19 juillet 2017

Les jours sucrés - Loïc Clément et Anne Montel

51wUEz-SULL Dargaud - février 2016 - 148 pages

Quatrième de couverture :
Une comédie romantique qui fait un bien fou !
À 25 ans, Églantine apprend le décès de son père et part pour Klervi, le village breton de son enfance. Elle y retrouve sa vie d'avant, ses souvenirs et la pâtisserie paternelle (qui est désormais la sienne), mais aussi Gaël, son amoureux de l'époque, sa tante Marronde et tous les chats du village. Surtout, elle découvre le journal intime de son père. Il y a mis tous ses secrets de vie et de cuisine. Un véritable guide pour Églantine. Et si c'était l'occasion d'un nouveau départ ?
Une comédie romantique légère et subtile.

Auteurs : Loïc Clément est né le 16 novembre 1981 à Bruges. Scénariste de bandes dessinées pour les adultes et la jeunesse, et auteur d'albums illustrés, Loïc est un passionné de livres. Il a été libraire spécialisé, critique littéraire, bibliothécaire et formateur dans le domaine des métiers du livre avant de se lancer lui même dans l'écriture. Loïc vit quelque part à la campagne où il cultive son jardin et son amour des poneys. Pendant que le monde devient fou, il grignote du chocolat blanc en rêvant à de nouvelles histoires...
Anne Montel est née à Nantes en 1988, elle est illustratrice et graphiste indépendante et dessinatrice de bande dessinée. Elle est également l'illustratrice de livres pour la jeunesse, et illustre une série de livres de recettes. Elle habite et travaille à Bordeaux.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
Suite au décès de son père, Eglantine retourne près de 20 ans après, à Klervi, le village breton de son enfance. Elle a hérité de la boulangerie de son père qui les avait abandonnées sa mère et elle. Elle qui comptait vendre son héritage et regagner rapidement Paris où elle vit maintenant, elle rencontre Gaël, son ami d'enfance, et les bons souvenirs jaillissent... Elle trouve un carnet de recettes de son père où il écrit également ses pensées, Eglantine va donc découvrir peu à peu l'homme qu'il était... Elle décide donc rester au village et de reprendre la suite de son père.
L'histoire est simple, avec de bons sentiments, des personnages très attachants, chaque chapitre porte un nom de pâtisserie et j'ai passé un moment de lecture délicieux !

Extrait :

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17 mars 2017

Biguden - tome 1 : L'Ankou - Stan Silas

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Quatrième de couverture :
Goulwen vit dans une maison à flanc de falaise avec une mémé cabocharde qui croit encore aux Korrigans... C'est sur la plage qu'un événement extraordinaire va bousculer le quotidien de cette famille bretonne ! D'un bateau échoué, Goulwen recueille chez lui une petite japonaise... La confrontation entre les deux cultures va d'abord être explosive !

Auteur : Stan Silas est né en septembre 1977. En 2006, il crée un blog sous le pseudonyme de Sansax, où il s'entraîne aux rudiments de la BD et rencontre son public. Son premier ouvrage, "Meurtres en trois leçons" est édité par Danger Public. Dès son plus jeune âge il dessine partout, son entourage lui prédit une carrière artistique. Mais, étudiant, il découvre qu'un artiste c'est prétentieux, ça parle de trucs pas connus et ça mange des pâtes tous les jours.. Du coup il préfère passer divers diplômes lui assurant un travail au chaud dans un bureau. Alors qu'il semble complètement débarrassé de cette fibre artistique, en 2006 il replonge en créant son blog BD. Il y prend beaucoup de plaisir, apprend les rudiments de la bande dessinée en s'exerçant et récolte au passage des critiques motivantes. À 30 ans sa véritable nature semble l'avoir rattrapé, le guide du meurtre sort dans le commerce, c'est pas trop tôt diront certains. D'un air prétentieux il leur répond que ce n'est qu'un début...

Mon avis : (lu en février 2017)
J'ai découvert par hasard cette BD et le côté breton m'a bien sûr attirée...
Voilà une histoire d'amitié et de choc des cultures très originale.
Goulwen est un petit garçon de 8 ans qui porte un pull marin, adore pêcher, il joue du biniou et sait parler au mouette. Un jour où il est parti jouer sur la plage, il découvre un bateau échoué avec à côté une petite fille de son âge au look un peu spécial... C'est une petite Japonaise portant le kimono et pleine d'énergie !
Pas facile de communiquer lorsque l'un parle le français et le breton et l'autre le japonais mais Goulwen accueille sans hésiter cette nouvelle amie qui ne va pas passer inaperçu dans le petit village breton.
Goulwen vit avec sa mère et sa grand-mère très attachée aux traditions, elle porte la coiffe bigoudène et croit aux korrigans... Sa nouvelle amie semble investie d'une mission et l'histoire part vers une aventure plutôt fantastique mélangeant les croyances celtiques et nippones... Cette orientation m'a dérangée car je suis plutôt hermétique au fantastique... Les deux enfants sont attachants et l'intrigue surprenante.
Le dessin de cette BD a un vrai côté manga et la série continue avec deux tomes supplémentaires que je serai curieuse de découvrir !

 

Extrait : (début du livre)

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30 septembre 2016

Pour l'amour d'une île - Armelle Guilcher

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Nouvelles Plumes - 2014 - 336 pages

Pocket - janvier 2016 - 400 pages

Quatrième de couverture :
Elle s'appelle Marine. Un prénom qui évoque sa passion, la mer. Cette mer qui entoure la petite île bretonne où elle est née et a grandi, jusqu'à la mort brutale de ses parents. 

Devenue médecin, Marine décide de retourner sur l'île perdue dans les brumes, au milieu des écueils qu'elle aime tant. 
Mais les mois passent et elle ne parvient pas à amadouer les habitants pour le moins distants. Les patients restent rares et l'hostilité est palpable. Une hostilité qui semble trouver sa source dans l'histoire familale, ne laissant au " nouveau docteur ", au bord du découragement, d'autres choix que de raviver le passé pour comprendre. Au risque de rouvrir des blessures enfouies.

Auteur : Retraitée, Armelle Guilcher vit et écrit en Bretagne. Pour l'amour d'une île est son premier roman.

Mon avis : (lu en août 2016)
J'ai lu ce livre cet été avec beaucoup de plaisir, le lieux principal de cette histoire est une petite île bretonne et l'auteur a su parfaitement nous la décrire dans tous ses états, sous le soleil, dans la tourmente des tempêtes... 
1971. Marine le Guellec , jeune médecin s'installe sur l'île bretonne où elle est née. Elle va remplacer le docteur Le Guen qui aspire à la retraite. Mais rien est simple, car elle se trouve face à l'hostilité des habitants qui évitent alors de fréquenter son cabinet.
1960. Le lecteur revient sur l'enfance de Marie. Après la mort de ses parents, elle a été élevée avec Yves, son frère aîné, par son grand-père François qui a voulu protéger ses petits-enfants. Marie va comprendre que 
l'hostilité à son égard est dû à son histoire familiale et quelques secrets de famille...
J'ai beaucoup aimé cette histoire, dont les personnages sont attachants et donc l'intrigue se dévoile peu à peu. J'ai eu du mal à quitter cette petite île bretonne... Heureusement, c'étaient les vacances et le bord de mer était proche...

Extrait : (début du livre)
À la fin de ses études de médecine, Marine décide de retourner vivre sur la petite île bretonne où elle a grandi jusqu'à la mort de ses parents. Mais dans le froid venteux de novembre, l'installation se révèle difficile : les habitants désertent son cabinet et affichent ouvertement leur hostilité. Marine comprend que le secret de cette haine est caché dans le passé de sa famille.
La traversée s'était effectuée dans des conditions plutôt idéales pour la saison. En dépit d'un temps maussade, la mer était calme.

On était fin novembre.
Ce n'était pas la période rêvée pour venir s'établir sur cette île hostile, perdue dans les brumes, au milieu des écueils. À peine arrivée, elle allait devoir affronter les tempêtes de l'hiver, les plus rudes, celles qui vous mettent l'angoisse au cœur, avec en supplément l'appréhension de démarrer une carrière de médecin en se heurtant à la défiance probable des habitants à son égard.
Marine n'avait pas choisi son moment. Son installation était programmée au début de l'été et puis des circonstances imprévues (la maladie de François, son grand-père) avaient bouleversé ses plans. Il n'existait sur l'île aucune structure hospitalière susceptible de recevoir le vieillard en cas d'aggravation de son état et, dans ce contexte, ne sachant comment évoluerait la santé de son aïeul, Marine avait préféré se montrer prudente en demeurant sur le continent. Finalement, le vieil homme s'était éteint sans avoir assouvi son rêve : retourner vivre sur son île en compagnie de sa petite-fille.
La douleur ressentie par Marine à la mort de son grand-père avait été immense. Elle avait d'ailleurs failli abandonner tous ses projets. Et puis les blessures se refermant, elle s'était persuadée que François lui-même n'aurait pas souhaité une pareille conclusion, après tant d'années d'efforts et de persévérance pour mener ses études à leur terme. Elle avait donc confirmé au docteur Le Guen qu'elle reprenait sa clientèle, juste le temps pour elle d'expédier quelques affaires courantes. Ce qu'elle appelait « affaires courantes » était le règlement de la succession de son grand-père. Il n'avait pour toute richesse que sa petite maison du continent, au bord de la falaise, et Marine ne voulait en aucun cas s'en séparer malgré les exhortations de son frère Yves, toujours à la recherche de plus de moyens pour entretenir dans un confort que lui-même n'avait jamais connu, sa femme et ses deux petites-filles, des gamines pleurnichardes et capricieuses.
Elle avait alors proposé à Yves de lui racheter sa part et celui-ci avait ironisé : « Avec quel argent ? Ce n'est pas ta clientèle de marins ivrognes et miséreux qui va t'enrichir. »
— Ma clientèle miséreuse assurera ma subsistance, n'aie aucune inquiétude à ce sujet. Et puisque tu négliges la maison de grand-père, tu ne discuteras pas de son prix en prétendant qu'elle vaut plus cher que ce que je t'en offre.
Effectivement, Yves avait accepté le montant fixé. Et c'est le notaire de famille qui, après avoir établi les documents, lui prêta la somme nécessaire au rachat de la résidence familiale.
— J'aurai peut-être quelques difficultés à vous rembourser mais j'honorerai ma dette.
— J'ai confiance en toi, avait répondu le notaire. En souvenir de François, mon ami, je ne peux me résoudre à ce que cette demeure, obtenue grâce à un labeur de tous les instants, parte entre les mains du premier venu. Pour lui et pour toi. Et je suis peiné qu'Yves s'en dessaisisse avec une si grande désinvolture.

 

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21 septembre 2016

Un recteur de l'île de Sein - Henri Queffelec

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Stock - 1944 - 230 pages

Marabout - 1955 - 220 pages

Livre de Poche - 1961 - 241 pages

Presse de la Cité - novembre 1982

Librio - novembre 1998 - 153 pages

Bartillat - juin 2007 - 205 pages

Bartillat - juin 2016 - 205 pages

Quatrième de couverture : 
A l'extrémité de la Pointe du Raz, l'île de Sein est un rocher plat, sans arbres, désespérément sauvage. Là, sous l'Ancien Régime, vivent quelques familles de pêcheurs, âpres, durs, pilleurs d'épaves, superstitieux et violents.
Dans ce lieu maudit, où l'évêque de Quimper ne se donne plus la peine d'envoyer un aumônier du culte tant les candidats sont rares, Thomas Gourvennec, simple pêcheur et sacristain de son état, décide de prendre en charge les âmes à la dérive. Il se heurtera à ces hommes et à ces femmes pris en étau par les rochers... Qu'à cela ne tienne, ils rendront la monnaie de sa pièce à l'existence : certaines nuits, des hommes se retrouvent en bas des falaises, des fermes brûlent, les épaves sont pillées. Au village, on suivra les processions des enterrements sous le soleil glacé, et on verra défiler au gré de la plume d'Henri Queffélec les histoires de femmes, d'enfants en sabots, d'amour, de jalousies, de religion et les récits de grandes tempêtes au goût d'apocalypse.
Le sacristain, Thomas Gourvennec, arbitrera cette lutte entre Dieu et les hommes, entre le religieux et le crime, et tentera, afin que l'île ne sombre pas dans la folie, d'enchaîner les êtres les uns aux autres à travers des habitudes chrétiennes communes.

Auteur : Henri Queffélec (1910-1992) est l'auteur d'une œuvre considérable dans laquelle il a entre autres célébré la Bretagne et la mer. Un recteur de l'île de Sein, paru en 1944, est son plus célèbre roman. Henri Queffélec est le père de l'écrivain Yann Queffélec.

Mon avis : (lu en août 2016)
Voilà un vieux classique dont j'avais souvent entendu parler et que j'ai déniché pendant les vacances. Henri Queffélec offre au lecteur un tableau vivant de l’île de Sein sous l’Ancien Régime. A l'époque, la vie sur l'île de Sein n'est pas facile, il y a les tempêtes, ce rocher est aride et il manque de tout. Un beau jour, leur recteur, venu du continent, n'en peut plus de cette vie rude et isolé et il quitte l'île. Mais aucun prêtre n'est prêt à le remplacer. Les Îliens se sentent alors délaissés par l'Église de Quimper, et par le continent tout entier... Dans ces conditions, Thomas Gourvennec, le sacristain, homme pieux et respecté, est poussé par les Îliens à prendre en main les destinées de la paroisse.
J'ai trouvé ce livre magnifique et très fort, il nous fait découvrir la vie rude des pêcheurs, leur rapport à la religion... L'Ile est l'un des personnages principaux de ce roman, ses descriptions sont très belles et évocatrices en particulier en pleine tempête. L'auteur s'est inspiré d'une histoire vraie pour écrire son roman. Le vocabulaire est très riche, j'y ai découvert des mots qui ne sont plus en usage aujourd'hui et certaines tournures de phrases sont parfois désuètes.

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Ce livre a été adapté au cinéma en 1950 par Jean Delannoy sous le titre Dieu a besoin des hommes avec Pierre Fresnay dans le rôle de Thomas Gourvennec.

 

Extrait : (début du livre)
Il doute du témoignage de ses yeux qui virent le printemps sur l’île et il voudrait croire qu’il a vu des mirages. Il n’est pas possible que des aubes glorieuses, se déployant dans le fond du ciel, aient éclairé ce morceau de récif…
Sur le continent, des maisons humaines, des fermes qui se disent pauvres, mais où la lande étincelle dans les cheminées plus belle qu’à la floraison de Pâques ; les animaux, derrière la cloison, qui réchauffent les maîtres ; le fumier gras, dehors, qui suinte comme du beurre ; les petites fenêtres qui emprisonnent dans l’air le froid, la pluie et le vent, et les obligent, pour réclamer pitance, à ne passer qu’un bras maigre qui tâtonne ; villages terrés contre le sol, paysans et pommiers, monotonie heureuse et rabougrie du temps.
Dix années. Mais rien ne doit plus, aujourd’hui, le retenir dans l’île… Certitude illusoire. La mer, le dépaysement, la solitude morale ont détruit son courage et, si l’on résistait à son entreprise, en poursuivrait-il le dessein ? Qui sait si son refuge, loin d’être la prière, ne serait pas la folie. Auprès des lavoirs, tandis que les femmes battent et rincent, les innocents jouent dès le matin. Ils s’assoient sur des mottes de terre un peu hautes et, levant la tête, la tournent de droite à gauche et de gauche à droite comme s’ils voulaient la dévisser. Ils rient des vaches qui courent. Quel repos ! Quel éloignement des bouffées et des clameurs atlantiques ! Comme il est loin le pillage des heures, du bien-être et de la chaleur par les bandes armées du vent !…
Dix années.
À la fin de la troisième année, c’est Anne Le Berre qui sort lever des lignes à cent mètres du port, derrière un rocher tranquille. La mémoire prétend que des alouettes, dans cet après-midi de juin, chantaient parmi les haubans du ciel. Une brume tombe, mouillée comme une grève après la marée, une brume qui sent le sable et le sel. Hypocrite, elle enveloppe tout. Les formes des maisons s’affaiblissent, s’exténuent. La brume se dissipe… Homme et barque ont disparu.
N’est-ce pas plus terrible encore, à la fin de l’antan, la mort de Louis Yvinec ! La disparition d’Anne se conforme à une sagesse de l’horreur : personne n’a rien vu ni rien entendu et personne ne sait rien. Mais personne n’a vu Yvinec sauter en pleine nuit dans sa barque ni s’éloigner à la voile… et tout le monde raconte qu’il a trouvé une épave, un baril, de malaga ou de rhum, et croisé pour attendre la nuit : il grimperait chez lui en cachette et enterrerait le baril. La tempête croisait aussi. On entendait gronder la bise comme un chien qu’un autre chien irrite. La tempête éclata… Personne, ce jour-là, n’a rencontré Yvinec et, si l’on demande aux pêcheurs d’où ils connaissent l’histoire de l’épave, ils crachent et se dérobent derrière des mots. Le prêtre ne les soupçonne pas de mensonge. Ils détiennent une science effrayante et lui, pauvre terrien, il ne lutte pas contre eux.

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22 août 2016

De terre et de mer - Sophie Van der Linden

Lu en partenariat avec Babelio et les éditions Buchet Chastel

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Quatrième de couverture : 
Au début du siècle dernier, Henri, un jeune artiste, parvient sur l’île de B. après un long voyage.
Venu rendre visite à la femme qui s’est détournée de lui, il y séjournera vingt-quatre heures, le temps pour lui de déambuler dans ce paysage envoûtant, et d’y faire des rencontres singulières.
Jusqu’à la chute finale, le lecteur chemine à la suite du héros dans cette atmosphère vibrante, rendue par une écriture impressionniste aux multiples résonances.

De terre et de mer est le troisième roman de Sophie Van der Linden. Après La Fabrique du monde, L’Incertitude de l’aube, l’auteur confirme encore son talent et dépeint avec acuité l’expression des sensations et des sentiments.

Auteur : Née en 1973, Sophie Van der Linden vit à Conflans-Sainte-Honorine. Elle a publié des ouvrages de référence sur la littérature pour la jeunesse, dont elle est spécialiste. Elle a déjà publié deux romans (La Fabrique du monde et L'Incertitude de l'aube)

Mon avis : (lu en août 2016)
Début du vingtième siècle, Henri, jeune artiste peintre, arrive sur l’île de B. pour rendre visite à Youna, la jeune femme qu'il aime et qui ne répond plus à ses lettres. Il a entrepris ce long voyage pour avoir une explication. Sur l'île, la jeune femme s'est installée dans la maison de sa grand-tante et a repris son activité d'herboriste. Elle a conquis son indépendance et la liberté et rien ne l'empêchera de la garder. Econduit, Henri devra passer la nuit dehors et avant de reprendre le bateau du retour, il fera quelques rencontres...
Dans ce livre, tous nos sens sont en éveil, à travers l'œil du peintre, la description de cette petit île est pleine de couleurs et de nuances comme sur un tableau, les odeurs de la végétation, de la mer, les bruits de la nuit... 
La couverture du livre est superbe, c'est un tableau de Jean-Baptiste Corot qui illustre parfaitement l'atmosphère de ce court roman. Voilà une jolie balade pleine de poésie de 24 heures sur cette petite île avec des rencontres improbables, amusantes ou marquantes et surtout une conclusion magnifique. J'ai beaucoup aimé !

Merci à Babelio et aux éditions Buchet Chastel pour cette très belle découverte

Extrait : (début du livre)
Les nuages n’étaient plus ici ceux, charnus et lourds, de la campagne de Paris. Mobiles, gracieux et diffus, ils semblaient, comme lui, attirés par la mer, pourtant encore lointaine. Depuis que son train avait quitté la halte Bel-Air sur ce dernier embranchement progressant vers le nord, Henri scrutait le paysage et guettait l’irruption de l’aplat bleu qui signalerait aussi bien l’arrivée imminente du train à sa destination que le début d’un autre voyage, celui pour l’île de B.

Enfin, ce n’était pas un voyage, tout juste une traversée. Et courte encore, une demiheure sans doute. Mais Henri n’avait jamais que peu vogué.
Son regard s’accrochait à la cime des arbres, s’attardait sur les mamelons, piquait  dans les vallons, s’envolait dans les masses d’air frais que ce temps encore un peu instable ne manquait pas d’insuffler au calme paisible d’un ciel estival.

Le train parvint à R. sans qu’Henri eût aperçu la moindre perspective marine. Rien de bleu ne perça à l’horizon de ce diorama désarticulé qu’est le paysage fuyant sous l’oeil du voyageur ferroviaire.
De la gare, il gagna le port en traversant la ville. Débouchant d’une rue sombre et humide, comme le sont toutes les rues de cette cité granitique, encombrée par les charrettes à chevaux convoyant la production
maraîchère de l’arrière-pays, il vit enfin la mer, sans pouvoir cependant s’attarder à sa contemplation tant il était soucieux d’attraper le dernier sloup qui le déposerait sur l’île à une heure raisonnable pour rendre
visite.
Une fois le point d’embarcation repéré, il rejoignit une courte file de passagers. Lorsque vint son tour, Henri, dans la fatigue de son long voyage, dans l’encombrement de son bagage et de son bouquet de fleurs acheté à la hâte lors d’une correspondance, dans son impatience et, surtout, dans son trouble inexplicable, causé par le carillon de l’église sonnant quatre heures, posa un pied sur l’embarcation somme toute légère d’un mouvement qu’il aurait voulu leste mais qui, dans ce désordre, y imprima un bruit sourd et une franche oscillation. Les passagers ayant déjà pris place à bord durent se cramponner subitement pour ne point perdre l’équilibre. S’ils ne prononcèrent mot, ces îliens, pour la plupart, en eurent toutefois en réserve pour cet étranger sans usage ni manière.
De l’air ! Cet air-là ! Comme il m’a manqué en vérité. Henri oublia l’incident lorsqu’il put enfin lever le nez, humer les ressacs iodés de l’eau du port claquant le quai, et se tourner vers le large s’offrant maintenant à son regard. Il avait vécu son enfance et le début de sa jeunesse sur la côte.
Pourtant, ses origines paysannes l’avaient toujours maintenu éloigné de la navigation. La mer n’en demeurait pas moins pour lui une source de joie et d’apaisement.

Déjà lu du même auteur :

 9782283026472-5ae6f La fabrique du monde

 

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01 juin 2016

Les noces macabres - Jean-François Coatmeur

Lu en partenariat avec Albin Michel

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Quatrième de couverture :
Tout commence par un coup de fil. Une voix métallique qui menace tour à tour le père Gildas, cloîtré dans son abbaye de Kerascouët, le maire d’une petite ville de Bretagne, effrayé au point de renoncer à un mandat de député, et un médecin du Perche, qui prend la fuite.

Trois notables aux vies transparentes, qui avaient fait leurs études de médecine ensemble. Avec le chirurgien Alain Vénoret, revenu à Brest après de nombreuses années d’absence, ils formaient un joyeux quatuor : « la petite bande ». Pourquoi se sont-ils séparés brusquement ? Que leur a chuchoté cette mystérieuse voix pour les troubler à ce point ? Et pourquoi Alain a-t-il été épargné ?
Jean-François Coatmeur distille, avec une savante maîtrise, une sombre histoire dont on ne sort pas indemne.

Auteur : Grand prix de littérature policière, prix du suspense et grand prix des écrivains de l'Ouest, Jean-François Coatmeur est considéré comme un auteur classique du suspense français. La Bretagne, où il vit depuis toujours et qu'il connaît bien, sert de toile de fond à la plupart de ses romans. Nombre de ses œuvres ont été adaptées au cinéma et à la télévision.

Mon avis : (lu en mai 2016)
Brest 1987, une petite fête trop arrosée tourne mal. Une jeune fille passe par la fenêtre, elle en réchappe mais elle est marquée à vie.
Bien des années plus tard, Chris découvre cette histoire dans une lettre que sa mère lui a laissé avant de mourir. Elle donne également les noms des coupables qui n'ont jamais été punis... Chris va mettre entre parenthèse sa vie "d'avant" (abandonner son travail et son petit ami) pour venger sa mère...
C'est le premier livre que je lisais de cet auteur breton. Et mon ressenti est mitigé, d'abord la Bretagne, elle n'est pas si présente que cela dans ce roman, le drame du passé se déroule bien à Brest et la conclusion de l'histoire également...

La lecture est facile et l'intrigue est plutôt bien construite mais je n'ai pas été captivé par cette histoire assez classique et parfois brouillonne.

Merci Aurore et les éditions Albin Michel pour cette découverte.

 

Extrait :
17 septembre 1987, Brest

Clovis Lestafou commençait à en avoir ras la casquette de leur boucan à l’étage supérieur. Il repoussa d’une tape rageuse l’un des battants de la croisée, grande ouverte sur la tiédeur de cet après-midi de mi-septembre, prit à témoin sa femme qui, assise devant la table gigogne du séjour, demi-lunes au bout du nez, continuait, imperturbable, à pousser le crochet entre les mailles de son napperon.
– Non mais t’entends, Céleste ?
Elle hocha la tête.
– Cette question ! Faudrait sinon que je file en urgence chez un spécialiste ! Bon, ajouta-t-elle, conciliante, c’est de leur âge.
– Pas une raison pour emmerder le monde, fulmina-t-il. J’ai été jeune moi aussi, et jamais, au grand jamais…
Elle sourit, effleurée par une pensée impertinente – « Jeune, lui ? » – qu’elle se garda d’extérioriser.
Clovis tournait dans la pièce comme un tigre en cage.
– Y a quand même des limites, fit-il, les règlements de copropriété stipulent…
– Il n’est que 17 h 20, remarqua-t-elle sans hausser le ton. 
– Sauf que ça fait pas loin de trois heures qu’ils nous cassent les burettes avec leurs rengaines à la con ! Et ça n’a pas l’air près de s’arranger ! Mais putain, qu’est-ce qu’ils foutent, nom de Dieu ?
– Ils guinchent, dit-elle, un brin d’envie dans la voix.
Jusque-là, le magma sonore s’apparentait peu ou prou à de la musique, classiques de salles de garde hurlés à pleins poumons et repris en boucle, ou chansons à la mode diffusées par un appareil poussé à fond. Voici qu’à présent le chahut s’atténuait, se civilisait. Et que s’imposait le rythme d’un air très lent, soutenu par le halètement sourd des basses. Le vieux parquet de châtaignier au-dessus de leurs têtes craquetait de toutes parts. Oui, ils devaient danser.
Ce qui rendait Clovis perplexe. Bon Dieu, lui aussi il avait eu sa période « gambille », à dix-huit ans, les sorties en boîte, les nanas qu’on emballait le samedi soir au Vauban, à La Guinguette, au Petit Jardin.
Mais aujourd’hui le compte n’y était pas, quatre mecs pour une fille, comment ils se débrouillaient, là-haut ?
La trêve ne dura guère et le fichu charivari repartit ; les voix désormais avaient pris le dessus, bribes de conversations hachées de rires gras, tirades péremptoires d’hommes avinés crachant des paroles qu’ils ne comprenaient pas, et de temps à autre, étonnante intrusion dans ce grossier univers de mâles, une frêle voix de femme. Et Clovis se prenait à la plaindre, la pauvre petite, qu’est-ce qu’elle fichait parmi ces brutes ?
Elle était la seule qu’il connût un peu, parce que depuis un an elle occupait en location le logement situé au-dessus. Elle s’appelait Anne-Sophie Marion, c’était le nom annoncé sur sa boîte aux lettres au rez-de-chaussée, sur un carton anti-pub de l’Union fédérale des consommateurs, mais elle lui avait confié qu’elle était plus habituée au diminutif « Nanou ». Elle était étudiante en médecine. Une fille sérieuse, bûcheuse, qui ne sortait guère en dehors de ses cours et ne recevait pas, à part Alain, un camarade d’études, qu’elle lui avait présenté un jour comme un très bon copain, sans qu’il lui fût possible de déterminer le degré d’intimité auquel, en l’état des mœurs actuelles, renvoyait l’appellation.
Avec cela, très gentille, prévenante, d’humeur égale. Clovis avait noté avec intérêt qu’elle recevait régulièrement le journal Rouge, mais rien dans son parler, très mesuré, ne dénotait un engagement partisan.

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13 mars 2016

Rencontre blogueurs Festival Rue des Livres

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Comme prévu, j'étais à Rennes pour le Festival Rue des Livres et
surtout la traditionnelle rencontre des blogueurs de l'ouest...
Départ très tôt d'Ile de France pour Paris et prendre le TGV, 10h30 je suis à Rennes.
11h, je retrouve Gambadou, notre chauffeur pour aller jusqu'au Festival,
puis Sylire, Yvon et Nicole qui arrive de l'Ouest...

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(c) Ouest-France

11h20, nous arrivons au salon où sont déjà là Sandrine, Enna, GéraldineCanel et Mr Canel

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12h : avec Canel et Mr Canel, nous allons écouter une rencontre avec Ian Manook, auteur de Yeruldelgger et Les temps sauvages. Il nous a raconté comment il avait commencé à écrire
un roman policier, de son choix de la Mongolie comme cadre de ses histoires...

12h45 : Antigone et Yaneck ont rejoint le groupe et nous partons déjeuner tous ensemble,
un moment d'échanges très sympa autour de sujets multiples, et pas seulement les lectures !

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14h15 : Les gourmands restent prendre un dessert, les autres préfèrent repartir pour ne pas rater
la rencontre avec Sorj Chalandon autour de son livre Profession du père , un livre en grande partie autobiographique. 
C'est toujours intéressant d'entendre un auteur parler de son livre, et moi qui avait été dérangée par cette histoire, j'ai un peu mieux compris ce que l'auteur avait voulu raconter et ce qu'il avait vécu dans son enfance. 

Puis, nous nous sommes retrouvés pour une photo de groupe...

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(c) Enna

puis une deuxième, car quelques absents de la première photo nous ont rejoints...

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(c) Enna

Quelques petits tours dans le salon où j'ai découvert que Persepolis de Marjane Satrapi avait
maintenant une version en breton, pour Tintin, ce sont des versions en Gallo qui étaient exposé...
J'ai aperçu Elise Tielrooy, Catherine Laborde...

Nous avons terminé par un pot à la buvette, papotages, avant de repartir à la gare prendre le TGV du retour...

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Souvenirs du Festival Rue des Livres 2016 :
les deux marque-pages, un livre d'aquarelles du GR34 (voir blog de l'auteur)

Merci à Gambadou pour l'organisation, et les navettes à la gare.
Merci Canel pour les livres échangés et les nombreux marque-pages collectés.
Merci Enna pour les photos de groupe
Merci à tous pour cette journée bien sympathique et riche en échanges.

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Autres billets sur la journée : GambadouSandrine, Antigone, Canel

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12 mars 2016

Festival Rue des Livres - Rennes

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Petite escapade pour la journée à Rennes...
au festival RUE DES LIVRES

J'y retrouverai GambadouCanelEnnaSandrineSylire, Yvon...

 Chouette retrouvailles en perspective !

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02 février 2016

Lili sur les quais - Bernard Coat

lili sur les quais Jos le Doare - octobre 2011 - 74 pages

Quatrième de couverture : 
Lili est une jeune femme solitaire qui vit dans une pension de famille sur le port de commerce d"une ville de l'ouest de la France.
Excepté un oncle, elle ne connaît pas grand-chose de sa filiation et c'est bien là tout son soucis. 
Elle se démène pour amasser le plus de renseignements possible sur sa vie.
Ses propres investigations ne mènent à rien sinon à d'amères désillusions. C'est à son insu que le cours des événements va se modifier. Des personnages agissent dans l'ombre, ceux-ci sont amis ou ennemis, ou pire encore...
elle va retrouver les membres de sa famille avec joie et émotion pour son père et sa soeur jumelle dont elle ignorait l'existence, elle fréquentait sa mère sans le savoir, une mère dépourvue de sentiments qui sera à l'origine des heures sombres des principaux personnages de ce récit.

Auteur : Bernard Coat est scénariste et romancier, il utilise différents pseudonymes. Il est né en 1958 à Brest. 

Mon avis : (lu en janvier 2016)
Lili est une jeune femme qui vit à Brest, prêt du port de commerce. Elle cherche désespérément des réponses sur ses origines et sur sa famille. Son oncle, ancien marin, habitant à Paris, la soutient dans sa quête. En arpentant les quais Lili va faire la rencontre de Félix, un ancien marin, qui a connu son père et son oncle. En activant ses contacts, il va avoir une piste : le père de Lili serait à bord du cargo « Le Buenaventura », qui doit prochainement faire escale au port...
En parallèle de cette histoire, divers personnages agissent et peu à peu une deuxième histoire se dessine...
Cette bande dessinée se lit comme un polar, elle nous entraîne dans une intrigue intelligente et de qualité, le lecteur découvre également la ville de Brest à travers un dessin noir et blanc au trait fin.
Une belle découverte pour les amoureux de la Bretagne et/ou des ports...

Extrait :

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Prénom (2)

 

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16 décembre 2015

Facteur pour femmes - Sébastien Morice et Didier Quella-Guyot

9782818934135_1_75 Bamboo - septembre 2015 - 110 pages

Quatrième de couverture :
La Première Guerre mondiale vide une petite île bretonne de ses hommes. Il ne reste plus que les enfants, les vieux et les femmes... et Maël. Malgré ses envies de défendre la patrie, il n'est pas mobilisé, car il a un pied-bot. Il devient le seul homme, jeune et vigoureux, de l'île... A sa façon, il participe à l'effort de guerre en distribuant le courrier aux habitants, des femmes essentiellement... Celui que toutes ignoraient découvre ainsi tous leurs secrets...

Auteurs : Sébastien Morice, est né à Vannes en 1974. Auteur et illustrateur indépendant.
En 2001, il obtient son diplôme d'architecte et se dirige vers l'image de synthèse découverte durant ses études. Il se spécialise alors en rendu architectural (image fixe et animation). 
Cependant, fin 2008, suite à un congé parental qui lui permet de nouer des contacts décisifs, il décide de s'investir totalement dans la BD et l'illustration. Parmi ces contacts, les éditions Petit-à-petit lui donnent sa chance en lui commandant deux histoires courtes parues dans deux recueils BD "Contes et légendes du moyen-âge" et "Poèmes érotiques de la littérature". 
En 2009 il réalise également pour l'éditeur normand son premier album "Le café des colonies", l 'adaptation BD d'une nouvelle de Maupassant intitulée "Boitelle" avec Didier Quella-Guyot au scénario, qu'il retrouvera ensuite pour le dyptique Papeete".
En 2015, il sort "Facteur pour femmes". 
Didier Quella-Guyot est né le 7 juillet 1955 à Rochefort-sur-Mer. Il habite désormais Saint-Julien L'Ars. Ses différentes activités : professeur de lettres au lycée professionnel, critique littéraire spécialisé en bande dessinée et littérature pour jeunesse, directeur de la collection "La BD de case en Classe", formateur BD depuis 1990, il anime des stages pour enseignants. Il est aussi scénariste et organisateur d'expositions sur la BD et auteur de nombreux romans et articles biographiques.

Mon avis : (lu en décembre 2015)
1914, c'est mobilisation générale dans toute la France. Sur une petite île bretonne, tous ses hommes valides sont partis à la guerre. Seul Maël est resté sur l'île car il est infirme, il a un pied-bot. Hormis les enfants et les vieux, il reste le seul homme adulte, il va donc devenir le facteur à vélo de l'île. Avant, timide et brutalisé par son père, il était considéré comme idiot par les gens de l'île. Ce rôle de facteur va l'émanciper et le dégourdir, il va devenir le confident de ces femmes esseulées, et peu à peu il se rapprochera d'elles... 

Cette histoire évoque la Première Guerre Mondiale vu depuis l’arrière, avec ces femmes de marins qui prennent leur destin en main, sans être obligées de rendre des comptes. Les lettres des poilus sont également au centre de la BD, elles sont attendues au pays, elles restent des témoignages précieux de l’horreur du conflit. 
Cette histoire commence comme un conte amusant et coquin puis cela devient plus grave lorsque la vraie personnalité des principaux protagonistes de cette BD va se révéler. L’épilogue en révélera davantage sur l'aspect ambivalent des personnages. 
Un vrai coup de coeur également pour le dessin et les superbes couleurs de cet ouvrage.

Extrait :

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Challenge 4%
rl2015
22/24

 

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