27 novembre 2013

Les faibles et les forts - Judith Perrignon

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 Stock - août 2013 - 160 pages

Quatrième de couverture :
« Il a l’air d’un roi, le fleuve. Il est là depuis toujours, rouge à force de creuser l’argile, rivière Rouge, c’est son nom. La nuit, il brille. Le jour, il est plat comme le verre et ne reflète que le ciel, les nuages et les arbres. Il semble ne pas nous voir. Nous sommes une quinzaine, nous venons ici presque chaque jour depuis deux semaines tant la chaleur semble vouloir nous punir, mais il passe, indifférent à nos enfants qui s’élancent, à leurs mères qui disent, Attention au courant, et aux vieilles, comme moi, qui se retranchent à l’ombre sur leurs sièges pliants. Rien ne trouble le fleuve. Il connaît son sort, il descend l’Amérique et s’en va se noyer dans le Mississippi puis dans la mer. Il est tout petit là-bas dans la mer, mais si grand devant nous. J’ai peur de lui. J’ai l’impression qu’il rit, qu’il rit du pont un peu plus loin qui rouille en ayant cru l’enjamber, qu’il rit de nous aussi, de nos mains et nos pieds incapables de nager, de nos sueurs froides quand passe la police, j’ai l’impression que nous sommes comme les feuilles mortes qui dans quelques mois se détacheront des arbres, poussières dans l’eau. »

Auteur : Longtemps journaliste à Libération, aujourd’hui collaboratrice du magazine M du Monde et de XXI, Judith Perrignon est l’auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels C’était mon frère (2006), L’Intranquille, avec Gérard Garouste (2009) et Les Chagrins (2010).

Mon avis : (lu en novembre 2013)
Eté 2010, le roman commence alors que la police vient de faire une descente dans la maison d'une famille afro-américaine, en Louisiane. Marcus, 17 ans, s'est fait fouiller au corps. Toute sa famille assiste à la scène, Mary Lee, sa grand-mère, Dana, sa mère, sa soeur Deborah, ses frères West et 
Tour à tour Mary Lee, Dana, Deborah, Marcus reviennent chacun sur l’événement et donnent leur ressenti et leur vision sur leur quotidien.
Puis Mary Lee se souvient d'un événement fort qui la marqué 60 ans plus tôt. du temps où les Noirs n'avaient pas le droit d'aller nager. Le jour où la piscine avait été ouverte à tous, Mary Lee était là, spectatrice. Son frère Howard avait pu aller dans la piscine pendant une heure, mais à la sortie une manifestation contre l'ouverture pour tous de la piscine avait dégénéré...
Retour en 2010, avec un nouveau drame au bord de la Rivière Rouge. Je n'en dirai pas plus pour ne pas en dévoiler trop.
Nous découvrons ce drame à travers des extraits d'une émission de radio et en particulier le récit d'un témoin, sa colère, son désespoir ont une telle force qu'il ne laisse pas le lecteur insensible. Un très beau texte sur le racisme et la ségrégation et leurs conséquences.

Autres avis : Clara, Sylire

Note : ♥♥♥♥♥ 

Extrait : (début du livre)
Mary Lee

À ton âge, Marcus, je voyais les dames serrer leur sac à main contre elles quand mon père montait dans le tramway de Saint Louis. Alors si ça ne tenait qu'à moi, tu resterais là, la porte fermée à double tour, on te laisserait comme un chien en laisse, avec un peu d'eau et on irait sans toi au bord de la rivière. Tu as vu comme la police a poussé la porte sans même se donner la peine de frapper, comme elle nous a enjambés, tes frères et soeurs et moi, serrés que nous sommes entre le ventilateur et la télé, comme elle a fouillé ta chambre, les autres pièces, et toi, Marcus, comme ils t'ont traité ? Tu as vu leur geste en partant, leurs doigts pointés sur toi ? Ils n'ont rien trouvé mais ils t'ont à l'oeil, ils te veulent, ils t'auront. Alors j'ai serré. Oh, boy ! C'est à peine si je me suis vue faire, mon sang n'a fait qu'un tour quand ils sont partis, il y avait la nouvelle corde à linge posée sur la commode, ton corps avachi sur la chaise, tes bras ballants, ton air de dire, Cause toujours, ta mère au bord des larmes, le désordre dans la maison, la route par la fenêtre, la certitude qu'un jour prochain une voiture de police freinera à nouveau devant chez nous, alors j'ai attrapé la corde, je l'ai déroulée, réenroulée dans ton dos, autour de tes poignets, j'ai serré fort, très fort, jusqu'à empêcher ton sang de circuler, la vie de continuer, parce que tu leur donnes raison à ces vieilles peaux qui accusaient mon père.
Je sais ce qui t'attend, Marcus. Je suis vieille, je connais leurs suppositions, leurs certitudes nous concernant, je sais le cercle vicieux où tombent trop souvent nos garçons, j'ai tout vu, trop vu, j'ai le temps derrière moi, je sais sa pente, la fierté qui s'en va, vous a quittés et vous laisse glisser. La prochaine fois, c'est la prison. Tu vois bien comment c'est dans ce pays, comment fait la police, et puis les juges ensuite. Tu l'attends on dirait. Tu t'habilles déjà comme si tu étais là-bas. Avec ton pantalon qui laisse voir ton cul, tu plaides coupable. Tu sais ce que ça veut dire, là-bas, en prison, ce pantalon qui tombe ? Bien sûr que tu le sais. Mon cul est à prendre, c'est ça que ça veut dire. Tu veux que quelqu'un s'occupe de ton cul en prison, Marcus ? Oh, boy ! J'ai honte. Envie de te battre. Tu ne comprends pas que tu ressembles à ce qu'ils pensent de toi, à ce qu'ils attendent de toi, que tu fais du mal aux tiens, à ceux qui sont là comme à ceux qui sont morts ! Ceux qui sont morts, ils sont avec nous, plus que chez les autres gens, ils nous surveillent, ils vérifient qu'on fait bien les choses, qu'on bousille pas tout ce qu'ils ont obtenu pour nous. Tu dois y croire, Marcus, à nos morts comme au Seigneur, croire c'est le maître mot, le seul qu'on ait. Ils diraient quoi mon père et ma mère s'ils voyaient ce qui se passe, vous tous qui vous déboutonnez, qui tournez en rond, qui cherchez les ennuis, qui admirez les taulards ou les champions pleins aux as qui ne pensent qu'à leur argent, leur bagnole et la putain à leur bras. Ils diraient quoi ? Nos fils sont-ils devenus les ennemis de notre communauté ?

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2013
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45/50 :  Missouri

   Challenge Petit BAC 2013

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"Sentiment"

 

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19 novembre 2013

La Transcendante - Patricia Reznikov

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

9782226249715g Albin Michel - août 2013 - 288 pages

Quatrième de couverture :
« Quelques semaines après le sinistre, en fouillant dans les décombres de ma chambre, j’ai retrouvé un ouvrage intact. Un seul. C’était La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne… J’ai creusé ce livre dans tous les sens, pour y chercher une réponse, comme on remue une tombe. »

Pour tenter de renaître, Pauline part à Boston, en Nouvelle-Angleterre. Des rencontres étonnantes et baroques – un libraire-cyclope, un homme-oiseau, un professeur fantasque – la mènent sur les traces du grand écrivain romantique. Ode au rêve américain, celui de Hawthorne, Thoreau et Melville, La Transcendante est l’émouvant parcours d’une rédemption par la littérature. On y retrouve l’univers poétique et envoûtant de l’auteur de La Nuit n’éclaire pas tout, prix Cazes-Lipp 2011.

Auteur : Patricia Reznikov est franco-américaine. Auteur de plusieurs romans, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre et albums jeunesse, elle a reçu le prix France Culture du premier roman pour Toro, le prix Thyde Monnier de la SGDL et le prix Charles Oulmont pour Le Paon du jour, et le prix Cazes-Lipp pour son dernier roman, La nuit n'éclaire pas tout (2011).

Mon avis : (lu en novembre 2013)
Pauline a tout perdu dans l'incendie de son appartement, tout a brûlé en particulier sa bibliothèque… « Tous les auteurs que j'aimais, ceux qui m'avaient aidée à me construire, ceux qui m'avaient accompagnée comme une famille, ceux qui avaient bercé mes moments de solitude, tous sont partis en fumée. » Après un séjour de quelques semaines à l'hôpital, elle revient sur les lieux du sinistre et retrouve le seul livre rescapé « La Lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne. Pauline décide donc de laisser sa fille à son ex-mari et de partir à Boston pour suivre les traces de Hawthorne. 
Elle va rencontrer quelques personnages hauts en couleurs, en premier lieu, Georgia, une vieille dame très originale, ancien professeur de littérature, elle va devenir son guide. Puis elle rencontrera Blake, un jeune homme, prof de philosophie.
J'ai trouvé très agréable cette lecture, je ne connaissais pas du tout « La Lettre écarlate » de Nathaniel, ni les Transcendantalistes (courant littéraire américain de la Nouvelle-Angleterre du XIXème siècle). J'ai vraiment aimé accompagner Pauline et Georgia dans cette visite historique de Boston et de ses environs.
Certains ont été gênés par les nombreuses phrases en anglais suivie de la traduction, pour ma part, n'étant pas à l'aise avec les langues étrangères, cela m'a amusée de lire de l'anglais sans faire l'effort de chercher la traduction...
J'ai aimé les personnages de Pauline et de Georgia et leurs échanges.

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Un jour, mon appartement a brûlé, et avec lui, toute ma bibliothèque.
Tous les auteurs que j'aimais, ceux qui m'avaient aidée à me construire, ceux qui m'avaient accompagnée comme une famille, ceux qui avaient bercé mes moments de solitude, tous sont partis en fumée. Comme dans un mauvais rêve, une sorte d'holocauste. Sont morts des poètes russes, américains, des romanciers français, anglais, allemands. Et, d'une certaine manière, moi aussi, je suis morte avec eux.
À partir de ce moment ma vie a changé. Je n'ai plus cru en rien, ni au bonheur, ni à l'immortalité, ni que la vie puisse avoir une signification. Le fait qu'un appartement et tous les souvenirs qu'il renferme, tous les secrets, se transforment en cendres, le fait d'échapper de justesse à la mort me sont apparus comme l'événement le plus sinistre, le plus dénué de sens qui soit. L'épreuve n'a pas fait de moi une meilleure personne. Je ne suis pas devenue plus sage, plus généreuse, je n'ai pas eu de révélation. Je me suis sentie amoindrie, amère. Je me suis refermée sur moi-même pour lécher mes plaies.

Quelques semaines après le sinistre, en fouillant les décombres détrempés de ma chambre, à ma sortie de l'hôpital, j'ai retrouvé un ouvrage intact. Un seul. C'était La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne, roman magnifique que j'avais eu l'intention de relire quelque temps auparavant, puis oublié près de mon lit. J'ai toujours pensé que si la vérité existait, elle ne pouvait se trouver que dans les livres, ces mêmes livres qui avaient emporté leur secret avec eux. Je me suis mise alors à le parcourir fiévreusement. J'ai creusé ce livre dans tous les sens, pour y chercher une réponse, comme on remue une tombe. Mais une réponse à quoi ?
C'est ce travail de questionnement fébrile, cette recherche un peu absurde qui m'a menée en Amérique cet été-là. J'ai voulu, pour essayer de comprendre, aller à la source du livre. À Boston, dans le Massachusetts, en Nouvelle-Angleterre.

Sans trop savoir pourquoi j'avais poussé la porte de Savenor's, une épicerie fine de Charles Street. Dehors la température était montée jusque dans les cent degrés Fahrenheit. Une chaleur inhabituelle, disaient les gens ici. La fraîcheur climatisée m'a happée dans ses bras bienfaisants. Depuis trois jours que j'avais quitté Paris et commencé d'arpenter Boston, la canicule de juillet, la fatigue, le décalage horaire et un sentiment d'absurdité se mêlaient en une sorte d'hébétude. J'étais devenue une somnambule diurne. Un hibou délogé de son trou.
J'ai circulé entre les rayons de fromages français et d épices du monde entier, regardé les produits traditionnels américains, tenté de décrypter l'étiquette de ce mystérieux apple butter, une compote de pommes longuement cuites et épicées, et étudié les différentes sortes de pains frais. Puis je me suis penchée au-dessus du petit congélateur. Des paquets étranges, de formes diverses, emballés dans du film plastique et couverts de buée, étaient rangés en bon ordre.

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2013
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45/50 :  Massachusetts

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13 novembre 2013

Esprit d'hiver - Laura Kasischke

Lu en partenariat dans le cadre des 
Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister

PM2013

esprit_de_dhiver Christian Bourgeois - août 2013 - 284 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Aurélie Tronchet

Titre original : Mind of Winter, 2013

Quatrième de couverture : 
Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

Auteur : Laura Kasischke est née en 1961 à Grand Rapids, dans l’État du Michigan. Elle a fait ses études à l'Université du Michigan. Elle a publié des recueils de poésie, également parus en revues, pour lesquels elle a gagné de nombreux prix littéraires ainsi que le Hopwood Awards. Elle a également reçu la Bourse MacDowell. Laura Kasischke est aussi romancière. Les Éditions Christian Bourgois ont déjà publié huit de ses romans, dont À suspicious river (1999), La Couronne verte (2008), En un monde parfait (2010) et Les Revenants (2011). Deux d’entre eux, La Vie devant ses yeux, et A suspicious river ont été adaptés au cinéma. Laura Kasischke vit actuellement à Chelsea, dans le Michigan, avec sa famille. Elle enseigne l'art du roman à l’université de Ann Arbor.

Mon avis : (lu en novembre 2013)
C'est ma troisième lecture de Laura Kasischke. Et mon avis est mitigé.
C'est le jour de Noël, Holly et sa fille Tatiana âgée de 15 ans sont seules à la maison. Eric, le mari et père, est parti chercher ses parents à l'aéroport. Holly doit préparer le repas de Noël. Dès le matin, Holly a un sentiment bizarre, elle se rappelle l'époque où elle et Eric sont partis en Sibérie adopter leur fille, c'était également au moment de Noël. 
Est-ce parce que ses parents se sont levés trop tard que le comportement de Tatiana est étrange ? Elle s'enferme dans sa chambre, ne répond pas à sa mère lorsque celle-ci lui demande un peu d'aide pour préparer la table, elle n'arrête pas de changer de robes... Holly n'est pas très efficace ce matin, elle est toujours en train de revenir sur l'adoption et l'enfance de sa fille qui est devenue une jolie adolescente. Dehors, il neige et bientôt le blizzard va paralyser la ville. Les invités vont peu à peu tous se décommander et Holly n'aura des nouvelles de son mari que très tardivement... Dans la maison, la tension monte, un anonyme téléphone plusieurs fois, des verres se cassent... Que se passe-t-il ? Est-ce Holly qui devient folle ? Ou Tatiana qui ne va pas bien ?
Je n'ai pas aimé les aller-retour perpétuels entre passé et présent. Les répétitions, j'ai eu souvent le sentiment de relire des passages identiques sur l'adoption de Tatiana, sur les disputes entre mère et fille... J'ai eu du mal à lire ce livre qui me semblait traîner en longueur...
J'ai aimé l'atmosphère inquiétante et angoissante de l'histoire parfaitement en adéquation avec ce huit-clos dans cette maison isolée par le blizzard.
J'ai aimé (le terme est peut-être mal choisi) la dernière page qui éclaire tout ce que j'ai lu depuis le début...
Cela donne même envie de relire le livre 
tout  en connaissant cette conclusion, mais cela ne sera pas pour tout de suite...

Merci à Price Minister, à Oliver et aux Editions Christian Bourgois pour ce partenariat.

Autres avis : BénéClara, Agatha ont aimé, CanelJérômeCynthia n'ont pas aimé.

Note : ♥♥♥♥♥ 

Extrait : (début du livre)
Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut : Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux.
C'était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d'information lui avait été suggérée, tel un aperçu d'une vérité qu'elle avait portée en elle pendant - combien de temps au juste ?
Treize ans ?
Treize ans !
Elle avait su cela pendant treize ans, et en même temps elle l'avait ignoré - c'est du moins ce qu'il lui semblait, dans son état de demi-veille, en ce matin de Noël. Elle se leva du lit et s'engagea dans le couloir en direction de la chambre de sa fille, pressée de voir qu'elle était là, encore endormie, parfaitement en sécurité.
Oui, elle était là, Tatiana, un bras blanc passé sur un couvre-lit pâle. Les cheveux bruns répandus sur l'oreiller. Si immobile qu'on aurait dit une peinture. Si paisible qu'on aurait pu la croire...
Mais ce n'était pas le cas. Elle allait bien. Rassurée, Holly retourna dans sa chambre et se glissa de nouveau dans le lit près de son époux - mais, à peine allongée, elle pensa encore une fois :
Cela les avait suivis jusque chez eux !
C'était quelque chose que Holly avait su, apparemment, au plus profond de son coeur, ou de son inconscient ou quel que soit l'endroit où ce genre d'information se terre à l'intérieur d'une femme, à son insu, pendant des années, jusqu'à ce qu'un événement lui fasse prendre conscience qu'elle a oublié, ou refoulé, ou...
Ou bien était-ce une chose qu'elle avait volontairement ignorée ? À présent, elle s'en apercevait :
Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux !
Mais quoi ?
Et Holly pensa alors : Je dois l'écrire avant que cela ne m'échappe. Elle avait déjà ressenti ça plus jeune - l'envie presque paniquée d'écrire à propos d'une chose qu'elle avait entraperçue, de la fixer sur la page avant qu'elle ne file à nouveau. Certaines fois, il avait failli lui soulever le coeur, ce désir d'arracher d'un coup sec cette chose d'elle et de la transposer en mots avant qu'elle ne se dissimule derrière un organe au plus profond de son corps - un organe un peu bordeaux qui ressemblerait à un foie ou à des ouïes et qu'elle devrait extirper par l'arrière, comme si elle le sortait du bout des doigts d'une carcasse de dinde, si jamais elle voulait l'atteindre une nouvelle fois. Voilà ce que Holly avait ressenti chaque fois qu'elle écrivait un poème, et pourquoi elle avait cessé d'en écrire.
Mon Dieu, cette pensée était pourtant comme un poème - un secret, une vérité, juste hors de portée.

Déjà lu du même auteur : 

les_revenants Les revenants un_monde_si_parfait En un monde parfait

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2013
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45/50 :  Michigan

   Challenge Petit BAC 2013

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"Météo"

 

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09 novembre 2013

Une fille comme les autres - Jack Ketchum

  Lu en partenariat avec Livraddict et les éditions Folio

01074660542 Une_fille_comme_les_autres 

Bragelonne - janvier 2007 - 350 pages

Folio - septembre 2013 - 432 pages

traduit de l'américain par Benoît Domis

Titre original : The Girls next door, 1989

Quatrième de couverture :
Une petite ville des États-Unis dans les années 1950. Un jour d’été, au bord du ruisseau où il pêche des écrevisses, le jeune David fait la connaissance de la jolie Meg, sa nouvelle voisine. Meg et sa sœur vivent depuis peu chez Ruth Chandler, leur tante et mère du meilleur copain de David. Petit à petit, intrigué et fasciné, le jeune garçon se rend compte qu’il se passe quelque chose d’anormal chez les Chandler, que les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent être dans ce paisible quartier résidentiel. Trente ans plus tard, David se souvient... 

Auteur : Jack Ketchum, pseudonyme de Dallas Mayr, est né en 1946 aux Etats-Unis. Son nom de plume est inspiré du nom traditionnellement porté par les bourreaux anglais : Jack Ketch. Ketchum, qui fut secrétaire d'Henry Miller, est l'auteur d'une dizaine de romans. II s'est inspiré d'un tait divers qui s'est déroulé dans le Midwest en 1965 pour écrire Une fille comme les autres.

Mon avis : (lu en novembre 2013)
Au moment où j'ai choisi de recevoir ce livre, ne connaissant pas l'auteur et n'ayant pas remarqué que ce livre était classé dans le genre "horreur"... La couverture annonçait bien un roman policier thriller et je ne m'attendais donc pas à cette classification. Je m'attendais au pire et j'ai bien eu le pire !
L'auteur, Jack Ketchum, s'est inspiré d'un fait réel datant de 1965 pour écrire cette histoire très dérangeante. 
Le narrateur, David, est âgé de treize ans à l'époque de ce récit. Cela commence comme un livre de souvenirs d'enfance dans une petite ville des États-Unis des années cinquante. C'est l'été, David aime pêcher des écrevisses dans la rivière qui coule au fond du jardin de sa maison, c'est là qu'il rencontre pour la première fois Meg, elle est très jolie, âgée de quinze ans, elle vient de perdre ses parents et vit depuis peu chez sa tante Ruth avec sa jeune sœur Susan légèrement handicapée. David est subjugé par Meg, il est tombé sous son charme.
David connaît bien Ruth Chandler, c'est la mère de son copain Donny, elle élève seule ses trois fils Woofy, Donny et Willie Jr. Ils habitent en face de chez David et ce dernier va souvent passer la soirée chez les Chandler. Mais Meg n'est pas heureuse chez Ruth, malgré sa bonne volonté elle n'arrive pas à satisfaire sa tante dans les travaux de la vie quotidienne. Ainsi peu à peu les reproches, puis les gifles tombent sur Meg qui devient le souffre douleur de Ruth. Meg va essayer de se plaindre auprès d'un policier, ce dernier ne la croit pas. Les humiliations, vexations, puis progressivement les violences augmentent, Meg est tenue prisonnière dans le sous-sol et Woofy, Donny et Willie Jr sont encouragés par leur mère à faire des jeux sadiques contre Meg...
David ne participe pas à ces actes odieux, il est simple témoin, un témoin coupable par omission... Il est partagé entre l'horreur de la situation qui de jours en jours devient de pire en pire et la fascination qui le paralyse. Doit-il parler ? Va-t-on le croire ? Meg ne mérite-t-elle ses punitions ?  La présence de Ruth qui cautionne les faits trouble le raisonnement de l'enfant.
Jack Ketchum joue efficacement avec nos sentiments de lecteur. Je suis passée tour à tour par les émotions suivantes : curiosité, horreur, colère, le dégoût, l’écœurement...
Ce livre n'aurait pas été un partenariat, je crois que je l'aurai abandonné tellement cette histoire est dérangeante. 
Cette montée crescendo de la violence de ces enfants face à un autre avec la complicité implicite d'une adulte est insupportable et le narrateur qui n'arrive pas à réagir ou trop tard est révoltant...

Ce livre est bouleversant, choquant, dérangeant difficile de trouver des adjectifs assez forts pour définir mon impression.
Âmes sensibles s’abstenir !

The_Girl_Next_Door

Cette histoire a été adaptée au cinéma par Gregory M. Wilson en 2007. 

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour ce partenariat.

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Extrait : (début du livre)
Vous pensez connaître la douleur ?
Parlez-en à ma deuxième femme. Elle sait. Ou elle croit savoir.
Elle m'a raconté qu'une fois, quand elle avait dix-neuf ou vingt, elle s'est interposée entre deux chats qui se battaient – le sien et celui d'un voisin – et l'un deux s'en est pris à elle. Il lui a grimpé dessus, comme à un arbre, lui a lacéré les cuisses, le ventre et les seins, laissant des entailles encore visibles aujourd'hui. Il lui a flanqué une telle frousse qu'elle est tombée en arrière, contre le vaisselier du début du siècle de sa mère, cassant son plus beau plat à tarte en céramique et s'éraflant la peau des côtes sur quinze bon centimètres pendant que le chat en furie reprenait le même chemin en sens inverse, toutes griffes dehors. Je crois qu'elle m'a dit qu'elle s'en était tirée avec trente-six points de suture. Plus une fièvre qui a duré plusieurs jours.
D'après ma deuxième épouse, c'est ça, la douleur.
Elle sait que dalle, cette bonne femme.

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45/50 :  Indiana
lieu du fait divers

Challenge Trillers et Polars

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catégorie "Même pas peur" :  12/25

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Challenge US

 

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05 novembre 2013

Défendre Jacob - William Landay

d_fendre_jacob Michel Lafon - octobre 2012 - 444 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Mothe

Titre original : Defending Jacob, 2012

Quatrième de couverture :
Depuis vingt ans, Andrew Barber est procureur adjoint du comté de Massachusetts. Admiré par ses pairs pour sa combativité au tribunal, respecté de la communauté, il est aussi un père de famille heureux, veillant sur sa femme Laurie et leur fils Jacob. Quand un crime atroce secoue la quiétude de sa petite ville, c’est la foudre qui s’abat sur lui : son fils de 14 ans est accusé du meurtre d’un camarade de classe. Andrew ne peut croire à la culpabilité de Jacob et va tout mettre en œuvre pour prouver son innocence. Mais à mesure que les indices à charge s’accumulent et que le procès approche, certaines révélations surgies du passé sèment le doute et menacent de détruire son mariage, sa réputation et sa foi en la justice. Le dos au mur, Andrew devra faire face au pire dilemme de sa vie : choisir entre la loyauté et la vérité pour défendre cet adolescent qu’il connaît si mal. Dans ce thriller psychologique au suspense à couper le souffle, William Landay dresse le portrait d’une famille en crise confrontée aux démons de la culpabilité, de la trahison et de l’abîme qui peut s’ouvrir sous nos pieds en un instant. Le thriller événement dont tout le monde parle

Auteur : William Landay est l’auteur de thrillers acclamés par la critique, dont Boston Requiem qui a reçu le prestigieux prix John Creasey Dagger du premier roman policier en 2003. Diplômé de l’université de Yale, il fut procureur adjoint avant de se tourner vers l’écriture. Il vit aujourd’hui à Boston.

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Ce livre est un excellent thriller psychologique. Andrew Barber est procureur adjoint du comté de Massachusetts depuis de nombreuses années, il est apprécié par tous dans son travail. C'est lui qui nous raconte cette histoire à la première personne. 
Tout commence le jour où Andrew Barber est envoyé sur les lieux d’un crime, celui d’un adolescent, camarade de son fils Jacob. Il n'y a pas beaucoup d'indices et l'on suspecte tout d'abord un délinquant sexuel mais la présence d'une empreinte digitale désigne Jacob comme suspect n°1.

Jacob est le fils d'Andrew et Laurie. Il est âgé de quatorze ans... Pour Andrew c'est impossible, il est persuadé que son fils ne peut pas être coupable, Laurie, elle s’interroge, ont-ils raté quelque chose dans l'éducation de leur fils ? Ont-ils engendré un monstre ? La famille est secouée, déstabilisée.
Le lecteur est captivé par cette histoire et le suspense est présent tout au long du récit avec également cette question "Jacob est-il coupable oui ou non ?" 
J’ai beaucoup aimé les descriptions des investigations, puis du procès et ses interrogatoires, l'auteur a su rendre cela intéressant, palpitant...
Et j'ai été très surprise par le dénouement final inattendu. Un livre très réussi.

Note :  ♥♥♥♥♥ 

 

Extrait : (début du livre)
M. Logiudice : Veuillez, s'il vous plaît, décliner votre identité.
Le témoin :    Andrew Barber.
M. Logiudice : Quelle est votre profession, monsieur Barber ?
Le témoin :    J'ai été procureur adjoint de ce comté pendant vingt-deux ans.
M. Logiudice : Vous "avez été"... Que faites-vous maintenant ?
Le témoin :    Disons que je suis sans emploi.

En avril 2008, Neal Logiudice me convoquait finalement devant le grand jury. A ce stade, c'était trop tard. Trop tard pour cette affaire, sans aucun doute, mais trop tard aussi pour Logiudice. Sa réputation était déjà irrémédiablement  compromise, et sa carrière aussi. Avec une réputation ternie, un procureur peut continuer d'exercer un certain temps, cahin-caha, mais ses collègues vont se mettre à le regarder comme des loups, et il finira par devoir partir, dans l'intérêt de la meute. Je l'ai constaté bien des fois : un jour, un procureur adjoint est irremplaçable, le lendemain il est oublié.

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Challenge US

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45/50 :  Massachusetts

Challenge Petit BAC 2013

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"Prénom"

Challenge Trillers et Polars

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catégorie "Même pas peur" :  11/25

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27 octobre 2013

Dans le silence du vent - Louise Erdrich

9782226249746g Albin Michel - août 2013 - 480 pages

traduit de l'américain par Isabelle Reinharez

Titre original : The round house, 2012

Quatrième de couverture : 
Récompensé par la plus prestigieuse distinction littéraire américaine, le National Book Award, élu meilleur livre de l’année par les libraires américains, le nouveau roman de Louise Erdrich explore avec une remarquable intelligence la notion de justice à travers la voix d’un adolescent indien de treize ans. Après le viol brutal de sa mère, Joe va devoir admettre que leur vie ne sera plus jamais comme avant. Il n’aura d’autre choix que de mener sa propre enquête. Elle marquera pour lui la fin de l’innocence.

Auteur : Ojibwe par sa mère, germano-américaine par son père, Louise Erdrich a grandi sur une réserve indienne du Dakota du Nord. Considérée comme l'un des plus importants écrivains américains contemporains, elle bâtit, livre après livre, une oeuvre forte et singulière, couronnée de nombreux prix dont le National Book Critics Award pour Love medecine ou les National Book Award et American booksellers Award pour son nouveau roman Dans le silence du vent (élu un des 10 meilleurs livres de l'année 2012 par l'ensemble de la presse américaine).

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Le narrateur du roman, Joe est un jeune indien de 13 ans, il vit avec ses parents dans une réserve du Dakota du Nord. Son père, Bazil est juge au tribunal tribal, sa mère, Géraldine est spécialiste des appartenances tribales. L'histoire commence par un drame, Géraldine n’est pas rentrée à la maison, lorsque Joe et Bazil la retrouvent, elle est en état de choc : elle a été violée et a échappé à son agresseur qui voulait la tuer. A partir de ce jour, elle s'enferme dans sa chambre, ne parle plus, elle est plongée dans une dépression. La police va faire son enquête pour retrouver le coupable. Bazil va utiliser tous les moyens dont il dispose pour punir l'agresseur mais les lois américaines et les lois indiennes s'appliquent inégalement. Le coupable étant blanc et l'agression ayant eu lieu sur la réserve, il est très difficile de le poursuivre...
Cette injustice pousse Joe avec l'aide de ses meilleurs amis Cappy, Zack et Angus de mener sa propre enquête
L'histoire se passe dans une réserve, le lecteur suit l'évolution de l'enquête de la police, des recherches des jeunes garçons tout en découvrant la vie quotidienne de la réserve où se mêle mode de vie américaine et les traditions indiennes. La famille est importante, elle soutient Joe et ses parents dans le malheur. Les personnages sont attachants comme le grand-père Mooshum qui raconte des légendes indiennes dans son sommeil, ou la tante Sonia dont la poitrine fascine Joe...
L'auteur traite dans ce livres des sujets graves autour de la condition indienne mais également relatent des épisodes plus humoristiques de la vie dans la réserve en particulier lorsque les quatre adolescents se retrouvent ensemble.

J'ai découvert les problèmes juridiques que subissent les amérindiens, en particulier les viols impunis de femmes indiennes par des agresseurs blancs. Dans la postface, l'auteur explique même qu'au cours de sa vie, une indienne sur trois sera violée. 
Joe est très sympathique et attachant, il est touché par le drame que vit sa mère, depuis il ne la reconnait plus. Il est en pleine adolescence et son amitié indéfectible qu'il partage avec ses amis est formidable. Ce crime ne peut pas rester impuni ! 

Note :  ♥♥♥♥ 

Extrait : (début du livre)
1988
Des petits arbres avaient attaqué les fondations de notre maison. Ce n'étaient que de jeunes plants piqués d'une ou deux feuilles raides et saines. Les tiges avaient tout de même réussi à s'insinuer dans de menues fissures parcourant les bardeaux bruns qui recouvraient les parpaings. Elles avaient poussé dans le mur invisible et il était difficile de les extirper. Mon père a essuyé la paume de sa main en se la passant sur le front et a maudit leur résistance.
Je me servais d'un vieil arrache-pissenlit rouillé au manche plein d'échardes ; mon père maniait un long et fin tisonnier en fer qui devait faire plus de mal que de bien. Comme il piquait à l'aveuglette là où il supposait que des racines avaient pu pénétrer, à coup sûr il ouvrait dans le mortier des trous bien pratiques pour les jeunes plants de l'année à venir.
Chaque fois que je réussissais à dégager un tout petit arbre, je le posais à côté de moi tel un trophée sur l'étroit trottoir qui entourait la maison. Il y avait des pousses de frêne, d'orme, d'érable, de négondo, même un catalpa de bonne taille, que mon père a mis dans un vieux seau de crème glacée en pensant qu'il trouverait peut-être un endroit où le replanter. Pour moi c'était un miracle que les arbrisseaux aient survécu à un hiver passé dans le Dakota du Nord. Ils avaient peut-être eu de l'eau, mais bien peu de lumière et seulement quelques miettes de terre. Pourtant chaque graine était parvenue à plonger profondément l'ardillon d'une racine et à projeter une vrille exploratrice vers l'extérieur.
Mon père s'est mis debout, en étirant son dos douloureux. Ça suffit, a-t-il dit, lui qui d'habitude était un perfectionniste.
Mais je n'avais pas envie de m'arrêter, et quand il est entré dans la maison pour téléphoner à ma mère, partie à son bureau chercher un dossier, j'ai continué à tirer sur les petites racines cachées. Il n'est pas ressorti et j'ai pensé qu'il avait dû s'allonger pour faire la sieste, ce qui maintenant lui arrivait de temps à autre. On aurait pu imaginer qu'à ce moment-là, un garçon de treize ans avait mieux à faire, je me serais arrêté, mais bien au contraire. Alors que l'après-midi s'écoulait et que tout sur la réserve était gagné par le calme et le silence, il m'a paru de plus en plus nécessaire que chacun de ces envahisseurs soit tiré de là jusqu'à l'extrême bout de sa racine, où se concentrait toute la croissance vitale. Et il me semblait tout aussi nécessaire de faire un boulot méticuleux, comparé à tant de mes tâches mal terminées.
Aujourd'hui encore, je m'étonne de la vigueur de ma concentration. Je glissais les dents de mon outil le plus près possible le long de la pousse. Chaque petit arbre exigeait une stratégie propre. Il était presque impossible de ne pas le briser avant que ses racines puissent être retirées intactes de leur cachette tenace.
J'ai fini par abandonner, je suis entré en catimini dans la maison et me suis glissé dans le bureau de mon père. J'ai ris l'ouvrage de droit que mon père appelait La Bible. Le Manuel de droit fédéral indien de Félix S. Cohen. Mon père l'avait reçu des mains de son père ; la reliure rouille était éraflée, le long dos craquelé, et chacune des pages comportait des commentaires manuscrits. Je tentais de me familiariser avec la langue désuète et les perpétuelles notes de bas de page. Mon père, ou mon grand-père, avait mis un point d'exclamation p. 38, à côté de l'affaire en italiques qui m'avait naturellement intéressé, moi aussi : États-Unis contre 43 gallons de whisky. Je suppose que, comme moi, l'un d'eux avait trouvé ce titre ridicule. Malgré tout j'analysais l'idée, introduite dans d'autres affaires et confortée par celle-ci, que nos accords conclus avec le gouvernement étaient semblables à des traités conclus avec des nations étrangères. Que la grandeur et la puissance dont parlait Mooshum, mon grand-père, n'avaient pas entièrement disparu, car elles étaient, du moins dans une certaine mesure que je voulais connaître, encore protégées par la loi.

Déjà lu du même auteur :

la_chorale_des_maitres_bouchers_p La Chorale des maîtres bouchers la_mal_diction_des_colombes La malédiction des colombes

omakayas Omakayas love_medecine_p Love Medecine la_d_capotable_rouge La décapotable rouge 

le_jeu_des_ombres Le jeu des ombres 

mois_am_ricain 
Le Mois Américain :  "Un livre de Louise Erdrich"

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45/50 :  Dakota du Nord

   Challenge Petit BAC 2013

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"Météo"

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13/12

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25 octobre 2013

La lune était noire - Michael Connelly

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Livraphone - juin 2007 - 10h09 - Lu par Marie-Christine Letort

Seuil - avril 2000 - 376 pages

Points - mai 2001 - 464 pages

Points - octobre 2003 - 464 pages

Calmann-Lévy - mars 2012 - 384 pages

Livre de Poche - janvier 2012 - 480 pages

traduit de l'américain par Robert Pépin

Titre original : Void moon, 1999

Quatrième de couverture :
Contrainte de passer à l'action pour protéger le secret qui la déchire, Cassie Black, une ancienne détenue maintenant en liberté conditionnelle  décide de cambrioler la suite d'un grand flambeur du casino Cleopatra, à Las Vegas. Caméras de surveillance partout, gardes armés, coffres forts blindés, etc., la sécurité sans faille- et dirigée par un certain Kerch, individu particulièrement sadique et retors dans sa façon de penser. S'attaquer à lui c'est courir à la mort, mais c'est le risque que doit prendre Cassie si elle veut réussir. Et ce n'est rien en comparaison de ce qui se passe lorsqu'on comprend que l'enjeu est mille fois plus énorme que ce à quoi on s'attendait au début de l'affaire. Car bien sûr dans l'énorme partie qui se joue, toutes les cartes sont biaisées.

Auteur : Né à Philadelphie, Pennsylvanie le 21 juillet 1956, c'est en lisant les romans de Raymond Chandler que Michael Connelly décide de se consacrer à l'écriture. Il étudie alors la technique de l'écriture et le journalisme à l'université de Floride où enseigne le romancier Harry Crews. Le diplôme obtenu, il se lance dans le journalisme et écrit pour les journaux Fort Lauderdale et Daytona Beach. Il s'intéresse tout particulièrement au crime et couvre 'la guerre de la drogue', période pendant laquelle la Floride connut une vague de violence inattendue. En 1986, une enquête sur les rescapés d'un crash d'avion lui vaut d'être cité pour le prix Pulitzer et de travailler pour le prestigieux Los Angeles Times. Il publie son premier roman 'Les Egouts de Los Angeles' en 1992 dont le héros tourmenté, l'inspecteur Harry Bosch, deviendra un héros récurrent dans son oeuvre. On le retrouvera entre autres dans 'L' Envol des anges' et 'Lumière morte'. Récompensé dans de nombreux pays, Connelly puise son inspiration de son expérience de journaliste, de faits divers et de sa fascination pour le rapport ambivalent de l'homme face au crime et à la justice. Après 'Los Angeles River' en 2004 et 'Deuil interdit' en 2005, il offre au public une nouvelle enquête de Bosch dans 'Echo Park' en 2007. Véritables best-sellers, les romans de Michael Connelly font de lui l'un des maîtres incontestés du roman noir. Il vit en Floride avec sa femme et sa fille.

Lecteur : Après des études de lettres, Marie-Christine Letort entre au Conservatoire National d’Art Dramatique de Rennes, puis à l’Ecole Florent en classe libre. Au théâtre, elle a joué dans Le retour au désert de Bernard-Marie Koltès mis en scène par Jean de Pange, Les enfants d’Edward Bond mis en scène par Jean-Pierre Garnier et dernièrement dans Zoo de Vercors mis en scène par Jean-Paul Tribout.
Marie-Christine Letort travaille régulièrement avec Jean-Luc Revol (Molière, Marivaux, D. Parker, Botho Strauss,…).
Au cinéma, Marie-Christine Letort a tourné sous la direction de Philippe Faucon et à la télévision, sous la direction de Christiane Le Hérissey , Gérard Vergez… Richard III est sa première collaboration avec Philippe Calvario.

Mon avis : (écouté en octobre 2013)
Je ne suis pas une habituée de cet auteur et j'ai plutôt bien aimé cette lecture audio.
Cassie Black a trente ans et un passé douloureux. Cambrioleuse, elle a fait plusieurs années de prison à cause d'un contrat qui a mal tourné. Cassie a réussi à obtenir une remise de peine et une liberté surveillée. Elle a bien décidé à se tenir à carreau et ne pas replonger mais un événement imprévu va l'obliger à participer à un dernier coup pour gagner beaucoup d'argent... Elle doit pénétrer dans une suite du casino Cleopatra, à Las Vegas malgré la présence de nombreuses caméras de surveillance, de gardes armés, de coffres forts blindés.
Le lecteur suit l'histoire du côté du cambrioleur avec tous les détails techniques pour préparer le coup, les problèmes qui vont arriver lors de l'exécution du coup et Cassie se retrouve au cœur d'une machination. Elle va devoir faire face à une course poursuite meurtrière contre un détective privé pas très net... 
Le dénouement est assez inattendu.
Le roman a été écrit comme un feuilleton télévisé, avec des chapitres courts et haletants. L'écoute est plutôt agréable et facile même si pour maintenir du suspens, l'auteur passe d'une scène à l'autre à chaque chapitre...

Note :  ♥♥♥

Déjà lu du même auteur : 

le_verdict_de_plomb Le verdict du plomb le_po_te Le poète 

 

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Le Mois Américain 

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45/50 :  Nevada

Challenge Trillers et Polars

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   Challenge Petit BAC 2013
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"Géographie"

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24 octobre 2013

Sur ma peau - Gillian Flynn

Lecture Commune 
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"Un livre de Gillian Flynn"

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Calmann-Lévy - avril 2007 - 285 pages

Livre de Poche - février 2008 - 381 pages

France Loisir - 2008 - 

traduit de l'anglais par Christine Barbaste

Titre original : Sharp objects, 2006

Quatrième de couverture :
La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a disparu. Déjà l'été dernier, une enfant avait été enlevée. On l'avait retrouvée peu après, étranglée, les dents arrachées... La jeune journaliste Camille Preaker est envoyée sur les lieux pour couvrir l'affaire. Elle a grandi à Wind Gap et elle sera la mieux placée pour enquêter, selon le directeur de son journal.

Mais pour Camille, retourner sur les lieux de son enfance, c'est réveiller des souvenirs douloureux.
Adolescente, incapable de faire face à la folie de sa mère et traumatisée par la mort inexpliquée de sa sœur cadette, Camille a gravé sur sa peau les souffrances qu'elle n'a pu exprimer. Son corps n'est qu'un entrelacs de cicatrices...
Le cadavre de l'enfant disparue est bientôt retrouvé et, très vite, les soupçons de la police se portent sur le frère d'une des fillettes. II semble le coupable idéal, mais Camille a des doutes.
Hantée par la tragédie de son enfance, elle comprend très vite qu'elle devra pourtant trouver la force de l'affronter si elle veut découvrir la vérité...

Auteur : Gillian Flynn est née à Kansas City. Après Sur ma peau et Les Lieux sombresLes Apparences est son troisième roman.

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Camille Preak est une jeune journaliste d'un petit quotidien à Chicago. Elle a quitté Wind Gap, sa ville natale depuis une dizaine d'année sans jamais y revenir. Mais pour couvrir le meurtre et la disparition de deux fillettes, Frank Curry, son rédacteur en chef, l'envoie à Wind Gap persuadé qu'étant originaire du lieu elle sera la mieux à même de rendre compte de l'évolution de l'enquête. Camille est alors obligée de renouer avec sa famille. Peu à peu le lecteur comprend que Camille est fragile et que ce retour en famille lui fait revivre un passé douloureux. La journaliste va enquêter et chercher à comprendre qui est l'auteur de ces horribles crimes, en parallèle la jeune femme va être confrontée aux souvenirs de son enfance et devoir affronter des fantômes de son passé.

Ce livre est un roman très noir avec une intrigue policière qui passe au second plan. En effet, Gillian Flynn s'est surtout intéressée à la petite ville de Wind Gap, ses habitants et à la famille assez singulière de la narratrice et héroïne de l'histoire. 
L'enquête est vraiment très bien construite, en tant que lecteur on se pose de nombreuses questions, on fait de multiples suppositions, on pense avoir compris et pas du tout, nous allons de surprises en surprises. J'ai retrouvé dans ce livre le talent découvert dans Les lieux sombres. Une belle surprise.

Extrait : (début du livre)
Je portais un pull neuf, d'un rouge agressif, hideux. On avait beau être le 12 mai, le thermomètre avait chuté sous la barre des dix degrés et après quatre jours à grelotter en petite chemise, plutôt que de fouiller dans mes cartons de fringues d'hiver, j'étais allée acheter de quoi me couvrir dans un magasin qui faisait des promos. Le printemps à Chicago.
J'étais dans mon box tendu de toile de jute, devant l'ordinateur, le regard rivé sur l'écran. Mon papier du jour traitait d'un cas aussi sordide que banal. On avait retrouvé dans le South Side quatre mômes, âgés de deux à six ans, enfermés dans une chambre avec deux ou trois sandwiches au thon et un quart de lait. Cela faisait trois jours qu'ils étaient parqués là, à s'agiter sur la moquette comme des poules en cage, au milieu de la nourriture et des excréments. Leur mère s'en était allée tirer sur une pipe, et les avait tout bonnement oubliés. Ce sont des choses qui arrivent. Pas de brûlures de cigarette, ni d'os brisés. Juste une étourderie, irrattrapable. J'avais vu la mère après son arrestation : Tammy Davis, une femme de vingt-deux ans, blonde et grasse, avec une grosse pastille de fard rose sur chaque joue. Je l'imaginais sans peine affalée sur un canapé déglingué, en train d'arrondir les lèvres sur la pipe, d'inhaler une bouffée âcre. Ensuite, tout ce mettait à flotter dans sa tête : oubliés les mômes, loin derrière ; elle revoyait ses années collège, où elle était la plus jolie - une ado de treize ans qui mettait du gloss et mâchait des chewing-gums à la cannelle avant d'embrasser ses prétendants.

 

Déjà lu du même auteur : 

les_lieux_sombres Les lieux sombres les_apparences Les apparences

 

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Le Mois Américain :  "Un livre de Gillian Flynn"

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45/50 :  Missouri

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catégorie "Même pas peur" :  9/25

   Challenge Petit BAC 2013
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"Partie du corps"

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22 octobre 2013

Le bruit et la fureur - William Faulkner

Lecture Commune 
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"Un livre de William Faulkner"

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Livre de Poche - 1959 - 

Folio - juillet 1972 - 384 pages

Folio - 1978 - 378 pages

traduit de l'américain par Maurice-Edgar Coindreau

Titre original : The sound and the fury, 1972

Quatrième de couverture : 
« oui je le hais je mourrais pour lui je suis déjà morte pour lui je meurs pour lui encore et encore chaque fois que cela se produit...
pauvre Quentin
elle se renversa en arrière appuyée sur ses bras les mains nouées autour des genoux
tu n'as jamais fait cela n'est-ce pas
fait quoi
ce que j'ai fait
si si bien des fois avec bien des femmes
puis je me suis mis à pleurer sa main me toucha de nouveau et je pleurais contre sa blouse humide elle était étendue sur le dos et par-delà ma tête elle regardait le ciel je pouvais voir un cercle blanc sous ses prunelles et j'ouvris mon couteau. »

Auteur : William Faulkner est né en 1897 dans l'Etat du Mississipi. Il appartient à une vieille famille aristocratique ruinée par la guerre de Sécession.
Après avoir essayé d'exercer différents métiers, après avoir vécu à New-York et à Paris, il revient habiter dans son pays natal et s'installe à Oxford, Mississippi. Il partage alors son temps entre la littérature et la gestion de ses terres.
William Faulkner a reçu le prix Nobel en 1949. Il est mort en juillet 1962.
Il est probablement l'écrivain américain qui a eu le plus d'influence sur la littérature contemporaine, et en France, en particulier, il a été découvert et commenté par André Malraux, Jean-Paul Sartre, Claude Edmonde-Magny et bien d'autres écrivains. 

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Suite au Challenge « Le mois américain », ce livre m'a été offert l'année dernière par Titine à l'occasion d'un concours. Ce « mois américain » 2013 était l'occasion rêvée de le sortir de ma PAL...
J'ai été un déstabilisée par ce livre... Tout d'abord, j'ai commencé à le lire sans lire la préface et au bout de trente pages... je n'y comprenais rien... Je suis alors allée sur la blogosphère pour avoir quelques informations et j'ai compris que cette lecture se méritait et j'ai donc lu la préface qui m'a donnée de nombreux éléments pour me donner le courage de me plonger dans ce livre exigent et pour mieux comprendre cette lecture.

En voici une synthèse :
C'est l'histoire dramatique d'une famille blanche du Sud américain juste avant le crash boursier de 1929 : les Compson avec Jason, le père, pasteur, sa femme Caroline, leurs enfants, trois fils et une fille : Quentin, Candace (nommée Caddy), Jason et Maury. Maury est handicapé mental, il a été renommé Benjamin (ou Benjy) pour ne pas faire de tort à son oncle Maury (le frère de Caroline). Ils ont à leur service une famille de domestiques noirs, avec Roskus, le père, Dilsey, la mère et leurs garçons, T.P. et Versh et une fille, Frony. Pour en terminer avec les présentations, à l'âge adulte, Caddy a eu un fille qu'elle a nommé Quentin et Frony un fils nommé Luster.

Le livre est divisé en quatre parties : Dans la première, c'est Benjamin le narrateur, ce qui explique la difficulté de comprendre le début de l'histoire, l'esprit de Benjamin est désordonné et il mélange dans sa narration des évènements du présent (en 1928, il a alors trente-trois ans) et du passé (environ trente ans plus tôt) et il passe de l'un à l'autre comme du coq à l'âne...
Quentin fils est le narrateur de la deuxième partie, elle se situe en 1910 alors qu'il est étudiant à Havard. La narration n'est pas tellement plus claire...
Jason fils est le narrateur de la troisième partie qui se passe également en 1928. Il mêle également les évènements du présent avec ceux du passé.
La quatrième partie met en avant Dilsey, la vieille domestique noire spectatrice de la chute de la famille.

J'ai été laborieusement jusqu'au bout de cette lecture... Et je n'ai malheureusement pas su apprécier ce livre. La difficulté de lecture a primé sur le plaisir... J'ai raté le rendez-vous...

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En 1959, le réalisateur américain Martin Ritt a adapté le livre Le Bruit et la fureur (The Sound and the Fury) avec Yul Brynner, Joanne Woodward, Margaret Leighton. 

Extrait : (page 129)
Le tram s'approcha, s'arrêta. Le carillon sonnait toujours la demie. J'y montai et il repartit effaçant la demie. Non : moins le quart. Ça ne fera jamais que dix minutes, du reste. Quitter Harvard le rêve de ta mère vendu le pré de Benjy pour qu'ai-je fait pour mériter des enfants pareils Benjamin était un châtiment suffisant et elle maintenant sans la moindre considération pour moi sa propre mère j'ai souffert pour elle rêvé fait des plans des sacrifices je suis descendue dans la vallée et malgré cela jamais depuis le jour où elle ouvrit les yeux elle n'a pensé à moi autrement que par égoïsme parfois je la regarde et me demande si elle est bien vraiment ma fille sauf Jason lui ne m'a jamais causé une minute de chagrin depuis que je l'ai tenu dans mes bras je savais alors qu'il serait ma joie et mon salut je pensais que Benjamin était un châtiment suffisant pour les péchés que j'ai pu commettre je croyais c'était un châtiment pour avoir mis de côté mon orgueil et épousé un homme qui se croyait supérieur à moi je ne me plains pas je l'aimais plus que tout au monde à cause de cela par devoir bien que Jason me tînt au cœur cependant mais je vois maintenant que je n'ai pas assez souffert je vois maintenant qu'il me faut payer pour vos péchés aussi bien que pour les miens qu'avez-vous donc commis quels péchés votre riche et puissante famille a-t-elle donc déversés sur ma tête mais vous les soutiendrez toujours vous avez toujours trouvé des excuses pour ceux de votre sang il n'y a que Jason qui puisse mal faire parce qu'il est plus Bascomb que Compson tandis que votre propre fille ma petite fille ma petite enfant ne vaut elle ne vaut pas ça quand j'étais jeune j'étais malheureuse je n'étais qu'une Bascomb on me disait qu'il n'y a pas de milieu qu'une femme est une lady ou ne l'est pas mais je n'aurais jamais pu penser quand je la tenais dans mes bras qu'une de mes filles pourrait jamais se laisser aller à vous ne savez donc pas que je n'ai qu'à la regarder dans les yeux pour savoir 

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Le Mois Américain : "Un livre de William Faulkner"

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45/50 :  Missouri

   Challenge Petit BAC 2013
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"Sentiment"

 

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16 octobre 2013

Piège nuptial / Cul de sac - Douglas Kennedy

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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piege_nuptial_audio cul_de_sac Cul_de_sac_gallimard Cul_de_sac_piment Cul_de_sac_folio pi_ge_nuptial_belfond pi_ge_nuptial_p2 pi_ge_nuptial_p

Audiolib - janvier 2009 - lu par Tony Joudrier

Gallimard - janvier 1997 - 261 pages

Folio - 2006 - 292 pages

Editions France Loisirs - 2007 - 270 pages

traduit de l'américain par Catherine Cheval

Belfond - novembre 2008 - 272 pages

Pocket - janvier 2010 - 250 pages

Pocket - 2013 - 250 pages

traduit de l'américain par Bernard Cohen

Titre original : The Dead Heart, 1994

Quatrième de couverture :
Fasciné par une carte d’Australie, Nick, un journaliste américain, décide de tout plaquer pour atterrir à Darwin.
Une nuit fatale, un accident avec un kangourou et sa rencontre avec la jeune et robuste Angie vont le mener au cœur du bush, au milieu de nulle part, au sein d’un clan d’allumés coupés du monde.
Pris au piège, Nick va devoir user de tous les moyens possibles pour échapper à ceux qui l’ont adopté à son corps très défendant. En jeu : sa survie, tant physique que mentale…

Auteur : Douglas Kennedy est né à Manhattan le 1er janvier 1955. Ancien auteur de théâtre, il devient journaliste free-lance. Auteur de deux récits de voyage, Au pays de Dieu (2004) et Au-delà des pyramides (2010), Douglas Kennedy s'est imposé avec, entre autres, L'homme qui voulait vivre sa vie (1998, réédition en 2010), La Poursuite du bonheur (2001), Les Charmes discrets de la vie conjugale (2005), La Femme du Ve (2007), Piège nuptial (2008) et Quitter le monde (2009). Divorcé et père de deux adolescents, Douglas Kennedy vit entre Londres, Paris, Berlin et les États-Unis. Il est aujourd’hui un des auteurs favoris des Français, avec plus de 2 millions d’exemplaires vendus pour l’ensemble de ses titres, dont plusieurs sont en cours d‘adaptation cinématographique.

Lecteur : Tony Joudrier : Ce comédien de théâtre complet, formé chez Daniel Mesguich et Jean-Laurent Cochet, est également auteur de théâtre et narrateur de pièces radiophoniques. Il prête sa voix à de nombreuses séries télévisées et au cinéma.

Mon avis : (écouté en septembre 2013)
Ce titre est le premier roman de Douglas Kennedy. Nick est un journaliste américain, un jour il achète une vieille carte routière de l'Australie dans une librairie de Boston, il décide alors sur un coup de tête de partir là-bas et de traverser le pays. A son arrivée à Darwin, Nick achète un vieux minibus Volkswagen et part sur les routes de l'outback australien. Il ne sait pas encore que son périple australien va virer au cauchemar... Cela commence par sa rencontre en pleine nuit avec un kangourou... puis il rencontre dans une station-service la blonde Angie. Celle-ci va le piéger et l'emmener dans sa communauté un peu spécial de Wollanup... Nick va devoir se surpasser pour trouver le moyen de se sortir de ce piège impossible...

Douglas Kennedy nous immerge dans l'Australie profonde, avec de longues et belles descriptions des paysages, de l'atmosphère moite et étouffante, dans la version audio il y même une musique d'un didgeridoo pour ponctuer les débuts de chapitres...
J'ai eu un peu de mal à entrer dans le début de l'histoire, car au début de son voyage, Nick est plus souvent dans les bars que sur la route... J'ai quand même bien apprécié la scène de la rencontre de nuit de Nick avec un kangourou...
C'est vraiment à partir de l'arrivée de Nick à Wollanup, que j’ai été happée par l’histoire, curieuse de savoir comment notre malheureux "héros" allait pouvoir se sortir de ce guêpier... Cette histoire est assez peu crédible mais vraiment très originale, l'écriture est très imagée et j'ai beaucoup aimé le lecteur, qui a su parfaitement pour restituer l'atmosphère du livre passant de scènes hilarantes à d'autres vraiment cauchemardesques... Une vraie découverte !

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Le film Bienvenue à Woop Woop, réalisé par Stephan Elliott en 1997 est une adaptation du livre.

 

Déjà lu du même auteur :

l_homme_qui_voulait_audio L'homme qui voulait vivre sa vie combien Combien ? 

  Challenge Petit BAC 2013
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"Partie du corps"

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Le Mois Américain

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44/50 : New-York 

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  8/25

 d_fi_du_1er_roman 
Défi 1er roman

Posté par aproposdelivres à 06:44 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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