21 avril 2016

No et moi - Delphine de Vigan

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib - mars 2016 - 5h10 - Lu par Lola Naymark

Jean-Claude Lattès - 22 août 2007 - 285 pages

Livre de Poche - mars 2009 - 248 pages

Prix des Libraires 2008

Quatrième de couverture : 
Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semblé qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur.
Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes.
Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fi lle à peine plus âgée qu’elle.
No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri…
No et moi, paru en 2007 a été traduit dans vingt-cinq langues et adapté à l’écran par Zabou Breitman.

Auteur : Née en 1966 à Boulogne-Billancourt, Delphine de Vigan est l’auteur de, notamment, No et moi (prix des Libraires 2008), Les Heures souterraines (finaliste du Prix Goncourt 2009), Rien ne s’oppose à la nuit(Prix du Roman Fnac, Prix du Roman France Télévision, Prix Renaudot des Lycéens et Prix des lectrices de Elle 2011) et D’après une histoire vraie (Prix Renaudot 2015). Ses livres sont traduits dans le monde entier.

Lecteur : Parallèlement à des études de philosophie, Lola Naymark se forme à la Classe Libre du Cours Florent. Révélée en 2003 par le film Brodeuses d'Éléonore Faucher, elle alterne les projets pour la télévision et le cinéma (Brève de comptoir de Jean-Michel Ribes, Au fil d’Ariane de Robert Guédiguian) et le théâtre (Les Liaisons Dangereuses, mis-en-scène par John Malkovich).     

Mon avis : (écouté en avril 2016)
C'est avec ce livre que j'ai découvert Delphine de Vigan et cela reste mon préféré. J'ai beaucoup aimé cette relecture en livre audio.
Lou, la narratrice, est une adolescente surdouée. A 13 ans, elle est en Seconde et se définit comme « Lou Bertignac, meilleure élève de la classe, asociale et muette ». Elle va devoir préparer un exposé et lorsque le professeur lui demande le sujet de l'exposé, elle répond au hasard : — Les sans-abri. 
Lou va donc rencontrer No, une adolescente âgée de 18 ans, en rupture avec sa famille et sans abri. C'est la rencontre improbable de deux mondes. Les deux jeunes filles sont très différentes, mais toutes deux vont s'apprivoiser. 
Lou est très attachante, elle est idéaliste et elle pense qu'elle peut changer les choses. No est rejetée par la société, c'est une rebelle mais elle va accepter cette amitié. Lou va sortir grandi de cette rencontre et elle va apprendre à rencontrer les autres même s'ils sont différents.

Merci Audrey et les éditions Audiolib pour cette relecture toujours aussi émouvante

Extrait : (début du livre)
— Mademoiselle Bertignac, je ne vois pas votre nom sur la liste des exposés.
De loin Monsieur Marin m’observe, le sourcil levé, les mains posées sur son bureau. C’était compter sans son radar longue portée. J’espérais le sursis, c’est le flagrant délit. Vingt-cinq paires d’yeux tournées vers moi attendent ma réponse. Le cerveau pris en faute. Axelle Vernoux et Léa Germain pouffent en silence derrière leurs mains, une dizaine de bracelets tintent de plaisir à leurs poignets. Si je pouvais m’enfoncer cent kilomètres sous terre, du côté de la lithosphère, ça m’arrangerait un peu. J’ai horreur des exposés, j’ai horreur de prendre la parole devant la classe, une faille sismique s’est ouverte sous mes pieds, mais rien ne bouge, rien ne s’effondre, je préférerais m’évanouir là, tout de suite, foudroyée, je tomberais raide de ma petite hauteur, les Converse en éventail, les bras en croix, Monsieur Marin écrirait à la craie sur le tableau noir : ci-gît Lou Bertignac, meilleure élève de la classe, asociale et muette.
— … J’allais m’inscrire.
— Très bien. Quel est votre sujet ?
— Les sans-abri.
— C’est un peu général, pouvez-vous préciser ? 

Lucas me sourit. Ses yeux sont immenses, je pourrais me noyer à l’intérieur, disparaître, ou laisser le silence engloutir Monsieur Marin et toute la classe avec lui, je pourrais prendre mon sac Eastpack et sortir sans un mot, comme Lucas sait le faire, je pourrais m’excuser et avouer que je n’en ai pas la moindre idée, j’ai dit ça au hasard, je vais y réfléchir, et puis j’irais voir Monsieur Marin à la fin du cours pour lui expliquer que je ne peux pas, un exposé devant toute la classe c’est tout simplement au-dessus de mes forces, je suis désolée, je fournirais un certificat médical s’il le faut, inaptitude pathologique aux exposés en tout genre, avec le tampon et tout, je serais dispensée. Mais Lucas me regarde et je vois bien qu’il attend que je m’en sorte, il est avec moi, il se dit qu’une fille dans mon genre ne peut pas se ridiculiser devant trente élèves, son poing est serré, un peu plus il le brandirait au-dessus de lui, comme les supporters de foot encouragent les joueurs, mais soudain le silence pèse, on se croirait dans une église.

— Je vais retracer l’itinéraire d’une jeune femme sans abri, sa vie, enfin… son histoire. Je veux dire… comment elle se retrouve dans la rue.
Ça frémit dans les rangs, on chuchote.
— Très bien. C’est un beau sujet. On recense chaque année de plus en plus de femmes en errance, et de plus en plus jeunes. Quelles sources documentaires pensez-vous utiliser, mademoiselle Bertignac ?
Je n’ai rien à perdre. Ou tellement que ça ne se compte pas sur les doigts d’une main, ni même de dix, ça relève de l’infiniment grand.
— Le… le témoignage. Je vais interviewer une jeune femme SDF. Je l’ai rencontrée hier, elle a accepté.
Silence recueilli.

 

Déjà lu du même auteur :

no_et_moi_p No et moi les_heures_souterraines  Les heures souterraines

rien_ne_s_oppose___la_nuit Rien ne s'oppose à la nuit jours_sans_faim Jours sans faim 

109778914 D'après une histoire vraie

 

 

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06 avril 2016

D'après une histoire vraie - Delphine de Vigan

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9782367620442-001-T d'après une histoire vraie

Audiolib - novembre 2015 - 8h56 - Lu par Marianne Epin

Jean-Claude Lattès - août 2015 - 484 pages

Prix Renaudot 2015

Prix Goncourt des Lycéens 2015

Quatrième de couverture :
« Tu sais parfois, je me demande s’il n’y a pas quelqu’un qui prend possession de toi. »
« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L.
L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser. »
Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s’aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction.

Auteur : Née en 1966 à Boulogne-Billancourt, Delphine de Vigan est l’auteur de, notamment, No et moi (prix des Libraires 2008), Les Heures souterraines (finaliste du Prix Goncourt 2009), Rien ne s’oppose à la nuit (Prix du Roman Fnac, Prix du Roman France Télévision, Prix Renaudot des Lycéens et Prix des lectrices de Elle 2011) et D’après une histoire vraie (Prix Renaudot 2015). Ses livres sont traduits dans le monde entier.

Lecteur : Marianne Epin, (Prix Gérard Philipe 1985), formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique dans la classe d’Antoine Vitez, a joué 5 ans à la Comédie Française et interprété les grands rôles du répertoire classique et contemporain avec les plus grands metteurs en scène. Elle alterne théâtre, cinéma et télévision. Récemment,elle a joué Tous les Algériens sont des mécaniciens, pendant 2 ans, aux côtés de Fellag. Elle a déjà enregistré pour Audiolib, Les heures souterraines, Rien ne s'oppose à la nuit et Purge.

Mon avis : (écouté en mars 2016)
C'est l'histoire d'une auteur après le succès d'un livre qui l'a dépassé et qui a fini par l'épuiser. L'auteur est en mal d'inspiration, elle n'arrive plus à écrire pas même son courrier personnel ou professionnel... Fragile, elle rencontre une femme nommée L. qui s'impose peu à peu dans sa vie, l'isole de ses proches, de ses amis. Elle cherche à influencer son écriture et l'incite à écrire un livre "
inspiré de faits réels...", car c'est dans l'air du temps et c'est ce qu'attend les lecteurs. L'ambiance est oppressante, le lecteur découvre une histoire de manipulation vue de l'intérieur. Mais qui manipule qui ? L. ? Delphine ? Delphine de Vigan ?
La conclusion est assez déstabilisante car le titre "D'après une histoire vraie" prend tout son sens, car dans ce roman, bien difficile de savoir où est le vrai ? Où est la fiction ?
J'ai aimé cette conclusion, mais dans l'ensemble, j'ai trouvé certaines longueurs dans le livre.
L'écoute audio a été agréable et la confusion entre l'initiale L. et le pronom elle, est très réussie à l'orale, la version audio est donc un plus pour cette histoire.

Autres avis : Enna, SylireLeiloonaMeuraïe

Extrait : (début du livre)
Quelques mois après la parution de mon dernier roman, j’ai cessé d’écrire. Pendant presque trois années, je n’ai pas écrit une ligne. Les expressions figées doivent parfois s’entendre au pied de la lettre : je n’ai pas écrit une lettre administrative, pas un carton de remerciement, pas une carte postale de vacances, pas une liste de courses. Rien qui demande un quelconque effort de rédaction, qui obéisse à quelque préoccupation de forme. Pas une ligne, pas un mot. La vue d’un bloc, d’un carnet, d’une fiche bristol me donnait mal au cœur.
Peu à peu, le geste lui-même est devenu occasionnel, hésitant, ne s’exécutait plus sans appréhension. Le simple fait de tenir un stylo m’est apparu de plus en plus difficile.
Plus tard, j’ai été prise de panique dès que j’ouvrais un document Word.
Je cherchais la bonne position, l’orientation optimale de l’écran, j’étirais mes jambes sous la table. Et puis je restais là, immobile, des heures durant, les yeux rivés sur l’écran.
Plus tard encore, mes mains se sont mises à trembler dès que je les approchais du clavier.
J’ai refusé sans distinction toutes les propositions qui m’ont été adressées : articles, nouvelles de l’été, préfaces et autres participations à des ouvrages collectifs. Le simple mot écrire dans une lettre ou un message suffisait à me nouer l’estomac.
Écrire, je ne pouvais plus.
Écrire, c’était non.

Je sais aujourd’hui que différentes rumeurs ont circulé dans mon entourage, dans le milieu littéraire et sur les réseaux sociaux. Je sais qu’il a été dit que je n’écrirais plus, que j’étais parvenue au bout de quelque chose, que les feux de paille, ou de papier, toujours, finissent par s’éteindre. L’homme que j’aime s’est imaginé qu’à son contact j’avais perdu l’élan, ou bien la faille nourricière, et que par conséquent je ne tarderais pas à le quitter.

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Déjà lu du même auteur :

no_et_moi_p No et moi les_heures_souterraines  Les heures souterraines

rien_ne_s_oppose___la_nuit Rien ne s'oppose à la nuit jours_sans_faim Jours sans faim

 

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30 mars 2016

On regrettera plus tard - Agnès Ledig

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226320933m Albin Michel - mars 2016 - 320 pages

Quatrième de couverture :
Cela fait bientôt sept ans qu'Eric et sa petite Anna Nina sillonnent les routes de France. Solitude choisie. Jusqu'à ce soir de juin, où le vent et la pluie les obligent à frapper à la porte de Valentine. Un orage peut-il à lui seul détourner d'un destin que l'on croyait tout tracé ?
Avec la vitalité, l'émotion et la générosité qui ont fait l'immense succès de Juste avant le bonheur et Pars avec lui, Agnès Ledig explore les chemins imprévisibles de l'existence et du coeur. Pour nous dire que le désir et la vie sont plus forts que la peur et les blessures du passé.

Auteur : Découverte en 2011 avec Marie d'en haut, coup de cœur des lectrices du Prix Femme Actuelle, Agnès Ledig s'est imposée comme une des romancières françaises les plus aimées du grand public. Ses deux best-sellers, Juste avant le bonheur, Prix Maison de la Presse 2013 (460 000 ex vendus en France, grand format et poche), et Pars avec lui (Albin Michel, 2014) sont aujourd'hui traduits en 12 langues. L'auteur vit actuellement en Alsace.

Mon avis : (lu en mars 2016)
Valentine est une institutrice alsacienne qui vit seule dans un petit hameau. Célibataire, hyperactive, elle n'a jamais su garder un homme. Un soir d'orage, Eric et sa fille Anna-Nina, âgée de 7 ans, vont débarquer dans sa vie. Depuis la naissance d'Anna-Nina et la mort de sa maman, ils parcourent les routes dans une roulotte. Avec la tempête, un arbre a endommagé le toit de roulotte et Anna-Nina est trempée et fiévreuse. En pleine nuit, Valentine accueille le père et la fille.

Dans le présent, tour à tour, Eric et Valentine sont les narrateurs de cette histoire
Le lecteur découvre également une histoire du passé, en 1944, un adolescent vient en aide à une femme enceinte jetée hors de la Kommandantur après avoir été interrogée violemment.
Le lecteur découvrira comment ces deux histoires sont liées...
Valentine et Eric ont tous les deux un passé douloureux et cette rencontre imprévue vont changer la vie de tous les trois.
Les personnages sont touchants et attachants. L'histoire est émouvante. Anna-Nina est une petite fille sensible et très intelligente. Elle a toujours vécu seule avec son père qui fait tout pour la rendre heureuse. Elle va découvrir l'école et les copains... 

Merci à Aurore et aux éditions Albin Michel pour cette belle histoire qui fait du bien.

Extrait : (début du livre)
Dimanche 13 juin 2010

Un soir d’orage

Je suis courageuse, mais quand même.
En pleine nuit d’orage, entre tonnerre et pluie battante, ces coups violents contre la porte d’entrée étaient dignes d’un scénario de film d’horreur. Après avoir sursauté sous ma couverture de laine, je dois réfléchir rapidement. Le visage de Jack Nicholson dans Shining ! C’est la première image qui me vient : il est derrière cette porte. Ma porte ! Qui d’autre que lui aurait eu l’idée d’emprunter le chemin qui mène à notre petit village en pleine nuit et par un temps pareil ? Mais je ne peux décemment pas rester là sans rien faire et prendre le risque de retrouver un mort sur mon paillasson demain matin sous prétexte que j’aurai eu la trouille d’ouvrir ma porte à un comédien de cinéma. Pour frapper ainsi, c’est peut-être quelqu’un qui a besoin d’aide. Un psychopathe entrerait en scène plus subtilement, non ?
Quoique !
Quoique, je vais quand même chercher la poêle en fonte à la cuisine, celle que j’arrive à peine à soulever d’une main, et, après avoir respiré profondément, j’entrouvre la porte avec précaution, l’ustensile en l’air, prêt à s’abattre sur Jack.
– Aidez-moi !
Un homme se tient devant moi, une fillette recroquevillée dans les bras. Ils sont trempés. Il m’implore du regard et n’a rien d’un acteur américain. Soudain ridicule avec ma poêle en fonte, je la pose au sol et j’ouvre grand la porte pour les faire entrer.
– D’où sortez-vous comme ça ?
– J’ai besoin d’aide. Elle est bouillante. Je n’ai plus d’abri pour elle ni de médicaments.
– Posez-la sur le canapé, juste là, lui dis-je en repoussant la couverture et le livre que j’étais en train de lire.
Je commence à la défaire de ses vêtements mouillés et froids, qui lui collent à la peau, puis je pose mes lèvres sur son front, une habitude prise avec mes élèves. Elle est effectivement brûlante. Je demande à l’homme d’aller chercher une serviette éponge à la cuisine pour sécher ses cheveux, tout en l’emmitouflant nue dans la couverture et en la frictionnant pour la réchauffer. La petite grelotte, le regard dans le vague, proche de l’inconscience.
– Je vais appeler le médecin. Il n’habite pas très loin, il viendra vite.
– Merci.
– Comment s’appelle-t-elle ?
– Anna-Nina.
– Elle a quel âge ?
– Sept ans.
– Vous voulez des vêtements secs pour vous changer ?
– Je dois aller mettre les chevaux à l’abri.
– Quels chevaux ?
– Mes chevaux.
Et là, je fais le lien avec la roulotte que j’ai vue arriver il y a deux jours et stationner sur le chemin un peu plus haut. C’était donc eux.
– Allez sonner chez le voisin, il s’appelle Gustave, il est de l’autre côté de la cour, il y a encore de la lumière chez lui, lui dis-je en jetant un œil par la fenêtre. Précisez-lui que vous venez de ma part et qu’il faut mettre des chevaux à l’abri à cause de l’orage.
La petite a fermé les yeux et tremble dans son demi-sommeil. Je lui ai recouvert la tête avec une serviette, et me suis assise à côté d’elle pour appeler le médecin.

Déjà lu du même auteur : 

JUSTE_AVANT_LE_BONHEUR Juste avant le bonheur 9782226259929-j Pars avec lui

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Phrase (3)

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27 mars 2016

Mariages de saison - Jean-Philippe Blondel

514QvyaIQXL Buchet Chastel - janvier 2016 - 192 pages

Quatrième de couverture :
Juillet 2013 en province. Comme chaque été, Corentin retrouve, au côté de son parrain, Yvan, son emploi saisonnier de vidéaste de mariage. Chargé d'accompagner les couples des premières heures de la journée la plus importante de leur vie jusqu'au matin suivant, il recueille leurs espoirs et leurs désillusions, leurs joies et leurs détresses, parfois. Mais à vingt-sept ans, il est temps de faire des choix, amoureux tout autant que professionnels. Corentin a devant lui cinq mariages et aucun enterrement pour trouver sa voie.

Analyse des sentiments, amertume et plaisir, empathie pour les personnages... On retrouve dans Mariages de saison tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel

Auteur : Professeur d'anglais à Troyes, Jean-Philippe Blondel publie romans pour adultes et pour adolescents Le Baby-sitter, G229 (prix Virgin - Version femina), Et rester vivant et 06H41 ont rencontré un réel succès.

Mon avis : (lu en mars 2016)
Corentin a un emploi saisonnier original, il est vidéaste de mariage... Du mois de mai au mois de septembre, il seconde Yvan, son parrain, . Durant l'été 2013, nous allons les suivre lui et Yvon durant cinq mariages. Lors du premier, Corentin filme la déclaration d'amour d'une jeune mariée, destinée à l'homme qu'elle aime... Il est touché et derrière sa caméra Corentin se fait oublier et recueille les confidences des uns et des autres : mariés, parents, amis...
A force de fréquenter les mariages, Corentin s'interroge sur sa propre vie. Il n'a jamais réussi à garder longtemps ses petites amies, il est vrai que son travail de vidéaste de mariage lui laisse peu de temps durant les week-ends, et sa situation professionnelle ressemble plutôt à du provisoire...
Jean-Philippe Blondel décrit avec beaucoup de justesse et de simplicité ces mariages si différents où se révèlent des moments de tensions, de vérité, de poésie, d'amour... 
Une histoire plus profonde que l'on peut imaginer.

Extrait : (début du livre)
Eté 2013
8 juin
La sonnerie du réveil. 6h30. Corentin tente de se raccrocher quelques secondes à son rêve, il était question d’eau, d’océan ou de rivière, mais trop tard, l’aquatique s’est retiré et Corentin est échoué sur son lit, en nage. À côté de lui, Aurore n’a pas bougé d’un iota. C’est étonnant de s’appeler Aurore et d’avoir un sommeil de ce plomb-là. Aurore n’émerge jamais avant la fin de la matinée, quand elle est en repos. Corentin soupire. Il n’a pas du tout envie de vivre la journée qui se profile devant lui. Dehors, les oiseaux pépient déjà – de quoi vous donner envie d’acheter une carabine et de tirer dans le tas.
Corentin sort de la chambre sans faire de bruit. Il jette un coup d’œil au costume suspendu à la tringle à rideaux. Samedi 8 juin. Aujourd’hui. Un mariage. Encore un. Son esprit commence à anticiper – les préparatifs, la coiffure, la cérémonie –, mais Corentin refuse de se laisser entraîner. D’abord, un café. Une cafetière entière. Ses parents ont proposé de lui offrir une nouvelle machine, de celles qu’on trouve partout désormais, avec les capsules hors de prix à commander sur Internet, de celles qui vous servent « des cafés onctueux et mousseux à l’extrême, à la fois corsés et aromatisés », de celles dont les nouveaux propriétaires se sentent soudain obligés de se muer en publicitaires pour en vanter les mérites et en justifier le coût – mais il a décliné. Corentin tient à son électrique, à ses filtres à moitié détrempés qui se replient tout à coup et transforment le liquide attendu en une eau pisseuse et trouble; au bec de la verseuse, mal positionné par rapport à l’anse et qui oblige à une contorsion invraisemblable du poignet pour parvenir à verser le breuvage dans une tasse. Une cafetière entière. Deux toasts nature. Et la paix. Le petit déjeuner rêvé de Corentin – à part qu’il est 6h30, un samedi. 
Manque le quotidien local aussi. Corentin est un lecteur assidu du journal, qu’il part acheter au bureau de tabac au coin de la rue tandis que la machine à café crachote le nectar à venir. Tous ses amis se moquent de lui – personne de son âge ne lit cette feuille de chou provinciale qui égrène les décès, les communions, les fêtes d’école, les visites du Père Noël dans les maisons de retraite et le partage de la galette dans les clubs sportifs. C’est bon pour les vieux ou pour les élus, qui cherchent à être vus en photo à toutes les pages. À vingt-sept ans, franchement, Corentin devrait avoir autre chose à faire de bon matin – peaufiner un statut Facebook ou envoyer quelques SMS, par exemple. Corentin répond que c’est une sorte de déformation professionnelle. Il guette les comptes rendus de mariages et de cérémonies officielles et ironise sur les clichés noir et blanc qui semblent sortis de l’armoire de ses grands-parents. Mais, avant tout, il repère. Dans quel village l’événement s’est-il déroulé? Quelles sont les professions des nouveaux époux? Et surtout, qui a obtenu le contrat?

 

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter  Le Baby-sitter G229 G229  blog Blog

5317 Et rester vivant replay (Re)play  brise_glace Brise glace

acc_s_direct___la_plage Accès direct à la plage 6h41 06H41

double jeu Double jeu un hiver à paris Un hiver à Paris  9782330048204 La coloc 

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09 mars 2016

Des beaux étés - 1 - Cap au Sud ! - Zidrou et Jordi Lafebre

yTnogpc1GKDH8biCGDj7PrB8dOlhF2l3-couv-1200 Dargaud - septembre 2015 - 56 pages

Quatrième de couverture :
Août 1973. Zidrou et Lafebre nous font une place dans la 4L rouge Esterel de la famille Faldérault : entre les parents et les 4 enfants, nous voici en route vers le Midi pour de "beaux étés" ! Chaque année, les mêmes rituels : Pierre, le père, rend ses planches de B.D. en retard, les chansons de vacances, l'étape pique-nique... Un mois pour oublier le quotidien, le couple qui bat de l'aile, Tante Lili malade. Des souvenirs à engranger qui font que la vie est plus belle, des moments précieux pour se rappeler l'essentiel. Cap au sud !

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D'abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l'écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L'Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l'auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, La Peau de l'ours, Lydie, Folies Bergères, La Mondaine, Les 3 Fruits. En 2015, Zidrou revient en force avec trois nouveaux albums : en août Le Bouffon avec Francis Porcel, en septembre, une nouvelle série familiale, Les Beaux Etés avec Jordi et en octobre, en duo avec P. Berthet, un polar dans les régions reculées de l'Australie, "Crime qui est le tien". Pour 2016, l'auteur continue d'écrire les souvenirs de vacances de la famille Faldéraut dans "Les Beaux Étés" et proclame la fin de Venise dans "Marina".

Jordi Lafebre est né en 1979 à Barcelone, où il étudie la bande dessinée et les beaux-arts avant d'effectuer ses premiers pas de dessinateur en 2001. Il est publié dans plusieurs magazines espagnols, notamment dans la revue pour la jeunesse Mister K, dans laquelle il signe El munda de judy(« le monde de Judy») en collaboration avec le scénariste Toni Front. Sa rencontre avec Zidrou est décisive: après quelques dessins dans l'hebdomadaire Spirou, il participe à un ouvrage collectif écrit par le scénariste de Ducobu, La vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien, puis en 2010, il cosigne avec lui un album remarqué, Lydie. En 2014, toujours avec Zidrou, il sort La Mondaine, et continue sur sa lancée, en 2015, avec une nouvelle série Les Beaux Étés qui sortira en septembre. En 2016, le tome 2 des Beaux Étés sortira en juin 2016.

Mon avis : (lu en février 2016)
Eté 1973, comme d'habitude, la famille est sur le point de partir pour les vacances d'été de la Belgique vers le Sud de la France. Les bagages sont bouclés depuis quelques jours, mais le père, dessinateur de BD, doit rendre plusieurs planches à son éditeur avant de pouvoir partir... Dès la livraison faite, les parents et les quatre enfants s'engouffrent dans la 4L rouge et les vacances peuvent enfin commencer ! 
Les rires et les chamailleries des enfants cachent les soucis de la famille... Le couple est en crise, mais le temps d'un dernier été tous ensemble, ils ont choisi, pour le moment, de taire la séparation à leurs enfants. Un décès familiale va interrompre les vacances pour un retour forcé en Belgique...
J'ai bien aimé ce récit de souvenirs de vacances, c
'est vivant, avec des éclats de rires, mais également une pointe de nostalgie. Les 4 enfants sont attachants : Julie, Nicole, Louis et Paulette la petite dernière...
Cette BD est le tome 1 d'une série que j'ai très envie de continuer à découvrir ! J'attends la suite...

Extrait :

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08 mars 2016

La fille quelques heures avant l'impact - Hubert Ben Kemoun

Lu en partenariat avec les éditions Flammarion jeunesse

9782081373822 Flammarion jeunesse – février 2016 – 250 pages

Quatrième de couverture : 
Ce soir. Tous ou presque ont prévu d'assister au concert du groupe de Marion. Mais tous n'iront pas pour les mêmes raisons. Certains sont venus avec joie et envie, d'autres avec rage et dégoût. Ici des comptes vont se régler, des vies basculer en quelques instants. Celle d'Annabelle tout particulièrement. Dans le noir, la tension monte. Annabelle veut croire que l'espoir va l'emporter mais la haine peut triompher...

Auteur : D'abord auteur dramatique, Hubert Ben Kemoun devient dès 1992 un auteur prolifique de la littérature jeunesse. Chez Flammarion Jeunesse il a notamment publié La fille seule dans le vestiaire des garçons dans la collection " Emotions ", Blues en noir, La gazelle dans la collection " Tribal ". Il vit à Nantes.

Mon avis : (lu en mars 2016)
Beaucoup de tension et de colère dans cette histoire d'adolescents en fin de collège. Tout commence dans un cours de français où les tensions entre les élèves sont insupportables pour Isabelle, la jeune professeur, et pour les élèves... La violence, le racisme s'expriment quotidiennement dans cette classe. Trois élèves sont réprimandés et doivent quitter le cours. Dominé par la colère, l'un d'entre eux ne pense que vengeance et la voiture de la professeur en fera les frais... Ce n'est là que le début de cette violence annoncée...
C'est intéressant de découvrir les personnages, les faits de cet après-midi et cette soirée depuis différents points de vue, en effet le narrateur n'est pas toujours le même, cela commence par Isabelle, la jeune professeur, puis Annabelle, collégienne de 15 ans, "la fille". Cet dernière a osé dire aux trois perturbateurs de la classe que leurs attitudes fatiguaient la classe et que la majorité d'entre eux souhaitait préparer plus sereinement le Brevet. 
En dehors de la classe, la vie amoureuse d'Isabelle est compliquée, il semblerait que Quentin, son amoureux, s'éloigne d'elle...
Annabelle a une maman dépressive depuis que son père est en prison, elle regrette d'avoir choisi Sébastien comme petit ami, ce garçon ne lui correspond pas...
Le récit est entrecoupé par des voix qui évoquent un accident, un drame, une mort certaine... Pour le lecteur, c'est assez vague mais tout s'éclairera  à la conclusion de l'histoire...
Beaucoup de rythme, de réalisme dans ces tranches de vie d'adolescents écorchés vifs qui expriment leur colère et mal-être essentiellement dans la violence et l'agressivité... Heureusement, pour certains, il y a quelques lueurs d'espoir dans ce monde de brutes...

Merci à Brigitte et les éditions Flammarion jeunesse pour ce partenariat

Autre avis : Canel

Extrait : 
Isabelle Etcheverry arpente l'allée centrale de sa salle de cours. La B29 : un numéro d'avion de guerre, mais cet après-midi, le bombardier prend plutôt des allures de planeur perdu au gré des vents.
- Comprenez-moi bien, ce personnage n'a pas seulement soif de connaissance, il a surtout soif d'amour !
Le bouquin de Radiguet entre les mains, tel un prêtre avec son bréviaire, la jeune prof de français harangue depuis le début du cours pour essayer d'intéresser ses troisièmes. elle rame un maximum dans la somnolence de cette fin de journée, à contre-courant d'un fleuve de fatigue et d'ennui.
Les intéresser ? Les réveiller lui suffirait.
Les livres sont ouverts sur les tables, mais certainement pas à la bonne page pour tout le monde. Isabelle a remarqué depuis un moment le catalogue de tatouages et de piercings que Marina planque sur ses genoux, à côté de son inséparable copine Solène. Elle n'a rien dit. Au fond, ces deux-là suivent peut-être plus attentivement que d'autres, tout en s'interrogeant sur le dessin qu'elles vont choisir avant d'aller négocier avec leurs parents. Tiennent la corde une fée clochette en bas résille pour Marina et un disque de yin et yang pour sa camarade. Non loin, Fatoumata s'amuse avec son stylo à écrire sur le bras de sa voisine Annabelle.
- Soif d'amour ! répète Isabelle pour tester l'attention de ses élèves.
- Moi aussi, j'menverrais bien une bière ! Une blonde ! lance Momo depuis le fond de la classe.
- Et moi, j'm'enverrais bien ta soeur, même si tout le monde sait que c'est pas une vraie blonde ! réplique une voix qui peut être celle de Fabien ou celle de Thierry, qui semblait somnoler à un postillon de la fenêtre.
- C'est ça, ouais... Par contre, tout le monde sait ce qu'elle est vraiment, ta mère. Là, y a pas de lézard ! dégaine Momo en direction du coin de la classe d'où est partie l'invective.
- On se calme, s'il vous plaît ! fait Etcheverry en se retournant brusquement et sans se rendre compte que la bretelle de sa robe d'été en imprimé bleu est descendue de son épaule constellée de taches de rousseur.
- Tu sais ce qu'elle te dit, ma mère, pauvre naze ?
C'était donc Fabien. Plus de doute.
- Ben ouais, bien sûr que je le sais... Elle me donne ses tarifs, comme à tous le monde ! lui réplique aussitôt Momo, assez fier des rires qu'il récolte aussitôt.
- Taisez-vous, Mokhtar !
- C'est ça, et la tienne elle fait cadeau ! Elle, c'est sûr, c'est parce qu'elle adore ça qu'elle s'allonge !
- Ça suffit vous deux !

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28 février 2016

Pourquoi Tokyo ? - Agathe Parmentier

Lu en partenariat avec les éditions Au Diable Vauvert

1507-1 Au Diable Vauvert - février 2016 - 320 pages

Quatrième de couverture :
En 2012, Agathe Parmentier décide de quitter la France et part à l'aventure, s'installer au Japon avec une simple valise. Elle gagnera de quoi manger et se loger dans une chambre de 9 m2 en donnant des cours de français. Témoin volontaire respectueuse, distanciée et attentive, elle observe et découvre la ville et ses habitants avec rigueur et nous raconte son quotidien, ses expériences et ses expéditions de française curieuse et maladroite, mais toujours respectueuse, devenue apprentie tokyoïte. Récit d'une expérience humaine et journal de voyage, Pourquoi Tokyo ? est un document passionnant, vivant et plein d'humour, où l'on découvre par les détails l'ordinaire et l'âme d'un pays radicalement différent et qui fascine.

Auteur : Après des études de droit et de politique à Paris, Agathe Parmentier se lance dans la presse où elle devient rapidement chroniqueuse sous le nom d'Ismène de Beauvoir et a publié un document sur la génération Y, Contre-culture confiture (éditions FYP, 2013). Après deux années passées en Australie, elle part vivre en 2014 à Tokyo et en rapporte un passionnant récit de voyage, Pourquoi Tokyo ?

Mon avis : (lu en février 2016)
Avant d'être un livre ce récit de voyage est un blog Pourquoi Tokyo ? Pourquoi pas. A trente ans, Agathe, jeune française décide de partir pour un an au Japon. Elle aime ce pays, mais n'en connait pas la langue. Elle nous raconte son expérience d'occidentale au pays du soleil levant... Elle va vivre dans un chambre de 9 m², donner des cours de français ou faire de la figuration pour gagner sa vie. Elle va prendre des cours de japonais pour tenter de converser avec les locaux.
Ce carnet de voyage est plein de surprises, de découvertes. Agathe a beaucoup d'humour et de curiosité, elle nous raconte à travers d'anecdotes les décalages qu'il existe entre nos deux cultures : elle teste la nourriture, les hôtels, les centres commerciaux, les garçons... Agathe ne s'arrête pas aux clichés, elle décrit un Japon contemporain avec ses émerveillements et ses déceptions. 
Tout au long du livre, Agathe utilise les termes japonais qui sont expliqués par de nombreuses notes et celles-ci sont également réunies en fin du livre, ce qui est très pratique pour s'y référer.

Merci aux éditions Au Diable Vauvert pour cette lecture dépaysante, amusante et instructive !

Extrait : (début du livre)
Je suis Agathe. Donc je suis Agatsu (1). donc je suis 安 月. Donc je suis Lune de Pacotille. Je suis Française, j'ai trente et un ans, je suis célibataire donc je suis une kurisumasukéki et une make-inu. Mais je levis bien. J'habite à Tokyo. Je tiens un blog, enseigne le français et j'étudie le japonais. J'adore le Japon mais je parle à peine le japonais. C'est un peu frustrant mais quand j'écris en japonais, on dirait que j'ai cinq ans donc c'est aussi un peu amusant. Je ne cuisine pas du tout mais j'adore la nourriture japonaise. Je mange du nattō et de lumeboshi. Mon sushi préféré c'est l'engawa. J'adore aussi l'okonomiyaki au poulpe et les yakiimo. J'aime le son du sanshin. J'aime les films japonais bizarres et les livres japonais bizarres. Une fois, au karaoké, j'ai chanté le refrain d'une chanson d'AKB48, mais je n'aime pas trop AKB48. 
Ravie de faire votre connaissance !

(1) Dans la langue japonaise, certainsde nos sons ne sont pas trduisibles. C'est la cas des mots se terminant sur une consonne sonore (David deviendra Davido) et des mots se terminant pae le son [e]. Ainsi, à la japonaise, Agathe devient Agatsu.

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20 février 2016

Vernon Subutex - tome 1 - Virginie Despentes

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Lecture Commune 
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avec  Enna, Sandrine

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Audiolib - janvier 2016 - 11h09 - Lu par Jacques Frantz

Grasset - janvier 2015 - 400 pages

Livre de Poche - mars 2016 - 432 pages (à paraître)

Quatrième de couverture :
QUI EST VERNON SUBUTEX ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de ressurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde révolu.
L’ultime visage
de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.

Auteur : Virginie Despentes est l’auteure, notamment, de Baise-moi (1993, adapté au cinéma et coréalisé avec Coralie Trinh Thi), Les jolies choses (1998), Teen Spirit (2002), Bye bye Blondie (2004, adapté au cinéma par l’auteur), King Kong Théorie (2006), Apocalypse bébé (2010, prix Renaudot).

Lecteur : De formation dramatique, Jacques Frantz travailla au conservatoire avec Antoine Vitez. Son parcours théâtral le fit se nourrir auprès des plus grands : Gildas Bourdet ou Roger Planchon, entre autres. Son parcours télévisuel (avec Serge Moati, Simon Brook, Denis Malleval, Henri Helman) et cinématographique (d’Yves Robert,Coline Serreau à Claude Chabrol ou Claude Berri, sans oublier Francis Weber,Luc Besson, Lars von Trier, ou récemment Pascal Chaumeil, dans L’Arnacoeur) ainsi qu’une longue pratique des enregistrements radio ont toujours attisé sapassion pour les textes.  

Mon avis : (écouté en février 2016)
C'était ma première rencontre avec Virginie Despentes et cette rencontre est mitigée. 

Vernon Subutex a été disquaire à Paris jusqu’à qu'il soit obligé de déposer le bilan. Sans travail et sans indemnités, il est expulsé de son logement. Il va donc recontacter ses amis ou connaissances, pour squatter durant quelques jours leur canapé. Il a en sa possession des cassettes vidéo inédites d’une auto-interview d’Alex Bleach, un chanteur de rock décédé d’une overdose, qu’il a bien connu. Ces enregistrements intéressent plusieurs personnes… 
Errance de Vernon Subutex dans les bas fonds de Paris, une galerie des personnages en tous genres, prostituées, drogués, trans, artistes ratés ou non... C'est l'occasion pour l'auteur de faire une radiographie de la société et de la ville en évoquant les thèmes suivants : extrême droite, femmes battues, alcoolisme, drogue, précarité, intégrisme... 
Tout au long du livre, l'auteur cite de nombreuses références musicales, mais ma culture insuffisante en ce domaine ne m'a pas permis d'apprécier.
J'ai également été dérouté par la dernière plage d'écoute que j'ai repassé plusieurs fois pour essayer de comprendre... Je sais qu'il y a un Vernon Subutex 2, mais cela sera sans moi car j'ai vraiment peiné à écouter la fin de ce livre... Ce roman se veut réaliste, mais c'est un peu plombant et je n'ai pas envie de retrouver une atmosphère aussi glauque et trash...
Au début, je trouvais le ton du lecteur un peu monotone, mais je m'y suis habituée et j'ai plutôt apprécié le lecteur.

Autres avis : Enna, Sandrine

Extrait : (début du livre)
Les fenêtres de l'immeuble d'en face sont déjà éclairées. Les silhouettes des femmes de ménage s'agitent dans le vaste open space de ce qui doit être une agence de communication. Elles commencent à six heures. D'habitude, Vernon se réveille un peu avant qu'elles arrivent. Il a envie d'un café serré, d'une cigarette à filtre jaune, il aimerait se griller une tranche de pain et déjeuner en parcourant les gros titres du Parisien sur son ordinateur.
Il n'a pas acheté de café depuis des semaines. Les cigarettes qu'il roule le matin en éventrant les mégots de la veille sont si fines que c'est comme tirer sur du papier. Il n'y a rien à manger dans ses placards. Mais il a conservé son abonnement à Internet. Le prélèvement se fait le jour où tombe l'allocation logement. Depuis quelques mois elle est versée directement au propriétaire, mais c'est quand même passé, jusque-là. Pourvu que ça dure.
Son abonnement de téléphone portable a été suspendu, il ne se casse plus la tête à acheter des forfaits. Face à la débâcle, Vernon garde une ligne de conduite : il fait le mec qui ne remarque rien de particulier. Il a contemplé les choses s'affaisser au ralenti, puis l'effondrement s'est accéléré. Mais Vernon n'a cédé ni sur l'indifférence, ni sur l'élégance.
Il a d'abord été radié du RSA. Il a reçu par courrier une copie du rapport le concernant, rédigé par sa conseillère. Il s'entendait bien avec elle. Ils se sont rencontrés régulièrement pendant près de trois ans, dans le box étroit où elle faisait mourir des plantes vertes. La trentaine, pimpante, fausse rousse, dodue, grosse poitrine, madame Bodard parlait volontiers de ses deux garçons, qui lui donnaient des soucis, elle les emmenait régulièrement voir un pédiatre, dans l'espoir qu'il annonce une hyperactivité justifiant un traitement sédatif. Mais le médecin les trouvait en pleine forme et la renvoyait dans ses cordes. Madame Bodard lui avait raconté avoir vu AC/DC et Guns N'Roses en concert, avec ses parents, quand elle était petite. Aujourd'hui elle préférait Camille et Benjamin Biolay, et Vernon s'était gardé de tout commentaire désobligeant. Ils avaient longuement parlé de son cas : il avait été disquaire entre vingt et quarante-cinq ans. Dans son domaine, les offres d'emploi étaient plus rares que s'il avait travaillé dans l'extraction du charbon. Madame Bodard avait suggéré une reconversion. AFPA, GRETA, CFA, ils avaient consulté ensemble les stages qui lui étaient ouverts, et ils s'étaient quittés en bons termes, d'accord pour se retrouver et refaire le point. Trois ans plus tard, sa candidature pour préparer un BEP de services administratifs n'avait pas été retenue. De son côté, il estimait avoir fait ce qu'il avait à faire, il était devenu expert en dossiers et les préparait avec une belle efficacité. Il avait acquis à la longue la sensation que son job consistait à traîner sur Internet à la recherche de cases auxquelles son profil correspondrait, puis à envoyer des CV lui permettant d'obtenir en retour des preuves de refus. Qui voudrait former un quasi-quinquagénaire ? Il s'était bien dégoté un stage dans une salle de concert en banlieue, un autre dans une salle de cinéma art et essai - mais à part sortir un peu, se tenir au courant des problèmes de RER et rencontrer du monde, tout cela lui procurait avant tout une pénible impression de gâchis.

 

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18 février 2016

La Guerre des Lulus, Tome 3 : 1916 : Le tas de briques

la guerre des lulus_3 Casterman - septembre 2015 - 64 pages

Quatrième de couverture : 
1916. Encore une année qui passe. À cet âge, une année c’est presque une vie. Orphelins, laissés à leur propre destin dans un monde entré en guerre, les Lulus poursuivent leur chemin de survie. Après la mort de leur ami Hans, leur monde a basculé brutalement dans la réalité de cette guerre qu’ils évitaient si bien. S’enfonçant dans la forêt, ils découvrent une cabane qui se présente encore comme un nouveau signe d’espoir. La cabane est tenue par un Gustave, un vieux sabotier, mi bûcheron, mi ermite… Celui-ci leur permettra de faire étape avant de leur conseiller de repartir sur la route de Guise. La ville… si grande qui s’ouvre à eux pour prolonger leur destin commun.

Auteurs : Depuis 2004, le scénariste d’origine bretonne Régis Hautière, pilier des éditions Paquet a signé une vingtaine d’albums en seulement cinq ans dont le Dernier Envol avec Romain Hugault. Il multiplie aujourd’hui les projets chez d’autres éditeurs comme Soleil, Kstr, Glénat, Delcourt ou Dargaud. Après des études supérieures de philosophie et d’histoire et un troisième cycle en ingénierie de la connaissance, Régis Hautière a travaillé une dizaine d’années pour le festival BD d’Amiens.
Diplômé en génie électro-technique et licencié en Arts Plastiques, Hardoc démarre précocement sa carrière comme illustrateur pour une émission jeunesse de France 2, à 15 ans. Il gagne l’Écureuil d’Or qui récompense le meilleur jeune espoir au festival BD d’Angoulême en 1996. Hardoc rencontre ensuite Régis Hautière dans une association bédéesque d’Amiens (!!) et ils décident de travailler ensemble sur la série Le Loup, l'Agneau et les Chiens de guerre (éd. Paquet). Il participe, en mars 2005, au collectif des Nouvelles de Jules Verne en bandes dessinées des éditions Petit à Petit. En 2009, il publie, toujours avec Régis au scénario, l'histoire des Lulus, Jeux de guerre, dans le collectif Cicatrices de guerre(s). Et c'est avec impatience que l'on attendait leurs aventures complètes chez Casterman, La Guerre des lulus est arrivée, en janvier 2013.

Mon avis : (lu en janvier 2016)
A la fin du dernier tome, les Lulus perdaient Hans qui était devenu leur ami. Dans celui-ci, les Lulus continuent d'éviter les zones de combat en traversant les forêts. Ils vont rencontrer le vieux Gustave, sabotier qui s'est réfugié dans sa cabane au fond de la forêt pour éviter la guerre. Il y vit seul en ermite. Il les accueille pour quelques jours, puis conseille aux Lulus de quitter les bois où peuvent rôder des soldats déserteurs. Il les encourage à rejoindre la ville de Guise. Les Lulus vont découvrir alors le « tas de briques », nom familier du familistère de Guise, un ensemble de bâtiments créé par l'industriel Godin pour loger le personnel de son entreprise. Le « tas de briques » est en partie occupé par les Allemands, les Lulus vont être accueillis pour quelques temps clandestinement dans le grenier...
Cette BD est toujours aussi amusante et intéressante à lire, j'ai découvert ainsi l'existence de ce familistère de Guise, les Lulus grandissent également au fil des tomes. La petite Luce est devenue adolescente et ne laisse pas insensible les autres Lulus...

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

la_guerre_des_lulus_1914 La Guerre des Lulus, Tome 1 : 1914 : La maison des enfants trouvés 

la_guerre_des_lulus_1915 La Guerre des Lulus, Tome 2 : 1915 : Hans 

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16 février 2016

Crève Saucisse - Simon Hureau et Pascal Rabaté

creve_saucisse Futuropolis - janvier 2013 - 80 pages

Quatrième de couverture : 
Didier est boucher, amateur de bande dessinée et... cocu ! Cela lui bousille la vie. Sandrine, son épouse, le trompe avec leur meilleur ami, Éric. Renouant avec la veine acide qu’on lui connaît, Pascal Rabaté s’associe à Simon Hureau pour une comédie noire, grinçante et jubilatoire.

Auteurs : Pascal Rabaté naît en 1961. Il étudie la gravure aux Beaux-Arts d’Angers, puis exerce différents métiers avant de se lancer en bande dessinée. Ses premiers livres paraissent en 1989 chez Futuropolis. Dix années et autant de livres plus tard, il signe le premier tome d’«Ibicus», l’adaptation expressionniste et magistrale d’un roman d’Alexeï Tolstoï. Les quatre volumes qui la composent connaissent un succès public et critique retentissant (Alph-Art du meilleur album à Angoulême en 2000, notamment). Des «Pieds dedans» aux «Petits Ruisseaux» en passant par «Un ver dans le fruit», Rabaté est aussi le conteur singulier de la France profonde. S’il vit toujours à Angers, il brille pourtant par sa capacité à n’être jamais là où on l’attend. Son adaptation de «Harry est fou» en est une nouvelle preuve.
Simon Hureau est né en 1977 à Caen où il a demeuré jusqu’à l’obtention de son diplômé des Beaux Arts.
Simon publie de nombreuses histoires dans des fanzines ou en micro-édition. Lors de ses études aux Arts Déco de Strasbourg, il crée, avec d’autres étudiants, une structure d’autoédition, L’Institut Pacôme, tout en proposant ses planches au label angoumois, Ego comme X, à l’occasion du numéro 8 de la revue du même nom. C’est le début d’une fructueuse collaboration avec cet éditeur. 

Mon avis : (lu en janvier 2016)
J'ai pris ce livre à la bibliothèque par hasard, parce que Rabaté en était l'auteur et que j'ai beaucoup aimé Vive la marée.
Didier est boucher, il a tout pour être heureux, une femme et un fils qu'il aime. Sa boucherie de quartier marche très bien. 
Mais voilà qu'il découvre que sa femme le trompe avec Éric, l'un de leurs amis. Didier se met à avoir des idées sombres, il ne pense qu'à se venger... Mais en secret, sans rien dire à sa femme, il va trouver la solution à son problème dans sa grande collection de bandes dessinées...
Une intrigue noire et grinçante autour d'un adultère et d'une vengeance. C'est plutôt pas mal.

Extrait : 

CREVE-SAUCISSE-1 CREVE-SAUCISSE-2

CREVE-SAUCISSE-3 CREVE-SAUCISSE-4

CREVE-SAUCISSE-5 CREVE-SAUCISSE-6

Déjà lu du même auteur :
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