18 mars 2017

Sauveur et fils - saison 1 - Marie-Aude Murail

sauveur_1 Ecole des Loisirs - avril 2016 - 300 pages

Quatrième de couverture :
Quand on s'appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 m pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d'affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s'évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la maman vient de se remettre en ménage avec une jeune femme... Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Mais à toujours s'occuper des problèmes des autres, Sauveur a oublié le sien. Ne devrait-il pas protéger ce petit garçon, Lazare, 8 ans, qui est son fils, menacé par un secret ?

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s'est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009), 3000 façons de dire je t'aime (2013).

Mon avis : (lu en février 2017)
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien, il reçoit ses patients dans sa maison où il vit seul avec Lazare, son fils de 8 ans. Sans que Sauveur le sache, Lazare suit à travers une porte entrouverte la vie des patients de son père comme s'il suivait un feuilleton télévisé.  Il y a Margaux qui se scarifie, Gabin addictif aux jeux vidéo, Cyrille l'énurésique, Ella la phobique scolaire... 
Lazare est un petit garçon intelligent, il réussit à l'école où il fait la paire avec son Paul son meilleur copain. Il aime son père et attend que celui-ci lui parle de sa maman qui est morte lorsqu'il était tout petit. Mais pour Sauveur, le sujet semble tabou...
A travers les consultations de Sauveur, de sa vie privée avec son fils, Marie-Aude Murail dépeint la société d'aujourd'hui et la souffrance des enfants et adolescents autour des thèmes comme la scarification, la dépression, la phobie scolaire, le racisme, l'homophobie…
Un gros bémol sur la couverture du livre et ce cochon d'Inde qui suggère une histoire enfantine... Si l'auteur n'était pas Marie-Aude Murail, jamais je n'aurai eu envie de découvrir son livre... Il y a bien un hamster dans cette histoire, mais ce n'est pas le cœur du sujet de ce livre touchant et attachant.
La bonne idée, c'est qu'il y a une suite...
Je compte bientôt dévorer la saison 2 et je viens de voir que le livre de la saison 3 vient tout juste de sortir. A suivre...

Extrait :
Sauveur ouvrit la porte de la salle d’attente en douceur. Si les gens n’étaient pas prévenus, ils avaient un mouvement de surprise en l’apercevant.
— Madame Dutilleux ?
Madame Dutilleux arrondit les yeux et Margaux baissa les siens.
— Nous avons rendez-vous. Je suis Sauveur Saint-Yves. C’est par ici.
Il désigna son cabinet de consultation de l’autre côté du couloir puis s’effaça. En passant devant lui, madame Dutilleux, la quarantaine, menue dans son jean slim, resserra la ceinture de sa veste en cuir. Margaux, 14 ans, s’enrobant ou se dérobant dans sa doudoune, laissa flotter son écharpe de laine et ses longs cheveux.
Sauveur captait tous les signaux qu’envoient les corps, surtout à ce moment très intense de la première fois. Les quelques pas de Margaux et de sa mère pénétrant sur son territoire lui firent sentir l’hostilité de l’une et la méfiance de l’autre.
— Où on se met ? dit Margaux, la voix rogue.
— Vous choisissez… Mais vous me laissez mon fauteuil.
Sauveur avait la voix caressante de Nat King Cole vous chantant : « Unforgettable, that’s what you are… » Madame Dutilleux piqua des fesses sur un bord de canapé et se tint assise, le dos raide et les mains à plat sur ses cuisses serrées. Margaux lâcha son sac à dos et s’affala à l’autre extrémité du canapé, un bras dans le vide et son écharpe balayant le parquet. Ni l’une ni l’autre ne s’étaient attendues à un interlocuteur noir de 1,90 mètre, plutôt décontracté dans son costume sans cravate.
— Vous êtes docteur ? s’étonna naïvement madame Dutilleux.
— En psychologie.
Pfff, fit Margaux comme un ballon qui se dégonfle. Elle mourait de chaud. Les pointes du col de sa doudoune lui rentraient dans les joues. Mais pour rien au monde elle n’aurait fendu son armure.
— Mon cabinet est un peu trop chauffé, compatit Sauveur. Est-ce que tu voudrais me dire pourquoi tu es là ? Ta maman m’a parlé d’un « problème avec l’école ».
— Mais je voulais pas venir ! se récria Margaux. C’est l’autre, là… « L’autre, là » désignait manifestement sa mère.
— Ne le prenez pas mal, intervint madame Dutilleux, moi aussi, j’aurais autant aimé ne pas venir.— Donc, vous êtes toutes les deux ici contre votre volonté, résuma Sauveur. Vous m’en voyez désolé.
Un ange passa, sans doute au plafond, car Margaux y jeta un regard exaspéré.
— C’est l’infirmière scolaire, se lança madame Dutilleux, madame Sandoz…
— Une facho, précisa Margaux en sourdine.
— Elle est passée dans la classe de Margaux… et dans toutes les classes du collège.
Tout en jetant des coups d’œil sur sa fille, madame Dutilleux cherchait les mots qui pourraient ne pas mettre le feu aux poudres.
— Elle a demandé aux élèves de relever leurs manches… C’était pour vérifier si elles… enfin, ils, parce que ça concerne aussi les garçons, mais moins…
— Qu’est-ce que t’en sais ? reprit la sourdine.
— C’est un peu comme une mode. Avant, c’était plutôt les tatouages ou le piercing…
— Mais n’importe quoi ! maugréa l’autre bout du canapé.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple et Simple (relecture)

 papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin 

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11 mars 2017

Ceux qui me restent - Laurent Bonneau et Damien Marie

ceux qui me restent Bamboo - août 2014 - 159 pages

Quatrième de couverture :
"Voyage en Alzheimer..."

Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune. Il a tenté d'élever seul sa petite Lilie, maladroitement ou certainement pas assez. Et ils se sont perdus à leur tour.
Aujourd'hui, à 70 ans, la maladie lui vole sa mémoire.
Mais Florent veut retrouver Lilie, sa Lilie qui vient maintenant le voir toutes les semaines mais qu'il ne reconnaît plus. Alors il cherche sans relâche, en vrac, dans les bribes de trop vieux souvenirs...
Florent n'abandonnera plus.

Auteurs : Originaire de Normandie, Damien Marie suit des études en arts appliqués et en design industriel. Il entre dans la vie active en travaillant dans des cabinets d’architecture intérieure et s’installe dans le Nord. Parallèlement, il se lance dans l’écriture. 
Né en 1988 à Bordeaux, Laurent Bonneau suit un cursus artistique dès le lycée à Bordeaux. Il rencontre en parallèle Marc Moreno à l'âge de 13 ou 14 ans. Ce dernier lui apprend beaucoup sur la bande dessinée et l'histoire de l'art. Il monte sur Paris à l'âge de 17 ans et demi pour suivre un cursus de cinéma d'animation pendant deux ans puis signe chez Dargaud pour la trilogie Metropolitan un an plus tard, lorsqu'il commence sa deuxième année en Animation. Il entre en 2008 à l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en section Photo-vidéo, où il continue de réaliser actuellement des courts métrages en prise de vues réelles avec une obsession pour la représentation du corps humain. Il donne également des cours de dessin à l'École Nationale Supérieure Estienne à Paris... En 2013, il sort deux albums : "Douce pincée de lèvres en ce matin d'été", ouvrage intimiste sur une journée de la vie de Max, puis "Rêves Syncopés" avec Mathilde Ramadier au scénario, album retraçant l'histoire des musiques électros via la vie du DJ Laurent Garnier. 

Mon avis : (lu en janvier 2017)
Dans cette BD, il est question de la perte de la mémoire et de la maladie d'Alzheimer. La construction de l'histoire dans cette BD est originale et le lecteur peut être déstabilisé, désorienté... En effet, il est question de Florent qui revit fréquement une scène sur un bateau où il a perdu de vue sa fille Lily âgée de 5 ans. 
Aujourd'hui, Florent a 70 ans, il vit dans une institution car, atteint de la maladie d'Alzheimer, c'est le chaos dans sa tête... Il s'accroche à ses souvenirs, il veut retrouver sa fille... Et pourtant cette dernière vient lui rendre visite toutes les semaines...
Le sujet est traité avec subtilité et tact, le récit est vraiment beau et touchant. Une belle très belle découverte !

Extrait :

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01 mars 2017

Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar - Antoine Choplin

61tryRi2mhL La fosse aux ours - janvier 2017 - 220 pages

Quatrième de couverture :
Voici l'histoire de Tomas Kusar, garde-barrière à Trutnov (Tchécoslovaquie), un jeune homme simple, amoureux de la nature et passionné par la photographie. Il mène une existence paisible, jusqu'à sa rencontre avec Vàclav Havel, dramaturge dissident et futur président de la République. Une rencontre qui va changer sa vie. Le dernier roman d'Antoine Choplin s'intéresse comme souvent aux humbles, aux sans-grade et montre comment, parfois, le destin les porte, les fait basculer du côté des justes et participer, presque par hasard, à la grande Histoire. Un roman sur l'amitié et l'engagement.

Auteur : Né en 1962, Antoine Choplin vit près de Grenoble, où il partage son temps entre l’écriture et l’action culturelle. Il est directeur de « Scènes obliques », dont la vocation est d’organiser des spectacles vivants dans les lieux inattendus, des sites de montagne. Il est aussi l’animateur depuis 1996 du Festival de l’Arpenteur (Isère), qui chaque mois de juillet programme des rencontres inhabituelles entre des créateurs (notamment des écrivains) et le public. Il s’est fait connaître en 2003 lors de la publication de son roman, Radeau, (La Fosse aux Ours, 2003), qui a connu un vrai succès populaire (Prix des librairies « Initiales », Prix du Conseil Général du Rhône). Parmi ses derniers titres : Léger Fracas du Monde (La Fosse aux Ours, 2005), L’impasse (La Fosse aux Ours, 2006), Cairns (La Dragonne, 2007), et de Apnées (La Fosse aux Ours, septembre 2009). Au Rouergue, il a publié Cour Nord en janvier 2010, dans La brune.

Mon avis : (lu en février 2017)
Tomas Kusar est un jeune cheminot à Trutnov en Tchécoslovaquie. C'est un homme simple, il aime la nature et les longues marches en plein air, il aime particulièrement les arbres et est également passionné par la photographie. A l'occasion d'une fête du village et d'une représentation théâtrale d'une troupe venue de Prague, Tomas fait pour la première fois la rencontre de Vàclav Havel l'auteur de la pièce jouée. Il y aura d'autres rencontres autour de bières ou d'un échiquier entre eux. Une amitié simple et humble se noue entre ses deux hommes si différents, l'ouvrier et l'intellectuel.
Inspiré de l'histoire de Vàclav Havel, dissident devenu président de la République en Tchécoslovaquie, ce roman est l'histoire d'une amitié et d'un engagement.
Comme habituellement dans ses romans, l'écriture de l'auteur est concise, belle et simple. Il décrit avec sobriété quelques moments bien choisis de la vie de Tomas Kusar, il se dégage beaucoup de douceur et d'humanité dans ce très beau roman.

Extrait : (début du livre)
Ce qu’il fait là.
Lui, le cheminot de Trutnov, au balcon du Château, face à la place Venceslas envahie par la foule immense.
Dans l’espace étroit, ils doivent être une vingtaine. Contre Tomas se serrent Jiri, Markéta, Petr, Joska. Leurs visages sont si proches que parfois ils se touchent. Tous ont ce drôle de sourire, où la joie fait comme elle peut avec l’air glacial de décembre qui fait trembler les lèvres. Certains glissent leurs bras sur les épaules voisines, les étreignant parfois avec une force plus grande, embrassant dans l’élan une tempe, un front.
Un peu plus tôt, ils se sont réunis au sommet de l’escalier intérieur, sur les tapis épais. Il y a eu de brèves accolades. Václav a fait quelques pas dans une vaste galerie adjacente. En silence, ils l’ont suivi des yeux tandis qu’il déambulait, et puis il est revenu vers eux. Alors, ils ont vu son visage, la paix radieuse qui s’en dégageait.
Certains ont eu envie de pleurer et c’était surtout parce qu’ils se souvenaient du chemin parcouru. Et puis on a ouvert doucement les deux battants de la haute fenêtre et la clameur est entrée comme une vague.
Autour de Václav Havel, donc, au Château, dans le souffle des vivats. 

Le regard de Tomas s’est attaché longuement à la masse sombre de la foule avant de s’échapper vers la ligne des toits et le ciel nocturne. L’œil ouvert, paupières inertes, il s’est laissé envelopper par le flou des lointains. Il lui a semblé que le tumulte s’effaçait un peu. Son esprit s’est mis à vagabonder.
Plusieurs fois, l’idée l’a traversé. Il serait mieux en bas, au milieu des autres. Et même ailleurs, à l’écart de toute cette effervescence, tiens, du côté de Hradecek, en marche parmi les arbres. Il chanterait peut-être quelque chose, en les sachant là pour de bon, Václav et tous les compagnons. Il chanterait et ça aurait de la gueule, cette voix solitaire dans la nuit, en lisière des forêts de Bohême saisies déjà par l’hiver.

Une main ébouriffe ses cheveux, celle de Jiri. Tomas n’entend pas les paroles qu’il prononce en riant, tourné vers lui. Il lui sourit en retour, sans trop savoir.
Devant eux, Václav salue les gens sur la place et on le devine peu à l’aise dans cet exercice. Son embarras semble amuser Olga qui se tient à ses côtés, en léger retrait. Par intermittences, Václav lève les deux bras, les doigts en forme de V. À chaque fois, la clameur de la foule s’intensifie et, pour ceux de la tribune, c’est une secousse pour le corps tout entier, un fracas dans la poitrine.

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22 février 2017

La Guerre des Lulus, Tome 4 : 1917 : La déchirure

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Quatrième de couverture :
1917. La guerre s'éternise. Le blocus naval mie en place par l'Angleterre, pour empêcher le ravitaillement des puissances centrales, provoque une pénurie alimentaire dans toutes les zones contrôlées par l'armée allemande. Dans cette Europe meurtrie, le périple des Lulus se poursuit. Malgré leur optimisme naturel, ils commencent à désespérer de revoir un jour l'abbé et les copains de l'orphelinat. Et, s'ils restent soudée dans l'adversité, des lézardes apparaissent dans leur belle amitié. Leur route, semée d'embûches, leur réserve toutefois de belles surprises et c'est d'un pas décidé qu'ils partent à la rencontre d'un pays qui leur est inconnu et de ses drôles d'habitants...

Auteurs : Depuis 2004, le scénariste d’origine bretonne Régis Hautière, pilier des éditions Paquet a signé une vingtaine d’albums en seulement cinq ans dont le Dernier Envol avec Romain Hugault. Il multiplie aujourd’hui les projets chez d’autres éditeurs comme Soleil, Kstr, Glénat, Delcourt ou Dargaud. Après des études supérieures de philosophie et d’histoire et un troisième cycle en ingénierie de la connaissance, Régis Hautière a travaillé une dizaine d’années pour le festival BD d’Amiens.
Diplômé en génie électro-technique et licencié en Arts Plastiques, Hardoc démarre précocement sa carrière comme illustrateur pour une émission jeunesse de France 2, à 15 ans. Il gagne l’Écureuil d’Or qui récompense le meilleur jeune espoir au festival BD d’Angoulême en 1996. Hardoc rencontre ensuite Régis Hautière dans une association bédéesque d’Amiens (!!) et ils décident de travailler ensemble sur la série Le Loup, l'Agneau et les Chiens de guerre (éd. Paquet). Il participe, en mars 2005, au collectif des Nouvelles de Jules Verne en bandes dessinées des éditions Petit à Petit. En 2009, il publie, toujours avec Régis au scénario, l'histoire des Lulus, Jeux de guerre, dans le collectif Cicatrices de guerre(s). Et c'est avec impatience que l'on attendait leurs aventures complètes chez Casterman, La Guerre des lulus est arrivée, en janvier 2013.

Mon avis : (lu en février 2017)
Dans l'épisode précédent, nous avions laissé les Lulus voulant aller en Suisse... Nous les retrouvons dans un train en Allemagne puis en Belgique. Lucas, Lucien, Luigi, Ludwig et Luce espèrent arriver à rallier le village des grands-parents de Luce. Sur la route, ils vont faire de nouvelles rencontres, un photographe ambulant, un paysan labourant ses champs avec l'aide d'un éléphant... 
Les Lulus sont toujours aussi débrouillards, inventifs et enfantins même s'ils ont bien grandi en 4 ans, la féminité de Luce est de plus en plus visible et les garçons n'y étant pas insensibles cela génère quelques tensions chez les adolescents... La spécificité de cette série, c'est une vision différente de la Guerre, les combats et les mouvements de troupes sont loin, les auteurs préfèrent privilégier ce qui se passe à l'arrière. 
L'histoire s'essouffle peut-être un peu mais j'ai toujours autant de plaisir à lire cette BD dont j'attends avec impatience la conclusion dans le prochain épisode !

Extrait :  (début du livre)

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Déjà lu du même auteur :

la_guerre_des_lulus_1914 La Guerre des Lulus, Tome 1 : 1914 : La maison des enfants trouvés 

la_guerre_des_lulus_1915 La Guerre des Lulus, Tome 2 : 1915 : Hans 

la guerre des lulus_3 La Guerre des Lulus, Tome 3 : 1916 : Le tas de briques

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24/18

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19 février 2017

Petit Pays - Gaël Faye

Prix Audiolib 2017

Petit pays petit pays

Audiolib - Novembre 2016 - 5h40 - Lu par Gaël Faye 

Grasset - août 2016 - 224 pages 

Quatrième de couverture :
« Au temps d'avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c'était le bonheur, la vie sans se l'expliquer. Si l'on me demandait "Comment ça va ?" je répondais toujours "Ça va !". Du tac au tac. Le bonheur, ça t'évite de réfléchir. C'est par la suite que je me suis mis à considérer la question. » - G. F.

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire. Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

A Suivi d'un entretien avec l'auteur

Auteur : Franco-rwandais, Gaël Faye est auteur-compositeur-interprète de rap. Aussi influencé par les littératures créoles que par la culture hip hop, il sort un album en 2010 avec le groupe Milk Coffee & Sugar (révélation Printemps de Bourges). En 2013 paraît son premier album solo, Pili Pili sur un Croissant au Beurre. Enregistré entre Bujumbura et Paris, il se nourrit d’influences musicales plurielles : du rap teinté de soul et de jazz, du semba, de la rumba congolaise, du sébène… Il a obtenu en 2014 le Prix Charles Cros des lycéens et enregistre en 2016 un deuxième album : Rythmes et BotaniquePetit pays est son premier roman.

Mon avis : (écouté en février 2017)
J'ai déjà eu l'occasion de lire ce livre sous forme papier en octobre dernier et cette relecture audio est aussi plaisante !
1992, Gabriel est un petit garçon de 10 ans, il vit à Bujumbura, la capitale du Burundi, dans un quartier résidentiel avec sa petite sœur Ana, son père français et sa mère rwandaise. 
L'impasse où il habite est le lieu des jeux et des rencontres avec sa bande de copains de toutes origines avec lesquels il fait les 400 coups. C'est une enfance enchantée et Gabriel aimerait qu'elle ne s'arrête jamais... 
Mais en toile de fond, il y a la situation politique du pays et du monde et Gabriel découvre qu'il est français, rwandais et tutsi. 
Gabriel a besoin de mettre à distance la violence du monde, il préfère se réfugier dans l'insoucience de enfance, dans la lecture pour garder son innocence le plus longtemps possible. Les évènements, la guerre et la violence autour de lui vont pourtant obliger Gabriel à grandir plus vite que la normale... 
Pour écrire ce premier roman, Gaël Faye s'est largement inspiré de sa jeunesse au Burundi, à l'époque il n'avait pas la même conscience que Gabriel sur la violence qui se passait dans le pays, heureusement ses parents avaient su préserver l'enfant qu'il était encore...
L'écriture est très imagée, pleine de poésie, on ressent parfaitement l'Afrique, sa chaleur, ses odeurs, ses couleurs... Les personnages sont attachants et le lecteur les voit évoluer au cours de l'histoire, en particulier les enfants.
Voilà un livre poignant sur une enfance bouleversée par l'Histoire du "Petit Pays" et la guerre civile. 
La lecture du texte par l'auteur lui-même est un plus, de même que l'entretien est très intéressant.

Extrait : (début du livre)
Je ne sais vraiment pas comment cette histoire a commencé.
Papa nous avait pourtant tout expliqué, un jour, dans la camionnette.
– Vous voyez, au Burundi c’est comme au Rwanda. Il y a trois groupes différents, on appelle ça les ethnies. Les Hutu sont les plus nombreux, ils sont petits avec de gros nez.
– Comme Donatien ? j’avais demandé.
– Non, lui c’est un Zaïrois, c’est pas pareil. Comme Prothé, par exemple, notre cuisinier. Il y a aussi les Twa, les pygmées. Eux, passons, ils sont quelques-uns seulement, on va dire qu’ils ne comptent pas. Et puis il y a les Tutsi, comme votre maman. Ils sont beaucoup moins nombreux que les Hutu, ils sont grands et maigres avec des nez fins et on ne sait jamais ce qu’ils ont dans la tête. Toi, Gabriel, avait-il dit en me pointant du doigt, tu es un vrai Tutsi, on ne sait jamais ce que tu penses.
Là, moi non plus je ne savais pas ce que je pensais. De toute façon, que peut-on penser de tout ça ? Alors j’ai demandé :
– La guerre entre les Tutsi et les Hutu, c’est parce qu’ils n’ont pas le même territoire ?
– Non, ça n’est pas ça, ils ont le même pays.
– Alors... ils n’ont pas la même langue ?
– Si, ils parlent la même langue.
– Alors, ils n’ont pas le même dieu ?
– Si, ils ont le même dieu.
– Alors... pourquoi se font-ils la guerre ?
– Parce qu’ils n’ont pas le même nez. 
– Ouais, et lui là-bas, avec le chapeau, il est immense, tout maigre avec un nez tout fin, c’est un Tutsi.
– Et lui, là-bas, avec la chemise rayée, c’est un Hutu.
– Mais non, regarde, il est grand et maigre.
– Oui, mais il a un gros nez !
C’est là qu’on s’est mis à douter de cette histoire d’ethnies. Et puis, Papa ne voulait pas qu’on en parle. Pour lui, les enfants ne devaient pas se mêler de politique. Mais on n’a pas pu faire autrement. Cette étrange atmosphère enflait de jour en jour. Même à l’école, les copains commençaient à se chamailler à tout bout de champ en se traitant de Hutu ou de Tutsi. Pendant la projection de Cyrano de Bergerac, on a même entendu un élève dire : « Regardez, c’est un Tutsi, avec son nez. » Le fond de l’air avait changé. Peu importe le nez qu’on avait, on pouvait le sentir.
La discussion s’était arrêtée là. C’était quand même étrange cette affaire. Je crois que Papa non plus n’y comprenait pas grand-chose. À partir de ce jour-là, j’ai commencé à regarder le nez et la taille des gens dans la rue. Quand on faisait des courses dans le centre-ville, avec ma petite sœur Ana, on essayait discrètement de deviner qui était Hutu ou Tutsi. On chuchotait :
– Lui avec le pantalon blanc, c’est un Hutu, il est petit avec un gros nez.

 

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16 février 2017

L'invitation - Jim et Dominique Mermoux

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Vents d'Ouest - novembre 2016 - 160 pages

Vents d'Ouest - avril 2010 - 158 pages

Quatrième de couverture :
Un téléphone sonne en pleine nuit dans un appartement parisien. Raphaël se lève et décroche. À l'autre bout du fil, c'est son vieux pote Léo. Il est en panne avec sa voiture à plus d'une heure de route et demande à son ami s'il peut venir le dépanner. En réalité, Léo a appelé plusieurs de ses proches, curieux de savoir lesquels prendraient la peine de se déplacer pour lui. Un test à l'amitié, ni plus, ni moins. Raphaël est furieux d'avoir été ainsi testé ; ça ne se teste pas, l'amitié ! Mais un soir, Raphaël est chez lui, seul, il s'ennuie... Et si lui aussi il appelait ses amis, prétextant une panne de voiture ? Sur qui peut-il vraiment compter ? L'idée est tellement tentante... Rapidement, Raphaël lance les invitations déguisées...À l'occasion de la sortie en fin d'année du film L'Invitation (avec Nicolas Bedos dans le rôle principal), adapté du roman graphique de Jim et Mermoux, l'album reparait dans une nouvelle édition. Une histoire douce-amère qui sans cesse nous interroge sur nos relations aux autres et nous donne à réfléchir... pour ne jamais avoir à lancer une telle invitation.

Auteurs : Jim est né en 1966. Après son Bac, il étudie pendant 3 ans à l'École de bande dessinée d'Angoulême. Scénariste, dessinateur, il travaille aussi bien pour le dessin animé que pour la bande dessinée. 
Dominique Mermoux, après un Bac en arts appliqués à Grenoble, un BTS en communication visuelle à Besançon et un diplôme en illustration aux Arts décoratifs de Strasbourg, il se lance dans la bande dessinée. Récompensé à plusieurs reprises par des prix "Jeunes talents", il débute sa carrière dans la presse pour le Mégazine Tchô! puis décide de travailler sur des albums en collaboration avec des scénaristes. Il travaille depuis en tant que dessinateur BD et continue d'affuter son stylo-bille dans les carnets de croquis qu'il fabrique.

Mon avis : (lu en février 2017)
J'ai découvert cette BD à l'occasion de la promo du film L'invitation, une adaptation de cet album. Je n'ai pas vu le film mais le pitch du film m'a donné envie de découvrir la BD...
L'amitié peut-elle se tester ? Voilà le sujet de cet album.
Tout commence avec un coup de fil au milieu de la nuit, Raphaël décroche, au bout du fil son vieux pote Léo. Il est en panne avec sa voiture à plus d'une heure de route, il demande à son ami de venir le dépanner. Première réaction de Raphaël, raccrocher et retourner se coucher... mais finalement, il se ravise, s'habille et part dépanner Léo. En réalité Léo n'est pas en panne, il a décidé de tester l'amitié qui l'unie avec plusieurs amis qu'il a également appelé à l'aide. A l'arrivée de chacun des amis, Léo offre le champagne ! Raphaël n'apprécie pas la plaisanterie, l'amitié ne doit pas être testée !
Quelques mois plus tard, seul chez lui, Raphaël repense à cette nuit de test et décide de faire la même chose... A son tour, il appelle à l'aide des amis...
J'ai trouvé très originale cette histoire, la répétition du test m'a donné une impression de longueur mais la conclusion de la BD avec la "vraie" invitation a donné une vrai profondeur aux propos de cette BD autour de l'amitié.
Dans quelques temps, je compte bien découvrir l'adaptation cinématographique de cette BD, réalisée par Michaël Cohen avec Nicolas Bedos, Camille Chamoux, Gustave Kervern, Anne Charrier...

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Extrait : 

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11 février 2017

Trois jours et une vie - Pierre Lemaitre

Prix Audiolib 2017

Trois jours et une vie Trois jours et une vie_albinmichel Trois jours et une vie

Audiolib - juin 2016 - 6h21 - lu par Philippe Torreton 

Albin Michel - mars 2016 - 288 pages

Livre de Poche - mars 2017 - 320 pages

Quatrième de couverture :
« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques  s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien... » 

Auteur : De Travail soigné à Sacrifices, ses cinq romans noirs couronnés par de nombreux prix ont valu à Pierre Lemaitre un succès critique et public exceptionnel. Avec Au revoir là-haut, Prix Goncourt 2013, puis Trois jours et une vie, il continue une œuvre littéraire qui confirme un grand écrivain. Il maîtrise l'art de construire des intrigues tenues par d'invisibles fils et des retournements spectaculaires. 

Lecteur : Issu du Conservatoire National d'Art Dramatique où il y a enseigné, Philippe Torreton était pensionnaire de la Comédie Française de 1990 à 1994 et sociétaire de 1994 à 2000. Comédien de théâtre et de cinéma, il a interprété tant de prestigieux rôles iques (ScapinTartuffe...), qu'engagés (Capitaine Conan de Bertrand Tavernier lui vaut le César du meilleur acteur en 1997). Il a reçu en 2014 le Molière du comédien pour Cyrano de Bergerac, où il tient le rôle-titre. Il est également l'auteur et l'interprète de Mémé, hommage tendre à sa grand-mère et grand succès de librairie.

Mon avis : (écouté en février 2017)
Voilà un roman noir, prenant et captivant que j'ai beaucoup aimé. 
Tout commence fin 1999, à Beauval, petite commune rurale imaginaire, le petit Rémi Desmedt a disparu. Comme dans la série Colombo, dès le début l'auteur dévoile au lecteur le nom du coupable, il s'agit d'Antoine, 12 ans. Ce dernier était venu se réfugier dans le bois de Saint Eustache, plein de chagrin après la mort accidentelle du chien Ulysse. Lorsque son petit voisin, le petit Rémi est venu le rejoindre, Antoine est pris dans un excès de colère et donne un coup mortel à Rémi et ce dernier s'effrondre. Antoine réalise alors que le jeune garçon est mort. Il comprend qu'il a fait une énorme bêtise et au lieu de prévenir les secours, il fait tout pour cacher son acte. En quelques secondes, Antoine est devenu un assassin sans l'avoir voulu. Ensuite, il est pris dans l'engrenage de ses mensonges et il devient prisonnier de son secret...
Difficile d'en dire plus sans dévoiler quelques retournements de situations et quelques surprises de ce roman...
Le lecteur s'attache à Antoine qui voit sa vie bouleversée par ce geste funeste. Antoine est rongé par les remords, il a tellement peur des conséquences de son geste sur sa mère, sur la famille de la victime et bien sûr pour lui-même...
La lecture de Philippe Torreton est très agréable à écouter. 
L'entretien bonus du livre audio est une interview de Philippe Torreton (le lecteur) par Pierre Lemaitre (l'auteur), c'est intéressant mais cela n'apporte rien de plus sur le roman, dommage...

Extrait : (début du livre)
À la fin de décembre 1999 une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien. Ulysse. Ne cherchez pas la raison pour laquelle son propriétaire, M. Desmedt, avait donné à ce bâtard blanc et fauve, maigre comme un clou et haut sur pattes, le nom d’un héros grec, ce sera un mystère de plus dans cette histoire.
Les Desmedt étaient les voisins et Antoine, qui avait alors douze ans, était d’autant plus attaché à ce chien que sa mère avait toujours refusé les animaux à la maison, pas de chat, pas de chien, ni de hamster, rien, ça fait des saletés.
Ulysse venait volontiers à la grille lorsque Antoine l’appelait, il suivait souvent la bande de copains jusqu’à l’étang ou dans les bois alentour et quand Antoine s’y rendait seul, il l’emmenait toujours avec lui. Il se surprenait à lui parler comme à un compagnon. Le chien penchait la tête, sérieux et concentré, puis soudain détalait, signe que l’heure des confidences venait de s’achever.
La fin de l’été avait été assez occupée par la construction d’une cabane avec les copains de la classe dans le bois, sur les hauteurs de Saint-Eustache. C’était une idée d’Antoine que, comme d’habitude, Théo avait présentée comme la sienne, s’arrogeant ainsi le commandement des opérations. Le magistère de ce garçon sur la petite bande était dû au fait qu’il était à la fois le plus grand de tous et le fils du maire. Ce sont des choses qui comptent dans une ville comme Beauval (on déteste les gens qu’on réélit régulièrement, mais on considère le maire comme un saint patron et son fils comme un dauphin, cette hiérarchie sociale qui prend naissance chez les commerçants s’étend aux associations et, par capillarité, gagne les cours d’écoles). Théo Weiser était aussi le plus mauvais élève de sa classe, ce qui apparaissait, aux yeux de ses camarades, comme une preuve de caractère. Lorsque son père lui flanquait une tannée – ce qui n’était pas rare –, Théo arborait ses bleus avec fierté, comme le tribut payé par les esprits supérieurs au conformisme ambiant. Il faisait aussi pas mal d’effet sur les filles, moyennant quoi, chez les garçons, il était redouté et admiré, mais n’était pas aimé. Antoine, lui, ne demandait ni ne jalousait rien. La construction de la cabane suffisait à son bonheur, il ne lui était pas nécessaire d’être chef.

Déjà lu du même auteur : 

 robe_de_mari__ Robe de marié Alex_cd Alex 9782226249678g Au revoir là-haut

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03 février 2017

Les salauds devront payer - Emmanuel Grand

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib - janvier 2017 - 10h15 - lu par Christophe Reymond

Liana Levi - janvier 2016 - 378 pages

Livre de Poche - janvier 2017 - 480 pages

Quatrième de couverture :
Wollaing. Une petite ville du Nord minée par le chômage. Ici, les gamins rêvent de devenir joueurs de foot ou stars de la chanson. Leurs parents ont vu les usines se transformer en friches et, en dehors des petits boulots et du trafic de drogue, l’unique moyen de boucler les fins de mois est de frapper à la porte de prêteurs véreux. À des taux qui tuent… Aussi, quand la jeune Pauline est retrouvée assassinée dans un terrain vague, tout accuse ces usuriers modernes et leurs méthodes musclées. Mais derrière ce meurtre, le commandant de police Erik Buchmeyer distingue d’autres rancoeurs. D’autres salauds. Et Buch sait d’expérience qu’il faut parfois écouter la petite idée tordue qui vous taraude, la suivre jusque dans les méandres obscurs des non-dits et du passé.

 

Auteur : Emmanuel Grand, né en 1966, vit en région parisienne. Son premier polar, Terminus Belz, a conquis la presse et les libraires. Il a notamment obtenu le Prix du polar SNCF 2016. Il a été publié en Allemagne et en Espagne.

 

Lecteur : Issu du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, Christophe Reymond débute à la Comédie Française sous la direction de Georges Lavaudant. Il jouera ensuite sous la direction de Stanislas Nordey, Jean-Pierre Vincent, Philippe Adrien... pour interpréter Shakespeare, Beckett, Jean Genet, Tennessee Williams, Bernard-Marie Koltès ou encore Brecht… Au cinéma, il tourne dans de nombreux films sous la direction de Cédric Klapisch (Peut-être), Bent Hamer (1001 grammes), Luc Besson (Malavita), et bien d’autres. Il enregistre régulièrement des dramatiques pour Radio France.

Mon avis : (écouté en janvier 2017)
Le livre commence avec plusieurs scènes de guerre, en 1952 en Indochine puis en 1957 en Algérie avec un trio militaire Douve, Dubus et Barjo. Les descriptions sont précises, l'auteur n'épargne pas le lecteur...  
2015, Wollaing, une petite ville du Nord situé entre Douai et Valenciennes, Pauline est retrouvée morte dans un terrain vague. C'est une jeune toxico qui avait empruntée de l'argent. Le coupable idéal semble être un certain Freddie Wallet, il est connu pour mettre la pression sur les personnes endettés afin de récupérer les impayés dûs aux organismes de crédit... Mais bien sûr, ce n'ai pas si simple, comme va le comprendre le commandant Erik Buchmeyer et le lieutenant Saliha Bouazem qui mènent l'enquête ensemble.
Au fur et à mesure de l'intrigue, le lecteur comprendra le pourquoi de ce premier chapitre sur les guerres du passé... On découvrira également le temps des luttes syndicales dans l'usine Berga qui donnait du travail à toute la ville durant les années 70.
A travers ce roman policier noir et social, l'auteur évoque la désindustrialisation du nord de la France et ses conséquences. Le duo d'enquêteurs, très différents l'une de l'autre, fonctionnent très bien et sont très crédibles et attachants. Une grande humanité se dégage de cette histoire où les destinés des personnages s'entremêlent...  

Merci Pauline et les éditions Audiolib pour ce thriller social.

Extrait : (page 108)
Avant le dîner, Buchmeyer avait fait une petite virée à Wollaing pour faire un repérage, sentir le coin, histoire de se mettre dans le bain. Il avait quitté le commissariat en fin d’après-midi au volant de sa Renault banalisée et traversé la campagne à l’aveugle, le pied sur le frein, redoutant à tout moment la camionnette enragée zigzaguant au milieu de la route. Des accidents, il en avait vu. Ça se passait toujours sur le trajet que les mecs prenaient au quotidien depuis des années. Chaque croisement, chaque virage, chaque défaut dans la chaussée ; ils connaissaient tout par cœur , et un beau matin, aussi sûrs d’eux que s’ils conduisaient une voiturette de golf sur un parking de supermarché, ils déboulaient à toute allure et s’explosaient sur le truc à quatre roues qui avait le malheur de venir dans l’autre sens. Ça finissait en tôle déchirée et en viande hachée et le seul moyen de s’en garantir était, qu’on le veuille ou non, de lever le pied de la pédale de droite.
Buchmeyer se gara sur la place de la mairie à dix-sept heures, les mains moites et les épaules dures comme du bois. Il faisait un froid de gueux et il se rua à l’intérieur du bar de la Place où une dizaine d’habitués sirotaient leur apéro. Il s’assit à une table en bois verni, commanda une bière sans rien manquer des regards qui obliquaient discrètement dans sa direction. Sa poche vibra et un SMS apparut sur l’écran de son téléphone. Erik chéri, quand tu viens voir ton chuque ? Il soupira.
Magali travaillait comme serveuse à l’hôtel de l’Escaut, un quatre étoiles des environs de Lille. Il l’avait rencontrée un soir d’hiver. Un client en voyage avec sa femme pour leurs vingt ans de mariage avait jeté sa bourgeoise du quatrième étage. Un médecin du Havre bien sous tous rapports. Une dispute à la con avait fait exploser sa boîte à malaises. Buchmeyer était venu ramasser les morceaux et Magali l’avait conduit dans la chambre, la salle de bains et sur le balcon. Les circonstances avaient beau être dramatiques, Erik n’avait cessé de plaisanter et de faire marrer la jeune femme, sans jamais abuser de son rôle de flic ni faire aucune allusion à la jupe qu’elle portait ultracourte en application stricte des consignes de la direction. Magali était tombée sous le charme. Le pétard sous l’aisselle n’y était certainement pas pour rien. Bref, elle l’avait rappelé le lendemain, et depuis, c’était le grand amour. Enfin, presque.
Reigniez apporta sa bière à Buchmeyer qui leva les yeux de l’exemplaire de Nord Éclair qu’il avait attrapé sur la table.
– C’est vous le patron ?
– Oui.
– Je peux vous poser une question ?
– Allez-y toujours. 
Buchmeyer se pencha comme pour confi er un secret.
– Vous voyez passer plein de monde ici ? Et ça discute beaucoup, pas vrai ?
– Pas mal, dit Reigniez.
– Je suis de Lens. V ous croyez vraiment qu’on risque la relégation ?

 

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29 janvier 2017

Le journal de Nine - tome 3 : Pourquoi c'est pas juste - Géraldine Maillet

Lu en partenariat avec Flammarion jeunesse

nine_3 Flammarion jeunesse - janvier 2017 - 131 pages

Illustrations de Line T.

Quatrième de couverture : 
"Mon petit journal adoré, on se fait confiance tous les deux.
On vit ensemble depuis que je sais écrire. En ce moment, je grandis trop vite, je n'ai plus de temps pour moi. Ma nouvelle famille, le collège, les amours...
Il suffit de me voir avant et après les vacances pour comprendre ce que c'est "préado" puis "ado" sans le "pré". Allez, je vais tout te raconter!"

Auteur : Géraldine Maillet, mannequin pendant 7 ans, a abandonné ce métier pour devenir écrivain. Elle est chroniqueuse pour "Ça Balance À Paris" sur Paris Première.
Elle est l’auteur de plusieurs romans dont 'Presque top model' (2007) et 'French Manucure' (2008), qui furent des succès de librairie. Elle a également réalisé deux court-métrages.
En 2014 paraît le premier tome du 'Journal de Nine'. La série est destinée aux pré-adolescent(e)s.

Mon avis : (lu en janvier 2017)
Je ne connaissais pas encore Nine, diminutif de Léopoldine.
Ce livre est le troisième tome et à priori le dernier de la série. En effet, dès début, Nine annonce à son journal que ce sera le dernier car elle n'a plus le temps...

Nine entre en cinquième. Elle était une pré-ado et elle devient une adolescente et elle se confie à son journal. Elle raconte ses vacances en Sicile dans la famille de Damien, le compagnon de sa mère, avec son petit frère Léon ainsi que Victor et Romy, les enfants de Damien. Elle s'interroge sur les transformations de son corps, fais des listes de ce qui compte pour elle, de ce qu'elle ne veut pas oublier... Elle raconte sa vie dans une famille recomposée, dans sa classe de cinquième, les relations entre ses parents...
Ce journal se lit facilement, c'est plein d'humour, très actuel, les illustrations sont très réussies et sont un vrai plus. Destiné aux ados de 10 à 12 ans.

Extrait : (début du livre)
AVEU n°1 : Bon, faut se dire les choses, je sens que tu seras mon dernier journal.
C'est triste de dire « dernier » à mon âge, mais moi, je suis honnête avec toi. Je ne dois pas te mentir, journal. On se fait confiance tous les deux. On vit ensemble depuis que je sais écrire. En ce moment, je grandis trop vite et je n'ai plus assez de temps pour moi.

AVEU n°2 : Bon, faut se dire les choses, je sens que tu ne prends pas super bien la nouvelle. « Plus assez de temps pour moi », ça fait excuse toute moisie. Comme quand je dis à maman que j'ai pas compris l'exercice de mathématiques alors qu'il est super facile et que j'ai juste préféré regarder un film avec Léon, Victor et Romy. Même si j'aime beaucoup le cinéma et que maman adore lire des magazines sur les films que personne ne va voir, ça passe moyen...

- EXCUSE BIDON ! J'espère que tu as honte, Nine ? (Gros yeux de maman pas contente.)
- Ben oui, maman. (Petits yeux de Nine pas fière.)

Pensée de Nine pas super gentille : « Ben non, pas du tout honte, journal. »

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27 janvier 2017

L'Arabe du futur - Tome 3 : Une jeunesse au Moyen-Orient, 1985-1987 - Riad Sattouf

Une-jeunesse-au-Moyen-Orient-1985-1987 Allary - octobre 2016 - 160 pages

Quatrième de couverture :
Après avoir suivi son mari en Libye puis en Syrie, la mère de Riad ne supporte plus la vie au village de Ter Maaleh. Elle veut rentrer en France. L'enfant voit son père déchiré entre les aspirations de sa femme et le poids des traditions familiales…

Auteur : Riad Sattouf est l'auteur de nombreuses bandes dessinées, parmi lesquelles Retour au collège, Pascal Brutal, ou La vie secrète des jeunes. Il est l'un des rares auteurs de bandes dessinées à avoir obtenu deux fois le prix du meilleur album au festival d'Angoulême ( Pascal Brutal 3 en 2010, et L'Arabe du futuren 2015). Il est également cinéaste ( Les beaux gosses, 2010, César du meilleur premier film, et Jacky au royaume des filles, 2014).

Mon avis : (lu en janvier 2017)
Dans ce troisième tome, le jeune Riad commence à prendre réellement conscience du monde qui l’entoure, il est moins naïf. La famille vit toujours en Syrie où rien n'a changé. La maison a toujours ses murs fissurés, l'électricité fonctionne aléatoirement, les magasins sont vides, à l'école les instituteurs sont violents, les cousins de Riad le persécutent toujours... La mère de Riad ne supporte plus cette vie en Syrie et elle l'exprime enfin, elle réclame une vie plus confortable pour ses enfants et pour elle-même, elle désire vraiment rentrer en France !
L'image du père commence à se fissurer pour Riad qui comprend que ce dernier n'est pas aussi formidable et puissant que cela... Il lui reste cependant encore de l'admiration pour lui, mais pas incondionnellement...
Sinon pour Riad c'est également le temps des expérimentations, le premier baiser, la circoncision et le ramadan... A ces occasions le jeune garçon découvre le monde des adultes avec leurs contradictions et leurs défauts...
Cette bande dessinée est toujours aussi plaisante et passionnante, je l'ai dévoré facilement. 

Extrait :

 

PlancheA_289474 arabe_du_futur_3_page_11

 

 

l_arabe_du_futur_3_extrait_2

 

larabe-du-futur-tome-3-planche-2

 

Déjà lu du même auteur :

100708942 L'Arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984) 

106163512 L'Arabe du futur - Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 - 1985) 

 challenge12016br
23/18

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