09 août 2017

Un Monde Si Tranquille T02 : Anticylone - Etienne Davodeau

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Delcourt - août 2000 - 56 pages

Delcourt - avril 2015 - 56 pages

Quatrième de couverture : 
Nina est surnommée "Grande gueule" par ses collègues techniciennes de surface aux Transports Doublet, et c'est bien ce qui pourrait la pousser vers la porte, dixit la direction. Castor est chauffeur aux Transports Doublet, et il a fait du zèle. Lui, ce sont ses collègues qui pourraient le pousser vers
 la porte. Le hic, c'est que ni Castor ni Nina ne peuvent envisager un instant de se retrouver à la rue... Ils sont prêts à tout pour l'éviter. Et qui va s'occuper de leurs cas ? Samuel Faure, directeur des ressources humaines. Un métier pas facile.

Auteur : Étienne Davodeau né en 1965. Il vit en Anjou. En 1985, après des études d'arts plastiques à Rennes, il publie la trilogie Les Amis de Saltiel puis Le Constat. Viennent ensuite Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d'Albert, Anticyclone et Ceux qui t'aiment.
2001 : il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix d'inscrire le monde réel au cœur de son travail. En 2003, avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles. Après avoir publié Chute de vélo, qui obtient le Prix des libraires spécialisés 2005, il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand Prix 2006 de la Critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. En 2006, il publie, avec Kris, Un homme est mort. Le premier livre de Lulu femme nue a obtenu, en 2009, un Essentiel au Salon International d’Angoulême, le Prix Ouest-France/Quai des bulles, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique. Le second livre de Lulu a été publié en 2010.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
Dans l'entreprise de transports Doublet, Nina n'est pas affréteuse, comme elle le fait croire à son père et à sa fille, mais femme de ménage. C'est une grande gueule et elle est menacée de licenciement.
Castor est un ancien SDF, il est chauffeur routier intérimaire et attend un CDI promis. Pour l'obtenir, il n'hésite pas à trahir ses collègues en informant la direction d'une prochaine grève. Il devient donc indésirable dans l'entreprise.
Entre les deux, il y a Samuel Faure, directeur  des ressources humaines, qui n'a qu'un poste pour les deux et qui va devoir choisir...
Etienne Davodeau plonge le lecteur dans le monde féroce du travail et jusqu'où est-on prêt à aller pour obtenir ou garder un travail ?
Le sujet exploré est sombre mais intéressant, l'histoire est parfois un peu brouillonne mais surprenante dans sa conclusion. 

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

lulu_femme_nue_tome1  Lulu Femme Nue : 1er livre lulu_femme_nue_tome2 Lulu Femme Nue : 2ème livre
rural Rural ! Chronique d'une collision politique
chute_de_velo Chute de vélo  un_homme_est_mort Un homme est mort
les_mauvaises_gens Les Mauvaises gens Quelques_Jours_Avec_Un_Menteur 
Quelques jours avec un menteur

les_ignorants Les ignorants 93767685 Le chien qui louche

116346808 Le Réflexe de survie 51kdlYcRPgL La gloire d'Albert

 

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30 juillet 2017

Un Monde Si Tranquille T01 : La gloire d'Albert - Etienne Davodeau

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Delcourt - août 1999 - 46 pages

Delcourt - mars 2015 - 46 pages

Quatrième de couverture :
Albert Colin, individu effacé que sa femme méprise, milite sans vraiment savoir pourquoi pour un parti d'extrême droite dont il admire les dirigeants. Ayant assisté au meurtre d'un des leaders de ce parti, il suit les tueurs et parvient à les maîtriser : une occasion pour Albert d'avoir peut-être son heure de gloire. Mais parfois il vaudrait mieux ne pas s'aventurer dans les coulisses du pouvoir.

Auteur : Étienne Davodeau né en 1965. Il vit en Anjou. En 1985, après des études d'arts plastiques à Rennes, il publie la trilogie Les Amis de Saltiel puis Le Constat. Viennent ensuite Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d'Albert, Anticyclone et Ceux qui t'aiment.
2001 : il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix d'inscrire le monde réel au cœur de son travail. En 2003, avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles. Après avoir publié Chute de vélo, qui obtient le Prix des libraires spécialisés 2005, il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand Prix 2006 de la Critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. En 2006, il publie, avec Kris, Un homme est mort. Le premier livre de Lulu femme nue a obtenu, en 2009, un Essentiel au Salon International d’Angoulême, le Prix Ouest-France/Quai des bulles, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique. Le second livre de Lulu a été publié en 2010.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
Voilà le premier tome de la trilogie "Un monde si tranquille" d'Etienne Davodeau. C'est l'histoire d'Albert, un homme ordinaire qui travaille comme homme à tout faire dans le magasin Bricomat. Il est également figurant bénévole dans le spectacle « Nos valeurs, notre terroir » créé par le parti d'extrême droite « Tradition et convictions ». Un soir, en rentrant du spectacle, il assiste à l'accident de voiture dans lequel se tue le leader du parti. Il comprend rapidement qu'il s'agit d'un meurtre, il décide donc de suivre les deux tueurs et de les confronter... Albert est un personnage attachant mais en cherchant obtenir de la reconnaissance en menant une enquête trop grande pour lui, il va lui arriver malheur...
Une BD plus sombre que d'habitude que j'ai aimé découvrir.

Extrait :

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Quelques jours avec un menteur

les_ignorants Les ignorants 93767685 Le chien qui louche 

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19 juillet 2017

Les jours sucrés - Loïc Clément et Anne Montel

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Quatrième de couverture :
Une comédie romantique qui fait un bien fou !
À 25 ans, Églantine apprend le décès de son père et part pour Klervi, le village breton de son enfance. Elle y retrouve sa vie d'avant, ses souvenirs et la pâtisserie paternelle (qui est désormais la sienne), mais aussi Gaël, son amoureux de l'époque, sa tante Marronde et tous les chats du village. Surtout, elle découvre le journal intime de son père. Il y a mis tous ses secrets de vie et de cuisine. Un véritable guide pour Églantine. Et si c'était l'occasion d'un nouveau départ ?
Une comédie romantique légère et subtile.

Auteurs : Loïc Clément est né le 16 novembre 1981 à Bruges. Scénariste de bandes dessinées pour les adultes et la jeunesse, et auteur d'albums illustrés, Loïc est un passionné de livres. Il a été libraire spécialisé, critique littéraire, bibliothécaire et formateur dans le domaine des métiers du livre avant de se lancer lui même dans l'écriture. Loïc vit quelque part à la campagne où il cultive son jardin et son amour des poneys. Pendant que le monde devient fou, il grignote du chocolat blanc en rêvant à de nouvelles histoires...
Anne Montel est née à Nantes en 1988, elle est illustratrice et graphiste indépendante et dessinatrice de bande dessinée. Elle est également l'illustratrice de livres pour la jeunesse, et illustre une série de livres de recettes. Elle habite et travaille à Bordeaux.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
Suite au décès de son père, Eglantine retourne près de 20 ans après, à Klervi, le village breton de son enfance. Elle a hérité de la boulangerie de son père qui les avait abandonnées sa mère et elle. Elle qui comptait vendre son héritage et regagner rapidement Paris où elle vit maintenant, elle rencontre Gaël, son ami d'enfance, et les bons souvenirs jaillissent... Elle trouve un carnet de recettes de son père où il écrit également ses pensées, Eglantine va donc découvrir peu à peu l'homme qu'il était... Elle décide donc rester au village et de reprendre la suite de son père.
L'histoire est simple, avec de bons sentiments, des personnages très attachants, chaque chapitre porte un nom de pâtisserie et j'ai passé un moment de lecture délicieux !

Extrait :

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15 juillet 2017

Triste Amérique - Michel Floquet

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Les Arènes - mars 2016 - 235 pages

Les Arènes - novembre 2016 - 235 pages

Quatrième de couverture :
Il y a deux Amérique. Celle du mythe, de la liberté, de la musique, de la chance offerte à chacun. De la Silicon Valley, de Manhattan, de Google, de Facebook, de Wall Street et d’Hollywood. Et l’autre Amérique... Un pays qui consacre la moitié de son budget à l’armée, en perdant toutes ses guerres. Où un enfant sur quatre mange à la soupe populaire. Où l’on compte, proportionnellement, plus de prisonniers qu’en Chine ou en Corée du Nord. Où des vieillards paralytiques purgent des peines de 150 ans. Où, chaque jour, plus de 30 personnes sont abattues par arme à feu. Où les études coûtent 40 000 dollars par an, induisant une reproduction sociale sans égale. Où l’impôt taxe les plus riches de 15 % et les plus modestes de 25 ou 30 %. Une démocratie dominée par deux partis qui dépenseront 7 milliards de dollars lors de l’élection de 2016 pour continuer à se partager le pouvoir. C’est cette triste Amérique que dépeint Michel Floquet. Un pays qu’il a parcouru pendant cinq ans, saisi par son éloignement de l’Europe, son continent d’origine. Et l’on réalise qu’au XXIe siècle, les Etats-Unis ont dévoré l’Amérique tant admirée.

Auteur : Michel Floquet, grand reporter, a été correspondant de TF1 à Washington de 2011 à 2016.

Mon avis : (lu en juin 2017)
J'ai découvert ce livre grâce au Café Lecture de la Bibliothèque. L'auteur veut démontrer que l'American dream n'est plus vrai ! Après avoir parcouru le pays pendant cinq années, il met le doigt sur les côtés sombres de cette Amérique (les États-Unis) qui a longtemps fait rêver les Européens...
Les Américains d'aujourd'hui se gardent bien de se rappeler du passé : de la conquête de l'Amérique et du sort fait aux populations autochtones, de la main-d’œuvre gratuite importée, les esclaves. Les Indiens comme les Noirs sont considérés comme des citoyens de seconde zone.
L’Amérique est le pays le plus riche du monde, mais c’est également le plus inégalitaire. Ses riches toujours plus riches et ses pauvres toujours plus pauvres. 
Le système éducatif est défaillant, le coût des études est prohibitif et tous ceux qui n’ont pas des parents fortunés doivent s'endetter pour de poursuivre des études.
Le "vivre ensemble" n'existe pas vraiment, tout comme la mixité sociale, l’Amérique vit en ghettos.
L'Amérique est violente, violence économique et sociale, violence dans les rapports entre les gens, entre les communautés, au travail comme dans la vie de tous les jours, violence du sport, violences policières…
Le matérialisme, le profit et l’individualisme sont essentiels en Amérique... 
Aujourd’hui, se nourrir correctement aux États-Unis reste un défi. Le seul objectif est de minimiser les coûts et de maximiser les profits : abus d’antibiotiques, épuisement des sols et des ressources en eau...   
Même si ce livre est plutôt pessimiste et ne s'intéresse qu'à ce qui ne va pas bien, il est très intéressant, bien documenté, très instructif et facile à lire. 

Extrait : (début du livre)
Prologue
JE SUIS ARRIVÉ AUX États-Unis à l’été 2011. Sans préjugés. Conscient de découvrir un pays dont je connaissais peu de chose. En 2004, j’avais suivi la campagne de John Kerry, ce grand patricien démocrate, francophile et francophone, élégant et racé. L’incarnation de l’Amérique que les Français aiment à aimer. Quelque temps auparavant, en 2003, j’avais passé près de deux mois embedded, incorporé, avec les paras de la 82e Airborne, la 82e division aéroportée. Celle-là même qui avait sauté sur Sainte-Mère-Église et s’apprêtait à en faire autant sur l’aéroport de Bagdad puis à ouvrir la route vers la capitale irakienne. Las, le sort des armes en avait décidé autrement. L’unité d’élite s’était retrouvée à sécuriser les arrières et les voies d’approvisionnement d’une guerre qui, décidément, commençait de travers. De Koweït City à Bagdad, j’avais vécu au milieu de ces petits Blancs engagés avant tout pour des raisons économiques, sans parler des Latinos qui venaient là, déjà, gagner leur naturalisation. Tous ces jeunes hommes, hostiles par principe à un pays, la France, qui non sans raison leur avait fait la leçon, s’étaient rapidement, au fil des épreuves partagées, révélés pour la plupart de braves types à mille lieues de la caricature de Rambo que leur pays aime à donner d’eux.
Un candidat malheureux, quelques soldats d’occasion, c’est peu pour se faire une idée d’une nation. Et pourtant, j’arrivais confiant. Comme quand on rend visite à la famille éloignée. Tous ces cousins qu’on n’a pas vus depuis des années, qu’on aura peut-être du mal à reconnaître, mais qu’on sent si proches, si familiers…
L’Amérique, c’est cela. Nous sommes convaincus de la connaître. Pire, nous croyons qu’elle nous ressemble. Comme le voisin de palier qu’on croise sans jamais l’inviter ni entrer chez lui. Il faut souvent qu’un drame survienne pour que nous réalisions que cet être si proche nous était totalement étranger.
L’Amérique, c’est ce mystère familier. Chacun a la sienne. Les plus malins en ont même plusieurs. L’Amérique des paysages à couper le souffle comme celle des campus, de Google, de Facebook. L’Amérique patricienne, Boston, la Nouvelle-Angleterre. Celle des mythes, de Kennedy à Bill Gates. L’Amérique de Homeland ou des Sopranos. L’Amérique que l’on moque, celle de George W. Bush, et celle de Barack Obama, qui séduit. L’Amérique qui nous a libérés et l’Amérique interventionniste, gendarme du monde. L’Amérique martyre du 11-Septembre… L’Amérique remplit notre imaginaire comme aucun autre pays.

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06 juillet 2017

Arrête avec tes mensonges - Philippe Besson

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib - juin 2017 - 4h45 - Lu par Antoine Leiris

Julliard - janvier 2017 - 198 pages

Quatrième de couverture :
Quand j'étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : « Arrête avec tes mensonges. » J'inventais si bien les histoires, paraît-il, qu'elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J'ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier.

Aujourd'hui, voilà que j'obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre.
Autant prévenir d'emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale.
Mais un amour, quand même.
Un amour immense et tenu secret.
Qui a fini par me rattraper.

Auteur : Né en Charente, Philippe Besson a fait des études de droit et est diplômé de l’École supérieure de commerce de Rouen. C’est en 2001 qu’il publie son premier roman, En l’absence des hommes, qui reçoit le prix Emmanuel-Roblès. Dès lors, la plupart de ses livres est saluée par l’obtention d’un prix littéraire, une nomination, ou fait l’objet d’une adaptation cinématographique, comme Son frère, réalisé par Patrice Chéreau. Il est également, à la télévision, la radio et la presse écrite, un critique littéraire subtil et talentueux.

Lecteur : Ancien chroniqueur culturel à France Info et France Bleu, Antoine Leiris est journaliste. Il est l’auteur d’un premier livre très remarqué, Vous n’aurez pas ma haine, Grand Prix du livre audio France Culture - Lire dans le Noir en 2017, lu par André Dussollier.

Mon avis : (écouté en juin 2017)
Barbezieux en Charente, c'est la rencontre improbable entre deux garçons dans un lycée de province. Thomas est fils de paysan destiné à reprendre la ferme familiale, Philippe, l'auteur du livre, est fils d'instituteur, il aime les livres et après son Bac, il poursuivra ses études à Bordeaux. Cet hiver 1984, ils tombent amoureux l'un de l'autre, une histoire clandestine et secrète, c'est la condition obligatoire pour pouvoir vivre cette passion réciproque. Même s'ils se côtoient au lycée, rien ne doit paraître sur leur complicité, sur leur élan amoureux... Thomas ne veut pas et ne peut pas avouer ce qu'il est, il craint trop les conséquences d'un tel aveux.

Dans ce roman l'auteur se dévoile enfin en racontant ce premier grand amour qui est certainement à l'origine de sa vocation d'écrivain et qui a inspiré son oeuvre. Il ose enfin raconter cette histoire autobiographique longtemps gardée secrète.
Un roman juste et poignant.
La lecture faite par Antoine Leiris est juste et très agréable. L'entretien "bonus" avec Philippe Besson est très intéressante.

Merci Pauline et Audiolib pour cette lecture émouvante et sincère.

Déjà lu du même auteur :

 La Trahison de Thomas Spencer

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04 juillet 2017

Le Réflexe de survie - Étienne Davodeau

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Delcourt - août 1998 - 62 pages

Delcourt – novembre 2014 - 48 pages

Quatrième de couverture :
Antoine Monnier est le paisible quinquagénaire qui préside aux destinées d'une petite gare échouée en pleine campagne. Chaque matin, les habitants empruntent le train qui les mène vers la ville et les reconduit, chaque soir, à leur domicile. Une douce monotonie que rien ne perturbe jusquà l'arrivée de rumeurs sur la fermeture de la ligne et l'intrigante présence dun jeune type aux airs de voyou.

Auteur : Étienne Davodeau né en 1965. Il vit en Anjou. En 1985, après des études d'arts plastiques à Rennes, il publie la trilogie Les Amis de Saltiel puis Le Constat. Viennent ensuite Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d'Albert, Anticyclone et Ceux qui t'aiment.
2001 : il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix d'inscrire le monde réel au cœur de son travail. En 2003, avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles. Après avoir publié Chute de vélo, qui obtient le Prix des libraires spécialisés 2005, il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand Prix 2006 de la Critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. En 2006, il publie, avec Kris, Un homme est mort. Le premier livre de Lulu femme nue a obtenu, en 2009, un Essentiel au Salon International d’Angoulême, le Prix Ouest-France/Quai des bulles, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique. Le second livre de Lulu a été publié en 2010.

Mon avis : (lu en juin 2017)
Dans une petite ville, c'est tous les jours le même travail pour Antoine le chef de gare, donner le départ du train matin pour les voyageurs qui partent travailler en ville, accueillir l'arrivée du train du soir qui ramène les mêmes voyageurs, et manoeuvrer l'aiguillage en milieu d'après-midi pour l'Express qui passe sans s'arrêter. Un sdf, Tolsky, s'est installé dans un bâtiment abandonné en face de la gare, et matin et soir il est sur le quai pour souhaiter une bonne journée aux voyageurs... Mais la gare est menacée de fermeture, il fait beau c'est l'été, quelques jeunes désoeuvrés traînent à proximité...
Comme d'habitude, Etienne Davodeau nous raconte une histoire simple, réaliste mettant en scène des personnages ordinaires mais attachants, grâce à eux, cette gare est bien plus que là où s'arrête les trains, c'est également un lieu de rencontres et d'échanges...

Extrait : 

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les_mauvaises_gens Les Mauvaises gens Quelques_Jours_Avec_Un_Menteur 
Quelques jours avec un menteur

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30 juin 2017

Quand sort la recluse - Fred Vargas

Quand-sort-la-recluse Flammarion - mai 2017 - 496 pages

Quatrième de couverture :
« - Trois morts, c'est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n'est pas de notre compétence. 

- Ce qu'il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J'ai donc rendez-vous demain au Muséum d'Histoire naturelle. 
- Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ? 
- Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés. 
- Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l'araignée recluse ? »

Auteur : Fred Vargas est née en 1957, il s'agit là de son nom de plume pour l'écriture de romans policiers. Passionnée d'archéologie, pendant toute sa scolarité, elle ne cesse d'effectuer des fouilles. Elle suit des études d'histoire, s'intéresse premièrement à la Préhistoire puis choisit d'orienter son parcourt sur le Moyen-Âge. Fred Vargas a quasiment créé un genre romanesque : le Rompol. Avec 13 romans à son actif, tous parus aux Éditions Viviane Hamy, elle a été primée à plusieurs reprises notamment pour Pars vite et reviens tard qui se voit récompensé du Grand Prix des Lectrices de ELLE en 2002, du Prix des libraires et du Deutscher Krimipreis (Allemagne). Fred Vargas a su créer des personnages étonnants et attachants. Le plus célèbre des commissaires vargassiens, Jean-Baptiste Adamsberg, et son acolyte, Adrien Danglard, constituent des personnages récurrents des ouvrages de l'auteur. Les livres de Fred Vargas sont traduits dans une quarantaine de pays et sont adaptés au cinéma ou la télévision.

Mon avis : (lu en juin 2017)
Je suis depuis une inconditionnelle de Fred Vargas et pourtant j'avais souvent quelques réserves sur les dernières enquêtes du commissaire Adamsberg... Mais c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai dévoré cette dernière aventure car j'y ai retrouvé l'esprit et le rythme des premières enquêtes ! 
Appelé par son équipe, Adamsberg doit écourter ses vacances en Islande. Il va résoudre assez facilement une première enquête avant qu'il soit intrigué par la mort de plusieurs hommes, dans le sud-est de la France, mordus par une petite araignée. Cette araignée est la Loxosceles reclusa : « recluse brune » ou « araignée violoniste » dont la morsure peut provoquer la nécrose des tissus touchés et des infections. Dès le  début, Adamsberg a l'intuition que ces morts sont suspects, car cette araignée n'est pas de nature agressive et le spécialiste du Muséum National d'Histoire Naturelle confirmera que pour injecter une dose de poison suffisant pour tuer, il faudrait vingt-deux recluses, très énervées et qui déchargent en même temps leur venin sur leur proie, c'est hautement improbable ! Danglard, le fidèle second du commissaire, a dans cette enquête un comportement bizarre, il fait tout pour dissuader Adamsberg de se lancer dans l'enquête, il cherche même à diviser l'équipe... C'est donc Veyrenc, le Béarnais, qui jouera le rôle de second et sans oublier l'aide de la fidèle Retancourt, de Froissy, de Voisenet que le commissaire mènera cette enquête jusqu'au bout...
L'intrigue est vraiment bien construite, on ne lâche pas son livre et c'est également un vrai plaisir de retrouver tous les personnages emblématiques de l'équipe d'Adamsberg ! C'est un vrai coup de coeur pour moi !

 

Extrait : (début du livre)
Adamsberg, assis sur un rocher de la jetée du port, regardait les marins de Grimsey rentrer de la pêche quotidienne, amarrer, soulever les filets. Ici, sur cette petite île islandaise, on l'appelait « Berg ». Vent du large, onze degrés, soleil brouillé et puanteur des déchets de poisson. Il avait oublié qu'il y a un temps, il était commissaire, à la tête des vingt-sept agents de la Brigade criminelle de Paris, 13e arrondissement. Son téléphone était tombé dans les excréments d'une brebis et la bête l'y avait enfoncé d'un coup de sabot précis, sans agressivité. Ce qui était une manière inédite de perdre son portable, et Adamsberg l'avait appréciée à sa juste valeur.
Gunnlaugur, le propriétaire de la petite auberge, arrivait lui aussi au port, prêt à choisir les meilleures pièces pour le repas du soir. Souriant, Adamsberg lui adressa un signe. Mais Gunnlaugur n'avait pas sa tête des bons jours. Il vint droit vers lui, négligeant le début de la criée, sourcils blonds froncés, et lui tendit un message.
— Fyrir þig, dit-il en le montrant du doigt. [Pour toi.]
— Ég ? [Moi ?]
Adamsberg, incapable de mémoriser les rudiments les plus enfantins d'une langue étrangère, avait acquis ici, inexplicablement, un bagage d'environ soixante-dix mots, le tout en dix-sept jours. On s'exprimait avec lui le plus simplement possible, avec force gestes.
De Paris, ce papier venait de Paris, forcément. On le rappelait là-bas, forcément. Il ressentit une triste rage et secoua la tête en signe de refus, tournant son visage vers la mer. Gunnlaugur insista en dépliant le feuillet puis en le lui glissant entre les doigts.

Femme écrasée. Un mari, un amant. Pas si simple. Présence souhaitée. Informations suivent.

Adamsberg baissa la tête, sa main s'ouvrit et laissa filer la feuille au vent. Paris ? Comment cela, Paris ? Où était-ce, Paris ?
— Dauður maður ? demanda Gunnlaugur. [Un mort ?]
— . [Oui.]
— Ertu að fara, Berg ? Ertu að fara ? [Tu pars, Berg ? Tu pars ?]
Adamsberg se redressa pesamment, leva le regard vers le soleil blanc.
— Nei, dit-il. [Non.]
— , Berg, soupira Gunnlaugur. [Si, Berg.]
— , admit Adamsberg. [Oui.]
Gunnlaugur lui secoua l'épaule, l'entraînant avec lui.
— Drekka, borða, dit-il. [Boire, manger.]
— Já. [Oui.]

Le choc des roues de l'avion sur le tarmac de Roissy-Charles de Gaulle lui déclencha une migraine subite, telle qu'il n'en avait pas connu depuis des années, en même temps qu'il lui semblait qu'on le rouait de coups. C'était le retour, l'attaque de Paris, la grande ville de pierre. À moins que ce ne fussent les verres avalés la veille pour honorer son départ, là-bas, à l'auberge. Ils étaient pourtant bien petits, ces verres. Mais nombreux. Et c'était le dernier soir. Et c'était du brennívin.
Un regard furtif par le hublot. Ne pas descendre, ne pas y aller.
Il y était déjà. Présence souhaitée.

Déjà lu du même auteur :

Ceux_qui_vont_mourir_te_saluent Ceux qui vont mourir te saluent l_homme_aux_cercles_bleus L'Homme aux cercles bleus

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112154307 Un peu plus loin sur la droite

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28 juin 2017

Tombe Dans l'Oreille d'un Sourd - Audrey Levitre et Grégory Mahieux

tombé dans l'oreille d'un sourd Steinkis - février 2017 - 192 pages

Quatrième de couverture :
Grégory et Nadège sont comblés par la naissance de leurs jumeaux, Charles et Tristan. Pourtant leur univers s'effondre lorsque le diagnostic tombe : Tristan est sourd profond.
Comment alors, en tant que parents entendants, aider leur fils à s'épanouir dans notre société d'hyper-communication ? Comment respecter son identité propre dans ce monde qui laisse, au final, peu de place à l'altérité ?
Bref, comment prendre les bonnes décisions pour Trista ?
En racontant le combat quotidien de cette famille, ce récit autobiographique dénonce un système mal adapté à la vie réelle, animé par des acteurs qui ne sont pas toujours volontaires et à l'écoute. Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre...

Auteurs : Grégory enseigne les arts appliqués en lycée professionnel. C'est là qu'il rencontre Audrey, qui, elle, enseigne l'histoire et les lettres. Ensemble, ils se lancent dans l'aventure de la BD et publient un premier album dès 2014, Les Twins (Delcourt) inspiré par les jumeaux de Grégory. Dans la réalité, l'un d'eux est sourd, et Grégory a beaucoup à dire sur le sujet... C'est ainsi que Tombé dans l'oreille d'un sourd débute...

Mon avis : (lu en juin 2017)
Voilà une BD témoignage très intéressante et touchante sur l'arrivée d'un enfant sourd dans une famille. Grégory et Nadège ont la joie d'accueillir dans leur famille la naissance de Charles et Tristan, des jumeaux. Ils découvrent tout d'abord que Charles souffre d'intolérences alimentaires, il est rapidement traité et les parents sont rassurés, c'est alors qu'ils découvrent que Tristan est sourd. Le diagnostic est contradictoire car il semble que les premiers tests passés ne révèlaient rien. Les parents se sentent seuls entre espoir et choc sur l'handicap de leur petit garçon. 
Dans cette BD autobiographique (pour le dessinateur), le lecteur suit la vie de la petite famille et leur long parcours du combattant face à l'handicap et pour l'intégration de leur enfant dans notre société. 
Cette BD dénonce le manque de communication du corps médical qui a des certitudes et ne s'adapte pas au cas individuel du patient (imposant avec force le port de prothèses à Tristan malgré les hurlements du petit garçon). Les parents ont souvent des questions auxquelles, on peine à leurs donner des réponses...  
Cette BD dénonce la frilosité de certains dans l'Education Nationale pour accepter et faciliter l'accueil d'un enfant sourd dans une école "normale".
Le père, professeur d'arts appliqués en lycée professionnel, est également confronté à la mauvaise volonté de son employeur pour aménager son emploi du temps. En effet, les soins destinés à Tristan nécessitent de nombreux rendez-vous hebdomadaires. 
Il n'est pas facile pour des parents d'un enfant handicapé de consilier vie familiale et vie professionnelle...
Grégory et Nadège sont tenaces, ils vont faire le maximum pour le bien de leurs deux enfants et la vie de famille s'organise.
A découvrir sans hésiter !

Extrait :

 

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19 mai 2017

Nuit de septembre - Angélique Villeneuve

415+1T50NGL Grasset - mars 2016 - 160 pages

Quatrième de couverture :
« Une nuit, ton fils s'est tué dans sa chambre, au premier étage de votre maison. Au matin à huit heures, avec son père tu l'as trouvé.
Depuis, à voix basse, tu lui parles. Tu lui demandes s'il se souvient.
La mer étale à huit heures du soir, les talus hérissés d'iris, les pierres de la cour tièdes sous la peau du pied, les filles dont les yeux sourient, toutes les choses belles et la lande silencieuse.
Tu espères tant qu'il est parti gonflé d'elles. Mais comme tu n'es pas sûre qu'en aide, en ailes, ces choses lui soient venues cette nuit-là, tu les lui donnes par la pensée, la respiration, le murmure. »
Avec une sensibilité vibrante, lumineuse et poétique, Angélique Villeneuve dit l'après : comment exister sans celui dont on respecte silencieusement le choix d'être parti ? Quelle place trouver parmi les vivants et comment leur dire, à travers ce livre, toute la beauté du monde ?
Auteur : Angélique Villeneuve est l'auteur de cinq romans. Les Fleurs d'hiver, paru en 2014 aux éditions Phebus, a reçu un bel accueil (Prix Mille Pages 2014, prix La Passerelle 2015, prix de la ville de Rambouillet 2015).
Mon avis : (lu en avril 2017)
Après avoir beaucoup aimé le roman précédent d'Angélique Villeneuve, "Les fleurs d'hiver", j'ai eu envie de découvrir son dernier roman. Je ne m'attendais pas à lire ce témoignage sur le suicide du fils de l'auteure.
Un récit poignant et digne d'une mère qui cherche à aller au-delà de sa souffrance et à comprendre le geste de son fils. L'écriture d'Angélique Villeneuve est pleine d'humanité, de justesse, c'est une grande déclaration d'amour pour son fils et un témoignage bouleversant mais également réconfortant pour pouvoir se tourner vers l'avenir et vivre après un tel drame.
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à deux autres livres témoignages d'un père ou d'une mère sur la mort de leur enfant : Camille, mon envolée - Sophie Daull et Le Fils - Michel Rostain . 

Extrait :
Avant, bien longtemps avant ce jour-là, sans te sentir vraiment concernée tu avais lu ou entendu ces histoires à propos de la douleur.
On le disait, on l’écrivait, certains en tout cas le disaient, l’écrivaient, la douleur est une bête fidèle. Au moindre signe elle accourt, quand le monde déserte.
La douleur comme une créature.
Tu n’y croyais pas. Tu désirais, peut-être, te faire ta propre idée. Alors t’y voilà. Tu y es. Au milieu, au-dedans.
Tu as perdu ton fils il y a quelques semaines.
Une nuit, il s’est tué dans sa chambre, au premier étage de votre maison. Au matin à huit heures, avec son père tu l’as trouvé.

Déjà lu du même auteur : 

 9782752909985-e581c Les Fleurs d’hiver

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15 mai 2017

Ma part de Gaulois - Magyd Cherfi

 Prix Audiolib 2017

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Audiolib - avril 2017 - 6h14 - Lu par l'auteur

Actes Sud - août 2016 - 256 pages

Quatrième de couverture :
Printemps 1980, l'avènement de Mitterrand est proche. Pour Magyd - lycéen beur d'une cité de Toulouse - c'est le bac. Il sera le premier lauréat de sa cité, après un long chemin parcouru entre la pression de sa mère et les vannes des copains. Ce récit intime, unique et singulier, éclaire la question de l'intégration et les raisons de certains renoncements.  

Avec gravité et autodérision, Ma part de Gaulois raconte les chantiers permanents de l'identité et les impasses de la république. Souvenir vif et brûlant d'une réalité qui persiste, boite, begaie, incarné par une voix unique, énergie et lucidité intactes. Mix solaire de rage et de jubilation, Magyd Cherfi est ce produit made in France authentique et hors normes : nos quatre vérités à lui tout seul ! 

Auteur : Magyd Cherfi est né à Toulouse en 1962. Dès le lycée, il écrit des scénarios de films amateurs, puis participe à la création de l'association Vitecri pour la promotion des cultures de banlieues. Cette association donnera naissance au groupe Zebda, dont il devient chanteur et parolier. Zebda publiera six albums entre 1992 et 2015. En solo, Magyd Cherfi est l'auteur-compositeur et interprête de deux albums Cité des Etoiles (2004) et Pas en vivant avec son chien (2007). Son nouvel album, Catégorie Reine, sort en mars 2017.
Des les deux recueils de récits publiés chez Actes Sud (Livret de famille en 2004 et La Trempe en 2007), il explore déjà les thématiques liées à la vaste question de l'identité.

Mon avis : (écouté en avril 2017)
Lors de la rentrée Littéraire de Septembre 2016, j'avais noté ce titre après avoir vu l'auteur à la télévision. Dans ce livre, Magyd Cherfi, chanteur et parolier du groupe Zebda, raconte ses années de jeunesse dans une cité des quartiers Nord de Toulouse. Il est un jeune beur tiraillé entre ses origines kabyle et française, bon élève et aimant étudier, il est également en décalage avec ses copains de la cité qui préfèrent le foot aux livres... Malgré cela, grâce à l'amour inconditionnelle de sa mère, aux amitiés fortes, aux liens qu'il a créé au fil de ses rencontres, Magyd fait sa place en créant une association de soutien scolaire, un club théâtre...
J'ai aimé l'accent chantant du sud-ouest de l'auteur-lecteur, j'ai eu plus de mal à appréhender le style où le vocabulaire fleuri (nombreuses insultes et grossièretés) est trop présent à mon goût. J'ai aimé le côté positif des propos de l'auteur. Son parcours n'a pas été facile, mais c'est cela qui lui a donné la force et lui a permis de devenir l'homme qu'il est aujourd'hui. C'est à la fois drôle et émouvant, parfois poétique...

Extrait : (début du livre)
Longtemps j’ai aimé qu’on me dise :
— Magyd, écris-nous quelque chose ! Un truc qui tue, mets-nous le feu ! On s’ennuie.
Surtout les filles de mon quartier, qui savaient mon écriture inflammable et solidaire. J’aimais dégommer les mecs de ma cité qui me le rendaient bien. Je les croquais en verbe, ils me retournaient la bouche à coups de savate. Les filles, elles voulaient que j’écrive un incendie. Être leur pyromane me chauffait les neurones. Interdites de sorties je devenais leur passeport pour les étoiles.
— Écris la légende des quartiers.
Tout le monde aimait ça, que j’invente une “histoire”. D’histoire on n’en avait pas. Ma mère, les filles, les copains, un seul cri : Écris…
— Un truc qui tue !
Comme on dit au djinn “exauce mon vœu” ou à la fée “fais-moi apparaître la plus jolie princesse”. On me sollicitait de partout pour un petit bonheur pépère. J’étais dans ma cité comme un magicien des mots et m’en léchais la plume. Les copains aussi me demandaient des poèmes pour accrocher une voisine et quand ils revenaient me supplier pour deux ou trois autres quatrains, je la jouais poète pris dans les tourments de l’inspiration, je me prenais la tête à deux mains :
— Attendez, il faut que ça vienne.
J’en profitais pour leur soutirer les commentaires de la coquine ou la teneur de l’échange qui pouvait être un premier baiser ou la permission d’une caresse en des endroits bénis par la secte “garçons”.
— J’y ai tété le sein, la tête de ma mère !

Et je bandais tranquille, un peu pour la scène décrite et beaucoup pour la sensation de ce pouvoir en ma possession et dont je profitais par procuration.
La procuration, ô terre bénie dans laquelle j’ai atterri en douceur, très tôt.
J’étais mou, affable et grassouillet, ça vous donne trois raisons de ne pas visiter la jungle des hommes. Je me dis quand j’y pense que le secret de l’écriture est là. En écrivant on sublime forcément cet effroi qu’est le réel. Pour moi c’en était un au point d’éprouver une jouissance à l’enfermement. Je m’isolais pour réinventer un monde dans lequel j’aurais pas été moins qu’un prince… charmant, musclé et pas con.
À défaut d’être “mec”, je me suis fait plume et ma haine, plutôt que des poings, s’est servie d’un stylo.
Par bonheur je n’étais pas que flasque et éteint, j’étais aussi fâché et j’ai donc envoyé mon écriture à la salle de gym. J’habitais la banlieue, ça dit tout.
Pourtant j’avoue pour avoir lu les “meilleurs” que j’étais à l’écriture ce que le mineur est au minerai, bien plus dans le concassage que dans l’épure.
J’en maudis encore le ciel, car écrire et être en colère auraient mérité un scribouillage hugolien. Rien de ça chez moi jusqu’à ce que j’assume ce qualificatif qui m’a hanté longtemps. Sympa.
— C’est sympa ce que t’écris.

 

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