27 mars 2012

De bons voisins – Ryan David Jahn

de_bons_voisins Actes Sud – janvier 2012 – 272 pages

traduit de l’américain par Simon Baril

Titre original : Acts of Violence, 2009

Quatrième de couverture : 
New York, années soixante. A la fin d’une froide nuit de mars, la jeune Katrina Marino rentre chez elle après avoir fermé le bar où elle travaille. Garant sa voiture sur le parking en face de sa résidence, elle traverse la rue et s’approche de la porte de son appartement au rez-de-chaussée… quand un homme surgit de l’ombre et la poignarde. L’homme s’enfuit, mais il reviendra une heure plus tard, pour la violer et l’achever de plusieurs coups de couteaux. Mais que s’est-il passé pendant les soixante minutes où Kat est restée seule à agoniser dans la cour de sa résidence ? Malgré l’heure tardive, de nombreux témoins se sont penchés depuis leur fenêtre et ont vu la jeune femme et son agresseur. Pourquoi personne n’a appelé la police ? Quelles pensées occupaient ces hommes et ces femmes pour qu’aucun d’entre eux ne porte secours à leur voisine ? C’est à cette question que tente de répondre le roman de Ryan David Jahn, inspiré d’un fait divers réel, le meurtre de Kitty Genovese dans le Queens, en 1964, qui a lui-même servi de base au développement de la théorie du “bystander effect” en criminologie, en faisant alterner les témoins et le récit de leur nuit : Frank, un mécanicien, part à la recherche de la poussette que sa femme Erin croit avoir renversée plus tôt dans la soirée. Fausse alerte, il n’y avait qu’une poupée dans le landau… mais entre-temps Frank a croisé la route d’Alan, un flic corrompu qui compte profiter du fait que Frank soit noir pour lui faire porter la responsabilité d’un crime violent qu’il vient de commettre. Le jeune Patrick n’arrive pas à dormir, car au lever du jour il doit se présenter à un examen médical des forces armées. S’il est sélectionné, il partira se battre au Vietnam, abandonnant sa mère malade sur laquelle il veille depuis que son père les a quittés. Diane et Larry se déchirent pour la dernière fois. Leur amour a fait long feu, et au cours de la nuit Larry finit par avouer qu’il a une maîtresse. Diane décide de faire ses valises. Thomas a sorti le revolver de son grand-père et il s’apprête à se suicider… c’est alors qu’on frappe à sa porte : Christopher, un partenaire de bowling, aide Thomas à vaincre son isolement et à accepter son homosexualité. Peter, cadre médiocre, cherche à pimenter sa vie en se lançant dans l’échangisme. Il a convaincu sa femme Anne de tenter l’expérience avec un collègue de bureau et son épouse, mais l’aventure tourne à l’humiliation pour Peter, qui risque même de perdre Anne. Enfin, cette nuit-là, le hasard va mettre David, un jeune infirmier, en position de sauver la vie de Nathan Vacanti, l’enseignant qui a jadis abusé sexuellement de lui. Pour faire ce que le devoir exige, David devra surmonter son désir de vengeance….

Auteur : Ryan David Jahn écrit depuis l’âge de dix ans. De bons voisins, son premier roman, a remporté le prix du meilleur premier roman décerné chaque année par la Crime Writers Association. Il vit à Los Angeles. Il est déjà traduit ou en cours de traduction en allemand, néerlandais, espagnol, italien, japonais, chinois, islandais, danois et norvégien.

Mon avis : (lu en mars 2012)
C’est Valérie qui m’a donné envie de découvrir ce livre. 
Ce livre est directement inspiré de l’affaire Kitty Genovese, en 1964, à New-York, une jeune femme est assassinée dans l’indifférence totale de son voisinage. Ce fait divers est devenu un cas d'école sur la théorie de « l'effet du témoin » : en cas d'urgence, plus il y a de témoins moins ceux-ci réagissent et se portent au secours d'une victime.

Cette histoire est celle de l'indifférence et de l'égoïsme. Elle se déroule dans les années 60, à New-York, dans le Queens. Kat, une jeune femme rentre chez elle à quatre heures du matin. Mais devant sa porte, un inconnu l'attaque violemment à coups de couteau. Elle hurle. Dans la cour de l'immeuble, derrière les fenêtres, des hommes et des femmes l'ont entendu et se sont bien réveillés. Ils s'interrogent tous : que se passe-t-il ? Ils aperçoivent la jeune femme blessée, l'homme qui se sauve. Chacun se rassure en pensant que quelqu'un a du appeler les secours et qu'il est inutile de le faire pour ne pas encombrer inutilement la ligne téléphonique de la police. Et chacun retourne à ses propres soucis du moment, sans plus penser à Kat qui agonise sur le trottoir.

L'auteur nous raconte de façon chronologique cette terrible soirée, à chaque chapitre, comme dans le film « Fenêtre sur cour » d'Hitchcock,  le lecteur se déplace d’appartement en appartement, découvrant peu à peu la vie et les préoccupations diverses de chacun des potentiels témoins et en parallèle, le lecteur suit la terrible agonie de Kat.

Ce livre est à la fois poignant et terrifiant, il dénonce le monde égoïsme et anonyme dans lequel nous vivons et auquel nous participons... Un livre qui fait réfléchir.

Le style est dépouillé, le ton est neutre, l'auteur ne juge pas ces personnages, ce n'est pas nécessaire, les faits suffisent à eux-même. 

Ce même fait divers a inspiré Didier Decoin pour son livre «Est-ce ainsi que les femmes meurent ?» et j'ai très envie de lire prochainement. Le livre de Decoin a été adapté au cinéma en mars 2012 dans le film « 38 témoins » réalisé par Lucas Belvaux.

Extrait :(début du livre)

Ça commence sur un parking.
Le parking se trouve à l’arrière d’un bar sportif, un bâtiment en brique qui a accumulé les blessures et les cicatrices au cours de sa longue histoire. Il s’est fait percuter par des conducteurs en état d’ébriété qui ont passé la marche arrière au lieu de la marche avant, s’est fait taillader par des gens qui ont gravé leurs initiales sur les murs, et prendre d’assaut par des vandales ivres. Un soir, il y a quinze ans, quelqu’un a tenté d’y mettre le feu. Malheureusement pour le pyromane en puissance, la météo avait prévu de la pluie. De sorte que le bar est toujours là.
Il est presque quatre heures du matin – trois heures cinquante-huit –, un moment d’obscurité parfaite où aucun soupçon de lumière ne pointe encore à l’est. Il fait nuit noire.
Le bar est fermé et silencieux.
Seules trois voitures sont garées sur son parking habituellement bondé : une Studebaker de 1957, une Oldsmobile de 1953 et une Ford Galaxie de 1962 à l’aile cabossée. Deux d’entre elles appartiennent à des clients : l’un est un vendeur à domicile qui consacre ses journées à essayer de fourguer des aspirateurs ; l’autre, un chômeur qui passe les siennes à contempler les fissures du plafond de l’appartement dont il n’a pas payé le loyer depuis trois mois. Tous deux ont bu quelques coups de trop plus tôt dans la soirée et ont trouvé un autre moyen de rentrer chez eux – le taxi, sans doute. C’est sûrement le cas du chômeur. Le vendeur s’est peut-être fait raccompagner par un camarade, mais le chômeur, lui, a presque certainement pris un taxi. Quand il vous reste trente dollars et que le montant du loyer c’est quatre-vingts, inutile d’économiser. Buvez jusqu’à l’ivresse et payez-vous un taxi pour rentrer. Si l’on doit toucher le fond, autant prendre plaisir à la chute. C’est quand il vous reste quatre-vingt-sept dollars et que le loyer s’élève à quatre-vingts qu’il faut se restreindre.
Des gobelets en carton et d’autres déchets – journaux, emballages alimentaires – jonchent l’asphalte décoloré par le soleil. Un bref instant, une brise que l’on entend gémir chasse tous ces détritus en travers du macadam fendillé, réorganisant légèrement leur position avant de s’évanouir.
Et c’est alors qu’une jolie fille – une femme, à vrai dire, bien qu’elle ne se sente pas adulte – sort du bar, poussant la porte.
Elle se nomme Katrina – Katrina Marino –, mais presque tout le monde l’appelle Kat. Les seules personnes qui l’appellent encore Katrina sont ses parents, à qui elle parle chaque samedi au téléphone. Ils vivent à près de six cent cinquante kilomètres, mais ça ne les empêche pas de lui taper sur les nerfs, oh non ! Quand vas-tu enfin te montrer raisonnable et quitter cette ville, Katrina ? C’est un dangereux cloaque. Quand vas-tu te trouver un jeune homme bien avec qui te mettre en couple, Katrina ? Une fille de ton âge ne devrait pas être célibataire. Tu es plus près de la trentaine que de tes vingt ans, tu sais. Bientôt, tu n’auras plus cette beauté encore fraîche qui permet de décrocher un homme bien, un docteur ou un avocat, et il faudra que tu te contentes de moins. Tu ne voudrais pas te résoudre à ça, n’est-ce pas, Katrina ?
Une fois sortie, Kat tend le bras en arrière pour palper le mur, à la recherche d’une protubérance.
Elle finit par la sentir, un interrupteur qu’elle pousse vers le bas. Clic. Les fenêtres du bar plongent dans le noir, et la lumière qui débordait sur le parking, blanchissant l’asphalte gris, s’efface.
Kat referme la porte et la verrouille, tournant la poignée une dernière fois pour vérifier, puis rabat le portail en métal – vlan ! – et fixe le cadenas.

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Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 14/8

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18/50 : New York (2)

Challenge New York en littérature

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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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15 décembre 2011

Brooklyn Follies – Paul Auster

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Actes Sud – août 2005 – 400 pages

Actes Sud – février 2007 – 364 pages

Livre de Poche – mars 2008 – 376 pages

traduit de l'américain par Christine Le Bœuf

Titre original : Brooklyn Follies, 2005

Quatrième de couverture :
Nathan Glass a soixante ans. Une longue carrière dans une compagnie d'assurances à Manhattan, un divorce, un cancer en rémission et une certaine solitude qui ne l'empêche pas d'aborder le dernier versant de son existence avec sérénité. Sous le charme de Brooklyn et de ses habitants, il entreprend d'écrire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu'il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps de l'an 2000, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood, perdu de vue depuis longtemps. C'est ensemble qu'ils vont poursuivre leur chemin, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout le rêve d'une vie meilleure à l'hôtel Existence... Un livre sur le désir d'aimer. Un roman chaleureux, où les personnages prennent leur vie en main, choisissent leur destin, vivent le meilleur des choses - mais pour combien de temps, encore, en Amérique ?...

Auteur : Né à Newark, New Jersey le 03 février 1947, figure centrale de la scène culturelle new-yorkaise, Paul Auster commence à écrire des l'âge de 13 ans pour s'imposer vingt plus tard comme une référence de la littérature post-moderne. Diplômé en arts, il se rend à Paris dans les années 1970 où il se plonge dans la littérature européenne et gagne sa vie en traduisant Sartre, Simenon ou Mallarmé. Cette expérience aura une influence considérable sur l'œuvre du jeune écrivain parfois qualifié de 'plus français des écrivains américains'. Son premier ouvrage majeure est une autobiographie, 'L' invention de la solitude', écrite aussitôt après la mort de son père. Devenu célèbre grâce à la fameuse 'Trilogie américaine' et au roman 'Moon Palace', l'écrivain y déploie ses thèmes de prédilections : le rapport en fiction et réalité, la solitude, ou en encore la quête d'identité. Auster écrit également pour le cinéma : on lui doit par exemple l'écriture du scénario de 'Smoke' en 1995 et la réalisation d'un film en 2006, adaptation de son roman 'La Vie intérieure de Martin Frost'. Écrivain aux influences multiples, juives, européennes et bien sûr américaines, Paul Auster a su conquérir le monde entier par on œuvre dense et profonde.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
Voilà un roman optimiste et terriblement humain. Nathan a soixante ans lorsqu'il revient à Brooklyn quartier de son enfance. Il vient « chercher un endroit tranquille pour mourir ». Divorcé, il est tout juste en retraite, il sort d'un cancer en rémission et il s'est lancé comme projet d'écrire le Livre de la folie humaine. Et un jour, il rencontre par hasard son neveu Tom qu'il n'avait pas revu depuis sept ans. Ce dernier, âgé de trente ans, a abandonné ses études de lettre, a perdu sa mère et n'a plus aucune nouvelle de sa sœur. Il est devenu taxi puis il a trouvé un travail dans une librairie à Brooklyn. Nathan et Tom vont unir leurs solitudes et prendre en main leur destin, à travers des rencontres, des rêves à réaliser... Ils vont découvrir des petits bonheurs quotidiens et se construire une vie pleine de promesse et d'espoir.
Paul Auster nous embarque dans cette histoire simple et touchante avec de nombreux personnages attachants. Il dépeint également un New York d'avant l'enfer du 11 septembre, en effet le livre commence début 2000 et se termine à huit heure du matin, le 11 septembre 2011.
J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les vies de Nathan, Tom, Harry, Rachel, Lucy... Un livre peut faire penser à l'esprit de "Ensemble c'est tout" d'Anna Gavalda.

Un grand Merci à Papillon qui m'a offert ce livre lors du Swap in' Follies organisé par Amanda et Manu

Extrait : (début du livre)
Je cherchais un endroit tranquille où mourir. Quelqu’un me conseilla Brooklyn et, dès le lendemain matin, je m’y rendis de Westchester afin de reconnaître le terrain. Il y avait cinquante-six ans que je n’étais pas revenu là et je ne me souvenais de rien. Je n’avais que trois ans lorsque mes parents avaient quitté la ville, et pourtant je m’aperçus que je retournais d’instinct au quartier que nous avions habité, à la manière d’un chien blessé qui se traîne vers le lieu de sa naissance. Un agent immobilier du coin me fit visiter six ou sept appartements dans des maisons de pierre brune et à la fin de l’après-midi j’avais loué un trois-pièces avec jardin dans la Première Rue, non loin de Prospect Park. J’ignorais tout de mes voisins et ça m’était bien égal. Tous travaillaient de neuf à dix-sept heures, aucun n’avait d’enfants et l’immeuble serait donc relativement silencieux. Plus qu’à toute autre chose, c’était à cela que j’aspirais. Une fin silencieuse à ma vie triste et ridicule.

Déjà lu du même auteur :

Seul_dans_le_noir  Seul dans le noir

 Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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Challenge Paul Auster
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Challenge New York en littérature
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Challenge Objectif PAL Swap
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2/10

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11/50 : New York

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25 août 2010

Swap in' Follies... gourmandise

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J'ai enfin trouvé le temps de réaliser la recette du « Cheesecake au citron et à la ricotta » que m'avait envoyée Papillon début juillet à l'occasion du Swap in'Follies.

Voici le résultat en photo :

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Toute la famille s'est régalée après avoir salivée d'envie
car la recette préconisait de mettre le « Cheesecake »
24 heures au réfrigérateur avant de le consommer !

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05 août 2010

Nicole Krauss – L'histoire de l'amour

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Gallimard – août 2006 - 356 pages

Folio – février 2008 – 459 pages

traduit de l’américain par Bernard Hoepffner avec Catherine Goffaux

Prix du meilleur livre étranger 2006

Quatrième de couverture :
A New York, la jeune Alma ne sait comment surmonter la mort de son père. Elle croit trouver la solution dans un livre que sa mère traduit de l'espagnol, et dont l'héroïne porte le même prénom qu'elle. Non loin de là, un très vieil homme se remet à écrire, ressuscitant la Pologne de sa jeunesse, son amour perdu, le fils qui a grandi sans lui. Et au Chili, bien des années plus tôt, un exilé compose un roman. Trois solitaires qu'unit pourtant, à leur insu, le plus intime des liens : un livre unique, L'histoire de l'amour, dont ils vont devoir, chacun à sa manière, écrire la fin. Cet admirable roman, hanté par la Shoah, offre une méditation déchirante sur la mémoire et le deuil. Mais c'est avant tout un hymne à la vie, écrit dans une langue chatoyante et allègre, l'affirmation d'un amour plus fort que la perte, et une célébration, dans la lignée de Borges, des pouvoirs magiques de la littérature. Il impose d'emblée Nicole Krauss comme une romancière de tout premier plan.

Auteur : Poétesse et romancière, Nicole Krauss est née en 1974 à New York. Elle publie en 2002 son premier roman Man Walks Into A Room, puis en 2005 L'histoire de l'amour, son premier livre traduit en français, récompensé par le prix du meilleur livre étranger en 2006. Elle publie fréquemment dans The New Yorker. Elle vit à Brooklyn, New York, avec son mari Jonathan Safran Foer

Mon avis : (lu en août 2010)
"L'histoire de l'amour", c'est le titre d'un manuscrit qui relie trois histoires. Celle de Leopold Gurski, un vieil émigré juif d'origine polonaise de New York, il a échappé à la Shoah et vit dans le souvenir d'Alma, son amour de jeunesse. Celle d'une adolescente de 14 ans, elle essaie de soutenir sa mère après la mort de son père. Un inconnu demande à sa mère de traduire un roman espagnol, « l'histoire de l'amour », dans lequel l'héroïne porte le prénom d'Alma, le prénom que lui ont donné ses parents après avoir lu ce même roman. Enfin, celle de Zvi Litvinoff, polonais exilé au Chili depuis 1941 et qui est l'auteur du roman.
Tour à tour chacun des trois personnages est le narrateur, et petit à petit le lecteur découvre les liens qui relient ces trois histoires.
En tête de chapitres, un petit dessin indique au lecteur qui est le narrateur : un cœur pour Leopold Gurski, une boussole pour la jeune Alma et une livre ouvert pour Zvi Litvinoff.
Dans L'histoire de l'amour, il est question de solitude, de deuils et de rendez-vous manqués. C’est un livre plein de sensibilité qui évoque l’amour des livres, de la lecture, de l’écriture et de l’influence que peut avoir un livre sur nos vie…
Un très beau livre que j’ai dévoré.

Un grand merci à Papillon (Journal d'une lectrice) qui m'a choisi ce livre lors du Swap in' Follies co-organisé par Amanda et Manu.

Extrait : (page 70)
1. MON NOM EST ALMA SINGER
Quand je suis née, ma mère m'a donné le nom de toutes les jeunes femmes qui se trouvaient dans un livre que mon père lui avait offert et qui s'appelait L'histoire de l'amour. A mon frère elle a donné le nom d'Emanuel Chaim, à cause de l'historien juif Emanuel Ringelblum qui avait enterré des bidons de lait remplis d'archives dans le ghetto de Varsovie, du violoncelliste juif Emanuel Feuermann, un des plus grands prodiges musicaux du vingtième siècle, également à cause de l'écrivain juif de génie Isaac Emmanuilovitch Babel et de Chaim, l'oncle de ma mère, un plaisantin, un véritable clown, qui faisait rire tout le monde comme des fous, et qui a été tué par les nazis. Mais mon frère refusait de répondre à ce nom. Quand on lui demandait comment il s'appelait, il inventait quelque chose. Il est passé par quinze ou vingt noms. Pendant un mois il a parlé de lui-même à la troisième personne comme étant Mr. Fruit. Le jour de son sixième anniversaire il a pris son élan et a sauté par une fenêtre du premier étage en essayant de voler. Il s'est cassé un bras et a désormais une cicatrice permanente sur le front, mais plus personne ensuite ne l'a jamais appelé autrement que Bird.

2. CE QUE JE NE SUIS PAS
Mon frère et moi, nous avions un jeu à nous. Je montrais une chaise et je disais : « CECI N'EST PAS UNE CHAISE. » Bird montrait une table. « CECI N'EST PAS UNE TABLE. » Je disais : « CECI N'EST PAS UN PLAFOND. » Nous continuions de la sorte. « IL NE PLEUT PAS DEHORS. » « MA CHAUSSURE N'EST PAS DÉLACÉE ! » hurlait Bird. Je montrais mon coude. « CECI N'EST PAS UNE ÉGRATIGNURE ! » Bird soulevait un genou.  « CECI N'EST PAS UNE ÉGRATIGNURE NON PLUS ! » « CECI N'EST PAS UNE BOUILLOIRE ! » « PAS UNE TASSE ! » « PAS UNE CUILLÈRE ! » « PAS DE LA VAISELLE SALE ! » Nous niions des pièces tout entières, des années, le temps qu'il faisait. Un jour, au plus fort de nos hurlements, Bird a respiré profondément. De toute la puissance de ses poumons, il a glapi : « JE ! N'AI PAS ! ÉTÉ ! MALHEUREUX ! TOUTE ! MA VIE ! » « Mais tu n'as que sept ans », lui ai-je dit.

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01 août 2010

the Visitor

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Réalisé par Thomas McCarthy
Avec Richard Jenkins, Haaz Sleiman, Danai Jekesai Gurira, Hiam Abbass

Grand Prix du Festival de Deauville

Long-métrage américain . Genre : Comédie dramatique
Durée : 01h45min Année de production : 2007
Date de sortie cinéma : 29 octobre 2008 en France
Film déjà disponible en DVD depuis le : 7 mai 2009

Synopsis : Professeur d'économie dans une université du Connecticut, Walter Vale, la soixantaine, a perdu son goût pour l'enseignement et mène désormais une vie routinière. Il tente de combler le vide de son existence en apprenant le piano, mais sans grand succès...
Lorsque l'Université l'envoie à Manhattan pour assister à une conférence, Walter constate qu'un jeune couple s'est installé dans l'appartement qu'il possède là-bas : victimes d'une escroquerie immobilière, Tarek, d'origine syrienne, et sa petite amie sénégalaise Zainab n'ont nulle part ailleurs où aller. D'abord un rien réticent, Walter accepte de laisser les deux jeunes gens habiter avec lui.
Touché par sa gentillesse, Tarek, musicien doué, insiste pour lui apprendre à jouer du djembe. Peu à peu, Walter retrouve une certaine joie de vivre et découvre le milieu des clubs de jazz et des passionnés de percussions. Tandis que les deux hommes deviennent amis, les différences d'âge, de culture et de caractère s'estompent.
Mais lorsque Tarek, immigré clandestin, est arrêté par la police dans le métro, puis menacé d'expulsion, Walter n'a d'autre choix que de tout mettre en oeuvre pour venir en aide à son ami...

 

Réalisateur : Comédien de formation, Thomas McCarthy multiplie les petites apparitions au cinéma et à la télévision. On peut l'apercevoir dans des rôles réguliers pour les séries 'Boston Public' et 'The Wire', ou dans 'Syriana', 'Mémoire de nos pères' ou 'Good Night, and Good Luck'. Il passe à la réalisation en 2003 pour 'The Station Agent', vainqueur du prix du Public à Sundance. McCarthy montre le cercle d'amis d'un nain comme une famille de substitution, et l'humanisme dépeint séduit. C'est dans cette même veine que l'on peut appréhender sa deuxième réalisation 'The Visitor', qui voit la confrontation d'un professeur d'université désabusé avec deux immigrés clandestins qui occupent par erreur son appartement. Auteur prometteur du cinéma indépendant américain, Thomas McCarthy réussit à se départir de sa carrière d'acteur pour bâtir une œuvre en parallèle.

Mon avis : (vu en juillet 2010)
J'ai beaucoup aimé ce film qui raconte l'histoire d'un homme qui retrouve goût à la vie, grâce à une rencontre inédite. Walter Vale est âgé de soixante ans, il est professeur d'économie dans une université du Connecticut, mais il a perdu le goût de l'enseignement. Son Université l'envoie à New-York pour une conférence et lorsqu'il arrive dans son appartement new-yorkais, Walter découvre qu'il est déjà occupé par deux étudiants étrangers clandestins victimes d'une arnaque immobilière. Au début, il leur demande de partir puis finalement les laissent habiter chez lui. Ce jeune couple dynamique Tarek et Zainab va mettre de la joie dans la vie de Walter. Tarek va lui donner des cours de djembé. Une belle histoire d'amitié va naître et lorsque Tarek sera arrêté par la police dans le métro,Walter va se démener face à l'administration américaine pour l'aider. Ce film aborde le thème de l'immigration et nous donne une vision des États-Unis après le 11 septembre 2001. Ce film est bouleversant et les personnages sont terriblement attachants et les acteurs jouent avec beaucoup de justesse. La ville de New-York est également très présente dans le film.

Un grand merci à Papillon (Journal d'une lectrice) pour l'envoi de ce DVD lors du Swap in' Follies co-organisé par Amanda et Manu.

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03 juillet 2010

Swap in' Follies

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Au mois de Mai, je me suis incrite au Swap in' Follies co-organisé par Amanda et Manu.
Ce Swap nous invitait à découvrir New-York à travers un film, un livre, un objet, une gourmandise...
Pour ma part, je n'ai jamais eu l'occasion d'aller à New-York et ce swap a été l'occasion de découvrir cette ville « virtuellement » et de rallonger encore plus ma LAL et ma liste de film à voir...

Quelle bonne surprise, après cette matinée pluvieuse et rafraîchissante de découvrir, dans la boîte aux lettres dégoulinante, un paquet qui venait d'arriver !
J'avoue je l'attendais un peu... Mais malgré cela une certaine excitation monte au moment où l'on découvre SON colis ! Vite l'appareil photo, un coin tranquille et on savoure l'ouverture de toutes ses surprises...
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Dès le début, sur le paquet, la couleur est annoncée... IcoeurNYC

Et cela se précise avec le message suivant : « Embarquement immédiat ! Swap'in follies Airlines. Bon voyage ! Have fun from Papillon (Journal d'une lectrice) »
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Et je poursuis l'ouverture du paquet...
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Voici une enveloppe « A ouvrir en dernier », j'obéis et je continue et surprise !
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Voilà des « chips » d'emballage originales !

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Et le déballage continue, un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept paquets ! Je suis vraiment bien gâtée !

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Des photos prises par Papillon lors d'un voyage à New-York illustrent chacun des paquets.

Vite, j'ouvre les sept paquets dans l'ordre de découverte, voilà le résultat :
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et en détail :
(en cliquant sur les photos de cet article, vous pourrez agrandir les photos...)

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un « Notebook » typiquement newyorkais
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deux livres :
L'histoire de l'amour de Nicole Krauss
Brooklyn Follies de Paul Auster
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deux gourmandises :
la première est un cheesecake au citron et à la ricotta « virtuelle »,
la deuxième, un pot de beurre de cacahuète
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un DVD : the Visitor qui n'était pas sur ma liste mais que j'ai hâte de découvrir !
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Et pour terminer, 3 superbes marque-pages que je ne me lasse pas d'admirer et qui vont étoffer ma petite collection...

Oh ! j'allais oublier l'enveloppe « A ouvrir en dernier » avec une jolie carte...
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Un TRES GRAND MERCI à Papillon (Journal d'une lectrice) pour toutes ses surprises ! Je n'oublie pas également Manu et Amanda pour l'organisation parfaite de Swap in' Follies.

Pour ma part, j'avais préparé et envoyé un colis à Mango

(en cliquant sur les photos de cet article, vous pourrez agrandir les photos...)

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