20 juin 2017

Les Québécois - Laurence Pivot et Nathalie Schneider

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les québécois Ateliers Henry Dougier - mai 2017 - 144 pages

Quatrième de couverture :
Les Québecois ne sont ni nos cousins ni des Canadiens comme les autres
Loin des clichés que l'on peut lui attribuer tels que des hivers glacials et interminables, un accent à couper au couteau ou des bûcherons omniprésents... Le Québec est moderne, innovant et ambitieux. 
C'est pour apporter un nouvel éclairage sur ce pays contemporain qui nous fait tant rêver que les auteurs sont allées à la rencontre de ses habitants. Au détour de rencontres avec un immigré hongrois, le producteur de la série "Un gars, une fille", une journaliste d'origine marocaine ou un entrepreneur qui a lancé sa flotte de taxis électriques, c'est une autre vision du Québec qui se dessine. Celle d'un pays en avance qui revendique la plus grande égalité homme/femme, autorise depuis 2005 le mariage homosexuel, développe l'économie sociale ; mais qui possède aussi ses difficultés comme la révolution étudiante ou les débats sur la laïcité.

Auteurs : Laurence Pivot et Nathalie Schneider sont des journalistes francocanadiennes. La première est une ancienne immigrée au Québec, mariée à un Québécois. À son retour en France, elle a dirigé pendant des années le hors-série annuel de L'Express " S'installer au Canada ". La seconde vit à Montréal depuis 1993. Spécialiste en activités de plein air et en tourisme d'aventure, elle connaît très bien le territoire pour l'avoir sillonné au gré de ses reportages pour la presse écrite.

Mon avis : (lu en juin 2017)
Je m’intéresse plus spécialement au Québec depuis deux ans lorsque l’un de mes fils a eu l’opportunité de passer 4 mois à Montréal pour ses études. Je me suis donc mise à faire des lectures québécoises et nos rendez-vous « skype » hebdomadaires étaient également riches en découvertes sur la vie à Montréal et au Québec.
L’automne dernier, après avoir visionné de nombreuses séries nordiques (danoises, suédoises et quelques norvégiennes), sur un site de streaming, je suis tombée par hasard sur une série québécoise « 30 vies » et me voilà de nouveau plongé dans la découverte du Québec et du québécois (car il a fallut que je trouve sur le net des dictionnaires québécois-français pour comprendre certaines expressions). Depuis, j’ai regardé d’autres séries et quelques films québécois, je regarde également assez régulièrement sur TV5 Monde, le journal télévisé de Radio-Canada. C’est super intéressant de voir les nouvelles du monde avec un autre point de vue... Aussi lorsque Babelio a proposé cet essai de la collection Ligne de vie d’un peuple, je me suis dis que c’était une très bonne occasion d’en découvrir encore plus... 
Les auteures sont franco-québécoises, avec cet essai, elles détricotent tous les clichés que les Français ont sur leurs « cousins » Québécois. Il est questions des Autochtones qui, dès le XVIIe siècle, ont inspirés les colons venant de France. La place du collectif est importante dans la société québécoise, aujourd'hui se développe le système coopératif et l'économie sociale. L'égalité homme - femme est également une valeur héritée des Premières Nations. 
Les Québécois sont avant tout des Nord-Américains francophones. La langue québécoise n'existe pas, c'est un français d'Amérique avec ses expressions régionales... Les artistes québécois s'exportent dans le monde entier, Céline Dion, Xavier Dolan, ils n'ont plus de complexes vis à vis des Canadiens anglophones, des Américains ou des Français.
J'ai découvert que la série Un gars, une fille a été créée au Québec, celle diffusée en France n'est qu'une adaptation de l'originale...
Il est bien sûr question de Montréal, une métropole qui se réinvente. 
Mais le Québec va au-delà de Montréal... En effet, vu de France, on connait très peu le Nord du Québec et le chapitre sur ce sujet est très intéressant et instructif. Il est question des ressources du Nord qui ont attirées toutes les convoitises des industriels et ce sont les Autochtones (Cris, Mohawk, Naskapi, Micmacs, Innus, Inuits...) qui ont été oubliés. Ils ont été parqués dans des réserves, on n'a pas cherché à les connaître, à découvrir leurs cultures... Dans les années 1900, il y avait eu une assimilation forcée des jeunes Indiens, en les coupant de leur famille, de leur racines... Aujourd'hui, les Autochtones veulent avoir leur mot à dire et être considérés comme des Québécois à part entière. 
Le Québec est terre d'accueil et les Québécois sont multiples... Québécois "pure laine" ou d'origine Européenne, Africaine, Vietnamienne (boat people), Haïtienne... Il y a même des Québécois anglophones !
Voilà un livre vraiment intéressant et avec lequel j'ai appris beaucoup sur les Québécois et le Québec ! Et maintenant, il me reste plus qu'à traverser l'Océan pour les rencontrer autrement qu'à travers les livres et les écrans...

Extrait : (page 117)
LES MAUDITS FRANÇAIS SONT-ILS DE RETOUR ?
« Saluuuut ! Tu vas bieeeeen ? » Deux bises furtives sur les joues, les corps à distance raisonnable, loin du 
hug québécois, accolade habituelle en Amérique du Nord. Les filles portent du rouge à lèvres, même à neuf heures du matin, et les gars, des doudounes Canada Goose. En guise de petit déjeuner (qu’ils ont encore du mal à appeler simplement « déjeuner », comme le font les Québécois), ils prennent des espressos serrés, clope au bec, malgré l’interdiction récente de fumer sur les terrasses extérieures. Certains vont jusqu’à écraser leur cigarette nonchalamment sur le trottoir, véritable crime de lèse-majesté ici !

En 10 ans, la population de Français au Québec a augmenté de plus de 70 % ! Sur les 100 000 qui vivent dans la métropole, presque un tiers a choisi de s’installer sur le Plateau, surnommé par certains la Petite France. Ce quartier […], les Français l’adorent. Mais ils sont devenus trop nombreux et cela agace un peu, même si le seul vrai problème est celui de la hausse spectaculaire du prix de l’immobilier.
Une grande partie ne fait pourtant que passer et n’entend pas immigrer pour de bon. Ce sont les fameux « pvtistes », du nom de ce programme fédéral, le Permis vacances travail (PVT), qui permet, par tirage au sort, de vivre et travailler pendant deux ans au Canada. En tout, environ 30 000 Français débarquent chaque année au Québec pour des études, un contrat de travail temporaire ou comme résidents permanents.
Serait-ce le retour des « maudits Français », ceux que moque gentiment l’auteure et interprète Lynda Lemay ? « Quand ils arrivent chez nous/Y s’prennent une tuque et un Kanuk/Se mettent à chercher des igloos/Finissent dans une cabane à sucre/Y tombent en amour sur le coup/Avec nos forêts et nos lacs/Et y s’mettent à parler comme nous/Apprennent à dire : Tabarnak ».
Un article paru en 2013 dans le quotidien Métro, intitulé « Guide pour éviter d’être un maudit Français », rappelle les nouveaux arrivants à l’ordre : ne pas se plaindre de l’hiver, ne pas draguer au travail, éviter de se comparer aux Québécois et… vivre ailleurs que sur le Plateau !
Le Français Fred Fresh, concepteur publicitaire et musicien, en a fait un clip hilarant en 2015, visionné sur YouTube à l’époque par plus de 100 000 personnes. « Y’a trop de Français sul’Plateau ? » est une histoire de Français qui se moquent des Français qui habitent sur le Plateau. Car ce sont surtout les « vieux » immigrants qui s’arrogent l’idée originale de s’installer à Montréal et la refusent aux petits nouveaux. Un phénomène d’auto-exclusion typiquement français !
« Ce qui est intéressant avec l’afflux des Français aujourd’hui, souligne Louise Beaudoin, fine connaisseuse des relations franco-québécoises, ex-ministre de la Culture et ancienne déléguée générale du Québec à Paris, c’est l’effet miroir ! C’est ici que les choses se passent maintenant, ici qu’il y a du travail (même si ce n’est pas si facile et que beaucoup sont déçus) et ici, surtout, que les jeunes Français trouvent une liberté d’action qui leur semble impossible chez eux. Quant aux jeunes Québécois, la France morose qu’ils observent depuis une dizaine d’années, celle de la manif contre le mariage pour tous, des grèves, du chômage et des attentats, ne les fait plus fantasmer. À l’exception peut-être des artistes, qui apprécient la reconnaissance qu’ils y trouvent, mais pour qui la mère patrie représente d’abord un marché commercial. Nous, les baby-boomers, nous rêvions de la France. Aujourd’hui, c’est le Québec qui est devenu le nouvel Eldorado pour les jeunes Français. Tant mieux, ce sont en général d’excellents émigrants. Certes, une minorité de Québécois ne les aime pas, mais la plupart du temps, cela se passe bien. Au pire, il y a une sorte d’indifférence vis-à-vis des "cousins". Mais on garde toujours un fond de tendresse pour eux. Notre histoire commune a quand même été longue… Moi, je suis de la onzième génération de Québécois. Du côté de ma mère, mes ancêtres venaient de Chartres, et de l’île de Ré du côté de mon père… et j’ai épousé un Français de France ! »
Bientôt […] ce sera l’été sur le Plateau. Les Français iront pique-niquer au parc Lafontaine, bronzer à la piscine Laurier, gratuite pour les résidants comme toutes les piscines municipales extérieures, prendre un verre sur une terrasse de café, de plus en plus nombreuses, et acheter leur baguette multicéréales chez Les copains d’abord.
Ils ont largement contribué à remodeler le quartier et à le « franciser » dans son mode de vie. Les « Anglos » se sont mis à le fréquenter, alors qu’il y a 10 ans à peine, ils n’y auraient jamais mis les pieds… Les Québécois francophones, eux, s’y sentent un peu isolés parfois. « Les Français sont toujours un peu agaçants, c’est vrai, à vous reprendre lorsque vous faites une faute de grammaire et à vous expliquer ce qu’est l’hiver, un comble quand même !, se moque Gérard, un "pure laine" qui vit sur la rue Rachel, mais au moins on a appris à mieux manger ! Et eux ont commencé à être plus cool à notre contact ! »
Les Québécois de moins de 40 ans n’ont plus aucun complexe d’infériorité vis-à-vis des Français. « Ils se considèrent instruits, éduqués, très créatifs, à juste titre, confirme Louise Beaudoin. Et ils n’hésitent plus à dire aux Français qu’eux aussi ont un accent ! »

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21 décembre 2016

Paul a un travail d'été - Michel Rabagliati

paul02 Editions de la Pastèque - octobre 2002 - 160 pages

Quatrième de couverture : 
Pour son deuxième livre, Michel Rabagliati raconte ici les aventures estivales de Paul qui décroche un emploi, moniteur dans un camp de vacances. Ce dernier va apprendre au cours de l’été à dominer ses angoisses et ses peurs, à vivre en collectivité et à s’épanouir. Un témoignage éblouissant sur la transition entre l’enfance et l’âge adulte.

Auteur : Michel Rabagliati est né en 1961 à Montréal où il a grandi dans le quartier Rosemont. Après s'être intéressé un moment à la typographie, il étudie en graphisme et il travaille à son compte dans ce domaine à partir de 1981. Puis, il se lance sérieusement dans l'illustration publicitaire à partir de 1988.
Depuis 1998, ses bandes dessinées révolutionnent le 9e art québécois. En 2007, l'auteur s'est vu décerner une Mention spéciale pour l'ensemble de son oeuvre par le Prix des libraires du Québec, et Paul à Québec a remporté plus de 7 prix, dont le Prix du public au Festival international de Bande dessinée d'Angoulême en 2010.

Mon avis : (lu en novembre 2016)
C'est le deuxième album de la série Paul. 
Paul a quitté le lycée après une expérience douloureuse, et il devient imprimeur. Ça ne l'intéresse pas plus que cela, mais il faut bien qu'il gagne sa vie... C'est alors que Guy, un ancien ami, lui propose un poste d'animateur dans un camp de vacances. Au début, Paul est un peu maladroit, il a peur la nuit tout seul dans sa tente avec tous les bruits de la forêt la nuit... Peu à peu il va apprendre son travail, faire de belles rencontres autour du feu de camp avec Guy, Johnny, Sylvie, Jean, Steve, Michelle, Hélène, Annie... Cette première expérience professionnelle est l’occasion pour Paul de vraiment passer de l’adolescence à l’âge adulte. Il devient responsable et prend beaucoup de plaisir à encadrer des enfants qui débordent d'inventivités et de tendresse… 

Une BD touchante et pleine d'humour et d'émotion que j'ai pris plaisir à découvrir sans oublier l'exotisme des expressions québécoises...

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

107640216 Paul en appartement paul au parc Paul au parc

109131365 Paul dans le Nord 110034991 Paul à Québec 

paul à la campagne Paul à la campagne 110765699 Paul dans le métro

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10 novembre 2016

S'enfuir, récit d'un otage - Guy Delisle

iS62Jkagro35DytHIrr72lObWWOAao59-couv-1200 Dargaud - octobre 2016 - 432 pages

Quatrième de couverture : 
En 1997, alors qu'il est responsable d'une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoule sur la tête, vers une destination inconnue. Guy Delisle l'a rencontré des années plus tard et a recueilli le récit de sa captivité – un enfer qui a duré 111 jours. Que peut-il se passer dans la tête d'un otage lorsque tout espoir de libération semble évanoui ? Un ouvrage déchirant, par l'auteur de "Pyongyang", de "Shenzhen", de "Chroniques birmanes" et de "Chroniques de Jérusalem".

Auteur : Guy Delisle est né en 1966 à Québec. Il suit des études d'arts plastiques et d'animation et embarque pour l'Europe en 1988. Il entame alors une carrière d'animateur, métier qu'il exercera pendant dix ans, avant de réaliser son propre court-métrage, Trois Petits Chats. Il publie ses premiers albums à l'Association : outre Shenzhen, un récit de voyage lié à son métier d'animateur, citons Aline et les autres, remarquable exercice de style, proche de son travail en animation, suivi en 2001 par Albert et les autres. Par ailleurs, Guy Delisle n'hésite pas à s'aventurer dans d'autres univers avec la série humoristique Inspecteur Moroni ou Louis à la plage et Louis au ski, deux récits autobiographiques pleins de charme et sans parole. Par son regard, à la fois acéré et bienveillant, sur une culture étrangère, Chroniques birmanes constitue le prolongement de la démarche initiée avec Shenzhen et Pyongyang et poursuit la série d'ouvrages que Guy Delisle a consacrés à ses voyages en Asie.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Dans cet album, Guy Delisle raconte l'enlèvement de l'humanitaire Christophe André en 1997 en Ingouchie, une petite république de Russie située à l'ouest de la Tchétchénie. L'otage est enfermé dans une pièce avec une fenêtre fermée avec des planche, une ampoule au plafond, un matelas, il est menotté à un radiateur. La vie d'un otage est longue, monotone, rien ne se passe, trois fois par jour on lui apporte son repas, toujours le même menu : une tasse de thé et un bol de bouillon... Un peu de bouillon renversé, une cigarette offerte, un menu différent, ce sont des évènements marquants pour une journée !
Avec la répétition des journées, des semaines passées sans aucune information, le lecteur ressent la tension qui s'installe peu à peu, l'angoisse de l'otage qui compte les jours sans savoir quand viendra la fin de sa captivité... Pour éviter l'ennui et les pensées négatives, Christophe rejoue dans sa tête les grandes batailles napoléoniennes qu'il connait par coeur...
Voilà une histoire bouleversante où il se passe presque rien et qui est pourtant haletante.
A découvrir !

Extrait :

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Déjà lu du même auteur : 

chroniques_de_J_rusalem Chroniques de Jérusalem shenzhen  Shenzhen pyongyang Pyongyang 

le_guide_du_mauvais_p_re Le Guide du Mauvais Père tome 1 71bYqARivUL Chroniques Birmanes 

louis au ski Louis au ski guide du mauvais père_t2 Le Guide du mauvais père tome 2

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08 novembre 2016

Mon petit bled au Canada - Zarqa Nawaz

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

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traduit de l'anglais (Canada) par Isabelle D. Taudière

Titre original : Laughing All The Way To The Mosque, 2014

Quatrième de couverture : 
Zarqa Nawaz n’a que six ans quand ses parents, musulmans pakistanais aisés, s’installent au Canada. Le choc culturel est rude pour la fillette, qui doit affronter les préjugés de ses camarades autant que le conservatisme religieux de ses pairs… Jeune femme, elle a tôt fait de s’autoproclamer sultane de la dérision, et elle nous plonge dès les premières pages de ce roman tendre et hilarant dans la peau de cette enfant impertinente et lucide. Des mésaventures scolaires de la petite Zarqa à l’amour vache qui la lie à son flegmatique mari en passant par l’éducation de ses enfants, tout est délicieusement absurde, réaliste et d’une infinie tendresse dans ce récit d’une famille éternellement confrontée à sa différence culturelle et religieuse… et le résultat est savoureux, politiquement incorrect et salutaire.

Auteur : Née en 1968 à Liverpool, Zarqa Nawaz est une journaliste et réalisatrice britannico-canadienne d'origine pakistanaise.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
J'ai beaucoup aimé cette lecture qui utilise un ton léger pour aborder des thèmes plus profond. Zarqa Nawaz vient d'une famille d'origine pakistanaise, sa famille est arrivée au Canada alors qu'elle avait six ans. Elle a donc été élevée avec cette double culture, à l'école elle découvre les habitudes canadiennes et la liberté et chez elle, les coutumes sont musulmanes et plus conservatrices... Zarqa est tour à tour naïve, révoltée, critique, elle pose pleins de questions, elle refuse à se plier aux exigences de sa communauté sans comprendre le pourquoi du comment, elle exige souvent de connaître la référence exacte de telle ou telle obligation ou interdiction. Gaffeuse mais au caractère bien trempé, elle bouscule les convictions des uns et des autres mais reste toujours fidèle à ses convictions religieuses.

Dans ce livre, elle raconte chronologiquement des instants de sa vie de son enfance à maintenant où elle mène de front sa vie de mère de famille de 4 enfants et sa carrière de journaliste et réalisatrice. Ils illustrent ce choc des cultures avec humour, ironie et autodérision.
C'est au cours de ma lecture et vers la fin du livre que j'ai découvert que Zarqa est la créatrice de la série "La Petite Mosquée dans la prairie" (Little Mosque on the Prairie).
Voilà un roman autobiographique intelligent et drôle pour aller au delà des préjugés.

Merci Chloé et les éditions Denoël pour cette lecture instructive mais également pleine d'humour.

Extrait : (début du livre)
À sept ans, j’ai approché un petit garçon dans la cour d’école. C’était un petit rondouillard aux cheveux noirs ondulés, assis tout seul sur les balançoires, une grosse sucette dans le bec.
« Dis-moi, Davy, tu crois en Dieu ? »
Il m’a regardée d’un drôle d’air et a haussé les épaules.
« Parce que tu sais, c’est très important de croire en Dieu. »
Il comprit tout de suite qu’il avait affaire à une fondamentaliste enragée.
« Si tu me pousses tout le temps que je veux sur la balançoire, je veux bien croire en Dieu. » 
Mes récrés virèrent au cauchemar. J’avais les bras tout engourdis. Mais que n’aurais-je fait pour sauver l’âme de Davy ?
Je fus d’ailleurs bien récompensée de ma B.A. car, quelque temps plus tard, j’étais invitée à son goûter d’anniversaire. J’étais aux anges. En prenant place autour de la table bien garnie, j’avais l’eau à la bouche. Mais j’avais à peine commencé à vider les plats, que la maman de Davy m’arrêta :
« Non, ne mange pas ça !
— Mais c’est drôlement bon, protestai-je en continuant de m’empiffrer.
— C’est du jambon, expliqua-t-elle en fronçant les sourcils. Tu es musulmane, n’est-ce pas ? »
J’engloutis une dernière tranche aussi vite que ma conscience coupable me le permit. C’était si savoureux que j’aurais cru manger un bout de paradis. Je regardai tristement s’éloigner le plateau de charcuteries. Ma petite mine implorante n’y fit rien.
Quand ma mère vint me chercher, notre hôtesse se crut obligée de lui raconter l’incident. 

« Je pensais qu’elle était assez grande pour reconnaître du porc… »
Ma mère regarda sa gloutonne de fille et soupira.
« Nous l’envoyons aux cours d’instruction religieuse à la mosquée, mais je ne sais pas trop ce qu’elle en retient. »
J’étais un peu vexée. J’avais tout de même compris qu’il fallait croire en Dieu. Et comment aurais-je pu faire le rapport entre les grandes images de jolis cochons roses barrés d’un immense X noir et ces délicieuses tranches de charcuterie sur une assiette ?
Davy me considéra d’un œil nouveau :
« Alors tu vas aller en enfer ?
— Bien sûr que non, voyons ! s’indigna sa mère. Elle a fait une erreur, mais, comme nous l’apprenons à l’église, Dieu sait pardonner.
— Parce que Davy va à l’église ?
— Naturellement. Nous sommes catholiques, tu sais. Et il est même enfant de chœur. »
Dès lors, je continuais à pousser Davy sur la balançoire parce que je m’y étais engagée, même si c’était pour de mauvaises raisons. Mais je décidai d’être plus attentive pendant les heures d’éducation religieuse. Dieu avait sans doute voulu me donner une leçon : m’occuper d’abord de mon âme, et apprendre à repérer les innombrables périls qui la guettaient en permanence. La religion était décidément une affaire bien compliquée.

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01 novembre 2016

La mort nomade – Ian Manook

Lu en partenariat avec Albin Michel 

ppm_medias__image__2016__9782226325846-x Albin Michel – septembre 2016 – 432 pages

Quatrième de couverture :
Usé par des années de lutte stérile contre le crime, l'incorruptible commissaire Yeruldelgger a quitté la police d'Oulan-Bator. Plantant sa yourte dans les immensités du désert de Gobi, il a décidé de renouer avec les traditions de ses ancêtres. Mais sa retraite sera de courte durée. Deux étranges cavalières vont le plonger bien malgré lui dans une aventure sanglante qui les dépasse tous. Eventrée par les pelleteuses des multinationales, spoliée par les affairistes, ruinée par la corruption, la Mongolie des nomades et des chamanes semble avoir vendu son âme au diable !
Des steppes arides au coeur de Manhattan, du Canada à l'Australie, Manook fait souffler sur le polar un vent plus noir et plus sauvage que jamais. 

Auteur : Ian Manook a sûrement été le seul beatnick à traverser d'Est en Ouest tous les États-Unis en trois jours pour assister au festival de Woodstock et s'apercevoir en arrivant en Californie qu'il s'ouvrait le même jour sur la côte Est, à quelques kilomètres à peine de son point de départ. C'est dire s'il a la tête ailleurs. Et l'esprit voyageur ! Journaliste, éditeur, publicitaire et désormais romancier, Yeruldelgger est son premier roman, et le premier opus d'une série autour du personnage éponyme qui nous conduit des steppes oubliées de Mongolie aux bas-fonds inquiétants d'Oulan-Bator.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
C'est la troisième 
et dernière aventure de Yeruldelger. Pour ma part, je n'ai pas lu la seconde par manque de temps... Ce dernier a quitté la police d'Oulan-Bator, il s'est réfugié dans sa yourte au milieu de l'immensité du désert de Gobi pour renouer avec les traditions de ses ancêtres. Et voilà que deux étranges cavalières viennent le déranger dans sa retraite...
J'ai moins aimé cette épisode que premier, car au début j'étais perdu par la multitude de personnages, de meurtres, d'évènements un peu partout autour de la Terre : dans les steppes arides de la Mongolie, au cœur de Manhattan, au Canada, en Australie... Puis peu à peu le puzzle se met en place et je comprends mieux l'intrigue de cette histoire centrée sur la corruption et les multinationales qui exploitent sans état d'âme les mines de la Mongolie, n'hésitant pas à défigurer un pays pour des profits. Les morts sont nombreux, la violence est là sans oublier les rebondissements et les traditions de Mongolie...
J'aime toujours beaucoup le personnage de Yeruldelger avec ses défauts, ses qualités et sa complexité, je lirai donc certainement un jour l'épisode 2.

Merci Aurore et les éditions Albin Michel pour cette lecture palpitante et dépaysante

 

Extrait : (début du livre)
Le petit combi russe bleu tout-terrain crapahutait, en équilibre instable, vers la ligne de crête. En dodelinant dangereusement, sa carcasse peinturlurée écrasait sous ses pneus ramollis des cailloux chauds qui fusaient en cognant sous le châssis. La pente et les soubresauts décidaient de sa trajectoire plus que les efforts du chauffeur, cramponné de ses mains d’ogre au fin volant de bakélite ivoire.
– On va finir par verser et rouler jusque dans la vallée si tu continues comme ça. Et c’est moi qui suis à la place du mort.
Al éclaboussait de Chinggis tiède son T-shirt Yes We Khan à chaque couinement des ressorts à lame de la suspension malmenée.
– Si on verse, tout le monde meurt, philosopha Zorig, son corps de géant voûté pour tenir dans l’habitacle, les genoux dans le volant et la tête contre le pare-brise. Mais ça n’arrivera pas. Ces engins-là c’est comme des tiques. Ça suce la route et ça ne la lâche plus. 
– Sauf le jour où tu nous as fait basculer dans le lac Airag, au sud de Khyargas, rappela Naaran, cramponné au skaï de la banquette arrière, la tête cognant contre la tôle de métal brut.
– Ce jour-là, c’était les freins.
– Et la ravine, dans le Khangai Nuruu ? insista Erwan, brinquebalé par les chahuts cahotiques du van. C’était les freins aussi peut-être ?
– Ce jour-là c’était les pneus ! bouda Zorig.
– Et la sortie de piste sur la route de Tchor ? Tu te souviens, la longue piste bien droite et toute plate, c’était quoi déjà ?
– …
– C’était pas les éléphants, par hasard ?
Tous éclatèrent de rire, sauf Zorig, vexé, qui s’abîma dans sa conduite erratique.
– Ce jour-là, tu nous as bien jetés dans un dévers pour éviter un éléphant, non ?
– Et alors, je me suis trompé, ça arrive, non ? Je sais bien qu’il n’y a pas d’éléphants dans la steppe. Je ne suis pas aussi con que ça. Ça devait être autre chose, un yack, ou un chameau, je ne sais plus. J’étais fatigué.
– Fatigué ? Ivre, oui ! Rétamé, cuivré comme une bassine à myrtilles, plein comme une vessie de yack ! Tu devrais me laisser le volant, s’inquiéta Naaran.
– Jamais de la vie. C’est mon UAZ. C’est moi qui le conduis.
– Zorig, s’il n’y a rien de praticable de l’autre côté de cette crête, on ne pourra jamais faire demi-tour, pas même marche arrière.
– On pourra. Il passe partout. Et puis il y a toujours quelque chose après les choses.
C’était une sentence à la Zorig. Une affirmation non discutable à laquelle le futur donnait quelquefois raison. Al, Naaran et Erwan cherchèrent une réplique pour le principe, mais ce qu’ils découvrirent en atteignant la crête les laissa sans voix. Zorig stoppa le van dans un soubresaut qui faillit les faire glisser dans le ravin et colla son visage de colosse contre le pare-brise constellé d’impacts.
– Magnifique, siffla-t-il entre ses dents.
– Macabre, oui, murmura Al.
– Morbide, corrigea Naaran depuis le siège arrière.
– C’est quoi la différence ? s’enquit Erwan en glissant la tête entre les épaules de Zorig et d’Al pour mieux voir.
– Macabre évoque une mort dans des circonstances tragiques, alors que morbide n’a rien à voir avec la mort. C’est juste quelque chose de malsain et d’anormal, expliqua Al.
– Alors c’est plutôt morbicabre, trancha Zorig.
– Et beau.
– Morbicabre et beau, approuvèrent les autres en descendant du van.
Devant eux, l’homme nu était allongé sur le dos, comme enroulé sur un rocher. Son corps, cambré au-delà du probable, épousait très exactement la forme de la pierre presque ronde. Jusqu’à sa nuque. Jusqu’à ses bras désarticulés aux épaules et tendus au-delà de sa tête renversée, lestés par une lourde pierre au bout d’une corde nouée à ses poignets. D’un côté ses pieds étaient attachés à la base du gros rocher et de l’autre cette pierre immobile pendait dans le vide et l’étirait, cintré, sur le rocher lisse.
– Il est mort ? demanda Erwan sans oser s’approcher.
– Qui a fait ça ? gronda Zorig.
– Je n’en sais rien. Une sorte de crime rituel peut-être…
– Je ne parle pas de ce mec, je parle de mes dessins !

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Déjà lu du même auteur :

9782356418470-T Yeruldelgger 

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29 juin 2016

Paul dans le métro - Michel Rabagliati

paul dans le métro La Pastèque - septembre 2005 - 91 pages

Quatrième de couverture : 
Paul dans le métro regroupe les cours travaux réalisés par Michel Rabagliati depuis ses débuts. On retrouvera donc Paul avec grand plaisir mais cette fois-ci dans de petits récits aussi touchants qu'amusants. Michel Rabagliati est graphiste de formation et illustrateur professionnel. Ses débuts dans la bande dessinée ont été fracassants. Raflant tous les prix destinés à la bande dessinée québécoise, ses premiers livres ont rapidement modifié la scène de la bande dessinée Québécoise. Rabagliati est un conteur extraordinaire. Sa maîtrise de la narration et son dessin témoignent de la profonde finesse de cet auteur d'exception. Et son dernier livre Paul en appartement est un vrai best-seller !

Auteur : Michel Rabagliati est né en 1961 à Montréal où il a grandi dans le quartier Rosemont. Après s'être intéressé un moment à la typographie, il étudie en graphisme et il travaille à son compte dans ce domaine à partir de 1981. Puis, il se lance sérieusement dans l'illustration publicitaire à partir de 1988.
Depuis 1998, ses bandes dessinées révolutionnent le 9e art québécois. En 2007, l'auteur s'est vu décerner une Mention spéciale pour l'ensemble de son oeuvre par le Prix des libraires du Québec, et Paul à Québec a remporté plus de 7 prix, dont le Prix du public au Festival international de Bande dessinée d'Angoulême en 2010.

Mon avis : (lu en avril 2016)
Cet album est le numéro 4 de la série, il comprend plusieurs petites histoires : Paul dans le métro, Paul et Richard, Paul défait ses boîtes, Paul Mosquito "C", Paul fait du ski, Paul à la quincaillerie, Les Paulardises, Tourisme extrême, Erreur d'impression, Men in black, Radio-cuisine, Bloopers.
Le premier récit raconte les expéditions de Paul et son ami Alain dans le métro, ils collectionnent les tickets des correspondances, ils vont se balader dans le grand magasin Eaton où ils inventent de nombreuses bêtises... Alors que Montréal s'apprête à accueillir les Jeux Olympiques de 1976, les deux compères vont rôder autour des vestiges de l'Expo universelle de 1967.
Il y a également Paul, père de famille, qui fait découvrir à sa fille Rose Hergé ou le ski... L'histoire la plus touchante est celle où Paul discute du Paradis avec sa grand-mère décédée.
Je préfère les épisodes qui développent une seule grande histoire, mais cet album est intéressant pour mieux connaître Paul, il mélange humour, tendresse et poésie... J'en redemande encore !

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

107640216 Paul en appartement paul au parc Paul au parc

109131365 Paul dans le Nord 110034991 Paul à Québec 

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20 mai 2016

Paul à la campagne - Michel Rabagliati

paul à la campagne La Pastèque - octobre 2002 - 60 pages

Quatrième de couverture : 
Paul à la campagne cache une œuvre semi-autobiographique pleine de sensibilité. L’album se compose de deux récits, placés sous le signe de la nostalgie de l’enfance. Paul à la campagne raconte une visite dans les Laurentides tandis que Paul apprenti-typographe pose un regard tendre sur l’affection entre un père et son fils.

Auteur : Michel Rabagliati est né en 1961 à Montréal où il a grandi dans le quartier Rosemont. Après s'être intéressé un moment à la typographie, il étudie en graphisme et il travaille à son compte dans ce domaine à partir de 1981. Puis, il se lance sérieusement dans l'illustration publicitaire à partir de 1988.
Depuis 1998, ses bandes dessinées révolutionnent le 9e art québécois. En 2007, l'auteur s'est vu décerner une Mention spéciale pour l'ensemble de son oeuvre par le Prix des libraires du Québec, et Paul à Québec a remporté plus de 7 prix, dont le Prix du public au Festival international de Bande dessinée d'Angoulême en 2010.

Mon avis : (lu en avril 2016)
C'est le premier tome de la série Paul. Il y a deux histoires : Paul à la campagne et Paul apprenti typographe.
Pour Paul à la campagne, devenu adulte, celui-ci retourne en vacances sur les lieux de son enfance, le chalet de son papa dans le nord du Québec, avec sa femme et sa fille Alice (dans les albums suivants de la série la fille de Paul s'appelle Rose...). Ce week-end sera le temps des souvenirs, des retrouvailles avec son père et de grandes découvertes pour sa fille... 
Tout jeune, Paul aimait être à l'arrière de la Oldsmobile ninety eight de son père et le regarder conduire. A 9 ans, il s'était pris de passion pour l'accordéon, mais la professeur aura raison de son enthousiasme... Il y avait les plongeons dans le lac Saint-Jean, les bibelots de tante Janette, la carabine à plomb, le copain Alain...
Dans Paul apprenti typographe, l'auteur évoque la relation entre Paul et son père, qui travaille comme typographe. C'est très intéressant, et cela a une valeur documentaire car ce métier : typographe des années 1970, a disparu aujourd'hui... Depuis, l'ordinateur a révolutionné ce métier.
C'est amusant de découvrir les premiers pas du dessinateur et ses personnages simplifiés en noir et blanc, il existe une édition de cette BD, datant de 2014, avec des planches en couleurs.
Cet épisode est très court par rapport aux albums suivant, mais je suis devenue une fan de Paul et j'ai bien apprécié également cette lecture.

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

107640216 Paul en appartement paul au parc Paul au parc

109131365 Paul dans le Nord 110034991 Paul à Québec

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30 avril 2016

Juliette à Amsterdam - Rose-Line Brasset

Lu en partenariat avec Babelio et Kennes éditions

juliette à Amsterdam Kennes Editions - mars 2016 - 259 pages

Quatrième de couverture :
En ce début novembre, Juliette se rend avec sa mère dans la capitale des Pays-Bas afin de rencontrer la famille qui a accueilli son grand-père pendant la Deuxième Guerre mondiale. Une belle occasion pour la jeune globe-trotter de découvrir les charmes d'Amsterdam, ses canaux, ses péniches, ses maisons étroites et ses vélos ! Les émotions aussi seront au rendez-vous : notre amie se fera un nouveau copain et prendra conscience d'une façon inattendue du sort tragique d'une jeune fille de son âge, Anne Frank, dont le Journal a fait le tour du monde.
Un carnet de voyage Sur les pas de Juliette est disponible à la fin du roman. Les lectrices en apprendront un peu plus sur les principaux attraits, l'architecture, la langue et l'histoire d'Amsterdam. Elles pourront même tester leurs connaissances grâce à un jeu-questionnaire dont les réponses se trouvent en fin de livre. Un complément enrichissant à des péripéties époustouflantes !

Auteur : Rose-Line Brasset est née à Alma, au Québec. Journaliste et documentaliste, elle détient une maîtrise en études littéraires. Elle a publié de nombreux articles dans divers journaux et magazines. Globe-trotter depuis l'adolescence, elle est aussi l'auteure d'ouvrages édités aux Publications du Québec. Mère de deux enfants, elle partage son temps entre sa famille, les promenades en forêt avec son labrador, la cuisine et le yoga.

Mon avis : (lu en avril 2016)
J'ai choisi ce livre pour son éditeur qui m'a fait penser que l'auteur était québécoise... et pour la destination de Juliette que j'ai eu la chance de découvrir il y a trois ans...
La couverture ne m'a pas du tout attirée, au contraire, elle m'évoque une lecture plutôt enfantine, il est vrai que le public visé par l'éditeur est 10 à 12 ans... Je pense que ce livre peut également intéresser des lecteurs plus âgés.
Juliette à Amsterdam est le 4ème tome d'une série, pour moi c'est le 1er que je lis.
Juliette est une jeune québécoise de 13 ans, élevée par sa mère journaliste qui parcourt le monde pour son travail. Dans cette épisode, elles partent toutes les deux à Amsterdam pour rencontrer la famille qui avait accueilli son grand-père pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est l'occasion pour Juliette de découvrir la ville d'Amsterdam en compagnie de Piet, un hollandais de 16 ans et de mieux comprendre le Journal d'Anne Frank qu'elle devait étudier au collège à Québec.
J'ai trouvé cette lecture très sympathique et intéressante. La ville d'Amsterdam est bien décrite, le séjour de Juliette et de sa maman est riche en découvertes. La partie concernant Anne Frank est poignante et très réussie. En fin de livre, le lecteur découvre le Carnet de voyage de Juliette et des renseignements complémentaires sur ses visites, un jeu-questionnaire et un lexique avec quelques expressions québécoises utilisées dans cette histoire pour une meilleure compréhension pour nous Français...

Merci Babelio et les éditions Kennes pour cette découverte.

Extrait : 

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14 avril 2016

Un bonheur si fragile - tome 4 : Les amours - Michel David

un bonheur Kennes Editions - février 2016 - 529 pages

Quatrième de couverture :
1921. Son mari décédé, Corinne se retrouve seule pour exploiter la terre familiale. Encore une fois, elle fera face à l'adversité avec le caractère qu'on lui connaît. Heureusement, Philippe et Norbert s'investissent davantage ; Madeleine, elle, réalise le rêve de sa mère en devenant institutrice alors qu'Elise est attirée par la vie au couvent. De leur côté, Gonzague et Henri Boisvert sont toujours aussi détestables. Si le premier est de plus en plus bourru avec l'âge, le second rêve d'un bel héritage. Il y a aussi les amours : Philippe s'entiche de la petite Cécile Melançon, tandis que Madeleine reçoit la grande demande de Léopold. Voyant les projets de ses enfants prendre forme, Corinne se sent de plus en plus seule. Les voisins célibataires sauteront-ils sur l'occasion pour se rapprocher de la jeune veuve ? Corinne trouvera-t-elle enfin le bonheur tant espéré ?

Auteur : Michel David est né à Montréal, le 28 août 1944, où il passe son enfance, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, qui n'est pas alors totalement urbanisé. Après plus de 33 ans de carrière dans l'enseignement du français, Michel David prend sa retraite en 1999, mais continue l'écriture d'ouvrages pédagogiques, et se consacre à la sculpture sur bois, puis... à l'écriture de sagas, sept jours par semaine, plusieurs heures par jour.

Mon avis : (lu en avril 2016)
Quel plaisir de retrouver Corinne et sa famille et le village Saint-Paul-des-Prés pour la conclusion de cette saga familiale et roman du terroir qui se déroule au Québec au début du XXème siècle. 
1921, Corinne est veuve depuis 2 ans, elle tient la ferme et sa maison grâce à l'aide de ses enfants. Philippe (19 ans) et Norbert (16 ans) travaillent à 100% sur les terres familiales avec Léopold, l'homme engagé. Les plus jeunes aident au train et s'occupent de la basse-cour sans oublier les tâches ménagères. Madeleine devenue institutrice dans le rang de Saint Jean, est une aide précieuse pour Corinne. Elle va bientôt se marier avec Leopold. Philippe qui a toujours le difficile caractère de son père fréquente Cécile Melançon, une jeune fille qui sait ce qu'elle veut et sait le remettre à sa place lorsqu'il dérape.
Corinne est toujours aussi attachante, c'est une femme de caractère qui reste toujours positive malgré tous les coups durs de la vie, et elle a eu son compte... Elle va de l'avant, après avoir beaucoup fait pour les autres et en particulier ses enfants, dans ce dernier épisode, elle voit ses enfants prêts à faire leur vie sans elle, elle va enfin pouvoir penser à elle et ses vieux jours. Et pourquoi pas sortir de sa solitude amoureuse et se trouver un homme ? Elle mérite vraiment d'être heureuse...
Au village, il y a également de l'animation...
Dommage que cette histoire soit déjà finie... Avec cette série, j'ai passé des moments de lectures vraiment agréables et instructifs, car l'auteur évoque également le contexte historique de l'époque.

Extrait :

Un bonheur si fragile T4 - Les amours

Déjà lu du même auteur :

105625593 (1) Un bonheur si fragile - tome 1 : L'engagement  

r_1870 (1) Un bonheur si fragile - tome 2 : Le drame 

un bonheur si fragile_3 Un bonheur si fragile - tome 3 : Les épreuves

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08 avril 2016

Paul à Québec - Michel Rabagliati

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La Pastèque - mars 2010 - 184 pages

La Pastèque - août 2015 - 184 pages (nouvelle jaquette à l'occasion de la sortie du film au Canada)

Prix du public au Festival international de Bande dessinée d'Angoulême 2011

Quatrième de couverture : 
L’achat d’une première maison et la mort d’un proche sont au cœur de ce nouvel opus. D’Ahuntsic à St-Nicolas, en passant par le célèbre Madrid, l’auteur nous amène, cette fois-ci, à découvrir sa famille à travers un livre fort émouvant. Michel Rabagliati nous démontre une fois de plus qu’il est en pleine maîtrise de ses moyens, il dessine la vie… tout simplement.  
Il a été sur la plupart des palmarès des librairies lors sa sortie.  Paul à Québec de Michel Rabagliati a fait mouche.  10 000 exemplaires en trois mois, on a rarement vu ça au Québec ces dernières années.  Le travail de Michel Rabagliati s'est imposé comme l’emblème du 9e art québécois.  Il en fallait un.

Auteur : Michel Rabagliati est né en 1961 à Montréal où il a grandi dans le quartier Rosemont. Après s'être intéressé un moment à la typographie, il étudie en graphisme et il travaille à son compte dans ce domaine à partir de 1981. Puis, il se lance sérieusement dans l'illustration publicitaire à partir de 1988.
Depuis 1998, ses bandes dessinées révolutionnent le 9e art québécois. En 2007, l'auteur s'est vu décerner une Mention spéciale pour l'ensemble de son oeuvre par le Prix des libraires du Québec, et Paul à Québec a remporté plus de 7 prix, dont le Prix du public au Festival international de Bande dessinée d'Angoulême en 2010.

Mon avis : (lu en mars 2016)
Paul à Québec est le tome 6 de la série.
Au début le ton est léger, Paul évoque les bons moments passés en famille élargie lors des fêtes et des vacances. Il raconte son installation dans sa nouvelle maison avec sa femme Lucie et sa fille Rose. Des anecdotes, de l'humour... Puis tout à coup, la maladie frappe le père de Lucie et le ton devient plus grave et le lecteur suit Paul et Lucie pendant les derniers mois de vie de Roland dans un service de soins palliatifs.
Nous sommes en 1999 et l'auteur évoque également en arrière plan les mouvementsindépendantistes de la province du Québec. Sans oublier, les expressions typiquement québécoises qui sont si savoureuse pour la française que je suis.

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Un film adapté de la BD "Paul à Québec" a été réalisé par François Bouvier, il est sorti en septembre 2015 au Québec. Il aurait été projeté en avant-première européenne au Festival de bande dessinée d'Angoulême en janvier 2016 en présence de Michel Rabagliati venu rencontrer le public ! Malheureusement toujours pas de date de sortie en salle prévue en France... (Il a bien plu à mon fils qui a séjourné quelques mois à Montréal pour ses études fin 2015)

Extrait : 

 PlancheA_87049  6_page

Déjà lu du même auteur :

107640216 Paul en appartement paul au parc Paul au parc

109131365 Paul dans le Nord

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