22 février 2012

Le Vol des cigognes – Jean-Christophe Grangé

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Albin Michel – octobre 1994 – 379 pages

Albin Michel – juin 1998 – 380 pages

France Loisirs – janvier 1999 -

Livre de Poche – janvier 1999 – 377 pages

Albin Michel – juin 1999 – 384 pages

Audiolib – mars 2010 – 2 CD mp3

Quatrième de couverture : 
Un ornithologue suisse est trouvé mort d'une crise cardiaque... dans un nid de cigognes. Malgré cette disparition, Louis, l'étudiant qu'il avait engagé, décide d'assumer seul la mission prévue : suivre la migration des cigognes jusqu'en Afrique, afin de découvrir pourquoi nombre d'entre elles ont disparu la saison précédente...Parmi les Tsiganes de Bulgarie, dans les territoires occupés par Israël, puis en Afrique, Louis court d'énigme en énigme et d'horreur en horreur : observateurs d'oiseaux massacrés, cadavres d'enfants mutilés dans un laboratoire... Les souvenirs confus de son propre passé - ses mains portent des cicatrices de brûlures depuis un mystérieux accident - se mêlent bientôt à l'enquête.
Et c'est au coeur de l'Inde, à Calcutta, que surgira l'effroyable vérité...
Suspense, imagination, vérité documentaire : ce thriller captivant, véritable coup de maître, est le premier roman de l'auteur du best-seller Les Rivières pourpres.

Auteur : Né à Paris en 1961, après une maîtrise de lettres à la Sorbonne, Jean-Christophe Grangé devient rédacteur publicitaire, puis travaille pour une agence de presse. A partir de 1989, il parcourt le globe pour réaliser ses premiers reportages, travaillant pour des journaux et magazines variés et internationaux, parmi lesquels Paris Match ou le Sunday Times. Devenu journaliste free-lance, il fonde sa propre agence, L & G, et finance lui-même ses expéditions aux quatre coins du monde. Ces reportages lui permettent de récolter au passage les plus importantes consécrations de la profession, le prix Reuter et le prix World Press. En 1994, Jean-Christophe Grangé entame sa carrière littéraire avec 'Le Vol des cigognes' et enchaîne en 1998 avec 'Les Rivières pourpres', qui connaîtra cette fois un large succès et lui assurera la célébrité. En 2000, paraît 'Le Concile de Pierre', qui fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2006. Traduits en 18 langues, les romans de celui que l'on surnomme le 'Stephen King français' se sont déjà vendus à plus d'un million d'exemplaires. En 2003, il publie 'L'Empire des loups'. Il est à l'origine du scénario de 'Vidocq' et des textes de la bande dessinée 'La Malédiction de Zener', de Philippe Adamov. Il est également à l'origine d'une trilogie sur la 'compréhension du mal sous toutes ses formes', entamée avec 'La Ligne noire' en 2004. Jean-Christophe Grangé, auteur prolifique, semble avoir trouvé la clé du succès.

Mon avis : (lu en 1997 et écouté et relu en février 2012)
C'est avec ce livre que j'ai découvert Jean-Christophe Grangé il y a quinze ans. J'en gardais un très bon souvenir que cette relecture n'a pas démenti.
Max Böhm, un ornithologue suisse, est retrouvé mort d'une crise cardiaque dans un nid de cigognes. Il avait engagé Louis, un étudiant pour enquêter sur la migration des cigognes jusqu'en Afrique. En effet, l'année précédente un certain nombre de cigognes ont disparu. Max Böhm voulait en comprendre la raison. Max est mort, Louis décide malgré tout de mener l'enquête, il part donc suivre le chemin des cigognes depuis la Suisse en passant par la Bulgarie, Israël puis la Centrafrique. Une dangereuse aventure commence pour lui, il n'est pas au bout de ses surprises...
C'est un très bon thriller captivant, avec beaucoup de rythme et de nombreux rebondissements.
Ce premier roman de Jean-Christophe Grangé est très efficace, l'auteur a su allier parfaitement la violence, le suspense et la psychologie des personnages. Un thriller incontournable.  

Extrait : extrait audio du 1er chapitre


Déjà lu du même auteur :

Miserere Miserere

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 12/8

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Animal"


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28 janvier 2012

Le Poète de Gaza - Yishaï Sarid

Challenge Destination Israël :
proposé par evertkhorus

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le_po_te_de_Gaza Actes Sud – janvier 2011 – 250 pages

traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz

Titre original : Limassol, 2009

Grand Prix de Littérature Policière 2011

Quatrième de couverture :
Un agent important des services secrets israéliens spécialisé dans la mise en échec des attentats suicide se voit confier une mission particulière. Il doit entrer en contact avec Dafna, une romancière israélienne, en se faisant passer pour un jeune auteur en quête de conseils. Il nouera progressivement des liens d’amitié avec elle et lui proposera d’exfiltrer de Gaza son ami Hani, un poète palestinien atteint d’un cancer en phase terminale, afin de le faire soigner en Israël. Sa cible : le fils de Hani, chef d’un dangereux réseau terroriste.
Mais à mesure qu’il pénètre les vies de Dafna et de Hani, le mur de ses certitudes s’effrite. Les deux écrivains rallument en lui des sentiments étouffés par des années d’interrogatoires musclés, de tortures et d’assassinats. Il poursuit néanmoins sa mission, tenu par un sens du devoir et des réflexes de soldat profondément enracinés. Mais pour combien de temps encore ?
Thriller captivant, Le Poète de Gaza est une véritable opération à cœur ouvert sur la société israélienne. Sans anesthésie et sans concession.

Auteur : Yishaï Sarid est né en 1965 à Tel-Aviv. Il est le fils du député de gauche et infatigable militant pour la paix, Yossi Sarid. Après avoir étudié le droit à Jérusalem et à Harvard. il devient procureur. Le Poète de Gaza, son deuxième roman, a été largement salué par la presse de son pays.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
C'est trop réducteur de définir ce livre comme un thriller, un polar ou un livre d'espionnage. C'est surtout une réflexion sur la société israélienne.
Le narrateur (il n'a pas de nom ou de prénom) est agent des services secrets israéliens spécialisé dans la prévention des attentats. A la suite de dérapages lors d’interrogatoires trop musclés, sa hiérarchie lui donne une mission qui l’éloignera des sous-sols des services secrets de Tel-Aviv.
Il doit rencontrer Dafna, auteur Israélienne pour ensuite entrer en contact avec le poète Palestinien Hani. Ce dernier est très malade, il vit à Gaza mais ce n’est pas lui directement qui intéressent les services secrets...
Le narrateur prend donc comme couverture, celle d'un futur auteur qui cherche des conseils pour apprendre à écrire un livre. Il prend donc rendez-vous avec Dafna. Et petit à petit, il entre dans sa vie, il sait l'écouter puis il va lui proposer un marché...

Les différents personnages de ce livre sont d'origine diverses, de milieux différents et leurs interactions entre confrontation et manipulation sont vraiment bien trouvées. Dafna, Hani, le fils de Dafna et le narrateur sont vraiment très attachants.
Le lecteur assiste aux hésitations et aux doutes que cet agent peut avoir autour de ce métier si prenant. Car en parallèle, le narrateur a également une vie privée avec une femme et un enfant...
Ce livre se lit vraiment facilement et il m'a permis de mieux découvrir Israël aujourd'hui et certains aspects du conflit entre Israël et la Palestine.

Extrait : (début du livre)
Je suis resté encore un instant dans la voiture. Non seulement pour bien m’imprégner de sa photo, mais aussi pour écouter jusqu’au bout Here Comes the Sun. George Harrison ne passe pas souvent à la radio et en plus on entend rarement d’aussi bonnes chansons le matin. Me familiariser avec le visage de la personne avant de la rencontrer pour la première fois m’a toujours semblé important. Ne pas être surpris. Elle était très belle sur ce vieux cliché : cheveux attachés, front intelligent, elle me souriait au milieu d’un groupe d’intellectuels dont la notoriété n’était plus à faire.
Une matinée de fin juillet. La rue baignait dans ce calme qui gagne les villes pendant les grandes vacances, les chats escaladaient les bennes à ordures pour en tirer leur pitance, deux jeunes garçons marchaient sur l’avenue bordée de tamaris en direction de la plage avec aux lèvres des rires légers et sous le bras des planches de surf.
Au téléphone, elle m’avait dit qu’elle habitait au troisième étage. Certaines boîtes aux lettres disparaissaient sous plusieurs couches d’autocollants, souvenirs de jeunes locataires venus puis repartis, d’autres affichaient encore le nom en lettres latines de gens qui n’étaient plus de ce monde. L’immeuble était mal entretenu, sur les murs l’enduit s’écaillait et les longues fenêtres étroites de la cage d’escalier étaient, comme dans un couvent abandonné, opacifiées par la saleté.
Dafna ouvrit la porte pieds nus, les cheveux attachés, le regard particulièrement pénétrant. Voilà ce que j’ai capté au premier abord.
Elle m’a accueilli par un : “Je suis au téléphone, entrez.” J’ai saisi quelques bribes de sa conversation, un rire bref, des propos concrets. “Bon, je dois raccrocher maintenant, on m’attend.”
J’en ai profité pour examiner son salon : deux canapés confortables style années 1970, une grande fenêtre qui donnait sur la cime d’un ficus, une petite télévision, sur les murs quelques œuvres d’art intéressantes mais que je n’ai pas eu le temps de voir de près. L’appartement, inondé de lumière, donnait sur une cour intérieure, alors que, moi, étrangement, je m’attendais à me retrouver dans un endroit sombre… Son appel, “Venez par ici, on va s’asseoir dans la cuisine”, a coupé court àtoutes mes conjectures.
Sur la table ronde recouverte d’une nappe multicolore de fabrication artisanale, il y avait une pile de feuillets et un grand plat contenant des pêches en train de mûrir. Une radio diffusait discrètement de la musique, peut-être du Chopin, peut-être un compositeur que je ne connaissais pas.
“Pourquoi venez-vous me voir ? commença-t-elle d’une voix étonnamment jeune.
— On vous a recommandée à moi comme étant la personne qui pourrait m’aider. Je veux apprendre à écrire.
— A quel point est-ce important pour vous ? Êtes-vous prêt à y consacrer du temps ?” Elle parlait d’un ton calme, une esquisse de sourire sur les lèvres, et elle s’est assise sur la chaise en repliant une jambe sous ses fesses. C’est à ce moment-là que j’ai remarqué qu’elle portait un pantalon souple et très ample.

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Métier" et "Géographie" 

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Soudain dans la forêt profonde – Amos Oz

Challenge Destination Israël :
proposé par evertkhorus

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Gallimard – septembre 2006 – 117 pages

Folio – février 2008 – 126 pages

Gallimard-Jeunesse - mars 2008 – 95 pages

Folio Plus – septembre 2010 – 177 pages

traduit de l'hébreu par Sylvie Cohen

Titre original : פתאום בעומק היער, 2005

Quatrième de couverture : 
Un village au bout du monde, triste et gris, encerclé par des forêts épaisses et sombres. Un village maudit : toutes les bêtes, tous les oiseaux et même les poissons de la rivière l'ont déserté. Depuis, ses habitants se barricadent chez eux dès la nuit tombée, terrorisés par la créature mystérieuse nommée Nehi, et interdisent aux enfants de pénétrer dans la forêt. Mais surtout, ils gardent le silence. Personne ne veut se souvenir des animaux ni évoquer la vie d'avant. Seule Emanuela, l'institutrice du village, tente d'enseigner aux élèves à quoi ressemblaient ces animaux disparus. Deux enfants de sa classe, Matti et Maya, décident alors d'élucider le mystère et s'aventurent dans la forêt en dépit de l'interdit... Soudain dans la forêt profonde est un conte pour enfants et adultes. Au carrefour de la tradition biblique, du folklore yiddish et du conte européen, il nous offre une magnifique parabole sur la tolérance.

Auteur : Amos Oz, (hébreu : עמוס עוז), né Amos Klausner (Jérusalem, 4 mai 1939), est un écrivain,romancier et journaliste israélien. Il est également professeur de littérature à l'Université Ben Gourion de Beer-Sheva. Amos Oz est le cofondateur du mouvement La paix maintenant et l'un des partisans les plus fervents de la solution d'un double État au conflit israélo-palestinien.  

Mon avis : (lu en décembre 2006 et relu en janvier 2012)
J'ai relu ce livre en partie en Audio livre et en livre papier... En effet, j'ai du mal même pour un livre court à profiter des Audio livres car je m'endors rapidement ou alors je perds le fil de l'histoire car si mon esprit s'évade ma lecture ne s'interrompt pas... Donc après avoir commencé à relire ce livre en audio, j'ai été obligé de reprendre le livre papier pour le terminer.
Quelque part dans une vallée profonde il y a un village plein de tristesse. Un village qui a été abandonné par tous les animaux. Plus d’oiseaux, plus de poissons, plus de vaches, plus de chiens… C'est la faute du mystérieux monstre Nehi. On raconte, que dès la nuit tombée, il vient prendre rôder autour du village pour enlever ceux qui sont dehors. Dès que la nuit tombe, tous se barricadent chez eux. Les enfants ont été mis en garde mais seule leur institutrice Emmanuela leur parle des animaux, leurs montre des photos... Le mystère étant si grand, un jour deux enfants Matti et Maya décident d'aller voir par eux-même ce qu'ils se passent dans la forêt...

Ce livre est un conte pour adultes et grands enfants qui nous amène à réfléchir sur les thèmes de la différence et de la tolérance. Il faut le lire plusieurs fois pour en explorer tout son contenu.

Extrait : (début du livre)
Emanuela l'institutrice leur parla de l'ours, de la respiration des poissons et du cri de la hyène, la nuit. Elle accrocha aussi des photos d'animaux et d'oiseaux aux murs de la classe. La plupart des enfants se moquèrent d'elle parce qu'ils n'en avaient jamais vu de leur vie. Ils ne croyaient pas vraiment à l'existence d'autres créatures vivantes. En tout cas, il n'y en avait pas dans les parages. Et comme, en plus, la maîtresse n'avait pas réussi à se trouver un mari, on pensait qu'elle avait une araignée au plafond et des idées farfelues plein la tête, comme tous les solitaires.
Le petit Nimi fut le seul qui se prit à rêver d'animaux à cause des histoires de l'institutrice. Toute la classe se gaussa quand, le lendemain matin, il raconta que ses chaussures marron, posées comme d'habitude au pied de son lit, s'étaient métamorphosées en hérissons et avaient passé la nuit à gambader dans sa chambre pour redevenir de simples souliers, retrouvés sous son lit à son réveil. Une autre fois, c'étaient des chauves-souris noires qui étaient venues le chercher au milieu de la nuit et l'avaient transporté sur leurs ailes dans le ciel, au-dessus du village, des montagnes et des forêts, jusqu'à un château enchanté.
Nimi était dans la lune et perpétuellement enrhumé. En plus, il avait les dents d'en haut écartées et proéminentes. Les autres appelaient cet interstice «bouche d'égout».
En arrivant en classe, le matin, Nimi s'empressait de raconter son nouveau rêve et, chaque fois, on lui disait : «Arrête, il y en a marre, ferme un peu ta bouche d'égout.» Et, comme il persévérait, on s'ingéniait à le ridiculiser. Mais, au lieu de se vexer, il en rajoutait. Il reniflait, avalait sa morve et, débordant de joie, il s'affublait des sobriquets humiliants qu'on lui donnait : «bouche d'égout», «cauchemar ambulant», «godasse-hérisson».
Assise derrière lui en classe, Maya, la fille de Lilia la boulangère, ne manquait pas de lui chuchoter à l'oreille : «Écoute, Nimi, tu peux rêver de ce que tu veux, d'animaux, de filles ou de je ne sais quoi, mais tu ferais bien de te taire. Ça vaudrait mieux pour toi.»
Matti lui avait dit : «Tu ne comprends pas. Nimi ne rêve que pour en parler. Et il rêve encore quand il se réveille, le matin.»
Un rien l'amusait, Nimi, il s'enthousiasmait pour n'importe quoi : une tasse fêlée dans la cuisine, la pleine lune, le collier de la maîtresse, Emanuela, ses dents saillantes, les boutons qu'il oubliait d'attacher, le mugissement du vent dans la forêt, il riait pour un oui ou pour un non. Tout prétexte était bon pour faire le fou.
Jusqu'au jour où il quitta l'école et le village pour se sauver dans la forêt. On se lança à sa recherche durant deux ou trois jours. Les veilleurs de nuit battirent la campagne pendant une semaine, voire une dizaine de jours. Enfin, seuls ses parents et sa sœur s'acharnèrent à le retrouver.
Il reparut au bout de trois semaines, amaigri, sale, égratigné et contusionné de partout, mais hennissant d'allégresse. Dès lors, le petit Nimi ne cessa de hennir et ne parla plus jamais : depuis son retour de la forêt, il ne disait plus un mot et errait dans les rues du village, pieds nus, en loques, la goutte au nez, exhibant ses dents écartées, galopant dans les cours, grimpant aux arbres et aux poteaux sans s'arrêter de hennir, l'oeil droit larmoyant à cause d'une allergie.
Il lui était impossible de retourner à l'école à cause de sa hennite, sa nouvelle maladie. À la fin de la classe, les enfants le singeaient pour l'entendre hennir. Ils le surnommèrent «Nimi le poulain». Le médecin espérait que cela passerait avec le temps : là-bas, dans la forêt, il avait dû voir quelque chose qui l'avait effrayé ou choqué et, depuis, il avait la maladie du hennissement.
«On devrait peut-être faire quelque chose pour l'aider, suggéra Maya à Matti.
- Laisse tomber. Ils finiront bien par se fatiguer et lui ficher la paix. On l'oubliera.»

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Végétal"


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26 mars 2011

L’attentat – Yasmina Khadra

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Juillard – juillet 2005 – 268 pages

Pocket – juin 2006 – 245 pages

Pocket – janvier 2011 – 245 pages

Prix des libraires 2006

Quatrième de couverture :
Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. A l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds : il s'agit de sa propre femme. Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel ? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...

Auteur : Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, est né en 1955 dans le Sahara algérien. Écrivain de langue française, son oeuvre est connue et saluée dans le monde entier. La trilogie Les hirondelles de Kaboul, L'attentat et Les sirènes de Bagdad, consacrée au conflit entre Orient et Occident, a largement contribué à la renommée de cet auteur majeur. La plupart de ses romans, dont A quoi rêvent les loups, L'écrivain, L'imposture des mots, et Cousine K, sont traduits dans 40 langues.

Mon avis : (lu en mars 2011)
Ayant déjà lu Les sirènes de Bagdad et les hirondelles de Kaboul avant d’avoir mon blog, je voulais depuis longtemps lire L'attentat qui complète la trilogie de Yasmina Khadra consacrée au conflit entre l’Orient et l’Occident. Le Rendez-vous mensuel de Pimprenelle autour de cet auteur m’a permis de découvrir ce livre dont j’avais beaucoup entendu parlé.
L’histoire se passe en Israël. Amine Jaafari est un chirurgien israélien d’origine palestinienne. Il est bien intégré en Israël et vit heureux avec sa femme, Sihem. Un jour, un attentat suicide a lieu dans un restaurant bondé de Tel-Aviv, proche de l’hôpital où Amine travaille. Il va passer sa journée à opérer les nombreuses victimes de l'attentat. De retour chez lui pour se reposer, au milieu de la nuit, on le rappelle à l'hôpital. Son ami Naveed, policier, lui annonce alors que le kamikaze était sa femme. C’est un grand choc pour Amine, au début il n’y croit pas, il pense qu’elle est seulement une victime. Mais il reçoit une lettre que sa femme lui a postée la veille de l’Attentat et il découvre que sa femme n’était pas celle qu’il croyait. Avec ce geste, sa femme a complètement bouleversé la vie d’Amine. Et le lecteur va Amine dans sa quête entre Jérusalem, Bethléem, Janin et Tel-Aviv qui veut comprendre Pourquoi ? Pourquoi Sihem s'est-elle fait exploser dans un restaurant rempli d'enfants ? Pourquoi ne lui a-t-elle rien dit ? Et comment lui, Amine, n'a rien vu venir ?

Ce livre nous permet de découvrir peu à peu les coulisses du terrorisme, Amine est très touchant et bouleversant. L’écriture est très précise, des phrases courtes percutantes, des descriptions fouillées très visuelles, comme au cinéma. L'auteur a su traiter ce sujet difficile avec beaucoup de pudeur.
J’avais beaucoup aimé Les sirènes de Bagdad et les hirondelles de Kaboul, pour L’attentat j'ai exactement le même avis. Superbe.

Extrait : (page 35)
Je me sens me désintégrer... Quelqu' un me saisit par le coude pour m'empêcher de m'écrouler. L'espace d'une fraction de seconde, l'ensemble de mes repères se volatilise. Je ne sais plus où j'en suis, ne reconnais même plus les murs qui ont abrité ma longue carrière de chirurgien... La main qui me retient m'aide à avancer dans un couloir évanescent. La blancheur de la lumière me cisaille le cerveau. J'ai l'impression de progresser sur un nuage, que mes pieds s'enfoncent dans le sol. Je débouche sur la morgue comme un supplicié sur l'échafaud. L'autel est recouvert d'un drap maculé de sang... Sous le drap maculé de sang, on devine des restes humains...
J’ai soudain peur des regards qui se retournent vers moi.
Mes prières résonnent à travers mon être telle une rumeur souterraine.
Le médecin attend que je récupère un peu de ma lucidité pour tendre la main vers le drap, guettant un signe de la brute de tout à l’heure pour le retirer.
L’officier secoue le menton.
- Mon Dieu ! m’écrié-je.

J’ai vu des corps mutilés dans ma vie, j’en ai raccommodé des dizaines ; certains étaient tellement abîmés qu’il était impossible de les identifier, mes les membres déchiquetés qui me font face, là sur la table, dépassent l’entendement. C’est l’horreur dans sa laideur absolue… Seule la tête de Sihem, étrangement épargnée par les dégâts qui ont ravagé le reste de son corps, émerge du lot, les yeux clos, la bouche ouverte, les traits apaisés, comme délivrés de leurs angoisses… On dirait qu’elle dort tranquillement, qu’elle va soudain ouvrir les yeux et me sourire.
Cette fois, mes jambes fléchissent, et ni la main inconnue ni celle de Naveed ne parviennent à me rattraper.

Déjà lu du même auteur : Les_sir_nes_de_Bagdad Les Sirènes de Bagdad

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15 août 2009

Quelqu'un avec qui courir - David Grossman

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traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech

Seuil – avril 2003 – 400 pages

Points – mars 2005 – 392 pages

Présentation de l'éditeur
Assaf, jeune adolescent de seize ans, obtient un job d'été à la mairie de Jérusalem : on lui confie la tâche de retrouver le propriétaire d’un chien égaré. C’est au bout d’une laisse tirée par cet animal qui renifle des pistes qu’Assaf sera entraîné dans une aventure initiatique dont Tamar, une autre adolescente, est la figure centrale. Autour de cette jeune fille mystérieusement disparue, gravitent une nonne grecque enfermée depuis cinquante ans dans un monastère, une patronne de restaurant chic, le directeur mafieux d’un centre pour jeunes drogués, et la ville de Jérusalem dont les dédales abritent des adolescents à la dérive, de redoutables dealers, un imprésario tyrannique. Sous les apparences d’un roman pour la jeunesse, David Grossman brouille les pistes et nous offre un roman d’apprentissage qui tient du récit chevaleresque et du conte de fées. Assaf et Tamar alias Tamino et Pamina, nous entraînent dans leur sillage jusqu’à la dernière ligne de cette aventure menée à un rythme endiablé pour le plus grand plaisir du conteur et de son auditoire.

Auteur : David Grossman, né à Jérusalem en 1954 est considéré comme l'écrivain israélien le plus doué de sa génération. Il est l'auteur de plusieurs romans, dont Le Sourire de l’agneau, Voir ci-dessous : Amour, Le Livre de la grammaire intérieure, L’Enfant zigzag, Tu seras mon couteau, Quelqu'un avec qui courir, d'essais politiques courageux, Le Vent jaune, Les Exilés de la Terre promise, d'un recueil d'articles, Chroniques d'une paix différée, et d’une dizaine de livres pour la jeunesse. Traduits dans plus de vingt langues, ces ouvrages ont été distingués par de nombreux prix. David Grossman vit à Jérusalem.

Mon avis : (lu en août 2009)

On suit deux histoires en parallèle : d’une par celle d’Assaf, adolescent de 16 ans, qui a comme mission de retrouver le propriétaire d’un chien égaré. Pour cela, il doit suivre le chien qui va lui faire traverser tous les quartiers de Jérusalem, il découvre une ville en crise : le monde de la drogue, de la violence et de la misère, il va faire des rencontres étonnantes. D’autre part, celle de Tamar, elle-même adolescente, qui est prête à tout quitter sa famille, ses amis, sa chienne Dinka pour vivre dans la rue et sortir son frère de l’enfer de la drogue. La musique fait également partie intégrante de ce livre. En premier lieu, chacun des chapitres est le titre d'une chanson de Jean-Jacques Goldman (Long is the Road, Quand la musique est bonne, Rapt, Peur de rien blues, Pour que tu m'aimes encore) ou Elvis Presley (You're an Angel in Disguise) pour le dernier chapitre. Et pour survivre dans la rue, Tamar va chanter avec beaucoup de talent. L’histoire est touchante et pleine de suspens, les personnages de Assaf et Tamar sont attachants. A découvrir !

Extrait : (page 75)

«En imagination, elle avait un courage sans bornes. Sa voix se déployait dans la rue, emplissait tout l'espace, imprégnait les gens comme une substance adoucissante, purifiante ; en imagination, elle choisissait de chanter un registre suraigu pour les surprendre d'emblée par la hauteur du son, puis s 'abandonner sans vergogne à cette ivresse narcissique qui la plongeait dans un léger brouillard, un vertige de plaisir qui la faisait décoller du plus profond d'elle-même jusqu'à des hauteurs vertigineuses. Mais elle avait fini par choisir Suzanne à cause de la voix chaude, désarmée et triste de Leonard Cohen, et parce qu'il lui serait plus facile, du moins au début, de chanter dans une langue étrangère.

Mais très vite la voix se casse : elle a attaqué trop faiblement, avec hésitation. Pourtant, dans son plan si élaboré, le chant était la seule chose dont elle était sûre. Mais c'était plus difficile qu'elle ne l'avait imaginé. Chanter dans la rue c'était se montrer jusqu'au fond d'elle-même. Elle fait un effort pour surmonter le trac, mais c'est encore si loin de ses rêves fous, quand la rue retient son souffle dès le premier son, que le laveur de vitres de Burger King interrompt ses tristes mouvements circulaires et le marchand de jus de fruits arrête sa machine en plein beuglement de carotte pressée... (...) Elle règle sa respiration et réprime le vertige qui soudain entraîne sa voix, elle oses lever les yeux, jeter un coup d'œil au petit rassemblement, un dizaine de personnes autour d'elle... (...) Tamar sourit intérieurement, son professeur lui manque, elle gravit pour elle les marches imaginaires depuis la gorge jusqu'à l'oiseau secret au centre du front. »

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30 novembre 2008

Lignes de faille - Nancy Huston

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Actes Sud – août 2006 – 487 pages

Actes Sud – novembre 2007 – 488 pages

Prix Femina 2006

Mot de l 'éditeur : Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n’est le sang. Pourtant, de l’arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente. Porté par la parole d’enfants victimes d’événements qui les dépassent et de choix qui leur échappent – qui les marqueront pourtant toute leur vie –, ce roman se construit à rebours, de fils en père et de fille en mère, comme on suit en remontant le fil de sa mémoire. Quel que soit le dieu vers lequel on se tourne, quelle que soit l’époque où l’on vit, l’homme a toujours le dernier mot, et avec lui la barbarie. C’est contre elle pourtant que s’élève ce roman éblouissant où, avec amour, avec rage, Nancy Huston célèbre la mémoire, la fidélité, la résistance et la musique comme alternatives au mensonge.

Auteur : Née à Calgary (Canada), Nancy Huston vit à Paris. Elle a publié de nombreux romans et essais, parmi lesquels Instruments des ténèbres (1996, prix Goncourt des lycéens et prix du Livre Inter) et L’Empreinte de l’ange (1998, grand prix des lectrices de Elle).

Mon avis : (lu en décembre 2006)

Un roman en quatre parties, quatre voix d'enfants : Sol en 2004 aux Etats-Unis, son père Randall en 1982 en Israël, sa grand-mère Sadie en 1962 au Canada, et son arrière-grand-mère Kristina en 1944 en Allemagne. Chacun ou chacune raconte sa vie, ses angoisses, son monde, sa famille du haut de ses 6 ans et petit à petit se dévoile un secret de famille.

L'originalité réside dans le fait de raconter cette histoire de famille avec le regard d'un enfant de 6 ans. Et... on s'attache à ces enfants et on est impatient de continuer l'histoire.

Extrait :  « Je tiens la main de m'man, sa main est avec moi à New York mais sa tête sillonne encore la planète : sans même nous demander comment on va, elle se met à parler à toute berzingue. Sa voix ne promet rien de bon alors je laisse les mots se produire là-haut, au niveau de la bouche des grandes personnes, pendant que moi je reste près du sol à étudier les milliers de pieds qui courent dans tous les sens. Je pense à ce qui se passerait si une bombe était lâchée sur JFK et que tous ces gens étaient soudain morts ou démembrés en train de patauger dans des flaques de sang. Ma chauve-souris me dit de monter le son des avions bombardiers le plus possible dans ma tête...»

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