19 octobre 2017

A coucher dehors - tome 2 - Aurélien Ducoudray & Anlor

 91hZgvwKToL Bamboo - août 2017 - 48 pages

Quatrième de couverture :
Nicolas a disparu ! Amédée essaie tant bien que mal de le trouver au milieu des visiteurs du Parc de l’Espace. À la maison, Prie-Dieu a accroché sur le toit de la baraque les signes des trois religions monothéistes, provoquant un afflux des adeptes de tout poil. Ce qui n’est pas du goût d’Amédée, surtout que la priorité serait plutôt de retrouver l’apprenti cosmonaute ! Car huissiers et gendarmes attendent, montre au poignet. Si Nicolas n’est pas là rapidement, Amédée ne sera plus son tuteur et ce sera l’expulsion pour les trois clochards !

Auteurs : Aurélien Ducoudray est né en 1973 à Chateauroux et vit dans un petit village de l’Indre. Photographe de presse, journaliste presse écrite et TV, on lui doit de nombreux documentaires. Après Championzé et La Faute aux chinois, il sort Clichés de Bosnie chez Futuropolis. Ce dernier ouvrage connaît un beau succès. En 2014, il signe son premier ouvrage chez Grand Angle, Amère russie.
Anlor a étudié aux Arts-Décoratifs de Paris (ENSAD) d’où elle est sortie diplômée en section Animation. Elle réalise en 2001 Qui veut du Pâté de Foie ?, court-métrage en volume animé stop-motion, primé dans de nombreux festivals (Annecy, Zagreb, Paris...). Elle travaille ensuite en tant qu’animatrice, puis réalisatrice. En 2011, elle signe sa première BD : Les Innocents coupables chez Grand Angle.

Mon avis : (lu en octobre 2017)
Nous avions laissé Amédée alors que Nicolas avait disparu... Nicolas étant fasciné par Youri Gagarine et les spationautes, Amédée est persuadé que Nicolas s'est réfugié dans le Parc de l'Espace, mais avec les nombreux visiteurs pas facile de le retrouver... Si Nicolas n’est retrouvé rapidement, Amédée ne sera plus son tuteur et il perdra la maison ! C'est donc une course contre la montre qui s'engage pour Amédée, ses deux amis SDF, l'assistante sociale...
J'avais beaucoup aimé le tome 1 et le tome 2 est tout autant réussi, le scénario est réussi, rythmé et les personnages toujours hauts en couleur et attachants. Le dessin est dynamique et vivant
Une belle histoire pleine d'humanité, d'humour et de tendresse !

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

112791048 A coucher dehors - tome 1 - Aurélien Ducoudray & Anlor 

1431_couv Sixteen Kennedy Express - Bastien Quignon, Aurélien Ducoudray

9daf23794fa2260bcb6815b234785c92 L'anniversaire de Kim Jong-Il - Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag

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06 octobre 2017

L'adoption - tome 2 - La Garùa - Zidrou et Monin

511QhTsw6OL Bamboo - mai 2017 - 67 pages

Quatrième de couverture :
Qinaya est repartie. Ses parents adoptifs arrêtés pour enlèvement, la petite fille a été renvoyée par les services sociaux dans son Pérou natal. Après un an et demi de recherches, Gabriel, son "grand-père" de France, se rend à Lima pour la retrouver.

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D'abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l'écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L'Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l'auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, La Peau de l'ours, Lydie, Folies Bergères, La Mondaine, Les 3 Fruits. En 2015, Zidrou revient en force avec trois nouveaux albums : en août Le Bouffon avec Francis Porcel, en septembre, une nouvelle série familiale, Les Beaux Etés avec Jordi et en octobre, en duo avec P. Berthet, un polar dans les régions reculées de l'Australie, "Crime qui est le tien". Pour 2016, l'auteur continue d'écrire les souvenirs de vacances de la famille Faldéraut dans "Les Beaux Étés" et proclame la fin de Venise dans "Marina". 

Arno Monin, dessinateur. Habite à Nantes. Après avoir passé un bac littéraire puis une année à la fac en histoire de l'art, Arno Monin intègre une école d'arts appliqués qui proposait la formation dessin animation bande dessinée. En cours de formation, un projet bd commence à le démanger. Il s'y consacre alors à plein temps afin de le présenter à des éditeurs, jusqu'à la bonne rencontre avec Bamboo Édition... L'Envolée sauvage est son premier album.

Mon avis : (lu en septembre 2017)
Le premier tome nous avait laissé le coeur serré car Quinaya était repartie au Pérou et ses parents accusés d'enlèvement... Gabriel, le grand-père, qui avait mis du temps à adopter Quinaya, ne peut pas ne rien faire. Ainsi un an et demi après le départ de la petite fille, il décide de partir à Lima lui apporter son petit vélo. 
Et là, le lecteur peut être un peu déçu car on ne reverra Quinaya que dans quelques vignettes, en effet, la petite fille a oublié la France et son grand-père d'adoption. Très déçu, Gabriel décide de repartir rapidement pour la France mais il fait la rencontre d'un homme venu rechercher le corps de sa fille morte dans un tremblement de terre. Et la BD prend une tournure inattendue... En effet, les deux hommes vont ensemble se soutenir et avec le dépaysement et l'éloignement, ils vont prendre du recul et faire le point sur leurs vies respectives et leurs priorités...
Après une seconde de déception en découvrant que Quinaya n'était plus le sujet de ce second tome, j'ai été emporté par l'émotion et la justesse de ce deuxième et dernier tome de la série qui s'arrête sur le rôle du père.

Extrait :

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04 octobre 2017

Lucie ou la vocation - Maëlle Guillaud

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Éditions Héloïse d’Ormesson - août 2016 - 208 pages

Points - septembre 2017 - 216 pages

Quatrième de couverture :
Que sa volonté soit faite.
Lucie est amoureuse. Éperdument. Mais pour imposer celui qu'elle a choisi, elle va devoir se battre. Ne pas céder face aux larmes de sa mère, à l'incompréhension de sa grand-mère, et à la colère de Juliette, sa meilleure amie. Malgré les humiliations quotidiennes, les renoncements, l'isolement et l'ascèse. Elle résiste et rêve d'absolu. Un jour pourtant, le sacrifice qu'elle a durement payé est violemment ébranlé par la découverte d'un secret. S'est-elle fourvoyée ou est-elle victime d'une manipulation?
Avec une sensibilité et une justesse infinie, L. ou la vocation nous entraîne dans les coulisses d'un monde fermé, soumis aux règles impénétrables d'une congrégation vouée au divin. Subtilement le roman dévoile ce processus d'abnégation jusqu'à ce que le doute s'immisce. Une histoire en étroite résonance avec nos problématiques sociétales, et qui permet peut-être de saisir avec plus d'acuité la violence que le sacrifice impose et surtout sa puissance à tout exiger de vous.

Auteur : Née en 1974, Maëlle Guillaud est éditrice. Lucie ou la vocation est son premier roman.

Mon avis : (lu en août 2017)
C'est l'histoire d'une jeune fille qui choisit de consacrer sa vie à Dieu en entrant dans les ordres.
En classes préparatoires, Lucie décide d'abandonner ses études pour « se marier avec Dieu », chez ses proches, c'est l'incompréhension. Son amie Juliette va tout tenter pour la raisonner, sa grand-mère comprend qu'elle va partir pour toujours et sa mère est triste de savoir que sa fille ne lui donnera jamais de petits-enfants. Et Lucie tient bon, elle devient sœur Marie Lucie, et prononce ses vœux : de pauvreté, de silence et d'obéissance. La vie dans la communauté n'est pas aussi facile et aussi belle qu'annoncée... au fil du temps, les questions de la jeune fille sur sa Foi et sur son engagement auprès de Dieu vont se transformer en une enquête sur ce qu'il se passe vraiment dans ce couvent... 

J'ai trouvé ce roman dérangeant. Et pourtant, jeune adulte, j'ai eu l'occasion de passer quelques jours dans plusieurs monastères (sans jamais eu envie de m'y engager). Dans cette histoire, j'ai trouvé que les méthodes pour attirer Lucie au couvent étaient très proches de celles de sectes... J'ai été surprise par le ton du livre qui commence comme un roman documentaire qui questionne sur la vocation religieuse et puis qui devient un roman policier autour du secret de couvent... Ce mélange des genres est troublant.

 

 

Extrait :
La ville pullule de touristes aux tenues criardes et au regard de bête traquée. C’est à ça qu’on les reconnaît, à cette étrange crainte qui les habite, loin de leurs bases, se dit Lucie. La jeune femme gravit les marches d’un pas léger. Elle emprunte la ruelle qui contourne la basilique. Au bout, une grille s’ouvre sur une cour pavée nimbée de lumière.
Depuis plusieurs mois, elle vient ici en secret avec Mathilde. Son amie est différente des autres élèves de la khâgne. Elle a tout vu, tout vécu, même la rue. Et à dix-neuf ans à peine, elle a étudié la théologie.
Mathilde se glisse dans d’autres sphères, quand Lucie cherche encore quel sens donner à sa vie. Longtemps, elle a rêvé de passion fusionnelle et de brillante carrière, comme celle de son père. Depuis peu, elle n’a que des doutes.
Lucie pousse la porte. Ici, elle est à l’abri du bruit et de la poussière de la rue. Ici, l’amour l’enivre, même si elle ignore les effets de l’ivresse. Elle est portée par une force plus grande qu’elle, douce et enveloppante. Quand elle en a parlé à Mathilde, cette dernière a souri. Il suffit, d’après Mathilde, d’accepter que cette vague d’amour vous submerge.
Lucie aperçoit son amie, les cheveux bruns tirés en queue-de-cheval serrée, qui est assise un peu plus loin. Elle la rejoint et lui serre discrètement le bras en saluant d’un sourire les femmes qui l’entourent.
Toutes ferment les yeux. Autour d’elle, tout n’est qu’amour. À cet instant, elle est sereine.

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20 septembre 2017

Par amour - Valérie Tong Cuong

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib - juillet 2017 - 9h06 - Lu par Benjamin Jungers, Kelly Marot, Olivier Martinaud, Emilie Vidal Subias

JC Lattès - janvier 2017 - 416 pages

Quatrième de couverture :
À travers le destin de deux soeurs, Émélie et Muguette, de leurs maris, Joffre et Louis, et de leurs enfants, Jean, Lucie, Joseph et Marline, Par amour, raconte le martyre de la ville du Havre depuis l’Exode et son occupation par les Allemands, à sa libération en 1944, sous le déluge des bombes alliées qui la détruiront presque entièrement.
Donnant la parole à chacun des personnages, la singularité de ce roman est de livrer au lecteur ce que fut la traversée de cette guerre, jour après jour, pour les gens ordinaires, hommes, femmes, enfants – dont certains seront envoyés, pour les protéger, jusqu’en Algérie. Et de nous révéler combien l’amour, s’il n’évite ni le danger ni les blessures, éclaire magnifiquement les routes.

Auteur : Valérie Tong Cuong a étudié la littérature et les sciences politiques, puis passé huit ans en entreprise avant de se consacrer à l'écriture et à la musique. Elle a publié onze romans, dont le très remarqué Atelier des miracles. Ses livres sont traduits dans dix-huit langues.

Lecteurs : Né en 1986 à Bruxelles, Benjamin Jungers rejoint le Conservatoire de théâtre de Paris, puis la Comédie-Française. Il joue en 2016 dans Les Femmes savantes au Théâtre de la Porte Saint-Martin.
Comédienne française, Kelly Marot fait du doublage depuis l’âge de cinq ans. Elle est notamment la voix française de Jennifer Lawrence dans la célèbre saga Hunger Games.
Comédien et metteur en scène, Olivier Martinaud a été formé au Conservatoire supérieur d’art dramatique. On le retrouve au cinéma, à la télévision pour Arte, et à la radio pour France Inter et France Culture, il prête également sa voix pour des émissions, documentaires et fictions.
De formation classique, Émilie Vidal-Subias alterne les projets entre spectacles jeune public, créations contemporaines ou musicales, sans oublier la publicité et le cinéma. Récemment, elle se découvre une véritable passion pour le travail de la voix off et du conte.

Mon avis : (lu en août 2017)
A partir de témoignages et d’archives sur la vie au Havre durant la Seconde Guerre Mondiale, Valérie Tong Cuong a écrit un roman autour du quotidien de deux familles. Émélie, Joffre et leurs enfants, Jean et Lucie et Muguette, Louis et leurs enfants Joseph et Marline. Émélie et Muguette sont deux soeurs. Le livre commence lors de l'Exode, c'est Lucie qui raconte lorsqu'Émélie et Muguette et les enfants se trouvent sur les routes pour fuir Le Havre menacé par les Anglais et les Allemand... Les hommes Joffre et Louis sont alors mobilisés et absents. Tour à tour les différents personnages racontent les évènements de la guerre, bombardements, l'occupation allemande, les difficultés de l'approvisionnement... C'est vraiment très bien documenté, l'histoire est palpitante et ces points de vues différents à travers les récits, des enfants et des parents est une très bonne idée.
Dans la version audio, les cinq lecteurs sont très bons et soulignent le parti pris de l'auteur du récit à plusieurs voix.

Merci Pauline et  Audiolib pour cette lecture prenante et passionnante !

Extrait : (début du livre)
LUCIE
Lundi 10 juin 1940
Dès que maman a poussé la porte, j’ai compris que cette journée serait différente des autres. D’abord, il était six heures du matin, ça je le savais parce que les cloches de Sainte-Marie ont sonné six coups, or d’habitude, les jours de classe, nous nous levions à sept heures pile. Et puis maman portait ses habits du dimanche alors que nous étions lundi et ses joues étaient toutes creusées, comme si on l’avait chiffonnée.

Elle m’a contemplée bizarrement. J’ai pensé que moi aussi, je devais avoir l’air froissée : j’avais roulé d’un bord à l’autre de mon lit la moitié de la nuit en écoutant papa fredonner la berceuse qu’il me chantait lorsque j’étais bébé, ou plutôt en écoutant les souvenirs de mon cœur, puisque papa était parti depuis exactement neuf mois, « À côté de ta mère Fais ton petit dodo Sans savoir que ton père S’en est allé sur l’eau », neuf mois de silence ou presque, une permission seulement, mais comme disait maman : « Les bonnes nouvelles marchent et les mauvaises courent, si c’est pour apprendre qu’il est mort ou prisonnier comme ce pauvre Louis, nous le saurons bien assez tôt. »
Elle portait une grande valise, elle a déclaré que nous devions partir maintenant, maintenant c’était dans la seconde, « Vite, vite, allons Jean, tu lambines, aide ta sœur », le temps de prendre quelques affaires, mais pas trop, un change et notre manteau d’hiver même s’il faisait une chaleur terrible depuis des jours, parce que nous ne savions pas quand nous rentrerions et aussi bien, la semaine suivante, le vent du nord viendrait nous mordre les os.
Jean a demandé à maman de quoi elle avait peur. Jusque-là maman répétait que tout allait bien se passer, même après les premiers bombardements sur le port alors que le ciel était en flammes, même lorsque le Petit Paris avait brûlé ou que les voisins avaient décidé d’aller dormir chaque soir en ville haute, elle répétait, il n’y a aucune inquiétude à avoir, la DCA fait son travail, les Anglais vont nous protéger, nous ne sommes pas des rats qui fuient à la première occasion !
À chacune des alertes, nous courions tous les trois à la cave, bouchant nos oreilles et chantant à tue-tête « Tout va très bien, madame la marquise » jusqu’à ce que les sirènes s’arrêtent et que maman s’exclame : « Eh bien, qui avait raison ? »
Pour ne pas la contrarier, nous faisions semblant de ne pas sentir cette horrible odeur de brûlé qui nous piquait le nez et les yeux, et maman aussi faisait semblant de rien.

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16 septembre 2017

Les Beaux Étés - tome 3 - Mam'zelle Estérel

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Quatrième de couverture : 
1992, les années ont passé, le jeune couple est maintenant à la retraite, la petite Pépète est devenue une jeune fille et la 4L est à vendre... L'occasion de se remémorer l'année 1962, leurs toutes premières vacances à son bord en compagnie... des beaux-parents. Les vacances avec Yvette-la-parfaite et Gros-Papy seront plus gastronomiques que bucoliques... en direction de Saint-Étienne !

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D'abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l'écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L'Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l'auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, La Peau de l'ours, Lydie, Folies Bergères, La Mondaine, Les 3 Fruits. En 2015, Zidrou revient en force avec trois nouveaux albums : en août Le Bouffon avec Francis Porcel, en septembre, une nouvelle série familiale, Les Beaux Etés avec Jordi et en octobre, en duo avec P. Berthet, un polar dans les régions reculées de l'Australie, "Crime qui est le tien". Pour 2016, l'auteur continue d'écrire les souvenirs de vacances de la famille Faldéraut dans "Les Beaux Étés" et proclame la fin de Venise dans "Marina".

Jordi Lafebre est né en 1979 à Barcelone, où il étudie la bande dessinée et les beaux-arts avant d'effectuer ses premiers pas de dessinateur en 2001. Il est publié dans plusieurs magazines espagnols, notamment dans la revue pour la jeunesse Mister K, dans laquelle il signe El munda de judy(« le monde de Judy») en collaboration avec le scénariste Toni Front. Sa rencontre avec Zidrou est décisive: après quelques dessins dans l'hebdomadaire Spirou, il participe à un ouvrage collectif écrit par le scénariste de Ducobu, La vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien, puis en 2010, il cosigne avec lui un album remarqué, Lydie. En 2014, toujours avec Zidrou, il sort La Mondaine, et continue sur sa lancée, en 2015, avec une nouvelle série Les Beaux Étés qui sortira en septembre. En 2016, le tome 2 des Beaux Étés sortira en juin 2016.

Mon avis : (lu en septembre 2017)
Quelle plaisir de retrouver la famille Faldérault, cela commence en 1992, lorsque la Renault 4L est mise en vente. C'est l'occasion de se souvenir de l'été 1962, de leurs premières vacances avec la 4L offerte par le père de Mado et qui a été baptisée Mam’zelle Estérel en référence à sa couleur... Comme d'habitude, le départ est reporté de quelques jours car il y a des planches à rendre avant le départ... Mado et Pierre partent avec leurs deux enfants, Julie et le bébé Nicole, mais également avec Yvette et Henry les parents de Mado... Henry ou Gros Papy est adorable et facile à vivre, tout le contraire de Mamyvette qui veut tout planifier. Mado et Pierre rêvaient d'aller passer des vacances à la mer, Yvette a décidé que ce serait à Saint-Etienne
Un album à la hauteur des deux premiers, plein d'humour et de nostalgie... Un quatrième épisode est prévu à propos de l'été 1980... Je l'attends donc pour l'été prochain !

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

108883254 Les beaux étés - 1 - Cap au Sud ! le_beau_voyage Le beau voyage  

111573241  Les beaux étés - 2 - La Calanque 111624074 L'adoption

112551368 Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?

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14 septembre 2017

Sauveur & Fils - saison 2 - Marie-Aude Murail

81DjpsrztPL Ecole des Loisirs - novembre 2016 - 320 pages

Quatrième de couverture :
Côté jardin, Sauveur mène sa vie avec son fils Lazare, 9 ans et il a quelque espoir de reconstruire une famille avec Louise et ses deux enfants. Côté ville, Sauveur reçoit ses patients : Ella, qui se travestit en garçon, Blandine, qui se shoote aux bonbons, Samuel, qui ne se lave plus, etc. Mais n oublions pas pour autant les autres espèces animales dans cette saison 2. Vivent les hamsters, les ouistitis, et en guest-star : Pépé le putois !

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s'est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009), 3000 façons de dire je t'aime (2013).

Mon avis : (lu en août 2017)
Quel plaisir de retrouver Sauveur, psychologue clinicien, son fils Lazare et tous ces patients. Il y a des anciens déjà vus en saison 1 : Gabin qui habite toujours chez Sauveur, Ella qui voudrait être Elliot, Blandine, la soeur de Margaux, Alexandra et Charlie le couple d'homosexuelles et des nouveaux : Madame Gervaise Germain une martiniquaise souffrant de toc, Raja une petite fille syrienne traumatisée par la guerre, Samuel un adolescent en conflit avec sa mère...
Côté privé, il y a Louise et ses deux enfants Paul et Alice et bien sûr les hamsters !
A travers les consultations de Sauveur, de sa vie privée avec son fils, Marie-Aude Murail dépeint la société d'aujourd'hui et la souffrance des enfants, des adolescents et des adultes autour des thèmes comme les tocs, l'hyperactivité, le suicide, la phobie scolaire, la famille recomposée...
Et maintenant, je compte bientôt dévorer la saison 3. A suivre...

Extrait : (début du livre)
Semaine du 7 au 13 septembre 2015

Un petit jeune homme, dont la jambe droite trépidait d’impatience, était assis dans la salle d’attente de monsieur Saint-Yves. Très mince et encore peu développé, il flottait dans sa veste noire. Une chemise blanche et une cravate finement striée achevaient de lui donner un air de dimanche et fêtes. Ayant poussé un soupir d’ennui, le garçon se replongea dans sa lecture. Il tenait en main un vieux livre relié de la collection Rouge et Or. François le Champi de George Sand.
La porte s’entrouvrit et une voix de basse murmura :
— Ella ?
Le petit jeune homme fit claquer son livre en le refermant. Tout bien considéré, c’était une jeune fille.
Elle suivit son psy dans le cabinet de consultation qui était en face de la salle d’attente et resta un instant debout à regarder autour d’elle.
— Ça fait drôle d’être là.
— Tu as passé de bonnes vacances ?
Ils se regardèrent, surpris d’être émus.
— C’était long, dit-elle.
Sauveur Saint-Yves était vêtu comme Ella d’une veste sombre et d’une chemise blanche. Mais la ressemblance s’arrêtait là. C’était un Noir athlétique de 1,90 mètre, avec un trait de barbe et de moustache lui encerclant les lèvres.
— Bonjour, madame Gustavia !
Ella fit deux pas et s’accroupit devant la cage posée sur une table basse. Comme il était 18 heures, madame Gustavia avait sa mine chiffonnée et ses oreilles rabattues de hamster mal réveillé.
— Elle va bien ?
— Elle mange tout et n’importe quoi. Quand elle était enceinte, je trouvais ça normal. Mais maintenant, c’est compulsif. Elle est boulimique.
— Il y a des psys pour hamster ?
— Oui. Il y a moi, répondit Sauveur, faussement sérieux.
— Quand je serai grand, dit Ella en se redressant, j’aurai un chien. Mes parents ne veulent pas d’animaux à la maison.
Sans relever l’accord de l’adjectif au masculin, Sauveur lui désigna un siège, et lui-même s’assit dans son fauteuil.
La reprise d’une thérapie peut être laborieuse après deux mois et demi d’absence. Ella cherchait un sujet de conversation tandis que Sauveur observait du coin de l’œil ce visage intelligent aux lèvres et aux arcades sourcilières fermement dessinées, à la peau très pâle et aux cheveux bruns coupés court. Huit mois plus tôt, la maman d’Ella, madame Kuypens, était venue consulter avec sa fille pour un problème de phobie scolaire. Il s’était avéré en cours de thérapie qu’Ella, au seuil de la puberté, était perturbée par un secret de famille. Ses parents lui avaient caché qu’elle était née après la mort in utero d’un petit frère qui aurait dû s’appeler Elliot.
— Tu ne portes plus tes lunettes ?
— Maman m’a acheté des lentilles pour mes 13 ans.
— Ça va avec tes parents ?
— Moyen. Papa ne comprend pas pourquoi je continue ma thérapie. Pour lui, je suis « guérie ». Je retourne normalement au collège. J’ai même eu les encouragements au dernier trimestre.
— Félicitations.
— Non, les encouragements seulement.
— Félicitations pour tes encouragements.
Ils rirent du malentendu, et le silence revint. Sauveur chercha une autre ouverture.
— Et cette rentrée, ça se passe bien ?
— Ça va.
Ella prit une inspiration, baissa la tête comme si elle s’apprêtait à plonger. Et plongea.
— Je suis en 4e A. Je connais pas tellement les gens. Il y a un garçon qui s’appelle Jimmy et qui est un geek total avec les grosses lunettes, l’acné, l’appareil dentaire, tout quoi ! Je me moque pas. C’est juste… Bon, bref. Il ne parle que de jeux vidéo, il est à fond dans Call of Duty. J’y joue aussi. Alors, on a un peu discuté. Il a demandé à être mon ami. Sur Facebook, je veux dire.
Le garçon était devenu le 32e ami d’Ella. Puis il lui avait demandé si elle voulait sortir avec lui en MP.
— Sortir en MP ?
— Mais non ! Il m’a demandé en MP si je voulais sortir avec lui. MP, c’est la messagerie privée de Facebook.
Elle articulait comme si elle avait affaire à un sourd ou un idiot. Un adulte. Sauveur s’amusait intérieurement sans rien laisser paraître.

 

Déjà lu du même auteur :

 

Simple Simple et Simple (relecture)

 

 papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

 

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin 

 

92806891 3000 façons de dire je t'aime 

114911377 Sauveur et fils - saison 1

 

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10 septembre 2017

Pain amer - Marie-Odile Ascher

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Anne Carrière - janvier 2011 - 428 pages

Pocket - mars 2012 - 480 pages

Quatrième de couverture :
Ils étaient des milliers à avoir fui la révolution bolchevique et la guerre civile. En 1946, auréolé de sa victoire sur le nazisme, Staline les rappelle à la mère patrie : l'URSS. Ils seront quelque quatre à six mille " Russes blancs " exilés à suivre l'étoile rouge et les promesses du Petit père des peuples.

Parmi eux, Marina qui, bien que se sentant française, suit les siens dans leur voyage de retour. Elle laisse Marc, son grand amour, certaine de revenir bientôt sur la Côte d'Azur pour l'épouser. Pour l'instant, un long périple l'attend. Elle ne se doute pas qu'une fois arrivée, se dressera entre elle et ses rêves d'avenir le mur du totalitarisme.

Auteur : Marie-Odile Ascher vit à La Gaude, près de Nice. Pain Amer est son premier roman. Vient ensuite Le serment de Maria. Dans l'un comme dans l'autre, elle met en scène une jeune femme dans les tourments de l'histoire de l'Europe de l'Est.

 

Mon avis : (lu en juillet 2017)
J’ai beaucoup aimé ce livre qui nous raconte un épisode méconnu de l’Histoire. Après la Seconde Guerre Mondiale, Staline convainc de nombreux Russes blancs émigrés en France après la révolution de 1917, à revenir au pays… A coup de propagande et de belles promesses, Marina, la narratrice de cette histoire, et sa famille vont abandonner leur vie agréable à Nice pour l’enfer...
Marina a 19 ans et promise à un belle avenir, elle est fiancée, elle poursuit des études brillantes pour devenir enseignante. Lorsque son père et sa mère décident de retourner en URSS avec leurs huit enfants, Marina tente de les dissuader. Elle a toujours vécu en France et la Russie ou l’URSS ne représentent rien pour elle. Mais à 19 ans, elle est toujours mineur et doit obéissance à son père. Elle a finalement prévu de les accompagner jusqu’à destination puis dès que la famille sera installée de repartir en France retrouver son fiancé. Dès le début du livre, on comprend que son voyage n’aura pas de retour…
Ce livre se lit comme un suspens, le lecteur est happé par cette aventure incroyable. L’auteur s’est vraiment bien documenté pour raconter l’histoire de Marina et sa famille, s’inspirant d’une histoire vraie.

Extrait : (début du livre) 
Simferopol, Ukraine, 2 décembre 1991.


Tous les postes de radios et de télévision du pays crachent, sans interruption, les résultats du vote. L'effervescence est palpable partout, dans la rue, dans les médias et même chez nous : le téléphone sonne sans cesse. Nous avons tous conscience de vivre un tournant historique majeur. Demain ne sera plus jamais comme hier : l'URSS est en train d'exploser, notre monde basculera vers l'inconnu. L'Ukraine est devenue libre et indépendante, l'univers soviétique, que j'avais crû immuable à jamais, auquel j'avais tant peiné à m'adapter, est en voie de disparition.
Cette atmosphère de renversement de l'ordre du monde m'a rappelé l'époque de ma jeunesse quand, pareillement à aujourd'hui, mon univers avait basculé. C'était en 1947 et j'avais dix-neuf ans. Un interminable trajet en train, de Nice vers l'Union soviétique, nous avait emportés, ma famille et moi, vers une autre planète. J'avais alors noté mes impressions et le déroulement des péripéties du voyage dans un cahier d'écolier, à couverture verte. Il existe toujours, enfoui - j'allais dire inhumé - depuis des décennies dans une vieille valise à la cave, en compagnie d'autres traces fossilisées d'un passé lointain. Une envie irrésistible m'a poussée à aller le chercher.
Ma main tremblait un peu lorsque j'ai ouvert le cahier au hasard. L'encre bleue a à peine pâli. J'ai reconnu l'écriture fine et si aisée du stylo Waterman à plume d'or que m'avait offert Marc pour mes dix-huit ans. «À Strasbourg un petit courant d'air froid...» Un peu plus loin : «Nous mangeons dans les gamelles en fer-blanc de l'armée allemande...»
J'ai repris au tout début pour me plonger dans cet espace-temps étrange que fut le voyage vers l'URSS, sorte de sas entre deux mondes étanches. Le silence de l'oubli a volé en éclats. La violence de ce que j'avais vécu m'est revenue, tel un boomerang, en plein coeur.

 

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29 août 2017

La chambre des époux - Eric Reinhardt

Lu en partenariat avec Babelio et Gallimard

A19720 Gallimard - août 2017 - 176 pages

Quatrième de couverture :
Nicolas, une quarantaine d’années, est compositeur de musique. Un jour, sa femme Mathilde apprend qu’elle est atteinte d’un grave cancer du sein qui nécessite une intense chimiothérapie. Alors que Nicolas s’apprête à laisser son travail en plan pour s’occuper d’elle, Mathilde l’exhorte à terminer la symphonie qu’il a commencée. Elle lui dit qu’elle a besoin d’inscrire ses forces dans un combat conjoint. Nicolas, transfiguré par cet enjeu vital, joue chaque soir à Mathilde, au piano, dans leur chambre à coucher, la chambre des époux, la symphonie qu’il écrit pour l’aider à guérir. 

S’inspirant de ce qu’il a lui-même vécu avec son épouse pendant qu’il écrivait son roman Cendrillon voilà dix ans, Éric Reinhardt livre ici une saisissante méditation sur la puissance de la beauté, de l’art et de l'amour, qui peuvent littéralement sauver des vies.

Auteur : Né en 1965, Eric Reinhardt est l'auteur de six romans, parmi lesquels Cendrillon (2007), Le système Victoria (2011) et L'amour et les forêts (2014), qui lui a valu le prix Renaudot des lycéens 2014, le prix Roman France Télévisions 2014 et le prix Roman des étudiants France Culture - Télérama 2015.

Mon avis : (lu en août 2017)
C'est la première fois que je lisais cet auteur. J'ai été touché par le premier chapitre où l'auteur raconte comment, en couple, il a lutté sa femme, Margot, et lui contre le cancer de celle-ci. Ils avaient passé un marché, lui terminait d'écrire son livre en cours en quelques mois pendant qu'elle suivait ses chimios pour se soigner. Et chaque soir, Eric lisait des extraits de son livre à son épouse et lui donnait également tout son amour pour la soutenir. Le livre est un succès et Margot est en rémission.
Ensuite, j'ai été déstabilisée par le tournant que prend le livre... Il vient de témoigner très joliment de tout l'amour qu'il a pour sa femme, et voilà qu'il raconte sa rencontre avec Marie à l'occasion d'un salon professionnel. Marie a survécu miraculeusement à un cancer du pancréas alors que les médecins ne lui donnaient que quelques semaines à vivre. En voyant Marie, le narrateur voit en elle la vie et il en tombe immédiatement amoureux... Etant un homme fidèle, malgré leur complicité réciproque durant la soirée, ils ne se passera rien de plus.
Le narrateur imagine écrire un livre à partir de cette rencontre, pour lui donner une suite... Eric devient Nicolas, compositeur, Margot  devient Mathilde et Marie reste Marie...
Pourquoi nous raconter deux fois la même histoire où presque ? Et surtout pour conclure qu'il n'écrira finalement pas le livre imaginé !
J'ai été également dérangée par l'abus de texte mis entre parenthèses... Il y a même parfois deux niveaux de parenthèses ! Cela a du sens pour une équation mathématique mais en littérature c'est incongru et cela complexifie la lecture.
Conclusion, le rendez-vous avec ce livre est manqué, je n'ai pas aimé cette mise en abyme...

Merci Babelio et Gallimard pour ce partenariat "Rentrée Littéraire 2017"

Extrait : (début du livre)
Son cancer lui a été annoncé, à la suite d’une mammographie effectuée à son initiative en raison d’une grosseur, en décembre 2006. Comme cette tumeur d’un peu plus de quarante millimètres n’avait pas été détectée six mois plus tôt par le même examen, les médecins ont émis l’hypothèse d’un cancer à évolution rapide, éventuellement inflammatoire. Le délai nécessaire à l’analyse
de la ponction a été ce que j’ai vécu de plus douloureux de toute mon existence.
Pendant ces quelques jours, pour échapper à l’angoisse de l’attente, j’allais me réfugier dans mon bureau, où j’écrivais les pages de Cendrillon consacrées à Margot. Le hasard avait voulu que j’en sois là de mon roman quand elle m’avait téléphoné pour m’annoncer qu’elle était malade. Ces mots d’amour qui sortaient du clavier comme des larmes, j’ai parfois frémi de les sentir comme une nécrologie, mais que faire d’autre ? Ces pages de Cendrillon sont pour moi comme le sortilège qu’éperdu j’ai lancé avec rage au visage du cancer.
Les examens ont révélé qu’il n’était pas inflammatoire mais à évolution rapide, stade 4. Il a été décidé d’un protocole en trois temps, huit cures de chimiothérapie à partir du 5 janvier, une opération début juillet pour extraire ce qui subsisterait de la tumeur, enfin pendant deux mois une séance de rayons quotidienne.
Quoi de plus banal qu’un cancer du sein ? Mais c’est rien, de nos jours, un cancer du sein ! Toutes les femmes ont un cancer du sein ! J’ai prononcé et entendu ces phrases un nombre incalculable de fois, lancées vers elle pour la tranquilliser. Mais personne, à l’hôpital, bien entendu, ne peut tenir ce genre de propos. Les cancérologues ne peuvent pas dire que le cancer du sein est anodin. Rien n’est dit, jamais, pour rassurer le malade. Quand celui-ci, affaibli, mendie un mot encourageant, il ne l’obtient jamais. Il doit vivre avec cette hypothèse que la chimio sera peut-être inefficace. J’ai vu réapparaître les symptômes de ces crises de panique que j’avais connus chez elle quand nous nous étions rencontrés. Je me suis dit que le pire n’était pas tant la maladie, dont s’occupaient désormais les médecins, que l’effroi, l’angoisse, une panique dévastatrice. J’avais peur qu’elle ne s’abandonne à son mal. Elle était déjà partie pour une croisière fatale dans les ténèbres. C’est contre ça, je l’ai compris, que nous devions lutter. Car cette croisière et le cancer dont elle ferait son océan nocturne pourraient fort bien nous engloutir.
Elle commençait à regretter que nous ayons fait un deuxième enfant. Pourquoi tu dis ça ? je l’interrogeais. Elle se mettait à pleurer. Il est trop petit… elle me répondait. Trop petit… mais trop petit pour quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? L’idée que morte elle laisse derrière elle un enfant de quatre ans lui était insupportable. Elle se sentait coupable d’avoir donné naissance à un enfant qu’elle allait devoir abandonner. Pour moi la question n’était déjà plus là, qu’elle vive ou qu’elle meure, car je m’étais convaincu qu’elle n’était plus en danger. Tu ne vas pas mourir. Tu ne vas pas le laisser seul. Crois-moi. Tu vas vivre. Il va te voir vieillir ton enfant ! Je passais des heures à ses côtés à combattre ses démons mortifères.

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27 août 2017

Maman est en haut - Caroline Sers

41jrpLDQ6oL Buchet Chastel - octobre 2016 - 251 pages

Quatrième de couverture :
Cerise, la quarantaine bien entamée, vit seule avec ses deux enfants, supporte sa mère, a des élans hypocondriaques, se demande si elle ne devrait pas changer de boulot et, dans les moments extrêmes, ouvre une bouteille de vin blanc pour réfléchir. Un matin, lors du traditionnel appel téléphonique maternel, elle perd le fil de la conversation et n'écoute plus. Pourtant, quand Marie lui assène "J'ai eu raison, n'est-ce pas ?", prise de court, Cerise acquiesce. Le soir même, la gendarmerie l'informe que sa mère est en garde à vue, et refuse de lui en dire plus... Qu'a-t-elle pu faire encore ? Pendant les semaines qu'il lui faudra pour comprendre, Cerise va traverser quelques turbulences... Maman est en haut : perchée depuis des années ; en haut de l'arbre généalogique. Une position idéale pour lâcher quelques bombes !

Auteur : Caroline Sers vit entre Paris et le Gers. 

Mon avis : (lu en juillet 2017)
J'ai pris un peu au hasard ce livre à la Bibliothèque avant mon départ en vacances, encore un livre sur la relation mère-fille... C'est le hasard, la thématique de ce livre et celle du livre précédent est très proche... Ici la mère de la narratrice est vivante...
Cerise a la quarantaine, elle a deux enfants, Rose et Vladimir qu'elle élève seule depuis son divorce. Marie, sa mère, appelle au téléphone systématiquement sa fille tous les jours et cette dernière n'écoute plus que d'une oreille les maux de sa vieille mère...
Le soir même, Cerise reçoit un appel de la gendarmerie qui l'informe que Marie est en garde à vue, mais aucun détail supplémentaire ne lui est communiqué...
Cerise s'inquiète mais d'autres soucis la préoccupent, au travail une réorganisation est en cours, son ex-mari voudrait bien revenir avec elle, Rose, sa fille, est en pleine adolescence difficile... Elle tente de trouver du secours auprès de son frère Sébastien. Mais ce dernier a coupé toute relation avec leur mère...
J'attendais un livre léger et amusant. Je me suis ennuyée dans cette lecture qui explore les relations familiales... 

Extrait : (début du livre)
Procrastination. C’était le terme que Cerise cherchait la veille. Impossible de… – comment dit-on déjà? –, pas « remettre la main dessus », se le remémorer, voilà ! Et encore un mot qui lui échappait. C’était parce qu’elle ne dormait pas assez, sûrement. Ou parce qu’elle avait toujours dix fers au feu en même temps. De plus en plus souvent, un mot lui venait pour un autre, elle tordait les expressions, les mélangeant comme le font parfois les jeunes enfants – mais, à quarante-cinq ans, ce n’était plus du tout mignon. Elle faisait mine de s’en amuser, pourtant, surjouant volontiers, avec les copines, la mère débordée qui en perd son latin. Mais une inquiétude sourde l’habitait, tapie derrière les mille choses dont elle devait s’occuper chaque jour. Une petite graine sournoise qu’elle avait peur de nourrir en y pensant trop.
Procrastination. Alors que son temps était si précieux. Elle n’avait jamais « rien à faire » et elle gâchait les moments où, miraculeusement, personne ne comptait sur elle par des hésitations sans fin et des remises en question de décisions pourtant prises, la veille, avec toute la fermeté possible.
Depuis déjà cinquante minutes, elle triturait la page d’accueil du site qu’elle était en train de créer, changeant de modèle compulsivement sans être capable d’en préférer un. Peut-être devrait-elle imaginer un environnement graphique original, qu’elle élaborerait elle-même, plutôt que de se contenter de modèles proposés à la chaîne? Avoir un site vraiment personnel, au lieu de se contenter d’un visuel commun, banal, déjà utilisé par quelqu’un d’autre? Mais il lui faudrait alors apprendre à utiliser un logiciel de création de site, et se former au design graphique… L’idée de mettre encore un obstacle entre son idée et sa concrétisation la tenta pendant quelques minutes. Ah ! qu’il était bon de se dire : « Je le ferais bien, mais il faut d’abord que… » Elle tapa sur Google quelques mots-clefs pour se faire une idée de ce qui existait en termes de formation, puis cliqua sur un lien vers un article et se plongea dans la lecture d’une étude comparée de l’utilisation d’Internet selon les pays. Ça, ce n’était pas à proprement parler une perte de temps, si on y réfléchissait. Il fallait tout de même qu’elle comprenne le marché, qu’elle soit au fait de ce que désiraient les gens, là, dehors… Ces « gens » qu’elle voulait absolument convaincre d’aller voir son futur site.

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22 août 2017

Un appartement à Paris - Guillaume Musso

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib - juin 2017 - 9h43 - Lu par Arnaud Romain

XO éditions - mars 2017 - 484 pages

Quatrième de couverture :
" L'art est un mensonge qui dit la vérité... "

Paris, un atelier d'artiste caché au fond d'une allée verdoyante. 
Madeline l'a loué pour s'y reposer et s'isoler. 
À la suite d'une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des États-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours. 
L'atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l'assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd'hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d'unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires. 
Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais. 

Auteur : Guillaume Musso est l’auteur français le plus lu. Traduit en quarante langues, il s’est fait connaître avec succès grâce à ses romans à la tonalité surnaturelle. Depuis plusieurs années, il s’installe comme l’un des auteurs incontournables du suspense français, avec des titres tels que L’Appel de l’angeCentral Park et plus récemment La fille de Brooklyn. Son thriller fantastique Et après…, a été porté à l’écran avec Romain Duris et John Malkovich.

Lecteur : Arnaud Romain est auteur, comédien et chanteur et a participé à de nombreux spectacles salués par des Molière ou programmés à Avignon. Il est l’un des comédiens de prédilection d’Isabelle Mergault ou d’Alain Sachs, qu’il assiste pour ses mises en scène. Enfin, sa pratique de l’écriture en tant qu’adaptateur le rend particulièrement sensible aux intentions d’un auteur.

Mon avis : (écouté en juillet 2017)
Madeline est une ancienne inspecteur de police londonienne, elle a décidé de louer à Paris un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante pour s'isoler et se reposer. Elle envisage d'avoir un enfant.
Gaspard Coutances est un écrivain solitaire, son éditeur lui a loué le même appartement pour qu'il finisse d'écrire une pièce de théâtre. Au début, ils sont furieux l'un et l'autre de devoir cohabiter dans cet appartement.
Cet atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz, ce dernier est décédé suite à la douleur d’avoir perdu son petit garçon, kidnappé puis assassiné sous les yeux de sa mère. Pour des raisons personnelles, Madeline et Gaspard s'intéressent à Sean Lorenz et après avoir appris que peu de temps avant sa mort, Sean Lorenz a brûlé toutes ses oeuvres, sauf 3 tableaux qu’il a caché, ils décident donc de partir à la recherche des tableaux disparus. Plus ils vont s'approcher du vrai secret de Sean Lorez et plus ils vont s'apprivoiser l'un l'autre...
L'histoire est captivante, les personnages sont attachants et l'enquête est pleine de surprises et de rebondissements...
Le lecteur est très agréable à écouter, j'ai passé de très agréables moments de lecture avec ce livre audio.

Merci Pauline et Audiolib pour cette lecture prenante et très agréable.

Extrait : (début du livre)
Londres, un samedi en fin de matinée.
Tu ne le sais pas encore, mais dans moins de trois minutes tu vas affronter l’une des épreuves les plus pénibles de ton existence. Une épreuve que tu n’as pas vue venir, mais qui va te marquer aussi douloureusement qu’une brûlure au fer rouge sur une peau tendre.
Pour l’instant tu déambules, sereine, dans la galerie commerçante aux allures d’atrium antique. Après dix jours de pluie, le ciel a retrouvé une belle teinte bleu turquin. Les rayons de soleil qui font chatoyer la verrière du grand magasin t’ont mise de bonne humeur. Pour célébrer le début du printemps, tu t’es même offert cette petite robe rouge à pois blancs qui te faisait de l’œil depuis quinze jours. Tu te sens légère, presque guillerette. Ta journée s’annonce plaisante : d’abord, un déjeuner avec Jul’, ta meilleure amie, une séance de manucure entre filles, sans doute une expo à Chelsea, puis ce soir le concert de PJ Harvey à Brixton.
Une navigation tranquille dans les méandres douillets de ta vie. 
Sauf que soudain, tu l’aperçois.

*

C’est un petit garçon blond vêtu d’une salopette en jean et d’un duffle-coat bleu marine. Deux ans peut-être, ou un peu plus. De grands yeux clairs et rieurs qui brillent derrière des lunettes colorées. Des traits fins qui émergent d’une bouille ronde de poupon encadrée de courtes bouclettes lumineuses comme une meule de foin sous le soleil d’été. Ça fait déjà un moment que tu le regardes, de loin, mais plus tu te rapproches, plus tu es fascinée par son visage. Un territoire vierge, radieux, que ni le mal ni la peur n’ont encore eu le temps d’infecter. Sur cette frimousse, tu ne vois qu’un éventail de possibilités. De la joie de vivre, du bonheur à l’état brut.
À présent, lui aussi te regarde. Un sourire complice et candide éclaire son visage. Avec fierté, il te montre le petit avion métallique qu’il fait voler au-dessus de sa tête entre ses doigts potelés.
– Vreuuummm…
Alors que tu lui rends son sourire, une drôle d’émotion commence à t’étreindre. Le poison lent d’un sentiment indéchiffrable contamine tout ton être d’une tristesse inconnue.
Le bambin a écarté les bras et s’est mis à trottiner autour de la fontaine en pierre qui projette ses volutes d’eau sous la coupole de la galerie. Pendant un bref instant, tu crois qu’il court vers toi et qu’il va sauter dans tes bras, mais…

– Papa, papa ! T’as vu, je fais l’avion !
Tu lèves les yeux et ton regard rencontre celui de l’homme qui attrape l’enfant à la volée. Une lame glacée te transperce et ton cœur se bloque.
Cet homme, tu le connais. Il y a cinq ans, vous avez vécu une histoire d’amour qui a duré plus d’une année. Pour lui tu as quitté Paris pour Manhattan et changé de boulot. Pendant six mois, vous avez même essayé d’avoir un bébé qui n’est jamais venu. Puis l’homme est retourné vivre auprès de son ex-femme avec qui il avait déjà un enfant. Tu as fait tout ce que tu pouvais pour le retenir, mais cela n’a pas été suffisant. Tu as vécu douloureusement cette période et, alors que tu pensais être parvenue à tourner la page, tu le rencontres aujourd’hui et ça te brise le cœur.
À présent, tu comprends mieux ton trouble. Tu te dis que cet enfant aurait pu être le vôtre. Que cet enfant aurait dû être le vôtre.
L’homme t’a reconnue tout de suite et n’évite pas ton regard. À son expression désolée, tu le devines aussi surpris que toi, mal à l’aise, vaguement honteux. Tu penses qu’il va venir te parler, mais, comme un cerf aux abois, il a un geste protecteur pour sa progéniture et s’empresse de tourner les talons.
– Allez viens, Joseph, on s’en va.

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