14 octobre 2014

La petite communiste qui ne souriait jamais - Lola Lafon

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Audiolib - juin 2014 - 7h41 - Lu par Chloé Lambert

Actes Sud - janvier 2014 - 272 pages

Quatrième de couverture :
Fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ? Le roman acrobate de Lola Lafon, aussi audacieux que les figures de l’enfant entrée dans la légende, rend l’hommage d’une fiction à celle-là même qui permit aux petites filles de l’été 1976 de rêver, elles aussi, de s’élancer vers le ciel.
Une interprétation en miroir, dans laquelle, comme chez la jeune héroïne dont est contée l’histoire, la poésie et la grâce naissent d’une parfaite maîtrise faisant, un temps, taire les vociférations d’une époque écartelée.

Auteur : Écrivain et musicienne, Lola Lafon est l’auteure de trois romans parus aux éditions Flammarion : Une fièvre impossible à négocier (2003) ; De ça je me console (2007) et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce (2011) qui reparaît en poche en mai 2014 (Actes Sud – Babel). Elle a également signé deux albums chez Harmonia Mundi : Grandir à l’envers de rien (2006) et Une vie de voleuse (2011).

Lecteur : De formation dramatique, Chloé Lambert joue sur les planches du Théâtre Edouard VII, du Festival d’Avignon, du Rond Point… aux côtés de Pierre Arditi, Fabrice Luchini, ou encore sous la direction de Florian Zeller et Danièle Thompson. Elle interprète aussi régulièrement des rôles face caméra, notamment dans le film Mariages ! ou le téléfilm Chez Maupassant - L’Héritage aux côtés d’Eddy Mitchell.

Mon avis : (écouté en octobre 2014)
Juillet 1976, Jeux Olympiques de Montréal, Nadia Comaneci entre dans l'histoire de la gymnastique et devient l'emblème de son pays : la Roumanie alors sous l'emprise du dictateur communiste Ceausescu.
Pour raconter la vie de l'athlète de 1969 à 1990, l'auteur imagine un échange entre Nadia et la narratrice. Elle s'appuie sur les événements et les dates connues, pour le reste c'est un travail de fiction très bien documenté. Cela permet d'avoir les points de vues de quelqu'un de l'Est et de quelqu'un de l'Ouest...
J'ai beaucoup aimé écouter ce livre, le personnage de Nadia est attachant, avec son parcours le lecteur découvre les méthodes d'entraînement des petites gymnastes, le régime communisme en Roumanie... Les victoires de Nadia ont permis à la Roumanie de sortir de l'ombre. Mais sa vie n'a pas été facile, lorsque son corps se transforme et qu'elle devient femme, j'ai été touchée par sa douleur, même si elle continue à s'entraîner sans relâche, son corps ne lui permet plus de renouveler ses exploits. Puis, elle va être accusée d'être complice du régime de Ceausescu. Quinze jours avant la chute de ce dernier, elle fuit la Roumanie pour les États-Unis où la conquête de sa liberté ne sera pas facile...
En 1976, Nadia Comaneci a fait rêver le monde ce livre nous permet de découvrir le revers de ses belles médailles. Et si Nadia ne souriait pas, c'est qu'elle était concentrée pour réussir au mieux son travail... gagner des médailles pour son pays.
J'ai bien aimé le lecteur de ce livre audio, même si la construction du livre fait qu'il y a de nombreuses interruptions de la lecture par des jingles que je trouvais un peu pénible à la longue... 

L'entretien avec l'auteur en fin du livre audio est vraiment très intéressant, il complète bien la lecture du livre.

Merci Babelio et les éditions Audiolib pour ce partenariat.

Autres avis : EnnaSandrineSaxaoulLiliba, Sylire

Extrait : (début du livre)
Quel âge a-t-elle, demande la juge principale, incrédule, à l’entraîneur. Ce chiffre, quatorze, lui donne un frisson. Ce que la petite a effectué à l’instant dézingue le déroulement des chiffres, des mots et des images. Il ne s’agit plus de ce que l’on comprend. On ne saurait noter ce qui vient d’advenir. Elle jette la pesanteur par-dessus son épaule, son corps frêle se fait de la place dans l’atmosphère pour s’y lover.

Mais pourquoi personne ne les a prévenus qu’il fallait regarder par là, ragent ceux qui ratent le moment où, sur les dix centimètres de largeur de la poutre, Nadia C. se lance en arrière et, les bras en croix, donne un coup de pied à la lune, saut à l’aveugle, et ils se tournent les uns vers les autres, est-ce que quelqu’un a compris, est-ce que vous avez compris ?
Le panneau électronique affiche COMANECI NADIA, ROMANIA suivi de 73, son dossard, et là où il devrait y avoir sa note : rien.
On attend. Blêmes, les gymnastes soviétiques vont et viennent dans les travées réservées aux entraîneurs et aux compétitrices qui ont terminé. Elles savent. Les coéquipières de la Roumaine, elles, semblent au désespoir, Dorina tient ses mains jointes, Mariana murmure une phrase en boucle, une autre est affalée, les yeux fermés ; Nadia, elle, un peu à l’écart, sa queue de cheval de travers, ne jette pas un regard au tableau d’affichage. Et c’est lui qu’elle voit en premier, Béla, son entraîneur, debout, les bras au ciel, la tête renversée en arrière ; elle se tourne enfin et découvre sa sanction, ce terrible 1 sur 10 qui s’inscrit en nombres lumineux face aux caméras du monde entier. Un virgule zéro zéro. Elle repasse de possibles fautes dans sa tête, l’arrivée du périlleux arrière éventuellement, pas assez stable, qu’est-ce qu’elle a pu faire pour mériter ça ? Béla la serre dans ses bras, t’en fais pas chérie, on va déposer une réclamation. Mais un des juges attire son attention. Parce que le Suédois se lève. Parce qu’il a les larmes aux yeux et la fixe. Et tous raconteront cet instant tant et tant de fois qu’elle n’est plus sûre aujourd’hui de l’avoir vécu, peut-être l’a-t-elle vu à la télé, peut-être cet épisode a-t-il été écrit pour un film. Le public s’est levé et de leurs dix-huit mille corps provient l’orage, leurs pieds grondent rythmiquement au sol et le Suédois dans le vacarme ouvre et ferme la bouche, il prononce des mots inaudibles, des milliers de flashs forment une pluie d’éclats inégaux, elle entrevoit le Suédois, que fait-il, il ouvre ses deux mains et le monde entier filme les mains du juge vers elle. Alors, la petite tend ses deux mains vers lui, elle demande confirmation, c’est un… dix ? Et lui, doucement, hoche la tête en gardant ses doigts ouverts devant son visage, des centaines de caméras lui cachent l’enfant, les gamines de l’équipe roumaine dansent autour d’elle, oui, amour, oui, ce un virgule zéro zéro est un dix.

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Version papier : 

 94110928 La petite communiste qui ne souriait jamais 

 

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03 octobre 2014

Le fils - Philipp Meyer

Lu en partenariat avec Albin Michel

le fils Albin Michel - août 2014 - 688 pages

traduit de l’américain par Sarah Gurcel

Titre original : The Son, 2013

Quatrième de couverture :
Vaste fresque de l’Amérique de 1850 à nos jours, Le Fils de Philipp Meyer, finaliste du prestigieux prix Pulitzer 2014, est porté par trois personnages, trois générations d’une famille texane, les McCullough, dont les voix successives tissent la trame de ce roman exceptionnel.
Eli, enlevé par les Comanches à l’âge de onze ans, va passer parmi eux trois années qui marqueront sa vie. Revenu parmi les Blancs, il prend part à la conquête de l’Ouest avant de s’engager dans la guerre de Sécession et de bâtir un empire, devenant, sous le nom de « Colonel », un personnage de légende.
À la fois écrasé par son père et révolté par l’ambition dévastatrice de ce tyran autoritaire et cynique, son fils Peter profitera de la révolution mexicaine pour faire un choix qui bouleversera son destin et celui des siens.
Ambitieuse et sans scrupules, Jeanne-Anne, petite-fille de Peter, se retrouvera à la tête d’une des plus grosses fortunes du pays, prête à parachever l’œuvre de son arrière-grand-père.
Il est difficile de résumer un tel livre. Porté par un souffle hors du commun, Le Fils est à la fois une réflexion sur la condition humaine et le sens de l’Histoire, et une exploration fascinante de la part d’ombre du rêve américain.

Auteur : Originaire de Baltimore, Philipp Meyer est à 38 ans reconnu comme l’un des écrivains les plus doués de sa génération. Lauréat du Los Angeles Times Book Prize pour son premier roman, Un arrière-goût de rouille (2010), il a connu un formidable succès avec son deuxième livre Le Fils, salué par l’ensemble de la presse américaine comme l’un des cinq meilleurs romans de l’année 2013 et qui va être traduit en plus de vingt langues.

Mon avis : (lu en septembre 2014)
J'ai mis beaucoup plus de temps à lire ce livre que je l'imaginais en le commençant. Tout d'abord, il y a près de 700 pages, ensuite l'histoire est dense, passionnante et très documentée. En effet, à travers trois personnages et trois générations d'une famille, le lecteur découvre l'histoire du Texas de 1850 à nos jours.
Eli McCullough a 11 ans lorsqu'il assiste aux viols et à la mort de sa mère et sa soeur et au massacre de son frère. Il est enlevé par une tribu de Comanches, tout d'abord réduit en esclavage il sera adopté par eux. Quelques années plus tard, la guerre et la maladie vont décimer les Indiens et Eli doit retourner vivre parmi les Blancs. Il se sent toujours un peu indien, il sera Rangers pendant quelques années, participera à la guerre de Sécession prenant le nom de « Colonel » puis deviendra un des éleveurs les plus importants du Texas.
Son fils Peter McCullough est très différent, plus pacifique, en opposition avec son père, il se sent proche des mexicains.

Jeanne Anne McCullough est la petite-fille de Peter. Elle héritera du domaine et le fera prospérer grâce au pétrole.
L'arbre généalogique en début du livre est très utile pour naviguer dans toute cette grande famille. 

J'ai beaucoup aimé les débuts d'Eli lorsqu'il vit chez les Comanches, j'ai mis plus de temps à apprécier les personnages de Peter et Jeanne Anne. J'ai beaucoup appris sur l'histoire du Texas loin des mythes du rêve américain avec l'arrivée des pionniers yankees, puis l'extinction des Comanches, en passant par la révolution mexicaine et enfin la prospection pétrolière... Un long western qui nous emporte dans les grands espaces.

Merci Marlène et les éditions Albin Michel pour cette lecture passionnante.

Autres avis : Gambadou, Papillon

Extrait : 

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
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10/12

 Challenge Petit Bac 2014 
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"Cercle familiale" (11)

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n°3

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18 septembre 2014

22/11/63 - Stephen King

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Livre de Poche - octobre 2014 - 1056 pages (à paraître)

Audiolib - mai 2013 - 36 h - lu par François Montagut

Albin Michel - mars 2013 - 934 pages

traduit de l'américain par Nadine Gassie

Titre original : 22/11/63, 2011

Quatrième de couverture :
Imaginez que vous puissiez remonter le temps, changer le cours de l'Histoire. Le 22 novembre 1963, le président Kennedy était assassiné à Dallas. À moins que... Jake Epping, professeur d'anglais à Lisbon Falls, n'a pu refuser la requête d'un ami mourant : empêcher l'assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l'entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l'époque d'Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d'un dégénéré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d'une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake. Avec une extraordinaire énergie créatrice, Stephen King revisite au travers d'un suspense vertigineux l'Amérique du baby-boom, des « happy days » et du rock‘n’roll.

Auteur : Stephen King a écrit plus de 50 romans, tous best-sellers, et plus de 200 nouvelles. Il est devenu un mythe vivant de la littérature américaine (National Book Foundation Medal en 2003 pour sa contribution aux lettres américaines, Grand Master du Prix Edgar Allan Poe en 2007, etc.).

Lecteur : François Montagut est comédien pour le théatre, la télévision et le cinéma.Citons, parmi d'autres, L’homme au masque de fer, La folie des hommes, Largo Winch 2, L’heure du crime, Caravaggio, La Pieuvre. 

Mon avis : (lu en août 2014)
Jake Epping est professeur d'anglais à Lisbon Falls, il mène une vie plutôt tranquille jusqu'au jour où son ami Al lui confie un secret assez spécial... Au fond de son restaurant, il a découvert une faille temporelle qui le ramène en 1958. Al est presque mourant lorsqu'il demande à Jake d'utiliser ce passage pour sauver le président Kennedy... Voilà comment commence une histoire improbable qui plonge Jake et le lecteur dans les années 60... Cette mission est plus difficile qu'il n'y paraît, Jake deviendra George, il va se créer une nouvelle vie, rencontrer le grand amour, pister Lee Harvey Oswald et ses proches... Il faudra également tenir compte de « l’effet papillon »...
Impossible de lâcher ce roman incroyable, riche et si palpitant qui a accompagné la fin de mon été au bord de la mer.
C'est ma deuxième lecture d'un livre de Stephen King et c'est encore une vraie réussite.

Extrait : (début du livre)
J’ai jamais eu « la larme facile », comme on dit.
Si j’en crois mon ex-épouse, mon « gradient d’émotion inexistant » est la raison principale pour laquelle elle m’a quitté (comme si le mec qu’elle avait rencontré à ses réunions des Alcooliques anonymes n’y était pour rien). Christy supposait qu’elle pouvait me pardonner, disait-elle, de ne pas avoir versé de larmes à l’enterrement de son père : je ne le connaissais que depuis six ans et ne pouvais comprendre quel homme merveilleux et généreux c’était (une Mustang décapotable comme cadeau de fin d’études secondaires, par exemple). 
Mais par la suite, quand je n’ai pas versé de larmes à l’enterrement de mes deux parents – ils sont morts à tout juste deux ans d’intervalle, mon père d’un cancer de l’estomac et ma mère d’une crise cardiaque foudroyante en marchant sur une plage de Floride – elle a commencé à comprendre cette histoire de gradient d’émotion inexistant. J’étais « incapable de ressentir mes sentiments », en jargon AA.
« Je ne t’ai jamais vu pleurer », m’a-t-elle dit de ce ton cassant que prennent les gens quand ils vous assènent l’argument sans réplique qui met un point final à votre relation. « Même quand tu m’as dit que si je n’allais pas en cure de désintoxication, tu me quittais. » Cette conversation eut lieu environ six semaines avant qu’elle ne boucle ses valises, les embarque dans sa voiture et traverse la ville pour s’en aller emménager avec Mel Thompson. « Garçon rencontre fille sur le campus des AA » : un autre de leurs dictons.
Je n’ai pas versé de larmes en sortant sur le pas de la porte pour lui dire au revoir. Je n’ai pas non plus versé de larmes quand je suis retourné à l’intérieur de la petite maison à la grosse hypothèque. La maison où aucun bébé n’était né, ni ne naîtrait jamais. Je me suis juste allongé sur le lit qui n’appartenait plus qu’à moi seul désormais, j’ai posé mon bras sur mes yeux et j’ai « pleuré ».
Sans larmes.
Mais je n’ai pas de blocage émotionnel. Christy avait tort sur ce point. Un jour, quand j’avais neuf ans, ma mère m’attendait sur le seuil à mon retour de l’école pour m’annoncer qu’Ours, mon petit colley, s’était fait écraser par une voiture qui s’était même pas arrêtée. J’ai pas pleuré quand on l’a enterré. Même si mon père m’a dit que personne me prendrait pour une mauviette si je le faisais. Mais j’ai pleuré quand ma mère me l’a dit. D’abord parce que c’était ma première expérience de la mort ; mais surtout parce que c’était à moi qu’incombait la responsabilité de bien fermer le portail en partant pour qu’il soit en sécurité dans notre jardin.
Et j’ai pleuré quand le médecin de ma mère m’a appelé pour m’expliquer ce qui s’était passé ce jour-là sur la plage. « Je suis désolé mais c’était sans espoir, m’a-t-il dit. Parfois, c’est très soudain, et les médecins ont tendance à considérer cela comme une bénédiction. »

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Moment/Temps" (10)

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Le mois américain

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n°2

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  4/25

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17 septembre 2014

L'Heure indigo - Kristin Harmel

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

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Editions Denoël - septembre 2014 - 432 pages

France Loisirs - 2013 - 476 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Christine Barbaste

Titre original : The Sweetness of Forgetting, 2012

Quatrième de couverture :
À Cape Cod, dans le Massachusetts, Hope s’affaire derrière les fourneaux de la pâtisserie familiale. Entre son travail, la rébellion de sa fille adolescente, son récent divorce et ses soucis financiers, elle frôle parfois le surmenage. Hope s’enfonce peu à peu dans la déprime et la résignation. Aussi, quand sa grand-mère Rose lui demande d’aller en France retrouver sa famille disparue pendant la guerre, Hope accepte sans hésiter. Décidée à reprendre sa vie en main, elle s’envole pour Paris en quête de ce passé dont elle ignore tout. Car le temps est compté : atteinte de la maladie d’Alzheimer, la mémoire de Rose faiblit. Pour tout indice, elle a donné à sa petite-fille une simple liste de noms et une adresse. 

Kristin Harmel nous embarque avec une émotion et une vitalité rares dans le récit d’une femme qui s’apprête à découvrir le douloureux secret de ses origines, tout en peignant avec finesse et mordant les relations houleuses entre mère et fille.

Auteur : Kristin Harmel, née en 1979 à Newton (Massachusetts, banlieue de Boston), est devenue journaliste sportive dès l'âge de 16 ans, pendant la fin de sa scolarité en Floride. Diplômée de l'Université de Floride, Kristin Harmel est devenue journaliste pour People en 2000. Elle a aussi travaillé pour des dizaines d'autres revues et magazines. Elle est l'auteur de sept romans, traduits dans de nombreux pays. Le dernier est sorti en 2012. L'auteur vit actuellement à Orlando (Floride).

Mon avis : (lu en septembre 2014)
Voilà mon premier coup de coeur de la Rentrée Littéraire... 
À Cape Cod, dans le Massachusetts, Hope tient la pâtisserie familiale créée par Rose, sa grand-mère. Elle vient de divorcer et elle est soucieuse pour Annie, sa fille adolescente, qui lui en fait voir de toutes les couleurs, elle craint également de mettre la clé sous la porte car les finances de la pâtisserie ne sont pas au beau fixe... Rose atteinte de la maladie d’Alzheimer vit dans une maison de retraite proche. Un jour de vrai lucidité, Rose demande à sa petite fille d'aller à Paris enquêter avec une liste de noms. 
Hope ignore tout du passé de cette grand-mère originaire de France... Elle va découvrir un passé qu'elle n'avait jamais imaginée.
Le livre est construit comme un suspens, le lecteur suit avec émotions Hope dans sa quête de la vérité. C'est passionnant, haletant et les personnages sont très attachants. Hope est la narratrice de cette histoire, son récit est par moment entrecoupé par des flashes de la mémoire de Rose et par des recettes des pâtisseries issues de la tradition familiale (qui donnent vraiment l'eau à la bouche). Voilà une histoire très touchante, où il est question de relations mère-fille, de tolérance, de solidarité, d'œcuménisme, d'amour... 

Un grand merci pour Dana et les éditions Denoël pour m'avoir permis de découvrir une magnifique histoire.

 

Extrait : (début du livre)
À cette heure où l'aube commence tout juste à étirer ses longs doigts par-dessus l'horizon, je pourrais me croire seule sur Terre tant la rue est déserte et silencieuse derrière la vitrine de la pâtisserie. C'est déjà septembre ; comme chaque année, après le Labor Day, les touristes sont rentrés chez eux, les Bostoniens ont barricadé leurs résidences d'été en prévision de l'hiver et, dans les bourgades essaimées le long de Cape Cod, les rues ont un air fantomatique, comme sorties d'un rêve sans repos.
Les feuilles changent déjà de couleur ; d'ici à quelques semaines, elles refléteront toutes les teintes sourdes du coucher de soleil. La plupart des gens ne pensent pas à venir à Cape Cod pour la saison des feuilles. Les amateurs iront plutôt dans le Vermont, dans le New Hampshire ou encore tout à l'ouest de l'État du Massachusetts, dans les monts Berkshires, là où chênes et érables repeindront la nature d'une palette de rouges profonds et d'orangés brûlés. À Cape Cod, pourtant, à l'orée de la saison morte, quand les jours raccourcissent et que de grandes volées d'oiseaux migrateurs venant du Canada se posent le temps d'une halte, les végétations des sables se transforment en un tapis doré et les marais évoquent des paysages à l'aquarelle. Et moi, comme chaque année, je contemplerai ce spectacle à travers la vitrine de ma pâtisserie, L'Étoile polaire.
D'aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours considéré cette boutique familiale comme ma vraie maison – bien plus que le cottage en bord de mer dans lequel j'ai grandi, et où je suis revenue m'installer maintenant que le divorce a été prononcé.
Divorce. Le mot bourdonne dans mes oreilles, sans relâche ; et dans ces moments – où j'essaie, tout en guettant un éventuel client, d'ouvrir avec le pied la porte du four pour y glisser deux énormes plaques de tartelettes à la cannelle sans perdre l'équilibre –, il nourrit un sentiment d'échec. Tandis que j'enfourne les tartelettes, que je sors une plaque de croissants puis referme la porte du four d'un coup de hanche, je songe que, pour bien faire, il me faudrait quatre mains.
J'aurais tellement voulu éviter ce divorce, pour Annie. Je ne voulais pas que ma fille grandisse, comme moi, dans un foyer bancal. Je voulais davantage pour elle. Mais la vie ne se déroule jamais de la façon dont on l'avait prévue, n'est-ce pas ?
La clochette de la porte tinte pile au moment où j'entreprends de décoller les croissants au beurre du papier sulfurisé. Je jette un coup d'œil sur le minuteur du deuxième four ; les cupcakes à la vanille seront prêts dans moins d'une minute. Mon client va devoir patienter.
« Hope ? appelle une voix grave. Tu es dans la cuisine ? »
Je lâche un soupir de soulagement. Au moins c'est un client que je connais – non pas que je connaisse tous ceux qui demeurent en ville, une fois que les touristes ont regagné leurs pénates.
« Une minute, Matt ! Excuse-moi. »
J'enfile les maniques – la paire bleu vif brodée d'une frise de cupcakes qu'Annie m'a offerte l'an dernier pour mes trente-cinq ans – et je sors du four les petits gâteaux à la vanille, dont le parfum me ramène instantanément à mon enfance. Ma grand-mère, Mamie, a ouvert sa boutique L'Étoile polaire il y a soixante ans, quelques années après s'être installée à Cape Cod avec mon grand-père. J'ai grandi ici, et c'est elle qui m'a tout appris de la pâtisserie. Elle m'a patiemment montré comment malaxer une pâte, en m'expliquant pourquoi elle lève, en m'apprenant à combiner des ingrédients traditionnels et inattendus pour confectionner de petits délices dont, année après année, le Boston Globe et le Cape Cod Times vantent les mérites.
Je dispose les cupcakes sur la grille de refroidissement puis enfourne deux plaques de biscuits à l'anis et au fenouil, et tout en bas, au dernier niveau, je glisse une fournée de croissants de lune – des mini-chaussons fourrés avec de la pâte d'amande parfumée à l'eau de fleur d'oranger, et saupoudrés de cannelle.
Je retire mes gants, époussette un reste de farine sur mes mains, programme le minuteur et vais enfin rejoindre mon client. Quel que soit mon découragement, pénétrer dans la boutique me redonne systématiquement le sourire : à l'automne dernier, quand les affaires tournaient au ralenti, Annie et moi avons repeint la salle et ma fille a choisi pour les murs un rose bonbon, agrémenté de frises blanches au pochoir. J'ai parfois l'impression de vivre dans un cupcake géant.
Matt Hines est assis à une table, en face du comptoir, et, en me voyant, il se lève d'un bond, le sourire aux lèvres.
« Salut, Hope. »
Je lui rends son sourire. Matt était mon petit copain au lycée ; nous avons rompu avant de partir à la fac, chacun de notre côté, mais lorsque je suis revenue à Cape Cod, des années plus tard, avec une licence en droit – qui ne me servait pas à grand-chose –, un mari et un bébé, nous avons renoué, en amis. Cependant, Matt m'ayant invitée à plusieurs reprises depuis mon divorce, je me suis aperçue, presque avec surprise, que nous nous étions éloignés l'un de l'autre. Matt est aujourd'hui comme un vieux pull qu'on a adoré, désormais moins confortable, moins seyant. La vie nous change, subrepticement le plus souvent, mais irrémédiablement. Et cela, Matt ne semble pas le comprendre.
« Salut, Matt. Tu veux un café ? » dis-je d'un ton que j'essaie de garder neutre et amical. « Je te l'offre, puisque je t'ai fait attendre. »

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
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9/12

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Le mois américain

 Challenge Petit Bac 2014 
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"Matière" (8)

 

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16 septembre 2014

La couleur des sentiments - Kathryn Stockett

Lu dans le cadre du Challenge
 
"Ecoutons un livre"
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Audiolib - juin 2011 -17h50 - Lu par Nathalie HonsNathalie HugoCachou Kirsch et Valérie Lemaître

Jacqueline Chambon Editions - septembre 2010 – 525 pages

Babel - octobre 2013 - 624 pages

traduction de l'anglais (États-Unis) par Pierre Girard

Titre original : The Help, 2009

Quatrième de couverture : 
En 1962, à Jackson, Mississipi, chez les Blancs, ce sont les Noires qui font le ménage et élèvent les enfants. Sans mot dire, sous peine de devoir prendre la porte. Est-ce le cas de Constantine, l’employée des Phelan, dont on n’a plus aucune nouvelle ? Mais franchement, qui s’en soucierait ? Ses amies, Minny et Aibileen, et surtout Skeeter, la propre fille des Phelan. La jeune étudiante blanche et les deux employées noires vont lier une alliance imprévisible pour « comprendre ». Passionnant de bout en bout, La Couleur des sentiments a déjà conquis plus de deux millions de lecteurs, connu le succès au cinéma (The help) et obtenu le Grand prix des lectrices de Elle en 2011. Timbres différents, conviction ou verve identiques : Marie Lemaître, Nathalie Hons, Nathalie Hugo et Cachou Kirsch marient leurs voix comme les héroïnes du roman leur volonté que « les choses changent ». Leur lecture a été récompensée par le Prix du livre audio Lire dans le noir en 2011.

Auteur : Kathryn Stockett a grandi à Jackson, Elle vit actuellement à Atlanta avec son mari et leur fille, et travaille à l’écriture de son deuxième roman.

Lecteurs : Nathalie Hons : Comédienne de théâtre, elle découvre le monde du doublage. Depuis elle ne l’a jamais quitté et prête sa voix à de nombreux personnages. 
Nathalie Hugo : Cette comédienne de théâtre au riche parcours exerce également ses talents dans des comédies musicales, le doublage de films de cinéma ou de télévision et celui de dessins animés. 
Cachou Kirsch : Comédienne bruxelloise et sociologue de formation, Cachou Kirsch joue depuis 2003, sur les planches comme à l'écran... Elle est également chargée de production du Festival Esperanzah!, ainsi que musicienne. En 2007, elle a été nominée en tant qu'Espoir féminin aux Prix du Théâtre belge. 
Valérie Lemaître : Formée au conservatoire d’art dramatique de Bruxelles, Valérie Lemaître mène une carrière exigeante au cinéma et au théâtre. Elle écrit et met en scène pour le théâtre et la télévision.

Mon avis : (écouté en août 2014)
J'ai adoré cette relecture en mode audio de ce livre que j'avais tellement aimé. 
Il y a 4 lectrices pour ce livre, mais c'est surtout le texte en lui-même qui permet de différencier les trois personnages principaux, sans oublier que cela est bien notifié au début de chaque chapitre.
Nous sommes à Jackson, petite ville du Mississipi dans les années 60. Elles sont trois femmes : Aibileen et Minny deux bonnes noires et Miss Steeker une jeune femme blanche. On découvre une ségrégation qui perdure malgré tout, car des lois continuent à séparer les deux populations. De la rencontre improbable entre Miss Steeker, jeune bourgeoise blanche et Aibileen et Minny va naître une amitié et surtout un livre racontant les histoires des bonnes noires au service des maîtres blancs. Elles évoquent les vexations, les colères contenues et leurs tendresses immenses pour les enfants qu'elles élèvent.
Une histoire simple avec des personnages très attachants qui fait passer le lecteur par toutes les émotions de la tristesse à la colère sans oublier le rire car certaines situations sont vraiment pleines d’humour…

Plus de 3 ans après ma première lecture ce livre reste un grand coup de cœur ! 

Extrait : (début du livre)
AIBILEEN


Août 1962

Mae Mobley, elle est née de bonne heure un dimanche matin d'août 1960. Un bébé d'église, comme on dit. Moi je m'occupe des bébés des Blancs, voilà ce que je fais, et en plus, de tout le boulot de la cuisine et du ménage. J'en ai élevé dix-sept de ces petits, dans ma vie. Je sais comment les endormir, les calmer quand ils pleurent et les mettre sur le pot le matin, avant que les mamans aient seulement le temps de sortir du lit.
Mais un bébé qui hurle comme Mae Mobley Leefolt, ça j'en avais jamais vu. Le premier jour que je pousse la porte je la trouve toute chaude et toute rouge à éclater et qui braille et qui se bagarre avec son biberon comme si c'était un navet pourri. Miss Leefolt, elle a l'air terrifiée par son propre enfant. "Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Pourquoi je ne peux pas arrêter ça ?"
Ça ? Tout de suite, je me suis dit : il y a quelque chose qui cloche ici.
Alors j'ai pris ce bébé tout rouge et hurlant dans mes bras. Je l'ai un peu chahuté sur ma hanche pour faire sortir les gaz et il a pas fallu deux minutes pour que Baby Girl arrête de pleurer et me regarde avec son sourire comme elle sait faire. Mais Miss Leefolt, elle a plus pris son bébé de toute la journée. Des femmes qui attrapent le baby blues après l'accouchement, j'en avais déjà vu des tas. Je me suis dit que ça devait être ça.
Mais il y a une chose avec Miss Leefolt : c'est pas juste qu'elle fronce tout le temps les sourcils, en plus elle est toute maigre. Elle a des jambes tellement fines qu'on les dirait poussées de la semaine dernière. A l'âge de vingt-trois ans, la voilà efflanquée comme un gamin de quatorze. Même ses cheveux bruns sont tellement fins qu'on voit à travers. Elle essaie de les faire bouffer, mais ça les fait seulement paraître plus fins. Et sa figure, elle ressemble à celle du diable rouge sur la bonbonnière, avec le menton pointu et tout. Pour tout dire, elle a le corps tellement plein de pointes et de bosses qu'il faut pas s'étonner si elle arrive jamais à calmer ce bébé. Les bébés, ils aiment les grosses. Ils aiment fourrer la tête sous votre bras pour s'endormir. Ils aiment les grosses jambes, aussi. Ça, je peux vous le dire.
Mae Mobley, à un an, elle me suivait déjà partout où j'allais. Quand arrivait cinq heures elle se cramponnait à mes Scholl, elle se traînait par terre et elle bramait comme si j'allais jamais revenir. Après, Miss Leefolt me regardait de travers, à croire qu'il aurait pas fallu décrocher ce bébé qui criait à mes pieds. Je pense que c'est le risque qu'on prend, quand on laisse quelqu'un d'autre élever ses enfants.   

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n°1

Challenge Petit Bac 2014
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"Couleur" (11)

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Le mois américain

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13 septembre 2014

Festival America - Vincennes

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Hier, j'ai passé mon après-midi au Festival América 
qui a lieu à Vincennes (94) du 11 au 14 septembre 2014

Le ciel était bleu sur Vincennes, la ville est pavoisé aux couleurs américaines

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Après un petit tour dans le Salon, où j'ai glané quelques marques pages,

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J'ai passée l'après-midi dans la salle des fêtes de la Mairie, autour d'une petite table au premier rang pour 4 Café des Libraires. Animé par Maëtte Chantrel, autour d'un thème, les auteurs sont interrogés par un ou une libraire pour présenter leurs derniers ouvrages.

Au cours de chacune de ces rencontres, un court extrait de chaque livre présenté était lu par les Sorbonne Sonore, étudiants de l'Université Paris Sorbonne (Paris IV) formés par Les Livreurs

Le premier Café des Libraires sur le thème "La vie moderne"
avec
 Margaret AtwoodTao LinÉric Plamondon.

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Margaret Atwood (Canada) invitée d'honneur du salon

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 Éric Plamondon (Canada/Québec)                                Tao Lin (États-Unis)           

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Je ne connaissais aucun de ses auteurs et aucun des trois livres ne m'ont fait envie. J'ai apprécié que Margaret Atwood s'exprime en français, ma voisine de table (une vrai fan) m'a conseillé de découvrir son livre "La servante écarlate". 

Le deuxième Café des Libraires sur le thème "Le monde d'avant" avec Rick BassJ.R. Léveillé

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Rick Bass (États-Unis)                                 J.R. Léveillé (Canada/Manitoba)

tout la terre qui nous le soleil du lac 1522504-gf

J'ai beaucoup aimé l'intervention de J.R. Léveillé qui est très expressif
au contraire de Rick Bass qui est tout en retenu et peu souriant... 
Je serai curieuse de découvrir le livre de J.R. Léveillé

Le troisième Café des Libraires sur le thème "Communautés"
avec France DaigleTom DruryBoris Fishman

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France Daigle (Canada/Acadie)

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Tom Drury (États-Unis)                              Boris Fishman (États-Unis)

pour sur la fin du vandalisme une vie d'emprunt

J'ai bien aimé France Daigle et découvert la langue chiac.
Le livre de Boris Fishman me fait bien envie.

Le quatrième Café des Libraires sur le thème "Vivre de l'art"
avec Jim FergusJake LamarAnthony Phelps
un plateau sans interprète, tous les trois parlent très bien français.

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Jim Fergus (États-Unis) et son chien "littéraire" qui ne le quitte jamais.

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Jake Lamar (États-Unis)                                    Anthony Phelps (Haïti)

chrysis postérité des fleurs nomade

Jim Fergus est le seul auteur que je connaissais de ces 4 plateaux.
Anthony Phelps qui a connu les prisons haïtiennes du temps de Duvalier est très touchant.
Jack Lamar m'a donné envie de découvrir son livre.

Voilà une après-midi bien remplie qui m'a permis de découvrir de nouveaux auteurs.

 

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De si jolies Ruines - Jess Walter

Lu dans le cadre du Prix du Roman Fnac 2014

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DeSiJoliesRuines Fleuve éditions - août 2014 - 456 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean Esch

Titre original : Beautiful Ruins, 2012

Quatrième de couverture :
Avril 1962, Dee Moray arrive par bateau dans le minuscule village de Porto Vergogna (le port de la honte), une douzaine de maisons accrochées à flanc de falaises et une petite pension de famille dont vient d’hériter le jeune Pasquale Tursi, bien décidé à en faire le lieu de villégiature préféré des stars américaines. Peu importe que le village ne soit accessible ni par la route ni par le rail, que sa plage fasse la taille d’un mouchoir de poche et que ses projets de terrain de tennis ressemblent à un doux rêve. En fait, personne ne descend jamais dans cet hôtel perdu, l'Adequate View, à part quelques clients égarés. Et chaque année, pendant une quinzaine de jours, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, un américain névrosé et alcoolique aux velléités d’écrivain.

Dee Moray a décroché un petit rôle dans la grosse production rassemblant Liz Taylor et Richard Burton, Cléopâtre. Elle était à Rome quand on lui a diagnostiqué un cancer, la production l'a alors envoyé se reposer dans cet hôtel. Bientôt, Richard Burton et un autre type de la production débarquent eux aussi...
De nos jours, à Hollywood, une jeune assistante de production, Claire Silver, se débat pour quitter son job auprès du producteur Michael Dean, une momie qui a connu son heure de gloire, et son compagnon du moment, inconditionnel des boîtes de strip-tease. Et puis il y a Shane Weeler, persuadé d’avoir le pitch du siècle qui part pour Hollywood tenter de vendre son idée, Pat, le chanteur-compositeur complètement paumé…
Tous ces êtres ont des rêves auxquels ils se cramponnent, et bien qu'ils viennent d'horizons différents, leurs destins vont se croiser, même si certains l'ignorent encore...

Auteur : Jess Walter est l’auteur de six romans, dont Citizen Vince, lauréat du Prix Edgar Allan Poe du meilleur roman en 2005, The Zero, finaliste du National Book Award 2006 et La Vie financière des poètes, paru chez 10/18 en 2011. Il a également collaboré à plusieurs journaux et magazines parmi lesquels The New York Times, The Washington Post, The Los Angeles Times ou The Boston Globe. Il vit en famille à Spokane, dans l’État de Washington.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
C'est le dernier livre que j'ai lu pour la sélection du Prix du Roman Fnac 2014. Depuis les vacances sont passées et faire un billet à partir de mes quelques notes n'est pas si facile... J'avoue avoir un peu oublieé cette lecture.
Ce livre nous raconte plusieurs histoires qui vont se rejoindre dans les derniers chapitres. 
En 1962, Dee Moray, une jeune actrice arrive dans un petit village côtier italien. Elle semble victime d'une maladie mystérieuse. Le propriétaire de l'hôtel, Pasquale rêve de transformer sa ville en une station balnéaire. Il tombe amoureux de Dee et veut l'aider. Il va lentement apprendre ses secrets et pourquoi elle a été envoyée à son village. 
Dans le présent, nous somme à Hollywood, Michael Deane est un producteur de films devenu has-been, Claire est son assistante. Pasquale, qui est maintenant un vieil homme, rend visite au producteur il voudrait savoir ce qui s'est passé à l'actrice.
J'ai bien aimé les descriptions des lieux autour de Porto Vergogna situé proche de Cinque Terre en Italie et le personnage de Pasquale. Ce n'est pas toujours facile de passer de l'une histoire à l'autre, d'une époque à l'autre.

 

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
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8/12

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Le mois américain

 Challenge Petit Bac 2014 
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"Bâtiment" (7)

 

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10 septembre 2014

Film : Les Recettes Du Bonheur - Lasse Hallström

Date de sortie : 10 septembre 2014

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Réalisé par : Lasse Hallström

Acteurs : Helen MirrenOm PuriManish Dayal, Charlotte Le Bon

Titre original : The Hundred-Foot Journey2014

Durée : 2h02 

Adaptation du roman de Richard C. Morais - Le Voyage de Cent pas

Synopsis : Hassan Kadam a un don inné pour la cuisine : il possède ce que l’on pourrait appeler « le goût absolu »… Après avoir quitté leur Inde natale, Hassan et sa famille, sous la conduite du père, s’installent dans le sud de la France, dans le paisible petit village de Saint-Antonin-Noble-Val. C’est l’endroit idéal pour vivre, et ils projettent bientôt d’y ouvrir un restaurant indien, la Maison Mumbai. Mais lorsque Madame Mallory, propriétaire hautaine et chef du célèbre restaurant étoilé au Michelin Le Saule Pleureur, entend parler du projet de la famille Kadam, c’est le début d’une guerre sans pitié. La cuisine indienne affronte la haute gastronomie française. Jusqu’à ce que la passion d’Hassan pour la grande cuisine française – et pour la charmante sous-chef Marguerite – se combine à son don pour orchestrer un festival de saveurs associant magnifiquement les deux cultures culinaires. Le charmant village baigne désormais dans des parfums débordants de vie que même l’inflexible Madame Mallory ne peut ignorer. Cette femme qui était autrefois la rivale d’Hassan finira par reconnaître son talent et le prendre sous son aile…

Mon avis : (vu le 8 septembre 2014)
Lorsque l'on m'a proposé de voir ce film en avant-première, je n'ai pas hésité. Je ne connais pas le roman de Richard C. Morais, mais comme j'aime ce qui touche à la cuisine, cela ne pouvait que me faire envie. C'est une jolie histoire d'amour sur fond de rivalités culinaires. 

Hassan est né dans une famille de restaurateurs indiens. Il a grandit dans les senteurs du curry et des épices et a été initié à la cuisine par sa mère. A la suite d'évènements violents et douloureux, la famille a du quitter l'Inde et émigrer en Europe. Et le hasard a voulu que leur voiture (assez improbable) tombe en panne dans un petit village du Sud Ouest de la France, Saint-Antonin-Noble-Val. C'est là qu'Hassan, son père, ses frères et soeurs vont créer un restaurant indien, le Maison Mumbaï. Mais dans ce village, il y a aussi un restaurant gastronomique dans la tradition française, étoilé au Michelin, dont la patronne est Madame Mallory et où travaille la jolie Marguerite. Cette dernière ne tient pas à cette concurrence exotique et c'est le début d'une vraie guerre des restaurants...
Malgré quelques clichés typiquement américains sur la France, j'ai bien aimé ce film très bien rythmé, le décalage entre ces deux mondes si différents génère des quiproquos et des répliques pleines d'humour.
Autour de cette histoire assez simple il est question du goût, de l'apprentissage de la cuisine, du partage, de la tolérance, de l'intégration...
Le casting est très réussi, Helen Mirren en Madame Mallory est formidable, au début sèche et hautaine, son caractère évolue en bien tout au long du film. Om Puri, le père d'Hassan, est sûr du talent de son fils, il sera un adversaire entêté et malin parfaitement à la hauteur des enjeux.
J'ai été agréablement surprise par Charlotte Le Bon que je ne connaissais que dans son rôle de Miss Météo à Canal +. 
Manish Dayal est très convaincant dans le rôle du jeune cuisinier talentueux.
Les paysages du film sont vraiment superbes, ainsi que les scènes de cuisine qui donnent l'eau à la bouche...
Cette soirée au cinéma m'a donnée envie de découvrir le livre de Richard C. Morais - Le Voyage de Cent pas.

J'ai vu le film en VO, au début c'est assez bizarre de voir Michel Blanc (le maire de Saint-Antonin-Noble-Val) et Charlotte Le Bon parler anglais...

Un grand merci à Ludovic et Way to Blue pour l'invitation à la projection de ce film vraiment savoureux. 

Bande Annonce : 

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05 septembre 2014

Son of a gun - Justin St. Germain

Lu dans le cadre du Prix du Roman Fnac 2014

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son of gun Presses de la Cité - août 2014 - 313 pages

traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Santiago Artozqui

Titre original : Son of a gun, 2013

Quatrième de couverture : 
Septembre 2001. Alors que les Twin Towers viennent d'être attaquées à New York, un autre drame, plus intime, se joue à Tombstone, en Arizona. Debbie, la mère de Justin St. Germain, est retrouvée morte dans sa caravane, le corps criblé de balles. Son cinquième mari, Ray, est introuvable. Dix ans plus tard, Justin revient sur ce tragique événement, redécouvrant les paysages désolés de son enfance et ceux qui les ont peuplés, fouillant le passé pour tenter de comprendre l'inson dable : la descente aux enfers d'une femme instable, fragile malgré les apparences, et aimante. Sa mère. Que Debbie ait été tuée à Tombstone – ville qui fut le théâtre de la fameuse fusillade d'O.K. Corral – prend alors une autre di mension... Sans complaisance ni apitoiement, Justin St. Germain brosse le portrait d'une société qui n'est pas prête à rendre les armes. Une voix juste et percutante, tout en finesse et émotion. Un récit saisissant.

Auteur : Né à Philadelphie en 1981, Justin St. Germain vit aujourd'hui à Albuquerque et enseigne à l'Université du Nouveau-Mexique. Son of a gun, son premier récit autobiographique, a été unanimement salué par la presse et lui a notamment valu d'être finaliste du Barnes & Noble Discover Award.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Cette histoire est comme un thriller puisque cela commence par un crime. Pourtant, il n'y a pas d'indices et aucun mystère à résoudre. En effet, lorsque Justin Saint-Germain avait vingt ans, sa mère a été assassinée. Cette mort violente et soudaine a bouleversé sa vie. Des années plus tard, il revient sur la vie de sa mère et également sur la sienne, il alterne le récit de ses souvenirs avec sa mère et de sa vie présente. Car il s'interroge sur une chose, pourquoi sa mère a-t-elle été assassinée ?
C'est seulement après plus de 80 pages de lecture que j'ai compris que ce livre n'était pas un roman mais un récit. Cela donne une grande force à cette histoire, Justin est vraiment touchant. J'ai trouvé quelques longueurs dans le récit et j'ai trouvé que la conclusion mettait trop de temps à venir.

Extrait : (début du livre)
Je rentrais de la fac à vélo quand un avion a rugi au-dessus de ma tête, un A-10 vert, si proche que je pouvais lire les inscriptions sur son fuselage. J’ai quitté la chaussée des yeux pour le regarder traverser le ciel. Depuis un an que je vivais à Tucson, je ne faisais presque plus attention aux jets de la base militaire qui survolaient la ville pour atterrir ou décoller, mais neuf jours à peine après la chute des tours, tout le monde avait de nouveau conscience de leur présence. J’avais vingt ans, je pensais souvent à l’avenir ; je savais que le monde avait changé, mais je ne savais pas à quel point.
Sans casque, la chemise trempée de sueur dans la chaleur liquide, je pédalais comme un casse-cou, prenais des sens interdits, déboulais sur les trottoirs et coupais à travers les jardins pour rejoindre la maison que je louais avec mon frère. Les rues brillaient comme des rivières. C’était presque la fin de l’été, les derniers jours d’un long siège.
Dans ma mémoire, ce trajet à vélo est resté magnifique : un ciel vaste, éclatant, les pneus qui sifflent sur le bitume, mon cœur encore entier, ses battements rapides. Presque deux kilomètres de parcours, depuis le campus de l’université bruni par des mois de soleil vengeur, le long des briques et des drapeaux de Greek Row, par les contre-allées des centres commerciaux près de la voie rapide, entre les bungalows de mon quartier et jusqu’au jardin poussiéreux devant notre maison ; à l’intérieur, un téléphone est en train de sonner. Deux kilomètres, quelques minutes dans ma vie, quelques centaines de battements de cœur qui resteront éternellement gravés dans ma mémoire ; je suis toujours ce jeune homme à vélo, un jeune homme qui n’atteindra jamais le seuil de cette maison. Ce moment-là est un âge d’or, révolu et mythique, mais dont je me souviens.
Je suis descendu de ma selle pour regarder dans la boîte aux lettres. La moustiquaire de la porte d’entrée s’est ouverte brusquement et mon frère est sorti, en sanglots, le téléphone à la main, le visage rouge, la gorge serrée, luttant pour s’exprimer à travers la morve et les larmes. Cependant, il n’avait pas besoin de se donner tant de mal, car je ne l’avais jamais vu dans cet état et je savais ce qu’il allait me dire. Il a laissé la porte se refermer derrière lui. J’ai lâché mon vélo. Il s’est plié en deux, s’est pincé l’arête du nez d’une main, le téléphone toujours dans l’autre. Je souhaitais qu’il ne retrouve jamais l’usage de la parole.
— Elle est morte. 
— Qui ?
J’avais la sensation qu’on me regardait, qu’on s’attendait à ce que je pose cette question.
— Maman, a-t-il répondu. Maman est morte.
Puis il a fait demi-tour et regagné la maison.
J’ai traversé le jardin, gravi les marches du perron, et je me suis arrêté sur le seuil. Dans le salon, Josh faisait les cent pas autour du canapé. Il a dit à son interlocuteur qu’il devait y aller et a raccroché.
— C’était qui ?
— Connie.
Elle et Bob, son mari, étaient les meilleurs amis de ma mère.
— Maman devait déjeuner avec eux, mais elle n’est pas venue. Bob est passé chez elle et l’a trouvée.
— Qu’est-ce que tu veux dire, « trouvée » ?
La chaleur semblait appuyer sur mon dos. Je ne me sentais pas capable d’entrer avant de comprendre la nature de ce que j’éprouvais : pas le choc, pas le chagrin – tout ça viendrait plus tard –, mais un sentiment de familiarité, comme si j’avais toujours su que ce moment viendrait.
— On lui a tiré dessus.

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 
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6/6

 Challenge Petit Bac 2014
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"Cercle familiale" (8)

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Le mois américain

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  2/25

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03 septembre 2014

Le monde de Charlie - Stephen Chbosky

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Editions Sarbacane - avril 2008 - 294 pages

Editions Sarbacane - novembre 2012 - 252 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Blandine Longre

Titre original : The perks of being a wallflower, 1999

Quatrième de couverture :
Au lycée où il vient d'entrer, on trouve Charlie bizarre. Trop sensible, pas « raccord ». Pour son prof de Lettres, c'est un prodige ; pour les autres, juste un freak. En attendant, il reste en marge - jusqu'au jour où deux étudiants, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. 

La musique, les filles, la fête : c'est tout un monde que Charlie découvre...

Auteur : Né en 1970 à Pittsburgh, Stephen Chbosky est écrivain, scénariste et réalisateur. En 1995, son film The Four Corners of Nowhere a été primé au festival Sundance. En septembre 2012 sort aux US l’adaptation qu’il a lui-même réalisée de The perks of being a wallflower, son premier roman devenu culte aux États-Unis.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Le Monde de Charlie (The Perks of Being a Wallflower) est une comédie dramatique américaine sortie en salles en janvier 2013 en France. Adaptée au cinéma et réalisée par Stephen Chbosky d'après son propre roman Pas raccord réédité en novembre 2012 sous le titre Le Monde de Charlie

Charlie est un adolescent de 15 ans, différent des garçons de son âge. Il est très sensible, surdoué, un peu naïf, doux et rêveur... Il a du mal à trouver sa place dans le monde cruel du lycée. Un jour, il rencontre un peu par hasard Patrick et la très jolie Sam, deux étudiants qui l'adoptent.
Ce livre est l'ensemble de lettres que Charlie écrit à un interlocuteur mystérieux, il raconte son quotidien au lycée, ses rencontres, ses expériences, des situations parfois drôles, parfois révoltantes et souvent émouvantes. Charlie est un personnage très touchant, Sam et Patrick sont également très sympathiques. J'ai beaucoup aimé ce livre qui m'a fait verser quelques larmes et je compte regarder prochainement le film.

En bonus, il y a la liste des musiques rencontrées dans l'histoire au début du livre et en fin celle des livres donnés à lire par Bill le professeur de Charlie.

Extrait : (début du livre)
Lettre du 25 août 1991

Si c'est à toi que j'écris, c'est à cause de cette fille, qui a dit que tu savais écouter et comprendre, et aussi que t'avais pas essayé de coucher avec quelqu'un pendant la fête (alors que t'aurais très bien pu). Cherche pas à savoir qui c'est, la fille, sinon tu pourrais deviner qui je suis et j'en ai franchement pas envie. Je ne veux pas que tu me retrouves, c'est pour ça que j'ai décidé de pas donner leur vrai nom aux gens. C'est aussi pour ça que j'écrirai pas mon adresse au dos de l'enveloppe. Surtout, n'y vois rien de mal.
J'ai juste besoin de savoir que quelqu'un m'écoute et me comprend, une personne qu'essaye pas de coucher (alors que t'aurais très bien pu). J'ai besoin de savoir que ça existe, les gens comme toi.
Je me dis que toi, au moins, tu comprendras ; que toi, tu sais ce que vivre veut dire. En tout cas, j'espère que c'est vrai, vu que les autres comptent sur toi, question courage et amitié (c'est ce que j'ai entendu dire). C'est pas plus compliqué que ça.
Bref, voilà ma vie. Il faut d'abord que tu saches que je suis à la fois triste et heureux, et que j'ai toujours pas compris comment ça se fait.
Si je suis comme ça, je me dis que ma famille y est peut-être pour quelque chose, surtout depuis le printemps dernier, quand mon copain Michael est plus venu au collège du jour au lendemain et qu'on a entendu la voix de monsieur Vaughn dans le haut-parleur :
«Je suis au regret de vous annoncer qu'un de vos camarades, Michael Dobson, vient de nous quitter. Une célébration en sa mémoire aura lieu ce vendredi, lors de la réunion du matin.»
Je sais pas comment elles font, les nouvelles, pour arriver à circuler dans l'école, et pourquoi si souvent elles sont vraies. C'était peut-être à la cantine, j'ai du mal à me souvenir. Mais Dave, celui qui porte des lunettes bizarres, a dit que Michael s'était suicidé. Sa mère jouait au bridge avec une voisine quand elles ont entendu le coup de feu.
Je me rappelle plus trop ce qui s'est passé ensuite, sauf que mon grand frère est arrivé dans le bureau de monsieur Vaughn et m'a dit d'arrêter de pleurer. Et puis, il a passé son bras autour de mes épaules et m'a dit que je devais me sortir tout ça de la tête avant le retour de papa. Après, il m'a emmené manger des frites au McDo et il m'a appris à jouer au flipper. Il a même blagué en disant qu'à cause de moi, il avait manqué un après-midi de cours au lycée, et puis il m'a demandé si j'avais envie de l'aider à bricoler sa Camaro. Je devais vraiment être dans un sale état, vu que c'était la première fois qu'il me proposait de bricoler sa voiture avec lui.
Quand il y a eu les séances avec les psychologues, ils ont demandé à ceux qui avaient vraiment été amis avec Michael de dire quelques mots. Ils avaient l'air très tendus, les psychologues (y en avait même un qui arrêtait pas de se caresser la barbe), je crois qu'ils avaient peur que certains d'entre nous fassent une bêtise, comme se tuer.
Bridget, celle qui est dingue, a dit que des fois, elle pensait au suicide, quand y a une pub qui coupe une série télé. Elle était sincère, et c'a eu l'air d'intriguer les psychologues. Cari, celui qui est toujours gentil avec tout le monde, a dit qu'il était triste mais que jamais il se tuerait, parce que c'est un péché.

   Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Prénom" (9)

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Le mois américain

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