02 février 2011

Entre chiens et loups : tome 1 – Malorie Blackman

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Milan – septembre 2005 - 397 pages

traduit de l'anglais par Amélie Sarn

Quatrième de couverture :
Callum m'a regardée. Je ne savais pas, avant cela, à quel point un regard pouvait être physique. Callum m'a caressé les joues, puis sa main a touché mes lèvres et mon nez et mon front.  J'ai fermé les yeux et je l'ai senti effleurer mes paupières. Puis ses lèvres ont pris le relais et ont à leur tour exploré mon visage. Nous allions faire durer ce moment. Le faire durer une éternité. Callum avait raison : nous étions ici et maintenant. C'était tout ce qui comptait. Je me suis laissée aller, prête à suivre Callum partout où il voudrait m'emmener. Au paradis. Ou en enfer.

Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s'affrontent à coup de lois racistes et de bombes. C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin... Et s'ils changeaient ce monde ?

Auteur : Malorie Blackman est née à Londres en 1962. Après avoir travaillé comme programmatrice informatique, Malorie Blackman se met à écrire pour les enfants et les adolescents. Son premier livre, Not So Stupid, un recueil de nouvelles est publié en 1990. Malorie Blackman devient une auteur à plein temps suite au succès recueilli par son premier roman Hacher qui sort en 1994 et qui est couronné par de nombreux prix. Depuis, cet auteur majeur de littérature jeunesse en Angleterre a signé 50 ouvrages. Auteur à succès, certains de ses livres sont des best-sellers en Angleterre.

Mon avis : (lu en janvier 2011)
C'est à l'occasion du Baby-Challenge Contemporain 2011 organisé par Livraddict, que j'ai décidé de lire ce livre. Je l'ai réservé à la bibliothèque et vu son succès, j'ai attendu quelques mois avant de l'obtenir...
Ce livre est à la fois une fiction politique et une belle histoire d'amour nous rappelant Roméo et Juliette. Son originalité est le monde inventé par Malorie Blackman, une société divisée entre les Primas : les hommes et les femmes de peau noire, les dominants, et Nihils : les blancs, les plus pauvres.
Sephy est Prima, son père est ministre, et Callum est Nihil, ils ont grandi côte à côte la maman de Callum étant la nourrice de Sephy. Il y a trois ans, la maman de Callum a été renvoyée, malgré cela Sephy et Callum ont continué à se voir. Le livre commence à la veille de la rentrée, Callum fait parti des quatre Nihil qui ont réussi l'examen pour entrer au lycée Prima. Ils se réjouissent l'un et l'autre de se retrouver pour faire ensemble leurs études.
Tour à tour, Sephy et de Callum sont les narrateurs, ils découvrent que leur amitié est difficile à faire accepter par les autres. Callum et Sephy sont des personnages vraiment attachants, ils ont des vies de familles très différentes et pourtant leur amitié puis leur amour est plus forte que tout.

C'est un roman très réussi qui parle de racisme, de tolérance, de justice et d'injustice, d'amour et de haine.
Ce très bon livre est le premier d'une série, les tomes suivant sont « La couleur de la haine », « Le choix d'aimer » et « Le retour de l'aube ».

Extrait : (début du livre)
Meggie McGrégor s'essuyait les yeux.
- Ah vraiment, madame Hadley, votre sens de l'humour me tuera !
Jasmine Hadley s'autorisa un gloussement. Elle riait rarement.
- Meggie, je suis si contente que nous nous entendions, vous et moi.
Le sourire de Meggie McGrégor perdit de sa vivacité. Imperceptiblement. Elle regarda Callum et Sephy qui jouaient sur la grande pelouse. Son fils et la fille de sa patronne. Eux s'entendaient réellement bien. Aucune barrière ne se dressait entre les deux enfants. Du moins, pas encore. C'était le début de l'été. Le ciel était clair et lumineux, sans un nuage. Chez les Hadley, en tout cas.
- Excusez-moi, madame Hadley.
Sarah Pike, la secrétaire, s'était approchée. Elle avait des cheveux mi-longs, blond paille, et de timide yeux verts qui affichaient un étonnement permanent.
- Excusez-moi de vous déranger, mais votre mari vient juste d'arriver. Il est dans son bureau.
- Kamal est là ? s'étonna Mme Hadley. Merci Sarah.
Elle se tourna vers Meggie.
- Sa quatrième visite à la maison en trois mois ! C'est un honneur !
Meggie lui adressa un sourire de sympathie et ne fit aucun commentaire. Elle voulait à tout prix éviter de se mêler des innombrables querelles entre Kamal Hadley et sa femme.
Mme Hadley se leva et se dirigea vers la maison.
- Sarah...
Meggie parlait à voix basse.
- Comment était M. Hadley ? Plutôt de bonne humeur ?
Sarah secoua la tête.
- Non. Il avait l'air sur le point d'exploser.
- Pourquoi ?
- Je n'en sais rien.
Meggie digéra la nouvelle en silence.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Animal"

Lu dans le cadre du Baby Challenge Contemporain 2011
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Baby Challenge - Contemporain Livraddict :
11/20 déjà lus Médaille en chocolat

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11 novembre 2010

Theodore Boone. Enfant et justicier - Grisham John

theodore_boone Oh ! Éditions - octobre 2010 – 268 pages

traduit de l'américain par Emmanuel Pailler

Quatrième de couverture :
Un meurtre parfait
Un témoin sans visage
Seul Theodore Boone connaît la vérité… mais il n’a que treize ans.

Theodore Boone a toujours rêvé de devenir avocat. À treize ans, il est d’ailleurs le conseiller juridique gratuit de ses camarades et même de ses professeurs ! C’est ainsi qu’il recueille bien malgré lui des éléments accablants dans le plus important procès pénal que sa ville ait connu, celui d’un notable jugé pour l’assassinat de sa femme. Theo, qui a juré le secret, ne peut ni parler ni laisser acquitter un meurtrier de sang-froid…

Avec Theodore Boone, enfant et justicier, John Grisham, maître incontesté du thriller judiciaire, auteur de best-sellers mondiaux tels que La Firme ou L’Affaire Pélican, entraîne une nouvelle génération de lecteurs dans une intrigue admirablement ficelée.

Auteur : Né à Jonesboro, Arkansas en 1955, après une enfance mouvementée dans le sud des États-Unis, John Grisham entre à l'université du Mississippi où il prépare un diplôme de sciences comptables et une licence en droit. Puis, pendant dix ans, il exerce la profession d'avocat, tout en écrivant à ses heures perdues. Il publie en 1989 son premier roman, 'Non coupable', mais c'est en 1991, avec 'La Firme', qu'il rencontre le succès. Depuis, des ouvrages comme 'L' Affaire Pélican '( 1992) , 'Le Couloir de la mort '(1994), 'Le Maître du jeu' (1996) ou 'L'Associé' (1999) ont contribué à en faire la figure de proue du 'legal thriller' américain. Mettant à profit son expérience du barreau, il nous dévoile les rouages du monde judiciaire, et aborde par ce biais les problèmes de fond de la société américaine. Aux États-Unis, où il représente un véritable phénomène éditorial, la vente de ses livres se compte en millions d'exemplaires, et ses droits d'adaptation font l'objet d'enchères faramineuses auprès des producteurs de cinéma - 'La Firme', 'L' Affaire Pélican'. .. S'inspirant toujours de ses expériences dans le milieu judiciaire, il publie encore 'L'Héritage' (2002), 'Le Dernier juré' (2004), 'Le Clandestin' ou encore 'L' Accusé' (2007). Plume talentueuse, John Grisham est l'un des auteurs les plus lus dans le monde.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
Theodore Boone est un jeune garçon de treize ans qui se passionne pour les affaires judiciaires. Il hésite encore à devenir avocat comme ses parents ou juge. Il n'hésite pas à rendre service à ses camarades de classe en tant que conseiller juridique gratuit.
Le livre commence à la veille du procès de Pete Duffy, accusé du meurtre de son épouse Myra. Grâce à connaissance du juge Henry Gantry, Theodore a obtenu d'assister avec sa classe à la première journée d'audience du procès de Paul Duffy. Il est ravi. Mais lorsque quelques jours plus tard, il recueille le témoignage d’un clandestin, et qu'il détient alors des détails accablants il ne sait plus quoi faire car il a promis de ne rien dire...
Ce livre est bien un John Grisham, une bonne intrigue qui nous dévoile les dessous du monde judiciaire. Theodore Boone est un adolescent attachant, prêt à aider les autres. J'ai pris vraiment beaucoup plaisir à lire cette histoire.

Ce livre peut être lu « de 13 à 99 ans et au-delà... » nous informe la quatrième de couverture. Elle nous dit aussi que c'est la première aventure de Theodore Boone cela sous-entend que d'autres aventures sont prévues...

Un grand merci à Blog-O-Book et à Oh!Éditions pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
Théodore Boone, qui était fils unique, prenait son petit déjeuner tout seul. Son père, un avocat très occupé, avait l'habitude de partir chaque jour dès 7 heures et de retrouver des amis, toujours au même snack du centre-ville, pour échanger des nouvelles. La mère de Théo, elle aussi avocate et elle aussi très occupée, essayait de perdre cinq kilos depuis dix ans et s'était persuadée que son petit déjeuner devait se limiter à prendre un café en lisant le journal. Théodore mangeait donc seul dans la cuisine, céréales au lait froid et jus d'orange, un oeil sur la pendule. Chez les Boone, il y avait des pendules partout, preuve manifeste qu'ils étaient des gens organisés.
Théodore n'était pas entièrement seul. À côté de lui, son chien mangeait lui aussi. Juge était un bâtard parfait, dont l'âge et le pedigree resteraient à jamais un mystère. Théo l'avait sauvé de la mort in extremis, deux ans plus tôt, quand il était passé devant le tribunal des animaux pour la seconde fois - et Juge lui en était toujours reconnaissant. Il aimait les céréales, les mêmes que Théo, avec du lait entier, jamais de lait écrémé, qu'ils mangeaient ensemble en silence, tous les matins.
À 8 heures, Théo rinça les bols dans l'évier, remit le lait et le jus de fruits dans le frigo, alla jusqu'au bureau et embrassa la joue de sa mère.
- Je pars au collège.
- Tu as l'argent pour le déjeuner ?
Elle lui posait cette même question cinq matins par semaine.
- Comme toujours.
- Et tu as fini tes devoirs ?
- Tout est parfait, maman.
- Et je te vois quand ?
- Je passerai après les cours.
A la sortie du collège, Théo s'arrêtait toujours au bureau de sa mère, ce qui n'empêchait pas Mrs Boone de le lui demander tous les jours.
- Fais attention à toi, lui dit-elle, et rappelle-toi de sourire.
Cela faisait plus de deux ans que Théo portait un appareil dentaire dont il voulait désespérément se débarrasser. Et pendant ce temps, sa mère lui rappelait en permanence de sourire pour que le monde soit plus heureux.
- Mais je souris, m'man.
- Je t'aime, Teddy.
- Moi aussi, maman.

Livre 23/28 pour le Challenge du 4% littéraire 1pourcent2010

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09 novembre 2010

Oscar Pill, Tome 3 : Le secret des Éternels – Eli Anderson

oscar_pills Éditions Albin Michel et Éditions Versilio – octobre 2010 – 607 page

Quatrième de couverture :
"Je pense à elle tout le temps. Quand on est ensemble, rien d’autre n’existe. Je crois que pour la première fois, je suis vraiment amoureux... Mais notre histoire est impossible. À cause de mes incroyables pouvoirs.
Comment lui dire que je peux voyager dans un corps humain, contrôler la pensée ? Que j’ai même pris place dans la fusée qui se dresse chez l’homme pour envoyer ses cosmogonautes dans le corps de la femme ?
Nos ennemis jurés veulent dominer le monde. Ils nous poursuivent partout, au sommet de la tour Eiffel ensorcelée, dans les profondeurs mystérieuses et magiques de Disneyland. Personne ne leur résistera. Notre seule chance de survie : réussir la mission que le grand Maître des Médicus m’a confiée. Mais dois-je renoncer à l’amour pour sauver le monde ?"

Auteur : Il était une fois un jeune interne en médecine… Il avait choisi d’effectuer son internat dans un service d’oncologie pédiatrique…  Plus tard, il demandera à des enfants de « dessiner la maladie » pour sa thèse.
Il était une fois un jeune interne en médecine qui rêvait de libérer les enfants de la peur du corps et de la maladie.
L’écrivain qu’il est devenu a su mêler la puissance envoûtante de l’évasion et toute son expérience  pour réaliser  le rêve du jeune médecin qu’il était…
Et c’est ainsi qu’est né Oscar Pill.

Site de l'auteur : http://www.elianderson.info

Site dédié à Oscar Pill : http://oscarpill.com/index.html

Mon avis : (lu en novembre 2010)
Je n'ai pas lu les deux premiers tomes des aventures d'Oscar Pill avant de découvrir Le secret des éternels. J'ai eu peur en lisant les deux premiers chapitres en ne comprenant pas grand chose, que le fait de ne pas avoir lu les deux premiers épisodes allait être un handicap... Mais dès le troisième chapitre je suis entrée facilement dans l'histoire, je découvre Oscar Pill et ses camarades au collège de Babylon Heights, un concours est ouvert aux élèves pour représenter les États-Unis au « Grand Concours Elite » qui aura lieu à Paris. Il doit également conquérir son troisième Trophée, dans l’univers mystérieux d’Embrye.

Ce n'est pas le style de livre que j'ai l'habitude de lire, car je suis souvent hermétique à la fantasy mais avec l’alternance des péripéties entre la vraie vie et le monde intérieur m’a permis de faire une lecture plutôt agréable et plaisante. L’auteur a vraiment une imagination débordante, la Tour Eiffel, Le Louvre et Eurodisney vont être le théâtre des nombreuses aventures d’Oscar et ses compagnons. Dans la vie intérieur, l'auteur nous fait découvrir le monde de la reproduction, des émois, de la fécondation... Ces parties de vie intérieur m'ont moins intéressées et m'ont parues parfois un peu longues. Oscar va tenter de découvrir de nouvelles informations sur son père...
La lecture est plutôt facile avec des chapitres courts, il y a de nombreux dialogues qui donnent du rythme à cette histoire, mélange de mystère, de magie et d'émotion. On devine sans peine que cette aventure n'est pas la dernière... et qu'il y aura une suite à cette épisode.

Merci à Danielle et aux Éditions Albin Michel et Éditions Versilio pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Ce livre est également disponible en version numérique (Éditions Versilio).

Extrait : (page 395)
Oscar se positionna dans le caisson. Il écouta la voix qui prononçait les mêmes mots pour la deux mille vingt-deuxième fois :
Avancez jusqu’aux empreintes, positionnez vos pieds sur ces empreintes et regardez droit devant vous en fixant le point vert qui brille sur la paroi qui vous fait face. Quand la porte s’ouvre, vous pouvez sortir.
Le jeune Médicus suivit les instructions à la lettre et sentit le choc de la flèche qui tombait dans son carcan. Son cœur se mit à battre. Il était près du but, en possession des plans de construction des Univers, au cœur de cette flèche ; bientôt, il procéderait à la dernière phase : transformer l’Ô-Wul en sécurité dans sa colonne brumeuse, dans le palais des Lumpini, et la troisième sacoche de sa ceinture renfermerait enfin un nouveau Trophée.
Il sortit du caisson et suivit les autres cosmogonautes équipés pour regagner les antichambres. Devant lui, Moss avait déjà ouvert la porte de la première salle et s’y était engouffré avec sang-froid, sans rien laisser paraître. Il passa lui aussi la porte, et c’est quand Ayden en fit de même que la sirène résonna.
Elle fut si forte qu’elle sembla ébranler tout le dôme. En quelques secondes, Testis fut le siège d’un emballement indescriptible, telle une fourmilière dans laquelle on aurait donné un coup de pied. Les gens couraient de toutes parts, l’éclairage des salles s’était véritablement embrasé. Des voitures traversèrent l’espace du dôme en trombe, chargeant et déchargeant des centaines d’hommes en tous lieux.
Mais ce fut dans les antichambres que l’effervescence fut à son comble. Les cosmogonautes qui rentraient tranquillement de la passerelle ou qui déambulaient dans les couloirs de Testis déferlèrent tel un torrent en pleine nature, et se précipitèrent pour ressortir sur la passerelle. Une voix vociférait dans les haut-parleurs :
Attention ! Alerte à tous les cosmogonautes équipés de leur flèche !
Je répète : alerte à tous les cosmogonautes équipés de flèche, réquisition immédiate et rendez-vous sur la passerelle pour un embarquement imminent dans Pen IS ! Rampe de lancement en cours d’élévation.
Oscar et ses deux camarades fouillèrent la foule qui déferlait dans la salle et distinguèrent enfin la haute silhouette de Paloma qui leur faisait de grands signes.
Venez ! hurlait-elle pour couvrir la cacophonie. Il faut sortir d’ici au Oscar tenta de se frayer un chemin lorsqu’une main puissante se posa sur son épaule.
Où tu vas, toi ? lui martela un cosmogonaute imposant. Tu n’as pas entendu ce qu’on vient de te dire ? Tous sur la passerelle, et tout de suite !
On embarque !
Le chef de groupe le fit pivoter et le poussa dans le rang. Quelques instants plus tard, Moss et Ayden étaient réquisitionnés de la même manière. Il ne fallait pas envisager un instant de s’échapper.
Tout alla très vite : la file s’écoula comme de l’eau par la porte et il se retrouva en ligne sur la passerelle, fasciné par ce qu’il voyait – et effrayé par le sort qui allait lui être réservé. À côté de lui, le long de la passerelle qui longeait Testis Two, l’immense rampe de lancement de la fusée Pen IS s’élevait lentement mais inexorablement vers le ciel. Les moteurs grondaient déjà et, près des énormes réacteurs, à la base, la chaleur montait, faisant onduler le paysage et le dôme entier. Les trois garçons se regardèrent, solidaires pour une fois : les choses ne se déroulaient pas du tout comme prévu, et elles s’annonçaient très mal.
À quelques dizaines de mètres, Sally les observait par une fenêtre de la salle, cachée derrière une rangée de casiers et désespérée à l’idée de ne pas pouvoir intervenir, tandis qu’Iris s’emportait.
Et voilà ! On se tue à leur mâcher le travail, on dompte trois cosmogonautes, tout ça pour quoi ? Pour rien ! Ah non, cette fois, il sera inutile de me supplier, j’en parlerai à Mr Brave dès qu’ils seront rentrés de leur voyage dans l’espace.
Pour cela, murmura Paloma, il faudrait qu’ils puissent en revenir, de ce voyage.
Elle se tourna vers les deux filles et fixa son regard vert sur elles.
Je ne sais pas ce qui se passe chez ce superbe abruti de Roger pour que sa rampe se dresse ainsi et qu’un lancement de fusée soit envisagé, mais il faut que j’arrête ça avant qu’elle ne soit en orbite, et nos jeunes amis avec… Quant à vous, vous ne bougez pas de votre cachette, ici, vous m’entendez ?
Quoi ? glapit Iris. Vous nous laissez ici, seules, alors que les garçons sont déjà condamnés ?
Paloma haussa les épaules et disparut dans les méandres de Testis.
Sally se tourna vers Iris, excédée :
Tu te sens vraiment obligée de dire n’importe quoi tout le temps ?
La comtesse Lumpini apparut au beau milieu de la chambre des Observations, la tête ceinte d’un bandeau qui maintenait une plume d’aigrette contre sa perruque façon années folles. Elle rajusta sa robe charleston, en épousseta les froufrous et tira sur ses longs gants en velours.
Mrs Withers, qui patientait dans un fauteuil capitonné vert émeraude, sursauta en la voyant surgir du corps de Roger.
Anna-Maria, vous êtes déjà de retour ?
Comment ça, déjà ? Ça fait plus d’une demi-heure que je sue sang et eau dans le cinquième Univers de ce garçon pour maîtriser ses pensées et ses désirs ! Et puis, c’est bien ce qui était convenu, non ?
Berenice Withers sentit l’inquiétude monter en elle de manière irrépressible : Roger n’était plus sous contrôle, alors que les jeunes Médicus étaient toujours en mission dans son corps. Certes, Paloma les accompagnait, et si les avis de sa sœur et les siens divergeaient sur beaucoup de points, notamment leurs modes de vie respectifs, elle avait totale confiance en elle. Mais ce qui l’avait rassurée plus que tout, jusqu’ici, était de savoir que grâce à la présence de la comtesse dans le cerveau de Roger, l’Univers d’Embrye ne serait pas secoué par des pensées qui pourraient perturber le voyage. Maintenant que celle-ci était de retour, le pire était à craindre.
Vous m’écoutez, Berenice ? demanda la comtesse, légèrement agacée de parler dans le vide.
Pardon, vous disiez ?
Que ce garçon ne pense qu’à une chose : sa petite femme. C’en est gênant, je vous assure ! J’ai eu un mal de chien à freiner les pensées affriolantes qui déferlaient en Cérébra – et je vous épargne les détails, précisa-t-elle avec un petit air mutin.
Je vous en suis très reconnaissante, la remercia Mrs Withers.
J’en viens à me demander si GianCarlo était aussi amoureux de moi, au même âge.
Il l’est tout autant maintenant, j’en suis convaincue, répondit Mrs
Withers en jetant un coup d’œil furtif sur sa montre. Voilà trente-huit minutes, très exactement, que sa sœur et la fine équipe étaient parties à l’aventure. Elle ne parvenait pas à refouler la terrible intuition qui s’emparait d’elle. Surtout si, comme le disait Anna-Maria Lumpini, le jeune homme était obsédé par la délicieuse Carlotta. Il n’y avait qu’une chose à faire pour s’assurer que le désir conscient ou pas de Roger n’aurait pas de conséquence sur son Embrye-Île : en détecter une preuve physique.
Elle s’approcha du jeune homme, délaissa son visage souriant en plein sommeil pour se concentrer sur une zone bien précise de son corps : l’entrejambe. Les yeux de Berenice Withers s’ouvrirent démesurément derrière ses lunettes, qu’elle prit la précaution d’enlever et de nettoyer ; hélas, non, elle ne rêvait pas, et la bosse qui tendait la toile de jean était sans équivoque.
Elle se tourna vers Anna-Maria, qui venait de focaliser son regard sur la même zone et de comprendre les conséquences du phénomène concerné.
– Vous aviez raison, Anna-Maria, déplora Mrs Withers. Cet homme est fou amoureux. Et plein de vigueur, hélas.
Et si nos jeunes amis sont encore dans Testis Two, les voilà dans un sale pétrin…

Livre 22/28 pour le Challenge du 4% littéraire 1pourcent2010

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02 novembre 2010

Tom Patate – Livre I : La société secrète des Granmanitous - Emmanuelle Maisonneuve

Lu dans le cadre du Partenariat Jeunesse Blog-O-Book et Graine 2 éditions

tom_patate Graine 2 éditions – septembre 2010 – 186 pages

Illustrations de François Gomes

Quatrième de couverture :
Arrivé on ne sait comment dans une grosse patate du jardin, un garçon minuscule est recueilli par les Granmanitous, une société secrète qui protège les animaux du jardin.
Baptisé Tom Patate, il se fait très vite aimer de ses nouveaux amis, tout en apprenant à se débrouiller dans son nouvel univers rempli de dangers. Mais Tom souffre de ne pas connaître ses origines. En quête de son identité, il va alors être emmené aux portes d’un autre monde, un monde aussi merveilleux que dangereux, celui de ses origines…

Auteur : Née en 1964, Emmanuelle Maisonneuve vit en Auvergne comme Tom Patate, avec son mari, ses enfants et tout le petit peuple de son jardin. Elle aime observer la nature au bord des chemins, écrire en épluchant les légumes et écouter les anciennes légendes auvergnates. Tom Patate est son premier roman.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
Ce livre est le premier tome d'une trilogie qui d'après l'éditeur, est destiné aux lecteurs de 9 à 12 ans. Tom est un minuscule petit garçon qui a été trouvé dans une patate et qui a été recueilli par les animaux du potager qui ont créé la société des Granmanitous. A travers les aventures de Tom Patate, on découvre la vie des différents animaux du potager et les dangers que représentent les Grandes Gens ou le chat Ebil le Grobigras. Un livre facile à lire avec beaucoup de dialogues, les histoires sont souvent drôles. J'ai regretté que dans la deuxième partie du livre, l'histoire évolue vers un côté fantastique qui m'a beaucoup moins intéressée. 

Un grand bravo pour l'objet livre qui est vraiment très soigné, avec une belle couverture cartonnée, un beau papier épais, un livre agréable à feuilleter sans oublier de superbes illustrations au crayon qui complètent parfaitement l'histoire de Tom Patate.

Mon fils de 12 ans : Dès le début de la lecture, il a trouvé que ce livre était destiné pour des lecteurs plus jeunes que lui. C'est un livre pour des lecteurs de 9 à 10 ans qui commencent à lire des gros livres. Et l'histoire de Tom Patate ne l'a pas vraiment intéressé. Des histoires autour des animaux du potager cela n'avait pas vraiment d'intérêt pour lui... Il a même arrêté sa lecture avant la fin du livre. Il n'a pas du tout aimé à chaque fin de chapitre l'invitation au lecteur à lire le chapitre suivant, il a eu l'impression qu'on le prenait vraiment pour un « idiot », en particulier au premier chapitre :
Bon.
Les amis, maintenant vous savez à quoi ressemble ce quelque chose.
Vous savez que c’est un petit garçon. Pas très grand, et même tout
petit. Enfin, pas plus haut qu’une pomme de terre.
Mais… Savez-vous qui sont les Granmanitous ?
Et le Cachsoutair, savez-vous ce que c’est ?
Et surtout…
Savez-vous ce qu’ils vont faire à ce petit ?
Un peu de patience, les amis.
C’est tout expliqué dans le chapitre suivant.

Il a cependant trouvé très beau le livre en lui-même, en particulier les illustrations au crayon de François Gomes.

Merci à Blog-O-Book et aux éditions Graine 2 de nous avoir permis de découvrir ce beau livre.

Extrait : voir Chapitre 1 avec ses illustrations.

Voir également le Site du livre avec une présentation des personnages du roman (Lilou le merle, Robusta la taupe, Mistigrise la souris grise, Lagronle le hérisson, Les 6 souriceaux, Pépita, la chienne), et comment ils sont en réalité dans la nature.

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26 octobre 2010

Le fille du docteur Baudoin – Marie-Aude Murail

Lu durant le Read-A-Thon RAT_logo

la_fille_du_docteur_Baudoin L'École des Loisirs – octobre 2006 – 260 pages

Quatrième de couverture :
Ils sont deux à se partager la clientèle du cabinet. Jean Baudoin, le fondateur, la cinquantaine à la fois fringante et fatiguée. Il ne garde jamais les gens plus de dix minutes, distribue les médocs comme les regards méprisants. Les malades l'énervent de plus en plus. Et Vianney Chasseloup, un débutant, avec des yeux d'âne, un prénom de saint, une triste figure de chevalier, les cheveux en pagaille et le veston froissé. C'est lui qui soigne tous ceux dont Baudoin ne veut plus : les vieux, les gâteux, les paumés, les cas désespérés. Mais voilà qu'un jour, parmi les patients du docteur Chasseloup, se glisse une toute jeune fille aux yeux bleus, presque violets. Violaine. Aussi jolie que son prénom peut le laisser espérer. Elle a tout pour être heureuse. C'est la fille du docteur Baudoin. Alors, qu'est-ce qu'elle fait là ?

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s'est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009).

Mon avis : (lu en octobre 2010)
C’est l’histoire  de Violaine Baudoin, à 17 ans, elle vit dans une famille aisée et sans problèmes. Son père est médecin, sa mère dirige un laboratoire d'analyses médicales. Son frère Paul-Louis, 15 ans, est l'adolescent typique qui aime les vêtements de luxe et MSN. Sa petite sœur, Cerise, 8 ans, elle élève des cochons virtuels, des vaches ou des dragons sur Internet...
La vie du cabinet médical est présente en toile de fond dans cette histoire. On découvre les différents patients et l’on suit leur état de santé au fil de leurs visites chez le médecin.
Il existe une petite rivalité entre les deux collègues, l'un et l’autre n’ayant pas les mêmes méthodes de travail. D’un côté le docteur Jean Baudoin, surmené et un peu blasé par son métier et qui enchaîne rapidement ses consultations, prescrivant facilement de nombreux médicaments et des analyses inutiles. De l’autre le jeune associé le docteur Vianney Chasseloup beaucoup plus consciencieux et plus à l’écoute des ses malades, il prend du temps pour les recevoir.
Violaine vie une adolescence heureuse et insouciante jusqu’au jour où elle découvre qu'elle est enceinte  d'un garçon qu'elle n'aime pas. Ne voulant rien dire à ses parents, elle confie son secret à sa meilleure amie, Adelaïde. Toutes deux vont faire des démarches au planning familial. Et c’est là, que Violaine  rencontrera le docteur Chasseloup, qui est l'associé de son père...

Un sujet important et grave traité avec beaucoup de justesse.

Extrait : (début du livre)
Le docteur Baudoin connaissait chaque soir de la semaine un moment de bonheur, par ailleurs assez bref, quand il prenait l'ascenseur. Tandis que la petite cage vitrée s'envolait vers son luxueux appartement, il lâchait un gros soupir en même temps que sa mallette en cuir. Voilà, encore une journée de boulot terminée.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple  papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity

Ce soir-là, il rentrait de bonne heure. Il allait pouvoir dîner en famille avec sa femme, Stéphanie, et avec ses trois enfants, chair de sa chair, prunelle de ses yeux, Violaine, dix-sept ans, Paul-Louis, quinze ans, et Cerise, huit ans. Cinquième étage, tout le monde descend.

- Ah, tiens, papa ! Sixte m'invite à sa soirée de rallye le mois prochain.
Paul-Louis agita devant lui son téléphone portable pour faire comprendre qu'il était en ligne.
- Mais il me faut un costume.
Le docteur Baudoin regarda son fils sans rien trouver à lui répondre, pas même le classique : « Ca fait plaisir d'être accueilli. » Il entra au salon, où les flics de Miami canardaient le canapé en laissant hurler leur sirène.
- Tu es sourde ? cria le docteur Baudoin à sa fille aînée.
Violaine, un coussin serré sur la poitrine en guise de gilet pare-balles, fit : « Hein ? », et se contenta de zapper sans baisser le son.
- C'est OK pour le costume ? reprit Paul-Louis dans le dos de son père.
- Votre mère est là ? demanda le docteur Baudoin.
Puis, sans espérer de réponse, il partit en quête de Stéphane et se heurta dans le couloir à sa petite dernière.
- Oh, papa ! S'exclama Cerise. Je sais que c'est pas vrai et qu'il y a d'autres raisons de pleurer dans la vie, mais j'avais réussi à gagner deux cochons, et ils allaient faire un bébé en plus ! Mais il y a quelqu'un qui est entré chez moi et il a lâché un loup qui a mangé ma cochonne. Et mon pauvre cochon, il n'a plus de joie de vivre, maintenant.
Elle était au bord des larmes.
- Mais de quoi tu me parles ? S'écria son père, ahuri.
- C'est à Kochonland, précisa la petite en reniflant. Sur Internet.
- Papa, gémit Paul-Louis, qu'est-ce que je réponds à Sixte ?
Le docteur Baudoin leva les yeux au plafond. Dire qu'il avait idolâtré ce gamin quand il avait trois ans et qu'on l'appelait Pilou !
 

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25 octobre 2010

Blue cerise – Octobre : saison 1

Lu durant le Read-A-Thon RAT_logo

Ils sont quatre : Zik, Satya, Violette et Amos. Quatre ados inséparables, aussi différents qu’unis.
Unis dans leur vie d’ado, mais aussi par un secret qui pèse lourd. À chaque épisode sa voix.
 

Amos : Cibles mouvantes - Sigrid Baffert

blue_cerise1_amos Édition Milan – mai 2009 – 59 pages

Quatrième de couverture :
Octobre; Les vacances. Pour Amos, le temps des questions. Qui est ce débile qui le harcèle au téléphone ? Comment s'y prendre avec Lucas, le nouveau du tir à l'arc ? Et puis, qu'est-ce qu'il irait bien faire au Québec ? Surtout sans les cerises.

Auteur : Née en 1972 à Lyon, Sigrid Baffert a poursuivi des études de cinéma et de théâtre. Alors qu’elle est encore étudiante, elle écrit déjà des histoires pour enfants et des chansons, dont Ballade pour une gardienne de prison interprétée par Serge Reggiani. Aujourd’hui, elle se consacre entièrement à l’écriture et à la création.

Satya : L'attentat - Jean-Michel Payet

blue_cerise1_satya Édition Milan – mai 2009 – 63 pages

Quatrième de couverture :
Octobre. Les vacances. Pour Satya, un vrai jeu de piste. Qui est cette fille qui le mène de rendez-vous fantômes en happenings bizarres ? Un soir au musée, une nuit sur un toit et un attentat d'un genre un peu particulier. Une drôle de fille, vraiment, mais tellement fascinante...

Auteur : Jean-Michel Payet est avant tout connu comme illustrateur jeunesse et de bandes-dessinées. Questions pour un crapaud est son premier roman pour la jeunesse. Il est aussi l’auteur de la bande-dessinée Les énigmes de Zack et Zelda dans le magazine « Toutalire ». Il est né à Paris le 1er mai 1955. Père de trois enfants, il habite à Combs-la-ville (77).

Zik : l'Ange des toits - Maryvonne Rippert

blue_cerise1_zik Édition Milan – mai 2009 – 55 pages

Quatrième de couverture :
Octobre. Les vacances. Pour Zik, ça commence sur le toit de son immeuble pour finir dans une cave, dans un hallucinant concert de rock. Entre nulle part et demain. Et avec des musiciens d'avant-hier. Spécial.

Auteur : Après de nombreuses années passées à Paris où elle travaille à la documentation d’un grand hebdomadaire d’information, Maryvonne Rippert s’installe près de Lyon et se consacre à l’écriture de textes pour la jeunesse et de romans policiers. La différence, l’apprentissage de la liberté, la séparation, tels sont les thèmes qui lui sont chers.

Violette : L'amour basta ! - Cécile Roumiguière

blue_cerise1_violette Édition Milan – mai 2009 – 57 pages

Quatrième de couverture :
Octobre. Les vacances. Pour Violette, c'est l'exil : dix jours chez le tio Ernesto, au fin fond des Corbières, loin de tout signe de civilisation. Une planète où même les portables ne passent pas...

Auteur : Originaire de l’Aveyron, Cécile Roumiguière vit et travaille à Paris. Après des études de lettres modernes orientées théâtre et cinéma, elle plonge dans l’univers du spectacle où elle mène une carrière riche et éclectique. Aujourd’hui, elle se consacre également à l’écriture de romans et d’albums pour la jeunesse.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
J'ai dévoré ces 4 petits livres en un peu plus d'une heure. L'originalité de cette série c'est de raconter une même histoire avec 4 points de vues différents, celui de chacun des 4 personnages et amis qui constituent les Blue cerises. Autre originalité, les 4 auteurs différents pour chacun des livres de la série. Pour chaque saison, ces 4 livres peuvent être lus dans un ordre quelconque.

Un mystérieux inconnu harcèle la famille d’Amos au téléphone. Amos avec sa sœur Chani tentent de mener l’enquête. Lucas un de ses camarades de son club de tir à l'arc a avec lui un comportement troublant. Amos vient  d’apprendre  leur prochain déménagement au Québec. C’est difficile pour Amos de l’annoncer à ses copains.

Dans la librairie de ses deux grands-mères Satya croise une belle inconnue, Indiana qui ne le laisse pas indifférent. A l’occasion de plusieurs rendez-vous, elle le promène dans un univers d’absurde et de poésie. Qui est cette fille ? Que veut-elle vraiment ? Satya va découvrir le triste secret d’Indiana.Les 4 personnages sont attachants, ils sont très différents mais ils sont unis par une immense amitié. Dès que possible, je me procurerai la saison 2 et la saison 3. Une belle découverte !

Violette va passer les vacances de Toussaint chez le tió Ernesto dans les Corbière. Loin des blue Cerises, Violette va faire la rencontre d’apprentis travailleurs humanitaires qui s'entraînent. Violette va-t-elle savoir se protéger ?

Zik fait une curieuse rencontre. Elle va suivre sur les toits de Paris un bel inconnu dans un monde de la nuit et de la musique. En cette première nuit de novembre,  elle assistera à un concert très particulier !

Pour en savoir plus, allez voir le site des Blue cerises, vous y trouverez les liens des blogs de chacun des Blues cerises.

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29 septembre 2010

Miss Charity – Marie-Aude Murail

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MissCharityGRAND École des Loisirs – novembre 2008 – 562 pages

Quatrième de couverture :
Charity est une fille.
Une petite fille.
Elle est comme tous les enfants : débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains, de paroles et d'échanges, impatiente de créer et de participer à la vie du monde.
Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880, ça doit se taire et ne pas trop se montrer, sauf à l'église, à la rigueur. Les adultes qui l'entourent ne font pas attention à elle, ses petites sœurs sont mortes. Alors Charity se réfugie au troisième étage de sa maison en compagnie de Tabitha, sa bonne. Pour ne pas devenir folle d'ennui, ou folle tout court, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par cœur et dessine inlassablement des corbeaux par temps de neige, avec l'espoir qu'un jour quelque chose va lui arriver...

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s'est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009).

Mon avis : (lu en septembre 2010)
Ce livre est formidable, il raconte l'histoire de Charity, une petite fille de la bonne société anglaise née en 1880. Charity nous raconte son histoire à partir de ses cinq ans, elle est seule car comme elle nous le raconte « J’aurais dû être assise entre mes deux sœurs. Mais Prudence, ma sœur aînée, avait renoncé à vivre trois heures après être née. Quant à Mercy, venue au monde deux ans plus tard, elle n’avait pas voulu tenter l’aventure plus d’une semaine. » Ses parents ne s'occupent pas d'elle, dès sa petite enfance, c'est Tabitha, sa bonne venue d'Écosse qui s'occupe d'elle, qui lui raconte des histoires qui font peur et qui petit à petit deviendra folle. Pour ne pas sombrer dans la solitude et l'ennui, Charity va grandir, en compagnie  des animaux qu'elle recueille et qu'elle apprivoise, chacun a un nom : sa première souris sera Madame Petitpas, puis il y aura Jack son hérisson, Julius son rat noir, Peter le lapin... Elle les observe et notes ses observations. Puis c'est vers l'âge de dix ans, que Charity aura une gouvernante française, Mlle Blanche Legros, qui lui enseignera le français et qui lui fera découvrir l’aquarelle. Grâce à cela, sa vie va être transformée, Charity aime l'aquarelle et elle a du talent, elle commence donc à peindre ce qu’elle voit autour d’elle : ses animaux, des paysages... Plus tard, elle publiera son premier livre pour enfants avec ses illustrations.

Dans une Angleterre victorienne, Miss Charity raconte l’histoire romancée de Beatrix Potter, mais pas seulement... On y croise également les personnages célèbres que sont Georges Shaw et Oscar Wilde, on y retrouve des références littéraires...

Ce livre nous dévoile des personnages attachants, en particulier Charity que l'on voit peu à peu s’émanciper, gagner sa vie et son indépendance. J'y ait trouvé également de l'humour et beaucoup d'émotions. Malgré ses 562 pages, j'ai dévoré ce livre en moins de 2 jours.
Il ne faut pas oublier également que le livre en lui-même est très beau avec en particulier les nombreuses illustrations et aquarelles de Philippe Dumas.

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Extrait : (page 16)
Ma souris, baptisée par mes soins Madame Petitpas, ne resta pas enfermée dans sa cage. Je laissais souvent la porte ouverte et Madame Petitpas en profitait pour pointer son nez, moustaches auvent. Elle était incroyablement effrontée, s'aventurant sur ma main, sur mon bras, mon épaule, me chatouillant le cou, s'empêtrant dans mes cheveux. J'avais beau la nourrir raisonnablement de légumes verts et de graines pour oiseaux, elle éventrait ma poupée de son ou grignotait le haut de mes bottines. Insensible à mes gronderies, elle s'asseyait sur son derrière, la queue en rond, et faisait sa toilette avec des gestes si drôles et si gracieux qu'il était impossible de se fâcher longtemps. C'était aussi une acrobate-née et elle s'était prise de passion pour ma maison de poupée, entrant par la fenêtre, grimpant l'escalier, ressortant par une lucarne. Elle y faisait des dégâts, rongeant le minuscule mobilier et semant partout ses petites crottes boudinées. Parfois, sa tête moustachue jaillissait de la cheminée puis disparaissait brusquement dans le conduit, comme si on venait de la tirer par la queue.
A quelque temps de là, Madame Petitpas me présenta à une de ses bonnes amies, plus courte et plus dodue, Miss Tutu. Miss Tutu était d'un naturel plus calme et pouvait rester toute une matinée dans la poche de mon tablier. Mais la nuit, je les entendais toutes les deux qui trottaient et couinaient dans la nursery. « C'est une invasion ! », se lamentait Tabitha. Elle ne faisait que commencer.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple  papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

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02 août 2010

Treize petites enveloppes bleues – Maureen Johnson

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (21/26)

13_petites_enveloppes_bleues Gallimard Jeunesse – janvier 2007 – 347 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Julie Lopez

Quatrième de couverture :
Règle n° 1 : Tu ne peux emporter que ce qui tiendra dans ton sac à dos.
Règle n° 2 : Tu ne dois emporter ni guides de voyage ou de conversation, ni aucune aide pour les langues étrangères.
Règle n° 3 : Tu ne peux pas prendre d'argent en plus, ni de carte de crédit, de chèques de voyage, etc.
Règle n° 4 : Pas d'expédients électroniques. Ce qui signifie pas d'ordinateur portable, de téléphone portable, de musique, d'appareil photo.
C'est tout ce que tu as besoin de savoir pour l'instant. Rendez-vous à la Quatrième Nouille.
Lorsqu'elle découvre ce message de Peg, sa tante adorée qui vient de mourir, Ginny est loin d'imaginer qu'elle en recevra treize au total et que ces petites enveloppes bleues l'emmèneront loin, bien loin, pour un incroyable voyage à travers l'Europe. Et transformeront à jamais sa vie de jeune fille rangée, timide et sage...
Comme une course au trésor, ce roman nous happe et nous entraîne de rencontres en découvertes, de mésaventures en petites victoires, pour une folle virée pleine d'humour et de charme.

Auteur : Maureen Johnson est née à Philadelphie, en Pennsylvanie. Enfant, elle lisait sans arrêt, comme beaucoup de lecteurs qui finissent par écrire. Elle a étudié la dramaturgie et l'écriture romanesque à l'université de Columbia.
Afin de pouvoir vivre de sa plume, elle a pratiqué bon nombre de petits boulots de New-York à Londres en passant par Las Vegas.
Treize petites enveloppes bleues, son quatrième roman pour adolescents, est le premier publié en France. Elle vit à Nex-York avec son mari.

Mon avis : (lu en juillet 2010)
Voici une histoire originale : dès la première ligne nous découvrons une lettre, la destinataire est Ginny, l'auteur est sa tante Peg décédée récemment et qui était partie sans laisser d'adresse deux ans avant. Tante Peg invite Ginny à faire un sac léger sans superflu, de réserver un aller-simple pour Londres puis de passer prendre un colis à New-York. Dans ce colis, Ginny trouve douze enveloppes bleues numérotées de deux à treize. Elle a pour consigne de les ouvrir les une après les autres, tante Peg lui donne à chaque fois une destination à atteindre et une épreuve à faire. Départ de Londres, son étonnant voyage passera par Rome, Paris, Amsterdam, Athènes... Ginny va suivre scrupuleusement ce que lui demande sa tante et faire de nombreuses rencontres et finir par comprendre pourquoi tante Peg est partie si brutalement sans laisser de nouvelles. J'ai bien aimé ce livre à la fois émouvant et plein d'humour. L'auteur s'est bien documenté sur tous les pays traversés et le lecteur voyage avec plaisir avec Ginny.

Extrait : (début du livre)
"Chère Ginger,

Je n'ai jamais beaucoup aimé les règles. Tu la sais. Alors tu vas sans doute trouver bizarre que cette lettre soit remplie de règles que j'ai établies et que je veux que tu suives.
tu dois te demander : "Les règles de quoi?" Tu as toujours posé de bonnes questions.
Tu te souviens du jeu "Aujourd'hui, j'habite en..." que nous faisions quand tu étais petite et que tu venais me voir à New York? (C'était le "Aujourd'hui, j'habite en Russie" que je préférais, je crois. On jouait toujours à celui-là en hiver. On allait voir la collection d'art russe au Metropolitan Museum, on marchait dan sla neige à Central Park. Ensuite, on allait manger dans ce petit resto russe du village, où il y avait de délicieux légumes marinés et un drôle de caniche sans poils qui restait assis près de la fenêtre et aboyait sur les taxis.)
Je voudrais que nous jouions à ce jeu encore une fois -mais de façon un peu plus littérale. Aujourd'hui, ce sera : "J'habite à Londres". Comme tu le vois, j'ai glissé mille dollars en liquide dans cette enveloppes. de quoi payer un passeport, un aller simple New York-Londres et un sac à dos. (Garde quelques dollars pour le taxi jusqu'à l'aéroport.)
Quand tu auras réservé ton billet, fais ton sac et dit au revoir à tout le monde, je veux que tu ailles à New York. Plus précisément, je veux que tu te rendes à La Quatrième Nouille, le restaurant chinois au-dessous de mon ancien appartement. Quelque chose t'y attend. Ensuite, va directement à l'aéroport.
Tu vas partir pour plusieurs semaines et voyager dans des pays étrangers. Voici les fameuses règles qui vont guider ton voyage :

Règle numéro 1 : Tu ne dois apporter que ce qui tient dans ton sac à dos. N'essaie pas de tricher avec un sac ou un bagage à main.
Règle numéro 2 : Tu ne dois apporter ni guides de voyage, ni guides de conversation, ni aucune aide pour les langues étrangères. Et pas de revues.
Règle numéro 3 : Tu ne peux pas prendre d'argent en plus, ni de carte de crédit, de débit, de chèques de voyage, etc. Je me charge de tout ça.
Règle numéro 4 : Pas d'expédients électroniques. Ce qui signifie pas d'ordinateur portable, de téléphone portable, de musique ni d'appareil photo. Interdiction de téléphoner chez toi et de communiquer avec les Etats-Unis par Internet ou par téléphone. Les cartes postales et les lettres sont acceptées et encouragées.
C'est tout ce que tu as besoin de savoir pour l'instant. rendez-vous à La Quatrième Nouille.

Je t'embrasse,
Ta tante en cavale"

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (21/26)

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14 juin 2010

Étranger à Berlin – Paul Dowswell

Livre lu dans le cadre du Partenariat spécial Jeunesse
avec
Blog-O-Book et les Éditions Naïve

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Etranger___Berlin___Paul_Dowswell Naïve – août 2009 - 429 pages

traduit de l’anglais par Nathalie Peronny

Présentation de l'éditeur :
Le garçon sortit une boîte d'allumettes pour en craquer une. A la lueur vacillante de la flamme, une porte fermée apparut. La clé était suspendue à côté à un clou, au bout d'un ruban rouge. Il trifouilla quelques secondes dans la serrure, et la porte s'ouvrit. Un courant d'air glacé envahit la contre-allée. Les jeunes franchirent l'ouverture pour se retrouver dans ce qui se révéla être une petite cour sordide baignée par le clair de lune. Des herbes folles poussaient entre les pavés fendus et dans les craquelures des murs en brique. Il y avait des latrines en plein air, plusieurs caisses, trois poubelles remplies à ras bord et une minuscule porte en bois. Quelqu'un actionna la poignée frénétiquement - fermé à clé. Dans leur dos explosaient des cris, des bruits de tables et de chaises fracassées. Les jeunes qui s'étaient laissé piéger au moment de la ruée vers la sortie résistaient en se battant. Des filles hurlaient. " C'est le mur ou rien ", déclara Peter.

Quand ses parents meurent, en 1941, Piotr, jeune garçon polonais, est placé dans un orphelinat à Varsovie. Il est rapidement repéré : sa grande taille, ses cheveux blonds et ses yeux bleus font de lui un modèle accompli du type aryen prôné par Hitler...
Un haut dignitaire nazi souhaite l'adopter : Piotr, rebaptisé Peter, est accueilli dans sa nouvelle famille à Berlin. Mais Peter sent bien que pour les autres, il reste un étranger. Tous ses efforts tendent à convaincre son entourage du contraire, quitte à faire parfois quelques compromis ... C'est alors qu'il rencontre Lena... et qu'il découvre grâce à elle le vrai visage du nazisme. Il est temps pour lui de choisir son camp. Et de prendre des risques...

Un roman d'aventures qui pose la délicate question de l'engagement.

Auteur : D’abord chercheur, puis éditeur, Paul Dowswell est l’auteur d’une cinquantaine de livres, dont certains sont traduits dans le monde entier. Deux de ses livres ont figuré sur les listes finales des sélections du Blue Peter Book Award, célèbre prix consacré à la littérature jeunesse.

Mon avis : (lu en mai 2010)
Ce livre est un superbe roman destiné aussi bien aux adolescents (à partir de 14 ans) qu'aux adultes. Il a été construit autour de faits historiques, l'auteur nous plonge au cœur du Reich de 1941 à 1943.
En 1941, Piotr est un jeune orphelin polonais de 13 ans. Il est de type aryen « On dirait le gamin de l'affiche de la Hitlerjugend ». Rebaptisé Peter, il va être adopté par un couple de Berlin, les Kaltenbach, qui ont également trois filles. Au début, il est content d'avoir une belle chambre et d'être bien nourri, il va tout faire pour oublier lui-même et aux autres ses origines polonaises. Il entre chez les Hitlerjugend mais il garde cependant son esprit critique et peu à peu il réalise l'absurdité et la cruauté du national-socialisme. Il découvre également la réalité du travail du professeur Kaltenbach à l'Institut scientifique.
Peter va rencontrer Lena et tomber amoureux, sa famille est appréciée et respectée par le Parti, mais ce n'est qu'une apparence car ce sont des opposants qui viennent en aide à des familles juives qui se cachent. Peter va choisir son camp et sa guerre.

Piotr ou Peter est un personnage très attachant, son parcours est original et malgré son jeune âge il ne va pas subir les évènements mais il aura une vrai prise de conscience sur la réalité du régime hitlérien.

L'histoire est passionnante et captivante, nous découvrons l'Allemagne de l'intérieur, l'endoctrinement des jeunes, les menaces d'être dénoncé à la Gestapo pour des faits anodins, mais aussi la résistance interne : l'existence de caves secrètes où l'on écoute du jazz mais aussi ceux qui prennent le risque d'aider des familles juives à se cacher...

Ce livre est un superbe roman historique à lire et à faire lire.

Avis du Fiston (15 ans) : Même si le sujet du livre n'est pas facile, il se lit assez facilement. Dès le début, j'ai été pris par l'histoire de Peter. J'ai beaucoup apprécié de suivre la vie de tous les jours et les activités d'un garçon de mon âge dans le contexte historique de la Seconde Guerre Mondiale côté allemand. Ce livre m'a appris beaucoup de choses sur la guerre de 1939-1945 que je n'avais jamais vu en cours d'Histoire.

Merci à Blog-O-Book et aux Éditions Naïve pour nous avoir permis de découvrir ce remarquable roman dans le cadre de ce Partenariat spécial Jeunesse.

Extrait : (début du livre)
Varsovie
2 août 1941
Piotr Bruck grelottait en attendant son tour avec une vingtaine d'autres garçons dénudés dans le long couloir exposé aux courants d'air. Il avait maladroitement roulé ses vêtements en boule et les pressait contre sa poitrine pour se tenir chaud. Le ciel était couvert, en cette journée d'été, et la pluie tombait sans discontinuer depuis le petit matin. Le jeune garçon maigre qui se tenait juste devant lui avait la chair de poule jusqu'aux épaules. Lui aussi tremblait, de froid ou de peur. A l'extrémité de la file d'attente se trouvaient deux hommes en blouse blanche assis à une table. Ils examinaient brièvement chacun des garçons à l'aide d'instruments étranges. Certains étaient ensuite envoyés vers une pièce située à gauche de la table. D'autres, sans plus d'explications, étaient dirigés vers la porte de droite.
Piotr, comme le reste du groupe, avait reçu l'ordre de se taire et de ne pas regarder autour de lui. Il s'efforçait donc de garder les yeux rivés droit devant. La peur qui l'habitait était si forte qu'il se sentait presque détaché de son propre corps. Le moindre mouvement lui semblait foncé, artificiel. Le seul détail qui le ramenait à la réalité était sa vessie douloureuse. Piotr savait qu'il était inutile de demander la permission d'aller aux toilettes. Quand les soldats avaient débarqué à l'orphelinat pour arracher les garçons de leurs lits et les entasser dans une camionnette, il leur avait déjà demandé. Mais cela lui avait uniquement valu une gifle au-dessus de l'oreille pour avoir osé parler sans autorisation.

Ces hommes étaient déjà passés une première fois à l'orphelinat deux semaines auparavant. Depuis, ils étaient revenus souvent. Ils emmenaient parfois des garçons, parfois des filles. Dans le dortoir surpeuplé de Piotr, certains se réjouissaient de ces départs à répétition. « Ça nous laisse plus à manger, plus de place pour dormir, où est le problème ? » avait déclaré l'un de ses voisins de lit. Seuls quelques-uns en revenaient chaque fois. Les rares qui acceptaient de parler révélaient du bout des lèvres qu'on les avait mesurés et pris en photo.

Un peu plus loin, au fond du couloir, se tenait un petit groupe de soldats en uniforme noir – celui orné d'insignes en forme d'éclairs au niveau du col. Certains avaient des chiens, de féroces bergers allemands tirant avec nervosité sur les chaînes qui leur servaient de laisses. Piotr avait déjà vu des hommes de ce genre. Ils étaient venus dans son village pendant les combats. Lui-même avait vu de ses yeux de quoi ils étaient capables.

Un autre homme les observait. Il portait le même insigne en forme d'éclair que les soldats, mais épinglé à la poche-poitrine de sa blouse blanche. Il se tenait juste devant Piotr, grand, impressionnant, les mains derrière le dos, à superviser l'étrange procédure. Au bout d'un moment, il se retourna et Piotr vit qu'il était équipé d'un petit fouet d'équitation. Ses cheveux sombres et raides lui retombaient mollement sur le sommet du crâne, mais il était rasé sur les côtés, à l'allemande, sept ou huit bons centimètres au-dessus des oreilles.

A mesure que les garçons défilaient, il les observait derrière ses lunettes cerclées de noir et marquait son refus ou son approbation d'un simple signe de tête. La plupart des candidats étaient blonds, comme Piotr, mais certains avaient les cheveux légèrement plus foncés.

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10 juin 2010

La douane volante – François Place

la_douane_volante Gallimard jeunesse – janvier 2010 – 334 pages

Présentation de l'éditeur :
Bretagne, 1914. La guerre menace. Une nuit, la charrette de la mort s'arrête devant la maison de Gwen le Tousseux, le jeune orphelin. C'est lui que vient chercher l'Ankou, pour l'emmener au pays dont on ne revient jamais... Quand Gwen se réveille, il est passé de l'autre côté, dans un monde comme surgi du passé. Dans ce pays étrange, effrayant mais fascinant, dominé par la douane volante, il va vivre des aventures extraordinaires. Gwen l'Egaré parviendra-t-il à retrouver sa terre natale ou son destin sera-t-il à jamais lié à Jorn, le redoutable officier de la douane volante? Une fresque magnifique, entre roman fantastique et récit initiatique, dans laquelle François Place révèle toute la dimension de son talent d'écrivain. Avec Gwen le Tousseux, laissez-vous emporter au-delà des frontières du réel et du temps.

Auteur : François Place est né le 26 avril 1957 à Ezanville, dans le Val d'Oise. Il suit les cours d'expression visuelle à l'Ecole Estienne, avant de se lancer dans l’illustration. En tant que dessinateur, il a travaillé dans les domaines de l'audiovisuel, la presse d'entreprise, l'édition et la publicité. Ses premières illustrations de livres pour enfants paraissent en 1983 et il se met à écrire ses premiers textes. Il révèle son talent d'auteur en 1992 avec la parution de l'ouvrage "Les derniers géants", livre qui sera récompensé par de nombreux prix. Il a reçu depuis le Grand Prix de la foire de Bologne pour l' "Atlas des Géographes d'Orbae" ainsi qu'un prix spécial des Librairie Sorcières.

Mon avis : (lu en juin 2010)
J’ai lu ce livre en premier lieu parce qu’il se passe en Bretagne, enfin au début… et parce qu’il m’a été conseillé à mon Café Lecture préféré !
Ce n’est pas le genre de lecture sur lequel je me jette avec avidité, car je ne suis vraiment pas fan de fantastique. Mais comme c’est un roman « jeunesse » et qu’il ne fait que 300 pages, je me suis laissée tenter.

Au début de l'histoire, Gwen le Tousseux a quatorze ans, au retour de sa première campagne de pêche il est soigné par le vieux Braz, un rebouteux. Celui-ci va l'initier aux plantes. Peu de temps après, le vieux Braz meurt et laisse à Gwen sa maison et sa montre. Il est alors jalousé par le village et mis à l'écart. Un soir, il est lâchement attaqué et on lui vole la montre. Gwen est alors emmené dans une charrette noire tirée par un cheval noir dans un pays imaginaire le pays des Douze Provinces où règne la Douane Volante. C'est un monde d'où il est impossible de sortir. Il va rencontrer l'officier
Jorn qui va vouloir exploiter le don de rebouteux dont Gwen semble avoir également hérité du vieux Braz. Il va adopter un drôle d'oiseau, un pibil siffleur qui va l'aider à développer son don. Il va également rencontrer un chirurgien, puis étudiera pour devenir médecin... Pendant ce temps là, en France c'est la Première Guerre Mondiale.
J’ai eu un peu de mal au début à être intéressée par l’histoire puis je me suis laissé prendre au jeu et finalement j’ai passé un bon moment en lisant ce livre. J’ai bien aimé l’évolution du personnage de Gwen qui au cours du livre passe de l’enfance à l’âge adulte. Il est questions de médecine, on retrouve certains éléments des légendes bretonnes, l'atmosphère est souvent sombre, humide et froide. L'auteur dit s'être inspiré des tableaux de Jan Van Goyen, peintre hollandais du XVIIème siècle.

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L’illustration de la couverture a été faite également par François Place.

Extrait : (début du livre)
La Bretagne, c'est ce grand bout de granit qui termine la France, à l'extrême pointe du continent : Finis Terrae, disent les savants. L'océan vient s'y fracasser. Les gens qui vivent là ont toujours eu de l'eau salée dans les veines. Moi, je n'avait pas quatorze ans quand j'ai embarqué pour ma première campagne de pêche. C'était au plus fort de l'hiver, et peu importe la coque de noix sur laquelle j'ai frotté mes sabots, peu importent les jours et les nuits à vider le poisson, les mains plongées dans l'eau glacée, peu importe la méchanceté crasse de ce maudit équipage et son capitaine à moitié fou, peu importe, finalement, puisque j'en suis revenu vivant. Tremblant comme une feuille et claquant des dents, mais vivant. Sitôt débarqué, on m'a couché sur un lit d'algues au fond d'une carriole, avec pour toute compagnie un tas de poissons aux yeux ronds, et roule ! Mes poumons cherchaient l'air comme une vieille baudruche crevée.

Il faisait nuit quand on m'a déposé à la sauvette devant la porte de la ferme. Une nuit froide, criblée d'étoiles. Ma mère n'y croyait pas, de me voir revenir dans cet état. Un bon à rien, aurait dit mon père. Ça, il faut dire que je n'étais plus bon à grand-chose. J'étais parti petit et souffreteux, les épaules guère plus larges que celles d'une sardine, et voilà que je revenais chez moi en tirant des traites sur ce maigre capital, avec une échéance à court thème, mon état ne laissant aucun doute sur mes faibles chances de passer l'hiver.

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