05 mai 2015

Un parfum d'herbe coupée - Nicolas Delesalle

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un parfum d'herbe coupée Préludes - janvier 2015 - 288 pages

Prix des lecteurs du livre numérique 2013

Quatrième de couverture :
« Le jour où mon père a débarqué avec son sourire conquérant et la GTS, j'ai fait la gueule. Mais j'ai ravalé ma grimace comme on cache à ses parents l'odeur de sa première clope. J'ai dit ouais, j'ai dit super, la mort dans l'âme, même si j'avais compris que la GTS pour la GTX, c'était déjà le sixième grand renoncement, après la petite souris, les cloches de Pâques, le père Noël, Mathilde, la plus jolie fille de la maternelle, et ma carrière de footballeur professionnel. » 
Par petites touches qui sont autant d'instantanés de vie, Kolia convoque les figures, les mots, les paysages qui ont compté : la route des vacances, les filles, Totor le paysan aux cèpes et la maison de famille, des livres, quelques sauterelles, Raspoutine le berger allemand... Des petits riens qui seront tout.
Un premier roman remarquable, plein d'émotion, d'humour, de poésie, de profondeur, où la petite musique singulière de l'enfance ouvre sur une partition universelle. Un parfum inoubliable...

Auteur : Nicolas Delesalle est grand reporter à TéléramaUn parfum d’herbe coupée est son premier livre.

Mon avis : (lu en janvier 2015)
Comme j'ai déjà lu ce livre en janvier dernier et que je me suis engagée à lire les livres du Prix Relay des Voyageurs, je reprends dans ce billet, une grande partie de mon billet de janvier.
La lecture de la quatrième de couverture m'a donné envie de découvrir ce livre. Une version courte de ce livre a d'abord eu une vie en livre numérique et même obtenu Prix des lecteurs du livre numérique 2013.
Kolia, le narrateur, nous raconte des moments de l'enfance qui évoquent également chez le lecteur ses propres souvenirs. L'auteur étant né en 1972, il évoque certains souvenirs des années 70 et 80.
Il raconte son dernier échange avec son grand-père, le jour de l’enterrement de sa grand-mère.

Il se souvient de ces professeurs, de celle qui l'a collé tous les mercredi de son année de quatrième pour insolence... mais qui lui a également appris à apprécier les livres et la lecture. De sa professeur de russe qui ne voulait pas le favoriser. 
Il nous confie sa jeune vocation d'astronaute et ses expériences de lancer de fusée avec comme "cobayes" vivants, des sauterelles du jardin. 
Il évoque aussi son premier baiser, ses premiers émois amoureux et comment il descendait de sa chambre la nuit en cachette pour regarder à la télévision le film du premier samedi du mois sur Canal+
Ce livre m'a fait penser à Philippe Delerm et son livre "La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules"... 

Les chapitres sont émouvants, plein d'humour, touchants, plein de tendresse ou d'espièglerie... 
Une découverte très plaisante au parfum d'enfance.

Mon fils (20 ans) avait entendu parler de ce livre bien avant moi et lorsqu'il a su que je l'avais reçu en avant-première, il me l'a emprunté et il l'a dévoré et beaucoup aimé. Depuis janvier, il a eu l'occasion d'échanger avec l'auteur par twitter et de le rencontrer en février. Et j'ai donc eu droit à une jolie dédicace...

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Merci à Babelio et le Prix Relay des Voyageurs Lecteurs pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Au plafond, un ventilateur antédiluvien tournait au ralenti et découpait de grosses tranches d'air tiède qui me tombaient sur le visage.

J'étais seul dans le salon avec mon grand-père. Il dormait sur le canapé en cuir élimé. On venait d'enterrer ma grand-mère, une petite ortie brune d'origine sicilienne qui souriait tout le temps.
Les gens déambulaient sans but précis dans le jardin et la maison de mes grands-parents où flottait un parfum particulier, un mélange d'ennui, de soupe aux poireaux et de mélancolie.
Les invités rejouaient la chorégraphie sempiternelle de ces « fêtes » qui parachèvent les enterrements. Chacun faisait ce qu'il pouvait de ses pieds, de ses mains et de ses mots.
La famille se retrouvait malgré elle, penaude, désemparée, entre les petits fours, les grands silences, le vin, le café, les larmes et les sourires compatissants. On s'écoutait. On prenait le pouls du temps qui passe trop vite. Pourquoi ne se voit-on pas plus souvent ?
Les amis proches naviguaient entre les écueils. Les phrases étaient courtes. Chaque geste, chaque mot pouvait briser une molécule d'air qui en brisait une autre qui en brisait une autre et ainsi de suite, une réaction en chaîne au bout de laquelle une molécule d'eau salée pouvait finir par couler sur la joue de celui qu'on essayait de consoler.
Ma grand-mère venait de mourir de vieillesse, comme on dit. C'est-à-dire que quelque chose avait lâché quelque part. On ne savait pas trop quoi. On ne voulait plus trop savoir pourquoi. Il fallait juste l'accepter. L'accident, le cancer et toutes les saloperies du monde déclenchent la révolte, la rage puis la résignation, tiercé perdant dans l'ordre. La mort de vieillesse, on doit l'accepter d'un tenant, au comptant, toutes taxes comprises. C'est la vie.
Mon grand-père dormait de tout son long dans le canapé, allongé sur le dos, les mains croisées sur le ventre, dans la même position que ma grand-mère, dans son cercueil, sous la dalle fraîchement scellée. 
Sa respiration était lente. Il avait oublié d'ôter ses lunettes. Il avait tout oublié. Il avait oublié qu'il avait été chimiste. Spécialiste des teintures. Il avait oublié qu'il était un peu belge, un peu irlandais, un peu du Nord, un peu de Normandie, un peu barré. Il avait oublié qu'il avait vécu toute sa vie d'adulte en Argentine et au Chili, où mon père était né. Il avait oublié qu'il parlait espagnol couramment, mais avec un accent à débiter des bûches. Il avait oublié qu'il avait passé sa retraite à colorer des morceaux de coton avec lesquels il recomposait des toiles, des photographies, avant de les emprisonner sous une plaque de verre. Il accrochait ses œuvres au mur. Il y en avait partout.
Au-dessus du canapé où il ronflait, une reproduction cotonneuse du Déjeuner sur l'herbe de Manet égayait le mur couvert d'un papier peint jaune qui fut joyeux un jour mais que les années avaient rendu maussade. Je n'ai jamais été sensible à l'art de mon grand-père, mais il est le seul peintre sur coton que je connaisse, alors va pour le Déjeuner sur l'herbe tout en ouate et respect Papito.
J'ai très peu de souvenirs de mes grands-parents. J'étais le dernier des petits-enfants et quand j'ai atteint l'âge de les comprendre et de les écouter, l'un comme l'autre n'avaient plus l'envie ou la force de parler. Ne restent en mémoire que des risettes, de la tendresse et deux, trois détails qui ne feraient pas un paragraphe dans une biographie.

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04 avril 2015

Danser les ombres - Laurent Gaudé

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danser les ombres Actes Sud - janvier 2015 - 249 pages

Quatrième de couverture :
En ce matin de janvier, la jeune Lucine arrive de Jacmel à Port-au-Prince pour y annoncer un décès. Très vite, dans cette ville où elle a connu les heures glorieuses et sombres des manifestations étudiantes quelques années plus tôt, elle sait qu'elle ne partira plus, qu'elle est revenue construire ici l'avenir qui l'attendait. Hébergée dans une ancienne maison close, elle fait la connaissance d'un groupe d'amis qui se réunit chaque semaine pour de longues parties de dominos. Dans la cour sous les arbres, dans la douceur du temps tranquille, quelque chose frémit qui pourrait être le bonheur, qui donne l'envie d'aimer et d'accomplir sa vie. Mais, le lendemain, la terre qui tremble redistribue les cartes de toute existence... Pour rendre hommage à Haïti, l'île des hommes libres, Danser les ombres tisse un lien entre le passé et l'instant, les ombres et les vivants, les corps et les âmes. D'une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité, qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l'oubli.

Auteur : Romancier, nouvelliste et dramaturge né en 1972, Laurent Gaulé publie son oeuvre, traduite dans le monde entier, chez Actes Sud. Il est notamment l'auteur de La Mort du roi Tsongor (2002, prix Goncourt des lycéens, prix des Libraires), Le Soleil des Scorta (2004, prix Goncourt, prix Jean-Giono), La Porte des Enfers (2008), Ouragan (2010) et Pour seul cortège (2012).

Mon avis : (lu en mars 2015)
Laurent Gaudé nous raconte les histoires de différents personnages vivant à Haïti, en janvier 2010, nous sommes quelques jours avant le terrible tremblement de terre. Il y a Lucine qui est de retour à Port-au-Prince après cinq ans d'absence, Saul, "bâtard" qui n'a pas terminé ses études de médecine mais qui est prêt à soigner les pauvres, Firmin, ancien tonton macoute, le vieux Tess, qui habite une ancienne maison close, ses amis Domitien Magloire, dit Pabava, Jasmin Lajoie et Facteur Sénèque, Lily, une jeune fille riche et malade, Viviane Kénol, Ti Sourire, une future infirmière...
Le quotidien de tous ses hommes et ses femmes n'est pas facile mais l'amitié, la solidarité les aident à avancer dans la vie.

Et tout à coup c'est le tremblement de terre.
J'ai bien aimé la partie avant le tremblement de terre, Laurent Gaudé arrive à faire ressentir la beauté, l'atmosphère et l'âme des lieux. Tous nos sens sont en éveil. Les histoires des différents personnages sont prenantes et attachantes. 
Après le tremblement de terre, tout devient chaos et j'ai eu plus de mal à suivre l'auteur dans son récit devenu lui aussi chaotique... Difficile de comprendre ce qui est arrivé, qui est encore vivant, qui est devenu une ombre...
Ce roman est très bien écrit et c'est un très bel hommage au pays et aux habitants d'Haïti.

Merci à Babelio et le Prix Relay des voyageurs lecteurs pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Il avait fait chaud toute la journée et les commerçants de la rue Veuve contemplaient l’artère désespérément vide en se demandant ce qui les retenait encore ici à cette heure où il était quasiment certain qu’il ne viendrait plus personne. Toute la journée, Lucine s’était essuyé le cou avec le mouchoir mauve que lui avait offert sa nièce – la petite Alcine. Elle était restée accroupie derrière son échoppe en bois, sous l’ombre des arcades des belles maisons construites après le grand incendie, s’épongeant le front, pensant, comme tous les autres, à ce qu’elle ferait à manger ce soir. Toute la rue était prise de langueur. Même la vieille Goma – que les enfants du quartier appelaient Mam’ Popo sans que l’on sache d’où venait ce surnom – était muette. D’ordinaire, elle régnait sur le marché avec l’autorité de sa gouaille et de ses kilos, haranguant le chaland dans une langue qui faisait s’esclaffer les commerçants jusqu’au Ciné Pigaille…
— Flacon, parfum after-shave, approche-toi chéri, ça vient de Paris…
— Je n’ai pas une gourde(1), Mam’ Popo…
— Qui parle d’argent, malotru, je te parle d’amour, moi !
— Hey, Mam’ Popo, ma femme sera pas contente…
— Tais-toi, mon nègre, ta femme sera ravie si tu sens bon Paris !
Même Mam’ Popo, en ce jour, était muette, immobile, les lèvres molles, la jupe tombante entre ses cuisses ouvertes, suant lentement d’ennui sur le trottoir. C’était comme si toute la rue attendait que la doyenne donne le signal du départ en lançant un de ses jurons préférés, “Cornecul, on dirait que la mer a pété tellement il fait chaud aujourd’hui !”, pour tout remballer. Alors les plus pressés seraient rentrés chez eux, les autres auraient descendu la rue, calmement, jusqu’au bâtiment de la douane près du port, pour aller boire un peu d’eau, contempler le ciel et essayer de comprendre ce qui avait produit une telle chaleur. Mais Mam’ Popo ne jurait pas, ne bougeait pas, ne semblait plus qu’une masse immobile et les commerçants restaient prisonniers de leur accablement.
C’est Lucine qui le vit la première. D’abord, elle crut être victime d’une vision, cligna des yeux, s’essuya le front et regarda à nouveau. Mais les cris lui firent comprendre quelle ne s’était pas trompée. En une seconde, les commerçants sortirent de leur torpeur. Toutes les têtes se tournèrent vers le haut de la rue.
— Regardez !…
— Vous avez vu ?…
Un être avançait, au milieu de la chaussée, avec une démarche syncopée – mi-danse, mi-titubement d’ivrogne. Il avait le torse nu et brillait sous le soleil. Son corps était recouvert d’une sorte de poix qui dessinait chacun de ses muscles – décoction de sirop de canne et de poudre de charbon peut-être, comme on en utilisait lors du carnaval –, à moins que ce ne fut sa véritable peau, naturellement huilée et scintillante. Il portait sur la tête une cagoule découpée dans une épaisse toile de jute, surmontée de deux cornes de bœuf, ce qui lui donnait une silhouette de Belzébuth. Si c’était un déguisement, il l’avait emprunté tout entier à celui des Lansetkods, ces figures de carnaval qui d’ordinaire vont en groupe, terrorisent les passants, font des pompes au milieu de la rue et essaient d’attraper les badauds pour les engluer de mélasse. Mais ce n’était pas jour de carnaval ni même la saison des raras(2), et si cet homme s’était déguisé, il était fou ou s’était trompé de ville… Ulysse, le vieux vendeur de paniers, fut le premier à l’interpeller.
— Qu’est-ce que tu fais là, mauvaise blague ?

(1) Monnaie haïtienne
(2) Défilés spontanés qui précèdent Pâques

 

 Challenge Petit Bac 2015 
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Musique (3)

 

Déjà lu du même auteur :

La_porte_des_Enfers La porte des enfers   le_soleil_des_scorta Sous le soleil des Scorta

la_mort_du_roi_tsongor  La mort du roi Tsongor Eldorado_Laurent_Gaud_  Eldorado ouragan Ouragan 

 

 

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21 juin 2013

Prix littéraires...

Cette semaine j'étais invitée à deux remises de prix auxquelles je n'ai pas pu me rendre
(pour cause de Bac...)

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Le lundi 17 juin, au Centre national du livre, La Plume de Paon et son jury de professionnels, présidé par Pascal Kané, ont récompensé les lauréats suivants pour le Grand Prix du Livre audio :

Plume d’or :

AuCoeurDesTenebres
Au cœur des Ténèbres - Joseph Conrad, lu par Patrick Poivey et plusieurs comédiens, Road Book

Contemporain :

neige
Neige - Maxime Fermine, lu par Marc Hamon, Le Livre Qui Parle

Classique :

24HVie
Vingt-quatre heures de la vie d’une femme - Stefan Zweig, lu par Marie-Christine Barrault, Audiolib
Et

MemoiresOutreTombe
Les mémoires d’outre tombe - François-René de Chateaubriand, lu par Daniel Mesguich, Frémeaux & Associés

Jeunesse :

olafGeant
Olaf le géant mélomane - Annelise Heurtier, illustré par Cécile Gambini, lu par Jacques Allaire, Benjamins media

Document :

elogeFaiblesse
Eloge de la faiblesse - Alexandre Jollien, lu par Bernard Campan et Michel Raimbault, Audiolib

 

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Le jeudi 20 juin, c'était la remise du 36ème Prix Relay des Voyageurs 

 

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Le grand gagnant est :

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Crime d'honneur - Elif Shafak

 Le seul titre des trois nominés que je n'ai pas encore lu... Il fera parti des livres à lire cet été !

 

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20 mai 2013

Prix Relay des Voyageurs : A vous de voter !

De février à mai 2013, 4 livres ont été choisi parmi une sélection par un Jury Grand Public :

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Un Jury de professionnels du monde du voyage et d’écrivains désignera le Lauréat 2013
parmi ces 4 livres.

 

Du 13 mai au 18 juin, votez pour votre livre préféré et participer à un tirage au sort :

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Règlement

Gagnant sélection février :

6h41 6h41 - Jean-Philippe Blondel 
(Buchet Chastel)

Gagnant sélection mars :

indigo  Indigo - Catherine Cusset
 (Gallimard)

Gagnant sélection avril :

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Crime d’honneur - Elif Shafak (Phébus) 

Gagnant sélection mai :

Ne_lache_pas_ma_main_600x966 Ne lâche pas ma main – Michel Bussi 
(Presses de la Cité)

 

Bonne Chance !

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15 mai 2013

Ne lâche pas ma main – Michel Bussi

Lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs 
Sélection mai

Ne_lache_pas_ma_main_600x966 Presses de la Cité – mars 2013 – 374 pages

Quatrième de couverture :
Un couple amoureux dans les eaux turquoise de l'île de La Réunion. Farniente, palmiers, soleil. 
Un cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. 
Quand Liane disparaît de l'hôtel, son mari, Martial Bellion, devient le suspect n° 1. D'autant qu'il prend la fuite avec leur fille de six ans. 
Barrages, hélicoptères... la course-poursuite est lancée au cœur de la population la plus métissée de la planète. 
Et si cette chasse à l'homme, ponctuée de cadavres, dissimulait la plus redoutable des manipulations ? 
Un thriller qui cogne comme un verre de punch. 
A déguster vite, fort et frais.

Auteur : Professeur à l'université de Rouen, Michel Bussi est l'auteur de plusieurs romans parmi lesquels Code Lupin et Omaha Crimes.

Mon avis : (lu en mai 2013)
C'est la première fois que je lisais cet auteur.
Liane et Martial passent des vacances de rêves à Saint-Gille sur l'île de la Réunion avec leur petite fille de six ans Sofa. Et Liane disparaît mystérieusement. Tout semble accuser Martial qui après avoir collaboré pendant 24 heures avec la Police décide brusquement de fuir avec sa fille vers l'autre côté de l'Ile. Une chasse à l'homme est organisée par les enquêteurs et c'est la course-poursuite entre Martial et Sofa et la capitaine de police Aja aidée par le lieutenant Christos... Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue très bien construite avec comme il se doit son lot de fausses pistes, de rebondissements et des surprises.

Cette histoire est également l'occasion de découvrir l'Ile de la Réunion avec ses expressions, ses habitudes, ses paysages, ses habitants... Un voyage intéressant et agréable si le lecteur fait abstraction des nombreux morts qui jalonnent le roman policier !
Un polar efficace, rythmé et palpitant. 

Extrait : (début du livre)
Saint-Gilles-les-Bains, île de La Réunion
Vendredi 29 mars 2013
15 h 01

- Je monte une seconde à la chambre.
Liane n'attend pas de réponse, elle informe juste sa fille et son mari, enjouée, radieuse, tout en s'éloignant déjà de la piscine.
Gabin, derrière son bar, la suit des yeux avec une discrétion professionnelle. Cette semaine, Liane est la plus belle fille de l'hôtel Alamanda. Et de loin... Pourtant, elle n'est pas exactement le genre de touristes sur lesquelles il aime laisser traîner les yeux, d'ordinaire. Petite, très fine, presque pas de seins, mais elle possède un je-ne-sais-quoi de classe. Sa peau encore blanche, peut-être, avec un bouquet de petites taches de rousseur qui commencent à pointer dans le bas de son dos, juste au-dessus de son maillot émeraude et or. Ce petit cul qui s'éloigne aussi, qui se balance doucement comme un fruit vert bercé par le vent. La fille, pieds nus, semble marcher sur la pelouse sans briser le moindre brin d'herbe. Gabin la suit encore du regard jusque dans le patio, après les transats blancs, à moitié dissimulée par un palmier trop maigre. La dernière image qu'il a d'elle, c'est ce qu'il dira à la capitaine Purvi, c'est de la voir faire tomber discrètement le haut de son maillot ; la fugitive vision sexy d'un dos nu, d'un sein blanc, d'une moitié de téton, juste le temps qu'elle attrape sa grande serviette coucher de soleil et qu'elle l'enroule autour d'elle.

15 h 03

Naivo, à l'accueil, derrière son bureau d'acajou, rend comme il peut le sourire mouillé de Liane. 
- Bonjour, mademoiselle...
Elle passe dans le hall encombré, entre un présentoir de cartes postales et un étendoir recouvert de paréos et de chemises à fleurs. Sa chevelure blonde goutte sur l'éponge de la serviette au-dessus de sa poitrine. Naivo trouve cela joli, ces épaules sans bretelles, sans marques, blanches. La fille avance doucement, pour ne pas glisser, elle est pieds nus. C'est interdit normalement, mais Naivo n'est pas là pour faire chier les touristes. L'eau ruisselle le long des jambes de la fille. Une seconde plus tard, elle a disparu en direction de l'ascenseur et il ne reste d'elle que quelques flaques. Comme Amélie Poulain lorsqu'elle fond en larmes, a pensé Naivo sur le moment. Il ne sait pas pourquoi. C'est ce qu'il pensera toujours par la suite. Pendant des heures et des nuits à se torturer la mémoire. La fille s'est évaporée, au sens propre du terme. Mais il n'osera pas en parler aux flics. Pas sûr qu'ils comprennent ce genre de truc, les flics.  

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 Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 40/12

Challenge Petit BAC 2013
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"Partie du corps"

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14 mai 2013

La femme de nos vies - Didier van Cauwelaert

Lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs 
Sélection mai

la_femme_de_nos_vies Albin Michel - mars 2013 - 294 pages

Quatrième de couverture :
Nous devions tous mourir, sauf lui. Il avait quatorze ans, il était surdoué et il détenait un secret. Moi, on me croyait attardé mental. Mais ce matin-là, David a décidé que je vivrais à sa place.

Si j’ai pu donner le change, passer pour un génie précoce et devenir le bras droit d’Einstein, c’est grâce à Ilsa Schaffner. Elle m’a tout appris : l’intelligence, l’insolence, la passion. Cette héroïne de l’ombre, c’est un monstre à vos yeux. Je viens enfin de retrouver sa trace, et il me reste quelques heures pour tenter de la réhabiliter.

Auteur : Né en 1960 à Nice, Didier van Cauwelaert cumule, depuis ses débuts, prix littéraires et succès public : Prix Del Duca pour son premier roman en 1982 (Vingt ans et des poussières), prix Roger Nimier, prix Goncourt (Un aller simple, 1994), Molière 1997 du meilleur spectacle musical (Passe-Muraille), Grand Prix du théâtre à l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre, Grand Prix des lecteurs du Livre de Poche (La Vie interdite, 1999), Prix Femina Hebdo du Livre de Poche (La Demi-pensionnaire, 2001), etc.

Mon avis : (lu en mai 2013)
J'ai dévoré ce livre inspiré d'une histoire vraie. C'est à la fois un roman d'aventure et un roman d'amour. 

David Rosfeld et Jürgen Bolt se sont rencontrés dans le même dortoir de l'hôpital d’Hadamar. C'était en janvier 1941, ils ont quatorze ans et treize ans et demi. L'un est juif et surdoué, l'autre est un jeune paysan considéré comme attardé mental par sa famille. David est à l'hôpital à cause des crises d'épilepsie depuis l'assassinat de sa mère Yael Rosfeld, une grande physicienne atomiste. Jürgen est envoyé à l'hôpital par sa famille parce qu'il a refusé de mener à l'abattoir un des veaux de la ferme. Mais l'hôpital psychiatrique  d'Hadamar est devenu l'un des six instituts d'euthanasie créés par le troisième Reich, ainsi lorsque David et Jürgen se rencontrent la « nouvelle salle de douche » est sur le point d'être inaugurée.
Ilsa Schaffner est une auxiliaire féminine de la Wehrmacht, elle est venue tester David pour l'emmener dans l'école d'enfants surdoués qu'elle dirige au château d’Helm avec son ami Gert qui lui, s'occupe de dresser des chiens pour l’armée nazie.
Mais David ne veut pas rejoindre cette école, « Je n'ai pas envie de survivre dans leur monde. Je refuse d’être le meilleur dans une société sans âme qui tue ceux qu’elle juge inférieurs. » Il choisit donc donner sa place avec Jürgen, en échangeant leurs identités. David donne à Jürgen la mission de vivre pour lui, d'être utile et heureux. Bernée par ce petit juif, Ilsa accepte malgré elle d'être la complice de cette imposture.  Lorsque le livre commence nous sommes soixante-dix ans après. David est au chevet d’Ilsa et il croise sa petite-fille Marianne Le Bret. Celle-ci a toujours détesté sa grand-mère qui n'est pour elle qu’une criminelle nazi. David va alors tenter de réhabiliter Ilsa auprès de sa petite fille en lui racontant son histoire.

J'ai trouvé original ce dialogue à une seule voix, le destin de David-Jürgen est incroyable. Le regard de l'autre à déterminé sa vie. Petit vacher considéré comme attardé par les siens, son ami David l'a vu comme quelqu'un de débrouillard avec l'esprit pratique et surtout avec l'intelligence du cœur. Devenu « enfant surdoué », le regard des autres a changé, et avec l'aide et le soutien d'Ilsa, il a su faire illusion puis il est devenu l'assistant des plus grands scientifiques. 

Un roman formidable et une grande leçon de vie.

Extrait : (début du livre)  
On n'attend plus rien de la vie, et soudain tout recommence. Le temps s'arrête, le cœur s'emballe, la passion refait surface et l'urgence efface tout le reste. Il a suffi d'une alerte sur mon ordinateur pour que, dès le lendemain, je me retrouve à six mille kilomètres de chez moi, l'année de mes quatorze ans. L'année où je suis mort. L'année où je suis né.

Peu de choses ont changé à Hadamar. C'est resté une charmante bourgade du bassin de Limburg, entourée de forêts, avec un centre-ville à colombages et un jardin public réputé pour ses roses. L'hôpital psychiatrique est toujours en activité. Simplement repeint dans des tons plus pastel, avec un mémorial et des panneaux pour touristes. La « nouvelle salle de douche », comme on nous disait à l'époque est devenue un musée.
C'est la première fois que je remets les pieds en Allemagne. Retrouver ici, à l'endroit même de notre rencontre, la femme que j'ai cherchée en vain toute ma vie, comment serait-ce le fruit d'une coïncidence ? Ironie subsidiaire, la chambre 313 est à l'étage où se trouvait jadis mon dortoir.

Je demeure figé sur le seuil, appuyé d'une épaule au chambranle. Telle qu'elle était soixante-dix ans plus tôt, mais vêtue à la mode d'aujourd'hui, Ilsa Schaffner se tient de trois quarts-dos, penchée au-dessus du lit médicalisé. Le même âge, la même blondeur, la même nuque si fine contrastant avec les épaules carrées, la même crispation au coin des lèvres... Seul un chignon a remplacé la coupe à la garçonne. Et un tailleur gris moule sa silhouette en lieu et place de l'uniforme.
Immobile au-dessus de la vieille dame endormie, elle est comme son fantôme avant terme, son duplicata d'autrefois. Sa doublure jeunesse - comme les gens de cinéma disent : « une doublure lumière ». A ce niveau de ressemblance, le doute n'est pas permis : la femme à qui je dois tout a eu, elle, une descendance. L'unique rêve de ma vie qui ne soit pas devenu réalité.

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Déjà lu du même auteur :

la_maison_des_lumi_re La maison des lumières le_pare_adoptac  Le père adopté 

 

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04 mai 2013

Prix Relay des Voyageurs

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Gagnant sélection février : 6h41 - Jean-Philippe Blondel (Buchet Chastel)

Gagnant sélection mars : Indigo - Catherine Cusset (Gallimard)

Gagnant sélection avril : Crime d’honneur - Elif Shafak (Phébus) 

J'ai reçu hier soir dans un paquet reconditionné par la Poste,
les 3 livres de la quatrième et dernière sélection :

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La femme de nos vies - Didier Van Cauwelaert (Albin Michel) 
Ne lâche pas ma main - Michel Bussi (Presses de la Cité)
Dans la peau de Sheldon Horowitz - Derek B. Miller (Les escales)

 

J'ai très envie de découvrir le livre de Didier van Cauwelaert
et je ne connais pas les deux autres...

 

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17 avril 2013

Yellow birds - Kevin Powers

Lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs 
Sélection avril

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traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson

Titre original : The Yellow Birds, 2012

Quatrième de couverture :
Bartle, 21 ans, est soldat en Irak, à Al Tafar. Depuis l’entraînement, lui et Murph, 18 ans, sont inséparables. Bartle a fait la promesse de le ramener vivant au pays. Une promesse qu’il ne pourra pas tenir… Murphy mourra sous ses yeux et hantera ses rêves de soldat et, plus tard, de vétéran.
Yellow birds nous plonge au coeur des batailles où se déroule la vie du régiment conduit par le sergent Sterling. On découvre alors les dangers auxquels les soldats sont exposés quotidiennement. Et le retour impossible à la vie civile.
Kevin Powers livre un roman fascinant sur l’absurdité de la guerre, avec une force aussi réaliste que poétique

Auteur : Kevin Powers est né à Richmond,Virginie, États-Unis. Diplômé en littérature, il a obtenu une bourse en poésie auprès de l’université d’Austin, au Texas. Il s’est enrôlé dans l’armée et a combattu en Irak en 2004 et 2005. Yellow birds est son premier roman. Il a été sélectionné parmi les « 10 best books of the year » du New York Times.

Mon avis : (lu en avril 2013)
Bartle, 21 ans, et Murph, 18 ans, sont deux engagés volontaires, ils sont devenus amis. Ils ont fait près de vingt mois de guerre à Al Tafar en Irak. Murph va mourir en Irak. Barth est de retour chez sa mère à Richmond en Virginie mais il lui est impossible d'oublier. Il se sent coupable d'être vivant, il ne supporte plus le regard des gens, il ne se sent pas légitime d'accepter les honneurs.

La construction du livre est telle que nous suivons en alternance le présent aux États-Unis et le passé avec les combats en Irak.
L'auteur américain Kevin Powers est parti de sa propre expérience pour écrire ce livre, en effet à l'âge de 17 ans, il s'est enrôlé dans l'armée des États-Unis et a combattu en Irak en 2004 et 2005. On comprend donc la précision et le réalisme des descriptions des combats, de l'état psychique et physique des soldats. Ils ont en permanence la peur au ventre. 
Cette description implacable des ravages intérieurs de la guerre chez ce jeune soldat est à la fois violente et poétique. Une très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
La guerre essaya de nous tuer durant le printemps. L'herbe verdissait les plaines de Ninawa, le temps s'adoucissait, et nous patrouillions à travers les collines qui s'étendaient autour des villes. Nous parcourions les herbes hautes avec une confiance fabriquée de toutes pièces, nous frayant, tels des pionniers, un chemin dans la végétation balayée par le vent. Pendant notre sommeil, la guerre frottait ses milliers de côtes par terre en prière. Lorsque nous poursuivions notre route malgré l'épuisement, elle gardait ses yeux blancs ouverts dans l'obscurité. Nous mangions, et la guerre jeûnait, se nourrissant de ses propres privations. Elle faisait l'amour, donnait naissance, et se propageait par le feu.

Puis, durant l'été, elle essaya encore de nous tuer tandis que la chaleur blanchissait les plaines et que le soleil burinait notre peau. Elle faisait fuir ses citoyens qui se réfugiaient dans les recoins sombres des immeubles couleur de craie, et jetait une ombre blême sur tout, tel un voile sur nos yeux. Jour après jour, elle tentait de nous supprimer, en vain. Non pas que notre sécurité fut prévue. Nous n'étions pas destinés à survivre. En vérité, nous n'avions pas de destin. La guerre prendrait ce qu'elle pourrait. Elle était patiente. Elle n'avait que faire des objectifs, des frontières. Elle se fichait de savoir si vous étiez aimé ou non. La guerre s'introduisit dans mes rêves cet été-là, et me révéla son seul et unique but : continuer, tout simplement continuer. Et je savais qu'elle irait jusqu'au bout.
Quand septembre arriva, la guerre avait décimé des milliers de personnes. Les corps jonchaient ici et là les avenues criblées d'impacts, étaient dissimulés dans les ruelles, et entassés dans les creux des collines aux abords des villes, les visages boursouflés et verts, allergiques à présent à la vie. La guerre avait fait de son mieux pour tous nous éliminer : hommes, femmes, enfants. Mais elle n'avait réussi à tuer qu'un peu moins d'un millier de soldats comme moi et Murph. Au début de ce qui était censé être l'automne, ces chiffres signifiaient encore quelque chose pour nous. Murph et moi étions d'accord. Nous refusions d'être le millième mort. Si nous mourions plus tard, eh bien soit. Mais que ce chiffre fatidique s'inscrive dans la vie de quelqu'un d'autre.
Nous ne remarquâmes presque aucun changement en septembre. Mais je sais à présent que tout ce qui allait compter dans ma vie s'amorça alors. Peut-être la lumière descendait-elle un peu plus doucement sur Al Tafar, car elle se perdait au-delà des silhouettes fines des toits et dans la pénombre des renfoncements sur les boulevards. Elle inondait les briques de terre et les toitures en tôle ondulée ou en béton des bâtiments blancs et ocres. Le ciel était vaste et grêlé de nuages. Un vent frais nous parvenait des lointaines collines à travers lesquelles nous avions patrouillé toute l'année. Il soufflait sur les minarets qui s'élevaient au-dessus de la citadelle, s'engouffrait dans les ruelles en agitant les auvents verts, et poursuivait son chemin jusqu'aux champs en friche qui encerclaient la ville, pour finir par se briser contre les demeures hérissées de fusils dans lesquelles nous étions disséminés. Les membres de notre unité se déplaçaient sur le toit terrasse où nous étions en position - traînées grises dans les lueurs qui précédaient l'aube. C'était la fin de l'été, un dimanche me semble-il. Nous attendions.

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Challenge Petit BAC 2013
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04 avril 2013

Luke et Jon - Robert Williams

Lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs 
Sélection avril

luke_et_jon Nil - janvier 2013 - 222 pages

traduit de l'anglais par Marie-Hélène Sabard

Titre original : Luke and Jon, 2010

Quatrième de couverture :
Pour ses copains, Luke, treize ans, est un peu bizarre : il a des yeux trop verts à cause d'une très rare combinaison génétique, il est extrêmement doué pour la peinture... et sa mère est morte dans un accident de voiture. Depuis, il est en perdition.
Puis Luke rencontre Jon, son nouveau voisin. Si Luke est bizarre, Jon, lui, est un ovni. Il porte des vêtements des années 1950, il possède une mémoire phénoménale, il collectionne les faits, rien que les faits, et il a un secret. Quand Luke découvre ce secret, il doit oublier sa peine pour aider Jon. Commence alors pour les deux adolescents blessés par la vie l'heureux chemin vers la guérison.

Auteur : Robert Williams a été bibliothécaire puis libraire à Manchester. Son premier roman, Luke et Jon, a remporté le « National Book Tokens NYP Prize ».

Mon avis : (lu en avril 2013)
Un très joli roman, Luke est le narrateur de cette histoire, il a des yeux d’un vert extraordinaire, il est donc isolé et ses camarades se moquent de lui. Il supporte plutôt bien sa différence car il aime et est doué pour le dessin et la peinture. Son père fabrique des jouets traditionnels en bois. Leur vie a été bouleversée par la mort tragique dans un accident de voiture de la maman de Luke. Ils ont quitté leur ancienne maison pour une maison un peu bancale à Duerdale. Avec le chagrin, le père s’est mis à boire et délaisse son fils de treize ans.
Luke va faire la rencontre d’un petit voisin, Jon un garçon également différent.  Ils vont apprendre à se connaître et ensemble ils se sentiront plus forts pour affronter le quotidien, les moqueries, les coups durs…
C’est une belle histoire pleine d’optimisme et de tendresse, d’une amitié entre deux adolescents malmenés par la vie. Luke et Jon sont très attachants. 

Extrait : (début du livre)
J'ai les yeux verts. Sans doute pas le vert auquel vous pensez tout de suite. Ils sont vert vif. Saisissants. Je ne dis pas ça pour me vanter. J'essaie juste d'être précis. Exact et clair. Si je vous disais que j'ai les yeux verts, sans plus, vous pourriez les imaginer avec des nuances noisette ou olive. Ils sont d'un vert éclatant. Je veux être honnête dès le début.
La première fois que les gens me voient, il y a souvent un choc, un temps d'arrêt, après quoi ils se remettent tant bien que mal. Et on poursuit normalement. Ensuite, les timides ou les biens élevés risquent un rapide regard en coin. Les sûrs d'eux ou les mal élevés me dévisagent. Ils vérifient juste qu'ils ne se trompent pas, que ce n'est pas une illusion d'optique, que ce sont bien mes yeux.
J'habite une maison en haut de Bowland Fell. Elle surplombe une petite ville appelée Duerdale. On s'est installés là avec mon père il y a quelques temps. Mon ancienne vie s'est finie ailleurs, et la nouvelle est censée commencer ici. On a atterri à Duerdale pour plusieurs raisons, dont une raison pratique : la maison était dans nos moyens. Et si elle était dans nos moyens, c'est parce qu'elle tombe en ruine. Il y a des trous dans la toiture, des lézardes dans les murs, et les châssis de fenêtres sont pourris. 
« Des problèmes superficiels, a marmonné mon père On la prend. » Il a serré la main de l'agent immobilier et a éclaté de rire, puis a souri. Il a pris mon père pour un dingue. Mon père n'est pas dingue. Il nous fallait un toit, et voilà ce qu'on pouvait se payer.
Il fabrique des jouets, mon père. Des jouets en bois. Les enfants ne veulent pas de jouets en bois. Ils préfèrent les téléphones, les fringues et le fric. Heureusement, certains parent sont assez bêtes ou démodés pour acheter les jouets de mon père. C'est ce qui fait qu'on peut se payer une maison, quelle qu'elle soit. Le gosse reçoit un jouet en bois et fait la gueule ; et moi, je reçois une maison en ruine.

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26 mars 2013

Prix Relay des Voyageurs

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Gagnant sélection février : 6h41 - Jean-Philippe Blondel (Buchet Chastel)

Gagnant sélection mars : Indigo - Catherine Cusset (Gallimard)

J'ai reçu lundi soir les 3 livres de la troisième sélection :

P1010008

Luke et Jon - Robert Williams (Nil)
Crime d’honneur - Elif Shafak (Phébus) 
Yellow birds - Kevin Powers (Stock)

Trois livres que je ne connais pas et que je vais découvrir prochainement...

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