18 mars 2014

Du vent dans mes mollets - Raphaële Moussafir

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Lire dans le noir - décembre 2009 - 1h45 - lu par l'auteur

Intervista - mai 2006 - 111 pages

J'ai Lu - juin 2009 - 111 pages

J'ai Lu - juin 2012 - 111 pages

Quatrième de couverture :
" Pourquoi tu dors tout habillée avec ton cartable, Rachel ? ". A la question que lui pose madame Trebla, la psychologue pour enfants, Rachel commence par répondre " Parce que j'ai envie ". Puis, au fil des séances, elle se laisse aller à quelques confidences.
Malgré sa coupe de lord anglais imposée par maman, Rachel n'a rien d'une petite fille modèle. Elle fait jouer des scènes d'amour torrides à ses poupées, invente des blagues téléphoniques avec Hortense, sa meilleure amie (la seule qui vient à ses goûters d'anniversaire), elle a la tête pleine de rires, de bêtises, de colères et de questions, qui désarçonnent parfois la thérapeute. Au fait, quand on est mort, est-ce qu'on le sait ?

Auteur : Auteur et comédienne, Raphaële Moussafir a d'abord écrit (et interprété) Du vent dans mes mollets pour le théâtre, et confirme dans Et pendant ce temps-là les araignées tricotent des pulls autour de nos bilboquets (2007) son talent pour ressusciter le monde de l'enfance.

Mon avis : (écouté en mars 2014)
Avant d'écouter ce livre, j'ai eu l'occasion de voir l'adaptation cinématographique que j'ai beaucoup aimé et qui est un peu différente que le livre.
J'ai pris beaucoup de plaisir à écouter ce livre, Rachel est une petite fille pleine de vie, attachante qui se pose beaucoup de questions. Avec Hortense sa meilleure amie, elles s'amusent beaucoup, font des bêtises... Rachel ne comprend pas toujours les adultes et réciproquement. Elle n'a pas sa langue dans sa poche.
Je me suis un peu retrouvée dans cette petite fille et se retour en enfance fait toujours du bien.
C'est drôle, tendre, émouvant et la lecture par l'auteur est une vraie valeur ajoutée sans oublier en fin de CD un entretien avec l'auteur très intéressante.
Lisez-le ! Ecoutez-le !

Du-Vent-dans-mes-mollets

Le livre a été adapté au cinéma par Carine Tardieu en 2012 avec Agnès Jaoui, Denis Podalydès, Isabelle Carré, Isabella Rossellini, Judith Magre

Autres avis : Sandrine, Aifelle, Clara, Enna 

Extrait : ici

Challenge Petit Bac 2014
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Gros mot (1)

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09 mars 2014

Wifi Génie - Luc Blanvillain

Lu en partenariat avec Scrineo Jeunesse

v_book_237 Scrineo Jeunesse - février 2014 - 147 pages

Quatrième de couverture :
En vacances chez sa grand-mère à Morlaix, Fabien, un adolescent tranquille et fan de l'informatique, hérite d'un ordinateur hors d'usage, mais pas banal. Quand Fabien le répare, il n'en sort rien de moins qu'un génie !
Un génie oui, et en plus, pas n'importe lequel. un génie de l'ordinateur, capable de créer à partir du virtuel grâce au copier-coller, tout ce que Fabien désire dans la réalité ! Dès lors, les possibilités s'avèrent sans limites. Sauter une après-midi rando avec sa grand-mère, recommencer la partie après un rendez-vous pas très concluant avec une jolie fille, etc. Mais Fabien n'est pas au bout de ses surprises. car amener le virtuel dans la réalité peut souvent s'avérer beaucoup plus dangereux qu'il ne l'imagine.

Auteur : Né en 1967, Luc Blanvillain est professeur de lettres. Il a déjà publié 4 romans pour la jeunesse, dont Un amour de geek (2011) et Une histoire de fou (2011). Dans ses romans, il aborde souvent les thèmes des adolescents, des problèmes familiaux, de la croyance fanatique et de l'indiscipline. Il s'inspire non seulement de ses enfants mais aussi des jeunes qu'il observe dans ses classes. Luc Blanvillain vit à Lannion, en Bretagne.

Mon avis : (lu en mars 2014)
Alors que ces parents sont partis en voyage à Venise, Fabien est en séjour à Morlaix chez Annette sa grand-mère. Cette dernière est très dynamique et adore les randonnées. Fabien, adolescent de quatorze ans, préfèrerait passer ses vacances allongé sur la plage  que sur les sentiers bretons... Mais lorsqu'il trouve dans sa chambre un vieil ordinateur que sa grand-mère a acheté sur une brocante, il se dit que les vacances commencent bien ! Mais il n'a pas encore tout vu... En effet, l'ordinateur est magique et un génie l'habite. En démarrant l'ordinateur, Fabien a libéré le génie et celui-ci va pouvoir lui faire découvrir tous les pouvoirs de la machine...
J'ai trouvé l'histoire charmante, originale et pleine d'humour.
Les personnages d'Annette l'adorable grand-mère, de Fabien et d'Hippolyte (dit Hippo) le génie sont sympathiques et attachants. Le personnage de Daphné est plus caricaturale mais nécessaire dans l'intrigue.
Ce livre dénonce les dangers de l'internet et des virus informatiques qui peuvent contaminer un ordinateur. En fin du livre, il se trouve un dossier très intéressant qui répertorie une petite dizaine de types de programmes malveillants.
Seul bémol à ma lecture, j'ai trouvé la typographie de la police d'écriture du livre trop fine et en condition de lumière moyenne, j'ai eu du mal à le lire. 
Livre à lire à partir de 11 ans.

Merci à l'auteur et aux éditions Scrineo Jeunesse 

Extrait : ici

Déjà lu du même auteur :

un_amour_de_geek Un amour de geek  crimes_et_jeans_slim_p Crimes et jeans slim 

2013_10_14_195047 Le Démon des brumes

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Challenge Rentrée Hiver 2014

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07 mars 2014

Un jour j'irai chercher mon prince en skate - Jo Witek

un jour j'irai chercher Actes Sud - août 2013 - 126 pages

Quatrième de couverture :
"Il va falloir vous accrocher parce que la puberté, c'est complexe. Cette histoire n'est pas pour les mioches, je vous préviens. Si vous croyez encore aux princes qui arrivent sur un cheval blanc un matin et vous envoient un texto "Salut, mon ange, je passe te prendre en scoot devant chez toi ! Tu as gagné à la grande loterie de mon coeur !", laissez tomber ! Mon aventure n'est pas pour vous".
Avec son physique de sportive, son caractère caustique et ses jeans troués, Fred se dit qu'elle risque d'attendre longtemps son premier baiser. Alors, assez des contes de fées, Fred préfère rester elle-même et enflammer le bitume sur son skate.

Auteur : Après des études d'art dramatique à Paris, Jo Witek se dirige assez vite vers l'écriture. D'abord vers le cinéma, en travaillant comme scénariste, lectrice, puis vers la presse écrite et la littérature. Depuis 2009, elle écrit particulièrement pour la jeunesse : des romans au Seuil Jeunesse. En un tour de main, Récit intégral (ou presque) d'une coupe de cheveux ratée, chez Talents Hauts Mauvaise connexion, mais aussi des documentaires et albums à La Martinière Jeunesse LeDico de la jeune fille, Tout savoir sur le sexe, Le Ventre de maman. Chez Actes Sud Junior, elle est l'auteur de deux thrillers, Peur Express et Rêves en noir, ainsi que d'un "Roman benjamin" intitulé Ma vie en chantier. Elle réside aujourd'hui dans une petite ville languedocienne et partage son temps entre la rédaction de communication, les ateliers d'écriture en milieu scolaire et son métier d'auteur.

Mon avis : (lu en mars 2013)
Fred est un peu "garçon manqué", sa grande passion, c'est le skate. A 14 ans, elle aimerait bien que les garçons s'intéressent à elle autrement que comme la bonne copine... Pourtant, il est hors de question de se "déguiser", de se maquiller, de suivre la mode pour s'habiller. 
Son grand-père étant mourant, Fred va faire connaissance avec la nombreuse famille de son père. Fille unique, elle se découvre des cousins, des cousines, des oncles, des tantes... Sa rencontre avec Diane, sa tante et marraine un peu rebelle, va l'aider à prendre confiance en elle et à grandir. Un joli roman sur une jeune fille qui se cherche avec en toile de fond des secrets de famille. 

Extrait : (début du livre)
Il était une fois, moi. 14 ans, 1,65 m, 58 kg, une humaine du genre féminin. Tour de poitrine ? Vraiment rien à signaler : c'est génétique, maman a le même. Je ne suis pas du genre à faire tourner les têtes. Je n'ai pas non plus des jambes de gazelle, ni une tignasse de gitane. Je danse comme un balai et je déteste le maquillage, le shopping, les magazines et, par-dessus tout, la manucure. Je ne monte pas à cheval le mercredi dans un haras chic et je ne crie pas comme une hystérique dès que je vois un chanteur au brushing bien lisse à la télé. De plus, je pratique assidûment le skateboard trois fois par semaine à un niveau de compétition nationale. Vous l'aurez compris : à la base, j'étais très mal partie dans ma vie sentimentale. Je ne sais pas pourquoi, mais les garçons ont toujours eu plus envie de me taper dans le dos que de m'embrasser. En plus, je m'appelle Frédérique. C'est vraiment pathétique.
Si vous avez mon âge et que vous n'avez jamais embrassé de garçon ou de fille, ne paniquez pas ! Cette histoire est pour vous et pour tous ceux qui se sentent rejetés des grandes romances.
Il était une fois, donc, moi, une fille normale, qui à onze ans a fait son entrée dans le monde magique et merveilleux de l'adolescence. Boutons, cheveux gras, fringale, kilos en trop, règles douloureuses et envie obsédante d'embrasser un garçon. Au début, j'étais comme les copines. Je m'accrochais aux contes de fées de mon enfance. La robe à paillettes, le prince, la musique, la valse et tout le bazar. J'y croyais à fond. Jusqu'à l'âge de douze ans en tout cas. Après, j'ai commencé à remettre sérieusement en cause ces histoires d'amour prêtes à consommer.

 Challenge 6% Rentrée Littéraire 2013
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31/36

 Challenge Petit Bac 2014
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28 février 2014

Si tu meurs, elle reviendra - Maud Tabachnik

Lu en partenariat avec les éditions Flammarion

Tabachnik Flammarion - janvier 2014 - 187 pages

Quatrième de couverture :
Francis O'Mara a tout perdu. 
Sa fille adorée, la chair de sa chair, sa fierté, sa raison d'être, lui a été brutalement enlevée. 
Francis se fait alors le serment de retrouver le meurtrier pour venger sa fille. 
Dans le fond de la nuit, au milieu d'un océan glacial, déchaîné, les vents de l'Enfer entendent sa promesse...

Auteur : Maud Tabachnik commence sa carrière en tant que kinésithérapeute. Elle est passionnée de cinéma et surtout de lecture et de poésie. Elle écrit son premier roman, La Vie à fleur de terre, en 1991. Ses thrillers politiques sont un coup de poing dans l'univers typiquement machiste des auteurs de polars. Plusieurs de ses romans policiers se déroulent aux Etats-Unis car, dit-elle, "c'est un pays où tout peut arriver". Elle a publié Dans l'ombre du monde, dans lequel Maud Tabachnik nous livre un état du monde d'aujourd'hui, dans ce qu'il a de plus noir et de plus insaisissable.

Mon avis : (lu en février 2014)
C'est ma deuxième troisième lecture de Maud Tabachnik, j'avais oublié la première... et la seconde m'avait laissée un souvenir désagréable car trop horrible et insoutenable. En acceptant de lire ce livre destiné aux ados, je me suis dit que je ne prenais pas trop de risques.
Ce livre nous raconte une histoire triste et sombre. La veille de ses 25 ans, à Froggie en Ecosse, Patricia O'Mara se fait tuer par un chauffard qui prend la fuite sans lui porter secours. Les parents de la jeune fille sont inconsolables. N'ayant qu'une trace de pneu comme indice, la police piétine dans l'enquête et Francis O'Mara décide de trouver lui-même le meurtrier de sa fille unique. Il prend la route vers le nord de l'Ecosse et les falaises d'Aberdeen avec au large les plateformes pétrolières de la mer du Nord.
La thématique de ce livre, c'est la vengeance mais également les relations père-fille.
J'ai beaucoup aimé les descriptions de l'Ecosse, ses paysages, son climat, son atmosphère, et même ses fantômes...
L'intrigue peut sembler simpliste mais le final m'a fait changer d'avis... Le personnage du père est vraiment touchant.
La conclusion de cette histoire est surprenante, je ne sais pas comment elle peut être ressentie par un ou une adolescente...
Je pense que ce livre est destiné à des adolescents ou adolescentes de 14 ans et plus car c'est un roman noir et sombre.

Merci Brigitte et les éditions Flammarion pour m'avoir permise de découvrir ce roman.

Autre avis : Argali

Extrait : (début du livre)
La famille O'Mara occupe une maison typique de la région, étroite et haute, construite en pierres de granit par la famille de Maureen O'Mara et transmise depuis des générations à la fille aînée.
On accède aux étages par un joli escalier extérieur, moins que confortable il est vrai en période hivernale, où, si on néglige de se cramponner à sa rampe en fer, on a toute chance de se retrouver en tas à son pied, mais charmante avec les roses trémières qui l'été l'entourent de leurs hampes fleuries.
Francis O'Mara est un menuisier ébéniste apprécié. Sa femme, Maureen, est gérante d'une des deux librairies que compte Froggie. Et ils ont une fille, Patricia, qui est la prunelle de leurs yeux.
Mme O'Mara avait trente-six ans quand enfin elle accoucha de la plus jolie petite fille du comté et peut-être même d'Écosse, d'après ses géniteurs qui ne pouvaient contenir leur joie et leur fierté. Ils en ont maintenant tous les deux soixante, et sont toujours aussi
inconditionnels.
Et demain, cette si gracieuse Patricia revient dans sa maison natale après une année entière passée à Londres où, malgré son jeune âge, elle a occupé un important poste financier à la City. Si accaparant, toutefois, que son père et sa mère ne purent la voir que trois fois dans l'année quand ils descendirent à la capitale anglaise, que, en ce qui les concerne et en tant
qu'authentiques Écossais, ils exècrent.
Patricia vient fêter avec eux son vingt-cinquième anniversaire et l'obtention de son master international juridique et financier. Ses parents lui ont préparé une fête qui a fait se demander à leurs amis ce qu'ils feront pour son mariage.
Francis et Maureen se sont saignés aux quatre veines pour envoyer leur fille dans lesmeilleures écoles du royaume. Francis n'a pas compté ses week-ends de travail et avec Maureen leurs courtes vacances ont le plus souvent consisté en visites dans leurs familles, pendant que Patricia était envoyée dans différents pays d'Europe pour y apprendre les langues, passant également une année aux États-Unis dans une école de gestion marketing bien au-dessus de leurs moyens.

Déjà lu du même auteur : 

un__t__pourri Un été pourri le_cinqui_me_jour_p1 Le cinquième jour

  Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Verbe" (3)

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Challenge Rentrée Hiver 2014

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  22/25

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11 janvier 2014

Western girl - Anne Percin

western girl Editions du Rouergue - mars 2013 - 201 pages

Quatrième de couverture :
Le rêve d'Élise va enfin se réaliser. Son american dream !

Trois semaines dans un ranch du Middle-West.
Tout ce qu'elle aime réuni dans un pack complet : l'équitation, la musique country, les bottes à franges, les cactus dans le désert...
Sauf qu'elle partage le séjour avec une bande de snobinards, tout ce qu'elle déteste !
Alors, comme dans tout bon western, va y avoir de la bagarre, et Élise est du genre Calamity Jane...
Les méchantes n'ont qu'à bien se tenir. Et les gentils cow-boys aussi !

Auteur : Née en 1970 à Épinal, Anne Percin grandit à Strasbourg où elle fait ses études de lettres modernes. À 25 ans, elle quitte l'Alsace pour Paris, où elle commence à enseigner le français en collège. En 2003, elle s'installe avec sa famille en Bourgogne. Là, elle prend le temps de mettre de l'ordre dans ses écrits, dont un journal intime fictionnel écrit à 17 ans, qui va devenir un roman.

 

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Depuis le jour où petite, Elise a découvert l'ambiance western dans un restaurant Buffalo Gril, la country et les chevaux sont devenus ses passions. 
Et voilà qu'Elise va pouvoir réaliser son rêve de petite fille en partant pour un séjour de trois semaines dans un ranch du Middle-West avec une dizaine autres adolescent(e)s aimant les chevaux. La cohabitation avec le groupe ne va pas toujours être facile, les uns et les autres venant de milieux différents, mais le séjour sera inoubliable !
C'est à travers le journal de bord de la jeune Elise que le lecteur découvre cette aventure aux États-Unis. Elise partage avec nous ses impressions, ses découvertes, ses activités, ses coups de cafards, ses colères avec beaucoup de franchise et d'humour.
Un roman frais, drôle, et touchant très agréable et facile à lire.
En bonus à la fin du livre, une liste des musiques country que l'auteur recommande pour se mettre dans l'ambiance.

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Extrait : 
Mercredi 11 juillet
Hello, I'm Johnny Cash.
Johnny Cash commençait tous ses concerts par cette phrase. Il jouait devant des milliers de personnes venues de l'autre bout du pays (et c'est loin, « l'autre bout du pays », aux States !), exprès pour lui, et pourtant il se présentait au public, toujours de la même façon, simple, efficace et modeste : «Bonjour, je suis Johnny Cash.» J'adore.
Moi, je devrais peut-être faire pareil dans la vie : « Hello, je suis Élise Bonnel. » Le problème, c'est qu'une fois que j'aurais dit ça, je n'aurais plus grand-chose à ajouter... A part que j'ai seize ans, que je suis lycéenne, rousse, que j'aime l'équitation et la musique country. Pas de quoi déplacer les foules, quoi... Je suis quelqu'un de très ordinaire, j'en conviens, si l'on excepte mon goût prononcé pour la musique traditionnelle américaine. Comment j'en suis arrivée là ! Ça, j'en sais rien ! J'ai l'impression que ça a toujours été en moi. Je dois avoir un gène avec un chapeau de cow-boy.
Mes parents, ça n'est pas du tout leur truc, les westerns, les USA et tout ça. D'abord, mon père, il faut savoir que c'est un geek intégral : il écoute de l'électro et passe sa vie le nez dans un ordi. Ma mère s'habille comme si elle revenait des Indes, n'écoute que de la musique celte et du reggae. Ils ne se ressemblaient pas, ils se sont assemblés quand même et là, une erreur fatale s'est produite : je suis née western girl.
Évidemment, ça ne s'est pas vu tout de suite. La découverte a eu lieu quand j'avais six ans.

On revenait de vacances et on s'est arrêtés pour manger dans un restaurant blanc au toit rouge. Je m'en souviens, c'était à Poitiers, juste à côté du Futuroscope. Devant, il y avait un grand totem en bois peint et une espèce de grosse vache en plâtre avec des cornes : d'après mon papa, ça s'appelait un bison. Fascinée, j'ai devancé mes parents. Je me rappelle avoir poussé une porte de saloon et fait quelques pas sur une moquette rouge jusqu'à une statue de Sioux grandeur nature, qui m'a foutu la peur de ma vie. Heureusement, une gentille dame en jean blanc, chemise western et santiags est arrivée pour nous placer. Elle nous a fait asseoir à une table flanquée de banquettes en skaï, dans un petit recoin où on était tout seuls, et elle m'a mis sur la tête une coiffe d'Indien en carton. Un instant plus tard, elle nous apportait de l'eau, du pain et de la salade sans qu'on n'ait rien commandé. Alors, au comble du bonheur, j'ai déclaré : « On est au paradis ! » 
Oui, bon, ça va.

Déjà lu du même auteur :

comment_bien_rater_ses_vacances Comment (bien) rater ses vacances  le_premier__t_ Le premier été

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08 janvier 2014

3000 façons de dire je t'aime - Marie-Aude Murail

2014-01-05_145345 Ecole des Loisirs - août 2013 - 266 pages

Quatrième de couverture :
Chloé, Bastien et Neville ont eu en cinquième une professeure de français qui n'aimait que les livres qui finissent mal. Un soir, elle les a emmenés pour la première fois au théâtre voir une représentation de Dom Juan de Molière. Cette soirée a changé leur vie. C'est décidé, ils seront comédiens !

Six ans plus tard, leur désir de monter sur scène est intact et ils se retrouvent au conservatoire d'art dramatique de leur ville. Le professeur le plus réputé, Monsieur Jeanson, les prend tous les trois dans son cours.
Chloé va devoir concilier les cours de théâtre avec le rythme intensif de la classe préparatoire qu'elle vient d'intégrer. Bastien, prêt à tout pour faire rire, pense qu'il suffit de regarder une vidéo de Louis de Funès pour apprendre la tirade d'Harpagon. Le beau et ténébreux Neville a peur de se donner les moyens de son ambition, d'être un autre pour savoir enfin qui il est.
Comment le théâtre va-t-il lier pour toujours la jolie jeune première, le valet de comédie et le héros romantique que Jeanson a su voir en eux ?

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s'est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009).

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Voilà une très jolie histoire sur le parcours de trois grands adolescents amoureux du théâtre. Au début de l'histoire, Chloé, Bastien et Neville sont en classe de cinquième, grâce à leur professeur de français ils vont découvrir le théâtre avec tout d'abord une représentation de Don Juan puis l'année suivante, ils participeront au Club Théâtre. Puis ils prendront chacun des chemins différents jusqu'au jour où tous les trois vont se retrouver dans le hall du conservatoire d'art dramatique de la ville pour passer l'audition d'entrée.
Chloé est la bonne élève, en classe Prépa Lettres, avec parents qui la protège. Bastien, est le rigolo de la bande, qui n'a jamais travailler en classe, vivant sur ses acquis et qui souhaite surtout ne pas finir ses jours épicier comme ses parents. Neville, doit son prénom à une série de la BBC, né de père inconnu, il vit avec sa mère asthmatique, femme de ménage, il est beau et énigmatique. Tout les oppose mais ensemble, ils vont se retrouver dans la classe de Jeanson, un homme de théâtre exceptionnel et grâce au théâtre se découvrir eux-même et avancer dans leurs vies personnelles.
Ce livre est passionnant, avec les répétitions théâtrales nous découvrons les grands textes du théâtre et un trio attachant.
C'est pour moi, un grand coup cœur !

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
Nous étions trois collégiens de cinquième et nous venions d'horizons si différents que rien ne nous destinait à nous dire un jour je t'aime.
Chloé avait pour parents monsieur et madame Lacouture, respectivement directeur de l'école Charles-Péguy et professeure d'allemand.
Bastien était le fils des Vion, qui tenaient un petit commerce. Comme les clients l'appelaient « le fils de l'épicerie », Bastien mit du temps à comprendre à quoi servaient les parents. Dans son cas, la réponse était : à rien.
Neville se serait appelé Steevy si la voisine de palier ne s'était emparée du prénom pour son propre fils. Magali Fersen, mère célibataire, se rabattit sur Neville, un prénom qu'elle avait entendu dans une série de la BBC pendant sa grossesse. Elle ne s'était pas avisée que le héros britannique était silencieux et tourmenté. Dès le berceau, Neville décida de lui ressembler.
Nous nous appelions donc Chloé Lacouture, Bastien Vion et Neville Fersen. Cette année-là, notre professeure de français était la célèbre madame Plantié, considérée comme folle par ses élèves et comme très compétente par les parents. Cette femme énergique et souriante était atteinte d'une allergie curieuse, elle ne supportait pas les romans qui finissent bien, qu'elle pensait écrits pour les imbéciles et les Américains. Tandis que nous autres, qui avions douze ou treize ans, des boutons d'acné, des règles douloureuses et des parents chiants, nous nous enfoncions dans la dépression de l'hiver, madame Plantié s'épanouissait en nous lisant La Mort d'Olivier Bécaille. C'était une histoire abominable où un pauvre type, enterré vivant, essayait de soulever le couvercle de son cercueil. Et un beau jour (beau pour madame Plantié, donc avec un ciel bas et lourd), notre professeure nous apprit que la prochaine séquence pédagogique serait consacrée au théâtre. Nous pouvions craindre le pire, car elle ajouta, avec des étoiles dans les yeux, que le but du théâtre était de nous faire sentir le tragique de la condition humaine. Elle avait essayé d'avoir des places au théâtre de la ville pour nous emmener voir Le roi se meurt. C'était une abominable histoire où un pauvre type, à qui on annonçait : «Tu vas mourir dans une heure vingt-cinq minutes», mourait sur scène après une agonie d'une heure et vingt-cinq minutes. Par chance pour nous, ce spectacle affichait complet, et madame Plantié dut se contenter de Dom Juan. Je crois qu'elle se consola en pensant que c'était la seule comédie de Molière qui finissait mal.
Aucun de nous trois n'était jamais allé au théâtre.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple et Simple (relecture)

 papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin 

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Verbe" (1)

Challenge 5% Rentrée Littéraire 2013
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26/30

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03 janvier 2014

Pas assez pour faire une femme - Jeanne Benameur

2013-12-31_160044 Edition Thierry Magnier - août 2013 - 91 pages

Présentation éditeur :
Elle a 17 ans, le bac en poche, l’université l’attend, la liberté aussi dans sa chambre d'étudiante loin de ses parents. Le roman commence dans la chambre de l’homme, la chambre, où elle va devenir une femme amoureuse, épanouie. Avec lui, elle va grandir. Elle va aussi exorciser les démons de l’enfance qui jusqu’à présent l’empêchaient de devenir une femme.
Ce roman signe le retour de Jeanne Benameur dans notre catalogue avec un texte puissant et personnel. Une ode à la liberté, à l’amour, à la sensualité.

Auteur : Née 1952, en Algérie d'un père tunisien et d'une mère italienne, Jeanne Benameur vit en France depuis l'âge de 5 ans. Elle débute sa carrière d'écrivain avec des livres de jeunesse comme 'Samira des quatre routes' ou 'Adil coeur rebelle', avant d'ouvrir son registre à la littérature pour adulte. Lauréate du prix Unicef en 2001, Jeanne Benameur se distingue sur la scène littéraire avec 'Les Demeurées', l'histoire d'une femme illettrée et de sa fille. Directrice de collection chez Actes Sud junior ainsi qu'aux éditions Thierry Magnier, l'auteur publie son autobiographie, 'Ça t'apprendra à vivre' en 1998. Influencée par ses origines culturelles, Jeanne Benameur s'inspire aussi de son expérience d'enseignante pour évoquer les thèmes de l'enfance (' Présent ?') mais aussi de la sensation et du corps (' Laver les ombres') dans un style pudique et délicat. Elle publie aussi 'Les Mains libres'.

Mon avis : (lu en décembre 2013)
Ce roman très court mais puissant et fort, écrit comme un journal intime, il nous raconte l'histoire de l'éveil d'un corps à la sensualité et à l'amour mais pas seulement...
Fin des années 60, Judith a 17 ans, elle vient d'entrer à l'université. Elle a quitté sa famille pour vivre seule, libre dans sa petite chambre. Et voilà, qu'une voix la bouleverse, celle d'Alain. Dans un amphi, Alain parle politique. Il va l'aimer, lui permettre de sortir de l'enfance, de devenir une femme amoureuse et de s'épanouir dans sa vie. Elle va apprendre à penser par elle-même...
Judith se cherche, elle fait entrer le lecteur dans ses pensées, elle cherche à exorciser des secrets de l'enfance, elle a soif de liberté et de savoir...
Jeannne Benameur nous enchante avec une magnifique écriture pleine de poésie et de sensibilité. Un roman bouleversant et émouvant pour des adultes et des grands adolescents (plus de 16 ans).

Autres avis : Noukette, RadicaleJérôme, Leiloona

 

Extrait : (début du livre)
Je suis nue.

Lui aussi. Tout près de moi.
La tête sur son coude replié il me regarde.
Tout à l’heure il a enlevé ses petites lunettes rondes cerclées de métal et j’ai aimé voir ses yeux. Son vrai regard. Comme si les yeux aussi pouvaient être nus. Tout son visage offert.
J’ai pris son visage dans mes mains et je me suis sentie transportée d’amour. Pour ce visage, ce corps, l’odeur de sa peau, son épaule. Lui. Tout lui. Complètement présent pour moi. Rien que pour moi.
J’en avais tellement rêvé. Et je pensais tellement que c’était impossible.
C’est en l’écoutant que ça a eu lieu. Dans un amphi plein à craquer à la fac. C’est par sa voix par ses mots que c’est arrivé. Ce qui ne m’était jamais arrivé. Jamais. Au micro il parlait de grève de lutte et moi j’ai eu l’image de ce garçon nu contre moi et je l’ai voulu.
Ma peau contre sa peau.
Tout son corps contre le mien.
Moi qui à dix sept ans n’arrivait toujours pas à éprouver quoi que ce soit de ce côtélà.
J’ai eu cette envie si forte que j’en ai été arrachée à tout le reste. Plus de pensée. Plus rien. Juste l’envie, comme une falaise brute face à la mer. Tout l’océan devant moi. Immense. J’ai découvert cet horizon-là et tout mon corps c’est devenu un galet, plus aucune petite place à l’intérieur pour quoi que ce soit d’autre, tout serré, compact, prêt à être roulé par les vagues, altéré par le sel, blanchi. Prêt à tout. J’ai été totalement, absolument pleine de ce désir-là. Et rien n’aurait pu m’arrêter.

Déjà lu du même auteur :
les_demeur_es Les Demeurées les_mains_libres_p_ Les Mains libres 
c_a_t_apprendra___vivre Ça t'apprendra à vivre laver_les_ombres  Laver les ombres 
si_m_me_les_arbres_meurent_2 Si même les arbres meurent pr_sent Présent ? 
les_insurrections_singuli_res Les insurrections singulières profanes Profanes

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Cercle familiale" (1)

Challenge 5% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
25/30

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02 janvier 2014

Bacha Posh - Charlotte Erlih

2013-12-31_145847 Actes Sud Junior - mars 2013 - 272 pages

Quatrième de couverture :
"Je ne veux pas me morfondre dans mon coin en maudissant le sort. Je n'aime pas ce rôle. Je vais donc continuer à me battre. Voilà mon identité : lutter. Mon identité, c'est de persévérer, non pas d'être un garçon ou une fille. Je suis moi. Et moi, je me bats. 
Ça ne me gêne pas de mourir. Mais seulement quand j'aurais tout tenté."
Elle vit comme un garçon, s’habille comme un garçon et passe, aux yeux de tous, pour un garçon.
C’est une bacha posh : une de ces filles élevées comme des fils dans les familles afghanes qui n’en ont pas.
À la puberté, elle doit redevenir une jeune femme. Mais quand on a goûté à l’action et à la liberté, comment y renoncer ?

Auteur : Normalienne et agrégée de lettres modernes, Charlotte Erlih a enseigné les arts du spectacle à l'université de Nanterre, avant de se consacrer à l'écriture et à la réalisation. Elle a cosigné avec Coline Serreau L'Académie Fratellini - Le cirque de plain-pied (2008). Bacha Posh est son premier roman.

Mon avis : (lu en décembre 2013)
Je ne connaissais pas les "bacha posh" avant un "Café Lecture" de la bibliothèque, où Chantal nous avait conseillé de découvrir le livre "
Je suis une bacha posh" - Ukmina Manoori sur le sujet. Je n'ai pas encore eu l'occasion de l'emprunter, mais lorsque j'ai découvert ce livre destiné aux adolescents, j'ai eu très envie de le découvrir. 
En Afghanistan, dans les familles où il n'y a pas de garçon, l'une des filles est déguisée et élevée comme un garçon, c'est une bacha posh
Dans cette histoire, Farrukh (Farrukhzad) est barreur dans une équipe d'avirons. Avec ses camarades, ils espèrent participer aux JO. Le groupe ignore que leur barreur est une jeune fille. Mais bientôt, Farrukh va devoir redevenir Farrukzhad et après avoir goûté à la liberté, elle se retrouve plongée dans un monde de servitude, où la place de la femme est très différente de celle de l'homme... Comment va-t-elle réagir ?
A travers cette histoire, le lecteur découvre vraiment la vie en Afghanistan, la place de la femme, celle de l'homme et surtout cette coutume très étonnante des "bacha posh" dans ce pays musulman...  

Extrait : (début du livre)
Huit longues rames de bois fendent la surface lisse du lac Kargah, progressent sous l'eau, ressortent ruisselantes et replongent dans l'étendue bleue. Les pieds poussent sur les planches, les fesses reculent sur les sièges, les jambes se tendent, les bras se rapprochent du torse. Le tout, abdominaux serrés et torse gainé pour conserver le dos droit. D'un coup, les poignets s'abaissent et pivotent : les rames se retrouvent parallèles au lac, l'embarcation atteint son pic de vitesse. Les rameurs regagnent leur position initiale - les fesses coulissent vers l'avant, les jambes se replient, les bras s'éloignent du torse. Une rotation ultime des poignets, et les pelles, perpendiculaires au lac, en tranchent à nouveau la surface.
Les huit adolescents sont assis les uns derrière les autres. Sohrab, la "nage" du bateau impulse le rythme et montre l'exemple au reste de l'équipe. Derrière lui, Rustam lui sert de relais. Les quatre suivants - les jumeaux Kochai et Batoor, Amjad et Samandar - sont les moteurs du bateau, les plus puissants. Aux dernières places, Turan et Bijan tentent de maintenir l'équilibre, profitant de leur vision d'ensemble pour rectifier les fautes des uns et des autres. Le moindre à-coup, le moindre frôlement de l'eau avec l'extrémité d'une pelle, la moindre asymétrie dans la hauteur des rames, et la progression du 8 est menacée. Ralentissement, déviation, l'erreur de l'un met les autres en danger.
Pour orchestrer le ballet des garçons : un barreur, assis face à eux. Farrukh. Il dirige l'embarcation, donne la cadence, motive ses troupes. Portés par son enthousiasme, les rameurs s'entraînent comme des forcenés, égrenant les séances de travail comme les perles d'un misbaha*, luttant avec acharnement pour dompter leurs corps, éduquer leurs muscles, maîtriser chaque fraction de leur mouvement.
Des heures d'efforts arides, illuminées par des instants d'une joie quasi mystique lorsqu'ils réussissent à se synchroniser. Alors, ils entrent en communion avec le bateau, les rames deviennent des prolongements d'eux-mêmes, ils ne font plus qu'un avec leurs coéquipiers.
Dans cette union des corps et des esprits réside le plus grand plaisir de l'aviron. Les différences entre les êtres s'estompent, les conflits se dissipent. Le temps d'un instant, il n'y a plus Farrukh, Sohrab, Rustam, Kochai, Batoor, Amjad, Samandar, Turan et Bijan embarqués sur un bateau, mais un seul être hybride, fait moitié de bois, moitié de chair.
- On s'arrête ! lance Farrukh. Retour au port ! Les rameurs poussent un soupir de soulagement.
- Pas de relâchement ! Kochai, ta pelle ! Elle est trop basse. Allez, on s'applique jusqu'au bout. Batoor, tu presses !
Les garçons tentent de se ressaisir.
- C'est bien, puisez dans vos réserves, donnez tout ! C'est la dernière fois qu'on est sur ce bateau. Demain, tout sera différent ! On pourra enfin se concentrer sur l'essentiel, mettre notre énergie au bon endroit, avoir les mêmes chances que tout le monde, et à nous les Jeux olympiques !

*Chapelet

 

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07 décembre 2013

Comme les doigts de la main - Olivier Adam

2013-11-17_164113 Ecole des Loisirs - mars 2005 - 125 pages

Quatrième de couverture :
Chloé a une hanche qui se bloque à cause d'un petit bout

d'os mort. Antoine a un doigt retourné, plié en deux pendant un cours de tennis. Les voilà qui partagent la même chambre d'hôpital, un soir d'hiver, avant leurs opérations respectives. Leurs regards se croisent, s'attrapent, se reconnaissent. Très vite, ils se découvrent un autre point commun. Ils sont tous deux orphelins de père, et un peu morts depuis, à l'intérieur. Il neige sur le fleuve. La nuit est éclairée par des cracheurs de feu. Antoine a envie d'entraîner Chloé. Chloé a envie de se laisser entraîner par Antoine. Ce qu'ils vont partager, cette nuit-là, c'est bien plus qu'une chambre d'hôpital, bien plus que des souvenirs de blessures, bien plus que la peur du lendemain.

Auteur : Olivier Adam est né en 1974. Après avoir grandi en banlieue et vécu à Paris, il s'est installé à Saint-Malo. Il a publié Je vais bien, ne t'en fais pas (2000) et Passer l'hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), Falaises, A l'abri de rien (prix France Télévisions 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008), Des Vents contraires (Prix RTL/Lire 2009), Le Cœur régulier (2010), Les lisières (2012).

Mon avis : (lu en décembre 2013)
Antoine et Chloé font connaissance un soir dans une chambre d’hôpital. Ils vont passer la nuit à faire connaissance, à se confier leurs angoisses, leurs envies... Ils ont un point commun, tous deux sont orphelins de père. Ils vont partager une nuit inoubliable. Le lendemain, au réveil, ils sont séparés sans avoir pu se donner leurs coordonnées. Chloé était déjà partie au bloc lorsqu'Antoine se réveille.
Le lecteur découvre cette histoire à travers le récit alterné, un chapitre sur deux, d'Antoine et Chloé. L'un et l'autre ont repris leur vie quotidienne, ils ne peuvent pas oublier cette nuit spéciale et l'un et l'autre vont tous faire pour se retrouver.
Une très jolie histoire pleine d'émotion.

Extrait : (début du livre)
Depuis cette nuit à l'hôpital, je ne peux pas voir une fille dans la rue, un peu plus loin devant moi, avec des cheveux noirs qui tombent jusqu'au milieu du dos, sans presser le pas, sentir dans ma poitrine et dans mes tempes le coeur qui bat, accélérer encore, me porter à sa hauteur, la dévisager et être déçu à en pleurer, déçu à m'en bouffer les dents.
Et pourtant. Je ne l'ai connue que le temps d'une nuit.
Une nuit et pas plus.
Une nuit et elle me manque à en crever. Et elle me manque comme manque l'air pour respirer.
Une nuit et maintenant, je vis comme un poisson hors de l'eau. J'ouvre grand la bouche mais j'étouffe.
Thomas dit que j'en rajoute. Que je la connais à peine. Que je me complais là-dedans parce que ça m'évite de regarder la vie en face, de la prendre en main et pourquoi pas de vraiment la vivre.
Il a peut-être raison. Mais je ne vois pas ce que ça change.
- Si ça se trouve, tu ne la reverras jamais, dit-il. Ou bien tu la croiseras dans dix ans, amoureuse folle d'un surfeur et mère de huit enfants. Tu vas pas vivre toute ta vie dans le souvenir d'une nuit.

Déjà lu du même auteur :

a_l_abris_de_rien_p A l'abri de rien    falaises Falaises  
 Des_vents_contrairesDes vents contraires  je_vais_bien_ne_t_en_fait_pas_p Je vais bien, ne t'en fais pas
 le_coeur_r_gulier  Un cœur régulier    kyoto_limited_Express  Kyoto Limited Express  

a_l_ouest_p  A l'ouest  les_lisi_res Les lisières

 Challenge Petit BAC 2013

petit_bac_2013
"Partie du corps"

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23 novembre 2013

Double jeu - Jean-Philippe Blondel

double jeu

 Actes Sud Junior - août 2013 - 135 pages

Quatrième de couverture : 
"Changer. C'est ce qu'ils veulent tous. Il faut que j'arrête de poser des problèmes aux adultes. Que je cesse d'être dans leur ligne de vision, de mire, de tir. Que je bouge de là. C'est ce que je voudrais, oui. A l'intérieur, je bous. J'aimerais être loin. Loin, genre à l'autre bout du monde. Me réinventer une existence avec un début moins pourri".
Quentin, nouveau dans son lycée, est enrôlé dans un cours de théâtre pour jouer dans la pièce de Tennessee Williams La Ménagerie de verre. Comme le personnage qu'il interprète, le garçon est tiraillé entre l'envie de tout plaquer pour voir le monde et celle de se battre. D'affronter, Les parents, Les profs, Les élèves, Les spectateurs, l'avenir.

Auteur : Né en 1964, Jean-Philippe Blondel est professeur d'anglais dans un lycée à côté de Troyes. Après son premier roman, Accès direct à la plage (2003), qui a rencontré un vif succès, il a publié plusieurs romans, This is not a love song (2007), Le baby-sitter (2010), G229 (2011) et récemment Et rester vivant (2011). Il a écrit aussi des romans pour adolescents, comme Blog (2010) et (Re)play !(2011).

Mon avis : (lu en novembre 2013)
Quentin a été renvoyé de son lycée en fin de seconde. Il fait donc sa rentrée dans un nouveau lycée, un établissement dans un quartier plus favorisé. Son ancien proviseur espère que loin des mauvaises fréquentations de son quartier, Quentin va abandonner son comportement insolent et saisir sa chance pour se construire un avenir.
Quentin est un peu perdu dans cette nouvelle classe, il se sent étranger face à ses camarades issus d'un milieu plus aisé qui gardent leurs distances.
Grâce à sa rencontre avec une professeur de français « la Fernandez », Quentin va avancer dans sa vie. Il commencera par la provoquer, elle sera lui répondre et lui fera découvrir le théâtre avec le rôle de Tom dans la pièce "La ménagerie de verre" de Tennessee Williams . 
J'ai beaucoup aimé cette professeur exigeante mais également attentive à ses élèves qui va savoir guider Quentin, lui faire prendre confiance en lui. Quentin est également un adolescent attachant, sa relation avec sa petite sœur Anna est touchante.
Le livre n'est pas découpé en chapitres, mais en actes et en scènes comme dans une pièce de théâtre. Un très beau roman que je conseille à tous de découvrir, adultes comme adolescents...

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
DÉJÀ CINQ JOURS QU'ON EST RENTRÉS. Je raye avec application les pages de mon agenda. Je me demande combien de temps je vais tenir. J'écoute d'une oreille le cours d'histoire-géo. Ce qui est bien, avec cette matière-là, c'est que tu peux t'absenter mentalement sans aucun problème. On ne te demande pas de participer. Tu prends des notes ou tu fais semblant et ça suffit pour faire le bonheur du prof, Largentier.
Je m'évade. Je me demande ce que font les autres, à Saint-Ex, mon ancien bahut. Mais c'est idiot. De toute façon, la classe de seconde de l'an dernier a été éclatée - il y a tous ceux qui, comme Dylan, sont passés en STMG, pour faire dans le commercial ou pour glander ; les quelques têtes de classe qui sont maintenant en scientifique ; ceux qui ont quitté le lycée, les trois ou quatre redoublants et la poignée qui a opté pour ES. Je crois qu'il n'y a qu'Astrid et moi qui ayons choisi la filière littéraire. Enfin, "choisi", c'est un bien grand mot dans mon cas même si, au fond, c'est ce qui m'intéresse le plus. J'aimerais bien savoir ce que devient Astrid. Je l'aimais bien, cette fille. Elle ne faisait pas d'histoires, ne fayotait jamais, ne rentrait pas dans les conflits. Elle suivait son chemin. Je pourrais lui téléphoner. J'ai son numéro de portable. Mais bon, je ne sais pas trop ce que je lui dirais. On n'était pas proches, non plus. Elle riait de temps à autre aux blagues qu'on faisait, avec Dylan, et puis c'est tout. Je me demande qui ils ont en histoire-géo. Je n'ai eu aucune nouvelle de personne, excepté Dylan, depuis que je suis ici.

Tout seul.
Seul à cette table aussi, au fond, à droite. Personne pour s'asseoir à côté de moi. Normal. Ils se connaissent tous, ils étaient déjà à Clemenceau l'an dernier - à part les neuf ou dix énergumènes qui ont voulu faire l'option théâtre ici parce que, paraît-il, c'est la meilleure du département, voire de la région. Eux aussi, ils ont déjà noué des liens. Au début, ils étaient prêts à m'inclure dans leur groupe, mais quand ils ont su que je venais de Saint-Ex, et surtout que je ne suivais pas les cours d'art dramatique, comme ils disent, ils m'ont vite laissé de côté. Je ne m'en plains pas. Je n'ai pas envie d'être aggloméré. Je ne fais pas partie de cette classe. Ni de ce lycée. Ni de ce coin de la ville. Je suis un électron libre. Voilà. J'aime bien me dire ça, "électron libre", ça me rassure.

Ça ne rassure pas tellement les profs.
Avec la tête que je tire et les casseroles que je traîne, ils s'attendent à tout de ma part, je suis sûr. J'imagine aussi que la plupart d'entre eux ont déjà leur idée toute faite, je suis un emmerdeur et ils attendent le premier pas de travers pour me saquer et me virer. Ou alors, ils ont peur. Je suis persuadé que Largentier, par exemple, est terrifié. C'est le genre de gars qui doit trembler dans ses chaussettes quand j'entre dans la classe le matin, et qui doit prier pour que tout se passe normalement.
Il ne devrait pas s'inquiéter comme ça. Je ne ferai pas de vagues - surtout si je ne trouve pas d'autre surfeur pour m'entraîner dans les rouleaux. Je me suis signé un contrat moral. On n'aura rien à me reprocher question attitude. Ce n'est pas pour ça que je me mettrai à travailler non plus, faut pas exagérer.

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter  Le Baby-sitter G229 G229  blog Blog

5317 Et rester vivant replay (Re)play  brise_glace Brise glace

acc_s_direct___la_plage Accès direct à la plage 6h41 06H41

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
20/24

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