30 avril 2016

Juliette à Amsterdam - Rose-Line Brasset

Lu en partenariat avec Babelio et Kennes éditions

juliette à Amsterdam Kennes Editions - mars 2016 - 259 pages

Quatrième de couverture :
En ce début novembre, Juliette se rend avec sa mère dans la capitale des Pays-Bas afin de rencontrer la famille qui a accueilli son grand-père pendant la Deuxième Guerre mondiale. Une belle occasion pour la jeune globe-trotter de découvrir les charmes d'Amsterdam, ses canaux, ses péniches, ses maisons étroites et ses vélos ! Les émotions aussi seront au rendez-vous : notre amie se fera un nouveau copain et prendra conscience d'une façon inattendue du sort tragique d'une jeune fille de son âge, Anne Frank, dont le Journal a fait le tour du monde.
Un carnet de voyage Sur les pas de Juliette est disponible à la fin du roman. Les lectrices en apprendront un peu plus sur les principaux attraits, l'architecture, la langue et l'histoire d'Amsterdam. Elles pourront même tester leurs connaissances grâce à un jeu-questionnaire dont les réponses se trouvent en fin de livre. Un complément enrichissant à des péripéties époustouflantes !

Auteur : Rose-Line Brasset est née à Alma, au Québec. Journaliste et documentaliste, elle détient une maîtrise en études littéraires. Elle a publié de nombreux articles dans divers journaux et magazines. Globe-trotter depuis l'adolescence, elle est aussi l'auteure d'ouvrages édités aux Publications du Québec. Mère de deux enfants, elle partage son temps entre sa famille, les promenades en forêt avec son labrador, la cuisine et le yoga.

Mon avis : (lu en avril 2016)
J'ai choisi ce livre pour son éditeur qui m'a fait penser que l'auteur était québécoise... et pour la destination de Juliette que j'ai eu la chance de découvrir il y a trois ans...
La couverture ne m'a pas du tout attirée, au contraire, elle m'évoque une lecture plutôt enfantine, il est vrai que le public visé par l'éditeur est 10 à 12 ans... Je pense que ce livre peut également intéresser des lecteurs plus âgés.
Juliette à Amsterdam est le 4ème tome d'une série, pour moi c'est le 1er que je lis.
Juliette est une jeune québécoise de 13 ans, élevée par sa mère journaliste qui parcourt le monde pour son travail. Dans cette épisode, elles partent toutes les deux à Amsterdam pour rencontrer la famille qui avait accueilli son grand-père pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est l'occasion pour Juliette de découvrir la ville d'Amsterdam en compagnie de Piet, un hollandais de 16 ans et de mieux comprendre le Journal d'Anne Frank qu'elle devait étudier au collège à Québec.
J'ai trouvé cette lecture très sympathique et intéressante. La ville d'Amsterdam est bien décrite, le séjour de Juliette et de sa maman est riche en découvertes. La partie concernant Anne Frank est poignante et très réussie. En fin de livre, le lecteur découvre le Carnet de voyage de Juliette et des renseignements complémentaires sur ses visites, un jeu-questionnaire et un lexique avec quelques expressions québécoises utilisées dans cette histoire pour une meilleure compréhension pour nous Français...

Merci Babelio et les éditions Kennes pour cette découverte.

Extrait : 

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18 février 2014

La Femme à la clé - Vonne van der Meer

La-Femme-à-la-clé Editions Héloïse d'Ormesson - août 2013 - 205 pages

traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin

Titre original : De vrouw met de sleutel, 2011

Quatrième de couverture : 
"Femme, 59 ans, d'apparence maternelle, hanches larges, voix agréable, vient vous border et vous faire la lecture avant que vous vous endormiez. Discrétion assurée. Intentions sexuelles totalement exclues".
Voilà l'annonce un brin malicieuse que rédige Nettie, lorsque la recherche d'un travail devient inévitable, quelques mois après le décès de son mari. Sans expérience professionnelle à faire valoir, elle se tourne vers sa passion et propose aux âmes esseulées chômeur célibataire, hôtesse de l'air divorcée, fillette qui boude l'école ses services en tant que lectrice. Devenue, au fil des jours, confidente, amie, conseillère, Nettie reprend goût à la vie, et ses clients avec elle.
Dans ces pages imprégnées de délicatesse, Vonne van Der Meer capte les plaisirs minuscules et les joies simples de l'existence. La Femme à la clé est un voyage enchanteur à travers les livres, où s'abolissent angoisse et tristesse.

Auteur : Née aux Pays-Bas en 1952, Vonne Van der Meer a publié son premier roman en 1987. Elle a rencontré un grand succès avec sa trilogie parue aux Editions Héloïse d'Ormesson autour de La Maison dans les dunes.

Mon avis : (lu en février 2014)
A 59 ans, Nettie a perdu son mari il y a quelques mois, elle n'a aucune expérience professionnelle et mais pour ses finances, il va falloir qu'elle se trouve un travail. Elle invente celui de « lectrice avant d'aller dormir » et passe une petite annonce pour trouver quelques clients. Il y aura Olivia, une hôtesse de l'air un peu dépressive, Renée, une fillette de onze ans qui refuse d'aller à l'école et qui écrit des histoires, Michaël, un jeune homme manquant de confiance en lui, Harry, Antoinette, Sonia...
Nettie devient bien plus qu'une lectrice, souvent elle possède la clé de leur domicile, en venant les voir dans leur chambre à l'heure du coucher, elle entre dans leur intimité. Elle a une rôle d'écoute, de confidente et ses clients aident Nettie à oublier ses propres soucis.
Le roman est écrit comme un journal, Nettie évoque son quotidien, quelques souvenirs avec son mari ou ses enfants, qui ne sont pas au courant de son activité. Elle note surtout ses impressions sur chaque visite chez ses clients, elle raconte leurs relations, leurs lectures. Elle retranscrit également certaines de ses lectures. 
J'ai un avis mitigé sur cette lecture, j'ai aimé l'idée, le personnage de Nettie est attachante comme certains de ses clients. J'ai été gênée par l'inclusion de ces textes lus dans le livre. J'avais parfois du mal à différencier l'histoire de Nettie et ses clients et ses extraits d'oeuvres. 

Extrait : (début du livre)
C'était une douce soirée de printemps. On pouvait se passer de coupe-vent et de pulls, les nouer autour de la taille. Nous chantions en cette fin de journée, comme la veille et l'avant-veille. Mais l'impression de nouveauté avait disparu et rien ne laissait présager un incident particulier.
« Nous ne sommes pas près de rentrer chez nous, la route est longue, la route est longue... » « Le petit pot de graisse sur la table j'ai posé... » « Et hop, les garçons ça ne vaut rien, hop, les garçons ça ne vaut rien. Et les filles, ça ne connaît rien au foot... »
Les garçons avaient mêlé leurs voix à celles des filles, pas seulement les garçons de notre classe mais tous ceux des écoles voisines et même de plus loin, pour chanter que les filles, ça ne vaut rien. Et que ça ne connaît rien au foot. Nous hurlions ces curieuses paroles comme si nous étions sur le sentier de la guerre. Le lendemain, quand serait décernée la médaille de la Marche de quatre jours, il fallait absolument avoir la voix cassée. Plus que cette médaille, l'extinction de voix était la preuve qu'on avait été de la partie.
Nous chantions pour ne pas perdre courage. « On y est presque, on y est presque, mais pas encore tout à fait... » Nous chantions pour continuer d'avancer d'un bon pas. Aucun d'entre nous n'avait l'habitude de parcourir autant de kilomètres d'affilée, sans interruption, sans pique-nique, sans mère auprès de qui se plaindre que la route était longue. De temps en temps, quelqu'un jouait un mauvais tour. Un garçon tirait en passant sur une branche de jasmin qui dépassait d'un jardin et avait alors droit aux remontrances du directeur de l'école. Un autre arrachait la veste des épaules d'une fille devant lui et lançait le vêtement à un camarade de classe qui le jetait en l'air, dans un arbre. La jeune fille pleurait, le garçon devait marcher pendant le reste du parcours à l'arrière, à côté d'un père ou d'une mère qu'il ne connaissait pas. En guise de punition. C'était amusant, c'était divertissant, sauf quand on était le garçon en question ou que la veste dans l'arbre était la vôtre.
Parfois, le parcours passait par hasard dans une rue où habitait un camarade de classe, les parents sortaient de chez eux et levaient le pouce en signe d'encouragement. Je bombais alors le torse, remplie de fierté, et marchais spontanément le dos plus droit. Quand nous traversions un quartier neuf, aux maisons alignées et aux jardinets soignés, la promenade nous paraissait à nouveau d'une longueur insupportable et j'avais l'impression que mes pieds adhéraient à l'asphalte. Mais nous longions des champs et des bois inconnus, ou que j'avais vus seulement en voiture. À pied, sous les rayons du soleil couchant, tout paraissait différent, une lumière limonade, et j'étais surprise qu'il existât, si près de la maison, un monde que j'ignorais.

Déjà lu du même auteur :

les_invit_s_de_l__le Les invités de l'île ou La Maison des dunes 

le_bateau_du_soir Le bateau du soir  le_voyage_vers_l_enfant Le voyage vers l'enfant 

Challenge 5% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
30/30

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Objet" (3)

 Challenge Voisins Voisines 2014
logo_voisins_voisines_2014_h300
Pays-Bas

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27 avril 2013

Adrenaline - Jeff Abbott

Lu en partenariat avec les éditions J'ai Lu

adrenaline J'ai Lu - février 2013 - 439 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Anath Riveline

Titre original : Adrenaline, 2011

Quatrième de couverture :
Sam Capra, un jeune Américain basé à Londres, mène la vie dont il a toujours rêvé. Brillant agent de la CIA, sa femme, Lucy, attend leur premier enfant. Mais un jour, elle l’appelle à son travail et lui demande de quitter le bâtiment immédiatement. Il le fait… quelques secondes avant que tout explose ! Lucy disparaît et le couple est bientôt accusé par la CIA. Torturé, Sam parvient à s’échapper et se lance à la recherche de sa famille et du responsable de ce complot.

Auteur : Jeff Abbott est américain. Il a publié dans une vingtaine de langues onze best-sellers, dont Trauma, Panique, Faux-semblants et Double jeu.

Mon avis : (lu en avril 2013)
Le ton est donné dès le début du livre : action, action, action...

Sam Capra travaille à Londres pour la CIA. Un jour, il reçoit un appel téléphonique de sa femme Lucy qui le supplie de quitter l'immeuble où se trouve son bureau. Il obtempère et soudain une bombe explose dans l'immeuble et Sam est le seul survivant. Lucy enceinte est enlevée et Sam emprisonné, il est suspecté d'être complice de sa femme qui a trahi... Entre les États-Unis, Amsterdam et Londres une course contre la montre est engagée.
C'est un livre qui tient en haleine comme un film d'action ou d'espionnage... Les chapitres sont courts et ils donnent beaucoup de rythme au livre.
Le lecteur est presque essoufflé tellement l'action va vite et les rebondissements sont multiples : terrorisme, enlèvement, espion, complot, trahison... Rien ne nous est épargné et tout est à cent à l'heure ! C'est enchaînement de rebondissements et de fausses pistes ont fini par me lasser, c'est efficace mais pas toujours crédible et ce n'est pas le genre de thriller que je préfère. La conclusion m'a laissé sur ma faim car elle ouvre sur une nouvelle aventure de Sam plutôt qu'elle ne conclut cette aventure...
J'ai aimé la partie qui se passe à Amsterdam puisque l'auteur décrit très bien les lieux que j'ai eu la chance de découvrir un petit peu l'année dernière.

Merci à Silvana et aux éditions J'ai Lu pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
Un jour, ma femme me demanda : Si tu savais que c'était notre dernière journée ensemble, qu'est-ce que tu me dirais ?
Nous étions mariés depuis un an déjà. Allongés dans le lit, nous regardions le soleil qui commençait à briller à travers les épais rideaux, et je lui répondis la vérité : Tout sauf au revoir. Je ne pourrai jamais te dire au revoir.
Deux ans plus tard, cette journée-là démarra comme la plupart des autres. Levé à cinq heures du matin, je pris ma voiture et je me garai à côté de la station de métro de Vauxhall. Je profite des logements sociaux à quelques mètres de là pour mes petites aventures.
Je commençai mon entraînement par un long échauffement dans la cour en béton ouverte d'un vieil immeuble. Course sur place pour prendre le rythme, monter la température de mon corps de quelques degrés indispensables puis je me lançai. Il vaut mieux préparer ses muscles et ses ligaments. Un mur de brique s'élevait droit devant moi, trois mètres de haut environ. Je le négociai avec un élan qui me propulsa en l'air, mes doigts agrippant le bord. Je me soulevai d'un mouvement fluide que j'avais répété des milliers de fois. Souffle régulier, pas de craquements au niveau des articulations. J'essayai d'avancer sans faire de bruit. Le silence prouve la maîtrise. Je franchis le mur, traversai une cour, puis sautai par-dessus un mur bien plus bas, m'appuyant sur une main, mes jambes balayant les briques.
Dans le bâtiment principal, une cage d'escalier sentant la pisse et décorée de graffitis obscènes, noir et blanc, s'ouvrit devant moi. De mon pied gauche, je frappai le mur peint dans un bond prudent, utilisant le contact pour m'élancer en avant vers la rambarde au tournant dans l'escalier. Un geste périlleux qui m'avait valu des blessures par le passé. Mais cette fois, j'atterris sans heurt, doucement sur la balustrade, cherchant l'équilibre, le coeur battant la chamade, l'esprit au repos. L'adrénaline puisait. Je bondis de la rambarde vers une barre en acier qui s'étendait le long du chantier et, grâce à la vitesse, je me projetai vers un étage éviscéré. Le bâtiment était détruit et reconstruit. Je n'abîmerais rien, ne laisserais aucun signe de mon passage. On peut m'accuser de violation de propriété, mais pas d'être un connard. Je courus vers l'autre bout de l'étage, me jetai dans les airs, attrapai une autre barre d'acier, me balançai, lâchai et touchai le sol dans une roulade contrôlée. L'énergie de la chute se répandit dans mon dos et mes fessiers plutôt que d'alourdir mes genoux et je repartis aussitôt, de retour dans le bâtiment, à la recherche d'une nouvelle façon plus efficace d'y entrer. Le parkour, l'art de se mouvoir, maintient mon niveau d'adrénaline au maximum et en même temps, une profonde tranquillité m'envahit. À la moindre erreur, je dégringole d'un mur de brique. C'est enivrant et apaisant à la fois.
Encore trois voyages à travers l'espace fascinant de l'immeuble, sols cassés, cages d'escalier béantes, équipement de toute sorte, piochant dans ma palette de sauts, de bonds et de réceptions pour trouver la ligne, le chemin le plus direct et le plus simple à travers les murs à moitié en ruine, les briques et les escaliers vides. L'énergie enflammait mes muscles, mon coeur battait, mais tout ce temps j'essayais de garder un calme intérieur. Trouver la ligne, toujours la ligne. Autour de moi, au loin, j'entendais la circulation grossir. Le ciel s'éclairait, annonçant une nouvelle journée.
Les gens pensent que ce que les Anglais appellent des logements sociaux constitue une horreur. Ça dépend du point de vue. Pour un traceur, les vieux immeubles carrés sont un régal. Des tas de surfaces planes et de murs à escalader et sur lesquels sauter, des rambardes et des rebords desquels s'élancer, des voisins qui n'appellent pas la police au moindre bruit.
À mon dernier passage, je me laissai tomber du deuxième étage vers le premier, attrapant une barre, me balançant et me réceptionnant après une chute maîtrisée. - Eh ! s'exclama une voix, alors que je fendais l'air. Je fis une roulade, permettant à l'énergie de l'impact d'inonder mes épaules et mon bassin. Je me redressai sur les pieds, fis quelques pas et m'arrêtai.

 

50__tats

40/50 :  New-York

Challenge New-York 2013
challenge_ny_2013

challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 38/12

 

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28 septembre 2012

Le Journal d'Anne Frank

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Calmann-Lévy - janvier 1958 – 308 pages

Calmann-Lévy - janvier 1959 – 345 pages

Livre de Poche – 1969 – 275 pages

France-Loisirs – octobre 1977 – 320 pages

Livre de Poche - janvier 1979 - 317 pages

Gallimard jeunesse – décembre 1984 -

Presse Pocket – 1986 – 284 pages

Livre de Poche – 1991 – 274 pages

Calmann Lévy – mars 2002 – 280 pages

Livre de Poche – novembre 2008 – 352 pages

traduit du néerlandais

Titre original : Het Achterhuis. Dagboekbrieven 14 Juni 1942-1 Augustus 1944, 1947

Quatrième de couverture : 
C'est d'abord pour elle seule qu'Anne Franck entreprend l'écriture de son journal le 12 juin 1942. Mais au printemps 1944, le gouvernement néerlandais décide de rassembler, dès la fin de la guerre, tout écrit relatant les souffrances du peuple occupé. Du haut de ses treize ans, Anne Franck s'adresse alors à la postérité. Au fil d'un récit alerte et chaleureux, elle décrit à sa "chère Kitty" imaginaire sa pénible vie clandestine. Car Anne et les siens vivent cachés dans "l'annexe" des bureaux paternels. L'occasion pour la jeune fille d'observer et de consigner dans son précieux cahier les comportements de chacun, d'analyser avec une maturité étonnante les tensions psychologiques dont vibre le quotidien. Elle y confie aussi sa peur, ses rêves et ses ambitions, ainsi que ses premières amours et ses réflexions sur la religion.

Ce Journal demeure l'un des témoignages les plus émouvants sur la Seconde Guerre mondiale. La mort d'Anne Franck en déportation nous laisse au coeur une plaie vive : le souvenir, rendu plus présent et plus insupportable encore, par cette lecture, du génocide des Juifs.

Auteur : Anne Frank est née le 12 juin 1929 à Francfort. Sa famille a émigré aux Pays-Bas en 1933. À Amsterdam, elle connaît une enfance heureuse jusqu’en 1942, malgré la guerre. Le 6 juillet 1942, les Frank s’installent clandestinement dans «l’Annexe» de l’immeuble du 263, Prinsengracht. Le 4 août 1944, ils sont arrêtés sur dénonciation. Déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, Anne meurt du typhus en février ou mars 1945, peu après sa sœur Margot. La jeune fille a tenu son journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944, et son témoignage, connu dans le monde entier, reste l’un des plus émouvants sur la vie quotidienne d’une famille juive sous le joug nazi. 

Mon avis : (relu en septembre 2012)
Après mon week-end à Amsterdam cet été et la visite de la Maison d’Anne Frank, je voulais absolument relire son Journal que j’avais déjà lu adolescente.

C'est un formidable témoignage d'une époque, d'une histoire. Anne commence ce journal à treize ans, seulement quelques jours avant que sa famille parte se cacher dans l'Annexe. Le journal d'Anne s'achève lorsqu'elle a quinze ans et presque deux mois, la cachette a été découverte et les clandestins arrêtés.
Anne raconte son quotidien et celui des clandestins à travers des lettres qu'elle adresse à Kitty une amie imaginaire. Elle confie à son journal ses colères, ses conflits avec sa mère, ses espoirs, ses sentiments. Elle décrit avec beaucoup de détails l’organisation de la vie à l’Annexe, les contraintes, les occupations de chacun, les nouvelles qu’ils ont de l’extérieur grâce à la radio et surtout aux quelques employés des entreprises d’Otto Frank qui aident les clandestins. Miep, Bep, Jan, Kleiman et Kluger s’occupent de leur approvisionnement et leur remontent le moral. Ils ont été indispensables à la réussite de cette clandestinité. Malgré ces conditions particulières, Anne confit également à son journal les questions qu’une jeune fille de son âge se pose sur les transformations de son corps, sur ses sentiments, sur ses projets d’avenir…

Je gardais de ce livre un souvenir émouvant et fort, avec cette relecture j’ai redécouvert la richesse de ce journal. Anne a une maturité étonnante et un vrai talent d’écrivain, elle sait observer et raconter. Au fil des pages, j’ai vu l’évolution de cette enfant pleine de vie qui devient  une adolescente qui aspire à évoluer. Les lettres sont parfois drôles, féroces, très intimes ou très tristes, Anne est  bouleversante de vérité et d’humanité.
A lire ou à relire ! Et à faire partager pour ne pas oublier !

La visite de la Maison d’Anne Frank : C’est « un musée avec une histoire », vous imaginez bien que c’est terriblement émouvant et tout au long du musée, les lieux sont décrits à l’aide de citations du Journal d'Anne Frank. La visite commence dans la maison principale où se trouvaient les bureaux d'Otto Frank et de ses employés. Les visiteurs découvrent peu à peu l'ambiance et le contexte historique de l’époque.
Au milieu de la visite, le visiteur découvre les pièces de la cachette dans l'Annexe, elles  ont été conservées dans leur état originel, mais vides étant donné que tout fut enlevé après l'arrestation des 8 clandestins. Il reste cependant sur le mur de la chambre d’Anne les photos de magazine qu’elle y a collé au début du séjour dans l’Annexe, une petite carte piquée d’aiguilles montrant l’avancée américaine après le débarquement de juin 1944…
Puis la visite se poursuit avec une exposition sur les déportations et les camps et une exposition entièrement consacrée au Journal d’Anne Frank.

Je vous invite également à parcourir le site de la Maison d’Anne Frank, il est très complet et très intéressant.

Article chez Valérie sur l'adaptation du Journal d'Anne Frank au Théâtre Rive Gauche

Extrait : (début du livre)

12 JUIN 1942:

Je vais pouvoir, j'espère, te confier toutes sortes de choses, comme je n'ai encore pu le faire à personne, et j'espère que tu me seras d'un grand soutien.

(ajout du 28 SEPTEMBRE 1942)

Jusqu'à maintenant, j'ai trouvé en toi un grand soutien, comme auprès de Kitty à qui j'écris régulièrement, j'aime beaucoup mieux cette façon d'écrire dans mon journal et maintenant j'ai vraiment du mal à attendre le moment de te retrouver pour écrire. Oh, comme je suis contente de t'avoir emporté.

DIMANCHE 14 JUIN 1942

Je vais commencer au moment où je t'ai reçu, c'est-à- dire quand je t'ai vu sur la table de mes cadeaux d'anniversaire (car j'étais là quand on t'a acheté, mais ça ne compte pas). 
Vendredi 12 juin, j'étais déjà réveillée à six heures, et c'est bien compréhensible puisque c'était mon anniversaire. 
Mais à six heures, je n'avais pas le droit de me lever, alors j'ai dû contenir ma curiosité jusqu'à sept heures moins le quart. Là je n'y tenais plus, je suis allée dans la salle à manger, où Moortje (le chat) m'a souhaité la bien venue en me donnant des petits coups de tête. Un peu après sept heures, je suis allée voir Papa et Maman et ensuite je suis venue au salon pour déballer mes cadeaux, c'est toi que j'ai vu en premier, peut-être un de mes plus beaux cadeaux. Et puis un bouquet de roses, deux branches de pivoines, et une petite plante. Papa et Maman m'ont donné un chemisier bleu, un jeu de société, une bouteille de jus de raisin, qui, à mon idée, a un petit goût de vin (on fait le vin avec du raisin), puis un puzzle, un petit pot de pommade ; un billet de deux florins et demi et un bon pour deux livres, un livre, la Camera obscura, mais Margot l'a déjà, alors je l'ai échangé ; un plat de petits gâteaux faits maison (par moi bien sûr, car faire des petits gâteaux, c'est mon fort en ce moment), beaucoup de bonbons, et une tarte aux fraises faite par Maman, une lettre de mamie, juste à temps, mais évidemment c'est un hasard. 
Ensuite Hanneli est venue me chercher et nous sommes parties à l'école. Pendant la récréation, j'ai offert des galettes au beurre aux professeurs et aux élèves ; et puis il a fallu retourner au travail. 
Puis je suis rentrée à cinq heures car j'étais allée au cours de gymnastique (même si je n'en ai pas le droit parce que mes bras et mes jambes se déboîtent) et pour mon anniversaire j'ai choisi qu'on joue tous au volley. Quand je suis arrivée à la maison, Sanne Ledermann était déjà là et j'avais ramené IIse Wagner, Hanneli Goslar et Jacqueline Van Maarsen, parce qu'elles sont dans ma classe. Avant, Hanneli et Sanne étaient mes deux meilleures amies, et quand on nous voyait ensemble on disait toujours voilà Anne, Hanne et Sanne. Je n'ai connu Jacqueline Van Maarsen qu'au lycée juif et maintenant elle est ma meilleure amie. Ilse est la meilleure amie de Hanneli, et Sanne est à une autre école, où elle a ses amies. 

 

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Personne Célèbre"

Challenge le nez dans les livres

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La reine des lectrices : 11/6

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23 août 2012

Amsterdam

Quelques photos de notre week-end en juillet à Amsterdam

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La gare centrale à notre arrivée...                      ... et à notre départ deux jours plus tard....

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De nombreuses balades le long des canaux

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Le Béguinage

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Les vélos de toutes sortes...

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Le Musée Van Gogh est ses tableaux célèbres

 

 

 

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22 mai 2011

Là-haut, tout est calme – Gerbrand Bakker

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Gallimard - septembre 2009 – 350 pages

Folio – février 2011 – 370 pages

Quatrième de couverture :
Helmer van Wonderen vit depuis trente-cinq ans dans la ferme familiale, malgré lui. C'est Henk, son frère jumeau, qui aurait dû reprendre l'affaire. Mais il a disparu dans un tragique accident, à l'âge de vingt ans. Alors Helmer travaille, accomplissant les mêmes gestes, invariablement, machinalement. Un jour, sans raison apparente, il décide d'installer son vieux père au premier étage, de changer de meubles, de refaire la décoration de la maison. Le besoin de rompre la monotonie de sa vie et l'envie de mettre fin à ce face-à-face presque silencieux avec un homme devenu grabataire le font agir, plein de colère retenue. Les choses s'accélèrent le jour où il reçoit une lettre de Riet lui demandant de l'aide : Riet était la fiancée de son frère. Elle fut aussi à l'origine de son accident mortel... En se mettant dans les pas d'un paysan du nord de la Hollande qui, à cinquante-cinq ans, comprend qu'il n'est pas trop tard pour combler ce manque qui le ronge, l'écrivain néerlandais évoque avec une grande force le désir humain de maîtriser sa vie et d'accéder à une forme de vérité intérieure. À la fois précise et poétique, l'écriture de Là-haut, tout est calme entraîne le lecteur dans une inoubliable quête de bonheur.

Auteur : Gerbrand Bakker est né en 1962. Après des études de lettres à Amsterdam, il a exercé différents métiers, puis publié un livre pour adolescents en 2004. Là-haut, tout est calme, son premier roman, a été le phénomène éditorial de l'année 2006 aux Pays-Bas avec des ventes dépassant les 70000 exemplaires. Depuis, il a été traduit avec succès dans de très nombreux pays.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Helmer a du renoncer à ses études supérieures. C'est son frère jumeau Henk qui était destiné à reprendre la ferme familiale mais suite à un accident de voiture et son décès, le devoir a obligé Helmer à remplacer son frère. Helmer a mis de côté son projet de vie et depuis trente-cinq ans, son quotidien de fermier n'a pas changé. Il s'occupe machinalement des animaux de la ferme et de son père âgé qui ne quitte pratiquement plus son lit.
Lorsque le livre commence, Helmer a décidé de déménager son père au premier étage, et de moderniser un peu le bas de la maison, il s'achète un nouveau lit, il repeint la maison...
Son quotidien monotone va être bousculé par l'arrivée d'une lettre de Riet, l'ancienne petit amie de Henk, elle reprend contact après des années de silence. Elle demande à Helmer d'accueillir quelque temps son fils comme garçon de ferme.
Ce livre évoque les liens particuliers unissant des jumeaux et les troubles que ressent Helmer depuis la disparition de son double. Le lecteur découvre aussi les ressentiments d'Helmer vis à vis de son père qui a toujours préféré Henk. Il subit malgré lui cette situation.
Les descriptions des paysages, et de la nature qui change au fil des saisons font partie du récit : le plat pays sous le neige avec les canaux gelés, à l'approche du printemps. Les animaux sont très présents également dans cette histoires, les animaux de la ferme, les oiseaux...
L'impression de calme de cette vie monotone et régulière seulement ponctuée par les saisons est palpable durant la première partie de l'histoire. Ce calme va être bouleversé par le retour de Riet puis l'arrivée de son fils.
J'ai lu très facilement ce livre dont j'ai aimé l'ambiance et Helmer m'a beaucoup touchée.

Extrait : (début du livre)
J'ai mis papa là-haut. Après l'avoir assis dans une chaise, j'ai démonté le lit. Papa est resté dans cette chaise, comme un veau né de quelques minutes et que la vache n'a pas encore léché, tête vacillant de façon incontrôlée, regard qui ne s'attache à rien. J'ai arraché du matelas couvertures, draps et alèse, posé le matelas et les planches du fond le long du mur, défait les vis qui maintenaient tête et pied aux côtés. J'essayais autant que possible de respirer par la bouche. La chambre d'en haut – ma chambre – je l'avais déjà débarrassée.
« Qu'est-ce que tu fais ? a-t-il demandé.
- Tu déménages.
- Je veux rester ici.
- Non. »
Je lui ai laissé son lit. Depuis plus de dix ans, l'une des moitiés est froide, mais la place inoccupée est toujours couronnée d'un oreiller. J'ai revissé le lit dans la chambre du haut, en l'orientant face à la fenêtre. Sous les pieds, j'ai placé des billots de bois. J'ai mis un couchage propre : des draps et deux taies. Puis j'ai porté papa dans l'escalier. Dès l'instant où je l'ai eu soulevé de la chaise, il m'a regardé et ne m'a plus quitté des yeux jusqu'à ce que je le couche et que nos visages se touchent presque.
C'est alors seulement qu'il a dit : « Je peux marcher tout seul.
- Non, tu ne peux pas. »
Il a vu, par la fenêtre, des choses qu'il ne s'attendait pas à voir. « Je suis bien haut, a-t-il fait.
- Oui. Comme ça, en regardant dehors, tu ne verras pas que du ciel. »

Lu dans le cadre du ChallengeVoisins, voisines
voisin_voisine
Pays-Bas

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11 septembre 2010

Le cercle du silence – David Hepburn

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Éditions Les Nouveaux Auteurs - mai 2008 – 640 pages

Pocket – mai 2009 - 757 pages

Grand Prix FEMME ACTUELLE Roman de l'été 2008

Quatrième de couverture :
La nuit s’installe sur le port de La Haye. Un cortège de limousines foncées glisse lentement vers la jetée où attendent deux transbordeurs.
Le procureur général descend de l’une des voitures, suivi de Tom Dorvan, son nouveau substitut. L’angoisse grandissante de Tom est imperceptible, mais pour combien de temps encore ?

Le superbe paquebot tout illuminé qui mouille à quelques centaines de mètres du rivage et vers lequel ils se dirigent, dissimule un secret inavouable.

Si Tom s’était douté que son univers bien établi allait s’écrouler ce soir-là, il n’aurait jamais mis les pieds sur ce transbordeur… il n’aurait d’ailleurs même pas accepté sa récente nomination.

Mais le destin en avait décidé autrement…

Auteur : David Hepburn, 33 ans, francophone, vit dans le sud de la France. A vécu et voyagé dans de nombreux pays. Il signe avec "Le cercle du silence" son 1er roman.

Mon avis : (lu en septembre 2010)
Voici un thriller captivant et très réaliste avec une intrigue qui tourne autour d'un réseau pédophile secret qui est protégé par des personnes très haut placées. Tout commence par des enlèvements d'enfants, puis un certain Frank Moldair vient faire des déclarations aux Services Spéciaux à propos de soirées privées et de proxénétisme d'adolescents. Et quelques heures plus tard, Moldair se "suicide"... L'agent Clarke Foster va mener son enquête le plus discrètement possible, il pourra compter sur l'aide de son ami Tom Dorvan, substitut du procureur.
Malgré la gravité du sujet de fond, il n'y a pas de scènes trash ou sanglantes. Le démarrage du livre est un peu lent, car il faut mettre en place l'histoire. Puis, tout s'accélère et comme dans un film on participe à l'enquête et l'on stresse pour les personnages qui se trouvent parfois dans des situations plutôt périlleuses, risquant leur vie à plusieurs reprises... La psychologie de chacun des personnages est très bien travaillée.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, le style est agréable à lire, la construction de l'intrigue est parfaite : riche en suspense, avec beaucoup d'intensité. Il est question de technologies de pointe, de drogues de synthèse, d'espionnage, de tueurs à gage...

Extrait : (début du livre)

Il faisait un froid presque mordant et la fine brume enveloppant la majeure partie de la côte Est, en ce petit matin d’automne, renforçait la mélancolie du port qui s’éveillait lentement, aux pas lourds des dockers. L’écœurante odeur de malt et de houblon d’une brasserie voisine dominait encore dans l’air humide. Deux sirènes plaintives retentirent presque simultanément dans cet immense port marchand alors que, sur le quai numéro douze, le « Carioca », chargé de containers multicolores, était prêt à lever l’ancre. C’était un cargo vieux d’une trentaine d'années, mal entretenu, battant pavillon brésilien. La rouille de la coque réapparaissait sous les couches de peinture brune superposées, appliquées au fil du temps ; l'état de délabrement du bateau était très avancé et, dix jours auparavant, dans le port de Belém, les experts de la commission maritime brésilienne l’avaient d’abord jugé impropre à la navigation.

Mais l’armateur connaissant les vertus d’un bon arrosage, un jour et deux enveloppes plus tard, les experts reconnurent avoir été un peu sévères et lui donnèrent un nouveau sursis de quelques mois.

Au milieu de l’incessant va-et-vient des manutentionnaires, un homme en habit d’officier sortit d'un cabanon de chantier posé au milieu du quai et s’embarqua à bord du navire. Il disparut à l’intérieur et parvint rapidement à la hauteur d’une cabine où l’attendait le capitaine. Ce dernier le fit entrer en silence, referma la porte à clef, puis repartit aussitôt en s’assurant de ne pas avoir été remarqué. A l’intérieur, deux personnes étaient allongées sur des couchettes sans drap ni couverture éloignées d'un peu plus d'un mètre l’une de l’autre ; les matelas étaient fins, en mousse grise fatiguée.

Il s’agissait d’une femme et d’un homme enveloppés dans de grandes housses noires, en matière cirée épaisse empestant le plastique, généralement utilisées pour les macchabées, et dont la grosse fermeture Éclair ventrale avait été remontée jusqu’à la base de leur thorax. Les deux individus étaient ficelés solidement, les bras le long du corps, la bouche recouverte de plusieurs épaisseurs d’un large ruban adhésif argenté.

Couvert d’hématomes, leur visage était ensanglanté et défiguré mais les moribonds étaient encore vivants. La tête tournée l'un vers l'autre, ils ne cessaient de se regarder au travers de leurs yeux rougis et larmoyants. Ils parvenaient tout de même à se voir malgré leurs œdèmes et leurs cils mouillés remplis de sang coagulé.

Il s’agissait d’un jeune couple d’un peu plus d’une trentaine d’années. Eduardo Ribeiro était originaire de l’île de Marajo au Brésil ; Jodie Ribeiro, quant à elle, était née à Brooklyn où ils avaient encore habité quelques mois après s’être mariés. Puis, il y a douze ans, le couple avait décidé de s'installer dans le New Jersey peu après la naissance de leur fils Kevin. Bien que travaillant tous deux à plein temps, ils avaient réussi à préserver un bon équilibre dans leur couple et vivaient une vie simple et tranquille. Mais il y a un peu plus de six mois, le 12 avril très exactement, le temps, pour eux, s’arrêta : ce fut le jour où leur fils disparut.

Ils s’en souvenaient dans les moindres détails, comme si c’était arrivé la veille. Ils n'avaient pas prévenu la police tout de suite ; non, malgré le sentiment d'angoisse qui les avait gagnés tous les deux, ils s'étaient ravisés : il fallait commencer par garder son sang-froid. Leur fils était peut-être tout simplement allé chez un copain. Il n’aurait pas vu le temps passer et aurait oublié de les prévenir. Ils avaient donc commencé par téléphoner à tous les parents de ses camarades. Mais à chaque fois, c’était la même réponse : personne ne l’avait revu après la sortie de l’école. Le dernier appel avait été le plus pénible. Figée, le téléphone pressé contre l’oreille, Jodie avait appelé les parents du meilleur ami de son fils, mais eux non plus ne l’avaient pas vu. Ce jour-là, Kevin n'avait pas pris le bus avec les autres, mais aucun des enfants n’y avait attaché d’importance car il restait quelquefois dans l'enceinte de l'établissement scolaire en attendant son cours de piano. Certains de ses copains avaient même cru qu'il était rentré à la maison un peu plus tôt pour regarder sa série préférée. Jodie et Eduardo avaient tenté de joindre le professeur de piano, mais n'y étaient pas parvenus avant neuf heures du soir. Lorsqu'ils avaient enfin pu lui parler, ce dernier leur avait fait part de son étonnement de ne pas l’avoir vu au cours. Leur profonde inquiétude se mua brusquement en panique. C'est à ce moment-là seulement qu’ils avaient décidé d'appeler à l’aide. C’est elle qui, la main tremblante, avait composé le numéro de la police locale.

L’agent Greg Commoy était venu le soir même ; Jodie lui avait proposé du café pour qu'il se sente à l'aise et qu'il prenne son temps. Mais il ne leur avait posé que deux ou trois questions banales, énoncé les procédures d’usage puis leur avait expliqué qu'il fallait encore attendre vingt-quatre heures avant de lancer un avis de recherche officiel.

Jodie s’était montrée insistante : « Ne peuvent-ils pas commencer les recherches tout de suite ? », avait-elle suggéré en lui resservant du café, prévenir les postes de police alentour ? Mettre des barrages partout ? Elle ne savait pas trop, mais au moins faire quelque chose. Elle avait mal supporté qu’il ne réagisse pas davantage et qu’il reste planté là à les gaver de théories et de règles de procédure. Autant de conneries, avait-elle pensé. Car si Kevin avait été enlevé, son ou ses ravisseurs l’éloignaient certainement un peu plus à chaque minute qui passait. « Êtes-vous sûr de ne pas perdre un temps précieux ? » avait-elle encore ajouté, d’une voix étranglée, en désespoir de cause. Mais l’agent Commoy avait répondu par la négative et le dialogue qu’il avait tenu ensuite avait agacé Jodie au plus haut point. « En général, huit cas sur dix sont des fugues ou de simples coups de tête. Imaginez, si on devait organiser des recherches à grande échelle, déclencher les plans d’alertes enlèvement et monopoliser tous les hommes disponibles à chaque téléphone signalant une disparition, on ne ferait que ça toute la journée » ... Mais il ne connaissait pas son fils, avait-elle pensé, jamais il n’aurait été capable de s’en aller sans rien dire ; il ne supportait pas de leur faire de la peine … Oui, bien sûr, dans l'absolu elle comprenait l’agent Commoy. Mais la police avait-elle au moins une équipe qui, précisément, faisait « ça » toute la journée ?
Non … et toujours cette même réponse : l'État ne leur donnait pas assez de moyens.

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02 août 2010

Treize petites enveloppes bleues – Maureen Johnson

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (21/26)

13_petites_enveloppes_bleues Gallimard Jeunesse – janvier 2007 – 347 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Julie Lopez

Quatrième de couverture :
Règle n° 1 : Tu ne peux emporter que ce qui tiendra dans ton sac à dos.
Règle n° 2 : Tu ne dois emporter ni guides de voyage ou de conversation, ni aucune aide pour les langues étrangères.
Règle n° 3 : Tu ne peux pas prendre d'argent en plus, ni de carte de crédit, de chèques de voyage, etc.
Règle n° 4 : Pas d'expédients électroniques. Ce qui signifie pas d'ordinateur portable, de téléphone portable, de musique, d'appareil photo.
C'est tout ce que tu as besoin de savoir pour l'instant. Rendez-vous à la Quatrième Nouille.
Lorsqu'elle découvre ce message de Peg, sa tante adorée qui vient de mourir, Ginny est loin d'imaginer qu'elle en recevra treize au total et que ces petites enveloppes bleues l'emmèneront loin, bien loin, pour un incroyable voyage à travers l'Europe. Et transformeront à jamais sa vie de jeune fille rangée, timide et sage...
Comme une course au trésor, ce roman nous happe et nous entraîne de rencontres en découvertes, de mésaventures en petites victoires, pour une folle virée pleine d'humour et de charme.

Auteur : Maureen Johnson est née à Philadelphie, en Pennsylvanie. Enfant, elle lisait sans arrêt, comme beaucoup de lecteurs qui finissent par écrire. Elle a étudié la dramaturgie et l'écriture romanesque à l'université de Columbia.
Afin de pouvoir vivre de sa plume, elle a pratiqué bon nombre de petits boulots de New-York à Londres en passant par Las Vegas.
Treize petites enveloppes bleues, son quatrième roman pour adolescents, est le premier publié en France. Elle vit à Nex-York avec son mari.

Mon avis : (lu en juillet 2010)
Voici une histoire originale : dès la première ligne nous découvrons une lettre, la destinataire est Ginny, l'auteur est sa tante Peg décédée récemment et qui était partie sans laisser d'adresse deux ans avant. Tante Peg invite Ginny à faire un sac léger sans superflu, de réserver un aller-simple pour Londres puis de passer prendre un colis à New-York. Dans ce colis, Ginny trouve douze enveloppes bleues numérotées de deux à treize. Elle a pour consigne de les ouvrir les une après les autres, tante Peg lui donne à chaque fois une destination à atteindre et une épreuve à faire. Départ de Londres, son étonnant voyage passera par Rome, Paris, Amsterdam, Athènes... Ginny va suivre scrupuleusement ce que lui demande sa tante et faire de nombreuses rencontres et finir par comprendre pourquoi tante Peg est partie si brutalement sans laisser de nouvelles. J'ai bien aimé ce livre à la fois émouvant et plein d'humour. L'auteur s'est bien documenté sur tous les pays traversés et le lecteur voyage avec plaisir avec Ginny.

Extrait : (début du livre)
"Chère Ginger,

Je n'ai jamais beaucoup aimé les règles. Tu la sais. Alors tu vas sans doute trouver bizarre que cette lettre soit remplie de règles que j'ai établies et que je veux que tu suives.
tu dois te demander : "Les règles de quoi?" Tu as toujours posé de bonnes questions.
Tu te souviens du jeu "Aujourd'hui, j'habite en..." que nous faisions quand tu étais petite et que tu venais me voir à New York? (C'était le "Aujourd'hui, j'habite en Russie" que je préférais, je crois. On jouait toujours à celui-là en hiver. On allait voir la collection d'art russe au Metropolitan Museum, on marchait dan sla neige à Central Park. Ensuite, on allait manger dans ce petit resto russe du village, où il y avait de délicieux légumes marinés et un drôle de caniche sans poils qui restait assis près de la fenêtre et aboyait sur les taxis.)
Je voudrais que nous jouions à ce jeu encore une fois -mais de façon un peu plus littérale. Aujourd'hui, ce sera : "J'habite à Londres". Comme tu le vois, j'ai glissé mille dollars en liquide dans cette enveloppes. de quoi payer un passeport, un aller simple New York-Londres et un sac à dos. (Garde quelques dollars pour le taxi jusqu'à l'aéroport.)
Quand tu auras réservé ton billet, fais ton sac et dit au revoir à tout le monde, je veux que tu ailles à New York. Plus précisément, je veux que tu te rendes à La Quatrième Nouille, le restaurant chinois au-dessous de mon ancien appartement. Quelque chose t'y attend. Ensuite, va directement à l'aéroport.
Tu vas partir pour plusieurs semaines et voyager dans des pays étrangers. Voici les fameuses règles qui vont guider ton voyage :

Règle numéro 1 : Tu ne dois apporter que ce qui tient dans ton sac à dos. N'essaie pas de tricher avec un sac ou un bagage à main.
Règle numéro 2 : Tu ne dois apporter ni guides de voyage, ni guides de conversation, ni aucune aide pour les langues étrangères. Et pas de revues.
Règle numéro 3 : Tu ne peux pas prendre d'argent en plus, ni de carte de crédit, de débit, de chèques de voyage, etc. Je me charge de tout ça.
Règle numéro 4 : Pas d'expédients électroniques. Ce qui signifie pas d'ordinateur portable, de téléphone portable, de musique ni d'appareil photo. Interdiction de téléphoner chez toi et de communiquer avec les Etats-Unis par Internet ou par téléphone. Les cartes postales et les lettres sont acceptées et encouragées.
C'est tout ce que tu as besoin de savoir pour l'instant. rendez-vous à La Quatrième Nouille.

Je t'embrasse,
Ta tante en cavale"

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (21/26)

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27 février 2010

Une catastrophe naturelle - Margriet de Moor

lu dans le cadre de l'opération babelio

une_catastrophe_naturelle Libella-Maren Sell Editions - janvier 2010 – 334 pages

traduit du néerlandais par Danielle Losman

Présentation de l'éditeur :

Un lundi, on apprend qu'une dépression se déplace du Groenland en direction des côtes de l'Europe de l'Ouest. Le même jour, Armanda supplie sa sœur Lidy de partir à sa place en Zélande passer le week-end avec sa filleule. En contrepartie, elle gardera sa fille, âgée de deux ans, et accompagnera son mari à une fête familiale. Cette substitution ne devrait choquer personne puisque les deux sœurs se ressemblent au point d'être parfois confondues. Cette petite mise en scène va pourtant bouleverser leurs vies. Le samedi 31 janvier 1953, tandis que Lidy se rend à Zierikzee, se lève cette tempête historique qui rayera de la carte le sud-ouest des Pays-Bas. Lidy, avec quelques inconnus, tentera de braver les éléments déchaînés. En vain. Armanda se glissera alors dans l'existence de sa sœur disparue. Elle épousera son mari, ils auront deux enfants et, en apparence, ni remords ni culpabilité. Mais l'ombre du drame plane sur tous les actes du quotidien. Entre catastrophe naturelle et catastrophe intime, Margriet de Moor nous fait découvrir dans ce magnifique roman les destins entremêlés de deux sœurs que rien ne peut séparer.

Auteur : Margriet de Moor est néerlandaise. Après avoir étudié le chant et le piano, elle choisit l'écriture. Son premier roman, Gris d'abord puis blanc puis bleu (1993), fut qualifié de chef-d’œuvre par la critique. Ont suivi Le Virtuose (1995), Duc d'Égypte (1999) et Le Rendez-vous (2003).

Mon avis : (lu en février 2010)

Dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1953, une tempête historique va faire céder de nombreuses digues et rayé de la carte le Sud-Ouest des Pays-Bas, il y aura plus de 1800 morts, 160000 hectares de terres inondées, beaucoup de têtes de bétail noyées et de nombreux bâtiments détruits ou endommagés.

Margriet de Moor va construire son histoire à partir de cette catastrophe naturelle. Amanda et Lidy, deux sœurs, vont échanger leur place le temps d'un week-end. Lidy accepte de partir en Zélande pour la fête de la filleule d'Amanda. En échange, Amanda s'occupera de Nadia la fille de 2 ans de Lidy et accompagnera Sjoerd, le mari de Lidy, à une soirée. Malheureusement, durant ce tragique week-end, la Zélande va se retrouver sous les eaux et Lidy va disparaître.

En parallèle, nous suivons l'histoire des deux sœurs, d'un côté le récit heure par heure de la catastrophe naturelle vécue par Lidy durant deux jours et de l'autre côté la nouvelle vie d'Amanda durant trente ans, en effet, elle va prendre la place de sa sœur auprès de Nadia et Sjoerd. Ce livre est à la fois bouleversant et cruel. J'ai été très ému par Lidy mais le comportement d'Amanda m'a dérangé, elle a en apparence aucun remord ou culpabilité par rapport à la disparition de sa sœur. J'ai été également très intéressé par les descriptions précises de la catastrophe, mais aussi des paysages des Pays-Bas cela me donne vraiment envie de découvrir ce pays.

Merci à l'Opération Masse Critique de Babelio et aux éditions Libella – Maren Shell pour cette belle découverte.

Extrait : (page 99)

Lorsque la Citroën reprit la route, il n'était plus question de rentrer le plus vite possible à la maison pour se glisser sous l'édredon. L'auto qui se dirigeait vers le petit port de débarquement était conduite par un homme qui réfléchissait fiévreusement à des solutions pratiques. A ses côtés, une jeune femme qui, répétons-le, n'était pas du tout à sa place. Elle aussi pourtant ressentait l'atmosphère étrange, intense, l'approche du danger, ce moment où les gens savent qu'ils doivent agir. Après trois ou quatre minutes, la digue apparut, comme une bosse se détachant sous la lumière de la lune. Lorsqu'on prenait à gauche, ici, on était à moins d'un kilomètre du port de débarquement – un simple ponton, dont l'accès par le quai, conformément aux prescriptions en cas de crue, devait être fermé par les vannes.

Mais l'auto freina et stoppa. L'instant d'après, Simon Cau courait, courbé, vers la digue, essayant de grimper à quatre pattes jusqu'au sommet. Ça semblait une gageure. Que voulait-il faire, agrippé aux herbes folles de cette misérable digue, construite en raidillon pour des raisons budgétaires ? Retombant chaque fois dans le réseau de taupinières inondées qui minait la construction de l'intérieur, il parvint néanmoins jusqu'au sommet. Impossible de se tenir debout, face à l'ouragan, sur une corniche bombée et étroite d'un demi-mètre à peine. Cau s'allongea sur le sol, tenant à deux mains sa casquette, et leva sa tête trempée par l'eau qui éclaboussait tout. Quelles visions apocalyptiques eut-il alors ? Des choses improbables dans un décor improbable ? Simon Cau respirait péniblement. En vérité, ce qu'il voyait à hauteur des yeux, à l'infini, c'était une masse d'eau qui montait en roulant ses vagues.

Lidy aussi était descendue. Elle se tenait là, à côté du talus, dont les entrailles produisaient un grondement tellement sonore qu'il couvrait le vent. Elle y prêta l'oreille un moment, sans savoir ce qu'elle écoutait. Ce remblai de sable recouvert d'une mince couche d'argile marin, après toutes ces années de flots déferlants, n'était plus bon à rien. Sur la crête vraiment très fragile, quelques murets, construits après l'inondation de 1906, présentaient quelques ouvertures pour les moutons. Le côté intérieur était déjà alors tellement poreux que c'est par miracle qu'il tint une heure et demie, cette nuit-là, avant de se déchirer sous l'énorme pression hydraulique s'exerçant de l'autre côté et de s'effondrer dans le fossé. Le côté extérieur excavé parvint à retenir la mer durant un quart d'heure, avant de se rompre définitivement.

Lidy dépêtra ses pieds de la boue et retourna en courant vers la voiture. Même sur la route en dur, on pouvait sentir la terre tressaillir.

Opération Masse Critique chez Babelio

Une catastrophe naturelle par Margriet de Moor

Critiques et infos sur Babelio.com

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21 octobre 2009

Le voyage vers l'enfant – Vonne van der Meer

le_voyage_vers_l_enfant Editions Héloïse d'Ormesson - août 2009 – 171 pages

Présentation de l'éditeur

Quand Julia aperçoit un siège enfant sur une bicyclette, son désir de maternité s'affirme et elle rêve d'un bébé avec Max, son mari. Or le couple ne peut pas avoir d'enfant. Dans l'espoir d'adopter, ils décident alors de partir au Pérou, oit ils iront de surprises en défaites. Et rencontreront Pablo qui, loin d'être le nourrisson tant espéré, changera leur vie à jamais. Vonne van der Meer nous éblouit par son écriture limpide qui cerne les craquelures du quotidien. Son histoire forte et juste déborde d'émotions.

Biographie de l'auteur

Vonne van der Meer vit près d'Amsterdam. Ses précédents romans, La Maison dans les dunes (2005) et Le Bateau du soir (2006), situés sur une île frisonne, ont rencontré un énorme succès aux Pays-Bas. Le Voyage vers l'enfant, en cours d'adaptation au cinéma, débute sur cette même île de Vlieland et se poursuit jusqu'à Lima.

Mon avis : (lu en octobre 2009)

J'ai adoré les deux livres précédents que j'ai lu de cette auteur : Les invités de l'île et Le bateau du soir. Celui-ci m'a surpris. En effet, si on s'attend à une suite des deux précédents comme nous le laisse imaginer le début du livre qui se situe sur l'île, je comprend que l'on peut être déçu. Pour ma part, j'ai essayé d'oublier les deux premiers livres pour mieux entrer dans « Le voyage vers l'enfant ».

C'est l'histoire de Julia et Max qui après sept ans de mariage décident d'avoir un enfant, après trois ans d'attente et des visites chez le médecin qui ne décèle aucun problème, ils décident d'aller chercher un enfant, loin, dans un autre pays. Et ils commencent à entreprendre les démarches nécessaires pour une adoption. L'attente est longue, longue et impatiente Julia est prête à partir au Pérou pour aller y chercher un bébé en faisant confiance à un homme rencontré dans un café à la sortie d'une réunion d'information sur l'adoption. Max est réticent mais malgré tout il accompagne sa femme au Pérou. Mais là-bas, les démarches ne sont pas simples et les espoirs et les déceptions seront au rendez-vous. Le voyage se prolonge, et l'histoire bascule avec la rencontre avec Pablo, car la fin du livre est vraiment inattendue et surprenante.

J'ai trouvé Julia très touchante dans son désir de devenir mère et j'ai bien aimé ce voyage au Pérou. Mais cependant cela n'a pas été le coup de cœur des deux premiers livres.

Extrait : (page 13)

Descendre un chemin entre les dunes, sentir la mer avant même de la voir – rien n'est comparable à cette sensation. Voilà pourquoi elle venait ici ou sur l'une des autres îles de Wadden au moins deux fois par an. Mais en ce jour, la seule odeur qu'elle sentait, c'était celle du cadeau d'anniversaire de mariage. Elle l'avait dans les narines, emballée, avec une faveur.

Arrivée au sommet de la dune depuis laquelle on découvrait la mer, elle s'immobilisa comme à son habitude. Réalisation d'un désir semble-t-il inné. Mais cette fois, savoir que la mer s'étendait en principe au-delà de cet endroit ne lui fit rien. Ça ressemblait à la mer, ça bougeait comme la mer, ça bruissait comme la mer. Mais ça exhalait une odeur de salon de coiffure. Julia remonta un peu plus la fermeture éclair de son anorak et enfouit les mains dans les poches. Descendant le chemin menant à la plage, elle eut l'impression d'entrer dans un cinéma.

- Bonsoir madame.

- Bonsoir madame.

- Bonsoir madame.

Les enfants de la maison voisine de la leur passaient à sa hauteur, portant les seaux, des pelles ainsi qu'un ballon rouge. Ils lui demandèrent s'ils pouvaient venir regarder la télé, leur poste était de nouveau en panne.

- Bien sûr, dit-elle, mais à condition d'arrêter de m'appeler avec vos madame par-ci, madame par-là. Je m'appelle Julia.

Les enfants hochèrent la tête et s'éloignèrent. Il ne lui avait pas échappé que sa remarque les avait embarrassés. A chaque fois qu'elle tentait de se rapprocher de quelqu'un, elle ne faisait que s'en éloigner un peu plus. Une personne habituée à côtoyer des enfants, par exemple une maman, n'aurait pas tiqué sur l'emploi du mot « madame ».

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