28 novembre 2010

Composition française : Retour sur une enfance bretonne - Mona Ozouf

Lu dans le cadre du partenariat  Livraddict et Folio

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Gallimard – mars 2009 – 258 pages

Folio – octobre 2010 – 269 pages

Quatrième de couverture :
La France a toujours vécu d'une tension entre l'esprit national et le génie des pays qui la composent, entre l'universel et le particulier. Mona Ozouf se souvient l'avoir ressentie et intériorisée au cours d'une enfance bretonne. Dans un territoire exigu et clos, entre école, église et maison, il fallait vivre avec trois lots de croyances disparates, souvent antagonistes. A la maison, tout parlait de l'appartenance à la Bretagne ? L'école, elle, au nom de l'universelle patrie des droits de l'homme professait l'indifférence aux identités locales. Quant à l'Eglise, la foi qu'elle enseignait contredisait celle de l'école comme celle de la maison. En faisant revivre ces croyances désaccordées, Mona Ozouf retrouve des questions qui n'ont rien perdu de leur acuité. Pourquoi la France s'est-elle montrée aussi rétive à accepter une pluralité toujours ressentie comme une menace ? Faut-il nécessairement opposer un républicanisme passionnément attaché à l'universel et des particularismes invariablement jugés rétrogrades ? A quelles conditions combiner les attachements particuliers et l'exigence de l'universel ? En d'autres termes, comment vivre heureusement la " composition française " ?

Auteur : Née en 1931, Mona Ozouf est agrégée de philosophie et directeur de recherche au CNRS. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages sur la Révolution française, la République et la littérature, notamment La fête révolutionnaire (1976), Les mots des femmes (1995), Les aveux du roman (2001), Varennes (2005) et Composition française (2009).

Mon avis : (lu en novembre 2010)
Ce livre, sous titré « Retour sur une enfance bretonne », est un essai sur l'identité française et l'identité bretonne. En nous racontant son enfance bretonne dans les années 30, Mona Ozouf évoque sa famille sa mère et sa grand-mère bretonnante, son père qui a appris le breton et qui milite pour sa sauvegarde. En parallèle, elle raconte ses années à l'école de la République où les langues régionales sont proscrites, elle ira à l'école communale à Plouha, puis au collège à Saint-Brieuc et finira ses études à Rennes en hypokhâgne.
Née en 1931, Mona Sohier est la fille unique de deux instituteurs, qui militent pour la cause bretonne. Son père « était né du côté de la Bretagne qui devait devenir pour lui le mauvais côté, celui où on ne parle pas breton. » Il est devenu très bretonnant et militant après son passage à l'École Normale « foyer d'impérialisme français ». Mais il meurt brutalement alors que Mona n'a que 4 ans. Sa mère veuve à 28 ans, et institutrice s’installe avec Mona à Plouha, un bourg des Côtes du Nord, elle y devient directrice d’école, en poursuivant le combat de son mari. Sa grand-mère est venue les rejoindre à Plouha. Elle vient d'une famille de paysans du Finistère, « elle avait dix ans déjà au moment de la loi Ferry sur l'obligation scolaire, et elle ne devait apprendre à lire et à écrire que fort tard, mue par ce sentiment de dignité qui ne la quittait jamais, pour ne pas livrer à l'écrivain public du bourg ses lettres au jeune mari embarqué sur le Furieux ou sur l'Isly. » Elle porte la coiffe et parle le breton, elle est la « figure tutélaire de mon enfance qui nourrit, console, rassure, l’image même de la sécurité pour moi que la peur domine ».
Mona vit entre l'école et la maison, elle lit beaucoup et éprouve « une connivence fraternelle avec ces jeunes héros François Seurel et Augustin Meaulnes pour qui l’enfermement dans l’école sert de tremplin à l’imagination ». Ainsi, elle découvre les mille visages de la Bretagne grâce aux livres de la bibliothèque militante de son père.
Elle a toujours aimé l'école. Mais c'est un univers à l'opposé de la maison : la langue bretonne n’existe pas et l'on n'évoque jamais les particularités de la région. « À l’école, c’est la France et non la Bretagne qu’il fallait apprendre ».
A l'âge de raison, sa grand-mère va lui faire découvrir un troisième univers : l’Église à travers le catéchisme, elle va y être montré du doigt car elle vient de l’école laïque, « Skol an diaoul », l’école du diable.
« Au terme de ces années enfantines à Plouha, il y avait bien trois mondes séparés. Fallait-il vivre inégaux et dissemblables, comme l'Église le donnait à penser ? Ou bien égaux et semblables, égaux parce que semblables, comme l'enseignait l'école ? Ou encore égaux et dissemblables, égaux pour faire valoir nos dissemblances, comme le professait la maison ? Un écheveau de perplexités que je ne suis toujours pas sûre de débrouiller aujourd'hui. »
Ce livre est très riche en information, il m'a appris beaucoup sur la vie quotidienne en Bretagne des années 1870 aux années 50. Moi-même aimant beaucoup la Bretagne, j'ai trouvé cela très intéressant. La partie finale est plus historique et théorique, je l'ai trouvé plus difficile à lire.

Merci à Livraddict et aux éditions Folio de m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (page 47)
Elle est le plus souvent debout, entre l'évier et le fourneau de la cuisine, la louche du café à la main, ajoutant ou ôtant une rondelle de fonte au gré des plats qu'elle prépare, tournant la pâte à crêpes, raclant du chocolat sur les tartines du «quatre-heures», baignée dans la lumière d'ouest qui vient de la fenêtre. Je l'ai si souvent dessinée que l'image est nette: elle se tient aussi droite que l'arthrose le lui permet, enveloppée dans d'immuables jupes noires et jamais sans sa coiffe. L'attacher est son premier geste du matin, bien avant l'éveil de la maisonnée: quelle honte, si le facteur venait à la surprendre «en cheveux»! Je ne la verrai ainsi que sur son lit d'agonisante. Son souci constant est la dignité - nul ne songerait du reste à la lui contester. Sa règle morale essentielle est de ne jamais se mettre dans une situation telle qu'on puisse en avoir honte. «Gand ar vez», «avec la honte», est l'expression qui pour elle englobe tout ce qu'il est inconvenant de faire et même de penser.

Elle est la reine de la maison, pleinement consciente de sa souveraineté; convaincue que si on n'a pas grand-chose à opposer au malheur, du moins l'honneur des femmes est d'adoucir la vie avec des gestes simples, proposer le réconfort d'une tranche de «pastéchou» ou d'une tasse de café. «Du café vous aurez?», c'est la phrase rituelle quand survient une visite, et la cafetière émaillée à fleurs ne quitte pas le coin de la cuisinière. Telle est la figure tutélaire de mon enfance, qui nourrit, soigne, console, rassure: l'image même de la sécurité, pour moi que la peur domine désormais, dans le monde glaçant où nous avons été jetées ma mère et moi.

[...] D'un bout à l'autre de la vie, elle considérera le travail intellectuel avec une condescendance amusée et logera ailleurs la réussite d'une existence féminine. «Quand vous aurez fini de jouer avec vos livres», nous disait-elle, à ma mère et à moi, résignée néanmoins à ce que ce «jeu» n'ait point de fin, mais non convaincue: ce n'était pas là travailler, seulement gaspiller le temps, denrée si précieuse. Sa présence à la maison enseigne donc que les livres ne sont pas la seule fenêtre sur la vie.

[...] Elle avait beau user du français avec moi, elle ne m'en communiquait pas moins, par ce français calqué sur les tournures du parler breton, le génie de cette langue vigoureuse, expressive, anthropomorphique : la brume du matin est la «pitance» du soleil, les vagues sont «les chevaux de la mer», le confluent est «le nez des deux eaux»; et on achève une lettre de condoléances en recommandant à l'endeuillé : «Dalc'hit mad an taol» («agrippez-vous à la table»).

[...] La Bretagne vivait à la maison en la personne de ma grand-mère, et pourtant c'était elle qui m'entretenait de la France. La France enseignée à l'école était celle que la maison désignait comme notre ennemie héréditaire, obstinément unificatrice et centralisatrice, et pourtant elle était aussi le pays qui avait fait, en séquences pédagogique- ment ordonnées, une marche vers la justice et la démocratie, en quoi elle était une patrie rationnelle plus qu'une patrie empirique, et à celle-ci la maison pouvait souscrire sans trahir sa foi bretonne. La Bretagne de la maison se vouait à la collecte des mythes en passe de mourir, les cloches de la ville d'Is tintaient toujours à nos oreilles, et pourtant elle était aussi une volonté et un avenir : la maison travaillait à l'avènement d'une Bretagne régénérée, d'une langue régénérée, à une manière conquérante et neuve d'être breton. Si bien qu'entre la maison et l'école peut-être y avait-il, en définitive, moins de distance qu'on n'avait cru ?

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25 novembre 2010

Quinze ans après, Fanfan 2 – Alexandre Jardin

Lu dans le cadre du Partenariat  Blog-O-Book et Livre de Poche

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Grasset – octobre 2009 – 353 pages

Livre de Poche – octobre 2010 – 286 pages

Quatrième de couverture :
A vingt-cinq ans, Fanfan et Alexandre s'étaient passionnément désirés. Fou de romantisme, il avait fait à sa belle une cour sans fin, lui refusant même l'acompte d'un baiser. Leur songe rose et plein d'effroi avait tourné court... Et voilà que quinze ans après, une machination orchestrée par un éditeur et un producteur avides remet en présence le couple qui inspira le roman Fanfan, incarné au cinéma par Sophie Marceau et Vincent Perez. Mais leur météo intime est à nouveau aux antipodes. Lui rêve désormais d'un amour quotidiennement réenchanté : faire de la vie domestique, érotisée avec zèle, un tremplin vers l'éternité ; elle a des bleus au coeur et se refuse à tout engagement. Triompheront-ils du cynisme de l'époque et de la conjuration des intérêts ? Guérit-on jamais d'un premier amour ?

Auteur : Né en 1965, diplômé de Sciences-politiques, Alexandre Jardin obtient en 1986 le prix du Premier roman pour Bille en tête. Deux ans plus tard, Le Zèbre est couronné par le prix Femina.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
J’ai découvert Alexandre Jardin avec Le Zèbre puis avec Fanfan, j’étais donc très curieuse de lire Fanfan 2 pour retrouver des personnages que j’avais adorés.

Malheureusement, je n’ai pas trouvé Fanfan 2 à la hauteur de l’original… J’ai eu du mal à rentrer dans le livre, j’ai été agacée par les constantes allusions au livre Fanfan, à son auteur et au film Fanfan ainsi qu’à ses acteurs (Sophie Marceau et Vincent Perez), j’ai trouvé que l’histoire n’avançait pas et je me suis plutôt ennuyée. Il y avait bien plusieurs personnages caricaturaux comme Faustine, la critique culturelle et littéraire et fausse bonne amie de Fanfan, Dizzy l’éditeur et Darius le producteur.
L’intérêt de Fanfan, c’était les nombreuses surprises tout au long du livre, pour Fanfan2, je n’ai jamais été surprise… Dommage.

Merci cependant à Blog-O-Book et au Livre de Poche pour ce partenariat.

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24 novembre 2010

Le sang des Atrides – Pierre Magnan

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Folio – mars 2000 - 245 pages

Fayard - février 2004 – 310 pages

Fayard – 1977 – 217 pages

Prix du Quai des Orfèvres en 1978

Quatrième de couverture :
Rue Prête-à-Partir, une nuit, un long cadavre vêtu d'un ensemble de sport bleu ciel orné d'un grand Gentiane en lettres jaunes attend, en leur barrant la route, les éboueurs de la ville de Digne. Jeannot Vial a été assassiné. Six mois plus tard, c'est au tour de Jules Payan. Deux hommes beaux et jeunes. Il y aura une troisième victime, puis une quatrième : la vieille Adélaïde de Champclos, qui devait connaître l'assassin. C'est bien sûr le commissaire Laviolette qui mène l'enquête.

Auteur : Pierre Magnan est un écrivain français né en 1922 à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). Il est indéfectiblement attaché à la Provence, source de toute son œuvre. Il fait de rapides études au collège de sa ville natale jusqu'à douze ans. De treize à vingt ans, il est typographe dans une imprimerie locale. Appelé aux Chantiers de jeunesse pendant l'Occupation, il est réfractaire au service du travail obligatoire (STO), et rejoint le maquis à Saint-Pierre d'Allevard en Isère, avec entre autres Thyde Monnier. Il publie son premier roman, L'Aube insolite, en 1946 avec un certain succès d'estime, la critique est favorable mais le public n'adhère pas. Trois autres romans suivent sans davantage de succès. Pour vivre, il travaille alors dans une société de transports frigorifiques, où il reste vingt-sept ans, tout en continuant toutefois à écrire des romans qui ne sont pas publiés.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
J'ai eu une époque où j'ai lu beaucoup de romans de Pierre Magnan comme la Maison Assassinée, les courriers de la mort... Lorsque j'ai vu ce livre à la bibliothèque, j'étais contente de retrouver cet auteur qui sait si bien parler de la Provence à travers un roman policier très bien construit.
Le Sang des Atrides est un roman policier paru en 1976. Le titre fait référence aux Atrides, descendants d'Atrée dans la mythologie grecque et cette référence n'est explicitée que dans les toutes dernières pages du roman.
Une série de meurtres a lieu à Digne. Ils sont commis avec une fronde et des galets venant de la rivière La Bleone. Il s'agit tout d'abord du meurtre de trois jeunes hommes, puis d'une vieille dame... Je n'en dévoilerai pas plus, le lecteur découvrira dans les toutes dernières pages qui est le meurtrier et surtout son mobile.

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Ce livre a été adapté deux fois à la télévision : En 1981, avec Sam Itzkovitch comme réalisateur et en 2010, téléfilm de Bruno Gantillon avec Victor Lanoux (Laviolette), Thibault de Montalembert (Juge Chabrand), Annie Grégorio, Valeria Cavalli, Cécile Auclert, Thibaud Vaneck.

Extrait : (début du livre)
C'était une nuit du dimanche au lundi. Entre le bruit de la Bléone sur ses galets et celui du torrent des Eaux-Chaudes, aux schistes jaune d'or, Digne dormait dans le calme.
Les feux de signalisations clignotaient en pure perte. La circulation était nulle en direction de Barrême, de Malijai ou de Barcelonnette. Aucun chien n’aboyait. Les autorails colorés du CP étaient au repos dans la gare déserte.

Au-delà des boulevards éclairés, au fin fond du cirque de nuit, sur les collines noires, vers les séminaires, quartier résidentiel, une lueur furtive pointillait le chemin de quelqu’un. Mais, entre ce quelqu’un et les deux torrents qui soulignaient le silence en rabotant leur lit, il n’y avait âme qui vive : il y avait âme qui meurt.
A quatre heures, sortit de son enclos la benne municipale. Il fallut aux éboueurs une heure ponctuée de sifflements stridents, de poubelles rejetées, de broyeurs emballés, d’arrêts, de départs, de joyeuses interpellations d’un bord à l’autre de la chaussée, pour atteindre la rue Prête-à-Partir.
C’est là qu’il les attendait. Oh ! Avec patience ! Il leur barrait la route : c’était un long cadavre, contre terre, face de côté, vêtu d’un ensemble de sport bleu ciel orné d’un grand Gentiane en lettres jaunes.
Le chauffeur l’aperçut le premier, stoppa, descendit devant la benne. C’était un escogriffe à l’œil gauche fermé et au mégot pendant. Comme les deux Maghrébins, à l’arrière, sifflaient en vain pour qu’il repartît, ils vinrent aux nouvelles. Leurs lèvres épaisses esquissèrent un sourire gêné. Ils croyaient voir un ivrogne. Ils voulurent le relever. L’escogriffe étendit ses bras et mit en diagonale, devant leurs pieds, ses immenses espadrilles. Il n’avait toujours que son œil droit ouvert, tant le gênait, à perpétuité, la fumée de son mégot.
« N’y touchez pas !
- Il est malade !
- Il n’est pas malade. Il est mort !
- Comment tu sais ? »

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19 novembre 2010

Dis oui, Ninon – Maud Lethielleux

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Stock – mars 2009 - 247 pages

J'ai lu - mai 2010 - 221 pages

Quatrième de couverture :
« - T'as passé une bonne semaine ? Je ne sais pas quoi dire. Si je dis oui, il va être triste, ça voudrait dire que je me passe bien de lui et que L'autre n'est pas si mal. Si je dis non, il sera très en colère contre Zélie et L'autre parce que je suis malheureuse à cause d'eux. Je dis : - Moyen. »
À neuf ans, Ninon observe le monde avec malice et se moque des idées toutes faites. Quand ses parents se séparent, elle choisit la vie de bohème avec son père, Fred. Ensemble, ils construisent une maison de bric et de broc, traient leurs chèvres, vendent leurs produits au marché, oublient l'école et Mme Kaffe, l'assistante sociale...

« Tout y est frais, naturel, juste... C'est un bonbon acidulé au goût d'enfance immémoriale. » ¤ Madame Figaro

« Ceux qui aiment les récits à la Pennac, et tous les grands enfants qui n'aiment pas grandir diront oui à Ninon ! » ¤ Elle

Auteur : Maud Lethielleux est musicienne et metteur en scène. Elle a parcouru le monde, de l'Asie à la Nouvelle-Zélande. Dis oui, Ninon est son premier roman.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
Ce livre est un très beau moment d'émotion. Ninon est une petite fille attachante, elle a 9 ans et beaucoup de candeur. Ses parents sont séparés, son père est un écologiste convaincu qui élèvent des chèvres. Sa vie n'est pas toujours agréable, mais elle a choisi de rester avec son père pour l'aider à construire sa maison. Sa maman, Zélie est partie avec « l'Autre » et Agathe sa petite sœur. C'est Ninon qui nous raconte sa drôle de vie entre une maman qui veut vivre normalement et un papa un peu marginal mais libre. Ninon dit ressembler à une guenon, elle voudrait devenir musicienne mais elle chante faux, elle sait traire les chèvres et fabriquer des fromages de chèvre. Ninon est pleine de sagesse, de poésie, de naïveté et d'humour. A découvrir !

En rendant ce livre à la bibliothèque, j'ai pu emprunter le deuxième roman de Maud Lethielleux "D'où je suis, je vois la lune" que je lirai prochainement...

Extrait : (page 15)
Le samedi après-midi, Zélie nous donnait le bain et nous mettait du sent bon. Une fois elle s’est maquillée mais Fred a dit quelque chose, elle a pleuré et le noir a coulé, alors elle a tout essuyé. Agathe voulait faire pareil. Moi j’ai dit comme Fred le mot rigolo qui fait le même son que quand on crache un noyau de cerise : Pute. Agathe a rigolé et elle a répété le mot en tournant sur elle-même. Moi aussi j’ai ri. J’aime bien les nouveaux mots. Ça me donne vraiment l’impression d’être une grande. Ce soir-là, Zélie était très triste. Quand elle est triste, elle pense à son père et elle dit que les hommes, c’est tous des pervers. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais je la laisse se défouler avec les mots et après, elle me sourit comme si j’étais sa meilleure copine.
Pendant les fêtes, Fred et Zélie ont commencé à ne plus rire ensemble. Ils riaient contre eux.  Zélie restait dans la cuisine avec ses copines et Fred fumait sur le canapé et il ne rigolait pas du tout sauf quand elle s’approchait. Là, il chuchotait un truc tellement drôle que ses copains s’écroulaient par terre ou lui demandaient de répéter parce qu’ils n’étaient pas sûrs d’avoir compris et ma mère retournait dans la cuisine. Ou alors, c’était le contraire. Mais les filles étaient plus messe basse, elles riaient dès qu’il avait le dos tourné. Après, elles parlaient avec un air très sérieux qui ne laissait rien présager de bon.

Un peu plus tard, tout le monde s’est mélangé à nouveau. Les copains de Fred aimaient beaucoup discuter avec ma mère. C’était peut-être à cause du maquillage qu’elle avait décidé d’assumer. Et Fred, il a commencé à chanter des chansons d’amour avec sa guitare, les filles venaient l’écouter. Il s’installait dans une chambre ou une petite pièce éclairée d’une bougie.  La mélancolie lui allait bien.

C’est comme ça que tout a dégénéré. Un jour, Fred n’a pas voulu rentrer à la maison. Zélie nous a ramenées avec la voiture qu’elle ne savait pas bien conduire, son maquillage avait coulé et je lui ai dit :
― T’es belle avec ton noir de pute.
Agathe a ajouté que oui, elle était trop trop belle, la plus belle du monde. Et elle a dit le mot en riant très fort. Zélie  a mis les essuie-glaces, je lui ai dit qu’il ne pleuvait pas, elle a essuyé sa joue toute peinturlurée et on est rentrées. Ce soir-là, il faisait froid (Fred avait encore oublié de bourrer le poêle). On s’est couchées toutes les trois ensembles dans le grand lit et Agathe a murmuré :
― C’est bien quand il est pas là, Fred.
Zélie a eu l’air d’accord, elle nous a fait un énorme câlin. Quand on s’est réveillées, Fred dormait par terre, sur le tapis au pied du lit.

Mes parents sont très équitables, alors le samedi d’après, on est rentrées à la maison toutes seules avec Fred. Il n’a pas voulu dormir avec nous. Il nous a laissé le grand lit et il s’est assis devant la cheminée en fumant une roulée.

Cette nuit-là, ma mère a rencontré l’amour qui dure. Et elle n’a plus jamais été la même.

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18 novembre 2010

La Ballade de Lila K - Blandine Le Callet

la_ballade_de_lila_K Stock – septembre 2010 – 400 pages

Quatrième de couverture : La ballade de Lila K, c’est d’abord une voix : celle d’une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l’a prise en charge.
Surdouée, asociale, polytraumatisée, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Elle n’a qu’une obsession : retrouver sa mère, et sa mémoire perdue.
Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d’un univers étrangement décalé, où la sécurité semble désormais totalement assurée, mais où les livres n’ont plus droit de cité.
Au cours d’une enquête qui la mènera en marge de la légalité, Lila découvrira peu à peu son passé, et apprendra enfin ce qu’est devenue sa mère. Sa trajectoire croisera celle de nombreux personnages, parmi lesquels un maître érudit et provocateur, un éducateur aussi conventionnel que dévoué, une violoncelliste neurasthénique en mal d’enfant, une concierge vipérine, un jeune homme défiguré, un mystérieux bibliophile, un chat multicolore... Roman d’initiation où le suspense se mêle à une troublante histoire d’amour, La ballade de Lila K est aussi un livre qui s’interroge sur les évolutions et possibles dérives de notre société.

Auteur : Blandine Le Callet est née en 1969. Elle est maître de conférences à l’université Paris-XII et poursuit des recherches en philosophie ancienne et littérature latine sur les monstres dans la Rome antique (elle a publié un essai, Rome et ses monstres, paru en 2005 aux éditions J. Millon). Elle habite en région parisienne.
Son premier roman, Une pièce montée, a remporté un grand succès auprès de la critique et du public en 2006. Il a reçu le Prix des lecteurs du Livre de poche en 2007.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
J'ai depuis plus d'un an, le livre Une pièce montée de Blandine Le Callet dans ma PAL perso et lorsque j'ai vu son nouveau livre à la bibliothèque, j'ai eu envie de l'emprunter. A la dernière émission de La Grande Librairie de France 5, Blandine Le Callet était invitée et lorsqu'elle nous a parlé de La Ballade de Lila K, j'étais surprise et un peu inquiète lorsque le terme roman anticipation a été employé... Mais ce livre ne doit pas être classé en science-fiction, il évoque un monde futur par rapport au nôtre, mais finalement assez proche du monde d'aujourd'hui.
Lila a été enlevée à sa mère assez violemment lorsqu'elle avait trois ans, elle est ensuite élevée dans le Centre, un monde normalisé, aseptisé et sécurisé, jusqu'à ses 18 ans.
Lila n'a qu'une idée en tête, connaître son passé, retrouver sa mère dont elle a très peu de souvenirs.
Lila est très attachante et l'on suit sa quête initiatique avec beaucoup de d'émotions. Elle fera de nombreuses rencontres importantes pour son avenir.
L'écriture et le style fluide rende la lecture de ce livre très facile. Un très beau roman fascinant et poignant.

Extrait : (début du livre)
Le Centre
Quand je suis arrivée dans le Centre, je n'étais ni bien grande, ni bien grosse, ni en très bon état. Ils ont tout de suite cherché à me faire manger. Me faire manger, c'était leur obsession, mais c'était trop infect. Chaque fois qu'ils essayaient, je détournais la tête en serrant les mâchoires. Lorsqu'ils parvenaient malgré tout à me glisser une cuillerée dans la bouche, je la recrachais aussitôt. Plusieurs fois j'ai vomi, de la bile et du sang. C'est écrit dans le rapport.
Finalement, ils m'ont attachée sur mon lit, puis ils m'ont enfoncé une sonde dans le nez, et m'ont nourrie par là. On ne peut pas dire que c'était confortable, mais enfin, c'était mieux qu'avaler leurs immondices.
Je ne supportais pas le moindre contact. C'est écrit en page treize : Hurle dès qu'on la touche. Juste après : Sédation. Sédation, ça veut dire injections d'anxiolytiques, sangles, et musique douce pour enrober le tout d'un peu d'humanité.
Voilà comment ils sont parvenus à me faire tenir tranquille et à me trimbaler de service en service afin d'effectuer leurs batteries d'examens : ils m'ont palpée, auscultée, mesurée, pliée dans tous les sens. Ils m'ont planté des aiguilles dans le corps, ont branché sur moi des machines. Ils m'ont photographiée, aussi. Je pleurais sous les flashes. Alors ils m'ont donné des lunettes noires qui tenaient avec des élastiques, et je n'ai plus rien dit.
Ils m'ont opérée des mains peu après. Mes doigts ont été séparés sans problème. Je n'ai pas de séquelles, seulement des cicatrices, très fines et nacrées, que je prends soin de cacher en serrant bien les poings, pour éviter les questions indiscrètes.
Ils me gardaient la plupart du temps dans une pièce close maintenue dans la pénombre. Je flottais dans une sorte de torpeur, sans conscience du temps qui passe, et c'était aussi bien.
Dès que j'émergeais du brouillard, j'appelais ma mère. Je ne savais rien dire d'autre, ama, ama, ama, des heures durant, dans l'espoir que cette mélopée, poursuivie sans relâche, finirait par me la ramener.
Un monsieur est venu : Il faut que tu arrêtes d'appeler ta maman. Ta maman est partie. Est-ce que tu comprends ? J'ai fait oui de la tête. Tu es en sécurité ici. Tout ira bien, tu verras. Seulement, il faut que tu arrêtes d'appeler ta maman. Il parlait doucement, mais il y avait ses yeux, très froids, une sourde menace sous la douceur des mots.
J'ai senti qu'il valait mieux ne pas les contrarier. Ils risquaient de faire du mal à ma mère si je n'obéissais pas. Alors, j'ai obéi : j'ai cessé de l'appeler, pas de penser à elle. Il me fallait bien ça pour supporter les bruits.
Il en venait de partout, à l'assaut de ma chambre. Des chuchotements derrière la porte, et les gémissements des enfants enfermés dans les chambres voisines, comme des cafards sur mon visage, des mouches grignotant mes tympans. Même en remuant la tête, très fort de gauche à droite, je n'arrivais pas à m'en débarrasser. Ils s'accrochaient à moi, ils me mangeaient le crâne, sans jamais s'arrêter.
J'aurais voulu me plaquer les mains sur les oreilles et me réfugier sous le lit, roulée en boule bien compacte. Cela m'aurait peut-être aidée à retrouver ce silence dense, tissé de bruits feutrés, qui me protégeait autrefois, quand j'étais allongée dans mon cocon obscur. Mais j'étais attachée, et bien trop épuisée pour faire autre chose que miauler faiblement comme un chaton perdu.
Tous les après-midi, on me détachait du lit, et l'on me déposait dans un fauteuil roulant, que l'on poussait ensuite jusqu'à une grande cour, pour me faire prendre l'air. C'était terrible, à cause de la lumière qui me brûlait les yeux malgré mes lunettes noires, mais surtout à cause des hélicoptères. Ils patrouillaient en permanence au-dessus de la ville, à l'époque, vous vous souvenez sûrement. C'était quelques années après les événements ; le plan de sécurité était encore maintenu à son niveau extrême.
La première fois, j'ai paniqué. Ama, ama, ama. Ils m'ont rapatriée fissa à l'intérieur : Tu te souviens de ce qu'on t'a dit ? Tu ne dois plus appeler ta maman. Tu ne dois plus l'appeler ! Je sentais à leur voix qu'ils n'étaient pas contents. J'ai pensé au monsieur qui était venu me parler, aux menaces qu'il y avait dans ses yeux. Je me suis ratatinée dans mon fauteuil. Ama. J'avais peur pour elle, et c'était encore pire que les hélicoptères.
A partir de là, je me suis tenue à carreau. Dès que j'entendais au loin le bourdonnement sourd des gros frelons trapus, et leurs lourdes pales hachant l'air, je me bouchais les oreilles, et je me mordais la lèvre tout en fermant les yeux. Calme-toi, ce n'est rien. Ils nous protègent, tu sais. Ils vont bientôt partir. Je ne les écoutais pas. En secret, je priais ma mère, la seule à pouvoir étouffer le vacarme des monstres qui s'abattaient sur moi.
Ma mémoire s'est brouillée, peu à peu - sans doute à cause de tous les calmants qu'on me faisait avaler. Ils me chiffonnaient l'esprit, insidieusement, effaçaient mon passé. Je me souvenais bien du moment où les hommes en noir nous avaient séparées - ça oui, je m'en souvenais -, mais au-delà, tout devenait confus. Un fatras d'impressions sans aucune cohérence. Au milieu, émergeait une vision précise, une seule - allez savoir pourquoi -, celle d'un square, avec un tourniquet chargé d'enfants.
Je suis au milieu d'eux, bousculée par les grands. Je ris pourtant ; je m'amuse, emportée par le manège dont chaque tour me ramène l'image de ma mère, assise sur un banc avec d'autres femmes. Les autres femmes sont laides, la peau dévorée d'allergies, le sourire tout mangé de chicots. A côté d'elles, ma mère ressemble à une reine, un ange miraculeusement préservé de cette corruption.
Pour ne pas l'oublier, je convoquais sans arrêt cette scène, le square, le tourniquet et le visage intact de ma mère. Mais cela n'a pas suffi : les calmants n'ont cessé de ronger ma mémoire ; mon ange s'est envolé chaque jour un peu plus haut.
Tous les matins, quelqu'un venait me caresser, tantôt un homme, tantôt une femme. Durant plusieurs minutes, leurs doigts effleuraient le dessus de ma main, avant de glisser lentement vers ma paume sur laquelle ils se refermaient, sans serrer. Je me crispais dans mes sangles - c'était si dégoûtant. Mais je n'essayais pas de me débattre. Inutile de protester : j'étais à leur merci.
Après la main, ils sont passés aux bras, aux épaules et au cou. Puis aux pieds, aux chevilles, aux mollets, aux cuisses. Des caresses, des massages, tantôt doux, tantôt vigoureux, qui me mettaient au bord de l'évanouissement.

Livre 26/28 pour le Challenge du 4% littéraire 1pourcent2010

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13 novembre 2010

Foudre - Christine Bravo

Lu dans le cadre du partenariat  Livraddict et XO Éditions

foudre XO Éditions – mai 2010 – 210 pages

Quatrième de couverture :
« - Sam, comment on va faire, je veux dire, après ?
C'était la première fois qu'on prononçait ce mot : après. Il n'a pas répondu. Il a marché jusqu'à la baie vitrée. Il est resté longtemps à regarder dehors. J ai scruté le ciel à mon tour, il avait une couleur que je n avais jamais vue. On aurait dit de l'argile rouge. Quand Sam s'est retourné, j'ai vu l'étau dans ses yeux. Deux pinces d'étain poli, une dans chaque œil. Elles se sont refermées sur mon larynx.
- Il n'y aura pas d'après, il a dit. Il y aura toujours toi et moi.
Exactement comme aujourd'hui.
Je songeai qu'il avait tort. Que l'amour a besoin d'air. Besoin d'être montré. Non, pas montré. Exhibé. Regardez qui j'aime. Regardez qui m'aime.
Dévorez-nous des yeux.
Mais j'étais d'accord avec lui sur un point. Pour nous, il n'y aurait pas d'après. »

Avec Foudre, Christine Bravo nous raconte le choc d'une rencontre, celle d Anna et de Sam, une passion qui va bouleverser leur vie dans l'atmosphère bouillante du Vieux Sud des États-Unis. Un roman torride et percutant.

Auteur : Christine Bravo est une écrivaine, animatrice et chroniqueuse de télévision et de radio française née le 13 mai 1956 à Paris. Ses émissions les plus célèbres sont Frou-Frou et Union libre. Elle fait partie de la Bande à Ruquier et est chroniqueuse de l'émission On va se gêner sur Europe 1. Elle a publié plusieurs ouvrages dont Avenida B. et Foudre.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
Je connais bien Christine Bravo comme chroniqueuse chez Laurent Ruquier et je l'aime bien, elle n'a pas sa langue dans sa poche, elle est cash, j'étais donc curieuse de découvrir son nouveau livre.

C'est l'histoire de Sam, le français et grand reporter pour Canal Plus, et Anna, l'allemande interprète, qui se rencontrent à Atlanta pendant les Jeux Olympiques d’été de 1996. Leur première rencontre a lieu dans l'ascenseur de leur hôtel, le Westin, l'un et l'autre sont troublés. Ils ressentent l'un et l'autre et l'un pour l'autre un vrai coup de foudre auquel ils ne s'attendaient pas. Mais Sam est marié à Betty et Anna est mariée à Lorenz. Ils vont cependant durant ces quelques jours à Atlanta, oublier Paris et Munich et vivre ensemble une folle passion. Ils savent que cette histoire est sans lendemain car ni l'un ni l'autre ne veulent quitter leurs conjoints qu'ils aiment aussi. Ils vont cependant garder le contact après ce séjour à Atlanta, ils vont vouloir se revoir...
Tour à tour, c'est Sam et Anna qui sont les narrateurs de leur histoire. C'est intéressant de découvrir le point vu masculin et le point de vu féminin d'une même histoire.
Une histoire dont on retrouve un peu de Christine Bravo : elle était elle-même journaliste pour Canal Plus pendant les JO d’été de 1996 à Atlanta, elle évoque longuement Maupassant et Hemingway deux auteurs qui lui sont chers.

J'ai lu sans déplaisir ce livre, j'ai été intéressée par les descriptions des lieux, des faits, par toutes les références culturelles... Cependant, j'ai été gênée par le langage parfois cru ou argotique.

Merci à Livraddict et à XO Éditions pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir ce livre.

Extrait : début du livre

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09 novembre 2010

Oscar Pill, Tome 3 : Le secret des Éternels – Eli Anderson

oscar_pills Éditions Albin Michel et Éditions Versilio – octobre 2010 – 607 page

Quatrième de couverture :
"Je pense à elle tout le temps. Quand on est ensemble, rien d’autre n’existe. Je crois que pour la première fois, je suis vraiment amoureux... Mais notre histoire est impossible. À cause de mes incroyables pouvoirs.
Comment lui dire que je peux voyager dans un corps humain, contrôler la pensée ? Que j’ai même pris place dans la fusée qui se dresse chez l’homme pour envoyer ses cosmogonautes dans le corps de la femme ?
Nos ennemis jurés veulent dominer le monde. Ils nous poursuivent partout, au sommet de la tour Eiffel ensorcelée, dans les profondeurs mystérieuses et magiques de Disneyland. Personne ne leur résistera. Notre seule chance de survie : réussir la mission que le grand Maître des Médicus m’a confiée. Mais dois-je renoncer à l’amour pour sauver le monde ?"

Auteur : Il était une fois un jeune interne en médecine… Il avait choisi d’effectuer son internat dans un service d’oncologie pédiatrique…  Plus tard, il demandera à des enfants de « dessiner la maladie » pour sa thèse.
Il était une fois un jeune interne en médecine qui rêvait de libérer les enfants de la peur du corps et de la maladie.
L’écrivain qu’il est devenu a su mêler la puissance envoûtante de l’évasion et toute son expérience  pour réaliser  le rêve du jeune médecin qu’il était…
Et c’est ainsi qu’est né Oscar Pill.

Site de l'auteur : http://www.elianderson.info

Site dédié à Oscar Pill : http://oscarpill.com/index.html

Mon avis : (lu en novembre 2010)
Je n'ai pas lu les deux premiers tomes des aventures d'Oscar Pill avant de découvrir Le secret des éternels. J'ai eu peur en lisant les deux premiers chapitres en ne comprenant pas grand chose, que le fait de ne pas avoir lu les deux premiers épisodes allait être un handicap... Mais dès le troisième chapitre je suis entrée facilement dans l'histoire, je découvre Oscar Pill et ses camarades au collège de Babylon Heights, un concours est ouvert aux élèves pour représenter les États-Unis au « Grand Concours Elite » qui aura lieu à Paris. Il doit également conquérir son troisième Trophée, dans l’univers mystérieux d’Embrye.

Ce n'est pas le style de livre que j'ai l'habitude de lire, car je suis souvent hermétique à la fantasy mais avec l’alternance des péripéties entre la vraie vie et le monde intérieur m’a permis de faire une lecture plutôt agréable et plaisante. L’auteur a vraiment une imagination débordante, la Tour Eiffel, Le Louvre et Eurodisney vont être le théâtre des nombreuses aventures d’Oscar et ses compagnons. Dans la vie intérieur, l'auteur nous fait découvrir le monde de la reproduction, des émois, de la fécondation... Ces parties de vie intérieur m'ont moins intéressées et m'ont parues parfois un peu longues. Oscar va tenter de découvrir de nouvelles informations sur son père...
La lecture est plutôt facile avec des chapitres courts, il y a de nombreux dialogues qui donnent du rythme à cette histoire, mélange de mystère, de magie et d'émotion. On devine sans peine que cette aventure n'est pas la dernière... et qu'il y aura une suite à cette épisode.

Merci à Danielle et aux Éditions Albin Michel et Éditions Versilio pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Ce livre est également disponible en version numérique (Éditions Versilio).

Extrait : (page 395)
Oscar se positionna dans le caisson. Il écouta la voix qui prononçait les mêmes mots pour la deux mille vingt-deuxième fois :
Avancez jusqu’aux empreintes, positionnez vos pieds sur ces empreintes et regardez droit devant vous en fixant le point vert qui brille sur la paroi qui vous fait face. Quand la porte s’ouvre, vous pouvez sortir.
Le jeune Médicus suivit les instructions à la lettre et sentit le choc de la flèche qui tombait dans son carcan. Son cœur se mit à battre. Il était près du but, en possession des plans de construction des Univers, au cœur de cette flèche ; bientôt, il procéderait à la dernière phase : transformer l’Ô-Wul en sécurité dans sa colonne brumeuse, dans le palais des Lumpini, et la troisième sacoche de sa ceinture renfermerait enfin un nouveau Trophée.
Il sortit du caisson et suivit les autres cosmogonautes équipés pour regagner les antichambres. Devant lui, Moss avait déjà ouvert la porte de la première salle et s’y était engouffré avec sang-froid, sans rien laisser paraître. Il passa lui aussi la porte, et c’est quand Ayden en fit de même que la sirène résonna.
Elle fut si forte qu’elle sembla ébranler tout le dôme. En quelques secondes, Testis fut le siège d’un emballement indescriptible, telle une fourmilière dans laquelle on aurait donné un coup de pied. Les gens couraient de toutes parts, l’éclairage des salles s’était véritablement embrasé. Des voitures traversèrent l’espace du dôme en trombe, chargeant et déchargeant des centaines d’hommes en tous lieux.
Mais ce fut dans les antichambres que l’effervescence fut à son comble. Les cosmogonautes qui rentraient tranquillement de la passerelle ou qui déambulaient dans les couloirs de Testis déferlèrent tel un torrent en pleine nature, et se précipitèrent pour ressortir sur la passerelle. Une voix vociférait dans les haut-parleurs :
Attention ! Alerte à tous les cosmogonautes équipés de leur flèche !
Je répète : alerte à tous les cosmogonautes équipés de flèche, réquisition immédiate et rendez-vous sur la passerelle pour un embarquement imminent dans Pen IS ! Rampe de lancement en cours d’élévation.
Oscar et ses deux camarades fouillèrent la foule qui déferlait dans la salle et distinguèrent enfin la haute silhouette de Paloma qui leur faisait de grands signes.
Venez ! hurlait-elle pour couvrir la cacophonie. Il faut sortir d’ici au Oscar tenta de se frayer un chemin lorsqu’une main puissante se posa sur son épaule.
Où tu vas, toi ? lui martela un cosmogonaute imposant. Tu n’as pas entendu ce qu’on vient de te dire ? Tous sur la passerelle, et tout de suite !
On embarque !
Le chef de groupe le fit pivoter et le poussa dans le rang. Quelques instants plus tard, Moss et Ayden étaient réquisitionnés de la même manière. Il ne fallait pas envisager un instant de s’échapper.
Tout alla très vite : la file s’écoula comme de l’eau par la porte et il se retrouva en ligne sur la passerelle, fasciné par ce qu’il voyait – et effrayé par le sort qui allait lui être réservé. À côté de lui, le long de la passerelle qui longeait Testis Two, l’immense rampe de lancement de la fusée Pen IS s’élevait lentement mais inexorablement vers le ciel. Les moteurs grondaient déjà et, près des énormes réacteurs, à la base, la chaleur montait, faisant onduler le paysage et le dôme entier. Les trois garçons se regardèrent, solidaires pour une fois : les choses ne se déroulaient pas du tout comme prévu, et elles s’annonçaient très mal.
À quelques dizaines de mètres, Sally les observait par une fenêtre de la salle, cachée derrière une rangée de casiers et désespérée à l’idée de ne pas pouvoir intervenir, tandis qu’Iris s’emportait.
Et voilà ! On se tue à leur mâcher le travail, on dompte trois cosmogonautes, tout ça pour quoi ? Pour rien ! Ah non, cette fois, il sera inutile de me supplier, j’en parlerai à Mr Brave dès qu’ils seront rentrés de leur voyage dans l’espace.
Pour cela, murmura Paloma, il faudrait qu’ils puissent en revenir, de ce voyage.
Elle se tourna vers les deux filles et fixa son regard vert sur elles.
Je ne sais pas ce qui se passe chez ce superbe abruti de Roger pour que sa rampe se dresse ainsi et qu’un lancement de fusée soit envisagé, mais il faut que j’arrête ça avant qu’elle ne soit en orbite, et nos jeunes amis avec… Quant à vous, vous ne bougez pas de votre cachette, ici, vous m’entendez ?
Quoi ? glapit Iris. Vous nous laissez ici, seules, alors que les garçons sont déjà condamnés ?
Paloma haussa les épaules et disparut dans les méandres de Testis.
Sally se tourna vers Iris, excédée :
Tu te sens vraiment obligée de dire n’importe quoi tout le temps ?
La comtesse Lumpini apparut au beau milieu de la chambre des Observations, la tête ceinte d’un bandeau qui maintenait une plume d’aigrette contre sa perruque façon années folles. Elle rajusta sa robe charleston, en épousseta les froufrous et tira sur ses longs gants en velours.
Mrs Withers, qui patientait dans un fauteuil capitonné vert émeraude, sursauta en la voyant surgir du corps de Roger.
Anna-Maria, vous êtes déjà de retour ?
Comment ça, déjà ? Ça fait plus d’une demi-heure que je sue sang et eau dans le cinquième Univers de ce garçon pour maîtriser ses pensées et ses désirs ! Et puis, c’est bien ce qui était convenu, non ?
Berenice Withers sentit l’inquiétude monter en elle de manière irrépressible : Roger n’était plus sous contrôle, alors que les jeunes Médicus étaient toujours en mission dans son corps. Certes, Paloma les accompagnait, et si les avis de sa sœur et les siens divergeaient sur beaucoup de points, notamment leurs modes de vie respectifs, elle avait totale confiance en elle. Mais ce qui l’avait rassurée plus que tout, jusqu’ici, était de savoir que grâce à la présence de la comtesse dans le cerveau de Roger, l’Univers d’Embrye ne serait pas secoué par des pensées qui pourraient perturber le voyage. Maintenant que celle-ci était de retour, le pire était à craindre.
Vous m’écoutez, Berenice ? demanda la comtesse, légèrement agacée de parler dans le vide.
Pardon, vous disiez ?
Que ce garçon ne pense qu’à une chose : sa petite femme. C’en est gênant, je vous assure ! J’ai eu un mal de chien à freiner les pensées affriolantes qui déferlaient en Cérébra – et je vous épargne les détails, précisa-t-elle avec un petit air mutin.
Je vous en suis très reconnaissante, la remercia Mrs Withers.
J’en viens à me demander si GianCarlo était aussi amoureux de moi, au même âge.
Il l’est tout autant maintenant, j’en suis convaincue, répondit Mrs
Withers en jetant un coup d’œil furtif sur sa montre. Voilà trente-huit minutes, très exactement, que sa sœur et la fine équipe étaient parties à l’aventure. Elle ne parvenait pas à refouler la terrible intuition qui s’emparait d’elle. Surtout si, comme le disait Anna-Maria Lumpini, le jeune homme était obsédé par la délicieuse Carlotta. Il n’y avait qu’une chose à faire pour s’assurer que le désir conscient ou pas de Roger n’aurait pas de conséquence sur son Embrye-Île : en détecter une preuve physique.
Elle s’approcha du jeune homme, délaissa son visage souriant en plein sommeil pour se concentrer sur une zone bien précise de son corps : l’entrejambe. Les yeux de Berenice Withers s’ouvrirent démesurément derrière ses lunettes, qu’elle prit la précaution d’enlever et de nettoyer ; hélas, non, elle ne rêvait pas, et la bosse qui tendait la toile de jean était sans équivoque.
Elle se tourna vers Anna-Maria, qui venait de focaliser son regard sur la même zone et de comprendre les conséquences du phénomène concerné.
– Vous aviez raison, Anna-Maria, déplora Mrs Withers. Cet homme est fou amoureux. Et plein de vigueur, hélas.
Et si nos jeunes amis sont encore dans Testis Two, les voilà dans un sale pétrin…

Livre 22/28 pour le Challenge du 4% littéraire 1pourcent2010

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05 novembre 2010

L’insomnie des étoiles – Marc Dugain

l_insomnie_des__toiles Gallimard – août 2010 – 226 pages

Quatrième de couverture :
Automne 1945, alors que les Alliés se sont entendus pour occuper Berlin et le reste de l'Allemagne, une compagnie de militaires français emmenée par le capitaine Louyre investit le sud du pays. En approchant de la ville où ils doivent prendre leurs quartiers, une ferme isolée attire leur attention. Les soldats y font une double découverte : une adolescente hirsute qui vit là seule, comme une sauvage, et le corps calciné d'un homme. Incapable de fournir une explication sur les raisons de son abandon et la présence de ce cadavre, la jeune fille est mise aux arrêts. Contre l'avis de sa hiérarchie, le capitaine Louyre va s'acharner à connaître la vérité sur cette affaire, mineure au regard des désastres de la guerre, car il pressent qu'elle lui révélera un secret autrement plus capital.

Auteur : Né en 1957, après avoir vécu les sept premières années de sa vie au Sénégal, Marc Dugain revient en France avec ses parents. Il intègre quelque temps plus tard l'Institut d'études politiques de Grenoble, où il étudie les sciences politiques et la finance, avant de prendre la tête d'une compagnie d'aviation. Mais l'écriture l'a toujours démangé. Aussi, il se décide à prendre la plume, et signe 'La Chambre des officiers' en 1998. Ce premier roman reçoit près de vingt prix littéraires et est adapté au cinéma. Il sort ensuite 'Campagne anglaise', 'Heureux comme dieu en France', 'La Malédiction d'Edgar' et plus récemment 'Une exécution ordinaire' (2007), et se constitue peu à peu un lectorat fidèle. Friand d'horizons lointains, Marc Dugain vit au Maroc depuis 2001.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
C'est le premier livre que je lisais de cet auteur. L'écriture est très belle. A travers ce roman, Marc Dugain évoque le nazisme. Le roman se déroule à l'automne 1945, au moment de la Capitulation. Nous sommes au sud de l'Allemagne, un lieu qui n'a pas été dévasté par les bombardements. Louyre, un capitaine français, astronome dans le civil, et ses hommes découvre une jeune fille de 15 ans affamée et seule dans une ferme abandonnée. Ils y trouvent également un corps calciné. Louyne va enquêter sur le passé de Maria Richter, la jeune fille et s'occuper d'elle et la protéger. Il est également intrigué par une maison de convalescence qui a été vidée de ses occupants pendant la guerre... Il pose des questions au maire de la ville et au curé, mais il n'obtient aucune réponse convaincante. Ce sont des lettres que Maria a reçu de son père et qu'elle n'a jamais pu lire faute de lunettes qui va lui donner des pistes pour comprendre le secret des lieux. Il va retrouver le docteur Halfinger, l'ancien directeur de la maison de convalescence, et lui faire subir un interrogatoire poussé, et lui faire avouer certaines horreurs du nazisme.

Ce livre nous fait ressentir une ambiance pesante et sombre, alors que la guerre est partout en Europe, Louyre a le sentiment d'avoir été oublié, il se sent désœuvré et il lui semble un devoir de comprendre qui est Marie et pourquoi était-elle seule dans cette ferme avec ce cadavre calciné. Les habitants de la ville sont silencieux. Ils cachent un terrible secret.
J'ai bien aimé cette histoire malgré la noirceur du sujet.

Extrait : (début du livre)
"Comment ai-je pu oublier, se dit Maria, c'est inadmissible. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même." Elle aurait voulu se gifler. Mais le froid s'en chargeait pour elle. Le début d'automne, timide et clément, s'était effacé pour laisser place à des journées glaciales. Il lui fallait déambuler dans les bois, courbée, le nez au ras du sol. A moins d'un mètre, elle n'y voyait pour ainsi dire que des ombres, des esquisses de formes surprenantes, parfois inquiétantes. Des visages se dessinaient dans la terre et leurs yeux immobiles et sévères se posaient sur elle avant de disparaître. Ces caricatures jonchaient le sol par centaines et, si son humeur l'y prédisposait, elle s'amusait à les effacer.

En cette fin d'automne, les couleurs s'étaient uniformisées, la nature se camou-flait. Il n'avait pas plu depuis deux jours, mais la terre suintait. Maria était aux aguets. Si les branches craquaient sous ses pieds, elle pouvait les ramasser. Celles qui se contentaient de grincer étaient encore trop vertes. Les dernières feuilles accrochées aux arbres tremblaient dans la brise. Rien ne cherchait plus à se distinguer, tout s'accordait à l'unisson dans un concert funè-bre et plat. Maria souffrait de toutes ses ex-trémités. Elle avait apprivoisé ces douleurs tenaces qui ne lui laissaient de répit que la nuit.

L'allée du bois conduisait à une plaine qui se confondait avec l'horizon. Elle fumait par endroits d'une brume légère et suspendue qui s'étirait parfois en d'étranges contorsions. Là où il y a encore quelques années on trouvait des cultures ordonnées, une steppe timide recouvrait ces longues étendues sans reliefs.

Chaque fois que Maria se penchait pour faire ses fagots, un filet au goût âcre, un mélange de sang et de salive lui coulait dans la bouche. Elle se relevait brusquement pour cracher. De temps en temps elle observait la lumière. A cette époque, le jour ne se levait jamais vraiment et se couchait avec la lenteur d'un grand malade.

L'adolescente parvint à ficeler une dizaine de fagots de bonne taille avant que la nuit ne lui impose cette oisiveté qu'elle redoutait au point de lui donner des palpitations. Avant que l'obscurité ne l'enferme tout à fait, elle allumait son feu dans un poêle en fonte né avec le siècle. Elle se blottissait près de cette forme qui prenait dans la pénombre des allures magistrales, imposant aux objets de la cuisine une autorité qui ne se desserrait qu'aux premières heures de la journée. Elle dormait dans un fauteuil à oreillettes où s'asseyait autrefois son arrière-grand-mère, une femme aux traits masculins. Sans ses cheveux gris ivoire tirés en chignon, rien ne la distinguait d'un homme, si ce n'est bien sûr sa robe noire épaisse qui traversait les saisons. De sa voix, Maria ne gardait aucun souvenir car la vieille femme prenait soin d'ordonner sans parler, d'un regard dur que percevaient même ceux qui lui tournaient le dos.

Maria dormait assise et se rapprochait du poêle pendant la nuit à mesure que la chaleur s'atténuait. Au petit matin, quand un premier rayon de lumière perçait le ciel, elle le ranimait avec deux grosses bûches qui se consumaient au cours de la matinée. Elle chassait les engourdissements en se rendant près des chevaux, deux grands oldenburgs efflanqués.

Livre 20/21 pour le Challenge du 3% littéraire 1pourcent2010

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02 novembre 2010

Tom Patate – Livre I : La société secrète des Granmanitous - Emmanuelle Maisonneuve

Lu dans le cadre du Partenariat Jeunesse Blog-O-Book et Graine 2 éditions

tom_patate Graine 2 éditions – septembre 2010 – 186 pages

Illustrations de François Gomes

Quatrième de couverture :
Arrivé on ne sait comment dans une grosse patate du jardin, un garçon minuscule est recueilli par les Granmanitous, une société secrète qui protège les animaux du jardin.
Baptisé Tom Patate, il se fait très vite aimer de ses nouveaux amis, tout en apprenant à se débrouiller dans son nouvel univers rempli de dangers. Mais Tom souffre de ne pas connaître ses origines. En quête de son identité, il va alors être emmené aux portes d’un autre monde, un monde aussi merveilleux que dangereux, celui de ses origines…

Auteur : Née en 1964, Emmanuelle Maisonneuve vit en Auvergne comme Tom Patate, avec son mari, ses enfants et tout le petit peuple de son jardin. Elle aime observer la nature au bord des chemins, écrire en épluchant les légumes et écouter les anciennes légendes auvergnates. Tom Patate est son premier roman.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
Ce livre est le premier tome d'une trilogie qui d'après l'éditeur, est destiné aux lecteurs de 9 à 12 ans. Tom est un minuscule petit garçon qui a été trouvé dans une patate et qui a été recueilli par les animaux du potager qui ont créé la société des Granmanitous. A travers les aventures de Tom Patate, on découvre la vie des différents animaux du potager et les dangers que représentent les Grandes Gens ou le chat Ebil le Grobigras. Un livre facile à lire avec beaucoup de dialogues, les histoires sont souvent drôles. J'ai regretté que dans la deuxième partie du livre, l'histoire évolue vers un côté fantastique qui m'a beaucoup moins intéressée. 

Un grand bravo pour l'objet livre qui est vraiment très soigné, avec une belle couverture cartonnée, un beau papier épais, un livre agréable à feuilleter sans oublier de superbes illustrations au crayon qui complètent parfaitement l'histoire de Tom Patate.

Mon fils de 12 ans : Dès le début de la lecture, il a trouvé que ce livre était destiné pour des lecteurs plus jeunes que lui. C'est un livre pour des lecteurs de 9 à 10 ans qui commencent à lire des gros livres. Et l'histoire de Tom Patate ne l'a pas vraiment intéressé. Des histoires autour des animaux du potager cela n'avait pas vraiment d'intérêt pour lui... Il a même arrêté sa lecture avant la fin du livre. Il n'a pas du tout aimé à chaque fin de chapitre l'invitation au lecteur à lire le chapitre suivant, il a eu l'impression qu'on le prenait vraiment pour un « idiot », en particulier au premier chapitre :
Bon.
Les amis, maintenant vous savez à quoi ressemble ce quelque chose.
Vous savez que c’est un petit garçon. Pas très grand, et même tout
petit. Enfin, pas plus haut qu’une pomme de terre.
Mais… Savez-vous qui sont les Granmanitous ?
Et le Cachsoutair, savez-vous ce que c’est ?
Et surtout…
Savez-vous ce qu’ils vont faire à ce petit ?
Un peu de patience, les amis.
C’est tout expliqué dans le chapitre suivant.

Il a cependant trouvé très beau le livre en lui-même, en particulier les illustrations au crayon de François Gomes.

Merci à Blog-O-Book et aux éditions Graine 2 de nous avoir permis de découvrir ce beau livre.

Extrait : voir Chapitre 1 avec ses illustrations.

Voir également le Site du livre avec une présentation des personnages du roman (Lilou le merle, Robusta la taupe, Mistigrise la souris grise, Lagronle le hérisson, Les 6 souriceaux, Pépita, la chienne), et comment ils sont en réalité dans la nature.

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01 novembre 2010

La tête en friche – Marie-Sabine Roger

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Éditions du Rouergue – août 2008 – 217 pages

Quatrième de couverture :
Ce qu'ils mettent au dos des romans,
je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment
écrit pour vous donner l'envie. En tout cas,
c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi.
Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête
fertile, admirable concision, roman polyphonique... -
et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement :
c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour -
ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout.

Auteur : Marie-Sabine Roger. Née en 1957, elle vit dans le Sud de la France. Depuis dix ans, elle se consacre entièrement à l'écriture. Son travail est très reconnu en édition jeunesse, où elle a publié une centaine de livres, souvent primés. Pour les adultes, elle a notamment écrit Un simple viol (Grasset, 2004), et des nouvelles publiées chez Thierry Magnier, La théorie du chien perché (2003) et les Encombrants (2007).

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Une histoire simple et pleine de tendresse.
Une histoire d'une amitié improbable entre Germain et Margueritte.
C'est Germain qui nous raconte cette histoire. Il a 45 ans, 110 kilos de muscles, il vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère avec laquelle il n'a plus vraiment de relations. Il est intérimaire. Il aime retrouver ses copains au bar du coin. Il aime également aller au parc et s'amuser à compter les pigeons. C'est là, qu'il va faire la rencontre de Margueritte. Elle a bientôt 86 ans, elle vit dans la maison de retraite d'à côté, autrefois, elle était professeur. Petit à petit, ils vont s'attacher l'un à l'autre. Germain qui était presque illettré, va découvrir le monde des livres grâce à Margueritte qui lui lit des histoires. Avec Camus, Gary, Sepulveda Germain va accéder à la culture et découvrir qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre.

C'est une histoire qui parle de gens simples et vrais, une histoire touchante et souvent drôle, une histoire pleine d'espoir.

affiche_teteenfriche

Ce livre a été adapté en un film réalisé par Jean Becker en juin 2010, avec Gérard Depardieu, et Gisèle Casadesus. Après avoir lu et beaucoup aimé ce livre, j'ai très envie de voir le film.

Extrait : (début du livre)
J'ai décidé d'adopter Margueritte. Elle va bientôt fêter ses quatre-vingt-six ans, il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir.
Comme ça, s'il lui arrive un truc, je sais pas - tomber par terre dans la rue, ou se faire gauler son sac - je serai là. Je pourrai arriver tout de suite et pousser les gens du milieu, leur dire :
- Ok ! C'est bon, tirez-vous, maintenant ! Je m'en charge : c'est ma grand-mère.
Ce n'est pas écrit sur sa tête qu'elle est seulement adoptée.
Je pourrai lui acheter son journal, ses bonbons à la menthe. M'asseoir près d'elle dans le parc, aller la voir aux Peupliers, le dimanche. Et rester pour manger avec elle à midi, si je veux.
Bien sûr, avant aussi, j'aurais pu, mais je me serais senti en visite. Maintenant, ce sera par plaisir, et aussi par devoir. C'est ça qui est nouveau : les obligations familiales. C'est un truc qui va bien me plaire, je le sens.

Ça me change la vie, de l'avoir rencontrée, Margueritte. Avoir quelqu'un à qui penser avec plaisir, quand je suis seul – quelqu'un d'autre que moi, je veux dire – ça fait drôle. J'en ai pas l'habitude. Je n'avais jamais eu de famille avant elle.
Enfin, je me comprends. J'ai une mère, pas le choix. Seulement, elle et moi, mis à part d'avoir été imbriqués l'un dans l'autre neuf mois, on n'a pas partagé grand-chose, sauf le pire. Pour le meilleur, j'en ai pas souvenir. J'ai un père, aussi, forcément. Mais j'en ai pas profité bien longtemps, il a fait son affaire à ma mère, et basta. Ceci dit, ça m'a pas empêché de grandir, plutôt mieux que les autres en moyenne : cent dix kilos de muscles et pas un poil de graisse, un mètre quatre-vingt-neuf sous la toise, le reste à l'avenant. Si mes parents m'avaient voulu, j'aurais sûrement fait leur fierté. Pas de chance.

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vivement_l_avenir Vivement l'avenir

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