29 novembre 2012

L'Affaire Jennifer Jones - Anne Cassidy

l_affaire_Jennifer_Josse_x Milan – mars 2012 – 370 pages

traduit de l'anglais par Nathalie M.C. Laverroux

Titre original : Looking for JJ, 2004

Quatrième de couverture :
Au moment du meurtre, tous les journaux en avaient parlé pendant des mois.
Lies dizaines d'articles avalent analyse l'affaire sous tous les angles. Les événements de ce jour terrible à Berwick Waters. Le contexte. Les familles des enfants. Les rapports scolaires. Les réactions des habitants. Les lois concernant les enfants meurtriers. Alice Tully n'avait rien lu à l'époque. Elle était trop jeune. Cependant, depuis six mois, elle ne laissait passer aucun article, et la question sous-jacente restait la même : comment unie petite fille de dix ans pouvait-elle tuer un autre enfant ?  
Alice Tully. 17 ans, jolie, cheveux coupés très court. Etudiante, serveuse dans un bistrot.
Et Frankie, toujours là pour elle.
Une vie sans histoire.
Mais une vie trop lisse, sans passé, sans famille, sans amis. Comme si elle se cachait.
Comme si un secret indicible la traquait.

Auteur : Pilier de la littérature jeunesse, Anne Cassidy est passionnée par les romans policiers. Mais ce qui l'intéresse n'est pas de découvrir qui est le coupable, mais pourquoi le meurtre a été commis, comment et, surtout, les conséquences de cet événement sur la vie des gens ordinaires.

Mon avis : (lu en novembre 2012)
C'est la blogosphère qui m'a donnée envie de découvrir ce livre destiné aux adolescents et qui est très intéressant à lire également pour les adultes. 
« Au moment du meurtre, tous les journaux en avaient parlé pendant des mois. Des dizaines d'articles avaient analysé l'affaire sous tous les angles. Les événements de ce jour terrible à Berwick Waters. Le contexte. Les familles des enfants. Les rapports scolaires. Les réactions des habitants. [...] La question était : comment une petite fille de dix ans pouvait-elle tuer un autre enfant ? » 
Six après, Alice Tully
 a seize ans, elle est en apparence une jeune fille comme les autres, elle a un petit ami nommé Frankie, elle travaille dans une cafétéria et à la rentrée elle doit s'inscrire en première année d'Histoire.  

Cette histoire est menée comme un roman policier, je n'en dirais donc pas plus sur l'intrigue... 
Des thèmes nombreux et profonds sont abordés à travers cette histoire : comment et pourquoi devient-on meurtrier ? L'environnement familial ou social peut-il être en cause ? Peut-on pardonner ? Un enfant meurtrier a-t-il droit à une deuxième chance ?

C'est un beau livre qui ne laisse pas indifférent. Une très belle découverte.

Extrait : (début du livre)

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
 catégorie "Même pas peur" : 13/12

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Grande-Bretagne

Challenge God Save The Livre 
Challenge_anglais


Posté par aproposdelivres à 06:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,


08 novembre 2012

Freezing - Clea Koff

freezing Editions Héloïse d'Ormesson - octobre 2012 - 425 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Pascale Haas

Titre original : Freezing, 2011

Quatrième de couverture : 
Lorsque le tueur en série qui lui a échappé toute sa carrière refait surface à Los Angeles, l’agent spécial Scott Houston est prêt à enfreindre le règlement du FBI pour le coincer. Et il sait exactement à qui s’adresser : l’Agence 32/1, spécialisée dans l’identification de personnes disparues, que dirigent la séduisante Jayne Hall et sa meilleure amie Steevie Lander. Il est loin d’imaginer que sa requête entraînera les deux femmes dans une poursuite à travers les Etats-Unis, au péril de leur vie.

Clea Koff, anthropologue médico-légale, signe un thriller trépidant. Traqueur traqué, criminel machiavélique, experts en blouse blanche, elle flirte avec le danger, joue avec nos nerfs et manie la plume comme le scalpel.

Auteur : Née en 1972 en Angleterre, Clea Koff poursuit des études d’anthropologie et de médecine légale aux États-Unis. En 1994, à vingt-trois ans seulement, elle est envoyée par le TPI au Rwanda, puis dans les Balkans occidentaux. En 2005, les EHO publient La Mémoire des os, un document qui retrace son expérience d’anthropologue internationale. Elle travaille désormais au sein du MPID (Missing Persons Identification Resource Center), association qu’elle a fondée à Los Angeles. Ce centre a pour but d’établir le profil médico-légal de personnes signalées disparues, afin d’aider les services policiers à identifier les victimes de crimes violents.

Mon avis : (lu en novembre 2012)
Avant d'être écrivain, Clea Koff est anthropologue médicale, après des missions internationales au Rwanda, puis dans les Balkans. Elle travaille désormais au sein du MPID (Missing Persons Identification Resource Center), une association qu’elle a fondée à Los Angeles. 
Clea Koff s'est largement inspirée de son expérience professionnel pour écrire ce livre. Le MPID est assez proche de l'Agence 32/1 du roman.
Cela commence très fort avec la découverte sur une autoroute de Los Angeles de corps démembrés tombé d’une camionnette accidenté…L'agent du FBI Scott Houston fait alors appel à l'Agence 32/1 et ses anthropologues Jayne et Steelie pour déterminer de qui sont ses restes humains. L'enquête mènera le lecteur en Californie, en Arizona et en Géorgie.
C'est un livre qui se lit facilement, un vrai « page-turner » plutôt bien construit, évidement très bien documenté. En lisant ce livre, j'avais l'impression de voir un épisode d'une série avec non seulement une enquête mais également en parallèle la vie privée de nos anthropologues et des enquêteurs. L'auteur n'hésite pas à faire réfléchir le lecteur sur les à-côtés de la profession. Les conséquences psychologiques qui peuvent troubler les professionnels en contact avec la mort. J'ai pourtant trouvé l'intrigue assez prévisible.  

Autres avis : CanelAnna Blume

Extrait : (début du livre)
L'odeur vivifiante de l'eucalyptus chauffé au soleil s'intensifia avec la brise. Jayne contempla les arbres chatoyants en bordure de l'autoroute 101, puis se tourna vers l'agent de la California Highway Patrol. Pendant qu'il écoutait les instructions émises par la radio, son regard s'arrêta sur l'arceau de la Jeep décapotée, plongea sur les deux caisses à outils identiques rangées à l'arrière, puis remonta sur la silhouette menue de Steelie, une main sur le volant et l'autre posée nonchalamment sur le levier de vitesse, les yeux dissimulés sous la visière d'une casquette vieux rose.
- C'est vous les scientifiques ? demanda l'agent en faisant signe à leur escorte d'avancer.
Quelques mètres plus loin, une moto vrombit. Son conducteur s'approcha de la voiture, mit un pied à terre et se retourna, le bas du visage impassible sous son casque et ses lunettes noires. Steelie lui adressa un vague salut, puis le motard démarra.
Les deux jeunes femmes le suivirent en slalomant entre les voitures de police qui avaient transformé le parking de Sunkist en un véritable labyrinthe. La moto du CHP fila en trombe à l'angle nord-ouest et les abandonna devant un mur de Chevrolet Suburban bleu nuit. Steelie arrêta la Jeep. Les Suburban étaient garées en quinconce, moteur en marche et phares allumés. Les deux jeunes femmes patientèrent en espérant voir quelqu'un bouger derrière les vitres teintées. Rien.   

 

Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Jury JANVIER
Policier

50__tats35/50 : Arizona

Challenge 3% Littéraire 2012

logochallenge217/21

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman

d_fi_du_1er_roman

Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 11/12

 

 

Posté par aproposdelivres à 07:03 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

15 septembre 2012

Des ombres dans la rue - Susan Hill

des_ombres_dans_la_rue Robert Laffont – avril 2012 – 408 pages

traduit de l'anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj

Titre original : The Shadows in the Street, 2010  

Quatrième de couverture : 
En vacances à Taransay, une petite île sauvage à l’ouest de l’Écosse, l’inspecteur Simon Serrailler se remet d'une opération difficile quand il est rappelé en urgence à Lafferton. Deux prostituées ont été retrouvées étranglées, et le temps qu'il revienne, une troisième est portée disparue. S'agit-il de l’œuvre d'un pervers et de meurtres en série ? Est-on en présence d'un nouveau Jack l'Éventreur ou ces disparitions n'ont-elles rien à voir les unes avec les autres ?  Quand, à leur tour, la femme du nouveau doyen de la cathédrale puis une jeune mère de famille qui se rendait à son travail en bicyclette manquent à l'appel, le mystère s'épaissit. Chaque piste mène à une impasse, la police piétine dans ses enquêtes et la population de Lafferton exprime une peur et un mécontentement, croissants, relayés, bien sûr, par les médias. Serrailler se retrouve propulsé au cœur même de l'enquête, lorsque Cate, sa propre soeur, devient la cible du meurtrier...  

Auteur : Susan Hill est née en Angleterre en 1942. Romancière populaire (auteur notamment du célèbre Je suis le seigneur du château), écrivain pour enfants, auteur dramatique, journaliste, elle n’a jamais cessé d’écrire. Avec les enquêtes de Simon Serrailler (Meurtres à Lafferton, Où rôdent les hommes et Au risque des ténèbres, La mort a ses habitudes), elle a fait une entrée très remarquée dans le monde du polar, aujourd’hui confirmée par le succès de cette série outre-Manche.  

Mon avis : (lu en septembre 2012)
Je croyais que c'était la première fois que je lisais un livre de cette auteur britannique, or il y a peu, j'ai trouvé dans notre bibliothèque familiale le livre « Je suis le seigneur du château » que j'ai sans doute acheté après avoir vu le film adapté du livre et dont je garde un bon souvenir.
Avec la sélection Elle 2013, j'étais donc curieuse de découvrir ce roman policier donc la 4ème de couverture était plus que prometteuse : « Nouvelle enquête haletante du séduisant Simon Serrailler, retrouvailles attendues avec tous les personnages de Lafferton chers au lecteur »
Malheureusement, les promesses étaient trop belles et cette lecture m'a déçue...
Dans une première partie, l'auteur plante le décor de Lafferton et ses habitants et décrit un à un les (trop ?) nombreux personnages de l'histoire. Le lecteur découvre une atmosphère à la Ken Loach (en moins bien), il lui faut attendre au moins 90 pages avant que le roman policier commence vraiment avec la disparition de la première fille. L'inspecteur Simon Serrailler est assez peu présent, l'intrigue est assez classique, pas vraiment originale. 
Encore un reproche, cette fois-ci pour l'éditeur avec une quatrième de couverture trop bavarde et dévoilant trop d'éléments de l'intrigue...
La lecture de ce livre n'est pas déplaisante en particulier grâce aux différents personnages, des gens ordinaires qui se débattent avec le quotidien et leurs soucis et que l'auteur a su rendre attachants et sympathiques.   

Autres avis : Clara, CanelMimipinson, Anna BlumeThéoma, Hélène

Extrait : (début du livre)
Leslie Blade s'arrêta sous l'avancée de l'entrée de la faculté, le temps d'ouvrir son parapluie.
La pluie. La pluie matin et soir depuis le début de la semaine.
Il pouvait venir travailler en voiture, mais il n'était qu'à trois kilomètres, donc la fac ne lui accordait pas un permis de stationner sur le parking. Il pourrait attraper un bus, mais ils étaient peu fréquents et peu fiables et, depuis l'arrêt le plus proche de son domicile, il y avait encore dix bonnes minutes à pied.
Les gens dévalaient les marches et sortaient sous cette pluie torrentielle. Des étudiants traversaient la cour, capuches d'anorak relevées.
Leslie Blade redressa son parapluie et sortit.
Jusqu'à ces derniers mois, il avait toujours suivi le même itinéraire, par la grande rue, en contournant la Colline, mais maintenant que les ruelles de l'Old Market Lanes étaient ouvertes, il les empruntait parfois ; il aimait assez les pavés et ces éclairages moins crus, il jetait un œil aux vitrines du libraire et de deux  galeries d'art, s'achetait un morceau de fromage et un peu de salami chez le traiteur qui restait ouvert jusqu'à dix-neuf heures. Cela le faisait arriver chez lui une vingtaine de minutes plus tard ou davantage, ce qui ne plaisait pas trop à sa mère, aussi il s'était mis à lui acheter un peu de chocolat ou un sachet de caramels au beurre salé. C'était une manière de la soudoyer, mais ce n'était pas vraiment cela dont elle avait envie ; c'était sa compagnie qu'elle voulait, mais ça marchait, car elle aimait les sucreries.
Le temps qu'il atteigne les Lanes, ce soir-là, la pluie dégoulinait des gouttières et les bas-côtés de l'étroite voie pavée étaient inondés de mares profondes. Le traiteur fermait tôt.
Il la vit au bout de la rue, là où les ruelles des Lanes débouchaient sur la place du marché. Elle se tenait debout, juste en deçà du halo de lumière qui se déversait du pub, le col de sa veste relevé, tâchant de s'abriter de la pluie tout en restant visible. Il pressa le pas. C'était un nouvel emplacement ; il n'avait encore jamais vu aucune d'entre elles, par ici. C'était trop proche des principales rues commerçantes et les voitures n'étaient pas autorisées à s'arrêter sur la place - uniquement les bus, et les taxis qui rejoignaient la station, à l'autre extrémité.
Mais c'était Abi. Il était sûr que c'était Abi, même d'ici, depuis l'autre bout de la rue. Abi, ou alors Marie, peut-être ? 

 
 

 Grand_Prix_des_Lectrices_2013
Sélection roman
Jury Octobre

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
 catégorie "Même pas peur" : 6/12

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Grande-Bretagne

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

 

Posté par aproposdelivres à 18:23 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

09 juin 2012

Combien ? - Douglas Kennedy

En librairie depuis le 3 mai 2012

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Belfond 

combien Belfond – mai 2012 – 312 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Bernard Cohen

Titre original : Chasing Mammon : Travels in Pursuit of Money, 1992

Quatrième de couverture :
Noël 1990. Douglas Kennedy, alors écrivain fauché de 35 ans londonien d’adoption, est de retour à New York. La raison de ce pèlerinage : l’écriture d’un livre de voyage sur l’argent et les marchés financiers. N’y connaissant rien aux actions et aux investissements, notre auteur se lance dans une quête épique, à la poursuite du Dieu argent et de tous ses disciples… . 
Et Kennedy de nous entraîner à New York, dans le Wall Street des yuppies, ex-gloires des années 80 ; dans la bourse de Casablanca, vaste analogie du souk ; dans les salles de marché futuristes et surréalistes de Sydney ; à Singapour, ville-pays toute entière vouée au culte de la toute-puissance de l’argent et de la consommation ; à Budapest, en pleine transition du communisme à l’économie de marché ; et Londres, la nouvelle Jérusalem. 
Une galerie de personnages riches, autant de visages, de masques et d’interprétations de l’argent. Une passionnante comédie humaine qui garde tout son sens aujourd’hui, à une époque où l’argent, même décrié, fascine plus que jamais, en restant le point de référence qui fait tourner le monde. En avoir ou pas, telle est la question…

Auteur : Douglas Kennedy vit entre Paris et Londres. Auteur des récits de voyage Au pays de Dieu (2004) et Au-delà des pyramides (2010), il s’est imposé avec, entre autres, L’homme qui voulait vivre sa vie (1998, réédition en 2005), La Poursuite du bonheur (2001), Les Charmes discrets de la vie conjugale (2005), La Femme du Ve (2007), Piège nuptial (2008), Quitter le monde (2009) et Cet instant-là (2011), tous parus chez Belfond et repris par Pocket. 

Site de l'auteur : http://www.facebook.com/Douglas.Kennedy.France

Mon avis : (lu en juin 2012)
Ce livre a été écrit par Douglas Kennedy en 1992, il n'est publié en France que vingt ans plus tard.
Ce livre n'est pas un roman, mais le témoignage du voyage de Douglas Kennedy dans le monde de la finance. Quand il commence la rédaction de ce livre, Douglas Kennedy a trente-cinq ans, il n'est pas encore célèbre et ne connait absolument rien à la finance. Tout commence avec des retrouvailles quinze après la fin de leurs études, en Douglas Kennedy et des camarades d'université. Ils travaillent tous à Wall Street sauf lui. Il les interroge sur leurs parcours et leurs envies  et découvre des parcours différents. Il décide alors de faire le tour du monde de la finance et après New-York il part pour Casablanca, Sydney, Singapour, Budapest et Londres. Chercher à gagner de l’argent, c’est souvent vouloir être reconnu pour quelque chose, mais cela ne rend pas toujours heureux…
Ce livre a été écrit il y a vingt ans, et il est complètement d'actualité. Le lecteur découvre une galerie de personnages qui travaillent dans la finance, chacun a son parcours, ses aspirations et cette façon de découvrir le monde et la finance est plutôt originale.

Je n’avais pas compris avant de recevoir le livre que ce n’était pas un roman et j’avais peur d’avoir du mal à lire ce livre. Au contraire, ce livre se lit très facilement car Douglas Kennedy sait raconter des histoires. 

Je remercie beaucoup Pauline et les éditions Belfond pour ce partenariat.

Extrait : (page 25) 
C'est Noël à New York et je suis dans un train qui se traîne vers le nord le long de l'Hudson, en route pour rendre visite à un ancien ami de faculté qui se fait huit cent cinquante mille dollars par an. Ben a trente-cinq ans comme moi, c'est un sous-produit de la classe moyenne américaine comme moi, il est marié comme moi, mais lui a des enfants, quatre pour être exact. Contrairement à moi, aussi, il a passé les quatorze dernières années de son existence à Wall Street et il gagne beaucoup d'argent. Vraiment beaucoup.
Je ne l'ai pas revu depuis 1976, et il y a une raison très simple à cela : à l'exception de rapides allers-retours à New York, je ne suis pas souvent retourné aux États-Unis, ces quatorze dernières années. Grâce à la poignée d'anciens camarades d'université qui habitent la même île brumeuse que moi, j'ai cependant été tenu informé de l'irrésistible ascension sur la place financière new-yorkaise qui a fait de lui l'un des traders les plus en vue à Wall Street aujourd'hui. On m'a dit qu'il s'y entend comme personne pour négocier les obligations, sans parler de sa capacité à rester fermement campé sur l'escalator professionnel qui ne cesse de monter. Je sais également qu'il a épousé une fille qui était avec nous sur les bancs de la fac, Sally, laquelle a travaillé un temps dans l'édition avant de s'engager sur la voie post-féministe des grossesses en série et de la vie de banlieue.
Aucune de ces données concernant la trajectoire de Ben ne m'a surpris, lorsqu'elles m'ont été communiquées. Le trait de caractère qui m'avait le plus marqué chez lui était son assurance, la certitude avec laquelle il envisageait son avenir. Non qu'il ait jamais exprimé l'ambition de se faire une place à Wall Street ; au contraire, fidèle à l'esprit du début des années 1970, il voulait que l'on garde pour soi son «plan de vie», même si je ne pense pas qu'il en ait eu un très défini. Il avait en revanche une certaine fermeté d'esprit, une caractéristique très appréciée dans la société américaine. Il était intelligent, raisonnable, cultivé sans jamais faire étalage de son savoir. Ambitieux, il savait que «jouer pour gagner» était un impératif incontournable de notre culture tout en étant assez malin pour comprendre que ses aspirations devaient toujours rester dissimulées sous le masque d'une bonhomie à toute épreuve. Il avait à peine dépassé les vingt ans qu'il manifestait déjà ce mélange de gravité patriarcale et de populisme facile que cultive tout sénateur américain, parce qu'il sait que cela inspire confiance à ses électeurs. Instinctivement, il avait aussi compris que, au sein d'une culture souvent taxée d'artificielle, une certaine authenticité patricienne était considérée comme une vertu. Mais il n'avait pas à faire beaucoup d'efforts pour parvenir à ce but : il était sans additifs et chez lui l'emballage correspondait rigoureusement au contenu.

 

50__tats
27/50 : New York (3)

Challenge New York en littérature

challenge_ny_12

Posté par aproposdelivres à 06:22 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

19 mai 2012

L'Été de l'ours - Bella Pollen

l_ete_de_l_ours l_ete_de_l_ours_vo

Belfond – janvier 2012 – 404 pages

traduit de l'anglais par Florence Bertrand

Titre original : The summer of the bear, 2010

Quatrième de couverture :
Poignant, bourré d'émotion et de poésie, un roman au charme particulier, qui oscille entre rire et larmes. Une oeuvre lumineuse, dont la lecture captive autant qu'elle réconforte. 
Après le décès aussi soudain qu'inexpliqué de son époux, haut diplomate anglais, Letty Fleming prend une décision : fuir l'ambassade de Bonn en pleine guerre froide et s'installer avec ses trois enfants sur une île d'Écosse. 
Mais la distance n'y fait rien, Letty ne peut se détacher de ces questions : son mari était-il vraiment le traître qu'on lui a dépeint ? Et quelles menaces rôdent autour des siens ? 
Comblant les silences de leur mère et l'absence de leur père, les enfants, eux, tentent de reconstruire leur vie. Tandis que la douce Georgie découvre les joies de l'amour, la terrible Alba passe son chagrin et ses nerfs sur son jeune frère. Hypersensible, doté d'une imagination sans bornes, Jamie envoie des bouteilles à la mer en songeant à celui qui ramènera leur père...
Arpentant les plages et la lande désolées, un ours solitaire rêve de liberté et d'une âme à sauver...

Auteur : Après une enfance passée entre New York et l'Angleterre, Bella Pollen a travaillé treize ans dans la mode, un milieu qu'elle côtoie désormais en tant que journaliste, collaborant pour de grandes revues, telles American Vogue, The Spectator, The Times et The Sunday Telegraph. Écrivain, Bella Pollen a déjà publié quatre romans outre-Manche. L'Été de l'ours, son premier ouvrage à paraître en France, a remporté un vif succès critique lors de sa sortie en Angleterre, en 2010. Elle vit entre Londres et les États-Unis, avec son mari et leurs quatre enfants.

Mon avis : (lu en mai 2012)
Nous sommes en 1980, époque de la Guerre Froide. Nicky Fleming, diplomate anglais en poste à Bonn en Allemagne, est mort dans des conditions inexpliquées, il serait tombé du toit de l'Ambassade. Sa femme Letty décide de quitter Bonn avec ses trois enfants, pour sa maison d'enfance dans une petite île au nord de l'Écosse dans les Hébrides Extérieures.
La mort de Nicky est un choc pour chacun des membres de la famille. Et chacun ne vit pas ce drame de la même manière. Letty est noyée par son chagrin, elle veut comprendre ce qu'il s'est vraiment passé, elle refuse à croire au suicide de son mari ou à sa trahison. Occupée par son chagrin, elle oublie de s'occuper de ses enfants.
Georgie la fille aînée de 17 ans est la plus compréhensive, elle tente d'être un vrai soutien pour sa mère car elle est devenue presque une adulte. Elle a cependant quelques secrets qui la travaillent et pourtant elle aspire à regarder vers l'avenir.
La seconde Alba, 14 ans, est en pleine crise d'adolescence, c'est une révoltée qui n'exprime que par la colère, sa victime favorite c'est Jamie son petit frère qu'elle persécute et bouscule un peu pour le faire revenir dans la vraie vie...
Jamie est garçon de onze ans, émotif et fragile, personne ne lui a dit franchement que son père était mort. Les mots « perdu » ou « accident » ont été utilisés. Et pour le protéger, Jamie n'était même pas présent aux obsèques de son père. Et depuis, il attend son retour et il cherche ce père qu'il a perdu. Il a une imagination très fertile et il se berce d'illusion.
Sur cette même petite île, un ours s’est échappé et  se cache quelque part. Cet ours apparaît régulièrement tout au long de cette histoire et le lecteur comprendra plus tard qu'il est l'un des personnage important du roman.

Les chapitres sont très courts et révèlent tour à tour les pensées de Letty, de Jamie, de Georgie, d'Alba et même de l'ours. Ils évoquent également des évènements en Allemagne ou en Grande-Bretagne, avant ou après la mort de Nicky.
Une histoire belle et très forte en émotions avec des personnages attachants se débattant avec la perte brutale d'un mari ou d'un père. Ce livre est un coup de cœur pour moi.

Autres avis : Clara, Canel, Sharon

Extrait : (début du livre)
Hébrides-Extérieures, été 1980
C’était l’odeur qui le rendait fou. Comme si l’océan lui-même était une soupe appétissante confectionnée à partir des ingrédients les plus frais qui soient, et qu’il ne pouvait s’en rassasier. Oh, que n’avait-il un croûton de pain assez gros pour saucer cette merveilleuse bouillabaisse – une tête de maquereau, des queues de lieu jaune et noir. A chaque brasse, un nouvel arôme s’offrait à lui : à l’arrière-plan un bouillon parfumé par les coquilles de moules et de bigorneaux ; une pincée d’assaisonnement provenant du jus d’une anémone de mer ; une légère couche de plancton par-dessus pour la texture. Il secoua brusquement la tête, un mouvement involontaire, un simple élan de gourmandise. Pourtant, ce fut suffisant. La corde se rompit et aussitôt la pression se relâcha autour de son cou. Il marqua une pause, puis avança de nouveau, la lumière se faisant lentement dans son esprit.
La liberté.
Devant lui s’étendait l’horizon, derrière lui l’île montait et descendait au gré de la houle. Il aperçut la tache floue d’un homme émergeant des lignes d’écume que les vagues avaient laissées sur la plage. Le dresseur se mit debout et leva les bras pour lui faire signe. Pourtant, il hésita encore, déchiré. Il avait beau être un prisonnier heureux, une corde reste une corde, peu importe celui qui la tient. Alors il tourna le dos au gros homme, plongea dans les eaux salées de la Minch et, indifférent à la tempête qui menaçait à l’horizon, continua à nager.

logo_bibli_IGN_20

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Grande-Bretagne

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
logo_Petit_BAC_2012
"Animaux"

Posté par aproposdelivres à 06:16 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,


13 mai 2012

Quand vous lirez ce livre... - Sally Nicholls

quand_vous_lirez_ce_livre_fn quand_vous_lirez_ce_livre_pj quand_vous_lirez_ce_livre_p

Fleuve Noir - octobre 2008 – 272 pages

Pocket jeunesse - - octobre 2008 – 272 pages

Pocket – août 2010 – 242 pages

traduit de l'anglais par Xavier d'Almeida

Titre original : Ways to live forever, 2008

Quatrième de couverture :
Sam aime les dirigeables, les loups et le jeu Warhammer. Il veut être scientifique quand il sera grand. Sain est un garçon de 11 ans comme les autres. Ou presque. Car Sam a une leucémie. Alors pour savourer chaque moment de son existence, il décide d'écrire un livre. Un journal intime dans lequel il raconte son quotidien et dresse la liste des huit choses qu'il veut faire. Huit rêves à réaliser absolument avant que la maladie ne gagne la partie. Huit souhaits extravagants qui retiennent le jeune garçon sur le chemin de la vie...

Auteur : Sally Nicholls est née à Stockton, en Angleterre. Après une licence de lettre et philosophie, elle obtient une maîtrise en littérature jeunesse à l'université de Bath, où elle remporte le prix de l'écrivain le plus prometteur. Sally a 23 ans.

Mon avis : (lu en mai 2012)
Sam a 11 ans, il est atteint d'une leucémie et se bat contre sa maladie. Un jour, sa professeur lui propose ainsi qu'à son ami Félix d'écrire un livre sur lui, sur sa vie. Sam se prend au jeu et décide d'écrire son journal. Il y note des questions, des listes et des histoires vraies... C'est son histoire.

Parmi ces listes, Sam fait celle de 8 choses à faire avant de mourir : 

« 1 – Devenir un scientifique célèbre
2 – Battre un record du monde. Pas un record sportif, bien sûr, un record inutile et un peu idiot.
3 – Regarder tous les films d'horreur que je n'ai pas droit de voir. Ceux interdits aux moins de 16 ans, et même ceux interdits aux moins de 18 ans.
4 – Monter et descendre les escalators à l'envers.
5 – Voir un fantôme.
6 – Etre adolescent et faire ce que font tous les adolescents comme boire des bières, fumer et avoir une copine.
7 – Conduire un dirigeable
8 – Monter dans une navette spatiale et regarder la Terre depuis l'espace. »

Avec l'aide de son ami Félix, de sa professeur, puis de ses proches, Sam va tenter de réaliser quelques uns de ses vœux.
Une très belle histoire touchante sur l'amitié, la maladie, la mort. Le sujet est délicat mais il est abordé avec beaucoup de justesse, de sensibilité et même de l'humour.
Sam est un petit garçon merveilleux, extrêmement touchant et courageux. L'émotion est présente à chaque page et j'avoue avoir versé souvent des larmes...

Un Grand Merci à Hérisson08 qui m'a offert ce livre lors du Swap Encre noire sur page blanche organisé par Valérie 

Extrait : (début du livre)
Je m'appelle Sam.
J'ai 11 ans.
Je collectionne les histoires et les objets incroyables.
J'ai une leucémie.
Quand vous lirez ce livre, je ne serai peut-être plus là.

Le 7 Janvier
Un livre sur nous

Aujourd'hui, c'était notre premier jour d'école depuis les vacances de Noël. On n'a classe que trois jours par semaine : le lundi, le mercredi et le vendredi, dans le salon. Et nous sommes seulement deux élèves : Félix et moi. Félix ne voit pas pourquoi il devrait apprendre quoi que ce soit.
La première fois qu'il est arrivé chez moi, il a demandé : «À quoi ça sert d'être malade si on doit quand même apprendre les maths ?» Mademoiselle Willis, notre professeur, n'a rien dit. Si Félix ne veut pas travailler, elle n'en fait pas toute une histoire. Elle le laisse tranquille, affalé sur sa chaise à critiquer ce que je suis en train de faire :
«C'est pas comme ça qu'on écrit "ammonium" ! J'ai jamais vu "ammonium" écrit comme ça dans mon école ! »
« Il y a bien une planète qui s'appelle Hercule, n'est-ce pas, Mademoiselle Willis ? »
« Mais pourquoi est-ce que tu fais ça, Sam ? »
De toute façon, si Félix vient à l'école, c'est seulement pour me voir et pour laisser souffler sa mère.
Ces derniers temps, Mademoiselle Willis a cherché un truc pour l'intéresser. Vous voyez le genre : elle nous fait construire des volcans qui ont de vraies éruptions, elle nous apprend à cuisiner comme les Romains ou à faire du feu avec une loupe. Il n'y a que Maman qui n'a pas trop aimé ce dernier TP parce qu'on avait accidentellement fait un trou de brûlure dans la table du salon. Enfin... c'était un accident un peu volontaire...
Pourtant, aujourd'hui, Mademoiselle Willis nous a seulement proposé : « Et si on écrivait un peu ? » Alors on a tous les deux râlé, parce qu'on espérait avoir au moins droit à du feu ou mieux, à une nouvelle explosion. Mais elle a insisté : « Allons, un petit effort. J'ai pensé que vous pourriez écrire quelques choses sur vous. Je sais que vous aimez lire tous les deux. »
Félix a levé les yeux. Il était en train de jouer avec deux de mes figurines d'orcs du jeu Warhammer. Il les faisait combattre l'une contre l'autre en grognant « Grrrrah. »
Et il a répondu : « C'est qu'il n'y a rien d'autre à faire à l'hôpital. »
Félix et moi, on est des experts de l'hôpital. C'est là qu'on s'est rencontrés l'année dernière.  

 Challenge Objectif PAL Swap
logo_challenge_obj_pal_swap
8/25

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Grande-Bretagne

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
logo_Petit_BAC_2012
"Objet"

Challenge le nez dans les livres
challenge_le_nez_dans_les_livres

La reine des lectrices 8/6

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
d_fi_du_1er_roman

star_4

Posté par aproposdelivres à 11:37 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 mai 2012

L'année où tout a changé - Jill Hucklesby

l_ann_e_o__tout_a_chang_ Bayard Jeunesse – septembre 2011 – 386 pages

traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Maïca Sanconie

Titre original : Deeper than blue, 2007

Quatrième de couverture :
A 13 ans, Amy est championne de natation. Quand elle ne s'entraîne pas, elle adore danser sur son lit en chantant, une brosse à cheveux en guise de micro. Selon elle, un smoothie à la fraise est ce qui se rapproche le plus du paradis. Surtout quand elle le partage avec sa meilleure amie, Sophie. Mais un samedi matin, alors qu'Amy fait du shopping, sa vie bascule en une seconde. Dès lors, elle devra se battre pour tout réapprendre nager, rire, et même aimer...
Un roman coup de poing, entre rire et larmes, légèreté et gravité.  

Auteur : Jill Hucklesby est auteure pour la jeunesse. Son premier roman L'année où tout a changé (Deeper than blue) a remporté le 1066 Schools Book Award en 2008 et figurait sur la liste d'honneur du Cumbrian Spellbinding Award et le Bolton Children's Book Award.

Mon avis : (lu en mai 2012)
Amy est une adolescente avec une vie idéale. Elle a comme grande passion la natation. Sa vie tourne autour des entraînements, des médailles... Sa famille la soutient. Voilà qu'un samedi la piscine est fermée, et Amy pouvoir faire du shopping avec sa meilleure amie, Sophie. Et c’est le drame. Les deux amies sont victimes d'un chauffard qui les renverse sur un passage piétons. Sophie meurt, Amy a la jambe droite amputée. Elle, dont l'avenir de championne de natation était tout tracé voit sa vie détruite ! Elle se retrouve à l'hôpital et fait la connaissance d'Harry un jeune garçon malade mais qui refuse de se plaindre, son caractère, son humour va aider Amy a faire face, à reprendre goût à la vie, à prendre en main sa nouvelle vie.

Cette histoire touchante et poignante traite de l'handicap avec beaucoup de justesse, de sobriété et de sensibilité. Le lecteur assiste aux différentes étapes de la convalescence d'Amy, elle nous livre ses états d'âme, sa colère, sa peur, son découragement. On voit également évoluer d'autres personnages comme ses parents, sa grande sœur, la famille de Sophie, le personnel hospitalier...
Un roman bouleversant mais plein d'espoir.

Extrait :(début du livre)
Je suis debout devant le plot de départ, dans la piscine de mon quartier, à Nottingham. La tête entre mes bras pointés en avant, en position de torpille et tous les muscles tendus, j'attends le coup de sifflet.
Pour cette compétition – le deux cents mètres nage libre des filles de moins de quatorze ans -, je me suis entraînée chaque jour depuis trois mois. C'est Mel James, la concurrente à ma droite, qui détient le dernier record. Elle est stupéfiante. J'ai regardé une vidéo qui la montrait en train de nager, et j'ai analysé ses mouvements de bras à l'affût de ses points faibles.
Mon entraîneur, Danny Dodgy (un surnom qui lui vient de sa Dodge, une vieille voiture de sport déglinguée), dit que c'est dans les virages que je peux gagner la fraction de seconde cruciale, celle qui fera la différence entre la première place et la deuxième.
Mon cœur cogne dans ma poitrine. La foule est silencieuse, comme si elle retenait sa respiration. Les deux prochaines minutes vont déterminer si je représenterai le comté au championnat national du Crystal Palace de Londres, cette année. Papa est assis dans la tribune, probablement occupé à se gratter l'oreille (il fait toujours ça quand il est inquiet).
Maman est immobile – une vraie statue – et se mord la lèvre inférieure. Même Caz, ma grande sœur, est là quelque part, avec Dennis-le-Chien, ma peluche porte-bonheur (sauf que, telle que je la connais, elle téléphone sûrement à un garçon sur son portable).
Je respire trop vite. Il est temps que je me fasse un petit récapitulatif... Inspire par le nez, Amy ; remplis lentement tes poumons. Reste concentrée. Ne relâche pas ton attention. Je vois mon reflet dans l'eau. J'ai l'air d'un insecte, avec mon corps maigre dans son maillot bigarré, et ma tête noire et luisante. 

 logo_bibli_IGN_20

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Grande-Bretagne

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
d_fi_du_1er_roman

 Challenge 7% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
44/49 

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

star_4


Posté par aproposdelivres à 06:37 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

20 avril 2012

Le Chien des Baskerville - Arthur Conan Doyle

le_chien_des_baskerville_ le_chien_des_baskerville_jailu_1961le_chien_des_baskerville_jailu le_chien_des_baskerville_pocket_1965le_chien_des_baskerville_1966 le_chien_des_baskerville_ldpj_1967 le_chien_des_baskerville_gallimard  le_chien_des_baskerville_pocket_1981 le_chien_des_baskerville_librio_187 le_chien_des_baskerville_pocket_1988 le_chien_des_baskerville_ldp_1988 le_chien_des_baskerville_ldpj_94 le_chien_des_baskerville_folioj_1999 le_chien_des_baskerville_flamarrion le_chien_des_baskerville_librio_1999 le_chien_des_baskerville_rougeetor le_chien_des_baskerville_folioj_2001 le_chien_des_baskerville_gallimard_2001 le_chien_des_baskerville_pocket_2002 le_chien_des_baskerville_pocket le_chien_des_baskerville_hachetteclassique le_chien_des_baskerville_hachette le_chien_des_baskerville_ldpj_2002 le_chien_des_baskerville_librio le_chien_des_baskerville_litt__geo_ le_chien_des_baskerville_folioj_2007 le_chien_des_baskerville_ldpj_2007 le_chien_des_baskerville_dodopress le_chien_des_baskerville_larousse_

traduit de l'anglais

Hachette – janvier 1907

J'ai Lu – 1961

J'ai Lu – 1964

Livre de Poche – 1966 – 256 pages

Livre de poche – septembre 1967 – 256 pages

Gallimard – janvier 1976

Pocket – janvier 1981 – 191 pages

Livre de poche – janvier 1988 – 256 pages

Pocket – septembre 1988 – 190 pages

Pocket – juillet 1995 – 190 pages

Livre de poche Jeunesse - 1994 – 316 pages

Nathan – octobre 1998 – 194 pages

Flammarion - avril 1999 – 270 pages

Folio junior - avril 1999 – 300 pages

Librio – mai 1999 – 187 pages

Gallimard – juin 2001 – 349 pages

Folio jeunesse - novembre 2001 –

Livre de poche Jeunesse – février 2002 – 282 pages

Pocket – février 2002 – 191 pages

Librio – juin 2003 -

Librio – juin 2003 – 187 pages

Hachette éducation – février 2004 -

Pocket – novembre 2004 – 191 pages

Litté Geo Ado - octobre 2006 -

Livre de poche Jeunesse - décembre 2007 – 316 pages

Folio jeunesse - janvier 2008 – 264 pages

Dodo Press – janvier 2009 – 216 pages

Larousse – septembre 2011 -

traduit de l'anglais par Bernard Tourville

Titre original : The Hound of the Baskervilles, 1902

Quatrième de couverture : 
Un chien diabolique parcourt une lande désolée du Devonshire et Sir Henry, dernier héritier des Baskerville, commence à croire qu’il va subir le sort tragique de ses ancêtres, victimes d’une étrange malédiction. Sherlock Holmes, toujours rationnel, ne croit pas aux mystères et il envoie son ami Watson observer le pays et ses habitants. Il découvre des serviteurs silencieux, un criminel en fuite, un chasseur de papillons et d’autres personnages étonnants. Le célèbre détective devra finalement affronter un ennemi d’une intelligence redoutable.

Auteur : Sir Arthur Ignatius Conan Doyle, né le 22 mai 1859 à Édimbourg et mort le 7 juillet 1930 à Crowborough, dans le Sussex, est un écrivain et médecin écossais. Il doit sa célébrité à ses romans mettant en scène le détective Sherlock Holmes, considérés comme une innovation majeure du roman policier, et les aventures du professeur Challenger. Cet écrivain prolifique a également été l'auteur de livres de science-fiction, de romans historiques, de pièces de théâtre, de poésies et d'œuvres historiques. Conan Doyle était lié à l'écrivain J. M. Barrie. Il a été fait Chevalier par le roi Édouard VII le 24 octobre 1922.

 

Mon avis : (relu en avril 2012)
J’ai déjà lu ce livre lorsque j’étais adolescente mais je n’en avais plus aucun souvenir. C’est l’enquête la plus célèbre de Sherlock Holmes.
Dans le Devonshire, une terrible malédiction pèse sur la famille de Baskerville. Depuis des générations, « un chien de l'enfer » serait la cause des morts et des membres de la famille. La mort de Sir Charles Baskerville dans des circonstances troubles, ravive cette légende. Le seul héritier Sir Henry est lui-même averti par une lettre anonyme qu'il est menacé d'un très grave danger. Sherlock Holmes et le Docteur Watson vont mener une enquête efficace et pleine de suspense. Le lecteur suit pas à pas l'enquête, les observations puis les déductions de Sherlock Holmes. Le cadre de l'enquête dans cette lande mystérieuse et brumeuse rend encore plus forte l'atmosphère pesante du lieu.
C'est une réussite totale que j'ai relu avec beaucoup de plaisir.

 

J’ai eu l’occasion, il y a quelques semaines de voir à la télévision l’adaptation très réussite de cette enquête dans la série policière britannique Sherlock (2ème épisode de la saison 2) créée par Mark Gatiss et Steven Moffat et diffusée depuis le 25 juillet 2010 sur BBC One avec comme acteurs Benedict Cumberbatch et Martin Freeman.  

Extrait : (début du livre)
Ce matin-là, M. Sherlock Holmes qui, sauf les cas assez fréquents où il passait les nuits, se levait tard, était assis devant la table de la salle à manger. Je me tenais près de la cheminée, examinant la canne que notre visiteur de la veille avait oubliée. C’était un joli bâton, solide, terminé par une boule — ce qu’on est convenu d'appeler « une permission de minuit ».

Immédiatement au-dessous de la pomme, un cercle d’or, large de deux centimètres, portait l’inscription et la date suivantes : « À M. James Mortimer, ses amis du C. C. H. — 1884 ».
Cette canne, digne, grave, rassurante, ressemblait à celles dont se servent les médecins « vieux jeu ». « Eh bien, Watson, me dit Holmes, quelles conclusions en tirez-vous ? »
Holmes me tournait le dos et rien ne pouvait lui indiquer mon genre d’occupation.
« Comment savez-vous ce que je fais ? Je crois vraiment que vous avez des yeux derrière la tête.
— Non ; mais j’ai, en face de moi, une cafetière en argent, polie comme un miroir. Allons, Watson, communiquez-moi les réflexions que vous suggère l’examen de cette canne. Nous avons eu la malchance de manquer hier son propriétaire et, puisque nous ignorons le but de sa visite, ce morceau de bois acquiert une certaine importance.
— Je pense, répondis-je, suivant de mon mieux la méthode de mon compagnon, que le docteur Mortimer doit être quelque vieux médecin, très occupé et très estimé, puisque ceux qui le connaissent lui ont donné ce témoignage de sympathie.
— Bien, approuva Holmes… très bien !
— Je pense également qu’il y a de grandes probabilités pour que le docteur Mortimer soit un médecin de campagne qui visite la plupart du temps ses malades à pied.
— Pourquoi ?
— Parce que cette canne, fort jolie quand elle était neuve, m’apparaît tellement usée que je ne la vois pas entre les mains d’un médecin de ville. L’usure du bout en fer témoigne de longs services.
— Parfaitement exact ! approuva Holmes.
— Et puis, il y a encore ces mots : « Ses amis du C. C. H. ». Je devine qu’il s’agit d’une société de chasse…. Le docteur aura soigné quelques-uns de ses membres qui en reconnaissance, lui auront offert ce petit cadeau.
— En vérité, Watson, vous vous surpassez, fit Holmes, en reculant sa chaise pour allumer une cigarette. Je dois avouer que, dans tous les rapports que vous avez bien voulu rédiger sur mes humbles travaux, vous ne vous êtes pas assez rendu justice. Vous n’êtes peut-être pas lumineux par vous-même ; mais je vous tiens pour un excellent conducteur de lumière. Il existe des gens qui, sans avoir du génie, possèdent le talent de le stimuler chez autrui. Je confesse, mon cher ami, que je suis votre obligé. »

Auparavant, Holmes ne m’avait jamais parlé ainsi. Ces paroles me firent le plus grand plaisir, car, jusqu’alors, son indifférence aussi bien pour mon admiration que pour mes efforts tentés en vue de vulgariser ses méthodes, m’avait vexé. De plus, j’étais fier de m’être assimilé son système au point de mériter son approbation quand il m’arrivait de l’appliquer.
Holmes me prit la canne des mains et l’examina à son tour pendant quelques minutes. Puis, soudainement intéressé, il posa sa cigarette, se rapprocha de la fenêtre et la regarda de nouveau avec une loupe.

« Intéressant, quoique élémentaire, fit-il, en retournant s’asseoir sur le canapé, dans son coin de prédilection. J’aperçois sur cette canne une ou deux indications qui nous conduisent à des inductions. 
— Quelque chose m’aurait-il échappé ? dis-je d’un air important. Je ne crois pas avoir négligé de détail essentiel.
— Je crains, mon cher Watson, que la plupart de vos conclusions ne soient erronées. Quand je prétendais que vous me stimuliez, cela signifiait qu’en relevant vos erreurs j’étais accidentellement amené à découvrir la vérité…. Oh ! dans l’espèce, vous ne vous trompez pas complètement. L’homme est certainement un médecin de campagne… et il marche beaucoup.
— J’avais donc raison.
— Oui, pour cela.
— Mais c’est tout ?
— Non, non, mon cher Watson… pas tout – tant s’en faut. J’estime, par exemple, qu’un cadeau fait à un docteur s’explique mieux venant d’un hôpital que d’une société de chasse. Aussi, lorsque les initiales « C. C. » sont placées avant celle désignant cet hôpital, les mots « Charing Cross » s’imposent tout naturellement.
— Peut-être.
— Des probabilités sont en faveur de mon explication. Et, si nous acceptons cette hypothèse, nous avons une nouvelle base qui nous permet de reconstituer la personnalité de notre visiteur inconnu.
— Alors, en supposant que C. C. H. signifie « Charing Cross Hospital », quelles autres conséquences en déduirons-nous ?
— Vous ne les trouvez-pas ?… Vous connaissez ma méthode…. Appliquez-la ! 
— La seule conclusion évidente est que notre homme pratiquait la médecine à la ville avant de l’exercer à la campagne.

Baby Challenge Polar - Livr@ddict 2012
polar
Médaille de Bronze à 14/20

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
logo_Petit_BAC_2012
"Animaux"

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

star_4

Posté par aproposdelivres à 09:03 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

19 avril 2012

Le Prince de la Brume - Carlos Ruiz Zafón

le_prince_de_la_brume_j le_prince_de_la_brume_

Pocket Jeunesse - novembre 2011 - 205 pages

Robert Laffont – novembre 2011 – 210 pages

traduit de l'espagnol par François Maspero

Titre original : El principe de la niebla, 1993

Quatrième de couverture :
1943. Pour fuir la guerre, la famille Carver s'installe dans un village perdu sur la côte. Mais, à peine franchie la porte de la maison, des événements étranges se produisent... Avec leur nouvel ami Roland, Alicia et Max Carver vont peu à peu percer les secrets de la vieille demeure et apprendre l'existence d'un certain Caïn, surnommé le Prince de la Brume. Un personnage diabolique revenu s'acquitter d'une dette très ancienne... Voilà les trois enfants lancés à la découverte d'épaves mystérieuses, de statuettes enchantées, de gamins ensorcelés... 

Une aventure extraordinaire qui changera leur vie à jamais...

Auteur : Né en 1964 et vivant à Los Angeles, Carlos Ruiz Zafón est l'un des romanciers européens les plus lus à travers le monde. En 1993, L'Ombre du vent (Grasset, 2004) emballa la planète entière. En 2009 et 2010, les Éditions Robert Laffont publient Le Jeu de l'ange et Marina, dont le succès ne se dément pas. L'œuvre de Carlos Ruiz Zafón, traduite dans plus de quarante langues et publiée dans plus de cinquante pays, a été couronnée de nombreux prix prestigieux.

Mon avis : (lu en avril 2012)
Ce premier roman de Carlos Ruiz Zafón a été écrit en 1993, il ne paraît que maintenant en France.
C'est le premier épisode de la Trilogie de la brume, un livre destiné à la jeunesse mais qui se lit très bien pour un adulte. L'auteur a situé ce livre en 1943, en Angleterre. Pour échapper aux risques de la guerre en ville, la famille Carver s'installe dans un village de bord de mer. Il y a trois enfants, Max, Alicia et Irene. Leur nouvelle maison appartenait avant à un riche couple. Ils l'ont quitté après la mort de leur fils unique Jacob, alors âgé de 7 ans. Dès leur installation, il se passe de drôle de choses dans cette maison... Durant cet été, Max rencontre Roland, un adolescent du village, ce dernier l'entraîne plonger autour d'un cargo échoué dans la baie après une forte tempête plus de vingt ans plus tôt. Beaucoup de mystères entourent ces lieux, la maison, l'épave... Des ombres inquiétantes rodent... Max, Roland et Alicia vont découvrir des secrets du passé...

Voilà un livre qui se lit facilement avec une intrigue pleine d'imagination plutôt bien construite avec un certain suspens, mais peut-être pas si originale que cela car tout au long de ma lecture j'avais des impressions de déjà lu... Une lecture distrayante qui m'a fait passer un bon moment, à l'occasion je lirai peut-être la suite de la Trilogie avec Le Palais de minuit et Les Lumières de septembre.

Extrait : (début du livre)
Jamais, malgré le passage des ans, Max n'oublia cet été où, presque par hasard, il découvrit la magie et ses maléfices. C'était en 1943, et les vents de la guerre dévastaient impitoyablement le monde. A la mi-juin, le jour même où Max fêtait ses treize ans, son père, horloger et aussi inventeur à ses moments perdus, réunit tous les membres de sa famille dans le salon et leur annonça que ce jour était le dernier qu'ils passaient dans ce qui avait été leur domicile durant les dix dernières années. La famille allait déménager sur la côte, loin de la ville et de la guerre, dans une maison au bord de la plage d'une petite localité sur le rivage de l'Atlantique. 
La décision était irrévocable : ils partiraient dès le lendemain matin. En attendant, ils devaient empaqueter tous leurs biens et se préparer pour un long voyage jusqu'à leur nouveau foyer. 
La famille reçut la nouvelle sans surprise. Tous avaient déjà compris que l'idée de quitter la ville pour un endroit plus habitable trottait dans la tête de Maximilian Carver depuis longtemps - tous, à l'exception d'un seul : Max. Pour lui, cette annonce eut le même effet qu'une locomotive en folie traversant un magasin de porcelaines chinoises. Frappé de plein fouet, il en resta bouche bée et le regard absent. Durant ce court instant s'imposa à son esprit la terrible certitude que tout son univers, y compris ses amis de collège, la bande de sa rue et la boutique de journaux illustrés du coin, était sur le point de disparaître à jamais. Rayé d'un seul trait de plume. Tandis que le reste de la famille, la mine résignée, se dispersait pour préparer les bagages, Max demeura immobile en fixant son père. Le bon horloger s'agenouilla devant son fils et posa les mains sur ses épaules. Pas besoin d'un livre pour comprendre ce qu'exprimait le regard de Max. 
- Aujourd'hui, ça te paraît la fin du monde, Max. Mais je te promets que le lieu où nous allons te plaira. Tu verras, tu te feras de nouveaux amis. 
- Est-ce que c'est à cause de la guerre ? Est-ce que c'est pour ça qu'on doit partir ? 
Maximilian Carver serra son fils dans ses bras, puis, sans cesser de lui sourire, il tira de la poche de sa veste un objet brillant qui pendait au bout d'une chaîne et le lui mit dans les mains. Une montre de gousset. 
- Je l'ai faite pour toi. Bon anniversaire, Max. 
Max ouvrit la montre, qui était en argent. A l'intérieur, chaque heure était marquée par le dessin d'une lune qui croissait et décroissait en suivant la marche des aiguilles, elles-mêmes formées par les rayons d'un soleil qui souriait au coeur du cadran. Sur le couvercle, gravés dans une belle calligraphie, figuraient ces mots : La machine du temps de Max. 
Ce jour-là, sans le savoir, tandis qu'il observait la famille affairée à monter et à descendre, chargée de valises, et qu'il tenait dans sa main la montre que lui avait donnée son père, Max cessa d'un seul coup d'être un enfant. 
La nuit de son anniversaire, Max ne ferma pas l'oeil. Pendant que les autres dormaient, il attendit la venue de ce matin fatal qui devait marquer les adieux définitifs au petit univers qu'il s'était composé au long des ans. Il laissa passer les heures en silence, couché dans son lit, le regard perdu dans les ombres bleues qui dansaient au plafond de sa chambre, comme s'il espérait y découvrir un oracle capable de dessiner son destin à partir de ce jour. Il tenait toujours la montre que son père avait fabriquée pour lui. Les lunes souriantes du cadran brillaient dans la pénombre nocturne. Elles connaissaient peut-être la réponse à toutes les questions que Max avait commencé à collectionner depuis l'après-midi. 
Les premières lueurs de l'aube finirent par pointer sur l'horizon bleu. Max sauta du lit et se dirigea vers le salon. Maximilian Carver était installé tout habillé dans un fauteuil près d'une lampe, avec un livre. Max vit qu'il n'était pas le seul à avoir passé la nuit sans dormir. L'horloger lui sourit et ferma le livre. 
- Qu'est-ce que tu lis ? questionna Max en indiquant l'épais volume. 
- Un livre sur Copernic. Sais-tu qui est Copernic ? 
- Je vais au collège, papa. 
Le père avait l'habitude de poser des questions à son fils comme si celui-ci venait tout juste de dégringoler de son arbre. 
- Et que sais-tu de lui ? insista-t-il. 
- Il a découvert que la Terre tourne autour du Soleil, et non l'inverse. 
- C'est plus ou moins ça. Et sais-tu ce que cela signifie ? 
- Des problèmes, répliqua Max. 
L'horloger eut un large sourire et lui tendit le gros livre. 
- Tiens. Il est à toi. Lis-le. 
Max inspecta le mystérieux volume relié en cuir. Il semblait avoir mille ans et servir de séjour à quelque vieux génie retenu prisonnier dans ses pages par un sortilège séculaire. 
- Bon, ajouta son père. Et maintenant, qui va réveiller tes soeurs ? 
Max, sans lever les yeux du livre, fit un signe de tête pour indiquer qu'il lui cédait volontiers l'honneur de tirer Alicia et Irina, ses soeurs âgées respectivement de quinze et huit ans, de leur profond sommeil. 
Puis, pendant que son père s'en allait claironner le réveil pour toute la famille, Max prit sa place dans le fauteuil, ouvrit grand le livre et se mit à lire. Une demi-heure plus tard, la famille au grand complet franchissait pour la dernière fois le seuil de la maison, vers une nouvelle vie. L'été venait de commencer. 

logo_bibli_IGN_20

Déjà lu du même auteur : 

 l_ombre_du_vent L'ombre du vent le_jeu_de_l_Ange Le jeu de l'Ange

marina Marina – Carlos Ruiz Zafon


Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Espagne

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
d_fi_du_1er_roman

star_4

Posté par aproposdelivres à 08:21 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

01 avril 2012

Tout est sous contrôle – Hugh Laurie

tout_est_sous_contr_le_sonatine tout_est_sous_contr_le_points tout_est_sous_contr_le_2points

Sonatine - janvier 2009 – 380 pages

Points – mai 2010 – 425 pages

Pointdeux – avril 2011  - 630 pages

traduit de l'anglais par Jean-Luc Piningre

Titre original : The Gun Seller, 1996

Quatrième de couverture : 
Depuis qu'il a refusé 100 000 dollars pour liquider un homme d'affaires, la vie de Thomas Lang est un enfer. La morale est sauve, mais les conséquences seront lourdes ! Tout est sous contrôle est le premier roman de Hugh Laurie, acteur mondialement célèbre pour sa prestation dans la série Dr House.

Auteur : Scénariste et comédien, Hugh Laurie est né en 1959 à Oxford. Les droits d'adaptation de Tout est sous contrôle ont été achetés par la MGM.

Mon avis : (lu en mars 2012)
Hugh Laurie a écrit ce thriller avant le succès du Dr House.
Thomas Lang est un ancien militaire d'élite, on lui propose un contrat de 100 000 dollars pour tuer Mr. Woolf, un riche homme d'affaire londonien. Thomas refuse le « travail » et s'empresse de contacter la future victime pour la prévenir que sa tête est mise à prix. Et l'aventure commence...
C'est un roman d'espionnage parsemé de répliques où se mêlent l'ironie, le cynisme et un humour très british.
Tout comme dans la série Dr House je trouve plus amusant les frasques du cher Docteur plus que la résolution des énigmes médicales, dans ce livre ce sont les frasques et les réflexions décalées de Thomas Lang qui m'ont  plu, le côté roman d'espionnage m'a, je l'avoue, un peu ennuyé...
En effet, les bons mots de Thomas Lang deviennent vite des digressions qui parasitent l'intrigue et j'ai souvent perdu le fil de l'histoire...

Extrait : (début du livre)
Imaginez que vous deviez casser le bras de quelqu'un.
Le gauche ou le droit, aucune importance, la question étant de passer à l'acte, faute de quoi... enfin, qu'importe également. Disons seulement que, sinon, ça risque d'aller mal.
Le problème est en réalité le suivant : allez-vous au plus vite — crac ! oh, désolé, laissez-moilaissez-moi vous mettre une attelle, monsieur — ou faites-vous traîner l'affaire pendant huit bonnes minutes, en procédant par minuscules poussées, certes de plus en plus fortes, jusqu'à ce que la douleur devienne verte et rose, glacée, brûlante, et finalement insupportable au point de le faire gueuler comme un veau ?
Eh oui, bien sûr. C'est évident. La chose à faire, la seule chose à faire, c'est d'en finir le plus rapidement possible. Cassez-moi ce bras, payez la tournée, soyez un bon citoyen.
À moins que.
Que, que, que...

Et si vous détestiez la personne au bout dudit bras ? Ou, plus précisément : si vous la haïssiez grave ?
Je devais maintenant y réfléchir.
Je dis maintenant, mais en réalité je veux parler d'un moment passé ; le moment situé une fraction de seconde — quelle fraction, cependant ! — avant que mon poignet arrive aux environs de ma nuque, et que mon humérus gauche se brise en deux éléments plus ou moins faciles à recoller. Deux, voire beaucoup plus.

Parce que le bras dont on discute, voyez, c'est le mien. Pas le bras abstrait de quelque philosophe. L'os, la peau, les poils, la petite cicatrice blanche à la pointe du coude, cadeau d'un radiateur à accumulation de l'école primaire de Gateshill — tout ça, c'est à moi. C'est aussi le moment où je me demande si cet homme dans mon dos, qui me serre le poignet et le pousse avec un zèle quasi érotique en haut de ma colonne vertébrale... eh bien, si cet homme ne me haïrait pas. S'il ne me hait pas carrément.
Car il n'en finit pas.

logo_bibli_VLS_20

 Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Grande-Bretagne

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
d_fi_du_1er_roman

Posté par aproposdelivres à 10:30 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,