07 septembre 2014

Le Planqué des huttes - Léo Lapointe

Lu en partenariat avec Pôle nord éditions 

les planqués Pôle nord éditions - juin 2014 - 520 pages

Quatrième de couverture : 
Au printemps 1917, un contingent de travailleurs chinois arrive à Nolette, petit village picard à quelques kilomètres de la baie de Somme. Ils ont été recrutés dans leur pays par l’armée britannique pour travailler à l’arrière du front. C’est une main-d’œuvre docile, taillable et corvéable à merci, que découvrent les paysans picards. Parmi eux la famille Coulon, dont l’un des membres est au bagne pour un crime qu’il n’a pas commis. Pour les Coulon, surveillés par la police, comme pour les Chinois, esclaves des Anglais, la guerre aura des conséquences dramatiques.

Auteur : Léo Lapointe est le nom de plume d'un expert international en affaires sociales. 
Après un doctorat consacré aux questions de politique sociale et de problématique de l’emploi, il partage sa vie entre Côte picarde, Belgique et des missions à l’étranger, notamment le Mexique, l’Algérie, le Chili et le Liban. 
Fortement engagé, c’est dans des associations à caractère social qu’il fait ses premières armes en tant qu’écrivain public. Défense des chômeurs, des immigrés, des réfugiés, des sans-logis…
Ses premiers écrits sont autobiographiques et auto-justificatifs, une façon de se défendre contre les choses désagréables qui arrivent en temps de crise. 
C’est par la suite que l’auteur se tourne vers la fiction, et plus particulièrement le polar, dont les cinq premiers ont été édités par Ravet-Anceau à Lille. 
Son premier roman édité en 2005, Le Vagabond de la Baie de Somme, est toujours présent dans les rayons après avoir largement dépassé le cap des 10 000 exemplaires vendus. Il réside en Belgique. 

Mon avis : (lu en août 2014)
Ce livre est très bien documenté sur les faits historiques autour de la Première Guerre Mondiale, en particulier dans la région d'Abbeville. En fin du livre, il y a même en annexes de la documentation sur la présence de ce camp de travailleurs chinois à Noyelles-sur-Mer et la bibliographie du livre.
Le premier tiers de ce livre est consacré à installer l’ambiance, les lieux et les personnages de cette histoire : la famille Coulon-Boulogne, Gustave, Victoire et leurs enfants Julien, Rémi, France et Jeanne. Il y a également l'oncle Emile (le frère de Victoire) qui a des idées anarchistes, il est dans le colimateur de la police. Il faut attendre plus de la moitié du livre avant l’arrivée des chinois. Ils ont été recrutés par les anglais, pour travailler sur l’arrière front.
J'ai trouvé ce livre un peu long à lire même si l'intrigue est intéressante, il s'agit plus de suivre les péripéties de la famille Coulon-Boulogne depuis la fin du XIXème siècle jusqu'à la fin de la Guerre 14-18. L'épisode de la présence des travailleurs Chinois à proximité de la ferme des Coulon est assez anecdotique par rapport à l'étiquette "anarchiste" qui leurs a été donnée à cause de l'oncle. Les personnages de cette famille sont attachants, on voit grandir Julien qui passe du statut d’enfant à celui de soldat, il devient un homme qui ne recule pas pour ses idées, il est humain. Gustave, le père, porte sa famille à bout de bras, il espère toujours qu'il y aura des jours meilleurs. Victoire et ses filles sont des femmes fortes, elles veulent garder la tête haute. Rémi est mon préféré, c'est le petit frère qui prend le rôle de pilier de la maison après le départ de Julien au front et lorsque la fatigue affaiblira Gustave.

Merci Gilles et Pôle nord éditions pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
C'était le printemps, mais ce printemps de 1903 était aussi lent à venir que le nouveau siècle avait été à naître.
Rémi ne pouvait avoir le moindre souvenir de ce passage qui avait tant énervé les adultes. A son arrivée au monde, le vingtième siècle venait de commencer, alors le bonheur viendrait, immanquablement.
Son grand frère Julien se rappelait au contraire parfaitement ce mois de janvier trois ans plus tôt. L'instituteur avait tracé à la craie la date magique sur le tableau noir : lundi 1er janvier 1900. Puis il s'était lancé dans un discours mémorable sur la France éternelle et meurtrie. Meurtrie ? Il ne la voyait pas comme cela, Julien, sa France n'allait guère plus loin qu'Abbeville. Et puis l'année suivante, 1901, serait celle de ses dix ans. Cet évènement était autrement considérable que la modernité des machines à venir annoncée par monsieur l'instituteur. Julien savait depuis qu'il était tout petit qu'il était classe 11. Il connaissait la signification : dans dix ans, la conscription. Une vie d'homme qui commencerait.
Petit frère n'avait donc guère plus de quelques mois au passage du siècle. Emmailloté jour et nuit il ne quittait les bras de sa mère que pour ceux de ses deux grandes sœurs. Aujourd'hui, trois ans plus tard, tout était différent. Depuis qu'il a appris à marcher, très tôt, il n'avait plus lâché son grand frère. Il passait la journée collé à ses basques, pataugeant avec lui dans la cour de ferme à nourrir les animaux et nettoyer l'écurie, ramassant les œufs, trottinant le soir sur ses talons vers la grande prairie herbue à l'ombre de la forêt pour ramener les trois vaches du maigre troupeau familial.  

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  3/25

 Challenge Petit Bac 2014
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"Bâtiment" (6)

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06 septembre 2014

Trois jours en été - Bastien Quignon

Trois_jours_en_ete-248x335 Actes Sud - juin 2010 - 93 pages

Présentation de l'éditeur :
C'est l'été pour Alban, 15 ans, et Gaël, 11 ans. Les deux garçons sont à la campagne, pour ainsi dire livrés à eux-mêmes, dans une lumière vibrante. En permanence, l'aîné entraîne le cadet, teste, non sans perversité, ses limites, le met à l’épreuve, le brime. Jusqu'où Gaël sera-t-il prêt à aller pour complaire à Alban et préserver leur amitié ? 

Avec beaucoup de sensibilité, par petites touches, Bastien Quignon dévide le fil d’un récit volontairement léger, qui s’organise autour de lieux et de motifs tels qu’une casquette, un balcon, une piscine, une cabane, un coq. Servie par un dessin au crayon d’une grande sensualité, une chronique émouvante d’un âge parfois cruel, dans laquelle chacun pourra retrouver des échos de sa propre adolescence.

Auteur : Bastien Quignon est né en 1986 en région parisienne. Après avoir beaucoup déménagé dans son enfance, à l’âge de 10 ans il accompagne sa famille dans un périple de six mois en Asie du sud-est (Thaïlande, Indonésie, Malaisie). Il a passé un bac littéraire au lycée de Dreux, puis a suivi quatre années d’enseignement de la bande dessinée à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, en Belgique, dont il est diplômé. Trois jours en été est son premier livre.

Mon avis : (lu en août 2014)
Voilà une BD prise au hasard à la bibliothèque avant les vacances. Comme le titre l'annonce cela rencontre quelques d'été où deux jeunes garçons trompent leur ennui. Gaël a 11 ans, son ami Alban est plus âgé, il entraîne son cadet dans des expériences qui repoussent les limites... Alban, avec une perversité certaine, n'hésite pas à persécuter son camarade. Gaël ne sait que faire, doit-il tout accepter pour garder l'amitié de son aîné ? Une histoire assez dérangeante sur la relation entre deux jeunes adolescents.
Un dessin assez original au crayon noir sur du papier tramé.

 

Extrait : 

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 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Moment/Temps" (12)

 

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02 septembre 2014

Les fils de rien, les princes, les humiliés - Stéphane Guibourgé

Lu dans le cadre du Prix du Roman Fnac 2014

PRF-jury-08-2014-186

les fils de rien Fayard - août 2014 - 201 pages

Quatrième de couverture : 
Avoir seize ans, avoir vingt ans dans les années quatre-vingt. L'époque est à la rigueur. Des pères vaincus baissent les yeux devant leurs fils. Il s'agit alors de s'échapper, de fuir le mauvais côté du périphérique. Se frayer un chemin à travers les jardins ouvriers à l'abandon. Quitter ses amis, les princes, les humiliés. Kader, Abdou, Jean-Phi. Choisir la vitesse et la violence. Puis, un soir, rejoindre enfin une meute skinhead. Voici la trajectoire d'un fils de rien. Nom de guerre : Falco. Vingt-cinq ans plus tard, retiré du monde, il se souvient, et se fait face. Voici la confession d'un exilé et la quête de ce qui demeure en lui d'humanité et d'espérance.

Auteur : Stéphane Guibourgé a quarante-huit ans. Les fils de rien, les princes, les humiliés est son onzième livre.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
C'est le roman que j'ai préféré de la sélection Prix du Roman Fnac 2014.
A quarante-sept ans, le narrateur construit une maison de ses mains pour son fils et se souvient de son passé. Un passé qu'il n'arrive pas à oublier : d'abord voleur de voiture, puis pour fuir la banlieue, il choisit la violence et devient skinhead. Il fait de la prison... 

La narration est parfois difficile à suivre, le narrateur évoque dans le désordre son passé, son présent... J'ai eu parfois du mal à comprendre la chronologie de l'histoire. Les chapitres courts donnent un ton percutant aux propos, la violence du passé s'oppose à l'humanité, à la poésie et aux silences du présent. Cette confession trente ans après est vraiment touchante. 

Extrait : (page 25)
Je voudrais ne plus faire qu'un avec le torrent. Retrouver ce mouvement, les mots qui ont poli les galets. Être capable de creuser un lit profond année après année. Epouser les contours de la vallée. Accepter les obstacles, les éviter sans heurts. Charrier les souvenirs, les remords et les instants de grâce comme des sédiments. Les noyer et cependant rester en vie. Devenir une source. Garder mes bergers solides pour qu'au soir les animaux viennent y boire.
Je ne saurais dire à quel moment de l'existence un endroit devient enfin un refuge. Quel est l'instant où l'on sait que nous avons trouvé notre place. Que nous y trouverons tranquillité, sérénité. A quoi reconnaît-on cet instant ? Je l'ignore. Mais il existe ici un mystère qui me protège.

Voilà ce que je cherche : la fragilité. Le doute. Ne plus jamais me laisser entraîner par ce que j'abrite. La violence, la colère qui rôdent . Le bruit de la chaîne, le bruit de l'anneau, le bruit de l'acier... La barque à peine retenue au ponton dans les lueurs de l'aube.

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
4/6

  Challenge Petit Bac 2014
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"Cercle familiale" (8)

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30 août 2014

Les indomptées - Nathalie Bauer

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

book_250 Philippe Rey - août 2014 - 496 pages

Quatrième de couverture :
Au bord de la ruine, deux soeurs, Noélie et Julienne, et leur cousine Gabrielle essaient désespérément de sauver le domaine familial. Leur âge avancé ne leur offrant pas beaucoup de chances d'y parvenir, Noélie décide d'écrire un roman sur sa famille, dans le fol et naïf espoir d'un succès. Entre présent et passé se déroule donc la saga des Randan, propriétaires terriens aveyronnais dont le destin épouse les circonvolutions du XXe siècle : le massacre de la Grande Guerre, la difficile reconstruction et la crise. Rêves de richesse, d'amour ou d'émancipation se réalisent chez les uns, échouent chez les autres. Alors que Noélie est à l'oeuvre, les trois femmes acceptent d'héberger leur nièce Zoé, sans imaginer que cette fille de vingt-quatre ans, dépressive, alcoolique et un brin nymphomane, va bouleverser leur existence.

Auteur : Traductrice de l'italien, docteur en histoire, Nathalie Bauer a publié quatre romans : Zena (2000), Le feu, la vie (2007), Des garçons d'avenir (2011) et Les Indomptées (2014).

Mon avis : (lu en août 2014)
En fin de livre, une note de l'auteur explique que ce roman a été en partie inspiré par l'histoire de sa famille maternelle pour preuve les photos personnelles de l'époque présentes au fil des pages. Ce livre nous raconte l'histoire d'une famille, les Randan, propriétaires terriens en Aveyron depuis la fin du XIXème jusqu'à nos jours. J'ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire. Il faut d'abord comprendre les relations généalogiques qui existent entre les différents personnages, il y a heureusement au début du livre un arbre généalogique de la famille auquel j'ai pu me référer très souvent durant ma lecture.
Les premiers chapitres font de nombreux aller-retour entre le présent et le passé, les dates des deux époques n'étant pas clairement indiquées en tête de chapitre, il faut quelques phrases avant de se repérer...
L'histoire de cette famille est vraiment passionnante, en particulier la partie passée que j'ai préféré. Les différents membres de cette famille ont des caractères différents et sont souvent attachants. 
Autant j'ai eu mis un peu de temps à attaquer ce livre, ensuite j'ai dévoré avec beaucoup de facilité la seconde partie. 

Merci et les éditions Philippe Rey pour cette découverte. 

Autre avis : Keisha 

Extrait : (début du livre)
De son écriture fine, penchée, d’un autre siècle, Noélie reporte dans le registre les dernières dépenses du foyer dont elle constitue l’un des quatre membres – et sans nul doute le plus actif, puisque non seulement elle s’emploie à en préserver l’équilibre par ses talents de gestionnaire, mais elle contribue aussi à sa subsistance à proprement parler, cultivant le potager en dépit de son âge avancé – quand un tremblement secoue l’air, accompagné d’un vacarme de planches brisées, de moteurs emballés et de cris indistincts.
Elle se lève et va ouvrir la fenêtre d’où l’on peut embrasser du regard le rosier grimpant, les arbres centenaires, un tronçon de charmille et les massifs qui ponctuent, tels une bouche et des yeux de couleur, la pelouse centrale en forme d’œuf, à temps pour voir surgir du portillon, à l’autre extrémité, la grande silhouette de son neveu, dont les lèvres s’étirent et se referment sur l’un des rares mots qu’il daigne, ait jamais daigné, prononcer : Taaa-tie ! Taaa-tie !, car, il a beau avoir plus de cinquante ans, il n’est rien d’autre qu’un enfant – un enfant timide, empoté de surcroît.
Mêlées aux aboiements des quatre chiens formant son éternel cortège – quatre bâtards perdus ou peut-être abandonnés, en tout cas soignés et apprivoisés par le quinquagénaire –, ces uniques syllabes produisent à présent assez de bruit pour parvenir aux oreilles de Gabrielle, la doyenne, qui souffre pourtant de surdité ; aussi, détournant la tête de son ouvrage en tricot (un burnous destiné à un arrière-petit-neveu dont on n’a jamais vu que la photo), elle demande à sa cousine de quoi il s’agit exactement. Trop tard : Noélie s’est engouffrée dans l’entrée et réapparaît déjà à l’extérieur, menue dans son pantalon et son pull-over, le crâne surmonté d’un chignon blanc pareil au poing d’un marionnettiste qui la maintiendrait bien droite.
Taaa-tie ! Taaa-tie ! continue de crier l’homme, un bras tendu vers le portillon dont les croisillons découpent en figures géométriques le chemin et les bâtiments de ferme, ainsi que la petite route au-delà, si bien que Noélie doit multiplier les injonctions au calme avant de le précéder vers l’origine du vacarme, l’une des deux étables, plus précisément la grange dont elle est coiffée. Au pied de la rampe qui mène à celle de droite, un tracteur ronfle devant son chargement de foin, et l’on entend à l’intérieur du bâtiment des voix reconnaissables à leur accent et à leur timbre : celles de Roger, le fermier, et de ses deux fils trentenaires qui lui apportent volontiers de l’aide aux périodes de gros travaux, labours, moisson, ensilage ou encore fenaison, comme en ce mois de mai 1987.

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
3/6

 

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28 août 2014

Je vais mieux - David Foenkinos

Lu en partenariat avec les éditions Folio

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Folio - mai 2014 - 384 pages

Gallimard - janvier 2013 - 339 pages

Grand Livre du mois - décembre 2012 - 330 pages

Quatrième de couverture :
« 
Un jour, je me suis réveillé avec une inexplicable douleur dans le dos. Je pensais que cela passerait, mais non. J'ai tout essayé... J'ai été tour à tour inquiet, désespéré, tenté par le paranormal. Ma vie a commencé à partir dans tous les sens. J'ai eu des problèmes au travail, dans mon couple, avec mes parents, avec mes enfants. Je ne savais plus que faire pour aller mieux... Et puis, j'ai fini par comprendre.»

Auteur :  Romancier, scénariste et musicien, David Foenkinos est né en 1974. Il a publié Entre les oreilles (2002), Inversion de l’idiotie (2002), Le potentiel érotique de ma femme (2004) et Qui se souvient de David Foenkinos ? (2007), Nos séparations (2008), La délicatesse (2009), Les souvenirs (2011), Je vais mieux (2013), La tête de l'emploi (2014).

Mon avis : (lu en août 2014)
J'ai accepté de recevoir ce livre en partenariat avec Folio pensant ne pas l'avoir lu... Je le prends donc pour les vacances, format facile pour la plage. Je le lis assez facilement mais à deux reprises je m'interroge, je découvre deux passages que j'ai l'impression d'avoir déjà lu... Sans doute dans ma dernière lecture de l'auteur avec La tête de l'emploi... Erreur, étant déconnectée (d'internet) pendant 3 semaines je n'ai découvert qu'à mon retour que j'avais finalement déjà lu ce livre (en juin 2013) et que mon billet ne reflète pas du tout le ressenti que j'ai eu cet été...
(juin 2013) : « Une lecture plaisante et facile, une écriture fluide et pleine d'humour. Le personnage central est attachant et j'ai pris du plaisir à suivre son parcours. »
Cet été : Cette lecture a été facile mais elle m'a agacée... la plainte continue autour du mal de dos du narrateur ne m'a pas touchée... la plage n'était pas l'endroit idéal pour découvrir ce livre... Cela ne m'empêchera pas de lire le nouveau livre de l'auteur "Charlotte" qui vient de sortir.

Merci Anna et les éditions Folio pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
On sait toujours quand une histoire commence. J’ai immédiatement compris que quelque chose se passait. Bien sûr, je ne pouvais pas imaginer tous les bouleversements à venir. Au tout début, j’ai éprouvé une vague douleur ; une simple pointe nerveuse dans le bas du dos. Cela ne m’était jamais arrivé, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. C’était sûrement une tension liée à l’accumulation de soucis récents.

Cette scène initiale s’est déroulée un dimanche après-midi ; un de ces premiers dimanches de l’année où il fait beau. On est heureux de voir le soleil, fût-il fragile et peu fiable. Ma femme et moi avions invité un couple d’amis à déjeuner, toujours
le même couple finalement : ils étaient à l’amitié ce que nous étions à l’amour, une forme de routine. Enfin, un détail avait changé. Nous avions déménagé en banlieue dans une petite maison avec un jardin. On était tellement fiers de notre jardin. Ma femme y plantait des rosiers avec une dévotion quasi érotique, et je comprenais qu’elle plaçait dans ces quelques mètres carrés de verdure tous les espoirs de sa sensualité. Parfois je l’accompagnais près des fleurs, et nous éprouvions comme des soubresauts de notre passé. Nous montions alors dans la chambre, afin de retrouver nos vingt ans pendant vingt minutes. C’était rare et précieux. Avec Élise, il y avait toujours des instants volés à la lassitude. Elle était tendre, elle était drôle, et j’admettais chaque jour à quel point j’avais été formidable de faire des enfants avec elle.

Quand je revins de la cuisine, portant le plateau sur lequel j’avais disposé quatre tasses et du café, elle demanda :
« Ça va ? Tu n’as pas l’air bien.
— J’ai un peu mal au dos, c’est rien.
— C’est l’âge… » souffl a Édouard, avec ce ton ironique qui était inlassablement le sien.
J’ai rassuré tout le monde. Au fond, je n’aimais pas qu’on s’intéresse à moi. En tout cas, je n’aimais pas être le sujet d’une discussion. Pourtant, il était impossible de faire autrement ; je continuais à ressentir comme de légères morsures dans le dos. Ma femme et nos amis poursuivaient leur conversation, sans que je puisse en suivre le cours. Totalement centré sur la douleur, j’essayais de me rappeler si j’avais commis quelque effort particulier ces derniers jours. Non, je ne voyais pas. Je n’avais rien soulevé, je n’avais pas fait de faux mouvement, mon corps n’avait pas été soumis à un quelconque hors-piste qui aurait pu provoquer la douleur actuelle. Dès les premières minutes de mon mal, j’ai pensé que cela pouvait être grave. Instinctivement, je n’ai pas pris à la légère ce qui m’arrivait. Était-on conditionné de nos jours à prévoir toujours le pire ? J’avais tant de fois entendu des histoires de vies saccagées par la maladie.

Déjà lu de cet auteur : 

les_souvenirs Les souvenirs la_d_licatesse_folio  La délicatesse 

je_vais_mieux_foenkinos Je vais mieux (1)  93352318 La tête de l'emploi 

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Verbe" (10)

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27 août 2014

Dans le jardin de l'ogre - Leïla Slimani

Lu dans le cadre du Prix du Roman Fnac 2014

PRF-jury-08-2014-186

product_9782070146239_195x320 Gallimard - août 2014 - 224 pages

Quatrième de couverture : 
« Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d'Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n'a pas bu d'alcool et elle s'est couchée tôt. 
Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d'un pied sur l'autre. Elle fume une cigarette. Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur. Elle veut qu'on la saisisse, qu'on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu'elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n'être qu'un objet au milieu d'une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu'on lui pince les seins, qu'on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l'ogre. »

Auteur : Leïla Slimani est née en 1981 à Rabat (Maroc). Elle vit à Paris. Dans le jardin de l'ogre est son premier roman. 

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Après avoir lu le premier, seul auteur que je connaissais, j'ai décidé de classer les livres restants dans l'ordre du nombre de pages croissants (et pourquoi pas...) C'est donc le deuxième livre de la sélection que j'ai lu. 
Adèle, journaliste, est une femme mariée à Richard, un médecin, mère de Lucien, un petit garçon de trois ans. Une famille qui vit apparement heureuse. Mais la jeune femme cache un lourd secret : elle ne peut pas s'empêcher de draguer d'autres hommes et d'assouvir ses fantasmes. Lorsque Richard découvre l'addiction d'Adèle, il quitte Paris pour la Normandie, il décide de ne pas quitter sa femme mais espère réussir à la guérir. N'ayant plus de travail, Adèle reste au foyer pour s'occuper de la maison et de leur fils.
Je n'ai vraiment pas aimé ce livre que j'ai pourtant lu facilement. Je n'ai pas eu de sympathie pour ni pour Adèle, ni pour Richard. Lauren, l'amie d'Adèle, est le seul personnage que j'ai trouvé intéressant mais l'auteur l'a seulement survolé... J'ai trouvé cette histoire caricaturale, et la conclusion qui se termine en queue de poisson et laisse le lecteur en plan m'a horripilée... 
En finalisant ce billet, j'ai découvert que ce livre était un premier roman et que l'auteur était marocaine. Le sujet du livre est sans doute assez audacieux... mais pour ma part, la rencontre ne s'est pas faite...

Extrait : (début du livre)
Une semaine qu’elle tient. Une semaine qu’elle n’a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d’Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n’a pas bu d’alcool et elle s’est couchée tôt.
Mais cette nuit, elle en a rêvé et n’a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s’est introduit en elle comme un souffle d’air chaud. Adèle ne peut plus penser qu’à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d’un pied sur l’autre. Elle fume une cigarette.
Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur.
Elle veut qu’on la saisisse, qu’on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu’elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n’être qu’un objet au milieu d’une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu’on lui pince les seins, qu’on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin d’un ogre.
Elle ne réveille personne. Elle s’habille dans le noir et ne dit pas au revoir. Elle est trop nerveuse pour sourire à qui que ce soit, pour entamer une conversation matinale. Adèle sort de chez elle et marche dans les rues vides. Elle descend les escaliers du métro Jules-Joffrin, la tête basse, nauséeuse. Sur le quai, une souris court sur le bout de sa botte et la fait sursauter. Dans la rame, Adèle regarde autour d’elle. Un homme dans un costume bon marché l’observe. Il a des chaussures pointues mal cirées et des mains poilues. Il est laid. Il pourrait faire l’affaire. Comme l’étudiant qui tient sa copine enlacée et lui dépose des baisers dans le cou. Comme le cinquantenaire debout contre la vitre qui lit sans lever les yeux vers elle.
Elle ramasse sur le siège en face d’elle un journal daté d’hier. Elle tourne les pages. Les titres se mélangent, elle n’arrive pas à fixer son attention. Elle le repose, excédée. Elle ne peut pas rester là. Son cœur cogne dans sa poitrine, elle étouffe. Elle desserre son écharpe, la fait glisser le long de son cou trempé de sueur et la pose sur un siège vide. Elle se lève, ouvre son manteau. Debout, la main sur la poignée de la porte, la jambe secouée de tremblements, elle est prête à sauter.
Elle a oublié le téléphone. Elle se rassoit, vide son sac, fait tomber un poudrier, tire sur un soutien-gorge dans lequel ses écouteurs se sont emmêlés. Pas prudent ce soutien-gorge, songe-t-elle. Elle n’a pas pu oublier le téléphone. Si elle l’a oublié, elle devra retourner à la maison, trouver une excuse, inventer quelque chose. Et puis, non, il est là. Il a toujours été là mais elle ne l’a pas vu. Elle range son sac. Elle a l’impression que tout le monde la regarde. Que toute la rame se moque de sa panique, de ses joues brûlantes. Elle ouvre le petit téléphone à clapet et rit en voyant le premier nom.
Adam.
De toute façon, c’est fichu. Avoir envie, c’est déjà céder. La digue est rompue. À quoi servirait de se retenir ? La vie n’en serait pas plus belle. À présent, elle réfléchit en opiomane, en joueuse de cartes. Elle est si satisfaite d’avoir repoussé la tentation pendant quelques jours, qu’elle en a oublié le danger. Elle se lève, soulève le loquet poisseux, la porte s’ouvre.
Station Madeleine.

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
2/6

  Challenge Petit Bac 2014
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"Lieu" (10)

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26 août 2014

La part des nuages - Thomas Vinau

Lu dans le cadre du Prix du Roman Fnac 2014

PRF-jury-08-2014-186

la part des nuages_ Alma éditeur - août 2014 - 120 pages

Quatrième de couverture : 
Tout va vient, la mer est calme, Joseph, 37 ans, mène sa barque comme il peut. Comme tout le monde. Atteindre le soir, le lendemain. La fin du mois. Les prochains congés. Finalement rien n’a changé depuis l’enfance. Si ce n’est qu’il n’est plus un enfant, qu’il en a un, Noé, et que le bateau prend l’eau. La mère de l’enfant s’en va puis l’enfant à son tour – le temps des vacances.
Joseph déboussolé prend le maquis. ( Attention : spoiler) Le baron perché se serait réfugié dans son arbre, Alexandre le Bienheureux dans son lit, Robinson dans la boue de ses sangliers. Joseph,  lui, commence par grimper dans la cabane qu’il a construite dans un arbre du jardin. Object : ranimer ses rêves. Puis il découvre un second refuge : les autres, leurs histoires, leur présence ; celles d’une jeune fille et d’un clochard notamment. Avec l’obstination placide d’une tortue qui cherche sa première fleur de pissenlit,  Joseph traverse la nuit, essuie l’orage. Victorieux, décrotté, prêt à tout.

Auteur : Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse. Il vit au pied du Luberon à Pertuis. Ses deux premiers romans sont Nos cheveux blanchiront avec nos yeux et Ici ça va.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
J'ai déjà lu deux livres de cet auteur et lorsque ce livre m'a été envoyé dans le cadre du Prix du Roman Fnac 2014, j'étais ravi de le découvrir et c'est par lui que j'ai commencé la lecture des 5 livres envoyés.
C'est l'histoire de Joseph, 
un père qui gère le quotidien tout en s'occupant seul de Noé son jeune fils depuis que la maman a quitté le foyer. Ses journées sont rythmées grâce à la présence de Noé, il est son pilier, son équilibre. Mais un jour, la maman vient chercher Noé pour une semaine de vacances et Joseph se retrouve seul chez lui, déboussolé... 

J'ai consciemment masqué une partie de la quatrième de couverture qui en dit beaucoup trop...
Le style de l'auteur est très particulière, il utilise des
 phrases courtes de quelques mots, parfois sans verbe. Il donne ainsi une série d'impression avec beaucoup de poésie sur la nature qui l'entoure, sur ses sentiments...
J'ai été touché par ce personnage plein d'amour pour son enfant et qui vit difficilement son absence.
J'ai donné un 7/10 à ce livre, peut-être un peu trop mélancolique à mon goût.

 

Extrait : (début du livre)
Ce jour là ne fut le jour de rien. Justement. Pourtant il n'était pas pire que les autres. Pas de changement notable. Pas d'évènement. Aucune surprise naissante. Aucun début. Aucune fin. Aucun rebondissement. Rien de flagrant, si ce n'était sa concordance tiède avec hier et demain. Lui, ne s'est pas levé transformé en cafard. Personne ne venait de mourir. Il n'a pas décidé de changer quelque chose. Ni de faire comme avant. Ni de regarder autrement. Ni de regarder autre chose. Il s'est levé avec le jour. Il a suivi l'ascension graduée de la lumière. Il a couru derrière. Il a fait ce qu'il avait à faire. Conservé ce qui pouvait être conservé. Protégé les siens. Fait les courses. Ravalé ses insultes. Mis un pied devant l'autre. Il a été un homme. Un peu pénible. Un peu bon. Il ne fut ni honteux ni fier. Fatigué. Comme chaque soir. A l'abri comme chaque soir. Plutôt content que les choses se passent normalement.

[...]

Le jour est une pente que tout le monde dévale. Les nuages cavalent dru dans le ciel. Le vent fouette leurs flancs. Leurs ombres galopent sur les collines, enjambent les plaines, avalent la lumière. Ça bouge au-dessus de nos têtes. C’est la grande lessive bleue et le créateur de l’univers est une femme de ménage. Il faudrait s’ouvrir le crâne comme une boîte de conserve. S’enfoncer l’horizon dans les yeux. Avaler les glaces du ciel. Il faudrait passer une serpillière de neige dans son ventre. Que la brise arrache les peaux mortes. Qu’on monte comme une particule d’eau stratosphérique dans la chaleur de l’aube. Comme une araignée dans une bulle. Qu’on passe son coeur au Karcher de la lumière, il faudrait retourner là-haut, dans les nuages. 

 

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 
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1/6

Challenge Petit Bac 2014
91121022
 
"Couleur" (10)

Déjà lu du même auteur : 

2013-11-12_152629 Ici ça va nos cheveux Nos cheveux blanchiront avec nos yeux 

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24 août 2014

La boîte à musique - Jean-Michel Defromont

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Science et Service - 1984 - 285 pages

Editions Quart Monde - 1989 - 284 pages

Editions Quart Monde - 1998 - 284 pages

Quatrième de couverture :
La vie est dure, rue des Orchidées, mais un jour, une mystérieuse boite à musique vient y glisser ses notes d'espoir... Dès les premières lignes, David nous plonge dans son monde. Avec ses mots à lui, c'est toute une enfance qui se raconte. Ce n'est pas tout à fait un roman : pas une page, pas une phrase qui ne s'enracine dans le vécu des gamins les plus pauvres... Ce n'est pas non plus un documentaire : pas une anecdote, pas un récit qui ne soit traduit en termes de poésie, qui ne soit recréé par le regard de l'amitié.
Ce livre doit son existence au mouvement Tapori. Celui-ci, depuis ses origines rassemble les enfants de tous les milieux, ceux des " rues des Orchidées " comme ceux des beaux quartiers, recueillant jour après jour leurs pensées, leurs joies, leurs peurs, leurs rêves, comme autant de pièces d'un même puzzle.
C'est ce puzzle traversé par un rayon de soleil que l'auteur a reconstitué pour nous car il sait, d'expérience, que la misère n'est pas une histoire ancienne, d'un autre monde : cette histoire, aujourd'hui, des milliers de gosses la vivent, chez nous.
Ce livre est aussi un cri d'espoir qui monte du creux de la misère. Les enfants savent bien que vous l'entendrez.

Auteur : Écrivain. Membre du Mouvement international ATD Quart Monde.

Mon avis : (lu en 1984 et relu en juillet 2014)
David est le narrateur de cette histoire, il a une dizaine d'années et la vie n'est pas facile. Il habite rue des Orchidées, sa famille est pauvre, ce n'est pas facile de manger à sa faim tous les jours. A l'école, ceux de la rue des Orchidées sont montrés du doigts... David est lucide et également en colère, ce n'est pas juste de ne pouvoir faire comme les autres enfants... Il va faire la rencontre de Valérie une jeune fille bénévole qui vient régulièrement lire des histoires à ceux qui veulent dans la rue. Il va recevoir en cadeau une belle boîte à musique qui sera son secret et l'espoir de jours meilleurs. 
Cette histoire écrite il y a plus de 30 ans à partir de l'expérience de l'auteur avec des enfants les plus pauvres dans le mouvement Tapori d'ATD Quart Monde est malheureusement toujours d'actualité. 
David, ses frères et soeurs, ses camarades nous touchent le coeur et nous ouvrent les yeux sur la facilité avec laquelle nous pouvons avoir des préjugés sur les plus pauvres, sur les plus humbles.
Un livre destiné aux adolescents qui doit être lu également par les adultes !


Extrait : (début du livre)
« C’est pas moi !… » 

– Qu’est-ce que t’as fait de la clé ? 
Deux dames interrogeaient mon petit frère sur le trottoir d’en face. La grosse distribuait les gamelles de la mairie pour les vieux qui sont pauvres. L’autre, la vieille, avait l’air toute perdue sans sa clé. 
– Eh ben réponds ! 
Elle était en colère, la grosse. Pierrot ne faisait pas le fier. Des gens s’attroupaient autour de lui, des femmes et des enfants qui allaient au marché. Je me rappelle. C’était un mercredi, vers la fin des vacances. 
- Encore lui !
- Il est pire que son frère, celui-là !
Pierrot baissait les yeux. Moi, je restais caché sous le porche, les poings serrés dans les poches. La vieille dame expliquait :
- Même pas cinq minutes !... Le temps d'acheter mon pain chez Monsieur Jacquet, je reviens : plus de clé !... Même pas cinq minutes !... 
C'est la première fois que je l'oublie sur ma porte, et voilà, j'peux plus rentrer chez moi.

 Challenge Petit Bac 2014
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"Bâtiment" (6)

Souvenirs_souvenirs

 

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14 août 2014

Le bracelet de vermeil - Serge Dalens

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Alsatia - 1945 -

Alsatia - 1945 -

Alsatia - 1945 -

Signe de Piste - 1958 -

Alsatia - 1963 - 215 pages

Signe de Piste - 1970 (BD)

Signe de Piste - 1970 (BD)

Safari Signe de Piste - 1971

Safari Signe de Piste - 1976 - 215 pages

Nouveau Signe de Piste - 1989

France Loisirs - 1985 - 215 pages

Fleurus - 1996

Illustrations de Pierre Joubert

Quatrième de couverture : 
« Nous méritons toutes nos rencontres... » a écrit François Mauriac. Faut-il croire qu'Eric et Christian ont « mérité » leur extraordinaire aventure ? Rien ne semblait cependant destiner le jeune Prince des Neiges et le fils du chirurgien parisien à se rencontrer. Rien, si ce n'est ce bracelet qu'Eric porte au poignet, signe d'un terrible secret, vieux de cinq siècles, et rappel d'une mission dramatique.
Eric devra choisir : entre le devoir et l'amitié, aucun compromis n'est possible.

Auteur : Serge Dalens, nom de plume d'Yves de Verdilhac, né en 1910 à Albertville en Savoie, est un écrivain français. Magistrat de profession, il est surtout connu pour ses nombreux romans, pour la plupart destinés à la jeunesse et de directeur de la collection « Signe de piste » (1954). L'auteur a également utilisé les pseudonymes de François Thervay et de Mik Fondal, collectif avec Jean-Louis Foncine (Pierre Lamoureux). Il est décédé en 1998.

Mon avis : (lu et relu depuis la fin des années 70)
Ce livre est le premier livre "Signe de Piste" que j'ai lu alors que j'étais moi-même Jeannette ou Guide... C'est aussi le premier volume de la série du Prince Eric paru pour la première fois en 1937, Le bracelet de vermeil a connu un extraordinaire succès, consacré par un tirage de plus d'un million d'exemplaires ! 
Été 1936, Christian s'apprête à partir en camp scout en Alsace avec sa Troupe dans la Patrouille du Loup. Il va faire la connaissance d'Eric, scout invité pour le camp. C'est un jeune garçon timide qui porte un bracelet de vermeil avec une étrange inscription. Christian se liera très vite d’amitié avec ce nouveau scout assez mystérieux. Il découvrira que ce dernier n'est pas n'importe qui... mais un prince nordique qui a une mission venue du passé à accomplir... 

Eric va devoir faire un choix difficile entre le devoir et l'amitié.
Un roman d'aventure qui m'a fait rêvé durant mes années de scoutisme.
Les illustrations de Pierre Joubert contribuent certainement aussi pour une part au succès de cette série.

Extrait : (page 15) 
L’aîné s’appelait Louis. Le second, Philippe. Le troisième, Christian. Vingt-deux, quinze et treize ans. Scouts. Heureux de l’être.
— La vie est belle, dit Philippe.
— Oui, fit Christian.
— Chantons, ajouta Louis.
Les rires volèrent avec le vent, qui recueillit la chanson.
Une horloge tinta, sept fois. La voiture s’arrêta.
— À demain, Philippe.
— À demain.
Luxembourg, quai d’Orsay, avenue des Ternes.
— Bonsoir, Christian !
— Bonsoir, Chef !

Louis rentre à son tour. Prêt pour le départ du lendemain : le camp d’été !
Quelle joie de quitter Paris, d’emmener les scouts respirer l’air frais des Vosges !
D’emblée, la Cour d’Honneur avait accepté l’invitation de Mme de Lienville, une grande amie de la Troupe : on visiterait l’Alsace en établissant le quartier général du camp au château qu’elle y possédait. À la demande de son chef, on emmenait même un scout venu d’on ne sait trop où.
— Demain…, songea Louis.
Il atteignit un album, celui de l’année passée, et les souvenirs s’exhalèrent d’entre les pages. Pour la centième fois, les images s’animèrent. Ici, c’était Philippe roulant dans la neige, là, Christian plus ébouriffé que jamais, avec ses grands yeux noirs et ses cheveux de jais.
Partout la joie de vivre et le bonheur d’être amis.
Un appel interrompit sa rêverie.
— Louis, le téléphone !
— Qui donc à cette heure… ?
— Un scout.
— Bon, j’y vais. Allo ?
— Allo, ici Christian d’Ancourt. C’est toi, Chef ? Écoute, il faut absolument que tu passes demain à la maison. Tu sais que papa est un peu nerveux depuis quelques jours. Ce soir, il ne veut plus me laisser partir pour Birkenwald.
— Pourquoi ?
— Je ne sais pas, j’ai eu beau insister, supplier, dire que tu comptais absolument sur moi, rappeler notre sortie de cet après-midi, rien n’y a fait. Alors, il faut que tu viennes. Dis, Louis, tu veux bien ?
— Oui, c’est promis. Mais enfin, ton père t’a bien donné une raison ! On ne prend pas une décision comme celle-là sans motifs. Tu n’as pas fait de sottises au moins ?
— Non, je t’assure, je n’y comprends rien…
— Alors, à demain. Dors quand même sur tes deux oreilles, petit frère !… En voilà une autre, maintenant ! Le docteur d’Ancourt n’agit certainement pas à la légère. Christian est trop franc pour m’avoir caché quelque chose. Qu’a-t-il bien pu arriver ?

Christian ne pouvait cependant lui en dire davantage. Rentrant chez lui, il avait trouvé son père plus sombre encore que les jours précédents. Et comme, pour le dérider, il amenait la conversation sur son prochain départ :
— Non, Christian, lui avait-il répondu, tu n’iras pas au camp, tu ne peux y aller.
Pas d’explications.
— … Tu comprendras cela plus tard, avait seulement ajouté M. d’Ancourt, pense, mon petit, que nous avons de sérieuses raisons, ta maman et moi, pour agir de la sorte.
C’est alors que Christian avait eu recours à son Chef.
Maintenant, il s’efforçait au calme, mais ses yeux brillants s’attardaient sur son sac inachevé, fixant douloureusement les derniers objets épars sur le tapis.
Le perpétuel sourire illuminant son visage, ne comptait plus que pour mémoire, et la mèche brune, cachant généralement un œil, pendait lamentablement.
Il se heurtait à un obstacle inconnu, le laissant désemparé, lui qui avait l’habitude d’abattre de haute lutte les difficultés rencontrées.
Il avait le goût des réalisations pratiques et immédiates, un esprit d’aventure poussé à l’extrême, une imagination débordante.
Dire que Christian ne rêvait que plaies et bosses, serait passer la mesure, mais il est certain que son plus gros sacrifice, lors de son entrée à la Troupe, avait été de ne plus se colleter comme un chiffonnier avec ses camarades de classe.
Pas trop grand et bien carré d’épaules, il arborait un air de douceur qui détonnait étrangement sur tout ce qu’il y avait de viril en lui. Avec cela, très racé, et des façons de prince. Il avait une telle manière de prêter sa bicyclette ou d’offrir un caramel à celui qu’il venait de rosser, qu’on ne pouvait s’empêcher de l’aimer.
Il voulait bien se battre, mais détestait faire de la peine. On se sentait heureux, rien qu’à voir son sourire et à l’entendre chanter.
Pour l’instant, il ne parvenait pas à comprendre la brusque décision de ses parents, et mettait son dernier espoir dans l’arrivée du Chef.
Ignorant le vrai motif de l’attitude de son père, il ne pouvait se douter qu’un événement imprévu allait modifier la situation au point de rendre presque inutile l’intervention du Scoutmestre.

 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Matière" (7)

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08 août 2014

La Cité de la joie – Dominique Lapierre

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Robert Laffont – janvier 1985 - 501 pages

Livre de Poche – mai 1987 - 602 pages

France Loisirs – janvier 1992 – 544 pages

Robert Laffont – septembre 1992 -

Pocket – décembre 1999 - 639 pages

Pocket – septembre 2000 – 639 pages

Quatrième de couverture : 
40 millions de lecteurs.
31 éditions internationales.
170 000 lettres de lecteurs enthousiastes.
Une superproduction cinématographique.
Une presse mondiale unanime.

LA CITÉ DE LA JOIE est un chant de fraternité et d'amour adressé au peuple le plus déshérité de la planète, en même temps qu'un reportage déchirant, un document unique sur la capacité des hommes à triompher de la souffrance, de la misère et du malheur. 

Auteur : Né en 1931, journaliste grand reporter à Paris Match il est aussi écrivain. Il a écrit plusieurs best-sellers internationaux avec Larry Collins.
En 1981, il rencontre Mère Térésa. C'est après cette rencontre qu'il écrira en 1985 : La cité de la joie. Ouvrage traduit en 30 langues qui sera porté à l'écran en 1992.
A son retour en France il fonde l'association "Action pour les enfants des lépreux de Calcutta" dont le but est de soutenir financièrement l'oeuvre de : James Stevens. Il continue ses actions humanitaires en 1997-1998-1999 par le lancement de 3 bâteaux dispensaire pour soigner les habitants de 57 îles du Golfe du Bengale, au large du Delta du Gange et du Brahmapoutre. En 2000/2001 il lance et inaugure : une clinique à Bhopal. 

Mon avis : 
C'est un livre que j'ai lu et relu de nombreuses fois. La Cité de la Joie, c'est le nom d'un bidonville de Calcutta et à travers l'histoire de différents personnages, le lecteur est plongé dans un monde extraordinaire.
C'est un livre qui m'a beaucoup marqué, il est incroyable de voir tant de joie et de sourires, d'humanité, de solidarité, d'amour et de fraternité dans un bidonville où le quotidien n'est que misère, saleté, pauvreté et difficulté...
Un livre bouleversant et une formidable leçon de vie. 

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En 1992, le livre a été adapté au cinéma par Roland Joffé avec avec Patrick Swayze. Je n'ai pas retrouvé dans le film tout ce que la lecture du livre avait pu me faire ressentir... 

 

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