26 mars 2017

La fin d'une imposture - Kate O'Riordan

Lu en partenariat avec Folio

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Folio - janvier 2017 - 448 pages

Joëlle Losfeld - février 2016 - 384 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Laetitia Devaux

Titre original : Penance, 2016

Quatrième de couverture :
La veille de Noël, deux policiers frappent à la porte d’une jolie maison située dans une banlieue cossue de Londres. Rosalie est déjà lancée dans les préparatifs de cette fête de famille, comme pour oublier que Luke l’a trompée, lorsque les policiers leur annoncent le décès de leur fils aîné. Des mois de descente aux enfers s’ensuivent pour les parents et Maddie, leur deuxième enfant en pleine adolescence. Une chute qui semble brusquement s’interrompre lorsque mère et fille rencontrent Jed dans un groupe de parole. Jeune homme au charme envoûtant, il sait vite se rendre indispensable à la famille. Mais la vulnérabilité qu’a créée ce deuil n’est-elle pas la porte ouverte à toute forme d’emprise ?

Auteur : Kate O'Riordan est irlandaise, elle vit actuellement à Londres. Romancière, elle a notamment publié Intimes convictions, Une mystérieuse fiancée, Le garçon dans la lune et Pierres de mémoire, tous parus aux Editions Joëlle Losfeld ; elle écrit également pour le théâtre et le cinéma.

Mon avis : (lu en mars 2017)
La veille de Noël, Rosalie Douglas attend avec impatience le retour de Rod, son fils de 19 ans, qui rentre de Thaïlande. Avec Luke, son mari, et Maddie leur fille de 15 ans, ils seront enfin réunis tous les quatre. Depuis six mois, leur couple est en difficulté suite à une infidélité de Luke. Ce soir, c'est l'occasion de réunir la famille. Mais la soirée va tourner au cauchemar... Deux policiers frappent à leur porte pour annoncer le décès de Rod qui s'est noyé en Thaïlande. « A présent, tout était brisé »
Six mois plus tard, c'est Maddie qui va mal, elle s'accuse d'être responsable de la mort de Rod, elle s'est rapprochée d'un gang, elle prend du cannabis et un soir, elle revient à la maison après avoir été agressée, la cuisse blessée de plusieurs coups de couteau... Rosalie et Luke ne savent que faire et c'est Tom, leur ami prêtre, qui encourage Rosalie à participer à une groupe de parole avec Maddie. C'est là qu'elles vont faire connaissance avec Jed Cousins, un jeune homme de 19 ans venu se guérir du deuil de sa grand-mère.
Très vite Maddie est attirée par Jed, il a une beauté fascinante et semble aussi fragile qu'elle. Avec se rapprochement avec Jed, Rosalie entrevoit l'espoir de sauver Maddie de sa culpabilité et de ses idées noires. Elle accepte donc le rapprochement entre Maddie et Jed, elle invite ce dernier dans sa maison.
Petit à petit, le lecteur puis Rosalie découvre le vrai visage de Jed... Il se rend indispensable et s'immisce dans la vie des autres...
Ce roman policier est d'une efficacité redoutable, cela commence comme un drame familiale, puis cela évolue comme un thriller psychologique avec des personnages qui évoluent au fil des pages avant de se conclure comme un thriller haletant.
Jed est fascinant et troublant, Maddie est fragile et perdue, Rosalie tient sa fille à bout de bras et se révèle être plus forte que l'on imaginait...

Merci les éditions  Folio pour ce thriller original et prenant...

Extrait : (début du livre)
Elle n’entendit même pas les coups à la porte. Pourtant, ils avaient dû être forts, puisque Maddie cria depuis l’étage :
« Quelqu’un peut-il aller ouvrir ?
— Ouvrir quoi ? » rétorqua Rosalie dans la cuisine.
Elle avait les doigts recouverts de pâte à pudding, et des verrues s’agglutinaient sur le pied de son verre de vin blanc. All the Young Dudes, de Mott the Hoople, s’échappait à tue-tête des enceintes. Les classiques du rock étaient sa musique préférée pour le pudding de Noël, tout comme la pop ringarde des années quatre-vingt restait son choix de prédilection pour le rôti du dimanche.
« La porte ! appela Maddie. Je suis sûre que quelqu’un a frappé. Je sors de mon bain. »
Vingt-deux heures, un vendredi soir. Le vent soufflait derrière la fenêtre de la cuisine, envoyant des aiguilles de pluie argentée contre la vitre sombre. Sous l’abri au bout du jardin, où Luke était en train de récupérer des bûches pour le feu, brillait une lueur ambrée. Rosalie voyait la queue de leur chien Bruno battre avec régularité. Même lui n’avait pas senti de présence devant la maison. Ils étaient douillettement installés chez eux pour affronter les longues soirées obscures menant à Noël, lesquelles provoquaient toujours un frisson d’excitation chez Rosalie, comme dans son enfance. Elle regarda les enceintes et songea à mettre The Kinks, puis quelques vieux chants de Noël au moment où Maddie descendrait. Elle réussirait peut-être même à faire danser à sa fille une valse dans la cuisine, comme quand elle était petite. La perspective de passer Noël en compagnie de son fils Rob, de retour à la maison, qu’ils soient tous les quatre réunis à table, pourrait peut-être même lui faire envisager ce qu’elle refusait depuis six mois – enfin pardonner à son mari.
La cuisine était emplie de vapeur brûlante et de l’odeur âcre des fruits marinés dans le cognac. Rosalie pensa que Maddie s’était trompée au sujet de la porte. Puis il y eut trois petits coups de grattoir, discrets mais insistants. Le labrador chocolat éructa une série d’aboiements depuis le jardin. Rosalie eut-elle un pressentiment entre la cuisine et l’entrée ? Elle se poserait par la suite des centaines de fois la question. Peut-être était-ce la tentative vaine de revivre un dernier instant ordinaire avant que sa main ne se tende vers la porte. N’importe quel dernier instant normal avant que le battant s’ouvre, et que leur famille soit à jamais bouleversée.
Elle était en uniforme. Lui en civil.
« Non », lâcha Rosalie.
Parce qu’elle sut aussitôt. Elle leva une main, la paume dressée comme pour empêcher leurs paroles de l’atteindre. C’était le dernier instant où elle ne saurait pas. Elle ne connaîtrait plus jamais de moment comparable.
« Mrs Douglas ? Mrs Rosalie Douglas ? » demanda le type en civil d’une voix terriblement compatissante.
Je vous en supplie, ne dites rien, exprima-t-elle avec sa paume, comme par déni.

 

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17 septembre 2015

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air - Darragh McKeon

Lu en partenariat avec Babelio et Belfond

tout ce qui est solide

Belfond - août 2015 - 425 pages

traduit de l'anglais par Carine Chichereau

Titre original : All that is solid melts into air, 2014

Quatrième de couverture : 
Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins. Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture et tente de faire oublier son passé de dissidente. Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s'étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé. Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières lueurs de l'aube, une aube rouge, belle, étrange, inquiétante. Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer. Le monde ne sera plus jamais le même.

Auteur : Né en 1979, Darragh McKeon a grandi dans un village des environs de Dublin. Passionné de théâtre, il dirige une troupe et voyage en Europe au gré des différents engagements de la compagnie. Parallèlement, il entame la rédaction de ce qui deviendra son premier roman. Immédiatement salué par ses pairs, Colum McCann et Colm Tóibín en tête, et par la critique, Tout ce qui est solide se dissout dans l'air révèle un immense talent littéraire.
Darragh McKeon vit aujourd'hui à New York.

Mon avis : (lu en septembre 2015)
Ce livre est une reconstitution de la catastrophe de Tchernobyl à travers les destins croisés de quatre personnages.
Il y a d'abord Evgueni, un enfant prodige de 9 ans, doué pour la musique. Mais à l'école, il est victime de brimades de la part de quelques camarades. Chez lui, pour ne pas fâcher les voisins, il obligé de jouer en silence sur un piano en plastique... Grâce au soutien de sa mère et de sa tante, il prépare son entrée au Conservatoire. 

La tante d'Evgueni, Maria, est une ancienne journaliste dissidente, sa carrière a été brisée, elle est devenue une simple ouvrière dans une usine. 
Grigori, l'ex-mari de Maria, est un chirurgien très compétent, il va faire partie l'équipe médicale envoyée à Pripiat. Les moyens sont ridicules, il reste impuissant face au pouvoir politique du Kremlin qui met tous ses efforts à verrouiller l'information.
Artiom, 13 ans, vit avec sa famille dans une ferme de la campagne biélorusse. Ce matin du 26 avril 1986, c'est la première fois qu'il accompagne son père pour aller chasser, il remarque que l'aspect du ciel à l'aube est inhabituel...  
L'auteur s'est documenté avec beaucoup de précision sur la catastrophe de Tchernobyl, sur la société et le régime de l'URSS à cette époque. En cotoyant ces quatre personnages et leurs proches, le lecteur découvre le déroulement des évènements autour de Tchernobyl : des populations déplacés, des hommes envoyés sans protection pour tenter d'éteindre le réacteur... A Moscou, le discours se veut rassurant, la vie continue...
Cette histoire est captivante et pleine d'enseignement. J'avais 20 ans lorsque le drame est arrivé, à l'Ouest aussi, les informations étaient partielles et erronées... Un livre bouleversant d'où se dégage beaucoup d'humanité.

Merci Babelio et les éditions Belfond pour ce partenariat.

Extrait : 

 Challenge 1%
rl2015
5/6

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Irlande

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08 avril 2014

Un ciel rouge, le matin - Paul Lynch

 Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226256072g Albin Michel - février 2014 - 285 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Marina Boraso

Titre original : Red sky in morning, 2013

Quatrième de couverture : 
Tableau âpre et ténébreux de l’Irlande du XIXe siècle et de sa brutale réalité sociale, Un ciel rouge, le matin possède la puissance d’évocation des paysages du Donegal où il se déroule en partie. Le lyrisme sombre et poétique de Paul Lynch, qui signe là un remarquable premier roman, en exprime la force autant que les nuances, entre ombre et lumière.
Printemps 1832. Coll Coyle, jeune métayer au service d’un puissant propriétaire anglais, apprend qu’il est expulsé avec femme et enfants de la terre qu’il exploite. Ignorant la raison de sa disgrâce, il décide d’aller voir l’héritier de la famille, qui règne désormais en maître. Mais la confrontation tourne au drame : Coll Coyle n’a d’autre choix que de fuir. C’est le début d’une véritable chasse à l’homme, qui va le mener de la péninsule d’Inishowen à Londonderry puis aux États-Unis, en Pennsylvanie. Pleine de rage et d’espoirs déçus, son odyssée tragique parle d’oppression et de vengeance, du lien viscéral qui unit les hommes à leur terre.

Auteur : Paul Lynch est né en 1977 dans le Donegal et vit aujourd'hui à Dublin. Journaliste et critique de cinéma, il écrit régulièrement dans le Sunday Times, l'Irish Daily Mail et l'Irish Times. Un Ciel rouge, le matin est son premier roman, salué comme une révélation par la presse anglo-saxonne.

Mon avis : (lu en avril 2014)
Irlande, plus pécisément, Donegal, printemps 1832. Coll Coyle, un jeune fermier dont la famille est au service du même propriétaire depuis plusieurs générations, apprend que lui, sa femme et son enfant sont expulsés de leur ferme. Incrédule, Coyle veut une explication et il s'adresse au fils du propriétaire et le supplie de ne pas les expulser. Pourtant, la confrontation tourne mal, Hamilton chute de son cheval et se tue. Accusé de meurtre, Coyle doit fuir en abandonnant femme et enfant. Il va avoir à ses trousses Failler homme de main d'Hamilton qui n'a qu'un seul objectif exécuter Coll Coyle et tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins...

A travers cette chasse à l'homme le lecteur découvre l'Irlande déshéritée de la fin du XIXème siècle, les conditions difficiles de la traversée de l'Atlantique en bateau et la construction du chemin de fer avec des ouvriers traités comme des esclaves...
A la violence et la noirceur auxquelles est confronté Coll Coyle s'opposent la beauté et la poésie des descriptions des paysages. La nature est un acteur à part entière de cette histoire. Le lecteur découvrira dans les toutes dernières pages comment tout à commencé et la futilité de l'évènement rend ce récit encore plus sombre.
J'ai beaucoup aimé la beauté du texte, le rythme de l'histoire qui donne envie au lecteur de connaître la conclusion de l'histoire. J'espérais cependant en savoir plus sur la femme et l'enfant restés en Irlande. 

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ce premier roman.

Extrait : (début du livre)
D'abord il n'y a que du noir dans le ciel, et ensuite vient le sang, la brèche de lumière matinale à l'extrémité du monde. Cette rougeur qui se répand fait pâlir la clarté des étoiles, les collines émergent de l'ombre et les nuages prennent consistance. La première averse de la journée descend d'un ciel taci­turne et tire une mélodie de la ­terre. Les arbres se dépouillent de leur vêture d'obscurité, ils s'étirent, leurs doigts feuillus frémissant sous le vent, des flèches de lumière se propagent ici et là, cramoisies puis dorées. La pluie s'arrête, il entend les oiseaux s'éveiller. Ils clignent des yeux en secouant la tête, éparpillent leurs chants à travers le ciel. La vieille terre frissonnante se tourne lentement vers le soleil levant.

 

 Challenge Voisins Voisines 2014
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Irlande

Challenge Petit Bac 2014
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"Couleur" (4)

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Challenge Rentrée Hiver 2014

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27 juin 2013

La Maison des absents - Tana French

 

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2013_06_20_094251 Calmann Lévy - mars 2013 - 512 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par François Thibaux

Titre original : Broken Harbour, 2012

Quatrième de couverture :
Broken Harbour, un lotissement fantôme à quelques encablures de Dublin ; un chantier laissé à l’abandon, où de braves gens ont englouti leurs économies avant que les promoteurs et les banques fassent faillite. 
Autrefois, cette petite ville accueillait l’été les ouvriers dublinois, quand quelques jours au bord de la mer d’Irlande dans une caravane de location suffisaient à faire d’eux des princes. Depuis, le désespoir a grignoté l’air et contaminé les esprits. Dans une maison sur le rivage, Patrick Spain et ses enfants sont morts, sa femme Jenny a été grièvement blessée. 
Or, l’enquête policière n’aboutit pas à une conclusion simple. Si la maison est immaculée, les murs sont percés de trous, on y a dissimulé des caméras partout. La scène du crime ne raconte pas qu’un fait divers tragique. Il y avait bien un mystère, chez les Spain…

Dans ce roman emblématique de l’Irlande actuelle, salué comme son meilleur à ce jour, Tana French déploie tout son art du suspense pour raconter le naufrage d’une famille et d’un pays tout entier.

Auteur : Née aux États-Unis, établie de longue date en Irlande, Tana French a fait une entrée remarquable sur la scène littéraire en 2007 en raflant tous les prix de la littérature policière, dont le Edgar Award, pour son premier roman, La Mort dans les bois. Ses romans suivants, Comme deux gouttes d’eau et Les Lieux infidèles, ont confirmé son immense talent et son succès international.

Mon avis : (lu en juin 2013)
A Broken Harbour, banlieue de Dublin, dans un lotissement encore en partie en chantier, un couple et ses deux enfants ont été agressés dans leur maison. Seule la mère est encore vivante. 
Patrick et Jenny étaient un couple très amoureux et aux petits soins pour leurs deux jeunes enfants, apparemment une famille sans histoire. Ils avaient acheté une belle maison au bord de la mer, dans un quartier de rêve. Tout allait bien, mais avec la crise le promoteur disparaissait laissant le quartier en chantier, Patrick, perdait son travail... Que s'est-t-il passé ? Comment le bonheur de cette famille a-t-il basculé ? Sur fond de réalité sociale avec la crise et le chômage, l'inspecteur Mickey Kennedy et son jeune coéquipier Richie Curran vont mener une enquête pas si simple que cela. Quelques personnages proches du couple sont également suspectés.
Et en parallèle, l'inspecteur Kennedy doit s'occuper de sa jeune sœur instable.
Le lecteur suit avec précision et détails tout le travail de la police du premier jour à la résolution de l'affaire. Une intrigue très bien construite, un vrai suspense, de nombreuses pistes, une analyse fine des personnages et un dénouement implacable. 

Merci à Babelio et aux éditions Calmann Lévy pour cette belle découverte.

 

Extrait : (début du livre)
Disons-le tout net : j'étais l'homme idéal pour cette affaire. Vous seriez sidérés par le nombre de gus qui se seraient débinés en courant s'ils avaient eu le choix. Et le choix, je l'ai eu, du moins au début. Deux collègues m'ont déclaré tout de go : « Plutôt toi que moi, mec. » Cela ne m’a pas perturbé une seconde. J’en ai même eu de la peine pour eux.
Certains ne raffolent pas des enquêtes de hautes volée, dont les enjeux les effaient. Trop d'embrouilles avec les médias, affirment-ils, trop de dégâts si on foire. Ce genre de pessimisme, très peu pour moi. Si l'on consacre son énergie à imaginer les conséquences d'un échec, on est déjà à mi-chemin du désastre. Je me focalise sur les aspects positifs ; et là, du positif, il y en a : même si on prétend être au-dessus de ça, chacun sait que les grandes affaires amènent les grandes promotions. Donnez-moi celles qui feront la une et gardez vos dealers dégommés à coups de canif. Si vous avez peur que ça chauffe, restez flic en tenue.
Certains ne supportent pas la mort de gosses. C'est leur droit. Permettez-moi quand même de poser la question : dans ce cas, que font-ils à la brigade criminelle ? Je suis sûr que le département de la propriété intellectuelle serait ravi d'accueillir leurs culs délicats. J'ai vu des nourrissons réduits en bouillie, des noyés, des filles violées puis massacrées, une décapitation causée par un fusil à pompe qui avait laissé des lambeaux de cervelle sur les murs. Cela ne m'empêche pas de dormir, si le boulot est fait. Quelqu'un doit s'en charger. Si c'est moi, au moins, il sera nickel.

Déjà lu du même auteur :

les_lieux_infid_les Les lieux infidèles

 Challenge Voisins, voisines

 voisins_voisines_2013
Irlande

 Challenge God Save The Livre 
Challenge_anglais

   Challenge Thriller 

challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 48/12

 

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20 septembre 2012

Une seconde vie – Dermot Bolger

une_seconde_vie Éditions Joëlle Losfeld - janvier 2012 - 256 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Marie-Hélène Dumas

Titre original : A Second Life, 2010

Quatrième de couverture :
Sean Blake réchappe de justesse à un accident de voiture à la  suite duquel il a été, pendant quelques secondes, déclaré cliniquement mort. A son réveil, bouleversé, Sean perçoit le 
monde tout à fait différemment, comme s'il débutait une nouvelle existence. Mais ce n'est pas la première fois que Sean voit sa vie modifiée. A six semaines, il a été retiré à sa mère, une jeune fille forcée par la société et l'Eglise de le laisser à l'adoption. Avec le sentiment d'être devenu étranger à sa femme et à ses deux enfants, et très certainement en premier lieu à lui-même, Sean décide de partir à la recherche de cette mère dont il ne sait rien. Avec beaucoup d'émotion et de sensibilité, Dermot Bolger nous entraîne dans une histoire particulière (déjà évoquée au cinéma dans le très émouvant Magdalene Sisters), celle de ces adolescentes irlandaises rompues et humiliées, dont le malheur se répercuta sur les générations futures.

Auteur : Dermot Bolger, né en 1959, est issu de la classe ouvrière du faubourg dublinois de Finglas. Il se consacre à l'écriture depuis 1980, et est considéré comme l'un des pairs de toute une génération d'écrivains irlandais. Un grand nombre de ses ouvrages a été traduit en français, dont Toute la famille sur la jetée du Paradis, paru aux Editions Joëlle Losfeld en 2008.

Mon avis : (lu en septembre 2012)
Dans la Note de l'auteur qui commence le livre, Dermot Bolger nous explique que ce livre est une deuxième version, son premier roman est paru en 1994 et celui-ci a été entièrement réécrit plus de quinze plus tard. Une seconde vie est l'histoire de la recherche d'un passé enfoui : le passé d'un homme, d’une femme et le  passé d'un pays.
Tout commence à Dublin avec un accident de la route et Sean Blake la victime, marié, père de deux jeunes enfants Benedict et Sinéad, survole la scène où il se voit mort. Finalement, Sean revient à la vie mais celle-ci a changé pour lui, cet accident l'a renvoyé à son passé. A l'âge de onze ans, Sean a appris qu'il était un enfant adopté. Devenu adulte, il a tout fait pour l'oublier, en particulier, il n'en a jamais parlé à Géraldine, sa femme.
Au même moment, à Coventry, Elisabeth est réveillé brutalement. Mariée à Jack, mère de trois filles, elle vit depuis plus de trente ans avec un secret. A l'âge de dix-neuf ans, elle a eu un petit garçon qui lui a été retiré à six semaines. Et depuis, il n'y a pas eu un jour où elle n'a pas pensé à son petit garçon. Elisabeth a toujours eu l'espoir de le revoir un jour.
Le thème de fond est donc l'adoption mais également le scandale en Irlande des couvents de la Madeleine. 
On peut diviser le livre en deux parties, dans la première Sean s’interroge sur le trouble qui l’envahi et qui l’empêche de vivre heureux avec sa femme et ses deux enfants. Il revient sur les souvenirs de son enfance et sur les images qu’il a vu durant son expérience de mort éminente. Cette première partie est un peu lente et parfois peu claire comme peut être l’état d’esprit de Sean qui se sent perdu… Doit-il oui ou non retrouver sa mère adoptive ? Comment va-t-elle l’accueillir ? Elle l’a abandonné bébé, peut-être l’a-t-elle complètement oublié ?
Dans la deuxième partie, Sean a pris la décision de partir à la recherche de sa mère et de prendre le risque de se faire rejeter. Il a besoin de comprendre l’histoire de sa mère pour comprendre sa propre histoire et pouvoir avancer dans sa vie. Cette partie est beaucoup plus rythmée et émouvante. Cette partie est bouleversante et Sean et Lizzy sont vraiment très attachants. Une très belle découverte ! 

Extrait : (début du livre)
Celui qui avait repeint l'ambulance avait oublié la bordure supérieure des portières. Vus d'en haut, les sillons écaillés de la carrosserie ressemblaient au lit d'une rivière asséchée. Le dessus du chapeau de l'ambulancier était  tacheté de poussières et de pellicules et, quand il releva la tête de ma poitrine, je vis mon visage tourné vers le ciel, strié de sang. Les deux arbres séculaires qui surplombaient le portail du Jardin botanique avaient perdu leurs feuilles. Pourtant, au milieu de leurs profondeurs, un merle appelait.
Depuis combien de temps ne m'étais-je pas senti aussi serein ? Les insignifiantes tracasseries du début de matinée, le service photo du magazine qui avait téléphoné pour me rappeler les échéances à respecter, mon fils de trois ans, Benedict, qui refusait de manger et se désintéressait petit à petit de ses cadeaux de Noël, me paraissaient lointaines. Seules quelques minutes s'étaient écoulées entre-temps, mais c'était comme si je n'avais plus eu le moindre rapport avec mon ancienne vie. Et, à mon grand étonnement, je n'éprouvais ni douleur physique, ni tristesse, ni impression de perte. Mais j'observais au-dessous de moi la scène de l'accident avec une insouciante désinvolture.
De la mousse obstruait les gouttières de l'immeuble au coin de la rue. Il y avait sur le toit des ardoises cassées qui provoqueraient des dégâts pendant l'hiver. Une jeune étudiante jeta un coup d'oeil à travers les rideaux en dentelle d'une lucarne. Tandis qu'elle se penchait pour observer les voitures bloquées dans les deux sens, je vis les ballons de fête dont elle avait scotché les ficelles sur la vitre et le haut de sa tête encore mouillée de la douche. Les automobilistes qui nous regardaient derrière leur pare-brise semblaient terriblement stressés. Où allaient-ils tous, en ces limbes de Noël et le jour de l'An, quand les bureaux et les usines étaient fermés ? J'étais désolé pour eux, car voici qu'ils se retrouvaient forcés de comtempler mon cadavre. Mais pas pour moi. Je ne ressentais vraiment aucune émotion particulière vis-à-vis de mon corps qui gisait à moitié hors de la voiture broyée, et à moitié dedans. 

 

 Grand_Prix_des_Lectrices_2013
Sélection roman
Jury Octobre

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Irlande

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

 

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26 juillet 2012

Room - Emma Donoghue

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                     jaquette                                                                                   couverture originale

Stock - août 2011 - 408 pages

traduit de l'anglais (Canada) par Virginie Buhl

Titre original : Room, 2011

Quatrième de couverture :
« Room appartient à cette espère si rare, celle des vraies œuvres d’art. Vous dire qu’il ne ressemble à aucun autre livre est pour moi le plus beau des compliments. Il suffit de décrire sa puissance, sa beauté sombre et pleine de révélations. » Michael Cunningham

Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. 
Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance.
 Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir. 
Mais l’enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l’enfant né de la captivité d’une femme ?
Room interroge la capacité de survie qui existe en chacun de nous, tout en célébrant les pouvoir du récit et du langage. Mais l’auteur résume magnifiquement son principal objet de réflexion : « Le drame essentiel de la parentalité : comment l’on passe d’un instant à l’autre du rôle de celui qui console à celui qui persécute, tout comme les enfants passent leur temps à illuminer notre vie et à nous rendre fous. J’ai essayé de saisir cette étrangeté et ce paradoxe. Devenir parent suscite les émotions les plus folles qu’on puisse ressentir. »

Auteur : Emma Donoghue est l’auteur de plusieurs romans, parmi lesquels Room, qui a été dans la shortlist du Booker Prize. Née en 1969 à Dublin, elle vit aujourd’hui au Canada. Elle est la mère de deux enfants.  

 

Mon avis : (lu en juillet 2012)
Cela fait quelques temps que j’ai ce livre dans ma Liste à Lire, en particulier depuis le Salon du Livre de Paris où j’ai eu l’occasion d’assister à une conférence sur le thème Ce qui n'est pas un fait divers est un roman où Emma Donoghue était présente. Elle m’avait donnée envie de découvrir son livre.
Jack est le narrateur de cette histoire, c’est un petit garçon de 5 ans plein d’énergie, intelligent et imaginatif. Depuis sa naissance, il vit seul avec sa Maman dans une petite pièce. Il ne connait rien de Dehors à part ce qu’il voit à la télévision. Ainsi Dora l'exploratrice est devenue sa grande copine. Il donne des noms à tous les objets qui l'entourent, ainsi il s'adresse à Monsieur Lit, Madame Table, Monsieur Tapis. Jack a pris ses habitudes, ses rituels, sa Maman a fait le maximum pour le protéger, l’élever, l’éduquer et bien sûr l’aimer. Puis le jour de la libération arrive et la vie après n’est pas si simple… Pour la maman c’est la joie et le soulagement mais pour Jack c’est à la fois excitant et angoissant.
J’ai mis quelques pages à m’habituer à la façon de parler de Jack et très vite je me suis plongée dans cette histoire sans plus pouvoir lâcher le livre. Emma Donoghue a choisi un sujet difficile mais elle a su parfaitement écrire un livre passionnant et très touchant. Le point de vue de Jack est tour  à tour amusant, bouleversant et émouvant. Un livre fort que je n’oublierai pas et qui ne laisse pas indifférent. 

Site du livre : http://www.roomthebook.com

Autres avis : Leiloona, Clara, Valérie, Enna

Extrait : (page 25)
- Tu sais quoi ? » Elle se relève. « Il faut qu'on inscrive le repère de ta taille maintenant que tu as cinq ans. »
Je saute en l'air, superhaut.
D'habitude, j'ai pas le droit de dessiner nulle part dans la Chambre ni sur ses mobiliers. Quand j'avais 2 ans, j'ai gribouillé sur le pied de Monsieur Lit, celui qui est contre Petit Dressing, alors quand on fait le ménage, Maman tapote le gribouillis et dit : « Regarde, on doit vivre avec ça pour toujours. » Mais la taille, c'est pas pareil. Il y a des tout-tout petits chiffres à côté de Madame Porte, un 4 noir, un 3 noir et en dessous un 2 rouge qui était la couleur de Petit Stylo, avant, sauf qu'après il marchait plus. Et tout en bas, on voit un 1 rouge.
« Tiens-toi bien droit », dit maman. Le stylo me chatouille en haut de la tête.
Quand je m'écarte, il y a un 5 noir juste un peu au-dessus du 4. Le 5 c'est mon chiffre plus préféré parce que j'ai cinq doigts à chaque main et aussi aux pieds, comme Maman : on est pareils tout crachés. 

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Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
48/49 
 

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18 mars 2012

La Nuit des corbeaux – John Connolly

En librairie depuis le 15 mars 2012

Lu en partenariat avec les Presse de la Cité

la_nuit_des_corbeaux Presse de la Cité – mars 2012 – 450 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Jacques Martinache

Titre original : The Burning Soul, 2011

Présentation éditeur : 
Lorsqu’il était adolescent, Randall Haight a commis l’irréparable : avec un ami, il a tué sans raison une jeune fille de quatorze ans. Après avoir purgé une peine de prison pour ce meurtre, il a refait sa vie dans une petite ville du Maine, où il pense que personne ne connaît ni son identité, ni son histoire. Pourtant quelqu’un sait. Un jour, il reçoit un courrier anonyme contenant une photo de la ferme où le crime a eu lieu. Il fait alors appel à Charlie Parker afin de découvrir qui est le mystérieux corbeau. Mais une adolescente disparaît, et l’instinct du détective l’amène à soupçonner son client…

Auteur : John Connolly est né à Dublin en 1968. En neuf romans, dont L’Ange Noir et La Proie des ombres, ce journaliste à l’Irish Times a su imposer un univers noir, fantastique et poétique d’une grande originalité, à l’image de l’un de ses personnages-clés : Charlie Parker, détective privé hanté par le meurtre de sa femme et de sa fille.

Site de l'auteur : http://www.johnconnollybooks.com 

Mon avis : (lu en mars 2012)
J’ai accepté de lire ce livre en pensant lire un simple roman policier… En effet, j’ai confondu les auteurs Michael Connelly et John Connolly. J’avais déjà lu des livres de Michael Connelly mais encore jamais de John Connolly. N’étant pas du tout fan de fantastique, le fait que l’on définisse cet auteur irlandais comme un auteur de romans fantastiques noirs cela me faisait un peu peur. Finalement le côté fantastique est très peu présent, et ce livre est surtout un très bon thriller.

L’histoire commence avec la disparition d’Anna Kore, une jeune fille de quatorze ans dans la petite ville de Pastor's Bay dans l’État du Maine. Dans cette même ville vit Randall Haight, ce n'est pas son vrai nom, car lorsqu'il avait quatorze ans, il avait été coupable avec un camarade du viol et du meurtre d'une jeune adolescente noire. Il a payé sa dette à la société pendant de longues années en prison. Randall se sentant rattrapé par son passé fait alors appel à une avocate, Aimee Price, qui elle-même fait appel au détective privé Charlie Parker (personnage récurrent de John Connolly) pour enquêter sur la disparition d'Anna Kore.

J'ai beaucoup aimé ce thriller, l'histoire est très bien construite, le suspens est présent. Dès le début, l'auteur nous envoie sur plusieurs pistes et de nombreux personnages entre en scène... Le lecteur accompagne Charlie Parker tout au long de l'enquête, avec ses interrogations, ses doutes, ses questions, ses impressions. J'ai aimé les descriptions de l'ambiance, de l'atmosphère des lieux.

A découvrir sans hésiter !  

Je remercie beaucoup Pauline et les éditions Presse de la Cité pour ce partenariat.

Extrait :(début du livre)
Une mer grise, un ciel gris, mais le feu dans les bois et les arbres en flammes. Pas de chaleur, pas de fumée, et pourtant la forêt brûlait, couronnée de rouge, de jaune et d’orange, un incendie froid venu avec l’automne et la chute résignée des feuilles. Il y avait de la mortalité dans l’air, portée par les premiers signes des vents d’hiver, leur menace glacée, et les animaux se préparaient aux neiges à venir. On avait commencé à se remplir le ventre en prévision des temps de vaches maigres. La faim forcerait les bêtes les plus vulnérables à prendre des risques pour se nourrir et les prédateurs seraient à l’affût. Les araignées noires embusquées au coin de leur toile ne sommeillaient pas encore. Il restait des insectes à prendre au piège, des trophées à ajouter à leurs collections d’enveloppes corporelles desséchées. Les pelages d’hiver s’épaississaient et les fourrures s’éclaircissaient pour mieux se confondre avec la neige. Des oies en formation quadrillaient le ciel en laissant des traces dans leur sillage, abandonnant, comme des réfugiés fuyant une guerre proche, ceux qui étaient contraints de rester et d’affronter ce qui allait venir.

Les corbeaux étaient immobiles. Nombre de leurs frères du Grand Nord avaient migré vers le sud pour échapper au plus fort de l’hiver, mais pas ceux-là. Enormes et cependant racés, ils possédaient des yeux brillant d’une intelligence étrange. Sur cette route reculée, certaines personnes les avaient déjà remarqués, et si elles avaient un compagnon de marche, ou un passager dans leur voiture, elles avaient commenté leur présence. Oui, tous en convenaient, ils étaient plus gros que les corbeaux habituels et peut-être suscitaient-ils aussi un sentiment de malaise, ces volatiles voûtés, ces éclaireurs patients et perfides. Ils étaient perchés sur les branches d’un très vieux chêne, organisme dont les derniers jours étaient annoncés : ses feuilles tombaient plus tôt chaque année, si bien que fin septembre il était déjà dénudé, créature calcinée au milieu du flamboiement, comme si le feu dévorant l’avait déjà consumé, ne laissant que les restes fumants de nids depuis longtemps abandonnés. L’arbre se dressait au bord d’un taillis qui s’avançait légèrement pour suivre la courbe de la route et dont il occupait la pointe la plus éloignée. Il avait eu autrefois des compagnons semblables à lui, mais les hommes qui avaient construit cette route les avaient abattus, des années plus tôt. Il restait maintenant le seul de son espèce, et lui aussi disparaîtrait bientôt.
Pourtant les corbeaux étaient venus s’y percher, parce qu’ils aimaient les créatures mourantes. 

 

 

Challenge Voisins, voisines
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Animaux" 


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17/50 : Maine 

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16 novembre 2011

Retour à Killybegs - Sorj Chalandon

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Retour___Killybegs Grasset – août 2011 – 336 pages

Grand Prix du roman de l’Académie Française 2011

Quatrième de couverture : 
« Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L'IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n'ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j'en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j'enrage. N'écoutez rien de ce qu'ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m'avoir connu. Personne n'a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu'après moi, j'espère le silence. »

                         Killybegs, le 24 décembre 2006
                                              Tyrone Meehan

Auteur : Sorj Chalandon, né en 1952, a été longtemps journaliste à Libération avant de rejoindre Le Canard Enchaîné. Ses reportages sur l’Irlande du Nord et le procès Klaus Barbie lui ont valu le Prix Albert-Londres en 1988. Il a publié Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006, prix Médicis), Mon Traître (2008) et La Légende de nos pères (2009).

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Je n'ai pas lu « Mon Traître » avant de lire « Retour à Killybegs » (je le lirai certainement dès que le livre sera disponible à la bibliothèque !). Les billets sur les lectures ou les rencontres avec l'auteur de Valérie, Canel, Sandrine m'ont vraiment donnée envie de lire sans tarder ce livre...
Et c'est un coup de cœur pour moi !
Dans ce livre, Sorj Chalandon donne la parole à son « traître », à travers le personnage de Tyrone Meehan, il imagine sa version des faits, une explication plausible à cette trahison.
Nous suivons en alternance la voix de Tyrone depuis son enfance et son engagement comme jeune républicain et celle de Tyrone durant ses derniers jours, il a quatre-vingt un ans, sa trahison vient d'être dévoilée. Il est retourné à Killybegs en République Irlandaise dans la maison de son père, il sait que ses jours sont comptés.
L'histoire du jeune Tyrone Meeghan commence, avec la mort de son père Pat Meehan devenu alcoolique. Pat était un ancien de l'Armée Républicaine Irlandaise qui avait participé en 1921 à la guerre d'indépendance contre les Britanniques. En 1936, il voulait s'engager aux côté des Républicains Espagnols, contre Franco. Mais sa femme lui a fait entendre raison, sa famille (neuf enfants) a besoin de lui. Pourtant, « Pat Meehan est mort des cailloux plein les poches. C'est comme ça qu'on a su qu'il avait voulu en finir avec la vie. Il nous a laissés seuls en décembre 1940. » C'est alors la misère pour toute la famille. Quelques mois plus tard, son oncle Lawrence les accueille tous chez lui à Belfast, il faut donc quitter Killybegs et la République d'Irlande pour l'Ulster. Ils vont habiter au nord de Belfast dans un ghetto catholique cerné par des quartiers protestants. C'est là que Tyrone rencontre Tom Williams auprès duquel il s'engage dans la lutte.
En suivant les différents épisodes de la vie de Tyrone, le lecteur découvre les difficultés d'être catholique et irlandais en Irlande du Nord, la haine vis à vis de l'occupant britannique, le combat au sein de l'IRA, les conditions inhumaines des prisons...
Par omission, pour ne pas avoir avoué un grosse faute, Tyrone se trouve au centre d'un processus qui va l'entraîner à trahir malgré lui, il s'est piégé lui-même. Tout au long du livre, l'auteur fait allusion à d'autres trahisons, la plus célèbre étant celle de Judas.
Tyrone est malgré tout un personnage magnifique auquel je me suis attachée. J'ai découvert également l'histoire de la guerre civile irlandaise.
Voilà livre très fort, qui m'a bouleversée...

D'autres avis Clara, Constance93

Extrait : (page 13)
Quand mon père me battait il criait en anglais, comme s'il ne voulait pas mêler notre langue à ça. Il frappait bouche tordue, en hurlant des mots de soldat. Quand mon père me battait il n'était plus mon père, seulement Patraig Meehan. Gueule cassée, regard glace, Meehan vent mauvais qu'on évitait en changeant de trottoir. Quand mon père avait bu il cognait le sol, déchirait l'air, blessait les mots. Lorsqu'il entrait dans ma chambre, la nuit sursautait. Il n'allumait pas la bougie. Il soufflait en vieil animal et j'attendais ses poings.
Quand mon père avait bu, il occupait l'Irlande comme le faisait notre ennemi. Il était partout hostile. Sous notre toit, sur son seuil, dans les chemins de Killybegs, dans la lande, en lisière de forêt, le jour, la nuit. Partout, il s'emparait des lieux avec des mouvements brusques. On le voyait de loin. On l'entendait de loin. Il titubait des phrases et des gestes. Au Mullin's, le pub de notre village, il glissait de son tabouret, s'approchait des tables et claquait ses mains à plat entre les verres. Il n'était pas d'accord ? Il répondait comme ça. Sans un mot, les doigts dans la bière et son regard. Les autres se taisaient, casquettes basses et les yeux dérobés. Alors il se redressait, défiait la salle, bras croisés. Il attendait la réplique. Quand mon père avait bu, il faisait peur.
Un jour, sur le chemin du port, il a donné un coup de poing à George, l'âne du vieux McGarrigle. Le charbonnier avait appelé son animal comme le roi d'Angleterre pour pouvoir lui botter les fesses. J'étais là, je suivais mon père. Il marchait à pas heurtés, chancelant de griserie matinale, et moi je trottais derrière. A un angle de rue, face à l'église, le vieux McGarrigle peinait. Il tirait son baudet immobile, une main sur le bât, l'autre sur le licol, en le menaçant de tous les saints. Mon père s'est arrêté. Il a regardé le vieil homme, son animal cabré, le désarroi de l'un, l'entêtement de l'autre, et il a traversé la rue. Il a poussé McGarrigle, s'est mis face à l'âne, l'a menacé rudement, comme s'il parlait au souverain britannique. Il lui a demandé s'il savait qui était Patraig Meehan. S'il imaginait seulement à quel homme il tenait tête. Il était penché sur lui, front contre front, menaçant, attendant une réponse de l'animal, un geste, sa reddition. Et puis il l'a frappé, un coup terrible entre l'œil et le naseau. George a vacillé, s'est couché sur le flanc et la charrette a versé ses galets de houille.
- Éirinn go Brách ! a crié mon père.
Puis il m'a tiré par le bras.
- Parler gaélique, c'est résister, a-t-il encore murmuré. Et nous avons continué notre chemin.

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23 juillet 2011

Comme personne - Hugo Hamilton

Lu dans le cadre du partenariat bibliofolie_2011_logo_1501 et Points

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Phébus - janvier 2010 – 336 pages

Points – mars 2011 – 315 pages

Libra Diffusio – janvier 2011 – Grands Caractères

traduit de l'anglais (Irlande) par Joseph Antoine

Titre original : Disguise, 2008

Quatrième de couverture : 
L'Allemagne nazie vit ses derniers jours. Maria fuit la capitale, tombeau de son fils Gregor. Dans la foule des réfugiés, sa main saisit celle d'un petit garçon : elle nommera l'orphelin du nom de son enfant défunt. Cet héritage va hanter le garçon sa vie durant et le jeter sur les routes de l'Europe. Persuadé d'être juif, il quitte sa famille adoptive, en quête de ses véritables origines...

Auteur : Hugo Hamilton est né à Dublin en 1953. Auteur du sulfureux Berlin sous la Baltique (2005) et de polars Déjanté (2006), et Triste flic (2003), il rencontre avec Sang impur un succès international (Prix Femina étranger 2004). Hugo Hamilton s'affirme une fois de plus comme l'auteur des enfances perdues, de la quête obsédante des origines et confirme ici qu'il est un des plus importants écrivains irlandais contemporains.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
Lorsque Bibliofolie a proposé ce partenariat, je n’ai pas hésité et j’ai été ravie d’avoir été choisie pour ce premier partenariat. En effet, j’ai déjà lu "Sang impur" du même auteur, un livre autobiographique très touchant sur son enfance à Dublin dans les années 50.
Dans « Comme personne », Hugo Hamilton nous raconte l'histoire de Gregor, petit rescapé de la Seconde Guerre Mondiale, il a été adopté par Maria Liedmann qui fuyait Berlin après avoir perdu son fils âgé de trois ans dans un bombardement. « Il venait de trouver sa mère, et elle avait retrouvé le fils qu'elle avait perdu. » Mais Maria a promis à son père, Emil de ne jamais révéler à quiconque qu’il n’est pas son fils. Pas même à son mari encore sur le front.
Gregor a peu de souvenirs de l'époque, seulement quelques images. Il s'est toujours interrogé sur son passé, il a toujours eu le sentiment d'être juif et que Maria n'était pas sa vrai mère...
Soixante ans plus tard, Gregor a été invité par son ex-femme à la campagne pour participer à la cueillette des pommes avec des amis et son fils. Alternativement, le lecteur va suivre l'histoire de Gregor depuis son arrivée dans la famille Liedmann à l’âge de trois ans et le récit du week-end paisible à la campagne.
Gregor est touchant, toute sa vie, il a été déstabilisé par ce passé plein de mensonges et de non-dits. Il est toujours hanté par la quête de ses origines. Il ne sait toujours pas qui il est. 
Une histoire belle et bouleversante.

Un Grand Merci à Bibliofolie et aux éditions Points pour m’avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
Ils avaient dû être fous de terreur. Ils s’étaient précipités dans les caves en se tenant par la main, hurlant, encore à moitié endormis, se bousculant dans le noir. Les enfants pouvaient percevoir les tremblements des adultes. Ils pouvaient entendre la panique dans leurs voix. Ils pouvaient entendre les hurlements des sirènes traverser les immeubles et le bourdonnement profond de la musique des orgues autour de la ville, lorsque les avions la survolaient.
Quand la première bombe siffla dans les airs, ils se blottirent les uns contre les autres et prièrent.
- c’est notre tour. Que Dieu nous aide.
Ils avaient si peur qu’ils en perdaient leur personnalité. Certains marquaient à la craie les nuits de bombardement sur les murs des caves. Créatures sans défense réfugiées sous terre, se bouchant les oreilles tandis qu’au-dessus d’eux les sombres escadrilles traversaient le ciel nocturne. Par vagues successives entrecoupées de silences mortels. Ils suivaient la chute de chacune des bombes, essayant d’évaluer à quelle distance elle se trouvait. Ils sentaient chaque fois tressaillir la terre, ils sentaient la force de l’explosion dans leurs cheveux, le long de leur crâne. Une explosion qui faisait voler les fenêtres en éclats et aspirait l’ardoise des toitures. Qui fendait les immeubles et les ouvrait en deux, laissant voir une maison de poupée en plan de coupe, révélant le quotidien des habitants, leurs intérieurs bien tenus, leurs lits, leurs commodes, leurs tables et leurs services à thé. Certains périssaient chez eux parce qu’ils avaient tardé à se réfugier dans les caves, ou parce qu’ils avaient décidé de rester et d’ignorer leur peur, se réconfortant avec un dernier verre de vin et leur vain humour noir pendant que le ciel, tel un sapin de Noël, lâchait des pluies d’étincelles. Le phosphore se répandait dans les escaliers, les salles à manger et les chambres où il scintillait le long des murs jusqu’à ce que tout s’enflamme.

Gregor Liedmann dormait dans on lit et jamais il ne se réveilla. Il avait presque trois ans et passa de son rêve à la mort, entouré de ses crayons, du carnet, et du navire en bois que son grand père Emil avait fabriqué pour lui. Sa mère disait qu’il était doué avec les mots. Il avait appris à parler très tôt, savait déjà compter et écrire. De grandes lettres dégringolant vers le coin de la page. Voilà comment il se couchait chaque soir : le carnet sous l’oreiller, entouré des crayons bien taillés que sa mère serait obligée d’enlever avec beaucoup de précaution, comme des baguettes de Mikado, pour ne pas le réveiller.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Déjà lu du même auteur :

sang_impur_p Sang impur

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12 juillet 2011

Brooklyn – Colm Tóibín

brooklyn 

Robert Laffont – janvier 2011 – 313 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Anna Gibson

Titre original : Brooklyn, 2009

Quatrième de couverture :
Enniscorthy, Irlande, années 50. Comme de nombreux jeunes femmes de son âge, Eilis Lacey ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, on lui propose un emploi à Brooklyn, aux Etats-Unis. Poussé par sa famille, Eilis s'exile à contrecœur. Au début, le mal du pays la submerge. Mais comment résister aux plaisirs de l'anonymat, à l'excitation de la nouveauté ? Loin du regard de ceux qui la connaissent depuis toujours, Eilis goûte une sensation de liberté proche du bonheur. Puis un drame familial l’oblige à retraverser l’Atlantique. Au pays, Brooklyn se voile de l'irréalité des rêves. Eilis ne sait plus à quel monde elle appartient, quel homme elle aime, quelle vie elle souhaite. Elle voudrait ne pas devoir choisir, ne pas devoir trahir.

Auteur : Né à Enniscorthy, Irlande en 1955, après des études d'histoire et d'anglais à l'Université de Dublin, Colm Tóibín s'installe à Barcelone en tant que professeur. Il retourne en Irlande peu après, travaille comme journaliste avant de sillonner l'Amérique du Sud et l'Argentine. Il écrit de nombreux ouvrages de fiction et d'essais, tout en collaborant à divers journaux et magazines. Il se voit accorder le EM Forster Award en 1995 par l'Académie Américaine des Arts et des Lettres. Son premier roman, 'The South' - dont l'action se situe en Espagne et dans l'Irlande rurale des années 1950 - reçoit le prix du 'Premier roman' de l''Irish Times'. Suivent 'The Heather Blazing' (1992) et 'The Story of the Night' (1996), puis 'The Blackwater Lightship' (1999). Le dernier ouvrage de Colm Toibin, 'The Master' (2004) constitue un portrait du romancier Henry James, et a été retenu parmi les candidats au Man Booker Prize for Fiction de 2004.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
Nous sommes dans le sud de l'Irlande, à Enniscorthy, ville natale de Colm Tóibín dans les années 1950, Eilis vient d'une famille modeste. Avec un diplôme de comptabilité, elle n'a pu obtenir qu'un emploi de vendeuse à temps partiel dans une épicerie. Ses frères sont déjà parties en Angleterre pour travailler. Sa sœur Rose va la convaincre de tenter sa chance à New-York où le père Flood va lui trouver un travail et un logement. Pour une jeune fille qui n'a jamais quitté sa famille et l'Irlande, partir à New-York est une vraie aventure ! Cela commence par un voyage épique d'une semaine en train puis en transatlantique. Ensuite, elle découvrira la pension de famille irlandaise de Madame Kehoe et ses co-pensionnaires. Elle travaillera comme vendeuse dans un grand magasin. Au début, la nouveauté de la situation lui fera oublier un peu l'Irlande, mais à la réception de son premier courrier, elle est prise du mal du pays. Grâce au soutien de Mme Kehoe, du père Flood et de Melle Fortini du grand magasin, Eilis se reprend. Elle participe au bal du vendredi soir organisé par la paroisse, elle suit des cours du soir en comptabilité américaine. Peu à peu elle se met à apprécier la vie américaine...
J'ai beaucoup aimé ce livre qui nous raconte une histoire d'émigration et d'intégration. Eilis est très attachante, c'est jeune fille sérieuse et un peu naïve, elle n'a pas vraiment choisi de quitter l'Irlande pour les États-Unis, par devoir elle lutte contre le mal du pays et finalement apprécie cette nouvelle vie et pourtant elle va être obligée de choisir entre le devoir familial et son destin...
Je n'avais pas encore lu cet auteur irlandais et cette lecture va m'inciter à sortir de ma PAL "Le bateau-phare de Blackwater" !

Extrait : (début du livre)
Eilis Lacey, assise au premier étage de la maison de Friary Street, aperçut par la fenêtre sa soeur qui revenait du travail. Elle vit Rose traverser la rue d'un pas vif et passer du soleil à l'ombre ; elle portait son nouveau sac à main en cuir acheté chez Clery's, à Dublin, pendant les soldes, et un cardigan crème était jeté sur ses épaules. Ses affaires de golf l'attendaient dans le hall d'entrée. D'ici à quelques minutes, quelqu'un viendrait la chercher et, Eilis le savait, elle ne rentrerait pas avant la nuit.
Les cours de comptabilité touchaient à leur fin ; sur les genoux d'Eilis était posé un manuel détaillant les différents systèmes comptables et, sur la table derrière elle, son devoir en cours, un bordereau de saisie où elle avait consigné dans les colonnes débit et crédit les opérations courantes d'une société sur laquelle elle avait pris des notes en classe la semaine précédente.
Entendant la porte s'ouvrir, Eilis descendit. Rose avait tiré de son sac un miroir de poche et y examinait attentivement son reflet. Elle appliqua un peu de mascara et de rouge à lèvres, puis vérifia son apparence devant la grande glace de l'entrée, et se recoiffa. Eilis la regarda en silence s'humecter les lèvres et procéder aux dernières retouches à l'aide du petit miroir avant de le ranger.
- Tu es ravissante, Rose, dit leur mère en arrivant de la cuisine. Ce soir, au club, tu seras la vedette.
- Je meurs de faim, mais je n'ai pas le temps d'avaler quoi que ce soit.
- Je te préparerai quelque chose tout à l'heure. Eilis et moi allons dîner maintenant.
Rose ouvrit à nouveau son sac à main, puis son porte-monnaie, et déposa une pièce d'un shilling sur la table de l'entrée.
- Au cas où tu aurais envie d'aller au cinéma, dit-elle à Eilis.
- Et moi ? demanda sa mère.
- Eilis te racontera l'histoire à son retour.
- Tu es trop gentille !
Elles rirent toutes les trois. Au même moment, une voiture klaxonna devant la porte. Rose ramassa ses clubs de golf et disparut.

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"Géographie"

 

 

 

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