08 octobre 2013

Des souris et des hommes - John Steinbeck

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Gallimard - juin 2004 - 3h20 - Lu par Lorant Deutsch, Bernard-Pierre Donnadieu, Jacques Gamblin, Jean-Yves Berteloot, Nathalie Bienaimé, Loïc Houdré, Roger Jacquet, Jean-Claude Leguay, Pascal N'Zonzi, Christophe Reymond et Michel Robin

Gallimard - avril 1939 - 224 pages

Livre de Poche - 1949 - 192 pages

Folio - février 1972 - 192 pages

Folio - janvier 1988 -

Folioplus - juin 2005 - 

France Loisirs - 2010 - 

Folio - novembre 2011 - 174 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Maurice-Edgar Coindreau

Titre original : Of Mice and Men, 1937

Quatrième de couverture :
En Californie, pendant la Grande Crise, Lennie et George vont de ferme en ferme. Ils louent leurs bras en attendant le jour où ils auront leur ferme à eux, avec un petit bout de luzerne pour élever des lapins. Lennie, malgré sa taille de colosse, n'a pas plus de malice qu'un enfant de six ans ; George veille sur lui, le protège du monde qui n'est pas tendre aux innocents. Le soir, ils se racontent leur rêve, celui de la maison et des lapins. Mais allez savoir pourquoi, les rêves de certains finissent toujours en cauchemars.

Auteur : D'origine irlandaise et allemande, John Steinbeck est né en 1902 à Salinas, petite ville de Californie. Ses premiers livres eurent peu de succès, le quatrième, Tortilla Flat, paru en 1935, le met en vedette du jour au lendemain. Prix Nobel de littérature en 1962, il est mort à New York en 1968.

Mon avis : (écouté en septembre 2013)
Voilà un classique de la littérature américaine, que je regrette de ne pas avoir lu plus tôt... Cette courte histoire est un magnifique conte sur l'amitié et l'acceptation de la différence. En Californie du début du XXe siècle, George Milton et Lennie Small sont deux amis qui errent sur les routes en travaillant comme journaliers de ranch en ranch. Ils partagent depuis toujours le même rêve : posséder un jour une petite exploitation, pour y vivre « comme des rentiers » et y élever des lapins.
George et Lennie sont des personnages bouleversants et très attachants. Lennie a un esprit d'enfant dans un corps d'homme doté d'une force qu'il ne contrôle pas. Georges est plus menu, il est intelligent et il a du coeur, il est toujours là pour veiller sur Lennie.
La beauté de l'histoire, c'est la justesse des mots que Steinbeck utilise. Avec beaucoup de simplicité, il plante le décor, les personnages et l'essentiel de l'intrigue, le lecteur est invité à imaginer et à ressentir l'ensemble de l'histoire. Avec la version audio, c'est encore plus vrai d'autant que pour ces 3h20 de lecture, plus de dix lecteurs comédiens ont prêté leur voix. 
Un vrai coup de coeur qui me donne envie de lire d'autres livres de Steinbeck comme Les Raisins de la colère...

Les adaptations de cette oeuvre sont nombreuses :

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Films : 1939 : Des souris et des hommes de Lewis Milestone

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1992 : Des souris et des hommes de Gary Sinise

Téléfilms :

1971 : Des souris et des hommes de Paul Blouin

1981 : Des souris et des hommes de Reza Badiyi

Bande dessinée :  Souris_et_des_hommes_BD

2009, en noir et blanc : Des souris et des hommes  de Pierre-Alain Bertola (scénario et dessin)

 Autres avis : Sandrine

Note :  ♥♥♥♥♥

 

mois_am_ricain 
Le Mois Américain

 

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44/50 :  Californie

 

Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Animaux"

Déjà lu du même auteur : 

lune_noire_p1 Lune noire

 

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04 octobre 2013

Le premier qui pleure a perdu - Sherman Alexie

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Albin Michel - septembre 2008 - 288 pages

traduit de l'anglais (américain) par Valérie Le Plouhinec

Illustations de Ellen Forney

Titre original : The absolutely true diary of a part-time indian, 2007

National Book Award 2007

Quatrième de couverture : 
"Vous savez ce qui arrive aux gogols sur la réserve ? On se fait tabasser. Au moins une fois par mois. Eh ouais, je fais partie du Club du Coquard du Mois..."
Le garçon qui parle ainsi est Junior, un Indien Spokane. Né tout cassé tout tordu, il accumule les handicaps : myope, maigre et premier de la classe. En vrai, Junior est drôle et assez lucide pour savoir qu'il n'aura aucun avenir s'il reste avec les siens. Il décide alors d'aller à l'école des Blancs, voir ailleurs s'il y est. Admis au prestigieux lycée de Reardan, Junior quitte la réserve. Comme il est né. En éternel optimiste.
Best-seller aux USA, ce roman " presque autobiographique " parle de mille choses sans tabou et avec un humour ravageur : l'amour, l'amitié, l'exclusion, la faim et surtout l'espoir.

Auteur : Sherman Alexie est né en 1966 à Wellpinit sur la réserve des Indiens Spokanes, dans l'État de Washington. Ce jeune auteur a déjà publié une dizaine d'ouvrages dont trois romans, Indian BluesIndian KillerFlight et plusieurs recueils de nouvelles - dont La Vie aux trousses et Phoenix Arizona, adapté avec succès au cinéma par Chris Eyre et Sherman Alexie. Il est d'ores et déjà le lauréat d'une douzaine de prix dont le National Book Award Jeunesse pour Le premier qui pleure a perdu. Sherman Alexie vit aujourd'hui à Seattle. 

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Junior est un jeune Indien Spokane, il est né et a toujours vécu dans une Réserve. Il n'a pas la vie facile car depuis sa naissance il cumule les handicaps, il est né avec une drôle de tête, une mâchoire déformée et des yeux de travioles. Il est depuis toujours le souffre-douleur de ses camarades, on se moque de lui, on lui donne des coups de poings. Seul Rowdy est son seul ami, il le protège depuis sa petite enfance. Sinon, Junior se réfugie dans la lecture et le dessin. Mais à 14 ans, lorsqu'il fait son entrée au lycée et lorsqu'on lui donne un livre de géométrie portant le nom de sa mère, donc vieux de plus de trente ans, il prend conscience de la pauvreté de la Tribu et décide de ne pas se laisser faire. Il demande à intègrer le prestigieux lycée de Reardan, un lycée de Blancs, situé à trente-cinq kilomètres de sa maison. Avec humour et ténacité, il va montrer à tous son courage, sa force et réussir à prendre en main son destin.

Ce livre se lit très facilement, Junior nous raconte avec beaucoup d'humour et d'autodérision son combat quotidien, dans la réserve, on le traite de "pomme" : rouge à l'extérieur et blanc à l'intérieur... il est vraiment très touchant. On comprend également un peu mieux la vie des Indiens dans une Réserve, la pauvreté, les dégâts de l'alcool... Ce livre est édité dans une collection jeunesse, mais il est également intéressant pour les adultes...

Un grand Merci à Canel qui m'a offert ce livre à l'occasion du Swap Nouvel An 2013 organisé par Hérisson.

Autres avis : Canel, Saxaoul

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
Je suis né avec de l’eau sur la tête.

Bon d’accord, ce n’est pas tout à fait vrai. En fait, je suis né avec trop de liquide céphalo-rachidien à l’intérieur du crâne. Mais « liquide céphalo-rachidien », c’est tout simplement le terme savant qu’emploient les médecins pour parler d’huile de cervelle. Et l’huile de cervelle fonctionne dans les lobes comme l’huile de moteur dans une voiture. Elle fait tourner l’ensemble rapidement et sans accroc. Mais moi, bizarre comme je suis, je suis né avec trop d’huile dans le crâne, elle est devenue pâteuse, vaseuse, gluante, et tout ce qu’elle a fait c’est embourber le mécanisme. Le moteur qui me permettait de penser, de respirer et de vivre a ralenti et s’est enlisé.
Mon cerveau se noyait dans l’huile.
Mais cela donne à toute l’histoire un petit air rigolo et farfelu, un peu comme si mon cerveau était une frite géante, donc il me semble plus sérieux, plus poétique et plus juste de dire : « Je suis né avec de l’eau sur la tête. »
Bon, d’accord, vous allez me dire que ce n’est pas très sérieux non plus comme manière d’en parler. C’est peut-être vrai que toute l’histoire est rigolote et farfelue.
Mais à votre avis, est-ce que ma mère, mon père, ma grande sœur,mes cousins, mes oncles et mes tantes ont trouvé ça drôle quand les médecins ont ouvert mon petit crâne et aspiré toute cette eau en trop avec un minuscule aspirateur ?
Je n’avais que six mois et normalement j’aurais dû y rester pendant l’opération. Et même si, d’une manière ou d’une autre, je survivais au mini-aspi, en principe mon cerveau devait être gravement endommagé par le processus, et moi, je devais rester un légume toute ma vie.
Visiblement j’ai survécu à l’opération, sinon je n’écrirais pas ceci. Mais j’ai toutes sortes de problèmes physiques qui résultent directement des dégâts dans mon cerveau.
Tout d’abord, je me suis retrouvé avec quarante-deux dents.
Un être humain typique en a trente-deux, vu ? Moi, quarantedeux.
Dix de plus que d’habitude.
Dix de plus que la normale.
Dix dents au-delà de l’humain.
En poussant, mes dents ont pris tellement de place que je pouvais à peine fermer la bouche. Je suis allé au Service indien de la Santé pour m’en faire arracher afin de pouvoir manger normalement, et non comme un vautour baveux. Mais le Service indien de la Santé ne remboursait les gros travaux dentaires qu’une fois par an, donc j’ai dû me faire arracher mes dix dents en trop le même jour.
Et en plus, notre dentiste blanc croyait que les Indiens sentaient deux fois moins la douleur que les Blancs, donc il nous donnait moitié moins de Novocaïne.
Un beau salopard, hein ?
Le Service indien de la Santé remboursait aussi les lunettes une fois par an et ne proposait qu’un modèle : des grosses en plastique noir, moches comme tout. Mon cerveau bousillé me rendait myope d’un œil et presbyte de l’autre, donc mes lunettes moches étaient tout de traviole, puisque j’avais les yeux de traviole. J’ai des migraines parce que mes yeux sont carrément ennemis, vous voyez, comme s’ils avaient été mariés mais ne pouvaient plus se blairer. Et j’ai commencé à porter des lunettes à trois ans, si bien que quand je me baladais sur la réserve, j’avais l’air d’un pépé indien de trois ans.
Ah oui, et aussi, j’étais maigre. Si je me mettais de profil, je disparaissais. Mais mes mains et mes pieds étaient gigantesques. En CE2, je chaussais du 46 ! Avec mes grands pieds et mon corps de crayon, j’avais l’air d’un L majuscule quand je marchais dans la rue. 
Et j’avais un crâne énorme.
C’était quelque chose à voir.

mois_am_ricain 
Le Mois Américain

50__tats
44/50 :  Washington

Challenge Petit BAC 2013
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"Chiffre/Nombre"

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Ma 1ère lecture
d'un auteur : 8/13

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Année 2013 : 5/29

 

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03 octobre 2013

Mudwoman - Joyce Carol Oates

En librairie le 3 octobre 2013

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

mudwoman Philippe Rey - octobre 2013 - 546 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Claude Seban

Quatrième de couverture :
Abandonnée par sa mère à demi-folle au milieu des marais de l’Adirondacks, Mudgirl, l’enfant de la boue, est sauvée on ne sait trop comment, puis adoptée par un brave couple de Quakers qui l’élèvera avec tendresse en s’efforçant toujours de la protéger des conséquences de son horrible histoire.
Devenue Meredith « M.R. » Neukirchen, première femme présidente d’une université de grand renom, Mudgirl, brillante et irréprochable, fait preuve d’un dévouement total à l’égard de sa carrière et d’une ferveur morale intense quant à son rôle. Mais précisément épuisée par la conception d’une rigidité excessive qu’elle a des devoirs de sa charge, tourmentée par ses relations mal définies avec un amant secret et fuyant, inquiète de la crise grandissante que traverse les États-Unis à la veille d’une guerre avec l’Iraq (crise qui la contraint à s’engager sur un terrain politique dangereux) et confrontée à la classique malveillance sournoise des milieux académiques, M.R. se retrouve face à des défis qui la rongent de manière imprévisible.
Un voyage sur les lieux qui l’ont vue naître, censé lui rendre un peu de l’équilibre qui lui échappe, va au contraire la jeter dans une terrifiante collision psychique avec son enfance et menacer de l’engloutir une fois encore, mais dans la folie.
Cette impitoyable exploration des fantômes du passé, doublée du portrait intime d’une femme ayant percé le plafond de verre à un coût gigantesque, fait de ce livre ainsi que l’a proclamé la critique, « un géant parmi les grands romans de Oates ».

Auteur : Joyce Carol Oates est née en 1938 à l'ouest du lac Erié. Son père travaillait pour la General Motors. Elle passe une enfance solitaire face à sa soeur autiste et découvre, lorsqu'elle s'installe à Detroit au début des années 60, la violence des conflits sociaux et raciaux. Membre de l'Académie américaine des arts et des lettres depuis 2008, professeur de littérature anglaise à Princeton. Titulaire de multiples et prestigieuses récompenses littéraires (elle figure depuis des années sur la courte liste des Nobélisables), Joyce Carol Oates figure depuis longtemps au premier rang des écrivains contemporains. Elle a reçu le prix Femina étranger en 2005 pour Les Chutes.

Mon avis : (lu en septembre 2013)
En premier lieu, je trouve très belle et très évocatrice la couverture de ce livre.
Mudwoman raconte le destin exceptionnel d’une enfant abandonnée dans un marécage, qui a été sauvée puis recueillie par des parents adoptifs et qui est devenue présidente d’une prestigieuse université américaine. 
En alternance, le lecteur découvre la vie quotidienne de M.R. Neukirchen, première femme présidente d’une université de renom et les souvenirs de son passé tragique. En effet, suite à plusieurs épreuves professionnelles ou personnelles chez Meredith, des fantômes de son passé se réveillent en elle... Ce personnage principale est multiple d'où tout les noms qui lui sera donné au fil de l'histoire : Jedina, Jewell, Mudgirl, Mudwoman, M.R., Meridith, Merry, elle est fascinante, attachante et bouleversante.
J'ai beaucoup aimé ce livre admirablement écrit et traduit, même si parfois il n'ai pas toujours facile de démêler ce qui est réel de ce qui est imaginaire mais n'est-ce pas propre à nos souvenirs de mélanger le vrai et ce que l'on a pu rêver... Une très belle lecture.

Un grand merci à Anaïs et aux éditions Philippe Rey pour m'avoir permis de découvrir le dernier livre de Joyce Carol Oates en avant-première.

Extrait : (début du livre)
Tu dois être préparée, dit la femme.
Préparée n'était pas un mot que l'enfant comprenait. Prononcé par la femme, préparée était un mot calme et lisse comme l'eau miroitante des marais de la Black Snake que l'enfant prendrait pour les écailles d'un serpent géant quand on est tellement près du serpent qu'on ne peut pas vraiment le voir.
Car c'était ici la terre de Moriah, disait la femme. Cet endroit où elles étaient arrivées dans la nuit, cet endroit qui leur avait été promis, où leurs ennemis n'avaient pas d'empire sur elles et où personne ne les connaissait ni ne les avait même jamais aperçues.
La femme parlait de sa voix d'eau miroitante, calme et lisse, et ses mots étaient prononcés uniment comme si elle traduisait aveuglément à mesure qu'elle parlait, des mots d'une forme étrange qui se logeaient au petit bonheur dans son larynx : ils la feraient souffrir, mais elle était habituée à la douleur et elle avait appris à y trouver un bonheur secret, trop merveilleux pour être mis en péril par son aveu.

mois_am_ricain 
Le Mois Américain

50__tats
43/50 :  Wisconsin
diplômée de l'université de Wisconsin-Madison

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
10/12

 

Déjà lu du même auteur :

nous__tions_les_Mulvaney Nous étions les Mulvaney  fille_noire__fille_blanche Fille noire, fille blanche petite soeur, mon amour Petite sœur, mon amour

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02 octobre 2013

Volt - Alan Heathcock

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

volt Albin Michel - septembre 2013 - 320 pages

traduit de l'américain par Olivier Colette

Titre original : Volt, 2011

Quatrième de couverture :
« Les nouvelles qui composent ce premier recueil n’ont pas un seul défaut. Alan Heathcock y affiche cette générosité d’esprit propre aux écrivains qui aiment réellement leurs personnages. Volt est la preuve époustouflante de son talent. Galvanisant. »; Donald Ray Pollock, auteur de Le Diable, tout le temps Krafton, petite ville imaginaire de l’Amérique profonde aux allures bibliques, où abondent secrets inavouables, crimes anciens et chagrins enfouis est le décor des nouvelles d’Alan Heathcock. L’écriture puissante et lyrique, le suspense sombre qui imprègne ce paysage, et la poésie avec laquelle l’auteur évoque la violence inhérente à l’Amérique marquent la naissance d’un écrivain au talent singulier, salué par le New York Times et Publishers Weekly comme l’auteur d’un des meilleurs livres de l’année.

Auteur : Originaire de Chicago, Alan Heathcock a été révélé en 2011 aux Etats-Unis avec ce recueil de nouvelles classé parmi les meilleurs livres de l'année par le New York Times et Publishers Weekly entre autres. Couronné par le Whiting Award en 2012, Alan Heathcock enseigne la littérature à l'université de Boise (Idaho) et se consacre à l'écriture de son premier roman.

Mon avis : (lu en septembre 2013)
Ce livre est le recueil de 8 nouvelles qui ont pour point commun de se passer à Krafton une petite ville imaginaire de l’Amérique profonde. 
Ce sont des histoires originales et très bien construites mais également terriblement sombres. La première nouvelle met en scène un fermier responsable de la mort de son fils puis du déraillement d'un train qui s’enfuit du jour au lendemain pour changer sa vie. Dans la suivante, c'est l'histoire d'un homme qui n'hésite pas à réveiller en pleine nuit son fils adolescent et lui demande de l'aider faire disparaître le corps d’un homme qu’il vient de tuer...  Ensuite c'est la shérif de Krafton, une jeune femme, qui décide de faire justice elle-même... 
Décès, meurtres, vengeances, inondations, destructions voilà les sujets de ces nouvelles sans oublier de nombreux personnages coupables de délits impardonnables... On retrouve certains personnages dans plusieurs nouvelles en personnages secondaires puis principal. L'écriture est assez cin
ématographique et le lecteur arrive facilement à imaginer les scènes et les paysages décrits.
Je n'ai pas toujours été convaincus par toutes les conclusions de chacune des histoires, en effet, il y a parfois une non-fin ce qui est frustrant pour le lecteur...

Merci Laure et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ces nouvelles souvent surprenantes.

Extrait : (début du livre)
Le crépuscule brûlait la ligne de crête et les tourbillons de poussière soulevés par les disques de la charrue formaient un brouillard sur le champ. Il clignait des yeux, ne pouvait pas s'en empêcher. Il n'avait plus un coin propre sur lui pour s'essuyer le visage. Demain, il avait réservé sa journée pour semer le blé d'hiver et il restait tant à faire. A trente-huit ans, Winslow Nettles inspirait le respect. Il avait toujours rentré du grain sec, parole de fermier.
Winslow ne vit tout simplement pas son fils traverser le champ en courant. Il ne vit pas Rodney grimper à l'arrière du tracteur, les mains pleines de pain de viande et de maïs doux enveloppés dans du papier d'aluminium. Il ne vit pas la chaussure de Rodney glisser sur le crochet d'attelage.
Winslow se tamponna les yeux avec un mouchoir crasseux. Les disques de la charrue se soulevèrent. Il se retourna brusquement pour voir sur quoi il était passé et derrière lui, comme tombé du ciel gisait un petit garçon.
Winslow sauta du tracteur, courut vers son fils. Avec sa ceinture, il comprima une entaille dans sa cuisse. Il appuya sa paume contre le cou de Rodney. Des filets de sang coulaient entre ses doigts. Winslow tint délicatement l'enfant sur ses genoux et regarda le tracteur avancer, les disques de la charrue projetant un arc de poussière de plus en plus pâle vers les rails de la ligne de fret, qui marquaient la limite nord de tout ce qu'il possédait.

 

mois_am_ricain 
Le Mois Américain

50__tats
43/50 :  Illinois

 Challenge 2% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
9/12

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  5/25

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01 octobre 2013

Octobre : Challenge Américain

 Ce mois-ci,  je participe au Challenge du Mois américain organisé par Noctenbule

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Le Mois Américain

 

Les Lectures Communes prévues :

le_myst_rieux_Mr_Kidder un_monde_si_parfait un_mot_des_titres piege_nuptial_audio 2013_09_21_221032 sur_ma_peau_p1 9782226249746g

10 octobre : Lecture Commune pour l'auteur Joyce Carol Oates : Le mystérieux Mr Kidder

14 octobre : Lecture Commune pour l'auteur Laura Kasischke : En un monde parfait

15 octobre : Challenge Un mot, des titres, mot = REINE

16 octobre : Challenge "Ecoutons un livre" : Douglas Kennedy - Piège nuptial (livre audio) 

21 octobre : Lecture Commune pour l'auteur Jim Harrison - Dalva

22 octobre : Lecture Commune pour l'auteur William FaulknerLe bruit et la fureur 

24 octobre : Lecture Commune pour l'auteur Gillian Flynn : Sur ma peau 

25 octobre : Lecture Commune pour l'auteur Louise Erdrich : Dans le silence du vent  

 

J'ai également dans ma PAL d'autres livres Américains à lire :

volt 
Volt - Alan Heathcock (partenariat Albin Michel)

mudwoman 
Mudwoman - Joyce Carol Oates (partenariat Philippe Rey)

 impurs
Impurs - David Vann

d_fendre_jacob 
Défendre Jacob - William Landay

 le_premier_qui_pleure 
Le premier qui pleure a perdu - Sherman Alexie

 Un beau programme que je vais essayer de respecter...

 

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06 septembre 2013

La cuisinière d'Himmler - Franz-Olivier Giesbert

la_cuisini_re_d_himmler Gallimard - avril 2013 - 384 pages

Quatrième de couverture : 
Ceci est l’épopée drolatique d’une cuisinière qui n’a jamais eu peur de rien. Personnage loufoque et truculent, Rose a survécu aux abjections de cet affreux XXe siècle qu’elle a traversé sans rien perdre de sa sensualité ni de sa joie de vivre. Entre deux amours, elle a tout subi : le génocide arménien, les horreurs du nazisme, les délires du maoïsme. Mais, chaque fois, elle a ressuscité pour repartir de l’avant. Grinçant et picaresque, ce livre raconte les aventures extraordinaires d’une centenaire scandaleuse qui a un credo : « Si l’Enfer, c’est l’Histoire, le Paradis, c’est la vie. »

Auteur : Franz-Olivier Giesbert (parfois abrégé « FOG »), est un éditorialistebiographe, présentateur de télévision et romancier français né en 1949 à Wilmington dans l'État du Delaware (États-Unis).

Mon avis : (lu en septembre 2013)
Même si l’auteur de ce livre m’énerve souvent, surtout à la télévision, j’ai eu la curiosité d’emprunter son dernier livre à la bibliothèque. Il nous raconte l'Histoire à travers l'histoire de Rose née en 1907 sur les bords de la Mer Noire, en Arménie et jusqu'en 2012, où à 105 ans, elle tient un restaurant à Marseille. Rose est la narratrice et elle va revenir sur les évènements drôles ou dramatiques de sa longue vie, sa traversée épique du XXème siècle. Le Génocide Arménien, la Seconde Guerre Mondiale, elle a traversé toutes les horreurs du siècle mais son appétit pour la vie sera plus fort que les douleurs et le malheur. 
Dans la première partie du livre, après la disparition de toute sa famille, Rose n'a comme seul soutien Théo une petite salamandre qui est sa « petite voix », sa conscience auquel elle tient beaucoup. Rose est une jeune fille puis une femme attachante dont l'amour de la vie est plus fort que tout. L'auteur fait également l'éloge de la vengeance car Rose n'oublie pas les auteurs de ses malheurs et n'hésite pas à appliquer de temps en temps le proverbe « la vengeance est un plat qui se mange froid »...

Ce livre se lit plutôt facilement même si j'ai eu un peu de lassitude au milieu du livre, à l'époque où Rose est la cuisinière d'Himmler, les anecdotes farfelues et improbables devenant de plus en plus indigestes...
A la fin du livre, le lecteur trouve quelques recettes de cuisine de la « cuisinière »… et une bibliographie bien fournie.

Note :  ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre : Prologue)
Je ne supporte pas les gens qui se plaignent. Or, il n’y a que ça, sur cette terre. C’est pourquoi j’ai un problème avec les gens.
Dans le passé, j’aurais eu maintes occasions de me lamenter sur mon sort mais j’ai toujours résisté à ce qui a transformé le monde en grand pleurnichoir.
La seule chose qui nous sépare des animaux, finalement, ce n’est pas la conscience qu’on leur refuse bêtement, mais cette tendance à l’auto-apitoiement qui tire l’humanité vers le bas. Comment peut-on y laisser libre cours alors que, dehors, nous appellent la nature et le soleil et la terre ?
Jusqu’à mon dernier souffle et même encore après, je ne croirai qu’aux forces de l’amour, du rire et de la vengeance. Ce sont elles qui ont mené mes pas pendant plus d’un siècle, au milieu des malheurs, et franchement je n’ai jamais eu à le regretter, même encore aujourd’hui, alors que ma vieille carcasse est en train de me lâcher et que je m’apprête à entrer dans ma tombe.
Autant vous dire tout de suite que je n’ai rien d’une victime. Bien sûr, je suis, comme tout le monde, contre la peine de mort. Sauf si c’est moi qui l’applique. Je l’ai appliquée de temps en temps, dans le passé, aussi bien pour rendre la justice que pour me faire du bien. Je ne l’ai jamais regretté.
En attendant, je n’accepte pas de me laisser marcher sur les pieds, même chez moi, à Marseille, où les racailles prétendent faire la loi. Le dernier à l’avoir appris à ses dépens est un voyou qui opère souvent dans les files d’attente qui, à la belle saison, pas loin de mon restaurant, s’allongent devant les bateaux en partance pour les îles d’If et du Frioul. Il fait les poches ou les sacs à main des touristes. Parfois, un vol à l’arraché. C’est un beau garçon à la démarche souple, avec les capacités d’accélération d’un champion olympique. Je le surnomme le « guépard ». La police dirait qu’il est de « type maghrébin » mais je n’y mettrais pas ma main à couper.
Je lui trouve des airs de fils de bourgeois qui a mal tourné. Un jour que j’allais acheter mes poissons sur le quai, j’ai croisé son regard. Il est possible que je me trompe, mais je n’ai vu dedans que le désespoir de quelqu’un qui est sens dessus dessous, après s’être éloigné, par paresse ou fatalisme, de sa condition d’enfant gâté.
Un soir, il m’a suivie après que j’eus fermé le restaurant. C’était bien ma chance, pour une fois que je rentrais chez moi à pied. Il était presque minuit, il faisait un vent à faire voler les bateaux et il n’y avait personne dans les rues. Toutes les conditions pour une agression. À la hauteur de la place aux Huiles, quand, après avoir jeté un oeil par-dessus mon épaule, j’ai vu qu’il allait me doubler, je me suis brusquement retournée pour le mettre en joue avec mon Glock 17. Un calibre 9 mm à 17 coups, une petite merveille. Je lui ai gueulé dessus : « T’as pas mieux à faire que d’essayer de dépouiller une centenaire, connard ?

— Mais j’ai rien fait, moi, m’dame, je voulais rien faire du tout, je vous jure. »
Il ne tenait pas en place. On aurait dit une petite fille faisant de la corde à sauter.
« Il y a une règle, dis-je. Un type qui jure est toujours coupable.
— Y a erreur, m’dame. Je me promenais, c’est tout.
— Écoute, ducon. Avec le vent qu’il fait, si je tire, personne n’entendra. Donc, t’as pas le choix : si tu veux avoir la vie sauve, il faut que tu me donnes tout de suite ton sac avec toutes les cochonneries que t’as piquées dans la journée. Je les donnerai à quelqu’un qui est dans le besoin. »
J’ai pointé mon Glock comme un index :
« Et que je ne t’y reprenne pas. Sinon, je n’aime mieux pas penser à ce qui t’arrivera. Allez, file ! » 
Il a jeté le sac et il est parti en courant et en hurlant, quand il fut à une distance respectueuse : « Vieille folle, t’es qu’une vieille folle ! » 
Après quoi, j’ai été refiler le contenu du sac, les montres, les bracelets, les portables et les portefeuilles, aux clochards qui cuvaient, par grappes, sur le cours d’Estienne-d’Orves, non loin de là. Ils m’ont remerciée avec un mélange de crainte et d’étonnement. L’un d’eux a prétendu que j’étais toquée. Je lui ai répondu qu’on me l’avait déjà dit.
Le lendemain, le tenancier du bar d’à côté m’a mise en garde : la veille au soir, quelqu’un s’était encore fait braquer place aux Huiles. Par une vieille dame, cette fois. Il n’a pas compris pourquoi j’ai éclaté de rire.

 

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04 septembre 2013

Le Monde selon Garp (Film)

Diffusé mercredi 4 septembre sur Arte à 20h30

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Film américain réalisé par George Roy Hill, sorti en 1982

Adaptation d'après le livre de John Irving par Steve Tesich 

Titre original : The world according to Garp

Synopsis :
En 1944, Jenny Fields, une infirmière très indépendante se fait faire un enfant par un blessé de guerre qui meurt peu après. Ce fils, Garp, est élevé par sa mère mais considéré comme un bâtard. A dix-huit ans, il tombe amoureux de la fille de son entraîneur, Helen, qui déclare qu'elle n'épousera qu'un écrivain. Garp fait preuve d'imagination et se retrouve bien vite père de famille et auteur non publié. Sa mère, qui a écrit ses mémoires, trouve un éditeur qui publie aussi la première œuvre de Garp. Le livre de Jenny Fields devient rapidement un best-seller et un symbole du féminisme...

Acteurs : Robin Williams (Garp), Glenn Close (Jenny Fields), Mary Beth Hurt (Helen Holm), John Lithgow (Roberta Muldoon)

Mon avis : (revu en septembre 2013)
J'ai vu ce film il y a quelques années et je n'en avais pas gardé un grand souvenir... J'avais retenu le côté loufoque de l'histoire et j'étais restée sur ma faim sur certains points de l'intrigue.
Après ma lecture du livre de John Irving cet été, j'ai revisionné le film et mon avis a évolué.

Il n'est pas facile de faire un film d'un peu plus de 2 heures avec un livre de plus de 600 pages de John Irving, auteur avec une imagination débridée... Il a fallu faire des choix et toute la richesse du livre n'a pas pu être mise dans le film.

La première partie du film est plutôt réussie, on retrouve la folie de John Irving, son sens de l’humour décalé. L'interprétation des principaux personnages est vraiment réussi. C'était le premier rôle au cinéma pour Glenn Close et elle est une excellente mère féministe. C'était le second film de Robin Williams, il le révèlera. John Lithgow interprète son rôle de transsexuel avec beaucoup de talent. Mary Beth Hurt est également formidable dans le rôle d'Helen. Puis le film s'enlise un peu, le rythme s'essouffle avant une dernière demi-heure du film où tout s'accélère et se termine sur une scène de fin ouverte...
Le film est plutôt fidèle à l'esprit de John Irving, mais je pense qu'il est difficile de tout comprendre si on n'a jamais lu le livre. J'ai donc beaucoup mieux apprécié ce deuxième visionnage. 

Diffusion : mercredi 4 septembre sur Arte à 20h30
Rediffusions : ven 06.09 à 2h10 et dim 08.09 à 1h30

Bande Annonce : 

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02 septembre 2013

Le monde selon Garp - John Irving

Lecture Commune 
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avec  Valérie, Sandrine

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Seuil - mars 1980 - 582 pages

Points - 1981 - 608 pages

Points - février 1995 - 647 pages

Points - décembre 1998 - 680 pages

Points - novembre 2006 - 678 pages (édition limitée)

traduit de l'anglais (États-Unis) par 

Titre original : The World According To Garp, 1978

Quatrième de couverture : 
Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin… Un livre culte, à l’imagination débridée, facétieuse satire de notre monde.

Auteur : John Irving est né en 1942 et a grandi à Exeter (New Hampshire). La publication de son quatrième roman, Le Monde selon Garp, lui a assuré une renommée et une reconnaissance internationales. Depuis, l’auteur accumule les succès auprès du public et de la critique. À moi seul bien des personnages est son treizième roman. Marié et père de trois garçons, John Irving partage son temps entre le Vermont et le Canada.

Mon avis : (lu en août 2013) 
Je croyais avoir déjà lu ce livre avant d'accepter cette lecture commune avec Valérie, Sandrine et Lucie. Mais j'ai vite compris que cette lecture était la première. Ce roman raconte la vie de l'écrivain S.T. Garp, depuis avant sa conception jusqu'à après sa mort avec le destin de tous ses proches. Sa mère Jenny Fields est est infirmière dans un hôpital de guerre lorsqu'elle profite de l'érection d'un soldat mourant pour avoir un enfant sans s'encombrer d'un homme... Elle lui donnera le nom du soldat S.T Garp (sergent technicien Garp). Sa famille étant choquée par la naissance illégitime de Garp, Jenny devient infirmière à plein temps au collège de Steering et élève seule son fils. Ce dernier fera ses études et découvrira la lutte au collège. Pour séduire Helen, la fille de son entraîneur de lutte, Garp décidera de devenir écrivain... Voici un tout petit aperçu du début du livre où l'on comprend vite que John Irving ne manque vraiment pas d'imagination...  

Je me suis laissé happer par l'histoire et le destin étonnant de Jenny Fields féministe avant l'heure, par Garp et ses mésaventures cocasses et souvent inattendues. Les personnages sont très nombreux et souvent décalés. Cette histoire est très dense et j'ai parfois trouvé quelques longueurs. En particulier les passages avec les écrits de Garp lui-même. On y retrouve les thèmes chers à John Irving.
Ce n'est pas le livre que j'ai préféré de John Irving, mais je suis contente d'avoir pu le découvrir.

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Le livre a été adapté au cinéma en 1982 par George Roy Hill avec Robin Williams dans le rôle de Garp. J'avais déjà vu ce film en DVD sans en garder un grand souvenir, hier, j'ai pris le temps de le revisionner et l'esprit du livre y est assez bien rendu même si de nombreux passages ont été passés sous silence comme par exemple ses nombreuses expériences sexuelles avant son mariage, son séjour à Vienne...

Arte diffuse ce film mercredi 4 septembre à 20h50 (Rediffusions : ven 06.09 à 2h10 et dim 08.09 à 1h30)

Allons découvrir maintenant les avis de Valérie, Sandrine.

Note :  ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
La mère de Garp, Jenny Fields, fut arrêtée en 1942 à Boston, pour avoir blessé un homme dans un cinéma. Cela se passait peu de temps après le bombardement de Pearl Harbor par les Japonais, et les gens manifestaient une grande tolérance envers les militaires, parce que, bruquement, tout le monde était militaire, mais Jenny Fields, pour sa part, restait inébranlable dans l'intolérance que lui inspirait la conduite des hommes et des militaires en particulier. Dans le cinéma, elle avait dû changer trois fois de place, mais, le soldat s'étant chaque fois rapproché un peu plus, elle avait fini par se retrouver le dos contre le mur moisi, avec, entre elle et l'écran, un stupide pilier qui lui bouchait pratiquement la vue ; aussi avait-elle pris la décision de ne plus bouger. Le soldat, quant à lui, se déplaça une nouvelle fois et vint s'asseoir près d'ell.

Jenny avait vingt-deux ans. Elle avait plaqué l'université peu après avoir commencé ses études, puis était entrée dans une école d'infirmières, où elle avait terminé à la tête de sa classe. Elle était heureuse d'être infirmière. C'était une jeune femme à l'allure athlétique et aux joues perpétuellement enluminées ; elle avait des cheveux noirs et lustrés, et ce que sa mère appelait une démarche virile (elle balançait les bras en marchant) ; sa croupe et ses hanches étaient si fermes et si sveltes que, de dos, elle ressemblait à un jeune garçon. Jenny estimait, pour sa part, qu'elle avait les seins trop gros ; son buste provocant lui donnait, selon elle, l'air d'une fille "facile et vulgaire".

 

Déjà lu du même auteur : 

un_pri_re_pour_owen Une prière pour Owen une_veuve_de_papier_points2000 La veuve de papier 

TH968 Dernière nuit à Twisted River 

__moi_seul_bien_des_personnages_cd A moi seul bien des personnages

 A Challenge for John Irving

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43/50 :  Iowa

Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Géographie"

Pavé de l'été
 pav_2013
n°3

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22 août 2013

Nos étoiles contraires - John Green

Nos__toiles_contraires Nathan - février 2013 - 330 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Catherine Gibert

Titre original : The Fault in Our Stars, 2012

Présentation éditeur : 
Hazel, 16 ans, est atteinte d'un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l'évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C'est là qu'elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d'Hazel, qui a peur de s'impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d'amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

Auteur : John Green est né en 1977. Il vit avec sa femme et son fils à Indianapolis, la capitale de l'Etat de l'Indiana, aux Etats-Unis. Il a reçu de nombreux prix pour ses romans, dont le Michael L Printz Award, prestigieux prix américain, pour son premier roman Qui es-tu Alaska ? John Green et son frère, Hank, sont les auteurs de Vlogbrothers, un des projets de vidéos en ligne les plus connus au monde.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Ce livre nous raconte une histoire d'amour entre deux ados. Cela pourrait sembler banal mais cela ne l'est pas ! La narratrice, Hazel a 16 ans, elle a un cancer et vit avec mais elle se sait également condamnée à courte échéance. Dans un groupe de paroles, elle fait la connaissance d'Augustus, un garçon en rémission et leur attirance est évidente. Mais une relation dans ces circonstances ce n'est pas simple... Je n'en dirais pas plus sur l'intrigue plutôt originale et bien trouvée.
Entre rires et larmes, l'émotion est présente à tout instant et l'histoire est bouleversante. Belle découverte !

Extrait : (début du livre)
L'ANNÉE où j'ai eu dix-sept ans, vers la fin de l'hiver, ma mère a décrété que je faisais une dépression. Tout ça parce que je ne sortais quasiment pas de la maison, que je traînais au lit à longueur de journée, que je relisais le même livre en boucle, que je sautais des repas et que je passais le plus clair de mon immense temps libre à penser à la mort.
Quoi qu'on lise sur le cancer (brochures, sites Internet ou autres), on trouvera toujours la dépression parmi les effets secondaires. Pourtant, la dépression n'est pas un effet secondaire du cancer. C'est mourir qui provoque la dépression (et le cancer, et à peu près tout, d'ailleurs). Mais ma mère, persuadée que je devais être soignée, a pris rendez-vous chez mon médecin, le docteur Jim, qui a confirmé que je nageais en pleine dépression, une dépression tétanisante et tout ce qu'il y a de plus clinique. Conclusion, il fallait modifier mon traitement et je devais m'inscrire à un groupe de soutien hebdomadaire.
Le groupe était formé d'une brochette de guignols plus ou moins mal en point dont la composition changeait régulièrement. Pourquoi changeait-elle ? Un effet secondaire de la mort.
Inutile de préciser que ces séances étaient déprimantes au possible. Elles avaient lieu tous les mercredis dans la crypte en forme de croix d'une église épiscopale aux murs de pierre. On s'asseyait en cercle au centre de la croix, là où les deux morceaux de bois auraient dû se croiser : pile où le coeur de jésus aurait dû se trouver.
Je le savais parce que patrick, l'animateur, qui était aussi la seule personne du groupe à avoir plus de dix-huit ans, nous bassinait à chaque réunion avec le sacré coeur de jésus, au centre duquel nous, jeunes survivants du cancer, étions littéralement réunis.
Voilà comment ça se passait au coeur du coeur de dieu : groupe de six, sept ou dix nous arrivions à pied ou en chaise roulante, piochions dans un malheureux assortiment de biscuits et nous nous servions un verre de limonade, avant de prendre place dans le cercle de la vérité et d'écouter patrick leur débiter pour la millième fois le récit de sa misérable petite vie. il avait eu un cancer des testicules et aurait dû en mourir, sauf que patrick n'était pas mort. il était même un adulte bien vivant, qui se tenait devant nous dans la crypte d'une église de la 137e ville d'Amérique la plus agréable à vivre, divorcé, accro aux jeux vidéo, seul, vivotant du maigre revenu que lui rapportait l'exploitation de son passé de super cancéreux, futur détenteur d'un master ne risquant pas d'améliorer ses perspectives de carrière, et qui attendait, comme nous tous, que l'épée de Damoclès lui procure le soulagement auquel il avait échappé des années plus tôt quand le cancer lui avait ravi les couilles, mais avait épargné ce que seule une âme charitable qualifierait de vie.
ET TOI AUSSI, TU PEUX AVOIR CETTE CHANCE !

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43/50 : Indiana

 

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25 juillet 2013

Zalbac brothers - Karel de la Renaudière

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

zalbac_brothers Albin Michel - mai 2013 - 317 pages

Quatrième de couverture :

New York, une très secrète banque d'affaires.
Un jeune français venu de nulle part.
Une héritière qui hésite sur son destin.
L'histoire d'une ascension et d'une chute.

Dans la grande tradition de John Grisham, Karel de la Renaudière, un des directeurs d'une grande banque internationale, explore les coulisses de la haute finance et du pouvoir. Ce thriller captivant dresse un tableau à la fois fascinant et terrible de notre époque.

Auteur : 38 ans. Génération bulle internet. Poursuivre les rêves construits par toutes ses lectures d'enfant et d'adolescent, l'a conduit dans l'audiovisuel aux côtés de Jean-Edern Hallier. Devenu entrepreneur dans la technologie, son succès lui a valu d'être débauché par une grande banque internationale où il a fait une ascension digne d'un de ses personnages. Par ce thriller, il paie sa dette à l'univers romanesque qui l'a formé et l'a fait directeur.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Jean Demester travaille comme chauffeur de taxi à New-York, il a fait des études de mathématiques et de finance et il est violoniste amateur. Il fait connaissance avec Bruce Zalbac, dit le « King », le grand patron de la banque d'affaires « Zalbac Brothers » lorsque la voiture de celui-ci coupe dangereusement la route de son taxi. Après une discution autour de la musique Bruce Zalbac donne sa carte à Jean pour un éventuel travail. Jean commence donc à travailler chez  « Zalbac Brothers » en tant que stagiaire, il fait des cafés et des photocopies, puis de la saisie... Ce n'est pas facile de travailler sous les ordres du peu sympathique et ambitieux Donovan. Pourtant Jean va réussir à gravir les différents échelons de la banque.
C'est un livre qui se lit facilement, il n'est pas nécessaire de connaître la finance pour comprendre l'intrigue. Le livre est présenté à tort comme un « thriller financier », il n'y a ni crime, ni enquête policière...
J'ai trouvé très intéressant de découvrir le fonctionnement du monde de la finance, avec ses requins, du bluff et ses entourloupes... La partie sentimentale de l'histoire m'a ennuyée et je regrette que le final ne soit pas plus développé.

Merci à Laure et aux éditions Albin Michel pour m'avoir permis de passer un bon moment avec ce livre.

 

Extrait : (début du livre)
La limousine avance au pas, le long de Park Avenue rendue déserte par le froid et la neige. Soufflés par les bourrasques, les flocons volent au-dessus de Manhattan. Jean Demester colle sa tête au pare-brise. Les mains agrippées au volant, il s'énerve. Une soirée sans clients, c'est une soirée sans pourboires. Le couple de Texans qu'il devait conduire à l'Apollo Theater a finalement renoncé à sortir de l'hôtel. Le Français fait ses calculs : même avec ce qu'il a empoché hier, il n'a toujours pas de quoi rembourser sa part du loyer. Encore une journée gâchée ! La buée obscurcit son champ de vision. Il lâche un juron.
- Il ne manquerait plus qu'elle tombe en rade !
À cet instant, une Maybach bleu et marron glacé surgit de la 66e au ralenti. Son apparition dans un halo de lumière a quelque chose de fantomatique. Jean freine brusquement. La vieille Cadillac se met en travers de l'avenue, avant de s'immobiliser à quelques centimètres de la luxueuse berline bicolore. Il ouvre la portière et sort de la limousine comme un diable de sa boîte. Il s'approche en invectivant son homologue à casquette, qui le regarde, impassible.
- Mais où t'as trouvé ton permis, toi ?
- I beg your pardon ?
- Ça va, ça va... Laisse tomber.
Soudain, la vitre arrière gauche commence à s'abaisser. Un visage sévère apparaît. Ses cheveux gris et courts sont impeccablement plaqués, le sexagénaire porte un manteau en alpaga de bonne coupe.
- J'y crois pas Miss Daisy, t'écoutes encore David Oistrakh ? assène le jeune homme, tandis que le concerto pour violon et orchestre de Tchaïkovski s'échappe des haut-parleurs encastrés dans les portières.
L'homme le dévisage, l'air surpris. Contre toute attente, il parle français. Avec un fort accent américain, mais français.
- Je vois. Quel violon vous conviendrait ? demande-t-il en esquissant un sourire.
Jean hésite.
- Je sais pas, j'aime bien Heifetz. En voilà un qu'il ne connaîtra pas...
- Heifetz... C'est banal ! Pourquoi pas Menuhin, hein ?
- Menuhin...
Encore mieux ! Il est coriace.
- Auer, maybe ?
Le regard du passager de la berline est à la fois inquisiteur et bienveillant, comme s'il prenait un plaisir certain à ce petit jeu.
Le jeune homme sursaute, soudain piqué au vif.
- Vous foutez pas de moi ! There is no Auer recording, pas d'enregistrement d'Auer ! Vous me prenez pour un débutant ?
Le visage de son interlocuteur se fend d'un large sourire.
- Et pourquoi ?
- Auer n'a jamais enregistré le concerto parce qu'il n'arrivait pas à le jouer correctement ! Trop technique. Quand on pense que Tchaïkovski l'avait écrit pour lui... quel gâchis ! Bon, c'est pas que je m'ennuie, mais...
- Attendez...

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  2/25

Challenge New-York 2013
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