08 mars 2015

Le vieux qui lisait des romans d'amour - Luis Sepulveda

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Audiolib - décembre 2014 - 3h21 - Lu par Feodor Atkine

Editions Métailié - avril 1992 - 130 pages

Points - 1994 - 130 pages

Points - janvier 1997 - 120 pages

Points - janvier 2003 - 120 pages

Editions Métailié - mai 2004 -137 pages

traduit de l’espagnol (Chili) par François Maspero

Titre original : Un viejo que leía novelas de amor, 1992

Quatrième de couverture :
Antonio José Bolivar Proaño est le seul à pouvoir chasser le félin tueur d’hommes. Il connaît la forêt amazonienne, il respecte les animaux qui la peuplent, il a vécu avec les Indiens Shuars et il accepte le duel avec le fauve. Mais Antonio José Bolivar a découvert sur le tard l’antidote au redoutable venin de la vieillesse : il sait lire, et il a une passion pour les romans qui parlent de l’amour, le vrai, celui qui fait souffrir. Partagé entre la chasse et sa passion pour les romans, le vieux nous entraîne dans ce livre plein de charme dont le souvenir ne nous quitte plus.

Auteur : Luis Sepúlveda est né en 1949 au Chili. Emprisonné sous le régime de Pinochet puis exilé, il parcourt l’Amérique latine et fonde de nombreuses troupes théâtrales. Très soucieux d’écologie, il participe à une recherche de l’UNESCO au sujet de l’impact de la colonisation sur les populations amazoniennes et passe un an chez les Indiens Shuars. Depuis 1996, il vit en Espagne. Ses oeuvres sont aujourd’hui des bestsellers mondiaux. Il a publié en 2013 Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis et Ingrédients pour une vie de passions formidables.

Lecteur : Difficile de présenter ce comédien talentueux, à la carrière exemplaire et au parcours surprenant. Féodor Atkine a tourné avec les plus grands cinéastes : Woody Allen,Oliver Stone, Raul Ruiz... Théâtre, films et doublages se succèdent (Dr House, Breaking Bad). Ce lecteur passionné a obtenu en 2014 le Coup de coeur de l’Académie Charles Cros pour sa lecture du Quatrième mur.

Mon avis : (écouté en mars 2015)
J'avais déjà fait un billet sur ce livre cet été, dans la rubrique "souvenirs, souvenirs...", c'est un livre que j'ai lu pour la première fois il y a plus de vingt ans et que j'avais beaucoup aimé. 
J'ai passé un moment incroyable (beaucoup trop court) en l'écoutant lu par Féodor Atkine que j'ai également adoré dans Le quatrième mur de Sorj Chalandon. 
L’histoire se passe au fin fond de l’Amazonie, dans le village d'El Idilio. C’est là que vit Antonio José Bolivar, il est arrivé en Amazonie avec l'espoir d'une vie meilleure et un terrain à faire fructifier... Pendant quelques temps, il va vivre avec les Shuars, les indiens locaux, qui vont lui apprendre à se débrouiller dans le milieu hostile de la forêt vierge. Un jour, les indiens l'invitera à quitter la tribu et il s'installera à El Idilio. Il se découvrira alors une passion pour les romans d'amour...
Lorsque l'histoire commence le corps sans vie d'un homme est retrouvé. Les villageois soupçonnent immédiatement les indiens Shuars. Seul le "vieux" est persuadé que le coupable est un félin...
Sepulveda est un vrai conteur et avec cette histoire, il nous parle de l'Amazonie et rend un très bel hommage à la nature.
Féodor Atkine a su rendre vivant ce conte plein d'humanité, de poésie et d'humour. Un vrai bonheur, un vrai coup de coeur !

Extrait : (début du livre)
Le ciel était une panse d’âne gonflée qui pendait très bas, menaçante, au-dessus des têtes. Le vent tiède et poisseux balayait les feuilles éparses et secouait violemment les bananiers rachitiques qui ornaient la façade de la mairie.
Les quelques habitants d’El Idilio, auxquels s’étaient joints une poignée d’aventuriers venus des environs, attendaient sur le quai leur tour de s’asseoir dans le fauteuil mobile du dentiste, le docteur Rubincondo Loachamín, qui pratiquait une étrange anesthésie verbale pour atténuer les douleurs de ses clients.
— Ça te fait mal ? questionnait-il.
Agrippés aux bras du fauteuil, les patients, en guise de réponse, ouvraient des yeux immenses et transpiraient à grosses gouttes.
Certains tentaient de retirer de leur bouche les mains insolentes du dentiste afin de pouvoir lui répondre par une grossièreté bien sentie, mais ils se heurtaient à ses muscles puissants et à sa voix autoritaire.
— Tiens-toi tranquille, bordel ! Bas les pattes ! Je sais bien que ça te fait mal. Mais à qui la faute, hein ? À moi ? Non : au gouvernement ! Enfonce-toi bien ça dans le crâne. C’est la faute au gouvernement si tu as les dents pourries et si tu as mal. La faute au gouvernement.
Les malheureux n’avaient plus qu’à se résigner en fermant les yeux ou en dodelinant de la tête.
Le docteur Loachamín haïssait le gouvernement. N’importe quel gouvernement. Tous les gouvernements. Fils illégitime d’un émigrant ibérique, il tenait de lui une répulsion profonde pour tout ce qui s’apparentait à l’autorité, mais les raisons exactes de sa haine s’étaient perdues au hasard de ses frasques de jeunesse, et ses diatribes anarchisantes n’étaient plus qu’une sorte de verrue morale qui le rendait sympathique.
Il vociférait contre les gouvernements successifs de la même manière que contre les gringos qui venaient parfois des installations pétrolières du Coca, étrangers impudiques qui photographiaient sans autorisation les bouches ouvertes de ses patients.
À quelques pas de là, l’équipage du Sucre chargeait des régimes de bananes vertes et des sacs de café.
Sur un bout du quai s’amoncelaient les caisses de bière, d’aguardiente « Frontera », de sel, et les bonbonnes de gaz débarquées au lever du jour.
Le Sucre devait appareiller dès que le dentiste aurait terminé de réparer les mâchoires, pour remonter les eaux du Nangaritza, déboucher dans le Zamora et, après quatre jours de lente navigation, rejoindre le port fluvial d’El Dorado.
Le bateau, une vieille caisse flottante mue par la volonté de son chef mécanicien, les efforts des deux costauds qui composaient l’équipage et l’obstination phtisique d’un antique diesel, ne devait pas revenir avant la fin de la saison des pluies dont le ciel en deuil annonçait l’imminence.

Déjà lu du même auteur : 

le_monde_du_bout_du_monde_p Le Monde du bout du monde 97555469 Le vieux qui lisait des romans d'amour

Challenge Petit Bac 2015 
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Objet (3)

 

 

 

 

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20 août 2014

Le vieux qui lisait des romans d'amour - Luis Sepúlveda

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Editions Métailié - avril 1992 - 130 pages

Points - 1994 - 130 pages

Points - janvier 1997 - 120 pages

Points - janvier 2003 - 120 pages

Editions Métailié - mai 2004 -137 pages

traduit de l’espagnol (Chili) par François Maspero

Titre original : Un viejo que leía novelas de amor, 1992

Quatrième de couverture :
Lorsque les habitants d'El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d'un homme blond assassiné, ils n'hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l'étrange blessure la marque d'un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d'amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d'Amazonie dont la survie même est aujourd'hui menacée.

Auteur : Luis Sepúlveda est né au Chili en 1949. Ses best-sellers sont traduits dans le monde entier, Le Vieux qui lisait des romans d’amour, Journal d’un tueur sentimental et Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre.

Mon avis : (lu en 1995)
L’histoire se passe au fin fond de l’Amazonie, à El Idilio un village. C’est là qu'habite Antonio José Bolivar, il est arrivé là, il y a des années, un peu par hasard.  Il espérait une vie meilleure et un terrain à faire fructifier... Une utopie en pleine Amazonie puisque la nature a toujours le dessus, malgré tout il est resté à El Idilio. Grâce aux indiens locaux, les Shuars, il va apprendre à se débrouiller dans le milieu hostile de la forêt vierge. 
Lorsque l'histoire commence le corps sans vie d'un homme est retrouvé. Les villageois soupconnent immédiatement les indiens Shuars. Seul le "vieux" est persuadé que le coupable est un félin...
Sepulveda est un vrai conteur et avec l'histoire d'Antonio Jose Bolivar, le vieux qui lisait des romans d'amour, il nous parle de l'Amazonie. Un très bel hommage à la nature, un conte plein d'humanité et de poésie.

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En faisant ce billet, j'ai découvert que ce livre avait été adapté au cinéma en Australie par Rolf de Heer en 2001. Intitulé The Old Man Who Read Love Stories, Richard Dreyfuss tient le premier rôle et est accompagné, entre autres, par Timothy Spall et Hugo Weaving. 

Extrait : (début du livre)
Le ciel était une panse d’âne gonflée qui pendait très bas, menaçante, au-dessus des têtes. Le vent tiède et poisseux balayait les feuilles éparses et secouait violemment les bananiers rachitiques qui ornaient la façade de la mairie.
Les quelques habitants d’El Idilio, auxquels s’étaient joints une poignée d’aventuriers venus des environs, attendaient sur le quai leur tour de s’asseoir dans le fauteuil mobile du dentiste, le docteur Rubincondo Loachamín, qui pratiquait une étrange anesthésie verbale pour atténuer les douleurs de ses clients.
— Ça te fait mal ? questionnait-il.
Agrippés aux bras du fauteuil, les patients, en guise de réponse, ouvraient des yeux immenses et transpiraient à grosses gouttes.
Certains tentaient de retirer de leur bouche les mains insolentes du dentiste afin de pouvoir lui répondre par une grossièreté bien sentie, mais ils se heurtaient à ses muscles puissants et à sa voix autoritaire.
— Tiens-toi tranquille, bordel ! Bas les pattes ! Je sais bien que ça te fait mal. Mais à qui la faute, hein ? À moi ? Non : au gouvernement ! Enfonce-toi bien ça dans le crâne. C’est la faute au gouvernement si tu as les dents pourries et si tu as mal. La faute au gouvernement.
Les malheureux n’avaient plus qu’à se résigner en fermant les yeux ou en dodelinant de la tête.
Le docteur Loachamín haïssait le gouvernement. N’importe quel gouvernement. Tous les gouvernements. Fils illégitime d’un émigrant ibérique, il tenait de lui une répulsion profonde pour tout ce qui s’apparentait à l’autorité, mais les raisons exactes de sa haine s’étaient perdues au hasard de ses frasques de jeunesse, et ses diatribes anarchisantes n’étaient plus qu’une sorte de verrue morale qui le rendait sympathique.
Il vociférait contre les gouvernements successifs de la même manière que contre les gringos qui venaient parfois des installations pétrolières du Coca, étrangers impudiques qui photographiaient sans autorisation les bouches ouvertes de ses patients.
À quelques pas de là, l’équipage du Sucre chargeait des régimes de bananes vertes et des sacs de café.
Sur un bout du quai s’amoncelaient les caisses de bière, d’aguardiente « Frontera », de sel, et les bonbonnes de gaz débarquées au lever du jour.
Le Sucre devait appareiller dès que le dentiste aurait terminé de réparer les mâchoires, pour remonter les eaux du Nangaritza, déboucher dans le Zamora et, après quatre jours de lente navigation, rejoindre le port fluvial d’El Dorado.
Le bateau, une vieille caisse flottante mue par la volonté de son chef mécanicien, les efforts des deux costauds qui composaient l’équipage et l’obstination phtisique d’un antique diesel, ne devait pas revenir avant la fin de la saison des pluies dont le ciel en deuil annonçait l’imminence.

Déjà lu du même auteur : 

le_monde_du_bout_du_monde_p Le Monde du bout du monde

Challenge Petit Bac 2014
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"Objet" (9)

Souvenirs_souvenirs

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02 juin 2012

Les larmes de l'assassin – Thierry Murat Anne-Laure Bondoux

les_larmes_de_l_assassin Futuropolis – février 2011 – 128 pages

Présentation de l'éditeur :
Paolo est un enfant sauvage. Il vit comme une bête dans une ferme misérable et isolée, avec ses parents qui ne s’occupent pas de lui au fin fond du Chili. Un jour, un homme arrive jusqu’à la ferme. C’est Angel Allegria, un truand, un escroc, un assassin. Il tue les parents de Paolo, mais un sursaut de sa conscience l’empêche de tuer Paolo. L’assassin s’installe dans la ferme, refuge idéal pour un homme traqué par la police. Contre toute attente, une relation complexe naît entre lui et l’enfant. Ils s’apprivoisent. Lorsqu’un autre voyageur arrive, l’équilibre est rompu. Paolo va jusqu’à appeler l’assassin « Papa » pour déstabiliser l’assassin et ainsi sauver le voyageur. Pour Paolo c’est le début d’un apprentissage de l’existence qui se fera au gré d’un voyage vers la ville et d’autres rencontres humaines.

Auteurs :
Anne-Laure Bondoux a 40 ans. Elle est née et vit en banlieue parisienne. Après un bac littéraire, elle entame une licence de lettres modernes. Rédactrice dans la presse jeunesse (Bayard Presse), elle décide de se consacrer à l'écriture à plein temps en 2000. Elle a publié 8 romans, dont Pépites, Le Temps des miracles et Les Larmes de l'assassin, qui a déjà été primé plus de vingt fois !

Thierry Murat a 45 ans. Il vit dans les Landes. Après des études d'arts appliqués à Poitiers, il devient graphiste et se passionne pour l'illustration.
2002 : parution de son premier livre jeunesse, Kontrol 42. Cinq autres titres suivront dont Dieux, Pensées en suspension et autres points.
Parallèlement, il se lance dans la bande dessinée. 2004: Elle ne pleure pas elle chante, avec Amélie Sarn et Corbeyran. 2006: Ysoline, sur un scénario de Rascal. 2008: Le Poisson-chat avec Arnaud Floc'h.

Mon avis : (lu en juin 2012)
J'ai découvert le roman Anne-Laure Bondoux en 2007 et cela été pour moi un vrai coup de cœur.

J'avais donc très envie de découvrir cette adaptation en bande-dessinée. J'y ai retrouvé toute l'atmosphère de ce coin perdu du Chili, des paysages grandioses, des terres de cailloux, arides, balayées par les vents, des ciels changeants...
Le dessin est sobre, épuré en noir sur des fonds de couleurs minérales (ocre, sable, gris, bleu, marron), le texte est concis, il va à l'essentiel.
Quand à l'histoire, je reprends ici un extrait de mon billet sur le roman. « Paolo Poloverdo habite avec ses parents dans une ferme isolée à l'extrême sud du Chili. Angel Allegria, un assassin en fuite, arrive par hasard sur cette terre aride, tue les parents du petit garçon et s'installe avec lui. Alors qu'ils apprennent à vivre ensemble et qu'une étrange relation se développe entre eux, un troisième homme, Luis Secunda, riche, exilé et érudit, vient partager leur solitude. Poussés par la nécessité d'acquérir du bétail, tous les trois entreprennent vers Valparaiso un voyage au cours duquel les deux adultes vont se disputer l'affection de l'enfant. » 
Il me semble cependant que Thierry Murat est pris quelque liberté pour la partie finale... Ce qui me donne très envie de relire le roman...

Très belle adaptation, mais je vous encourage vraiment de lire également le roman.

Extrait : 

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Déjà lu d'Anne-Laure Bondoux :

les_larmes_de_l_assassin Les larmes de l'assassin P_pites Pépites 

le_temps_des_miracles Le temps des miracles

 



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15 janvier 2012

Le Monde du bout du monde – Luis Sepúlveda

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : MONDE

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Éditions Métailié – mai 2005 – 131 pages

Points – janvier 2010 – 122 pages

traduit de l’espagnol (Chili) par François Maspero

Titre original : El Mundo del fin del Mundo, 1989

Quatrième de couverture :
Encore émerveillé par la lecture précoce de Moby Dick et son périple de jeunesse sur les mers antarctiques, un journaliste chilien repart à l'aventure. Aux côtés du capitaine Nilssen, il sillonne cet océan légendaire, traverse les fjords enneigés, dépasse les récifs du cap Horn. Croisant les baleines majestueuses qui tentent d’échapper à la pêche industrielle, il s’en prend aux nouveaux pirates du sud de la Patagonie...

Auteur : Luis Sepúlveda est né au Chili en 1949. Ses best-sellers sont traduits dans le monde entier, Le Vieux qui lisait des romans d’amour, Journal d’un tueur sentimental et Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre.

Mon avis : (lu en janvier 2011)
Ce livre est un récit maritime empreint de beaucoup de poésie et de sensibilité.
Ayant lu Moby Dick avec émerveillement, à l’âge de 16 ans un jeune garçon embarque comme mousse à bord de L’Evangéliste durant ses vacances. Il fait la rencontre de "Le Basque", un grand chasseur de baleine, et de don Pancho son harponneur. Mais en assistant à la capture d'un cachalot dans le détroit de Magellan, il comprend que la chasse à la baleine n'est pas sa vocation.
Vingt ans plus tard, le jeune garçon est devenu journaliste à Hambourg, il est proche de la cause écologique. Il est de retour au Chili pour une enquête sur le mystérieux naufrage d'un baleinier industriel japonais. En peu de pages,
Luis Sepúlvedanous fait faire un très beau voyage 
au bout du monde et où se mêle des légendes de pirates, des souvenirs de chasses à la baleine et des enjeux écologiques, politiques et économiques...

Un grand Merci à Thiphanie qui m'a offert ce livre lors du Swap Une Vague Bleue  organisé par Valérie

Extrait : (page 15)
J'étais très jeune alors, presque un enfant, et je rêvais aux aventures qui m'ouvriraient la voie d'une vie loin de l'ennui et de l'abrutissement.
Je n'étais pas seul dans mes rêves. J'avais un Oncle, oui un Oncle avec une majuscule. Mon Oncle Pepe, dont le caractère tenait davantage de ma grand-mère basque, l'indomptable, que de mon grand-père andalou, le pessimiste. Mon Oncle Pepe. Volontaire dans les Brigades internationales pendant la guerre civile espagnole. Une photo qui le représentait à côté d'Ernest Hemingway était l'unique patrimoine dont il s'enorgueillissait, et il ne cessait de me répéter qu'il fallait trouver le chemin et se mettre en route.
Faut-il ajouter que l'Oncle Pepe était la brebis galeuse de la famille et que, plus je grandissais, plus nos rencontres se faisaient clandestines ?
C'est de lui que j'ai reçu mes premiers livres, ceux qui m'ont fait connaître des écrivains que je n'oublierai jamais ; Jules Verne, Emilio Salgari, Jack London.
C'est de lui que j'ai reçu une histoire qui a marqué ma vie : Moby Dick, d'Herman Melville.
J'ai lu ce livre à quatorze ans et, à seize, je n'ai pas pu résister davantage à l'appel du Sud.
Au Chili, les vacances d'été durent de la mi-décembre à la mi-mars. D'autres lectures m'avaient appris que de petites flottes de baleiniers mouillaient aux confins continentaux du cercle antarctique, et je brûlais d'impatience de connaître ces hommes que j'imaginais les héritiers du capitaine Achab.

Challenge Objectif PAL Swap
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3/10

 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

 

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06 septembre 2011

Malarrosa - Hernán Rivera Letelier

Lu dans le cadre du partenariat Logo_News_Book et des Éditions Métailié

malarrosa Éditions Métailié – avril 2011 – 198 pages

traduit de l'espagnol (Chili) par Bertille Hausberg

Titre original : Mi nombre es Malarrosa, 2008

Quatrième de couverture :
Elle devait s’appeler Malvarrosa mais, à cause d’une erreur de l’officier de l’état civil ou parce que
son écervelé de père était tellement bourré en allant la déclarer, elle finit par s’appeler Malarrosa.
Cette petite fille marquée par le destin dès sa naissance est la touchante héroïne de ce nouveau
roman d’Hernán Rivera-Letelier. On y côtoie des personnages hauts en couleur, campés avec une
truculence toujours teintée de tendresse : Saladino Robles, père irresponsable et joueur
éternellement poursuivi par la guigne, Oliverio Trébol dit Tristesburnes, le gros bras au coeur
tendre, le responsable de la police, Rosendo Palma, plus communément appelé Verge de Taureau,
ou Amable Marcelino, alias Six Doigts, doté d’une chance insolente au poker grâce à son appendice
supplémentaire, sans oublier la señorita Isolina del Carmen Orozco Valverde, l’institutrice d’âge
canonique qui ne désespère pas de ramener tout ce beau monde dans le droit chemin. Malarrosa accompagne son père dans les bouges où se déroulent ses parties de cartes et parcourt avec lui les hameaux environnants au gré des rencontres pugilistiques entre Oliverio Trébol et les "champions" locaux. Au fil des mois, ses vêtements masculins ne peuvent plus dissimuler ses rondeurs naissantes et, au cours d’une nuit de folie, sa virginité sera mise aux enchères. Alors, avec une lucidité et une détermination extraordinaires, ce sera elle qui, pour la première fois, décidera de son destin.

Auteur : Hernán Rivera Letelier est né à Talca, au Chili, en 1950. Il a toujours vécu dans les déserts des mines de nitrate d'Atacama. Il y a longtemps travaillé comme ouvrier, il a fait des études secondaires à l'âge de vingt-cinq ans. Il a reçu pour ses deux premiers romans le prix du Conseil national du livre du Chili. Il est l'auteur, entre autres, de La Reine Isabel chantait des chansons d'amour, des Trains vont au purgatoire et des Fleurs noires de Santa Maria.

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Tout d'abord, je trouve superbe la couverture du livre mais je regrette que l'on ne sache pas les noms des oiseaux représentés...Avant même de lire le livre, j'ai essayé de les retrouver en utilisant internet et les connaissances de mon fils aîné passionné de zoologie. Nous avons reconnu des colibris, des pics, un martinet ?… Mais dans l'histoire de Malarrosa, il est assez furtivement questions d'oiseaux chanteurs : alouettes, chardonnerets, linottes, grives, pinsons, canaris, mésanges, rouges-gorges...

Cette histoire se passe au Chili, à la fin des années 20 et au début des années 30. Yungay est un village créé dans le désert d'Atacama autour des mines de salpêtres. Les mines se ferment les unes après les autres et Yungay est sur le point de disparaître. Seuls persistent quelques boutiques, deux bordels, « Le Poncho Déchiré » et « Le Perroquet Vert » et les miséreux du coin.
Malarrosa est une petite fille de treize ans qui vit seule avec son incapable de père qui boit et qui perd aux cartes. Sa mère est morte alors qu'elle avait dix ans. Malarrosa accompagne son père Saladino lorsqu'il joue aux cartes, son ami boxeur Oliverio Trébol dit Tristesburnes est là pour les protéger. Dans la vie de Malarrosa, il y a aussi sa vieille institutrice Isolina del Carmen Orozco Valverde qui lui a appris à lire et à écrire.
La vie s'écoule lentement et tranquillement à Yungay, les bagarres, les jeux cartes, les prostituées, la boisson et les combats de boxe sont le quotidien de Saladino, Oliverio et Malarrosa...

Les personnages de ce livre sont hauts en couleurs et attachants, mais l'histoire ayant le rythme lent de Yungay, je me suis parfois un peu ennuyée. Malgré tout, j'ai apprécié le style poétique de l'auteur pour évoquer le village et la situation économiques des lieux : « C’est d’abord la fumée qui a disparu : fumée de la fonderie, fumée des locomotives, fumée des fourneaux de briques des cuisines ; un peu plus tard, les gringos ont disparu avec leurs femmes, leurs animaux de compagnie, leurs majordomes en redingote ; ensuite, ce sont les commerçants qui ont disparu - d’abord les camelots puis ceux qui tenaient boutique -, la police, elle aussi, a disparu, bientôt suivie par les putes, et finalement, le village a disparu. Et là, debout au milieu du néant, sous le soleil blanc du désert, nous avons découvert que, pendant toutes ces années, nous avions vécu, travaillé, engendré nos enfants et enterré nos morts dans un mirage. » En conclusion, ce livre est une belle découverte.

Merci à News Book et aux Éditions Métailié pour ce partenariat.

Extrait : (page 113)
Le vendredi de la semaine suivante, à quatre heures du matin, Oliviero Trébol, accompagné du flambeur et de sa fille Malarrosa, se rendit à la gare de Catalina où ils devaient prendre le train Longitudinal Nord en provenance de Calera. Ils prirent la seule voiture à louer du village, une Ford T ; elle s'arrêtait tous les deux kilomètres et il fallait descendre pour la pousser ou tourner la manivelle. […]
Compte tenu de son itinéraire, la locomotive devait arriver en gare de Catalina à 5h45 du matin mais, depuis le jour même de son inauguration, seize ans plus tôt, le train avait du retard. Quand ils demandèrent au chef de gare dans combien de temps il arriverait cette fois-ci, l'homme répondit d'un air moqueur en caressant sa barbe de patriarche juif et en faisant semblant de se lancer dans des calculs interminables :
- A mon avis, il aura entre une heure et vingt-quatre heures de retard.
Finalement le train arriva avec huit heures et quatorze minutes de retard. Quand son panache de fumée commença à noircir l'horizon, tout le monde poussa un soupir de soulagement. Dans cette gare construite à l'endroit le plus solitaire du désert d'Atacama, l'apparition d'un train constituait un véritable miracle. Quand le convoi s'arrêtait le long du quai en faisant siffler la locomotive et sonner sa grosse cloche de bronze, on pouvait voir voir les passagers regarder par les fenêtres avec une expression de tristesse infinie. Avec leurs visages couverts de poussière et leurs yeux de somnambules, ils semblaient arriver d'un autre monde. Depuis trois jours et trois nuits, ils traversaient le paysage le plus inhumain de la planète et il leur restait encore deux jours et une nuit de voyage. A dire vrai, monter dans ce train, c'était en quelque sorte s'embarquer pour le purgatoire.

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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25 juin 2011

Chiens féraux – Felipe Becerra Calderon

Lu dans le cadre  d'un partenariat Libfly et Furet du Nord
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chiens_ferraux Éditions Anne Carrière – août 2011 – 151 pages

traduit de l'espagnol (Chili) par Sandy Martin et Brigitte Jensen

Titre original : Bagual, Editorial Zignos. Lima, 2008. 

Quatrième de couverture :
1980, Nord du Chili, sous la dictature de Pinochet. Les terres arides du désert d'Atacama ne sont ensemencées que par les fosses communes du régime. Rocio, ancienne étudiante en médecine, a suivi son mari, Carlos, lieutenant de police, affecté à la réserve de Huara où il n'y a rien à faire et trop à méditer. Carlos consigne son ennui, ses doutes et ses inquiétudes concernant l'état psychologique de sa femme. Car Rocio, elle, n'est pas seule. A la différence des autres "Blancs", elle voit les villageois andins qui fuient leur présence comme une malédiction ; elle voit les chiens retournés à l'état sauvage rôder, craintifs et affamés, autour de la déliquescence morale des oppresseurs ; et surtout elle entend ces voix d'enfants qui l'habitent, comme le remords de son ventre infécond, comme le cri vengeur d'un peuple et d'un lieu martyrisés.
"Chiens féraux", le premier roman de Felipe Becerra Calderon, a reçu au Chili le prestigieux prix Roberto Bolano en 2006.
Dans ce roman surréaliste et polyphonique, Calderon explore les effets de la folie et de la solitude sur deux êtres ordinaires qui ont la particularité d'appartenir au camp des bourreaux. Il nous offre un texte dense, où la langue se fait schizophrène pour chanter la contagion du mal, dans une ronde macabre aux accents rappelant la prosodie de Malcom Lowry.

Auteur :  Felipe Becerra Calderón est né à Viña del Mar au Chili en 1985. Très vite, il s’installe à Valdivia, où il vit toujours aujourd’hui. Avec la première version de son roman, Chiens féraux, il obtient en 2006, le premier prix du concours Roberto Bolaño dans la catégorie roman. La même année, il se voit attribuer le Premier Prix dans la catégorie Conte du même concours. Les maisons d’édition chiliennes refusent toutes son manuscrit. Chiens féraux est finalement publié en 2008 par la maison d’édition Zignos, de Lima, au Pérou. En 2009, le roman est traduit à l’anglais et, la même année, la revue The Radgeworks (Edimbourg) présente et publie quelques chapitres de sa traduction. Aujourd’hui, Felipe Becerra fait partie de La Faunita, groupement littéraire avec lequel il imprime ses propres livres de poésie et théâtre. Il écrit actuellement son second roman, Ñache. Selon le quotidien national chilien La Tercera, Felipe est l'une des promesses de la scène littéraire du Chili.

 

Mon avis : (lu en juin 2011)
Voilà un livre assez spéciale et dont il m'est difficile également de parler...
Cela commence comme cela, «On ne peut pas continuer comme ça, maman, on ne peut pas. Il fait si froid, ici, dans l'ombre, dans ce tourbillon noir. Et ce sifflement persistant, comme une douleur, maman chérie. Laisse-nous leur raconter ton histoire, laisse-nous nous délivrer de tout ce fardeau, s'il te plaît, on ne fera de mal à personne. On ne peut pas continuer comme ça. Les amis veulent connaître ton histoire. Leur confier ce qui t'est arrivé ne te fera aucun tort. Et nous, on sera soulagés. Tu vas voir, maman chérie, on ne pleurera plus, on ne va plus te griffer, la nuit, on ne cognera plus sur ta tête pour que tu t'ouvres de part en part. Tu vas voir, on sera bien sages. Allez. Laisse-nous leur raconter ta vie, ...» Il semble que les narrateurs sont des enfants qui veulent nous raconter l'histoire de leur maman Rocío , mais au bout de quelques pages le lecteur découvre que ces enfants existent seulement dans la tête de Rocío. C'est une ancienne étudiante en médecine, elle a quitté Valparaiso pour suivre son mari Carlos, lieutenant de police, affecté dans la réserve de Huara. Carlos s'ennuie dans cette région du nord du Chili au cœur du désert de l'Atacama où il ne se passe pratiquement rien et il note sur un cahier ce qu'il fait de ses journées...
Le lecteur découvre l'histoire de Rocío et de Carlos entremêlée des voix des enfants et des écrits de Carlos. Rocío entend des voix, voit des ombres... Carlos voit des taches noires à l'horizon durant ses longues heures de travail... On rencontre un hypnotiseur, des chiens féraux...
Dehors c'est le désert, la chaleur, l'isolement, l'ennui et au dedans c'est la solitude et la peur, des voix, des ombres... Bizarre...
Je n'ai pas vraiment accroché avec ce livre, car au bout d'un moment j'étais perdu, je ne faisais plus la différence entre le réel et les hallucinations auditives ou visuelles... Le livre étant court, j'ai cependant pu le lire en entier dont l'écriture est assez poétique.

Définition : féral, férale, férals ou féraux : adjectif (du latin fera, bête sauvage). Se dit d'une espèce domestique retournée à l'état sauvage : Chats férals, chiens féraux.

Merci à Libfly et Furet du Nord et aux Éditions Anne Carrière  pour m'avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre de l'opération La rentrée littéraire en avant-première.


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Libfly et Furet du Nord

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Animal"

Challenge 1%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
2/7

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18 mai 2011

La Boucherie des amants - Gaetaño Bolán

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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La Dragonne - janvier 2005 -

Livre de poche - janvier 2011 - 90 pages

Quatrième de couverture :
Dans une ville du Chili oppressée par le régime de Pinochet, une boucherie de quartier est le théâtre de curieuses rencontres : des réunions obscures s’y tiennent, des passions s’y nouent… Un enfant aveugle, une institutrice et un boucher fort en gueule composent ainsi le trio majeur de cette fable teintée d’humour et de poésie. Mais derrière l’apparente naïveté s’esquisse une condamnation amère des régimes totalitaires…

Auteur : Gaetaño Bolán est né en 1969 à Arica, au Chili. Il vit aujourd’hui à Valparaiso, après plusieurs années passées en France. Largement salué, « La Boucherie des amants » son premier roman a bénéficié d’un vaste bouche à oreille, et a été récompensé par plusieurs prix littéraires. Son deuxième livre « Treize alligators » est paru en 2009.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Ce livre a été écrit en français par cet auteur né au Chili. J'ai découvert ce livre grâce à la blogosphère chez Stephie, Pimprenelle et Canel.
C'est l'histoire de Tom, un enfant chilien, « L'enfant avait le cœur pur et il regardait la nuit » « Il était doux, il était tendre ». Sa mère Antonia est morte à sa naissance et c'est Juan, son père, qui l'élève. Juan est le boucher du village. Tom a des « yeux de nuit », Dolores, son institutrice spécialisé s'occupe bien de lui, elle lui fait la lecture et Tom l'aime comme une maman. Dans ce petit village, on rencontre également des habitants haut en couleur Chico, le coiffeur, Paco, le taxi fan de Madonna. Et chaque soir, « aux environs de minuit, un étrange ballet se faisait à la boucherie : des hommes arrivaient, toujours d'un pas pressé, le plus souvent avec un foulard, ou le col remonté pour masquer en partie leur visage. » Je n'en raconterai pas plus...
J'ai beaucoup aimé ce court roman fait de phrases courtes, d'une grande beauté et avec beaucoup de poésie. C'est un récit simple, émouvant et poignant qui dénonce avec force la dictature de Pinochet. Une belle découverte et un vrai coup de cœur pour moi !

Pour le Swap à 2 PAL organisé par Lili Galipette, je n'ai pas hésité une seconde pour choisir ce livre et l'offrir à Mrs Pepys pour une Lecture Commune. Allons voir son billet... 

Extrait : (début du livre)
L'enfant avait un cœur pur et il regardait la nuit. Personne n'aurait pu dire s'il était triste, ou simplement assoupi. Il était là, posé dans la masse de son petit corps, comme absorbé par le crépuscule. Toujours il sondait le grand noir de l'âme où passent les comètes, il ne savait pas l'âme et ses grandeurs, ses petitesses tout aussi bien, il connaissait seulement l'ombre. Paisible obscurité qui l'enveloppait. Féroces ténèbres qui le mangeaient. Et câline la nuit jamais n'était, ni ne fut. Pourtant ni l'enfant ni sa famille ne se plaignaient : la nuit devait devenir une amie.

L'enfant avait un petit nom, sec et vif comme l'éclat du silex. Tom. Facile à retenir. Plus facile encore à prononcer.Tom ! Où es-tu Tom ? Où files-tu Tom ? Pour dire vrai, Tom n'était pas son vrai nom. On ne pouvait tout de même pas obliger les gens à le prononcer en entier !
[…]
L'enfant Tom était apprécié de tous. Il était doux, il était tendre. Et espiègle avec ça ! Il furetait ici et là, les mains devant lui, comme ouvertes pour attraper le vent, et trottinait benoîtement. Les gens étaient affables avec lui ; sa seule présence suffisait à ramollir les coeurs les plus endurcis. On lui parlait avec une voix posée, en articulant bien. Toute cette gentillesse faisait grimacer les vieilles, qui se tordaient la bouche à bien prononcer « Tom, petit Tom ! ». Et le gamin riait ainsi d'entendre toutes ces grimaces. Il croquait de tout petits fruits, des fraises sauvages par exemple, et demandait aux vieilles :
- On peut donner des fraises aux crocodiles ?
Ou encore :
- Je peux avoir un crocodile à la fraise ?
Les bonnes dames alors, loin d'en être étourdies, lui répondaient avec douceur, articulant de nouveau, et grimaçant à qui mieux mieux...

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05 août 2010

Nicole Krauss – L'histoire de l'amour

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Gallimard – août 2006 - 356 pages

Folio – février 2008 – 459 pages

traduit de l’américain par Bernard Hoepffner avec Catherine Goffaux

Prix du meilleur livre étranger 2006

Quatrième de couverture :
A New York, la jeune Alma ne sait comment surmonter la mort de son père. Elle croit trouver la solution dans un livre que sa mère traduit de l'espagnol, et dont l'héroïne porte le même prénom qu'elle. Non loin de là, un très vieil homme se remet à écrire, ressuscitant la Pologne de sa jeunesse, son amour perdu, le fils qui a grandi sans lui. Et au Chili, bien des années plus tôt, un exilé compose un roman. Trois solitaires qu'unit pourtant, à leur insu, le plus intime des liens : un livre unique, L'histoire de l'amour, dont ils vont devoir, chacun à sa manière, écrire la fin. Cet admirable roman, hanté par la Shoah, offre une méditation déchirante sur la mémoire et le deuil. Mais c'est avant tout un hymne à la vie, écrit dans une langue chatoyante et allègre, l'affirmation d'un amour plus fort que la perte, et une célébration, dans la lignée de Borges, des pouvoirs magiques de la littérature. Il impose d'emblée Nicole Krauss comme une romancière de tout premier plan.

Auteur : Poétesse et romancière, Nicole Krauss est née en 1974 à New York. Elle publie en 2002 son premier roman Man Walks Into A Room, puis en 2005 L'histoire de l'amour, son premier livre traduit en français, récompensé par le prix du meilleur livre étranger en 2006. Elle publie fréquemment dans The New Yorker. Elle vit à Brooklyn, New York, avec son mari Jonathan Safran Foer

Mon avis : (lu en août 2010)
"L'histoire de l'amour", c'est le titre d'un manuscrit qui relie trois histoires. Celle de Leopold Gurski, un vieil émigré juif d'origine polonaise de New York, il a échappé à la Shoah et vit dans le souvenir d'Alma, son amour de jeunesse. Celle d'une adolescente de 14 ans, elle essaie de soutenir sa mère après la mort de son père. Un inconnu demande à sa mère de traduire un roman espagnol, « l'histoire de l'amour », dans lequel l'héroïne porte le prénom d'Alma, le prénom que lui ont donné ses parents après avoir lu ce même roman. Enfin, celle de Zvi Litvinoff, polonais exilé au Chili depuis 1941 et qui est l'auteur du roman.
Tour à tour chacun des trois personnages est le narrateur, et petit à petit le lecteur découvre les liens qui relient ces trois histoires.
En tête de chapitres, un petit dessin indique au lecteur qui est le narrateur : un cœur pour Leopold Gurski, une boussole pour la jeune Alma et une livre ouvert pour Zvi Litvinoff.
Dans L'histoire de l'amour, il est question de solitude, de deuils et de rendez-vous manqués. C’est un livre plein de sensibilité qui évoque l’amour des livres, de la lecture, de l’écriture et de l’influence que peut avoir un livre sur nos vie…
Un très beau livre que j’ai dévoré.

Un grand merci à Papillon (Journal d'une lectrice) qui m'a choisi ce livre lors du Swap in' Follies co-organisé par Amanda et Manu.

Extrait : (page 70)
1. MON NOM EST ALMA SINGER
Quand je suis née, ma mère m'a donné le nom de toutes les jeunes femmes qui se trouvaient dans un livre que mon père lui avait offert et qui s'appelait L'histoire de l'amour. A mon frère elle a donné le nom d'Emanuel Chaim, à cause de l'historien juif Emanuel Ringelblum qui avait enterré des bidons de lait remplis d'archives dans le ghetto de Varsovie, du violoncelliste juif Emanuel Feuermann, un des plus grands prodiges musicaux du vingtième siècle, également à cause de l'écrivain juif de génie Isaac Emmanuilovitch Babel et de Chaim, l'oncle de ma mère, un plaisantin, un véritable clown, qui faisait rire tout le monde comme des fous, et qui a été tué par les nazis. Mais mon frère refusait de répondre à ce nom. Quand on lui demandait comment il s'appelait, il inventait quelque chose. Il est passé par quinze ou vingt noms. Pendant un mois il a parlé de lui-même à la troisième personne comme étant Mr. Fruit. Le jour de son sixième anniversaire il a pris son élan et a sauté par une fenêtre du premier étage en essayant de voler. Il s'est cassé un bras et a désormais une cicatrice permanente sur le front, mais plus personne ensuite ne l'a jamais appelé autrement que Bird.

2. CE QUE JE NE SUIS PAS
Mon frère et moi, nous avions un jeu à nous. Je montrais une chaise et je disais : « CECI N'EST PAS UNE CHAISE. » Bird montrait une table. « CECI N'EST PAS UNE TABLE. » Je disais : « CECI N'EST PAS UN PLAFOND. » Nous continuions de la sorte. « IL NE PLEUT PAS DEHORS. » « MA CHAUSSURE N'EST PAS DÉLACÉE ! » hurlait Bird. Je montrais mon coude. « CECI N'EST PAS UNE ÉGRATIGNURE ! » Bird soulevait un genou.  « CECI N'EST PAS UNE ÉGRATIGNURE NON PLUS ! » « CECI N'EST PAS UNE BOUILLOIRE ! » « PAS UNE TASSE ! » « PAS UNE CUILLÈRE ! » « PAS DE LA VAISELLE SALE ! » Nous niions des pièces tout entières, des années, le temps qu'il faisait. Un jour, au plus fort de nos hurlements, Bird a respiré profondément. De toute la puissance de ses poumons, il a glapi : « JE ! N'AI PAS ! ÉTÉ ! MALHEUREUX ! TOUTE ! MA VIE ! » « Mais tu n'as que sept ans », lui ai-je dit.

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12 avril 2010

Le reste est silence – Carla Guelfenbein

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traduit de l’espagnol (Chili) par Claude Bleton

Présentation de l'éditeur :

Tommy a douze ans, et une maladie cardiaque qui lui interdit les jeux turbulents des garçons de son âge. Caché sous une table, il s'amuse à enregistrer sur son Mp3 le joyeux verbiage d'un banquet nuptial. Et voilà que l'on parle de sa mère, brutalement disparue dix ans plus tôt. Une brèche s'ouvre dans les secrets si bien gardés d'une famille recomposée, comme il en existe tant. La vie que tous croyaient ordonnée et paisible dérape, et les liens se distendent à mesure que l'histoire se tisse. Dans les non-dits de l'autre, chacun cherche sa propre vérité. L'enfant découvre à travers la mort violente de sa mère l'improbable "faute" de la judéité. Le père voit se raviver l'abyssale impuissance à protéger ceux qu'il aime. Et la belle-mère d'affronter une fragilité qui lui vient de l'enfance, une incapacité d'aimer et d'être aimée. Le reste est silence explore avec grâce la part d'ombre de chacun - cet infime espace intime auquel même l'amour ne peut donner accès - pour rappeler que c'est l'addition de toutes ces blessures qui constitue la pierre angulaire de l'édifice familial.

Auteur : Carla Guelfenbein est née en 1959 à Santiago du Chili. Exilée en Angleterre après le coup d'État de Pinochet, elle y étudie la biologie, puis le dessin. De retour au Chili, elle travaille dans des agences de publicité. Le reste est silence est son troisième roman, en cours de traduction dans une dizaine de langues. Ma femme de ta vie (2007).

Mon avis : (lu en avril 2010)

C'est Bellesahi qui m'a donné envie de lire ce livre. Tout d'abord, je trouve la photo de la couverture magnifique et elle reflète parfaitement le livre. Et je n’hésite pas à dire que ce livre a été pour moi un vrai coup de cœur !

C'est un récit à trois voix, l'on entend tour à tour Tommy, Alma et Juan.

Tommy a 12 ans, il souffre d'une maladie cardiaque qui l'empêche de vivre normalement. Il aime jouer à enregistrer les conversations d'adultes avec son Mp3 et dès le début du livre, lors d'un mariage il apprend un terrible secret : sa mère, Soledad qu'il croyait morte de maladie se serait en fait suicidée. Cette révélation va bouleverser sa vision de la vie. Il va alors essayer de comprendre ce qu’il s’est passé, il part donc seul sur les traces de sa mère.

Juan est le père de Tommy, il est chirurgien-cardiaque, il protège maladroitement son fils et il se protège derrière une certaine froideur. Il n’exprime pas ses sentiments.

Alma est la nouvelle femme de Juan, elle voit que son couple ne va pas bien mais elle n’arrive plus à communiquer avec Juan. Elle va retrouver Leo, un ancien amour, et se laisser séduire.

Chacun des trois personnages sont touchants, ils ont chacun des douleurs qu’ils refusent d’exprimer. L’auteur nous montre que les secrets et les silences de la famille peuvent donner de la douleur et de la souffrance. Un livre vraiment très émouvant et bouleversant. Une superbe découverte, à lire !

Extrait : (début du livre)

Parfois, les mots sont comme des flèches. Ils vont et viennent, blessent et tuent, comme à la guerre. Voilà pourquoi j'aime bien enregistrer les adultes. Surtout quand ils parlent de leurs affaires et que soudain, comme par magie, ils éclatent tous de rire en même temps. Au niveau du sol, ça ne manque pas de jambes qui s'agitent dans tous les sens. On en voit de toutes sortes : des jambes de chameaux, de lapins, de flamants, de singes, et même d'animaux dont je n'ai pas encore appris le nom. A ma table sont assises trois dames aux chevilles aussi grosses que les pattes d'un éléphant, un homme chaussé comme un golfeur, et une girafe qui fi nit par enlever ses sandales dorées. Ils ont beau tous parler en même temps, je n'aurai pas de mal à obtenir un enregistrement qui en vaille la peine, je branche mon Mp3 et j'enregistre :

Teré et son mari sont arrivés chacun dans une voiture différente, tu as remarqué ?

Non, mais ça ne m'étonne pas.

Dans le parc, les jeunes mariés posent devant un photographe, avec la volière du grand-père en toile de fond. Mon cousin Miguel sourit comme s'il avait un bout de bois en travers de la bouche. Au milieu des robes colorées, je repère Alma. Elle agite les mains et dessine des figures quand elle parle. Ses cheveux sont roux et elle a le même nom que le plus grand radiotélescope du monde. La principale mission d'ALMA est d'étudier la formation des étoiles. Avec Kájef, mon meilleur ami, nous avons découvert qu'il peut analyser des particules organiques comme le carbone, ce qui résoudrait la Grande Enigme de l'apparition de la vie. C'est incroyable, la quantité de choses qu'ALMA peut voir. Par contre, Alma, la femme de papa, est plutôt distraite. Mais je m'en fiche, parce que ça ne la gêne pas que je sois un peu lent et maladroit. On fait parfois des choses que papa désapprouve. Aujourd'hui, par exemple, c'est elle qui l'a persuadé que mes cousins se moqueraient du costume d'enfant vieux que je porte dans les grandes occasions. Pourtant, nous savons tous les deux que ma façon de m'habiller est sans importance. On ne peut pas dire que mes cousins soient méchants, mais ils ont toujours l'air pressé des gens qui vont chercher un trésor dans une contrée lointaine, mais sans vous inviter.

Je t'assure que non, elles ne se connaissent même pas.

La voix de la femme est aussi rauque que celle d'un crapaud. Je lève un peu mon Mp3.

Je croyais qu'elles étaient amies. Tiens, elle est là, avec les jeunes mariés, devant la volière.

De tous les oiseaux qu'il y a dans la cage de mon grand-père, mes préférés sont les faisans dorés.

Tu es folle, jamais de la vie, tu connais Marisol !

La brise marine soulève la nappe. Des chaussures d'homme s'arrêtent devant la table sous laquelle je suis caché.

Carmen, comme je suis content de te voir !

C'est papa, avec cette voix de docteur qu'il ne laisse jamais à la maison. S'il me surprend à enregistrer les adultes, il va piquer une belle colère. Il appelle ça "une atteinte à la vie privée des gens". Mais je me demande un peu ce que c'est, la "vie privée". Si je comprends bien, c'est ce qu'on fait et ce qu'on ressent quand on est seul. Dans ces conditions, ces conversations n'ont rien de privé. Une dame agite son pied dans tous les sens, on dirait qu'elle a un caillou dans sa chaussure.

Je vous en prie, restez assise, insiste papa.

Je retiens mon souffle sans lâcher mon Mp3.

Il y a des années qu'on ne s'est pas vus, dit la femme.

Cinq, six ?

Au moins.

Tu es en pleine forme, Carmen. Comme je suis content que tu sois venue. Et Jorge ? – Papa parle sur un ton détendu et joyeux, celui qu'il utilise quand on lui demande un conseil.

Il est parti avec une fille il y a deux ans. Sa secrétaire ! explique la femme en partant d'un grand éclat de rire. Ne t'inquiète pas, je suis ravie, elle m'en a débarrassé. C'était un bon à rien.

Si tu le dis ! répond papa.

Nous le disons toutes, intervient vivement une autre femme. A croire qu'on l'a piquée avec une aiguille.

Peu après, les chaussures de papa s'éloignent. J'ai de la chance qu'il ne m'ait pas vu. Papa et Alma restent ici et moi je dois rentrer à Santiago avec un oncle. "Nous avons besoin de nous reposer de vous", m'a dit Alma de sa voix douce, avec un grand sourire. N'empêche, j'ai trouvé que ce n'était pas juste.

Juan s'est remarié, n'est-ce pas ?

Oui, avec une femme beaucoup plus jeune que lui.

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10 décembre 2009

Cochon rouge – Erik L'Homme

Partenariat Spécial Jeunesse Blog-O-Book et Folio Junior

cochonrouge Folio Junior – novembre 2009 – 75 pages

Présentation : En Terre de Feu, à l’extrême sud du continent américain, Esteban, 12 ans, rêve de devenir «gaucho» pour surveiller les troupeaux de moutons. Il travaille pour Alexandre MacLennan, dit Cochon Rouge, un homme à la cruauté légendaire, qui porte autour du cou les oreilles des Indiens qu’il a massacrés. De son côté, Saïka, jeune Indienne selk’nam, rejoint le Nord avec son clan. Mais Helesh, jaloux de son amour pour un autre garçon il informe Cochon rouge de leur itinéraire. Arrivé au bord de la mer, le clan tombe sur des hommes armés. Schiuno, qui s’est éloigné, voit les siens se faire massacrer sous ses yeux.
Le jeune homme trouve refuge auprès du clan de Täapelt, un chef ami bien décidé à venger la tuerie. Mais ce dernier échoue moins qu’il n’y paraît : son attaque a déstabilisé Cochon rouge, qui sombre peu à peu dans l’alcoolisme et la folie. Cochon Rouge, c’est l’histoire du massacre des Selk’nam, raconté à huit voix.

Auteur : Erik L’Homme naît en 1967. Il grandit dans la Drôme provençale. Après de longues études universitaires, il part sur la piste de l’homme sauvage entre la Chine et l’Inde. À peine rentré, il embarque pour les Philippines, à la recherche d’un trésor. Revenu en France, il rédige une thèse d’Histoire et civilisation, avant de se lancer dans l’écriture du Livre des étoiles, trilogie qui deviendra célèbre.

Mon avis : (lu en novembre 2009)

Aproposdelivres :

J'ai trouvé très sympathique de pouvoir avoir l'avis de mes fils à propos d'une lecture commune. Mais cela n'a  pas été simple... Il a d'abord fallu qu'ils acceptent de lire le livre sans trop tarder puis d'écrire un billet...

Ce livre nous parle d'un lieu : La Terre de Feu, d'une époque : le XIXème siècle, de personnes : les autochtones, les indiens Selknam et les colonisateurs n'hésitant pas à massacrer les indiens pour obtenir leurs terres. La première partie de ce livre est l'histoire d'un massacre d'indiens Selknam vu par 8 narrateurs différents, cette histoire est inspirée de faits réels. Dans la deuxième partie du livre l'auteur imagine quelques légendes oubliées autour des indiens Selknam.

J'ai trouvé original la façon de raconter ce massacre et j'ai trouvé de la poésie dans les "légendes oubliées", mais ce livre m'a surtout donné envie d'en connaître un peu plus sur les indiens d'Amérique du Sud car en effet lorsque l'on parle des indiens d'Amérique jusqu'à maintenant je ne pensais qu'à ceux d'Amérique du Nord.

Pour en savoir plus sur les indiens Selk'nam : voir Wikipédia et Les indiens Selk'nam

P'tit Aproposdelivres n°1 (16 ans) :

J’avais déjà lu du même auteur, la trilogie « Le livre des étoiles » que j’avais bien aimée. Ce livre est très différent. C’est un très bon livre dénonçant les chasses à l'homme, celles des populations autochtones de la Terre de Feu au XIXème siècle. Ce livre dénonce aussi l'idée que des êtres humains puissent être réduits au rang de «gibier». Pour autant, l'auteur ne stigmatise pas les hommes par groupe : les hommes blancs n'ont pas le monopole de la perfidie... J'ai bien aimé l'approche de cette histoire avec des points de vue différents grâce aux huit protagonistes. J'ai beaucoup aimé la seconde partie et les mythologies originales des indiens Selknam.

P'tit Aproposdelivres n°2 (14 ans) :

J'ai trouvé ce livre facile à lire. J'ai trouvé très intéressante l'histoire de ces Indiens d'Amérique du Sud et je regrette que le livre soit si court, j'aurais aimé que l'histoire soit plus fouillée. J'ai quand même été gêné par le récit à plusieurs voix, je mettais un peu de temps avant de comprendre qui racontait. J'ai été moins intéressé par la seconde partie.

P'tit Aproposdelivres n°3 (11 ans) : Il n’a pas pu lire le livre à temps car il lit en ce moment Un conte de Noël de Charles Dickens pour le collège. Peut-être le lira-t-il plus tard...

Merci aux éditions Folio Junior de nous avoir fait découvrir ce livre.

Partenariat Spécial Jeunesse logobob01 et  folio_junior_logo

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