27 novembre 2013

Les faibles et les forts - Judith Perrignon

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 Stock - août 2013 - 160 pages

Quatrième de couverture :
« Il a l’air d’un roi, le fleuve. Il est là depuis toujours, rouge à force de creuser l’argile, rivière Rouge, c’est son nom. La nuit, il brille. Le jour, il est plat comme le verre et ne reflète que le ciel, les nuages et les arbres. Il semble ne pas nous voir. Nous sommes une quinzaine, nous venons ici presque chaque jour depuis deux semaines tant la chaleur semble vouloir nous punir, mais il passe, indifférent à nos enfants qui s’élancent, à leurs mères qui disent, Attention au courant, et aux vieilles, comme moi, qui se retranchent à l’ombre sur leurs sièges pliants. Rien ne trouble le fleuve. Il connaît son sort, il descend l’Amérique et s’en va se noyer dans le Mississippi puis dans la mer. Il est tout petit là-bas dans la mer, mais si grand devant nous. J’ai peur de lui. J’ai l’impression qu’il rit, qu’il rit du pont un peu plus loin qui rouille en ayant cru l’enjamber, qu’il rit de nous aussi, de nos mains et nos pieds incapables de nager, de nos sueurs froides quand passe la police, j’ai l’impression que nous sommes comme les feuilles mortes qui dans quelques mois se détacheront des arbres, poussières dans l’eau. »

Auteur : Longtemps journaliste à Libération, aujourd’hui collaboratrice du magazine M du Monde et de XXI, Judith Perrignon est l’auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels C’était mon frère (2006), L’Intranquille, avec Gérard Garouste (2009) et Les Chagrins (2010).

Mon avis : (lu en novembre 2013)
Eté 2010, le roman commence alors que la police vient de faire une descente dans la maison d'une famille afro-américaine, en Louisiane. Marcus, 17 ans, s'est fait fouiller au corps. Toute sa famille assiste à la scène, Mary Lee, sa grand-mère, Dana, sa mère, sa soeur Deborah, ses frères West et 
Tour à tour Mary Lee, Dana, Deborah, Marcus reviennent chacun sur l’événement et donnent leur ressenti et leur vision sur leur quotidien.
Puis Mary Lee se souvient d'un événement fort qui la marqué 60 ans plus tôt. du temps où les Noirs n'avaient pas le droit d'aller nager. Le jour où la piscine avait été ouverte à tous, Mary Lee était là, spectatrice. Son frère Howard avait pu aller dans la piscine pendant une heure, mais à la sortie une manifestation contre l'ouverture pour tous de la piscine avait dégénéré...
Retour en 2010, avec un nouveau drame au bord de la Rivière Rouge. Je n'en dirai pas plus pour ne pas en dévoiler trop.
Nous découvrons ce drame à travers des extraits d'une émission de radio et en particulier le récit d'un témoin, sa colère, son désespoir ont une telle force qu'il ne laisse pas le lecteur insensible. Un très beau texte sur le racisme et la ségrégation et leurs conséquences.

Autres avis : Clara, Sylire

Note : ♥♥♥♥♥ 

Extrait : (début du livre)
Mary Lee

À ton âge, Marcus, je voyais les dames serrer leur sac à main contre elles quand mon père montait dans le tramway de Saint Louis. Alors si ça ne tenait qu'à moi, tu resterais là, la porte fermée à double tour, on te laisserait comme un chien en laisse, avec un peu d'eau et on irait sans toi au bord de la rivière. Tu as vu comme la police a poussé la porte sans même se donner la peine de frapper, comme elle nous a enjambés, tes frères et soeurs et moi, serrés que nous sommes entre le ventilateur et la télé, comme elle a fouillé ta chambre, les autres pièces, et toi, Marcus, comme ils t'ont traité ? Tu as vu leur geste en partant, leurs doigts pointés sur toi ? Ils n'ont rien trouvé mais ils t'ont à l'oeil, ils te veulent, ils t'auront. Alors j'ai serré. Oh, boy ! C'est à peine si je me suis vue faire, mon sang n'a fait qu'un tour quand ils sont partis, il y avait la nouvelle corde à linge posée sur la commode, ton corps avachi sur la chaise, tes bras ballants, ton air de dire, Cause toujours, ta mère au bord des larmes, le désordre dans la maison, la route par la fenêtre, la certitude qu'un jour prochain une voiture de police freinera à nouveau devant chez nous, alors j'ai attrapé la corde, je l'ai déroulée, réenroulée dans ton dos, autour de tes poignets, j'ai serré fort, très fort, jusqu'à empêcher ton sang de circuler, la vie de continuer, parce que tu leur donnes raison à ces vieilles peaux qui accusaient mon père.
Je sais ce qui t'attend, Marcus. Je suis vieille, je connais leurs suppositions, leurs certitudes nous concernant, je sais le cercle vicieux où tombent trop souvent nos garçons, j'ai tout vu, trop vu, j'ai le temps derrière moi, je sais sa pente, la fierté qui s'en va, vous a quittés et vous laisse glisser. La prochaine fois, c'est la prison. Tu vois bien comment c'est dans ce pays, comment fait la police, et puis les juges ensuite. Tu l'attends on dirait. Tu t'habilles déjà comme si tu étais là-bas. Avec ton pantalon qui laisse voir ton cul, tu plaides coupable. Tu sais ce que ça veut dire, là-bas, en prison, ce pantalon qui tombe ? Bien sûr que tu le sais. Mon cul est à prendre, c'est ça que ça veut dire. Tu veux que quelqu'un s'occupe de ton cul en prison, Marcus ? Oh, boy ! J'ai honte. Envie de te battre. Tu ne comprends pas que tu ressembles à ce qu'ils pensent de toi, à ce qu'ils attendent de toi, que tu fais du mal aux tiens, à ceux qui sont là comme à ceux qui sont morts ! Ceux qui sont morts, ils sont avec nous, plus que chez les autres gens, ils nous surveillent, ils vérifient qu'on fait bien les choses, qu'on bousille pas tout ce qu'ils ont obtenu pour nous. Tu dois y croire, Marcus, à nos morts comme au Seigneur, croire c'est le maître mot, le seul qu'on ait. Ils diraient quoi mon père et ma mère s'ils voyaient ce qui se passe, vous tous qui vous déboutonnez, qui tournez en rond, qui cherchez les ennuis, qui admirez les taulards ou les champions pleins aux as qui ne pensent qu'à leur argent, leur bagnole et la putain à leur bras. Ils diraient quoi ? Nos fils sont-ils devenus les ennemis de notre communauté ?

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2013
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45/50 :  Missouri

   Challenge Petit BAC 2013

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"Sentiment"

 

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24 novembre 2013

Astérix chez les Pictes - Jean-Yves Ferri, Didier Conrad

Pictes-226x300 Editions Albert René - octobre 2013 - 48 pages

Présentation éditeur : 
Le Village d’Astérix enneigé se remet doucement d’un hiver glacial comme jamais, quand Astérix et Obélix font la plus étonnante des découvertes : un jeune homme enfermé dans un glaçon, échoué sur la plage ! Panoramix est formel : il s’agit d’un Picte. Mais qui sont les Pictes ? Des peuples de l’ancienne Ecosse, redoutables guerriers aux multiples clans, dont le nom, donné par les Romains, signifie littéralement « les hommes peints ». Astérix chez les Pictes, c’est donc un voyage épique, en compagnie de Mac Oloch et de la belle Camomilla, vers une contrée riche de traditions. Au fil des pages, on découvre un peuple attachant dont les différences culturelles se traduisent en gags et jeux de mots mémorables. De l’eau de malt, des noms en Mac, des lancers de tronc, des bardes adeptes de la cornemuse, les origines du mur d’Hadrien et du monstre du Loch Ness sont dévoilés ! Et même des Gaulois en kilts, par Toutatis !

Auteurs : Jean-Yves Ferri pour le scénario. Oscillant entre humour et tentative de réhabilitation d'un certain mode de vie campagnard, il se démarque du reste de la production par un ton particulier. De sa jeunesse, il garde son amour immodéré du terroir et l'insuffle dans ses planches. Dès 1993, il fait son entrée parmi la caste des auteurs de Fluide Glacial. Ses 'Fables autonomes', parues au format album en 1996 et en 1998, évoquent une condition rurale âpre. Ardent défenseur du monde paysan, il n'en traite pas moins avec décalage et cynisme par le biais de l'autre série qu'il développe dans les pages de Fluide Glacial, celle des aventures d''Aimé Lacapelle', sorte de policier rural à la gouaille inégalée. Auteur et dessinateur, c'est en s'associant avec Manu Larcenet qu'il rencontre massivement le public. Leur oeuvre commune, 'Le Retour à la terre', entamée en 2002, témoigne de la difficulté de vivre sans racines et fait preuve d'une sensibilité rare. Entre humeurs bucoliques et regard doux-amer, Jean-Yves Ferri est un artiste dans le système mais définitivement à part.

Didier Conrad pour le dessin. Né le 6 mai 1959 à Marseille, il fait ses débuts en 1973 avec une "Carte blanche" humoristique de deux pages pour SPIROU. Il s'associe avec Yann pour illustrer "Jason", un scénario fantastique de Mythic. Avec son complice, il va former le premier duo d'affreux jojos de la bande dessinée en multipliant, au début des années 80, des animations corrosives dans SPIROU (les célèbres hauts de pages), la satire des séries réalistes traditionnelles avec les "Innommables" et la parodie avec "Bob Marone". Séparé de son conseiller en pastiches, Conrad commence en 1984 une œuvre personnelle : c'est "L'Avatar" qui préfigure selon lui, "Le Piège Malais", publié en deux volumes six ans plus tard dans la prestigieuse collection "Aire Libre" et dont une intégrale a été proposée en 1999. Conrad crée ensuite, en 1991, une série pour les plus jeunes lecteurs : "Donito", dont quatre aventures se succéderont chez Dupuis avant qu'il renoue pour Dargaud avec les "Innommables" et son complice préféré, Yann. Sous le pseudonyme commun de "Pearce", ils vont explorer la jeunesse de Lucky Luke dans "Kid Lucky", sur un scénario de Jean Léturgie, chez Lucky Productions. Son dessin nerveux et joliment disneyien lorsqu'il ne s'attaque pas au bazooka aux univers classiques le fait remarquer par les chasseurs de tête de Spielberg qui s'efforceront un moment de canaliser son inspiration pour les studios Dreamworks aux états-Unis. Le dessin animé d'outre-Atlantique n'étant apparemment pas sa tasse de thé préférée, "Pearce" vient de relancer une série drolatiquement western sur scénario de Jean Léturgie : "Cotton Kid", un petit môme de l'Ouest.

Mon avis : (lu en novembre 2013)
C'est le 35ème album d'Astérix et Obélix, le premier sans Goscinny ou Uderzo. On retrouve bien l’esprit des premiers Astérix, du temps du duo Goscinny et Uderzo.

Les dessins de Conrad d’abord sont vraiment très beaux et très proche de l'original.
Pour le scénario, Jean-Yves Ferri est revenu aux classiques, nos chers Gaulois vont découvrir un nouveau peuple, les Pictes. Un voyage épique vers une contrée riche en coutumes et de traditions, la découverte d'un peuple et de ses différences culturelles. 
J'ai bien aimé les trouvailles comme les pictogrammes, le lancer de tronc d'arbre, l'élection du chef de clans et le monstre du Loch Ness (dont le graphisme est assez surprenant...), les nombreux jeux de mots autour des noms des guerriers des clans écossais...
Quelques regrets, Idéfix ne fait pas parti du voyage en Pictie (comme dirait Obélix), aucun sanglier dans cet album (à part dans les écuelles du banquet final) et très peu de potion magique...
Toute la famille a apprécié cette nouvelle aventure d'Astérix et Obélix !

Bravo également pour le prix... 9,90 euros !

Extrait : (page 7)

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et "Ouvrir l'image dans un nouvel onglet"

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23 novembre 2013

Double jeu - Jean-Philippe Blondel

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 Actes Sud Junior - août 2013 - 135 pages

Quatrième de couverture : 
"Changer. C'est ce qu'ils veulent tous. Il faut que j'arrête de poser des problèmes aux adultes. Que je cesse d'être dans leur ligne de vision, de mire, de tir. Que je bouge de là. C'est ce que je voudrais, oui. A l'intérieur, je bous. J'aimerais être loin. Loin, genre à l'autre bout du monde. Me réinventer une existence avec un début moins pourri".
Quentin, nouveau dans son lycée, est enrôlé dans un cours de théâtre pour jouer dans la pièce de Tennessee Williams La Ménagerie de verre. Comme le personnage qu'il interprète, le garçon est tiraillé entre l'envie de tout plaquer pour voir le monde et celle de se battre. D'affronter, Les parents, Les profs, Les élèves, Les spectateurs, l'avenir.

Auteur : Né en 1964, Jean-Philippe Blondel est professeur d'anglais dans un lycée à côté de Troyes. Après son premier roman, Accès direct à la plage (2003), qui a rencontré un vif succès, il a publié plusieurs romans, This is not a love song (2007), Le baby-sitter (2010), G229 (2011) et récemment Et rester vivant (2011). Il a écrit aussi des romans pour adolescents, comme Blog (2010) et (Re)play !(2011).

Mon avis : (lu en novembre 2013)
Quentin a été renvoyé de son lycée en fin de seconde. Il fait donc sa rentrée dans un nouveau lycée, un établissement dans un quartier plus favorisé. Son ancien proviseur espère que loin des mauvaises fréquentations de son quartier, Quentin va abandonner son comportement insolent et saisir sa chance pour se construire un avenir.
Quentin est un peu perdu dans cette nouvelle classe, il se sent étranger face à ses camarades issus d'un milieu plus aisé qui gardent leurs distances.
Grâce à sa rencontre avec une professeur de français « la Fernandez », Quentin va avancer dans sa vie. Il commencera par la provoquer, elle sera lui répondre et lui fera découvrir le théâtre avec le rôle de Tom dans la pièce "La ménagerie de verre" de Tennessee Williams . 
J'ai beaucoup aimé cette professeur exigeante mais également attentive à ses élèves qui va savoir guider Quentin, lui faire prendre confiance en lui. Quentin est également un adolescent attachant, sa relation avec sa petite sœur Anna est touchante.
Le livre n'est pas découpé en chapitres, mais en actes et en scènes comme dans une pièce de théâtre. Un très beau roman que je conseille à tous de découvrir, adultes comme adolescents...

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
DÉJÀ CINQ JOURS QU'ON EST RENTRÉS. Je raye avec application les pages de mon agenda. Je me demande combien de temps je vais tenir. J'écoute d'une oreille le cours d'histoire-géo. Ce qui est bien, avec cette matière-là, c'est que tu peux t'absenter mentalement sans aucun problème. On ne te demande pas de participer. Tu prends des notes ou tu fais semblant et ça suffit pour faire le bonheur du prof, Largentier.
Je m'évade. Je me demande ce que font les autres, à Saint-Ex, mon ancien bahut. Mais c'est idiot. De toute façon, la classe de seconde de l'an dernier a été éclatée - il y a tous ceux qui, comme Dylan, sont passés en STMG, pour faire dans le commercial ou pour glander ; les quelques têtes de classe qui sont maintenant en scientifique ; ceux qui ont quitté le lycée, les trois ou quatre redoublants et la poignée qui a opté pour ES. Je crois qu'il n'y a qu'Astrid et moi qui ayons choisi la filière littéraire. Enfin, "choisi", c'est un bien grand mot dans mon cas même si, au fond, c'est ce qui m'intéresse le plus. J'aimerais bien savoir ce que devient Astrid. Je l'aimais bien, cette fille. Elle ne faisait pas d'histoires, ne fayotait jamais, ne rentrait pas dans les conflits. Elle suivait son chemin. Je pourrais lui téléphoner. J'ai son numéro de portable. Mais bon, je ne sais pas trop ce que je lui dirais. On n'était pas proches, non plus. Elle riait de temps à autre aux blagues qu'on faisait, avec Dylan, et puis c'est tout. Je me demande qui ils ont en histoire-géo. Je n'ai eu aucune nouvelle de personne, excepté Dylan, depuis que je suis ici.

Tout seul.
Seul à cette table aussi, au fond, à droite. Personne pour s'asseoir à côté de moi. Normal. Ils se connaissent tous, ils étaient déjà à Clemenceau l'an dernier - à part les neuf ou dix énergumènes qui ont voulu faire l'option théâtre ici parce que, paraît-il, c'est la meilleure du département, voire de la région. Eux aussi, ils ont déjà noué des liens. Au début, ils étaient prêts à m'inclure dans leur groupe, mais quand ils ont su que je venais de Saint-Ex, et surtout que je ne suivais pas les cours d'art dramatique, comme ils disent, ils m'ont vite laissé de côté. Je ne m'en plains pas. Je n'ai pas envie d'être aggloméré. Je ne fais pas partie de cette classe. Ni de ce lycée. Ni de ce coin de la ville. Je suis un électron libre. Voilà. J'aime bien me dire ça, "électron libre", ça me rassure.

Ça ne rassure pas tellement les profs.
Avec la tête que je tire et les casseroles que je traîne, ils s'attendent à tout de ma part, je suis sûr. J'imagine aussi que la plupart d'entre eux ont déjà leur idée toute faite, je suis un emmerdeur et ils attendent le premier pas de travers pour me saquer et me virer. Ou alors, ils ont peur. Je suis persuadé que Largentier, par exemple, est terrifié. C'est le genre de gars qui doit trembler dans ses chaussettes quand j'entre dans la classe le matin, et qui doit prier pour que tout se passe normalement.
Il ne devrait pas s'inquiéter comme ça. Je ne ferai pas de vagues - surtout si je ne trouve pas d'autre surfeur pour m'entraîner dans les rouleaux. Je me suis signé un contrat moral. On n'aura rien à me reprocher question attitude. Ce n'est pas pour ça que je me mettrai à travailler non plus, faut pas exagérer.

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter  Le Baby-sitter G229 G229  blog Blog

5317 Et rester vivant replay (Re)play  brise_glace Brise glace

acc_s_direct___la_plage Accès direct à la plage 6h41 06H41

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22 novembre 2013

Alter Ego - Renders, Lapière, Zuga, Erbetta, Reynes, Beneteau

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Couv_122173 Dupuis - avril 2011 - 64 pages

Résumé de l'album : 
Camille, jeune française vivant à Singapour, entretient des relations difficiles avec sa mère, Suzanne Rochant, chercheuse de haut vol en psychologie et neurosciences, trop souvent absente. Mais voici que Suzanne meurt brutalement dans des circonstances tragiques. Peu après, Camille débarque dans une bourgade d'Angola à la recherche d'un homme qui pourrait être son père, qu'elle n'a jamais connu. Elle est porteuse pour lui d'une lettre trouvée dans le testament de sa mère. Mais la vérité qui l'attend n'est pas exactement celle qu'elle pressentait...

 

Couv_121444 Dupuis - avril 2011 - 64 pages

Résumé de l'album : 
Fouad, infirmier belge, travaille comme bénévole en mission humanitaire au fin fond de la Colombie, lorsqu'il est témoin d'un enlèvement. Cet événement suspect suscite en lui les pires craintes: si la « WW2A », (la « World war to aids »), la richissime fondation humanitaire qui l'emploie, cachait derrière sa campagne d'éradication du Sida un projet bien moins avouable : utiliser à leur insu des populations du tiers monde comme cobayes pour des expérimentations pharmaceutiques...? Fouad pourrait faire celui qui n'a rien vu. Il y aurait sans doute intérêt. Mais, ce n'est pas son genre... d'autant qu'il ressent une profonde sympathie pour Zélie, la jeune femme enlevée...

 

Couv_138830 Dupuis - octobre 2011 - 64 pages

Résumé de l'album : 
Jonas et Jason sont des frères dotés de pouvoirs parapsychiques hors du commun. Ils sont employés par une organisation secrète pour localiser des personnes précises autour de la planète. Jonas l'insouciant est persuadé qu'ils agissent pour le bien de ces personnes, mais Jason semble avoir la conscience moins tranquille. Parviendra-t-il à cacher son secret à un frère capable de lire dans ses pensées...?

 

Couv_121446 Dupuis - septembre 2011 - 64 pages

Résumé de l'album : Noah a tout pour lui : beau, intelligent, fortuné, arrogant et cynique. On le serait à moins : il est le fils de l'homme le plus puissant de la planète, le Président des États-Unis. Pour l'heure, il est pourtant dans un état critique, entre la vie et la mort, suite à une tentative de suicide. Comment en est-il arrivé là ? Quel est son lien avec cette jolie jeune femme noire qu'un médium lui a décrit comme la femme de sa vie ?

Auteurs : 
Né en 1963 à Bruxelles, licencié en Philologie Classique (UCL) et diplômé en réalisation (IAD, Louvain-la-Neuve), Pierre-Paul Renders vit à Hennuyères avec son épouse et leurs trois enfants. En sortant de l'IAD, il fonde avec cinq condisciples une maison de production (AA Les Films Belges) pour réaliser leur premier long métrage collectif à sketches, d'un surréalisme bien belge, "Les Sept Péchés Capitaux" (1992) pour lequel il commettra le court métrage "La Tendresse". Après un détour par la télévision et le documentaire (principalement pour Médecins sans Frontières), il réalise, sur un scénario de Philippe Blasband, un 1er long métrage, atypique et inclassable, "Thomas est amoureux" (2001) primé à Venise, Montréal, Angers, Gérardmer, Paris, Espoo, Buenos Aires... En collaboration avec Denis Lapière, il se lance alors dans l'écriture de "Comme tout le monde", un scénario qui donnera lieu en parallèle à une comédie sociologico-sentimentale (2006, avec Khalid Maadour, Caroline Dhavernas, Thierry Lhermitte, Chantal Lauby...) et à une épaisse BD (dessinée par Rudy Spiessert et parue en 2007 chez Dupuis). En 2006, il imagine le concept de la série "Alter Ego" et la propose à Denis Lapière et aux éditions Dupuis. Depuis 2004, il supervise des exercices d'écriture et de réalisation pour étudiants à l'IAD. Il anime également des stages pour acteurs face à la caméra et pratique occasionnellement le script-doctoring. Depuis 1990, il est aussi chroniqueur BD pour le Journal du Médecin. Ces dernières années, il est devenu accro aux jeux de plateaux, où il peut épancher le trop plein de son tempérament désespérément ludique.

Né le 8 août 1958 à Namur, Denis Lapière s'intéresse professionnellement à la BD en gérant une librairie spécialisée avant de se tourner vers le scénario, en 1987, pour Éric Maltaite ("Mono Jim" dans L'ÉCHO DES SAVANES), Jean-Philippe Stassen ("Bahamas", puis "Bull White" chez Albin Michel), Michel Constant (la série "Mauro Caldi" au Miroir, puis chez Alpen) et Peter Pluut ("Jerry et Line" chez Dargaud). Avec Olivier Wozniak, il lance en 1989 "Alice et Léopold" dans SPIROU, puis "Charly" avec Magda, et assure avec Alain Sikorski la reprise de "Tif et Tondu". La collection "Aire Libre" accueille en 1992 son "Bar du Vieux Français", illustré par Stassen. Il y reviendra quelques années plus tard en compagnie de Paul Gillon pour évoquer l'histoire d'un producteur de cinéma traversant le siècle dernier dans un nouveau diptyque, "La Dernière des salles obscures". Alternant avec habileté séries pour la jeunesse et production plus adulte, il s'associe dans le premier domaine avec Pierre Bailly et Vincent Mathy pour conter les aventures quotidiennes du jeune "Ludo" et de son héros préféré de BD, "Castar", une étonnante production graphique à quatre mains. Écrite pour Gilles Mezzomo et la collection "Repérages", il aborde le polar avec "Luka" et montre son talent de constructeur d'énigmes pour un public plus averti. Pour la collection "Aire Libre", il écrit également le superbe "Un peu de fumée bleue" qu'illustre Pellejero. En 2000, il renouvelle le genre du "whodunit", toujours avec Alain Sikorski, en signant "La Clé du mystère", une nouvelle grande série policière "tous publics". Et en janvier 2001, avec la complicité de Christian Durieux au dessin, il dynamite le mythe du gosse des rues, avec "Oscar", nouvelle série d'aventures pleine de trouvailles et de fraîcheur.

Mathieu Reynès naît en région parisienne en 1977, mais passe toute son enfance sur la côte Basque. Après quelques années d'études scientifiques à Bordeaux, il s'oriente vers le dessin animé et l'animation 3D en intégrant le CNBDI d'Angoulême, d'abord en tant qu'étudiant puis comme formateur. Après quelques années, il décide de se consacrer essentiellement à la bande dessinée. Son premier album, "Banana Fight", sort aux éditions Paquet en 2002 avec Frédéric Brrémaud au scénario. Le duo réalise ensuite ensemble 2 tomes de la série 'Sexy Gun' aux éditions Soleil, 3 tomes de 'Lola Bogota' aux éditions Bamboo. S"en suivent plusieurs séries humoristiques également aux éditions Bamboo, toutes co-scénarisées avec Brrémaud : "Les Tennismen" (dessin de Bertolucci, 1 tome paru), "Les Informaticiens" (dessin de Toulon; 4 tomes parus), "Toutou & Cie" (dessiné par Soffritt, 2 tomes parus) et "Les Maîtres Nageurs" (3 tomes parus) qu'il dessine lui-même. En 2007, Mathieu Reynès se lance dans l'aventure "Alter Ego" aux côtés de Denis Lapière et Pierre-Paul Renders. Parallèlement, il signe le scénario de "La Mémoire de l'Eau" avec Valérie Vernay au dessin, album à paraître en 2012 aux éditions Dupuis.

Benjamin Benéteau est né en Vendée, le 28 février 1985. À l'âge de 4 ans, il déménage avec toute sa famille à l'autre bout du monde, sous le soleil de Tahiti, en Polynésie Française. Il y passera toute son enfance et son adolescence, et bien que tenté par des études scientifiques, il se passionne de plus en plus pour le dessin. Le baccalauréat en poche, il décide de quitter Tahiti pour un tout autre climat : la Belgique. Il s'installe à Bruxelles en 2002 pour suivre les cours de l'option BD de l'Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc. Diplômé trois ans plus tard, il commence à développer ses propres projets de bande dessinée avec un ami scénariste. En janvier 2008, grâce à l'organisateur de la Fête de la BD d'Andenne, il est mis en contact avec Mathieu Reynès qui cherche quelqu'un pour travailler sur les décors réalistes de ce qui semble être un gros projet encore mystérieux. Le courant passe directement, Benjamin signe son premier contrat et se lance dans l'aventure Alter Ego...

Luca Erbetta est né à Gênes le 27 avril 1979. Il a passé son diplôme au Lycée Artistique Ego Bianchi de Cuneo. Il a ensuite étudié un an dans une école d’Arts Plastiques à Nice.Après avoir collaboré avec le magazine italien de moto Tuttomoto comme dessinateur, il publie en France 1881, sa première BD, en collaboration avec le scénariste Luca Blengino (Éditions Semic). De 2005 à 2008, il a travaillé sur la série Watch (Editions Delcourt), pour un total 6 tomes. Avec Luca Blengino, il est aussi co-scénariste En 2008, il rejoint l'équipe, toujours plus cosmopolite, du projet Alter Ego, où il travaille en tandem de dessinateurs avec Efa. En 2010, aux USA pour l’Editeur Image, il a dessiné l’histoire en quatre chapitres The Writer, dans la série Sam & Twitch.

Emil Zuga est né en 1975 à Alfortville. Il fut très jeune fasciné par la déferlante d'animation japonaise du début des années 80. Sa passion pour les robots géants l'a sans doute orienté vers des études scientifiques, qui se sont conclues par un DEA en ingénierie des systèmes robotisés. Après quelques années à travailler pour l'industrie militaire, il s'en est allé faire de l'informatique dans le domaine du jeu. Mais durant tout ce temps, il a continué de gribouiller et n'a cessé de rêver à la bande dessinée. Ce rêve devient réalité grâce à sa rencontre avec Mathieu Reynès qui, ayant repéré ses essais graphiques sur Internet, le met en contact avec les créateurs d'Alter Ego. L'aventure de la BD commence pour lui par la grande porte: l'album "Jonas" sera est premier travail publié.

Efa est né à Sabadell, en Espagne. À l'âge de 16 ans, il arrête ses études pour profiter... de la vie. En 1995 il réalise avec des amis son premier fanzine: Realitat Virtual. A partir de à, il travaille dans un studio de dessins animés et en parallèle comme illustrateur free-lance. Il entre en bande dessinée grâce à une collaboration avec Toni Termens au scénario qui donnera en 2001 la série Les Icariades (3 tomes et une intégrale parus chez Paquet). En 2002, il se lance dans une série en solo; Rodiguez (2 tomes parus chez Paquet également). En 2004, il publie (toujours chez Paquet) L'Âme du vin, album intimiste qu'il a scénarisé et dessiné. Entre 2007 et 2009, il dessine et colorie la série Kia Ora (3 tomes chez Vents d'Ouest, sur un scénario d'Olivier Jouvray et Virginie Ollagnier). En 2008, il rejoint l'équipe d'Alter Ego où il retrouve Mathieu Reynes qu'il avait croisé chez Paquet.

Mon avis : (lu en novembre 2013)
Cette série de Bandes Dessinées m'a été conseillée à la Bibliothèque. Cette série est originale dans sa conception car elle est constituée de 6 albums qui correspondent à six personnages différents qui donnent six points de vue d'une même histoire. Et l'on peut lire les différents albums dans l'ordre que l'on veut... A la fin de chaque histoire, une page nous propose de "continuer l'aventure..." avec 5 "teaser" vers les 5 autres albums.

Pour ma part, j'ai commencé avec Camille, l'album présenté par Emilie à la Bibliothèque. Puis la fois suivante, j'ai emprunté les 3 albums présents dans les rayonnages Fouad, Jonas et Noah.
Il me reste à emprunter les deux derniers albums Darius et Park
Deux scénaristes, cinq dessinateurs et une coloriste (Albertine Ralenti) ont travaillé en commun sur le projet Alter ego.

Il est question de médecine, de découvertes, de complots, d'organisation humanitaire, de médium...
Chaque album nous donne un bout de l'intrigue mais également pleins de questions sans réponse et petit à petit le lecteur reconstitue le puzzle de ce thriller... Cette BD nous fait voyager dans le monde entier, Angola, Colombie, Singapour, Belgique, Etats-Unie...
C'est distrayant et captivant. Les résumés des albums lus sont suffisement explicites pour que je n'en rajoute pas plus... 
Et dès la lecture des derniers albums, je complèterai ce billet.

En écrivant ce billet, j'ai découvert qu'il existe un 7ème album qui conclue la saison 1 et une deuxième saison en cours de parution avec 3 albums + 1 album.

 

 

 

 

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19 novembre 2013

La Transcendante - Patricia Reznikov

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

9782226249715g Albin Michel - août 2013 - 288 pages

Quatrième de couverture :
« Quelques semaines après le sinistre, en fouillant dans les décombres de ma chambre, j’ai retrouvé un ouvrage intact. Un seul. C’était La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne… J’ai creusé ce livre dans tous les sens, pour y chercher une réponse, comme on remue une tombe. »

Pour tenter de renaître, Pauline part à Boston, en Nouvelle-Angleterre. Des rencontres étonnantes et baroques – un libraire-cyclope, un homme-oiseau, un professeur fantasque – la mènent sur les traces du grand écrivain romantique. Ode au rêve américain, celui de Hawthorne, Thoreau et Melville, La Transcendante est l’émouvant parcours d’une rédemption par la littérature. On y retrouve l’univers poétique et envoûtant de l’auteur de La Nuit n’éclaire pas tout, prix Cazes-Lipp 2011.

Auteur : Patricia Reznikov est franco-américaine. Auteur de plusieurs romans, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre et albums jeunesse, elle a reçu le prix France Culture du premier roman pour Toro, le prix Thyde Monnier de la SGDL et le prix Charles Oulmont pour Le Paon du jour, et le prix Cazes-Lipp pour son dernier roman, La nuit n'éclaire pas tout (2011).

Mon avis : (lu en novembre 2013)
Pauline a tout perdu dans l'incendie de son appartement, tout a brûlé en particulier sa bibliothèque… « Tous les auteurs que j'aimais, ceux qui m'avaient aidée à me construire, ceux qui m'avaient accompagnée comme une famille, ceux qui avaient bercé mes moments de solitude, tous sont partis en fumée. » Après un séjour de quelques semaines à l'hôpital, elle revient sur les lieux du sinistre et retrouve le seul livre rescapé « La Lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne. Pauline décide donc de laisser sa fille à son ex-mari et de partir à Boston pour suivre les traces de Hawthorne. 
Elle va rencontrer quelques personnages hauts en couleurs, en premier lieu, Georgia, une vieille dame très originale, ancien professeur de littérature, elle va devenir son guide. Puis elle rencontrera Blake, un jeune homme, prof de philosophie.
J'ai trouvé très agréable cette lecture, je ne connaissais pas du tout « La Lettre écarlate » de Nathaniel, ni les Transcendantalistes (courant littéraire américain de la Nouvelle-Angleterre du XIXème siècle). J'ai vraiment aimé accompagner Pauline et Georgia dans cette visite historique de Boston et de ses environs.
Certains ont été gênés par les nombreuses phrases en anglais suivie de la traduction, pour ma part, n'étant pas à l'aise avec les langues étrangères, cela m'a amusée de lire de l'anglais sans faire l'effort de chercher la traduction...
J'ai aimé les personnages de Pauline et de Georgia et leurs échanges.

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Un jour, mon appartement a brûlé, et avec lui, toute ma bibliothèque.
Tous les auteurs que j'aimais, ceux qui m'avaient aidée à me construire, ceux qui m'avaient accompagnée comme une famille, ceux qui avaient bercé mes moments de solitude, tous sont partis en fumée. Comme dans un mauvais rêve, une sorte d'holocauste. Sont morts des poètes russes, américains, des romanciers français, anglais, allemands. Et, d'une certaine manière, moi aussi, je suis morte avec eux.
À partir de ce moment ma vie a changé. Je n'ai plus cru en rien, ni au bonheur, ni à l'immortalité, ni que la vie puisse avoir une signification. Le fait qu'un appartement et tous les souvenirs qu'il renferme, tous les secrets, se transforment en cendres, le fait d'échapper de justesse à la mort me sont apparus comme l'événement le plus sinistre, le plus dénué de sens qui soit. L'épreuve n'a pas fait de moi une meilleure personne. Je ne suis pas devenue plus sage, plus généreuse, je n'ai pas eu de révélation. Je me suis sentie amoindrie, amère. Je me suis refermée sur moi-même pour lécher mes plaies.

Quelques semaines après le sinistre, en fouillant les décombres détrempés de ma chambre, à ma sortie de l'hôpital, j'ai retrouvé un ouvrage intact. Un seul. C'était La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne, roman magnifique que j'avais eu l'intention de relire quelque temps auparavant, puis oublié près de mon lit. J'ai toujours pensé que si la vérité existait, elle ne pouvait se trouver que dans les livres, ces mêmes livres qui avaient emporté leur secret avec eux. Je me suis mise alors à le parcourir fiévreusement. J'ai creusé ce livre dans tous les sens, pour y chercher une réponse, comme on remue une tombe. Mais une réponse à quoi ?
C'est ce travail de questionnement fébrile, cette recherche un peu absurde qui m'a menée en Amérique cet été-là. J'ai voulu, pour essayer de comprendre, aller à la source du livre. À Boston, dans le Massachusetts, en Nouvelle-Angleterre.

Sans trop savoir pourquoi j'avais poussé la porte de Savenor's, une épicerie fine de Charles Street. Dehors la température était montée jusque dans les cent degrés Fahrenheit. Une chaleur inhabituelle, disaient les gens ici. La fraîcheur climatisée m'a happée dans ses bras bienfaisants. Depuis trois jours que j'avais quitté Paris et commencé d'arpenter Boston, la canicule de juillet, la fatigue, le décalage horaire et un sentiment d'absurdité se mêlaient en une sorte d'hébétude. J'étais devenue une somnambule diurne. Un hibou délogé de son trou.
J'ai circulé entre les rayons de fromages français et d épices du monde entier, regardé les produits traditionnels américains, tenté de décrypter l'étiquette de ce mystérieux apple butter, une compote de pommes longuement cuites et épicées, et étudié les différentes sortes de pains frais. Puis je me suis penchée au-dessus du petit congélateur. Des paquets étranges, de formes diverses, emballés dans du film plastique et couverts de buée, étaient rangés en bon ordre.

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
19/24

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45/50 :  Massachusetts

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17 novembre 2013

Ici ça va - Thomas Vinau

2013-11-12_152629 Alma éditeur - août 2012 - 133 pages

Quatrième de couverture :
Un jeune couple s’installe dans une maison apparemment abandonnée. L’idée ? La rénover. Tandis qu’elle chantonne et jardine, lui, à pas prudents, essaie - en remuant les murs et la poussière - de retrouver ses souvenirs dans ce lieu qu’il habita enfant, avant que la mort soudaine du père coupe le temps en deux. Dans ce paysage d’herbes folles et de rivière, ce sont les gestes les plus simples, les événements les plus ordinaires qui vont réenchanter la vie. 
La petite voisine, la canne à pêche,  les ragondins, le mélodica, le frèe... Dans ce roman aérien et grave, Thomas Vinau aborde avec la légèreté d'un peintre d'estampes la douleur de l'absence, la fragilité de l'existence, l'art du recommencement.

Auteur : Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse et vit au pied du Luberon à Pertuis. Son premier roman, Nos cheveux blanchiront avec nos yeux a été publié en 2011.

Mon avis : (lu en novembre 2013)
C'est grâce au "Café Lecture" de la Bibliothèque et Emilie que j'ai découvert ce livre.
Le narrateur et sa femme viennent d'emménager à la campagne dans la maison d'enfance de celui-ci. C'est un retour à la nature mais également une reconstruction. La maison est en très mauvais état, il faut donc la rénover. Le narrateur n'était pas revenu dans cette maison après la mort brutale de son père sur ces lieux. Il va retrouver au fond d'un cabanon de jardin une malle de souvenirs. 
La nature est apaisante, la rivière, les oiseaux...
Le narrateur va pouvoir se retrouver et apprécier la simplicité du quotidien avec sa compagne et enfin pouvoir se projeter vers un avenir.
Des chapitres de une à deux pages, des phrases courtes, parfois sans verbe. Une belle écriture poétique. Une lecture qui fait du bien. 

Extrait : (début du livre)
Ici ça va. La maison n'est pas toute neuve mais elle est propre et les plafonds sont hauts. Au moment où Ema a ouvert la porte grinçante, dont le bois humide avait gonflé autour des gonds et de la serrure, il y a eu comme un grand silence de poussière et de souvenirs. Les tomettes usées du sol, les toiles d'araignée qui voilent les fenêtres, l'odeur de renfermé, je ne sais pas pourquoi, j'ai ressenti de la tendresse pour cet endroit. C'est plutôt bon signe. Il faudra se l'approprier bien sûr, reconstruire quelque chose, mais une fois que nous l'aurons tout installé, je pense que nous ne serons pas trop mal. C'est toujours mieux qu'avant. Et puis il y a la lumière. Omniprésente. On dirait parfois qu'elle monte de la terre. Avec le bruit de la rivière. Qui lui sert d'escalier.

 

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16 novembre 2013

Les cailloux bleus - Christian Signol

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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les_cailloux_bleus_cd 12_logo_les_cailloux_bleus1984 cailloux_bleus_FL cailloux_bleus_pocket1986 cailloux bleus_1990cailloux bleus_mai1990les_cailloux_bleus_robert_laffont1992 

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VDB - janvier 2008 - 16h - Lu par Véronique Groux De Mieri

Robert Laffont - août 1984 - 413 pages

France Loisirs - 1985 - 

Pocket - juin 1986 - 

Pocket - mai 1990 - 

Robert Laffont - janvier 1992 - 

Pocket - octobre 1999 - 

Pocket - mars 2005 - 

Libra Diffusio - mars 2008 -

Quatrième de couverture : 
Ils s'appellent Etienne, Abel, Philomène et Mélanie. Ils ont vingt-trois, quatorze, dix et six ans quand naît le XXème siècle. Enfants de pauvres métayers du Causse de Granger (Lot) - et Dieu sait ce qu'il en allait d'être pauvres et métayers dans ces années-là et sur leur terre de misère ! - , ils ne peuvent choisir qu'entre le départ ou la soumission. 
Mais déjà le monde change, des idées nouvelles circulent qui commencent à ébranler cet univers de pierre figé dans l'Histoire. Les paroles d'Armand le sabotier, l'arrivée d'un instituteur laïc jettent des ferments de révolte qui, pour certains, la grande Guerre venue et s'éternisant en massacres, conduiront aux mutineries de 1917.
Ainsi va le destin des hommes. Mais les femmes demeurent, patientes prêtresses de la vie et de la mort. Par delà les drames, dépassant les injustices et les crimes, elles poursuivent leur oeuvre de création. Elles sont l'amour. Un jour, Philomène enfant a donné à son ami Adrien deux petits cailloux bleus pour q'ils lui portent chance. Deux petits cailloux bleus...
Voici l'histoire d'une famille, d'une terre, d'un village et d'une époque où chaque français d'aujourd'hui peut reconnaître les siens. Ici, tout est vrai et juste : les actes, les paroles, les pensées, les sentiments. Ici, se respirent l'air du Causse, glacé ou brûlant, et le parfum des pierres et des genévriers.

Auteur : Christian Signol est né dans le Quercy. Son premier roman a été publié en 1984, et son succès n’a cessé de croître depuis. Il est l’auteur, entre autres, des Cailloux bleus, de La Rivière Espérance, des Vignes de Sainte-Colombe, des Noëls blancs ou encore d’Une si belle école. Récompensée par de nombreux prix littéraires, son œuvre a été adaptée à plusieurs reprises à l’écran.

Lecteur : Véronique Groux De Mieri

Mon avis : (écouté en octobre et novembre 2013)
J'ai entrepris cette lecture pour répondre au thème " " du rendez-vous "Ecoutons un livre". Ce livre se classe dans les romans du terroir, mais c'est également un rappel d'histoire de France. En effet, Philomène a dix ans lorsque naît le XXe siècle, elle nous raconte son histoire et celle de sa famille dans un village du Quercy proche de Rocamadour, avec en toile de fond, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, les prémices de la guerre puis la Première Guerre Mondiale. A travers la vie de Philomène, de ses frères et soeur, de ses parents métayers, nous retrouvons la vie des paysans du début du 20ème siècle. L'histoire est simple, très agréable, les personnages attachants, les paysages rudes mais superbes, tous nos sens sont en éveil.
J'ai mis du temps à écouter ce livre audio (16 heures) car le ton du lecteur était assez monotone surtout au début du livre, il y a également parfois un fond sonore, crépitement de feu, bruit de guerre, chants d'oiseaux... Et j'ai trouvé désagréable le passage d'un chapitre à l'autre, la musique s'interrompt brutalement puis reprend.

 Challenge Petit BAC 2013

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"Couleur"

 Défi 1er roman
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12 novembre 2013

Kinderzimmer - Valentine Goby

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 Actes Sud - août 2013 - 224 pages

Quatrième couverture : 
“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”
 
En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Auteur : Valentine Goby est née en 1974. Elle est notamment l’auteur de L’Échappée (2007), Qui touche à mon corps je le tue (2008), Des corps en silence (2010) et Banquises (2011). Elle écrit également pour la jeunesse. Kinderzimmer (2013) est son huitième roman.

Mon avis (lu en novembre 2013)
Voilà un livre qui m'a bouleversée et dont il n'est pas facile de faire un billet... 
Kinderzimmer nous raconte l’histoire de Mila qui arrive en 1944, enceinte, au camp de Ravensbrück. Elle a été arrêtée pour faits de résistance. 

Le lecteur est plongé au cœur du camp avec des descriptions très précises et justes des conditions de vie : la promiscuité, la faim, la peur, les odeurs, la maladie, la fatigue, le froid... Il faut également s'habituer au vocabulaire spéciale du camp, l'auteur utilise au début du livre cette typographie [chneller] [rouhe] [chwaïneraille] [apel] [chtoubova], le lecteur peut imaginer la rudesse et la difficulté à comprendre ces ordres...
Mila garde son secret le plus longtemps possible, car ne voyant aucun bébé dans le camp elle craint que cet enfant ne l'envoie à la mort.
Après la naissance du bébé, Mila va découvrir la Kinderzimmer. Un block réservé aux bébés où les conditions de vie ne sont pas tellement meilleures qu'ailleurs dans le camp...
Tout autour de Mila, c'est l'enfer mais cet enfant est son seul espoir pour survivre, sa seule raison de vivre. Non seulement pour elle mais également pour les femmes qui l'entourent et qui vont l'aider à nourrir, à réchauffer et à protéger son bébé...

J'ai aimé découvrir qu'en opposition à la cruauté, à la déshumanisation et à l’horreur du camp de concentration, il pouvait exister de la solidarité, de l'entraide chez les femmes du camps qui entourent Mila : Lisette, Theresa, Irina, Georgette... Ce témoignage m'a appris beaucoup de choses puisque je n'avais jamais imaginé de naissances au sein d'un camp de concentration...
Un livre très fort sur un sujet difficile, une histoire touchante et bouleversante que je vous encourage à découvrir !

Autres avis : Sandrine, Val JérômeNoukette,  MirontaineSaxaoulClaraJosteinStephie

Note : ♥♥♥♥♥ 

Extrait : (début du livre)
Elle dit mi-avril 1944, nous partons pour l’Allemagne. 

On y est. Ce qui a précédé, la Résistance, l’arrestation, Fresnes, n’est au fond qu’un prélude. Le silence dans la classe naît du mot Allemagne, qui annonce le récit capital. Longtemps elle a été reconnaissante de ce silence, de cet effacement devant son histoire à elle, quand il fallait exhumer les images et les faits tus vingt ans ; de ce silence et de cette immobilité, car pas un chuchotement, pas un geste dans les rangs de ces garçons et filles de dix-huit ans, comme s’ils savaient que leurs voix, leurs corps si neufs pouvaient empêcher la mémoire. Au début, elle a requis tout l’espace. Depuis Suzanne Langlois a parlé cinquante fois, cent fois, les phrases se forment sans effort, sans douleur, et presque, sans pensée.

Elle dit le convoi arrive quatre jours plus tard.
Les mots viennent dans l’ordre familier, sûrs, elle a confiance. Elle voit un papillon derrière la vitre dans les branches de platane ; elle voit couler la poussière dans la lumière oblique rasant les chevelures ; elle  voit battre le coin d’un planisphère mal scotché. Elle parle. Phrase après phrase elle va vers l’histoire folle, la mise au monde de l’enfant au camp de concentration, vers cette chambre des nourrissons du camp dont son fils est revenu vivant, les histoires comme la sienne on les compte sur les doigts de la main.

C’est aussi pourquoi elle est invitée dans ce lycée, l’épreuve singulière dans la tragédie collective, et quand elle prononcera le mot Kinderzimmer, tout à l’heure, un silence plus dense encore tiendra la classe comme un ciment. Pour l’instant, elle est juste descendue du train, c’est l’Allemagne, et c’est la nuit.

Elle dit nous marchons jusqu’au camp de Ravensbrück.

Une fille lève la main. À ce moment du récit ce n’est pas habituel. Une main levée comme un signal, une peau très pâle, et dans le sourcil droit, un minuscule anneau rouge. La main levée déroute Suzanne Langlois, le récit bute contre la main, une main sur sa bouche, et se fragmente.
La fille demande si Suzanne Langlois avait entendu parler de Ravensbrück en France, avant le départ.
Suzanne Langlois dit j’ai su qu’il y avait des camps, c’est tout.
Et dans le train pour l’Allemagne, elle connaissait la destination ?
— Non.
— Alors quand vous avez compris que vous alliez à Ravensbrück ?
Suzanne Langlois hésite, et puis : je ne sais pas. De toute façon elle n’aurait pu comprendre qu’elle allait à Ravensbrück, quand bien même elle aurait su ce nom il n’aurait évoqué qu’un assemblage de sons gutturaux et sourds, ça n’aurait eu aucun sens avant d’y être, avant de le vivre.
— Alors, vous ne saviez pas où vous étiez ?
Suzanne Langlois sourit, hésite, puis : non.

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
17/18
 

Déjà lu du même auteur : 

2013-11-11_095542 Banquises 

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10 novembre 2013

Palmer en Bretagne - Pétillon

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Dargaud - septembre 2013 - 54 pages

Présentation éditeur :
C'est en Bretagne que se déroule cette quinzième enquête de Jack Palmer. Après ses missions en Corse et une plongée dans un paradis fiscal proche du Liechtenstein, Jack Palmer est engagé comme garde du corps auprès d'un milliardaire collectionneur d'art contemporain. Tout pourrait être idyllique dans cette région magnifique. Hélas ! les algues vertes, la cupidité, un crime mystérieux et la légendaire maladresse du détective vont transformer ce séjour breton en un réjouissant désordre, dans lequel René Pétillon déploie son humour ravageur et sa connaissance intime des particularismes locaux.

Auteur : René Pétillon est né en 1945 à Lesneven, dans le Finistère. Dessinant depuis toujours pour le plaisir, c'est en autodidacte qu'il passe professionnel. Il n'a en effet jamais mis les pieds dans une école d'art. Après avoir envoyé quelques dessins par la poste, il débute en 1968 dans Plexus, L'Enragé et Planète. Comme le dessin d'humour ne le fait pas vivre, il se lance dans la bande dessinée et frappe à la porte de Pilote, où il publie aussitôt un récit en six pages intitulé Voir Naples et mourir. En 1974, il crée le détective Jack Palmer qui se baladera dans Pilote, L'Écho des savanes, BD, Télérama et VSD. En 1976, pour L'Écho des savanes, il scénarise Le Baron noir dont Yves Got assure le dessin. La série paraît ensuite en strip quotidien dans Le Matin de Paris (de 1977 à 1981). En 1993, il entre au Canard enchaîné, où, chaque semaine, il publie des dessins politiques. Grand Prix d'Angoulême en 1989, il reçoit en 2001, à Angoulême toujours, le prix du meilleur album pour L'Enquête corse. En 2002, il est lauréat du grand prix de l'humour vache au Salon international du dessin de presse et d'humour de Saint-Just-le-Martel. René Pétillon est aussi citoyen d'honneur de la ville de Bastia...

Mon avis : (lu en novembre 2013)
J'ai découvert Pétillon et Jack Palmer grâce au film "L'enquête Corse". Auparavant, le style du dessin ne m'avait jamais donné envie de découvrir cette bande dessinée.
Pour cet album, c'est après avoir vu l'auteur à La Grande Librairie et bien sûr le sujet "en Bretagne" qui m'a donné envie de le découvrir.
Le maladroit détective Jack Palmer est embauché comme garde du corps d'un milliardaire André Maroilles. Ce dernier est l'un des invités de la milliardaire Solange Pommeraie au week-end organisé sur son île bretonne de Gwennse. Pour ce week-end sont réunis des riches (hommes de télé, hommes d'affaires, journalistes...), parmis eu Livarot et Maroilles qui se disputent l'acquisition d'un tableau. Notre héros détective ne se sent pas vraiment à sa place, et dès le début de l'histoire il se retrouve piégé par la marée sur un rocher, il devient donc spectateur des évènements. 

La Bretagne est volontairement caricaturée à l’extrême (Pétillon est breton...) jeux de mots dans les noms de lieux typiquement bretons, l'histoire se déroule durant un mois d’août avec une météo capricieuse, les odeurs sont très présentes dans l'album comme celles des algues vertes, des cochons...

J'ai passé un très bon moment en lisant cette bande-dessinée et cela m'a donné envie de relire "L'enquête Corse".

Extrait :

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Challenge Petit BAC 2013
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"Géographie"

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2013
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16/18

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07 novembre 2013

Silex and the city tome 2 - Réduction du temps de Trouvaille - Jul

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Dargaud - août 2010 - 46 pages

Quatrième de couverture :
Nous sommes cette fois-ci encore en 40 000 avant J.C… 

Toute la planète semble obéir aux lois de la sélection naturelle. Toute ? Non : une vallée résiste encore et toujours à l’Évolution !
Pour cette deuxième saison de Silex and the City, nous retrouvons les Dotcom, famille moyenne de l’Age de pierre.
Le père, après ses déboires politiques, décide de quitter l’Education Nationale pour travailler dans le privé ! « Désirs d’Avenir » est une agence de com’ chargée de promouvoir des concepts innovants tels que l’inhumation ou le monothéisme. Il va découvrir que la vraie sauvagerie, c’est la vie de bureau…
Au stade pour le match PSG-OM (Primate Saint-Germain/Olympic Mammouth), en réunion marketing pour le lancement du concept de « Nouveaulithique », en boîte de nuit pour la « Regression Party » du DJ Darwin Guetta, replongez dans la folie burlesque et préhistorique de la série de Jul.

Auteur : Jul est né en 1974. Après Normale sup et une agrégation, il devient professeur d'histoire chinoise à l'université avant de s'orienter vers le dessin de presse. Il entre au Nouvel Observateur en 1998, puis dessine à la Dépêche du midi, à Marianne et à partir de 2000 pour Charlie Hebdo. Depuis, il collabore également à Lire, à Philosophie Magazine, à l'Huma, aux Echos ou encore à Fluide Glacial. En 2005, il publie son premier album Il faut tuer José Bové, une plongée délirante dans la jungle altermondialiste. L'ouvrage est plébiscité par les lecteurs. En 2006, son deuxième album La croisade s'amuse parodie le choc des civilisations.En 2007, le Guide du Moutard pour survivre à 9 mois de grossesse reçoit le Prix Goscinny. La planète des sages, encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies écrite avec Charles Pépin, a marqué l'année BD 2011. En 2009, il publie chez Dargaud sa première série Silex and the City. 4 tomes et une première saison animée plus tard, plus de 300 000 exemplaires ont été vendus et la série vue par des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Ce deuxième tome est dans la continuité du premier album. Une excellente critique de notre vie actuelle transposé avec des personnages de la préhistoire. Dans cet épisode, il est question de football avec la rivalité du Primate Saint-Germain et de Olympic Mammouth, de publicité puisque Blog Dotcom a quitté la grotte des profs pour entrer dans le privé dans une agence de publicité, de l’altermondialisme... Jul nous raconte également l’origine du monothéisme et la légende du père Noël...
Le texte drôle et percutant nous fait oublier le dessin plutôt simpliste de Jul. 

Je me réjouie d'avoir encore deux tomes à découvrir. 

Extrait : 

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 Déjà lu du même auteur : 

9782756038070FS La Grande Librairie - Les 400 meilleurs dessins 9782205061383_couv_I400x523 Silex and the city - tome 1

 

 

 

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