14 septembre 2017

Sauveur & Fils - saison 2 - Marie-Aude Murail

81DjpsrztPL Ecole des Loisirs - novembre 2016 - 320 pages

Quatrième de couverture :
Côté jardin, Sauveur mène sa vie avec son fils Lazare, 9 ans et il a quelque espoir de reconstruire une famille avec Louise et ses deux enfants. Côté ville, Sauveur reçoit ses patients : Ella, qui se travestit en garçon, Blandine, qui se shoote aux bonbons, Samuel, qui ne se lave plus, etc. Mais n oublions pas pour autant les autres espèces animales dans cette saison 2. Vivent les hamsters, les ouistitis, et en guest-star : Pépé le putois !

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s'est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009), 3000 façons de dire je t'aime (2013).

Mon avis : (lu en août 2017)
Quel plaisir de retrouver Sauveur, psychologue clinicien, son fils Lazare et tous ces patients. Il y a des anciens déjà vus en saison 1 : Gabin qui habite toujours chez Sauveur, Ella qui voudrait être Elliot, Blandine, la soeur de Margaux, Alexandra et Charlie le couple d'homosexuelles et des nouveaux : Madame Gervaise Germain une martiniquaise souffrant de toc, Raja une petite fille syrienne traumatisée par la guerre, Samuel un adolescent en conflit avec sa mère...
Côté privé, il y a Louise et ses deux enfants Paul et Alice et bien sûr les hamsters !
A travers les consultations de Sauveur, de sa vie privée avec son fils, Marie-Aude Murail dépeint la société d'aujourd'hui et la souffrance des enfants, des adolescents et des adultes autour des thèmes comme les tocs, l'hyperactivité, le suicide, la phobie scolaire, la famille recomposée...
Et maintenant, je compte bientôt dévorer la saison 3. A suivre...

Extrait : (début du livre)
Semaine du 7 au 13 septembre 2015

Un petit jeune homme, dont la jambe droite trépidait d’impatience, était assis dans la salle d’attente de monsieur Saint-Yves. Très mince et encore peu développé, il flottait dans sa veste noire. Une chemise blanche et une cravate finement striée achevaient de lui donner un air de dimanche et fêtes. Ayant poussé un soupir d’ennui, le garçon se replongea dans sa lecture. Il tenait en main un vieux livre relié de la collection Rouge et Or. François le Champi de George Sand.
La porte s’entrouvrit et une voix de basse murmura :
— Ella ?
Le petit jeune homme fit claquer son livre en le refermant. Tout bien considéré, c’était une jeune fille.
Elle suivit son psy dans le cabinet de consultation qui était en face de la salle d’attente et resta un instant debout à regarder autour d’elle.
— Ça fait drôle d’être là.
— Tu as passé de bonnes vacances ?
Ils se regardèrent, surpris d’être émus.
— C’était long, dit-elle.
Sauveur Saint-Yves était vêtu comme Ella d’une veste sombre et d’une chemise blanche. Mais la ressemblance s’arrêtait là. C’était un Noir athlétique de 1,90 mètre, avec un trait de barbe et de moustache lui encerclant les lèvres.
— Bonjour, madame Gustavia !
Ella fit deux pas et s’accroupit devant la cage posée sur une table basse. Comme il était 18 heures, madame Gustavia avait sa mine chiffonnée et ses oreilles rabattues de hamster mal réveillé.
— Elle va bien ?
— Elle mange tout et n’importe quoi. Quand elle était enceinte, je trouvais ça normal. Mais maintenant, c’est compulsif. Elle est boulimique.
— Il y a des psys pour hamster ?
— Oui. Il y a moi, répondit Sauveur, faussement sérieux.
— Quand je serai grand, dit Ella en se redressant, j’aurai un chien. Mes parents ne veulent pas d’animaux à la maison.
Sans relever l’accord de l’adjectif au masculin, Sauveur lui désigna un siège, et lui-même s’assit dans son fauteuil.
La reprise d’une thérapie peut être laborieuse après deux mois et demi d’absence. Ella cherchait un sujet de conversation tandis que Sauveur observait du coin de l’œil ce visage intelligent aux lèvres et aux arcades sourcilières fermement dessinées, à la peau très pâle et aux cheveux bruns coupés court. Huit mois plus tôt, la maman d’Ella, madame Kuypens, était venue consulter avec sa fille pour un problème de phobie scolaire. Il s’était avéré en cours de thérapie qu’Ella, au seuil de la puberté, était perturbée par un secret de famille. Ses parents lui avaient caché qu’elle était née après la mort in utero d’un petit frère qui aurait dû s’appeler Elliot.
— Tu ne portes plus tes lunettes ?
— Maman m’a acheté des lentilles pour mes 13 ans.
— Ça va avec tes parents ?
— Moyen. Papa ne comprend pas pourquoi je continue ma thérapie. Pour lui, je suis « guérie ». Je retourne normalement au collège. J’ai même eu les encouragements au dernier trimestre.
— Félicitations.
— Non, les encouragements seulement.
— Félicitations pour tes encouragements.
Ils rirent du malentendu, et le silence revint. Sauveur chercha une autre ouverture.
— Et cette rentrée, ça se passe bien ?
— Ça va.
Ella prit une inspiration, baissa la tête comme si elle s’apprêtait à plonger. Et plongea.
— Je suis en 4e A. Je connais pas tellement les gens. Il y a un garçon qui s’appelle Jimmy et qui est un geek total avec les grosses lunettes, l’acné, l’appareil dentaire, tout quoi ! Je me moque pas. C’est juste… Bon, bref. Il ne parle que de jeux vidéo, il est à fond dans Call of Duty. J’y joue aussi. Alors, on a un peu discuté. Il a demandé à être mon ami. Sur Facebook, je veux dire.
Le garçon était devenu le 32e ami d’Ella. Puis il lui avait demandé si elle voulait sortir avec lui en MP.
— Sortir en MP ?
— Mais non ! Il m’a demandé en MP si je voulais sortir avec lui. MP, c’est la messagerie privée de Facebook.
Elle articulait comme si elle avait affaire à un sourd ou un idiot. Un adulte. Sauveur s’amusait intérieurement sans rien laisser paraître.

 

Déjà lu du même auteur :

 

Simple Simple et Simple (relecture)

 

 papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

 

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin 

 

92806891 3000 façons de dire je t'aime 

114911377 Sauveur et fils - saison 1

 

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26 mai 2017

George - Gino Alex

Masse-critique-jeunesse-revient

715invu+5JL Ecole des Loisirs - février 2017 - 176 pages

traduit de l'anglais par Jean-François Kerline

Titre original : George, 2015

Quatrième de couverture :
Parfois, les gens ne voient pas les choses comme elles sont, mais comme ils croient qu'elles sont. Beaucoup de gens aiment George. Maman est très fière de son petit garçon, Scott aime son « frérot », et Kelly le tient pour son meilleur ami. Mais George sait que les gens ne voient pas qui elle est vraiment. Car, George en a la certitude, elle est une fille. Dès 10 ans.
Auteur : George est le premier roman de l'Américain Alex Gino. Cet adulte transgenre ne se définit ni comme un homme ni comme une femme, mais utilise le pronom personnel pluriel "ils" pour parler de sa personne. Militants pour les droits des homosexuels et des transgenres, "ils" ont mis une dizaine d'années à écrire George.

Mon avis : (lu en mai 2017)
Voilà un très joli roman sur le transgenre... Ce mot fait peur aux adultes et les dérange... Pourtant dans ce livre le sujet est évoqué très simplement par un enfant, George. Elle est une fille et pourtant autour d'elle, tous la traite comme un garçon. C'est vrai que pour sa maman, elle est son petit garçon, pour Scott, elle est son petit frère... Sa meilleure amie, Kelly, va comprendre et accepter ce que ressent George. Lors d'une répétition d'une scène de théâtre, George interprète avec une telle conviction et une telle justesse le rôle féminin que Kelly est stupéfiée et elle aidera George à se faire accepter comme « fille » auprès des adultes de son entourage.
George est un enfant qui souffre de ne pas être « elle », avec beaucoup de simplicité et de douceur, elle décrit avec ses mots d'enfants de ce qu'elle ressent. Ce livre est un vrai hymne à la tolérance.
Il permet, à nous, adultes, de nous interroger sur notre réelle ouverture d'esprit et à ne pas réduire le sujet « transgenre » à un sujet sexuel. 

Extrait : (début du livre)
George sortit une clé argentée de la plus petite poche d'un grand sac à dos rouge. Maman avait cousu la clé à l'intérieur pour qu'elle ne se perde pas, mais le fil n'était pas tout à fait assez long pour atteindre la serrure quand le sac était posé par terre. Donc George fut obligée de rester en équilibre sur un pied en maintenant le sac sur le genou de l'autre jambe. Elle visa le trou et tourna la clé.
Elle faillit trébucher en entrant et appela : « Hello ? » Aucune lumière n'était allumée. Elle voulait tout de même s'assurer que la maison était vide. La porte de la chambre de maman était ouverte et les draps bien lisses. La chambre de Scott était également inoccupée. Certaine d'être seule, George se rendit dans la troisième chambre, ouvrit la porte du placard et inspecta la pile d'animaux en peluche et les autres jouets qui étaient à l'intérieur. Tout était en ordre. 
Maman reprochait à George de ne plus s'amuser avec ses jouets depuis des années et disait qu'il faudrait en faire cadeau à des familles dans le besoin. Mais, pour George, ils étaient nécessaires, ils étaient les gardiens de sa collection secrète, celle à laquelle elle tenait plus que tout. Elle fouilla sous les ours et les lapins en peluche, à la recherche d'un sac platen jean. Dès qu'elle l'eut en main, elle courut dans la salle de bains et ferma la porte au verrou. Elle se laissa glisser sur le sol en serrant fortement le sac dans ses bras.
Quand elle renversa le sac en jean sur le côté, les pages soyeuses et glacées d'une douzaine de magazines tombèrent sur le carrelage. Les couvertures étaient pleines de promesses : COMMENT AVOIR UNE PEAU PARFAITE, DOUZE NOUVELLES COIFFURES POUR L'ETE, COMMENT DIRE A UN BEAU GARCON QU'IL TE PLAÎT et MODE FUN POUR L'HIVER. George avait juste quelques années de moins que les filles qui lui souriaient sur papier glacé. Elle les considérait comme des copines.

 

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18 mars 2017

Sauveur et fils - saison 1 - Marie-Aude Murail

sauveur_1 Ecole des Loisirs - avril 2016 - 300 pages

Quatrième de couverture :
Quand on s'appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 m pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d'affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s'évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la maman vient de se remettre en ménage avec une jeune femme... Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Mais à toujours s'occuper des problèmes des autres, Sauveur a oublié le sien. Ne devrait-il pas protéger ce petit garçon, Lazare, 8 ans, qui est son fils, menacé par un secret ?

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s'est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009), 3000 façons de dire je t'aime (2013).

Mon avis : (lu en février 2017)
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien, il reçoit ses patients dans sa maison où il vit seul avec Lazare, son fils de 8 ans. Sans que Sauveur le sache, Lazare suit à travers une porte entrouverte la vie des patients de son père comme s'il suivait un feuilleton télévisé.  Il y a Margaux qui se scarifie, Gabin addictif aux jeux vidéo, Cyrille l'énurésique, Ella la phobique scolaire... 
Lazare est un petit garçon intelligent, il réussit à l'école où il fait la paire avec son Paul son meilleur copain. Il aime son père et attend que celui-ci lui parle de sa maman qui est morte lorsqu'il était tout petit. Mais pour Sauveur, le sujet semble tabou...
A travers les consultations de Sauveur, de sa vie privée avec son fils, Marie-Aude Murail dépeint la société d'aujourd'hui et la souffrance des enfants et adolescents autour des thèmes comme la scarification, la dépression, la phobie scolaire, le racisme, l'homophobie…
Un gros bémol sur la couverture du livre et ce cochon d'Inde qui suggère une histoire enfantine... Si l'auteur n'était pas Marie-Aude Murail, jamais je n'aurai eu envie de découvrir son livre... Il y a bien un hamster dans cette histoire, mais ce n'est pas le cœur du sujet de ce livre touchant et attachant.
La bonne idée, c'est qu'il y a une suite...
Je compte bientôt dévorer la saison 2 et je viens de voir que le livre de la saison 3 vient tout juste de sortir. A suivre...

Extrait :
Sauveur ouvrit la porte de la salle d’attente en douceur. Si les gens n’étaient pas prévenus, ils avaient un mouvement de surprise en l’apercevant.
— Madame Dutilleux ?
Madame Dutilleux arrondit les yeux et Margaux baissa les siens.
— Nous avons rendez-vous. Je suis Sauveur Saint-Yves. C’est par ici.
Il désigna son cabinet de consultation de l’autre côté du couloir puis s’effaça. En passant devant lui, madame Dutilleux, la quarantaine, menue dans son jean slim, resserra la ceinture de sa veste en cuir. Margaux, 14 ans, s’enrobant ou se dérobant dans sa doudoune, laissa flotter son écharpe de laine et ses longs cheveux.
Sauveur captait tous les signaux qu’envoient les corps, surtout à ce moment très intense de la première fois. Les quelques pas de Margaux et de sa mère pénétrant sur son territoire lui firent sentir l’hostilité de l’une et la méfiance de l’autre.
— Où on se met ? dit Margaux, la voix rogue.
— Vous choisissez… Mais vous me laissez mon fauteuil.
Sauveur avait la voix caressante de Nat King Cole vous chantant : « Unforgettable, that’s what you are… » Madame Dutilleux piqua des fesses sur un bord de canapé et se tint assise, le dos raide et les mains à plat sur ses cuisses serrées. Margaux lâcha son sac à dos et s’affala à l’autre extrémité du canapé, un bras dans le vide et son écharpe balayant le parquet. Ni l’une ni l’autre ne s’étaient attendues à un interlocuteur noir de 1,90 mètre, plutôt décontracté dans son costume sans cravate.
— Vous êtes docteur ? s’étonna naïvement madame Dutilleux.
— En psychologie.
Pfff, fit Margaux comme un ballon qui se dégonfle. Elle mourait de chaud. Les pointes du col de sa doudoune lui rentraient dans les joues. Mais pour rien au monde elle n’aurait fendu son armure.
— Mon cabinet est un peu trop chauffé, compatit Sauveur. Est-ce que tu voudrais me dire pourquoi tu es là ? Ta maman m’a parlé d’un « problème avec l’école ».
— Mais je voulais pas venir ! se récria Margaux. C’est l’autre, là… « L’autre, là » désignait manifestement sa mère.
— Ne le prenez pas mal, intervint madame Dutilleux, moi aussi, j’aurais autant aimé ne pas venir.— Donc, vous êtes toutes les deux ici contre votre volonté, résuma Sauveur. Vous m’en voyez désolé.
Un ange passa, sans doute au plafond, car Margaux y jeta un regard exaspéré.
— C’est l’infirmière scolaire, se lança madame Dutilleux, madame Sandoz…
— Une facho, précisa Margaux en sourdine.
— Elle est passée dans la classe de Margaux… et dans toutes les classes du collège.
Tout en jetant des coups d’œil sur sa fille, madame Dutilleux cherchait les mots qui pourraient ne pas mettre le feu aux poudres.
— Elle a demandé aux élèves de relever leurs manches… C’était pour vérifier si elles… enfin, ils, parce que ça concerne aussi les garçons, mais moins…
— Qu’est-ce que t’en sais ? reprit la sourdine.
— C’est un peu comme une mode. Avant, c’était plutôt les tatouages ou le piercing…
— Mais n’importe quoi ! maugréa l’autre bout du canapé.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple et Simple (relecture)

 papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin 

92806891 3000 façons de dire je t'aime

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29 janvier 2017

Le journal de Nine - tome 3 : Pourquoi c'est pas juste - Géraldine Maillet

Lu en partenariat avec Flammarion jeunesse

nine_3 Flammarion jeunesse - janvier 2017 - 131 pages

Illustrations de Line T.

Quatrième de couverture : 
"Mon petit journal adoré, on se fait confiance tous les deux.
On vit ensemble depuis que je sais écrire. En ce moment, je grandis trop vite, je n'ai plus de temps pour moi. Ma nouvelle famille, le collège, les amours...
Il suffit de me voir avant et après les vacances pour comprendre ce que c'est "préado" puis "ado" sans le "pré". Allez, je vais tout te raconter!"

Auteur : Géraldine Maillet, mannequin pendant 7 ans, a abandonné ce métier pour devenir écrivain. Elle est chroniqueuse pour "Ça Balance À Paris" sur Paris Première.
Elle est l’auteur de plusieurs romans dont 'Presque top model' (2007) et 'French Manucure' (2008), qui furent des succès de librairie. Elle a également réalisé deux court-métrages.
En 2014 paraît le premier tome du 'Journal de Nine'. La série est destinée aux pré-adolescent(e)s.

Mon avis : (lu en janvier 2017)
Je ne connaissais pas encore Nine, diminutif de Léopoldine.
Ce livre est le troisième tome et à priori le dernier de la série. En effet, dès début, Nine annonce à son journal que ce sera le dernier car elle n'a plus le temps...

Nine entre en cinquième. Elle était une pré-ado et elle devient une adolescente et elle se confie à son journal. Elle raconte ses vacances en Sicile dans la famille de Damien, le compagnon de sa mère, avec son petit frère Léon ainsi que Victor et Romy, les enfants de Damien. Elle s'interroge sur les transformations de son corps, fais des listes de ce qui compte pour elle, de ce qu'elle ne veut pas oublier... Elle raconte sa vie dans une famille recomposée, dans sa classe de cinquième, les relations entre ses parents...
Ce journal se lit facilement, c'est plein d'humour, très actuel, les illustrations sont très réussies et sont un vrai plus. Destiné aux ados de 10 à 12 ans.

Extrait : (début du livre)
AVEU n°1 : Bon, faut se dire les choses, je sens que tu seras mon dernier journal.
C'est triste de dire « dernier » à mon âge, mais moi, je suis honnête avec toi. Je ne dois pas te mentir, journal. On se fait confiance tous les deux. On vit ensemble depuis que je sais écrire. En ce moment, je grandis trop vite et je n'ai plus assez de temps pour moi.

AVEU n°2 : Bon, faut se dire les choses, je sens que tu ne prends pas super bien la nouvelle. « Plus assez de temps pour moi », ça fait excuse toute moisie. Comme quand je dis à maman que j'ai pas compris l'exercice de mathématiques alors qu'il est super facile et que j'ai juste préféré regarder un film avec Léon, Victor et Romy. Même si j'aime beaucoup le cinéma et que maman adore lire des magazines sur les films que personne ne va voir, ça passe moyen...

- EXCUSE BIDON ! J'espère que tu as honte, Nine ? (Gros yeux de maman pas contente.)
- Ben oui, maman. (Petits yeux de Nine pas fière.)

Pensée de Nine pas super gentille : « Ben non, pas du tout honte, journal. »

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14 décembre 2016

Lucky Luke : La Terre promise - Achdé et Jul d'après Morris

La-terre-promise Lucky Comics - novembre 2016 - 48 pages

Présentation éditeur :
Enfin le grand retour de Lucky Luke ! Dans La Terre Promise, Jul et Achdé ont assigné une mission rocambolesque à l'éternel justicier. Lucky Luke doit escorter toute une famille de juifs d'Europe de l'Est à peine débarqués du bateau à Saint Louis jusqu'aux confins de l'Ouest sauvage ! Jusqu'alors, l'homme qui tire plus vite que son ombre avait déjà côtoyé de sacrés originaux. Un prince russe dans Le Grand Duc, un aristocrate anglais dans Le Pied-Tendre, un psychanalyste viennois dans La Guérison des Dalton... Mais lorsque son copain Jack-la-Poisse le supplie de s'occuper de ses parents (à qui il n'a pas osé avouer qu'il était cow-boy et qui le croient avocat à New-York), Lucky Luke n'écoute que son coeur. Avec un grand-père religieux obsédé du shabbat, une mamma décidée à gaver Lucky Luke de carpe farcie, une jeune fille prude qui cherche le mari idéal (avocat ou médecin, mais bon, cow-boy ça va aussi), et un gamin turbulent plus intéressé par le Far-West que par sa Bar Mitsvah, le voyage promet d'être long. Desperados, 
joueurs de poker, attaques d'indiens féroces (la tribu des "Pieds Noirs" a mauvaise réputation), tout l'univers de Lucky Luke va être confronté à ce choc des cultures. Mais à la fin du voyage, c'est autant notre cow-boy solitaire que sa nouvelle famille d'adoption qui auront appris à surmonter les épreuves et les préjugés.

Auteurs :  Achdé, de son vrai nom Hervé Darmenton, né le 30 juillet 1961 à Lyon, est un scénariste et dessinateur de bande dessinée français. Son pseudonyme vient de ses initiales, H-D. Depuis le décès de Morris en 2001, il dessine la série Lucky Luke.
Jul (de son vrai nom Julien Berjeaut) est né en 1974. Après Normale sup et une agrégation, il devient professeur d'histoire chinoise à l'université avant de s'orienter vers le dessin de presse. Il entre au Nouvel Observateur en 1998, puis dessine à la Dépêche du midi, à Marianne et à partir de 2000 pour Charlie Hebdo. Depuis, il collabore également à Lire, à Philosophie Magazine, à l'Huma, aux Echos ou encore à Fluide Glacial. En 2005, il publie son premier album Il faut tuer José Bové, une plongée délirante dans la jungle altermondialiste. L'ouvrage est plébiscité par les lecteurs. En 2006, son deuxième album La croisade s'amuse parodie le choc des civilisations.En 2007, le Guide du Moutard pour survivre à 9 mois de grossesse reçoit le Prix Goscinny. La planète des sages, encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies écrite avec Charles Pépin, a marqué l'année BD 2011. En 2009, il publie chez Dargaud sa première série Silex and the City. 4 tomes et une première saison animée plus tard, plus de 300 000 exemplaires ont été vendus et la série vue par des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en décembre 2016)
René Goscinny et Morris avaient déjà traité de l'immigration des Russes (Le grand Duc), des Chinois (La bataille du riz)... Dans cet album des 70 ans de Lucky Lucke, Jul a écrit un scénario dans l'esprit des meilleurs albums de Morris en imaginant une aventure autour de l'arrivée des premiers juifs de l’Ouest américain.
Lucky Luke est chargé par « Jack la Poisse », un ami cow-boy qui s’avère être juif, de convoyer sa famille ashkénaze venant de Galicie, de Saint Louis (Missouri) à Chelm City (Montana). Durant ce voyage avec la famille Stern, Lucky Luke va découvrir toutes les particularités de la culture juive, les interdits alimentaires, la musique et bien sur la mère juive... Le dessin d’Achdé est très fidèle à celui de Morris et les dialogues sont plein d'humour, de références au cinéma ou à l’Histoire. Un album réussi !

Extrait : 

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06 décembre 2016

Pico Bogue - tome 9 - Carnet de bord - Dominique Roques et Alexis Dormal

pico_bogue Dargaud - novembre 2016 - 48 pages

Présentation éditeur :
L'enfant terrible de la BD revient ! Pico fait toujours souffler le chaud et le froid – quoi de plus normal pour un petit garçon ? Le froid gagne aussi ses parents quand Ana Ana se trouve un tic de langage qui devient vite insupportable. Le chaud, quand l'adorable effronté à la tignasse unique commence à tenir un journal de bord. Une galerie de personnages toujours plus attachants et profonds.

Auteurs : Alexis Dormal est né en 1977 à Bruxelles. Après des études de réalisation cinématographique, il s'oriente vers le dessin et l'écriture. Dominique Roques, sa mère scénariste, et lui-même créent les personnages Pico Bogue et d'Ana Ana.
Dominique Roques est née en 1948 à Casablanca. Quelques années plus tard, en Belgique, elle a deux fils qui partagent son goût pour la bande dessinée humoristique. L'aîné de ses fils, Alexis Dormal, dessine depuis toujours des personnages pleins de vie. Si pleins de vie qu'il est vite devenu insupportable à Dominique de les abandonner à peine nés. Elle décide donc de leur faire des "transfusions" d'histoires, trouvant les donneurs... en elle et tout autour d'elle. Ainsi tchatchent, galopent et dévorent Pico, Ana Ana et les autres.

Mon avis : (lu en décembre 2016)
C'est toujours avec plaisir que je retrouve Pico Bogue et sa petite sœur Ana Ana... C'est frais, drôle, pétillant, intelligent, impertinent et parfois émouvant. Nos deux petits héros rivalisent en disputes et lutte verbale pour pointer les incohérences des adultes et amuser le lecteur. Dans ce nouvel album, Pico décide de tenir un carnet de bord !

Extrait :

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Déjà lu des même auteurs : 

picobogue  Pico Bogue tome 1 : La vie et moi

pico_bogue_T2  Pico Bogue tome 2 : Situations critiques

pico_bogue_T3 Pico Bogue tome 3 : Question d'équilibre

5468  Pico Bogue, Tome 4 : Pico love 

9782205068153_150 Pico Bogue, Tome 5 : Légère contrariété

92114288 Pico Bogue, Tome 6 : Restons calme

100514223 Pico Bogue - tome 7 - Cadence infernale

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23 septembre 2016

Frères d'exil - Kochka

Lu en partenariat avec Flammarion jeunesse

1507-1 Flammarion jeunesse - septembre 2016 - 128 pages

Illustré par Tom Haugomat

Quatrième de couverture :
Il y a des moments dans la vie 
où ce qu'on croyait solide s'effondre...
Où que la vie t'emmène, Nani, n'oublie jamais d'où tu viens, mais va !

Nani part avec sa famille pour le continent après l'inondation de leur île par une tempête. Mais Enoha, son grand-père, a décidé de rester. Il confie à sa petite-fille des lettres, où il raconte son histoire. Durant son voyage, la fillette rencontre un petit garçon seul, Semeio, auquel son destin sera lié.

Auteur : Kochka est née au Liban d'un père français et d'une mère libanaise. Elle s'installe en France à partir de 1976 et suit des études pour être avocate. Elle quitte le barreau en 1997 et commence à écrire.

Mon avis : (lu en septembre 2016)
Une histoire universelle autour des réfugiés. Dans cette histoire, il s'agit de réfugiés climatiques et non de guerre mais la problématique de l'exil est assez semblable.
Nani, 8 ans, a grandit sur une île du Pacifique avec sa famille, ses parents Janek et Youmi, ses grand-parents Enoha et Moo. Depuis quelque temps, les intempéries menacent l'île, l'eau monte et Nani et ses parents ont décidé de quitter l'île. Enoha et Moo resteront sur l'île, ils sont trop vieux pour entreprendre ce long voyage. Mais Enoha a décidé d'écrire plusieurs lettres à Nani, il les lui confie dans une pochette étanche avant son départ et lui conseille de les lire lorsqu'elle en aura besoin, ce sera comme si son Ipa (grand-père) lui parlait dans son coeur. Dès le départ, le jeune Semeio va se joindre à la petite famille, il sera pour Nani un compagnon rassurant et complice car le voyage sera long et pleins d'épreuves...
Un roman plein d'humanité qui raconte l'histoire d'une famille qui a été contrainte à l'exil, jamais ils n'oublieront leur île, mais plein d'espoir, ils regardent vers un avenir qu'ils espèrent meilleur. C'est l'occasion de réfléchir sur le sujet de l'accueil des réfugiés...
Les illustrations de Tom Haugomat sont également très jolies et expressives. 
Un petit bémol sur la forme du livre : les lettres écrites par le grand-père puis celles écrites par les enfants apparaissent dans le livre sur des pages bleu et écrites en blanc, j'ai trouvé ces pages moins lisibles. Et le pire ce sont les poèmes ou les chansons qui apparaissent dans le livre avec une écriture bleue qui est vraiment bien trop claire pour être lisible.
Sinon, j'ai remarqué qu'il n'y avait pas de lettre n°5... enfin, je pense que c'est surtout un problème de numérotation dans la mise en page et que le lecteur a bien droit à l'histoire en entier...

Merci Brigitte et les éditions Flammarion jeunesse pour cette découverte touchante

Extrait : (début du livre)
Mon nom est Enoha et si j'écris aujourd'hui c'est pour accompagner Nani, ma petite-fille, car elle va bientôt partir. Pour elle je suis Ipa. C'est comme ça qu'on dit grand-père sur notre île. Elle a huit ans.

Ma Nani,
Tu sais toi qu'il est un peu bizarre ton Ipa, mais tu sais aussi qu'il ne raconte jamais n'importe quoi, et tu sais comme il t'aime !
Je t'ai déjà expliqué que ce qu'on voit ne dit pas toujours la vérité. Par exemple, quand les gens ne sont plus là, on croit qu'ils sont sont morts alors qu'ils sont seulement cachés. Les défunts sont dans nos coeurs et, si on se concentre, on les entend murmurer. Et c'est vrai aussi pour les arbres, les rivières, les montagnes et les fleurs...

challenge12016br
4/18

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02 septembre 2016

Le théorème des Katherine - John Green

le théorème des Kterine le théorème des Katherine

Nathan - mai 2012 - 281 pages

Nathan - janvier 2015 - 256 pages

traduit de l'anglais par Catherine Gibert

Titre original : An abundance of Katherines, 2006

Quatrième de couverture : 
Dix-neuf fois Colin est tombé amoureux. 
Dix-neuf fois la fille s'appelait Katherine. 
Pas Katie, ni Kat, ni Kittie, ni Cathy, et surtout pas Catherine, mais KATHERINE. 
Et dix-neuf fois, il s'est fait larguer.

Auteur : John Green est né en 1977. Il vit avec sa femme et son fils à Indianapolis, la capitale de l'Etat de l'Indiana, aux Etats-Unis. Il a reçu de nombreux prix pour ses romans, dont le Michael L Printz Award, prestigieux prix américain, pour son premier roman Qui es-tu Alaska ? John Green et son frère, Hank, sont les auteurs de Vlogbrothers, un des projets de vidéos en ligne les plus connus au monde.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
J'ai un avis mitigé sur ce livre que j'ai emprunté à la bibliothèque pour les vacances... C'est un roman léger, divertissant, un peu décalé mais par moment, j'y ai trouvé de vraies longueurs...
N'arrivant à se remettre de sa dernière rupture, Colin Singleton décide de partir avec son ami Hassan pour un "road trip" en voiture. 
Colin est un jeune homme surdoué, mais manquant de confiance en lui, il enregistre des quantités d'informations, il fait à tout moment des anagrammes. Il vient de subir sa 19ème rupture, et toutes ses petites amies se sont toujours prénommées Katherine. Il est en train d'essayer de concevoir un théorème pour calculer à l'avance la durée d'une relation avec une fille.
Hassan est l'opposé de Colin, c'est un jeune musulman, aimant blaguer, il n'a aucun projet d'avenir, en particulier d'études... Il a toujours le sourire et de la bonne humeur.
Ils vont arriver à Gutshot une petite ville du Tennessee. Ils vont faire la connaissance de Lindsey et sa famille. Le trio Colin, Lindsey et Hassan vont s'ouvrir à de nouvelles expériences pour grandir et faire évoluer leur vie.
Les personnages sont vraiment attachants, mais les longueurs de certains passages m'ont fait moins aimer ce livre de John Green que les premiers déjà lus.

Extrait : (début du livre)
Le lendemain du jour où Colin Singleton, illustre enfant surdoué, fut reçu au bac et largué par sa dix-neuvième Katherine, il prit un bain. Colin avait toujours eu une préférence pour les bains, il avait pour principe dans la vie de ne rien faire debout qu'il ne puisse faire allongé. Dès que l'eau fut chaude, il enjamba la baignoire et s'assit, observant d'un air étrangement absent son corps s'immerger. L'eau gagnait peu à peu ses jambes, qu'il avait croisées et pliées. Il reconnaissait sans peine, bien que du bout des lèvres, être trop grand, trop corpulent, pour cette baignoire - il avait tout de l'adulte jouant au bébé.
Tandis que l'eau commençait à mouiller son ventre creux mais dénué de muscles, il songea à Archimède. À quatre ans, Colin avait lu un livre sur le philosophe grec qui, en s'asseyant dans sa baignoire, avait découvert comment mesurer le volume d'un corps au déplacement de l'eau. À cette occasion, Archimède avait paraît-il crié «Eurêka !»1 avant de courir, nu, à travers les rues. D'après le livre, nombre de découvertes majeures sont accompagnées d'une «minute Eurêka». Déjà, à l'époque, Colin désirait ardemment faire des découvertes majeures, il s'en était donc ouvert à sa mère lorsque celle-ci était rentrée à la maison ce soir-là.
- Dis, maman, tu crois qu'un jour, j'aurai ma minute Eurêka ?
- Oh, mon trésor, avait-elle dit en lui prenant la main. Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Je veux ma minute Eurêka, avait-il répondu sur le ton qu'aurait emprunté un autre gamin pour exprimer une envie folle de Tortue Ninja.
Elle avait appuyé le dos de sa main contre la joue de Colin et lui avait souri, son visage très près du sien. Il avait senti l'odeur de son fond de teint et son haleine de café.
- Bien sûr, Colin, mon bébé. Bien sûr que tu l'auras. Mais les mères mentent. Ça fait partie de leur boulot.

Déjà lu du même auteur :

Nos__toiles_contraires Nos étoiles contraires will&will Will & Will

CVT_Qui-es-tu-Alaska-_5671 Qui es-tu Alaska ? 

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30 avril 2016

Juliette à Amsterdam - Rose-Line Brasset

Lu en partenariat avec Babelio et Kennes éditions

juliette à Amsterdam Kennes Editions - mars 2016 - 259 pages

Quatrième de couverture :
En ce début novembre, Juliette se rend avec sa mère dans la capitale des Pays-Bas afin de rencontrer la famille qui a accueilli son grand-père pendant la Deuxième Guerre mondiale. Une belle occasion pour la jeune globe-trotter de découvrir les charmes d'Amsterdam, ses canaux, ses péniches, ses maisons étroites et ses vélos ! Les émotions aussi seront au rendez-vous : notre amie se fera un nouveau copain et prendra conscience d'une façon inattendue du sort tragique d'une jeune fille de son âge, Anne Frank, dont le Journal a fait le tour du monde.
Un carnet de voyage Sur les pas de Juliette est disponible à la fin du roman. Les lectrices en apprendront un peu plus sur les principaux attraits, l'architecture, la langue et l'histoire d'Amsterdam. Elles pourront même tester leurs connaissances grâce à un jeu-questionnaire dont les réponses se trouvent en fin de livre. Un complément enrichissant à des péripéties époustouflantes !

Auteur : Rose-Line Brasset est née à Alma, au Québec. Journaliste et documentaliste, elle détient une maîtrise en études littéraires. Elle a publié de nombreux articles dans divers journaux et magazines. Globe-trotter depuis l'adolescence, elle est aussi l'auteure d'ouvrages édités aux Publications du Québec. Mère de deux enfants, elle partage son temps entre sa famille, les promenades en forêt avec son labrador, la cuisine et le yoga.

Mon avis : (lu en avril 2016)
J'ai choisi ce livre pour son éditeur qui m'a fait penser que l'auteur était québécoise... et pour la destination de Juliette que j'ai eu la chance de découvrir il y a trois ans...
La couverture ne m'a pas du tout attirée, au contraire, elle m'évoque une lecture plutôt enfantine, il est vrai que le public visé par l'éditeur est 10 à 12 ans... Je pense que ce livre peut également intéresser des lecteurs plus âgés.
Juliette à Amsterdam est le 4ème tome d'une série, pour moi c'est le 1er que je lis.
Juliette est une jeune québécoise de 13 ans, élevée par sa mère journaliste qui parcourt le monde pour son travail. Dans cette épisode, elles partent toutes les deux à Amsterdam pour rencontrer la famille qui avait accueilli son grand-père pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est l'occasion pour Juliette de découvrir la ville d'Amsterdam en compagnie de Piet, un hollandais de 16 ans et de mieux comprendre le Journal d'Anne Frank qu'elle devait étudier au collège à Québec.
J'ai trouvé cette lecture très sympathique et intéressante. La ville d'Amsterdam est bien décrite, le séjour de Juliette et de sa maman est riche en découvertes. La partie concernant Anne Frank est poignante et très réussie. En fin de livre, le lecteur découvre le Carnet de voyage de Juliette et des renseignements complémentaires sur ses visites, un jeu-questionnaire et un lexique avec quelques expressions québécoises utilisées dans cette histoire pour une meilleure compréhension pour nous Français...

Merci Babelio et les éditions Kennes pour cette découverte.

Extrait : 

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08 mars 2016

La fille quelques heures avant l'impact - Hubert Ben Kemoun

Lu en partenariat avec les éditions Flammarion jeunesse

9782081373822 Flammarion jeunesse – février 2016 – 250 pages

Quatrième de couverture : 
Ce soir. Tous ou presque ont prévu d'assister au concert du groupe de Marion. Mais tous n'iront pas pour les mêmes raisons. Certains sont venus avec joie et envie, d'autres avec rage et dégoût. Ici des comptes vont se régler, des vies basculer en quelques instants. Celle d'Annabelle tout particulièrement. Dans le noir, la tension monte. Annabelle veut croire que l'espoir va l'emporter mais la haine peut triompher...

Auteur : D'abord auteur dramatique, Hubert Ben Kemoun devient dès 1992 un auteur prolifique de la littérature jeunesse. Chez Flammarion Jeunesse il a notamment publié La fille seule dans le vestiaire des garçons dans la collection " Emotions ", Blues en noir, La gazelle dans la collection " Tribal ". Il vit à Nantes.

Mon avis : (lu en mars 2016)
Beaucoup de tension et de colère dans cette histoire d'adolescents en fin de collège. Tout commence dans un cours de français où les tensions entre les élèves sont insupportables pour Isabelle, la jeune professeur, et pour les élèves... La violence, le racisme s'expriment quotidiennement dans cette classe. Trois élèves sont réprimandés et doivent quitter le cours. Dominé par la colère, l'un d'entre eux ne pense que vengeance et la voiture de la professeur en fera les frais... Ce n'est là que le début de cette violence annoncée...
C'est intéressant de découvrir les personnages, les faits de cet après-midi et cette soirée depuis différents points de vue, en effet le narrateur n'est pas toujours le même, cela commence par Isabelle, la jeune professeur, puis Annabelle, collégienne de 15 ans, "la fille". Cet dernière a osé dire aux trois perturbateurs de la classe que leurs attitudes fatiguaient la classe et que la majorité d'entre eux souhaitait préparer plus sereinement le Brevet. 
En dehors de la classe, la vie amoureuse d'Isabelle est compliquée, il semblerait que Quentin, son amoureux, s'éloigne d'elle...
Annabelle a une maman dépressive depuis que son père est en prison, elle regrette d'avoir choisi Sébastien comme petit ami, ce garçon ne lui correspond pas...
Le récit est entrecoupé par des voix qui évoquent un accident, un drame, une mort certaine... Pour le lecteur, c'est assez vague mais tout s'éclairera  à la conclusion de l'histoire...
Beaucoup de rythme, de réalisme dans ces tranches de vie d'adolescents écorchés vifs qui expriment leur colère et mal-être essentiellement dans la violence et l'agressivité... Heureusement, pour certains, il y a quelques lueurs d'espoir dans ce monde de brutes...

Merci à Brigitte et les éditions Flammarion jeunesse pour ce partenariat

Autre avis : Canel

Extrait : 
Isabelle Etcheverry arpente l'allée centrale de sa salle de cours. La B29 : un numéro d'avion de guerre, mais cet après-midi, le bombardier prend plutôt des allures de planeur perdu au gré des vents.
- Comprenez-moi bien, ce personnage n'a pas seulement soif de connaissance, il a surtout soif d'amour !
Le bouquin de Radiguet entre les mains, tel un prêtre avec son bréviaire, la jeune prof de français harangue depuis le début du cours pour essayer d'intéresser ses troisièmes. elle rame un maximum dans la somnolence de cette fin de journée, à contre-courant d'un fleuve de fatigue et d'ennui.
Les intéresser ? Les réveiller lui suffirait.
Les livres sont ouverts sur les tables, mais certainement pas à la bonne page pour tout le monde. Isabelle a remarqué depuis un moment le catalogue de tatouages et de piercings que Marina planque sur ses genoux, à côté de son inséparable copine Solène. Elle n'a rien dit. Au fond, ces deux-là suivent peut-être plus attentivement que d'autres, tout en s'interrogeant sur le dessin qu'elles vont choisir avant d'aller négocier avec leurs parents. Tiennent la corde une fée clochette en bas résille pour Marina et un disque de yin et yang pour sa camarade. Non loin, Fatoumata s'amuse avec son stylo à écrire sur le bras de sa voisine Annabelle.
- Soif d'amour ! répète Isabelle pour tester l'attention de ses élèves.
- Moi aussi, j'menverrais bien une bière ! Une blonde ! lance Momo depuis le fond de la classe.
- Et moi, j'm'enverrais bien ta soeur, même si tout le monde sait que c'est pas une vraie blonde ! réplique une voix qui peut être celle de Fabien ou celle de Thierry, qui semblait somnoler à un postillon de la fenêtre.
- C'est ça, ouais... Par contre, tout le monde sait ce qu'elle est vraiment, ta mère. Là, y a pas de lézard ! dégaine Momo en direction du coin de la classe d'où est partie l'invective.
- On se calme, s'il vous plaît ! fait Etcheverry en se retournant brusquement et sans se rendre compte que la bretelle de sa robe d'été en imprimé bleu est descendue de son épaule constellée de taches de rousseur.
- Tu sais ce qu'elle te dit, ma mère, pauvre naze ?
C'était donc Fabien. Plus de doute.
- Ben ouais, bien sûr que je le sais... Elle me donne ses tarifs, comme à tous le monde ! lui réplique aussitôt Momo, assez fier des rires qu'il récolte aussitôt.
- Taisez-vous, Mokhtar !
- C'est ça, et la tienne elle fait cadeau ! Elle, c'est sûr, c'est parce qu'elle adore ça qu'elle s'allonge !
- Ça suffit vous deux !

Posté par aproposdelivres à 06:52 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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