23 décembre 2008

Le Petit Bol de porcelaine bleue - Françoise Legendre

le_petit_bol_de_porcelaine_bleu Seuil jeunesse - mai 1996 - 132 pages

Quatrième de couverture :

Andrei est un enfant ; il aime jouer, rêver, apprendre des mots de français et goûter sous les yeux de sa grand-mère qui l'adore. Mais la vie est dure dans la Roumanie communiste des années 80.

Ses parents partent un jour et ne reviennent pas : c'est lui qui devra les rejoindre, plus tard...

Andrei doit soudain devenir adulte : il lui faut apprendre à maîtriser sa souffrance et sa peur, entourer sa grand-mère, se protéger des regards hostiles et, surtout, apprendre à attendre.

Le petit bol de porcelaine bleue qu'il retrouve un jour va l'aider à tenir...

Auteur : Née à Caen en 1955, mariée, mère de deux adolescents, Françoise Legendre exerce avec passion son métier de bibliothécaire. A trente-huit ans, elle réalise son rêve de devenir écrivain en publiant son premier livre. Elle se spécialise rapidement dans les ouvrages pour la jeunesse. Françoise Legendre est conservatrice générale des Bibliothèques de Rouen.

Mon avis : (lu en avril 2007)

Ce roman est plein d’émotions et de sensibilité, c’est un très beau témoignage de l’auteur qui a vécu une épreuve semblable. On découvre que la vie est difficile sous Ceausescu, il faut mentir aux officiels pour protéger ceux qu’on aime. On est admiratif devant ce jeune garçon de 9 ans si courageux. 

Extrait :

"Pendant neuf ans, j'ai habité appartement 36, bloc 3, strada Justitsiei, à Braïla, en Roumanie. Je n'ai jamais oublié cette adresse. Mon immeuble était comme les autres, jeté sur un grand terrain vague où les papiers sales voletaient sur une herbe rase, boueuse dès octobre, grise de poussière aux beaux jours. Certains immeubles étaient restés en chantier : les fenêtres sans vitres, les portes donnant sur le vide et sans doute les histoires de brigands cachés dans les caves me faisaient peur. Il y avait souvent des carreaux cassés. En hiver, la petite ampoule éclairait à peine les paliers. Lorsque je rentrais et qu'il faisait déjà sombre, je grimpais en courant les cinq étages.
Quand j'arrivais, la clef tournait déjà dans la ser­rure de la porte de l'appartement avant que je n'aie eu le temps de toucher la clenche. Bunica était là, elle guettait mon retour. Je montrais mon étonnement, rien que pour voir ce petit sourire apparaître sur sa bouche, accompagné d'un léger haussement d'épaules qui voulait dire : «Mais non, il n'y a rien d'étonnant, je suis ta Bunica...»
Elle était seule en fin d'après-midi et me faisait asseoir en s'empressant de me servir un goûter. Rien à voir avec les goûters d'ici... C'était du pain, du thé brûlant, de la dulceatsa, cette confiture de cerises tellement sucrée et douce qu'il fallait boire entre chaque cuillerée. Bunica me regardait, assise sur un coin de chaise. Elle était toute menue - j'étais sûr d'être vite plus grand qu'elle -, mais elle se tenait très droite, ses cheveux gris argenté bien maintenus par des peignes qu'elle réajustait sans cesse.
Mes parents rentraient plus tard. Ils travaillaient tous les deux dans une sorte d'usine autour d'un puits de pétrole, un «combinat». Leur travail me paraissait compliqué, lointain. Ils parlaient toujours du laboratoire. Par moments, ils semblaient contents, enthousiastes, d'autres fois, ils rentraient abattus pour des raisons qui restaient pour moi totalement mystérieuses. Ma mère, toujours bien coiffée, laissait alors s'échapper des mèches de longs cheveux noirs de son chignon bas, des cernes se creusaient sous ses yeux gris. Ces soirs-là, elle m'embrassait sans y penser et tout ce que faisait Bunica l'agaçait. Il n'y avait pas grand-place quand nous étions là tous les quatre. Bunica avait son lit dans la salle à manger, tout recouvert de coussins brodés pendant la journée : c'est dans cette pièce aussi que je m'installais pour travailler ou pour lire, le dos appuyé contre le buffet. Souvent, Bunica cousait ou repassait à un bout de la table, pendant que mes cahiers s'étalaient à l'autre bout.
Tous les soirs, elle venait s'asseoir à côté de moi pour suivre mon travail. Ensuite, elle me proposait des mots de français, me désignant les parties du visage, du corps, des meubles, des couleurs... Ses yeux brillaient. Elle me fixait pour tester ma compréhension, le ne comprenais pas tout, mais une rivière coulait vers moi et je me laissais flotter.
J'appréhendais les leçons d'histoire qui donnaient quelquefois lieu à des discussions entre mon père et Bunica. Il avait toujours le dernier mot en lançant :
- Andrei doit apprendre ce qu'on lui demande d'apprendre, ne te mêle pas de ça !
Combien de fois ai-je vu Bunica se détourner, disparaître dans la cuisine, toute seule. Je ne comprenais pas leur discussion ni cette colère froide, je n'osais pas demander.
Mon père était très brun, ses cheveux faisaient des crans, il avait les yeux noirs. Souvent, il regardait ailleurs : je lui parlais de l'école, de M. Teodorescu, le vieil instituteur, de mes amis. Très vite, son regard flottait. Il ne m'entendait même plus, je me taisais. Moi aussi, bientôt, je rêvais.
J'entendais presque tous les jours :
- Andrei, reviens avec nous ! Toujours dans la lune, hein !
M. Teodorescu me pardonnait mes rêveries parce que j'apprenais vite, mais Virgil, Mihai ou Grigore, mon meilleur ami, ne rataient pas une occasion de se moquer de moi !
- Andrei va encore se faire pincer !"

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22 décembre 2008

Où on va papa ? - Jean-Louis Fournier

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Stock - septembre 2008 - 154 pages

Prix Fémina 2008

Résumé : Pour la première fois dans son oeuvre, Jean-Louis Fournier parle de ses garçons, pour ses garçons. Parce que le temps presse et qu il faut dire autrement. Dire autrement la question du handicap, sans l'air contrit ou la condescendance.
Comme il l'a fait en 1999 en évoquant son père, Jean-Louis Fournier conserve, pour ce nouveau roman, l' équilibre maîtrisé entre le drôle et la désespérance.


Auteur : Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision né à Arras le 19 décembre 1938. Il est le créateur, entre autres, de La Noiraude et d'Antivol, l'oiseau qui avait le vertige. Par ailleurs, il fut le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986). C'est également à lui que l'on doit l'intitulé de la dépêche AFP annonçant le décès de l'humoriste: "Pierre Desproges est mort d'un cancer. Etonnant non ?". Il adore Ionesco.

Jean-Louis Fournier est l'auteur de nombreux succès depuis 1992 (Grammaire française et impertinente), Il a jamais tué personne mon papa (1999), Les mots des riches, les mots des pauvres (2004), Mon dernier cheveu noir (2006). Autant de livres où il a pu s entraîner à exercer son humour noir et tendre. Où on va, papa est peut-être son livre le plus désespérément drôle.

Mon avis : (lu en décembre 2008)

Dès que j'ai entendu parler de ce livre, j'ai voulu me le procurer à la bibliothèque. Je connaissait déjà l'auteur pour « il a jamais tué personne mon papa »

Livre qui se lit très facilement mais qui est percutant : on découvre la vie d'un papa de 2 enfants handicapés. Les situations sont émouvantes mais l'auteur est plein d'humour. Il se protège en ironisant sur les évènements difficiles de sa vie.

On découvre au fil des pages tout l'amour que porte Jean-Louis Fournier pour ces enfants. On est ému au plus profond de soi.

Étant moi-même maman, on prend conscience de la chance d'avoir des enfants en bonne santé, capable de répondre à nos attentes.

A lire absolument !

Extrait :

« Cher Mathieu, cher Thomas,

Quand vous étiez petits, j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l'ai jamais fait. Ce n était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... "
Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J'avais honte ? Peur qu'on me plaigne ?
Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible : « Qu'est-ce qu'ils font ? »
Aujourd’hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un
ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d'eux avec le sourire. Ils m'ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.

Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines. »

LGF – mars 2010 – 149 pages

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01 décembre 2008

Seul sur la mer immense – Michel Morpurgo

seul_sur_la_mer_immense Gallimard–Jeunesse - mai 2008 – 294 pages

prix 2008 des libraires indépendants britanniques

Présentation de l'éditeur :
En 1947, le tout jeune Arthur est embarqué, comme des milliers d'autres orphelins, sur un bateau à destination de l'Australie. II ne sait pas encore qu'il ne reverra pas sa sœur ni sa terre natale anglaise. Désormais sa vie entière se fera là-bas, jalonnée d'épreuves mais aussi illuminée par la rencontre de personnages extraordinaires et par sa passion de la mer. Bien des années plus tard, Allie, la fille d'Arthur, quitte la Tasmanie, au sud de l'Australie, à bord de son bateau. Elle s'apprête à accomplir une formidable traversée en solitaire. Son but : franchir les océans pour gagner l'Angleterre, dans l'espoir de retrouver sa tante Kitty, la sœur de son père

Auteur : Michael Morpurgo est né en 1943 en Angleterre. En 1982, il écrit Cheval de guerre, qui lance sa carrière d'écrivain. Il a, depuis, signé plus de cent livres, récompensés par de nombreux prix, qui font de lui l'un des auteurs les plus célèbres de Grande-Bretagne. En 2006, Michael Morpurgo est nommé officier de l'Ordre du British Empire pour services rendus à la littérature. Il défend la littérature pour la jeunesse avec énergie et générosité et a créé la fonction de Children's Lauréate, mission dédiée à la promotion du livre pour enfants.

Mon avis : 5/5 (Lu en novembre 2008)

J'ai beaucoup aimé ce livre qui peut aussi bien être lu par les adultes que par les enfants.

Dès les premières lignes du livre, on est emporté par l'histoire, on est ému. C'est l'histoire d'Arthur puis de sa fille qui se passe entre l'Australie et l'Angleterre. Les premières années sont difficiles pour Arthur, il est exploité comme esclave dans une ferme mais grâce à Marty et son amitié il tiendra le coup. Puis il rencontrera Meg qui sera une mère pour lui et Marty. Puis il devra prendre son autonomie.

La mer est au centre de ce livre, elle est attirante mais aussi elle fait peur... Arthur avec l'aide de sa fille fait le projet de retourner en Angleterre pour retrouver sa sœur Kitty... C'est la deuxième partie du livre.

Ce livre est un vrai roman d'aventure, il m'a fait voyager, rêver, naviguer sur la mer. J'ai eu aussi beaucoup d'émotions : il m'a fait rire et pleurer. J'ai eu un vrai coup de cœur ! Il faudra que je lise d'autres livres du même auteur.

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26 novembre 2008

Oscar et la dame rose – Eric-Emmanuel Schmitt

oscar_et_la_dame_rose Albin Michel – novembre 2002 – 99 pages

Résumé : Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans. Elles ont été retrouvées par Mamie Rose, la " dame rose " qui vient lui rendre visite à l'hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d'Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et un très fort lien d'amour, ces douze jours deviendront légende.

Auteur : Éric-Emmanuel Schmitt (né le 28 mars 1960 à Sainte-Foy-lès-Lyon) est un écrivain et dramaturge d'origine française, installé à Bruxelles depuis 2002. Ayant obtenu la naturalisation belge en 2008, il dispose de la double nationalité. Site de l’auteur : http://www.eric-emmanuel-schmitt.com/

Mon avis : 5/5 (lu en 2004 et relu en octobre 2008)

Ce livre est vraiment très émouvant car il aborde le thème de la maladie et la mort d'un enfant. Mais il dégage aussi une leçon de vie, car Oscar va garder sa joie de vivre pleinement jusqu'à la fin. La lucidité de cet enfant de 10 ans et ses propos si justes sont bouleversants.

Ce livre fait pleurer, fait rire, fait réfléchir et apaise.

A lire absolument !

Ce livre peut également être lu par un adolescent, il faut peut-être l'informer du sujet du livre. Mon fils de 13 ans l'a beaucoup aimé.

Extrait :

« Je m'appelle Oscar, j'ai dix ans, j'ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j'ai grillé les poissons rouges) et c'est la première lettre que je t'envoie parce que jusqu'ici, avec mes études, j'avais pas le temps. "
J'aurais pu aussi mettre : "J'aurais pu aussi bien mettre : On m'appelle Crâne d'Oeuf, j'ai l'air d'avoir sept ans, je vis à l'hôpital à cause de mon cancer et je ne t'ai jamais adressé la parole parce que je crois même pas que tu existes. Seulement si j'écris ça, ça la fout mal, tu vas moins t'intéresser à moi. Or j'ai besoin que tu t'intéresses. Çà m'arrangerait même que tu aies le temps de me rendre deux ou trois services »

oscar_et_la_dame_rose_anny_duperey

Au théâtre, Oscar et la dame rose est en tournée avec Anny Duperey dans le rôle de Mamie Rose.

Eric-Emmanuel Schmitt réalise son deuxième film, Oscar et la dame rose, adapté du récit éponyme.
Début de tournage : octobre 2008 en Belgique et fin de tournage prévu au Canada en janvier 2009.
Michèle Laroque interprètera La dame rose, Max Von Sydow le docteur Dusseldorf...

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Les larmes de l'assassin - Anne-Laure Bondoux

les_larmes_de_l_assassin Bayard Jeunesse – mai 2003 – 226 pages

4ème de couverture :

L'homme et la femme Poloverdo avaient un enfant qui poussait comme le reste sur cette terre, c'est-à-dire pas très bien. Il passait ses journées à courir après les serpents. Il avait de la terre sous les ongles, les oreilles décollées à force d'être rabattues par les rafales de vent, et s'appelait Paolo. Paolo Poloverdo. C'est lui qui vit venir l'homme, là-bas, sur le chemin, par un jour chaud de janvier. Cette fois-là, ce n'était ni un géologue, ni un marchand de voyages, et encore moins un poète. C'était Angel Allegria. Un truand, un escroc, un assassin.

Auteur : C'est en région parisienne qu'est née Anne-Laure Bondoux en 1971. Elle a suivi des études de Lettres Modernes à Nanterre. Parallèlement à ses études, elle a monté des ateliers d'écriture pour enfants en difficulté lesquels ont reçu le prix Fondation de France. Après avoir fait du théâtre, elle a rejoint en 1996 la rédaction de 'J' aime lire' à Bayard Presse, puis a participé au lancement du nouveau magazine, Maximum. Elle a cessé ses activités de journaliste en 2000 pour se consacrer exclusivement à l'écriture. Elle est l'auteur d'une trilogie 'Le Peuple des rats' publiée chez Bayard, et de plusieurs ouvrages pour enfants. Elle écrit également pour le théâtre et la chanson.

Mon avis : 5/5 (lu en janvier 2007)

Ce livre est aussi bien pour des adolescents que des adultes. Une histoire belle et triste. L'écriture est sobre, tout en nuance.

Paolo Poloverdo habite avec ses parents dans une ferme isolée à l'extrême sud du Chili. Angel Allegria, un assassin en fuite, arrive par hasard sur cette terre aride, tue les parents du petit garçon et s'installe avec lui. Alors qu'ils apprennent à vivre ensemble et qu'une étrange relation se développe entre eux, un troisième homme, Luis Secunda, riche, exilé et érudit, vient partager leur solitude. Poussés par la nécessité d'acquérir du bétail, tous les trois entreprennent vers Valparaiso un voyage au cours duquel les deux adultes vont se disputer l'affection de l'enfant.

L'atmosphère est spéciale dans ce bout du monde, aride et sauvage. La complicité qui se tisse entre l'assassin et le petit garçon est troublante et à la fois très belle. Cet enfant n'était pas aimé par ses parents, il découvre l'amour paternel d'Angel. L'arrivée de Luis va créer une rivalité entre les deux hommes pour avoir une exclusivité sur Paulo.

Ce récit initiatique est passionnant. Il y a la confrontation de l’innocence et du mal. L'amour pour l'autre qui prend le dessus sur la violence. Paolo est à la recherche du bonheur et de l'amour. Le dénouement est plein d'espoir. C'est un roman surprenant jusqu'à la fin, je me suis beaucoup attachée aux différents personnages, et j'ai été très souvent émue en lisant ce livre.

Extrait : « Ici, personne n'arrivait jamais par hasard. Car ici, c 'était le bout du monde, ce sud extrême du Chili qui fait de la dentelle dans les eaux froides du Pacifique. Sur cette terre, tout était si dur, si désolé, si malmené par le vent que même les pierres semblaient souffrir. Pourtant, juste avant le désert et la mer, une étroite bâtisse aux murs gris avait surgi du sol : la ferme des Poloverdo.

Les voyageurs qui parvenaient jusque-là s'étonnaient de trouver une habitation. Ils descendaient le chemin et frappaient à la porte pour demander l'hospitalité d'une nuit. Le plus souvent, il s'agissait d'un scientifique, d'un géologue avec sa boîte à cailloux, ou d'un astronome en quête de nuit noire. Parfois, c'était un poète. De temps en temps, un marchand d'aventure en repérage.

Chaque visite, par sa rareté, prenait une allure d'évènement. La femme Poloverdo, mains tremblantes, servait à boire avec une cruche ébréchée. L'homme, lui, se forçait à dire deux mots à l'étranger, pour ne pas paraître trop rustre. Mais il était rustre tout de même, et la femme versait le vin à côté du verre, et le vent sifflait tant sous les fenêtres disjointes qu'on croyait entendre hurler les loups.

Ensuite, quand le voyageur était parti, l'homme et la femme refermaient leur porte avec un soupir de soulagement. Leur solitude reprenait son cours, sur la lande désolée, dans la caillasse et la violence.

L'homme et la femme Poloverdo avaient un enfant. Un garçon né de la routine de leur lit, sans amour particulier, et qui poussait comme le reste sur cette terre, c'est à dire pas très bien. Il passait ses journées à courir après les serpents. Il avait de la terre sous les ongles, les oreilles décollées à force d'être rabattues par les rafales de vent, la peau jaune et sèche, les dents blanches comme des morceaux de sel et s'appelait Paolo. Paolo Poloverdo.

C'est lui qui vit venir l'homme, là-bas, sur le chemin, par un jour chaud de janvier. Et c'est lui qui courut avertir ses parents qu'un étranger arrivait. Sauf que, cette fois-là, ce n'était ni un géologue, ni un marchand de voyages, et encore moins un poète. C'était Angel Allegria. Un truand, un escroc, un assassin. Et lui pas plus que les autres n'arrivait par hasard dans cette maison du bout de la terre. »

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18 novembre 2008

Mon bel oranger - José Mauro de Vasconcelos

mon_bel_oranger Hachette Jeunesse -1968

Résumé : « Mon bel oranger » est un livre autobiographique (un livre inspiré de son enfance)... Zézé est brésilien. Né dans une famille pauvre où tout le monde le maltraite, sauf sa sœur Gloria, il a été élevé dans la rue et y a tout appris : de la lecture au troc de billes. Quand il est vraiment trop malheureux, c’est auprès de Minguinho, un pied d’oranges douces, qu’il va trouver du réconfort. Cet arbre lui parle comme personne ne sait le faire… Une histoire touchante et inattendue qui, depuis bientôt trente ans, continue d’émouvoir ses jeunes lecteurs.

Auteur : José Mauro de Vasconcelos (26 février 1920 à Rio de Janeiro - 25 juillet 1984 à São Paulo) est un écrivain brésilien. Écrivain aux origines indiennes et portugaises, il est l'auteur de Mon bel oranger, Allons réveiller le soleil et Le Palais Japonais, inspiré de son enfance difficile et devenu un classique de la littérature enfantine, ainsi que d'une quinzaine de romans et de récits. Sportif et voyageur, il a pratiqué de nombreux métiers, notamment dans le monde du cinéma et de la télévision.

Mon avis :(lu en 1975 et relu depuis plusieurs fois...) mon_bel_oranger_ini

Ce livre fait partie de mes livres préférés. J’ai un souvenir très précis du jour où je l’ai découvert et lu pour la première fois,aucun livre ne m'avait jamais autant ému que celui là. Il dégage une telle sensibilité, une grande émotion. Ce livre est un condensé de douceur, d'innocence, d'amitié, de tristesse... Ce livre est tout simplement merveilleux, une histoire des plus touchantes, très émouvante également, on s'attache très vite au petit ZéZé.

Zézé vit une enfance douloureuse, il se crée un monde imaginaire qui lui rend le réel supportable. Pour lui, le rêve et la vie ne font plus qu'un.

Au début on découvre la vie de Zézé et ses souffrances, ensuite Zézé se transforme sous la pression des évènements, de la rencontre avec son ami portugais. Des scènes de joie, de tendresse et de souffrance font alterner sans oublier les dialogues qu'il a avec son oranger.

Il fait la découverte de l'amitié, de la tendresse et de la solitude, il grandi.

Ce livre nous rappelle aussi que tous les jours, beaucoup de personne vivent dans la pauvreté et en souffrent. De l'émotion à l'état pur, de l'intelligence et un regard révélateur sur la vie en Amérique Latine ...

J’ai fait découvrir ce livre à mes enfants et ils ont adoré. La suite : « Allons réveiller le soleil » est également à découvrir…

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16 novembre 2008

L'Alchimiste – Paulo Coelho

alchimiste Edition Anne Carrière - mars 1994 - 252 pages

Traduit du portugais (Brésil) par Jean Orecchioni 

Grand Prix des Lectrices de Elle

Résumé : L'Alchimiste est le récit d'une quête, celle de Santiago, un jeune berger andalou parti à la recherche d'un trésor enfoui au pied des Pyramides. Dans le désert, initié par l'alchimiste, il apprendra à écouter son coeur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve.
Destiné à l'enfant que chaque être cache en soi, L'Alchimiste est un merveilleux conte philosophique, que l'on compare souvent au Petit Prince, de Saint-Exupéry, et à Jonathan Livingston le Goéland, de Richard Bach.

L'auteur : Paulo Coelho est né en 1947 à Rio de Janeiro. Sa notoriété en Amérique latine est comparable à celle de Gabriel Garcia Marquez. Ses livres figurent en tête des listes de best-sellers au Brésil. L'Alchimiste a été publié dans 48 pays et rencontre partout un immense succès.

Extrait : "Mon cœur craint de souffrir, dit le jeune homme à l'alchimiste, une nuit qu'ils regardaient le ciel sans lune.
- Dis-lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même.
Et qu'aucun cœur n'a jamais souffert alors qu'il était à la poursuite de ses rêves."

Mon avis : (lu en 1995 et relu depuis plusieurs fois...)

Ce livre fait partie de mes livres préférés. Beaucoup d'émotions passent à travers ce voyage initiatique. Chacun d'entre nous peut se reconnaître de près ou de loin dans le personnage de Santiago. L'écriture est sobre, simple et accessible à tous. Ce livre ne laisse personne indifférent, il nous fait réfléchir sur nous-même, notre vie, nos rêves et notre futur...

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15 novembre 2008

Simple - Marie-Aude Murail

Simple

Ecole des Loisirs - août 2004 - 210 pages

Prix des lycéens allemands 2006 décerné à Leipzig
Prix Farniente décerné à Charleroi 2006.
Prix littéraire des collégiens de Compiègne 2006.
Prix littérature jeunesse 2006 à Cholet
Prix Ados de la ville de Rennes 2006
Prix Escapages "ados" 2006 (Indre)
Prix Plaisirs de lire 2006 (Yonne).

4ème de couverture : Simple dit «oh, oh, vilain mot» quand Kléber, son frère, jure et peste. Il dit «j'aime personne, ici» quand il n'aime personne, ici. Il sait compter à toute vitesse : 7, 9, 12, B, mille, cent. Il joue avec des Playmobil, et les beaud'hommes cachés dans les téphélones, les réveils et les feux rouges. Il a trois ans et vingt-deux ans. Vingt-deux d'âge civil. Trois d'âge mental. Kléber, lui, est en terminale, il est très très courageux et très très fatigué de s'occuper de Simple. Simple a un autre ami que son frère. C'est Monsieur Pinpin, un lapin en peluche. Monsieur Pinpin est son allié, à la vie, à la mort. Il va tuer Malicroix, l'institution pour débiles où le père de Simple a voulu l'enfermer, où Simple a failli mourir de chagrin. Monsieur Pinpin, dans ces cas-là, il pète la gueule. Rien n'est simple, non, dans la vie de Simple et Kléber. Mais le jour où Kléber a l'idée d'habiter en colocation avec des étudiants, trois garçons et une fille, pour sauver Simple de Malicroix, alors là, tout devient compliqué.

Auteur : Née au Havre en 1954, avec un père poète et une mère journalisteMarie-Aude Murail est issue d'une famille de littéraires - son frère et sa sœur cadette sont également écrivains. Titulaire d'une thèse de lettres modernes obtenue à la Sorbonne, elle vit d'abord à Paris, puis à Bordeaux (pendant 6 ans), avant de s'installer à Orléans. Ses premiers romans sont surtout destinés à des femmes. Puis elle commence à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans à partir de 1986. En vingt années d'écriture, elle a publié plus de soixante-dix livres. Ses romans empruntent énormément la forme du dialogue. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, ses histoires se passent dans des milieux urbains où les héros sont des hommes, souvent adolescents, motivés par des femmes. 

Mon avis :  (livre lu en décembre 2004)
Cette histoire m'a beaucoup touchée, il y a aussi un humour formidable malgré le thème de l'handicap. J'ai été partagée entre les rires et les larmes...

Livre à lire absolument de 10 à 100 ans !

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