08 juillet 2016

Un reportage de Hubert Paris, envoyé spécial T1 : Clandestino - Aurel

1447_couv Glénat - mars 2014 - 72 pages

Quatrième de couverture :
Hubert Paris, journaliste au magazine américain Struggle, se rend en Algérie dans le cadre d un reportage sur les migrants clandestins à travers le monde. Faussement flegmatique, se laissant porter par ses rencontres et ses découvertes, il découvre les accords internationaux, les fonctionnaires peu respectueux de leur rôle social, le recrutement de main d'oeuvre clandestine et bon marché. Il rencontre également les « harragas », candidats à la traversée et suit leur périple afin de témoigner de leur histoire.

Habitué des enquêtes satiriques, le dessinateur de presse Aurel nous montre une autre facette de son talent avec cette fiction politique et sociale basée sur des faits réels issus de plusieurs reportages qu'il a effectué aux côtés de journalistes tel que Pierre Daum du Monde Diplomatique. Une plongée sans concession dans les dessous de l'immigration clandestine racontée à hauteur d'homme...

Auteur : Né en 1980, Aurel a grandi dans le sud de la France. Après des études de biochimie, il se consacre à partir de 2003 au dessin de presse. Publié dans un premier temps dans des journaux montpelliérains, il franchit rapidement le pas vers la presse nationale. Aurel est aujourd'hui dessinateur et reporter pour le journal Le Monde, l'hebdomadaire Politis et le site "Yahoo, Actualités! mais aussi L'Express, Jazz Magazine, L'Infirmière Magazine ou CQFD. Chez Drugstore, il a signé avec le journaliste Renaud Dély les albums Sarkozy et ses femmes, Sarkozy et les riches et Hollande et ses 2 femmes. Il a aussi publié C'est dur d'être de gauche en 2012. Aurel est passionné de musique, il lie dès qu'il le peut cette passion avec le dessin. Réside à Montpellier.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
Cette bande dessinée est avant tout un reportage graphique qui aborde le sujet de l’immigration clandestine des Africains vers l'Europe. L'auteur s'est inspiré de faits réels et de vrais reportages journalistiques.
Hubert Paris est un journaliste freelance français qui part enquêter en Algérie sur les migrants clandestins. Il va rencontrer deux « harragas », jeunes algériens prêts à risquer leur vie pour rejoindre « l’eldorado » européen. L'un veut se cacher dans un camion et passer la Méditerranée par le ferry, l'autre embarquera sur un bateau de fortune avec 15 autres passagers.
Le journaliste va se rendre en Espagne pour suivre leur périple et savoir s'ils ont réussi. Il va découvrir que ceux qui ont réussi la traversée de la Méditerranée deviennent de la main-d’œuvre bon marché pour les exploitants d'immenses serres deplantations du sud de l’Espagne. Esclaves modernes, logés dans des bidonvilles ou  « chabolas » où règnent corruption et prostitution, ces jeunes Africains se retrouvent prisonniers.
Une bande-dessinée à teneur politique et sociale très intéressante et instructive à découvrir.

Extrait : (début du livre)

1447_P1 1447_P2

1447_P3 1447_P4

1447_P5 1447_P6

1447_P7 1447_P8

1447_P9 1447_P10

Posté par aproposdelivres à 08:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


05 mars 2014

L'Étranger - Albert Camus et Jacques Ferrandez

A64518 Gallimard - avril 2013 - 136 pages

Quatrième de couverture :
Le jour où sa mère est morte, Meursault a remarqué qu'il faisait très chaud dans l'autobus qui le menait d'Alger à l'asile de vieillards, et il s'est assoupi. Plus tard, dans la chambre mortuaire, il a apprécié le café que lui offrait le concierge, a eu envie de fumer, a été gêné par la violente lumière des lampes électriques. Et c'est avec une conscience aiguë du soleil qui l'aveugle et le brûle que l'employé de bureau calme et réservé va commettre un acte irréparable. Camus présente un homme insaisissable amené à commettre un crime et qui assiste, indifférent, à son procès et à sa condamnation à mort.

Auteur : Albert Camus naît à Mondovi, en Algérie, en 1913. Pendant la seconde guerrre mondiale, il intègre un mouvement de résistance à Paris, puis devient rédacteur en chef du journal « Combat » à la Libération. Romancier, dramaturge et essayiste, il signe notamment « L'étranger » (1942) et « La Peste » (1947), et reçoit le prix Nobel de littérature en 1957. Il meurt en 1960 dans un accident de voiture.

Dessinateur : Jacques Ferrandez naît en 1955 à Alger. Après l'École des arts décoratifs de Nice, il se tourne vers l'illustration et la bande dessinée. En 1987, il débute « Carnets d'Orient », une fresque sur l'histoire de la présence française en Algérie, qu'il achève 20 ans plus tard. Spécialiste incontesté de la question algérienne, il adapte la nouvelle de Camus, « L'Hôte », en 2009. Ses livres font l'objet de nombreuses expositions, en France et en Algérie, notamment aux Invalides à l'occasion des 50 ans de la fin de la guerre d'Algérie, en 2012. Il a reçu pour ses « Carnets d'Orient » le prix spécial du jury Historia 2012.

Mon avis : (lu en mars 2014)
Voici un des deux premiers albums que j'ai gagné au Loto BD organisé par Valérie sur le thème des adaptations (roman ou film). Merci Jérôme. Voilà l'adaptation d'un classique très réussi. J'avais lu l'Étranger lorsque j'étais au lycée mais je n'en gardais qu'un faible souvenir... (en fait que celle de la deuxième partie). 
Mon fils de 18 ans, qui a beaucoup aimé cette BD, m'a confirmé que Jacques Ferrandez a su rester très fidèle au texte de Camus. Je vous invite à lire la quatrième de couverture qui résume assez l'histoire sans en dire trop...
Le dessin est superbe. Avec de magnifiques aquarelles, le dessinateur a su décrire la beauté d'Alger, la luminosité des paysages méditerranéens, l'atmosphère étouffante sous le soleil... 
Cette bande dessinée est une très belle façon de redécouvrir l’œuvre de Camus. Une très belle lecture.

Extrait : 

L_etranger-page bd-l-etranger-le-roman-d-albert-camus-adapt-par-jacques-ferrandez,M108657 

A64518_04 A64518_05

bd-l-etranger-le-roman-d-albert-camus-adapt-par-jacques-ferrandez,M108659 bd-l-etranger-le-roman-d-albert-camus-adapt-par-jacques-ferrandez,M108661   

92737567_o

 

Posté par aproposdelivres à 07:31 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

18 février 2012

Le Chat du Rabbin, tome 5 : Jérusalem d’Afrique – Joann Sfar

le_chat_du_rabbin5 Dargaud – décembre 2006 – 84 pages

Présentation éditeur : 
Alors que Zlabya s'ennuie au côté de son époux, le rabbin reçoit une caisse contenant un peintre russe voulant parcourir l'Afrique pour retrouver la douzième tribu d'Israël.
Cinquième tome du best seller de Joann Sfar, Jérusalem d'Afrique est un éblouissant voyage dans une Afrique sublimée, croisement improbable sur plus de 80 pages entre Tintin au Congo et les chefs-d'oeuvre d'Albert Cohen. Et en plus le chat reparle.

Auteur : Né à Nice en 1971. Créateur du célèbre 'Chat du rabbin', Joann Sfar s'impose comme une figure majeure, hétéroclite et prolifique de la bande dessinée française. C'est avec L'Association et le magazine Lapin qu'il fait ses débuts. Ses talents de scénariste et d'illustrateur l'amèneront à travailler plus tard pour différents éditeurs comme Delcourt ou Dargaud. Porté par la volonté de 'faire quelque chose de bizarre ', le dessinateur au trait tremblant s'associe avec Pierre Dubois pour donner vie à 'Petrus Barbygère', une épopée dans laquelle se côtoient elfes et pirates. Un univers d'inspiration fantastique que l'auteur déploie dans plusieurs de ses travaux parmi lesquels 'Troll' ou 'Donjon', une parodie de l'heroïc fantasy coécrite avec son ami Lewis Trondheim. Titulaire d'une maîtrise de philosophie, il illustre au début des années 2000 le 'Banquet' de Platon et 'Candide' de Voltaire puis adapte en bande dessinée 'Le Petit Prince' de Saint-Exupéry en 2008. Il se lance dans le cinéma un an plus tard en réalisant le film 'Gainsbourg, vie héroïque', pour lequel il reçoit le César du Meilleur premier film et qui permet à son acteur principal, Eric Elmosnino, de repartir avec le trophée de Meilleur acteur. 
Il poursuit son aventure dans le monde du septième art en transposant sur grand écran son 'Chat du rabbin'. Lauréat du prix Goscinny en 1998 pour 'La Fille du professeur', créé avec Emmanuel Guibert, Joann Sfar accumule les succès et les récompenses.

 

Mon avis : (lu en février 2012)
Une cinquième aventure avec le Chat du Rabbin, toujours aussi plaisante. Le mari de Zlabya a fait venir des livres d'Union Soviétique pour les sauver de la destruction. Or la caisse contient également un jeune peintre juif et russe qui parle en cyrillique. Personne ne le comprend sauf le Chat. Heureusement, il existe une communauté de quelques russe à Alger et Vastenov, un vieux Russe blanc, va pouvoir servir d'interprète. Le jeune peintre est arrivé par erreur à Alger, car son but premier était Jérusalem d'Afrique. Alors le rabbin, le Chat et le cheikh Sfar décident d'accompagner Vastenov et le jeune peintre dans une expédition vers l’Éthiopie à la recherche de la Jérusalem d'Afrique. Des nombreuses et curieuses rencontres leurs sont promises et le Chat qui a retrouvé la parole et qui comprend même les langues étrangères est toujours spectateur et un peu philosophe...

 

Extrait : 

le_chat_5___p1 le_chat_5___p2

le_chat_5___p3 le_chat_5___p4

le_chat_5___p5

 logo_bibli_IGN_20

Déjà lu du même auteur :

le_chat_du_rabbin_tome1  Le Chat du Rabbin : 1. La Bar-Mitsva

le_chat_du_rabbin_tome2 Le Chat du Rabbin : 2. Le Malka des Lions – Joann Sfar

le_chat_du_rabbin3_  Le Chat du Rabbin - tome 3 : L'Exode - Joann Sfar

le_chat_du_rabbin4 Le Chat du Rabbin - tome 4 : Le Paradis terrestre - Joann Sfar

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
logo_Petit_BAC_2012
"Animal"

Posté par aproposdelivres à 15:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

03 novembre 2011

Le Chat du Rabbin - tome 4 : Le Paradis terrestre - Joann Sfar

le_chat_du_rabbin4 Dargaud – septembre 2005 – 52 pages

Quatrième de couverture :
Parce qu’il pleuvait à Paris, le chat du rabbin revient vers le soleil du Maghreb et accompagne le Malka des Lions tout au long de sa marche au travers du désert..
Il s’en va retrouver sa belle mais avant cela il use de ses talents de dompteur, protège les enfants de l’attaque d’un lion, récite des contes et légendes et séduit les femmes.
Le voyage est savoureux, riche en rencontres et ponctué des histoires racontées par le Malka en échange de quelques pièces.

Auteur : Né à Nice en 1971. Créateur du célèbre 'Chat du rabbin', Joann Sfar s'impose comme une figure majeure, hétéroclite et prolifique de la bande dessinée française. C'est avec L'Association et le magazine Lapin qu'il fait ses débuts. Ses talents de scénariste et d'illustrateur l'amèneront à travailler plus tard pour différents éditeurs comme Delcourt ou Dargaud. Porté par la volonté de 'faire quelque chose de bizarre ', le dessinateur au trait tremblant s'associe avec Pierre Dubois pour donner vie à 'Petrus Barbygère', une épopée dans laquelle se côtoient elfes et pirates. Un univers d'inspiration fantastique que l'auteur déploie dans plusieurs de ses travaux parmi lesquels 'Troll' ou 'Donjon', une parodie de l'heroïc fantasy coécrite avec son ami Lewis Trondheim. Titulaire d'une maîtrise de philosophie, il illustre au début des années 2000 le 'Banquet' de Platon et 'Candide' de Voltaire puis adapte en bande dessinée 'Le Petit Prince' de Saint-Exupéry en 2008. Il se lance dans le cinéma un an plus tard en réalisant le film 'Gainsbourg, vie héroïque', pour lequel il reçoit le César du Meilleur premier film et qui permet à son acteur principal, Eric Elmosnino, de repartir avec le trophée de Meilleur acteur.
Il poursuit son aventure dans le monde du septième art en transposant sur grand écran son 'Chat du rabbin'. Lauréat du prix Goscinny en 1998 pour 'La Fille du professeur', créé avec Emmanuel Guibert, Joann Sfar accumule les succès et les récompenses.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
Le Rabbin est quasiment absent de cet épisode. Le Chat est de retour en Algérie, aux environs d'Oran. Il va passer quelques jours avec le Malka des lions, véritable légende vivante. Il est accompagné par son lion mais aussi par un serpent. En apparence, le Malka est un grand conteur, un héros et un grand séducteur. Le Chat va vite découvrir que derrière le Grand Malka se cache un vieil homme qui doute. Le Chat se pose beaucoup de questions sur Dieu, sur la vieillesse, la mort, la sagesse et la tolérance... Toujours aussi savoureux, à la fois profond et amusant.

Extrait :

le_chat_du_rabbin4_1
le_chat_du_rabbin4_2
le_chat_du_rabbin4_3
le_chat_du_rabbin4_4
le_chat_du_rabbin4_5

Déjà lu du même auteur :

le_chat_du_rabbin_tome1  Le Chat du Rabbin : 1. La Bar-Mitsva

le_chat_du_rabbin_tome2 Le Chat du Rabbin : 2. Le Malka des Lions – Joann Sfar

 

Posté par aproposdelivres à 06:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

01 novembre 2011

Le Chat du Rabbin - tome 3 : L'Exode - Joann Sfar

le_chat_du_rabbin3_ Dargaud – octobre 2003 – 48 pages

Quatrième de couverture : 
Ça y est, la fille du Rabbin se marie. Inutile de dire que le Rabbin n’est pas très content à l’idée de la voir partir ; quant au chat, n’en parlons pas, il comprend vite qu’il devra faire une croix sur les caresses et les confidences. Du coup, pour se venger, les deux compères décident d’accompagner la belle et son mari pendant leur voyage de noces à Paris.

Auteur : Né à Nice en 1971. Créateur du célèbre 'Chat du rabbin', Joann Sfar s'impose comme une figure majeure, hétéroclite et prolifique de la bande dessinée française. C'est avec L'Association et le magazine Lapin qu'il fait ses débuts. Ses talents de scénariste et d'illustrateur l'amèneront à travailler plus tard pour différents éditeurs comme Delcourt ou Dargaud. Porté par la volonté de 'faire quelque chose de bizarre ', le dessinateur au trait tremblant s'associe avec Pierre Dubois pour donner vie à 'Petrus Barbygère', une épopée dans laquelle se côtoient elfes et pirates. Un univers d'inspiration fantastique que l'auteur déploie dans plusieurs de ses travaux parmi lesquels 'Troll' ou 'Donjon', une parodie de l'heroïc fantasy coécrite avec son ami Lewis Trondheim. Titulaire d'une maîtrise de philosophie, il illustre au début des années 2000 le 'Banquet' de Platon et 'Candide' de Voltaire puis adapte en bande dessinée 'Le Petit Prince' de Saint-Exupéry en 2008. Il se lance dans le cinéma un an plus tard en réalisant le film 'Gainsbourg, vie héroïque', pour lequel il reçoit le César du Meilleur premier film et qui permet à son acteur principal, Eric Elmosnino, de repartir avec le trophée de Meilleur acteur.
Il poursuit son aventure dans le monde du septième art en transposant sur grand écran son 'Chat du rabbin'. Lauréat du prix Goscinny en 1998 pour 'La Fille du professeur', créé avec Emmanuel Guibert, Joann Sfar accumule les succès et les récompenses.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
J'ai beaucoup aimé cet épisode.
Zlabya a épousé le jeune homme. Le Chat se sent abandonné. Zlabya et son mari partent en voyage de noces à Paris pour rencontrer sa belle-famille. Le Rabbin et son Chat ont décidé de les accompagner. C'est le dépaysement... Le Rabbin a du mal à s'habituer à la pluie, au froid, à la ville. A Paris, les juifs sont bizarres, le Rabbin va même entrer dans une église et transgresser les règles du Shabbat... Le Chat va faire la rencontre d'un chien abandonné et ensemble une amitié va naître.
Joann Sfar nous raconte une histoire où se confrontent à la fois profondeur, légèreté, ironie et tendresse.

Extrait :

le_chat_du_rabbin3_1
le_chat_du_rabbin3_2
le_chat_du_rabbin3_3

Déjà lu du même auteur :

le_chat_du_rabbin_tome1  Le Chat du Rabbin : 1. La Bar-Mitsva

le_chat_du_rabbin_tome2 Le Chat du Rabbin : 2. Le Malka des Lions – Joann Sfar

 

Posté par aproposdelivres à 08:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


11 octobre 2011

Le Chat du Rabbin : 2. Le Malka des Lions – Joann Sfar

le_chat_du_rabbin_tome2 Dargaud – octobre 2003 – 48 pages 

Présentation éditeur :
Notre gentil Rabbin est convoqué par les autorités françaises pour faire une dictée. En effet, afin de mieux coloniser les juifs d’Algérie, les autorités françaises exigeaient que chaque Rabbin sache parler et écrire le français. Malgré l’aide du chat, le Rabbin va échouer et sera remplacé par un jeune français portant beau le costume. A la grande consternation du chat, la jeune Zlabya va tomber amoureuse de ce jeune Rabbin occidentalisé. Quant au Malka des lions, c’est le cousin du Rabbin, dresseur de fauves et grand aventurier. Drôle, émouvant, intelligent, beau et délicieusement ironique, ce deuxième tome du Chat du Rabbin est une vraie réussite.

Auteur : Né à Nice en 1971. Créateur du célèbre 'Chat du rabbin', Joann Sfar s'impose comme une figure majeure, hétéroclite et prolifique de la bande dessinée française. C'est avec L'Association et le magazine Lapin qu'il fait ses débuts. Ses talents de scénariste et d'illustrateur l'amèneront à travailler plus tard pour différents éditeurs comme Delcourt ou Dargaud. Porté par la volonté de 'faire quelque chose de bizarre ', le dessinateur au trait tremblant s'associe avec Pierre Dubois pour donner vie à 'Petrus Barbygère', une épopée dans laquelle se côtoient elfes et pirates. Un univers d'inspiration fantastique que l'auteur déploie dans plusieurs de ses travaux parmi lesquels 'Troll' ou 'Donjon', une parodie de l'heroïc fantasy coécrite avec son ami Lewis Trondheim. Titulaire d'une maîtrise de philosophie, il illustre au début des années 2000 le 'Banquet' de Platon et 'Candide' de Voltaire puis adapte en bande dessinée 'Le Petit Prince' de Saint-Exupéry en 2008. Il se lance dans le cinéma un an plus tard en réalisant le film 'Gainsbourg, vie héroïque', pour lequel il reçoit le César du Meilleur premier film et qui permet à son acteur principal, Eric Elmosnino, de repartir avec le trophée de Meilleur acteur.
Il poursuit son aventure dans le monde du septième art en transposant sur grand écran son 'Chat du rabbin'. Lauréat du prix Goscinny en 1998 pour 'La Fille du professeur', créé avec Emmanuel Guibert, Joann Sfar accumule les succès et les récompenses.

Mon avis : (lu en août 2011)
Encore une lecture faite cet été et pas encore chroniquée… Comme je viens de prendre à la bibliothèque les tomes 3 et 4 du Chat du Rabbin, il est grand temps de parler du tome 2 !
Un matin, le rabbin reçoit deux lettres. « Une des lettres vient de Paris. L’autre est tellement abîmée qu’on dirait qu’elle a traversé le désert. » remarque le Chat. Ce dernier est très curieux de savoir ce que ces lettres contiennent. Le rabbin prend son temps et veut lire tranquillement les missives…
La lettre de Paris vient du consistoire israélite de France, celui-ci exige que le Rabbin fasse une dictée en français pour être Rabbin officiel. Pas si simple pour quelqu’un qui fait la prière en hébreu à des Juifs qui parlent arabe… L’autre lettre vient du Malka des lions, c’est le cousin du Rabbin, dresseur de fauves et grand aventurier. Zlabya la fille du Rabbin tombe amoureuse.
Le Chat n’a plus la parole comme dans le tome 1, mais il est encore capable de communiquer avec d'autres animaux. Cela donne lieu à quelques scènes cocasses et pleines d’humour.
Ce Chat érudit et curieux est si attachant que je ne tarderais pas à lire la suite de ses aventures.

Extrait :

le_chat_du_rabbin_tome2_extrait1 le_chat_du_rabbin_tome2_extrait2
le_chat_du_rabbin_tome2_extrait3

Déjà lu du même auteur :

le_chat_du_rabbin_tome1  Le Chat du Rabbin : 1. La Bar-Mitsva

Posté par aproposdelivres à 09:07 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

10 septembre 2011

Le Chat du Rabbin : 1. La Bar-Mitsva – Joann Sfar

le_chat_du_rabbin_tome1 Dargaud – janvier 2002 – 48 pages

Quatrième de couverture :
Le Chat du Rabbin", c'est Alger et le quartier juif au début du siècle. Celui qui regarde ce monde et qui raconte, c'est "Le Chat du Rabbin". Tout de suite, il explique pourquoi le Rabbin n'a pas plutôt un chien:"ça fait tellement longtemps que les juifs se font mordre, courir après ou aboyer dessus que, finalement, ils préfèrent les chats". Le chat mange le perroquet de Zlabya, la fille du Rabbin, et du coup, le voilà doté de la parole et exigeant de faire sa bar-mitsva. Les discussions vont être longues tant avec le Rabbin lui-même qu'avec le Rabbin du Rabbin. Ce chat, qui a une allure graphique à pleurer de rire, tantôt matou tendre amoureux de sa maîtresse, tantôt sournois filou, tient tête à tout le monde et ergote à n'en plus finir. Il ne se calme que dans la douceur des bras de sa maîtresse. Mais il lui est interdit de lui parler, alors il nous confie: "c'est la condition, si je veux rester avec elle. Ca vaut le coup de fermer sa gueule pour être heureux". Ceci ne l'empêchera pas de se mettre sur la piste des étudiants qui fréquentent l'école du Rabbin, car l'un d'entre eux a le désir d'épouser la jolie Zlabya.

Auteur : Né à Nice en 1971. Créateur du célèbre 'Chat du rabbin', Joann Sfar s'impose comme une figure majeure, hétéroclite et prolifique de la bande dessinée française. C'est avec L'Association et le magazine Lapin qu'il fait ses débuts. Ses talents de scénariste et d'illustrateur l'amèneront à travailler plus tard pour différents éditeurs comme Delcourt ou Dargaud. Porté par la volonté de 'faire quelque chose de bizarre ', le dessinateur au trait tremblant s'associe avec Pierre Dubois pour donner vie à 'Petrus Barbygère', une épopée dans laquelle se côtoient elfes et pirates. Un univers d'inspiration fantastique que l'auteur déploie dans plusieurs de ses travaux parmi lesquels 'Troll' ou 'Donjon', une parodie de l'heroïc fantasy coécrite avec son ami Lewis Trondheim. Titulaire d'une maîtrise de philosophie, il illustre au début des années 2000 le 'Banquet' de Platon et 'Candide' de Voltaire puis adapte en bande dessinée 'Le Petit Prince' de Saint-Exupéry en 2008. Il se lance dans le cinéma un an plus tard en réalisant le film 'Gainsbourg, vie héroïque', pour lequel il reçoit le César du Meilleur premier film et qui permet à son acteur principal, Eric Elmosnino, de repartir avec le trophée de Meilleur acteur.
Il poursuit son aventure dans le monde du septième art en transposant sur grand écran son 'Chat du rabbin'. Lauréat du prix Goscinny en 1998 pour 'La Fille du professeur', créé avec Emmanuel Guibert, Joann Sfar accumule les succès et les récompenses.

Mon avis : (lu en août 2011) 
J'avais entendu parler de cette bande dessinée depuis pas mal de temps mais ne l'avais jamais lu. Cette été, nous l'avons emprunté à la Bibliothèque et malgré le dessin qui ne m'encourageait pas à me plonger dedans, encouragé par mes fils, j'ai cédé et je n'ai pas regretté...
Autant je n'aime pas le dessin, autant le texte est magnifique. C'est à la fois drôle, émouvant et profond. Quel personnage ce chat... Suivant partout son maître le Rabbin, le chat était déjà intelligent et avec beaucoup de connaissance. Un jour, il va croquer le pénible perroquet de la maison et voilà que le Chat se met à parler et il demande à son maître de faire sa bar-mitsva. Il s'en suit de nombreux échanges théologiques et philosophiques entre le chat et les rabbins.
A découvrir sans hésiter !

Extrait :

le_chat_du_rabbin_tome1_extrait1
le_chat_du_rabbin_tome1_extrait2
le_chat_du_rabbin_tome1_extrait3
le_chat_du_rabbin_tome1_extrait4
le_chat_du_rabbin_tome1_extrait5

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
logo_challenge_Petit_BAC
"Animal" et "Métier"

Posté par aproposdelivres à 09:06 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 mai 2011

Secret des hommes secret des dieux – Henry Quinson

Lu dans le cadre de de Critique en Masse de Babelio
en partenariat avec les éditions Presses de la Renaissance

 secret_des_hommes_secret_des_dieux Presses de la Renaissance - mars 2011 - 289 pages

Quatrième de couverture :
Conseiller monastique du film Des hommes et des dieux, Henry Quinson retrace cette étonnante et rare aventure humaine et spirituelle.

«Henry Quinson a été tellement précieux !» Lambert Wilson, «frère Christian»

«Secret des hommes, secret des dieux m'a appris beaucoup de choses que j'ignorais dans cette aventure exceptionnelle. Merci à Henry Quinson pour la profondeur de sa relecture spirituelle. Des hommes et des dieux a touché le public d'une manière que je n'ai jamais connue dans ma longue carrière d'acteur. Ce livre en rend compte avec bonheur.» Michael Lonsdale, «frère Luc»

«Secret des hommes, secret des dieux est passionnant, émouvant et instructif. C'est aussi l'amour qui est au coeur du récit d'Henry Quinson et qui le rend si attachant et si beau.» Jean-Marie Frin, «frère Paul»

«J'ai dévoré Secret des hommes, secret des dieux. Écriture magnifique ! On y retrouve tout l'esprit du tournage, tout est juste.» Loïc Pichon, «frère Jean-Pierre»

«Secret des hommes, secret des dieux est un récit captivant. Henry Quinson est la seule personne qui a vécu de l'intérieur toutes les étapes du film et qui a connu les moines de Tibhirine.» Farid Larbi, «Ali Fayattia»

Auteur : Henry Quinson a connu quatre des sept moines assassinés en Algérie en 1996. Économiste franco-américain, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, professeur certifié d’anglais et de lettres, chevalier de l'ordre des arts et des lettres, cet ancien trader a vécu six ans à l’abbaye de Tamié dont étaient issus deux des frères. Il a habité quatorze ans dans une cité de transit à Marseille avec de nombreuses familles musulmanes. Prix 2009 de littérature religieuse pour son récit autobiographique Moine des cités, de Wall Street aux quartiers Nord de Marseille (Nouvelle Cité, 2008), il est l’auteur et le traducteur de plusieurs ouvrages et articles sur le monastère de Tibhirine.

Mon avis : (lu en mai 2011)
J'avais vu au dernier Salon du Livre de Paris le début de la présentation de ce livre, mais n'ayant pas encore vu le film, je n'étais pas restée à la conférence. Aussi lorsque Babelio nous a proposé ce livre pour sa dernière opération Critique en Masse, je l'ai choisi parmi mes quatre choix. Et dès que j'ai reçu le livre, j'ai proposé de regarder le film « Des hommes et des dieux » en famille puis j'ai attendu 3 semaines avant de commencer le livre d'Henry Quinson « Secret des hommes secret des dieux ». Et je n'ai pas pu lâcher le livre tellement il est passionnant. Il y a en premier lieux le récit de la conception du film, la préparation, le tournage, le montage et la présentation au public. Mais il y a bien plus, il nous raconte l'aventure humaine et spirituelle de ce film vraiment pas comme les autres. Il y a également au centre du livre quelques photos du tournage.

Henry Quinson a participé à ce film en tant que conseiller monastique, il connaissait personnellement quatre des frères assassinés à Tibhirine en 1996, Paul, Christophe, Christian et Célestin, il a vécu six ans à l'abbaye de Tamié d'où venaient deux des sept frères et il était également le traducteur de livre « Passion pour l'Algérie. Les moines de Tibhirine : l'enquête d'un historien américain de John W Kiser ». Livre que Xavier Beauvois avait beaucoup consulté pour préparer son film.
Henry Quinson avait lui-même imaginé écrire un scénario sur les moines de Tibhirine pour donner un écho au testament spirituel de Christian de Chergé, le supérieur de la communauté. Mais un ami producteur l'en avait dissuadé et lorsque quelques jours plus tard il reçoit un mail d'Étienne Comar scénariste et producteur qui veut lui parler du projet du film « Des hommes et des dieux », il voit cela comme un signe...
J'ai vraiment beaucoup aimé le film « Des hommes et des dieux » et ce livre est vraiment un bonus formidable et indispensable, pour mieux comprendre « la lumière des moines de Tibhirine ». Pour découvrir comment les acteurs et l'équipe du film ont su faire revivre l'Esprit de la communauté de Tibhirine.

Après cette lecture, je n'ai qu'une envie, revoir le film !

Un GRAND MERCI à Babelio et aux éditions Presses de la Renaissance pour m'avoir permis de découvrir ce livre captivant.

des_hommes_et_des_dieux_film

Le film : « Des hommes et des dieux » a été réalisé en 2010 par Xavier Beauvois avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin, Philippe Laudenbach, Jacques Herlin, Loïc Pichon, Xavier Maly et Olivier Perrier. Il a obtenu de nombreux prix comme le Grand prix du jury à Cannes en 2010, le César 2011 du meilleur film, César 2011 du meilleur second rôle masculin pour Michael Lonsdale et le César 2011 de la meilleure photographie pour Caroline Champetier...

Pour en savoir plus sur le film : article Wikipédia

Extrait : (début du livre) ici

 

Posté par aproposdelivres à 06:45 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 mars 2011

L’attentat – Yasmina Khadra

  Yasmina_khadra

l_attentat l_attentat_ l_attentat_pocket

Juillard – juillet 2005 – 268 pages

Pocket – juin 2006 – 245 pages

Pocket – janvier 2011 – 245 pages

Prix des libraires 2006

Quatrième de couverture :
Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. A l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds : il s'agit de sa propre femme. Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel ? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...

Auteur : Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, est né en 1955 dans le Sahara algérien. Écrivain de langue française, son oeuvre est connue et saluée dans le monde entier. La trilogie Les hirondelles de Kaboul, L'attentat et Les sirènes de Bagdad, consacrée au conflit entre Orient et Occident, a largement contribué à la renommée de cet auteur majeur. La plupart de ses romans, dont A quoi rêvent les loups, L'écrivain, L'imposture des mots, et Cousine K, sont traduits dans 40 langues.

Mon avis : (lu en mars 2011)
Ayant déjà lu Les sirènes de Bagdad et les hirondelles de Kaboul avant d’avoir mon blog, je voulais depuis longtemps lire L'attentat qui complète la trilogie de Yasmina Khadra consacrée au conflit entre l’Orient et l’Occident. Le Rendez-vous mensuel de Pimprenelle autour de cet auteur m’a permis de découvrir ce livre dont j’avais beaucoup entendu parlé.
L’histoire se passe en Israël. Amine Jaafari est un chirurgien israélien d’origine palestinienne. Il est bien intégré en Israël et vit heureux avec sa femme, Sihem. Un jour, un attentat suicide a lieu dans un restaurant bondé de Tel-Aviv, proche de l’hôpital où Amine travaille. Il va passer sa journée à opérer les nombreuses victimes de l'attentat. De retour chez lui pour se reposer, au milieu de la nuit, on le rappelle à l'hôpital. Son ami Naveed, policier, lui annonce alors que le kamikaze était sa femme. C’est un grand choc pour Amine, au début il n’y croit pas, il pense qu’elle est seulement une victime. Mais il reçoit une lettre que sa femme lui a postée la veille de l’Attentat et il découvre que sa femme n’était pas celle qu’il croyait. Avec ce geste, sa femme a complètement bouleversé la vie d’Amine. Et le lecteur va suivre Amine dans sa quête entre Jérusalem, Bethléem, Janin et Tel-Aviv qui veut comprendre Pourquoi ? Pourquoi Sihem s'est-elle fait exploser dans un restaurant rempli d'enfants ? Pourquoi ne lui a-t-elle rien dit ? Et comment lui, Amine, n'a rien vu venir ?

Ce livre nous permet de découvrir peu à peu les coulisses du terrorisme, Amine est très touchant et bouleversant. L’écriture est très précise, des phrases courtes percutantes, des descriptions fouillées très visuelles, comme au cinéma. L'auteur a su traiter ce sujet difficile avec beaucoup de pudeur.
J’avais beaucoup aimé Les sirènes de Bagdad et les hirondelles de Kaboul, pour L’attentat j'ai exactement le même avis. Superbe.

Extrait : (page 35)
Je me sens me désintégrer... Quelqu' un me saisit par le coude pour m'empêcher de m'écrouler. L'espace d'une fraction de seconde, l'ensemble de mes repères se volatilise. Je ne sais plus où j'en suis, ne reconnais même plus les murs qui ont abrité ma longue carrière de chirurgien... La main qui me retient m'aide à avancer dans un couloir évanescent. La blancheur de la lumière me cisaille le cerveau. J'ai l'impression de progresser sur un nuage, que mes pieds s'enfoncent dans le sol. Je débouche sur la morgue comme un supplicié sur l'échafaud. L'autel est recouvert d'un drap maculé de sang... Sous le drap maculé de sang, on devine des restes humains...
J’ai soudain peur des regards qui se retournent vers moi.
Mes prières résonnent à travers mon être telle une rumeur souterraine.
Le médecin attend que je récupère un peu de ma lucidité pour tendre la main vers le drap, guettant un signe de la brute de tout à l’heure pour le retirer.
L’officier secoue le menton.
- Mon Dieu ! m’écrié-je.

J’ai vu des corps mutilés dans ma vie, j’en ai raccommodé des dizaines ; certains étaient tellement abîmés qu’il était impossible de les identifier, mes les membres déchiquetés qui me font face, là sur la table, dépassent l’entendement. C’est l’horreur dans sa laideur absolue… Seule la tête de Sihem, étrangement épargnée par les dégâts qui ont ravagé le reste de son corps, émerge du lot, les yeux clos, la bouche ouverte, les traits apaisés, comme délivrés de leurs angoisses… On dirait qu’elle dort tranquillement, qu’elle va soudain ouvrir les yeux et me sourire.
Cette fois, mes jambes fléchissent, et ni la main inconnue ni celle de Naveed ne parviennent à me rattraper.

Déjà lu du même auteur : Les_sir_nes_de_Bagdad Les Sirènes de Bagdad

Posté par aproposdelivres à 06:45 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,

13 juin 2009

Les sandales blanches - Malika Bellaribi

les_sandales_blanches Calmann-Levy – octobre 2008 – 225 pages

Quatrième de couverture :
Faire une carrière de mezzo-soprano qui vous porte à la présidence du jury de présélection de l'Eurovision, voilà qui n'est déjà pas à la portée de tout le monde. Mais connaître un tel succès quand on est né dans un bidonville à Nanterre, voilà qui est proprement stupéfiant, tant on imagine nombreux et dissuasifs les obstacles à surmonter. C'est peu dire, en effet, que rien ne prédestinait Malika Bellaribi à suivre ce parcours exceptionnel. Née dans ce "quart-monde" à la périphérie de Paris dénoncé par l'abbé Pierre, grandie tant bien que mal dans une famille nombreuse aux parents indifférents, Malika est victime d'un très grave accident qui la force à passer des années à l'hôpital et en rééducation dès sa plus tendre enfance. Mais à quelque chose ce malheur est bon. Loin de son univers familial, soignée par des religieuses bienveillantes, Malika se trouve, et découvre la musique: celle des chants religieux qui emplissent, chaque dimanche, la chapelle de l'hôpital. La musique: c'est, la petite fille le sent, la voie du salut et du bonheur. Il lui faudra endurer encore bien des humiliations et des vicissitudes, y compris une tentative de mariage forcé en Algérie, avant d'oser défier les règles de sa communauté. Elle décidera de choisir librement sa vie, son amour, et sa religion. Mais la réussite de Malika ne se borne pas à cette prouesse déjà exemplaire. A peine son nom commence-t-il à être connu qu'elle songe à faire profiter les autres de ce qu'elle a appris et à partager la joie que lui procure le chant lyrique. Elle crée en banlieue des ateliers de chant qui s'appuient sur une pédagogie utilisant la mémoire corporelle, les cinq sens, la créativité des jeunes, les relations affectives, les règles de groupe, les tabous... Malika n'a pas oublié d'où elle venait !

Auteur : Malika Bellaribi Le Moal (née à Nanterre en 1956) , est une cantatrice généreuse et engagée d'origine Algérienne. Elle se produit en soliste depuis 1987 et a donné près de 200 représentations. Après avoir présenté des récitals dans des salles aussi prestigieuses que les salles Cortot, Gaveau et Pleyel, elle décide de créer des spectacles d'airs d'opéra permettant de rendre l'opéra accessible à tous. Douée d’un timbre rare, plein d’ombre et de velours dans les graves et le médium comme chez les chanteuses noires américaines, sonore et généreux dans l'aiguë, Malika Bellaribi-Le Moal, qui n'a pas oublié ses racines, espère que la découverte qui a orienté toute sa vie, instille quelques étincelles dans celle de ses petites sœurs des banlieues.

Mon avis : (lu en juin 2009)

Un magnifique récit autobiographique où l'émotion nous étreint à chacune des pages. On souffre avec Malika petite fille née dans un bidonville de Nanterre la septième d'une famille de neuf enfants. Sa vie est souffrance dès son plus jeune âge car elle va être écrasée par un camion et va passer de longues années à l'hôpital et en maison de rééducation. C'est là qu'elle découvre le chant religieux lors d'une messe de Noël où elle assiste, elle a cinq ans. Dans la musique, Malika va trouver un but pour sa vie et la force de se battre pour apprendre à remarcher, puis le courage de trouver une vraie place dans la société malgré ses origines et enfin devenir une chanteuse lyrique. Elle va également faire profiter les autres de ce qu'elle a appris et partager la joie que lui procure la musique en créant en banlieue des ateliers de chant. Ce livre est une formidable leçon de vie pleine d'humanité. A lire !

 

Extrait : (page 13)

Aujourd'hui encore, je me souviens de ma surprise quand le lait bouillant s'est renversé sur mon épaule. Durant quelques secondes, je n'ai pas eu peur, ni mal, d'ailleurs. J'ai simplement poussé un petit cri quand le liquide a pénétré mes vêtements. Ensuite, ensuite seulement, est venue la douleur. Quelques picotements, d'abord – presque rien, juste des pointes d'aiguilles s'enfonçant, les unes après les autres, dans mes pores. Ensuite, il y a eu cette sensation de brûlure, d'abord supportable, puis de plus en plus vive, tandis que le liquide bouillant creusait son sillon dans mes chairs. Enfin est venue la souffrance – une souffrance insupportable. J'ai tellement mal que je ne crie pas. Je ne pleure pas, non plus. Je reste simplement là, debout, à tenter d'oublier ce feu qui lèche mon bras. Mais l'oubli ne vient pas, bien sûr. La brûlure se fait toujours plus vive. Et tandis que la pièce s'emplit d'une odeur âcre, acide un cri monte, enfin, du fond de ma gorge.
Des hurlements – ceux de ma mère et de Hayat. Des pleurs – ceux de ma sœur aînée, que l'on réprimande. Des allées et venues affolées, les voisines qui accourent, l'eau qui coule sur mon corps, des invectives contre le ciel quand on découvre l'étendue de ma plaie, et ce médecin qui arrive, et pose sur mes chairs une gaze cicatrisante. Ensuite ? Ensuite, plus rien – un oubli bienfaisant, le temps qui passe, des heures, des jours, et mon bras qui guérit, lentement, même s'il garde une vilaine cicatrice qui, aujourd'hui encore, étoile ma peau. Voilà tout ce qui reste de l'incident. Personne ne sait encore qu'il n'est qu'un prélude ; personne ne sait que bientôt, mon corps tout entier ne sera plus qu'une plaie. Pour moi, la vie reprend – une vie semblable à celle de tous les enfants du bidonville. Pas de crèche ni de jardin d'enfant. Pas d'école maternelle. Seulement les ruelles pour terrain de jeux, des boîtes de conserves vides pour ballon, quelques bouts de bois assemblés pour poupées, et les adultes qui passent, sans se soucier de nous, de moi, occupés qu'ils sont à gagner de quoi manger et à faire la guerre aux Français.
Quel jour est-on ? De quel mois ? Je ne le sais toujours pas. Chez moi, on ne fête ni les Noëls ni les anniversaires. Il n'y a ni bougies ni cadeaux, les jours coulent, les uns après les autres, tous semblables dans la même grisaille. Ce matin, comme d'habitude, Hayat prépare du café au lait, et elle m'en tend un grand bol. J'y trempe le pain que fabrique ma mère, en faisant bien attention à ne pas laisser couler une seule goutte du breuvage sur mes vêtements. J'ai beau être une toute petite fille, je sais déjà ce qu'il faut faire et ne pas faire pour éviter les coups – claques de ma mère, bourrades de mes frères, pinçons d'Hayat excédée par son rôle d'aînée soumise à toutes les corvées. Une fois ma faim apaisée, je me lève et je porte mon bol dans la bassine où s'entasse la vaisselle sale – et c'est alors que j'entends les cris qui viennent du dehors. « Au feu ! », hurle-t-on. Au feu ? Je n'ai pas le temps de comprendre que, déjà, des bras m'enserrent, ceux d'Hayat qui m'empoigne, me tire, me traîne hors de la maison. D'un coup, nous voilà toutes les deux enveloppées d'une chaleur intense. Le feu est bien là, qui dévaste le bidonville, frôle notre porte. D'où sont nées ces flammes orangées qui lèchent les murs des maisons ? Un brasero qui s'est renversé ? Un gosse qui a craqué une allumette ? Tout ce qui compte, à cet instant, c'est que l'incendie se propage très vite, dévastant tout sur son passage, faisant naître des cris, des pleurs, des imprécations, poussant les gens hors de leurs bâtisses, enveloppant la foule qui se presse dans les ruelles d'une fumée noire, hostile. Elle s'insinue dans mes poumons, me fait tousser, cracher, suffoquer. Est-ce que le brasier va nous rattraper, Hayat et moi, est-ce qu'il va nous transformer en torches vives, est-ce qu'il va nous réduire en cendres ? D'un coup, ma grande sœur desserre son étreinte, je sens d'autres bras m'emporter, ceux d'un homme, cette fois, il me soulève bien haut, il me juche sur ses épaules, et d'un coup l'air se fait moins dense, moins piquant, moins chaud, aussi – et lorsque enfin je rouvre les yeux, je réalise que nous sommes sortis de la zone ravagée par l'incendie…
Ensuite, il faut reconstruire – une reconstruction laborieuse, lente, un calvaire. Tout le monde s'y met – hommes et femmes, enfants et vieillards. Il faut remonter les murs des baraques, moellon après moellon, faire du ciment, aller chercher les tôles tenant lieu de toit. Cela dure des jours entiers, durant lesquels les familles s'entassent dans les rares maisons intactes. Mon père se charge du ravitaillement : n'est-il pas l'épicier, celui qui, dans sa petite boutique, faisait revivre la terre natale, grâce aux énormes sacs ouverts sur les épices, la semoule, les dattes et les figues séchées, le kemoun et les feuilles de menthe ?
L'épicerie. Aujourd'hui encore, si je ferme les yeux, je peux sentir l'odeur mi-poivrée, mi-sucrée que dégagent les lieux – et je revois les rayons sur lesquels sont entreposés des bassines en fer ou en plastique, du grésil, des balais, des serpillières, et cette eau de javel que n'utilisent que les nantis, comme lui. Nanti, oui. Car au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Et pauvres comme nous le sommes, nous n'en avons pas moins les moyens de manger et de nous habiller. Ici, aux Pâquerettes, c'est presque du luxe, il faut bien le dire…

Posté par aproposdelivres à 16:55 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,