25 janvier 2017

La loi des Sames - Lars Pettersson

Lu en partenariat avec Folio

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Folio - novembre 2016 - 528 pages

Gallimard - septembre 2014 - 448 pages

traduit du suédois par Anne Karila

Titre original : Kautokeino, en blodig kniv, 2012

Quatrième de couverture :
En Laponie norvégienne, les Sames, peuple autochtone, continuent à vivre de l’élevage des rennes et selon des traditions ancestrales. Certains restent, d’autres partent, comme Anna, qui mène son existence en Suède, où elle a été nommée substitut du procureur. Son cousin Nils, lui, est resté, et il vient d’être accusé de viol. Devoir de famille, c’est Anna qui est chargée de trouver un arrangement avec la plaignante. Elle retourne alors chez les Sames, dans ces contrées reculées qui n’évoquent pour elle que de vieux souvenirs d’enfance. Là, entre les menaces qu’elle subit et les vérités qu’on lui cache, la jeune femme comprend vite que cette affaire de viol n’est que la partie émergée d’une enquête qu’elle va devoir mener. Même si, à la lumière des aurores boréales, la nature somptueuse et meurtrière semble parfois imposer sa loi aux hommes.

Auteur : Lars Pettersson a travaillé pour la télévision suédoise pendant de nombreuses années, en tant que réalisateur et scénariste. C'est d'ailleurs un tournage qui lui a fait découvrir, dans les années 1990, la région de Kautokeino. Il y passe depuis tous ses hivers.

Mon avis : (lu en janvier 2017)
Ce roman policier est bien plus qu'un simple polar, il donne au lecteur de connaître les Sames ou Samis, un peuple autochtone qui couvre la zone du nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande ainsi que la péninsule de Kola en Russie. 
Anna vit en Suède, elle est substitut du procureur, elle est d'origine Same par sa mère. Anna a été appelée par sa grand-mère Same pour défendre un de ses jeune cousins accusé de viol. Elle ne peut pas refuser cela à sa famille qu'elle n'a pas revue depuis son enfance. Elle part pour Kautokeino en Norvège, dans le Grand Nord en pensant régler le problème en une semaine, mais rien n'est simple et son séjour va se prolonger... Il n'est pas facile de mener cette enquête, de concilier les obligations de la justice norvégienne avec les traditions familiales ancestrales... La communauté Sames vit dans des conditions extrêmes, elle a ses propres lois, ses non-dits, sa fierté. En plus, le souvenir de la mère d'Anna plane sur son séjour... Je n'oublie pas la nature rude et magnifique de cette région du Finnmark, elle fait vraiment partie prenante de ce thriller.
J'ai beaucoup aimé ce roman policier, qui m'a fait découvrir ce peuple de Laponie norvégienne, les Sames. Ce peuple d'éleveurs de rennes laissé en marge de la société norvégienne.

Merci les éditions  Folio pour cette belle invitation au voyage dans le Grand Nord.

Extrait : (début du livre)
Le joïk(1). Une force étonnante, d’affirmation et de libération. Railleur, sarcastique, ironiquement provocant.
Il n’avait encore jamais pensé à cela. Jamais ressenti cet aspect ludique. Cette légèreté. Jamais saisi ces intonations comme cette nuit-là.
Quand cela ne ressemblait pas à des braillements d’ivrogne, c’étaient le plus souvent des numéros maladroits, arrangés pour les touristes. Des petits vieux et des petites vieilles en kolt 2 de fête, qui psalmodiaient d’interminables descriptions de nature et de leurs petits-enfants tout en louchant nerveusement vers le public.
Ici, au pub, le joïk cherchait son chemin à travers la fumée, se mêlant aux échos de la musique disco dans l’autre partie de l’établissement, il papillotait tels les reflets fugaces de la boule à facettes qui tournoyait au plafond. De brèves petites lueurs de vie et de clarté, perdues dans un flot sonore tel qu’une tronçonneuse en marche serait passée inaperçue. Tout à coup, le joïk devenait pour lui l’expression d’une joie.
Un sentiment de communauté et quelque chose comme la confirmation répétée d’une solidarité. Il n’avait jamais éprouvé cela auparavant. Jamais aussi nettement.
Dans la discothèque, quelqu’un fit tomber un plateau avec des verres. Une voix éméchée interpella une personne qui n’écoutait pas. Quelque part dans la salle, une chaise fut renversée, une table qu’on poussait racla le sol irrégulier.
Il prit son verre et traversa le pub jusqu’à la fenêtre. Ignora les chuchotements derrière son dos, laissa les gens murmurer et le montrer du doigt. Il s’en foutait, c’était fini maintenant. Terminé. Il n’avait pas la force de saluer ou de chercher des connaissances.
La pompe à bière ne fonctionnait pas. Il ne sortait du robinet chuintant que de la mousse blanche. C’était bientôt l’heure de la fermeture. Tous criaient leurs commandes à la serveuse en sueur, devant laquelle s’alignait une batterie de verres à moitié remplis de mousse.
Elle essayait désespérément d’obtenir pour chacun un demi-litre de bière sans faux col. À bout de nerf, elle appela le vigile qui tenta de se frayer un chemin à travers le local enfumé, une clé à molette à la main. 
Derrière les vitres étroites, le vent de nord-est, qui avait balayé tout le plateau du Finnmark, arrivait par rafales en soulevant des tourbillons d’une neige fraîche qui s’accumulait en congères contre la façade de l’hôtel et l’entrée du pub.
Une voiture dérapa dans la neige fondue et ses phares projetèrent leur faisceau de lumière sur un couple debout, appuyé à un container. L’homme portait un pantalon de peau et le kolt caractéristique de Kautokeino, orné de bandes colorées, avec un col haut et beaucoup d’or à la ceinture. La femme était vêtue d’un simple blouson en cuir, de bottines et d’une jupe très courte. Ses cheveux blonds volaient au vent.
Dans le bref éclat des phares, on aurait dit que l’homme pleurait. La femme avait froid et essayait de l’entraîner à l’abri du vent, derrière le container. Une Volvo Amazon blanche, datant sans doute de la fin des années soixante, fit un demi-tour au frein à main sur le parking. Lui aussi en avait possédé une semblable un jour.
Celle-là avait des drapeaux norvégiens sur le pare-chocs avant. Ils revenaient peut-être d’un mariage. Ou d’un anniversaire. La femme à la jupe courte fit un signe au conducteur. Ensemble, ils aidèrent l’homme au kolt de Kautokeino à s’asseoir sur la banquette arrière. La femme monta à côté de lui. La voiture rejoignit la nationale en patinant sur la neige.

(1) Le joïk (prononcer « yoïk »), chant traditionnel du peuple same.

Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Suède

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11 septembre 2016

Charlotte Isabel Hansen - Tore Renberg

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Mercure de France - mars 2011 - 384 pages

Livre de poche - février 2012 - 408 pages

traduit du norvégien par Carine Bruy

Titre original : Charlotte Isabel Hansen, 2008

Quatrième de couverture : 
Jarle Klepp, vingt-quatre ans, mène la vie insouciante d'un étudiant. Il a une exubérante maîtresse et beaucoup de compagnons de beuverie chaque fin de semaine. Et voilà qu'à la suite d'un test ADN, il se découvre père d'une fille de sept ans, conçue lors d'une soirée, déjà très arrosée, à son lycée quand il avait seize ans. Une catastrophe arrivant rarement seule, la mère, dont il se souvient à peine, lui envoie Charlotte Isabel pour une semaine, afin que celle-ci fasse enfin la connaissance de son papa. Ce qui va se passer alors est le sujet de ce roman aussi drôle qu'émouvant, où une gamine de sept ans va amener pas mal d'adultes à grandir enfin.

Auteur : Tore Renberg, né en 1972, est un des auteurs les plus populaires de Norvège, où ses romans ont tous été couronnés par des prix. 

Mon avis : (lu en août 2016)
J'ai emprunté par hasard ce livre à la bibliothèque sur la table "à emporter pour les vacances" et parce que l'auteur était norvégien (pour le Challenge Voisins Voisines...).
Jarle Kleep est un insouciant étudiant de 24 ans, il travaille à une thèse sur Proust, il passe du bon temps avec sa maîtresse ou n'hésite pas à passer ses fins de semaines à boire avec les copains... Mais un jour, il reçoit une lettre officielle l'obligeant à se soumettre à un test de paternité. Il apprend alors qu'il est le père d'une fillette de 7 ans, suite à une nuit avec une fille de son lycée lors d'une soirée bien arrosée lorsqu'il avait 16 ans... Et voilà que la petite Charlotte Isabel va venir passer une semaine avec lui pour faire connaissance... Une rencontre inoubliable pour l'un et l'autre.
Mon avis est mitigé, j'ai trouvé l'idée de départ amusante et originale, Jarle et surtout Charlotte Isabel sont très attachants. Mais je n'ai pas trouvé cette lecture aussi facile qu'un livre d'été... J'ai trouvé également pas mal de longueurs qui nuisent à l'intérêt du livre. 

Extrait : (début du livre)
Quand il franchit la double porte verte de son immeuble, ce samedi 6 septembre 1997, Jarle Klepp ignorait ce que ce jour représentait pour le monde. La lumière lui parvenait fragmentée à travers les frondaisons des arbres du parc Nygård, l'air vif piquait autant que la menthe glaciale, présage que l'été, fatigué de briller, devait céder la place à l'automne. Jarle remonta la fermeture éclair du blouson noir qui lui arrivait à la taille et secoua lentement la tête.
«Bon Dieu, marmonna-t-il à voix basse. Est-ce possible ?»
Il passa une main sur son crâne rasé de frais.
«Bon Dieu, marmonna-t-il à nouveau. Est-ce vraiment possible ?»
Il palpa son vêtement, découvrit un paquet de Marlboro à moitié froissé dans sa poche intérieure, extirpa un briquet de son jean noir et le tint à contre-jour.
Perchés sur la palissade sombre de l'autre côté de la rue, quatre petits oiseaux l'observaient.
Jarle se figea.
De la taille d'une balle de tennis, ils avaient des yeux dénués d'expression et, comme la plupart des volatiles, leurs pattes ressemblaient à des vers. Ils n'émettaient aucun son et ils ne s'envolèrent pas. Ils étaient juste posés, silencieux, aussi immobiles et irréels que des soldats de plomb.
Jarle resta planté là, la bouche sèche et les idées confuses. Il n'avait pas dormi plus de trois heures, après avoir bu toute la nuit, lors d'une fête de soutenance qui s'était achevée par un dernier verre chez Robert Göteborg, le professeur de littérature, et, quand celui-ci s'était écroulé ivre mort sur la table de cuisine, lui avait fini entre les cuisses café au lait d'Herdis Snartemo.
Il se détacha de la vue des oiseaux perchés dans une fixité stoïque et fouilla nerveusement les alentours du regard.

 Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Norvège

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23 décembre 2014

Ces instants-là - Herbjørg Wassmo

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CVT_Ces-instants-la_6533 Gaïa - septembre 2014 - 399 pages

traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier

Titre original : Disse øyeblikk, 2013

Quatrième de couverture :
Elle grandit dans le nord de la Norvège, entre une mère insaisissable mais présente, une petite soeur qu’elle protège, un père qu’elle méprise avant de le haïr. Elle n’est pas coupable du mal qu’il lui fait. 

Puis elle aime le rock, la danse, les mains de l’apprenti électricien. Elle surnage face à la honte, part à la ville étudier. Son père est loin, c’est bien, mais son jeune fils aussi est loin. 
Elle lit, et brave son silence dans l’écriture. Elle se marie, publie, devient écrivain. Se bat pour sa liberté et son droit à vivre comme elle le souhaite. 
Avec pudeur et sans fard, Herbjørg Wassmo raconte ce qui fait une vie, en la présence majestueuse du Grand Nord.

Auteur : Herbjørg Wassmo est née en 1942, dans le nord de la Norvège. Ses romans et nouvelles sont empreints de l'atmosphère de ces régions septentrionales. Auteur d’une œuvre considérable. Tous ses romans sont disponibles en français. Traduite en de nombreuses langues, elle connaît un succès populaire exceptionnel. Elle est, en Scandinavie, l’écrivain mondial le plus lu, et Dina a pris place aux côtés des grandes héroïnes de la littérature.

Mon avis : (lu en décembre 2014)
J'avais choisi comme premier choix pour participer aux Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister, le livre de David Vann Goat Mountain, malheureusement il était en rupture de stock. J'ai donc choisi celui-ci car j'aime les auteurs venus du froid et que j'avais déjà lu un livre de cette auteur.
Une lecture magnifique mais exigeante. Entre roman et autobiographie, la narratrice passe en revue sa vie depuis l'adolescence jusqu'à environ ses cinquante ans.
Elle déteste son père, elle veut protéger sa soeur, elle refuse de devenir comme sa mère, soumise à son mari. Elle voudrait prendre sa vie en main, et vivre pour elle. Parfois, elle culpabilise vis à vis de ses enfants, de les laisser à sa mère ou son mari pour faire des études d'institutrice puis de littérature. Elle rêve de liberté et c'est en écrivant qu'elle arrive à se libérer du quotidien, à se sentir libre. 
Les paysages qui l'entoure ont une grande importance dans l'atmosphère que dégage cette histoire. C'est la Norvège, rude, au climat froid mais magnifique.
Au début, la lecture est un peu difficile car les personnages n'ont pas d'identité, de nom ou de prénom ils sont nommés la mère, le père, le mari, le fils, la fille, elle... Une fois le lecteur plongé dans l'histoire, il s'habitue et est captivé par cette superbe écriture. 
Au fil du livre, les morceaux de vie de la narratrice se dévoilent puis s'assemblent comme pour un puzzle. Je me suis beaucoup attachée à "elle" en découvrant ses souffrances, ses faiblesses, ses interrogations.

Merci Olivier et PriceMinister pour ce partenariat.

 

Autres avis :  Cuné, Clara, Kathel

Extrait : (début du livre)
Elle s'adosse à un mur et se laisse toucher. Sa peau se hérisse sous les mains d'un autre. Elle forme de minuscules obstacles et cherche à se protéger. Dans sa tête, une radio lui dit : Écoute. Sens ! Ceci est maintenant. Il faut que tu sentes comment c'est. Ne t'arrête pas au fait qu'il y a un goéland sur le toit. Il s'agrippe au faîte en poussant des cris.
Elle renverse la tête en arrière et ferme les yeux pour être seule. Ce n'est pas le garçon qui l'effraie, mais ce sentiment de ne pas avoir d'échappatoire. Elle l'entend parler, mais ne saisit pas ses propos. Il se rend compte qu'elle reste là les bras ballants. Et laisse tomber ses mains.
- C'est bon, t'inquiète pas, dit-il en la relâchant.
Le goéland crie. Elle est la même qu'avant. Reste juste immobile afin de pouvoir redevenir distincte à elle-même. Sans quoi elle ne sera pas visible aux autres.

Les autres sont ceux qui rient. Murmurent. Se tiennent groupés. Ceux qui savent tout ce qu'elle ignore. Par exemple pourquoi le garçon de l'été dernier ne la contacte pas. Ceux qui ont peut-être vu qu'elle tremble quand elle doit réciter quelque chose sur l'estrade. Les déclinaisons allemandes. Les prépositions. Et au tableau, les longues séries d'équations non résolues. Ceux qui savent que sa peau se rétracte, transpire. Pour ensuite se dessécher. Se mettre à sentir.
Certains collectent des preuves. Examinent. Rédigent des attestations. Des certificats de bonnes vie et moeurs. Traitent des demandes d'admission à l'école. D'autres sont assis derrière le rideau de la cuisine et savent à son sujet tout ce sur quoi elle n'a pas encore eu le temps de réfléchir. Ils sont contents ou en colère, mais jamais vides. Ils ont le droit de juger. Y compris de ce qu'ils ne savent pas, mais croient deviner.

Son père est encore debout, il est assis dans la cuisine, avec son rictus. Elle n'entre pas, mais referme la porte sans rien dire et sans aller chercher la tartine qu'il lui faut. Se contente de boire au robinet au-dessus du lavabo de la salle de bains. La porte est munie d'une bonne clef en fer que tournait naguère l'auteur. Il règne une odeur de linge de toilette humide et de vieille vapeur. La baignoire peinte en rouge avec ses pieds pattes de lion et son réservoir en cuivre gagné par le vert-de-gris ont l'air étranger. Il y a de la cendre froide sur la plaque sous le poêle.
Autrefois, l'auteur était dans cette baignoire, songe-t-elle. L'auteur avait aussi un corps. Ça fait drôle d'y penser. A présent, l'ensemble est propriété de la commune. Mais l'auteur est mort. Il n'est que honte et trahison de la patrie. Son père paie un loyer pour qu'ils puissent habiter ici. Son père est n'importe où dans les pièces. La nuit aussi.

Déjà lu du même auteur :

cent_ans Cent ans

 Challenge Voisins Voisines 2014
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Norvège

Challenge 5% Rentrée Littéraire 2014 
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27 décembre 2012

Les curieuses rencontres du Facteur Skogli - Levi Henriksen

les_curieuses_rencontres Presse de la Cité - septembre 2012 - 333 pages

traduit du norvégien par Loup-Maëlle Besançon

Titre original : Like østenfor regnet, 2008

Quatrième de couverture :
Le jour de son cinquième anniversaire de mariage, Simon Smidesang découvre sa femme au lit avec un autre. Il démissionne de son travail de journaliste et part se réfugier dans la maison de ses grands-parents. Là, il devient facteur et fait la connaissance de villageois tout sauf ordinaires : un couvreur passionné d’insectes et d’oiseaux. Un vieux monsieur élégant et sage qui l’invite à faire sa pause du midi chez lui. Une vieille dame qui, chaque année à la même date, suspend devant chez elle les costumes de son défunt mari. Ou encore une mystérieuse jeune femme, nouvelle dans le village, qui ne sort quasiment jamais de sa maison. Toutes ces personnes lui permettront-elles d’oublier l'encombrant souvenir de celui avec qui sa femme l'a trahi et lui redonneront-elles le goût de vivre ?

Auteur : Levi Henriksen est un parolier et musicien rock très populaire en Norvège. Du sang sur la neige, son premier roman (2010), a connu un immense succès dans son pays, où il a reçu le prix des Libraires. Les Curieuses Rencontres du facteur de Skogli est son second roman.

Mon avis : (lu en décembre 2012)
C'est 
grâce au « Café Lecture » de la Bibliothèque que j'ai découvert ce livre. 
Après cinq ans de mariage, lorsque Simon Smidesang découvre sa femme au lit avec un autre, il quitte sa maison, son travail de journaliste et part se réfugier dans l'ancienne maison de ses grands-parents à Skogli un petit village de Norvège. Il devient le facteur du village et il nous raconte ses tournées et les rencontres incroyables qu'il va faire. Un couvreur qui passe sa vie sur les toits pour fuir sa femme ou observer les oiseaux et les insectes, une veuve qui rend hommage à son mari le jour anniversaire de sa mort en sortant tous ses costumes... Cette histoire se passe en Norvège mais pourrait se passer n'importe où dans le monde dans un petit village isolé où le facteur fait encore le lien avec la population, il n'est pas seulement là pour le courrier, il est tour à tour coursier, confident...
Un livre agréable à lire, les personnages sont attachants et les rencontres sont surprenantes, amusantes et touchantes.

Extrait : (début du livre)
Qu'auriez-vous fait si, en rentrant un peu trop tôt chez vous le jour de votre cinquième anniversaire de mariage, vous aviez découvert une voiture que vous ne connaissiez pas dans l'allée ? Cédant à une impulsion, auriez-vous appelé sur la ligne de la maison et, en l'absence de réponse, auriez-vous dressé une échelle sous la fenêtre de votre chambre ? Auriez-vous cherché quelque chose de lourd dans le garage ou auriez-vous pensé que, dans chaque défaite, il y a un nouveau départ ?
Simon Smidesang, lui, commença à sortir de sa vie à reculons. Alors qu'il s'éloignait en boitant sur le gravier, il comprit brusquement que tout ce qu'il avait été appartenait désormais au passé. Il avait fait le tour de tous les endroits qu'il tenait absolument à voir. Il avait cavalé devant les taureaux à Pampelune, visité l'appartement de Strindberg à Stockholm, parcouru Dublin sur les traces de James Joyce ; bref, il avait tout essayé pour éprouver ce que d'autres avant lui avaient ressenti. Quand la barrière du jardin claqua dans son dos, Simon Smidesang sut que jamais plus il ne courrait après le sujet qui lui vaudrait la une. Jamais plus il ne franchirait cette barrière autrement que pour la passer au plus vite en sens inverse.
Simon quitta le journal où il travaillait et tenta de vivre quelques mois comme pigiste. Alors qu'il se réveillait de plus en plus tôt et mettait de plus en plus de temps à se lever, il réalisa peu à peu que les histoires, il les avait déjà toutes écrites. Quoi qu'il fasse, ses mots n'étaient plus que de l'encre. Le comprendre le soulagea. C'était comme si, après avoir couru tous les matins après le bus pour se rendre au boulot, il avait un jour décidé de tourner les talons et de regagner ses pénates.
Quand son cousin qui partait aux États-Unis mit en vente la maison de ses grands-parents à Skogli, Simon se porta acquéreur.

 

Challenge 4% Littéraire 2012

  logochallenge2  
26/28

Challenge Voisins, voisines

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Norvège

  Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Suède 

Challenge Littératures Nordiques

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06 décembre 2012

Cher Gabriel - Halfdan W. Freihow

Cher_Gabriel Gaïa – février 2012 – 165 pages

traduit du norvégien par Ellen Huse Foucher

Titre original : Kjœre Gabriel, 2006

Quatrième de couverture :
"Est-ce que tu apprendras un jour à jouer avec les mots, Gabriel ? Le paysage plaisante sans cesse avec nous. Les nuages sont des visages ou des animaux effrayants, mais ils n'arrêtent pas pour autant d'être des nuages ? Ça ne fait rien si de temps en temps tu as envie de boire un cheval ou un pantalon d'eau, le verre ne reste pas moins un verre." Cher Gabriel est une lettre intime et émouvante d'un père à son fils. Gabriel est autiste. Il vit avec sa famille dans une maison située sur la côte norvégienne, en pleine nature sauvage et balayée par les vents. H. W. Freihow met en lumière une relation complexe, un amour inconditionnel. Tel un château de sable qui tantôt prend des allures de palais étincelant, tantôt se laisse engloutir à la première houle, et qui sans cesse demande à être reconstruit. Ce livre compte parmi les plus beaux livres jamais écrits en norvégien." Dagbladet.

Auteur : Halfdan W. Freihow est norvégien. Il est né en 1959 à Mexico et a partagé ses années de jeunesse entre la Norvège, l'Espagne et la Belgique. Il a d'abord travaillé comme reporter, traducteur et critique littéraire avant de co-fonder la maison d'édition norvégienne Font Forlag. De l'exploration de sa vie intime et familiale est né son premier récit, Cher Gabriel, nominé pour le prestigieux prix Brage (2004).

Mon avis : (lu en décembre 2012)
Cela faisait quelques mois que j'avais envie de découvrir ce livre et j'ai été ravie de le recevoir dans le cadre du Grand Prix des lectrices Elle. Dès réception, j'avais hâte de le lire, d'autant plus que mardi soir dernier, il y avait sur France 2 un docu-fiction « Le cerveau d'Hugo » avec également des témoignages
 très intéressants d'autistes adultes ou de parents ou d'enfants autistes.
Ce livre est un beau témoignage d'amour d'un père pour son fils.
Gabriel vit sur la côte norvégienne, au bord de la mer, dans un coin balayé par les vents. Gabriel est un enfant différent, il est autiste. Dans ce livre, son père s'adresse à lui et nous raconte son quotidien avec un enfant qui a un fonctionnement propre à lui-même, un enfant qui pose mille questions et dont la logique est différente de la notre : un autiste comprend les mots dans leur sens premier, il ne comprend pas les jeux de mots...
« Tes exigences en ce qui concerne la non-ambiguïté et le sens littéral des mots peuvent paraître déraisonnables pour les autres, mais elles trouvent leur contrepartie dans des qualités exceptionnelles : tu es profondément honnête, sincère, aimant et intrépide. » 
L'échange entre le père écrivain et le fils qui prend tout au pied de la lettre est très intéressant.
« En fait, Gabriel, tu es toi-même tout un paradoxe, complexe, inattendu et défiant, mais jamais ennuyeux, jamais monotone et jamais facile à comprendre. Tu es tout simplement une langue à toi, Gabriel. »
Le narrateur évoque également les difficultés que rencontrent la famille, le côté usant de s'occuper d'un enfant qui demande à longueur de journée de l'attention, c'est difficile de ne pas se sentir à la hauteur des demandes de son enfant. Et son avenir, quel sera-t-il ?
« Il faut que je te dise que maman et moi trouvons que c'est difficile. Parfois, c'est si difficile que nous y arrivons à peine, car nous sommes exténués et avons surtout envie d'abandonner. Tu remplis chaque heure de notre vie éveillée - et souvent les nuits aussi - avec des exigences et des attentes qui même pour toi sont impénétrables et compliqués, et que nous n'avons pas toujours la force de comprendre, et encore moins d'honorer. »
Il y a également la joie de voir son enfant grandir, avoir de petites victoires sur l'autonomie, réussir enfin à lire, à écrire... 
« Tu es un enrichissement pour ceux qui te connaissent, tu nous sers de rectificatif. C'est un privilège d'apprendre par toi et une joie de t'enseigner tout ce qui peut t'aider à vivre avec ta propre vulnérabilité et l'ignorance des autres, tout ce qui peut te protéger et renforcer ta conception du bonheur. »  
Lorsque l'on n'a pas soi-même un enfant handicapé, on ne pourra jamais se mettre à la place d'un parent, malgré tout, ce genre de témoignage nous permet de mieux comprendre les réactions que peuvent avoir une personne autiste pour mieux accepter sa différence.

J'ai été très touché par le mail épilogue, le père est en voyage à New-York pour présenter son livre, dans ce mail il s'adresse à Gabriel devenu adolescent. 

Autres avis : Caro, Canel, Clara, Theoma, Jostein, Mimipinson 

Extrait : (début du livre)
Sur le faîte du hangar à bateaux, une mouette médite.
Son plumage gris et blanc se détache sur la mousse vert-de-gris ponctuée de taches de vieillesse marron. Ça fait bien cinquante ans que cette touffe de mousse s'agrippe là, à l'abri du vent du nord, juste pour donner couleur et texture au toit de fibrociment. C'est beau, et quelque part dans l'univers, cela doit avoir un sens.
L'oiseau a terminé sa réflexion et plonge vers la surface de l'eau, vers son garde-manger rempli de nourriture froide et dégoulinante. A part ça, je ne lui vois pas d'autres projets.
Aujourd'hui la mer est calme. Léthargique. Presque morte. L'horizon s'étire entre ciel et mer comme un pont à portée imprécise qui parfois me désarçonne : je sais mieux qui je suis quand mer et terre se distinguent clairement, quand il y a des obstacles et des limites, quand je vois ce qui est mien, quand je sais d'où je viens.
Cette nuit il a plu de nouveau, et je vois qu'il va falloir écoper le bateau. Je vois aussi que la peinture s'écaille sur le mur sud du hangar, là où la pluie ruisselle, coule et pénètre le bois, au contraire du mur nord où, chargée des embruns, elle le fouette et le mitraille de sel, le brosse à le rendre dur et lisse.
Je vais écoper le bateau. Je vais écoper le bateau aujourd'hui. Au printemps, il faudra s'occuper du hangar.

Toutes ces choses je les vois de mon bureau, Gabriel. Toutes ces choses qui arrivent seulement parce qu'elles ont lieu, parce que toutes les choses ont besoin d'un lieu pour arriver. Il y a d'autres paysages, des paysages sans racines où il ne se passe rien, ou bien tout se passe si vite, si simultanément, que les choses s'en trouvent comme apatrides. Mais ici, de mon bureau, je regarde l'appartenance. Non la tienne ou la mienne, mais une appartenance plus grande, qui habite ici et agit dans ce paysage lent et patient, et qui fait qu'on peut s'y adosser comme contre un mur, même s'il n'est question que d'air, d'eau et du cri des mouettes, qu'on peut s'y adosser quand notre propre appartenance - si fragile - lâche prise.
Nous avons besoin d'un mur pour nous adosser, toi et moi. Parfois, la caresse d'une main suffit, d'autres fois, il nous faut tout un échafaudage de perspicacité et de compréhension pour ne pas tomber, pour ne pas sombrer dans l'ignorance, le désarroi et l'angoisse. Nous sommes chacun le mur de l'autre : parfois tu es le mien, mais souvent c'est à moi qu'il revient d'être le tien, car tu trébuches, et tu tombes si facilement. Et alors, Gabriel, il m'arrive d'avoir peur, quand je n'ai rien à quoi m'agripper, rien à quoi me cramponner, à part le vent, la lumière et l'océan, quand toi, tu bascules hors de ma portée.

 

  Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Sélection document 
Jury Novembre

 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
logo_Petit_BAC_2012
"Prénom"

 Challenge Voisins, voisines

voisin_voisines2012
Suède

 Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Suède 

 Challenge Viking Lit' 

Viking_Lit

Challenge Littératures Nordiques

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28 novembre 2012

Swap Nordique - édition de Noël : colis dévoilé !

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En parallèle avec le Challenge Littératures Nordiques
Myiuki22 a décidé d'organiser le Swap Nordique - édition de Noël !
La tentation était grande d'y participer... J'ai été binômée avec Natiora !

Composition du colis :

1 livre de poche dont l’auteur est nordique [Danemark, Finlande, Suède, Norvège ou Islande] tiré de la wish-list de votre swappé(e) 
1 ou 2 marque-page : promo, fait-maison, autre, …
1 carte avec un petit mot - sympa de préférence  - 
1 surprise : objet, friandises, bougies, thé, ...

 

Lundi soir, au retour du travail j'ai trouvé le colis de mon binôme dans ma BAL

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Mon APN n'étant pas chargé, je dois attendre l'après-dîner avant de satisfaire ma curiosité...

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Voilà l'ensemble avant le déballage

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Après déballage !

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Et le détail de mes surprises...

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Un superbe mug grand volume au couleur de Noël et motif Nordique !

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Une tablette de chocolat et du thé aux saveurs de Noël 

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Deux livres choisis par Natiora dans ma LAL que j'ai hâte de découvrir

Smilla et l'amour de la neige - Peter Hoeg (Danemark) 
Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison - Arto Paasilinna (Finlande)

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Une belle carte au couleur de l'hiver et le marque-page, assorti au livre finlandais,
et avec un petit air de Noël

 Un très Grand MERCI à Natiora pour ce très beau colis qui m'a donné l'impression de fêter Noël en avance !

Merci également à Myiuki22 qui a eu la très bonne idée d'organiser ce beau Swap !

 

Pour aller voir le colis que j'ai envoyé à Natiora, c'est ici

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17 juillet 2012

Comme dans un miroir - Gunnar Staalesen

  Lu dans le cadre de Masse Critique
massecritique

Comme_dans_un_miroir Gaïa – septembre 2012 – 304 pages

traduit du norvégien par Alexis Fouillet

Titre original : Som i et speil, 2002

Quatrième de couverture :
En 1957, une femme sublime se tue en voiture avec son amant saxophoniste, dans un pacte macabre. Elle laisse deux filles. Trente-cinq ans plus tard, lorsque l’une disparaît avec son mari, sa sœur imagine le pire et appelle Varg Veum. Entre le mythe des amants suicidés en 1957 et le présent, beaucoup de recoupements, de ressemblances, comme dans un miroir. Les chalets de montagne sur les hauteurs de Bergen se renvoient les échos du passé par-delà les fjords.
Sur fond de trafic en tous genres, la Norvège des années 90 a bien les deux pieds dans son époque. Varg Veum aussi : il vient d’acheter un téléphone portable !
Un nouvel épisode jazzy pour le privé norvégien.

Auteur : Gunnar Staalesen est né à Bergen, en Norvège, en 1947. Il fait des études de philologie et débute en littérature à 22 ans. Il se lance peu à peu dans le roman policier et crée en 1975 le personnage de Varg Veum, qu’il suivra dans une douzaine de romans. Tous les polars de Staalesen suivent les règles du genre à la lettre, avec brio. Et les problèmes existentiels du détective privé, ses conflits avec les femmes et son faible pour l’alcool sont l’occasion d’explorer, non sans cynisme, les plaies et les vices de la société. Avec le Roman de Bergen, il dédie à sa ville natale une grande fresque sociale et policière couvrant tout le XXe siècle. 

Mon avis : (lu en juillet 2012)
Ce livre est la 11ème enquête du personnage récurant de Gunnar Staalesen le privé norvégien Varg Veum traduite en France. Pour ma part, c’est ma deuxième enquête avec Varg Veum.
Berit, avocate, demande à Varg Veum d’enquêter sur la disparition soudaine de sa sœur Bodil et de son mari, plus trente ans auparavant leur mère et son amant ont été retrouvés noyés dans leur voiture comme dans un pacte mortel.   
L’enquête met beaucoup de temps à s’installer, durant les deux cent premières pages l’enquête n’avance pas, l’auteur nous « balade » sur plusieurs pistes dont aucunes ne progressent vraiment…
C’est à la limite de devenir lassant… Il est question du passé, de multiples trafics…
Et puis tout à coup l’enquête s’emballe et les révélations se succèdent et la fin inattendue ne m’a pas fait regretter cette lecture. Dommage que le début soit si poussif…

Merci à Babelio et aux Éditions Gaïa pour m'avoir permis de découvrir cette nouvelle enquête de Varg Veum, personnage sympathique et attachant.

 

Extrait : (début du livre)
Je l'avais vue bien avant que nous nous croisions.
Nous allions chacun dans sa direction sur la portion de montagne que les Berguénois appellent Vidden, le haut plateau, comme s'il n'y en avait qu'un. Elle arrivait d'Ulriken, en direction de Fløien.

Je venais de faire l'ascension de Trappefjellet, et je longeais l'alignement de cairns sur ce qui s'appelle depuis très longtemps Alfjellet. C'était un jeudi de la mi-avril, et la température hésitait encore entre des valeurs à un ou deux chiffres. Plus bas, sur Midtfjellet, j'avais entendu le cri strident caractéristique du bécasseau. Sous les nuages qui filaient dans le ciel, la première formation d'oies sauvages volaient vers le nord, mystérieusement attirées par le Møre. Le printemps arrivait. Mais sur Vidden, il restait des névés. Du côté des marais en face de Hyttelien, on s'enfonçait sérieusement dans la boue quand on quittait le sentier.
Tout à coup, elle disparut, telle une fée des forêts. Sur le dernier tronçon avant le Borgaskar, un coup d'index de géant en travers de Vidden, je la perdis de vue. Je m'arrêtai un instant, bouche bée, et elle réapparut après le col  pour se diriger à grands pas vers moi.  Je lui laissai le passage sur le chemin.
Elle était équipée pour ce genre d'activités ; sac à dos léger, knickers marron, coupe-vent vert et bonnet blanc. Elle passa devant moi avec un sourire rapide et un « Bonjour ! » joyeux, comme il est d'usage entre randonneurs.
« Mais... ! L'entendis-je s'exclamer après m'avoir croisé. Ce ne serait pas... »
Je me retournerai vers elle.
« Veum ?
- Si. »
J'analysai en vitesse ma première impression. Ses yeux étaient gris-vert, son regard clair. Elle était plus grande que moi, environ 1,85 m. Pourtant, il y avait un côté des plus féminins dans ses traits réguliers, ses lèvres pulpeuses et sa peau lisse. Le vent vif de la montagne lui avait laissé une jolie tache rouge sur chaque joue. Quelques rares gouttes de sueur s'étaient formées dans le duvet clair de sa lèvre supérieure. Hormis cela, elle affichait une grande décontraction, et son souffle était léger comme celui d'un marathonien dans une descente.  

tous les livres sur Babelio.com

Déjà lu du même auteur :  l__criture_sur_le_mur L'écriture sur le mur

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Norvège

Défi Scandinavie noire 2012
dc3a9fi_scandinavie_noire

Norvège

 Challenge Viking Lit' 
Viking_Lit

Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
 catégorie "Même pas peur" : 2/12

 Challenge Littératures Nordiques
litterature_nordique

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Objet"

Challenge 1% Littéraire 2012
 logochallenge2 
1/7

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17 juin 2012

La mort indienne – Karin Fossum

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Jean-Claude Lattès – avril 2007 – 390 pages

J'ai Lu – juin 2009 – 347 pages

traduit du norvégien par Alex Fouillet

Titre original : Elskede Poona, 2000

Quatrième de couverture :
Gunder Jomann, célibataire endurci, part en Inde dans l'espoir de rencontrer celle qui deviendra sa femme.
Ce n'est que quelques semaines plus tard que Poona le rejoint en Norvège. Mais le jour de son arrivée, rien ne se passe comme prévu. Le corps mutilé d'une jeune femme est retrouvé près de chez Gunder.
Qui est-elle ? Qui à Elvestad est capable d'une telle inhumanité ?
L'inspecteur Konrad Sejer, lui, sait que chacun est capable du pire.

Auteur : Karin Fossum est une écrivaine norvégienne en 1954 à Sandefjord dans le sud de la Norvège. Elle vit avec ses deux filles à Tyrifjorden dans la région d'Oslo. Elle écrit des poèmes, des romans et des romans policier. Son premier recueil de poésie lui a valu le prix des débutants Tarjei Vesaas en 1974. En 1995, elle se lance dans le roman policier et devient une référence dans le genre. Dans son pays, on la surnomme « la reine du crime » ; ses romans remportent toujours un vif succès et lui valent de nombreuses récompenses. Ses deux premiers romans ont été adaptés en télévision et au cinéma.

Mon avis : (lu en juin 2012)
La mort indienne est la troisième enquête du commissaire Konrad Sejer. Gunder Jomann part en Inde en espérant trouver une femme. A l'étonnement de tout le village d'Elvestad, il revient marié mais pas encore avec sa femme, Poona celle-ci doit venir le rejoindre en Norvège quelque temps plus tard. Mais le jour de son arrivée, Gunder ne peut pas la rejoindre comme prévu à l'aéroport, car sa sœur Marie vient d'avoir un très grave accident de voiture. Gunder envoie donc un taxi chercher Poona. Mais celui-ci revient sans elle. 
Le lendemain, le corps mutilé et sans vie d'une femme d'origine étrangère est retrouvé et l'inspecteur Konrad Sejer est chargé de l'affaire.
Cette histoire met un peu de temps à s'installer avant que l'enquête elle-même ne commence. La fin est également surprenante...
Les personnages sont très fouillés et vraiment très "attachants". Avec ce roman policier norvégien, j'ai découvert une nouvelle auteur que je compte bien lire de nouveau.

Un grand merci à mrs pepys qui m'a offert ce livre lors du Swap Frissons en Noir & Blanc organisé par Canel (il y a déjà 1 an 1/2...)

Extrait : (début du livre)
Le calme est déchiré par des aboiements. La mère lève les yeux de l'évier et observe ce qui se passe à l'extérieur. Le chien pousse des jappements qui montent des profondeurs de sa gorge. Tout son corps noir et musculeux vibre d'enthousiasme.
Le fils apparaît. Il s'extrait de la Golf rouge et lâche un sac bleu sur le sol. Il jette un œil vers la fenêtre, où il aperçoit la silhouette de sa mère. Il s'approche du chien et le détache. L'animal se jette sur lui et le fait basculer, ils se mettent à chahuter dans le sable qui voltige. Le chien grogne, et le fils lui crie des doux noms d'oiseau à l'oreille. De temps à autre, il pousse un cri et donne une bonne gifle sur la truffe du rottweiler. Celui-ci finit par rester couché. Le fils se relève lentement. Il tape son pantalon pour en chasser la terre et la poussière, et jette un nouveau coup d’œil vers la fenêtre. En hésitant, le chien relève et s'immobilise devant lui, tête baissée. Il peut finalement venir lui lécher avec soumission le coin de la bouche. Le fils va ensuite jusqu'à la maison et entre dans la cuisine.
- Doux Jésus, regarde de quoi tu as l'air !
Sa mère regarde le t-shirt bleu. Il est taché de sang. Ses mains sont couvertes d'égratignures. Le chien l'a également griffé au visage.
- Makan ! S'écrie-t-elle avec un renâclement coléreux. Laisse le sac. Je nettoierai plus tard.  

Challenge Voisins, voisines
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Norvège

Défi Scandinavie noire 2012
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Norvège

 Challenge Viking Lit' 
Viking_Lit

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 18/8

 Challenge Littératures Nordiques
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Challenge Objectif PAL Swap
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10/37

 

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28 février 2012

La Tour d'arsenic – Anne B. Ragde

la_Tour_d_arsenic Balland – octobre 2011 – 522 pages

traduit du norvégien par Jean Renaud

Titre original : Arsenikktarnet, 2001

Quatrième de couverture :
Norvège : la vieille Amalie Thygesen, dite Malie, ancienne chanteuse de cabaret à la gloire éphémère, rend son dernier souffle dans une maison de retraite. Tandis que sa petite fille, Therese, plie ses bagages sur l'instant pour rejoindre le lieu des obsèques - et se laisse prendre dans un tourbillon de souvenirs drôles, tendres, émouvants, le reste de la famille chante l'heure de la libération : débarrassés de la vieille femme fantasque au caractère trop bien dessiné, les uns et les autres vont pouvoir se jeter sur les biens immobiliers et vendre les babioles qui, pour eux, ne valent pas la peine d'être gardés. Comprenant mal ce manque de compassion et de respect pour sa grand-mère, Therese va découvrir, au fil des objets qui ont fait la vie de Malie et des confidences récoltées, qui a été cette femme qu'elle croyait si bien connaître... Une femme que sa propre fille, Ruby, la mère de Malie, détestait cordialement, et que beaucoup craignaient. Comment peut-on susciter chez ses proches des sentiments aussi contradictoires ?

Auteur : Anne Birkefeldt Ragde est née en Norvège en 1957. Auréolée des très prestigieux prix Riksmal (équivalent du Goncourt français), prix des Libraires et prix des Lecteurs pour sa "Trilogie de Neshov" publiée aux éditions Balland (90 000 exemplaires vendus), Anne Birkefeldt Ragde est une romancière à succès, déjà traduite en 15 langues, aux millions d'exemplaires vendus.

Mon avis : (lu en février 2012)
Ce livre a été édité en Norvège en 2001, il est édité en France seulement maintenant. C'est l'histoire d'une saga familiale sur trois générations de femmes.
Tout commence avec l'annonce du décès d'une vieille dame, Amalie Thygesen, cette nouvelle réjouie sa fille Ruby et son fils Ib contrairement à Therese sa petite-fille qui est très triste, elle regrette sa grand-mère. Le lecteur va découvrir à travers les différentes parties du livre qui était Amalie Thygesen, dite Malie et Morgens sont mari.

Le livre est composé de six parties, la première et la dernière partie ont Therese pour narratrice et dans les quatre autres parties nous remontons le temps pour explorer les différentes époques de la vie de Malie. La deuxième partie commence de l'enfance de Ruby au moment de la Seconde Guerre Mondiale jusqu'à la naissance de Therese, dans la troisième partie Malie a vingt-cinq ans elle a quitté depuis quelques années la maison familiale, elle va devenir comédienne, elle fait la rencontre de Morgens et cette partie s'achève avec leur mariage. Dans les parties quatre et cinq le lecteur découvre l'enfance de Morgens puis l'enfance de Malie.

La lecture est plutôt facile, la vie de Malie et ses proches est passionnante le lecteur découvre petit à petit quelques secrets de famille, les sentiments des uns et des autres, des relations conflictuelles, des non-dits... J'ai aimé découvrir la vie au Danemark de 1920 à aujourd'hui dans des milieux différents, avec en particulier, la vie avant et après-guerre. J'ai cependant trouvé quelques longueurs.  

 

Extrait : (début du livre)
« A ma petite Therese chérie », avait écrit ma grand-mère sur un bout de papier blanc attaché à une montre en or. Celle-ci se trouvait dans le tiroir de la table de nuit, le papier était fixé à la chaîne à l'aide d'un élastique. Le cadran était joliment bordé de nacre, mais le verre était cassé et la montre s'avéra en définitive ne pas être en or. J'y cherchai ensuite un poinçon, en vain.

Les mots étaient tracés à l'encre vert marine. La montre était l'un des deux objets qu'elle me destinait, à moi et personne d'autre. L'élastique était rouge et friable. Toutes ses affaires étaient garnies d'élastiques, on aurait dit qu'elle les avait soigneusement ficelées en vue d'un long voyage ou d'un déménagement. Nous trouvâmes des élastiques y compris autour de petits bocaux aux couvercles fermés, comme pour en maintenir le verre même. J'imagine ses longues mains ridées, pareilles à des griffes, au vernis à ongles rose écaillé, enrouler les élastiques autour des bocaux – ce qui n'avait aucun sens - et j'entends le silence de mort qui l'entoure ce faisant.

Ce fut dans le prolongement de ce silence que ma mère me téléphona pour m'annoncer la nouvelle :
- Maman est morte.
Puis elle se mit à rire. Longuement. Un rire sonore et rude, entrecoupé de respirations.
- Grand-mère est morte ?
- Oui ! Ce n'est pas formidable ?
Le petit Stian était à côté de moi, une feuille de papier hygiénique à la main, j'allais tout juste lui moucher le nez.
- Grand-mère est morte ? S'écria-t-il.
- Non, pas ta grand-mère, dis-je. La mienne. La mère de ta grand-mère.
Je coinçai le combiné entre mon menton et mon épaule et entrepris de le moucher, appuyant sur une narine, puis l'autre. Il souffla deux fois de chaque côté, une collaboration entre son nez et mes doigts qui se passait de commentaires. Après quoi il s'éclipsa par la porte de la véranda en courant sur ses jambes minces et bronzées avec force mouvements de coudes.
- Je comprends que tu sois contente, maman.
- Oui. Je suis si heureuse, Therese ! Je... et Ib tout pareil. C'est lui qui m'a appelée. On est tellement... tellement... Et tu vas pouvoir m'accompagner à Copenhague ! On va enfin examiner la maison de fond en comble, regarder dans les placards et tous les tiroirs. C'est fantastique, Therese !

logo_bibli_IGN_20

Déjà lu du même auteur :

la_terre_des_mensonges La Terre des mensonges   la_ferme_des_Neshov La Ferme des Neshov
l_h_ritage_impossible L'héritage impossible  zona_frigida  Zona frigida
un_jour_glac_ Un jour glacé en enfer

Challenge 6% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
36/42

Challenge Voisins, voisines
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Norvège

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Norvège : Anne B. Ragde

 Challenge Viking Lit'Viking_Lit

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03 février 2012

Le troisième pôle - Guillaume Lebeau

Lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et Marabout

le_troisi_me_pole Marabout – novembre 2011 – 512 pages

Quatrième de couverture :
1912, au Cap Nord en Norvège. Un enfant est atrocement sacrifié au nom d’un rituel à Gaïa. 1996, à Jökulsárlón en Islande. Le corps d’une jeune femme nue et entièrement recouvert de tatouages est découvert, emprisonné dans la glace. Novembre 2010, à Spitzberg entre la Norvège et le pôle nord. Smila, une jeune paléoclimatologue française, tente de rejoindre son père, chercheur sur la base de Ny-Ålesund, pour lui apporter une série de documents qu’il lui a demandés. Mais au moment où elle arrive sur la base, celle-ci est attaquée et mise à sac par un groupe d’hommes surentraînés. Le père de Smila meurt dans l’incendie de Ny-Ålesund avant d’avoir pu lui révéler l’objet de ses recherches. Que cherchait à détruire ce gang ? Quelles recherches menait le père de Smila ? Quels secrets renferment les documents du père de Smila ? Dans cette enquête qui la mènera aux quatre coins du monde, la paléoclimatologue découvrira qu’une sombre organisation cherche à troubler l’ordre mondial…

Auteur : Né en 1971 à Fontainebleau, Guillaume Lebeau travaille d’abord dans l’édition puis dans la presse musicale pop-rock. Il est déjà l’auteur d’une vingtaine de romans policiers, L’Algèbre du besoin (Prix Cognac 1999), L’Agonie des sphères, (Masque de l’année 2000), Cold Gotha.Guillaume Lebeau est auteur de thrillers et scénariste. Spécialiste du roman policier, il est l’auteur d’un documentaire sur le polar scandinave et a publié deux essais consacrés à Fred Vargas et à Stieg Larsson.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Le livre démarre sur les chapeaux de roues… Cela commence en Norvège en 1912, une secte dédiée à Gaïa s'apprête à sacrifier un enfant, puis le lecteur se retrouve en Islande en 1996, une équipe de scientifiques font une étrange découverte au cœur d'un glacier, ensuite c'est notre première rencontre avec Smila Sibir, paléoclimatologue, elle est partie rejoindre son père sur la base Jean Corbel au Spitsberg Norvège...

La lecture est très aisée, avec un rythme rapide, de nombreux lieux, de nombreux évènements, beaucoup de personnages, presque trop le lecteur ne sait plus où donner de la tête.
Moi qui aime voyager grâce aux livres que je lis, j'ai été servie ! Après le Spitsberg en Norvège, j'ai suivi Smila à Paris, en Russie de Moscou à Vladivostok, puis en Mer du Japon avant de rejoindre l'Archipel du Svalbard puis l'Antarctique. Il y a également en parallèle des évènements en Alsace, à Reykjavik, sur la côte ouest du Groenland, dans l'espace aérien de Hong-Kong, à Vancouver, à Séoul...
J'ai trouvé très original le thème du livre. L’auteur Guillaume est un spécialiste de la littérature policière scandinave, il imagine un thriller écologique avec l'avenir de notre planète au centre d’enjeux économiques, écologiques et politiques encore inavoués... C'est un livre très actuel, car il est question de convois de déchets radioactifs, du sommet de Copenhague, d’un volcan islandais qui se réveille, du dérèglement climatique, de l'effet de serre...
C'est aussi un vrai livre d'espionnage avec des méchants, des gentils, des agents doubles, des poursuites, de nombreuses exécutions... C'est très efficace même si cela n'est pas toujours très crédible...
Mais ma grosse déception, c'est la conclusion du livre… En effet, dans l’épilogue, l’auteur nous emmène en Antarctique et là... J'ai eu l'impression qu'il nous laissait en plan ! Cette fin vraiment abrupte nous annonce sans doute le retour de Smila Sibir comme personnage récurent ?

Merci à Livraddict et aux éditions Marabout pour ce partenariat.

Logo Livraddict

Extrait : (début du livre)
1912, cap Nord, Norvège

Les oiseaux rasaient l'écume, puis remontaient vers le ciel en rapides envolées, figés contre le vent, plumage tremblant, bec piaillant. Sous leurs ailes frémissantes, bientôt un morceau de terre. Au large, quelques îlots sans nom, plus au large encore l'archipel du Svalbard. Au-delà, c'était le pôle Nord. Un point dans l'infini de l'espace.

La saison était mauvaise. Les flots déferlaient contre les côtes déchiquetées de l'île de Magerøya, se brisant en d'énormes explosions laiteuses contre les vaillantes falaises qui défendaient symboliquement la limite septentrionale de l'Europe.
Un vent glacial mugissait, pareil aux cris mêlés d'une sinistre meute de bêtes sauvages. Ce souffle froid balayait un sol recouvert d'une fine pellicule de neige, se heurtait à quelques cailloux aux formes grotesques et entraînait dans son sillage des nuées de flocons en de fantastiques maelströms aériens.
Face à l'imposant promontoire du cap Nord, dont le front et les flancs se projetaient loin dans la mer de Barents, les nuages couvraient les flots d'un épais manteau. D'immenses déchirures lumineuses labouraient le ciel nocturne. Un jour falot remplaçait les ténèbres du cœur de la nuit.
Jamais aurore boréale n'avait embrasé cet horizon avec autant de brutalité, consumant l'atmosphère et les regards en nuances de vert et de rouge mêlés. Ces couleurs électrisées serpentaient, s'entrelaçaient, fusionnaient avec l'océan et le vent.

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie" 

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 10/8

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