06 novembre 2011

Portes ouvertes – Ian Rankin

Lu dans le cadre du partenariat Logo_News_Book et des Éditions Du Masque 

portes_ouvertes Éditions du Masque – septembre 2011 – 450 pages

traduit de l’anglais (Écosse) par Stéphane Carn

Titre original : Doors Open, 2008 

Quatrième de couverture :
Trois compères décident de voler des tableaux à l'occasion de la journée Portes ouvertes de la National Gallery d'Édimbourg. Mike, 37 ans, a fait fortune en créant des logiciels informatiques et veut mettre un peu de piment dans sa vie. Robert Gissing, directeur de l'Institut d'art, va bientôt prendre sa retraite et a envie d'un cadeau de départ plus substantiel qu'une montre en or. Quant au banquier de la bande, Allan, il rêve d'accrocher chez lui deux œuvres qu'il a toujours aimées. Seulement voilà : monter un casse requiert des compétences, pas seulement de la matière grise. Et pour la logistique, des relations dans le milieu. Tout se complique très vite, surtout s'il faut louer les services d'un étudiant pour réaliser des copies... L'engrenage se révèle infernal, mais le trio a de la ressource. Polar hautement divertissant, retors et filant bon train, Portes ouvertes apporte la preuve qu'être voleur, ça ne s'improvise pas ! Rankin mène avec éclat cette fable pas très morale et nous surprend en alliant l'humour un rien cynique du Westlake de la série Dortmunder à l'efficacité trépidante d'un film comme Ocean's Twelve.

Auteur : Né en 1960 dans le comté de Fife, Ian Rankin est l’auteur de polars le plus célèbre de Grande-Bretagne et l’un des plus lus du monde grâce à la série de l'inspecteur Rebus. Il a obtenu toutes les récompenses imaginables, dont un Edgar Award et le Diamond Dagger pour l’ensemble de son œuvre, qui est traduite en vingt-deux langues. Il vit en famille à Edimbourg.

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Je connaissais le nom de cet auteur mais je ne l'avais jamais lu, alors lorsque son nouveau livre a été proposé en partenariat par New Books, je n'ai pas hésité.
Trois gentlemen écossais, amateurs d'art ont une vie bien rangée où ils s'ennuient un peu. Il y a Mike Mackenzie, 37 ans, ayant fait fortune dans l'informatique, Allan Cruikshank presque 50ans, chargé de la gestion des grands comptes à la First Caledonian Bank et Robert Gissing, directeur de l’Institut d’Art, bientôt à la retraite. Ce dernier a un jour l'idée de profiter de la journée « Portes ouvertes » de la National Gallery d’Edimbourg pour dérober quelques tableaux oubliés dans un entrepôt où sont les réserves du musée. « Aider ces malheureux tableaux emprisonnés à s'évader. » Il propose à ses deux amis que réaliser avec lui le braquage parfait. Le plan imaginé fait appel à étudiant des Beaux Arts capable de réaliser des copies des tableaux et de substituer les faux tableaux aux vrais... Mais bien sûr, cela ne se passera pas tout à fait comme prévu...
Voilà un roman policier très plaisant à lire, le lecteur suit la préparation, la réalisation et les suites du braquage avec des retournements de situations et des surprises...

Merci à News Book et aux Éditions Du Masque pour m'avoir de permis de découvrir ce livre.

Extrait : (page 9)
Mike les avait repérées. Deux portes jumelles, dont l’une, en s’ouvrant, faisait se refermer l’autre. Chaque fois qu’un serveur en livrée poussait la première pour apporter les plateaux de petits-fours dans la salle des ventes, l’effet était le même : elle s’ouvrait à la volée sur son passage, tandis que sa voisine se refermait doucement. Ce qui en disait long sur la qualité des œuvres exposées, songea Mike. Il s’intéressait davantage aux réactions des portes de l’office… Mais non. En toute honnêteté, l’expo n’y était pour rien. C’était plutôt de lui qu’il s’agissait.
Mike Mackenzie avait trente-sept ans, il était riche et s’ennuyait ferme. A en croire les pages financières des journaux spécialisés, il était le type même du self-made man, un de ces jeunes « rois de l’informatique » dorés sur tranche – sauf qu’il ne régnait plus sur grand-chose depuis que sa boîte avait été revendue clés en main à un consortium d’investissement. Selon certaines rumeurs, peut-être fondées, Mike était même un cas typique de dépression professionnelle. Fraîchement émoulus de la fac, lui et son copain Gerry Pearson avaient lancé leur start-up. Gerry avait le génie de la programmation, mais ni l'étoffe ni le culot d'un directeur commercial, et Mike s'était vite retrouvé aux commandes du secteur relations extérieures de leur petite entreprise. Après le rachat de la boîte, ils avaient partagé entre eux le produit de la vente puis, sans crier gare, Pearson lui avait annoncé qu'il déménageait pour l'Australie.

Challenge 3%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
18/21

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Grande-Bretagne / Écosse

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02 septembre 2011

Eleven - Mark Watson

eleven Albin Michel – mai 2011 - 346 pages

traduit de l'anglais par Esther Ménévis

Titre original : Eleven, 2010

Quatrième de couverture :
La nuit, Xavier Ireland anime avec passion une émission de radio pour les Londoniens, à l’écoute de leurs espoirs, leurs peurs, leur doutes. Le jour, c’est un solitaire, un homme volontairement coupé du monde. Jusqu’à sa rencontre avec une femme de ménage peu ordinaire qui va l’obliger à se confronter aux fantômes de son passé. Qu’il le veuille ou non, le destin de Xavier est lié à celui des autres, et le plus infimes de ses actes peut déclencher une série d’événements susceptibles d’affecter inéluctablement la vie de onze de ses concitoyens. Il y a au moins onze bonnes raisons de lire le roman élégant, subtil et désespérément drôle (pour n’en citer que trois) du comédien anglais Mark Watson. Libre à vous de découvrir les autres !

Auteur : Mark Watson, né en 1980 à Bristol, a suivi des études d'anglais à Cambridge avant de se lancer dans le théâtre. A la fois écrivain, metteur en scène et comédien, cet Anglais très facétieux est devenu célèbre pour ses one man shows couronnés de nombreux prix. Se produisant avec succès à la radio comme à la télévision, il cultive un sens de l'humour où l'autodérision le dispute à son engagement écologique, comme en témoigne son essai, Crap at the Environment, paru en 2008. Il est également l'auteur de deux romans non traduits, Bullet Points (2004), et A Light-hearted Look at Murder (2007).

Mon avis : (lu en août 2011)
Voilà un livre pris à la bibliothèque avant de partir en vacances, c’est la couverture « vendeuse » qui m’a encouragé à le choisir.
Xavier Ireland est un australien, grand, les yeux bleus. Il vit à Londres depuis plusieurs années et il co-anime une émission de radio la nuit avec Murray. Il est très apprécié par ces auditeurs pour son écoute et ses conseils rassurants. Dans sa vie personnelle, il est célibataire, solitaire passionné de Scrabble. Son collègue Murray l’entraîne un jour à un speed dating. Xavier n’était pas venu chercher l’amour, mais il y trouve une femme de ménage… Une femme de ménage haute en couleur ! Il s’agit de Pipa, ancienne lanceuse de disque, elle est pleine d’énergie et de joie de vivre.
Une rencontre qui va bouleverser la vie de Xavier.
Un livre plein d’humour, facile à lire et plutôt sympathique. Bonne lecture d’été.

Extrait : (début du livre)
Dans un parking à l'arrière d'un immeuble en béton, à l'ouest de la ville, un renard fluet va et vient furtivement en quête de chaleur, laissant de coquettes traînées d'empreintes dont s'émerveilleront les lève-tôt dans quelques heures. Cinq étages plus haut, à travers le voile neigeux de la fenêtre d'un studio de radio, Xavier Ireland regarde l'animal chercher un recoin dans l'ombre d'un conteneur de tri sélectif. 
"A votre place je resterais à l'abri, bien au chaud, conseille-t-il à son auditoire londonien invisible, et je continuerais à appeler. Dans quelques instants, nous entendrons l'histoire d'un homme marié trois fois... et trois fois divorcé ! 
- Aïe !" s'exclame Murray, coprésentateur et producteur de l'émission, avec la banalité qui le caractérise. Il tape sur un bouton pour lancer la chanson suivante. 
"C'est très joli dehors, déclare Xavier. 
- Ça va être le ca-ca-ca-chaos demain matin", bégaie Murray. 

En 2003, Xavier travaillait comme coursier dans cette station de radio, préparant le café, branchant les câbles, quand il a vu la neige pour la première fois. Immigré d'Australie quelques semaines plus tôt seulement, il avait changé de nom - il s'appelait jusqu'alors Chris Cotswold - et s'était voué corps et âme à refaire sa vie dans cette contrée lointaine, où il avait vécu tout petit mais jamais depuis. Il était impressionné, alors comme aujourd'hui, par la légèreté, la fragilité de chaque flocon, et par les quantités qu'il en fallait pour tapisser la rue. Mais l'étrangeté du spectacle et le froid glacial lui rappelaient aussi que la majeure partie de la surface terrestre s'étendait désormais entre lui et son pays, ses amis. 
Progressivement, il fut promu de coursier à assistant de Murray, puis les rôles finirent par s'inverser, et c'est maintenant lui qui joue le rôle de conseiller auprès de leurs nombreux fidèles insomniaques. 
"Je me demande ce qui cloche chez moi", s'interroge l'auditeur actuellement en ligne, un professeur de cinquante-deux ans qui vit seul en bordure d'un lotissement du Hertfordshire. 
La liaison vacillante avec son mobile coupe la moitié de ses phrases. Murray se passe le doigt sur la gorge pour suggérer de prendre un autre appel - celui-ci a déjà duré trois bonnes minutes -, mais Xavier secoue la tête. 
"C'est vrai quoi ! Je suis quelqu'un de convenable", continue le prof déprimé. Il s'appelle Clive Donald et, après ce coup de téléphone, il tâchera d'arracher quelques fragments de sommeil à ce qu'il reste de la nuit, avant de se réveiller, d'enfiler un costume gris et de monter dans sa voiture, un cartable fatigué contenant trente cahiers d'exercices de maths sur la banquette arrière. "Je... je donne à une association, par exemple. Je m'intéresse à pas mal de choses. Il n'y a rien qui cloche - manifestement - chez moi, disons. Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à faire fonctionner un couple ? Pourquoi est-ce que je commets toujours des erreurs ? 
- C'est trop facile de supposer que tout est de votre faute", lui dit Xavier, ainsi qu'à tous ceux qui l'écoutent chez eux dans toute la capitale. "Croyez-moi, j'ai passé des mois, des années en fait, à revivre mes erreurs. Et puis finalement, je me suis forcé à arrêter d'y penser." 
Suffisamment réconforté pour trouver au moins la volonté d'aller se coucher, Clive remercie enfin Xavier et prend congé. 
Murray tape sur un bouton. 
"Et maintenant les joies des infos et du bulletin trafic ! s'exclame-t-il. A tout de suite !" 
Il sort dans le couloir et entrouvre une porte coupe-feu pour fumer une cigarette dans le froid rigoureux. La neige tombe avec une violence qui n'a rien de british, on dirait de la grêle ou du grésil plutôt que le joli duvet qui passe habituellement pour de la neige. Xavier boit une gorgée de café dans un mug jaune où apparaissent les mots "BIG CHEESE" et le dessin d'un morceau de fromage. Un cadeau de Noël fait par Murray il y a quelques années et qui, avec sa fonctionnalité plutôt criarde et sa taille encombrante, ressemble assez à l'auteur du présent. 
Quelques kilomètres plus loin, une Big Ben grelottante - à peine visible du studio les nuits plus dégagées - sonne deux coups. 
"Voici les titres", dit une femme à des kilomètres de là, dont la voix, presque blanche, est diffusée simultanément sur des stations émettant dans tout le territoire du Royaume-Uni. "Dans quelques heures, le pays se réveillera sous la plus importante chute de neige depuis dix ans." 
Quelle drôle de formule, se dit Xavier : "Le pays se réveillera", comme si le Royaume-Uni était un immense internat silencieux qui se réveille au son de la cloche du matin. Dans la seule capitale, comme en témoigne le succès de la plage de quatre heures occupée par son émission, il existe une immense communauté fantôme de Londoniens passant une nuit blanche pour toutes sortes de raisons : horaires de travail, passe-temps inhabituel, culpabilité, peur, maladie - ou, bien sûr, leur enthousiasme pour l'émission. Xavier regarde à nouveau la vitre obstruée et imagine Londres, immobile et enneigée, qui s'étend sur des kilomètres à la ronde. Il essaie de se représenter Clive Donald, le prof de maths : il raccroche lentement le combiné et met la bouilloire à chauffer, sort instinctivement deux mugs d'un placard, en repose un. Xavier pense à tous ses interlocuteurs réguliers : les routiers qui tripotent le bouton quand le signal s'affaiblit sur la M1 à la sortie de Londres, les vieilles dames qui n'ont personne à qui parler. Puis son esprit s'attarde vaguement sur le demi-million de Londoniens en service de nuit, juste au-delà des limites du parking et de son renard furtif, de ses recoins silencieux et, ce soir, des tranchées formées par l'amoncellement de neige. 

L'un des élèves de Clive, Julius Brown, dix-sept ans, obèse de cent trente kilos, pleure en silence dans sa chambre. Malgré des séances régulières au club de gym, il n'arrive pas à combattre l'obésité. A l'âge de quatorze ans, il a commencé un traitement contre l'épilepsie, qui a entre autres eu pour effet secondaire une prise de poids alarmante, et bien qu'aucun médecin ne puisse réellement l'expliquer, son corps continue de se dilater presque à vue d'oeil chaque fois qu'il mange. Ses journées au lycée sont ponctuées d'insultes : on fait des bruits de pet quand il s'assoit, des bandes de filles éclatent de leur rire impénétrable quand il passe dans la cour. Même s'il a choisi trois matières pour le bac, dont informatique, et veut être concepteur de logiciels, il s'imagine qu'il finira dans un service d'assistance téléphonique pour des clients sveltes dont l'ordinateur refuse de démarrer. Il n'a pas besoin de regarder dehors pour sentir que la neige tombe : il faisait un froid de canard quand il a pris le bus pour rentrer du restaurant où il travaille parfois le soir. Il donnerait tout pour que les cours soient annulés demain. 

D'autres pensent exactement le contraire, telle Jacqueline Carstairs, mère d'un garçon un peu plus jeune que Julius. Journaliste free-lance, elle tape sur le clavier avec la rapidité et l'agressivité d'un pianiste rock. Son mari a accepté d'emmener leur fils Frankie à l'école demain matin, pour qu'elle puisse veiller tard et terminer un article sur le vin chilien. A condition que le collège ne ferme pas, elle aura le temps de travailler tranquille demain aussi. D'une ouïe affinée par les années passées à veiller sur son fils, elle décèle les bruits ultradoux, quasi indétectables de la neige atterrissant sur le conteneur à plastique dehors. Elle tape dans un moteur de recherche le nom d'un acteur chilien basé en Grande-Bretagne qui participe à la campagne de promotion du vin auquel elle consacre son article. Une nuit de février à glacer le sang. La neige s'abat sur Londres. Les flocons dansent dans les faisceaux de néon des lampadaires et se déposent en écharpe aux cols des voitures en stationnement. 

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

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30 août 2011

La locomotive du Club des Cinq – Enid Blyton

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Hachette – 1961

Hachette - 1970

Hachette - 1981

Hachette - 1984 - 181 pages

Hachette - décembre 1987 -

Hachette - 1991

Hachette - 1996

Hachette – décembre 1999 – 154 pages

Hachette – décembre 2007 – 215 pages

Titre original : Five go to mistery moor, juillet 1954

Quatrième de couverture :
Les célèbres « Cinq » - François, Michel, Claude, Annie et le chien Dagobert - forment vraiment une équipe imbattable. Les aventures semblent naître sous leurs pas. Celle-ci, plus surprenante encore que les autres, a pour cadre la lande bretonne sur laquelle plane un brouillard épais. Un avion tourne en rond et laisse tomber une pluie de dollars... Une locomotive apparaît où personne ne l'attend...
Que de péripéties palpitantes et angoissantes aussi ! Le brave Dago lui-même prend sa part des périls, et c'est un peu grâce à lui, grâce surtout à leur courage et à leur ingéniosité, que les Cinq réussissent à mettre fin aux agissements d'une bande de faussaires. Hurrah pour le Club des Cinq !

Auteur : Enid Mary Blyton est une romancière britannique, spécialisée dans la littérature pour enfants, née le 11 août 1897 dans le faubourg d'East Dulwich, à Londres et morte le 28 novembre 1968 à Hampstead, dans la banlieue nord de Londres. On lui doit entre autres Le Club des Cinq (the Famous Five en anglais), Le Clan des Sept (The Secret Seven), Oui-Oui (Noddy). Ses romans, connus dans le monde entier, ont été vendus à plus de quatre cents millions d'exemplaires, traduits dans plus de quarante langues différentes.

Mon avis : (relu en août 2011)
Annie et Claude passent des vacances dans une ferme avec des chevaux, sans les garçons. Claude regrette que François et Mick ne soient pas là. Elle a du mal à supporter la présence d'une autre fille garçon manqué (Paulette) qui se fait appeler Paule. Finalement, les garçons vont rejoindre les filles et le Club des Cinq est réuni. Ils n'attendent plus qu'une aventure pour vraiment réussir leurs vacances... En allant se promener sur la Lande du Mystère, le Club des Cinq découvre des rails très vieux et tout rouillés. Après le récit d'une vieille histoire sur la Lande des Brumes par le vieux Baudry, le maréchal-ferrant, toute la bande va partir camper dans la lande et l'aventure n'est pas loin...
Avec cette dernière lecture de Bibliothèque Rose pendant l'été s'achève le Challenge organisé par George, et je me suis beaucoup amusée à relire ces livres... C'est une très bonne façon de se redonner un petit coup de jeunesse !

Extrait : (page 33)
Elle alla visiter la chambre improvisée des garçons. On leur avait assigné une petite écurie où ils seraient seuls avec le cheval des gitans qui, la jambe bandée, sommeillait sur la litière. Annie le caressa; il n'était pas beau du tout, mais ses bons yeux le rendaient sympathique.
  La paille ne manquait pas. Mme Girard avait apporté plusieurs couvertures. Les garçons auraient des couches moelleuses. Annie les enviait
  « Vous passerez simplement la nuit ici, dit-elle, et vous viendrez faire votre toilette à la maison... Comme ce foin et cette paille sentent bon ! J'espère que Pompon restera tranquille et ne vous réveillera pas.
  - Pas de danger, dit François. Après une journée au grand air, nous dormirons comme des loirs. Je me plais beaucoup dans cette ferme, Annie. C'est si calme et M. et Mme Girard sont si gentils ! »
  Claude passa sa tête à la porte.
  « Je vous prêterai Dagobert si vous voulez, dit-elle, désireuse de rentrer en grâce.
  - Tiens, Claude ! Non, merci. Je ne tiens pas particulièrement à ce que ce vieux Dago tourne en rond sur moi toute la nuit, dit François. Regardez, il me montre comment il faut faire un trou dans la paille avant de s'y coucher. Dago, veux-tu sortir de mon lit ! »
  Dagobert grattait énergiquement avec ses pattes, comme s'il voulait s'enfouir dans cette masse douillette et odorante. Il leva la tête vers François.
  « Il rit », dit Annie
  On aurait juré, en effet, qu'il riait. Annie le caressa; il lui lécha la joue et se remit à la besogne.
  Quelqu'un arrivait en sifflant.
  « Voici deux oreillers de la part de Mme Girard; elle a dit que vous en auriez besoin.
  - Merci beaucoup, Paule, dit François en les prenant.
  - C'est très gentil de les apporter, Paulette, dit Claude.
  - C'est un plaisir pour moi, Claudine », riposta Paule. Les garçons éclatèrent de rire.
  Par bonheur une cloche sonna pour annoncer le dîner. Les Cinq se dirigèrent vers la ferme. Le goûter était oublié depuis longtemps.
  Le soir, avant de se mettre à table, les filles devaient remplacer leur short ou leur pantalon par une tenue plus féminine. Annie, Paule et Claude se dépêchèrent de se changer. Mme Girard leur accordait toujours dix minutes de grâce, mais tout le monde devait être dans la salle à manger quand le second coup de cloche retentissait.

Challenge Le Club des 5
logo_club_des_5
10/10
 

Déjà lu du même auteur :

C5_1971x  Le Club des Cinq  CB_contre_attaque_1966 Le Club des Cinq contre-attaque
c5_le_club_des_cinq_et_les_saltimbanques_66 Le Club des Cinq et les saltimbanques  
Le_club_des_cinq_en_roulotte_76 Le Club des Cinq en roulotte

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25 août 2011

Le Club des Cinq en roulotte – Enid Blyton

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Hachette – 1959

Hachette - 1976

France Loisir – 1979

Edito Service SA Genève – 1981

Hachette – 1988

Hachette – 1996

 

Titre original : Five have a wonderful time, septembre 1952

 

Quatrième de couverture :
Deux belles roulottes toutes pimpantes, dans un grand pré où fleurissent les primevères c'est là que le club des Cinq va passer ses vacances.
François, Mick, Annie, Claude et Dagobert sont loin de prévoir, dans le calme des premiers jours, l'aventure extraordinaire qui va les bousculer et les entraîner dans son tourbillon.
Les membres du fameux club sont maintenant... six ! Ils ont avec eux jo, la petite gitane, grâce à qui ils vont devenir amis avec de pittoresques saltimbanques : Buffalo et son fouet, Carmen et sa marmite, Tony, Balthazar, et combien d'autres encore qui vont faire de cette aventure une histoire palpitante.

Auteur : Enid Mary Blyton est une romancière britannique, spécialisée dans la littérature pour enfants, née le 11 août 1897 dans le faubourg d'East Dulwich, à Londres et morte le 28 novembre 1968 à Hampstead, dans la banlieue nord de Londres. On lui doit entre autres Le Club des Cinq (the Famous Five en anglais), Le Clan des Sept (The Secret Seven), Oui-Oui (Noddy). Ses romans, connus dans le monde entier, ont été vendus à plus de quatre cents millions d'exemplaires, traduits dans plus de quarante langues différentes.

Mon avis : (relu en août 2011)
Deux savants, dont l'un a travaillé avec oncle Henri, ont mystérieusement disparus. Claude rejoint ses cousins près de Château-Mauclerc pour des vacances en roulottes. Sur le terrain, où sont installées les roulottes, des gitans viennent s'installer, ils ne sont pas très aimables avec le Club des Cinq. Ils vont même les chasser du terrain. Heureusement, Jo, une petite gitane rencontrée lors d'une précédente aventure, arrive pour voir son oncle Alfredo, le mangeur de feu et les gitans deviennent des amis. Mais que ce passe-t-il dans la tour du château en ruines... Le Club des Cinq ne va pas hésiter à mener son enquête et se lancer dans une aventure palpitante...

Depuis que je relis des Club des Cinq, j'ai remarqué qu'il y est très souvent question de repas et le menu est décrit avec beaucoup de précision... surtout en début d'aventure, ensuite les péripéties sont plus importantes que les repas...
p.16 – petit déjeuner chocolat et tartines beurrées
p.34 – déjeuner : des saucisses, des pommes de terre, du fromage et une crème à la vanille
p.46 – dîner : jambon avec cornichon, des pâtes au fromage, une orange
p.67 – déjeuner : salade de tomates, côtelettes d'agneau grillées, pommes de terre cuites sous la cendre, fromage et abricots en conserve.
p.165 – « dîner de haute fantaisie » : des sardines, des œufs durs, une terrine de pâté et une grand pot de confiture de fraises.
Je n'ai pas répertorié ici les glaces, les goûters et les dégustations de crêpes...

Challenge Le Club des 5
logo_club_des_5
8/10

 

Déjà lu du même auteur :

C5_1971x  Le Club des Cinq  CB_contre_attaque_1966 Le Club des Cinq contre-attaque
c5_le_club_des_cinq_et_les_saltimbanques_66 Le Club des Cinq et les saltimbanques

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20 août 2011

Le crime de l'Orient-Express – Agatha Christie

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Le Club des masques – 1935 – 255 pages
Masque – 1953 -
Le Livre de Poche – 1966 – 256 pages
Livre de Poche – 1977 – 287 pages
Edito-Service S.A – 1984 – 192 pages
Livre de Poche Jeunesse - 1994 – 313 pages
Éditions du Masque – mai 1996 – 285 pages
Livre de Poche – 1997
Le Masque – juin 1998 -
Le Masque – septembre 1999 – 251 pages
Livre de Poche - novembre 2001 – 218 pages
Livre de Poche Jeunesse – septembre 2001 – 407 pages
Le Club des masques – octobre 2003 – 254 pages
Hachette – 2004 – 315 pages
Livre de Poche Jeunesse - août 2007 – 412 pages
Feryane – mai 2009
Bandes dessinées : éditions Emmanuel Proust - avril 2010 - Riviere, Francois; Solidor

Titre original : Murder on the Orient Express, 1934

Quatrième de couverture :
Le train est aussi dangereux que le paquebot ", dit Hercule Poirot... Le lendemain, dans un wagon de l'Orient-Express bloqué par les neiges yougoslaves, on découvre le cadavre d'un Américain lardé de douze coups de couteau. L'assassin n'a pu venir de l'extérieur : voici donc un huis dos, le plus fameux, peut-être, de toute la littérature policière, où, pour mener son enquête, le petit détective belge a le choix entre une princesse russe, une Américaine fantasque, le secrétaire de la victime, un couple de Hongrois distingués, l'inévitable colonel de retour des Indes, les domestiques de ce beau monde et le contrôleur du wagon. Un meurtre incompréhensible, à moins qu'on ne puisse établir que tous ces voyageurs sont moins étrangers les uns aux autres qu'ils ne veulent bien le prétendre...

Auteur : Née à Torquay le 15 septembre 1890, créatrice du fameux détective belge Hercule Poirot, de la surannée Miss Marple et du duo infernal Tuppence et Berresford, Agatha Christie est encore considérée comme la reine du crime. Élevée dans un milieu bourgeois, la jeune Agatha se trouve vite orpheline de père, développant son aptitude à l'écriture sous le regard bienveillant d'une mère. Infirmière lors de la Deuxième Guerre mondiale, elle apprend l'usage des drogues, ce qui lui sert plus tard lorsqu'à la suite d'un pari avec sa sœur, elle publie son premier roman en 1920 'La Mystérieuse affaire de Styles', où apparaît Hercule Poirot. Miss Jane Marple fait, quant à elle, son apparition dans 'L' Affaire Prothéro' en 1930, dénouant les énigmes le temps d'un tricot, bien calée dans son fauteuil, très Old England, tasse de thé à la main. Suivant son deuxième mari archéologue lors de ses missions, Agatha Christieypuisel'inspiration pour ses romans policiers, trouvant dans le mal du pays sur les dunes d'Égypte où dans sa chambre du Winter Hotel, pour écrire des intrigues passionnantes se déroulant au pays de la Perfide Albion. Nombre de ses romans seront adaptés au cinéma et à la télévision : 'Mort sur le nil', 'Le Crime de l'Orient-Express' où Pete Ustinovtientlerôle d'Hercule Poirot... Elle pose les bases du roman policier, obéissant à un système toujours identique mais constamment renouvelé par la variété des histoires et surtout sa manière de capter le lecteur, l'obligeant à essayer de découvrir le coupable avant qu'il ne soit dévoilé. Ainsi, la folie, la soif de vengeance, la cupidité sont les causes récurrentes du meurtre, dénoncées habilement par Agatha Christie. Désormais honorable Lady pleine d'humour, elle s'éteint en 1976. Ses ventes phénoménales n'ont pour seuls rivaux que Shakespeare ou la Bible. Agatha Christie est décédée à Wallingford le 12 janvier 1976.

 

Mon avis : (relu en août 2011)
C’est l'un des plus célèbres roman d’Agatha Christie. Hercule Poirot est de retour pour Londres dans l'Orient Express. C'est l'hiver et pourtant il n'y a plus de place à bord, heureusement Hercule Poirot connaît le directeur de la compagnie, qui lui trouvera une place à bord. Au cours de la seconde nuit, l'un des passager est assassiné. La neige a immobilisé le train empêchant l'assassin de s'enfuir. Voilà donc un huis clos, avec une dizaine de suspects très éclectiques, l'enquête s'annonce difficile mais passionnante. C'est Hercule Poirot qui mènera cette enquête riche en indices, témoignages et suppositions...

Comme d'habitude chez Agatha Christie une intrigue admirablement construite avec de nombreux détails qui tiennent en haleine le lecteur suit le raisonnements implacables du fameux détective avec beaucoup de plaisir. Après cette relecture, j'ai pris également plaisir à voir le film de Sidney Lumet.

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Adaptation cinématographique : En 1974, film anglais de Sidney Lumet avec Albert Finney, Lauren Bacall, Martin Balsam, Ingrid Bergman, Jacqueline Bisset

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Adaptation à la télévision : En 2010, série télévisée Hercule Poirot, saison 12 épisode 4, avec David Suchet sur ITV.
 

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Lu pour le Baby Challenge - Polar organisé par Livraddict
Livre 15/20 Médaille de bronze

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

Lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie
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02 août 2011

Le Club des Cinq et les saltimbanques – Enid Blyton

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Hachette – 1965 – 256 pages

Hachette – 1976 – 186 pages

Hachette – 1982 – 183 pages

Hachette – 1985 – 183 pages

Hachette – 1988 – 188 pages

Hachette – 1995 – 183 pages

Hachette - décembre 1999 – 183 pages

Titre original : Five go off in a caravan, novembre 1946

Quatrième de couverture :
Annie croyait pouvoir passer enfin des vacances paisibles. Eh bien, non ! Voilà une mêlée dans le noir   entre  un acrobate,  un clown et un   chimpanzé !... Voilà François en équilibre sur le toit  d'une   roulotte  coincée  au bord   d'un précipice !...
Voilà une fois de plus les célèbres Cinq entraînés malgré eux dans une aventure bien périlleuse pris au piège, leur situation semble sans issue. Mais c'est compter sans leur nouvel ami à quatre mains.

Auteur : Enid Mary Blyton est une romancière britannique, spécialisée dans la littérature pour enfants, née le 11 août 1897 dans le faubourg d'East Dulwich, à Londres et morte le 28 novembre 1968 à Hampstead, dans la banlieue nord de Londres. On lui doit entre autres Le Club des Cinq (the Famous Five en anglais), Le Clan des Sept (The Secret Seven), Oui-Oui (Noddy). Ses romans, connus dans le monde entier, ont été vendus à plus de quatre cents millions d'exemplaires, traduits dans plus de quarante langues différentes.

Mon avis : (lu ou relu en juillet 2011)
Le Club des 5 est en vacances dans la Villa des Gauthier non loin de Grenoble. Lorsqu'un cirque passe non loin d'eux, ils ont l'idée de partir en roulottes pour suivre le cirque et Pancho, le jeune garçon du cirque, avec qui ils avaient sympathisé. Arrivés au Lac Vert, ils retrouvent le cirque mais ils ne sont pas les bienvenus... Pancho est heureux de retrouver les enfants, il leur présente Bimbo, le chimpanzé, ainsi que Flic et Flac les chiens savants. Mais Carlos, l'oncle de Pancho, et Lou, l'acrobate, ne veulent pas que le Club des Cinq reste avec le cirque...
Voilà une aventure du Club des Cinq dont je ne gardais aucun souvenir... Peut-être que je ne l'avais jamais encore lu ?

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Illustration Jeanne Hives

Extrait :
Le lendemain matin, de bonne heure, Annibal fut amené par son propriétaire.
François alla chercher Nestor, qui broutait dans le pré. Les deux chevaux approchèrent leurs têtes l'une de l'autre et poussèrent des hennissements dont la cordialité ne faisait aucun doute.
« Ils ont l'air de sympathiser, constata Mick avec satisfaction. C'est très important ! »
Les enfants harnachèrent les chevaux et les attelèrent. Nestor, le cheval gris pommelé, fut attelé à la roulotte verte - celle des garçons - et Annibal, le cheval noir, à la roulotte rouge, celle des filles.
Annibal se montra parfaitement calme. Tandis qu'on le harnachait, Nestor secoua sa crinière et tapa du sabot, comme s'il avait hâte de partir.
Quant à Dagobert, il s'intéressait grandement à tout ce remue-ménage. Il visita à fond les roulottes, trouva un petit tapis qui lui plut et se coucha dessus.
 « Si nous partons dans ces drôles de petites maisons sur roues, voilà le coin que je me suis choisi », semblait-il dire.
 Enfin, François inspecta une dernière fois sa roulotte, puis il s'installa sur le siège du conducteur et donna le signal du départ.
 « Nous conduirons chacun notre tour, dit-il. Je te passerai les guides plus tard, Mick. Et vous, les filles, comment comptez-vous faire ?
 - C'est Claude qui conduit, bien entendu ! dit Annie en riant!
 - Je laisserai Annie conduire de temps en temps, promit Claude. Mais il me semble que ce n'est pas son affaire. Elle est trop timide. Alors, tu démarres, François ? Tiens ! Comment se fait-il qu'il disparaisse juste au moment de nous mettre en route ?

 

Challenge Le Club des 5
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6/10

Déjà lu du même auteur :

C5_1971x  Le Club des Cinq CB_contre_attaque_1966 Le Club des Cinq contre-attaque

 

Pour info : Le week-end dernier, un article spécial Club des Cinq est paru dans Le Cahier d'été de Libération 1312157282

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21 juillet 2011

Le gang des mégères inapprivoisées – Tom Sharpe

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Belfond – février 2010 – 231 pages

 

10/18 – février 2011 – 224 pages

 

traduit de l'anglais par Daphné Bernard

 

Titre original : The Gropes, 2009

 

Quatrième de couverture :
Dans le Northumberland, depuis des générations, les dames Grope font régner la terreur autour d'elles. Signes distinctifs : un physique ingrat, une nature antipathique et des pulsions castratrices inversement proportionnelles à leur volonté de se reproduire. Qu'à cela ne tienne ! Chez les Grope, on kidnappe les hommes de mère en fille. Une coutume familiale dont le jeune Esmond Burnes va faire les frais... Forcé de se réfugier chez son oncle suite à une agression alcoolisée de son père, l'innocent garçon va tomber entre les griffes de sa tante Belinda, née Grope, épouse frustrée et ménagère forcenée... Disparitions suspectes, soûleries aggravées et torrides accès de folie... Même la police va perdre le fil. Par l'un des maîtres de l'humour british, une nouvelle farce échevelée, explosive et hilarante.


Auteur : Tom Sharpe, le bien nommé (sharp signifie « futé » en anglais), est né en 1928 en Angleterre. Après des études à Cambridge, il sert dans les marines avant de s'installer en 1951 en Afrique du Sud. Travailleur social puis professeur, il dirige également un studio de photographie. Dix ans plus tard, Tom Sharpe est expulsé pour avoir écrit et monté une pièce contre le régime de l'apartheid. De 1963 à 1972, il enseigne l'histoire au College of Art and Technology de Cambridge. Reconnu depuis Wilt 1 comme l'un des plus grands humoristes anglais contemporains, Tom Sharpe a reçu en 1986 le Grand Prix de l'humour noir pour l'ensemble de son œuvre. Tom Sharpe s'est aujourd'hui installé en Catalogne, pour fuir le système de santé britannique, comme il se plaît à le dire.

 

Mon avis : (lu en juillet 2011)

J’ai lu ce livre car il était signalé comme un coup de cœur de la Bibliothèque. Je n’irai pas jusque là, pour ma part, c’est un livre original et amusant.

C’est la première fois que je lis cet auteur qui serait, d’après la quatrième de couverture, « l’un des maîtres de l’humour bristish ».

Le livre commence par l’histoire de la famille Grope, c’est une lignée de femmes dont l’origine remonte à un Viking danois Awgard le Pâle qui avait le mal de mer. Ce dernier a abandonné ses compagnons, rencontré Ursula Grope et ensemble ils s’installèrent dans le comté de Northumberland en Angleterre. La dynastie des Gropes sont des femmes autoritaires, antipathiques et au physique disgracieux… Elles sont les chefs de famille et n’hésitent pas enlever leur futur mari qui ne servira qu’à leur donner une descendance féminine…

Belinda est une demoiselle Grope, mais son mari Albert n’a jamais pu lui donner d’héritière. Celui-ci a une sœur Vera et un beau-frère Horace qui ont un fils unique Esmond. Ce dernier est venu passer quelques jours chez son oncle et sa tante pour fuir son père qui le menaçait de mort. Cela va donner des idées à Belinda et pour suivre les traditions familiales des Grope, elle va kidnapper Esmond…

Voilà une histoire totalement farfelue et rocambolesque à la limite de la caricature dont la fin m’a semblée un peu bâclée… Je me suis bien amusée à lire ce livre !

 

Extrait : (début du livre)
C’est une des particularités les plus surprenantes de la vieille Angleterre : des familles entières vivent dans des maisons construites par leurs ancêtres des siècles auparavant, sur des domaines qui étaient déjà les leurs avant la conquête normande. Les Grope de Grope Hall sont l’une d’entre elles.
Ni riches, ni anoblis et n’ayant jamais été jalousés par des voisins plus puissants ou plus influents, les Grope ont gardé un profil bas, cultivant leur terres qui portent les mêmes noms qu’au XIIe siècle, s’occupant de leurs petites affaires sans s’intéresser le moins du monde à la politique, à la religion ou à quelque sujet susceptible de leur créer des ennuis. La plupart du temps, ce n’était pas de propos délibéré. Cette attitude relevait au contraire d’une bonne dose d’inertie et de la volonté de ne pas être pressurés par une progéniture ambitieuse et énergétique.
Les Grope de Grope Hall peuvent être localisés dans le comté du Northumberland. Ils font remonter leurs origines à un Viking danois, un certain Awgard le Pâle, qui, malade comme un chien pendant la traversée de la mer du Nord, abandonna ses compagnons de raid au beau milieu de la mise à sac du couvent d’Elnmouth. Au lieu de violer quelques nonnes, comme c’était la règle, il se jeta aux pieds de la sœur servante, qu’il avait croisée dans le fournil et qui se demandait si elle avait envie ou non de se faire violer. Pas belle pour un sou et ayant déjà été laissée pour compte lors de deux précédents raids vikings, Ursula Grope fut ravie d’être choisie par le bel Awgard ; elle l’emmena loin de l’orgie dégoûtante qui se déroulait dans le couvent et le conduisit dans la vallée solitaire de Mosedale, à la cabane en tourbe dans laquelle elle était née. Le retour de sa fille, dont il espérait être débarrassé à jamais – et en compagnie de l’immense Awgard le Pâle -, terrifia si fort son simple porcher de père qu’il n’attendit pas de vérifier les intensions réelles du Viking et prit ses jambes à son cou. La dernière fois qu’on l’aperçut, il vendait des marrons chauds près de York. Forte d’avoir épargné à Awgard les horreurs d’une traversée de retour, Ursula insista pour qu’il sauve son honneur de religieuse inviolée et fasse son devoir. C’est, dit-on, l’origine de la maison Grope.
Awgard changea son nom en Grope. Les quelques habitants de Mosedale furent tellement terrorisés par sa taille et ses accès de mélancolie qu’Ursula, désormais Mme Grope, eut l’occasion de mettre la main sur des milliers d’hectares de landes désertées. Avant de fonder la dynastie des Grope.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

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19 juillet 2011

Le Club des Cinq contre-attaque - Enid Blyton

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Hachette – janvier 1955 -

Hachette – mars 1966 – 191 pages

1982 – 181 pages

Hachette – janvier 1984 – 156 pages

Hachette – janvier 1993 – 220 pages

Hachette – août 2004 – 219 pages

Hachette – mars 2006 – 215 pages

traduit par Arlette Silvain

Illustrations Simone Baudoin

Titre original : Five Run Away Together, 1944

Quatrième de couverture :
Voici les vacances revenues, à la grande joie du « Club des Cinq ». De nouveau les quatre amis et leur chien Dagobert se retrouvent au bord de la mer, à Kernach, et, cette fois, l'on décide d'aller camper sur une île située dans la baie. Les ruines d'un vieux château s'y dressent encore, sinistres, hantées par des corneilles.
Dans cet ancien repaire de corsaires, les Cinq feront découverte sur découverte : oubliettes, grottes et souterrains. Mais tout y est si étrange, parfois même si inquiétant que les enfants s'interrogent : cette île que l'on dit déserte, ne serait-elle pas habitée ? Mais par qui ?...
Énigme passionnante qui vaudra aux Cinq une nouvelle série d'aventures plus extraordinaires et plus dramatiques encore que toutes celles qu'ils ont déjà vécues.

Auteur : Enid Mary Blyton est une romancière britannique, spécialisée dans la littérature pour enfants, née le 11 août 1897 dans le faubourg d'East Dulwich, à Londres et morte le 28 novembre 1968 à Hampstead, dans la banlieue nord de Londres. On lui doit entre autres Le Club des Cinq (the Famous Five en anglais), Le Clan des Sept (The Secret Seven), Oui-Oui (Noddy). Ses romans, connus dans le monde entier, ont été vendus à plus de quatre cents millions d'exemplaires, traduits dans plus de quarante langues différentes.

Mon avis : (relu en juillet 2011)
Le Club des Cinq est ravi de se retrouver à Kernach pour les vacances d'été. Malheureusement, tante Cécile est malade et Maria, la formidable cuisinière, est partie soigner sa sœur. Oncle Henri a du accompagner sa femme à l'hôpital. Les Cinq vont devoir affronter l'antipathique Madame Friot, son vilain fils Emile et l'affreux chien Théo surnommé Fléaux. La situation est devenue intenable et le Club des Cinq décide de se réfugier sur l'île de Kernach pour passer des vacances agréables... Évidement, le séjour sur l'île ne se passera pas comme prévu !
Je me suis encore bien amusée en relisant ce Club des Cinq. Le face à face Dagobert et Fléaux est formidable !

Extrait : (page 32)
« Oh ! mon Dieu ! » soupira Annie qui se doutait de l'état d'esprit de sa cousine, sachant que Claude adorait sa mère. Elle qui ne pleurait jamais avait pour une fois les larmes aux yeux. C'est qu'il est terrible de rentrer de promenade pour trouver une maison vide, sans père ni mère; rien qu'une Mme Friol et son Emile.
« C'est affreux », gémit soudain Claude en enfouissant sa tête dans les coussins. « Elle... elle ne reviendra peut-être jamais...
- Ne dis pas de sottises, répliqua François en s'asseyant près d'elle et en l'entourant de son bras. Pourquoi ne reviendrait-elle pas ? Voyons, ton père a dit qu'il resterait avec elle jusqu'à ce qu'elle se rétablisse et il t'explique que ce sera l'affare d'une semaine au plus. Du courage, ma vieille. Ça ne te ressemble pas de te laisser aller comme ça.
- Mais je ne lui ai as dit au revoir, murmura Claude entre deux sanglots, et je l'ai ennuyée avec cette histoire de sandwiches au lieu de m'en occuper. Je veux la rejoindre pour avoir de ses nouvelles tout de suite.
- Tu ne sais même pas où on l'a transportée, et même si tu le savais, tu n'aurais probablement pas l'autorisation d'entrer, dit Mick gentiment. Ecoutez, nous devrions goûter, cela nous remettrait d'aplomb.
- Je suis incapable d'avaler une bouchée », rétorqua Claude sauvagement. Dagobert avança le museau pour essayer de lécher ses mains qu'elle tenait enfouies sous sa tête. Il gémit.
« Pauvre Dago, il ne comprend rien à ce qui arrive. Il est bouleversé parce que tu pleures, Claude », murmura Annie.
Claude se redressa ausitôt. Elle se frotta les yeux, et Dago lui donna un bon coup de langue. Il parut surpris du goût salé des larmes et tenta de se hisser sur ses genoux.
« Pauvre vieux Dag, dit Claude d'une voix redevenue plus normale, allons, calme-toi. J'ai eu un choc, voilà tout, mais je vais mieux maintenant. Ne gémis pas comme ça, bêta, je suis saine et sauve. »
Mais Dagobert restait persuadé que pour pleurer de cette manière Claude devait être blessée ou malade, et il continua à geindre et à la caresser avec sa patte en s'efforçant de monter sur le canapé.
François se dirigea vers la porte.
« Je vais dire à Mme Friol que nous voulons goûter », déclara-t-il en sortant. Les autres le suivirent d'un regard admiratif. Affronter Mme Friol témoignait d'un vrai courage.
Quand François pénétra dans la cuisine, il y trouva Emile, une joue plus rouge que l'autre grâce à la vivacité de Claude, et Mme Friol dont le front était loin d'être serein.
« Si cette gamine touche encore à mon Emile, elle aura de mes nouvelles, déclara-t-elle menaçante.

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Challenge Le Club des 5
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4/10

Déjà lu du même auteur :

C5_1971x  Le Club des Cinq

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29 juin 2011

A quand les bonnes nouvelles ? - Kate Atkinson

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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Éditions de Fallois – août 2008 – 366 pages

Livre de Poche – octobre 2009 – 466 pages

traduit de l'anglais par Isabelle Carron

Quatrième de couverture :
Dans un coin paisible du Devon, une petite fille de six ans, Joanna Mason, est témoin d’un épouvantable massacre, dont elle est la seule rescapée. Trente ans plus tard, l’homme qui a été condamné pour ce crime sort de prison. A Edimbourg, Reggie, seize ans, travaille comme nounou chez un médecin, le docteur Hunter. Mais celle-ci disparaît, Reggie est la seule personne qui semble s’en apercevoir...
Enfin, l'inspecteur en chef Louise Monroe retrouve son vieil ami, Jackson Brodie, le détective privé de La Souris Bleue, empêtré dans un mariage malheureux, qui part à la recherche de son fils... Avec humour et maestria, Kate Atkinson brouille les pistes, entremêlant les intrigues et tenant le lecteur en haleine jusqu'aux dernières pages.

Auteur : Kate Atkinson est entrée dans la littérature par la grande porte, en 1996, avec un roman fascinant qui ne ressemblait à rien de connu, Dans les coulisses du musée, qui obtint le Prix Whitbread en Grande-Bretagne et le Prix du Meilleur Livre de l’année en France (« Lire »). Elle a publié depuis quatre autres romans : Dans les replis du temps (1998), Sous l’aile du bizarre (2000), La Souris bleue (2004) qui a obtenu le Prix Westminster du roman anglais, Les choses s’arrangent, mais ça ne va pas mieux (2006), et un recueil de nouvelles : C’est pas la fin du monde (2003). Best-seller en Grande-Bretagne, elle a connu en France des critiques élogieuses et un large public. Elle vit actuellement à Édimbourg.

Mon avis : (lu en juin 2011)
C'est le premier livre que je lis de cette auteur, et pourtant j'ai compris en cours de lecture qu'il était le dernier d'une trilogie mais cela ne m'a pas du tout gêné.
Le livre commence avec le terrible assassinat d'une mère, de deux de ses trois enfants et du chien de la famille, un jour d'été dans la campagne paisible du Devon. Joanna, 6 ans, est le seul témoin, elle réussit à fuir et à se cacher dans un grand champ de blé.
Trente ans plus tard, à Edimbourg, Reggie, 16 ans, est assistante maternelle chez le Docteur Hunter et son mari. Jackson Brodie, détective privé, part à la recherche de son fils...
Au début, j'étais un peu perdue avec tous ces personnages et ses différentes intrigues mais lorsque les premiers liens entre ses différentes histoires paraient j'ai été emportée par ma lecture et à aucun moment je ne me suis ennuyée. Je suis passée par de nombreux sentiments, du rire, aux larmes. La plupart des protagonistes de cette histoire à tiroirs cachent un passé douloureux qui ne les empêchent pas de croire à un avenir meilleur.
J'ai beaucoup aimé la fantaisie de Kate Atkinson qui nous surprend tout au long du livre. Reggie et Joanna sont très attachantes. Quand à Ms MacDonald, le vieux professeur de lettres classiques de Reggie Chase, elle est un haute en couleur avec son « Église de l'Extase à Venir », « un groupe de gens qui croyaient à des trucs incroyables » comme le définit si bien Reggie. Elle m'a souvent bien fait rire.
Après cette lecture vraiment très plaisante, j'ai très envie de lire les deux livres précédents, "La souris bleue" et "Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux".

Ce livre a été lu dans le cadre du Swap à 2 PAL organisé par Lili Galipette, c'est Mrs Pepys qui a choisi ce livre dans sa PAL et me l'a offert pour cette Lecture Commune. Allons voir son billet... 

Extrait : (page 21)
Il parut surgir de nulle part. Elles le remarquèrent parce que le chien se mit à produire un étrange grondement guttural et bouillonnant, que Joanna n’avait encore jamais entendu. Il marchait à toute vitesse dans leur direction et grossissait à vue d’œil. Il émettait un drôle de halètement. On s’attendait à ce qu’il lance « Bel après-midi » ou « Bonjour » au passage car c’était toujours ce que les gens disaient quand on les croisait sur la petite route ou le sentier, mais il ne dit rien. D’habitude leur mère disait « Belle journée » ou « Il fait une de ces chaleurs, vous ne trouvez pas ? », mais cette fois-ci elle ne dit rien. Au lieu de ça, elle se mit à marcher vite en poussant de toutes ses forces sur la poussette. Elle abandonna les sacs de provision dans l’herbe et Joanna s’apprêtait à en ramasser un mais leur mère dit : « Laisse. » Il y avait dans sa voix, sur son visage, quelque chose qui effraya Joanna. Jessica l'attrapa par la main et dit « Dépêche-toi Joanna », sévèrement, comme une grande personne. Ça rappela à Joanna la fois où leur mère avait jeté la cruche à rayures bleues et blanches à la figure de leur père.
À présent l'homme marchait dans la même direction qu'elles, de l'autre côté de leur mère. Leur mère marchait à toute allure et leur dit : « Allez, vite, on suit. » Elle avait l'air hors d'haleine. Puis le chien courut devant l'homme et se mit à aboyer et à sauter comme pour tenter de lui barrer le chemin. Sans prévenir l'inconnu lui flanqua un coup de pied qui le catapulta en l'air et le fit atterrir dans le blé. Elles ne le voyaient pas, mais entendaient ses gémissements déchirants. Jessica se mit devant l'homme et lui cria quelque chose en le menaçant du doigt et en avalant de grandes goulées d'air, comme si elle n'arrivait plus à respirer par le nez, puis elle courut dans le champ à la suite du chien.
Ça tournait au vilain. Aucun doute là-dessus.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne, Écosse

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13 mai 2011

La Bonté : mode d'emploi – Nick Hornby

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Plon – octobre 2001 – 300 pages

10/18 – février 2003 – 281 pages

10/18 – mai 2006 – 281 pages

10/18 – mai 2010 – 281 pages

traduit de l'anglais par Isabelle Chapman

Quatrième de couverture :
"Hornby change de genre : ce quatrième roman est écrit à la première personne au féminin. Et ça marche formidablement bien: en quadra anglaise, cet homme-là a tout bon. Non seulement il arrive à se glisser dans notre cerveau, mais, plus fin et plus fort, il épingle les tics masculins qui donnent à n'importe quelles femmes sensées des envies de meurtres. La Bonté: mode d'emploi narre l'histoire de Kate, juste quelqu'un de bien, comme dit la chanson, médecin pour tenter de soulager les maux de ses prochains. Problème, ces derniers temps, ses patients la gonflent sérieusement. Son mari, ses enfants, son amant aussi. Bref, un jour de blues, elles annonce à son époux son intention de divorcer. Que n'avait-elle dit là ? Les premiers ronchonnements d'usage passés, David décide de tenir bon. Sur le papier ça a l'air bien. Dans la vraie vie, c'est le drame."

Olivia de Lamberterie, Elle

Auteur : Nick Hornby est né en 1957. Il est devenu un auteur culte outre-Manche avec ses romans : Haute fidélité, A propos d'un gamin, La Bonté : mode d'emploi, Vous descendez ? (finaliste pour le Whitbread Award), Slam et Juliet, Naked. Il a également écrit des ouvrages de non-fiction, Carton jaune, qui obtient le William Hill Sports Book of the Year Award, et 31 songs, finaliste pour le National book Critics Circle Award. En 1999, Nick Hornby s'est vu remettre l'E.M. Forster Award de l'Académie américaine des Arts et Lettres et remporte en 2002 le W.H. Smith Award For Fiction. Il a signé récemment le scénario du film Une Education, réalisé par Lone Sherfig et nominé aux Oscars. Nick Hornby vit et travaille à Highbury, au nord de Londres.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Katie a la quarantaine, elle est devenue médecin généraliste car elle avait « envie de faire quelque chose de bon – bon comme Bonté – plutôt qu'un métier passionnant ou rentable, ou glamour. » Elle est mariée et fidèle depuis quinze ans à David et ils ont deux enfants. Mais un jour, fatiguée par son métier, par sa vie de couple et de famille non satisfaisante, elle annonce depuis un parking et par téléphone à son mari qu'elle veut divorcer. David ne prend pas au sérieux cette demande et refuse le divorce.
David va bientôt faire la rencontre de D.J. GoodNews, il le guéri d'un lumbago lui en imposant les mains. A son contact, David qui était quelqu'un de grincheux et râleur cherche à devenir quelqu'un de Bon, il se met à penser à son prochain, à organiser des projets caritatifs... Katie ne comprend pas vraiment cette soudaine bonté qui bouleverse la vie de la famille. En effet, D.J. GoodNews occupe maintenant la chambre d'ami, les enfants sont convaincus de se séparer de certains de leurs jouets ou d'inviter des camarades d'école peu aimés...
En poussant les convictions de David à l'extrême, Nick Hornby se livre est une critique de notre société de consommation et des gens bien pensants en créant des situations plutôt cocasses. Un livre qui nous interroge aussi sur nos projets de vie...

Extrait : (début du livre)

Je me trouve au milieu d’un parking à Leeds au moment où j’annonce à mon mari que je ne veux plus être sa femme. David n’est même pas dans la voiture avec moi. Il est à la maison avec les enfants et je lui téléphone sur mon portable pour lui rappeler de faire un mot pour Molly. Le reste, eh bien… le reste m’échappe. Une erreur, c’est sûr. Même si je suis apparemment, et à ma grande stupéfaction, le style de personne capable de dire à son mari qu’elle le quitte, je ne pensais pas être capable de dire une chose pareille au téléphone, au milieu d’un parking. Comme quoi on se fait des idées fausses sur soi-même. Je peux affirmer que j’ai une bonne mémoire des noms, par exemple, puisque j’en ai retenu des milliers et n’en ai oublié qu’un ou deux. Mais mettre fin à son mariage, les gens font ça une bonne fois pour toutes, ou pas du tout. Et si je choisis de la faire sur un portable dans un parking de Leeds, je ne peux pas ensuite prétendre que ce n’est pas mon genre, pas plus que Lee Harvey Oswald n’aurait pu prétendre que ce n’était pas son genre d’assassiner un président. Il faut parfois accepter d’être jugé sur une seule de nos actions.

Plus tard, dans la chambre d’hôtel, alors que je cherche en vain le sommeil – ce qui est en quelque sorte une consolation, car si j’incarne désormais la femme qui brise son ménage au milieu d’un parking, j’ai quand même la décence d’avoir du mal à m’endormir -, je me repasse la bande-son de notre conversation en essayant de comprendre comment nous avons pu à partir d’ici (le rendez-vous de dentiste de Molly) en arriver là (le divorce) en trois minutes. Dix tout au plus. Et interminablement jusqu’à trois heures du matin je me demande comment nous avons pu passer de cela (notre rencontre dans une soirée à la fac en 1976) à ceci (le divorce) en vingt-quatre ans.
Pour tout vous dire, si la seconde partie de cette séance d’introspection se prolonge, c’est parce que vingt-quatre ans, c’est très long, et que les souvenirs affluent, par fragments, dérisoires détails narratifs qui n’ont rien à voir avec l’intrigue principale. Si l’on adaptait au cinéma mes pensées sur mon mariage, les critiques parleraient de délayages, d’absence de tension dramatique, d’histoire sans intérêt : un homme et une femme se rencontrent, tombent amoureux, font des enfants, commencent à se disputer, deviennent gros et grincheux (lui surtout), et s’embêtent, deviennent tristes et grincheux (elle surtout), et se séparent. Je ne discuterai pas ce synopsis. Notre cas est banal.

 

Déjà lu du même auteur :

Slam Slam juliet__naked Juliet, Naked  haute_fidelit__2004 Haute fidélité

Lu dans le cadre du Nick Hornby's Challenge
Nick_Hornby_s_challenge

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Grande-Bretagne

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