02 octobre 2016

Jeux de vilains - Iben Mondrup

Lu en partenariat avec Denoël

B26709 Denoël - août 2016 - 336 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Godhavn, 2014

Quatrième de couverture : 
Godhavn est une petite ville sur l’île de Disko, située à l’ouest du Groenland. C’est là que s’est installée une famille danoise avec trois enfants qui, chacun à leur manière, tentent de trouver leur place dans cette petite communauté du bout du monde, où cohabitent trappeurs, pêcheurs et chiens de traîneaux faméliques. L’environnement hostile et le climat particulièrement rude ne facilitent pas leur intégration. Il y a Bjørk la fille cadette, capricieuse, égoïste et solitaire, Knut le garçon vulnérable et sensible, et leur grande sœur Hilde, la prunelle des yeux de leur père. Celle-ci tombe amoureuse de Johannes, un garçon de l’île, sauvage et imprévisible. Johannes se lie d’amitié avec la famille, et se retrouve au cœur d’événements violents et inattendus. 
Iben Mondrup se penche sur la vie secrète des enfants, dont elle dévoile avec poésie, force et émotion les secrets les mieux gardés et les désirs les plus inavouables.

Auteur : Née en 1969 à Copenhague, elle a vécu une partie de son enfance au Groenland. Auteur et artiste, "Jeux de vilains" est son troisième roman.

Mon avis : (lu en septembre 2016)
Histoire dépaysante par les lieux, puisqu'elle se situe sur une île au Groenland. Le climat est rude, l'isolement est parfois dur à supporter, les paysages sont sauvages mais superbes.
Le lecteur va suivre la vie d'une fratrie de trois enfants, deux filles et un garçon, leur quotidien, leurs réflexions, leur place dans cette famille où ils sont souvent livrés à eux-même. Tour à tour nous suivons chacun des trois enfants, Bjørk, Knut et Hilde. 

Bjørk est la plus jeune, elle a 7 ans, elle n'a pas sa langue dans sa poche, c'est une boule d'énergie qui observe tout autour d'elle, elle espionne sa grande sœur, elle écoute les cancans, elle a même parfois des idées morbides...   
Knut, le garçon, a 12 ans, c'est un sensible, il fuit la bagarre, on le sent mal dans sa peau. Il est proche de sa petite soeur qu'il aime tendrement, il a du mal à trouver sa place aussi bien dans sa famille que dans cette communauté.
Hilde, l'aînée, a 15 ans, c'est une jeune fille qui n'a peur de rien, elle aime aller à la chasse avec son père dont elle est la préférée. Elle est en pleine crise d'adolescence, c'est le temps des premiers émois, des premiers amours. 
C'est une lecture prenante, parfois dérangeante car l'atmosphère de cette histoire est sombre, pesante pressentant un drame...
La conclusion est un peu décevante car elle arrive brutalement et est peu explicite...

Merci Chloé et les éditions Denoël pour cette découverte dépaysante.

Extrait : (début du livre)
Elle ferme la porte derrière elle. « Voilà on est seuls, annonce-t-elle, plus besoin de parler tout bas. »
Elle s’adresse au garçon qui est avec elle dans la pièce. Il ne tient pas en place. Il a l’air de vouloir s’enfuir et pourtant il se glisse sous la couette.
« Tu as les yeux fermés ? » demande-t-elle au garçon dans le lit. Avant qu’il ait eu le temps de répondre, elle s’assied à côté de lui, elle le pousse, elle lui grimpe dessus. Puis elle écarte les cuisses, se laisse tomber en avant. Elle saisit les coins de l’édredon et le referme, bien serré autour du visage du garçon. « Tu es mon prisonnier », déclare-t-elle.
Il secoue la tête pour se débarrasser du duvet.
« Pourquoi tu ne dis rien ? lui reproche-t-elle. Tu ne vois pas que je suis en train de t’étouffer ? » Elle est agacée et souffle par le nez, comme un chien.
« Parce que », répond-il. Brusquement, il se retourne et la renverse. « Parce que, contrairement à toi, je n’ai pas besoin de parler sans arrêt.
Elle a l’air déçue. Maintenant ils sont tous deux debout au milieu de la pièce. « Alors tu n’as qu’à t’en aller, dit-elle, puisque tu ne m’aimes pas.

— Chut », murmure-t-il, posant un doigt sur ses lèvres.
Elle attrape la couette sur le lit. Elle la soulève et la secoue, faisant à moitié tomber la housse à fleurs qui la protège. « C’est bon, il n’y a personne », le rassure-t-elle.
Il lui arrache la couette des mains et finit de retirer la housse qu’il laisse tomber par terre.
« Fais-nous une tente. » Elle se recouche sur le lit.
Il soulève la couette dans toute sa largeur et la laisse retomber sur le corps allongé.
Elle a disparu. Elle n’est plus qu’une vague silhouette qui gigote sous la couverture. Soudain un vêtement tombe au pied du lit.
Maintenant, c’est lui qui respire fort, les yeux rivés sur la forme sous la couverture.
« Allez, viens. » Le corps sous le duvet se trémousse avec impatience.
Il détache le bouton de son pantalon, ses doigts cherchent la fermeture Éclair. Mais il change d’avis, se reboutonne et retire seulement son pull-over.
Il vient se coucher à côté d’elle sous le duvet, elle pouffe de rire. Puis sa voix se fait dure à nouveau. « Pourquoi es-tu toujours habillé ? » Elle soulève la couverture et bondit sur lui.
Puis elle lui martèle le torse à coups de poing et lui griffe sauvagement les bras. « Je veux que tu te déshabilles, hurle-t-elle, je le veux, je le veux, je le veux. Mais d’abord, embrasse-moi sur la joue, je te l’ordonne… non, embrasse-moi dans le cou. »

Elle ferme les yeux, bascule la tête en arrière, lui présente sa gorge. Ses cheveux sont électriques, collés à ses joues.
Il pose les mains autour de son cou.
« Non, pas comme ça », dit-elle.
Il serre plus fort.

 Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Danemark

challenge12016br
6/18

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18 août 2014

D comme... Destination Danemark

 

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L'Art de pleurer en chœur – Erling Jepsen

 Allan, jeune garçon de 11 ans, nous raconte avec naïveté et candeur sa vie quotidienne au sein de sa famille,
à la fin des années 60, dans le sud du Jütland, une région rurale du Danemark. 
 Ce livre oppose des situations cocasses et des situations graves. Allan est très touchant.

 

Bandes dessinées :

L'adaptation des racontards de Jørn Riel en BD est vraiment réussi,
le lecteur découvre les aventures et la vie mouvementée des trappeurs groenlandais dans les années 1950...
C'est dépaysant et plein d'humour... 

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La Vierge froide et autres racontars 
Le Roi Oscar et autres racontars 
Un petit détour et autres racontars 

 

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04 janvier 2014

Un petit détour et autres racontars - Jørn Riel, Gwen de Bonneval, Hervé Tanquerelle

2014-01-03_100703 Éditions Sarbacane - octobre 2013 - 128 pages

Présentation éditeur :
Dans la première partie du XXe siècle, sur le vaste territoire du nord-est du Groenland, des trappeurs vivaient de la chasse et de la vente de peaux d’ours polaires, renards, phoques et autres gibiers… De son séjour dans les années 50 auprès de ces trappeurs, Jørn Riel en a rapporté ses désormais célèbres Racontars. Selon lui, un racontar, « c’est une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge. À moins que ce ne soit l’inverse. »

Auteurs :
Jørn Riel est un écrivain danois, né en 1931. Jørn Riel s'est engagé en 1950 dans une expédition scientifique pour le nord-est du Groenland, où il passera seize années, notamment sur une base d'étude de l'île d'Ella. De ce séjour, il tirera le versant arctique de son œuvre littéraire, dont la dizaine de volumes des Racontars arctiques, ou la trilogie Le Chant pour celui qui désire vivre. Dans ces romans, dédiés à son ami Paul-Émile Victor, Jørn Riel s'attache à raconter la vie des populations du Groenland. Il reçoit en 2010 le Grand Prix de l'Académie danoise pour l'ensemble de son œuvre. Il vit actuellement en Malaisie.

Gwen de Bonneval est né le 9 janvier 1973 à Nantes. Après quelques dessins publiés dans la presse, il monte avec deux autres personnes une boîte de communication, expérience qui durera 3 ans. Puis il redevient indépendant, travaille également pour la jeunesse via le journal de Mickey ou Spirou. Mais c'est véritablement après son entrée à l'atelier des Vosges qu'il se consacre plus assidûment à la BD. C'est à cette période qu'il rencontre Fabien Vehlmann avec lequel il réalise Les Aventures de Samedi et Dimanche chez Dargaud. En parallèle, il dessine deux pages mensuelles pour un périodique de Nathan, et très vite propose une nouvelle série aux éditions Delcourt. Basile Bonjour est la transposition littérale de notre monde contemporain au sein de l'école.

Hervé Tanquerelle, né le 9 août 1972 à Nantes, est un dessinateur de bandes dessinées. Il intègre l’école Émile Cohl de Lyon et a comme professeur Yves Got, dessinateur du Baron Noir scénarisé par René Pétillon. C'est en 1998 que sort son premier livre, La Ballade du Petit Pendu, chez l'Association. Il participe au recueil Comix 2000. Suit une collaboration avec Hubert sur la série Le Legs de l'Alchimiste dont il fera les trois premiers tomes. Joann Sfar le repère et lui cède la partie graphique de la série Professeur Bell à partir du troisième album de la série jusqu'au cinquième actuellement. Contributeur régulier dans le mensuel Capsule Cosmique, il y crée le personnage de Tête Noire, petit catcheur mexicain qui se bat contre des monstres idiots. Shakabam est le premier album de la série Tête Noire. Il fut un des dessinateurs réguliers de Lucha Libre dans lequel il dessina Melindez et les Luchadoritos, série de gags en une page sur scénario de Jerry Frissen.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Voilà le troisième volume des racontars de Jørn Riel adapté en bande dessinée. Celui là regroupe trois histoires : "La balle perdue", nous raconte la rencontre épique entre un ours qui malgré l'hiver était sorti d'hibernation et Siverts avec son traineau et ses chiens...
"Un petit détour", c'est l'histoire de Valfred et Hansen qui partis à la chasse au phoque font la rencontre d'un iceberg et se retrouvent en fâcheuse posture...
"Ce qu'il advint d'Emma par la suite", Emma est la compagne des trappeurs polaires, elle passe de chasseurs en chasseurs en échange de cadeaux symboliques...

C'est toujours aussi savoureux et bien au chaud chez soit on apprécie de découvrir les aventures et la vie mouvementée des trappeurs groenlandais au milieu du XXème siècle... C'est dépaysant, plein d'humour...

Les dessins en noir et blanc sont très réussis. Et j'apprécie de découvrir ou redécouvrir tous ces racontars groenlandais.

Extrait : 

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Du même auteur :

 La_vierge_froide_et_autres La Vierge froide et autres racontars

le_roi_oscar_x Le Roi Oscar et autres racontars

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29 avril 2012

Banquises – Valentine Goby

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Albin Michel – août 2011 – 246 pages

Livre de Poche - août 2013 - 216 pages

Quatrième de couverture :
« Vingt-sept ans d'absence. Vingt-sept anniversaires qui ont pris le dessus, année après année, sur le jour de naissance : ils n'ont plus compté l'âge écoulé de Sarah mais mesuré l'attente. » 
En 1982, Sarah a quitté la France pour Uummannaq au Groenland. Elle est montée dans un avion qui l'emportait vers la calotte glaciaire. Sa famille ne l'a jamais revue. Elle a disparu, corps et âme. Elle avait vingt-deux ans. Lisa, vingt-sept ans plus tard, part sur les traces de sa soeur. Elle découvre un territoire dévasté et une population qui voit se réduire comme peau de chagrin son domaine de glace.
Valentine Goby, l'auteur de Qui touche à mon corps je le tue et Des corps en silence, nous emporte sur ces terres qui s'effacent dans un grand livre sur le désenchantement du monde.

Auteur : Valentine Goby est écrivain de littérature et de littérature jeunesse. Diplômée de Sciences-Po, elle a effectué des séjours humanitaires à Hanoi et à Manille. Enseignante, elle a aussi fondé l'Écrit du Cœur, collectif d'écrivains soutenant des actions de solidarité.
Valentine Goby est lauréate de la Fondation Hachette, bourse jeunes écrivains 2002 et a reçu le prix Méditerranée des Jeunes, le prix du Premier Roman de l'université d'Artois, le prix Palissy et le prix René-Fallet en 2003 pour son roman La note sensible. Elle publie pour la rentrée 2011, Banquises.

Mon avis : (lu en avril 2012)
J'ai pris ce livre à la bibliothèque après sa présentation au Café Lecture. J'étais attirée par ce voyage au Groenland.
En 1982, Sarah âgée alors de vingt-deux ans, est partie passer quelques semaines au Groenland. Mais elle n'est jamais revenue, et personne n'a jamais su ce qui s'était passé.
Vingt-sept ans plus tard, sa petite sœur Lisa part sur ses traces, elle se rend à Uummannaq au Groenland.La vie dans cette petite ville de pêcheurs est en plein bouleversement car la banquise fond, les habitants se retrouvent ainsi beaucoup plus isolés du monde et de leurs voisins.
Cette disparition soudaine de Sarah a traumatisé la famille : pendant des jours et des jours la mère va attendre à l'aéroport tous les avions en provenance de Copenhague dans l'espoir de voir Sarah revenir... Le père se réfugie dans le travail et le silence pour tenter de s'habituer à l'absence de sa fille aînée et Lisa la cadette tente de grandir même si elle est devenue comme transparente aux yeux de ses parents.
J'ai un avis mitigé sur ce livre, j'ai beaucoup aimé découvrir Ummannaq, le Groenland et la banquise. J'ai eu un peu de mal avec la construction du livre avec les aller-retours entre le présent et le passé cela rend la narration brouillonne. Le traitement de la souffrance de toute la famille face à la disparition de Sarah est inégal, j'y ai trouvé parfois certaines longueurs. Ces voyages réel et intérieur proposent plusieurs pistes malgré tout je suis restée sur ma faim car certaines questions sont restées sans réponse.
L'histoire est cependant troublante et poignante.

Autres avis : Anne, mrs pepys, Clara, Leiloona

Extrait : (début du livre)
Au sous-sol, le niveau départ, sous chape de ciment brut, plafond traversé de bouquets de fils électriques à nu, de câbles et de néons en barres. On y est sans y être, à l'aéroport. Des portes automatiques trouent çà et là le béton, laissant voir des portions de la route circulaire, silhouettes floues, carrosseries de voitures et de cars Air France mal détourés dans l'obscurité – dehors, à vingt mètres de ce boyau, invisible, le plein jour. Au niveau supérieur, loin à hauteur de la piste de décollage, des vitres étroites taillent des triangles, des quadrilatères dans le ciel cru, dans les talus d'herbe fluo, les barbelés, les fuselages d'avions. Les yeux levés, on aperçoit parfois des carlingues traversant les vitres segment par segment, au pas sur le tarmac, puis ce sont les queues des avions comme des ailerons à la surface de l'eau. Dans l'abîme le niveau départ, privé du tricotage en fer et verre en forme de coupole par lequel, de Francfort à Bangkok, on amorce l'envol avant même le comptoir d'enregistrement. Ici, empilement de béton sur béton sur onze niveaux, départs, arrivées, parking rouge, parking bleu, parking vert, et au sommet, la délivrance, un chemin de ronde ceint de bureaux d'où la vue s'ouvre enfin sur le ciel, et champs après champs, après champs, nœuds d'autoroutes, hangars étincelants, un château d'eau pour seul obstacle en travers de l'horizon morne, et même, du vent. De là on voit, tendu au-dessus de l'énorme anneau évidé du terminal, un filet en mailles lâches où des cadavres de pigeons, ailes brisées, corps durcis, balancent dans la brise.
La file progresse lentement entre les bandes déroulantes. Lisa pousse son chariot ; ça coince encore. Il fait trop chaud, à cause d'avril, de l'aération mal réglée, des chaussures en Goretex et du blouson de ski hors-saison. Lisa dézippe son blouson, le balance sur le chariot, se baisse et décroche à nouveau les sangles du sac à dos prises dans les roues. Elle devrait compacter le sac dans une gaine de film transparent, une valise en démonstration pivote continûment sur un socle à quelques mètres, mais la queue avance, dense à cause du mauvais fonctionnement des bornes d'enregistrement, Lisa ne prend pas le risque de s'éloigner pour la recommencer, cette queue, alors à chaque déplacement du chariot vers les comptoirs Scandinavian Airlines, le même mouvement nerveux pour rabattre ses mèches de cheveux derrière les oreilles, puis se pencher et dégager les roues. Elle n'y est pas, dans le voyage. Elle n'a pas une pensée pour Copenhague où elle atterrira ce soir, pour Kangerlussuaq, sur la calotte groenlandaise, qu'elle atteindra demain, avant la remontée vers le nord. Elle ne sent pas de picotements au bout des ongles et de la langue, un flux sanguin suractivé par l'excitation. À cause, dans l'immédiat, des bornes en panne, à cause des sangles dans les roues, à cause, aussi, de la masse de béton et de cet éclairage de cave. C'est la même impression d'étouffement qu'il y a vingt-huit ans, quand ce n'était pas elle mais sa sœur Sarah dans la file de passagers, prisonnière du même sous-sol, de la même attente, quand Lisa, quatorze ans alors, à cause de l'enfoncement sous la terre, de l'attente, de l'absence de lumière du jour, et parce qu'elle-même n'avait jamais pris l'avion, ne s'était jamais figuré le bourdon des réacteurs, la sensation de l'asphalte sous les roues puis le soulèvement de tout le corps, intestin foie cœur poumons comprimés à mort, tympans pressurisés, neuf cents kilomètres/heure à dix mille mètres de toute terre connue, une métamorphose en oiseau, jamais imaginé passer la barrière de nuages, plus même oiseau mais buée, plus même buée, à cause de tout cela il semblait stupéfiant à Lisa que Sarah décolle, pour Copenhague puis le Groenland, vers un point situé à six cent cinquante kilomètres au nord du cercle polaire, qu'elle décolle tout court d'ici, pour n'importe où. Vingt-huit ans plus tard, le poids du passé leste davantage encore l'idée d'envol. Comme elle est pleine, Lisa, de son histoire. Comme elle la porte, l'a portée. Comme elle l'entrave ; voyez la voussure de ses épaules.

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 Challenge 6% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
42/42
 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
logo_Petit_BAC_2012
"Géographie"

star_4

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21 avril 2011

Le Roi Oscar et autres racontars – Jørn Riel, Gwen de Bonneval, Hervé Tanquerelle

 Lu durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

le_roi_oscar_x Éditions Sarbacane - janvier 2011 – 112 pages

Quatrième de couverture :
De son séjour dans les années 50 chez les trappeurs du Groenland, Jorn Riel a rapporté ses désormais célèbres racontars. Un racontar, " c'est une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge. À moins que ce ne soit l'inverse " explique-t-il, plein de malice. Il ajoute - modestement - qu'il s'est contenté de rapporter, endossant le rôle de conteur et de passeur. Rôle qu'assument à leur tour Hervé Tanquerelle et Gwen de Bonneval en adaptant ces fabuleux récits en bande dessinée, où le burlesque et l'absurde se mêlent à la poésie et l'aventure.

Auteurs :
Jørn Riel est un écrivain danois, né en 1931. Jørn Riel s'est engagé en 1950 dans une expédition scientifique pour le nord-est du Groenland, où il passera seize années, notamment sur une base d'étude de l'île d'Ella. De ce séjour, il tirera le versant arctique de son œuvre littéraire, dont la dizaine de volumes des Racontars arctiques, ou la trilogie Le Chant pour celui qui désire vivre. Dans ces romans, dédiés à son ami Paul-Émile Victor, Jørn Riel s'attache à raconter la vie des populations du Groenland. Il reçoit en 2010 le Grand Prix de l'Académie danoise pour l'ensemble de son œuvre. Il vit actuellement en Malaisie.

Gwen de Bonneval est né le 9 janvier 1973 à Nantes. Après quelques dessins publiés dans la presse, il monte avec deux autres personnes une boîte de communication, expérience qui durera 3 ans. Puis il redevient indépendant, travaille également pour la jeunesse via le journal de Mickey ou Spirou. Mais c'est véritablement après son entrée à l'atelier des Vosges qu'il se consacre plus assidûment à la BD. C'est à cette période qu'il rencontre Fabien Vehlmann avec lequel il réalise Les Aventures de Samedi et Dimanche chez Dargaud. En parallèle, il dessine deux pages mensuelles pour un périodique de Nathan, et très vite propose une nouvelle série aux éditions Delcourt. Basile Bonjour est la transposition littérale de notre monde contemporain au sein de l'école.

Hervé Tanquerelle, né le 9 août 1972 à Nantes, est un dessinateur de bandes dessinées. Il intègre l’école Émile Cohl de Lyon et a comme professeur Yves Got, dessinateur du Baron Noir scénarisé par René Pétillon. C'est en 1998 que sort son premier livre, La Ballade du Petit Pendu, chez l'Association. Il participe au recueil Comix 2000. Suit une collaboration avec Hubert sur la série Le Legs de l'Alchimiste dont il fera les trois premiers tomes. Joann Sfar le repère et lui cède la partie graphique de la série Professeur Bell à partir du troisième album de la série jusqu'au cinquième actuellement. Contributeur régulier dans le mensuel Capsule Cosmique, il y crée le personnage de Tête Noire, petit catcheur mexicain qui se bat contre des monstres idiots. Shakabam est le premier album de la série Tête Noire. Il fut un des dessinateurs réguliers de Lucha Libre dans lequel il dessina Melindez et les Luchadoritos, série de gags en une page sur scénario de Jerry Frissen.

Mon avis : (lu en avril 2011)
J'avais aimé La Vierge froide et autres racontars et j'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir les trappeurs du nord-est du Groenland de Jørn Riel dans "Le Roi Oscar et autres racontars". Les racontars sont savoureux et formidablement adaptée par Gwen de Bonneval et dessinée avec humour par Hervé Tanquerelle.

Cette fois-ci, ce sont quatre histoires : un repas de funérailles qui se termine en beuverie, la lutte fratricide pour le confort des WC, le Roi Oscar le cochon domestique, la découverte de la vie de trappeur polaire. Des histoires drôles, loufoques et des personnages hauts en couleurs mais aussi très attachants, je ne m'en lasse pas. N'hésitez pas à découvrir le Groenland et ses trappeurs !

Extrait :

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Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Danemark

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
logo_challenge_Petit_BAC
"Prénom"

Du même auteur : La_vierge_froide_et_autres La Vierge froide et autres racontars


 

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10 février 2011

La vierge froide et autres racontars - Jorn Riel , Gwen de Bonneval , Hervé Tanquerelle

La_vierge_froide_et_autres Éditions Sarbacane – octobre 2009 – 120 pages

Quatrième de couverture :
De son séjour dans les années 50 chez les trappeurs du Groenland,
Jørn Riel a rapporté ses désormais célèbres racontars.
Un racontar, « c’est une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge.
A moins que ce ne soit l’inverse » explique-t-il, plein de malice.
Il ajoute - modestement - qu'il s'est contenté de rapporter, endossant le rôle de conteur et de passeur.
Rôle qu'assument à leur tour Hervé Tanquerelle et Gwen de Bonneval en adaptant ces fabuleux récits en bande dessinée, où le burlesque et l'absurde se mêlent à la poésie et l'aventure.

Auteurs :
Jørn Riel est un écrivain danois, né en 1931. Jørn Riel s'est engagé en 1950 dans une expédition scientifique pour le nord-est du Groenland, où il passera seize années, notamment sur une base d'étude de l'île d'Ella. De ce séjour, il tirera le versant arctique de son œuvre littéraire, dont la dizaine de volumes des Racontars arctiques, ou la trilogie Le Chant pour celui qui désire vivre. Dans ces romans, dédiés à son ami Paul-Émile Victor, Jørn Riel s'attache à raconter la vie des populations du Groenland. Il reçoit en 2010 le Grand Prix de l'Académie danoise pour l'ensemble de son œuvre. Il vit actuellement en Malaisie.

Gwen de Bonneval est né le 9 janvier 1973 à Nantes. Après quelques dessins publiés dans la presse, il monte avec deux autres personnes une boîte de communication, expérience qui durera 3 ans. Puis il redevient indépendant, travaille également pour la jeunesse via le journal de Mickey ou Spirou. Mais c'est véritablement après son entrée à l'atelier des Vosges qu'il se consacre plus assidûment à la BD. C'est à cette période qu'il rencontre Fabien Vehlmann avec lequel il réalise Les Aventures de Samedi et Dimanche chez Dargaud. En parallèle, il dessine deux pages mensuelles pour un périodique de Nathan, et très vite propose une nouvelle série aux éditions Delcourt. Basile Bonjour est la transposition littérale de notre monde contemporain au sein de l'école.

Hervé Tanquerelle, né le 9 août 1972 à Nantes, est un dessinateur de bandes dessinées. Il intègre l’école Émile Cohl de Lyon et a comme professeur Yves Got, dessinateur du Baron Noir scénarisé par René Pétillon. C'est en 1998 que sort son premier livre, La Ballade du Petit Pendu, chez l'Association. Il participe au recueil Comix 2000. Suit une collaboration avec Hubert sur la série Le Legs de l'Alchimiste dont il fera les trois premiers tomes. Joann Sfar le repère et lui cède la partie graphique de la série Professeur Bell à partir du troisième album de la série jusqu'au cinquième actuellement. Contributeur régulier dans le mensuel Capsule Cosmique, il y crée le personnage de Tête Noire, petit catcheur mexicain qui se bat contre des monstres idiots. Shakabam est le premier album de la série Tête Noire. Il fut un des dessinateurs réguliers de Lucha Libre dans lequel il dessina Melindez et les Luchadoritos, série de gags en une page sur scénario de Jerry Frissen.

Mon avis : (lu en février 2011)
J'avais déjà lu le livre de Jørn Riel avant l'existence de mon blog et j'ai beaucoup aimé les redécouvrir en BD. Ces racontars sont des récits qui ont pour source les souvenirs personnels de Riel, qui a passé 16 ans au Groenland.
On est plongé dans l'atmosphère froide du Groenland, on découvre la solitude des trappeurs vivant à deux ou trois dans des cabanes avec comme seule horizon la neige, les soirées bien arrosées qui permettent de supporter la longue nuit polaire.
Tout au long des différents racontars, on découvre différents personnages incroyables et haut en couleurs qui nous deviennent familiers au fil des pages. Il y a Valfred, Anton, Herbert, William le Noir, Mad Madsen, Lodvig, Bjørken...
En page de garde, une carte bien utile, nous permet de situer les différents campements et les trappeurs.

Sous forme de Bandes Dessinées les racontars sont très plaisants à découvrir, l'adaptation est une réussite qui sublime l'atmosphère de l'œuvre de Jørn Riel. C'est poétique, burlesque, drôle, insolite, décalé, cocasse, parfois philosophique ou émouvant... A découvrir sans hésiter !
J'ai dans ma PAL (cadeau d'un Swap), « Un safari arctique » en livre de poche qui est la suite de « La Vierge froide et autres racontars », il va falloir que je le lise pour retrouver la suite des aventures des trappeurs du Groenland.

Extraits :

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200910RacontarsExtrait3

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Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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