19 juin 2011

Fantômette et l'île de la sorcière – Georges Chaulet

F_iledelasorci_re_1975 F_iledelasorci_re_1980 F_iledelasorci_re_2000
F_iledelasorci_re_2000_FL F_iledelasorci_re_2006 F_iledelasorci_re_2011

Hachette - août 1964 – 190 pages

Hachette – 1980 – 190 pages

Hachette - novembre 2000 – 125 pages

Hachette - novembre 2006 – 152 pages

Hachette - juin 2011 -

illustrations de Jeanne Hives

Quatrième de couverture :
On découvrirait d'étranges choses sur cette île, au milieu du fleuve, si l'on pouvait s'y rendre.
C'est justement ce que trois filles ont l'intention de faire. Malheureusement, elles ont pris place dans une barque qui a un petit défaut : elle coule à pic quand on la met à l'eau...
Et ce n'est là que le début de leurs ennuis ! La situation s'aggrave, le danger se précise... et l'intrépide Fantômette va être obligée d'intervenir !

Auteur : Né, à Paris en 1931, d'une mère commerçante et d'un père ingénieur des Ponts et Chaussées, Georges Chaulet écrit très tôt ses premiers romans policiers. Une fois son bac en poche, il s'inscrit à l'école des Beaux-Arts de Paris, mais en 1952, il part faire son service militaire en Allemagne. Son rejet absolu de l'autorité transforme son séjour en cauchemar. Il se réforme grâce à l'écriture. Il décide à cette époque de faire de l'écriture son métier. C'est en 1960, avec le personnage de Fantômette que Georges Chaulet devient vraiment célèbre. Il a écrit plus de cent cinquante romans pour la jeunesse dont la célèbre série Fantômette et est aussi scénariste de la série de bande dessinée Les 4 as, dessinée par François Craenhals.

Mon avis : (relu en juin 2011)
J'inaugure mon inscription au Challenge Le Club des 5 organisé pendant cet été par George, pour redécouvrir les séries de nos enfances de la Bibliothèque Rose avec un Fantômette, une série que j'adorais et dont j'ai encore quelques exemplaires à la maison.
J'avais un très bon souvenir de cette aventure de Fantômette et la relecture plus de 30 ans après a été de même. Dans cette épisode ls trois amies Ficelle, Boulotte et Françoise partent en vacances à Gonjon-sur-Epuisette. Elles vont partir à la découverte de la mystérieuse Ile de la Sorcière, jouer à Robinson Crusoé, chercher un trésor... Dans cette aventure, Ficelle nous fait un festival... C'est un personnage très attachant et inoubliable... Elle est étourdie, farfelue, imprévisible, elle utilise des expressions uniques et propre à elle. Plus discrète et un peu en retrait, Boulotte est l'amie inséparable de Ficelle, est passionnée par la nourriture. Il ne se passe jamais un instant sans qu'elle grignote quelque chose et ses plus grandes peurs sont d'être à cours de nourriture ou de rater un repas. Françoise participe également à ces vacances, elle est l'élève idéale, sérieuse et intelligente, elle est plutôt solitaire et un peu mystérieuse. Fantômette est assez peu présente dans cet épisode, elle sauvera cependant Ficelle et Boulotte de la noyade et participera à l'arrestation de voleurs de bijouteries...

Pour en savoir plus sur la série des Fantômettes : Site non officiel très complet

perso_boulotte_v2   Ile_de_la_sorci_re_v9

Challenge Le Club des 5
logo_club_des_5
1/10

Posté par aproposdelivres à 14:10 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,


10 juin 2011

Les enfants de la liberté – Marc Levy

les enfants de la liberté les enfants de la liberté_p0 les enfants de la liberté_p

Robert Laffont – mai 2007 – 433 pages

Pocket – juin 2008 – 375 pages

Pocket – décembre 2009 – 367 pages

Quatrième de couverture :
Jeannot, Tu leur diras de raconter notre histoire dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappe à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeanne, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains.

Auteur : Né en 1961 à Boulogne dans les Hauts-de-Seine, il quitte la France pour les États-Unis à 23 ans et fonde une société spécialisée dans l'image de synthèse. Il reste en Amérique du Nord, sa seconde patrie, pendant sept ans et revient à Paris avec le projet de créer un cabinet d'architecture avec deux de ses amis. Il en est directeur pendant près de dix ans. Aimant raconter des histoires, Marc Levy se met à l'écriture en amateur. Finalement, il décide d'envoyer son manuscrit à plusieurs éditeurs et ce sont les éditions Robert Laffont qui le contacteront. Son premier roman 'Et si c'était vrai ...' est très bien accueilli par le public et adapté au cinéma en 2005. Depuis, il se consacre à l'écriture et emmène le lecteur dans son univers où tout est possible. 'La Prochaine Fois' paraît en février 2005. En janvier 2006, les ventes de ses cinq livres, toutes éditions et langues confondues, ont dépassé les dix millions d'exemplaires. Ses romans, 'Mes amis, mes amours' et 'Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites' sont venus confirmer l'engouement pour cet auteur. Marc Levy vit à Londres.

Mon avis : (relu en mai 2011)
Les enfants de la liberté est le septième roman de Marc Levy, il est très différent des histoires habituelles de l'auteur.
Ce livre est un bel hommage aux étrangers qui se sont battus pour la France lors de la Seconde Guerre Mondiale. Marc Levy raconte ici l'histoire de son père et de son oncle, deux jeunes Juifs qui rentrent dans la Résistance, ils combattent, ils ont peur, ils tuent, des camarades se font tuer ou se font arrêter, ils passeront quelques temps dans la prison St Michel de Toulouse, puis se feront déporter après un périple long et pénible en train... Malgré les trahisons, les arrestations et la mort, l'espoir, le courage et la liberté sont toujours présents pour les faire avancer et espérer à un avenir meilleur.

Ce livre est bouleversant, car ses jeunes sont des enfants devenus trop vite adultes qui rêvaient de liberté ! Je n'oublierai pas Jacques, Boris, Rosine, Ernest, François, Marius, Enzo, Antoine, Charles, Claude, Alonso, Catherine, Sophie, Marc, Emile, Robert, Damira... des copains, espagnols, italiens, polonais, hongrois, roumains, les enfants de la liberté.

Extrait : (page 13)
« Ce 21 mars 1943, j'ai dix-huit ans, je suis monté dans le tramway et je pars vers une station qui ne figure sur aucun plan : je vais chercher le maquis.
Il y a dix minutes, je m'appelais encore Raymond, depuis que je suis descendu au terminus de la ligne 12, je m'appelle Jeannot. Jeannot sans nom. A ce moment encore doux de la journée, des tas de gens dans mon monde ne savent pas ce qui va leur arriver. Papa et maman ignorent que bientôt on va leur tatouer un numéro sur le bras, maman ne sait pas que sur un quai de gare, on va la séparer de cet homme qu'elle aime presque plus que nous.
Moi je ne sais pas non plus que dans dix ans, je reconnaitrai, dans un tas de paire de lunettes de près de cinq mètres de haut, au Mémorial d'Auschwitz, la monture que mon père avait rangée dans la poche haute de sa veste, la dernière fois que je l'ai vu au café des Tourneurs. Mon petit frère Claude ne sait pas que bientôt je passerai le chercher, et que s'il n'avait pas dit oui, si nous n'avions pas été deux à traverser ces années-là, aucun de nous n'aurait survécu. Mes sept camarades, Jacques, Boris, Rosine, Ernest, François, Marius, Enzo, ne savent pas qu'ils vont mourir en criant « Vive la France », et presque tous avec un accent étranger.
Je me doute bien que ma pensée est confuse, que les mots se bousculent dans ma tête, mais à partir de ce lundi midi et pendant deux ans, sans cesse mon coeur va battre dans ma poitrine au rythme que lui impose la peur ; j'ai eu peur pendant deux ans, je me réveille encore parfois la nuit avec cette foutue sensation. Mais tu dors à côté de moi mon amour, même si je ne le sais pas encore. Alors voilà un petit bout de l'histoire de Charles, Claude, Alonso, Catherine, Sophie, Rosine, Marc, Emile, Robert, mes copains, espagnols, italiens, polonais, hongrois, roumains, les enfants de la liberté.

Lu dans le cadre du Baby Challenge Contemporain 2011
baby_challenge_contemporain
Baby Challenge - Contemporain Livraddict :
12/20 déjà lus  Médaille de bronze

 

Posté par aproposdelivres à 06:18 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 juin 2011

L'Armée furieuse – Fred Vargas

vargas Viviane Hamy – mai 2011 – 427 pages

Quatrième de couverture :
- Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l'Armée furieuse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi.
- C'est une association ?
- L'Armée furieuse, répéta-t-elle tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas ?
- Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait.
- Mais vous ne connaissez même pas son nom ? La Mesnie Hellequin ? chuchota-t-elle.
- Je suis désolé, dit Adamsberg. Veyrenc, l'Armée furieuse, vous connaissez cette bande ?
Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc.
- Votre fille l'a vraiment vue ? Avec le disparu ? Où cela ?
- Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là.
Veyrenc retint discrètement le commissaire.
- Jean-Baptiste, vraiment, tu n'as jamais entendu parler de ça ?
Adamsberg secoua la tête.
- Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il.
- Pourquoi ?
- Parce que, pour ce que j'en sais, c'est l'annonce d'une secousse. Peut-être d'une sacrée secousse. Nul doute que la fratrie "maudite" du village normand rejoindra la galaxie des personnages mémorables de Fred Vargas. Quant à Momo-mèche-courte, il est le fil conducteur de la double enquête que mène ici le commissaire Adamsberg, confronté à l'immémorial Seigneur Hellequin, chef de L'Armée furieuse.

Auteur : Fred Vargas est née à Paris en 1957. Fred est le diminutif de Frédérique. Vargas est son nom de plume pour les romans policiers. Pendant toute sa scolarité, Fred Vargas ne cesse d'effectuer des fouilles archéologiques. Après le bac, elle choisit de faire des études d'histoire. Elle s'intéresse à la préhistoire, puis choisit de concentrer ses efforts sur le Moyen Âge. Elle a débuté sa « carrière » d'écrivain de roman policier par un coup de maître. Son premier roman Les Jeux de l'amour et de la mort, sélectionné sur manuscrit, reçut le Prix du roman policier du Festival de Cognac en 1986 et fut donc publié aux éditions du Masque. Depuis elle a écrit : Un lieu incertain (2008), Dans les bois éternels (2006), Sous les vents de Neptune (2004), Coule la Seine (2002), Pars vite et reviens tard (2001), Petit traité de toutes vérités sur l'existence (2001), Les quatre fleuves (en collaboration avec Edmond Baudoin) (2000), L'homme à l'envers (1999), Sans feu ni lieu (1997), Un peu plus loin sur la droite (1996), Debout les morts (1995), Ceux qui vont mourir te saluent (1994), L'homme aux cercles bleus (1992)

Mon avis : (lu en juin 2011)
Quelle plaisir de retrouver le commissaire Adamsberg et son équipe avec ce nouveau livre de Fred Vargas. J'avais été déçue par le l'enquête précédente d'Adamsberg et très rapidement j'ai su que ce livre allait beaucoup me plaire.
Cela commence doucement avec la présence de miettes de pain qui intrigue Adamsberg, à la fin du chapitre, la première enquête est résolue... Puis il va venir au secours d'un pigeon dont des «enfants de salauds» ont entravé les pattes. Et l'enquête principale commence avec une petite dame âgée qui vient de Normandie, elle demande à voir le commissaire car dans son village, Ordebec, une nuit, sa fille a vu «l’Armée furieuse». C'est une vieille légende médiévale : une cohorte de morts vivants qui vient enlever ceux qui ont commis des crimes. Cette vision est le signe que de multiples meurtres vont se produire.
En même temps, à Paris, Adamsberg enquête sur le meurtre d'un industriel qui a été retrouvé carbonisé dans sa Mercédès et on suspecte très rapidement un jeune incendiaire surnommé "Mo-la-mèche-courte". Mais intrigué par cette «Armée curieuse», Adamsberg accepte facilement d’aller enquêter à Ordebec, terrorisé par les superstitions et les rumeurs...
Le plus délicieux dans les livres de Fred Vargas, ce sont les personnages étonnants et haut en couleur : Adamsberg, son fils Zerk, ses équipiers Danglard, Retancourt, Veyrenc...
Dans cette enquête, il faut rajouter Léo et son chien Flem, la famille Vendermot avec Lina et ses frères Antonin, Martin et Hippo, le capitaine Emeri, le comte Valleray...
Une intrigue bien construite, des fausses pistes, une écriture agréable à lire et une solution impossible à découvrir avant la conclusion, voilà un cocktail réussi qui mêle un pigeon, des miettes de pain, du sucre, des amours, des lacets de chaussures, une voiture incendiée... Un vrai bonheur !

Extrait : (début du livre)
Il y avait des petites miettes de pain qui couraient de la cuisine à la chambre, jusque sur les draps propres où reposait la vieille femme, morte et bouche ouverte. Le commissaire Adamsberg les considérait en silence, allant et venant d'un pas lent le long des débris, se demandant quel Petit Poucet, ou quel Ogre en l'occurrence, les avait perdues là. L'appartement était un sombre et petit rez-de-chaussée de trois pièces, dans le 18ème arrondissement de Paris.
Dans la chambre, la vieille femme allongée. Dans la salle à manger, le mari. Il attendait sans impatience et sans émotion, regardant seulement son journal avec envie, plié à la page des mots croisés, qu'il n'osait pas poursuivre tant que les flics étaient sur place. Il avait raconté sa courte histoire : lui et sa femme s'étaient rencontrés dans une compagnie d'assurances, elle était secrétaire et lui comptable, ils s'étaient mariés avec allégresse sans savoir que cela devait durer cinquante-neuf ans. Puis la femme était morte durant la nuit. D'un arrêt cardiaque, avait précisé le commissaire du 18ème arrondissement au téléphone. Cloué au lit, il avait appelé Adamsberg pour le remplacer. Rends-moi ce service, tu en as pour une petite heure, une routine du matin.
Une fois de plus, Adamsberg longea les miettes. L'appartement était impeccablement tenu, les fauteuils couverts d'appuie-tête, les surfaces en plastique astiquées, les vitres sans trace, la vaisselle faite. Il remonta jusqu'à la boîte à pain, qui contenait une demi-baguette et, dans un torchon propre, un gros quignon vidé de sa mie. Il revint près du mari, tira une chaise pour s'approcher de son fauteuil.
- Pas de bonnes nouvelles ce matin, dit le vieux en détachant les yeux de son journal. Avec cette chaleur aussi, ça fait bouillir les caractères. Mais ici, en rez-de-chaussée, on peut garder le frais. C'est pour ça que je laisse les volets fermés. Et il faut boire, c'est ce qu'ils disent.
- Vous ne vous êtes rendu compte de rien ?
- Elle était normale quand je me suis couché. Je la vérifiais toujours, comme elle était cardiaque. C'est ce matin que j'ai vu qu'elle avait passé.
- Il y a des miettes de pain dans son lit.
- Elle aimait ça. Grignoter couchée. Un petit bout de pain ou une biscotte avant de dormir.
- J'aurais plutôt imaginé qu'elle nettoyait toutes les miettes après.
- Pas de doute là-dessus. Elle briquait du soir au matin comme si c'était sa raison de vivre. Au début, c'était pas bien grave. Mais avec les années, c'est devenu une obnubilation. Elle aurait sali pour pouvoir laver. Vous auriez dû voir ça. En même temps, cette pauvre femme, ça l'occupait.
- Mais le pain ? Elle n'a pas nettoyé hier soir ?
- Forcément non, parce que c'est moi qui lui ai apporté. Trop faible pour se lever. Elle m'a bien ordonné d'ôter les miettes, mais à moi, ça m'est drôlement égal. Elle l'aurait fait le lendemain. Elle retournait les draps tous les jours. A quoi ça sert, on ne sait pas.

Déjà lu du même auteur :

Ceux_qui_vont_mourir_te_saluent Ceux qui vont mourir te saluent l_homme_aux_cercles_bleus L'Homme aux cercles bleus

Debout_les_mort Debout les morts Un_peu_plus_loin_sur_la_droite Un peu plus loin sur la droite

sans_feu_ni_lieu Sans feu ni lieu l_homme___l_envers L'Homme à l'envers

Pars_vite_et_reviens_tard Pars vite et reviens tard sous_les_vents_de_neptune  Sous les vents de Neptune

Dans_les_bois__ternels Dans les bois éternels un_lieu_incertain Un lieu incertain

les_quatre_fleuves Les Quatre fleuves (BD)

Posté par aproposdelivres à 17:53 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

05 juin 2011

Glacé - Bernard Minier

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et XO Éditions

glac_ XO éditions – février 2011 – 560 pages

Quatrième de couverture :
Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d'une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d'un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée.
Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.
Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ?
Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

Auteur : Bernard Minier a grandi au pied des Pyrénées. Primé à l'issue de plusieurs concours de nouvelles, il publie avec Glacé son premier roman.

 

Mon avis : (lu en juin 2011)
Voilà un premier roman plutôt bien réussi. Un thriller très prenant et « glacial » avec une bonne intrigue et des personnages variés qui se déroule dans une vallée étroite et enneigée des Pyrénées à Saint-Martin-de-Comminges.

Tout commence par la découverte du cadavre d'un cheval suspendu au-dessus d'une plateforme du téléphérique qui mène à la centrale hydroélectrique, à deux mille mètres d'altitude. Une mise en scène macabre. Ce cheval, Freedom, appartient à Éric Lombard, celui-ci appartient à « une dynastie de financiers, de capitaines d'industrie et d'entrepreneurs qui régnaient sur ce coin des Pyrénées, sur le département et même sur la région depuis six décennies. » Éric Lombard ayant le bras long et c'est le commandant de police Martin Servaz qui est appelé de Toulouse pour mener l'enquête sur ce crime étrange, conjointement avec Irène Ziegler, capitaine de gendarmerie. Servaz trouve injuste d'être obligé de laisser son enquête en cours sur la mort d'un SDF pour la mort d'un cheval !
A une dizaine de kilomètres de Saint-Martin, isolé au milieu des sapins, se trouve le centre de psychiatrie pénitentiaire Charles Wargnier. La suissesse Diane Berg, jeune psychologue, vient d'y arriver comme adjoint au chef de l'établissement. Quatre-vingt-huit dangereux psychotiques sont enfermés à l'Institut Wargnier. L'auteur va commencer lentement son histoire, il prend le temps de présenter les lieux, les différents protagonistes, puis c'est la découverte d'un premier cadavre humain et un huis clos captivant et avec beaucoup de rythme s'installe dans cette vallée glacée et glaçante pyrénéenne.
Tout s'accélère dans les cent dernières pages, plusieurs fois j'avais cru deviner qui était le coupable mais plusieurs rebondissements inattendus m'ont fait mentir et j'ai été complètement surprise par le final de l'histoire...
La construction du livre avec des semblants de sous-chapitres dans chaque chapitre où le lecteur suit à la fois ce qui se passe au centre de psychiatrie pénitentiaire et l'enquête de Servaz, Ziegler et leurs équipiers donne beaucoup de rythme dans ce thriller que l'on ne veut pas lâcher.
Les épisodes avec Diane la psychologue dans le centre Wargnier créent une atmosphère oppressante et fait monter chez le lecteur un sentiment d'angoisse...
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce premier roman et j'espère pouvoir lire dans le futur d'autres enquêtes avec Servaz et/ou Ziegler...
Un grand Merci à Livraddict et XO Éditions pour m'avoir permis de découvrir ce thriller très réussi. 

Extrait : (Prologue)
Dgdgdgdgdgd – tactactac – ddgdgdgdgdg – tactactac

Les bruits : celui, régulier, du câble et, par intermittence, les roues des pylônes lorsque le sabot du téléphérique passait dessus, communiquant ses secousses à la cabine. A quoi s'ajoutait la plainte flûtée du vent, omniprésente, comme des voix d'enfants en détresse. Et celles des occupants de la cabine, gueulant pour couvrir le vacarme. Ils étaient cinq – Huysmans compris.

Dgdgdgdgdgd – tactactac – ddgdgdgdgdg – tactactac

- Putain ! J'aime pas monter là-haut par ce temps ! dit l'un d'eux.
Silencieux, Huysmans guettait l'apparition du lac inférieur – mille mètres plus bas, à travers les rafales de neige qui cernaient la cabine. Les câbles semblaient étrangement lâches, décrivant une double courbe qui s'enfonçait paresseusement dans la grisaille.
Les nuages s'entrouvrirent. Le lac apparut. Brièvement. Pendant un instant, il eut l'air d'une flaque sous le ciel, un simple trou d'eau entre les cimes et les bandes de nuages qui se déchiraient sur les hauteurs.
- Qu'est-ce que ça peut foutre, le temps ? dit un autre. On va passer une semaine coincés sous cette putain de montagne, de toute façon !
L'usine hydroélectrique d'Arruns : une série de salles et de galeries creusées à soixante-dix mètres sous terre et perchées à deux mille mètres d'altitude. La plus longue mesurait onze kilomètres. Elle conduisait l'eau du lac supérieur vers les conduites forcées : des tubes d'un mètre et demi de diamètre qui dévalaient la montagne et précipitaient l'eau du lac supérieur vers les turbines assoiffées des groupes de production, en bas dans la vallée. Pour accéder à l'usine, au cœur de la montagne, un seul chemin : un puits d'accès dont l'entrée se trouvait presque au sommet, la descente en monte-charge jusqu'à la galerie principale qu'on suivait, vannes neutralisées, à bord de tracteurs à deux places : un voyage d'une heure au cœur des ténèbres, le long de huit kilomètres de galeries.
L'autre moyen, c'était l'hélico – mais uniquement en cas d'urgence. Une aire avait été aménagée près du lac supérieur, accessible quand le temps s'y prêtait.

- Joachim a raison, dit le plus vieux. Avec un temps pareil, l'hélico ne pourrait même pas atterrir.
Ils savaient tous ce que cela voulait dire : une fois les vannes rouvertes, les milliers de mètres cubes d'eau du lac supérieur s'engouffreraient en rugissant dans la galerie qu'ils allaient emprunter dans quelques minutes. En cas d'accident, il faudrait deux heures pour la vider à nouveau, une autre heure en tracteur à travers la galerie pour revenir au puits d'accès, quinze minutes pour remonter à l'air libre, dix de descente en télécabine jusqu'à la centrale et trente autres de route jusqu'à Saint-Martin-de-Comminges – à supposer que la route ne fût pas coupée.
Si un accident survenait, ils ne seraient pas à l'hôpital avant quatre bonnes heures. Et l'usine vieillissait... Elle fonctionnait depuis 1929. Chaque hiver, avant la fonte des neiges, ils passaient là-haut quatre semaines, isolés du monde, pour l'entretien et la réfection de machines d'un autre âge. Un travail pénible, dangereux.
Huysmans suivait le vol d'un aigle qui se laissait porter sur le plat du vent, à cent mètres environ de la cabine.
Silencieux.
Il tourna son regard vers les vertiges glacés qui s'étendaient sous le plancher.
Les trois énormes tuyaux des conduites forcées plongeaient vers l'abîme, collés au relief de la montagne. La vallée avait depuis longtemps quitté leur champ de vision. Le dernier pylône était visible trois cents mètres plus bas, dressé là où le flanc de la montagne formait un épaulement, se profilant solitaire au milieu du brouillard. A présent, la cabine grimpait tout droit vers le puits d'accès. Si le câble venait à rompre, elle ferait une chute de plusieurs dizaines de mètres, avant d'exploser comme une noix sur la paroi rocheuse. Elle se balançait dans la tempête tel un panier au bras d'une ménagère.

Logo Livraddict

Posté par aproposdelivres à 17:13 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

02 juin 2011

Les Enfants de la Terre, Tome 6 : Le pays des grottes sacrées

le_pays_des_grottes_sacr_es Presses de la Cité - mars 2011 – 681 pages

Quatrième de couverture :
La petite orpheline Cro-Magnon recueillie par une tribu Neandertal a fait bien du chemin depuis Le Clan de l'Ours des Cavernes, le premier tome de ses aventures publié il y a maintenant trente ans. Ayla vient de mettre au monde une petite fille prénommée Jonayla, et a été peu à peu adoptée par les membres de la Neuvième Caverne, le clan de son compagnon Jondalar. A tel point que la Zelandoni, guérisseuse et chef spirituel de la Neuvième Caverne, la choisit pour lui succéder un jour. Pour parvenir à cette fonction, Ayla suit pendant plusieurs mois la grande prêtresse. Son initiation passe notamment par la visite des nombreuses grottes ornées de la région, l'occasion pour l'apprentie Zelandoni de découvrir des sites magnifiquement décorés, dont elle apprend à comprendre le sens. Cette formation, jalonnée de rites de passage, n'a rien d'une promenade de santé, et Ayla devra franchir bien des obstacles avant de devenir Zelandoni. Saura-t-elle trouver un équilibre entre ses obligations de jeune mère et d'épouse et les exigences de son apprentissage ? L'amour de Jondalar et d'Ayla résistera-t-il à tant d'épreuves ?

Auteur : En 1977, alors âgée de quarante ans, l'Américaine Jean Auel décide de quitter son emploi, un poste à responsabilité dans une entreprise d'électronique. En attendant d'obtenir un travail plus stimulant, cette mère de cinq enfants se met à écrire une nouvelle consacrée à une femme de la préhistoire. Ainsi naît Ayla, l'héroïne des " Enfants de la Terre ", une formidable saga préhistorique qui s'est à ce jour vendue à plus de 45 millions d'exemplaires à travers le monde.

 

Mon avis : (lu en mai 2011)
Lorsque Jérémy m'a proposé de recevoir ce livre, j'ai accepté en partie pour mon mari qui avait déjà lu les quatre premiers livres de la série. Et c'est lui qui a commencé la lecture du livre, cela fait plus d'un mois qu'il s'accroche car il trouve qu'il y a de nombreuses redites avec les tomes précédents.

Pour ma part, j'ai attendu d'avoir quelques jours de congés à la maison pour me lancer dans la lecture de ce pavé de presque 700 pages car le livre est vraiment trop lourd à emporter dans le train ! La préhistoire ne m'a jamais vraiment intéressée mais j'espérais changer d'avis en découvrant cette saga appréciée dans le monde entier. Malheureusement, j'ai eu un mal fou à lire ce livre, qui je l'avoue, m'est tombé des mains... Après plus d'une semaine de lecture (en alternance avec d'autres livres), j'abandonne... Ce livre est beaucoup trop long à mon goût, il se perd dans les détails, il y a beaucoup de répétitions et aucune action me donnant envie de connaître la suite de l'histoire... J'ai appris beaucoup de choses comme « comment élever mon enfant » ou « faire la cuisine » au temps de la Préhistoire et j'ai visité de nombreuses grottes...

Merci à Jérémy et aux éditions Presse de la Cité de m'avoir permis de découvrir ce livre et cet auteur.

Pour en savoir plus : site de l'auteur et page FB

 

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
challenge_100_ans

Posté par aproposdelivres à 06:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


28 mai 2011

L’âme du mal – Maxime Chattam

chattam

l_ame_du_mal l_ame_du_map_p1 l_ame_du_mal_p

Michel Lafon – mars 2002 – 514 pages

Pocket - mai 2003 – 514 pages

Pocket – mars 2004 – 514 pages

 Quatrième de couverture :
Pas plus que sa jeune assistante, l'inspecteur-profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d'outre-tombe. Fût-il le monstrueux bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper avec précision. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit, identique : un même rituel horrible. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d'une secte ? Pure sauvagerie ou magie noire ? Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu'on lui a enseigné. S'immerger complètement dans la psychologie d'un monstre, le comprendre afin de le cerner et de prévoir ses crimes, devenir un monstre soi-même, tels sont les moindres risques de son métier. On dit au FBI qu'il s'en faudrait d'un rien pour qu'un bon profiteur aille rejoindre la galerie de ses pires clients. Peut-on impunément prêter son âme au mal ?

Auteur : Maxime CHATTAM, de son vrai nom Maxime DROUOT, est né le 19 février 1976 à Herblay en région parisienne. Jeune garçon discret et solitaire, il se passionne pour le cinéma et les romans et auteurs de science fiction tels Le seigneur des anneaux ou Stephen King. Au cours de son enfance, il fait de fréquents séjours aux États Unis : New York, Denver et surtout Portland en Oregon, qui deviendra le cadre de ses premiers trillers. À 23 ans, il suit une année de formation en criminologie où il étudie notamment la psychiatrie criminelle, la police technique et scientifique, la médecine légale et assiste à des autopsies. Il fait alors plusieurs petits boulots et devient notamment libraire, ce qui lui permet d'être en contact du monde de l'édition et consacre son temps libre à l'écriture de son premier thriller. En octobre 2001, il achève l'âme du mal qui sera publié en 2003, début d'une série de romans policiers, ce qui lui permet aujourd'hui de vivre de sa plume.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Je n'avais encore jamais lu de livre de Maxime Chattam mais « abonnée » au rendez-vous de Pimprenelle « Découvrons un auteur », c'était l'occasion d'essayer... J'ai donc choisi le premier roman de Maxime Chattam. A vrai dire je croyais que Maxime Chattam écrivait des livres du genre fantastique. Très rapidement, j'ai compris que je me trompais puisque « L'âme du mal » est un vrai thriller que j'ai lu très facilement.
L'histoire se passe à Portland aux États-Unis dans les années 2000, Joshua Brolin est un jeune inspecteur de police qui utilise le profilage pour traquer un tueur en série. Juliette Lafayette, jeune étudiante en psychologie a été enlevé par Leland Beaumond, le tueur en série que poursuivait Joshua. Heureusement, ce dernier va abattre d'une balle dans la tête le tueur qui était sur le point d'exécuter Juliette.

Une année plus tard, le corps d'une femme affreusement mutilée est découverte dans un jardin public du de Portland. Après autopsie, on découvre que le meurtre a été effectué avec le même rituel que les meurtres de Leland Beaumont. Joshua Brolin est chargé d'enquêter, une étrange lettre est adressée à Juliette puis à la police... et un autre meurtre aussi cruel est commis...
Voilà une intrigue palpitante qui ne laisse aucun répit au lecteur, beaucoup d'informations sur les techniques de profilage et des compte-rendus d'autopsie très détaillés, un tueur avec un mode opératoire plutôt gore... Ce n'est pas spécialement le genre de thriller que j'affectionne, malgré tout, j'ai trouvé plutôt très bon ce livre. Merci à Pimprenelle de m'avoir fait découvrir Maxime Chattam.

Extrait : (début du livre)
Kate Philips ouvrit la porte du véhicule et laissa Josh descendre. Il tenait à la main une poupée en plastique représentant Captain Futur qu'il serrait contre lui comme s'il s'agissait d'un trésor fabuleux. L'air suffocant du parking les assaillit aussitôt. A n'en pas douter l'été serait de plus en plus torride.
- Viens mon ange, dit Kate en glissant ses lunettes de soleil sur ses cheveux.
Josh sortit en observant la façade du centre commercial. Il aimait beaucoup venir ici, c'était synonyme de plaisir, de rêve tant il y avait de choses agréables à voir. Des jouets par centaines, toutes les gammes représentées sur des mètres et des mètres, du palpable, pas de l'image à la télé ou dans des catalogues. Plus tôt dans la matinée, en entendant sa mère dire qu'elle partait au centre commercial, Josh avait bondi sur l'occasion et s'était imposé à force de gentillesse. A présent que l'établissement se dressait devant lui il sentait l'excitation monter. Peut-être pourrait-il repartir avec un jouet ? Le camion-citerne Majorette qui lui manquait, ou peut-être même une panoplie de Captain Futur ! La journée s'annonçait bien, très bien même. Un nouveau jouet. Ça c'était une idée séduisante ! Encore fallait-il que Kate accepte. Il se tourna vers sa mère pour le lui demander et constata qu'elle vérifiait ses bons de réduction soigneusement découpés dans les journaux et publicités.
- Tu m'achètes un jouet, maman ? demanda-t-il de sa voix fluette de garçon de presque quatre ans.
- Ne commence pas, Josh et dépêche-toi un peu sinon je ne t'emmène plus avec moi.
Le petit garçon mit sa main en visière comme il avait souvent vu son père le faire et traversa ainsi le parking.
- Quelle chaleur ! lança Kate en se ventilant tant bien que mal de la main. Ne traîne pas, chéri, on va se liquéfier si on tarde trop en plein soleil !

Posté par aproposdelivres à 07:45 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

25 mai 2011

Les Années cerises – Claudie Gallay

les_ann_es_cerises les_ann_es_cerises_babel

Éditions du Rouergue – octobre 2004 – 128 pages

Actes Sud – avril 2011 – 172 pages

 

Quatrième de couverture :
Au village, ils l'appellent tous l'Anéanti. C'est parce que sa maison va bientôt disparaître dans un grand trou, à cause de la falaise qui s'effrite au bout du jardin. Malgré le risque, sa mère ne veut pas déménager. Elle n'est pas drôle et elle distribue souvent des claques. Alors quand il en a marre de sa famille pas rigolote, des zéros à l'école et des histoires de falaise qui menace, il va retrouver Paulo et sa grande sœur, qui le fait rêver à l'amour. Ou il part à la pêche avec son grand-père. Pour être heureux, il suffit parfois d'un rien.
 

Auteur : Née en 1961, Claudie Gallay vit dans le Vaucluse. Elle a publié aux éditions du Rouergue L'Office des vivants (2000), Mon amour, ma vie (2002), Les Années cerises (2004), Seule Venise (2004, prix Folies d'encre et prix du. Salon d'Ambronay), Dans l'or du temps (2006) et Les Déferlantes (2008), qui a reçu le Prix des lectrices de Elle et fera prochainement l'objet d'une adaptation cinématographique.

Mon avis : (lu en mai 2011)
C’est le seul livre de Claudie Gallay que je n’avais pas encore lu…

A l’école on appelle Pierre-Jean l’Anéanti car la maison, qu’il habite avec ses parents, est menacée d’être engloutie par une falaise qui grignote peu à peu le  jardin.

Pour le moment, ses parents refusent de déménager. Son père est souvent absent, sa mère ne va pas bien, elle ne sait que le gronder ou lui donner des claques.

A l’école ce n’est pas mieux, il collectionne surtout les zéros et son maître ne le comprend pas et s’en désintéresse. Heureusement, il y a son copain Paulo et sa jolie sœur dont il est secrètement amoureux. Il aime aussi les week-end à la ferme chez son pépé et sa mémé, il aime s’occuper des animaux, aller à la pêche avec son grand-père et profiter des bons petits plats  confectionnés par sa grand-mère. Sans oublier son oncle François qui sait lui parler et le réconforter.

L’histoire de ce jeune garçon de onze ans est très touchante, pleine de nostalgie et de mélancolie. Le lecteur est plein d’empathie avec lui qui se sent si seul et mal aimé par sa mère…

Claudie Gallay ménage un certain suspens entre le mal-être de Pierre-Jean et la maison prête à disparaître au bord de la falaise… A découvrir !

 

 

Extrait : (début du livre)
Heureusement, il y a les chevaux. Je dis ça même si je sais, les chevaux ne sont pas à moi. Ils sont à pépé, mais quand même. Quand je passe, je leur donne des sucres et du pain.
Maman n’aime pas les animaux. Elle dit toujours : « Tous ces poils ! … » Que ça lui donne des migraines et les animaux, il faut s’en occuper. Qu’il y a déjà tant à faire. Et puis quand on part en vacances, hein, qui c’est qui s’en occupe ? Je te le demande ?
- On ne part jamais en vacances, alors qu’est-ce que ça change !
Une taloche bien méritée, et puis va dans ta chambre, ça t’apprendra à être insolent.
Des fois, elle dit : « Il faudrait lui acheter une bête, un chien quoi », parce qu’elle me voit assis sur la pelouse. Triste.
- Pas besoin d’acheter, je lui réponds, je connais quelqu’un qui en donne.
Maman, il ne faut pas la regarder comme ça. Elle ne supporte pas.
Le chien, c’est quand elle voudra et puis les mâles, ça pisse partout, et les femelles, c’est toujours en chaleur.
Il faut pas qu’elle attende trop. J’ai déjà onze ans. En attendant, je caresse la chienne de pépé. C’est la seule chose qu’elle comprend, les caresses. Elle se couche sur le dos et elle ferme les yeux. Je lui raconte les choses de ma vie et ça me fait du bien. Elle est bourrée de puces, surtout maintenant que c’est l’été. Les puces, c’est pas grave. Je la prends contre moi. J’ai ses poils dans la bouche. Pour ça, ils ne disent plus rien. Ils ont renoncé.
Un jour, j’ai entendu pépé dire : « Si ça lui fait du bien ! … »
Pépé, il est toujours avec moi. Même quand il ne devrait pas.
Avant, il travaillait dans une usine.
Maintenant, son métier, je ne sais pas ce que c’est mais c’est ce que je veux faire plus tard, quand je serai grand.
Il a trois vaches et puis des poules. Un tracteur. L’été, il moissonne.
Rien que de le voir, j’ai envie de grandir.

 

Déjà lu du même auteur :

lesd_ferlantes Les déferlantes Dans_l_or_du_temps Dans l'or du temps

mon_amour_ma_vie Mon amour ma vie l_office_des_vivants L'office des vivants

seule_venise_p Seule Venise l_amour_est_une_ile L’amour est une île

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
logo_challenge_Petit_BAC
"Végétal"

Posté par aproposdelivres à 11:20 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 mai 2011

Secret des hommes secret des dieux – Henry Quinson

Lu dans le cadre de de Critique en Masse de Babelio
en partenariat avec les éditions Presses de la Renaissance

 secret_des_hommes_secret_des_dieux Presses de la Renaissance - mars 2011 - 289 pages

Quatrième de couverture :
Conseiller monastique du film Des hommes et des dieux, Henry Quinson retrace cette étonnante et rare aventure humaine et spirituelle.

«Henry Quinson a été tellement précieux !» Lambert Wilson, «frère Christian»

«Secret des hommes, secret des dieux m'a appris beaucoup de choses que j'ignorais dans cette aventure exceptionnelle. Merci à Henry Quinson pour la profondeur de sa relecture spirituelle. Des hommes et des dieux a touché le public d'une manière que je n'ai jamais connue dans ma longue carrière d'acteur. Ce livre en rend compte avec bonheur.» Michael Lonsdale, «frère Luc»

«Secret des hommes, secret des dieux est passionnant, émouvant et instructif. C'est aussi l'amour qui est au coeur du récit d'Henry Quinson et qui le rend si attachant et si beau.» Jean-Marie Frin, «frère Paul»

«J'ai dévoré Secret des hommes, secret des dieux. Écriture magnifique ! On y retrouve tout l'esprit du tournage, tout est juste.» Loïc Pichon, «frère Jean-Pierre»

«Secret des hommes, secret des dieux est un récit captivant. Henry Quinson est la seule personne qui a vécu de l'intérieur toutes les étapes du film et qui a connu les moines de Tibhirine.» Farid Larbi, «Ali Fayattia»

Auteur : Henry Quinson a connu quatre des sept moines assassinés en Algérie en 1996. Économiste franco-américain, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, professeur certifié d’anglais et de lettres, chevalier de l'ordre des arts et des lettres, cet ancien trader a vécu six ans à l’abbaye de Tamié dont étaient issus deux des frères. Il a habité quatorze ans dans une cité de transit à Marseille avec de nombreuses familles musulmanes. Prix 2009 de littérature religieuse pour son récit autobiographique Moine des cités, de Wall Street aux quartiers Nord de Marseille (Nouvelle Cité, 2008), il est l’auteur et le traducteur de plusieurs ouvrages et articles sur le monastère de Tibhirine.

Mon avis : (lu en mai 2011)
J'avais vu au dernier Salon du Livre de Paris le début de la présentation de ce livre, mais n'ayant pas encore vu le film, je n'étais pas restée à la conférence. Aussi lorsque Babelio nous a proposé ce livre pour sa dernière opération Critique en Masse, je l'ai choisi parmi mes quatre choix. Et dès que j'ai reçu le livre, j'ai proposé de regarder le film « Des hommes et des dieux » en famille puis j'ai attendu 3 semaines avant de commencer le livre d'Henry Quinson « Secret des hommes secret des dieux ». Et je n'ai pas pu lâcher le livre tellement il est passionnant. Il y a en premier lieux le récit de la conception du film, la préparation, le tournage, le montage et la présentation au public. Mais il y a bien plus, il nous raconte l'aventure humaine et spirituelle de ce film vraiment pas comme les autres. Il y a également au centre du livre quelques photos du tournage.

Henry Quinson a participé à ce film en tant que conseiller monastique, il connaissait personnellement quatre des frères assassinés à Tibhirine en 1996, Paul, Christophe, Christian et Célestin, il a vécu six ans à l'abbaye de Tamié d'où venaient deux des sept frères et il était également le traducteur de livre « Passion pour l'Algérie. Les moines de Tibhirine : l'enquête d'un historien américain de John W Kiser ». Livre que Xavier Beauvois avait beaucoup consulté pour préparer son film.
Henry Quinson avait lui-même imaginé écrire un scénario sur les moines de Tibhirine pour donner un écho au testament spirituel de Christian de Chergé, le supérieur de la communauté. Mais un ami producteur l'en avait dissuadé et lorsque quelques jours plus tard il reçoit un mail d'Étienne Comar scénariste et producteur qui veut lui parler du projet du film « Des hommes et des dieux », il voit cela comme un signe...
J'ai vraiment beaucoup aimé le film « Des hommes et des dieux » et ce livre est vraiment un bonus formidable et indispensable, pour mieux comprendre « la lumière des moines de Tibhirine ». Pour découvrir comment les acteurs et l'équipe du film ont su faire revivre l'Esprit de la communauté de Tibhirine.

Après cette lecture, je n'ai qu'une envie, revoir le film !

Un GRAND MERCI à Babelio et aux éditions Presses de la Renaissance pour m'avoir permis de découvrir ce livre captivant.

des_hommes_et_des_dieux_film

Le film : « Des hommes et des dieux » a été réalisé en 2010 par Xavier Beauvois avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin, Philippe Laudenbach, Jacques Herlin, Loïc Pichon, Xavier Maly et Olivier Perrier. Il a obtenu de nombreux prix comme le Grand prix du jury à Cannes en 2010, le César 2011 du meilleur film, César 2011 du meilleur second rôle masculin pour Michael Lonsdale et le César 2011 de la meilleure photographie pour Caroline Champetier...

Pour en savoir plus sur le film : article Wikipédia

Extrait : (début du livre) ici

 

Posté par aproposdelivres à 06:45 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

15 mai 2011

Une vie de Pintade à Berlin – Hélène Kohl

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Calmann-Lévy

une_pintade___Berlin Calmann-Lévy – mars 2011 – 384 pages

illustrations de Sanaa Kassou

Quatrième de couverture :
Berlin, capitale de l’Allemagne et de l’Europe, capitale de la fête, capitale de la liberté… Berlin où l’on vient tour à tour s’encanailler et s’inspirer, une ville qui n’en finit pas de connaître des transitions. En huit chapitres décoiffants, Une vie de Pintade à Berlin vous guidera dans ses coulisses féminines, avec carnet d’adresses pointu et radioscopie en profondeur des habitants.
Féministes et indépendantes, rebelles et libertaires, les Berlinoises portent leur ville chevillée au corps. Elles sont DJettes, designers, actrices porno-lesbiennes, éternelles adolescentes ou mères de famille. Elles sont naturelles, sans fards, sans artifices. La mode est d’abord pratique pour elles, qui filent sur leurs vélos le long de la Spree. Leurs cafés sont légendaires, leurs brunchs dominicaux, incontournables, leurs saucisses, mythiques, et leurs saunas, indispensables.
Qu’on ne vienne pas leur dire qu’à Berlin l’hiver est trop long : les salles de vapeur sont là pour réchauffer les corps, les marchés de Noël pour réchauffer les cœurs et, pour se réchauffer les sangs, les Pintades berlinoises savent faire la fête jusqu’au bout de la nuit.
Que vous soyez Berlinoise pour un week-end, une année ou une vie, Une vie de Pintade à Berlin vous montrera le chemin des plaisirs teutons. Afin que vous aussi puissiez dire : « Ich bin eine Berlinerin. »

Auteur : Hélène Kohl, 31 ans, vit et travaille à Berlin depuis 2003. Des crues du Rhin aux variations du Dax, en passant par les exploits de la Mannschaft et la cote de popularité de la chancelière, elle couvre l'actualité allemande pour Europe 1, LCI, Le Journal du dimanche et Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Elle a obtenu le Prix franco-allemand du journalisme en 2007.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Lorsque Livraddict a proposé ce partenariat avec Calmann-Lévy, j'étais assez curieuse de découvrir Berlin à travers cette collection "une vie de pintade"... J'ai souvent entendu l'auteur à la radio et c'est cela aussi qui m'a incitée à postuler pour ce livre.
Tout d'abord, je ne m'attendais pas à un livre aussi épais... Je l'ai d'abord feuilleté comme un guide avant de le lire vraiment de la première à la dernière page !
Le principe de la collection, c'est un guide-découverte d'une capitale à travers le regard d'une femme journaliste et qui raconte le quotidien, les habitudes et les spécificités des femmes dans cette capitale.
« Une vie de Pintade à Berlin » est divisé en 8 chapitres, chacun étant consacré à un sujet particulier : les sorties, la mode, les femmes indépendantes, la cuisine, les enfants...
A la fin de chaque chapitre, nous trouvons un carnet d'adresses utiles comme dans tout bon guide.
Berlin est une ville où les femmes tiennent une place particulière. Les hommes ont détruit Berlin, les femmes l'ont reconstruit. En effet, après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ce sont les femmes qui ont déblayé les ruines brique après brique et reconstruit la ville. «Je n'ai pas peur.» Voilà la devise des Berlinoises.
La mode c'est « pratique et confortable avant tout », le look « billig » (bon marché) est légion, « beaucoup de vintage, pas mal de fait maison... Surtout ne pas ressembler aux autres. »
« Toute la ville n'est que récup... » « Les Berlinoises ont toujours été des as de la débrouille, des magiciennes qui transforment du vieux en neuf. » Elles organisent même des Klamottentauschparty (fête de troc de fringues)...
Berlin est une ville débordante d'énergie, de créativité, c'est une ville d'artistes en tous genres...
La Berlinoise pratique le FKK, Freikörperkultur « la culture du corps libre », c'est une philosophie de vie. La nudité ne les gêne pas et la Berlinoise assume son âge.
« Le vélo est un accessoire indispensable à la vie de toute Berlinoise qui se respecte. » La superficie de la ville est huit fois celle de Paris, et c'est un mode de transport parfaitement écolo ! Et ni la pluie, ni le froid n'arrêtent les cyclistes.
Il n'existe pas vraiment de cuisine berlinoise... « la cuisine de Berlin, c'est le mélange « multikulti ».

Un peu effrayé par l'épaisseur du livre, je l'ai finalement lu très facilement, c'est un mélange d'informations et d'anecdotes croustillantes. Hélène Kohl a payé de sa personne pour tester de nombreux lieux et activités répertoriés dans ce livre... C'est vraiment très documenté et très complet.
J'ai pris beaucoup de plaisir durant cette balade au féminin dans Berlin, les Berlinoises sont authentiques, anticonformistes très différentes des Françaises mais très attachantes.
Cela m'a vraiment donnée envie d'aller découvrir par moi-même Berlin et les Berlinoises...

Même si ce livre semble plutôt destiné aux femmes, je pense que les hommes seront également intéressés de découvrir ces « Portraits piquants des Berlinoises »...

Un grand merci à Livraddict et aux éditions Calmann-Lévy de m'avoir permis de passer un très bon moment avec ce livre.

 

Extrait : (Introduction)
« Pour faire le portrait d'un oiseau, peindre d'abord une cage. » Jacques Prévert aurait eu tout faux à Berlin. C'est bien en liberté, toutes plumes au vent, qu'il faut saisir la pintade des bords de Spree. Un siècle de dictature derrière elle, alors la Berlinoise, maintenant, elle veut de l'air, de la tolérance, de la folie même.
Pour croquer la volière de Berlin, il faut de l'énergie. Ma traque dure depuis 2003 déjà. Et, pour mon plus grand bonheur, le safari sociologique se poursuit encore et toujours, dans une métropole huit fois plus vaste que Paris. Où aurai-je la meilleure prise de vue ? Sous des tonnes de débardeurs en textile synthétique, avec la basse-cour des quartiers d'immigrés, dans ces friperies bon marché où jeunes Turques, Libanaises et Iraniennes cherchent le chèche assorti à leur manucure ? Ou bien au-delà de la ligne de S-Bahn qui encercle le centre, vers le grand Est où 40% des familles vivent en dessous du seuil de pauvreté ? Dans un café branchouille pour un brunch au mousseux avec des jeunes libérales qui méprisent les artistes paresseux du nouveau Berlin et ont bien l'intention de faire de cette cité aux 60 milliards d'euros de dettes une ville enfin rentable ? Ou dans une manifestation, avec cette faune colorée et cosmopolite – vieilles hippies, altermondialistes de 20 ans avec des dreads et des percings, bataillons de féministes sans soutien-gorge et les cheveux en brosse – qui tente de sauver les squats, les bars illégaux et les villages de roulottes où l'on vit en communauté au coeur de la capitale du pays le plus riche d'Europe ?
Venez ! L'aventure est alléchante ! Berlin passe actuellement pour être l'eldorado des nuits sans fin, Babylone joyeuse des fêtes éternelles. Je vous promets des rencontres décoiffantes : une femme fontaine en action, une DJ à peine sortie du lit, une lesbienne reine des bigoudis... On pourrait même se prendre au jeu d'expériences extrêmes : laisser son bikini au vestiaire du sauna, croire (ne serait-ce qu'une minute) qu'on va pouvoir accoucher sans péridurale, encourager un club de foot de métallos, être prête à donner sa tunique Kaviar Gauche (celle pour laquelle on a tant compté ses sous) pour séduire un videur tatoué... Car cette saison, c'est chez lui qu'il faut danser ; demain, au gré des rachats immobiliers, des destructions d'usines, des réhabilitations d'espaces, il faudra peut-être aller danser ailleurs. Berlin est une ville mouvante qui n'en finit pas de se réorganiser, de se chercher, de redéfinir ses contours...

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
logo_challenge_Petit_BAC
"Géographie" et "Animal"

 

Posté par aproposdelivres à 07:54 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

10 mai 2011

Confessions d'une taupe à Pôle Emploi - Gaël Guiselin, Aude Rossigneux

confessions_d_une_taupe___pole_emploi Calmann-Lévy – mars 2010 – 150 pages

Quatrième de couverture :
Un témoignage décapant et explosif, un état des lieux accablant sur Pôle emploi.
Et si Pôle emploi empêchait de retrouver du travail ? Alors que la crise économique a fait exploser le compteur du chômage, rien ne va plus. Agents débordés, déprimés, manque d’information et de formation, culte de la rentabilité et privatisation des missions : la fusion ANPE-Assédic est très difficile.
Le leitmotiv ? Faire du chiffre. Temps réduit pour chaque demandeur d’emploi, radiation pour des broutilles… Globalement, Pôle emploi semble considérer tout demandeur comme un fraudeur en puissance, un suspect permanent. Plus grave, les réformes se succèdent à un rythme tel que les agents n’ont pas le temps de les assimiler. Que dire alors des demandeurs !
Conseiller de Pôle emploi, et ancien chômeur de longue durée, Gaël Guiselin a une chance : il connaît les deux côtés du guichet. Dans ce livre coup de gueule, il fait un état des lieux accablant mais donne également des ficelles pour ne pas se faire broyer par la machine administrative. Un petit livre salutaire.

Auteurs : Gaël Guiselin est le pseudonyme d’un conseiller du Pôle emploi. Diplômé de l’enseignement supérieur, Gaël Guiselin a réussi le concours de l’ANPE quelques jours avant avant la fin de ses droits.
Aude Rossigneux est journaliste. Elle a notamment été la rédactrice en chef de Ripostes, feu l’émission politique de Serge Moati sur France 5.

Mon avis : (lu en mai 2011)
J'ai pris par curiosité ce livre à la bibliothèque, comme j'ai la chance de ne pas connaître Pôle-emploi j'étais intéressée de découvrir ce témoignage. L'auteur nous raconte la fusion de l'ANPE et des ASSEDIC et la nouvelle organisation interne du Pôle emploi. Une organisation pleine de promesses en théorie et qui pratiquement n'a pas les moyens nécessaires pour fonctionner. On découvre le parcours du combattant du chômeur et face à eux les agents de pôle emploi qui malgré les aberrations du système essaye du mieux possible d'aider leurs trop nombreux « clients ».

Certaines situations nous font rire, d'autres nous révoltent ou nous attristent... Ce livre m'a fait découvrir un monde que je ne connaissais pas et m'a fait vraiment prendre conscience des difficultés que peuvent rencontrer les chômeurs...

 

Extrait : (page 13)
A l'origine de ce livre, il y avait l'idée d'écrire une sorte de guide de survie du demandeur d'emploi en temps de crise. Car ma mission de conseiller ne s'arrête pas à la sortie de l'agence. Nous sommes sans cesse interpellés, parfois dans des lieux insolites, au supermarché, entre deux cageots de bananes et le stand fruits secs, à un dîner chez des amis où l'on nous apostrophe : «J'ai raté mon rendez-vous, comment je fais ?». Au baptême d'un neveu : «Si je démissionne j'ai droit à quoi ?». A la sortie de l'école où un père me hèle : «Un de mes employés vient me lâcher, vous auriez pas quelqu'un ?»
Au départ, donc, l'envie d'expliquer, de donner des conseils. Mais, à l'arrivée, le besoin de témoigner. Témoigner pour que les gens comprennent qu'un conseiller est lui-même bien souvent un ancien demandeur d'emploi. De ma période de chômage, je garde le souvenir de la peur qui me tenaillait le ventre lorsque je me rendais à un entretien, lorsque je me disais : «Et si je n'avais pas fait ce qu'il fallait ? Et si pour une raison quelconque on me coupe mes indemnités ? Et si on me propose un travail que je ne souhaite pas ? Et si, et si, et si...» Ecrire pour que l'on sache que quand nous parlons de demandeurs d'emploi, nous savons de quoi il retourne. Nous parlons de nous mêmes, d'un voisin, d'un cousin, de notre compagne, ou d'un de nos parents.
Ecrire pour rappeler que la précarité, nous aussi la connaissons. Et que, lorsqu'un demandeur en entretien s'exclame «Ah non, cette annonce, ça ne va pas aller ! Vous avez vu le salaire ? Vous travailleriez, vous, pour une somme pareille ?», la réponse est oui. Avec un bac +6, et sept ans d'ancienneté, je touche 1370€ net par mois.
Après plusieurs grèves et un malaise qui a fait la une des journaux, la direction nous a soumis en novembre 2009 un questionnaire dont les résultats ont pour objectif d'aider à améliorer nos conditions de travail. Rendus publics début janvier 2010, ils sont édifiants : 71,2% des agents qui ont accepté de répondre affirment se trouver dans une «situation de travail tendue» ; 86% du personnel parle d'une «dégradation» des conditions de travail ; près de 89% estiment n'avoir pas été préparés à la fusion et seuls 33% pensent pouvoir trouver un soutien auprès de leur supérieur en cas de problème.
Raconter, parce que, comme beaucoup d'agents, je n'en peux plus de cette tentation de jeter Pôle emploi avec l'eau du bain de la fusion. Parce que j'en ai marre que des employeurs s'imaginent qu'«en France les gens ne veulent pas bosser» et que «les smicards préfèrent resyer au chômage». Parce que ce n'est plus possible d'entendre dire que si Pôle emploi va mal c'est seulement «la faute à la crise».

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
logo_challenge_Petit_BAC
"Animal"

Posté par aproposdelivres à 06:57 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,