05 octobre 2011

La lionne blanche – Henning Mankell

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Seuil – mars 2004 – 432 pages

Points – février 2005 – 487 pages

traduit du suédois par Anne Gibson

Titre original : Den vita lejoninnan, 1993

Quatrième de couverture :
Alors qu'en Afrique du Sud un groupe d'Afrikaners fanatiques commet un attentat, en Suède le corps d'une jeune mère de famille, Louise Åkerblom, est retrouvé au fond d'un puits. L'inspecteur Wallander enquête en vain. Jusqu'à ce qu'il découvre près du lieu du crime le doigt tranché d'un homme noir...
Y aurait-il un lien entre la réalité quotidienne de la province suédoise et la lutte politique sanglante qui se déchaîne à l'autre bout du monde ?

Auteur : Henning Mankell, né en Suède en 1948, est devenu mondialement célèbre grâce à ses fameuses enquêtes de l'inspecteur Kurt Wallander : une série de polars qui a commencé en 1991 avec Meurtriers sans visage et s'est vendue à des millions d'exemplaires dans le monde. Gendre d'Ingmar Bergman, dont il a épousé la fille Eva en secondes noces, Mankell a également écrit des livres pour la jeunesse, des romans dont le magnifique Les chaussures italiennes, paru en 2009, des pièces de théâtre. Depuis 1996, l'écrivain partage sa vie entre son pays natal et le Mozambique, où il dirige le Teatro Avenida.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver l’inspecteur Kurt Wallander dans sa troisième enquête. On sait qu’Henning Mankell partage sa vie entre la Suède et le Mozambique, pays voisin de l’Afrique du Sud. Avec La lionne blanche, il invente une intrigue où la Suède rejoint l’Afrique.

L’histoire commence en avril 1992 en Scanie, province de Suède, avec Louise Åkerblom, agent immobilière qui vient de conclure une affaire. Avant de retrouver sa famille pour le week-end, elle part visiter une maison dans la campagne, un peu perdue elle s’engage sur un chemin et se trouve face à un homme qui l'abat froidement d'une balle en plein front.
A l’autre bout du monde, en Afrique du Sud, Victor Mabasha, tueur professionnel, se voit proposer une mission très bien payée par un commanditaire Blanc. Sa cible est un homme politique de premier plan. Il n’en sait pas plus.
Le corps de Louise Åkerblom est retrouvé au fond d'un puits. Quelques jours plus tard, non loin de là, une maison explose. Dans les décombres, la police découvre des débris d’une radio émetteur-récepteur, de revolver et… un doigt tranché d’un homme noir. Kurt Wallander et son équipe sont sur cette enquête plutôt compliquée où les différents indices sont difficiles à interpréter...
Le lecteur découvre en parallèle à l’enquête suédoise, ce qu’il se passe à l’époque en Afrique du Sud. « En 1990, Nelson Mandela quittait la prison de Robben Island, après vingt-sept ans de détention.
Tandis que le reste du monde acclamait sa libération, beaucoup de Boers virent dans ce geste une déclaration de guerre. Le président De Klerk devenait à leurs yeux un traître, un pur objet de haine. »

Non seulement, nous suivons un enquête policière classique comme sait parfaitement les écrire Henning Mankell mais nous découvrons également une description de la réalité humaine et politique en Afrique du Sud. Ce livre est vraiment passionnant à double titre. Je suis devenue une inconditionnelle de cet auteur suédois ! 

Extrait : (page 27)
Le vendredi 24 avril, peu après quinze heures, l'agente immobilière Louise Åkerblom sortit des bureaux de la Caisse d'épargne de Skurup et s'attarda sur le trottoir pour respirer l'air printanier. Que faire ? Plus que tout, elle aurait voulu conclure sa journée de travail et rentrer chez elle. Mais elle avait promis de passer voir une maison du côté de Krageholm... Combien de temps lui faudrait-il ? Une bonne heure, pas beaucoup plus. Il fallait aussi acheter du pain. Robert, son mari, pétrissait d'habitude lui-même le pain de la famille. Cette semaine-là, il avait été trop occupé. Elle traversa la place et entra dans une boulangerie. Elle était la seule cliente. La boulangère, qui s'appelait Elsa Person, se rappellerait par la suite que Louise Åkerblom avait semblé de bonne humeur. Elles avaient un peu parlé du printemps qui était enfin arrivé, quelle joie.
Elle demanda un pain de seigle et décida dans la foulée de surprendre sa famille avec des pâtisseries pour le dessert. Son choix se porta sur des tartelettes pomme vanille. Elle se dirigea ensuite vers le parking où elle avait laissée sa voiture, derrière la Caisse d'épargne. En chemin, elle croisa le jeune couple de Malmö avec qui elle venait de faire affaire. Ensemble, ils avaient signé la promesse de vente, le chèque, les formulaires d'emprunt. Elle sympathisait avec leur joie de posséder enfin leur propre maison. Mais elle s'inquiétait un peu. Seraient-ils en mesure de faire face aux traites ? Elle avait soigneusement étudié l'état de leurs finances. A la différence d'autres jeunes, ils n'avaient pas fait collection inconsidérée de factures de Carte bleue. Et la jeune épouse lui semblait du genre économe ; ils y arriveraient sans doute. Dans le cas contraire, la maison se retrouverait sur le marché, et ce serait peut-être elle, ou Robert, qui s'occuperait à nouveau de la transaction. Pour eux, le fait de vendre la même maison deux ou trois fois en l'espace de quelques années n'avait plus rien d'inhabituel.
Elle déverrouilla les portières et composa le numéro de l'agence. Elle écouta la voix de Robert sur le répondeur, disant que l'agence Åkerblom avait fermé pour le week-end, mais qu'elle rouvrirait lundi matin à huit heures.

 

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Suède : Henning Mankell

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Suède

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"Animaux"

 

Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 5/8

 

Déjà lu du même auteur :
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet le_retour_du_professeur_points Le Retour du professeur de danse

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02 octobre 2011

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire – Jonas Jonasson

le_vieux_qui_ne_voulait_pas_feter_son_anniversaire Presses de la Cité – mars 2011 – 454 pages

traduit du suédois par Caroline Berg

Titre original : Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann

Quatrième de couverture :
Le jour de ses cent ans, alors que tous les notables de la ville l'attendent pour célébrer l'événement, Allan Karlsson s'échappe par la fenêtre de sa maison de retraite quelques minutes avant le début de la fête organisée en son honneur. Ses plus belles charentaises aux pieds, le vieillard se rend à la gare routière, où il dérobe une valise dans l'espoir qu'elle contienne une paire de chaussures. Mais le bagage recèle un bien plus précieux chargement, et voilà comment Allan se retrouve poursuivi par la police et par une bande de malfrats… Commence alors son incroyable cavale à travers la Suède, mais aussi, pour le lecteur, un étonnant voyage au cœur du XXe siècle, au fil des événements majeurs auxquels le centenaire Allan Karlsson, génie des explosifs, a été mêlé par une succession de hasards souvent indépendants de sa volonté.

Auteur : Jonas Jonasson né en 1961 est un écrivain et journaliste suédois. Son roman Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire a été vendu à plus de 700 000 exemplaires en Suède.

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Voilà un livre très drôle, dès le début j'ai pensé à la fantaisie de Pasilinna et l'auteur y fait même référence à la page 101... En effet, Allan décide le jour de l'anniversaire de ses cent de s'enfuir de la maison de retraite où il vit, il veut échapper à la réception prévue en son honneur. Sa chambre est au premier étage, il n'hésite pourtant pas passer par la fenêtre. Une cavale improbable et déjantée commence. Allan se dirige vers la gare, là il vole une grosse valise à un délinquant et monte dans un bus et il s'enchaîne une série d'évènements et de rencontres improbables et abracadabrantesques…
Avec la disparition du centenaire, la presse évoque un kidnapping et la police avec l'inspecteur Aronsson va mener l'enquête. Différents témoins se manifestent, quelques indices donnent des piste « mais plus il avançait dans son enquête, plus elle lui semblait compliquée. »
En parallèle à cette folle escapade, Allan revient sur les souvenirs de propre vie. Le lecteur découvre un personnage genre « Forrest Gump » qui durant sa vie va faire un tour du monde et rencontrer de multiples personnalités dans des circonstances inattendues... Il rencontrera Franco, Truman, Mao, Staline, Churchill...
En lisant ce livre, je ne me suis pas ennuyée un instant, tout au long des pages j'ai été surprise et je me suis beaucoup amusée !

Un reproche pour ce livre... sa couverture pour la version française... Quelle horreur !

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Extrait : (début du livre)
On se dit qu'il aurait pu se décider avant et qu'il aurait dû au moins avoir le courage de prévenir son entourage de sa décision. Mais Allan Karlsson n'avait jamais été du genre à réfléchir longtemps avant d'agir.
L'idée avait donc à peine eu le temps de germer dans l'esprit du vieil homme qu'il avait déjà ouvert la fenêtre de sa chambre situé au premier étage de la maison de retraite de Malmköping dans le Södermanland, et qu'il s'était retrouvé debout sur la plate-bande dans le jardin.
L'acrobatie l'avait un peu secoué, ce qui n'avait rien de très étonnant, vu que ce jour-là Allan allait avoir cent ans. La réception organisée pour son centenaire, dans le réfectoire de l'établissement, commençait dans une heure à peine. L'adjoint au maire lui-même était invité. Et le journal local avit prévu de couvrir l'évènement. Tous les vieux étaient évidemment sur leur trente et un, ainsi que le personnel au complet avec Alice la Colère en tête de peloton.
Seul le roi de la fête allait manquer à l'appel.

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31 août 2011

Le Retour du professeur de danse - Henning Mankell

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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Seuil – avril 2006 – 409 pages

France Loisirs – 2007 – 622 pages

Points – avril 2007 – 538 pages

traduit du suédois par Anne Gibson

Titre original : Danslärarens återkomst, 2000

Quatrième de couverture :
Le jeune policier Stefan Lindman est sous le choc : il vient d'apprendre qu'il a un cancer, et que son ancien collègue Herbert Molin a été torturé mort. Pour tromper son angoisse, il part à l' autre bout de la Suède enquêter sur le meurtre de Molin. Que signifient les traces sanglantes sur le parquet, comme si le tueur avait dansé un tango avec le corps de sa victime ? Les ombres d'un passé très noir se réveillent. Elles ont frappé, et vont frappé encore. Mais Stefan n'a plus rien à perdre...

Auteur : Henning Mankell, né en Suède en 1948, est devenu mondialement célèbre grâce à ses fameuses enquêtes de l'inspecteur Kurt Wallander : une série de polars qui a commencé en 1991 avec Meurtriers sans visage et s'est vendue à des millions d'exemplaires dans le monde. Gendre d'Ingmar Bergman, dont il a épousé la fille Eva en secondes noces, Mankell a également écrit des livres pour la jeunesse, des romans dont le magnifique Les chaussures italiennes, paru en 2009, des pièces de théâtre. Depuis 1996, l'écrivain partage sa vie entre son pays natal et le Mozambique, où il dirige le Teatro Avenida.

Mon avis : (lu en août 2011)
Merci à Mrs Pepys qui m’a offert ce livre lors du Swap à 2 PAL organisé par Lili Galipette. Cela fait quelques années que je connais Henning Mankell, mais seulement quelques mois pour son œuvre policière. Voilà un roman policier d’Henning Mankell sans Wallander, c’est un jeune policier nommé Stefan Lindman qui mène l’enquête.
En octobre 1999, dans le nord de la Suède, Herbert Molin, policier à la retraite, est retrouvé torturé à mort dans sa maison. Loin de là, Stefan Lindman apprend simultanément l’assassinat de son ancien collègue et qu’il a un cancer. En attendant le début de son traitement et pour oublier la maladie, il préfère partir dans le nord au cœur des forêts profondes du Norrland pour enquêter sur ce meurtre.
L'intrigue est construite avec beaucoup d'intelligence, l'auteur nous plonge dans une enquête haletante et passionnante où les questions, les surprises et les rebondissements sont nombreux. C'est une histoire sombre qui évoque le passé de la Suède durant la Seconde Guerre Mondiale. Le lecteur découvre un passé pas très glorieux de l'histoire de la Suède. A l'époque, il y a eu des volontaires suédois séduits par l'idéologie nazie qui se sont portés volontaires pour combattre au côté des Allemands. Mais aujourd'hui, dans le monde, en Suède comme dans le reste de l'Europe, il existe toujours des groupuscules où l'idéal nazi est encore vivant...
J'ai vraiment beaucoup aimé et dévoré ce roman policier. J'ai voyagé avec Stefan Lindman dans une Suède inquiétante où règne une atmosphère froide et humide de brouillard et de neige. Les paysages sont grandioses, les personnages sont intéressants, attachants ou effrayants...
J'ai encore plusieurs livres de la série Wallander à lire et d'avance je m'en réjouie...
Encore merci à Mrs Pepys pour ce livre, et maintenant allons voir son avis.

Extrait : (page 21)
Il se réveillait la nuit, cerné par les ombres. Cela avait commencé à l'âge de vingt-deux ans ; maintenant il en avait soixante-seize. Pendant cinquante-quatre années consécutives, il avait été insomniaque. Les ombres ne l'avaient jamais quitté. A certaines périodes, en se bourrant de somnifères, il avait réussi à dormir jusqu'au matin. Mais au réveil, il comprenait que les ombres étaient restées présentes. A son insu.
Cette nuit qui touchait à sa fin ne faisait pas exception à la règle. Il n'était pas nécessaire d'attendre que surgissent les ombres, ou les visiteurs, ainsi qu'il les appelait parfois. Les ombres survenaient en général quelques heures après la tombée du jour. Soudain elles étaient là, comme surgies de nulle part, tout contre lui, avec leurs visages blancs et muets. Après tant d'années, il s'était habitué à elles. Mais il savait qu'il ne pouvait s'y fier. Un jour, elles cesseraient de se taire. Qu'arriverait-il alors ? Il l'ignorait. Passeraient-elles à l'attaque ou se contenteraient-elles de le démasquer ? Il avait essayé de pousser des cris, de frapper l'air pour les chasser. Pendant quelques minutes, il parvenait ainsi à les tenir en respect. Puis elles revenaient et restaient jusqu'à l'aube. Enfin il s'endormait, mais pour quelques heures à peine, car il avait presque chaque matin un travail qui l'attendait.
Toute sa vie adulte, il avait été harassé de fatigue. Il se demandait encore où il avait puisé la force de tenir. Quand il songeait à son existence, il voyait une file interminable de jours traversés avec effort. Il n'avait presque aucun souvenir qui ne fût, d'une manière ou d'une autre, lié à sa fatigue. Il regardait parfois les photographies où il figurait. Il avait toujours le même air hagard, d'un homme à bout de forces. Les ombres avaient également exercé leur revanche les deux fois où il avait tenté de vivre avec une femme ; à tour de rôle, ses deux épouses s'étaient lassées de sa perpétuelle anxiété et du fait qu'il ne pensait qu'à se reposer, les jours où il ne travaillait pas. A la longue, elles avaient pas supporté ces nuits qu'il passait debout, agité, incapable de leur dire pourquoi il ne dormait pas comme un homme normal. Elles l'avaient quitté et il s'était retrouvé seul.

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Suède : Henning Mankell

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Métier" et "Sport/Loisirs"

 

Déjà lu du même auteur :
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meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet 

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11 mai 2011

Le caveau de famille - Katarina Mazetti

le_caveau_de_famille Gaïa - mars 2011 - 237 pages

 

Quatrième de couverture :
Elle c'est Désirée, la bibliothécaire, et lui c'est Benny, le paysan. Elle dévore les livres comme les produits bio, lui élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire « de son plein gré ». Pourtant, ils s'accordent trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c'est terminé pour toujours. Et si ça marche…
Comme le disait un critique littéraire suédois : "Le quotidien tue l'amour, la vie de famille l'enterre." C'est gai. Bienvenue dans le caveau de famille !
Pétillant et jubilatoire.

 

Auteur : Née à Stockholm en 1944, Katarina Mazetti a grandi à Karlskrona, port naval du sud de la Suède. Après avoir étudié et pratiqué le journalisme, puis repris ses études et décroché un diplôme d'anglais et de littérature, elle a travaillé comme professeur puis comme productrice de radio. Pendant vingt ans, elle a vécu avec son compagnon et leurs quatre enfants dans une petite ferme du nord du pays. De cette expérience est né Le mec de la tombe d'à côté, son premier roman pour adultes, qui a valu un immense succès dans le monde entier à cet auteur prolifique - livres pour la jeunesse, critiques littéraires, chroniques radio, chansons, comédies, etc. 

 

Mon avis : (lu en mai 2011)
Lorsque j'ai su que Katarina Mazetti avait écrit une suite à son livre « Le mec de la tombe d'à côté », j'étais impatiente de retrouver Benny et Désirée. Lorsque je les avais quittés, ils avaient décidé de rompre car Désirée n'était pas prête à abandonner sa vie pour s'installer à Rönngården.
Entre la fin du livre « Le mec de la tombe d'à côté » et le début de « Le caveau de famille », Benny s'est mis en ménage avec sa cousine Anita, femme parfaite pour l'aider à tenir sa maison et à l'aider dans l'étable. Désirée est sortie avec Anders, papa d'un petit garçon. C'est à ce moment là que Désirée a ressentie une grande envie de devenir mère, même en restant célibataire. Elle a demandé à Benny d'être le père, sans engagement en retour. Benny a accepté et ensemble ils ont décidé de faire trois essais, après, si le test de grossesse est négatif ils couperont tout contact, sinon ils en rediscuteront...
Le livre commence avec les trois essais, le test de grossesse est négatif, mais ils ont redécouvert qu'ils tenaient toujours l'un à l'autre et ils veulent encore faire un triple essai et finalement c'est positif ! Benny va donc avouer à Anita qu'il aime toujours Désirée et cette dernière va venir s'installer à la ferme. Ainsi commence la vie de couple, puis la vie de famille de Désirée, Benny et leurs nombreux enfants !
Le livre est construit avec le même procédé d'écriture que le premier, c'est à dire que le lecteur découvre tour à tour le point de vue de Désirée et celui de Benny.
Cinq ans après avoir lu le livre précédent, j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir la suite des aventures de Désirée et Benny, j'ai retrouvé l'esprit et l'humour du livre précédent. L'auteur décrypte l'évolution des relations dans un couple avec l'arrivée des enfants, avec les soucis de la vie quotidienne, le partage des tâches entre la femme et le mari...

 

Extrait : (début du livre)
Benny 

La première nuit, en quittant l'appartement de Désirée je me suis cassé la figure dans l'escalier, et je pense que c'était tant mieux. J'ai glissé sur plusieurs marches, me suis rattrapé avec le coude contre la cage d'ascenseur - aïe, saloperie ! - et me suis retrouvé sur un genou, la jambe formant un angle bizarre, j'ai même eu l'impression d'entendre un craquement. 

Un vieux en peignoir a ouvert sa porte et jeté un coup d'œil soupçonneux sur le palier et il m'a vu là, à genoux. Ça me faisait un mal de chien, je me suis mordu la lèvre pour ne pas crier, mais j'ai malgré tout voulu le rassurer. Pour lui faire comprendre que je n'étais pas une menace pour l'ordre public, je me suis incliné avec dignité devant lui. Benny, le Blaireau National. Il a claqué la porte, et je l'ai entendu tourner des clés et mettre des chaînes de sécurité. Il a peut-être cru que j'étais membre d'une secte bizarroïde, une sorte de Témoin de Jéhovah forcené qui faisait ses dévotions dans la cage d'escalier avant d'essayer d'enrôler des disciples. Seigneur Dieu ! 

Avez-vous déjà essayé de conduire avec une jambe raide et tendue et l'autre qui s'occupe de toutes les pédales à la fois, embrayage, accélérateur et frein ? Ma voiture avançait par bonds comme un lièvre dans un champ de patates. 

Mais c'était tant mieux, donc. Parce que tout le lendemain, ma jambe m'a empêché de penser à autre chose, tellement elle me faisait mal. Si j'avais essayé, je crois que les connexions possibles auraient immédiatement provoqué un court-circuit dans mon cerveau. Désirée, encore. Tous les vieux sentiments qui me labouraient les entrailles. Anita. Elle dormait, heureusement, quand je suis rentré et encore au matin quand je me suis rendu à l'étable en boitillant sur ma jambe raide. J'ai été jusqu'à éviter de regarder ses pelotes de laine et ses aiguilles à tricoter sur la banquette de la cuisine pendant que je sirotais un Nes avec de l'eau chaude du robinet, sur le qui-vive pour me sauver rapidement et ne pas avoir à croiser son regard. 

Et ensuite la traite, la jambe tendue. Mon genou était tout chaud et gros comme un ballon de hand, je sentais le sang pulser. J'ai fini par dégoter le botte-cul, l'espèce de pied unique à ressort qu'on attache autour de la taille. Ça faisait un bail que je ne l'avais pas utilisé, je n'ai pas trouvé le bon équilibre et je me suis vautré dans la rigole à purin et cogné le coude à nouveau, celui qui me faisait déjà mal. Etalé là dans la merde, je me suis bidonné en me disant que je l'avais bien cherché, gougnafier de mes deux. Et j'ai pensé que j'allais faire rire Désirée en le lui racontant. J'avais presque honte d'être heureux à ce point-là. 

Sauf que je n'ai pas pu raconter grand-chose. Le moment n'était pas vraiment propice au bavardage et aux histoires drôles. Pour commencer, rien que le fait d'y retourner le soir ne m'a pas spécialement fait bomber le torse. J'ai dû mentir à Anita qui avait préparé des isterband* avec des pommes de terre à l'aneth pour le dîner, mon plat préféré. J'ai remarqué le catalogue de Guldfynd sur la banquette, ouvert à la page des alliances, ma tête à couper que ce n'était pas un hasard, mais j'ai fait comme si je ne l'avais pas vu. Il m'a semblé qu'elle me regardait avec insistance, et j'ai pondu une fable comme quoi j'avais trébuché dans le grenier à foin et m'étais éclaté le genou, j'en ai rajouté pour me faire plaindre. Le gougnafier qui cherche à se faire consoler après un faux pas. Mais ça fonctionne toujours, l'infirmière en elle a pris le dessus et elle a examiné mon genou d'un air professionnel, a fait un bandage de soutien en déclarant que ce n'était qu'une petite entorse de rien du tout. 

D'une voix étranglée j'ai marmonné que Berggren dans le village à côté avait besoin d'aide pour remplir un formulaire de l'UE, puis j'ai clopiné jusqu'à la voiture. J'ai pris la direction de la ville sur les chapeaux de roues, ce n'est qu'au bout d'un moment que je me suis rappelé que Berggren habitait de l'autre côté. Si Anita avait jeté un regard par la fenêtre quand je partais, je n'aurais pas échappé à un interrogatoire en rentrant. 

Je m'en fichais - l'important était que je parte, car j'étais un homme avec une Mission. Que diable, un super-héros ! Qui se pointerait avec ses pouvoirs magiques pour faire un enfant à une petite crevette ! Il ne manquait que la cape et le justeaucorps. Et un logo sur la poitrine... Un spermatozoïde géant, peut-être ? 

Je me suis demandé si je ne devais pas me sentir exploité. N'était-ce pas un abus sexuel, attraper un ancien amant et se servir de lui parce qu'on s'était mis dans le crâne d'avoir un mouflet ? Ne devrais-je pas plutôt redresser la nuque et rétorquer qu'elle n'avait qu'à ouvrir un compte dans une banque de sperme ? 

Bah, je savais très bien que ceci était quelque chose que je ne pourrais pas m'empêcher d'accomplir, même si je devais sauter à cloche-pied jusqu'en ville avec ma patte folle. Et l'engouement pour les enfants n'était pas juste une nouvelle tocade pour Désirée. La seule chose qui me retenait de chanter Hosanna à tue-tête dans la voiture était un soupçon irritant que c'était précisément les petits gaillards à queue qu'elle guignait, pas moi personnellement. J'avais naturellement enfoui tous mes doutes dans un puits en bloquant bien le couvercle avec un serre-joint. Peut-être que je n'aurais même pas à expliquer quoi que ce soit à Anita ? Sait-on jamais, j'avais peut-être été exposé à de la kryptonite verte qui aurait fait faner tous mes spermatozoïdes ? Ou manipulé du Roundup et autres mort-aux-rats à la ferme ? Et dans ce cas, à quoi je lui servirais, à Désirée ? 

Après l'amour, elle a pleuré en disant qu'elle ne voulait plus qu'on se revoie, parce que je commencerais à lui manquer à nouveau. Moi ? A nouveau ? J'étais tellement confus que je me suis borné à dire "Ah bon", puis je suis rentré chez moi avec un mal au crâne monstrueux. Mais j'y suis retourné le lendemain soir quand même. On avait dit trois essais. Et si elle n'était plus d'accord, j'avais décidé de lui demander ce qu'elle entendait par "à nouveau". 

Mais le troisième soir, elle n'était pas chez elle. En tout cas, elle n'a pas ouvert la porte. 

*Saucisse fumée au goût légèrement acide, préparée à partir de viande de porc, d'orge et de pommes de terre. (Note du traducteur). 

Désirée 

Je me suis réveillée avec l'odeur de Benny sur l'oreiller. Du savon, avec quelques touches de foin, d'huile de moteur et de café, et de la bouse de vache en note de tête. Pour paraphraser les pubs de parfums. 

Ce jour-là était tellement étrange. Comme si j'étais sortie de ma vie et m'étais postée un peu plus loin. Mes pensées n'étaient que des griffonnages dans la marge, je faisais en quelque sorte l'école buissonnière loin de mon existence toute tracée, prévisible et somme toute assez agréable. 

Car c'était un fait. J'étais obligée de me mettre entre parenthèses, de me figer au milieu du pas, jusqu'à ce que cette chose inouïe soit réglée. Si je tombais enceinte, nous serions forcés de tout reconsidérer et de redessiner la carte. Et si je ne tombais pas enceinte, tout n'aurait été que du business as usual et rien de particulier ne se serait passé. 

Je ne m'étais pas sentie ainsi depuis que j'étais petite et que ma tante Anna-Lisa me menaçait de l'orphelinat si je disais des gros mots. Je venais de me trouver une copine, Agneta, c'était une voisine. Parfois elle disait "Saleté de merde" et essuyait de longs filets de morve avec la manche de son pull, je l'admirais infiniment et voulais être comme elle. Mais si papa apprenait que moi aussi je m'amusais à débiter des grossièretés, il me fourrerait dans la voiture pour me conduire dans une grande maison remplie d'enfants et de dames méchantes. C'est à ce moment-là que j'ai fait précisément ce pas de côté dans ma vie, je me suis tenue prête au pire pendant plusieurs jours. Je ne jouais pas avec ma nouvelle poupée pour ne pas qu'elle me manque trop ensuite. Ne parlais pas, pour ne pas dire un gros mot par inadvertance. Je débarrassais la table et me brossais les dents pendant une éternité pour faire bonne impression. Tante Anna-Lisa disait à maman qu'elle l'avait trop gâtée, sa gamine, mais heureusement il avait suffi que "quelqu'un" de ferme la prenne en main et arrête de la dorloter. Elle-même, donc. Ensuite elle est repartie chez elle et tout rentra dans l'ordre. J'appris même à dire "Saleté de merde" avec fougue et enthousiasme, mais seulement chez Agneta. 

Subitement, "mon" appartement n'était plus uniquement le mien. Pour commencer, je pourrais mettre le petit lit à barreaux dans ma chambre et installer une table à langer au-dessus de la baignoire, mais ensuite je serais sans doute obligée de transformer mon bureau en chambre d'enfant. Au boulot, Lilian avait demandé si quelqu'un était intéressé par leur lit à deux places, son mari et elle avaient l'intention de faire chambre à part quand leur fille aînée serait partie. Il rentrerait pile-poil dans ma chambre, il ne faisait qu'un mètre cinquante de large et Benny pourrait... 

A moins de choisir la petite pièce mansardée de Rönngården ? Elle pourrait devenir vraiment sympa, juste à côté de la chambre de Benny avec les rideaux en robe de bal, mais était-elle isolée contre le froid ou bien n'était-ce qu'un simple grenier ? Et comment aurions-nous les moyens de m'acheter une voiture ? 

Sauf que dans le lit de Benny, il y avait une autre femme. Etait-il allé se coucher à côté d'elle hier soir ? Je nous ai imaginées toutes les deux faisant la queue en même temps à la pharmacie, nous achèterions nos tests de grossesse puis nous partirions chacune de son côté et nous retiendrions notre souffle en voyant la réponse positive... 

A ce stade, j'ai posé une enclume sur toutes les pensées qui bourdonnaient dans ma tête et je me suis mise sur Attente. Standby. Pas de projets avant de tenir le résultat du test dans ma main. Et aucun du tout s'il était négatif. Me suis-je dit. 

Je n'avais même pas l'intention de rougir inutilement devant sa compagne. Evidemment que ceci n'allait pas marcher. Ce n'était que la lubie d'une femme seule qui ployait sous le poids d'un gigantesque réveil biologique dont elle voulait faire taire l'insupportable sonnerie. 

Toute la journée, je me suis observée de l'extérieur, malgré moi. Une sensation d'irréel : voici une Femme Enceinte qui boit du jus d'orange, qui mange sainement et s'abstient de porter de lourdes piles de livres. Si je me comportais ainsi, c'est parce que je ne pouvais pas faire autrement ; le soir quand j'envisageais un petit verre de vin avec mon omelette, je voyais ma main le vider dans l'évier. C'était fascinant. Comme si la main était guidée par l'utérus, pas par des impulsions cérébrales. 

Benny... Je n'arrivais même pas à penser à lui. Chaque fois que mon esprit essayait de s'engager sur ces chemins-là, je serrais les paupières et je descendais, marche après marche, dans ma Chambre intérieure particulière, comme on me l'avait appris au stage d'autohypnose. Mais il s'accrochait à moi quand même, comme une ombre sur une image télé mal réglée. J'ai été jusqu'à imaginer que c'était sa compagne qui était venue me reluquer à la bibliothèque cet après-midi-là. Comme si elle pouvait savoir qui j'étais, alors que nous ne nous étions jamais rencontrées ! 

Le soir il est revenu, vers huit heures. Depuis une bonne demi-heure, mon cœur battait comme si j'avais couru un marathon. Il avait l'air de boiter un peu, mais je n'ai pas voulu poser de questions, tout ça était bien trop fragile pour des paroles. Nous nous sommes seulement adressé des ricanements idiots, avant d'aller tout droit dans la chambre nous livrer à notre projet insensé. Ensuite j'ai pleuré et j'ai dit : 

- Il ne faut plus que tu reviennes, c'est trop pour moi, je ne veux pas retomber dans le piège, tu vas me manquer à nouveau. 

- Je t'ai manqué ? a-t-il dit et sa voix était remplie d'une authentique surprise. 

 

Déjà lu du même auteur :

le_mec_de_la_tombe_d___cot_ Le mec de la tombe d'à côté les_larmes_de_Tarzan  Les larmes de Tarzan

entre_dieu_et_moi_c_est_fini Entre Dieu et moi, c’est fini

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Suède : Katarina Mazetti

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04 mai 2011

Celui qu'on ne voit pas – Mari Jungstedt

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Livre de Poche

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Plon – octobre 2007 – 355 pages

Livre de Poche – février 2010 – 442 pages

traduit du suédois par Maximilien Stadler

Quatrième de couverture :
Après s'être disputée avec son compagnon lors d'une fête dans leur maison de campagne, Helena Hillerström sort promener son chien le long de la plage. Bientôt, cernée par un épais brouillard, elle sent qu'on la suit. Quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, tuée à coups de hache. Frida Lindh, une jeune mère de trois enfants, quitte le bar où ses amies et elle se rencontrent régulièrement. Malgré la nuit et les quelques verres de vin qu'elle a bus, elle prend son vélo pour rentrer à la maison. Les rues sont désertes. Elle est seule. Non. Pas seule. Une ombre la suit. Celui qu'on ne voit pas. Le commissaire Anders Knutas et son équipe mènent une longue et difficile enquête sous la pression des médias. Quel est le lien entre ces deux jeunes femmes ? Knutas doit au plus vite découvrir le mobile du meurtrier avant que celui-ci ne frappe de nouveau.

Auteur : Ancienne journaliste et productrice d'émissions d'information pour la télévision, Mari Jungstedt vit à Stockholm. Sa série policière mettant en scène le détective Anders Knutas l'a propulsée au premier rang des écrivains suédois de romans policiers.

Mon avis : (lu en mai 2011)

Lorsque Livraddict a proposé ce partenariat, j'étais curieuse de découvrir une  auteur scandinave que je ne connaissais pas.

Cette histoire se passe sur l'île suédoise de Gotland située dans la Mer Baltique. Un matin, Helena Hillerström part promener son chien. Elle sera retrouvée sauvagement assassinée sur la plage quelques heures plus tard. La police commence par soupçonner Per, son compagnon. Car Helena et Per avaient eu une grosse dispute la veille alors qu'ils accueillaient quelques amis pour la soirée. Quelques jours plus tard, une autre femme est assassinée et certains détails laissent à penser que c’est le même criminel qui a fait cela. Puis une troisième femme est retrouvée morte, il semble qu’il n’y ait aucun lien entre les différentes victimes… C’est le commissaire Anders Knutas qui dirige l’enquête et il doit composer avec la présence de journalistes toujours à la recherche du moindre scoop… et l’arrivée prochaine de nombreux touristes sur l’île pour l’été.

C’est un roman facile à lire, avec des chapitres courts qui donnent un bon rythme à l’enquête. Nous suivons à tour de rôle l’enquête policière, les investigations du journaliste et également par petites touches, les états d’âme du meurtrier. Le suspense est présent et les questions nombreuses…
C’est également l’occasion de découvrir l’île de Gotland, son atmosphère, sa nature, ses habitants. J’attache beaucoup d’importance à cette spécificité des romans scandinaves. L’enquête et les personnages sont moins fouillés que pour les romans policiers d’Arnaldur Indridason ou Camilla Läckberg, malgré cela j’ai passé un très bon moment de lecture.
Merci à Livraddict et
Livre de Poche de m'avoir permis de découvrir une nouvelle auteur suédoise, et j'ai déjà dans ma PAL « Les ombres silencieuses », l’enquête suivante du commissaire Anders Knutas.

Extrait : (début du livre)
La soirée se passait mieux qu’elle ne l’avait espéré. Elle avait été un peu nerveuse avant l’arrivée des invités – cela faisait si longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus. Mais maintenant, son inquiétude avait disparu. Après un verre d’alcool fort en guise de bienvenue, un vin blanc à l’entrée, plusieurs verres de vin rouge avec le plat principal et du porto au dessert, une atmosphère merveilleusement gaie régnait autour de la table. Kristian était encore en train de raconter une anecdote sur son chef, et des éclats de rire emplissaient le salon de la vieille maison en meulière.
Devant les fenêtres s’étalaient des champs de blé et des prés ondulants. Les coquelicots attendraient encore plusieurs semaines avant  de fleurir. Plus loin, dans un dernier crépuscule hésitant, on devinait la mer.
Helena et Per avaient pris quelques jours de congé et s’étaient installés dans leur maison de campagne sur l’île de Gotland, pour la Pentecôte. A l’occasion de ces brèves vacances, ils avaient l’habitude de rencontrer  les amis d’enfance d’Helena. Cette année, seul le lundi de Pentecôte avait convenu à tout le monde.
Il faisait particulièrement froid pour la saison, pas plus de dix degrés. Un vent violent hurlait et sifflait dans les cimes des arbres.
Helena rit à gorge déployée quand Per entonna une chanson paillarde qui parlait des gamins du continent courant les jupons des filles de Gotland, qu’elle lui avait apprise elle-même.
Tous les convives chantèrent le refrain : la meilleure amie d’Helena, Emma, et son mari Olle, les voisins Eva et Rikard, et puis Beata avec son nouveau mari John, un Américain qui participait pour la première fois à une de leurs rencontres. Kristian était le seul à être encore célibataire. Un bel homme, mais manifestement condamné à rester vieux garçon. Bien qu’il eût lui aussi déjà trente-cinq ans, il n’avait jamais vécu avec une femme. Au cours des dernières années, Helena s’était souvent demandé pourquoi.
Sur les rebords des fenêtres, des bougies brûlaient dans des chanceliers en fonte, et le feu crépitait dans la cheminée. Devant l’âtre, le chien Spencer couché sur une peau de bête se léchait les pattes et soupirait profondément en se pelotonnant dans la chaleur du feu.

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Suède : Mari Jungstedt

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26 avril 2011

Le policier qui rit - Maj Sjöwall et Per Wahlöö

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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10/18 – juillet 1985 – 277 pages

Rivages – novembre 2008 – 327 pages

traduit de l'anglais par Michel Deutsch

Quatrième de couverture :
Par une pluvieuse soirée de novembre, tous les passagers d'un autobus sont massacrés au fusil mitrailleur. Jamais la Suède n'avait connu pareille tuerie, et l'opinion publique s'affole. Parmi les neuf victimes, un flic que Beck connaissait. Que faisait-il dans ce bus, à cette heure ? D'après sa compagne, il était surchargé de travail, mais Beck sait bien, lui, qu'il était pratiquement en congé... L'identification des victimes, puis l'étude minutieuse de leur passé, apportent peu à peu des indices. Et comme souvent, derrière la façade lisse des apparences, ce sont des réalités sordides qui émergent. Adapté au cinéma par Stuart Rosenberg en 1973 sous le titre : The laughing policeman (Le flic ricanant).

Auteurs : Per Wahlöö (né le 5 août 1926 à Göteborg et mort le 23 juin 1975 à Stockholm), diplômé de l'Université de Lund en 1946 consacra ses dix premières années de vie professionnelle au journalisme (il fut notamment reporter criminel) tout en publiant à partir de la fin des années 1950 quelques romans relevant pour l'essentiel du genre politique-fiction.
Maj Sjöwall (née le 25 septembre 1935 à Stockholm), était éditrice pour la maison d'édition suédoise Wahlström & Widstradt lorsqu'en 1961 elle rencontra Per Wahlöö qu'elle épousa l'année suivante.
Maj Sjöwall et Per Wahlöö ont écrit, entre 1965 et 1975, une série de dix romans mettant en scène l'enquêteur martin Beck et son équipe. Cette œuvre, influencée par Ed McBain et qui a marqué la littérature policière occidentale, est republiée dans des traductions entièrement revues à partir de l'original suédois.

Mon avis : (lu en avril 2011)
Nous avons décidé d'inauguerer nos Lectures Communes pour le Swap à 2 PAL avec ce livre qui faisait parti de nos PAL respectives. Pour ma part, il m'a été offert par Mrs Pepys lors du Swap Frissons en Noir & Blanc organisé par Canel.
C'est la première fois que je lisais ce couple d'auteurs. « Le Policier qui rit » a été écrit en 1968 et a été publié pour la première fois en France en 1970 sous le titre « Le massacre de l'autobus ». C'est le quatrième livre de la série.
Tout commence avec le mitraillage des passagers d'un bus à impériale de Stockholm, tuant huit personnes et en blessant grièvement une neuvième. Des passagers qui, a priori, n'ont rien à voir les uns avec les autres. Pas de témoins, pas d'indices et plus surprenant, parmi les victimes, l'inspecteur Ake Senstrom, jeune collaborateur de Martin Beck. Ce dernier avec son équipe d'enquêteurs va tout d'abord s'intéresser au passé des victimes, cela permet au lecteur de découvrir un certain échantillon de la société suédoise mais aussi le fonctionnement du commissariat et l'avancée pas à pas de l'enquête. L'intrigue est fort bien construite, des pistes nombreuses à explorer.
Avec cette enquête, j'ai découvert l'inspecteur Martin Beck un homme calme, très consciencieux dans son travail et qui mène scrupuleusement son enquête. Côté vie privé, il est marié depuis dix-sept ans, mais il préfère dormir sur le canapé du salon, il a deux enfants.
La météo exécrable de la saison est également présente dans ce livre, « Ce soir-là, il pleuvait à verse sur Stockholm. », « Le temps était abominable. Des nappes d'eau dégringolaient des toits, crépitaient sur les fenêtres, et les rues étaient presque vides. », « Quel temps, songea-t-il avec écœurement en regardant par la fenêtre. Novembre, l'obscurité, la pluie, le froid. L'hiver approchait. Bientôt, ce serait la neige. »
J'ai été très contente de cette découverte suédoise qui m'a beaucoup plu et je lirai volontiers d'autres livres de la série.

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Ce livre a été adapté au cinéma par Stuart Rosenberg en 1973 sous le titre : The Laughing Policeman (en français : Le Flic ricanant ).

Merci à Mrs Pepys de m'avoir offert ce livre et allons voir son avis.

La révélation des colis du Swap à 2 PAL sera pour le 30/04 (samedi prochain !)

Extrait : (début du livre)
C'était le 13 novembre. Ce soir-là, il pleuvait à verse sur Stockholm. Martin Beck et Kollberg étaient plongés dans une partie d'échecs. Ils étaient chez ce dernier, qui habitait un appartement de la banlieue sud, pas bien loin de la station de métro Skärmarbrink. Les derniers jours avaient été plutôt calmes et les deux hommes n'étaient pas de service.
Martin Beck jouait très mal aux échecs mais cela ne le décourageait pas. Kollberg avait une petite fille de deux mois à peine et, aujourd'hui, il lui fallait faire office de baby-sitter. Beck, de son côté, n'avait aucune envie de rentrer chez lui à moins d'une nécessité absolue. Le temps était abominable. Des nappes d'eau dégringolaient des toits, crépitaient sur les fenêtres, et les rues étaient presque vides. Les rares passants qui y déambulaient avaient certainement des raisons impérieuses pour être dehors par une nuit pareille.
[…]
Là-bas, dans l'appartement de Skärmarbrink, Kollberg rangea les pièces dans la boîte de bois et le couvercle à glissière se referma avec un bruit sec. Sa femme était rentrée de faire ses courses. Elle était aussitôt allée se coucher.
- Tu ne t'y mettras jamais, soupira-t-il.
- Il paraît qu'il faut un sens particulier, répondit Martin Beck d'une voix lugubre. Je suppose que ça doit s'appeler le sens de l'échec.
Kollberg changea de sujet :
- Je parie qu'il doit y avoir un drôle de foutoir du côté de Strandvägen.
- Sûrement. Mais pourquoi ?
- Ils devaient remettre une lettre à l'ambassadeur.
Une lettre... Pourquoi ne l'ont-ils pas envoyée par la poste ?
- Cela n'aurait pas fait autant de bruit.
- Effectivement. Mais quand même, c'est d'une telle stupidité qu'on en a honte.
- Oui, approuva Martin Beck.
Il avait mis son manteau et son chapeau. Il était prêt à partir. Kollberg se leva vivement.
- Je descends avec toi.
- Pour quoi faire ?
- Oh ! Histoire de me dégourdir un peu les jambes.
- Par ce temps ?
- J'aime la pluie, dit Kollberg en enfilant un imperméable de popeline bleu marine.
- Ça ne suffit pas que je sois déjà enrhumé ?
Martin Beck et Kollberg étaient policiers. Ils appartenaient à la brigade criminelle. Pour le moment, ils n'avaient rien de spécial à faire et pouvaient s'estimer libres de disposer de leur temps sans mauvaise conscience.
Il n'y avait pas un seul policier dans les rues. C'était en vain que, devant la gare centrale, une vieille dame attendait qu'un agent s'approche d'elle, la salue et, le sourire aux lèvres, la fasse traverser. L'individu qui venait de lancer une brique dans une vitrine n'avait pas à s'inquiéter : aucun hululement de sirène ne viendrait brusquement interrompre ses activités.
La police était occupée.
Une semaine auparavant, le chef de la police avait publiquement déclaré que cette dernière serait contrainte de négliger une grande partie de ses missions pour protéger l'ambassadeur des États-Unis des lettres et autres expressions du mécontentement des gens qui n'aimaient ni Lyndon Johnson ni la guerre du Vietnam.
L'inspecteur Lennart Kollberg n'aimait pas Lyndon Johnson, il n'aimait pas non plus la guerre du Vietnam mais il aimait marcher sous la pluie.
A 23 heures, il pleuvait toujours et on pouvait considérer que la manifestation était dispersée.
A la même heure, huit meurtres et une tentative d'assassinat eurent lieu à Stockholm.

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Suède : Maj Sjöwall et Per Wahlöö

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22 avril 2011

Automne – Mons Kallentoft

 automne Éditions du Rocher - mars 2011 - 475 pages

traduit du suédois Max Stadler et Lucile Clauss

Quatrième de couverture :
Jerry Petersson est un riche avocat parvenu. Tout le monde le déteste. Aussi, quand on retrouve son cadavre dans les douves du château qu'il vient d'acheter, personne n'est étonné. Malin mène l'enquête, qui l'amène sur l'île de Ténérife. Un dépaysement dont elle a bien besoin. Rien ne va plus chez elle.
C'est l'automne à Linkôping. Il pleut, le temps est maussade et froid. Malin, maintenant bien connue du public français, est toujours aussi fragile. Elle devra affronter ses vieux démons et sa solitude pour se lancer aux trousses du tueur.

Auteur : Mons Kallentoft est né en 1968 en Suède. Journaliste et auteur, il a déjà publié cinq romans qui ont reçu de nombreux prix. Vendus à 500 000 exemplaires et traduits en 19 langues, Hiver et Eté ont connu un succès retentissant dès leur parution.

 

Mon avis : (lu en avril 2011)
C'est avec « Hiver » que j'avais fais connaissance avec la commissaire Malin Fors avec beaucoup de plaisir. Après la canicule de « Été », j'avais quitté Malin et Tove, sa fille, qui avaient vécu le pire.
Nous retrouvons dans « Automne », Malin Fors en pleine dépression, elle a essayé de se remettre avec le père de Tove, Jan, pompier pour donner à sa fille un foyer stable. Malheureusement, c'est un échec, et elle s'est mise à boire de plus en plus pour supporter son quotidien.
Le livre est assez très long à démarrer. En effet, l'auteur commence par nous présenter tous les personnages du livre, la victime, les enquêteurs, les suspects et il y a également des retours sur le passé. Ce n'est qu'au bout d'une soixantaine de pages que Jerry Petersson, riche avocat parvenu, est retrouvé mort dans les douves du château de Skogså qu’il venait de racheter à la famille Fågelsjö, une famille de nobles propriétaires de ce château depuis près de cinq cent ans. Avec son équipe d'enquêteurs et leur soutien Malin va malgré tout mener l'enquête. Celle-ci l'emmènera jusqu’à Ténérife, là où habitent ses parents qu'elle n'a pas revu depuis trois ans.
L'enquête policière est plutôt bien menée malgré Malin en proie à son problème d'alcool et ses démons du passé. Comme dans les deux premiers tomes, Malin entend la voix des morts (paragraphes en italiques) ce qui donne des indices au lecteur en avant première.

J'ai cependant été un peu déçu par ce troisième épisode, je l'ai trouvé brouillon, le mal-être de Malin m'a rendue mal à l'aise et le climat automnale pluvieux et humide n'a pas arrangé les choses... Cependant, j'attends avec impatience la conclusion de l'histoire avec « Printemps » (qui sortira à l'automne prochain), car je me pose encore beaucoup de questions sur Malin.

Extrait : (page 13)
Lentement, lentement, dans la nuit. Elle accélère juste ce qu'il faut pour ne pas partir en tête-à-queue. Les mains tremblantes sur le volant. Il fait sombre derrière les vitres de la voiture, sombre et humide. La tempête est si forte que la pluie tombe à l'horizontale. Le pare-brise pleure des larmes noires, contre lesquelles les essuie-glaces ne peuvent rien. Malin Fors roule sur un chemin forestier. Les branches s'accrochent à la voiture comme les tentacules noueux de quelque animal préhistorique. Elle retire une main du volant, ralentit, se frotte les yeux, et se persuade que ces gouttes sur ses joues ne sont que des gouttes de pluie. Et rien d'autre. A respirer l'air vicié de la voiture, elle ne se sent pas très bien. La pluie tambourine sur le toit blanc de la voiture. Le bruit couvre celui du moteur, et semble crier à Malin : "Tu as fait ton choix, tu ne peux plus revenir en arrière. Ce qui est fait est fait, Malin Fors !" Elle tremble de tout son corps. Le visage de Jan danse devant le pare-brise, celui de Tove aussi. Le visage de l'adolescente est effrayant de pâleur, et ses contours apparaissent dans la sombre nuit d'automne. A chaque fois que Tove essaie de parler, sa voix disparaît dans le fracas de la grêle sur le toit. Les vêtements mouillés de Malin lui collent au corps. Elle distingue maintenant les lumières de Linköping qui ondulent et grandissent dans la nuit. Elle accélère alors et pense : "les dés sont jetés, je ne peux plus rien y faire." Le visage de Jan est toujours là devant elle. Il n'a pas l'air triste, ni même en colère, seulement fatigué. Cela l'effraie.

Déjà lu du même auteur :

hiver Hiver    _t_ Été

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Suède : Mons Kallentoft

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15 avril 2011

Des étoiles au plafond - Johanna Thydell

 Lu durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

des__toiles_au_plafond Thierry Magnier – septembre 2010 – 325 pages

traduit du suédois par Agneta Ségol

Quatrième de lecture :
Tout allait bien pour Jenna, quand sa mère est tombée malade. Et franchement gérer le quotidien, les courses, les repas, le ménage, ça n'a rien de drôle. Heureusement il y a Susanna, sa meilleure amie, celle avec qui elle peut fantasmer sur Sakki et partager sa haine pour sa voisine Pénélope, pourtant adulée par tous au collège. Chaque jour, la santé de sa mère se dégrade, Jenna grandit, change, elle comprend que la grande liberté de Pénélope cache quelque chose. Comment rester insensible à l'histoire de cette toute jeune fille qui continue sa vie de pré-ado en affrontant un chagrin trop grand ? Premier roman d'une jeune auteure suédoise, traduit en dix-sept langues, joué au théâtre et adapté en long métrage.

Auteur : Née en 1968 à Göteborg, Johanna Thydell a étudié le cinéma et la mise en scène à Stockholm. Son premier court-métrage reçoit un prix en République tchèque. Elle vit ensuite pendant deux ans à New York comme scénariste et réalisatrice et travaille également pour la télévision.

Mon avis : (lu en avril 2011)
Le livre s'ouvre sur ce poème que Jenna a fait lors d'un cours de suédois :

Si tu meurs, maman, je me ferai mourir.
Oui.
Je me ferai mourir.
Non, on ne dit pas se faire mourir.
On dit se donner la mort.
Ou se suicider.
Donc.
Si tu meurs, maman, je me suiciderai.

Jenna est une adolescente dont la mère est en train de mourir d'un cancer du sein. Et même si elle a honte de le penser, elle a honte de sa mère malade. Jenna ne veut pas faire pitié et elle évite que cela se sache. C'est son secret. Aussi elle vit plusieurs vies à la fois, celle de l'adolescente qui grandit et qui se cherche, celle qui s'occupe de la maison et doit aider sa mère pour faire les courses et les tâches du quotidien, celle de la petite fille qui a du chagrin et qui a peur de l'avenir sans sa maman...
En tant qu'ado, comme sa meilleure amie Susanna, elle se sent moche et totalement fade. Jenna déteste Pénélope, la fille la plus glamour de l'école, qui habite juste au-dessus chez d'elle et qui organise les plus belles soirées du collège où elle n'est jamais invitée. Elle aimerai que Sakki, le garçon qu'elle admire, la remarque.
Le quotidien s'est les séjours de sa maman à l'hôpital et ses grands-parents qui débarquent dans l'appartement et bouleverse son chez-soi.
La petite fille espère un miracle, et se rappelle des souvenirs d'avant la maladie en regardant les étoiles au plafond de sa chambre.
Un jour Pénélope découvre son secret et l'inattendue se produit...

Ce livre est très beau, il raconte une histoire triste et bouleversante qui m'a donné les larmes aux yeux mais qui m'a également fait rire. Jenna est une adolescente formidable et très courageuse. Sa maman, très discrète dans l'histoire est une belle personne.
Ce livre est vraiment un beau message d'espoir et de courage !

Extrait : (page 33 - Chapitre 4)
G&G (C'est comme ça que Jenna appelle grand-mère et grand-père) habitent un trou paumé où il n'y a rien qu'une banque, un kiosque à journaux et un tas de dames qui saluent tous ceux qu'elles croisent. Il faut vingt minutes pour s'y rendre en car.
Mais Jenna et maman ne s'y rendent plus en car.
Elles utilisent le transport communal pour handicapés.
Jenna déteste ça. Mais elle sait à quel point c'est fatiguant pour maman de monter et de descendre du car lors des changements. C'est particulièrement fatigant les jours où elle a mal et surtout quand elle est obligée de se déplacer avec ses béquilles. Au début, maman n'aimait pas le transport communal pour handicapés, elle non plus, mais on s'habitue à presque tout.
Surtout quand on n'a pas le choix.
Jenna a à peine le temps de descendre de la voiture que grand-mère lui saute dessus dans un nuage de noix de coco.
- Bienvenue ! Je ne voudrais pas vous tacher avec mon huile solaire ! hurle grand-mère en les serrant dans ses bras.
- On n'en mourra pas, rit maman.
- Il faut faire attention à soi, dit grand-mère sur un ton indigné en secouant ses cheveux roux et bouclés aux racines grises.
Et elle se met à parler de la couche d'ozone, de l'effet de serre et de tout ce qui a changé, de la chaleur exceptionnelle même en septembre, mais oh comme je suis heureuse que vous soyez là !
Grand-mère ouvre la porte. Une fois dans l'entrée, elle crie tellement fort que Jenna a peur que le miroir (toujours sans taches de doigts) se décroche et s'écrase par terre.
- Aaaalbin, hurle-t-elle. Albin, elles sont là !
Jenna entend des grincements et des craquements dans le salon. Le bruit vient d'un canapé Mes petites mignonnettes ! Vous allez bien ? Ça n'a pas été trop compliqué de venir jusqu'ici ?
Grand-père fait remarquer que maman n'a pas ses béquilles et maman lui adresse un sourire triomphant, il pose quelques questions sur son prochain rendez-vous à l'hôpital et Jenna se dépêche de se glisser entre son gros ventre et maman pour se réfugier dans la cuisine.
Où tout est aussi parfait que d'habitude.
Pas de poussière dans les coins, pas d'objets inutiles qui traînent (en revanche, ils sont nombreux sur les étagères), pas de sac-poubelle oublié sur le palier. Les franges des tapis bien peignées. La vaisselle rincée et soigneusement rangée dans le lave-vaisselle.
Bienvenue chez G&G !
- Maintenant on va prendre le café, annonce grand-mère qui trouve que grand-père et maman s'attarde trop dans l'entrée.
Tout le monde s'installe, tout le monde admire la belle crème fouettée sur le gâteau fait maison, tout le monde prend café pendant une éternité.
- Ça se passe bien au collège, Jenna ? demande grand-mère après avoir discuté tringles à rideaux avec maman.
Grand-mère pose toujours la même question. Et elle veut toujours entendre la même réponse. Que ça se passe bien.
- Oui, ça se passe bien, répond donc Jenna.
- Tu es une bonne petite, Jenna-Penna, dit grand-père tout en mâchant bruyamment du gâteau.
- Oh oui, dit grand-mère. Et tu t'occupes bien de maman quand vous êtes chez vous, n'est-ce pas ? Tu l'aides quand elle a besoin de toi, n'est-ce pas ?
Les mots de grand-mère restent suspendus dans l'air. Un grand silence s'installe autour de la table. On entend l'horloge dans le salon. Dong dong dong. Jenna se dit que c'est un marteau qui tape sur la tête de grand-mère.
Grand-mère supporte mal le silence. Elle tripote et tourne les bracelets en or qu'elle a eus pour son anniversaire.
- Bien sûr qu'elle m'aide, dit maman tout en caressant les genoux de Jenna. Bien sûr.
Grand-mère hoche la tête, bien sûr qu'elle l'aide, bien sûr, et elle se met à parler de Gun la voisine qui a chargé de voiture, des Carlsson qui vont déménager, de la fille de Lasse à Svängen qui va avoir un bébé. Grand-père acquiesce et maman dit ah oui ? ah bon ? et ils sauvent ainsi la situation en se parlant de la vie des autres.
Jenna, elle, ne dit rien.
Il ne faut pas penser de mal de sa grand-mère. Mais parfois Jenna ne peut pas s'en empêcher. Il faut épauler maman, Jenna. Il faut aider maman, Jenna. Il faut penser à maman, Jenna. Ta mère est une battante, Jenna.
Comme si Jenna ne le savait pas ! Comme si Jenna ne voyait rien, ne s'apercevait de rien, ne se rendait pas compte des douleurs de maman, de ses difficultés à respirer, de sa soif, de sa fatigue, de ses nausées. Comme si Jenna vivait ailleurs que dans l'appartement avec maman.
Non.
Elle ne vit pas ailleurs.
Mais il lui arrive de le souhaiter.

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27 mars 2011

L'homme inquiet – Henning Mankell

l_homme_inquiet Seuil – octobre 2010 – 551 pages

Quatrième de couverture :
Wallander a réalisé ses rêves : vivre à la campagne avec son chien. Et il est devenu grand-père d’une petite Klara. Sa fille Linda vit avec le père de l’enfant, incroyable mais vrai, un financier aristocrate. Le beau-père de Linda, ancien officier de marine haut gradé, disparaît après avoir évoqué avec Wallander la guerre froide et les sous-marins russes dans les eaux territoriales suédoises. Puis la belle-mère est retrouvée morte. Soupçons d’espionnage. Au profit de la Russie ? Des États-Unis ? Wallander mène une enquête parallèle à celle de la police de Stockholm et des services secrets.

Auteur : Henning Mankell, né en Suède en 1948, est devenu mondialement célèbre grâce à ses fameuses enquêtes de l'inspecteur Kurt Wallander : une série de polars qui a commencé en 1991 avec Meurtriers sans visage et s'est vendue à des millions d'exemplaires dans le monde. Gendre d'Ingmar Bergman, dont il a épousé la fille Eva en secondes noces, Mankell a également écrit des livres pour la jeunesse, des romans dont le magnifique Les chaussures italiennes, paru en 2009, des pièces de théâtre. Depuis 1996, l'écrivain partage sa vie entre son pays natal et le Mozambique, où il dirige le Teatro Avenida.

 

Mon avis : (lu en mars 2011)
Même si je n'ai lu que les deux premières enquêtes de Wallander, je n'ai pas résisté à la tentation de d'emprunter à la bibliothèque et de lire cette nouvelle enquête que la couverture annonce comme la dernière du fameux inspecteur. Et j'ai savouré avec beaucoup de plaisir cette enquête.

Tout commence avec la disparition du beau-père et de la belle-mère de sa fille Linda. Håkan von Enke est un ancien officier de marine à la retraite. Un beau jour, il disparaît sans laisser aucune trace. Son fils Hans et Linda demandent à Wallander de participer à l'enquête, il va se rendre à Stockholm rencontrer Louise la femme de Håkan pour essayer de comprendre la raison de cette disparition. Quelques jours plus tard, Louise disparaît à son tour...
Cette enquête qui va entraîner entraîner Wallander dans une histoire d'espionnage militaire, dans les profondeurs sous-marines et l'histoire politique de la Suède durant les années de la Guerre froide.

Dans ce livre, Wallander, devenu grand-père d'une petite Klara, prend conscience de son âge et se met à redouter la vieillesse avec ses maux et ses angoisses. Elle se manifeste chez lui par des troubles de la mémoire qui le terrifie. Au cours de son enquête, Kurt Wallander revient également sur son passé en faisant comme un bilan de ses années d'enquêtes dont il évoque quelques souvenirs. Il passe également le témoin à sa fille Linda qui travaille elle-aussi dans la police à Ystad. Wallander est un personnage si attachant, tellement humain, le lecteur se sent proche de lui.

Il est donc bien sûr triste de quitter Kurt Wallander avec cette neuvième enquête, mais pour moi, je ne le quitte pas tout à fait, puisque j'ai encore ses enquêtes n°3 à n°8 à découvrir et à savourer !

Extrait : (page 17)
L'année de ses cinquante-cinq ans, Kurt Wallander réalisa à sa propre surprise un rêve qu'il portait en lui depuis une éternité. Plus exactement depuis son divorce d'avec Mona, qui remontait à près de quinze ans maintenant. Ce rêve était de quitter l'appartement de Mariagatan, où les souvenirs douloureux étaient incrustés dans les murs, et de partir s'installer à la campagne. Chaque fois qu'il rentrait chez lui après une journée de travail plus ou moins désespérante, il se rappelait qu'il avait autrefois vécu là en famille. Il lui semblait que les meubles eux-mêmes le regardaient avec un air désolé et accusateur. 

Il ne se faisait pas à l'idée qu'il continuerait à vivre là jusqu'au jour où il serait tellement vieux qu'il ne pourrait plus se débrouiller seul. Il n'avait même pas atteint la soixantaine, mais le souvenir de la vieillesse solitaire de son père le hantait. S'il avait une certitude, c'était qu'il ne voulait pas reproduire le modèle. Il lui suffisait d'apercevoir son reflet dans la glace en se rasant le matin pour constater qu'il ressemblait de plus en plus au vieux alors que, dans sa jeunesse, il avait eu plutôt les traits de sa mère. L'âge venant, son père paraissait peu à peu prendre possession de lui, tel un coureur qui serait resté longtemps embusqué dans le peloton de queue et qui, à l'approche de la ligne d'arrivée, passait à l'attaque. 
L'image du monde qu'avait Wallander était assez simple. Il ne voulait pas être un solitaire aigri, ne voulait ni vieillir seul en recevant la visite de sa fille et de temps à autre, peut-être, celle d'un ancien collègue qui se serait soudain souvenu qu'il était encore en vie. Il n'entretenait aucun espoir édifiant comme quoi Autre Chose l'attendait après la traversée du fleuve noir. Il n'y avait rien là-bas que la nuit d'où il avait émergé à sa naissance. Jusqu'à ses cinquante ans, il avait entretenu une peur confuse de la mort, et du fait de devoir rester mort si longtemps, pour reprendre la formule qui résumait le mieux, pour lui, son sentiment. Il avait vu trop de cadavres au cours de sa vie et rien sur leurs visages muets ne suggérait qu'un Ciel eût recueilli leur âme. Comme tant d'autres policiers, il avait assisté à toutes les variantes imaginables de la mort. Juste après son cinquantième anniversaire - célébré au commissariat par l'achat d'un gâteau et par un fade discours de la chef de police de l'époque, Lisa Holgersson, qui s'était contentée d'aligner un chapelet de platitudes - il avait commencé à évoquer dans un carnet, acquis pour l'occasion, tous les morts qui avaient un jour ou l'autre croisé son chemin. Une activité macabre, dont lui-même ne comprenait pas du tout pourquoi elle l'attirait tant. Parvenu à son dixième suicidé - un toxicomane d'une quarantaine d'années affligé de tous les problèmes qui puissent exister -, il laissa tomber. Le type, qui s'appelait Welin, s'était pendu dans le grenier de son squat. Il s'était arrangé pour se rompre les vertèbres cervicales et éviter ainsi d'être étranglé à petit feu. Le légiste avait par la suite confié à Wallander que le stratagème avait réussi, et qu'il était mort sur le coup ; ainsi cet homme avait réussi à être pour lui-même un bourreau compétent. Après cela, Wallander avait abandonné les suicidés et consacré stupidement quelques heures à essayer de se rappeler plutôt les jeunes morts, y compris les enfants, qu'il avait vus au long de sa carrière. Mais il y renonça vite, c'était trop désagréable. Dans la foulée, il eut honte et brûla son carnet, comme s'il s'était laissé aller à un penchant pervers, un penchant défendu. Au fond, se dit-il, il était quelqu'un de foncièrement jovial. Il devait juste s'autoriser à cultiver un peu plus cet aspect de lui-même. 
Mais la mort l'avait toujours accompagné. Il lui était aussi arrivé de tuer. Par deux fois. Dans les deux cas, l'enquête interne avait conclu à la légitime défense. 
Ces deux êtres humains dont il avait causé la mort, c'était sa croix, tout à fait personnelle, qu'il portait en lui. S'il ne riait pas souvent, il le devait à ces expériences subies malgré lui. 

Un beau jour, cependant, il prit une décision cruciale. Il s'était rendu à Löderup pour discuter avec un agriculteur victime d'une agression, non loin de la maison où vivait autrefois son père. En revenant vers Ystad, il aperçut le panneau d'une agence immobilière signalant une maison à vendre au bout d'un chemin gravillonné. La décision surgit de nulle part. Il freina, fit demi-tour et emprunta le chemin. Le corps de ferme à colombages devait à l'origine former un quadrilatère tronqué, mais l'une des ailes avait disparu, peut-être suite à un incendie. Il en fit le tour. C'était une belle journée au début de l'automne. Il se rappellerait le vol d'oiseaux migrateurs qui était passé en ligne droite, plein sud, juste au-dessus de sa tête. A priori seul le toit avait besoin d'être refait. La vue qu'on avait depuis la maison était éblouissante. On devinait la mer au loin, peut-être même distinguait-il la forme d'un ferry arrivant de Pologne, en route vers Ystad. Cet après midi-là, au mois de septembre 2003, il entama en quelques instants une histoire d'amour avec la maison solitaire. 
Il remonta dans sa voiture et se rendit tout droit chez l'agent immobilier à Ystad. Le prix n'était pas si élevé qu'il ne puisse prendre un crédit dont il aurait les moyens de rembourser les traites. Dès le lendemain, il était de retour sur les lieux en compagnie de l'agent, un jeune homme qui s'exprimait d'une voix forcée et donnait l'impression d'être complètement ailleurs. La maison, expliqua-t-il à Wallander, appartenait à un jeune couple originaire de Stockholm qui avait choisi de s'installer en Scanie ; mais ils ne l'avaient même pas encore meublée qu'ils décidaient de se séparer. En parcourant les pièces vides, Wallander sentit qu'il n'y avait rien de caché dans ces murs-là qui fût de nature à l'effrayer. Et le plus important de tout, qui ressortait très clairement des explications de l'agent : il allait pouvoir emménager tout de suite. Le toit tiendrait le coup quelques années encore, avec un peu de chance. La seule urgence était de repeindre certaines pièces et de remplacer la baignoire ; voire d'acheter une gazinière neuve. Mais la chaudière avait quinze ans d'âge, la plomberie et l'électricité à peine davantage. Ça irait. 

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

Livre 38/42 pour le Challenge du 6% littéraire
1pourcent2010

Déjà lu du même auteur :
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

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17 mars 2011

Salon du Livre de Paris - 18 au 21 Mars

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Les 5 thématiques de cette année sont :

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- Les lettres nordiques avec 40 auteurs scandinaves invités (Suède, Norvège, Islande, Finlande et Danemark)

buenos_aire
- Buenos Aires, capitale mondiale du livre 2011 selon l'UNESCO, une première au Salon.
Une dizaine de ses d'auteurs seront invités pour vous faire découvrir cette ville.

salon_polar
- Spécial Suspense : Polar & Thriller sous toutes ses formes, avec des débats, des projections et des séances de dédicaces d'auteurs.

outremer
- 2011, année des Outre-Mer, offrira une tribune auteurs/éditeurs outre-marins qui aident au rayonnement culturel français dans le monde.

serial_lecteur
- Serial Lecteur, mettra l'accent sur la passion des lecteurs sur certaines séries, qui les poussent à toujours vouloir en savoir plus.

 

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Pour ma part, je suis très intéressée par les Lettres nordiques : ce sera peut-être l'occasion de rencontrer ou d'apercevoir des auteurs que j'ai déjà lu et de connaître de nouveaux auteurs.
La littérature scandinave me plaît beaucoup !

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Auteurs présents au Salon du Livre de Paris 2011 et que j'ai déjà lu :

Henning Mankell (Suède): tea_bag les_chaussures_italiennes meurtriers_sans_visage_p Les_chiens_de_Riga_2 

Jo Nesbø (Norvège): l_homme_chauve_souris     Sofi Oksanen (Finlande) : purge_prixfemina_etranger 

Auđur Ava Ólafsdóttir (Islande): Rosa_candida

Anne B. Ragde (Norvège):la_terre_des_mensonges la_ferme_des_Neshov l_h_ritage_impossible

Jørn Riel (Danemark): La_vierge_froide_et_autres

Árni Thorarinsson (Islande): le_temps_de_la_sorci_re_1 le_dresseur_d_insectes le_septi_me_fils

 

Et ce soir, je ne raterai pas :

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Cette semaine, à l’occasion du Salon du livre de Paris, "La Grande Librairie" propose une émission spéciale Scandinavie. François Busnel y est parti à la rencontre de Jens Christian Grøndahl, Henning Mankell, Camilla Läckberg, Eva Gabrielsson, Per Olov Enquist, Anne B. Ragde, Björn Larsson et Per Wästberg.

 France 5 - Jeudi 17 mars à 20h35, rediffusée le Dimanche 20 mars à 8h55

 

J'ai la chance de pouvoir me rendre au Salon du livre, quelques heures vendredi après-midi et le samedi en compagnie de mon fils n°2 (âgé de 15 ans 1/2) dès l'ouverture.

Je suis très excitée, j'espère faire des rencontres, récolter quelques marque-pages et bien sûr découvrir pleins de livres et de futures lectures, et...

Posté par aproposdelivres à 07:14 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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