28 octobre 2014

Sixteen Kennedy Express - Bastien Quignon, Aurélien Ducoudray

1431_couv Editions Sarbacane - février 2014 - 100 pages

Quatrième de couverture :
1968, aux Etats-Unis, une petite ville "in the middle of nowhere" bordée par les champs de blé à perte de vue et seulement animée par le chantier de son futur rentre commercial en construction... Rob, 14 ans, le bras dans le plâtre et un oeil sur la jolie Sixteen, s'ennuie ferme, jusqu'au moment où entre en gare le train dans lequel est transportée la dépouille du sénateur Robert F Kennedy. tout juste assassiné... Dans une ambiante en demi-teintes, parfois drôle et un peu tragique, Ducoudray et Quignon explorent les fissures du supposé "rêve américain", autour de la question du racisme et de l'engagement.

Auteurs : Bastien Quignon est né en 1986 en région parisienne. Après avoir beaucoup déménagé dans son enfance, à l’âge de 10 ans il accompagne sa famille dans un périple de six mois en Asie du sud-est (Thaïlande, Indonésie, Malaisie). Il a passé un bac littéraire au lycée de Dreux, puis a suivi quatre années d’enseignement de la bande dessinée à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, en Belgique, dont il est diplômé. Trois jours en été est son premier livre.

Aurélien Ducoudray est né en 1973 à Chateauroux et vit dans un petit village de l’Indre. Titulaire d’un bac économie et d’une licence d’anglais ratée, Aurélien Ducoudray a touché à toutes les facettes du journalisme. Photographe de presse, journaliste rédacteur écrit, journaliste reporter de télévision, on lui doit de nombreux documentaires. Après Championzé (avec Eddy Vaccaro, 2010) et La Faute aux chinois (avec François Ravard, 2011), il travaille en ce moment sur différents projets, dont une autre biographie de boxeur avec Eddy Vaccaro sur Young Perez, et Bekame avec Jeff Pourquié.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Rob, âgé de 14 ans, est immobilisé chez lui depuis le début des grandes vacances avec le bras dans le plâtre. C'est un passionné de la famille Kennedy et lorsqu'il apprend que le train transportant la dépouille de Robert F. Kennedy, assassiné 3 jours plus tôt, passera par leur petite ville, Rob ne peut s’empêcher d'aller voir le train. Il va faire la rencontre de Sixteen, une jeune fille intrépide, qui lui offrira son premier baiser et ce sera le début de grandes vacances inoubliables...
Cette bande dessinée est plus qu'une histoire d'amour entre deux adolescents, le lecteur découvre aussi l'Amérique des années 60, le "rêve américain" a aussi ses côtés plus sombres.
J'ai emprunté cette BD sans l'ouvrir et le dessin au fusain couleur sépia m'a un peu surpris au début, il colle pourtant bien à l'ambiance de cet été chaud et lourd.

Extrait : (début du livre)

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Déjà lu du même auteur :

Trois_jours_en_ete-248x335 Trois jours en été 

 Challenge Petit Bac 2014
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"Prénom" (13)

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23 octobre 2014

Le Chat qui ne mangeait pas de souris - Carmen Agra Deedy et Randall Wright

Lu en partenariat avec les éditions Flammarion

le chat qui ne mangeait Flammarion - octobre 2014 - 318 pages

illustrations de Barry Moser

traduit par Marie Hermet

Titre original : The Cheshire Cheese Cat, 2011

Quatrième de couverture : 
Skilley est un bon gros matou : paresseux, solitaire, il aime se prélasser au coin du feu dans la nouvelle auberge où il a élu domicile. Sa mission, en échange de quelques restes et de beaucoup de tranquillité : débarrasser la cuisine des souris voleuses de fromage. Mais voilà Pip, la plus malicieuse des souris de l'auberge, découvre le terrible secret de Skilley... En échange de leur silence, le chat se voit donc contraint et forcé d'offrir sa protection aux souris. Elles en auront bien besoin quand il s'agira de chasser Pinch le chat cruel et dangereux qui pourrait mettre en péril... la couronne d'Angleterre !

Auteurs : Originaire de Cuba, Carmen Agra Deedy a reçu de nombreux prix aux USA pour ses romans. Randall Wright a écrit trois romans pour la jeunesse avant de participer à l'aventure commune du Chat.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Skilley est un chat solitaire qui vit dans les rues de Londres, il est très attiré par le célèbre pub, Ye Olde Cheshire Cheese... Cela tombe bien car l'auberge est à la recherche d'un chat car elle est envahie par les souris...
Charles Dickens est un habitué du lieu, il y cherche l'inspiration pour écrire son nouveau livre. Il a observé que le nouveau chat (Skilley) attrape toujours la même souris... 
En effet Skilley a un secret dont il a honte : il ne mange pas de souris... Il fait la rencontre de Pip qui a compris son terrible secret et ils font un pacte de non agression... Sa vie de chat promet d'être vraiment agréable jusqu'à l'arrivée de Pinch, le méchant chat de gouttière très friand de souris... Sans compter la présence de "Maldwyn", personnage mystérieux, caché au grenier et ravitaillé par les souris...

Une histoire très amusante, mettant en scène de nombreux personnages (qui sont présentés par ordre d'apparition au début du livre), avec des situations comiques, quelques rebondissements... 
Un roman captivant et plein de surprises à lire dès 9 ans. 

Merci Brigitte et les éditions Flammarion jeunesse pour cette belle découverte.

Extrait : (début du livre)
C'était la meilleure et la pire des heures. C'était l'heure où tous les chats sont gris. 
La patte légère, le poil lustré et l'humeur solitaire, Skilley était un chat parmi tant d'autres. Ou c'est ce qu'il aurait pu être, sans le lourd secret qui pesait sur lui depuis sa plus tendre enfance. Un secret qui l'obligeait à vivre dans la honte, caché aux yeux de tous, évitant même les rencontres les plus banales de peur qu'on découvre...
- Fiche-moi le camp d'ici, sale chat !
Un balai surgit brusquement du froid brouillard londonien. Par réflexe, Skilley fit un bond de côté ; le balai le frôla en giflant l'air comme un fouet.
Mais le chat n'avait pas l'intention de ficher le camp.
Il observait le poisson tombé de l'étalage, puis le balai, et calculait la distance entre les deux.
- Mais tu vas te sauver, espèce de sale matou voleur ! vociféra la marchande de poissons.
Comme si elle avait lu dans les pensées du chat, elle fit glisser le poisson plus loin sous l'étalage d'un bon coup de pied et brandit son balai d'un air menaçant.
Les femmes en colère qui brandissaient des balais inquiétaient toujours le chat. La seule rencontre qu'il redoutait plus encore, c'était Pinch, la terreur de Fleet Street.
Avec un mouvement de sa queue si reconnaissable, Skilley tourna le dos à la marchande de poissons et s'éloigna en balançant les hanches de l'air le plus méprisant dont il était capable.

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(c) Barry Moser

 Challenge Petit Bac 2014
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"Animal" (8)

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2014 
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14/18

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17 octobre 2014

L'homme de la montagne - Joyce Maynard

 Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey 

maynard Philippe Rey - août 2014 - 320 pages

traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain

Titre original : After her, 2013

Quatrième de couverture :
Eté 1979, Californie du Nord. Rachel, treize ans, et sa soeur Patty, onze ans, se préparent à passer leurs vacances à vagabonder dans la montagne comme d'habitude. Echappant à la surveillance d'une mère aimante mais neurasthénique depuis son divorce, et d'un père amoureux de toutes les femmes, le flamboyant inspecteur de police Torricelli, elles se cachent dans les arrière-cours pour regarder la télé par la fenêtre des voisins, inventent blagues et jeux à n'en plus finir, rêvant de l'inattendu qui pimenterait leur existence. Et l'inattendu arrive. Cauchemardesque, une succession de meurtres de jeunes femmes, tuées dans la montagne selon un même mode opératoire : la chasse à l'Etrangleur du crépuscule commence, menée par l'inspecteur Torricelli. Trente ans plus tard, Rachel, devenue une célèbre romancière, raconte cette quête épuisante. Après quinze meurtres, le tueur de la montagne a disparu. Un jour, pourtant, les deux soeurs s'étaient trouvées face à lui. Fantasme de gamines hystériques, avaient déclaré les autorités. Depuis lors, Rachel s'est donné pour mission de retrouver cet homme. Et le dénouement, le lecteur le vivra en direct, de surprises en retournements. Joyce Maynard a écrit une belle et lyrique histoire d'amours rythmée par les tubes des années soixante-dix : celui qui règne entre le père et ses filles, celui qui unit à jamais les deux soeurs.

Auteur : Collaboratrice de multiples journaux, magazines et radios, Joyce Maynard est aussi l'auteure de plusieurs romans, Long week-end, Les Filles de l'ouragan, Baby Love et d'une remarquable autobiographie, Et devant moi, le monde. Mère de trois enfants, elle partage son temps entre la Californie et le Guatemala.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
La quatrième de couverture pourrait nous laisser penser que ce livre est un roman policier. En réalité la présence du tueur en série, des meurtres et de l'enquête ne sont pas le plus important dans cette histoire. Rachel et Patty, deux soeurs de treize et onze ans, sont les personnages principaux. Elles sont très différentes mais inséparables. Leur mère est dépressive et assez absente du récit. Elles ont une grande admiration pour leur père qui a quitté la maison, c'est un bel homme, séduisant, inspecteur de police. Il sera chargé d'arrêter l'Etrangleur du crépuscule qui sévit dans la montagne proche de Marin County en Californie.
L'histoire est racontée 30 ans après les faits, par Rachel âgée alors de 13 ans. Un âge charnière, entre enfance et adolescence. 
J'ai bien aimé la première partie du livre et les relations entre les deux soeurs durant leur enfance. Elles ont une grande liberté malgré le danger imminent avec la présence de ce tueur en série que la police n'arrive pas à appréhender... 
L'imagination galopante de Rachel, ses méthodes d'enquête ou ses émois amoureux sont racontés avec beaucoup d'humour et de justesse par l'auteur.
La suite de l'histoire est plus convenue...

Merci Anaïs et les éditions Philippe Rey pour ce partenariat.

Autre avis : Caro

Note : ♥♥♥♥

Extrait : (prologue)
Il y a un peu plus de trente ans, un jour de juin au coucher du soleil – sur un versant de montagne dans le Marin County, Californie –, un homme s’est approché de moi, tenant dans ses mains un bout de corde à piano, avec l’intention de mettre fin à mes jours. J’avais quatorze ans, et il avait déjà tué beaucoup d’autres filles. Depuis ce jour, je sais ce que signifie regarder un homme dans les yeux en se disant que son visage est la dernière chose qu’on verra jamais.
C’est à ma sœur que je dois d’être ici pour raconter ce qui s’est passé ce soir-là. Par deux fois, ma sœur m’a sauvée, alors que moi, je n’ai pas su la sauver.
Voici notre histoire.

Il ne se passait jamais grand-chose sur le versant de la montagne où nous vivions et grandissions, Patty et moi. Et nous n’étions même plus abonnés à la télévision. En attendant qu’un événement inattendu survienne, nous inventions des situations. Le temps, c’était tout ce que nous possédions.
Un jour, nous avons décidé de découvrir ce qu’on ressent quand on est mort.
Un mort, ça ne ressent rien, a dit Patty. Du Patty tout craché.
Je possédais un sweat-shirt rouge, le modèle avec fermeture Éclair sur le devant, capuche et poches-réserves à chewing-gum. Je l’ai étalé sur un carré d’herbe en pente, derrière notre maison, les manches étirées de chaque côté, on aurait dit une personne passée sous un camion, de façon à exposer le plus de rouge possible, genre mare de sang.
Allonge-toi là, ai-je dit à ma sœur, en lui montrant l’emplacement – à plat dos, camouflant la fermeture Éclair.
Elle aurait pu refuser, mais Patty faisait presque toujours ce que je lui disais de faire. Ses questions, si elle en avait, elle les gardait pour elle.
Je me suis allongée à côté d’elle. Si près que le rouge débordait de part et d’autre.
Et maintenant ?
Ne bouge pas. Empêche ta poitrine de monter et de descendre quand tu respires.
Certaines personnes auraient exigé une explication. Patty non. Mon idée, c’était qu’elle découvre par elle-même de quoi il retournait, et cela, elle le comprenait.
Pendant un long moment, il ne se passa rien. Il faisait chaud, mais nous ne bougions pas.
Mon nez me gratte, dit-elle.
Tant pis. Pense à autre chose. Quelque chose d’intéressant.
Pour moi, ç’aurait pu être Peter Frampton, ou le jean que j’avais repéré au centre commercial, une ou deux semaines auparavant, idéal, sauf le prix. Ou les histoires que j’écrivais dans un cahier et que je lisais à voix haute, et que ma sœur trouvait meilleures que celles de Nancy Drew.
Pour Patty, ça pouvait être Larry Bird, le basketteur, exécutant un crochet. Ou un chien qu’elle aimait. C’est-à-dire tous les chiens existant sur terre.
Tu as remarqué ce nuage ? me demanda-t-elle. On dirait un teckel.
Tais-toi.
Qui sait combien de temps s’écoula ? Dix minutes ? Une heure, peut-être. Soudain, je l’ai repéré : un vautour, tournoyant dans le ciel. D’abord un, puis deux autres. Ils volaient encore très haut, mais vu leur position, on ne pouvait douter que nous étions leur cible. Ils tournoyaient exactement au-dessus de l’endroit où nous étions allongées.
Et maintenant ? demanda Patty.
Chut. Reste tranquille.

 

Déjà lu du même auteur : 

long_week_end Long week-end les_filles_de_l_ouragan Les Filles de l'ouragan baby_love_joyce_maynard Baby Love

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
12/12

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  8/25

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14 octobre 2014

La petite communiste qui ne souriait jamais - Lola Lafon

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Audiolib - juin 2014 - 7h41 - Lu par Chloé Lambert

Actes Sud - janvier 2014 - 272 pages

Quatrième de couverture :
Fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ? Le roman acrobate de Lola Lafon, aussi audacieux que les figures de l’enfant entrée dans la légende, rend l’hommage d’une fiction à celle-là même qui permit aux petites filles de l’été 1976 de rêver, elles aussi, de s’élancer vers le ciel.
Une interprétation en miroir, dans laquelle, comme chez la jeune héroïne dont est contée l’histoire, la poésie et la grâce naissent d’une parfaite maîtrise faisant, un temps, taire les vociférations d’une époque écartelée.

Auteur : Écrivain et musicienne, Lola Lafon est l’auteure de trois romans parus aux éditions Flammarion : Une fièvre impossible à négocier (2003) ; De ça je me console (2007) et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce (2011) qui reparaît en poche en mai 2014 (Actes Sud – Babel). Elle a également signé deux albums chez Harmonia Mundi : Grandir à l’envers de rien (2006) et Une vie de voleuse (2011).

Lecteur : De formation dramatique, Chloé Lambert joue sur les planches du Théâtre Edouard VII, du Festival d’Avignon, du Rond Point… aux côtés de Pierre Arditi, Fabrice Luchini, ou encore sous la direction de Florian Zeller et Danièle Thompson. Elle interprète aussi régulièrement des rôles face caméra, notamment dans le film Mariages ! ou le téléfilm Chez Maupassant - L’Héritage aux côtés d’Eddy Mitchell.

Mon avis : (écouté en octobre 2014)
Juillet 1976, Jeux Olympiques de Montréal, Nadia Comaneci entre dans l'histoire de la gymnastique et devient l'emblème de son pays : la Roumanie alors sous l'emprise du dictateur communiste Ceausescu.
Pour raconter la vie de l'athlète de 1969 à 1990, l'auteur imagine un échange entre Nadia et la narratrice. Elle s'appuie sur les événements et les dates connues, pour le reste c'est un travail de fiction très bien documenté. Cela permet d'avoir les points de vues de quelqu'un de l'Est et de quelqu'un de l'Ouest...
J'ai beaucoup aimé écouter ce livre, le personnage de Nadia est attachant, avec son parcours le lecteur découvre les méthodes d'entraînement des petites gymnastes, le régime communisme en Roumanie... Les victoires de Nadia ont permis à la Roumanie de sortir de l'ombre. Mais sa vie n'a pas été facile, lorsque son corps se transforme et qu'elle devient femme, j'ai été touchée par sa douleur, même si elle continue à s'entraîner sans relâche, son corps ne lui permet plus de renouveler ses exploits. Puis, elle va être accusée d'être complice du régime de Ceausescu. Quinze jours avant la chute de ce dernier, elle fuit la Roumanie pour les États-Unis où la conquête de sa liberté ne sera pas facile...
En 1976, Nadia Comaneci a fait rêver le monde ce livre nous permet de découvrir le revers de ses belles médailles. Et si Nadia ne souriait pas, c'est qu'elle était concentrée pour réussir au mieux son travail... gagner des médailles pour son pays.
J'ai bien aimé le lecteur de ce livre audio, même si la construction du livre fait qu'il y a de nombreuses interruptions de la lecture par des jingles que je trouvais un peu pénible à la longue... 

L'entretien avec l'auteur en fin du livre audio est vraiment très intéressant, il complète bien la lecture du livre.

Merci Babelio et les éditions Audiolib pour ce partenariat.

Autres avis : EnnaSandrineSaxaoulLiliba, Sylire

Extrait : (début du livre)
Quel âge a-t-elle, demande la juge principale, incrédule, à l’entraîneur. Ce chiffre, quatorze, lui donne un frisson. Ce que la petite a effectué à l’instant dézingue le déroulement des chiffres, des mots et des images. Il ne s’agit plus de ce que l’on comprend. On ne saurait noter ce qui vient d’advenir. Elle jette la pesanteur par-dessus son épaule, son corps frêle se fait de la place dans l’atmosphère pour s’y lover.

Mais pourquoi personne ne les a prévenus qu’il fallait regarder par là, ragent ceux qui ratent le moment où, sur les dix centimètres de largeur de la poutre, Nadia C. se lance en arrière et, les bras en croix, donne un coup de pied à la lune, saut à l’aveugle, et ils se tournent les uns vers les autres, est-ce que quelqu’un a compris, est-ce que vous avez compris ?
Le panneau électronique affiche COMANECI NADIA, ROMANIA suivi de 73, son dossard, et là où il devrait y avoir sa note : rien.
On attend. Blêmes, les gymnastes soviétiques vont et viennent dans les travées réservées aux entraîneurs et aux compétitrices qui ont terminé. Elles savent. Les coéquipières de la Roumaine, elles, semblent au désespoir, Dorina tient ses mains jointes, Mariana murmure une phrase en boucle, une autre est affalée, les yeux fermés ; Nadia, elle, un peu à l’écart, sa queue de cheval de travers, ne jette pas un regard au tableau d’affichage. Et c’est lui qu’elle voit en premier, Béla, son entraîneur, debout, les bras au ciel, la tête renversée en arrière ; elle se tourne enfin et découvre sa sanction, ce terrible 1 sur 10 qui s’inscrit en nombres lumineux face aux caméras du monde entier. Un virgule zéro zéro. Elle repasse de possibles fautes dans sa tête, l’arrivée du périlleux arrière éventuellement, pas assez stable, qu’est-ce qu’elle a pu faire pour mériter ça ? Béla la serre dans ses bras, t’en fais pas chérie, on va déposer une réclamation. Mais un des juges attire son attention. Parce que le Suédois se lève. Parce qu’il a les larmes aux yeux et la fixe. Et tous raconteront cet instant tant et tant de fois qu’elle n’est plus sûre aujourd’hui de l’avoir vécu, peut-être l’a-t-elle vu à la télé, peut-être cet épisode a-t-il été écrit pour un film. Le public s’est levé et de leurs dix-huit mille corps provient l’orage, leurs pieds grondent rythmiquement au sol et le Suédois dans le vacarme ouvre et ferme la bouche, il prononce des mots inaudibles, des milliers de flashs forment une pluie d’éclats inégaux, elle entrevoit le Suédois, que fait-il, il ouvre ses deux mains et le monde entier filme les mains du juge vers elle. Alors, la petite tend ses deux mains vers lui, elle demande confirmation, c’est un… dix ? Et lui, doucement, hoche la tête en gardant ses doigts ouverts devant son visage, des centaines de caméras lui cachent l’enfant, les gamines de l’équipe roumaine dansent autour d’elle, oui, amour, oui, ce un virgule zéro zéro est un dix.

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Version papier : 

 94110928 La petite communiste qui ne souriait jamais 

 

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03 octobre 2014

Le fils - Philipp Meyer

Lu en partenariat avec Albin Michel

le fils Albin Michel - août 2014 - 688 pages

traduit de l’américain par Sarah Gurcel

Titre original : The Son, 2013

Quatrième de couverture :
Vaste fresque de l’Amérique de 1850 à nos jours, Le Fils de Philipp Meyer, finaliste du prestigieux prix Pulitzer 2014, est porté par trois personnages, trois générations d’une famille texane, les McCullough, dont les voix successives tissent la trame de ce roman exceptionnel.
Eli, enlevé par les Comanches à l’âge de onze ans, va passer parmi eux trois années qui marqueront sa vie. Revenu parmi les Blancs, il prend part à la conquête de l’Ouest avant de s’engager dans la guerre de Sécession et de bâtir un empire, devenant, sous le nom de « Colonel », un personnage de légende.
À la fois écrasé par son père et révolté par l’ambition dévastatrice de ce tyran autoritaire et cynique, son fils Peter profitera de la révolution mexicaine pour faire un choix qui bouleversera son destin et celui des siens.
Ambitieuse et sans scrupules, Jeanne-Anne, petite-fille de Peter, se retrouvera à la tête d’une des plus grosses fortunes du pays, prête à parachever l’œuvre de son arrière-grand-père.
Il est difficile de résumer un tel livre. Porté par un souffle hors du commun, Le Fils est à la fois une réflexion sur la condition humaine et le sens de l’Histoire, et une exploration fascinante de la part d’ombre du rêve américain.

Auteur : Originaire de Baltimore, Philipp Meyer est à 38 ans reconnu comme l’un des écrivains les plus doués de sa génération. Lauréat du Los Angeles Times Book Prize pour son premier roman, Un arrière-goût de rouille (2010), il a connu un formidable succès avec son deuxième livre Le Fils, salué par l’ensemble de la presse américaine comme l’un des cinq meilleurs romans de l’année 2013 et qui va être traduit en plus de vingt langues.

Mon avis : (lu en septembre 2014)
J'ai mis beaucoup plus de temps à lire ce livre que je l'imaginais en le commençant. Tout d'abord, il y a près de 700 pages, ensuite l'histoire est dense, passionnante et très documentée. En effet, à travers trois personnages et trois générations d'une famille, le lecteur découvre l'histoire du Texas de 1850 à nos jours.
Eli McCullough a 11 ans lorsqu'il assiste aux viols et à la mort de sa mère et sa soeur et au massacre de son frère. Il est enlevé par une tribu de Comanches, tout d'abord réduit en esclavage il sera adopté par eux. Quelques années plus tard, la guerre et la maladie vont décimer les Indiens et Eli doit retourner vivre parmi les Blancs. Il se sent toujours un peu indien, il sera Rangers pendant quelques années, participera à la guerre de Sécession prenant le nom de « Colonel » puis deviendra un des éleveurs les plus importants du Texas.
Son fils Peter McCullough est très différent, plus pacifique, en opposition avec son père, il se sent proche des mexicains.

Jeanne Anne McCullough est la petite-fille de Peter. Elle héritera du domaine et le fera prospérer grâce au pétrole.
L'arbre généalogique en début du livre est très utile pour naviguer dans toute cette grande famille. 

J'ai beaucoup aimé les débuts d'Eli lorsqu'il vit chez les Comanches, j'ai mis plus de temps à apprécier les personnages de Peter et Jeanne Anne. J'ai beaucoup appris sur l'histoire du Texas loin des mythes du rêve américain avec l'arrivée des pionniers yankees, puis l'extinction des Comanches, en passant par la révolution mexicaine et enfin la prospection pétrolière... Un long western qui nous emporte dans les grands espaces.

Merci Marlène et les éditions Albin Michel pour cette lecture passionnante.

Autres avis : Gambadou, Papillon

Extrait : 

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
10/12

 Challenge Petit Bac 2014 
91121022
"Cercle familiale" (11)

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n°3

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18 septembre 2014

22/11/63 - Stephen King

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Livre de Poche - octobre 2014 - 1056 pages (à paraître)

Audiolib - mai 2013 - 36 h - lu par François Montagut

Albin Michel - mars 2013 - 934 pages

traduit de l'américain par Nadine Gassie

Titre original : 22/11/63, 2011

Quatrième de couverture :
Imaginez que vous puissiez remonter le temps, changer le cours de l'Histoire. Le 22 novembre 1963, le président Kennedy était assassiné à Dallas. À moins que... Jake Epping, professeur d'anglais à Lisbon Falls, n'a pu refuser la requête d'un ami mourant : empêcher l'assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l'entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l'époque d'Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d'un dégénéré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d'une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake. Avec une extraordinaire énergie créatrice, Stephen King revisite au travers d'un suspense vertigineux l'Amérique du baby-boom, des « happy days » et du rock‘n’roll.

Auteur : Stephen King a écrit plus de 50 romans, tous best-sellers, et plus de 200 nouvelles. Il est devenu un mythe vivant de la littérature américaine (National Book Foundation Medal en 2003 pour sa contribution aux lettres américaines, Grand Master du Prix Edgar Allan Poe en 2007, etc.).

Lecteur : François Montagut est comédien pour le théatre, la télévision et le cinéma.Citons, parmi d'autres, L’homme au masque de fer, La folie des hommes, Largo Winch 2, L’heure du crime, Caravaggio, La Pieuvre. 

Mon avis : (lu en août 2014)
Jake Epping est professeur d'anglais à Lisbon Falls, il mène une vie plutôt tranquille jusqu'au jour où son ami Al lui confie un secret assez spécial... Au fond de son restaurant, il a découvert une faille temporelle qui le ramène en 1958. Al est presque mourant lorsqu'il demande à Jake d'utiliser ce passage pour sauver le président Kennedy... Voilà comment commence une histoire improbable qui plonge Jake et le lecteur dans les années 60... Cette mission est plus difficile qu'il n'y paraît, Jake deviendra George, il va se créer une nouvelle vie, rencontrer le grand amour, pister Lee Harvey Oswald et ses proches... Il faudra également tenir compte de « l’effet papillon »...
Impossible de lâcher ce roman incroyable, riche et si palpitant qui a accompagné la fin de mon été au bord de la mer.
C'est ma deuxième lecture d'un livre de Stephen King et c'est encore une vraie réussite.

Extrait : (début du livre)
J’ai jamais eu « la larme facile », comme on dit.
Si j’en crois mon ex-épouse, mon « gradient d’émotion inexistant » est la raison principale pour laquelle elle m’a quitté (comme si le mec qu’elle avait rencontré à ses réunions des Alcooliques anonymes n’y était pour rien). Christy supposait qu’elle pouvait me pardonner, disait-elle, de ne pas avoir versé de larmes à l’enterrement de son père : je ne le connaissais que depuis six ans et ne pouvais comprendre quel homme merveilleux et généreux c’était (une Mustang décapotable comme cadeau de fin d’études secondaires, par exemple). 
Mais par la suite, quand je n’ai pas versé de larmes à l’enterrement de mes deux parents – ils sont morts à tout juste deux ans d’intervalle, mon père d’un cancer de l’estomac et ma mère d’une crise cardiaque foudroyante en marchant sur une plage de Floride – elle a commencé à comprendre cette histoire de gradient d’émotion inexistant. J’étais « incapable de ressentir mes sentiments », en jargon AA.
« Je ne t’ai jamais vu pleurer », m’a-t-elle dit de ce ton cassant que prennent les gens quand ils vous assènent l’argument sans réplique qui met un point final à votre relation. « Même quand tu m’as dit que si je n’allais pas en cure de désintoxication, tu me quittais. » Cette conversation eut lieu environ six semaines avant qu’elle ne boucle ses valises, les embarque dans sa voiture et traverse la ville pour s’en aller emménager avec Mel Thompson. « Garçon rencontre fille sur le campus des AA » : un autre de leurs dictons.
Je n’ai pas versé de larmes en sortant sur le pas de la porte pour lui dire au revoir. Je n’ai pas non plus versé de larmes quand je suis retourné à l’intérieur de la petite maison à la grosse hypothèque. La maison où aucun bébé n’était né, ni ne naîtrait jamais. Je me suis juste allongé sur le lit qui n’appartenait plus qu’à moi seul désormais, j’ai posé mon bras sur mes yeux et j’ai « pleuré ».
Sans larmes.
Mais je n’ai pas de blocage émotionnel. Christy avait tort sur ce point. Un jour, quand j’avais neuf ans, ma mère m’attendait sur le seuil à mon retour de l’école pour m’annoncer qu’Ours, mon petit colley, s’était fait écraser par une voiture qui s’était même pas arrêtée. J’ai pas pleuré quand on l’a enterré. Même si mon père m’a dit que personne me prendrait pour une mauviette si je le faisais. Mais j’ai pleuré quand ma mère me l’a dit. D’abord parce que c’était ma première expérience de la mort ; mais surtout parce que c’était à moi qu’incombait la responsabilité de bien fermer le portail en partant pour qu’il soit en sécurité dans notre jardin.
Et j’ai pleuré quand le médecin de ma mère m’a appelé pour m’expliquer ce qui s’était passé ce jour-là sur la plage. « Je suis désolé mais c’était sans espoir, m’a-t-il dit. Parfois, c’est très soudain, et les médecins ont tendance à considérer cela comme une bénédiction. »

Challenge Petit Bac 2014
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"Moment/Temps" (10)

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Le mois américain

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n°2

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  4/25

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17 septembre 2014

L'Heure indigo - Kristin Harmel

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

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Editions Denoël - septembre 2014 - 432 pages

France Loisirs - 2013 - 476 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Christine Barbaste

Titre original : The Sweetness of Forgetting, 2012

Quatrième de couverture :
À Cape Cod, dans le Massachusetts, Hope s’affaire derrière les fourneaux de la pâtisserie familiale. Entre son travail, la rébellion de sa fille adolescente, son récent divorce et ses soucis financiers, elle frôle parfois le surmenage. Hope s’enfonce peu à peu dans la déprime et la résignation. Aussi, quand sa grand-mère Rose lui demande d’aller en France retrouver sa famille disparue pendant la guerre, Hope accepte sans hésiter. Décidée à reprendre sa vie en main, elle s’envole pour Paris en quête de ce passé dont elle ignore tout. Car le temps est compté : atteinte de la maladie d’Alzheimer, la mémoire de Rose faiblit. Pour tout indice, elle a donné à sa petite-fille une simple liste de noms et une adresse. 

Kristin Harmel nous embarque avec une émotion et une vitalité rares dans le récit d’une femme qui s’apprête à découvrir le douloureux secret de ses origines, tout en peignant avec finesse et mordant les relations houleuses entre mère et fille.

Auteur : Kristin Harmel, née en 1979 à Newton (Massachusetts, banlieue de Boston), est devenue journaliste sportive dès l'âge de 16 ans, pendant la fin de sa scolarité en Floride. Diplômée de l'Université de Floride, Kristin Harmel est devenue journaliste pour People en 2000. Elle a aussi travaillé pour des dizaines d'autres revues et magazines. Elle est l'auteur de sept romans, traduits dans de nombreux pays. Le dernier est sorti en 2012. L'auteur vit actuellement à Orlando (Floride).

Mon avis : (lu en septembre 2014)
Voilà mon premier coup de coeur de la Rentrée Littéraire... 
À Cape Cod, dans le Massachusetts, Hope tient la pâtisserie familiale créée par Rose, sa grand-mère. Elle vient de divorcer et elle est soucieuse pour Annie, sa fille adolescente, qui lui en fait voir de toutes les couleurs, elle craint également de mettre la clé sous la porte car les finances de la pâtisserie ne sont pas au beau fixe... Rose atteinte de la maladie d’Alzheimer vit dans une maison de retraite proche. Un jour de vrai lucidité, Rose demande à sa petite fille d'aller à Paris enquêter avec une liste de noms. 
Hope ignore tout du passé de cette grand-mère originaire de France... Elle va découvrir un passé qu'elle n'avait jamais imaginée.
Le livre est construit comme un suspens, le lecteur suit avec émotions Hope dans sa quête de la vérité. C'est passionnant, haletant et les personnages sont très attachants. Hope est la narratrice de cette histoire, son récit est par moment entrecoupé par des flashes de la mémoire de Rose et par des recettes des pâtisseries issues de la tradition familiale (qui donnent vraiment l'eau à la bouche). Voilà une histoire très touchante, où il est question de relations mère-fille, de tolérance, de solidarité, d'œcuménisme, d'amour... 

Un grand merci pour Dana et les éditions Denoël pour m'avoir permis de découvrir une magnifique histoire.

 

Extrait : (début du livre)
À cette heure où l'aube commence tout juste à étirer ses longs doigts par-dessus l'horizon, je pourrais me croire seule sur Terre tant la rue est déserte et silencieuse derrière la vitrine de la pâtisserie. C'est déjà septembre ; comme chaque année, après le Labor Day, les touristes sont rentrés chez eux, les Bostoniens ont barricadé leurs résidences d'été en prévision de l'hiver et, dans les bourgades essaimées le long de Cape Cod, les rues ont un air fantomatique, comme sorties d'un rêve sans repos.
Les feuilles changent déjà de couleur ; d'ici à quelques semaines, elles refléteront toutes les teintes sourdes du coucher de soleil. La plupart des gens ne pensent pas à venir à Cape Cod pour la saison des feuilles. Les amateurs iront plutôt dans le Vermont, dans le New Hampshire ou encore tout à l'ouest de l'État du Massachusetts, dans les monts Berkshires, là où chênes et érables repeindront la nature d'une palette de rouges profonds et d'orangés brûlés. À Cape Cod, pourtant, à l'orée de la saison morte, quand les jours raccourcissent et que de grandes volées d'oiseaux migrateurs venant du Canada se posent le temps d'une halte, les végétations des sables se transforment en un tapis doré et les marais évoquent des paysages à l'aquarelle. Et moi, comme chaque année, je contemplerai ce spectacle à travers la vitrine de ma pâtisserie, L'Étoile polaire.
D'aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours considéré cette boutique familiale comme ma vraie maison – bien plus que le cottage en bord de mer dans lequel j'ai grandi, et où je suis revenue m'installer maintenant que le divorce a été prononcé.
Divorce. Le mot bourdonne dans mes oreilles, sans relâche ; et dans ces moments – où j'essaie, tout en guettant un éventuel client, d'ouvrir avec le pied la porte du four pour y glisser deux énormes plaques de tartelettes à la cannelle sans perdre l'équilibre –, il nourrit un sentiment d'échec. Tandis que j'enfourne les tartelettes, que je sors une plaque de croissants puis referme la porte du four d'un coup de hanche, je songe que, pour bien faire, il me faudrait quatre mains.
J'aurais tellement voulu éviter ce divorce, pour Annie. Je ne voulais pas que ma fille grandisse, comme moi, dans un foyer bancal. Je voulais davantage pour elle. Mais la vie ne se déroule jamais de la façon dont on l'avait prévue, n'est-ce pas ?
La clochette de la porte tinte pile au moment où j'entreprends de décoller les croissants au beurre du papier sulfurisé. Je jette un coup d'œil sur le minuteur du deuxième four ; les cupcakes à la vanille seront prêts dans moins d'une minute. Mon client va devoir patienter.
« Hope ? appelle une voix grave. Tu es dans la cuisine ? »
Je lâche un soupir de soulagement. Au moins c'est un client que je connais – non pas que je connaisse tous ceux qui demeurent en ville, une fois que les touristes ont regagné leurs pénates.
« Une minute, Matt ! Excuse-moi. »
J'enfile les maniques – la paire bleu vif brodée d'une frise de cupcakes qu'Annie m'a offerte l'an dernier pour mes trente-cinq ans – et je sors du four les petits gâteaux à la vanille, dont le parfum me ramène instantanément à mon enfance. Ma grand-mère, Mamie, a ouvert sa boutique L'Étoile polaire il y a soixante ans, quelques années après s'être installée à Cape Cod avec mon grand-père. J'ai grandi ici, et c'est elle qui m'a tout appris de la pâtisserie. Elle m'a patiemment montré comment malaxer une pâte, en m'expliquant pourquoi elle lève, en m'apprenant à combiner des ingrédients traditionnels et inattendus pour confectionner de petits délices dont, année après année, le Boston Globe et le Cape Cod Times vantent les mérites.
Je dispose les cupcakes sur la grille de refroidissement puis enfourne deux plaques de biscuits à l'anis et au fenouil, et tout en bas, au dernier niveau, je glisse une fournée de croissants de lune – des mini-chaussons fourrés avec de la pâte d'amande parfumée à l'eau de fleur d'oranger, et saupoudrés de cannelle.
Je retire mes gants, époussette un reste de farine sur mes mains, programme le minuteur et vais enfin rejoindre mon client. Quel que soit mon découragement, pénétrer dans la boutique me redonne systématiquement le sourire : à l'automne dernier, quand les affaires tournaient au ralenti, Annie et moi avons repeint la salle et ma fille a choisi pour les murs un rose bonbon, agrémenté de frises blanches au pochoir. J'ai parfois l'impression de vivre dans un cupcake géant.
Matt Hines est assis à une table, en face du comptoir, et, en me voyant, il se lève d'un bond, le sourire aux lèvres.
« Salut, Hope. »
Je lui rends son sourire. Matt était mon petit copain au lycée ; nous avons rompu avant de partir à la fac, chacun de notre côté, mais lorsque je suis revenue à Cape Cod, des années plus tard, avec une licence en droit – qui ne me servait pas à grand-chose –, un mari et un bébé, nous avons renoué, en amis. Cependant, Matt m'ayant invitée à plusieurs reprises depuis mon divorce, je me suis aperçue, presque avec surprise, que nous nous étions éloignés l'un de l'autre. Matt est aujourd'hui comme un vieux pull qu'on a adoré, désormais moins confortable, moins seyant. La vie nous change, subrepticement le plus souvent, mais irrémédiablement. Et cela, Matt ne semble pas le comprendre.
« Salut, Matt. Tu veux un café ? » dis-je d'un ton que j'essaie de garder neutre et amical. « Je te l'offre, puisque je t'ai fait attendre. »

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
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Le mois américain

 Challenge Petit Bac 2014 
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"Matière" (8)

 

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16 septembre 2014

La couleur des sentiments - Kathryn Stockett

Lu dans le cadre du Challenge
 
"Ecoutons un livre"
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9782356416186-G la_couleur_des_sentiments la couleur des sentiments_p

Audiolib - juin 2011 -17h50 - Lu par Nathalie HonsNathalie HugoCachou Kirsch et Valérie Lemaître

Jacqueline Chambon Editions - septembre 2010 – 525 pages

Babel - octobre 2013 - 624 pages

traduction de l'anglais (États-Unis) par Pierre Girard

Titre original : The Help, 2009

Quatrième de couverture : 
En 1962, à Jackson, Mississipi, chez les Blancs, ce sont les Noires qui font le ménage et élèvent les enfants. Sans mot dire, sous peine de devoir prendre la porte. Est-ce le cas de Constantine, l’employée des Phelan, dont on n’a plus aucune nouvelle ? Mais franchement, qui s’en soucierait ? Ses amies, Minny et Aibileen, et surtout Skeeter, la propre fille des Phelan. La jeune étudiante blanche et les deux employées noires vont lier une alliance imprévisible pour « comprendre ». Passionnant de bout en bout, La Couleur des sentiments a déjà conquis plus de deux millions de lecteurs, connu le succès au cinéma (The help) et obtenu le Grand prix des lectrices de Elle en 2011. Timbres différents, conviction ou verve identiques : Marie Lemaître, Nathalie Hons, Nathalie Hugo et Cachou Kirsch marient leurs voix comme les héroïnes du roman leur volonté que « les choses changent ». Leur lecture a été récompensée par le Prix du livre audio Lire dans le noir en 2011.

Auteur : Kathryn Stockett a grandi à Jackson, Elle vit actuellement à Atlanta avec son mari et leur fille, et travaille à l’écriture de son deuxième roman.

Lecteurs : Nathalie Hons : Comédienne de théâtre, elle découvre le monde du doublage. Depuis elle ne l’a jamais quitté et prête sa voix à de nombreux personnages. 
Nathalie Hugo : Cette comédienne de théâtre au riche parcours exerce également ses talents dans des comédies musicales, le doublage de films de cinéma ou de télévision et celui de dessins animés. 
Cachou Kirsch : Comédienne bruxelloise et sociologue de formation, Cachou Kirsch joue depuis 2003, sur les planches comme à l'écran... Elle est également chargée de production du Festival Esperanzah!, ainsi que musicienne. En 2007, elle a été nominée en tant qu'Espoir féminin aux Prix du Théâtre belge. 
Valérie Lemaître : Formée au conservatoire d’art dramatique de Bruxelles, Valérie Lemaître mène une carrière exigeante au cinéma et au théâtre. Elle écrit et met en scène pour le théâtre et la télévision.

Mon avis : (écouté en août 2014)
J'ai adoré cette relecture en mode audio de ce livre que j'avais tellement aimé. 
Il y a 4 lectrices pour ce livre, mais c'est surtout le texte en lui-même qui permet de différencier les trois personnages principaux, sans oublier que cela est bien notifié au début de chaque chapitre.
Nous sommes à Jackson, petite ville du Mississipi dans les années 60. Elles sont trois femmes : Aibileen et Minny deux bonnes noires et Miss Steeker une jeune femme blanche. On découvre une ségrégation qui perdure malgré tout, car des lois continuent à séparer les deux populations. De la rencontre improbable entre Miss Steeker, jeune bourgeoise blanche et Aibileen et Minny va naître une amitié et surtout un livre racontant les histoires des bonnes noires au service des maîtres blancs. Elles évoquent les vexations, les colères contenues et leurs tendresses immenses pour les enfants qu'elles élèvent.
Une histoire simple avec des personnages très attachants qui fait passer le lecteur par toutes les émotions de la tristesse à la colère sans oublier le rire car certaines situations sont vraiment pleines d’humour…

Plus de 3 ans après ma première lecture ce livre reste un grand coup de cœur ! 

Extrait : (début du livre)
AIBILEEN


Août 1962

Mae Mobley, elle est née de bonne heure un dimanche matin d'août 1960. Un bébé d'église, comme on dit. Moi je m'occupe des bébés des Blancs, voilà ce que je fais, et en plus, de tout le boulot de la cuisine et du ménage. J'en ai élevé dix-sept de ces petits, dans ma vie. Je sais comment les endormir, les calmer quand ils pleurent et les mettre sur le pot le matin, avant que les mamans aient seulement le temps de sortir du lit.
Mais un bébé qui hurle comme Mae Mobley Leefolt, ça j'en avais jamais vu. Le premier jour que je pousse la porte je la trouve toute chaude et toute rouge à éclater et qui braille et qui se bagarre avec son biberon comme si c'était un navet pourri. Miss Leefolt, elle a l'air terrifiée par son propre enfant. "Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Pourquoi je ne peux pas arrêter ça ?"
Ça ? Tout de suite, je me suis dit : il y a quelque chose qui cloche ici.
Alors j'ai pris ce bébé tout rouge et hurlant dans mes bras. Je l'ai un peu chahuté sur ma hanche pour faire sortir les gaz et il a pas fallu deux minutes pour que Baby Girl arrête de pleurer et me regarde avec son sourire comme elle sait faire. Mais Miss Leefolt, elle a plus pris son bébé de toute la journée. Des femmes qui attrapent le baby blues après l'accouchement, j'en avais déjà vu des tas. Je me suis dit que ça devait être ça.
Mais il y a une chose avec Miss Leefolt : c'est pas juste qu'elle fronce tout le temps les sourcils, en plus elle est toute maigre. Elle a des jambes tellement fines qu'on les dirait poussées de la semaine dernière. A l'âge de vingt-trois ans, la voilà efflanquée comme un gamin de quatorze. Même ses cheveux bruns sont tellement fins qu'on voit à travers. Elle essaie de les faire bouffer, mais ça les fait seulement paraître plus fins. Et sa figure, elle ressemble à celle du diable rouge sur la bonbonnière, avec le menton pointu et tout. Pour tout dire, elle a le corps tellement plein de pointes et de bosses qu'il faut pas s'étonner si elle arrive jamais à calmer ce bébé. Les bébés, ils aiment les grosses. Ils aiment fourrer la tête sous votre bras pour s'endormir. Ils aiment les grosses jambes, aussi. Ça, je peux vous le dire.
Mae Mobley, à un an, elle me suivait déjà partout où j'allais. Quand arrivait cinq heures elle se cramponnait à mes Scholl, elle se traînait par terre et elle bramait comme si j'allais jamais revenir. Après, Miss Leefolt me regardait de travers, à croire qu'il aurait pas fallu décrocher ce bébé qui criait à mes pieds. Je pense que c'est le risque qu'on prend, quand on laisse quelqu'un d'autre élever ses enfants.   

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n°1

Challenge Petit Bac 2014
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Le mois américain

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13 septembre 2014

Festival America - Vincennes

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Hier, j'ai passé mon après-midi au Festival América 
qui a lieu à Vincennes (94) du 11 au 14 septembre 2014

Le ciel était bleu sur Vincennes, la ville est pavoisé aux couleurs américaines

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Après un petit tour dans le Salon, où j'ai glané quelques marques pages,

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J'ai passée l'après-midi dans la salle des fêtes de la Mairie, autour d'une petite table au premier rang pour 4 Café des Libraires. Animé par Maëtte Chantrel, autour d'un thème, les auteurs sont interrogés par un ou une libraire pour présenter leurs derniers ouvrages.

Au cours de chacune de ces rencontres, un court extrait de chaque livre présenté était lu par les Sorbonne Sonore, étudiants de l'Université Paris Sorbonne (Paris IV) formés par Les Livreurs

Le premier Café des Libraires sur le thème "La vie moderne"
avec
 Margaret AtwoodTao LinÉric Plamondon.

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Margaret Atwood (Canada) invitée d'honneur du salon

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 Éric Plamondon (Canada/Québec)                                Tao Lin (États-Unis)           

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Je ne connaissais aucun de ses auteurs et aucun des trois livres ne m'ont fait envie. J'ai apprécié que Margaret Atwood s'exprime en français, ma voisine de table (une vrai fan) m'a conseillé de découvrir son livre "La servante écarlate". 

Le deuxième Café des Libraires sur le thème "Le monde d'avant" avec Rick BassJ.R. Léveillé

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Rick Bass (États-Unis)                                 J.R. Léveillé (Canada/Manitoba)

tout la terre qui nous le soleil du lac 1522504-gf

J'ai beaucoup aimé l'intervention de J.R. Léveillé qui est très expressif
au contraire de Rick Bass qui est tout en retenu et peu souriant... 
Je serai curieuse de découvrir le livre de J.R. Léveillé

Le troisième Café des Libraires sur le thème "Communautés"
avec France DaigleTom DruryBoris Fishman

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France Daigle (Canada/Acadie)

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Tom Drury (États-Unis)                              Boris Fishman (États-Unis)

pour sur la fin du vandalisme une vie d'emprunt

J'ai bien aimé France Daigle et découvert la langue chiac.
Le livre de Boris Fishman me fait bien envie.

Le quatrième Café des Libraires sur le thème "Vivre de l'art"
avec Jim FergusJake LamarAnthony Phelps
un plateau sans interprète, tous les trois parlent très bien français.

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Jim Fergus (États-Unis) et son chien "littéraire" qui ne le quitte jamais.

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Jake Lamar (États-Unis)                                    Anthony Phelps (Haïti)

chrysis postérité des fleurs nomade

Jim Fergus est le seul auteur que je connaissais de ces 4 plateaux.
Anthony Phelps qui a connu les prisons haïtiennes du temps de Duvalier est très touchant.
Jack Lamar m'a donné envie de découvrir son livre.

Voilà une après-midi bien remplie qui m'a permis de découvrir de nouveaux auteurs.

 

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De si jolies Ruines - Jess Walter

Lu dans le cadre du Prix du Roman Fnac 2014

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DeSiJoliesRuines Fleuve éditions - août 2014 - 456 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean Esch

Titre original : Beautiful Ruins, 2012

Quatrième de couverture :
Avril 1962, Dee Moray arrive par bateau dans le minuscule village de Porto Vergogna (le port de la honte), une douzaine de maisons accrochées à flanc de falaises et une petite pension de famille dont vient d’hériter le jeune Pasquale Tursi, bien décidé à en faire le lieu de villégiature préféré des stars américaines. Peu importe que le village ne soit accessible ni par la route ni par le rail, que sa plage fasse la taille d’un mouchoir de poche et que ses projets de terrain de tennis ressemblent à un doux rêve. En fait, personne ne descend jamais dans cet hôtel perdu, l'Adequate View, à part quelques clients égarés. Et chaque année, pendant une quinzaine de jours, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, un américain névrosé et alcoolique aux velléités d’écrivain.

Dee Moray a décroché un petit rôle dans la grosse production rassemblant Liz Taylor et Richard Burton, Cléopâtre. Elle était à Rome quand on lui a diagnostiqué un cancer, la production l'a alors envoyé se reposer dans cet hôtel. Bientôt, Richard Burton et un autre type de la production débarquent eux aussi...
De nos jours, à Hollywood, une jeune assistante de production, Claire Silver, se débat pour quitter son job auprès du producteur Michael Dean, une momie qui a connu son heure de gloire, et son compagnon du moment, inconditionnel des boîtes de strip-tease. Et puis il y a Shane Weeler, persuadé d’avoir le pitch du siècle qui part pour Hollywood tenter de vendre son idée, Pat, le chanteur-compositeur complètement paumé…
Tous ces êtres ont des rêves auxquels ils se cramponnent, et bien qu'ils viennent d'horizons différents, leurs destins vont se croiser, même si certains l'ignorent encore...

Auteur : Jess Walter est l’auteur de six romans, dont Citizen Vince, lauréat du Prix Edgar Allan Poe du meilleur roman en 2005, The Zero, finaliste du National Book Award 2006 et La Vie financière des poètes, paru chez 10/18 en 2011. Il a également collaboré à plusieurs journaux et magazines parmi lesquels The New York Times, The Washington Post, The Los Angeles Times ou The Boston Globe. Il vit en famille à Spokane, dans l’État de Washington.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
C'est le dernier livre que j'ai lu pour la sélection du Prix du Roman Fnac 2014. Depuis les vacances sont passées et faire un billet à partir de mes quelques notes n'est pas si facile... J'avoue avoir un peu oublieé cette lecture.
Ce livre nous raconte plusieurs histoires qui vont se rejoindre dans les derniers chapitres. 
En 1962, Dee Moray, une jeune actrice arrive dans un petit village côtier italien. Elle semble victime d'une maladie mystérieuse. Le propriétaire de l'hôtel, Pasquale rêve de transformer sa ville en une station balnéaire. Il tombe amoureux de Dee et veut l'aider. Il va lentement apprendre ses secrets et pourquoi elle a été envoyée à son village. 
Dans le présent, nous somme à Hollywood, Michael Deane est un producteur de films devenu has-been, Claire est son assistante. Pasquale, qui est maintenant un vieil homme, rend visite au producteur il voudrait savoir ce qui s'est passé à l'actrice.
J'ai bien aimé les descriptions des lieux autour de Porto Vergogna situé proche de Cinque Terre en Italie et le personnage de Pasquale. Ce n'est pas toujours facile de passer de l'une histoire à l'autre, d'une époque à l'autre.

 

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
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Le mois américain

 Challenge Petit Bac 2014 
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"Bâtiment" (7)

 

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