27 janvier 2016

Pensée assise - Mathieu Robin

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Actes Sud Junior - août 2015 - 96 pages

Actes Sud Junior - mai 2005 - 96 pages

Quatrième de couverture :
Sofia et Théo filent le parfait amour. Tout irait bien si le jeune homme, paralysé des jambes à la suite d'un accident, n'avait pas une obsession : embrasser sa dulcinée debout, comme les gens valides. Il s'y essaie par tous les moyens, à ses risques et périls...
Auteur : Scénariste et réalisateur, Mathieu Robin vit à Montpellier. Son premier roman, Pensée assise, a d'abord été un court métrage qu'il a novélisé pour Actes Sud Junior. En mai 2015 sortira son second roman dans la collection "Aventure ado", Ses griffes et ses crocs.
Mon avis : (lu en décembre 2015)
En préparant ce billet et en recherchant l'image de la couverture, j'ai découvert que ce petit roman avait déjà été édité dans la collection Ciné-roman où un réalisateur était appelé à transposer sous forme de roman un court métrage. Théo vit sa première histoire d'amour qui compte avec Sofia.  Mais Théo se prend trop la tête, il ne sent pas à la hauteur de Sofia. En effet, à la suite d'un accident, il est devenu tétraplégique et il lui est impossible d'embrasser debout son amoureuse... Le lecteur va découvrir ce couple atypique et les interrogations de Théo.
Une histoire assez courte qui se lit facilement, le sujet est intéressant mais Théo est parfois un peu "geignard" et compliqué...
Extrait :
Sofia est ma première vraie histoire d’amour, mais ça me fait bizarre de me promener à ses côtés dans la rue. Je crois que ma parano sur le regard des autres a repris. J’en ai vraiment eu la révélation l’autre jour alors que je l’attendais au conservatoire. Elle est arrivée dans mon dos et s’est penchée par-dessus mon fauteuil pour m’adresser un baiser. On aurait dit qu’elle embrassait son petit frère. Ça donnait d’un seul coup à notre couple un côté incestueux qui me dérange.

Il faudrait vraiment que je sois à sa hauteur…

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30 décembre 2015

20 pieds sous terre - Charlotte Erlih

20 pieds sous terre Actes Sud junior - avril 2014 - 206 pages

Quatrième de couverture :
Un coup de téléphone et la vie de Manon bascule. Son frère Théo est mort électrocuté par le troisième rail du métro parisien. Au-delà de la douleur, une foule de questions reste en suspens. Que faisait Théo en pleine nuit dans le tunnel reliant les stations Père Lachaise et Gambetta ? Quelle double existence menait-il ? Terrible accident ou crime sordide ? Une enquête souterraine dans le dédale du métro parisien et le monde clandestin du graf.

Auteur : Normalienne et agrégée de lettres modernes, Charlotte Erlih a enseigné les arts du spectacle à l'université de Nanterre, avant de se consacrer à l'écriture et à la réalisation. Elle a co-signé avec Coline Serreau L'Académie Fratellini - Le cirque de plain-pied (Actes Sud, 2008). Aux éditions Actes Sud Junior, son premier roman, Barka Posh, a obtenu le prix NRP 2013 et le prix Sésame 2014.

Mon avis : (lu en décembre 2015)
Un coup de téléphone au milieu de la nuit et la vie de Manon est bousculée. C'est la police qui annonce à ces parents que son frère Théo est mort électrocuté sur le troisième rail du métro parisien. Mais que pouvait-il bien faire en pleine nuit dans un tunnel du métro ? 
Manon est stupéfaite de découvrir que son frère lui avait caché son activité de graffeur et d'autres secrets... Elle est persuadée que sa mort n'est pas un accident, mais ni la police, ni ses parents ne veulent agir.
Elle va donc mener l'enquête par elle-même et découvrir le monde souterrain du métro parisien et celui des graffeurs.
Cette histoire se lit comme roman policier, les descriptions sur le monde du graf sont très bien documentées et très intéressante. Le personnage de Manon évolue au cours du roman et au fil de ses rencontres, elle s'ouvre aux autres.
Une belle découverte.

Extrait : (page 34)
À la sortie de son cours, Manon se laisse happer, sans réfléchir, par la bouche de métro la plus proche et grimpe dans un wagon. Elle ne poursuit aucun but, ne cherche à aller nulle part, ne souhaite même pas revoir le graf de son frère qu’elle a entraperçu la veille. Elle veut simplement être là, dans le métro.
Bercées par le ronronnement du train, ses pensées vagabondent. Bientôt, une myriade d’interrogations l’assaillent, nuée de sauterelles dans un champ de blé. Depuis combien de temps son frère hantait-il les sous-sols parisiens, pourquoi a-t-il commencé à taguer, avec qui, comment a-t-il su se frayer un chemin dans les labyrinthes du métro, comment a-t-il pu se laisser surprendre par le troisième rail ?
A chaque nouvelle question, la sensation de vide contre laquelle Manon lutte depuis deux jours enfle et envahit ses poumons, sa poitrine, sa gorge. Elle ne saurait dire précisément à quel moment l'idée éclot en elle, traverse les couches de sa conscience et, petite voix lancinante, se trace un chemin jusqu'à son cerveau, mais brusquement, elle en est certaine.
C’est impossible. Non pas que Théo ait été dans le métro jeudi soir alors qu’il était censé réviser un partiel, ni qu’il ait tagué en douce depuis des mois peut-être, ni même qu’il soit mort. Ce qui est impossible, c’est que son décès soit accidentel. Théo n’aurait jamais trébuché sur le troisième rail.

Déjà lu du même auteur : 

2013-12-31_145847 Bacha Posh  

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27 décembre 2015

Dans tes bras - David Levithan

Lu en partenariat avec Babelio et Gallimard jeunesse

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A66815 (1) Gallimard jeunesse - octobre 2015 - 248 pages

traduit de l'anglais (américain) par Nathalie Peronny

Titre original : Hold me closer, 2015

Quatrième de couverture :
Pour ceux d'entre nous qui se sentent ignorés d'habitude, un projecteur est comme un cercle magique qui a le pouvoir de nous arracher à la pénombre du quotidien.


Ex-boyfriends, gare à vous! 
Sportifs homophobes, rangez-vous! 
Tiny Cooper a quelque chose à dire et il va le faire en chansons. Un coming-out libérateur pour devenir enfin lui-même et se faire aimer tel qu'il est.

Auteur : David Levithan est un auteur gay américain. Il a publié son premier livre, Boy Meets Boy en 2003.
Il est l'auteur de Nick et Norah's Infinite Playlist (Une Nuit à New-York) , co-écrit avec Rachel Cohn en 2006 et adapté au cinéma en 2007. 

Mon avis : (lu en décembre 2015)
J'avais gardé un bon souvenir du livre Will & Will que j'avais lu l'année dernière et lorsqu'il m'a été proposé de découvrir ce livre "Dans tes bras" je n'ai pas hésité. Au début, j'ai été surprise car le faux sticker "Après Will & Will" m'avait induit en erreur car je pensais lire la suite de cette histoire... Si j'avais mieux lu la quatrième de couverture et le sous-titre "L'histoire de Tiny Cooper" j'aurais compris que "Dans tes bras" est la comédie musicale créé par Tiny Cooper, le meilleur ami de Will, sur sa vie.
Le livre est donc écrit comme une pièce de théâtre avec ses deux actes, les répliques, les chansons et surtout tous les conseils de mise en scène dictés avec beaucoup d'humour par Tiny.
Il manque la musique pour accompagner les chansons, mais pour le reste, on entre plutôt facilement dans cette lecture et le lecteur découvre avec curiosité la vie mouvementée et compliquée de Tiny Cooper, un garçon attachant et plein de talent !
Une belle découverte ! 

Merci Babelio et Gallimard jeunesse pour cette lecture atypique !

Extrait : (Message d’introduction par Tiny COOPER)
Dans tes bras est une histoire vraie. (À l’exception des passages où les gens se mettent à chanter, bien sûr : dans la réalité, ça ne se passe pas toujours comme ça.) Aucun nom n’a été modifié, sauf quand quelqu’un l’a mal pris ou s’est mis en colère parce que je parlais de lui et qu’il m’a expressément demandé de ne pas le citer. Cela dit, certains de mes ex n’ont pas eu leur mot à dire dans l’histoire. Si ça leur pose un problème, ils n’avaient qu’à pas me lourder.

Comme moi, ce spectacle se veut bruyant et spectaculaire, même s’il comporte aussi des moments plus calmes. Les gens qui ne comprennent pas les comédies musicales (c’est-à-dire la plupart des membres de ma famille et, pour une large part, les habitants de l’agglomération de Chicago) leur reprochent leur manque de réalisme. Je m’inscris totalement en faux. Qu’est-ce que la vie, sinon une succession de moments bruyants et calmes avec un peu de musique entre les deux ? Autrement dit : avant de monter votre propre version de Dans tes bras, que ce soit dans le gymnase de votre lycée ou sur les planches d’un théâtre de Broadway, dites-vous bien que la vérité est parfois calme… et parfois, bruyante et spectaculaire. On ne choisit pas toujours quelle forme elle va prendre.

Mais je m’égare. Mieux vaut considérer ce spectacle comme un one-man-show avec des personnages dedans. Je sais qu’il me sera physiquement impossible de jouer dans toutes les productions de ma pièce… mais s’il vous plaît, consultez-moi avant de vous lancer dans le casting. Le texte a déjà subi quelques modifications depuis sa première représentation historique. C’est comme ça aussi dans la vie, et pour tout ce qui touche à l’amour : chaque fois qu’on se penche dessus, on trouve un nouveau détail à transformer.

Pour l’heure, je conclurai juste par ces mots : mon nom est Tiny Cooper, et voici le moment de lever le rideau sur la fantastique, stupéfiante et – je l’espère – prodigieuse histoire de ma vie.

Déjà lu du même auteur :

will&will Will & Will - John Green et David Levithan

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27 novembre 2015

Dieu roule pour moi - Dominique Souton

Lu en partenariat avec Babelio et les éditions Ecole des Loisirs

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9782211225571 Ecole des Loisirs - octobre 2015 - 168 pages

Quatrième de couverture :
Bienvenue chez moi, Chrissie Jones. Mon pauvre papa pasteur, ma petite maman et mes deux foutus frères, mes cours de français, mes 13 ans et les copines qui vont avec, toutes s’impatientant de rencontrer le prince charmant. Damnit. Bienvenue à Sioux Falls, Dakota du Sud. Ses légendes indiennes, ses deux cents églises, ses phénomènes bizarres, et son bal de la pureté, au cours duquel les jeunes filles doivent promettre à leur père de rester chastes jusqu’au mariage. Ha ha ha. Oui, bienvenue dans ce trou perdu. Dieu merci, il est possible que j’ai quelques pouvoirs, susceptibles de vous étonner.

Auteur : Dominique Souton est née à Grenoble et vit à Paris. Après avoir exploré une veine plus autobiographique dans "Pur chèvre", "Bac en poche" et "Quand on raconte des histoires horribles, il arrive des histoires horribles", elle s'est inspirée de ses deux filles pour écrire les aventures d'Hélène et Azalaïs. Six livres autour d'une famille, la famille Milnes, dans lesquels elle excelle à dépeindre des situations de la vie quotidienne et plus largement, notre monde contemporain avec beaucoup d'humour et de pertinence. On retrouve Hélène et Azalaïs dans "Recherche doudou désespérément", "Maman fait ses devoirs", "9", "Ma jumelle, moi et quelques pous", "Tout le monde sait les lettres sauf moi" et "Un dada dodu".

Mon avis : (lu en novembre 2015)
Chrissie Jones est une jeune américaine de 13 ans. Elle vit à Sioux Falls "un trou perdu" du Dakota du Sud. Elle raconte sa "triste" vie dans un échange épistolaire sur internet avec Emma, sa correspondante française qui a le même âge. Le lecteur ne lira que la correspondance de Chrissie.
Chrissie se sent différente car son père est pasteur et qu'elle est élevée assez strictement et sa vie est en décalage par rapport à celle de ses camarades de classe. A l'école, elle n'a pas d'amis, elle se sent comme transparente. A la maison, ses deux frères sont des étrangers pour elle, son père est très occupé par sa pastorale, sa mère passe son temps à cuisiner des gâteaux français. Heureusement que Chrissie a trouvé Emma pour se confier et lui raconter sa vie avec la naïveté d'une pré-ado de 13 ans mais avec également une regard critique et fataliste sur son environnement proche, sur le bal de la pureté auquel elle va devoir participer, sur l'interdiction de fréquenter un garçon... 
J'ai trouvé Chrissie très attachante et j'ai passé un bon moment en sa compagnie. La quatrième de couverture évoque des pouvoirs magiques, des légendes indiennes ou des phénomènes bizarres, c'est un peu survendu car ces pouvoirs sont relatifs et anecdotiques.

L'auteur est française mais étonnement ce roman est vraiment dans le style d'un roman ado américain.

Merci Babelio et les éditions Ecole des Loisirs pour cette découverte.

Extrait : (page 8)
Chère Emma,
Je ne sais pas toi, mais moi, je suis sacrément contente qu'on soit correspondantes. Tu voulais savoir pourquoi... pourquoi je t'ai choisie. Eh bien, parce que, comme toi, j'aime écrire, chanter, danser, j'aime les chevaux et les dauphins. D'ailleurs, sur Polyglot Club, tu l'auras remarqué, on n'est pas les seules. Apparemment, tout le monde aime les chevaux et les dauphins, haha. Bien sûr, dans le Dakota du Sud, les dauphins, je ne suis pas près d'en voir, LOL. Et puis tes lunettes sont classe. Au lycée, il n'y a que moi qui aie des lunettes. Mes camarades* (oops, un blasphème !) préféreraient être aveugles plutôt que d'en porter. Une question de morale ou d'éthique, je crois. Les miennes sont moches. Une question de morale aussi. Ou d'argent. Mes pauvres parents ne tiennent pas à ce que je sois classe, et tu comprendras bientôt pourquoi.

Ta nouvelle correspondante, Chrissie

Ma chère Emma,
J'ai oublié de te le préciser, je m'appelle Christine, Christine Jones, Chrissie est un surnom. Dans Christine, il y a Christ, ma famille est très religieuse. Tout le monde est croyant aux États-Unis, mais nous, beaucoup plus que les autres. J'aurais bien sûr préféré Séléna ou Miley, mais on fait avec ce qu'on a. Je te présenterai le reste de ma foutue famille la prochaine fois.

Christine Jones

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04 novembre 2015

Le pays où l'on arrive jamais - André Dhôtel

Lu en partenariat avec avec les éditions Flammarion jeunesse

le pays où Flammarion jeunesse - octobre 2015 - 317 pages

Illustrations Julia Wauters

Quatrième de couverture : 
Dans quel monde je suis tombé ? Moi, que ma tante vouait à la routine, j'ai été emporté par un cheval pie, envoyé ici par un coiffeur baroque, et voilà que je joue aux dames avec le fils d'un collectionneur de moustaches de chat, qui est immensément riche.

Auteur : André Dhôtel, né le 1er septembre 1900 à Attigny (Ardennes) et mort le 22 juillet 1991 à Paris, est un écrivain français, à la fois romancier, conteur et poète, ainsi qu'un scénariste. Connu du grand public par le roman Le Pays où l'on n'arrive jamais, prix Femina 1955, il est l'auteur d'une œuvre abondante et singulière, où s'exprime un merveilleux proche du quotidien, dans lequel le rapport à la nature joue un grand rôle.

Illustratrice : Julia Wauters, née en 1982 en Haute-Normandie, est une illustratrice-auteur et sérigraphe française. Elle vit et travaille à Nantes.

Mon avis : (relu en octobre 2015)
Ce livre n'est pas une nouveauté pour le texte puisqu'il a été écrit en 1955 par l'auteur et a obtenu le Prix Fémina 1955. 
Gaspard grandit dans un petit village des Ardennes, Lominval, ses parents forains l'ont confié à sa tante. Un jour, il rencontre un enfant de son âge qui se cache : ce dernier a fugué pour retrouver son pays et sa mère. Gaspard l'aide à fuir, puis il part à sa recherche. En chemin, Gaspard rencontre un cheval pie sauvage qui accepte de le prendre sur sa croupe. Gaspard est persuadé que ce cheval va le conduire vers l'enfant fugitif et ensuite les emmener vers le Grand Pays...
Un voyage initiatique à travers les Ardennes françaises et belges emporte Gaspard vers des rencontres nombreuses et riches. Un récit d'aventure plein de poésie et d'imaginaire. Gaspard découvrira l'amitié, l'amour et retrouvera ses parents et vivra des aventures merveilleuses et pleine de surprises.
Le plus de cette édition sont les illustrations de Julia Wauters. Elles utilisent la technique de la sérigraphie sur textile, une technique très intéressante qui donne un rendu plus évolué que les pochoirs. Cela donne également au livre un petit côté rétro.

Merci Brigitte, Chloé et les éditions Flammarion jeunesse pour cette belle redécouverte.

Extrait : (début du livre)
Il y a dans le même pays plusieurs mondes véritablement. Si l'on explore les Ardennes, ce n'est pas une forêt que l'on découvre, mais mille forêts. Dans les contrées situées au nord, jusqu'au Rhin ou jusqu'au port d'Anvers, ce sont des centaines de collines et de plaines chargées de richesses, et l'on peut voir aussi les eaux immenses des canaux, des fleuves, des bras de mer, tandis qu'au cœur des villes, sur des places, souvent désertes, s'élèvent des beffrois qui inspirent autant de terreur que d'admiration.

Très loin de ces splendeurs, Lominval est un village qui prétend au titre de bourg. on y trouve un bureau de poste, un notaire, un médecin et un hôtel pour les touristes, l'hôtel du Grand Cerf, qui a finalement donner le ton à toute l'agglomération. Il n'y avait là, naguère qu'un groupe de maisons rurales, isolé dans une enclave de la forêt des Ardennes. Puis des gens de la ville y sont venus passer leurs vacances, des villas se sont construites, et ainsi, a pris naissance une station provinciale qui garda toujours un caractère sérieux. Lominval est situé en bordure d'un ruisseau, la Flouve, dont les détours baignent des prairies bornées par l'enceinte des bois. Il y règne en toutes saisons un profond silence, et l'on ignore plus qu'ailleurs le monde varié qui se déploie jusqu'à la mer du Nord.

Gaspard Fontarelle naquit à l'hôtel du Grand Cerf. Cette vaste auberge portait une enseigne dorée et ses fenêtres s'ornaient de géraniums ou de balsamines selon la saison. Elle était tenue par la tante de Gaspard, Mlle Gabrielle Berlicaut, femme habile et intraitable.

 

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voir site Julia Wauters

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31 octobre 2015

A la poursuite de ma vie - John Corey Wharey

Lu en partenariat avec les éditions  Casterman

a la poursuite de ma vie Casterman - octobre 2015 - 384 pages

traduit de l'anglais par Antoine Pinchot

Titre original : Noggin, 2014

Quatrième de couverture : 
Travis, 16 ans, est atteint d’une leucémie incurable. Face à l’échéance fatale, un médecin lui propose de suivre un protocole expérimental et révolutionnaire : laisser mourir son corps malade et cryogéniser sa tête, seule partie de son corps épargnée par l’affection, en attendant que la science ait découvert un moyen de la greffer sur le corps d’un donneur. Les chances de succès sont infimes, mais Travis se porte volontaire. Lorsqu’il se réveille dans un corps inconnu au terme d’un long « sommeil » de cinq ans, mais avec la sensation de ne s’être absenté que trois semaines, il peine à reconnaître le monde qui l’entoure. Sa copine Cate et son meilleur ami Kyle ont désormais 22 ans, mais lui, avec un mental intact d’adolescent, a l’impression de les avoir quittées la veille. Ses parents, soucieux de préserver leur fils unique, lui cachent les bouleversements intervenus au sein de leur couple. Enfin, sa résurrection a fait de lui une célébrité médiatique sans qu’il y soit préparé. Très vite, Travis se sent tiraillé entre deux mondes : il appartient au passé, mais se sent prêt à tout pour trouver une place dans le futur qui est le sien désormais. Avec courage et détermination, il n’a d’autre choix que de partir à la poursuite de sa nouvelle vie…

Auteur : John Corey Whaley, né en 1984, est un auteur américain de romans pour jeunes adultes. 

Mon avis :  (lu en octobre 2015)
Travis a 16 ans lorsqu'il meurt d'une leucémie foudroyante. Il a accepté de participer à une expérience un peu particulière de cryogénie. Après sa mort, sa tête est conservée pour être plus tard greffée sur un autre corps. En acceptant cette expérience, Travis espère revivre un jour et peut-être retrouver Cate, sa petite amie, de nombreuses années plus tard. Or les progrès de la médecine ont été plus vite que prévu et finalement c'est seulement 5 ans plus tard que Travis revient à la vie. Pour lui, il a l'impression de se réveiller après quelques jours. Mais le monde autour de lui a continué de vivre. Ses amis ont maintenant 5 ans de plus que lui. Sa petite amie est fiancée... Travis a toujours le caractère d'un adolescent, qu'il n'a pas cessé d'être, contrairement à ses amis qui sont devenus des adultes. Travis a du mal à s'adapter à sa nouvelle vie, il a tendance à regretter sa vie d'avant... Il va lui falloir du temps pour arrêter de se plaindre et arrêter de ressasser le passé plutôt que de regarder vers l'avenir...
Cette histoire est très originale qui nous interroge sur comment vivre dans le corps d'un autre, ou pour les proches comment vivre un deuil avec un infime espoir de voir un proche revivre... 

Merci aux éditions Casterman pour cette lecture à la limite du fantastique.

Autre avis : Gambadou

Extrait : (début du livre)
Voilà : j'étais vivant, et puis je suis mort. C'est aussi simple que ça. Sauf que je suis de retour. Ce qui s'est passé dans l'intervalle reste pour moi un peu flou. Tout ce que je peux vous dire, c'est que ma tête a été séparée de mon corps puis placée dans un congélateur de l'hôpital de Denver, dans le Colorado.
Personne n'échappe à la mort. De tous les animaux de la planète, il paraît que l'homme est le seul à se savoir promis à une fin tragique. Seulement, certains sont confrontés à cette échéance beaucoup plus tôt que les autres. Par expérience, je peux témoigner qu'une existence humaine peut passer du paradis à l'enfer en moins de temps qu'il n'en faut pour prononcer les mots "leucémie aiguë lymphoblastique".
L'ancien moi est tombé malade en quelques jours, si rapidement que les médecins, incapables d'endiguer le mal, se sont trouvés réduits à commenter sa gravité et sa vitesse de progression. La chimio, la radiothérapie et les greffes de moelle osseuse n'ont fait qu'accélérer et renforcer le processus.
On dit qu'on ne vit qu'une fois. Je suis la preuve du contraire.

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04 octobre 2015

La messe anniversaire - Olivier Adam

la-messe-anniversaire-6886 Ecole des Loisirs - septembre 2003 - 180 pages

Quatrième de couverture :
"Caroline n'existe plus que dans nos têtes, dans nos souvenirs et dans nos larmes."

Caroline est morte. Il y a un an déjà. Elle avait quinze ans quand sa vie a basculé. Ça s'est passé lors d'une fête entre copains. Elle était là, bien vivante. Et la seconde d'après, elle n'était plus qu'un corps désarticulé sur le béton. Depuis, chacun de ses amis témoins de la scène, apprivoise sa peine, vaille que vaille, dans son coin. Et la vie continue.
Il y a Titou, qui déraille un peu ; Sophie, qui refuse d'oublier de peur de trahir ; Nico, l'ami d'enfance, celui du premier baiser ; Marilou, qui a déménagé et refait sa vie ; Alex, qui essaie de vivre pleinement et tout de suite, malgré la culpabilité… Chacun d'entre eux vient de recevoir par la poste un carton d'invitation frappé d'une petite croix grise.
Ils sont invités samedi à la messe anniversaire et vont se retrouver après un an de deuil.

Auteur : Olivier Adam est né en 1974. Après avoir grandi en banlieue et vécu à Paris, il s'est installé à Saint-Malo. Il a publié Je vais bien, ne t'en fais pas (2000) et Passer l'hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), Falaises, A l'abri de rien (prix France Télévisions 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008), Des Vents contraires (Prix RTL/Lire 2009), Le Cœur régulier (2010), Les lisières (2012), Peine perdue (2014).

Mon avis : (lu en septembre 2015)
Demain Titou, Sophie, Nico, Marilou et Alex vont se retrouver à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Caroline. C'était il y a un an, lors d'une fête entre copains, Caroline a basculé depuis le balcon au 7ème étage de l'immeuble. Depuis le drame, chacun des cinq amis revit l'instant fatidique, le deuil, l'absence seul, isolé. Tour à tour le lecteur découvre par la voix de chacun, leur état d'esprit, la relation qu'ils avaient avec Caroline, le récit du drame et comment ils ont réussi ou non à surmonter le choc. Demain, sera la première fois où ils seront de nouveau réunis. Ils appréhendent et redoutent ce moment...
Avec des phrases simples et beaucoup de sensibilité, Olivier Adam aborde un sujet difficile : la mort, le deuil. Un livre émouvant.

Extrait :
Je me souviens de ça, du soleil qui entrait dans le salon, de nos corps allongés côte à côte sur le tapis et les yeux qu’on fermait. Le soleil nous brûlait les paupières et tout devenait orange. 

Je me souviens de ça. Nos paupières orange et les rires qu’on avait quand on sautait sur le matelas du vieux lit. On a ruiné le sommier et ma mère nous a sacrément engueulés. 
Je me souviens de ça. Nos paupières orange et les billes transparentes qu’on regardait des heures à la lumière, les bulles d’air à l’intérieur, les couleurs emmêlées. 
Je me souviens de ça. Nos paupières orange et le chocolat chaud, l’après-midi devant les dessins animés, l’hiver on se serrait sur le canapé, on se serrait et la vieille couverture orange la faisait toujours éternuer. 
Nos paupières orange et son rire quand je la poussais sur la balançoire. 
Nos paupières orange et ses cris quand j’accélérais et faisais mine de la semer, qu’elle pédalait en pleurnichant. 
Nos paupières orange, sa voix pointue, son rire clair dans la joie des mercredis après-midi. 
Nos paupières orange et ses lèvres fines, ses cheveux blonds presque roux, les taches de rousseur sur ses joues et son front quand le soleil lui cuisait la peau. 
Nos paupières orange.

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27 septembre 2015

Afghanes - Suzanne Fisher Staples

afghanes-191225-250-400 Gallimard Jeunesse - mars 2006 - 304 pages

Quatrième de couverture :
Octobre 2001, un mois après le 11 septembre. L’Afghanistan, dévasté par la guerre civile, est bombardé par les Américains. La jeune Najmah, douze ans, perd tout : sa famille, sa maison. Pour survivre, elle doit fuir. Déguisée en garçon, elle entreprend un périlleux voyage vers le Pakistan où elle espère retrouver la trace de son père et de son frère, enrôlés de force par les talibans. Nusrat est américaine. Mariée à un médecin pakistanais, elle a choisi de devenir musulmane. Son mari, parti en mission en Afghanistan, reviendra-t-il sain et sauf ?
Dans le camp de réfugiés de Peshawar, Nusrat fait l’école aux enfants réfugiés. Un jour, elle accueille Najmah dans sa classe. Leur rencontre est celle de deux âmes meurtries. Deux femmes insoumises. Deux cultures que tout semble opposer. Pourtant, un même espoir les réunit, leur permet de dépasser leurs pertes mutuelles et de continuer à aller de l’avant, malgré l’attente angoissante qui les mine…
« Aussi longtemps que tu connaîtras les étoiles, tu ne seras jamais perdu », dit le Coran.

Auteur : Suzanne Fisher Staples est américaine. Elle a vécu longtemps en Asie, au Pakistan, en Inde, en tant que journaliste, correspondante étrangère. Elle a travaillé au Pakistan et en Afghanistan, sur un projet d’alphabétisation des femmes en milieu rural, sponsorisé par l’Agence Américaine pour le Développement International. Elle s’est inspirée de ses expériences extraordinaires, de ses voyages, de ses rencontres pour écrire des romans qu'elle destine aux jeunes adultes. Elle vit en Pennsylvanie aux États-Unis.

Mon avis : (lu en septembre 2015)
Najmah, douze ans, est une jeune afghane qui a tout perdu. Elle vivait avec sa famille dans un village du nord de l'Afganistan dans la région de Kunduz. En octobre 2001, c'est la guerre, les Talibans sèment la terreur puis les Américains interviennent et bombardent le pays. Le père de Najmah et son frère sont emmenés par les Talibans, elle reste seule avec sa mère enceinte d'un bébé qui doit arriver sous peu. Un bombardement, la laisse seule sans rien : sa mère et son petit frère meurent, sa maison n'existe plus. Najmah est obligée de fuir pour survivre, son seul espoir rejoindre le Pakistan.
Nusrat est américaine, mariée à Faiz, un médecin pakistanais, elle a choisi de devenir musulmane et de le suivre au Pakistan. Lorsque l'histoire commence, Faiz est en mission au nord de l'Afghanistan, Nusrat vit à Peshawar, elle fait l’école à des enfants réfugiés. Chaque jour, elle espère son retour.
Ce livre est passionnant et très bien écrit, Najmah et Nusrat sont deux personnages attachantes et étonnantes. Elles ont deux cultures différentes, mais toutes veulent survivre, aller de l'avant. Le lecteur découvre l'Afghanistan et ses habitants, ses coutumes, la guerre et les difficultés qu'il en découle. Un livre littérature ado qui se lit très bien pour des adultes.
Bravo, également au lexique en fin du livre nous permettant de comprendre quelques mots afghans ou pakistanais. 

Extrait : (début du livre)
Cette journée a commencé comme toutes les autres, au rythme de la lune et du soleil. Avant même que les étoiles ne cessent de briller au-dessus des montsKunduz pour faire place aux premières lueurs de l'aube, ma mère a secoué ma couverture et m'a chuchoté : 

- Réveille-toi, la belle endormie, c'est l'heure d'allumer le feu ! 
J'avais l'impression que je venais de m'endormir. Puis elle s'est penchée sur le lit de mon frère aîné, Nur. 
- Debout, toi aussi, il est temps d'aller chercher l'eau pour le thé !
Nur a grogné et s'est retourné dans son lit en remontant la couverture sur sa tête. Alors, comme chaque fois que mon frère feignait de l'ignorer, Mada-jan a soulevé l'extrémité de la courtepointe et lui a chatouillé la plante des pieds avec un bout de paille. 

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26 septembre 2015

Mentine T 02 : Cette fois c'est l'internat ! - Jo Witek

Lu en partenariat avec les éditions Flammarion Jeunesse

mentine Flammarion Jeunesse - août 2015 - 270 pages

Illustrations de Margaux Motin

Quatrième de couverture : 
Exclue.
Cette sentence est tombée en novembre, à quelques jours de mon anniversaire. J'allais avoir treize ans, j'étais déscolarisé et sur le champ de bataille de ma vie, une survivante : Johanna Estamplade, ma seule amie !
A la rentrée, tout se passe mal pour Mentine, sa meilleure amie Lola révèle qu'elle est surdouée. Révoltée, elle finit par se faire exclure de son établissement. Une seule solution : l'internat.

Auteur : Au départ comédienne et conteuse, Jo Witek se dirige assez vite vers l’écriture. D’abord pour le cinéma, en tant que scénariste et lectrice, puis pour la presse écrite et la littérature. Depuis 2009 elle écrit particulièrement pour les ados, des documentaires et des romans – En un tour de main et Récit intégral (ou presque) d’une coupe de cheveux ratée. Elle est l'auteur de Peur ExpressRêves en noirUn hiver en enferMa vie en chantier et Un jour j'irai chercher mon prince en skate. Elle réside aujourd’hui à Pézenas.

Mon avis : (lu en septembre 2015)
Je n'avais pas lu le premier tome des aventures de Mentine, cela ne m'a pas empêchée de lire celui-ci avec beaucoup de plaisir. 
Mentine est à la veille de ses treize ans et elle n'a pas le moral... Elle est en train d'imaginer le discours qu'on lirait à son enterrement... Quel drôle de comportement... mais Mentine adore jouer à cela lorsqu'elle déprime ! Ce début d'histoire est particulier... mais Mentine est une fille spéciale : elle vient de se faire renvoyer de son collège pour « son comportement agressif et blessant envers ses camarades et professeurs ». Cela commence par une dispute avec celle que Mentine considérait comme sa meilleure amie, Lola. Celle-ci s'est mise avec Téo, le plus beau garçon de la classe, et elle lui a raconté le secret de Mentine... Cette dernière cache depuis qu'elle est scolarisée qu'elle est une EIP (Enfant Intellectuellement Précoce). Mentine est tellement furieuse qu'elle se jette sur Lola et lui saute à la gorge comme un furie... Ensuite, c'est tout le collège qui est contre elle, on la traite de tricheuse et seule Johanna est restée son amie... 
Après son renvoi, ses parents décident de l'envoyer en Suisse dans un internat où ils espèrent que Mentine s'épanouiera et apprendra à accepter son QI exceptionnel !
Ce livre est destiné à l'âge collégien, l'histoire est rythmée, pleine d'humour même si les problèmes de Mentine ne le sont pas. Elle est également joliment illustrée par Margaux Motin.

Merci Brigitte, Alicia et les éditions Flammarion Jeunesse pour cette jolie découverte.

Extrait : (début du livre)
Mentine n’avait même pas treize ans. Fauchée en pleine jeunesse, cette brillante adolescente nous a quittés sans prévenir. Elle était si jolie, comme disait la chanson, si vive, si passionnée, drôle et insolente ; la société ne l’a pas supporté. Les élèves du collège Jules-Ferry non plus. Eh oui, chers amis, pour survivre dans la terrible jungle de la puberté, au cœur même de la pousse des poils, des seins, des désirs sauvages et des boutons d’acné, un tour de poitrine de 90 B est plus utile qu’un QI de 150 ! C’est ce drame que nous raconte la courte et fulgurante histoire de Mentine Green. À cinq ans déjà, elle savait lire, à huit, elle s’intéressait aux nébuleuses, au système solaire interne et externe, aux trous noirs et de ver. À onze ans, elle dévorait en masse des cupcakes, ainsi que des romans gothiques de 800 pages. À douze, elle se passionnait pour les sciences naturelles, observant à la loupe les dessous masculins dans les catalogues de sa grand-mère. Oui, elle était de la race des grandes figures de l’humanité ! De la trempe de ceux qui s’interrogent en permanence sur tout et n’importe quoi. Du côté de ceux qui cherchent, trouvent et gagnent des prix Nobel. Pourtant, elle a tout foiré. Un beau massacre. Mentine n’a pas supporté d’être étiquetée EIP, HQI, HP1 , et encore moins « boulette », « grosse tronche », « p’tit génie », « Einstein en string ». Inclassable, déclassée, bannie, moquée, elle a préféré en finir sans obtenir les réponses à ses ultimes questions : « comment penser l’infini ? » et « pourquoi Téo Mallant ne veut-il pas sortir avec moi ? ». Pauvre enfant, elle a vécu son haut potentiel intellectuel comme un cadeau empoisonné ! Elle laisse derrière elle un sentiment de gâchis, celui de la société qui ne sait plus se réjouir des talents hors norme. Adieu, Mentine Green, tu ne manqueras à personne, sauf peut-être à ta famille, à ta meilleure amie et à quelques admirateurs anonymes… 
— Mentine, ça va refroidir ! À table ! Je ne le répéterai pas.
— GRRRR ! Ma mère a le don d’interrompre mes oraisons funèbres. Comme si elle devinait que j’étais en train de m’imaginer morte et que cela lui était insupportable. Ce qui est normal en soi, mais je trouve tout aussi normal de penser à la mort à mon âge. Rien de plus naturel. Personnellement, j’adore faire ça quand je déprime. Imaginer les discours qu’on lirait à mon enterrement. Je ne suis pas mauvaise en la matière. D’ailleurs, je suis certaine que vous étiez sur le point de pleurer vous aussi, n’est-ce pas ? Allez, avouez ! Il n’y a pas de honte à se laisser berner par de beaux discours. C’est la force des mots qui permet de rendre le monde moins moche qu’il en a l’air. Ou parfois l’inverse. Vous l’aurez compris, à ce moment de ma vie, j’étais au fond du trou. J’avais douze ans, onze mois et vingt-sept jours et mes parents venaient d’apprendre que leur chère fille – au QI de vingt points supérieur à celui de Barack Obama –, se faisait renvoyer du collège pour « son comportement agressif et blessant envers ses camarades et professeurs ». Un lynchage complet. Tous contre moi ! Nous y étions. J’étais bannie de la société. Je dois avouer que je l’avais bien cherché, mais mon comportement « agressif et blessant » n’était en réalité qu’une esquive aux coups bas, aux humiliations qu’on m’avait fait subir en ce premier trimestre de troisième. Un trimestre pourri. Le pire de ma vie. Je n’ai pas le choix, il va falloir que je vous le raconte, si je veux que vous compreniez comment j’ai débarqué dans un internat pour grosses tronches, à des centaines de kilomètres de ma famille et, surtout, en plein milieu de l’année scolaire. Bon, je me lance…

 Challenge 1%
rl2015
6/6

Déjà lu du même auteur :

un jour j'irai chercher Un jour j'irai chercher mon prince en skate

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19 septembre 2015

1, 2, 3... foulard - Eric Sanvoisin

123 foulard Gründ - septembre 2014 - 149 pages

Quatrième de couverture :
Charlotte, douze ans, est nouvelle au collège et perdue dans la vie. Ses parents adoptifs essaient de lui faire oublier son passé tragique. Mais tout cela s'évapore quand elle rencontre Jordan. Mystérieux, froid, beau à pleurer, il occupe toutes ses pensées. Quand il lui propose de l'initier au jeu du foulard, elle plonge les yeux fermés...

Auteur : Éric Sanvoisin est un auteur de littérature de jeunesse. Il a exercé différents métiers : correcteur/relecteur dans l'édition, éducateur spécialisé, maquettiste PAO, Assistant maternel, Correcteur dans l'édition technique et bibliothécaire (depuis 1993). Toutes ces activités tournent autour des livres et des enfants. Il est actuellement bibliothécaire-adjoint à la ville de Saint-Brieuc. Il est papa de 9 enfants... tous voulus et tous venus au monde un par un. Ils ont tous la même maman... Eric Sanvoisin est membre du comité de rédaction de la revue Griffon et membre de la Charte des Auteurs et Illustrateurs de Jeunesse. 

Mon avis : (lu août 2015)
Ce livre aborde un sujet difficile et angoissant, le tristement célèbre jeu du foulard. La narratrice, Charlotte, est âgée de 12 ans, du lit d'hôpital où elle se trouve, elle s'adresse à ses parents adoptifs et revient, en quarante-quatre chapitres très courts, sur les jours précédents son hospitalisation.
Après une enfance chaotique, elle est arrivée dans cette famille d'accueil à l'âge de sept ans et y a trouvé la stabilité dont elle avait besoin. Charlotte redoute pourtant son entrée en sixième dans un collège où elle se sent toute petite... Par l'intermédiaire de Coraline, une camarade, elle va entrer dans la bande du beau Jordan qui la fascine. Ce dernier va petit à petit avoir de l'influence et de l'emprise sur Charlotte, et celle-ci va accepter de participer au "jeu des étoiles filante"...
J'émets quelques réserves sur l'âge de Charlotte, je la trouve trop jeune pour cette histoire soit crédible, de même je pense que son problème de relation avec sa mère biologique parasite un peu le sujet premier du livre... Je ne pense pas que seule une enfant "fragilisée" peut se laisser entraîner dans ce jeu dangereux...

Malgré ces réserves, j'ai trouvé Charlotte très attachante et l'histoire bouleversante. 

Autres avis : Noukette, SaxaoulJérôme

Extrait : (début du livre)
« Papa, maman, ne pleurez pas. Je suis vivante.

Je vous entends mais je ne peux pas vous répondre. Mon corps est en panne. Il ne m’obéit plus.
Je ne sens plus rien. Est-ce normal ?
J’ai quitté mon enveloppe corporelle. Je plane et je nous vois, tous les trois. Toi, papa, debout, raide, planté dans le sol de ma chambre d’hôpital comme un javelot. Toi, maman, assise près de moi, ma main dans la tienne, ta bouche près de mon oreille, murmurant des poèmes que tu as appris autrefois à l’école. Et moi, déesse immobile, reliée par un tuyau à un grand nuage blanc.
J’entends. Je vois. Et je me souviens… »

 

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