait dans la voiture pour me conduire dans une grande maison remplie d'enfants et de dames méchantes. C'est à ce moment-là que j'ai fait précisément ce pas de côté dans ma vie, je me suis tenue prête au pire pendant plusieurs jours. Je ne jouais pas avec ma nouvelle poupée pour ne pas qu'elle me manque trop ensuite. Ne parlais pas, pour ne pas dire un gros mot par inadvertance. Je débarrassais la table et me brossais les dents pendant une éternité pour faire bonne impression. Tante Anna-Lisa disait à maman qu'elle l'avait trop gâtée, sa gamine, mais heureusement il avait suffi que "quelqu'un" de ferme la prenne en main et arrête de la dorloter. Elle-même, donc. Ensuite elle est repartie chez elle et tout rentra dans l'ordre. J'appris même à dire "Saleté de merde" avec fougue et enthousiasme, mais seulement chez Agneta. 

Subitement, "mon" appartement n'était plus uniquement le mien. Pour commencer, je pourrais mettre le petit lit à barreaux dans ma chambre et installer une table à langer au-dessus de la baignoire, mais ensuite je serais sans doute obligée de transformer mon bureau en chambre d'enfant. Au boulot, Lilian avait demandé si quelqu'un était intéressé par leur lit à deux places, son mari et elle avaient l'intention de faire chambre à part quand leur fille aînée serait partie. Il rentrerait pile-poil dans ma chambre, il ne faisait qu'un mètre cinquante de large et Benny pourrait... 

A moins de choisir la petite pièce mansardée de Rönngården ? Elle pourrait devenir vraiment sympa, juste à côté de la chambre de Benny avec les rideaux en robe de bal, mais était-elle isolée contre le froid ou bien n'était-ce qu'un simple grenier ? Et comment aurions-nous les moyens de m'acheter une voiture ? 

Sauf que dans le lit de Benny, il y avait une autre femme. Etait-il allé se coucher à côté d'elle hier soir ? Je nous ai imaginées toutes les deux faisant la queue en même temps à la pharmacie, nous achèterions nos tests de grossesse puis nous partirions chacune de son côté et nous retiendrions notre souffle en voyant la réponse positive... 

A ce stade, j'ai posé une enclume sur toutes les pensées qui bourdonnaient dans ma tête et je me suis mise sur Attente. Standby. Pas de projets avant de tenir le résultat du test dans ma main. Et aucun du tout s'il était négatif. Me suis-je dit. 

Je n'avais même pas l'intention de rougir inutilement devant sa compagne. Evidemment que ceci n'allait pas marcher. Ce n'était que la lubie d'une femme seule qui ployait sous le poids d'un gigantesque réveil biologique dont elle voulait faire taire l'insupportable sonnerie. 

Toute la journée, je me suis observée de l'extérieur, malgré moi. Une sensation d'irréel : voici une Femme Enceinte qui boit du jus d'orange, qui mange sainement et s'abstient de porter de lourdes piles de livres. Si je me comportais ainsi, c'est parce que je ne pouvais pas faire autrement ; le soir quand j'envisageais un petit verre de vin avec mon omelette, je voyais ma main le vider dans l'évier. C'était fascinant. Comme si la main était guidée par l'utérus, pas par des impulsions cérébrales. 

Benny... Je n'arrivais même pas à penser à lui. Chaque fois que mon esprit essayait de s'engager sur ces chemins-là, je serrais les paupières et je descendais, marche après marche, dans ma Chambre intérieure particulière, comme on me l'avait appris au stage d'autohypnose. Mais il s'accrochait à moi quand même, comme une ombre sur une image télé mal réglée. J'ai été jusqu'à imaginer que c'était sa compagne qui était venue me reluquer à la bibliothèque cet après-midi-là. Comme si elle pouvait savoir qui j'étais, alors que nous ne nous étions jamais rencontrées ! 

Le soir il est revenu, vers huit heures. Depuis une bonne demi-heure, mon cœur battait comme si j'avais couru un marathon. Il avait l'air de boiter un peu, mais je n'ai pas voulu poser de questions, tout ça était bien trop fragile pour des paroles. Nous nous sommes seulement adressé des ricanements idiots, avant d'aller tout droit dans la chambre nous livrer à notre projet insensé. Ensuite j'ai pleuré et j'ai dit : 

- Il ne faut plus que tu reviennes, c'est trop pour moi, je ne veux pas retomber dans le piège, tu vas me manquer à nouveau. 

- Je t'ai manqué ? a-t-il dit et sa voix était remplie d'une authentique surprise. 

 

Déjà lu du même auteur :

le_mec_de_la_tombe_d___cot_ Le mec de la tombe d'à côté les_larmes_de_Tarzan  Les larmes de Tarzan

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Posté par aproposdelivres à 07:30 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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