27 avril 2014

Film : Last Days of summer - Jason Reitman

Date de sortie : 30 avril 2014

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 Labor_Day_Poster Labor-Day-Film

Réalisé par : Jason Reitman

Acteurs : Kate Winslet, Josh Brolin, Gattlin Griffith, Tobey Maguire

Titre original : Labor Day2013

Durée : 1h51 

Adaptation du roman de Joyce Maynard, Long Week end

Synopsis : Lors du dernier week-end de l’été, Frank, un détenu évadé, condamné pour meurtre, oblige Adèle et son fils Henry à le cacher chez eux. Très vite, la relation entre le ravisseur et la jeune femme prend une tournure inattendue. Pendant ces quatre jours, ils vont révéler de lourds secrets et réapprendre à aimer...

Mon avis : (vu en avril 2014)
J'ai eu la chance de pouvoir découvrir en avant première ce film adapté du roman Long Week end de Joyce Maynard. J'ai lu ce livre en 2010 et je me rappelle avoir été touchée par cette histoire. L'adaptation cinématographique est très proche du livre, je ne me souvenais pas de certains détails mais le lendemain de la séance de cinéma, je me suis empressée de relire quelques passages du livre pour me rafraîchir la mémoire...
Frank est un détenu en fuite, il force Adèle et son fils Henry à le cacher dans leur maison durant le dernier week-end de l'été. Il compte attendre quelques jours pour se faire oublier par la police avant de poursuivre sa route. Ils vont passer tous les trois un week-end inoubliable... 
En effet, cela commence par une prise d'otage, mais rapidement Frank devient protecteur, il a compris le mal-être d'Adele et le dévouement d'Henry pour sa mère. La scène de la confection de la tarte aux pêches est emblématique :  beaucoup de douceur, de sensualité, un vrai moment de complicité entre Henry, Adele et Frank. 
Durant ces 4 jours, chacun des personnages évoluent, Henry passe de l'enfance à l'adolescence. Adele sort de sa dépression, elle prend confiance en elle et sa rencontre avec Frank lui redonne goût à la vie. Frank, dur et brutal dans les premiers instants, devient vite protecteur et "père de famille" pour Adele et Henry.
J'ai beaucoup aimé les différentes atmosphères du film. Les décors et paysages sont superbes.
Les trois acteurs sont formidables : ils arrivent à exprimer leurs sentiments, leurs états d'âme sans utiliser les mots. On ressent la grande connexion entre les personnages qui se comprennent à travers de simples regards.
Seule petite réserve sur les flash back, je n'ai compris que vers la fin du film qu'ils concernaient le passé de Frank...

Un grand merci à Marie-Clémentine et Way to Blue pour l'invitation à la projection de ce film avec en bonus avant le film la dégustation d'une part de tarte à la pêche et un verre de cidre.

long_week_end Long week-end – Joyce Maynard

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08 avril 2014

Un ciel rouge, le matin - Paul Lynch

 Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226256072g Albin Michel - février 2014 - 285 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Marina Boraso

Titre original : Red sky in morning, 2013

Quatrième de couverture : 
Tableau âpre et ténébreux de l’Irlande du XIXe siècle et de sa brutale réalité sociale, Un ciel rouge, le matin possède la puissance d’évocation des paysages du Donegal où il se déroule en partie. Le lyrisme sombre et poétique de Paul Lynch, qui signe là un remarquable premier roman, en exprime la force autant que les nuances, entre ombre et lumière.
Printemps 1832. Coll Coyle, jeune métayer au service d’un puissant propriétaire anglais, apprend qu’il est expulsé avec femme et enfants de la terre qu’il exploite. Ignorant la raison de sa disgrâce, il décide d’aller voir l’héritier de la famille, qui règne désormais en maître. Mais la confrontation tourne au drame : Coll Coyle n’a d’autre choix que de fuir. C’est le début d’une véritable chasse à l’homme, qui va le mener de la péninsule d’Inishowen à Londonderry puis aux États-Unis, en Pennsylvanie. Pleine de rage et d’espoirs déçus, son odyssée tragique parle d’oppression et de vengeance, du lien viscéral qui unit les hommes à leur terre.

Auteur : Paul Lynch est né en 1977 dans le Donegal et vit aujourd'hui à Dublin. Journaliste et critique de cinéma, il écrit régulièrement dans le Sunday Times, l'Irish Daily Mail et l'Irish Times. Un Ciel rouge, le matin est son premier roman, salué comme une révélation par la presse anglo-saxonne.

Mon avis : (lu en avril 2014)
Irlande, plus pécisément, Donegal, printemps 1832. Coll Coyle, un jeune fermier dont la famille est au service du même propriétaire depuis plusieurs générations, apprend que lui, sa femme et son enfant sont expulsés de leur ferme. Incrédule, Coyle veut une explication et il s'adresse au fils du propriétaire et le supplie de ne pas les expulser. Pourtant, la confrontation tourne mal, Hamilton chute de son cheval et se tue. Accusé de meurtre, Coyle doit fuir en abandonnant femme et enfant. Il va avoir à ses trousses Failler homme de main d'Hamilton qui n'a qu'un seul objectif exécuter Coll Coyle et tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins...

A travers cette chasse à l'homme le lecteur découvre l'Irlande déshéritée de la fin du XIXème siècle, les conditions difficiles de la traversée de l'Atlantique en bateau et la construction du chemin de fer avec des ouvriers traités comme des esclaves...
A la violence et la noirceur auxquelles est confronté Coll Coyle s'opposent la beauté et la poésie des descriptions des paysages. La nature est un acteur à part entière de cette histoire. Le lecteur découvrira dans les toutes dernières pages comment tout à commencé et la futilité de l'évènement rend ce récit encore plus sombre.
J'ai beaucoup aimé la beauté du texte, le rythme de l'histoire qui donne envie au lecteur de connaître la conclusion de l'histoire. J'espérais cependant en savoir plus sur la femme et l'enfant restés en Irlande. 

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ce premier roman.

Extrait : (début du livre)
D'abord il n'y a que du noir dans le ciel, et ensuite vient le sang, la brèche de lumière matinale à l'extrémité du monde. Cette rougeur qui se répand fait pâlir la clarté des étoiles, les collines émergent de l'ombre et les nuages prennent consistance. La première averse de la journée descend d'un ciel taci­turne et tire une mélodie de la ­terre. Les arbres se dépouillent de leur vêture d'obscurité, ils s'étirent, leurs doigts feuillus frémissant sous le vent, des flèches de lumière se propagent ici et là, cramoisies puis dorées. La pluie s'arrête, il entend les oiseaux s'éveiller. Ils clignent des yeux en secouant la tête, éparpillent leurs chants à travers le ciel. La vieille terre frissonnante se tourne lentement vers le soleil levant.

 

 Challenge Voisins Voisines 2014
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Irlande

Challenge Petit Bac 2014
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"Couleur" (4)

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Challenge Rentrée Hiver 2014

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03 avril 2014

Aujourd'hui pour toujours - Christophe Paviot

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

aujourd'hui_ Belfond - avril 2014 - 285 pages

Quatrième de couverture :
Acteur star à Hollywood, William plaque tout pour changer de vie. Sur une île de la côte Est l'attend un fulgurant coup de foudre. Mais d'autres rencontres se profilent, étranges et fantomatiques...
William Baker était la plus grande star de Hollywood. Trois Oscar, une vie débridée, le monde à ses pieds. Mais sa carrière s'est effondrée après une chute qui l'a laissé avec une jambe abîmée. Venu sur la côte Est pour se reconstruire loin des frasques hollywoodiennes, il aspire à une vie plus solitaire. A peine débarqué sur l'île de Martha's Vineyard, il a pourtant un coup de foudre pour une New Yorkaise de passage, Lisa Hamilton. Lumineuse, intense, électrisante, leur histoire est en phase avec la beauté et la paix des lieux. Ensemble, William et Lisa découvrent une île pittoresque, magnifique, protégée... et plongent dans une bulle d'amour vrai. Mais cette belle harmonie va être troublée par quelques surprises et par l'apparition d'une étrange petite fille surgie de nulle part... ou plutôt venue du passé. Elle bouleverse leur bonheur et sème la pagaille dans un havre de paix à l'équilibre bien précaire. Car William et Lisa ont plus d'un secret à exhumer. 
D'une écriture imagée et rythmée, Christophe Paviot brosse avec humour et élégance le décor superbe et lointain d'une île du Massachusetts au large de Boston. Une comédie romantique pleine d'inattendu et de fantaisie.

Auteur : Après avoir travaillé comme docker à Valparaíso puis dans une ferme de crocodiles en Australie, Christophe Paviot est aujourd'hui rédacteur dans la publicité. Auteur de romans parmi lesquels Le ciel n'aime pas le bleu (2001) ou La guerre civile est déclarée 2013), il a aussi publié une fiction sur Kurt Cobain, Cassé (2008). Né à Rennes, il vit entre Paris, Rennes et Quiberon. Avec Aujourd'hui pour toujours, il change radicalement de registre.

Mon avis : (lu en mars 2014)
C'est le premier livre que je lisais de cet auteur, la couverture était attirante mais malheureusement j'ai reçu le livre sous forme d'épreuves donc sans couverture illustrée...
William Baker est une ex-star d'Hollywood. A la suite d'un accident, il boite et sa carrière s'est peu à peu arrêté. L'acteur a donc pris la décision de prendre sa retraite à Martha's Vineyard, île située sur la côte sud de la presqu'île du Cap Code et qui accueille la jet set américaine. William Baker vient d'y acheter par internet une superbe maison. Là il rencontre Lisa, une jeune femme venue de New-York pour le week-end dont il tombe amoureux...
Ce livre commençait comme une romance et tout à coup l'auteur y introduit une touche de fantastique et je deviens plus sceptique et je n'avais pas tout vu puisque cela se termine comme un polar avec une enquête autour de la disparition d'un des personnages de l'histoire... Il ne faut pas oublier qu'il y a des secrets d'enfance qui nous serons révélés...

Cela se lit presque trop bien car ces différents évènements sont trop beaux ou trop gros pour être crédibles... 

Merci à Jérémy et aux éditions Belfond pour m'avoir permis de découvrir ce roman et rencontrer son auteur lors du Salon du Livre.

Autres avis : Saxaoul, Keisha

 

Challenge Petit Bac 2014
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"Moment/Temps" (5)

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15 mars 2014

13 jours - Valentina Giambanco

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226254337g Albin Michel - février 2014 - 542 pages

Quatrième de couverture :
L’assassin lui a donné 13 jours.
13 jours pour tenter de comprendre.
13 jours avant de plonger dans les ténèbres…
À Seattle, personne n’a oublié le mystère de la Hoh River : trois gamins enlevés, cachés dans les bois. Seuls deux d’entre eux avaient réapparu, incapables de se souvenir de ce qui leur était arrivé.
Vingt-cinq ans plus tard, un couple et ses deux fils sont sauvagement assassinés. Au-dessus de la porte de la chambre, le tueur a laissé un message : 13 jours.
Très vite convaincue que les deux affaires sont liées, puisque le père de famille qui vient d’être assassiné était l’un des trois enfants kidnappés, la police manque pourtant de preuves. Pour sa première grande enquête, l’inspecteur Alice Madison devra se fier à son instinct. Au cœur des forêts, le cauchemar va recommencer. Dans 13 jours.
Un premier roman sombre et obsédant, best-seller en Grande-Bretagne, qui a imposé Valentina Giambanco sur la scène du thriller britannique.

traduit de l'anglais par Isabelle Maillet

Titre original : The gift of darkness, 2013

Auteur : Valentina Giambanco est née en Italie. Elle est monteuse pour le cinéma et a travaillé sur de nombreux films à succès, anglais et américains. L'Offrande des ténèbres est son premier roman.

Mon avis : (lu en mars 2014)
Une famille de quatre personnes est retrouvée sauvagement assassinée. Les quelques indices trouvées sur place semblent accuser John Cameron un proche des victimes. C'est l'inspecteur Brown qui s'occupe de l'enquête avec Alice Madison, toute jeune inspecteur, comme équipière. Vingt cinq ans plus tôt, près de la Hoh River, le père de famille assassiné, James Sinclair, avait été enlevé en compagnie de deux autres camarades du même âge. L'un des trois enfants n’a jamais été retrouvé et les deux autres n'avaient jamais pu raconté ce qui s’était passé... Ces deux histoires ont-elles un rapport ?
Le lecteur découvre assez vite qui est le coupable mais reste à découvrir le mobile du quadruple assassinats, le mode opératoire et son lien avec le passé... 
Un roman policier parfaitement construit, avec beaucoup de rythme. J'ai beaucoup aimé le personnage d'Alice Madison qui a un passé douloureux, une forte détermination à résoudre son enquête et qui n'a pas encore dévoilée toutes ses facettes. Pourvu qu'elle revienne dans un nouveau livre. 

Merci Marlène et les éditions Albin Michel pour cette belle découverte.

Extrait : (page 13)
Certains soirs, l’odeur de la mer monte jusqu’à University Hill.
Alice Madison baissa sa vitre de quelques centimètres pour humer l’air iodé. La nuit était glacée, et le brouillard de décembre formait entre les maisons et les arbres dénudés de grandes nappes humides qui stagnaient au ras du sol. Il ne restait que deux semaines avant Noël, et les étudiants assez aisés pour vivre de ce côté de la colline avaient déjà regagné leurs foyers disséminés dans tout l’État de Washington.
Sur le tableau de bord, l’horloge indiquait 4 h 15. L’inspecteur Brown, silhouette sombre assise sur le siège passager, avait bien résumé la soirée des heures plus tôt.
« Une fois qu’on a avalé des litres de café et dit tout ce qu’il y avait à dire, planquer revient à essayer de tuer le temps, alors qu’on donnerait cher pour faire autre chose, ailleurs, avec quelqu’un d’autre. »
Ce qui décrit assez bien notre collaboration, pensa-t-elle.
Son souffle embuait la vitre. Il avait fallu choisir : avoir froid ou supporter les relents de sueur et d’ennui dégagés par les corps après des heures d’attente. Elle préférait avoir froid.
Quand Brown se retourna pour jeter un coup d’œil à l’autre bout de la rue, elle perçut l’odeur de son after-shave, fraîche et plutôt plaisante. Alice devinait son coéquipier profondément contrarié : leurs chances de voir leur mission aboutir étaient quasiment nulles.
Gary Stevens – blanc, vingt-trois ans, pas de casier – était le suspect numéro un dans leur enquête sur le meurtre d’une étudiante du campus âgée de dix-neuf ans. La police avait découvert Janice Hiller affaissée près du radiateur auquel elle était menottée. Tuée d’un coup porté à la tête. Une tasse de café à moitié vide était encore posée à côté de sa main droite.
Le jour où elle avait intégré la Brigade criminelle de Seattle, quatre semaines plus tôt, Alice Madison s’était rendue au cimetière proche de Burien où étaient enterrés ses grands-parents. Après avoir déposé un bouquet de roses blanches sur leur tombe, elle s’était recueillie un long moment dans la solitude du lieu. Où qu’ils soient, ils devaient savoir au plus profond de leur cœur que, si elle était devenue ce qu’elle était aujourd’hui, c’était grâce à eux : leur amour était une bénédiction qu’elle portait comme un bijou précieux, à même la peau, bien caché. Ce soir-là, de retour chez elle, elle avait avalé un dîner léger – jamais de surgelés, jamais de conserves – et dormi dix heures d’affilée.
Depuis son arrivée, Brown ne se montrait pas spécialement froid envers elle, il ne lui refusait pas non plus son aide à l’occasion, mais il faisait preuve d’un certain détachement. C’était un excellent flic, sans doute l’un des meilleurs. Tous deux ne seraient jamais amis, elle en avait bien conscience, mais en même temps elle se sentait prête à lui confier sa vie. Peut-être était-ce suffisant.

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Challenge Rentrée Hiver 2014

Challenge Voisins Voisines 2014
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Italie

Challenge Petit Bac 2014
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Moment/Temps (5)

 Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  23/25

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13 mars 2014

Annie Sullivan & Helen Keller - Joseph Lambert

annie sullivan Editions Ca et Là - 23 octobre 2013 - 90 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Sidonie van Den Dries

Titre original : Annie Sullivan and the trials of Helen Keller, 2012

Quatrième de couverture : 
Née en 1880 dans l'Alabama, la petite Helen Keller devient aveugle et sourde à l'âge de dix-neuf mois, suite à une maladie. Elle se trouve alors dans l'incapacité de communiquer avec son entourage, si ce n'est avec quelques gestes maladroits. Sa vie va être bouleversée l'année de ses six ans, quand ses parents engagent Annie Sullivan comme préceptrice. Elle-même malvoyante, celle-ci a appris à enseigner la langue des signes à l'Institut Perkins pour les aveugles. Elle va prendre en charge l'éducation d'Helen Keller et, au fil des mois, réussir non seulement à établir un contact avec l'enfant, mais aussi à lui apprendre la langue des signes, puis l'écriture. Les deux femmes resteront amies à vie. Annie Sullivan et Helen Keller relate l'histoire de cette extraordinaire rencontre. Une véritable leçon d'humanité, magnifiquement dessinée par Joseph Lambert.

Auteur : Joseph Lambert est né au Kansas en 1984. Il est diplômé du Center for Cartoon Studies et est l’auteur de « Je vais te mordre » (Ignatz Award 2011) publié en France en 2012 par Alter Comics. Il a participé à de nombreuses anthologies, comme Mome, The Best American Comics, Hey !, Nobrow ou Stripburger. Son deuxième ouvrage, « Annie Sullivan & Helen Keller » deux fois nominé pour les Eisner Awards 2013 a été publié en 2012 aux États-Unis. Joseph Lambert vit avec sa femme dans le Vermont.

Mon avis : (lu en mars 2014)
J'ai découvert pour la première fois l'histoire d'Helen Keller lorsque j'étais en sixième, jusqu'alors je n'avais jamais imaginé que l'on pouvait cumuler plusieurs handicaps. Donc être une petite fille aveugle, sourde et muette était difficilement imaginable...
J'ai aimé dans cette bande dessinée redécouvrir l'histoire d'Helen Keller et surtout découvrir celle d'Annie Sullivan qui a su persévérer dans la tâche qu'on lui avait donné : apprendre à Helen à communiquer. Nous suivons les progrès d'Helen et en parallèle un retour sur l'enfance d'Annie. La relation qui se noue entre l'élève et le professeur est très touchante.
L'histoire d'Annie Sullivan m'a presque plus intéressé que celle d'Helen Keller.
J'ai beaucoup aimé la façon dont le dessinateur a su illustrer la "vision" d'Helen qui au fil de la bande dessinée devient de plus en plus expressive.
En fin de livre, l'ensemble des notes documentaires complètent parfaitement la bande dessinée.

Autre avis : Valérie

Extrait : 

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 Challenge 6% Rentrée Littéraire 2013

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33/36

Challenge Petit Bac 2014
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"Prénom" (5)

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20 février 2014

Last exit to Brooklyn - Hubert Selby Jr

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

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Albin Michel - janvier 2014 - 416 pages
Albin Michel - octobre 1989 - 303 pages
10/18 - mars 2004 - 303 pages
traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Pierre Carasso et Jacqueline Huet
Titre original : Last exit to Brooklyn, 1957
Quatrième de couverture :
Peu de livres ont suscité autant de haine, d’admiration  et de polémiques que Last Exit to Brooklyn. À sa sortie en 1964, Allen Ginsberg prédisait que le roman allait « exploser sur l’Amérique comme une bombe infernale qu’on lirait encore cent ans après. » Cette prédiction est en train de s’accomplir :Last Exit est considéré aujourd’hui comme la première manifestation et le testament d’une esthétique totalement inédite à laquelle cette nouvelle traduction rend enfin et brillamment justice. Un classique de la littérature contemporaine et de la littérature tout court.
Auteur : Né à Brooklyn en 1928, Hubert Selby Jr. est un auteur incontournable de la littérature américaine contemporaine. Last Exit to Brooklyn, publié en 1964, est son premier et plus célèbre roman qui déclenche à l'époque procès et interdictions de traduction dans plusieurs pays. Atteint très jeune de tuberculose, accro à l'héroïne - expérience qui lui inspirera notamment Requiem for a Dream en 1978 - il décède en 2004.

Mon avis : (lu en février 2014)
Ce livre est la réédition avec nouvelle traduction d'un ouvrage mythique de l'Amérique des années 60. (que j'avoue je ne connaissais pas, même pas de nom...)
Avant de commencer à lire ce livre, je vous conseille de lire la note des traducteurs en fin de l'ouvrage. En effet, l'auteur a voulu transcrire le parler des rues de New York en créant sa propre typographie, le plus marquant c'est l'absence d'apostrophe « ’ » remplacée par « / » ou par rien. Au début c'est assez déstabilisant à lire puis je m'y suis faite... (cf. extrait)
New York, dans les annees 50, Hubert Selby Jr. nous invite à découvrir dans ce livre de six nouvelles, le destin tragique de six personnes qui "traîne leur vie" dans les bas fonds du quartier de Brooklyn. Vinnie et sa bande passent leur temps au bar "chez le Grec", et cherchent la bagarre, Georgette, le travesti amoureux, Tralala, une fille facile qui finira mal, Harry plein de haine... 

J'ai trouvé ce livre trop exigeant à lire pour moi. Après une première journée de lecture (120 pages), j'ai fait une pause en passant à un autre livre... J'y suis revenue pour en lire péniblement 100 pages par 100 pages en survolant certains passages... Je ne peux pas dire avoir apprécié cette lecture. Toutes ces histoires sont dérangeantes, il n'est question que de délinquance, de drogue, d'alcool et surtout de sexe... La violence est présente en permanence, le langage est très cru.

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir cet auteur et cet ouvrage.

Extrait : (début du livre)
Ils étaient vautrés tout le long du comptoir et sur les chaises. Encore une soirée. Encore une soirée chiante à tirer chez le Grec, un diner pourri ouvert toute la nuit près de la base militaire de Brooklyn. De temps en temps un biffin ou un mataf entrait bouffer un hamburger et faisait jouer le jukebox. Mais d/ordinaire ils mettaient le disque à la gomme d/un quelconque plouc. Ils demandaient bien au Grec de remplacer ces disques-là, mais y leur disait non. Ils viennent ici dépenser leur argent. Vous, vous traînez toute la nuit sans acheter que dalle. Tu tfousdmoi Alex ? Tu pourrais prendre ta retraite rien qu/avec le pognon qu/on claque ici. Skata. Ça paye même pas mon trajet en bagnole...
24 disques dans le jukebox. Ils pouvaient en avoir 12 de leur choix, mais les autres c/était pour les clients de la Base. Si quelqu/un jouait un disque de Lefty Frazell ou d/un autre bouseux ils se mettaient à gémir, à faire des gestes avec les mains (Non mais ! putain quel ringard) et sortaient dans la rue. Cette fois, comme 2 gusses collaient des pièces dans le bastringue, ils s/installèrent adossés au réverbère ou appuyés contre les ailes des bagnoles. C/était une nuit tiède et claire et ils tournaient en rond, traînant le pied droit avec lenteur dans le déhanchement du danseur de kotsarie, la clope pendant au bec, le col du polo relevé sur la nuque, rabattu et roulé par-devant. Plissant les yeux. Glaviotant, regardant défiler les bagnoles. Les reconnaissant. Marque. Modèle. Année. Puissance. Arbre à came en tête, V-8. 6,8, cent cylindres, plein de chevaux. Plein de chrome. Feux rouges et ambre sur la calandre. Tavu la calandre de la nouvelle Pontiac ? Putain, la vraie classe. Ouais, mais pour les reprises tu repasseras. Rien vaut la Plymouth pour les reprises. Merde. Elle a pas la tenue de route de la Buick. Tu sèmes tous les flics avec la Roadmaster. Si t/arrives à démarrer. Lignes droites. Virages. Tu sèmes le shérif. La boîte automatique. Le système Dynaflow. Hydramatics. Tu démarres pas. Tu les auras tous sur le poil avant d/avoir fait cent mètres. Pas avec la nouvelle 88. T/enfonces laccélérateur et t/es plaqué contre le dossier. Une caisse géniale. Je choure plus rien d/autre. Yapas mieux pour un braquage. Nem-pêche, j/aime bien la Pontiac. Au cas que j/achèterais une bagnole. T/ajoutes des protège pare-chocs, des phares, quatre enjoliveurs de Cadillac et une superantenne à larrière... merde, yapas une tire qui en jette plus sur la route. Tu déconnes. T/arrives pas à la cheville de la Continental 47 décapotable. C/est le sommet. On en a vu une en ville, lautre jour. Sacrée-putain-de-bagnole. Putain ! ! ! Les bouseux continuaient à bêler et eux y causaient et marchaient, causaient et marchaient, rajustant leur polo et leur futal, expédiaient d/une pichenette leur clope sur la chaussée - j/aurais voulu que tu la voies cte tire. 

 

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Challenge Rentrée Hiver 2014

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Géographie" (3)

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19 février 2014

Film : Un été à Osage County - John Wells

Date de sortie : 26 février 2014

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Réalisé par : John Wells

Acteurs :  Meryl Streep, Julia Roberts, Ewan McGregor, Benedict Cumberbatch, Chris Cooper, Abigail Breslin, Juliette Lewis, Dermot Mulroney, Sam Shepard

Titre original : August: Osage County, 2013

Durée : 119 mn

D'après la pièce de théâtre August : Osage County de Tracy Letts (à ce jour, pas de traduction française)

Prix :
Le film est nommé aux Bafta dans la catégorie Meilleure Actrice  (Julia Roberts).
Le film est nommé aux Oscars dans les catégories Meilleure Actrice (Meryl Streep) et Meilleure Actrice dans un second rôle (Julia Roberts)

Synopsis : 
En famille on se soutient. En famille on se déchire... Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…

Mon avis : (vu fin janvier 2014)
Fin janvier, j'ai été invitée à la projection de "Un été à Osage County".
L'invitation était libellée ainsi : "En famille, on se soutient. En famille, on se déchire." Venez avec un membre de votre famille.
Je suis donc venue en compagnie de mon fils de 18 ans.
Ce film est l'adaptation d'une pièce de théâtre de Tracy Letts. 
Mois d'août en Oklahoma, Beverly Weston, poète, vient d'embaucher Johnna pour cuisiner et s'occuper de sa femme Violet qui souffre d'un cancer de la bouche et d'une addiction aux médicaments. Puis Beverly disparaît et Ivy, la benjamine de la famille qui vit auprès de ses parents, demande à ses deux soeurs Barbara et Karen de venir la rejoindre auprès de leur mère. Leur père sera trouvé quelques jours plus tard, décédé. Et toute la famille sera réunie pour les obsèques: Violet, la mère, Barbara, son mari et Jean sa fille de 14 ans, Karen et son fiancé du moment, Ivy, leur tante Mattie, soeur de Violet, son mari Charly et leur fils Charly Jr...
"En famille, on se soutient. En famille, on se déchire." La deuxième partie de cette introduction du film prend vraiment tout son sens, avec le repas d'après enterrement qui dit ressemblement en famille, dit cris, disputes, nostalgie, fous rires, et ici également la révélation d'un terrible secret de famille...
Les paysages sous la chaleur accablante de l'Oklahoma sont superbes.
Les caractères des différents personnages sont bien définis. Le jeu de Meryl Streep est surprenant et très réussie. Son personnage a plusieurs visages, celui de la mère forte qui décide de tout pour les autres, qui n'hésite pas à dire ce qu'elle pense même si cela blesse ses proches, qui devine tout, c'est également la femme malade et droguée qui délire ou fait des caprices...
Des trois soeurs, c'est le personnage d'Ivy que j'ai préféré. Discrète mais tellement humaine.
Les dialogues sont vifs, l'histoire est sombre mais l'humour présent, dédramatise le film. Alternativement, le spectateur est ému ou rit aux éclats.
Il y a en effet quelques scènes très drôles et la séance de cinéma a été vraiment plaisante car la salle participait sans retenue à l'hillarité générale, en particulier pour le bénédicité du repas après l'enterrement ou lors d'un repas au menu duquel, il y avait du poisson-chat... 
J'ai trouvé la fin un peu brutale et trop ouverte à mon goût.
Merci à Vincent et Way to Blue pour l'invitation à la projection de ce film.


UN ETE A OSAGE COUNTY - Bande Annonce VOST par wildbunch-distrib

 

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12 février 2014

Piège nuptial - Christian De Metter (d'après Douglas Kennedy)

9782203044456 Casterman - août 2012 - 128 pages

Quatrième de couverture :
Ce qui a manqué à Nick, journaliste américain en virée dans le bush australien ?
Quelques règles élémentaires de survie :
1) Ne jamais conduire en pleine nuit sur une route déserte : un kangourou se ferait une joie de défoncer votre pare-chocs.
2) Ne jamais céder aux charmes d'une autostoppeuse du cru.
3) Toujours réfléchir avant de répondre à une question que l'on vous pose en pleine nuit.
Dans la vie, il y a des moments cruciaux où il saut prendre la bonne décision, au risque de voir sa vie basculer dans le pire des cauchemars.

Auteur : Douglas Kennedy est né à Manhattan le 1er janvier 1955. Après avoir étudié à New York puis dans l'état du Maine, il s'installe à Dublin en 1977. Il y travaille pour le National Theatre of Ireland, tout en écrivant sa première pièce qu'il vend à la chaîne de radio britannique BBC Radio 4 qui lui en commandera deux autres. Il démissionne en 1983 pour se consacrer entièrement à l'écriture. Sa vie se partage alors entre journalisme freelance et écriture de pièces de théâtre. en 1988, il emménage à Londres et publie trois récita de voyage, dont Combien ? et Au pays de Dieu, avant d'entamer la rédaction de son premier roman, Cul de sac (Gallimard, 1994), réédité dans une nouvelle traduction sous le titre Piège nuptial (Belbond, 2008). C'est le début d'une longue liste de titres à succès, tant auprès de la critique que du public : L 'Homme qui voulait vivre sa vie, La Poursuite du bonheur, Les Charmes discrets de la vie conjugale, Quitter le monde, ou encore Cet instant-là, tous publiés aux éditions Belbond et repris chez Pocket. Avec plus de 5 millions d'exemplaires vendus pour l'ensemble de son oeuvre, il est un des auteurs américaine, les plus lus dans le monde. Il vit aujourd'hui entre Paris, Londres, Berlin et New York.

Dessinateur : Après avoir dessiné pour la presse rock. Christian De Metter publie sa première BD, Emma, en 2000 (éditions Triskel). Cet univers graphique si particulier, l'auteur va le décliner et l'approfondir au fil des albums suivants. Dusk (Les Humanoïdes Associés). Le Curé (Triskel), Swinging London (Soleil). En 2004. il reçoit. en association avec Catel. le prix public du meilleur album du festival d'Angoulême pour Le Sang des Valentines (Casterman). Ses derniers albums publiés chez Casterman. Vers le démon, Figurec, L'oeil était dans la tombe, Marylin, De l'autre côté du miroir, ne font que confirmer son talent de dessinateur et sa maîtrise des intriques complexes, digne des meilleurs romans noirs. C'est le cas dans sa transposition de Scarface d'Armitage Trail (Casterman) ou encore de son adaptation remarquée du best-seller de Dennis Lehane, Shutter Island pour laquelle il a reçu le prix des libraires BD en 2009.

Mon avis : (lu en février 2014)
Voici le premier album que j'ai gagné au Loto BD organisé par Valérie sur le thème des adaptations (roman ou film). Merci XL.
C'est l'adaptation du premier roman de Douglas Kennedy Piège nuptial / Cul de sac que j'ai eu l'occasion de découvrir sous forme audio en octobre dernier.  

Nick est un journaliste américain qui, sur un coup de tête, est parti en Australie pour traverser l'outback. Sa rencontre avec la blonde Angie va l'entraîner dans un voyage au bout de l'enfer... Il va découvrir la communauté un peu spécial de Wollanup... à son insu, il est marié à Angie et son voyage devient un vrai cauchemar. Il est piègé loin de tout, prisonnier du village... Pourra-t-il s'en sortir ?
Adapter un roman aussi dense n'est pas facile, cette BD est fidèle à l'original, j'ai bien retrouvé l'esprit du roman, la chaleur étouffante et les situations angoissantes. 
Le dessin est superbe, autant les paysages sont lumineux que les intérieurs sont sombres et oppressants.
Quelques reproches, avec l'absence d'humour pourtant tellement présent dans le roman et une fin trop rapide qui prête à confusion si on ne connaît pas le roman...  

Encore un grand merci à XL pour l'envoi de cette bande dessinée qui donne envie de découvrir le roman original de Douglas Kennedy !

Extrait : 

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25 janvier 2014

La trahison d'Einstein - Eric-Emmanuel Schmitt

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

la trahison d'E Albin Michel - janvier 2014 - 153 pages

Quatrième de couverture : 
Sur les rives d’un lac du New Jersey, deux excentriques se rencontrent et sympathisent. L’un est Albert Einstein ; l’autre est un vagabond en rupture avec la société.
À ce confident de hasard, Einstein expose son dilemme. Pacifiste militant, il connaît les conséquences terrifiantes de ses travaux théoriques et craint qu’Hitler et les nazis ne fabriquent la première bombe atomique. Devrait-il renier ses convictions et prévenir Roosevelt, afin que l’Amérique gagne la course à l’arme fatale ? Quel parti prendre alors que le FBI commence à le soupçonner, lui, l’Allemand, le sympathisant de gauche… le traître peut-être ?
Dans cette comédie intelligente et grave, drôle parfois, Eric-Emmanuel Schmitt imagine le conflit moral d’un homme de génie, inventeur malgré lui de la machine à détruire le monde.

Auteur : Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste, traduit en 50 langues et joué dans autant de pays, Eric-Emmanuel Schmitt est un des auteurs les plus lus et les plus représentés dans le monde. Il a été récompensé par l'Académie Française en juillet 2001 avec le Grand Prix du théâtre, pour l'ensemble de son oeuvre. En 2009, Ulysse from Bagdad lui a valu le Prix des grands espaces littéraires. En 2010, il a obtenu le prix Goncourt de la nouvelle pour son recueil Concerto à la mémoire d'un ange.
Son roman La Femme au miroir lui a valu en 2011 le prix du roman historique, Prix Agrippa d'Aubigné.
Eric-Emmanuel Schmitt a été reçu cette année à L'Académie Royale de langue et de littérature françaises de Belgique au fauteuil 33 qu'occupait Hubert Nyssen, et qu'ont occupé Colette et Cocteau.
Co-directeur du Théâtre Rive Gauche à Paris, Eric-Emmanuel Schmitt y a vu jouée son adaptation théâtrale du Journal d'Anne FrankMonsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, et actuellement la pièce The Guitrys.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
L'action de cette pièce de théâtre se déroule sur les bords d'un lac du New Jersey où Einstein, résidant à Princeton, a l'habitude de venir se détendre en faisant de la voile.
L'auteur met en scène trois personnages, Einstein, un vagabond devenu marginal à la suite de la mort de son fils à la guerre en 1918 et un agent du FBI.
Tout commence en 1934, au bord du lac, le vagabond s'amuse des exploits d'Einstein sur son voilier... Dès son retour sur terre, ils engagent la conversation. Le vagabond ne reconnaît pas tout de suite le savant, puis il proteste contre son pacifisme.
En 150 pages, Eric-Emmanuel Schmitt nous rappelle quelques moments importants d'Histoire et de la vie d'Einstein. 
Einstein a toujours été un fervent défenseur de la paix, pourtant il est également conscient que ses découvertes dans les mains des Allemands risquent d'entraîner des milliers de morts.
En 1939, il écrit à Roosevelt pour l'informer que les Nazis sont sur le point d'obtenir l'arme nucléaire, en partie grâce à ses recherches... Mais les idées pacifiques d'Einstein le rendent louche auprès des Américains. A cette époque, ces derniers ont plus peur du communisme que du nazisme !
En 1945, la bombe A est lancée sur Hiroshima par les Américains. Einstein se sent responsable.

Ces conversations d'égal à égal entre le savant et le vagabond sont passionnantes, émouvantes, amusantes...
Sous couvert de dialogues enlevés et teintés d'humour, l'auteur pose des questions profondes sur la science, sur l'homme et sur son avenir.

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Cette pièce de théâtre sera créée au Théâtre Rive-Gauche le 30 janvier 2014. Mise en scène de Steve Suissa avec Francis Huster, Jean-Claude Dreyfus et Dan Herzberg.

Merci à Claire et aux éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir cette pièce de théâtre.

Autres avis : Canel et Mr

Extrait : (début de la pièce)
Une fin d'après-midi, dans le New-Jersey, au bord d'un lac.
Tandis que le soleil dore l'horizon de teintes cuivrées, un homme, assis sur le sol, se prépare un repas frugal avec du pain, du jambon, des cornichons.
C'est un vagabond. En sandales, couvert d'habits froissés, douteux, son sac à dos posé dans l'herbe, il regarde ce qui se passe au loin.
Ce qu'il voit - et qui l'amuse - nous échappe.
Lorsque l'action qu'il fixe amène ses yeux à se tourner vers la droite, Einstein entre. 
En ce jour de 1934, Albert Einstein a cinquante-cinq ans.
Cheveux hirsutes, ample chemise, pantalon en lin, sans chaussettes dans ses chaussures, il rivalise de négligence vestimentaire avec le vagabond. Descendant, trempé, de son voilier, il s'ébroue sur la berge. Après un sourire au vagabond, il extrait une serviette de sa besace de sportif.

EINSTEIN
Alors ? Le spectacle vous a régalé ?

LE VAGABOND
Excellent. Joli voilier, éblouissante lumière sur le lac, quelques solides pointes de vitesse... et j'ai cru au moins cinq fois que vous alliez chavirer.

EINSTEIN
Ah, merci... Je ne me serai pas donné du mal pour rien.

LE VAGABOND
Comment réussissez-vous ça ?

EINSTEIN
Quoi ? Coucher ma voile sur les flots ou rétablir ma coque ?

LE VAGABOND
Vous intéresser à un sport dans lequel vous êtes aussi doué qu'un éléphant pour la danse ? Moi, à ce niveau de maladresse, j'abandonnerais.

EINSTEIN
Je pratique la navigation depuis des années

LE VAGABOND
Ah...

EINSTEIN
J'aime quand les choses me résistent.

LE VAGABOND
Dans ce cas, vous avez fait le juste choix : avec la voile, vous ne vous lasserez pas.

EINSTEIN
Fendre les flots me détend. Autant que jouer du violon.

LE VAGABOND
Aïe... Vous torturez également le violon ?

EINSTEIN 
Mieux que je ne navigue.

LE VAGABOND
Ouf...

EINSTEIN 
Aucun des compositeurs que j'ai interprétés ne s'en est plaint.

LE VAGABOND 
Ils étaient déjà morts, peut-être ? Remarquez, les poissons non plus, ils ne protestent pas ! Pourtant, lorsqu'ils vous voient piquer sur eux à toute berzingue en agitant votre coquille, ça doit paniquer dans les bas-fonds...

Einstein éclate de rire, nullement vexé, puis achève de se sécher.

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Challenge Rentrée Hiver 2014

 

 

Déjà lu du même auteur :

oscar_et_la_dame_rose Oscar et la dame rose odette_toulemonde Odette Toulemonde et autres histoires

la_reveuse_d_ostende La rêveuse d'Ostende ulysse_from_Bagdad Ulysse from Bagdad

le_sumo_qui_ne_voulait_pas_grossir Le sumo qui ne pouvait pas grossir l_enfant_de_no__p L'enfant de Noé

quand_je_pense_que_Beethoven Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent...  

mr_ibrahim_ldp_2012 Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran 

les_10_enfants Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus 

la_tectonique_des_sentiments_GC  La tectonique des sentiments la_part_de_l_autre_2003 La Part de l'autre

 les_perroquets_de Les perroquets de la place d'Arezzo  9782226251992g
 The Guitrys

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12 janvier 2014

Zeitoun - Dave Eggers

Lu en partenariat avec Livraddict et les éditions Folio

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Gallimard - avril 2012 - 416 pages

Folio - novembre 2013 - 432 pages

traduit de l'américain par Clément Baude

Titre original : Zeitoun, 2009

Quatrième de couverture :
Ce livre n’est pas un roman mais une histoire vraie. Originaire de Syrie, marié à une jeune Américaine convertie à l’islam, Zeitoun a fondé à La Nouvelle-Orléans une entreprise de bâtiment prospère avant que l’ouragan Katrina ne dévaste la ville en 2005. Malgré la fuite de sa famille, il décide de rester sur place. Sur un petit canoë, il explore les quartiers engloutis, vient en aide aux personnes prisonnières chez elles, nourrit les chiens abandonnés… Un jour, la Garde nationale l’arrête, l’accusant d’être un pilleur des rues. Dave Eggers, prix Médicis étranger pour Le grand Quoi, nous raconte l’histoire saisissante d’un homme confronté aux forces de la nature puis aux injustices d’une société violente.

Auteur : Dave Eggers est l'éditeur de la revue McSweeney's et l'auteur de romans et de recueils de nouvelles parmi lesquels  Suive qui peut (2003), Pourquoi nous avons faim (2007) et Le grand Quoi (2009). Il a créé à San Francisco 826 Valencia, une fondation à but non lucratif qui vient en aide aux enfants pauvres.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Ayant beaucoup aimé Le grand Quoi de Dave Eggers, lorsque ce livre a été proposé en partenariat par Livraddict et les éditions Folio je n'ai pas hésité. D'autant plus que j'avais déjà lu quelques romans autour de ce terrible ouragan Katrina. 
La note qui ouvre le livre est claire « Ce livre n’est pas un roman. Il repose avant tout sur les témoignages d’Abdulrahman et Kathy Zeitoun. » Ce livre est le fruit de trois ans de travail de l'auteur, il a recueilli le plus fidèlement possible les paroles de Abdulrahman Zeitoun et de sa femme Kathy. Il a également recoupé ces témoignages avec des sources indépendantes et des documents officiels.
Ce récit est fait chronologiquement et commence le 26 août 2005, la famille de Zeitoun s'apprête à passer une journée comme les autres. Zeitoun est originaire de Syrie, il est marié avec Kathy une américaine, ils ont 4 enfants et Zeitoun est entrepreneur dans le bâtiment à La Nouvelle-Orléans. L'ouragan est annoncé mais rien n'est affolant, les tempêtes sont assez fréquentes en cette saison. Mais dans le week-end, les bulletins météo deviennent de plus en plus alarmistes et Kathy préfère quitter la Nouvelle Orléans avec ses enfants, Zeitoun décide de rester pour surveiller ses maisons et ses chantiers en cours. Il pense que c'est son devoir de rester, il pourra se rendre utile. Il restera en contact avec Kathy par téléphone.
L'ouragan passé, Zeitoun va subir également l'inondation de la ville après la rupture des digues et avec le canoë qu'il avait dans son garage, il va aider des personnes âgés restées bloquées dans leur maison, il nourrira aussi des chiens abandonnés dans les maisons voisines. Kathy suivant les événements par l'intermédiaire de la télévision supplie Zeitoun de venir les rejoindre mais en vain. Jusqu'au jour où Kathy n'arrive plus à joindre son mari, elle n'a plus aucune nouvelle et craint le pire.
Zeitoun a été brutalement arrêté par la police, accusé de terrorisme, de pillage et jeté comme un chien en prison, sans jamais pouvoir prévenir les siens...
C'est très intéressant de suivre précisément les évènements, avant, pendant et après l'ouragan Katrina. Mais ce témoignage est édifiant sur l'absence d'organisation pour secourir les personnes bloquées chez elle, sur les interventions "cow-boy" de la police pour arrêter des soi-disant pillards sans aucune vérification, sans laisser à la personne la possibilité de s'expliquer ou de prévenir les siens. J'avais bien entendu dire que l'Administration Bush n'avait pas été à la hauteur lors de 
la tragédie de Katrina mais ce que j'ai découvert dans ce livre est inimaginable. Rien n'est organisé ni l'évacuation des quartiers, ni le sauvetage des sinistrés mais en quelques heures les autorités trouvent les moyens de monter une prison... Le comportement violent, hystérique, inhumain, humiliant de la police vis à vis de Zeitoun et ses camarades d'infortune est ahurissant. Difficile de croire que ce pays est une démocratie...

Merci à Livraddict et aux éditions Folio de m'avoir permis de découvrir ce témoignage qui fait froid dans le dos.

Logo Livraddict

Extrait : (début du livre)
VENDREDI 26 AOÛT 2005
Par les nuits sans lune, les hommes et les garçons de Jableh, un port de pêche poussiéreux sur la côte syrienne, avaient l’habitude de prendre leurs lanternes et de monter sur leurs bateaux les plus silencieux. Cinq ou six petites embarcations, chacune avec deux ou trois pêcheurs à son bord. À un mille de la côte, ils disposaient les bateaux en cercle sur la mer noire, jetaient leurs filets et, tenant leurs lanternes au-dessus de l’eau, imitaient la lune.Bientôt les poissons, des sardines, se rassemblaient et formaient une masse argentée qui remontait lentement des fonds. Ils étaient attirés par le plancton, et le plancton l’était par la lumière. Ils se mettaient à tourner en cercle, comme une chaîne au maillage lâche, et leur nombre ne cessait de croître pendant l’heure qui suivait. Les brèches obscures entre les maillons d’argent se comblaient, jusqu’à ce que les pêcheurs voient sous l’eau une masse d’argent compacte tournant sur elle-même. 
Abdulrahman Zeitoun n’avait que treize ans lorsqu’il commença à pêcher la sardine selon cette technique, empruntée aux Italiens, qu’on appelle la lampara. Mais avant de rejoindre les hommes et les adolescents sur les bateaux de nuit, il avait dû attendre des années, au cours desquelles il n’avait cessé de poser des questions. Pourquoi seulement par les nuits sans lune ? Car, lui expliquait son frère Ahmad, quand la lune brillait, le plancton était visible partout, répandu dans toute la mer, si bien que les sardines pouvaient voir et manger sans difficulté les organismes éclairés. Mais en l’absence de lune, les pêcheurs pouvaient en fabriquer une et attirer à la surface d’incroyables quantités de sardines. « Il faut que tu voies ça, disait Ahmad à son petit frère. Tu n’as jamais vu une chose pareille. »
Lorsque Abdulrahman vit pour la première fois les sardines former leur cercle dans le noir, il n’en crut pas ses yeux, saisi par la beauté de cette boule argentée qui ondulait sous la lumière blanc et or des lanternes. Il ne prononça pas un mot, et les autres pêcheurs aussi prenaient garde de ne pas faire de bruit, pagayant moteur coupé, de peur d’effrayer leur pêche. D’un bateau à l’autre, tout en regardant le poisson remonter et virevolter sous eux, ils murmuraient, échangeaient des blagues, parlaient des femmes ou des filles. Au bout de quelques heures, une fois que les sardines étaient prêtes et miroitaient par dizaines de milliers dans la lumière réfractée, les pêcheurs serraient leurs filets et les remontaient.
Avant l’aube, ils avaient regagné la côte, au moteur, et livré les sardines au mareyeur du marché ; celui-ci payait les hommes et les garçons, puis se chargeait de vendre le poisson dans tout l’ouest de la Syrie — Lattaquié, Banias, Damas. Les pêcheurs se partageaient l’argent. Abdulrahman et Ahmad rapportaient tout à la maison. Leur père étant mort l’année précédente et leur mère ayant les nerfs et la santé fragiles, tout l’argent gagné à la pêche allait au bien-être du foyer, où ils vivaient avec leurs dix frères et sœurs. 
D’un autre côté, Abdulrahman et Ahmad se fichaient pas mal de l’argent. Ils l’auraient fait gratis.

Trente-quatre ans plus tard, à des milliers de kilomètres à l’ouest, un vendredi matin, Abdulrahman Zeitoun était dans son lit et quittait peu à peu la nuit sans lune de Jableh, dont un souvenir confus imprégnait encore son rêve. Il était chez lui, à La Nouvelle-Orléans. À ses côtés, il entendait respirer sa femme Kathy, dont le souffle ressemblait au clapotis de l’eau contre la coque d’un bateau en bois. Hormis cela, le silence régnait dans la maison. Zeitoun savait que 6 heures allaient bientôt sonner et que le calme ne durerait pas. Généralement, la lumière du jour réveillait les enfants à l’instant où elle atteignait leurs fenêtres, au premier étage. Un des quatre ouvrait les yeux ; à partir de là, l’agitation commençait, la maison devenait vite animée. Dès qu’un enfant s’éveillait, il devenait impossible de maintenir les trois autres au lit.

Kathy fut réveillée par un bruit sourd, en haut, dans une des chambres des enfants. Elle tendit l’oreille et pria pour avoir un peu de répit. Chaque matin, il y avait en effet un moment critique, entre 6 heures et 6 h 30, où une chance, même infime, s’offrait à eux de gagner encore dix ou quinze minutes de sommeil. Mais il y eut un deuxième bruit sourd, et le chien aboya, et un autre bruit sourd suivit. Que se passait-il dans cette maison ? Kathy se tourna vers son mari. Il contemplait le plafond. La journée venait de commencer en fanfare.
Comme d’habitude, le téléphone se mit à sonner avant même qu’ils aient posé le pied par terre. Kathy et Zeitoun — la plupart des gens l’appelaient par son nom de famille car ils n’arrivaient pas à prononcer son prénom — dirigeaient une société, la Zeitoun A. Painting Contractor LLC, et chaque jour les ouvriers, les clients, ou toute personne disposant d’un téléphone et de leur numéro, trouvaient normal d’appeler dès 6 h 30. Et ils ne se gênaient pas. En général, il y avait tellement d’appels à cette heure-là que la moitié d’entre eux étaient directement renvoyés vers la messagerie vocale.

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46/50 :  Louisiane

Déjà lu du même auteur :

le_grand_quoi_p Le grand Quoi : Autobiographie de Valentino Achak Deng

Autres romans autour de l’ouragan Katrina :

zola_jackson Zola Jackson – Gilles Leroy  ouragan  Ouragan – Laurent Gaudé 

bois_sauvage Bois sauvage – Jesmyn Ward

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