27 décembre 2016

Le premier miracle - Gilles Legardinier

Lu en partenariat avec Audiolib

9782367622774-001-X_0 Audiolib - novembre 2016 - 13h41 - Lu par David Manet

Quatrième de couverture :
« – Cette femme m’a tiré dessus.

– Dans notre métier, tout le monde fait ça sans arrêt. Ne jugez pas Karen sur un malheureux coup de feu. Vous verrez, c’est une jeune femme remarquable.
– Qui êtes-vous ?
– D’habitude, on est les gars payés à ne rien faire, mais depuis quelque temps on a énormément de travail. Dites-moi, croyez-vous au pouvoir des objets sacrés dont vous parlez dans votre thèse ?
– Je traitais surtout des tyrans qui ont cherché à se les approprier. La science a rendu obsolètes beaucoup de théories ésotériques... Dommage, j’aimais bien l’idée que des pouvoirs inconnus restent à découvrir.
– Et si c’était le cas ? Si certains pouvoirs se cachaient encore derrière les mystères que nos chercheurs n’arrivent toujours pas à percer ? Et si un type assez riche ou une organisation assez puissante était en train de chercher à les réveiller ?
– Sérieusement ? Dans notre monde si matérialiste, coincé entre les soldes et des compétitions de dopés ? Il faudrait qu’il soit sacrément illuminé…
– … ou qu’il sache quelque chose que nous ignorons. Quelqu’un bouge ses pions dans l’ombre, pour une partie dont les enjeux vont vite nous dépasser. Dans nos métiers, il n’y a pas pire situation. Comme le disait le grand Winston, c’est le meilleur moyen de l’avoir dans l’os. »

Auteur : Auteur, scénariste, producteur et réalisateur, Gilles Legardinier s’est toujours attaché à faire naître des émotions qui se partagent. Après avoir travaillé sur des plateaux de cinéma internationaux, il se consacre aujourd’hui à l’écriture de ses romans et à la communication cinéma pour de grands studios tout en étant consultant sur des scénarios. Son écriture alternant des genres très variés, il s’est entre autres illustré dans le thriller avec L’Exil des Anges (Prix SNCF du polar 2010) et Nous étions les hommes(2011), et dans la comédie, qui lui a valu un succès phénoménal aussi bien en France qu’à l’étranger avec Demain j’arrête ! (2011), Complètement cramé ! (2012), Et soudain tout change (2013), Ça peut pas rater ! (2014) et Quelqu’un pour qui trembler (2015). Quatre de ses romans sont actuellement en cours d’adaptation au cinéma. 

Lecteur : David Manet est un comédien formé au conservatoire de Bruxelles, il passe de la scène au studio avec un plaisir égal. Grand collectionneur de documents sonores, il s’inscrit fièrement dans la lignée des comédiens enregistrés sur disque.

Mon avis : (écouté en décembre 2016)
Je ne suis pas une habituée des livres de Gilles Legardinier et le dernier lu datait d'il y a deux ans... J'ai donc été surprise par cette lecture très différente des précédentes. En effet, dans ce roman, il nous fait voyager aux frontières de la science et de l’histoire... Ben est un historien britannique, alors qu'il passe des vacances en France il se fait aborder par Karen, une belle jeune femme, agent du gouvernement. Elle lui demande de l'aide pour poursuivre un mystérieux voleur d'antiquités... 
Ce roman est un mélange subtil entre roman d'aventure, thriller, de l'humour et de l'amour... 
Les deux héros sont hauts en couleur et attachants, Benjamin est un historien complexé et désinvolte et Karen un agent gouvernemental sérieuse et rigoureuse qui n'est pas déstabilisée par les blagues potaches de son binôme... Un page turner réussi où l'imagination de l'auteur rivalise avec le fond de l'histoire fort bien documenté. 
Et dans cette version audio, le lecteur est parfait pour captiver l'auditoire.

Merci Pauline et les éditions Audiolib pour cette aventure palpitante !

Extrait : (début du livre)
Il faisait nuit, un peu froid. D'ordinaire, M. Kuolong n'aimait pas attendre. Pourtant, ce soir-là, patienter le rendait presque heureux. Voilà bien longtemps que ce quinquagénaire mince au regard d'adolescent n'avait pas éprouvé cela. Surtout vis-à-vis de quelqu'un.

Au premier étage de sa résidence américaine, devant la baie du salon dominant son immense propriété, il scrutait le ciel. Ce dîner s'annonçait important. Essentiel même. Pour une fois, cela n'aurait rien de professionnel, bien au contraire. Il y voyait cependant davantage d'enjeux que lors de ses récentes prises de contrôle de compagnies électroniques. Ce soir, c'était sa part la plus intime qui espérait trouver un écho.
Tout avait commencé avec une rencontre – et malgré son épais carnet d'adresses, peu lui avaient fait cet effet-là. Il en avait été tellement troublé qu'il en avait parlé à sa femme.
La première fois qu'il avait remarqué Nathan Derings, c'était à Londres, quelques mois auparavant, lors d'une présentation à la National Gallery. Le musée célébrait la restauration d'une toile exceptionnelle de John Constable, Le Champ de blé, grâce au don d'un milliardaire américain, propriétaire de casinos à Las Vegas et grand collectionneur. Tout ce que l'Europe de l'art et du mécénat comptait d'incontournable s'était donné rendez-vous ce soir-là sous les ors de la prestigieuse institution de Trafalgar Square.
Les convives se pressaient devant l'œuvre bucolique en y prêtant une attention de principe, plus occupés à flatter le généreux donateur qu'à jouir de cette merveille. L'événement n'était qu'un prétexte à se pavaner. Tous n'avaient qu'une idée en tête : se faire remarquer, puis, une flûte de champagne à la main, aller faire fructifier leur réseau de relations devant le luxueux buffet auquel ils toucheraient à peine. Le lendemain, sur tous les médias possibles, ils passeraient des heures à raconter qu'ils y étaient.
À l'écart, Wang Kuolong observait les invités. D'après ses estimations, il était plus riche qu'environ 97 % d'entre eux. Beaucoup plus riche. Mais lui ne cherchait pas à le montrer. Il n'en avait ni le besoin ni l'envie. Il était venu pour le tableau et patientait donc pour le contempler. M. Kuolong savait qu'en affaires comme dans la vie, il faut savoir se positionner et attendre le bon moment. Alors, se tenant éloigné de l'effervescence mondaine, il avait rongé son frein jusqu'à ce que la horde finisse par se déplacer vers le passage obligé suivant de cette réception : le photocall installé dans un salon voisin. Lorsque les derniers barbares en tenue de soirée quittèrent enfin la salle, Kuolong savoura la petite victoire que son attente venait de lui offrir d'un sourire satisfait.
Le silence, enfin, et le recul nécessaire pour apprécier la toile sans aucun parasite. Remarquable composition des volumes, et un mouvement de lecture aux antipodes des canons habituels. Inimitable traitement des feuillages. Magnifique élan du chien saisi dans sa poursuite des moutons sur le chemin qui ouvrait vers l'horizon. Chaque détail semblait prêt à s'animer à la moindre brise. Kuolong s'immergea dans l'œuvre avec délectation.

Déjà lu du même auteur : 

completement_crame Complètement cramé !  9782356417039-T  Demain, j'arrête

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23 décembre 2016

Si ce livre pouvait me rapprocher de toi - Jean-Paul Dubois

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Editions de l'Olivier - février 1999 - 211 pages

Points - mars 2000 - 211 pages

Quatrième de couverture :
"C'est à ce moment-là, je crois, que je décidai de partir pour un voyage dont j'ignorais la destination et la durée. J'étais désargenté, désenchanté. Mais je voulais me replonger dans le courant de la vie, me battre pour ou contre quelque chose, retrouver l'envie du bonheur et le goût de la peur, lutter contre la force des vents, éprouver la chaleur, le froid, casser des cailloux et, s'il le fallait, creuser les flancs de la terre." Ce périple, Paul Peremülter le voulait simplement excentrique, mais il va le conduire au plus profond de lui-même, dans la forêt obscure de ses origines. C'est dans ce monde magique et étouffant qu'il découvrira ce qu'on lui avait toujours caché, ce qu'il n'aurait jamais dû savoir. Avec ce roman qui s'achève dans les forêts du Québec, Jean-Paul Dubois s'aventure dans de nouveaux territoires littéraires.

Auteur : Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, puis grand reporter en 1984 pour Le Nouvel Observateur, il examine au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux Éditions de l'Olivier : L'Amérique m'inquiète (1996) et Jusque-là tout allait bien en Amérique (2002). Écrivain, Jean-Paul Dubois a publié de nombreux romans, Je pense à autre chose, Si ce livre pouvait me rapprocher de toi, etc. Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi (1996) et le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une Vie française.

Mon avis : (lu en novembre 2016)
J'ai voulu lire ce livre quelques mois après avoir vu le film "Le fils de Jean" de Philippe Lioret qui est une libre adaptation de ce roman. J'ai beaucoup aimé ce film et j'espérai retrouver le même enthousiasme dans cette lecture. 
Le livre est assez différent du film et j'ai donc été un peu déçue de ne pas retrouver certains passages du film... Le début du livre est un peu lent et le roman prend un vrai rythme seulement lorsque le héros arrive au Québec. Malgré cela la lecture est agréable, on retrouve Paul, le personnage favori de Jean-Paul Dubois, en recherche personnelle et ayant un problème sa relation paternelle...

 

Déjà lu du même auteur :

 les_accommodements_raisonnables Les accommodements raisonnables  
 une_vie_francaise 
Une vie française cas_sneijder  Le cas Sneijder

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20 décembre 2016

Microcosme - Manu Larcenet

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Les rêveurs - avril 2014 - 120 pages

Quatrième de couverture :
Des taches qui parlent, des taches qui pensent, des taches qui jugent, des taches qui racontent tout et n'importe quoi, des taches dans la dépression, des taches dans l'euphorie, des taches racistes, des taches échangistes et qui changent de couleur mais ne blêmissent pas. Manu Larcenet anime et met en scène cette grande famille de taches dans une succession de strips décapants, corrosifs et hilarants.

Auteur : Né le 6 mai 1969 à Issy-les-Moulineaux, après s'être lancé dans la BD à l'âge de dix ans, Manu Larcenet étudie le graphisme au lycée de Sèvres et obtient un BTS d'expression visuelle option 'images de communication' à l'Ecole des arts appliqués. Parallèlement, il multiplie les concerts avec un groupe punk fondé avec des amis de collège. Il fait son service militaire en 1991 et connaît alors le bataillon disciplinaire. A son retour, il emménage avec des amis musiciens et poursuit la scène et le graphisme : ses premiers dessins sont publiés dans des fanzines de rock et de bande dessinée. Il commence en 1994 une collaboration d'abord discrète avec le magazine Fluide glacial ; son premier récit, 'L' Expert-comptable de la jungle', est bientôt suivi de 'Soyons fous', 'La Loi des séries' et 'Bill Baroud espion'. Spirou, Dupuis, Glénat et Les Rêveurs de runes, une maison d'édition qu'il a fondée avec Nicolas Lebedel, publient depuis ses albums. Les improbables créatures ou les petits bonhommes ordinaires qui peuplent ses dessins font son succès. Il reçoit en 2003 le prix Jacques Lob, puis le prix du meilleur album à Angoulême en 2004 pour 'Le Combat ordinaire'. Mêlant autobiographie et réflexion, à l'instar de son 'Retour à la terre', cette série apparaît comme celle de la maturité. Changement de ton qui ne l'empêche pas, à l'occasion, de revenir, en 2006, à ses premières amours avec l'album 'Chez Francisque', scénarisé par Yan Lindingre. Artiste protéiforme, alternant séries potaches et récits plus profonds, Manu Larcenet compte désormais parmi les auteurs incontournables de la bande dessinée.

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Cette Bande Dessinée ressemble à un livre enfantin et pourtant elle n'est pas destinée aux enfants. C'est plutôt un livre féroce où l'auteur utilise l'humour noir. L'originalité vient du principe que ce sont des taches d’encre ou de peinture qui deviennent des personnages... Ces taches discutent entre elles et échangent des propos en tout genre : racistes, violents, machistes, idiots ou déplacés. Certaines taches sont complètement dégénérées ou folles... 

Je n'ai pas été convaincue par l'ensemble de la BD, j'ai eu du mal à la terminer essentiellement par lassitude, c'est souvent assez plombant et sombre car il est question de maladie, de dépression, de chômage, de tueur en série, de radioactivité... Cela contraste vraiment avec le côté coloré de l'album ! Une BD unique...

Extrait :

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microcosme_youtube

Microcosme-1

Microcosme-2

 

Déjà lu du même auteur :

RetourALaTerreLe1a_21012005 le_retour___la_terre_2 RetourALaTerreLe3_11012005 RetourALaTerreLe4_31082006 le_retour___la_terre_5 
Le retour à la terre

blast Blast : 1 - Grasse carcasse 

blast2  Blast : 2 - L'Apocalypse selon saint Jacky 

89516661_p Blast : 3 - La tête la première 

Couv_209638 Blast, tome 4 : Pourvu que les Bouddhistes se trompent

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14 décembre 2016

Lucky Luke : La Terre promise - Achdé et Jul d'après Morris

La-terre-promise Lucky Comics - novembre 2016 - 48 pages

Présentation éditeur :
Enfin le grand retour de Lucky Luke ! Dans La Terre Promise, Jul et Achdé ont assigné une mission rocambolesque à l'éternel justicier. Lucky Luke doit escorter toute une famille de juifs d'Europe de l'Est à peine débarqués du bateau à Saint Louis jusqu'aux confins de l'Ouest sauvage ! Jusqu'alors, l'homme qui tire plus vite que son ombre avait déjà côtoyé de sacrés originaux. Un prince russe dans Le Grand Duc, un aristocrate anglais dans Le Pied-Tendre, un psychanalyste viennois dans La Guérison des Dalton... Mais lorsque son copain Jack-la-Poisse le supplie de s'occuper de ses parents (à qui il n'a pas osé avouer qu'il était cow-boy et qui le croient avocat à New-York), Lucky Luke n'écoute que son coeur. Avec un grand-père religieux obsédé du shabbat, une mamma décidée à gaver Lucky Luke de carpe farcie, une jeune fille prude qui cherche le mari idéal (avocat ou médecin, mais bon, cow-boy ça va aussi), et un gamin turbulent plus intéressé par le Far-West que par sa Bar Mitsvah, le voyage promet d'être long. Desperados, 
joueurs de poker, attaques d'indiens féroces (la tribu des "Pieds Noirs" a mauvaise réputation), tout l'univers de Lucky Luke va être confronté à ce choc des cultures. Mais à la fin du voyage, c'est autant notre cow-boy solitaire que sa nouvelle famille d'adoption qui auront appris à surmonter les épreuves et les préjugés.

Auteurs :  Achdé, de son vrai nom Hervé Darmenton, né le 30 juillet 1961 à Lyon, est un scénariste et dessinateur de bande dessinée français. Son pseudonyme vient de ses initiales, H-D. Depuis le décès de Morris en 2001, il dessine la série Lucky Luke.
Jul (de son vrai nom Julien Berjeaut) est né en 1974. Après Normale sup et une agrégation, il devient professeur d'histoire chinoise à l'université avant de s'orienter vers le dessin de presse. Il entre au Nouvel Observateur en 1998, puis dessine à la Dépêche du midi, à Marianne et à partir de 2000 pour Charlie Hebdo. Depuis, il collabore également à Lire, à Philosophie Magazine, à l'Huma, aux Echos ou encore à Fluide Glacial. En 2005, il publie son premier album Il faut tuer José Bové, une plongée délirante dans la jungle altermondialiste. L'ouvrage est plébiscité par les lecteurs. En 2006, son deuxième album La croisade s'amuse parodie le choc des civilisations.En 2007, le Guide du Moutard pour survivre à 9 mois de grossesse reçoit le Prix Goscinny. La planète des sages, encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies écrite avec Charles Pépin, a marqué l'année BD 2011. En 2009, il publie chez Dargaud sa première série Silex and the City. 4 tomes et une première saison animée plus tard, plus de 300 000 exemplaires ont été vendus et la série vue par des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en décembre 2016)
René Goscinny et Morris avaient déjà traité de l'immigration des Russes (Le grand Duc), des Chinois (La bataille du riz)... Dans cet album des 70 ans de Lucky Lucke, Jul a écrit un scénario dans l'esprit des meilleurs albums de Morris en imaginant une aventure autour de l'arrivée des premiers juifs de l’Ouest américain.
Lucky Luke est chargé par « Jack la Poisse », un ami cow-boy qui s’avère être juif, de convoyer sa famille ashkénaze venant de Galicie, de Saint Louis (Missouri) à Chelm City (Montana). Durant ce voyage avec la famille Stern, Lucky Luke va découvrir toutes les particularités de la culture juive, les interdits alimentaires, la musique et bien sur la mère juive... Le dessin d’Achdé est très fidèle à celui de Morris et les dialogues sont plein d'humour, de références au cinéma ou à l’Histoire. Un album réussi !

Extrait : 

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08 décembre 2016

Le Tableau - Laurence Venturi

Lu en partenariat avec Albin Michel

le tableau Albin Michel - novembre 2016 - 343 pages

Quatrième de couverture :
Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Impensable ? Délirant ? Et pourtant, c'est l'histoire authentique que Laurence Venturi nous raconte, de l'enquête quasi policière pour faire authentifier le tableau aux bouleversements familiaux, conjugaux, psychologiques qu'entraîne pareille aventure où tous les secrets de famille volent en éclat. Un vrai roman.

Auteur : Banquière, galeriste, mère de famille nombreuse, Laurence Venturi habite Paris. Le Tableau est son premier roman.

Mon avis : (lu en décembre 2016)
J'ai eu envie de découvrir ce livre, grâce à sa belle couverture ! Le sujet évoquant la peinture, je n'ai alors pas hésité !
Lors d'un dégât des eaux dans sa cave, Laura trouve un tableau qui pourrait être un Modigliani. Il s'agit d'un portrait de Beatrice Hastings, l'une des muses du peintre. Ce tableau fait parti de l'héritage de son mari provenant de son grand-père Silvio considé comme le héros de la famille.

Voilà comment commence la longue enquête que Laura va mener afin de faire authentifier ce tableau... Une enquête qui va devenir une obsession pour cette mère de famille quitte à délaisser ses enfants et son mari... Elle va découvrir les côtés obscures du marché de l'art et déterrer quelques secrets de famille...
J'ai mis un peu de temps à rentrer dans cette histoire, j'ai beaucoup apprécié tout ce qui concernait Modigliani et son œuvre et sur le marché de l'art, la lecture est devenu plus fluide lorsque le rythme de l'enquête s'est accéléré. 

Merci Ophélie et Albin Michel pour cette lecture intéressante

Autres avis : Canel, Sandrine

Extrait : 

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26 novembre 2016

Laëtitia ou la fin des hommes - Ivan Jablonka

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Prix Médicis 2016

Quatrième de couverture :
Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d'être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans. Ce fait divers s'est transformé en affaire d'Etat : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du "présumé coupable", précipitant 8 000 magistrats dans la rue, en février 2011. Mais Laëtitia Perrais n'est pas un fait divers. Comment peut-on réduire la vie de quelqu'un à sa mort, au crime qui l'a emporté ? Pendant deux ans, Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille, sa soeur jumelle, ses parents, ses amis, les responsables des services sociaux, ainsi que l'ensemble des acteurs de l'enquête, gendarmes, juges d'instruction, procureurs, avocats et journalistes, avant d'assister au procès du meurtrier, en octobre 2015. De cette manière, Ivan Jablonka a pu reconstituer l'histoire de Laëtitia. Il a étudié le fait divers comme un objet d'histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer. Ivan Jablonka poursuit son projet d'exploration des frontières entre littérature, histoire et sciences sociales. Ce livre est une expérience d'écriture autant qu'une enquête, destinée à rendre à Laëtitia sa singularité et sa dignité.

Auteur : Ivan Jablonka est historien et écrivain. Il a publié Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus (2012) et L'histoire est une littérature contemporaine (2014).

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Il n'est pas facile de faire un billet sur ce livre... Ce n'est pas vraiment un roman mais plutôt un essai ou une enquête sur un fait divers qui a bouleversé la France en 2011 : L'affaire Laëtitia. L'auteur a enquêté pendant deux ans, il a rencontré les proches de Laëtitia : Jessica, sa sœur jumelle, ses parents, ses amis, les services sociaux mais aussi les proches de l'enquête journalistes, gendarmes, juges, avocats... Ivan Jablonka alterne les chapitres qui racontent la vie de Laëtitia et ceux qui traitent de l'enquête, cela permet au lecteur de reprendre son souffle. En effet, car ce livre se lit littérairement facilement, mais beaucoup plus difficilement émotionnellement... La quatrième de couverture résume parfaitement le livre, je n'en rajouterai donc pas.
Ce livre rend un hommage mérité à Laëtitia, sans oublier d'y associer sa sœur Jessica. 

Extrait : (début du livre)
Laëtitia Perrais a été enlevée dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011. C’était une serveuse de dix-huit ans domiciliée à Pornic, en Loire-Atlantique. Elle menait une vie sans histoires dans la famille d’accueil où elle avait été placée avec sa sœur jumelle. Le meurtrier a été arrêté au bout de deux jours, mais il a fallu plusieurs semaines pour retrouver le corps de Laëtitia.
L’affaire a soulevé une énorme émotion dans tout le pays. Critiquant le suivi judiciaire du meurtrier, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a mis en cause les juges auxquels il a promis des « sanctions » en réponse à leurs « fautes ». Ses propos ont déclenché un mouvement de grève inédit dans l’histoire de la magistrature. En août 2011 – affaire dans l’affaire –, le père d’accueil a été mis en examen pour des agressions sexuelles sur la sœur de Laëtitia. À ce jour, on ignore si Laëtitia elle-même a été violée, que ce soit par son père d’accueil ou par son meurtrier.
Ce fait divers est exceptionnel à tous égards – par l’onde de choc qu’il a soulevée, par son écho médiatique et politique, par l’importance des moyens mis en œuvre pour retrouver le corps, par les douze semaines que ces recherches ont duré, par l’intervention du président de la République, par la grève des magistrats. Ce n’est pas une simple affaire : c’est une affaire d’État.
Mais que sait-on de Laëtitia, hormis qu’elle a été la victime d’un fait divers marquant ? Des centaines d’articles et de reportages ont parlé d’elle, mais seulement pour évoquer la nuit de la disparition et les procès. Si son nom apparaît dans Wikipédia, c’est sur la page du meurtrier, à la rubrique « Meurtre de Laëtitia Perrais ». Éclipsée par la célébrité qu’elle a offerte malgré elle à l’homme qui l’a tuée, elle est devenue l’aboutissement d’un parcours criminel, une réussite dans l’ordre du mal.
Pouvoir du meurtrier sur « sa » victime : non seulement il lui retire la vie, mais il commande le cours de cette vie, qui désormais s’oriente vers la rencontre funeste, l’engrenage sans retour, le geste létal, l’outrage fait au corps. La mort tire la vie à elle.
Je ne connais pas de récit de crime qui ne valorise le meurtrier aux dépens de la victime. Le meurtrier est là pour raconter, exprimer des regrets ou se vanter. De son procès, il est le point focal, sinon le héros. Je voudrais, au contraire, délivrer les femmes et les hommes de leur mort, les arracher au crime qui leur a fait perdre la vie et jusqu’à leur humanité. Non pas les honorer en tant que « victimes », car c’est encore les renvoyer à leur fin ; simplement les rétablir dans leur existence. Témoigner pour eux.
Mon livre n’aura qu’une héroïne : Laëtitia. L’intérêt que nous lui portons, comme un retour en grâce, la rend à elle-même, à sa dignité et à sa liberté.

 

challenge12016br
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23 novembre 2016

L'anniversaire de Kim Jong-Il - Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag

9daf23794fa2260bcb6815b234785c92 Delcourt - août 2016 - 128 pages

Quatrième de couverture : 
"Je suis un jeune de la Corée libérée.
La vie me tient à coeur.
L'espoir en un avenir radieux aussi.
Cependant, ma vie, mon espoir, mon bonheur valent moins que la patrie."

Auteurs : Aurélien Ducoudray est né en 1973 à Chateauroux et vit dans un petit village de l’Indre. Photographe de presse, journaliste presse écrite et TV, on lui doit de nombreux documentaires. Après Championzé et La Faute aux chinois, il sort Clichés de Bosnie chez Futuropolis. Ce dernier ouvrage connaît un beau succès. En 2014, il signe son premier ouvrage chez Grand Angle, Amère russie. 
Mélanie Allag est illustratrice. En sortant de l’école des Beaux-arts d’Angoulême, Mélanie Allag a fait ses premiers pas dans la presse jeunesse. Illustrer des thèmes imposés ou concevoir des pages jeux pour les magazines jeunesse lui a permis de varier les projets et d’acquérir l’expérience pour proposer aujourd’hui des réponses graphiques plus personnelles. Les crayons de couleur sont ses outils de prédilection. Elle vit et travaille à Nantes

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Jun Sang est un petit garçon de Corée du Nord. Il est né le 16 février comme son cher dirigeant Kim Jong-Il, il y a toujours une grande fête ce jour là, pas exactement à son honneur... mais à celui de Kim Jong-Il. C'est à travers le regard naïf de Jun Sang que le lecteur découvre ce régime qui n'est que propagande et embrigadement. Pour lui, la Corée du Nord est un pays fantastique, son dirigeant est merveilleux, il veille sur tout son peuple, les protège des ennemis que sont la Corée du Sud et ses « chiens » d'américains... Mais un jour la famille de Jun Sang tente de passer la frontière et Jun Sang découvre progressivement l'effrayante réalité des camps destinés aux opposants ou à ceux qui on voulu fuir le pays. Un récit bouleversant servi par le dessin semblant enfantin ou naïf, au début de l'album il est coloré et en rondeur, puis il devient de plus en plus gris et sombre.
Une BD documentaire à faire découvrir !

Extrait :

challenge12016br
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20 novembre 2016

Juliette : Les fantômes reviennent au printemps - Camille Jourdy

1507-1 Actes Sud - février 2016 - 240 pages

Présentation éditeur : 
Après le succès de la trilogie Rosalie Blum, Camille Jourdy revient avec un nouveau roman graphique, vaudeville familial haut en couleur.

Auteur : Camille Jourdy a grandi dans le Jura, à Dole. Elle écrit et illustre son premier livre, Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d'une vie ! (Drozophile/Quiquandquoi, 2004), alors qu'elle est encore étudiante à l'Ecole des beaux-arts d'Epinal. Elle rejoint ensuite l'Ecole des arts décoratifs de Strasbourg. Après son diplôme, en 2005, elle s'installe à Lyon, où elle vit aujourd'hui.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Après avoir lu et aimé "Rosalie Blum", j'ai eu envie de découvrir "Juliette : Les fantômes reviennent au printemps". 
Devenue parisienne d’adoption, Juliette revient pour quelques jours de congés dans la petite ville de province où elle a grandi. Elle revient voir son père, toujours seul après son divorce, sa mère qui collectionne les petis amis, sa grand-mère qui perd la tête et sa sœur Marylou, son beau-frère et ses neveux. Juliette cherche également à revoir la maison de son enfance. Elle va faire la rencontre de Pollux, le locataire actuel, c'est un solitaire qui aime passer son temps libre à jouer aux fléchettes dans le bistrot du coin. 
Cette BD, pleine de sensibilité, met en scène de vrais instants de vie, des instants du quotidien... Quelques scènes inattendues ou décalées donnent une touche d'humour à cette chronique familiale... Le dessin est toujours expressif, avec un côté assez enfantin. 

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

111573008 Rosalie Blum

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19 novembre 2016

Le fils de l'Ursari - Xavier-Laurent Petit

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Masse Critique Babelio 

112380641_o Ecole des Loisirs - août 2016 - 272 pages

Quatrième de couverture :
Quand on est le fils d'un montreur d'ours, d'un Ursari comme on dit chez les Roms, on sait qu'on ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis se réfugier à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d'argent à gagner. À peine arrivés dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier. Daddu, le montreur d'ours, devient ferrailleur, M'man et Vera sont mendiantes professionnelles, Dimetriu, le grand frère, est «emprunteur» de portefeuilles et Ciprian son apprenti. Un soir, Ciprian ne ramène rien de sa «journée de travail». C'est qu'il a découvert le paradis, le jardin du Lusquenbour où il observe en cachette des joueurs de tchèquématte. Le garçon ne connaît rien aux échecs mais s'aperçoit vite qu'il est capable de rejouer chaque partie dans sa tête. C'est le début d'une nouvelle vie pour le fils de l'Ursari.

Auteur : Xavier-Laurent Petit a suivi des études de philosophie. Il devient instituteur puis directeur d'école. 
En 1994 il se lance dans l'écriture avec deux romans policiers publiés chez Critérion. Le Crime des Marots est son premier roman. Il entre à l'École des Loisirs avec "Colorbelle-ébène" qui obtient le prix "Sorcières" en 1996. Ses premières publications sont des romans de science fiction pour la jeunesse. Il est ensuite récompensé par le Prix Goya du premier roman pour Le Monde d'en haut. Il écrit aussi pour des revues qui lui commandent des articles. Marié, quatre enfants, il vit à Saint-Maur-des-Fossés dans le Val de Marne. 

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Ce roman est un vrai coup de cœur. Une histoire d'actualité sur l'immigration mais également une histoire pleine d'espoir avec des personnages attachants. Ciprian est le fils de l'Ursari, c'est à dire d'un montreur d'ours. Avec sa famille, il parcoure les routes de Roumanie, allant de villages en villages pour présenter leur spectacle avec Găman, leur ours. Ils sont Roms, mênent une vie de bohême et sont souvent mal reçus par la population. Un beau jour, ils sont obligés de relâcher leur ours et de fuir leur pays, ils deviennent les victimes de trafiquants qui les conduisent en France. Ciprian et sa famille arrivent donc dans un bidonville à la périphérie de Paris. Pour rembourser la dette exorbitante qu'ils doivent au passeur et qui double à chaque mois de retard, toute la famille doit « travailler » c'est à dire mendier et voler... Lassé de passer ses journées dans le métro, Ciprian part à la découverte de Paris et il arrive dans le jardin du Luxembourg. Il est captivé alors par Madame Baleine et Monsieur Enorme qui jouent aux échecs. Ciprian les observe en secret derrière une palissade, et jour après jour il revient les regarder jouer et dans sa tête, il réussit à apprendre à jouer... Il vient de découvrir une passion qui va changer sa vie...

Voilà une histoire forte et bouleversante. 

Merci Babelio et les éditions Ecole des Loisirs pour cette découverte coup de cœur !

Extrait : (début du livre)
Un jour Mică est morte.

C'était notre voiture.
Arrivée au sommet d'une côte, elle a lâché un pet effroyable et s'est arrêtée net. La cage de Găman a cogné l'arrière de la caravane, et mon père a poussé un juron. On n'a plus entendu que le piaillements des oiseaux qui s'enfuyaient et les ronflements de Mammada. Lorsque grand-mère dort, rien ne saurait la réveiller. 
Mică était une spécialiste des pannes et ce n'était pas la première fois qu'elle nous laissait au bord de la route. Lorsque Daddu, mon père, a ouvert le capot, l'intérieur ressemblait à une bouillie de cambouis et de ferraille, un liquide noirâtre dégoulinait sur la route, et de la fumée s'échappait du moteur... Il nous a lancé un coup d'œil navré.
- Cette fois, c'est grave, a-t-il annoncé.
Rien n'aurait pu ressusciter Mică. 
A son habitude, m'man n'a rien dit et ma sœur à vérifié son maquillage dans le rétroviseur. Depuis quelques mois, rien ne semblait plus important pour Vera que la longueur de ses cils et la couleur de ses lèvres. Dimetriu, mon frère, s'est roulé une cigarette et Mammada a ouvert un œil. Găman, lui, tournait en grondant dans sa minuscule cage. Le choc l'avait réveillé de sa sieste et les ours n'aiment pas les réveils brutaux.

 

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16/18

 

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13 novembre 2016

Grossir le ciel - Franck Buysse

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Manufacture de livres - octobre 2014 - 240 pages

Livre de Poche - janvier 2016 - 240 pages

Quatrième de couverture : 
Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres. Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent.
Un suspense rural surprenant, riche et rare.

Auteur : Franck Bouysse, né en 1967, vit à Limoges. Il a publié Noir Porcelaine, Vagabond et Pur Sang.

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Voilà un roman noir très original que j'ai découvert grâce à Canel
Dans les Cévennes, au lieu-dit Les Doges vit Gus, un paysan ayant la cinquantaine, taiseux et solitaire qui n'a que son chien, Mars, comme seul compagnie et réconfort. Son seul voisin, Abel est lui aussi un paysan solitaire et il a vingt ans de plus. Tous deux ne sont pas vraiment amis, mais se fréquentent et s'échangent des services et quelques verres... Voilà le cadre de ce huis clos campagnard posé. 

Un jour d'hiver, Gus entend des cris et des coups de feu en provenance de la ferme de son voisin, pourtant il fait comme s'il ne s'était rien passé et en effet le lendemain tout semble normal, Abel est à sa tâche... Et pourtant quelque chose à changé... Petit à petit, le suspense s'installe, la tension monte... Le lecteur comprendra le sens du titre « grossir le ciel » dans les toutes dernières pages de ce roman sombre et dépaysant.
Un petit bémol pour la conclusion que je n'ai pas trouvé à la hauteur du reste de ce roman... A vous de découvrir ce roman néanmoins marquant !

Extrait : (début du livre)
C’était une drôle de journée, une de celles qui vous font quitter l’endroit où vous étiez assis depuis toujours sans vous demander votre avis. Si vous aviez pris le temps d’attraper une carte, puis de tracer une ligne droite entre Alès et Mende, vous seriez à coup sûr passé par ce coin paumé des Cévennes. Un lieu-dit appelé Les Doges, avec deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, quelques prairies, de la neige une partie de l’année, et de la roche pour poser le tout. Il y avait aussi des couleurs qui disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tour à tour espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le cœur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles.

Le hameau le plus proche s’appelait Grizac, situé sur la commune du Pont-de-Montvert. Une route les reliait et devait bien mener quelque part : si on prenait le temps de s’y attarder.
Gus vivait ici, depuis plus de cinquante hivers. C’était en décembre que ce pays l’avait pris et que sa mère l’avait craché sur des draps durs et épais comme des planches de châtaignier, sans qu’il se sente dans l’obligation de crier, comme pour marquer son empreinte désastreuse dans un corps ancestral, une manière de se cogner à la solitude, déjà, dans ce moment qui le faisait devenir quelqu’un par la simple entrée d’une coulée d’air dans sa bouche tordue. Des gens diraient plus tard qu’on n’aurait pas dû le secouer comme on l’avait fait pour lui extorquer le fameux cri et que, si dans le futur il s’était mis à parler plus volontiers aux animaux qu’aux hommes, c’était un peu à cause de ce retard à l’allumage. Mais qui peut dire ce qu’il serait advenu si tout s’était déroulé normalement ? Et qui aurait pu soutenir que, justement, la volonté du Tout-Puissant n’était pas de changer la donne pour Gus, et que cette singularité n’augurait pas d’un destin supérieur ? Ce qui était certain, c’était que même les âmes les plus charitables ne se gênaient pas pour montrer du doigt ce poisson-là qui nageait à contre-courant depuis sa naissance.
La ferme de Gus était pinquée dans la partie la plus haute des Doges, à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau du Pont-de-Montvert. Elle était constituée de vieux bâtiments, de terres cultivées et de taillis acoquinés en forêt de châtaigniers, de pins, de chênes, de hêtres et de mélèzes, pour l’essentiel. Le tout s’étendait sur vingt-quatre hectares. Pour être précis, il faudrait dire qu’entre Les Doges et le village les kilomètres ne duraient pas pareil, selon qu’on était en bonne ou en mauvaise saison. Les distances, dans ce coin-là, c’est du temps, pas des mètres. Et Gus n’était pas un oiseau.



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